- Speaker #0
Bienvenue sur Gym Broz, le podcast dédié à tous les gérants indépendants de salles de sport, ceux qui vivent leur passion chaque jour et font bouger leur communauté. Je suis Matthieu, fondateur de la méthode FLEX, une approche en trois piliers pour multiplier le chiffre d'affaires de votre salle, attirer plus de membres et les fidéliser durablement. Dans chaque épisode, on part à la rencontre d'un gérant passionné pour découvrir ses stratégies, ses réussites et surtout les leviers concrets qui font la différence. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Hugues. qui est gérant de CrossFit Chartres. Et ensemble, on va parler business, communauté, fidélisation et gestion de la salle. Salut Hugues, merci d'être là. On va démarrer.
- Speaker #1
Avec plaisir, merci pour l'invitation.
- Speaker #0
Avec plaisir. On va démarrer très rapidement par une question assez simple. Est-ce que tu veux bien me raconter un peu ton parcours avant d'ouvrir la salle ?
- Speaker #1
Ok, je vais essayer d'être rapide. Moi je m'appelle Luc, je suis éducateur sportif de formation et gérant de CrossFit Chartres depuis 2016 maintenant. J'ai toujours su que je voulais travailler dans le sport, je voulais surtout accompagner les gens, pas forcément, pas juste leur faire faire des mouvements. Avant d'ouvrir la salle j'étais indépendant déjà, j'étais personnel trainer sur Chartres, avec un rythme qui devenait difficilement tenable sur la durée, j'avais passé la trentaine déjà et ça commençait à être un peu difficile. Donc j'ai découvert le CrossFit à ce moment-là, en 2014, à travers des vidéos YouTube. Et cette méthode, elle m'a immédiatement parlé par son exigence, par sa richesse, par sa dimension humaine. Moi, ça m'a tout de suite fait rêver.
- Speaker #0
Ok, et qu'est-ce qui t'a fait, avant de parler de ta salle, qu'est-ce qui t'a fait franchir le cap de dire je passe de personal trainer à carrément ouvrir une structure, une salle de CrossFit ? Ça a été quoi ? Est-ce qu'il y a eu un élément déclencheur ?
- Speaker #1
Oui, je voulais avoir ma structure depuis toujours. Je m'étais dit qu'il fallait être patient, il fallait se créer une petite notoriété locale avant d'ouvrir une structure. Et c'est ce que j'ai fait. J'avais toujours en arrière-plan d'ouvrir ma salle. Maintenant, les conditions financières et d'expérience n'étaient pas forcément toujours réunies. Du coup, j'ai... J'ai réfléchi à des reprises de salles dans les années 2012-2013. Et puis en 2014, j'ai fait la rencontre de mon associé, qui maintenant n'est plus mon associé, mais qui était mon associé à l'époque. Et donc, il m'a donné vraiment un vrai support financier, mais pas que, avec vraiment beaucoup d'intelligence. on a réussi à créer le... le projet ensemble. Et de par son parcours, lui, et du côté de mes connaissances à moi, on a pu ouvrir ça. Donc voilà, c'est un concours de circonstances. C'est un moment de ma vie là où on a pu mettre en commun nos connaissances et nos savoir-faire pour pouvoir créer ce projet.
- Speaker #0
OK. Et justement, ce projet, est-ce que tu peux nous en parler un petit peu, nous présenter ta salle ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, CrossFit Chart, c'est la première salle affiliée CrossFit sur le secteur. À cette époque-là, la discipline n'était vraiment pas du tout connue. On était perçus un peu comme des foufous. Il a fallu la démocratiser. D'abord, on a construit la salle spécifiquement pour ce projet. Ça, c'était hyper important. On voulait créer un accueil, on voulait créer un lieu vraiment accueillant, on voulait créer quelque chose de vraiment fonctionnel. C'était vraiment différent des salles de fitness classiques à l'époque. Aujourd'hui, on est volontairement 100% crossfit, parce qu'on croit vraiment à la méthodologie. Quand elle est adaptée et quand elle est encadrée, pour chaque personne qui passe la porte, c'est pour moi une méthode qui tient vraiment la route aujourd'hui. On accueille aussi bien des enfants à partir de 8 ans que des seniors. Il y a un court senior qui est en train de se faire là. Notre doyenne a 85 ans, elle va très bien. On a aussi de l'accompagnement individualisé ici à la salle. L'objectif, ce n'est pas forcément la performance à tout prix, c'est surtout que chacun trouve un cadre sécurisant, exigeant, agréable, où dès le premier jour, tu te sens à ta place.
