- Générique
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Good Morning Event, le podcast de l'événementiel.
- Nicolas Guillermou
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le podcast Good Morning Event. Aujourd'hui, je suis avec Flavien. Flavien, bonjour.
- Flavien Jara
Bonjour.
- Nicolas Guillermou
Tu t'appelles Flavien Jara et tu es le directeur de Côte Ouest, l'agence événementielle de référence à Bordeaux, qui vient notamment d'organiser le Crunch Creator. Pour commencer, est-ce que tu pourrais expliquer à quelqu'un qui ne connaît pas Côte Ouest ce qu'est l'agence ?
- Flavien Jara
Alors l'agence Côte Ouest, c'est une agence qui a été créée en 1992, qui est l'année de ma naissance. C'est un petit signe. Et elle a été à la base une agence événementielle indépendante créée par François Parrot, qui a été ensuite rachetée en 2016 par le groupe de PQR local, donc le groupe Sud Ouest.
- Nicolas Guillermou
On va y revenir. Si on parle un petit peu de toi, je crois que c'est en 2010 que tu rentres dans l'agence et puis finalement par la petite porte en alternance ?
- Flavien Jara
Oui, tout à fait, je suis le premier alternant historique de l'agence.
- Nicolas Guillermou
Est-ce que tu te souviens de ce premier jour ? J'imagine que vous n'étiez pas dans ces locaux ?
- Flavien Jara
Non, on était au 110 Quai des Chartrons. On avait pignon sur rue dans un petit appartement. On était une dizaine à l'époque. Et moi, c'était une boîte qui me faisait rêver. Je suis rentré grâce à mon père qui travaillait, qui était directeur technique des espaces verts à l'époque à la mairie de Bordeaux, qui travaillait du coup avec les grandes manifestations, notamment Bordeaux Fête le Vin. Et j'allais le voir sur des événements et ça m'a donné un peu l'envie quand même sorti du bac, sorti du lycée, de pouvoir faire ce métier. Du coup, oui, je m'en souviens très bien cette espèce de claque que j'ai prise quand j'ai découvert ce qu'était le monde de l'événementiel, que j'ai perçu vraiment comme une énorme boîte de Pandore, une énorme possibilité de s'exprimer dans différents sujets, avec des choses qui changeaient tout le temps, des problématiques qui étaient vraiment diverses, avec des champs d'action et des possibilités immenses. Donc, je ne savais pas trop ce que je voulais faire de ma vie, et quand j'ai eu l'opportunité de rentrer en alternance dans cette boîte et dans ce métier, ça a été une grosse révélation pour moi.
- Nicolas Guillermou
Et est-ce que tu te souviens du premier événement sur lequel tu as été réellement impliqué ?
- Flavien Jara
Oui, le premier événement que j'ai fait, c'était un événement corpo pour BPCE, le groupe bancaire. Et c'était une grosse soirée, c'était une énorme soirée pour l'ensemble des salariés. Il y avait 1500 salariés, il y avait une partie plénière avec l'annonce du plan stratégique, donc la mise en scène, la gestion des contenus, etc. Et après, il y avait toute une partie festive. Et je m'en souviens bien parce qu'à l'époque, c'était aussi un autre contexte. Et on a beaucoup travaillé, on faisait un peu tout. Déjà, juste sur cette première OP, j'ai déjà appris énormément de choses.
- Nicolas Guillermou
Alors, ça fait 16 ans que tu es dans l'agence. Tu as un peu gravi tous les échelons.
- Flavien Jara
Oui.
- Nicolas Guillermou
Comment est-ce que ça s'est fait ? Est-ce que ça a été naturel ? Est-ce qu'il y a eu des changements majeurs, notamment peut-être avec le rachat ?
- Flavien Jara
En fait, ça s'est fait petit à petit. Moi, quand je suis rentré, j'ai toujours voulu travailler. L'école, ce n'était pas forcément pour moi. Je n'étais pas un mauvais élève, mais j'étais plutôt middle. Et en fait, je voulais tout apprendre. Donc, j'ai fait vraiment toutes les missions de la logistique, de la régie, décharger des camions, du montage, du démontage, de la production. Évidemment, je suis même passé à un moment donné par la créa. Et du coup, j'ai eu un parcours en tech de co où j'ai fait mon alternance, où j'ai appris aussi les bases du management, du commerce. Mais c'était quand même très généraliste. Et j'ai eu la chance à l'époque d'être accompagné par des membres de l'agence qui ont vraiment pris le temps de me montrer. Il faut se dire qu'à l'époque, j'avais 17 ans. Donc moi, ma première fiche de paie, c'était à l'agence. Je gagnais 450 euros en alternant parce que je n'étais pas majeur, donc c'était vraiment un tout petit salaire. Mais je m'en fichais. En fait, on me donnait plein de missions. J'étais hyper content d'aller sur le terrain. J'adorais cette phase de bureautique, à la fois de préparation, de penser les choses et ensuite de les vivre et de les délivrer sur site. Donc vraiment, c'était trop bien. Donc j'ai fait ça pendant trois ans. Ensuite, j'ai fait une licence e-commerce parce qu'à l'époque, c'était un peu l'explosion de la bulle à Internet et je m'étais dit, bon, mais ce n'est peut-être pas inintéressant de se former aussi aux réseaux sociaux, aux nouvelles méthodes de communication, puis au e-commerce qui explosait pas mal à l'époque. Donc je suis resté dans l'agence, j'ai participé aussi à l'esquisse de la stratégie de communication qui était encore un peu timide à l'époque, mais du coup j'ai pu un peu m'exprimer là-dessus. Et petit à petit, je me suis rendu compte que j'ai touché un peu à toutes les strates de la boîte, qui était quand même à taille humaine, donc c'était une chance aussi. Et c'est comme ça qu'en fait, petit à petit, j'ai gravi les échelons.
- Nicolas Guillermou
Et est-ce qu'il y a des gens qui étaient là à l'époque qui sont encore là dans tes équipes aujourd'hui ?
- Flavien Jara
Oui, une partie. Du coup, Joan Vigouroux, qui est mon directeur technique, qui est d'ailleurs le premier régisseur que j'ai rencontré de ma vie sur l'OP, donc la fameuse OP de BPCE, qui s'était occupée à l'époque de faire un mapping en full créa, parce que lui, il vient du cinéma. Donc, il avait pour mission, en fait, de à la fois gérer la régie technique, mais aussi la production de contenu. À l'époque, on n'avait pas les mêmes moyens, les mêmes logiciels. Donc, il avait mappé une surface de 150 mètres. où il avait créé un espèce de visuel comme si on était dans un vaisseau spatial, puisque la thématique c'était autour de la Galactique et d'un univers un peu type Star Wars. Donc lui il est encore là, c'est mon compagnon de route depuis 16 ans, on a vécu deux trois aventures ensemble, et après des chefs de projet qui étaient là aussi au début, certains ou certaines, ça fait 12 ans qu'ils sont là.
