- Générique
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Good Morning Event, le podcast de l'événementiel.
- Nicolas Guillermou
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le podcast Good Morning Event. Aujourd'hui, je suis avec Philippe. Philippe, bonjour.
- Philippe Maindron
Bonjour.
- Nicolas Guillermou
Tu t'appelles Philippe Maindron et tu es notre invité aujourd'hui car tu es le fondateur de Maindro Productions. On t'appelle le cascadeur de l'événementiel. Tu es notamment le créateur du Festival de Poupées, du Grand Prix des Meules Bleues, du Fonacon. Tu portes aujourd'hui un projet fou, emmener une Tour Eiffel au Burning Man. Philippe, avant d'aborder tous ces sujets, je sais que tu as un parcours extrêmement atypique. Est-ce que tu pourrais nous raconter un petit peu d'où tu viens, le milieu agricole, le BTP, avant d'arriver dans l'événementiel ?
- Philippe Maindron
Je suis sorti de la ferme. En tout cas, mes parents étaient exploitants agricoles. Et ça a marqué toute la première partie de ma vie, puisque j'ai fait mes études là-dedans. J'avais vraiment envie de rester à la ferme. Mais voilà, j'avais aussi quatre frères et tout le monde était intéressé. Etant le dernier, j'ai dû donc faire une autre stratégie, c'est-à-dire m'intéresser au monde agricole, mais travailler en termes de technicien à l'extérieur. Et voilà, ce qui a peut-être été une chance, parce que si j'étais resté à la ferme, j'aurais à mon avis pris mon pied, mais peut-être je n'aurais pas eu le même genre. d'opportunités, le même nombre d'opportunités de vivre la vie que je vis aujourd'hui. En tout cas, c'était toute une première partie de ma vie. Ça m'a animé profondément d'aller à la rencontre des agriculteurs et de sentir ce monde qui était incroyable et que j'aimais vraiment beaucoup. Après, de fil en aiguille, c'est vrai que par ricochet, j'ai appris à connaître une société qui s'appelait la Maison Bleue, qui faisait de la préfa béton. Et là, je me suis... engouffré là-dedans pour avoir une nouvelle vie de commercial pour vendre ce produit auprès des agriculteurs, c'est-à-dire ce produit de béton préfabriqué. Et ça m'a apporté aussi énormément, puisque c'était un nouvel exercice, finalement, une façon pour moi d'exister, en tout cas de parcourir tout le Grand Ouest, et ça m'a énormément apporté.
- Nicolas Guillermou
Et je crois que justement, c'est Maison Bleue qui a été un petit peu ton laboratoire de l'événementiel, puisque tu commences l'événementiel. en faisant de l'événement interne finalement pour Maison Bleue ?
- Philippe Maindron
Complètement. Alors cette Maison Bleue, finalement, au bout de dix ans, en tant que commerciale, va fondre les plombes. La société rencontre des difficultés financières. Et j'aurais pu partir à ce moment-là, mais un de mes collègues, qui lui, très présent sur le terrain comme moi, me dit, mais tous les deux, on peut reprendre cette entreprise. Je rappelle qu'à l'époque, il y a 90, pas loin de 100 salariés. Et moi, je lui dis, mais pas du tout. Moi, je ne suis pas fait pour être patron. Bon, en fait, il va arriver à me convaincre et je vais lui dire que je veux bien reprendre cette boîte avec toi. On avait vu un peu les lacunes, on avait vu les manquements. Je veux bien la reprendre avec toi. Mais moi, il y a une chose qui est importante, c'est que finalement, nos collègues vont devenir des salariés pour nous. Mais je ne veux pas que ça change l'état d'esprit. Je veux qu'on reste très proche les uns des autres. Et moi, j'étais déjà animé par le Festival de Poupées. On en parlera plus tard. Mais je veux qu'on soit proche des collègues qui deviennent des salariés. Je voudrais qu'on raconte des belles histoires ensemble. En tout cas, je ne veux pas être un patron comme les autres. Et on va vraiment le faire. Et là, on va raconter des histoires complètement improbables. C'est comme ça que je vais dire que cette société, quand on devient les patrons, devient un laboratoire.
- Nicolas Guillermou
Alors justement, dans les choses improbables que tu as racontées, est-ce que tu peux nous donner quelques exemples ?