- Speaker #0
Et l'affiliation Crossbeast, tu l'as prise dès le départ ? Tu l'as mise en place dès le départ pour ta salle ou t'as démarré sans ?
- Speaker #1
Dès le départ, oui. On est dans notre dixième année.
- Speaker #0
Ok, top. Cette année, tu fêtes les dix ans. Sacré parcours. Justement, par rapport à ces premières années et dix ans après, quelle évolution tu as pu remarquer importante au niveau de la salle que tu as pu mettre en place et évidemment, au fur et à mesure, par rapport à l'évolution de la pratique sportive et pratique crossfit notamment ?
- Speaker #1
La salle, elle a évolué autant que moi, je dirais. Moi, j'ai beaucoup évolué, la salle aussi. Mon objectif de base, c'était vraiment de construire quelque chose qui dure dans le temps. Donc aujourd'hui, dix ans après, on peut dire que c'est une vraie fierté d'être encore là. J'avais imaginé au départ, j'avais un peu le schéma idéal où j'avais beaucoup de collaborateurs, beaucoup de collaborations avec différents clubs autour de moi. L'expérience m'a appris que... que les parcours professionnels évoluent beaucoup aussi dans tous les niveaux. On peut former des gens qui partent au bout d'un moment, et ça j'avais du mal à le concevoir au début, puis maintenant c'est ok. Et puis surtout ce qui a changé, c'est surtout l'approche du crossfit. Au début on en avait vraiment une approche très brute, confidentielle. Aujourd'hui c'est complètement démocratisé, notre façon d'accompagner les gens. elle est devenue vraiment plus accessible, progressive. Par contre, je suis toujours aussi exigeant, mais ça s'est vraiment démocratisé, ça, il n'y a pas de doute là-dessus. Nous, on a trois piliers ici, en fait. Ce qu'on cherche vraiment quand les gens viennent faire du sport chez nous, c'est vraiment leur sécurité avant tout, qu'ils aient un coaching d'excellence, et surtout qu'on ait plaisir aussi à travailler ensemble. Donc, à pratiquer ensemble. Donc, voilà, on tourne toujours tous les jours autour de ces trois piliers-là et puis on se met en question toujours par rapport à ça. C'est pour moi vraiment l'ADN de la salle.
- Speaker #0
Ok. Et quand tu dis que tu es exigeant, tu es exigeant dans ta façon de coacher, dans la façon dont ta structure est perçue, c'est quoi derrière ce mot exigence ? Je suppose un mot qualité, peut-être, notamment ?
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est ce que tu viens de dire. C'est à la fois la qualité d'encadrement, mais c'est aussi la qualité d'accueil, la constance d'un bâtiment qui doit rester propre et nickel tout le temps. C'est à la hauteur de la prestation qu'on propose. Donc effectivement, on peut mettre le mot qualité derrière pas mal de choses.
- Speaker #0
Ok. Et selon toi, aujourd'hui, ce qui fait le côté unique de ta salle, l'ADN, est-ce que ce sont ces trois piliers que tu viens d'évoquer ou est-ce qu'il y a d'autres éléments qui… qui fait cette unicité de salles ?
- Speaker #1
Ce n'est pas trop à moi de le dire, je ne sais pas. Je ne sais pas trop. Il faudrait que j'interroge un peu plus mes adhérents par rapport à ça. Je pense que mon expérience et tout, il joue beaucoup. Ce que j'ai fait jusqu'à maintenant, ça joue beaucoup aussi. Mais oui, je pense que ça sort quand même de ces trois piliers-là. Je pense que ça vient de là aussi. C'est des gens qui se sentent vraiment pris en charge à leur valeur.
- Speaker #0
Ok. On va parler un petit peu de ton quotidien en tant que gérant. Aujourd'hui, tu continues de coacher, mais tu as aussi tous les autres aspects au niveau de ta salle. Est-ce que tu as une journée ou une semaine type dans ton organisation ?