- Nicolas Guillermou
Et s'il y a un événement sur ces 16 ans que tu devais retenir, peut-être pas dans les tout derniers, mais tout au long de ces 16 années qui t'a marqué ?
- Flavien Jara
Franchement, il y en a plein. Mais je vais essayer d'en donner trois dans le top 3. Le premier, c'était en lien avec l'actualité en 2018. Juppé fait un peu de la résistance sur le déploiement d'une fanzone et au final, lors de la demi-finale, sous la pression des Bordelaises et des Bordelais, il décide d'activer une fanzone. Donc nous, on avait déjà préparer des dossiers sur deux sites donc le site des Quinconces qu'on connaissait bien parce qu'on avait fait la fan zone en l'Euro 2016 et ça avait été refusé on avait proposé aussi la patinoire de Bordeaux et au final ce qui était décidé c'était le stade Chaban et donc du coup on a eu vraiment cinq jours en tout et pour tout pour monter un dispositif équiper des bars accueillir des gens donc 30 000 personnes, enfin 33 000, personnes et monter un écran avec une structure sur quatre faces pour rediffuser le match. Ça, c'était une aventure exceptionnelle parce qu'en fait, on s'est dit OK, en fait, là, on a un tunnel. Il faut qu'on le fasse. C'est légendaire. Moi, j'avais vécu 98, mais j'étais tout petit. Donc, je m'étais dit franchement, je fais de l'événementiel. À l'époque, j'étais directeur des opérations, Dir prod ici. Donc bon, un peu aux manettes quand même. Et c'était une super aventure. Tout l'agence s'était mobilisée. Je me rappelle, et je me rappellerai toujours, il y avait eu la conférence de presse à 11 heures. Et nous, à 14 heures, on était 21 en repérage en se disant allez, chacun son poste. On y va comme des guerriers et des guerrières. Donc, ça, c'était trop fou. En événement aussi dont je me souviens, l'inauguration du pont Jacques Chaban-Delmas. Premier événement, on accueillait un président de la République. Donc il y avait une partie feu d'artifice où il y avait un embrasement complet du pont avec des bateaux, une parade, etc. Le lendemain...
- Nicolas Guillermou
Ça, c'était plus construit en amont quand même.
- Flavien Jara
Ça, c'était un peu, quoique, on avait eu trois mois en fait.
- Nicolas Guillermou
Trois mois, c'est pas très long non plus.
- Flavien Jara
C'est pas très long. Après trois mois en prod full, au final, ça va. Mais ouais, c'était un bel événement parce que première inauguration d'un ouvrage. Donc pour moi, c'était fou. J'étais jeune, c'était un des premiers projets où j'étais...
- Nicolas Guillermou
C'est un ouvrage qui dure dans le temps. C'est-à-dire que tous les jours, tu peux passer devant et te dire "Ah, j'étais là pour l'inauguration, quoi".
- Flavien Jara
C'est ça. Et puis, accueillir un président, c'est toujours un peu cool parce qu'il y a tout un protocole. Donc forcément, moi, du haut de mes 22 ans, parler avec les gens de l'Élysée, le service de sécurité, c'était quand même assez fou. Donc voilà, le top 2. Et après, en dernier, franchement, le Crunch Creator, ça a été une claque énormissime.
- Nicolas Guillermou
Côte Ouest, à l'origine, il me semble que c'est plutôt une agence qui a commencé par la partie plus technique, sécurité, et puis qui progressivement a évolué vers l'ensemble des métiers de l'événementiel, avec la direction artistique, la stratégie de marque et tout ça. Comment est-ce que s'est opérée cette mutation ?
- Flavien Jara
La vraie bascule, en fait, ça a été lors du rachat du groupe, en 2016. Mon prédécesseur, qui était Franck Bastiat, qui a fait la transition entre François Parrot, le fondateur, et moi, a initié quand même la stratégie de pouvoir produire nos propres événements en s'appuyant aussi sur les forces vives du groupe. Donc à la fois un dispositif de com, une force de frappe locale, un réseau impressionnant d'entreprises avec une régie commerciale intégrée au groupe et du coup la capacité opérationnelle d'exécution d'une agence événementielle. Donc dans l'histoire, le premier projet qu'on a coproduit, c'est du coup le tournoi ATP BNP Paribas Prime Rose, qui est aujourd'hui un ATP 175. Et donc historiquement, c'était l'occasion pour nous aussi de pouvoir augmenter et internaliser certains métiers, notamment la communication, la commercialisation, la direction de création, et du coup de se munir d'expertises complémentaires qu'on pourrait mettre demain au service de nos clients tout en les utilisant pour des événements qu'on produirait nous-mêmes.
- Nicolas Guillermou
On voit qu'il y a beaucoup de groupes de presse qui ont des agences événementielles. On peut avoir le groupe Ebra qui a récemment racheté Gens d'événements. On a évidemment Amaury avec ASO ou encore le groupe Le Télégramme en Bretagne, qui a plusieurs agences, dont Rivacom, OC Ssport et Impact. Est-ce que pour toi, c'est quelque chose de naturel ? Quels sont les avantages et les inconvénients, finalement, d'avoir ce côté actionnaire groupe de presse ?
- Flavien Jara
Je vais commencer par les avantages. Mine de rien, ça nous permet de pouvoir avoir une surface d'expression, de pouvoir aussi aller à la rencontre des communautés. Un événement, c'est aussi activer des cibles, activer du public, des différents publics sur différentes thématiques. Donc forcément, ça génère du contenu, ça permet de parler directement aux cibles. Aujourd'hui, on voit aussi la puissance de l'impact d'un événement qui est bien pensé, qui a du sens. Et quand il touche le cœur de cible, en fait, c'est une réussite. Donc ça, c'est un vrai avantage. Et effectivement, d'avoir la capacité d'appui financier et aussi de communication d'une PQR locale, sur son territoire en tout cas, ça a vraiment du sens parce qu'on peut être à l'écoute des opportunités et on est en capacité d'y répondre. Après, je pense que, comme tous les groupes de presse, il y a aussi des désavantages. C'est-à-dire qu'on est « stampé » aux couleurs de la PQR auxquelles on appartient. Après, on a vraiment la chance, nous, d'appartenir à un groupe de presse qui est un actionnariat familial. On a aussi une latitude, il y a vraiment un cloisonnement entre la ligne éditoriale et la liberté de la presse, ce qui est plutôt très rassurant d'ailleurs. Et d'un autre côté, une liberté d'expression pour une agence comme la nôtre de pouvoir activer des événements sur des cibles en particulier.
