Speaker #0Et si vous écoutez cet épisode, il y a peut-être une raison à ça. Peut-être que vous voyez votre enfant traverser quelque chose de difficile dans son sport, parce que lorsqu'on aime son enfant, le voir souffrir, c'est probablement l'une des choses les plus difficiles à vivre. C'est précisément pour cette raison que la préparation mentale peut devenir une aide précieuse. Et parfois, la meilleure façon d'aider son enfant, ce n'est pas d'en faire plus, c'est d'accepter de se faire accompagner. Bienvenue dans Glisse Intérieur, le podcast qui explore l'autre phase des sports de glisse, celle qui se joue dans la tête. Je suis Sébastien Dalet-Ketra, préparateur mental spécialisé dans les sports de glisse. Et à chaque épisode, on plonge ensemble dans des mécanismes invisibles qui forgent confiance, fluidité et performance. Ici, on parle de mindset, d'équilibre, de flow. Et ces instants suspendus, le coup devient simple, évident et naturel. Alors respire, relâche, on part à l'intérieur. Bonjour et bienvenue dans Glisse Intérieur. Aujourd'hui c'est un épisode un peu particulier, parce qu'aujourd'hui je ne m'adresse pas directement aux sportifs comme je le fais d'habitude, mais je m'adresse aux parents. Aux parents qui passent leur week-end sur les compétitions, aux parents qui se lèvent tôt ou se couchent tard pour emmener leurs enfants aux entraînements, aux parents qui organisent leur emploi du temps, leurs vacances autour du sport de leurs enfants, aux parents qui vibrent avec leur réussite, mais aussi à ceux qui souffrent lorsqu'ils les voient souffrir. Et si vous écoutez cet épisode, il y a peut-être une raison à ça. Peut-être que vous voyez votre enfant traverser quelque chose de difficile dans son sport. Peut-être que vous sentez qu'il a le niveau mais qu'il se bloque. Peut-être qu'il perd confiance. Peut-être qu'il stresse énormément avant les compétitions. Peut-être qu'il revient d'une blessure. Peut-être même qu'il parle d'arrêter son sport alors qu'il l'aime profondément. Et surtout, peut-être que vous ne savez plus vraiment comment l'aider. Je vais vous faire une confidence, moi je suis préparateur mental certes, mais je suis aussi papa. Et mon fils il adore le sport, il joue notamment au tennis. Et comme beaucoup de parents, il m'arrive de ressentir cette envie très forte de l'aider. De lui éviter certaines souffrances, de lui transmettre des solutions, de lui donner des bons mots. Parce que lorsqu'on aime son enfant, le voir souffrir c'est probablement l'une des choses les plus difficiles à vivre. Et pourtant, c'est précisément là que tout devient compliqué. Parce qu'en tant que parent, nous sommes émotionnellement impliqués. Très impliqués. Parfois même plus que nous l'imaginons. J'aimerais que vous vous repensiez à une scène. Votre enfant sort d'une compétition, et il a raté, il est déçu, il baisse la tête, il est en colère contre lui-même, et peut-être même qu'il pleure. Immédiatement, quelque chose se déclenche en vous. Vous voulez réparer, vous voulez rassurer, vous voulez trouver les mots. Alors vous dites des choses comme « Ce n'est pas grave, tu feras mieux la prochaine fois. Tu sais que tu es capable. Il faut avoir confiance. » Mais malgré toute votre bienveillance, vous voyez que ça ne change pas grand-chose. Pourquoi ? Parce que le problème, il n'est souvent pas rationnel. Il est émotionnel. Prenons un exemple. Imaginons un jeune pilote en BMX. Eh bien, ce jeune pilote, à l'entraînement pour lui, tout va bien. Il attaque, il ose, il prend des risques, il est relâché. Et puis arrive le jour de la compétition. Et soudain là, tout change. Il devient plus prudent, plus tendu, moins agressif, moins libre. Le parent, il observe ça. Et naturellement, il pense, pourtant il sait faire. Et en soi, il a raison. L'enfant sait faire. Et là, le problème, encore une fois, ce n'est pas la technique. Le problème, il est ailleurs. Le problème, il est dans tout ce qui se passe à l'intérieur de lui, dans ses émotions, dans ses peurs, dans ses pensées. Et c'est là qu'un phénomène apparaît très souvent. La peur de dé... décevoir. De décevoir l'entraîneur, de décevoir les copains, de décevoir les parents. D'ailleurs, parfois même sans que les parents n'aient jamais réellement mis de pression. Parce que les enfants sont extrêmement sensibles au regard des adultes qui comptent pour eux. Ils veulent les rendre fiers, ils veulent faire plaisir, ils veulent être à la hauteur. Et parfois, cette envie, elle devient tellement forte qu'elle finit par créer du stress. Je me souviens d'un jeune sportif que j'ai accompagné et