- Speaker #0
Est-ce que t'as eu des moments de doute quand même dans ton parcours à dire est-ce que je suis vraiment dans la bonne direction ?
- Speaker #1
Ah non, moi j'ai jamais eu aucun doute dans ma vie.
- Speaker #0
Bienvenue dans cet épisode de Autour d'un pancake, le podcast où on mélange douceur, discussion profonde et un soupçon d'humour comme une bonne pâte à crêpes. Aujourd'hui j'ai partagé le micro et quelques éclats de rire, vous l'aurez entendu. avec Aurélien Darbelay, compositeur et chef d'orchestre, un homme aux idées qui fusent, aux projets qui bousculent et à la sagesse parfois inattendue entre deux blagues. On a parlé de création, de sens, d'envie et un peu de pancake aussi, évidemment. Bref, un épisode aussi savoureux qu'inspirant. C'est parti !
- Speaker #1
Salut Aurélien ! Salut Sylvie !
- Speaker #0
Tu peux nous expliquer ton parcours ? Comment t'en es arrivé là où tu en es maintenant ?
- Speaker #1
Oh, vaste question ! Alors, j'ai commencé par étudier justement, vu qu'on est à Saint-Maurice. J'ai fait le collège ici à Saint-Maurice. J'ai étudié latin grec, l'idée c'était de me lancer un peu dans les lettres. Et puis la musique, c'est quelque chose qui m'a toujours intéressé, mais c'était pas au premier plan dans un premier temps. Alors j'ai étudié la philosophie après à l'Uni, à Fribourg. et la musicologie en deuxième branche. Et puis j'ai assez vite remarqué que ce n'était pas vraiment ça qui me parlait le plus, dans le sens où j'adorais, mais je ne me voyais pas continuer là-dedans. Parce que déjà, je voyais difficilement les débouchés. Et puis je sentais que j'avais une date de péremption qui arrivait assez rapidement si je continuais là-dedans, si je puis dire. Et du coup, j'ai fait un peu la transition par des cours au conservatoire sur la direction d'orchestre. Dans un premier temps, c'était vraiment ça qui m'intéressait. J'ai fait un master ensuite, après ces cours de direction, j'ai passé en pro. Master de direction pendant trois ans à la haute école de Lausanne, site de Fribourg, chez Jean-Claude Colly. Et puis, dans un dernier temps, je viens de finir, j'ai fait un deuxième master en composition contemporaine. à la haute école à Berne. Et puis je pense que là, j'ai fait assez le tour des études. Merci. Je fais volontiers une pause. Et du coup, ça m'amène un petit peu dans cette position que je suis actuelle, donc chef dans plusieurs sociétés, sur plusieurs cantons, et puis compositeur dès que l'occasion se présente.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu un moment où tu t'es dit, ouais, en fait, la musique, c'est ça que je veux faire, c'est de ça dont je veux vivre ?
- Speaker #1
J'ai toujours adoré faire de la musique. J'ai joué dans des fanfares pendant longtemps. Ça a été difficile aussi d'arrêter, mais avec les activités de chef et de compositeur, j'ai dû arrêter de jouer. Ça, c'était quelque chose... Il a fallu faire un choix. Alors maintenant, je ne le regrette pas. Mais c'est vrai que quand j'y pense, des fois, ça fait un petit pincement au cœur.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et puis, je jouais aussi beaucoup dans des groupes quand j'étais ado. Du coup, plutôt rock ou métal. Et ça, c'est quelque chose que j'avais adoré faire. Et à ce moment-là, j'ai envisagé, comme tu envisages quand tu es ado, pourquoi pas faire une carrière dans le rock ?