- Nicolas Guillermou
Ça se concrétise vraiment ici puisqu'on est dans vos locaux qui sont très beaux, le côté industriel. Et en même temps, on est à 20 mètres des locaux de Sud Ouest à côté. Donc on voit bien le côté à la fois de proximité et en même temps, ce n'est pas le même couloir, ce n'est pas le bureau d'à côté. Il faut quand même sortir, traverser un parking et aller sur les autres bureaux. Donc ça se matérialise ici aussi.
- Flavien Jara
Exactement.
- Nicolas Guillermou
Vous dites du côté de Côte Ouest, vouloir passer d'un rayonnement régional à un rayonnement national. Est-ce que tu peux nous raconter ce que c'est d'être une agence bordelaise dans ce monde de l'événementiel où finalement quasiment l'immense majorité des agences sont parisiennes ? Comment est-ce que vous vivez ça ? C'est quoi un peu la stratégie pour évoluer comme ça maintenant sur le territoire national ?
- Flavien Jara
C'est exactement la question du moment. En fait, qu'est-ce que c'est d'être une agence événementielle à Bordeaux ou même plus généralement sur la Nouvelle-Équitaine ? C'est qu'aujourd'hui, au même titre que mes confrères ou mes concurrents, on voit qu'il y a une concentration énorme de la concurrence. Donc, nous, on est sur une taille intermédiaire. On n'est pas une grosse agence. On est vraiment une agence de taille intermédiaire.
- Nicolas Guillermou
C'est combien de personnes à peu près ?
- Flavien Jara
Là, aujourd'hui, on est 21 en équivalent de temps plein. Et en haute saison, on peut monter jusqu'à 50 avec des experts ou des expertes qu'on vient compléter en free. Très difficile. Je pense que comme toutes les agences titularisées, il faut avoir un fonds de projet important. Donc aussi, dans la stratégie, c'est pour ça qu'on veut aussi avoir un portefeuille de projet que nous-mêmes on produit. Alors certes, qui sont risqués, mais qui nous permettent aussi d'avoir des projets verrouillé en fait sur l'année et de pas être trop dépendant aussi des appels d'offres qu'on peut perdre à gagner un peu.
- Nicolas Guillermou
Avec des projets récurrents comme le tennis ou comme le festival, on y viendra bien tout à l'heure. Ça te permet d'avoir quelque chose où tu as une visibilité sur du long terme.
- Flavien Jara
Oui en fait, alors du coup pour répondre à ta question sur la stratégie effectivement, l'idée c'est de conserver de la production d'événements majeurs sur le territoire parce que là ça a vraiment du sens avec notre intégration dans le groupe Sud Ouest. On connaît le territoire, on connaît les communautés, on est capable du coup d'activer des événements. Je pense que ce n'est pas très pertinent pour nous d'aller produire des événements ailleurs, parce que nous, notre terrain de jeu, en tout cas dans les productions, c'est notre territoire. Par contre, effectivement, ces événements, quand ils ont des rayonnements nationaux, voire internationaux, c'est intéressant de pouvoir aller capter des clients et de leur montrer qu'on est capable de faire des choses pour eux, de répondre à des problématiques. Donc nous, notre stratégie qu'on est en train de bâtir et d'affiner, c'est vraiment de pouvoir se positionner un peu plus sur des spécificités, être un peu moins généraliste, parce que c'est un peu encore l'image qu'on a. Donc nous, c'est d'être un peu plus à la juste place et qu'on puisse nous appeler et être serein sur les éléments pour lesquels on nous confie des missions.
- Nicolas Guillermou
Si tu devais te vendre pour un client qui vient faire un événement à Bordeaux face à deux agences parisiennes, ce serait quoi la patte Côte Ouest que tu mettrais en avant auprès de ce client pour le convaincre ?
- Flavien Jara
Je dirais que la patte Côte Ouest, dans un premier temps, c'est la qualité d'exécution là-dessus, parce que nous, on est issus du milieu de la production de la logistique, donc on a le sens du détail. On a 100% de nos événements qui ouvrent à l'heure, qui sont bien exécutés. Donc je pense que déjà, ça c'est important. Mais bon, toutes les agences globalement vont dire ça. En deuxième lieu, ça serait, je dirais, l'approche créative. Quand je dis l'approche créative, ce n'est pas que dans des visuels, mais on peut être créatif aussi dans un montage financier, dans la capacité à trouver des solutions de production et pour produire moins cher avec quelque chose qui est tout aussi impactant. Nous, on a un mantra, on se dit aussi, les bonnes idées, elles ne coûtent souvent pas très cher. Donc c'est important aussi d'avoir cette logique-là. Et puis nous, on a évolué aussi dans un territoire économique qui ne nous permettait pas de flamber. Donc on a toujours un peu ce côté lucide dans notre approche budgétaire. Et après, je dirais un troisième élément, c'est l'attitude. L'attitude, c'est important parce qu'en fait, quand on monte un projet, généralement, on a aussi un gros volet dont peu parle. C'est l'accompagnement autour du stress des clients. Généralement, on a des gens qui prennent la pression parce qu'un événement, c'est un élément éphémère, presque incontrôlable, il y a toujours une partie un peu organique et notre rôle aussi d'accompagnement je pense qu'au lieu de délivrer, plutôt que juste délivrer c'est d'être aussi en capacité de rassurer les clients et de leur apporter un soutien et on se dit souvent que on arrive vraiment à bien délivrer un projet avec un haut niveau de qualité quand on sent que le client il est vraiment assis dans un fauteuil et qu'il profite. Donc même s'ils sont impliqués, l'attitude je pense que c'est un truc qu'on se répète souvent ici, de se dire un client qui se sent en sécurité va re-signer, il va revenir Parce qu'il s'est senti intégré dans cette aventure. On a raconté l'histoire avec lui. On crée un lien, mais c'est un lien sincère. Ce n'est pas juste un lien commercial. Et on a des clients qui nous suivent depuis 12 ans. Il y en a d'autres, ce n'est pas forcément le cas. Après, ça peut arriver. Mais je pense que le troisième, il est aussi important que les deux premiers.
- Nicolas Guillermou
Là, on enregistre cet épisode. On est au mois de juillet. Il va sortir début septembre. Mais entre-temps, il va se passer un nouvel événement qui va être produit par Côte Ouest. C'est un festival sur Bordeaux qui va attendre 45 000 personnes sur deux jours. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ce projet, d'où il vient la genèse et comment tout se met en place ? On est à un peu plus d'un mois de l'événement.