- Philippe Maindron
Oui, à l'occasion de cette interview, j'ai un ingénieur d'un côté de moi. Ça me fait bien marrer parce que ça était aussi une des raisons dans lesquelles on est parti en vrille à plein d'occasions. Puisqu'il y avait eu les Jeux Olympiques en 08-08-2008 à Pékin. Et nous, à l'occasion du 09-09-2009, je vais lancer un peu l'idée de faire des Jeux Olympiques de Nain-de-Jardin. On appelle les NGO, ce qui ne ressemble à rien, mais c'est ça qui était trop marrant. Et donc, d'une façon improbable, comme ça, tous les 3 ans, 5 ans, on réunissait tous les salariés, les conjoints, bien sûr, le banquier, l'avocat, les fournisseurs, les clients. On se retrouvait plus de 1000 personnes sur un espèce de lâcher prise incroyable. Et là, pour la première fois, c'était les Jeux Olympiques de Nanjarnin. On suivront. On n'est pas des moutons. Un autre thème. Après, viendront plus tard les meules bleues. En fait, il y avait plein, plein de thèmes comme ça. Fous. Et les gens venaient vraiment parce que c'était fou. Et on le faisait toujours au sein même de l'entreprise, ce qui est très rare. Et avec ça, c'est peut-être ça qui m'a donné l'envie d'aller plus loin. Parce que je me suis dit, mais en fait, ça portait tellement. en interne, que tout le monde attendait ce moment parce que c'est une façon nouvelle pour nous de communiquer, en tout cas de dire qu'on existait différemment.
- Nicolas Guillermou
Les meules bleues, justement, tu nous en parlais. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu de la genèse et puis toutes les évolutions année après année de cet événement ?
- Philippe Maindron
Voilà, donc les meules bleues vont naître à la suite justement de ces événements improbables qu'on fait régulièrement. En 2013, on avait l'idée de faire un sujet sur la superstition. Ça avait été annoncé, puis je ne le ferai pas parce que la conjoncture est difficile. Sauf que, à l'occasion de réunir le personnel au début janvier 2014, Il y a un salarié qui prend la parole et qui me dit « Mais Philippe, on n'a pas fait cet événement, il est fédérateur, il est important pour nous et ça nous a manqué. » Donc concrètement, là, je lui dis « Écoutez, on va le faire en 2014. » Et toujours la même personne me dit « Mais finalement, 2014, c'est l'âge de l'adolescence, de l'insouciance, c'est l'âge de la mobilette. » Et il dit « Mais pourquoi on ne ferait pas une course de mobilette ? » Sauf que lui, il pense que c'est une blague quand il me dit ça. Moi, j'ai dit, mais tu as raison, très, très bonne idée. On va faire une course de mobilettes au sein de l'entreprise, toujours en interne, parce que c'était la marque de fabrique de nos événements. Et là, il y aura les mille personnes qui vont venir, qui vont en découdre. Enfin, ça va être un moment incroyable. Et le lendemain de cet événement, un chef d'entreprise m'appellera en disant, tu n'as pas le droit de garder ça pour toi. Cet événement, il est fédérateur. Tout le monde en a besoin. Et on va lancer l'idée, finalement, de lancer... espèce de Grand Prix des Meules Bleues qui va après connaître une croissance incroyable puisque je peux vous dire qu'aujourd'hui plus de 1000 entreprises, PME pas que des PME des très belles boîtes aussi participeront de près ou de loin aux Meules Bleues et on fera les Champs-Elysées, on fera Le Mans on fera plein de lieux incroyables et ça restera surréaliste On y a participé avec Zéda Organisation au Mans et c'est vrai que tous ceux qui étaient présents s'en souviennent encore Oui, franchement, c'est paillette dans les yeux parce qu'on vient pour lâcher prise, on vient pour en découdre, on vient pour se connaître différemment, pour faire tomber les barrières entre la direction souvent et les collaborateurs. Parce que moi, j'étais vraiment là-dedans et je suis toujours là-dedans, savoir que ça fait qu'un, la femme de ménage a son importance. Tout le monde est précieux dans une boîte. Et moi, j'ai milité toute ma vie pour que tous ces gens-là, ils se croisent et qu'ils racontent des belles histoires ensemble.
- Nicolas Guillermou
Alors, on y était au Mans, nous, c'était une tournée, on faisait une team à ce moment-là. Le concept, il n'avait pas évolué, mais au Mans, on avait une team, on était dix pilotes, on avait une meule pour l'équipe. Et en fait, c'était en relais avec tout ce qu'il y a autour, c'est-à-dire il y avait le concert la veille, il y avait vraiment tous les événements, le show et ainsi de suite. C'était une vraie expérience à partager entre collègues.
- Philippe Maindron
Complètement, très, très forte expérience.
- Nicolas Guillermou
Tu nous en as parlé aussi un petit peu, tu es très engagé sur le festival de Poupée depuis ses débuts. Peut-être... pour ceux qui ne sont pas de l'Ouest et qui ne connaissent pas le festival, est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ce que c'est que ce festival et ses spécificités ?
