Speaker #0Parce que si vous ne voyez que le résultat, vous risquez de détruire des choses qui étaient justement en train de progresser. Se reconstruire, ce n'est pas repartir de zéro, c'est identifier ce qui mérite d'être gardé. Voilà le plus gros piège, transformer un événement ponctuel en une vérité définitive. Bienvenue dans Glisse Intérieur, le podcast qui explore l'autre phase des sports de glisse, celle qui se joue dans la tête. Je suis Sébastien Dalet-Tétra, préparateur mental spécialisé dans les sports de glisse. Et à chaque épisode, on plonge ensemble dans des mécanismes invisibles qui forgent confiance, fluidité et performance. Ici, on parle de mindset, d'équilibre, de flow. Et ces instants suspendus où tout devient simple, évident et naturel. Alors respire, relâche, on part à l'intérieur. Salut à tous, aujourd'hui j'aimerais parler d'un sujet que nous avons tous connu, celui de l'échec. Alors ça peut être une course ratée, une compétition décevante, un objectif manqué, une sélection que l'on n'obtient pas, un projet qui n'aboutit pas... Est-ce qu'il y a un... intéressant, c'est que lorsque cela arrive, notre cerveau a tendance à résumer des semaines, des mois, parfois des années de travail à une seule chose, le résultat. En gros, notre cerveau a une réaction un peu binaire, c'est soit j'ai gagné ou soit j'ai perdu, j'ai réussi ou j'ai échoué, comme si tout le reste n'avait plus aucune importance. Et pourtant, lorsqu'on travaille avec des sportifs de haut niveau, on se rend compte que les choses sont beaucoup plus complexes que ça. Alors aujourd'hui, j'aimerais vous partager ce sur quoi je m'appuie lorsque je dois me reconstruire après un échec et ce que j'applique aussi aux athlètes que j'accompagne. Parce que repartir ne consiste pas simplement à se convaincre que tout va bien, repartir consiste à regarder la réalité avec lucidité. mais toute la réalité, et pas uniquement le résultat. Alors pour ça, la première étape, c'est d'accepter que ça fasse mal. Parce que lorsqu'un objectif nous tient à cœur, c'est normal qu'un échec fasse mal. C'est même plutôt bon signe, ça signifie que ce que nous poursuivions avait de la valeur à nos yeux. Alors, à la frustration ! la colère, la déception, parfois même la honte, toutes ces émotions sont normales. Et le problème n'est pas qu'elles existent. Le problème est de prendre des décisions alors qu'elles occupent encore toute la place. Alors après un échec, je pense qu'il faut d'abord accepter l'émotion, accepter que ça pique, accepter que pendant des heures, quelques jours parfois, nous ne soyons pas totalement objectifs. Parce qu'un cerveau blessé analyse rarement les choses avec justesse. Et puis, une fois le choc passé, beaucoup de personnes tombent dans un piège, celui de tout mettre dans la case « j'ai tout raté » . Et le raisonnement souvent ressemble à ça. Je n'ai pas atteint mon objectif, donc ma préparation était mauvaise, donc ma performance était mauvaise, donc je suis mauvais. Et en quelques secondes, tout est balayé. Et pourtant, est-ce vraiment vrai ? Pour l'illustrer, on peut prendre un exemple en BMX Race. Vous vous arrêtez. arriver sur une compétition importante. Vous avez respecté votre préparation, vous vous êtes entraîné sérieusement, vous avez bien dormi, vous avez géré votre stress, vous avez réalisé des bons trainings, la journée avance, vous prenez des bons départs, vous prenez les bonnes... décision. Et en demi-finale, il y a un pilote qui chute juste devant vous. C'est impossible de l'éviter et vous tombez aussi. Et là, la course est terminée. Et le résultat final, c'est éliminé. Pour le classement, c'est un échec. Mais est-ce que tout est vraiment un échec ? Absolument pas. Votre préparation n'est pas un échec. Votre gestion émotionnelle n'est pas un échec. Votre engagement n'est pas un échec. Votre niveau n'est pas un échec. seul le résultat est un échec et cette nuance allait fondamental parce que si vous ne voyez que le résultat vous risquez de détruire des choses qui étaient justement en train de progresser est vraiment le résultat il raconte pas toute l'histoire d'ailleurs vous pouvez aussi très bien gagné en étant très moyen si ça tombe devant vous en finale et que les premiers s'accrochent et que vous vous étiez un peu la traîne parce que vous étiez pétrifié sur la grille et vous avez loupé votre départ Vous pouvez très bien monter sur la boîte alors que vous n'êtes pas du tout satisfait de votre performance. Et monter sur la boîte, ça ne réglera pas votre problème de gestion émotionnelle qui vous a pourri votre start. Non, au mieux, ça mettra un pansement jusqu'au prochain week-end de course. Donc, je disais, le résultat ne raconte pas toute l'histoire. Et pourtant, c'est quelque chose que j'observe régulièrement, nous avons tendance à croire que le résultat raconte toute la vérité. Mais ce n'est pas le cas. En ski alpin, un changement de visibilité peut modifier complètement une manche. En windsurf, une variation de vent peut redistribuer les cartes. En BMX Race, un contact ou une chute peuvent ruiner une journée. Dans tous les sports de glisse, il existe une part d'incertitude, une part qui échappe au contrôle de l'athlète. Pourtant, après coup, beaucoup de sportifs regardent uniquement le