Nicolas GuillermouPour comprendre les formations événementielles, il faut d'abord saisir la réalité du secteur. L'événementiel, ce n'est pas un métier unique, mais une constellation de spécialités. Chef de projet événementiel qui coordonne de A à Z. Chargé de production qui gère la logistique et les prestataires. Responsable communication événementielle qui pilote la promotion. Commercial événementiel qui décroche les clients. Régisseur qui assure la technique sur le terrain. Directeur de production qui supervise les opérations complexes. Il y a également un tas d'autres métiers spécialisés tout autour de l'événementiel. Le son, la lumière, la vidéo, le transport. Cette diversité explique pourquoi il n'existe pas un unique chemin pour travailler dans l'événementiel. Les profils sont variés. Les parcours multiples, certains sortent d'écoles spécialisées, d'autres d'universités, et beaucoup se forment sur le terrain. Commençons par les écoles spécialisées en événementiel. Elles proposent des bachelors en 3 ans post-bac, ou des masters avec 2 ans de plus. Les plus connues sont par exemple, Sup de Pub avec sa filière événementielle, l'ES Paris, l'ISEFAC, l'ISG ou l'ISEG, les écoles de commerce, Tunon, ces écoles offrent un avantage, la professionnalisation immédiate, avec un stage dès la première année, des intervenants du secteur, des projets concrets et un premier réseau événementiel. Mais elles sont privées et donc coûteuses, parfois entre 7 000 et 10 000 euros par an. L'université propose aussi une alternative plus accessible. Les licences professionnelles événementielles se font en un an, après un bac plus deux. Les masters événementiels ou en communication événementielle durent deux ans après la licence. Par exemple, l'université de Paris-Dauphine, avec son master en Management du sport et de l'événementiel. ou Nantes avec son master en communication événementielle, et enfin Lyon avec sa licence pro. Le coût, c'est celui des droits universitaires classiques, soit quelques centaines d'euros par an. Le réseau est moins événementiel pur, mais l'enseignement reste solide. Faut-il obligatoirement un diplôme spécialisé pour travailler dans l'événementiel ? Je dois vous avouer que non. Beaucoup de professionnels, et vous avez pu le découvrir au cours des différents podcasts, viennent de formations en communication, en commerce, en management, et parfois même sur des reconversions complètes. L'événementiel valorise autant les compétences que les diplômes. Organisation, gestion de projets relationnels, résistance au stress et polyvalence, ces qualités s'acquièrent aussi sur le terrain. Justement le terrain. L'alternance est devenue la voie royale. Combiner formation théorique et expérience professionnelle rassure les employeurs. Les agences événementielles recherchent massivement des alternants. Le rythme classique, 3 jours en entreprise, 2 jours en cours. L'avantage est double, être payé pendant ses études et accumuler de l'expérience concrète. Mais ces dernières années, les aides ont baissé pour les employeurs. Et certains OPCO ne peuvent plus financer à 100% le coût de la formation. Ce qui laisse un reste à charge pour les entreprises. Il n'est pas toujours plus simple de faire coïncider, par exemple, une période d'examen et une date d'événement. On l'a bien senti lors de la dernière rentrée, le graal de l'alternance en événementiel peut devenir plus difficile à atteindre. Les stages constituent l'autre passage obligé. Dans l'événementiel, le réseau se construit dès les études. Un bon stage peut déboucher sur un CDI. Les périodes creuses des étudiants, avril, mai, juin, septembre, octobre, correspondent également aux périodes intenses de l'événementiel. Les festivals d'été recrutent massivement des stagiaires. Les salons de rentrée recherchent des renforts en septembre. Le bénévolat dans l'événementiel joue aussi un rôle clé. Festivals de musique, événements sportifs, salons professionnels mobilisent des milliers de bénévoles chaque année. Quick Off, une plateforme de gestion des bénévoles, compte plus de 200 000 inscrits. Être bénévole permet de découvrir un secteur gratuitement, de tester différents postes, de rencontrer des professionnels et évidemment d'enrichir son CV. Et puis, le statut d'auto-entrepreneur et les petits boulots sont des tremplins incroyables en termes d'expérience et de réseau. Être ouvreur ou ouvreuse dans une salle de spectacle, hôte ou hôtesse sur un salon, road, c'est-à-dire logisticien sur un événement sportif ou culturel. C'est vraiment une plus-value pour votre future carrière. Parlons à présent des débouchés dans l'événementiel et des salaires. Le secteur recrute, mais avec des contrats souvent précaires au début. Beaucoup de CDD, de missions courtes et de freelance. Le salaire débutant d'un chef de projet junior tourne autour de 25 à 28 000 euros brut annuel, et parfois moins en province. Un chargé de production débute entre 24 et 26 000 euros. Les commerciaux événementiels peuvent gagner un peu plus grâce aux commissions, mais rien n'est garanti. La réalité du métier mérite d'être connue avant de se lancer. L'événementiel, c'est travailler quand les autres ne travaillent pas. Le soir, le week-end, les jours fériés. C'est gérer le stress des deadlines serrées, des imprévus constants et des clients exigeants. C'est enchaîner les périodes intenses, et puis les creux d'activité. Mais c'est aussi la fierté de voir son événement prendre vie. L'adrénaline du direct, la diversité des projets, le travail d'équipe soudée. Les savoir-être sont déterminants. Organisation et rigueur pour gérer simultanément dix dossiers. Capacité d'adaptation face aux changements de dernière minute. Sens du relationnel pour coordonner prestataires, clients et équipes. Résistance au stress lors des montages et des événements. Créativité pour proposer des concepts originaux. Ces compétences se développent progressivement, en formation, mais avant tout sur le terrain. Les métiers de l'événementiel les plus demandés aujourd'hui ? Chef de projet événementiel arrive en tête. Les agences cherchent constamment. Chargé de production suit de près. Les profils techniques également, régisseurs, directeurs techniques, sont en tension. Peu de formation les prépare vraiment. Le digital événementiel explose. Chargé de communication événementielle maîtrisant les réseaux sociaux. Créateur de contenu pour des événements hybrides. Alors peut-on travailler dans l'événementiel sans école spécialisée ? Absolument. Les recruteurs regardent l'expérience, les stages, les projets menés. Un étudiant en commerce ayant organisé le gala de son école, fait trois stages et participé bénévolement à des festivals, a autant de chance qu'un diplômé d'école spécialisée dans l'événementiel mais sans expérience. Mon conseil essentiel ? Multipliez les expériences dès sa première année, voire dès le lycée avec le bénévolat dans les associations sportives et culturelles. Organiser des événements étudiants pour son école ou son association, s'inscrire comme bénévole sur des festivals, chercher des stages même courts dès qu'une période de vacances vous le permet, suivre l'actualité du secteur via des podcasts, évidemment comme Good Morning Event, suivre les médias spécialisés, les réseaux sociaux, construire son réseau en vous rendant sur des événements et en contactant les professionnels du secteur par LinkedIn. L'événementiel n'est pas un secteur fermé, réservé à une élite. C'est un secteur ouvert, dynamique, qui valorise la motivation, l'investissement et la polyvalence. Les formations donnent des bases théoriques et un premier réseau. Mais c'est le terrain qui vous formera vraiment. Chaque événement est une école. Chaque mission vous enseigne. L'événementiel s'apprend en le faisant. La recherche d'une formation événementielle, quand les étudiants découvrent qu'il n'existe pas un parcours unique, juste des chemins multiples vers un secteur passion, où l'expérience compte autant que les diplômes.