- Speaker #1
Semaine type ? Pas forcément, non. C'est vrai que mon quotidien, il est dense. Mais j'aime ça, j'adore, je ne me plains pas. Je porte beaucoup de casquettes. On est une petite structure. On n'est que trois dans la structure. Dans ce que les gens ne voient pas toujours, c'est tout le travail d'anticipation qu'il y a avant leur arrivée. Anticipation, préparation, pour que leur expérience au sein de CrossFishArt soit la plus fluide et cohérente. J'essaie vraiment de rien laisser au hasard, même si tout ne peut pas être maîtrisé à 100%. Je le sais bien, mais j'essaie vraiment d'anticiper toujours au max. Je trouve que c'est la clé pour pouvoir faire les choses correctement. Maintenant, une semaine type, c'est compliqué de te dire ça parce qu'aujourd'hui, on partage le planning à trois. Je l'ai beaucoup eu tout seul, ce planning-là, à gérer. C'est-à-dire, c'est ouverture le matin à 6h15 et fermeture à 21h30. Avec des plages un peu plus calmes, bien sûr, en journée, où on s'autorise à fermer le portail pour pouvoir prendre du temps un peu, soit pour avancer sur les tâches administratives ou de communication, soit pour aussi faire des pauses. Mais maintenant, grâce à mes deux collaborateurs, je peux vraiment plus profiter de mes journées avec des temps de coaching qui s'enchaînent soit sur la matinée, soit sur la fin de vie. Ce n'est pas l'un et l'autre, c'est l'un ou l'autre. Et du coup, ça me laisse des demi-journées pour m'organiser autrement, pour avancer sur les autres côtés. Donc ça, c'est vraiment cool. Moi, comme ça, j'ai repris... aussi un rythme qui est bien plus tenable et je me sens beaucoup mieux. J'ai pris conscience qu'il fallait vraiment que je prenne soin de moi il y a quelques temps et parce que être dans le guidon tout le temps c'est dur. Dix ans après si je veux tenir et si je veux tenir encore dix ans j'ai plutôt intérêt à prendre soin de moi aussi. Maintenant ce qui me motive aujourd'hui moi c'est surtout de voir l'impact, à quel point ça a un impact sur la vie des gens en fait, cette méthode de voir si métamorphosé, de les voir changer leurs habitudes, de les voir intégrer l'activité physique dans leur quotidien, alors que ça ne l'était pas du tout. Je vois aussi sur leur visage une confiance qui explose à chaque fois, et ça, c'est presque du 100%. Bref, on sent qu'ils rentrent dans une dynamique positive. Moi, c'est ce qui m'accroche à cette activité-là. C'est vraiment gratifiant de voir ça.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'allais te demander, finalement. Après 10 ans, c'est ce qui continue encore de te motiver, de te dire... Ce métier, je l'aime et j'ai envie de continuer à partager, à donner du temps aussi pour les autres.
- Speaker #1
Oui, ça a beaucoup changé et ça change encore beaucoup. Mais au jour d'aujourd'hui, à l'âge que j'ai, je trouve que j'ai suffisamment de recul et j'ai suffisamment d'expérience pour pouvoir dire que j'apporte vraiment un plus aux gens dans leur vie. Et je trouve ça génial, du coup, quelle que soit la personne que j'ai en face de moi, quel que soit son statut social, quel que soit son passé sportif ou son passé médical, on arrive vraiment à générer des choses très concrètes et qui les changent complètement.
- Speaker #0
Ok. Et les collaborateurs avec qui tu travailles ? Donc, ils ne font que des coachings ou aussi te soutiennent sur certaines tâches administratives ?
- Speaker #1
Non, c'est ma femme qui fait partie de mes collaborateurs. Donc, officiellement, elle a un CDI 35 heures. En réalité, elle en fait presque le double. Évidemment, elle m'accompagne au quotidien et elle m'épaule sur pas mal de choses. Sans son soutien, je ne pourrais pas avancer comme je le fais là. et la troisième personne c'est quelqu'un qui a été en apprentissage chez moi pendant un an et que j'ai pu employer à 35h pareil CDI donc lui il est plutôt vraiment orienté pour l'instant coaching et voilà avec des belles perspectives d'évolution sur la partie commerciale pour l'instant c'est coaching mais c'est quelqu'un qui est très investi et je compte sur lui pour nous
- Speaker #0
accompagner encore un bon bout de temps et justement est-ce que selon toi c'est un Ce savoir soutenu, savoir s'entourer, être accompagné comme ça par des personnes, est-ce que pour toi c'est vraiment un indispensable pour durer dans le temps, et pour ta structure, et finalement pour toi en tant que gérant, pour continuer à plus que survivre finalement, parce que des fois ça peut être compliqué, il faut aussi savoir se développer pour tenir aussi dans le temps. Est-ce que tu penses que c'est vraiment un atout ou c'est vraiment un indispensable ces personnes autour de toi ?