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Je n'y voyais pas vraiment quelque chose de sérieux, mais j'avais vraiment cette ambition quand même importante. Alors, je n'étais pas soutenu par mes parents. Peut-être à raison. On ne sait jamais, ça peut encore arriver. Oui, bien sûr. On peut en parler après, mais c'est vrai que j'ai essayé de revenir à ça souvent. Pour l'instant, je n'ai pas trouvé des gens vraiment qui étaient intéressés à monter un projet sérieux, à se voir toutes les semaines et construire vraiment une carrière, que ce soit rock ou metal ou quoi que ce soit, parce que j'adore tous les styles. Et puis du coup, je dirais que la question de savoir quand je voulais vraiment faire de la musique, ça est venu un peu à l'armée parce que j'ai eu l'occasion, j'étais en musique, j'ai eu l'occasion de diriger vu que j'étais sergent. quelques bribes de pièces, c'était vraiment très parcimonieux. Mais ça m'a quand même donné le goût de diriger. Et puis quand j'ai fait l'Uni juste après, ça s'est gentiment construit. J'ai eu besoin de diriger de la musique. Et puis la composition, je dirais que ça a commencé en même temps que mon groupe. Quand j'étais ado, j'écrivais, j'ai écrit un album complet de chansons. Qu'une n'a été jouée. Malheureusement, même pas en répétition. Rarement. Après, c'était des petits essais et je les ai encore. Des fois, je les recycle. J'ai besoin d'idées. Mais c'est vrai que là, je me suis dit que la composition, c'est quelque chose qui me parle. La direction, c'est venu quand je l'ai faite. Vraiment, quand j'ai fait l'activité. Je me suis dit pourquoi pas, mais j'ai dû énormément travailler. La composition aussi, mais assez vite, je me suis dit que c'est quand même quelque chose qui me parle. La création en fait, en général. Et puis je parle de musique, mais ça pourrait être un roman, ce que j'aime bien écrire aussi. Ou n'importe quoi d'autre artistique.
- Speaker #0
Oui, créer quelque chose.
- Speaker #1
Créer la création en général, oui.
- Speaker #0
Et tu disais que ta famille t'a forcément soutenu dans ce domaine musical, en tout cas au début. Après, ça a changé ?
- Speaker #1
Oui, alors je te disais ça pour l'aspect rockstar.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Ça, je ne savais pas, non. Après, mon père a toujours été dans la musique. Donc lui, il a joué à la fanfare toute sa vie, il joue encore. Et il a dirigé des ensembles. dans la région, des fanfares. Et du coup, lui, c'est quelque chose qui lui parlait. En fait, avec mes frangins, on s'est répartis un peu les activités de mon père parce qu'il était menuisier dans un premier temps. À côté, il faisait un peu de direction d'orchestre. Et puis, il a fini avec la ferme, donc paysan. Et il fait encore ça aujourd'hui. Mon deuxième frangin est paysan maintenant, il a repris le domaine. Troisième frangin est menuisier, patron d'entreprise, menuisier. Et moi, je suis chef d'orchestre. Voilà, on a fait le tour comme ça. C'était quoi la question déjà ?
- Speaker #0
C'était de savoir si ta famille te soutenait maintenant.
- Speaker #1
Ah oui, après oui. Du coup, ils m'ont soutenu aussi quand tu vois que ça marche. Ça aide.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
oui. Et là, ils se sont dit, ok, il y a quand même... un potentiel. Je l'ai fait de manière très sérieuse aussi, donc je pense que ça les a rassurés.
- Speaker #0
Mais t'as eu alors plutôt un mentor ou une oeuvre qui t'a marqué aussi, qui te disait malgré tout je tiens bon et je vais dans cette direction ?