- Flavien Jara
Ça, c'est un rêve de gosse. Moi, je suis bordelais, j'ai grandi ici, j'adore la musique. Je consomme beaucoup de concerts avec mes amis. Et parmi mes amis, j'ai rencontré quelqu'un qui a fait un stage ici, qui a découvert l'événementiel, qui s'appelle Mathias Roux. Et lui qui a monté une association qui s'appelle Sauce Prod, spécialisée dans le rap, qui est vraiment hyper pointue. Il en a fait son métier parce qu'aujourd'hui, il est programmateur pour Pile Prod, qui est du coup une filiale de Bleu Citron. Et on a toujours gardé contact personnellement et professionnellement. Et en fait, au fil des discussions, on a vu aussi arriver sur Bordeaux tout un tas de producteurs internationaux type Live Nation avec le brunch électronique, mais aussi Sonora et Madame Loyal, mais également Fever avec Initial et Hypnotize. Et en fait, ça a commencé un peu à nous titiller en se disant, nous, on est là depuis longtemps, ça serait quand même cool de pouvoir proposer aussi quelque chose qui est pensé par nous, dans notre ville, qui ressemble un peu à ce qu'on essaye de faire depuis des années. Et si on s'associait, en fait, on a une complémentarité parfaite et ça serait cool de pouvoir monter un dossier. Donc ça date en fait presque de deux ans de brainstorming sauvage autour de café, autour de bière, autour d'appels, etc. jusqu'au moment où on se redresse les manches. On va voir des politiques, on leur parle un peu de notre projet et on essaie de bâtir un univers qui nous ressemble et qui nous paraît être en tout cas sincère dans la proposition qu'on fait et dans l'air du temps. Donc le choix du nom n'est pas anodin aussi. Pagaille, c'est aussi un petit contre-pied un peu mignon à Bordeaux qui a quand même une image de la belle endormie un peu bourgeoise. Aujourd'hui, Bordeaux, ça a beaucoup évolué. On sait de quoi on parle puisque nous-mêmes, on a grandi ici. Donc, il y a plein de gens qui viennent de partout. C'est une ville qui est hyper attractive, à proximité directe de la mer, à une heure de l'océan, à presque deux heures et demie de la montagne. Et du coup, le Covid a aussi un peu bouleversé ça, accompagné de la LGV, évidemment. Donc, Bordeaux, en fait, s'est bonifié avec plein de communautés différentes, avec plein de personnes qui viennent apporter aussi, même sur l'aspect culturel, une énorme richesse. Et on s'est dit que toutes ces communautés, si on arrivait à les rassembler à un seul endroit, parce qu'on arrivait à faire une programmation qui ressemble un peu à tout le monde, ça serait quand même un joyeux bordel donc d'où le nom de Pagail et de proposer aussi quelque chose qui soit un peu différent de ce qui se fait en tout cas de ce qui est proposé à date c'est à dire sortir de l'univers de l'électro. J'adore l'électro, j'adore la techno, c'est pas un sujet j'adore le rap aussi mais plutôt être sur de la musique actuelle et faire une proposition un peu éclectique qui nous permet de mixer les publics mixer les générations aussi et d'avoir quelque chose un peu de fédérateur autour de ces valeurs. Donc c'est comme ça qu'on a conçu le projet avec une grosse tête d'affiche.
- Nicolas Guillermou
Qui est The Cure c'est ça ?
- Flavien Jara
Qui est The Cure, exactement. Il faudra un autre podcast pour qu'on vous raconte les coulisses de tout ça !
- Nicolas Guillermou
Avoir une grosse tête d'affiche sur une première édition les programmateurs de festivals le savent c'est pas simple, en général on monte en puissance d'année en année, là vous démarrez très fort direct.
- Flavien Jara
En fait, ça aussi il faut se dire que ce projet là il a été déjà reporté une première fois on rentre dans un univers aussi où beaucoup de festivals tirent la langue il y a vraiment des grosses problématiques de budget.
- Nicolas Guillermou
Les festivals sont rentables que quasiment à 100% de remplissage, donc la moindre amicroche ça peut être très fragile.
- Flavien Jara
Exactement, il y a des concurrences de plus en plus importantes, il y a des concepts aussi différents, les cachets des artistes qui ont flambé, les coûts qui ont explosé.
- Nicolas Guillermou
Les coûts de sécurité qui explosent aussi.
- Flavien Jara
Voilà, maintenant on doit se battre contre la canicule. Malheureusement il y a des acteurs qui ont payé le prix aujourd'hui. Donc forcément, produire un événement, déjà le stress de se dire est-ce qu'on a la bonne affiche, c'est compliqué. Maintenant, il faut le remplir, il faut le sécuriser, il faut penser presque de l'ombrage sur tout un espace. Enfin bref, il y a quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup de contraintes. Mais effectivement, l'opportunité aussi de s'adosser, d'être complémentaire en tout cas dans le montage, ça nous permet aussi sur le principe de pouvoir avoir vraiment le maximum de capacité de déployer nos expertises dans nos domaines. Eux, ils savent parler aux artistes, ils savent négocier et acheter des artistes, ils connaissent un peu ça, nous on n'a pas assez de fibre là. Par contre, on a la capacité de pouvoir penser à un événement et de le produire, puisque notre modèle économique, c'est quand même de vendre des projets à des clients et de faire de la marge sur les budgets qu'on déploie. Donc forcément, on a cette agilité-là et cette complémentarité, elle fonctionne très bien aujourd'hui. Donc on est assez fiers de ce qu'on sort, on est très impatients de pouvoir montrer l'étendue de notre travail le 28 et le 29 août prochain.
- Nicolas Guillermou
Vous êtes à guichet fermé là à date ?
- Flavien Jara
Alors on est presque à guichet fermé sur le vendredi, le samedi a été mis en vente plus tard, on est aussi sur une autre typologie de cible.
- Nicolas Guillermou
Avec une plus petite jauge, c'est ça ?
- Flavien Jara
Exactement, en fait ça a été pensé un peu comme ça, en disant que ça serait cool de pouvoir avoir un aimant d'attractivité quand même pour marquer un peu le coup et dire qu'on n'est pas là pour rien. Mais tout en ayant aussi la capacité à pouvoir produire un deuxième jour. avec des artistes de grande envergure quand même, mais pas aussi gros, qui nous permet justement de trouver un modèle économique qui est plutôt intéressant.