- Speaker #1
C'est un atout et un indispensable, même si j'ai eu du mal à l'accepter. J'étais très très partisan du « si tu veux que tout soit bien fait, fais-le toi-même » . Tu n'es jamais mieux salué par toi-même. Et en fait, après quelques gros coups de fatigue ou des moments un peu moins bien, j'ai pris conscience que c'était important. On est en train de se faire entourer, on ne peut pas tout faire tout seul. Je n'ai pas non plus envie de tout déléguer. Mais si c'est pour repasser derrière tout le monde après à chaque fois, ce n'est pas non plus du boulot. Mais j'ai mis du temps. Je voulais vraiment m'entourer de gens de confiance et leur permettre de pouvoir évoluer aussi à mes côtés en gardant les rênes de la salle. Ce n'est pas facile, vraiment pas facile à mettre en place, mais quand ça fonctionne, franchement, tu te rends compte à quel point c'est indispensable, à quel point c'est un atout, parce que c'est quand même assez épuisant, et je pense qu'on va dans le mur à vouloir faire tout tout seul. en tout cas sur la durée si on regarde avec du recul sur une échelle un peu plus grande je pense que c'est une erreur de vouloir faire tout tout seul mais bon c'est je sais qu'il y en a qui n'ont pas trop le choix et qui font comme ça mais moi j'ai
- Speaker #0
de la chance mais intéressant comme analyse et je pense que c'est quelque chose qui revient assez souvent par expérience ok on va parler un petit peu plus de tes adhérents Est-ce que tu peux me dire quel type de membre aujourd'hui tu as au sein de ta salle ?
- Speaker #1
C'est très diversifié, c'est très hétérogène. Moi je dirais que ce sont des personnes, donc elles sont toutes différentes, mais elles ont surtout un point commun, donc elles cherchent un cadre pour progresser, pour bouger, pour se sentir mieux. Je dirais que c'est ça le point commun de toutes les personnes qui passent la porte ici. Beaucoup arrivent avec des freins, des peurs, des mauvaises expériences passées, des problèmes physiques. Et en fait, ce qui est marquant, c'est qu'au bout de quelques mois, ça passe vraiment en second plan. C'est vraiment ce que j'observe chez tout le monde, que ce soit des kids au senior. Maintenant, ce n'est pas rare chez moi, par exemple, de voir dans le même cours, parce que j'accepte des enfants aussi dans ma salle. C'est pas rare de voir dans le même cours des fois, et ça me fait un peu marrer, de voir trois générations en même temps, sur le même cours, qui font le même WOD. Ça, je trouve ça quand même magique. Dans quel sport on peut voir ça ? Des fois, je vois la mamie, la maman et la fille qui sont là et qui font le même cours, le même tram de cours et qui font du mieux qu'elles peuvent toutes les trois parce qu'elles ont compris à quel point c'était essentiel de bouger dans ce cadre-là. Donc, quand je vois ça, je trouve ça super. Je trouve que c'est une super... une illustration d'une pratique complètement accessible, exigeante, mais fédératrice.
- Speaker #0
Et finalement, est-ce que ce n'est pas ce qu'ils viennent rechercher aussi au sein de ta salle ? Ces moments OK pour soi, pour sa santé, mais aussi des moments avec une communauté, avec des moments de partage, et finalement, quel que soit l'âge, on peut avoir ces partages d'expérience aussi.
- Speaker #1
Il y en a qui viennent chercher ça, mais très peu au début. C'est vraiment après qu'ils se rendent compte à quel point la puissance du couple, la puissance de la communauté est là. Mais de base, je ne dirais pas que c'est ce qu'ils viennent chercher en premier. On est dans une société hyper individualiste et tout. Très peu sont altruistes et pensent aux autres. C'est vraiment moins, Toujours le centre du monde. Et ils se rendent compte que ici, ce n'est pas pareil. Les règles sont différentes. Après, quand ils passent la porte d'ici et qu'ils reprennent leurs mauvaises habitudes... Peu importe, mais ici, il y a vraiment beaucoup d'altruisme et surtout, il y a un sacré respect envers tous, que ce soit des coachs, mais aussi des horaires, des autres participants, du matériel et tout. Donc, je pense que ce cadre-là, vraiment, il est très sécurisant et il est propice à ce que chacun évolue correctement.
- Speaker #0
Et est-ce que tu penses que ce cadre permet aujourd'hui de dire que c'est ta meilleure fidélisation ? auprès de tes clients ou est-ce que tu vois un autre aspect important que tu as mis en place ?