qui me disait Merci. Ce n'est pas perdre moi qui me fait peur, c'est de voir que papa est déçu. Cette phrase m'avait marqué, parce qu'elle montre à quel point certaines pressions sont invisibles. Et pourtant dans ce cas précis, le père n'avait jamais crié, il n'avait jamais humilié, il n'avait jamais poussé excessivement. Mais l'enfant interprétait malgré tout certaines choses, et construisait ses propres peurs avec ça. Alors les parents, ils essaient souvent d'aider davantage. Ils encouragent plus, ils conseillent plus, ils analysent plus. Mais parfois, sans le vouloir, cela produit l'effet inverse. Parce que l'enfant finit par comprendre. En fait, si on me parle autant de mon sport, c'est que mes résultats sont importants. Et progressivement, le plaisir commence à se mélanger à la pression. Puis il y a la question de la confiance aussi. Combien de fois j'ai entendu « mon enfant manque de confiance » . Mais la confiance, ce n'est pas quelque chose que l'on donne. On ne peut pas verser de la confiance dans quelqu'un comme on remplit un verre d'eau. La confiance, elle se construit à travers l'expérience, à travers les... défis, à travers les échecs aussi. Et parfois l'enfant, il a besoin d'apprendre à traverser ses difficultés plutôt qu'à les éviter. Et puis il y a un autre volet important, c'est les blessures. Parce qu'elles sont souvent sous-estimées. Lorsqu'un jeune sportif se blesse, c'est pas uniquement son corps qui est touché, c'est parfois son identité. Ça bouscule son quotidien, parfois son groupe d'amis, ses habitudes, ses projets, ses rêves. Et lorsque le retour approche, Beaucoup d'enfants ressentent des peurs. Ça peut être la peur de se refaire mal, ok. Mais ça peut aussi être la peur de ne plus être au niveau, la peur de recommencer à zéro. Et là encore, les parents se retrouvent souvent démunis. Alors que faire ? La première chose, c'est peut-être de comprendre ceci. Vous n'avez pas à porter seul tout cela. Vous n'avez pas à être parent. coach, psychologue, préparateur mental et confident en même temps. C'est trop. C'est trop pour vous et c'est trop pour votre enfant. Parce que votre rôle principal, ce n'est pas d'être un expert du mental. Votre rôle principal, c'est d'être son parent. C'est d'être son refuge, son point d'ancrage. La personne qui l'aime indépendamment de ses résultats. Et ça, quand on y arrive, c'est déjà immense. C'est précisément pour cette raison que la préparation mentale peut devenir une aide précieuse. Donc pas parce qu'elle remplace les parents, mais parce qu'elle permet aux parents de retrouver leur place. Elle apporte une personne extérieure dans l'équation. Une personne neutre, sans enjeux émotionnels, sans attentes personnelles, sans projections. Et parfois, du coup, un enfant va dire à un préparateur mental quelque chose qu'il n'a jamais osé dire à ses parents. Non pas parce qu'il les aime moins, bien sûr, mais parce qu'il veut les protéger. Et oui, parce que les enfants protègent souvent leurs parents bien plus qu'on ne l'imagine. Alors si aujourd'hui vous voyez votre enfant souffrir dans son sport, s'il perd confiance, s'il se bloque, s'il stresse, s'il a peur, s'il n'arrive plus à retrouver le plaisir qu'il avait avant, ne vous demandez pas seulement comment le rendre plus performant. Demandez-vous comment l'aider à se sentir mieux. Parce qu'un enfant qui va bien mentalement, il apprend mieux, du coup il progresse mieux. Il performe souvent mieux aussi. Mais surtout, il vit son sport de façon beaucoup plus saine, en y prenant du plaisir. Et si vous vous sentez parfois impuissant, si vous avez l'impression d'avoir tout essayé, si vous ne savez plus quel mot employer, alors sachez une chose, cela ne fait pas de vous un mauvais parent. Bien au contraire, cela montre simplement à quel point vous êtes impliqué. Et parfois la meilleure façon d'aider son enfant, ce n'est pas d'en faire plus, c'est d'accepter de se faire accompagner. Alors merci d'avoir écouté cet épisode de Glisse Intérieure. Et si vous connaissez un parent qui se reconnaîtrait dans ces mots, n'hésitez pas à lui partager cet épisode. Parce que aider un jeune sportif, ce n'est pas seulement développer ses capacités physiques, c'est aussi prendre soin de ce qui se passe dans sa tête. Et parfois, c'est précisément là que tout commence. Merci d'avoir écouté Glisse Intérieur. Si cet épisode t'a aidé ou inspiré, n'hésite pas à le partager, à t'abonner et à laisser une note. On se retrouve très vite pour continuer à explorer la puissance mentale dans les sports de glisse. D'ici là, transforme ton esprit et garde le chaud.