- Philippe Maindron
Le festival, pour le coup, il démarre en 1987, puisque deux ans au préalable, j'ai lancé un petit atelier de vannerie dans le village. Je ne suis pas originaire de la commune de Saint-Malo-du-Bois, où a lieu le festival de Poupée. Poupée, c'est le nom du lieu dit où se passe le festival. Voilà, donc j'arrive, il faut s'intégrer dans le village. Je vais lancer avec une collègue qui a eu l'idée d'ailleurs, une espèce d'atelier de vannerie pour apprendre à se connaître avec les anciens du village et tout. Et très vite, je suis passionné par cette histoire de vannerie, alors que j'ai 20 ans, c'est complètement improbable, mais c'est comme ça. Et je vais faire un petit moulin en paille, parce que c'est la région des moulins, les herbiers, nord-est de Vendée.
- Nicolas Guillermou
La vannerie, c'est l'art de tresser la paille pour faire des objets.
- Philippe Maindron
Complètement, de la paille ou de l'osier. on fait des paniers notamment on fait plein de choses et moi je vais me prendre au jeu et je vais faire ce petit moulin qui va me donner l'idée d'en faire un grand pratiquement en grandeur nature donc je vais mobiliser une cinquantaine de gens dans le village pour faire ce moulin qui va figurer dans le Guinness Book puisque ça devient un record du monde du plus grand moulin de paille tressée finalement on pourrait se dire oui puis alors sauf qu'alors normalement l'histoire elle est finie Sauf que, en fait, c'était tellement beau cette aventure collective pendant un an que je me dis, mais il faut qu'on fasse la fête de ce sacré moulin maintenant. Et en fait, ça va démarrer bêtement, enfin tout bizarrement. Et il fera très beau, voilà. C'est un dernier dimanche du mois d'août en 1987 où on fait cette fête. Il y a mille personnes qui viennent et là je me dis, mais c'est sympa là, les gens sont venus, on a passé une belle soirée, c'est incroyable et tout. Je dis, mais ça ne peut pas s'arrêter. Et si on faisait finalement une fête à thème ? Donc, Vanette, la fête de poupées, puis après les arts à la campagne, ça changera plein de noms pour arriver au festival de poupées aujourd'hui. Toujours est-il que ça part d'une fête de village avec des thèmes, les années qui suivent, après on va partir dans les arts de la rue, on va changer de site progressivement pour trouver une espèce de... d'arènes naturelles pour faire un théâtre de verdure.
- Nicolas Guillermou
Qui est magnifique et qui est emblématique de ce festival.
- Philippe Maindron
Et puis là, on va commencer à se poser, à investir, et après, on va partir sur des artistes locaux, régionaux, nationaux, internationaux, avec tous les plus grands, les Sting, les Ben Harper, les John Bez, les Kujo Coker, ils sont tous passés par là.
- Nicolas Guillermou
Et vous avez deux sites maintenant, avec ce théâtre de Verdure qui reste, et puis un site encore plus grand pour accueillir les soirées les plus folles.
- Philippe Maindron
Alors on a un théâtre de Verdure qui est vraiment très prisé, qui est précieux, où c'est là que la magie opère. Donc ça, c'est le théâtre de Verdure qui est à 5000 places. Et maintenant, on fait quelques escapades extérieures avec un autre théâtre qui est beaucoup plus grand, avec XXL, puisqu'il peut accueillir 30 000 personnes. Donc là, on est sur des très, très grosses pointures qui ne nous permettent pas de les produire dans le petit théâtre. Donc, on s'autorise une ou deux, finalement, à parter par an dans cette grosse structure. Et l'ensemble de tout ça fait entre 100 et 120 000 festivaliers maintenant par an.
- Nicolas Guillermou
J'y étais pour l'édition de Stromae, par exemple, qui était magnifique.
- Philippe Maindron
C'était magnifique.
- Nicolas Guillermou
Et une des particularités aussi de ce festival, c'est qu'il n'est pas condensé comme la plupart des festivals où il y a deux, trois, quatre jours et puis ça s'arrête. C'est un festival qui revient week-end après week-end sur finalement une assez longue durée.
- Philippe Maindron
Oui, oui. Alors complètement, c'est très bien de le souligner parce que c'est une vraie spécificité. On est très rare. Alors il y a peut-être Carcassonne. Il y a deux, trois sites en France comme ça où on parle plus une saison estivale qu'un festival. Parce que par principe, un festival, il est ramassé. Il fait deux, trois jours, une petite semaine maximum. Nous, on fait ça sur trois semaines et les jours sont aléatoires. Ça peut tomber des lundis, des mardis, des mercredis. Une espèce de rendez-vous incroyable, pas interminable, parce que nous, on a déjà fini et on a envie que ça recommence. Mais c'est très long et c'est un exercice qui est exigeant, qui n'est pas facile, mais qui est unique, en tout cas qui est improbable et que les festivaliers kiffent.
