Nicolas Guillermou31 décembre 2024, 10h du matin à Paris. Pendant qu'on savoure notre café, à Sydney il est 20h. Et dans quelques heures, l'Australie entrera en 2025. Une heure après minuit, à Sydney, des passagers fortunés embarqueront sur un avion. Destination Los Angeles. Vol de nuit, 13h dans les airs, champagne, ambiance festive en altitude. Quand ils atterriront à Los Angeles, il sera 19h le 31 décembre. Ils auront remonté le temps. Dans 5 heures, ils pourront de nouveau fêter le Nouvel An. Le réveillon du Nouvel An, la plus grosse opération événementielle simultanée de la planète. Focus, c'est votre nouveau rendez-vous sur Good Morning Event. Chaque semaine, nous découvrirons un événement qui a fait l'actualité. Good Morning Event, le podcast de l'événementiel. Pour comprendre l'ampleur de cette machine événementielle mondiale, commençons par les chiffres. Le réveillon du Nouvel An génère environ 10 milliards d'euros de retombées économiques en France uniquement. A l'échelle mondiale, les estimations dépassent les 100 milliards d'euros. Hotellerie, restauration, événementiel privé, transport, sécurité, tous les secteurs sont mobilisés pour une seule nuit. Mais ce qui rend cet événement unique, c'est sa dimension temporelle. Grâce aux 24 fuseaux horaires, le nouvel an se propage comme une vague autour de la Terre pendant plus de 26 heures. Les îles Kiribati dans le Pacifique sonnent les premières. Sydney suit trois heures après avec son spectacle pyrotechnique légendaire. Puis Dubaï, Moscou, Paris, New York, Los Angeles. Et enfin, les Samoas américaines clôturent la marche. Dernier sur Terre à entrer dans la nouvelle année. Cette particularité temporelle a donné naissance à un marché de niche ultra-premium, le double réveillon en jet privé. L'entreprise PrivateFly a créé un concept audacieux, fêter le nouvel an deux fois en remontant le temps. Le principe est simple, départ de Sydney après minuit, vol vers Los Angeles ou Honolulu, arriver plusieurs heures avant le réveillon local grâce au décalage horaire de 19 à 21 heures, coût de l'opération 210 000 euros pour 18 passagers, soit environ 11 700 euros par personne. Mais le concept dépasse le simple gadget pour ultra-riches. United Airlines exploite commercialement ce phénomène. Le vol UA200 reliant Guam à Honolulu décolle le 1er janvier et atterrit le 31 décembre. Marketing brillant. « On ne vit qu'une fois, mais on peut fêter le nouvel an deux fois » , proclame la compagnie sur les réseaux sociaux. Le vol affiche systématiquement complet. En 2024, un retard a privé les passagers de l'expérience. Déception massive. Certains avaient payé des centaines de dollars spécifiquement pour vivre ce voyage temporel. Revenons aux célébrations terrestres. Car c'est bien là que se joue le véritable défi organisationnel. Prenons Sydney. Référence mondiale en termes de feux d'artifice du Nouvel An. Budget 7 millions de dollars australiens. 9 tonnes de feux d'artifice. 25 000 effets pyrotechniques individuels, 2 spectacles, un à 21 heures pour les familles et un minuit de 12 minutes de pyrotechnie pure, synchronisée avec une bonne sonore originale composée spécialement. L'organisation, avec la ville de Sydney en partenariat avec des agences événementielles de production événementielle, gère un événement qui attire 2 millions de spectateurs sur place et 1 milliard de téléspectateurs dans le monde. L'installation démarre des semaines avant. Les sites de lancement sont positionnés stratégiquement autour du Harbour Bridge et de l'Opéra. Les tests pyrotechniques s'enchaînent. Le plan de sécurité mobilise des centaines d'agents. Les transports publics fonctionnent en mode renforcé toute la nuit. L'impact économique dépasse l'imaginable. Les hôtels de Sydney affichent complets 6 mois à l'avance, avec des tarifs multipliés par 3. Les croisières VIP sur le port se vendent entre 500 et 2000 dollars australiens par personne. Les restaurants avec vue facturent des forfaits réveillants entre 400 et 600 dollars. Et pour ceux qui veulent la