- Nicolas Guillermou
Alors 45 000 personnes dans un mois, et il y a quelques semaines c'était 42 000 personnes. On était toujours à Bordeaux, au Stade Atlantique, pour un projet un peu dingue qui s'appelle le Crunch Creator. Est-ce que tu peux nous faire une petite carte postale déjà de ce qu'est le Crunch Creator pour ceux qui n'ont pas suivi ?
- Flavien Jara
Le Crunch Creator c'est un projet complètement fou, imaginé par Diego Sarthou, du coup, le créateur de contenu et son agence Ambission, du coup, pilotée par Brice et Mathis Beignon. C'est la genèse une rencontre faite par Céline Pauquet, qui est une commerciale de Sud Ouest, qui a cette fibre-là pour sentir un peu les gens. Et du coup, on boit un café et autour de ce café, on parle de mille trucs. Ils m'expliquent un peu leur agence, etc. Leur activité et ils m'expliquent cette idée complètement barge de dire, OK, nous, en gros, on veut faire le GP Explorer du rugby. Et on veut le faire à Bordeaux avec Diego, qui était dans l'agence au début en alternance et qui est du coup a signé chez nous aujourd'hui. C'est lui qui a eu l'idée et comment on fait. Et en fait, nous, on s'est lancé pareil. On a retroussé nos manches, on est allé toquer à beaucoup de portes. On s'est pris beaucoup de vent. Et au final, à un moment donné, on s'est dit, bon, let's go, ça fait un an qu'on végète le truc. On se tourne un peu autour, on ne sait pas trop. Mais, franchement, si on croit en cette idée, on y va. Et ça s'est fait.
- Nicolas Guillermou
Et ça s'est fait. Pour se rendre compte du truc un peu hallucinant, c'est que la semaine d'avant ou d'après, il y avait le match de rugby France-Angleterre aux Six Nations féminins qui était le match du Grand Chelem qui fait moins de spectateurs que ce match de créateurs. C'est quand même assez hallucinant d'un point de vue purement sportif pour se rendre compte de la folie qui a été organisée.
- Flavien Jara
En fait, oui, c'est la puissance de frappe aujourd'hui de la créateur-économie, c'est-à-dire la capacité, encore une fois, de pouvoir toucher des communautés avec une ligne éditoriale particulière. En fait, la force aussi du Crunch, au même titre que des événements comme le GP ou que le 11 All-Star de Amine, c'est la capacité d'agrégation des différentes cibles. Un Tom Baldetti, par exemple, ce n'est pas forcément l'univers direct de Diego. Nogodi, il y a des similitudes, ou encore Clem Qui Court, mais en fait il y a quand même une espèce de proximité qui se crée avec le public et dans l'expérience qui est proposée, il y a quelque chose à la fois d'assez simple, mais aussi suffisamment unique pour que les gens aient confiance et se déplacent. Et je pense que nous, on a été beaucoup critiqués, enfin au début, on nous a beaucoup challengé, surtout au niveau du sportif, en disant comment à Bordeaux, dans une terre de rugby qui a quand même un très bon niveau, vous allez réussir à faire déplacer des gens qui ont l'habitude de voir du bon niveau de rugby, pour voir des gens qui, si on caricature, ne savent pas jouer au rugby. Et en fait, nous, on leur répondait que oui, le rugby est effectivement un sujet, mais le but, c'est toute l'expérience qu'on va proposer autour, tout l'univers. Et le but aussi, dans le message subliminal, c'était aussi de pouvoir démocratiser des valeurs et de permettre à certaines personnes qui n'ont pas l'habitude forcément de toucher au rugby « élite » , de pouvoir se raccrocher à ça et découvrir aussi le rugby sous un autre angle.
- Nicolas Guillermou
Justement c'est des gens qui connaissaient pour certains pas le rugby ou qui venaient même de loin, plus loin que la Nouvelle-Aquitaine de découvrir ce sport pratiquement.
- Flavien Jara
Ouais quasiment ou du coup de prendre plaisir à aller voir un match et de presque rentrer dans l'enjeu alors évidemment ceux qui adorent le rugby qui aiment vraiment le crunch, le vrai crunch c'est pas comparable mais quoique on a eu la chance en plus d'avoir un match de folie.
- Nicolas Guillermou
C'est les émotions comme en 2018 à Chaban-Delmas t'as aussi les émotions qui viennent sublimer l'événement.
- Flavien Jara
Oui, bah franchement c'était fou. C'est compliqué de décrire un peu. Je pense que les gens qui nous écoutent font de l'événementiel. Il y a toujours un peu un moment où on est suspendu et on se dit mais qu'est-ce qui se passe ? Là vraiment, le score, c'était fou. On était au bord-terrain, on déroulait les conduites, on était hyper focus et en fait, au bout d'un moment, on s'est dit ok, en fait, on est en train de les battre. Sur les dernières secondes, le public est en feu. En plus, l'UBB venait de gagner la Champions Cup. Donc là, ce qui se passe, c'est juste lunaire et on prend vraiment 3-4 secondes pour descendre et se dire "wow, ah ouais, en fait, je viens de prendre une énorme claque".
- Nicolas Guillermou
On le ressent un peu. Il y a un très beau documentaire qui est sorti où on voit un peu justement les à-côtés, où il y a d'ailleurs quelques interviews de tous les intervenants que tu as cités, de toi, d'Antoine aussi, de l'équipe. On voit un peu, on est un peu en insight dans ce documentaire. N'hésitez pas à aller le regarder sur les réseaux. Si on revient sur la genèse de ce Crunch Creator, vous, vous rentrez dans la danse combien de temps avant l'événement ?
- Flavien Jara
Au final, assez vite. quand même, une fois que l'idée était posée...
- Nicolas Guillermou
Assez vite oui, mais on est combien de temps en amont ? Parce que des fois, comme tu nous as dit, des fois il y a des trucs qui se produisent en 5 jours.
- Flavien Jara
En fait, je pense que ça fait presque un an, un an et demi, on va dire, qu'on avait commencé les discussions. avec Brice et Mathis où ils nous parlaient de cette idée. Et après on a vraiment décidé d'appuyer sur le bouton en décembre 2025. Je me rappelle on avait fait une visio du coup il y avait Diego, c'était le premier copil et on a commencé à se dire "ok il faut qu'on lance le truc", nous on avait un peu mis les bases de deal avec Ambission et on s'est dit en décembre ok on ouvre un Excel comment on organise les entraînements quand est-ce qu'on met en vente, etc. Et on s'était dit aussi, ok les gars, en fait, en février, on va mettre en vente. Il faut qu'on remplisse un stade. Le minimum pour qu'on arrive à à peu près équilibrer le truc, c'est 25 000 places. Déjà, ça nous paraissait lunaire de se dire, on va faire 25 000 places, c'est fou et tout. On aurait été gai et content. Et en fait, on a lancé.