- Nicolas Guillermou
Si on revient sur le déroulement de ta carrière, en 2016, il y a un tournant. puisque tu vas quitter Maison Bleue et finalement te lancer à 100% dans ce métier passion de l'événementiel et fonder Mindron Productions. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu le déclic, la façon dont ça se fait, dont tu te lances finalement définitivement ?
- Philippe Maindron
Le déclic, il se fait que justement les meules bleues prennent de l'ampleur, beaucoup d'ampleur. J'y passe beaucoup de temps, mais je fais mon job à côté du directeur de la société Maison Bleue. Ce n'est pas le problème. Mais au-delà de ça, j'ai un peu fait le tour de la question. J'ai été 10 ans commercial dans la boîte, quinzaine d'années à la direction. Voilà, j'ai fait le tour de la question. Franchement, l'ambiance est incroyable. Avec mes collaborateurs, ça va super. Tous les feux sont verts. J'aspire à autre chose. Il y a ces meubles bleus qui me prennent beaucoup la tête dans le bon sens où je trouve que je m'éclate, les gens s'éclatent autour de moi. Et donc, je décide, après avoir parlé de ça pendant des années, à mon associé de quitter le navire pour faire autre chose. Ça en surprend plus d'un. Moi, le premier, parce que je me dis est-ce que je vais franchir le pas et je le fais. Je dis voilà, je vais repartir à zéro et je monte ma boîte de production d'événements. Les cascadeurs d'événements, ça veut dire que précisément, l'idée, c'est de se dire qu'on va faire des événements, mais pas comme les autres. Ça me jouera des tours d'ailleurs, parce que à mes premiers clients, je leur dis écoutez, moi, on va raconter des histoires, on va vous embarquer. ça va être improbable, ça va être incroyable mais en tout cas il n'y aura pas de... Si vous voulez faire des petits fours du champagne, il ne faut pas venir me voir. Mais en fait, quand je leur dis ça, j'en suis profondément convaincu. Parce que ça, je leur dis que tout le monde le fait. Et moi, je ne vais pas faire ça. Mais en fait, en leur disant ça, nos projets, ils ont beau être beaux, ils ont peur. Ils ont peur que ça va être compliqué les premières années. Puisqu'ils disent, ah ouais, ouais, c'est très bien. Mais c'est sans doute bien chez les autres. Mais nous, on n'ose pas. Et ça mettra bien trois ans avant que ça commence à décoller. Et là va arriver le Covid. En deux ans. Donc, les cinq premières années, c'est vraiment le parcours du combattant. À tel point que je me demande, même si ça va marcher, je me dis que ce n'était pas raisonnable de faire ce que j'ai fait. Enfin, bon, après tout, je m'en fous.
- Nicolas Guillermou
Est-ce que tu étais quelqu'un de raisonnable ?
- Philippe Maindron
Non. Voilà. Mais j'ai 55 balais, je me dis, ce n'est pas grave. Sauf que je vais insister. Et sorti de Covid, forcément, arriver ce qui devait arriver, c'est qu'il y a tellement de gens qui sont en frustration. de ne pas avoir fait les cons, entre guillemets. Alors, je dis toujours ça, moi, les cons, parce que ça me va bien, parce que moi, les cons, la connerie, je le dis, mais ce n'est pas péjoratif. C'est parce que je pense que quand on fait les cons, c'est qu'on se lâche, on prend du plaisir. Et moi, j'emmène les gens là-dedans, finalement, à se dire qu'il faut être sérieux sans se prendre au sérieux, puisque la vie est trop courte. Moi, j'en suis profondément convaincu. Chaque minute, chaque heure. Il faut la savourer, il faut la prendre. Et donc, j'embarque les gens là-dedans. Et depuis maintenant, ça va faire depuis cinq ans, puisqu'on va arriver à nos dix ans. Eh bien, on a plein de boulots, on a plein de clients. Et les gens veulent, ils ont tous compris ce qu'on voulait faire, comment on allait le faire, où on allait aller, comment on allait les emmener. Et aujourd'hui, c'est des safaris musicaux au sein des entreprises. C'est des fêtes foraines qu'on fait aussi sur... place. C'est plein de... Et c'est comme ce week-end, c'est un événement à 360 degrés dans un chapiteau de cirque avec des numéros improbables où on embarque les gens sur une scène à 360 degrés. C'est fou parce que les gens, ils voient ça nulle part ailleurs. Et aujourd'hui, c'est précisément ce qu'ils veulent et ce qu'ils viennent chercher.