- Speaker #1
Je pense que oui, parce que chez nous, il n'y a pas d'engagement sur la durée. C'est vraiment quelque chose que j'assume depuis le début. Ça veut dire que tu peux souscrire chez moi et dans deux mois, tu peux m'envoyer un mail et me dire j'arrête et tout s'arrête brutalement. Il n'y a pas de préavis, il n'y a pas de piège. et sans toute transparence, tu peux partir quand tu veux. Donc, c'est à nous d'être bons chaque jour pour que les gens aient envie de revenir. Et c'est ça qu'on s'efforce à faire tous les jours, du cas qu'on s'applique à faire tous les jours. Je n'ai pas de membres fantômes, comme on peut voir dans les autres salles de fitness où les gens payent des abonnements à l'année ou pour six mois, puis on ne les voit plus. Chez moi, il n'y en a pas. Donc, ça passe par beaucoup de proximité, et de... de l'écoute, de l'adaptation, de la communication. On essaie vraiment de garder toujours un lien avec ces gens-là. Et je pense que quand le cadre est bon et cohérent, je pense que la fidélité, elle suit naturellement.
- Speaker #0
Ok. Et sur cette dizaine d'années, finalement, tu as vu une évolution aussi en termes de nombre d'adhérents, de fidélisation, etc. Est-ce que tu as... mis en place quelque chose ? Est-ce que tu as remarqué une mode ou quelque chose qui a fait décoller ta salle ? Là, je pense par exemple à l'Irox qui peut attirer une nouvelle population. Ça peut être certains événements organisés, certains partenariats. Est-ce que toi, tu as quelque chose qui te vient en tête et qui t'a permis peut-être même carrément franchir un cap important ?
- Speaker #1
J'en vois qu'un truc, mais sinon pas vraiment. Il n'y a pas trop eu de fluctuations depuis le début. Dès le début, on a réussi à remplir la salle. Dès les premiers mois, on a réussi à remplir la salle. On devait être 200 adhérents déjà au bout de quelques mois d'ouverture. Et en fait, il m'est toujours resté à ce chiffre 200, plus ou moins 30, on va dire, en fonction des périodes. Et comme tout à l'heure je disais, c'était un peu brutal au début, un peu confidentiel, quand j'ai compris qu'il fallait... un peu plus démocratiser le discours et prendre en compte différentes choses, je me suis formé au sein de la formation Operating with Excellence avec Daniel Ausha et son équipe de CrossFit Louvre. Et cette formation-là, en fait, elle m'a permis de vraiment m'ouvrir complètement au côté commercial. Ça m'a donné un vrai coup de pouce. C'était il y a combien de temps ? C'était il y a six ans, je dirais. Presque à mi-parcours, on va dire. aujourd'hui. Et donc Caro et moi, ma femme et moi, on l'a fait, et c'est vrai que ça nous a donné un vrai plus, et on a compris pas mal de choses, à quel point, voilà, il fallait mettre des process en place, chose qu'on faisait pas au début, parce que on était tout seul déjà, et que tout naturellement, les gens passaient la porte sans qu'on ait besoin de communiquer, sans qu'on ait besoin de tenir à jour un Instagram et un site, bref, c'était vraiment, ça venait tout seul. Après, il a fallu mettre des choses en place et c'est ce qu'on a fait. On l'a fait avec nos moyens pour l'instant. On n'a jamais été accompagnés autrement que par cette formation-là. Et puis, ça nous convient comme ça, puisqu'on ne se voit pas non plus passer notre temps à prospecter, passer des heures à faire la prospection comme certains font. Ça nous convient comme ça à peu près.
- Speaker #0
Du moment que tu es rentable aujourd'hui, ça te permet aussi d'avancer sereinement.
- Speaker #1
C'est vraiment l'objectif.
- Speaker #0
Pour terminer sur tes adhérents, est-ce que tu as une histoire à nous raconter, une anecdote, quelque chose qui t'a fait rire, pleurer, étonner, une ou plusieurs d'ailleurs, qui permet aussi de mettre en avant certains adhérents sans forcément les nommer, bien sûr.
- Speaker #1
Ouais, il y a plein de trucs. Ça manque des choses. Qu'est-ce que je pourrais dire ? Ouais, surtout, moi, ce qui me... Les dernières choses, enfin, la première chose qui me vient en tête, surtout, c'est le côté transformation, c'est-à-dire des kids, par exemple, qui sont venus chez nous et qui étaient réfractaires au sport, qui mangeaient mal, qui bougeaient mal et qui étaient peut-être même un peu... un peu donc en échec scolaire et tout ça. Je trouve que grâce à la discipline du crossfit, on a réussi à la mettre sur des bons rails, je trouve. Et quand on les voit après kiffer sur les petites compétitions pour les kids, là, ça fait vraiment des émotions de dingue. Dans ces enfants-là, il y avait aussi les miens, bien sûr, il y avait aussi mes deux enfants. Et en fait, c'est plus ça, c'est plus... Grâce au cadre qu'on leur a mis dès le premier pas dans la salle, en fait on a réussi vraiment à en faire des bonnes personnes, des bons gamins qui ont compris un peu le sens des choses et qui ont des valeurs qui je pense qui s'en souviennent toute leur vie de ces valeurs là et ça restera un moment de leur vie qui est hyper important et qui continue ou pas le CrossFit je pense qu'on a vraiment réussi quelque chose chez les kids, en tout cas les voir en compétition se donner à 100% ou les voir en cours ici et les voir toujours aussi fidèles, moi je trouve que c'est vraiment une réussite parce que c'est quand même pas un sport qui est facile Ce n'est quand même pas une activité facile. S'il y a des choses faciles, on est vraiment à l'extrême. Donc, c'est plutôt l'anecdote qui m'en rend premier, plutôt que de vouloir te citer des noms de personnes qui m'ont aussi fait rêver par d'autres éléments.