- Nicolas Guillermou
Qui le loue le stade ? Qui prend le risque financier sur un événement comme ça ? C'est Ambission ou c'est Côte Ouest ?
- Flavien Jara
Alors en fait, le modèle, c'était de se dire, en gros, c'est gagnant-gagnant. Donc Ambission, une petite boîte. plus de surface financière, donc on a décidé de dire, en cas de crash, on est capable d'assumer une bonne partie. Après, il y a eu beaucoup de partenaires aussi qui nous ont suivis, et d'ailleurs la Marine Nationale a été le partenaire qui a fait tout basculer, sans eux, sans l'accord de Fabien des partenariats, qui a donné son accord et qui a cru aussi au projet très vite quand même, il faut le dire, en fait ça ne serait pas fait. Donc il y avait quand même cette garantie-là qui nous assurait quand même un minimum un matelas, et puis après on s'est dit, bah let's go, franchement si on y croit, après on comptera les bouts à la fin de la foire, mais au final on n'a pas eu ce problème-là, donc plutôt très content aussi.
- Nicolas Guillermou
Donc en février, au moment de la mise en vente, vous êtes tous devant l'ordinateur, un peu comme à la NASA, en train d'essayer de regarder les chiffres qui montent, ou tu es plus détendu, plus distant, comment tu vis le truc ? Parce que c'est très important financièrement quand même, ça peut être décisif, si ça ne part pas, potentiellement ça ne part jamais.
- Flavien Jara
En fait, il faut se dire que c'est un gros projet sur une première où on s'est aussi testé avec Ambission. Et du coup, je me rappellerai toujours de ce jour, Antoine, il met en ligne, on lance, on s'appelle avec Brice et Mathis en haut-parleur. Et en fait, on lance la billetterie et là, on voit un truc de fou, c'est qu'on voit la liste d'attente augmenter et les ventes se faire. Et en fait, on voit toujours les ventes augmenter et les lignes d'attente augmenter aussi. Donc là, en fait, on se retourne et on se dit « Ok, en fait, c'est un train énormissime, quoi. » Et en fait, quand on dépasse au bout d'une heure les 15 000 places vendues, on se dit « Mais what the fuck, quoi, c'est complètement fou. » Et on venait à peine d'activer la promo, Diego avait fait sa première vidéo où il expliquait un peu son idée, enfin, vraiment, il n'y avait pas grand-chose, quoi. Et les gens ont fait confiance, et ça, c'est fou, quoi. Vraiment, c'est fou.
- Nicolas Guillermou
Et toi, du coup, tu as été au contact de Diego, mais aussi de beaucoup d'autres créateurs. Est-ce que les créateurs de contenu, les artistes, les sportifs, est-ce que c'est un peu la même typologie de personnes ? Comment tu différencies ces publics ?
- Flavien Jara
Alors, moi, directement, pas tant, ça a été vraiment le gros taf qu'a fait Ambission, justement de recrutement, de casting, etc. Et puis, c'est vraiment leur ADN de gérer ça. Donc, moi, les peu d'échanges que j'ai eus, en tout cas avec les créateurs, c'était des échanges plus sympathiques qui n'étaient pas forcément dans le deal. Antoine pourra mieux en parler que moi, là-dessus qui a géré du coup le volet com et le volet strat. Mais ce que je peux dire, c'est qu'il y a quand même quelque chose de relativement attachant sur cette typologie de personnes. Tu comparais tout à l'heure aux artistes, etc. Forcément, les artistes, pas tous, mais il y a une forme aussi de distance qui peut se créer. Là, avec les créateurs, on a quand même une forme de proximité, déjà parce que, au final, on les côtoie toutes et tous au quotidien dans notre poche, donc on a l'impression de les connaître, de connaître leur ton et presque leur vie intime. Donc, je ne sais pas, il y a un truc naturel qui se crée. On a l'impression qu'on a peut-être l'occasion d'être beaucoup plus proche. Et après, en tout cas, ceux à qui on a eu affaire, et notamment Diego, est quelqu'un de très accessible, de très humble. Et ça, il faut le dire aussi parce que, comme tous les humains, ce n'est pas le cas partout. Mais nous, on a eu cette chance-là. Franchement, c'était une team de malades.
- Nicolas Guillermou
Donc toi, pendant l'événement, tu es bord-terrain, tu es au topage un peu de l'événement ? Quel est ton rôle pendant l'événement ?
- Flavien Jara
Supervision globale, topage, on avait un topper, on a co-écrit la conduite ici avec Delphine chez nous. Il y a aussi Gabriel Petit qui était du coup au manette en chef de projet, Mélissandre à la prod, Pierre Musso qu'on voit d'ailleurs dans une de nos vidéos en direction technique. Donc c'est un travail collectif. Et moi, oui, je suis en supervision globale, à la fois à gére sur l'aspect sécuritaire au global de l'événement quand même, et aussi du déroulé général, et le lien avec le client pour s'assurer que tout se passe bien et qu'on est dans les clous.
- Nicolas Guillermou
Ce qui est un peu dingue aussi, c'est la diffusion, parce qu'on a Canal qui vient derrière. On a Sacha Valleau qui est sur le terrain en interviewer. Ça aussi, ce n'était pas forcément dans les tuyaux, j'imagine, au tout début du projet. Et puis ça vient encore le sublimer finalement.
- Flavien Jara
Ouais, en fait, c'est ça. C'est qu'après la mise en vente, il y a eu une espèce d'engouement et tous les gens qui avaient été activés, Canal, Brice et Mathis avaient eu des discussions bien en amont avec eux. Pareil, un peu hésitant. Forcément au début qui sont ces mecs, c'est quoi ce projet est-ce que vraiment ils sont crédibles et après ça a été assez vite puisque tous ces gens là qui avaient été contactés ont de suite compris l'ampleur de l'idée et du projet et du coup ils ont suivi et franchement pareil tous ceux qui nous ont rejoints, les partenaires aussi ils ont vraiment joué le jeu, ils ont vraiment été tous bienveillants et ils nous ont accompagnés donc franchement c'était trop cool.
- Nicolas Guillermou
Alors forcément après un événement comme ça, on se demande un peu what next ? Il y a eu plusieurs saisons du GP Explorer Est-ce qu'il peut y avoir plusieurs saisons du Crunch Creator ? Est-ce qu'il peut y avoir un Crunch retour en Angleterre auquel vous seriez associé ou pas ? Est-ce qu'il y a des petites choses dont tu peux nous parler ou alors au contraire, tu ne peux rien nous dire aujourd'hui ?