- Nicolas Guillermou
Ici, on est en Vendée, terre d'industrie notamment, avec énormément de très belles entreprises. Et c'est vrai que depuis des années, En fait, on te voit partout. Quand je dis on te voit, c'est toi et tes équipes à Main de Reproduction. Toutes les plus belles fêtes, les plus beaux anniversaires d'entreprise. Si vous suivez notamment les réseaux de Main de Reproduction, vous verrez ça. Mais des événements magnifiques avec toutes ces fêtes privées d'anniversaire. Et puis des fêtes un peu plus publiques avec le travail que vous faites année après année avec le Puy du Fou. Mais aussi tous les quatre ans avec le Vendée Globe. Vous êtes devenu finalement incontournable dans la région.
- Philippe Maindron
Merci. Merci. Je suis plus ou moins obligé de le reconnaître. Je redis que c'était très difficile. C'est presque une chance pour nous. C'est une forme de cadeau parce qu'on a beaucoup travaillé pour en arriver là. Je redis que si aujourd'hui, la société est sollicitée, c'est qu'on ose embarquer les gens et j'ai envie de dire qu'ils osent nous faire confiance. Et maintenant, quand on a dit ça, les portes s'ouvrent, les verrous se lèvent. plus de freins. Aujourd'hui, c'est vrai que j'étais dans les premiers à croire dans les spectacles de drones. On a fait plusieurs fois des spectacles de mille drones qui sont incroyables. Là, on est à fond dans le mapping aujourd'hui, des mappings XXL sur des façades de châteaux.
- Nicolas Guillermou
Tu me disais sur la roche d'une carrière récemment.
- Philippe Maindron
J'ai raconté ça tout à l'heure en off, mais nous, on peut même le dire parce que c'était les cent ans de la carrière Cléber Moreau, le client appelle, dit oui, je vais faire les 100 ans, machin, on va sur place. Il me fait voir plein de sites, mais je dis, oui, mais non, mais moi, ce que je veux, c'est faire l'événement dans le fond de la carrière. C'est une carrière à ciel ouvert, à moins 150 mètres sous terre. On appelle ça un voyage au centre de la Terre. Il dit, mais oui, mais c'est compliqué. Je dis, oui, mais c'est là qu'il faut le faire. C'est dans le fond. Je rappelle qu'il y avait 2000 invités. Et il va se battre, voilà, pour avoir cette autorisation. Et franchement, l'événement qu'on a fait, c'est... C'est à pleurer parce que c'est trop beau. C'est trop beau. Du coup, on va investir ce lieu, faire un spectacle de feu, de fou, dans le fond. On voit tous les fronts de carrière, tous les fronts de taille, ils appellent ça. Et puis, on en voit un mapping qui raconte les 100 ans, un mapping qui fait pas loin de 100 mètres de long par 50 mètres de haut. Imaginez l'écran de cinéma que ça fait. Et on finit par un embrasement, feu d'artifice. Mais franchement, c'est surréaliste. Et nous, on est fiers d'avoir fait pour eux. Et là, tu vois même des gens pleurer, émus. Genre, un événement, c'est compliqué. T'arrives, c'est une carrière. Oui, c'est une carrière. Sauf que tu arrives à amener de l'émotion chez les gens, une émotion très, très forte, qui n'est pas le pas. Même nous, on n'est pas là, on ne travaille pas de là. Même moi, ça me faisait quelque chose.
- Nicolas Guillermou
Je crois qu'il y aura un after-movie à aller retrouver sur le réseau.
- Philippe Maindron
Regardez, sans problème.
- Nicolas Guillermou
Alors, vous avez fait des tas de trucs de dingue. On ne va pas pouvoir... Elle est dans le détail de tous, mais il y a eu le projet La Roucoule, il y a eu le Faunacon aussi, il y a eu plein de belles choses, mais je voudrais qu'on revienne sur un sujet incroyable. C'est un festival, pour le coup, que je pense que tout le monde connaît. Alors, ce n'est pas un festival que tu organises, mais c'est un festival où tu as déjà été, il me semble, en 2012 pour la première fois, qui est le festival Burning Man aux Etats-Unis. C'est un festival incroyable dans le désert. Est-ce que tu peux nous raconter comment déjà te vient l'idée d'y aller en 2012 et puis ce que tu découvres là-bas ?