- Speaker #0
Ok, hyper intéressant. Et je pense que c'est l'une des bases même, finalement, de ton métier, de notre métier, que ce soit CrossFit ou pas CrossFit. Finalement, c'est aussi... C'est aussi accompagner les gens et finalement avoir une influence aussi dans leur vie. Puisque si ça permet de se challenger, d'aller sur peut-être un peu plus de rigueur et d'avoir un impact sur la vie, sur le parcours scolaire ou autre. Je pense que tu te dis que finalement, tu ne fais pas ça pour rien et tu as tout gagné.
- Speaker #1
Moi je vois ça plus comme, tu sais, si on déprend l'image, c'est comme des racines en fait. Pas mal de gens, j'ai l'impression qu'ils sont, je sais pas si c'est bizarre pour l'image, mais ça moi ça me parle en fait, c'est comme s'il y avait un arbre sans racines, tu vois. Il y en a beaucoup qui sont, qui virent, qui vont à droite, à gauche, et qui sont pas vraiment ancrés ni sur eux-mêmes, ni sur la vraie vie quoi. Et je trouve qu'en fait ça crée des racines. Et vraiment après une fois que les gens ils ont des racines, ils ont la base, tu vois, après derrière. tout naturellement, ils évoluent. Ils peuvent évoluer que vers le bon point. Et donc, c'est ça en fait que je m'attache à faire, c'est leur créer des bonnes bases bien stables, que ce soit en termes d'accompagnement alimentaire, physique ou autre, vraiment même en termes d'hygiène de vie et tout ça. Je m'attache vraiment à ce qu'ils aient des racines solides pour bien évoluer en tout cas.
- Speaker #0
Ok, top. On va parler un petit peu plus business maintenant. Est-ce que tu suis les performances de ta salle ? Et si oui, quels sont les indicateurs clés que tu suis assez régulièrement ?
- Speaker #1
Moi, je supervise un peu plus. Je suis plus sur le tableau de qui part et qui rentre chaque mois. C'est ça mon petit challenge. Parce qu'il y a du turnover. Aujourd'hui, les vies ne sont pas structurées comme elles l'étaient il y a 20 ans, où on pouvait rester dans son boulot 30 ans ou 40 ans sans bouger. Aujourd'hui, les gens changent. Ils ont même des fois une deuxième vie à passer 40 ans, souvent. Donc, c'est des séparations, c'est des changements de boulot, c'est des changements d'endroits. Donc, il y a pas mal de gens qui nous quittent pour aller découvrir une autre région, qui nous quittent. pour aller vivre d'autres expériences ailleurs. Et il y en a pas mal aussi qui arrivent pour s'installer sur Chartres ou pour profiter un peu de notre cadre ici aussi. Donc moi, je supervise plutôt le côté nombre d'adhérents qui rentrent chaque mois et aussi ceux qui viennent s'entraîner plutôt que réellement la tête dans les chiffres et tout. Ça, c'est plutôt le job de 40. la tête dans les chiffres et la gestion de la compta. C'est pour moi un bon indicateur.
- Speaker #0
Ok. Et par rapport à tes débuts où tu as dû finalement aussi gérer par toi-même, savoir quel type d'abonnement je mets en place, les tarifs, etc. Comment tu t'es organisé pour ton début ? Puisque comme tu l'as dit, tu étais... l'un des seuls ou si ce n'est le premier dans la région. Donc voilà, il faut avoir un point de départ. Comment tu as géré ça au début ?