- Flavien Jara
Ce que je peux vous dire, c'est que tout ça, on en discute. On a pris le temps aussi de bien faire le bilan du projet, de redescendre aussi un petit peu. C'est important, je pense, de prendre un peu de recul. Quand on fait des événements comme ça, parce que si on se pose la question de la suite, il faut qu'on arrive à trouver la bonne manière d'afficher une suite. Parce que mine de rien, ça a été un super lancement. Donc forcément, nous aussi, on a une forme de pression en se disant collectivement, OK, ce qui s'est passé, c'était fou. Comment on fait pour faire mieux ? Est-ce qu'on a besoin de faire mieux ? Donc toutes ces questions-là, elles sont encore en discussion. Mais vous le saurez bientôt, je pense.
- Nicolas Guillermou
On le saura bientôt, c'est vrai. Il faut attendre. On a une date, en tout cas, ou un moment où ça va communiquer ?
- Flavien Jara
Je pense qu'en horizon septembre, on devrait y voir un peu plus clair.
- Nicolas Guillermou
Donc quand le podcast va sortir, ça ne devrait pas trop tarder du coup.
- Flavien Jara
C'est ça.
- Nicolas Guillermou
Alors j'ai lu des petites choses que tu peux déclarer. Tu as dit que de plus en plus, on est à la frontière entre le sport, le spectacle et la culture générale. C'est quoi pour toi un événement réussi en 2026 ?
- Flavien Jara
Un événement réussi, c'est un événement dont les gens se souviennent. Un de nos claims, c'est « donnons du sens aux émotions » . C'est un peu la petite Madeleine de Proust aussi, quand j'ai découvert ce métier. C'est un ensemble de choses et parfois, ce n'est pas les événements les plus clinquants qui font qu'on s'en souvient. C'est aussi le moment, les gens avec qui on est, ce qui se passe. Je fais souvent l'analogie avec un restaurant, ce n'est pas souvent dans des étoilés où on a le plus d'émotions. C'est aussi la manière dont on est servi, l'accueil, l'expérience qu'on vit. Et je pense que c'est hyper important de se poser cette question-là, de savoir pourquoi on fait cet événement. Parce que aussi bien si c'est un événement pour de l'interne, du privé, il y a toujours en fait un but. Un événement, il y a un but, on ne peut pas faire juste un événement histoire de dire bon bah c'est cool, on le fait. Et ça a pu nous arriver des fois de tomber un peu dans cette forme de facilité et du coup c'est hyper important de se poser vraiment ces questions-là. Encore plus maintenant où on a des contextes économiques où les budgets sont rationalisés vraiment, les gens se posent vraiment la question de pourquoi ils dépensent leur argent. Je pense que nous, agence événementielle, on a vraiment un devoir, c'est de proposer des choses qui ont du sens, avec des retours sur investissement, je dis une bêtise, mais si on prend l'exemple d'une entreprise qui a besoin de communiquer, un dirigeant qui a besoin de parler à ses salariés pour lui donner sa vision à 3 ans, il faut être en capacité de donner les clés pour que cette mise en scène-là, elle colle parfaitement à la culture d'entreprise et que les gens, ils ressortent de là en 2 heures ou 3 heures de plénière et se disent, ok, j'ai capté, j'en fais partie, je vais le suivre et let's go. Et pareil, quand on fait un événement culturel comme un festival, il faut qu'on se pose ces questions-là, de se dire qu'est-ce qu'on fait vivre ? Il faut que les gens soient satisfaits. Il faut que, vraiment, ils aient envie de revenir aussi. Il y a une forme de fidélisation dans notre métier qui est hyper importante aussi. Et de pouvoir délivrer quelque chose où on ne ment pas aux gens et on ne se fout pas de leur gueule. Désolé, je ne sais pas si vous allez le couper.
- Nicolas Guillermou
Non, on va le garder. On parle librement. Et si on transpose ce que tu viens de nous dire par exemple sur le festival Pagaille qui arrive. comment est-ce que tu as fait en sorte quelles sont les clés que vous avez mis en place pour justement faire en sorte que ce festival soit marquant, que les gens le retiennent que ça devienne quelque chose qui marque les spectateurs ?
- Flavien Jara
Déjà, avec le nom et l'ADN, le Pagaille, c'est presque un cri. On veut que ce soit une expérience un peu cool, on veut que ce soit un joyeux bordel organisé. C'est vraiment la Pagaille mignonne, mais il y a quand même quelque chose d'assez intéressant, surtout dans un monde aujourd'hui qui est quand même assez chaotique.
- Nicolas Guillermou
Presque un peu Feria, finalement.
- Flavien Jara
Oui, on est entre la Feria, qui est quand même aussi une ADN du Sud-Ouest, et aussi quelque chose d'urbain, qu'on peut voir aussi dans pas mal de liaises populaires, quand on voit les victoires. de l'équipe de France, il y a des drapeaux, il y a des gens qui montent sur des monuments, il y a des fumigènes. Et puis, il y a une forme de cosmopolité, un truc un peu cosmopolite où c'est trop cool justement d'avoir quelque chose qui est à l'encontre du côté uniforme. Je le dis ici, mais c'est quand même important de se dire que quand on fait un événement culturel, on ne veut pas être militant, mais on a quand même deux ou trois messages à faire passer. Et on peut mettre la pagaille collectivement en étant très propre. D'ailleurs, le Hellfest le fait vraiment hyper bien, donc on s'inspire aussi de ces gens là.
- Nicolas Guillermou
T'as eu l'occasion d'aller voir le Hellfest un petit peu ?
- Flavien Jara
Ouais alors moi j'ai eu l'occasion, j'ai eu la chance de le voir en montage donc de vraiment voir le site...
- Nicolas Guillermou
Cette année cette édition ?
- Flavien Jara
Non c'était en 2025, on a fait un tour de site on a eu la chance de faire un tour de site. C'était fou alors moi je l'ai pas vu activé j'ai Brice directeur créa qui bosse aussi sur le qui est fan de Hard Rock et qui a pu y aller moi j'ai pas pu parce qu'on a souvent des événements à cette période Mais ouais, c'est hyper inspirant, c'est une énorme claque parce que déjà, ils ont réussi à avoir une vraie culture festivalière, donc avec des gens qui sont dans la même veine, qui sont hyper bienveillants tout en ayant un univers hyper marqué avec une forme, ouais, de bordel un peu trash, quelque chose qui est cool. Et l'expérience du Hellfest, tout le monde en parle, tout le monde dit qu'on aime ou qu'on n'aime pas la musique, c'est quand même à vivre une fois dans sa vie. Et c'est quand même super bien exécuté, donc franchement, grosse claque.