- Philippe Maindron
Ce que je découvre là-bas, c'est tout ce que j'aime. C'est la liberté totale de faire ce qu'on veut, quand on veut, et d'avoir un grand respect les uns envers les autres. Pas de jugement. Alors accessoirement, c'est important, mais pour ceux qui ne connaissent pas l'événement, c'est pas d'argent qui circule. Il n'y a pas d'argent. Chacun apporte le meilleur de lui-même et c'est un immense partage. un partage aussi dans tous les sens des fois il y a un peu de produits illicites qui circulent voire d'alcool, mais là c'est vrai ici, puis c'est vrai dans d'autres festivals. Moi, je ne me suis pas arrêté à ça. En tout cas, je ne vais pas chercher ça. Je vais chercher tout ce que je trouve là-bas. cette espèce de liberté incroyable de créer je rappelle qu'il y a environ 500 oeuvres qui viennent du monde entier la moitié sont XXL et moi quand j'arrive là-bas je suis un gamin, je ne sais même plus regarder ça vit aussi nuit et jour la musique est plutôt techno électro mais il y a une espèce d'ambiance qui est Merci. de ferveur, de communion que j'adore. Donc il y a 12 ans, je prends une claque en allant là-bas. J'y vais parce que j'ai vu ça à la télé. En fait, moi, je fonctionne beaucoup comme ça. Je vois dans une revue, on parle d'un événement, je chope une information et je ne sais pas pourquoi, mais celle-là en faisait partie. À un moment donné précis, je me dis, mais ça, il faut que j'y aille ou il faut que je le fasse. J'ai une espèce de flash qui fait que je ne me pose plus de questions. mais je veux le faire, ou ils le vivent, mais rapidement, c'est pas dans 5 ans, dans 10 ans, et là, je vois ça à la télé, je dis à mon gars Thomas, qui va venir avec moi, je dis, mais ce truc-là, on y va tout de suite, et en fait, non seulement on n'y va pas l'année d'après, mais on y va tout de suite, parce que c'est plus fort que moi, et je vais prendre la claque de ma vie, et tellement que je vais prendre une claque, je vais dire, mais un jour, un jour, je sais pas quand, je reviendrai faire une oeuvre d'art, et là, le moment, il est venu, voilà, c'est les 10 ans de Maindron Productions, J'ai une équipe incroyable, on s'éclate, ça va être ma façon de les remercier. Et au-delà de ça, ma façon d'aller au bout, au bout du bout, de faire une œuvre d'art improbable là-bas, dans le Nevada, à 600 kilomètres de San Francisco, dans un désert qui est un peu plus aride, où il n'y a rien.
- Nicolas Guillermou
Alors pour faire une œuvre d'art comme ça, ça ne s'improvise pas. Comme tu le dis, on est dans le désert, on est au milieu de nulle part. Et donc ça se construit en deux temps. Un premier temps cette année, un deuxième temps l'année prochaine. Cette année, c'était un petit peu le repérage pour tout préparer pour l'année prochaine. Raconte-nous comment ça se passe. Parce qu'on dit, je veux construire une œuvre d'art, mais est-ce qu'il y a une organisation qu'il faut convaincre ? Est-ce qu'il y a une sorte de dépôt de projet ? Comment ça se prépare ?
- Philippe Maindron
Alors, il y a un dépôt de projet. Après, forcément, il y a le cahier des charges qui est important, sans doute. Après, dans la mesure où tu rentres dans le cadre et que tu n'as pas d'exigence financière, tu n'attends pas d'aide de l'organisation, En gros, je veux dire, tout le monde peut y aller. Sauf que c'est le début des problèmes. Parce que c'est très compliqué. Et on va dire que c'est cher. On est dans mon projet sur une œuvre d'art XXL. Puisque je rappelle qu'il s'agit de ma petite Eiffela, pour ceux qui la connaissent. On est sur une échelle, sur une tour Eiffel, par exemple. L'échelle 1 dixième, qui, dans l'esprit de mon scénario, s'est crachée dans le désert.
- Nicolas Guillermou
1 dixième, c'est 30 mètres de haut.
- Philippe Maindron
Oui, voilà. C'est donc 30-32 mètres. Mais comme elle s'est crachée, elle est plutôt allongée avec les pattes en l'air. Le visuel est très significatif. Je suppose que vous aurez la curiosité d'aller le voir. Et la tête dirigée vers le ciel. Ça fait au sol 30 mètres de long, 15 mètres de haut, 20 tonnes d'acier. C'est un gros, gros chantier. Et donc là, sur ce genre d'œuvres d'art qui sont là-bas dans les plus grosses, à Borniman, pour celle-là, j'en suis sûr, pour la Corvo, vu et recontrôlé cette année, est-ce que j'en arrive ? Il y a une attention particulière d'organisation. qui peut faire que tu peux bénéficier d'aide. Ça fait l'objet d'un dossier que j'ai déjà posé l'année dernière. Donc ça n'a pas pu aller au bout, mais je vais le reposer. Mais dans tous les cas, je vais y aller. Parce que maintenant, c'est plus fort que moi. Aide ou pas aide, je vais trouver un financement. Il y a assez de gens qui croient dans le projet et qui ont envie d'y aller pour m'accompagner. Donc voilà, j'ai envie de dire qu'en gros, tout est permis dans la mesure où tu es très créatif et que tu sors du lot. parce que là-bas... Toutes les œuvres sont hors normes, sont, en tout cas, de par, je trouve, l'originalité, le fait d'aller au bout. C'est magnifique, c'est magnifique. Il y a toutes sortes de créations dans toutes sortes de directions.