- Speaker #1
Déjà, moi au début, je suis parti. J'ai dû arrêter mon activité libérale que je faisais pour vraiment mettre à 100% en activité. Il n'était pas question, comme certains le font aujourd'hui, de profiter des indemnisations. d'ailleurs je n'en avais pas à l'époque j'étais déjà marié avec deux enfants et une maison à la charge moi dès le premier mois il fallait que je me paye donc je suis allé de ce que je voulais me payer puis je l'ai réparti sur le nombre d'adhérents que je voulais dans ma salle puis je l'ai réparti sur le nombre d'heures que je coachais puis je l'ai réparti sur le nombre d'adhérents que je voulais par cours et bref tout ça, ça faisait un tarif horaire et c'était pas un tarif qui a été évalué comme ça à l'arrache ou juste en regardant ce que faisait la concurrence dans les autres villes C'est vraiment quelque chose qui a été calculé à sa juste valeur. Et quand après on subit les différentes augmentations, que ce soit au niveau du loyer qui augmente de 5% tous les trois ans, que ce soit au niveau des augmentations qu'il y a eu d'un point de vue énergétique et tout ça, après j'ai dû réadapter le tarif, soit pour tout le monde, même pour les anciens adhérents, soit vraiment que pour les nouveaux adhérents, ça dépendait des... phases dans lesquelles je faisais. Mais voilà, de façon très terre-à-terre et pragmatique, je suis parti de mon besoin, enfin du besoin de ma salariale qui avait ici, pour après définir mes tarifs.
- Speaker #0
Ok, hyper intéressant comme méthode aussi pour ceux qui souhaitent ouvrir une salle, ça donne une bonne base de travail, je pense. On va parler vision. des choses. Comment tu vois ta salle ? Comment tu te vois dans 5 ans ? C'est une bonne question.
- Speaker #1
Je sais.
- Speaker #0
Ma fille, elle a 16 ans. Elle voudrait travailler avec nous. Je pense que dans 5 ans, elle sera dans l'équipe. Du coup, je me vois toujours au même endroit parce que j'ai la chance de pouvoir maintenant devenir propriétaire de cette salle. J'en suis ravi. Et du coup, on sera toujours là. Je ne sais pas comment le CrossFit va évoluer et tout, mais dans l'idéal, moi, je vais rester à chez les CrossFit encore. Je vais profiter de cette méthode pour pouvoir l'incliquer encore à plein d'autres personnes autour de moi qui ne sont pas encore initiées à ça. Et quand je vois tous les prospects aussi dans ma salle, je vois vraiment tout le monde, du facteur qui vient me déposer le courrier le matin. au coiffeur que tu vas voir tous les mois ou à la caissière que tu vois aussi dans n'importe quel commerce. Donc en fait, je suis sans cesse en train de prospecter. J'ai toujours des cartes dans ma poche et j'offre des séances quand j'en ressens le besoin. Donc j'ai plutôt le bon espoir que dans cinq ans, ce soit encore plus démocratisé, qu'on sorte encore plus du lot par notre excellence en termes de coaching. par rapport à tout ce qui se fait aujourd'hui. Je me vois toujours sur vraiment essayer de vendre un service premium et d'être toujours à la hauteur de par notre expérience et nos connaissances. Je me vois être encore une équipe encore plus solide, du coup, avec un élément de plus de la famille dans l'équipe. Je ne sais pas quoi dire. J'ai du mal à me projeter à 50. On fait pas tellement vite, en fait, les dernières années.
- Speaker #1
Déjà, c'est hyper intéressant. Est-ce que tu... Toi qui coach depuis quelques années, comment vois-tu la vision de l'évolution du sport globalement, et principalement du sport en salle en France ? Ça a pas mal évolué depuis quelques années, notamment grâce aux réseaux sociaux qui modernisent certaines images. Est-ce que tu penses que ça va continuer dans ce sens ? Est-ce que ça va prendre un autre virage ? C'est quoi ton point de vue, ton avis là-dessus ?