- Nicolas Guillermou
Pour ceux qui ne l'ont pas écouté, un de nos derniers invités, c'était Ben Barbeau. Le fondateur est toujours directeur du Hellfest, donc n'hésitez pas à aller écouter aussi l'épisode avec Ben, qui parle notamment de la 20e édition, qui sera l'édition 2027, qui s'annonce encore plus dingue que les 19 précédentes.
- Flavien Jara
Grand monsieur.
- Nicolas Guillermou
Très grand monsieur. Si on se projette un petit peu, on sort un peu des bureaux de Côte Ouest, s'il y avait un événement dans le monde sur lequel tu rêverais de pouvoir intervenir sur la partie production, est-ce que tu sais lequel ce serait ?
- Flavien Jara
C'est hyper dur.
- Nicolas Guillermou
Je ne sais pas. Est-ce qu'il y a un événement qui te fait rêver ?
- Flavien Jara
Je pense que c'est la réponse un peu globale.
- Nicolas Guillermou
Est-ce qu'il serait sportif, culturel, corporate ?
- Flavien Jara
Franchement, la cérémonie d'ouverture des JO. Je trouve que c'est la bonne jonction entre à la fois de la culture et du sport. Et moi, ce que j'ai trop aimé dans cette cérémonie-là, c'était justement ça. Enfin, je trouve que le taf qu'ils ont fait de Thomas Jolly dans la mise en scène, c'était assez incroyable de faire pivoter justement les cérémonies traditionnelles dans des stades et de se dire en fait, notre terrain de jeu c'est la ville et à la fois ça va être un enchaînement de tableaux qui représentent l'exhaustivité de la culture française aujourd'hui. Et en fait, tout à l'heure je parlais justement de Pagaille humblement ce qu'on essaye de montrer ou de distiller un peu comme message subliminal à travers ce festival. Je trouve que là ils ont vraiment pris le parti pris de dire ok on y va en faisant des croisements entre la garde nationale et Aya Nakamoura, c'est fou de faire un truc pareil, parce qu'en fait, c'est ça aujourd'hui la France. Pareil, en introduisant Gojira à un moment donné. Bref, il y a eu tout un truc. Et du coup, pour répondre à ta question, j'avoue, un événement comme ça, en disant : OK, l'enjeu, en fait, c'est de traduire un mouvement culturel sur l'un des événements les plus regardés au monde, c'est quand même assez fou comme goal. Et j'avoue, ils l'ont fait trop bien.
- Nicolas Guillermou
Je ne t'avais pas posé la question, mais j'ai cru voir que 2024, c'était une grosse année pour Côte Ouest. Vous êtes intervenu d'une façon ou d'une autre autour des Jeux Olympiques ?
- Flavien Jara
Oui, localement, sur des petites activations. Mais nous, c'est notre grand regret, effectivement, c'est de se dire qu'on n'a pas fait partie de cette aventure-là. On l'a regardé en tant que spectateur, en tant que professionnel passionné. Mais non, on n'est pas du tout intervenu.
- Nicolas Guillermou
Si tu croisais là, en bas du bureau, le Flavien de 17 ans qui débarque avec son CV pour faire sa demande d'alternance, ce serait quoi les conseils que tu pourrais lui donner ?
- Flavien Jara
Reste passionné, fais ce métier tant que tous les jours il te donne du plaisir, n'abandonne jamais et continue de rêver parce qu'en fait, c'est le vrai moteur de notre taf, je pense, c'est de rêver, de faire rêver les gens et sinon on n'y croit pas, on n'embarquera jamais quiconque. Donc ouais, je lui dirais ça. Et cultiver le culot aussi, c'est important je pense.
- Nicolas Guillermou
Toi, ton prochain rêve événementiel après le Crunch Creator, après Pagaille, est-ce qu'il y a des choses un peu dans le pipe qui commencent à frémir pour 2027 ?
- Flavien Jara
Oui, nous, on a plein de projets dans les cartons qu'on essaye de travailler un petit peu au quotidien. Il y en a plein que je ne peux pas révéler ici. Mais je dirais au global, pour l'agence, en tout cas le rêve, moi, par rapport à mon parcours, je me suis beaucoup posé la question de savoir si j'allais pas changer à un moment donné. Parce que c'est cool, j'ai connu cette boîte. Au final, ça a été ma première boîte. Donc je l'ai connue, je l'ai vue évoluer et je me suis dit que ça serait peut-être bien de pouvoir voir autre chose. Et je pense que c'est ce que j'écrivais aux équipes quand on a fait le Crunch. Quand j'ai pris la direction, moi, au final, en 2023, je me suis dit que c'était peut-être un super outil pour réaliser nos rêves en se disant « En fait, on peut le faire, on n'est pas obligé d'aller voir ailleurs, d'aller dans des grosses boîtes. Nous aussi, on est une petite boîte. Parfois, c'est David contre Goliath, mais si on y croit beaucoup, qu'on est solidaires et qu'on est passionnés, franchement, on peut faire des trucs de fou. Et j'avoue qu'avoir eu l'opportunité de faire un Crunch Creator, qui est l'un des événements qui a eu quand même pas mal de résonance sur le territoire, pour notre petite boîte, c'est assez exceptionnel. Et c'est trop bien. Et franchement, tous les gens qui nous écoutent, n'hésitez pas à challenger nous, appelez-nous parce qu'on est bouillants pour faire des projets. Et on le fera avec le cœur.
- Nicolas Guillermou
Vous l'avez entendu, n'hésitez pas à appeler Flavien et Côte Ouest pour vos projets. Merci beaucoup Flavien pour cet échange.
- Flavien Jara
Merci à vous.
- Nicolas Guillermou
Merci à tous, chers auditeurs, pour votre écoute. Et puis n'hésitez pas évidemment à partager cet épisode et à nous suivre sur les réseaux sociaux. Et surtout, n'oubliez pas, dans l'événementiel, on n'a pas un métier facile, mais c'est quand même mieux que de travailler.
- Générique
Merci beaucoup d'avoir écouté jusqu'au bout ce podcast de Good Morning Event. N'hésitez pas à mettre une note de type 5 étoiles sur les plateformes à travers lesquelles vous écoutez le podcast et même un petit commentaire sur Spotify, ça aidera pour son référencement. Vous pouvez également nous envoyer un petit mail à l'adresse qui est indiquée en description pour nous conseiller de futurs invités ou nous faire part de vos impressions. Et à très bientôt pour un nouvel épisode.