- Nicolas Guillermou
Techniquement, il y a une phase de montage. Et puis après, il y a un moment où normalement les œuvres sont montées et le festival démarre. C'est un peu comme ça que ça se passe ?
- Philippe Maindron
C'est exactement comme ça que ça se passe. donc là on rappelle que le festival l'année prochaine en 2026 sera la première semaine de septembre. Donc, il dure 9 jours. Et donc, nous, on va arriver, je pense, 8-10 jours avant. Et puis, on aura bien pour 3-4 jours à démonter. Donc, on va potentiellement rester 2-3 semaines dans le désert, mais en autonomie totale. C'est-à-dire que là, on doit amener son eau, son électricité avec des panneaux photovoltaïques ou des batteries. Mais enfin, de toute façon, tu dois être autonome. Tu dois aussi accepter que les conditions soient très difficiles et on a pu le vivre cette année. C'est une tempête incroyable.
- Nicolas Guillermou
Cette année, il y a eu tempête de sable, il y a eu des pluies diluviennes.
- Philippe Maindron
Il y a eu tout eu. On est passé d'une tempête à... 70-80 km heure où on ne voit pas son collègue à 1m50. Tu as un masque, tu as des lunettes de ski parce qu'il faut aussi que ça épouse parfaitement le visage pour le sable. C'est un sable très fin, le vent. Franchement, au début, on me dit il faut amener ça. Tu dis oui, on verra bien. Sauf que quand tu es là-bas et que tu ne l'as pas, tu te dis qu'est-ce qui m'arrive ? Donc voilà, un équipement particulier. Ne pas avoir peur des écarts de température entre 40 et puis... 10 degrés la nuit, voire des fois encore plus bas. Il y a des variations très importantes de température. Et après, la pluie, quand il pleut, le Nevada s'arrête de tourner puisque ça devient une espèce de mélange qui colle aux chaussures. Tu ne vas même pas sortir de ton camping. Mais c'est à la fois tout ça que je vais chercher et que j'ai trouvé, qu'on va retrouver encore, nul doute.
- Nicolas Guillermou
Je renvoie là encore à les gens sur tes réseaux persos. Il y a des images de tout ça, de chaussures avec 30 cm de boue en dessous, de repas de pâte au sable notamment, qui ont été mémorables.
- Philippe Maindron
Oui, parce que là, pour le coup, sous le coup de cette tempête, c'est ça qui est fou, mais on est prévenus pourtant, parce que là-bas, les réseaux ne passent pas. Quand tu dis qu'on est prévenus, c'est qu'on nous dit qu'il faut toujours être en veille. Et là, parce qu'il n'y a pas de réseau, on ne dit pas, attention, alerte. tempête qui arrive dans 10 minutes à un quart d'heure, on sait rien t'es là mieux de nulle part mais sauf que quand t'es là-bas tu comprends vraiment qu'elle arrive mais elle arrive très très vite et pour ce coup là on avait quitté le camion sans fermer les portes et là mais pas la question de retourner parce que déjà c'est trop tard donc tu te planques où tu peux là ça a duré 2 heures pour l'occasion hyper long et quand t'arrives dans ton camion il est ravagé plein de sable, la cuisine enfin c'est tout mort Et là, tu rigoles jaune au début, puis après tu dis, bon, c'est comme ça, on s'est fait baiser. On aurait dû fermer les portes et les fenêtres. Et la preuve qu'on n'avait rien vu venir. Mais bon, c'est la vie de Born-in. C'est ça, il faut l'accepter, et c'est ça qui est rigolo.
- Nicolas Guillermou
Sur le défi logistique, et Fela, on l'a déjà vu, notamment à différents endroits en France, tu disais, une sculpture de plus de 30 mètres et en acier, est-ce que tu amènes la structure française aux Etats-Unis ? Est-ce que tu fais fabriquer une réplique finalement dans le Nevada ? Comment est-ce que tu vas procéder ?
- Philippe Maindron
Là, c'est toute la réflexion du moment. Dans l'ordre, déjà, je suis profondément convaincu, on va y aller. Déjà, il ne faut plus avoir de doute parce que là, tout va se compliquer. Donc, il faut que je trouve un financement adéquat. Je rappelle que j'ai évalué le projet à 300 000 euros. Il faut que je sois focus, déjà, le financement. Je vous l'ai redit, il y a des possibilités. Il y a des gens intéressés. Et s'il y en a qui m'écoutent, qui sont sensibles au projet, ils peuvent m'appeler.