meilleure place sans payer, il faut camper. Certains spectateurs arrivent 24 heures à l'avance pour sécuriser leur emplacement gratuit face au pont. Times Square à New York joue dans une autre catégorie. Pas de feux d'artifice spectaculaires, juste une tradition vieille de 118 ans. La descente de la boule de cristal, de 3,7 mètres de diamètre, 320 kilos, et 2688 Christo Watford. Elle descend pendant exactement 60 secondes de la tour One Time Square. Simple, iconique, universelle. Chaque année, il y a plus d'un million de spectateurs sur place. Zéro ticket requis. pour assister à la fête dans les rues. Une gratuité totale, mais ultra contrôlée. Les spectateurs arrivent dès 14h pour s'installer dans les zones sécurisées. Pas de toilettes publiques accessibles, pas de possibilité de sortir et de revenir, plus des sacs à l'entrée. Les restaurants et hôtels de Times Square, eux, vendent des forfaits VIP. L'Olive Garden, par exemple, propose un package à 450$ par personne, avec buffet, open bar, et une vue pas forcément garantie sur la descente de la boule. Les plus luxueux, comme le Broadway Lounge du Marriott, atteignent 12 500 dollars pour deux personnes, avec champagne, dîner gastronomique, concert privé et cette fois-ci une vue imprenable. Paris n'est pas en reste. Le feu d'artifice de l'Arc de Triomphe attire plus d'un million de spectateurs sur les Champs-Élysées. Là encore, gratuité totale. Gestion de foules massives, 90 000 policiers et gendarmes sont mobilisés sur le territoire français pour toute la nuit. Le réveillon révèle aussi l'industrialisation de la fête. Des opérateurs spécialisés proposent des packages clés en main. Visite Europe, le spécialiste des réveillons depuis plus de 20 ans, vend des séjours tout compris Budapest, Prague, Lisbonne, Dublin, hôtel 4 étoiles, croisière sur le Danube avec des dîners de gala, de la musique live ou des visites guidées. Des formules de 3 à 5 jours avec des prix variables selon la destination. Ce marché explose. Les Européens cherchent de l'expérience. Le réveillon devient un produit touristique. packagée, normée et optimisée. La dimension culturelle reste fascinante. À Madrid, tradition des douze grains de raisin, un à chaque coup de minuit, et prospérité pour les douze mois à venir. En Équateur et en Colombie, on brûle des marionnettes représentant les politiciens détestés ou les événements négatifs de l'année. Un rituel cathartique et festif. Le réveillon du Nouvel An incarne l'événementiel dans sa dimension la plus universelle. Aucun autre événement ne touche simultanément autant de cultures, de pays et de continents. Aucun autre ne génère une telle mobilisation logistique, sécuritaire et économique. Des jets privés à 200 000 euros, aux fêtes gratuites sur les places publiques, du spectacle pyrotechnique high-tech aux rituels ancestraux, le 31 décembre unifie l'humanité dans un décompte collectif. Pour les professionnels de l'événementiel, le réveillon offre un laboratoire fascinant. Comment gérer des foules de plusieurs millions de personnes ? Comment monétiser un événement gratuit ? Comment créer de l'exclusivité dans un moment universel ? Comment synchroniser des spectacles pyrotechniques avec une précision militaire ? Les réponses varient selon les villes, mais les enjeux restent identiques. Le réveillon du nouvel an, quand l'événementiel découvre qu'une seule nuit peut mobiliser la planète entière, générer des milliards d'euros et prouver que malgré nos différences, l'humanité sait se rassembler. pour fêter ensemble le passage du temps. Merci beaucoup d'avoir écouté jusqu'au bout ce podcast de Good Morning Event. N'hésitez pas à mettre une note de type 5 étoiles sur les plateformes à travers lesquelles vous écoutez le podcast et même un petit commentaire sur Spotify, ça aidera pour son référencement. Vous pouvez également nous envoyer un petit mail. à l'adresse qui est indiquée en description pour nous conseiller de futurs invités ou nous faire part de vos impressions. Et à très bientôt pour un nouvel épisode.