- Speaker #0
Je n'ai pas trop, j'ai du mal à avoir une vision plus loin que ce qu'on est là. Ça a tellement changé déjà, je dirais même depuis le post-Covid, par exemple, avec tous les influenceurs et tout ça. Ça a fait beaucoup de bien. Il y a beaucoup, beaucoup de coachs sur le marché et c'est top. Maintenant, je trouve qu'en fait, les coachs, ce n'est pas forcément les bonnes clés dès le départ. pour pouvoir réussir. En tout cas, j'ai l'impression qu'ils n'insistent pas sur les bonnes choses. Un bon coach, pour moi, c'est vraiment quelqu'un qui a des qualités humaines un peu hors du commun, qui a toujours le smile, qui est toujours accueillant, quelle que soit la situation, qui est vraiment là pour les autres, plutôt que de penser à lui en priorité. Ça doit être des nouveaux coachs qui doivent vraiment développer une curiosité. que les autres n'ont pas, pour se démarquer, parce qu'on est beaucoup sur le marché, et après, en vivre, ce n'est pas simple. Ça ne veut pas dire que c'est parce qu'il y a 50 codes à Chartres, et les 50 en vivent correctement. Pour en vivre, il faut vraiment se démarquer, c'est un métier où on apprend tous les jours, il faut avoir suffisamment de recul, il faut suffisamment aller chercher des formations à droite à gauche, tester, se faire son propre avis, avant de pouvoir donner des conseils. Moi, je parle du principe que... Tu dois être exemplaire, tu ne peux pas faire faire aux autres ce que tu ne serais pas prêt à faire toi-même. La notion d'exemplarité, elle est énorme pour moi, elle compte beaucoup. Donc ça veut dire que quelqu'un qui ne se présente pas forcément bien sapé, ou en tout cas qui ne fait pas attention à lui, ou qui part un peu trop dans la déconne trop tôt, trop vite, enfin bref, qui perd un peu le fil de pourquoi il est là, Euh... bah... Du coup, ça fait le tri entre les coachs sérieux et les autres. Maintenant, je pense que la demande est tellement diversifiée et qu'aujourd'hui, comme tu dis, avec les réseaux, les gens achètent des programmes en ligne sans connaître les coachs. Il y a un vrai marché là-dessus. Moi, je pense que le côté humain qu'on développe ici et que je me suis toujours attaché à faire, il va perdurer. Ça me démarquera toujours vis-à-vis d'autres qui vendent leurs progs en ligne ou qui accompagnent les personnes à distance. Maintenant, je pense que le métier va encore beaucoup évoluer. Il y a beaucoup de choses à faire. Pour celui qui veut se mettre coach aujourd'hui, il y a vraiment plein de choses à faire. Par contre, il faut vraiment y aller avec sérieux. À mon sens, il ne faut pas être pressé. L'expérience, ça ne va pas s'acquérir en deux ans. Il faut faire des erreurs, ça fait partie du parcours. Il faut chercher à être crédible, je pense. Il faut chercher à être impliqué, il faut chercher à être cohérent. Il faut chercher la bonne cible aussi, à qui on s'adresse. pourquoi, enfin bref. Là où avant, il n'y avait peut-être que deux chemins, il y avait en gros, enfin quand je dis avant, je parle comme un vieux con, mais il y a 20 ans, quand j'ai commencé le métier, c'était prof de fitness, entre parenthèses, on mettait préparateur physique, et peut-être des fois présence à la musculation, faire des programmes. Aujourd'hui, c'est tellement diversifié qu'on ne peut pas s'arrêter à cette nomination-là. Je pense que l'accompagnement va être vraiment valorisé à l'avenir et que l'expérience fera la différence, je pense.
- Speaker #1
Ok. Dernière question. Si tu parles justement d'expérience, et c'est hyper intéressant, si tu pouvais repartir de zéro, mais avec ton expérience actuelle, qu'est-ce que tu ferais de différent ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que je ferais différemment ? En fait, le cadre que je mettrais à mes avérants, je le mettrais aussi autour de moi. Là où j'ai beaucoup fait confiance, tout ça, je me suis vraiment trompé, vouloir donner, Et puis derrière, j'ai connu quand même pas mal de déceptions. Je pense que je me protégerais beaucoup plus. d'un point de vue juridique, mais aussi d'un point de vue émotionnel. Je ferai attention à ça, je prendrai plus de recul, parce qu'à faire les choses avec passion, avec cœur, à 100%, des fois, on prend des grosses gamelles, et ça fait mal. Bon, même si après, ça forge un peu, si j'avais pu éviter de me prendre ces bus-là, j'aurais évité. Donc, c'est plus ça, c'est plus se protéger, me protéger.
- Speaker #1
OK. Bon, écoute, merci, Hugues, pour ton partage. et toute ta transparence aujourd'hui. Si vous qui écoutez, êtes gérant de salle ou que vous pensez en ouvrir une, j'espère que cet épisode vous a inspiré, vous a plu. Chez GYM BROZ, notre mission est claire, vous aider à performer durablement. Avec ma méthode FLEX, j'accompagne les dirigeants à multiplier leurs chiffres d'affaires, attirer plus de membres et les fidéliser sans sacrifier leur équilibre ni leur passion. Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous dans le lien en bio Instagram. Et si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à vous abonner et nous laisser une note sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et partagez-le surtout avec d'autres gérants indépendants. C'était Matthieu pour GYM BROZ, le podcast des gérants qui veulent passer au niveau supérieur. À très vite pour un nouvel épisode.