classement et concluent « je n'étais pas au niveau » . Alors que ce n'est peut-être pas du tout ce que les faits racontent. C'est pour ça qu'après chaque compétition, je pense qu'il faut apprendre à distinguer trois choses. Le résultat, la performance, les circonstances. Alors le résultat, c'est ce qui apparaît sur la feuille. La performance, c'est ce que vous avez réellement produit. Et les circonstances sont tous les éléments que vous ne contrôlez pas totalement. Et le gros problème, c'est que beaucoup de personnes mélangent les trois. Alors, pour éviter ça, il faut apprendre à se poser certaines bonnes questions. Et notamment, chercher à reconnaître ce qui dépendait de soi. C'est probablement la question la plus utile après un échec. Qu'est-ce qui dépendait réellement de moi, et qu'est-ce qui ne dépendait pas de moi ? de moi. Si je me rends compte que je n'ai pas vérifié mon matériel, si je constate que je me suis mal alimenté, si je reconnais que je n'ai pas suffisamment travaillé certains aspects à l'entraînement, alors oui, je porte une responsabilité. Et vous savez quoi ? Finalement, c'est une bonne nouvelle parce que cela vous donne des leviers d'action. Ça vous aide pour progresser, pour corriger, pour faire mieux. Mais parfois, l'analyse honnête conduit aussi à une autre conclusion, qui serait « j'ai fait ce qu'il fallait, je me suis bien préparé, j'ai respecté mon plan, j'ai produit la performance dont j'étais capable ce jour-là, et pourtant, le résultat n'est pas venu. » Et dans ce cas-là, continuer à se reprocher les choses n'ont aucun intérêt, parce qu'on ne progresse pas en se punissant pour quelque chose que l'on ne contrôlait pas. Et puis, il faut apprendre aussi ensuite à ne pas jeter ce qui a fonctionné. Et c'est probablement l'idée la plus importante de cet épisode. Parce qu'après un échec, nous passons beaucoup de temps à chercher ce qui n'a pas marché. Et vraiment trop peu à identifier ce qui a fonctionné. Et pourtant, lorsqu'on se reconstruit après une contre-performance, il faut aussi apprendre à se poser cette question. Qu'est-ce que je veux conserver ? Parce qu'il y a presque toujours quelque chose. Parce que peut-être que votre gestion du stress a été meilleure qu'avant. Peut-être que votre réchauffement était plus efficace. Peut-être que vous avez réussi à rester concentré malgré l'enjeu. Peut-être que vous avez osé davantage. Peut-être que vous avez montré une attitude dont vous pouvez être fier. Et si vous ne regardez que le résultat, vous ne verrez jamais ces progrès. Et pourtant, ce sont eux qui serviront de fondation pour la suite. Se reconstruire, ce n'est pas repartir de zéro, c'est identifier ce qui mérite d'être gardé. Et puis, il y a aussi un autre aspect à aller fouiller, celui de comprendre pourquoi ça fait mal. Lorsque la déception persiste, une autre question mérite d'être explorée, celle de « Pourquoi cet échec me touche-t-il autant ? Qu'est-ce qu'il remet en cause ? » Alors, parfois, la douleur, elle vient du résultat, mais souvent, elle vient de la déception. de ce que nous nous racontons à travers ce résultat. Peut-être que nous avions besoin de nous rassurer, peut-être que nous voulions prouver quelque chose, peut-être que nous avions associé cette réussite à notre valeur personnelle. C'est souvent là qu'un travail de préparation mentale... peut être intéressant. Parce qu'un échec en lui-même n'est pas dangereux. Ce qui peut devenir problématique, c'est l'histoire que nous commençons à construire autour de lui. Et c'est exactement là qu'il faut faire attention à la naissance des croyances limitantes. Celles qui modifient ta façon de réfléchir. Celles où tu penses, j'ai raté sous pression, donc je ne suis pas capable sous pression. J'ai échoué dans ces conditions, donc je ne réussirai jamais dans ces conditions. J'ai raté aujourd'hui, donc je ne suis pas au niveau. Voilà le plus gros piège. Transformer un événement ponctuel en une vérité définitive. Or, un résultat ne définit pas une personne. Une contre-performance ne définit pas une carrière. Une mauvaise journée ne définit pas votre potentiel. La question à se poser, c'est toujours la même. Est-ce un fait ou est-ce une interprétation ? Parce que beaucoup de sportifs abandonnent des possibilités futures à cause d'une conclusion qu'ils ont tirée trop vite. Alors en conclusion, lorsque nous échouons, nous avons souvent le réflexe de regarder uniquement ce qui n'a pas marché. Mais pour se reconstruire intelligemment, il faut regarder l'ensemble du tableau. Ce qui dépendait de nous et ce qui ne dépendait pas de nous. Ce qui est à corriger et surtout ce qui mérite d'être conservé. Parce qu'il est possible de perdre une compétition tout en progressant. Il est possible de manquer un objectif tout en ayant réalisé une excellente performance. Et il est possible d'échouer sans avoir tout raté. À mon sens, repartir après un échec commence exactement là. Être capable de voir tout ce que le résultat ne raconte pas. Merci d'avoir écouté Glisse Intérieur. Si cet épisode t'a aidé ou inspiré, n'hésite pas à le partager, à t'abonner et à laisser une note. On se retrouve très vite pour continuer à explorer la puissance du mental dans l'espoir de Glisse. D'ici là, concentre ton esprit et garde le feu.