- Nicolas Guillermou
Donc, tu cherches des gens qui peuvent accompagner, accompagner financièrement et aussi éventuellement accompagner physiquement, venir vivre l'expérience à tes côtés.
- Philippe Maindron
L'un va avec l'autre. Parce que les mêmes qui vont m'accompagner auront envie d'y aller, ce que je peux comprendre. Après, on ne va pas y aller à 50 000. Parce que je redis que c'est très compliqué. Et même déjà que le camp, il est compliqué à installer. Je rappelle qu'on est au milieu de nulle part. Donc l'idée, ce n'est pas de partir à 50 parce que ça ne serait pas possible. Il faut bien être conscient de ça quand on se dit qu'on peut être intéressé pour accompagner le projet. Au-delà de ça, parce que je dis que ce volet, je vais le faire, je vais y arriver. Je ne me pose même pas la question 30 secondes. Et maintenant, c'est par quel bout je le prends. Donc déjà, par quel bout on le prend, on dessine très rapidement cette œuvre d'art. puisqu'on part du principe que c'est une œuvre d'art, là-bas, c'est 500 œuvres d'art. Au passage, c'est une œuvre d'art qui n'aura peut-être pas de valeur, mais en tout cas, qui peut en avoir, parce qu'elle aura fait Burning Man, et ça peut donner de l'intérêt à certains de s'intéresser à son avenir. En tout cas, voilà, donc on va la dessiner, on va faire des calculs, on passe par le calcul, évidemment, parce que tout est compliqué, pour bien définir à quoi va ressembler, comment va être finalement fabriquées. Et puis, c'est quoi l'onde de choc des dégâts autour après ? Parce qu'une fois que j'ai identifié le nombre de pièces, la forme, le volume, et voilà. J'en suis à la deuxième question, c'est est-ce qu'on débite, entre guillemets, tout cet ensemble ? Je rappelle qu'il y a à peu près 5000 pièces, 10000 boulons, 22 tonnes d'acier. Est-ce qu'on fait tout ici ?
- Générique
parce qu'on sait qu'on maîtrise le sujet, qu'on pourra suivre les travaux et tout ça. Ça part par conteneurs, après ça part du Havre, donc en conteneurs jusqu'au Havre, le Havre, le bateau, le canal de Panama, on arrive à San Francisco, on reprend un camion pour aller 600 km dans le désert. Alors quand on dit comme ça, ça paraît faisable, évidemment que c'est faisable, parce que ça se fait, mais c'est long, ça peut être cher accessoirement. Donc ça, c'est une solution. Et la deuxième, c'est de penser qu'on va tout fabriquer aux États-Unis et préassembler là-bas pour rassembler définitivement sur place la Burning Man. Alors moi, quand je viens de revenir de Burning Man, quand je suis là-bas, je suis convaincu que c'est mieux de le faire là-bas. Et puis quand je reviens là, je parle aux professionnels, ils me disent « Tu verras aussi que de la faire là-bas, ça coûte très cher. » Parce qu'aux États-Unis... tout est relativement cher et dans le métal ils ne sont pas épargnés. Et que la maîtrise du sujet, on n'est plus sur place, on va peut-être faire des avenirs. En fait, aujourd'hui, je ne suis même pas convaincu que ça soit le moins cher. Donc, on va faire les deux simulations. Et on vous dira bientôt à quelle sauce ça va être mangé ou nous on va être mangé. C'est-à-dire de faire tout ce cinéma pour arriver là-bas ou au contraire de s'éclater en direct sur place.
- Nicolas Guillermou
On va suivre tout ça avec grand intérêt. Et on a hâte. d'être à l'année prochaine pour découvrir l'oeuvre en place dans le désert, la mise en lumière et tout le festival autour ok, merci merci beaucoup Philippe pour cette échange passionnant on a voyagé avec toi de la Vendée aux Etats-Unis et surtout n'oubliez pas, dans l'événementiel on n'a pas un métier facile, mais c'est quand même mieux que de travailler merci d'avoir écouté jusqu'au bout ce podcast de Good Morning Event. N'hésitez pas à mettre une note de type 5 étoiles sur les plateformes à travers lesquelles vous écoutez le podcast et même un petit commentaire sur Spotify. Ça aidera pour son référencement. Vous pouvez également nous envoyer un petit mail à l'adresse qui est indiquée en description pour nous conseiller de futurs invités ou nous faire part de vos impressions. Et à très bientôt pour un nouvel épisode.