- Speaker #1
Je dirais que j'ai eu des mentors, ouais. Je sais pas s'ils se sentaient dans ce rôle de mentor, mais moi je les ai pris un peu comme des mentors. Mais c'est pas forcément dans la musique. Il y en a clairement dans la musique. Mon premier prof de direction, c'était Maurice Denemoney, qui m'a donné des cours privés. Donc un gars du coin, il habite Morgin, encore maintenant. Et lui, je l'ai toujours vu comme un mentor parce qu'il avait trois ans de plus que moi, je crois. Mais il a toujours eu une avance, je trouve, dans ce milieu-là. Une réflexion aussi hyper intense comme personnage. Et ça m'a toujours vraiment, vraiment parlé. C'est très inspirant, une personne très inspirante, vraiment. J'ai aussi mon deuxième prof de direction, Jean-Claude Colly, qui était mon prof... en master. Et lui, c'est vraiment une personne qui m'a dit, t'es capable de faire quelque chose. Et là, ça aide. Et puis, je te parlais de mentor qui n'était pas musicien. Et c'est venu encore plus tôt. Ça, c'était au collège. Justement, j'ai eu, je dirais, deux, trois profs qui m'ont dit des trucs qu'on ne m'avait jamais dit avant. Et c'est assez simple, finalement. C'est juste qu'ils m'ont dit, t'es capable. Tout ce que tu fais, il n'y a pas que du mauvais. Tu n'es pas un très bon élève. je ne bossais pas tant je faisais plus de temps sur la musique justement que sur mes devoirs et puis ouais de temps en temps j'ai un truc qui me passionnait j'essayais de me donner pour un devoir ou un cours comme ça et puis là c'est des gens pour la première fois de ma vie ils m'ont dit ouais c'est bien en fait et ça pour un ado ça change tout et je crois qu'on oublie des fois de dire bravo ouais bravo bravo enfin c'était pas incroyable mais c'est ok c'est bien continue
- Speaker #0
Oui, ça te met sur la bonne voie. Je suis capable de faire ça. Ça encourage du coup.
- Speaker #1
Et puis mon prof de direction en master a un peu fait la même chose. Et puis on s'est pris quand même d'amitié. Donc ça a fait une longue relation parce que je l'ai eu deux ans en cours avant le master. Préparer justement cette entrée en pro. Et puis encore trois ans pendant le master. Donc cinq ans de cours avec lui au total. Et puis ça a créé une relation assez forte. Surtout que c'est un prof qui aime le côté personnel. Il a des cours individuels et on creuse aussi le côté... On parle vraiment de notre expérience, on creuse le côté social des ensembles. Ça, c'est quelque chose d'hyper important.
- Speaker #0
La musique, c'est un métier qui est artistique. La création, elle est très différente d'un artiste à l'autre. Il y a des gens qui ont l'inspiration qui leur tombe dessus à n'importe quel moment. Ça peut être au milieu de la nuit ou... Ou pendant le week-end, il n'y a pas d'horaire pour dire à ce moment-là, je suis créatif. Mais il y en a d'autres qui disent quand même qu'il faut créer. Oui, mais j'ai un mandat, donc il faut quand même que je me mette à bosser à un moment donné. Donc, je me fixe des horaires et puis je sais qu'à ces horaires-là, je bosse. Tu fonctionnes comment, toi ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que ça me tombe rarement dessus. Ok. En fait, j'ai... Pour le montrer, je dirais que j'ai assez des exemples en tête assez clairs. De moment, j'ai une idée et j'ai dû me lever pour l'écrire. Sinon, il faut vraiment que je me mette au piano, que je travaille, jusqu'à ce que je trouve quelque chose de bon, que je considère comme bon. Et puis, c'est vrai qu'après, j'ai beaucoup de... J'ai de la chance, j'ai pas mal de commandes. C'est vrai qu'il faut bien planifier la chose. Et je me mets en général... D'abord à réfléchir pendant des mois. Donc si j'ai le temps. Ça dépend de la période. Le délai. Oui, le délai, exact. Si j'ai l'occasion, un peu comme Joël Dicker fait avec ses romans. En tout cas, il en parle dans un roman. Je ne sais pas si c'est sa méthode. Un de ses personnages de roman fait ça. Il réfléchit pendant des mois. Il y a un autre personnage justement qui lui dit mais en fait, tu ne fous rien de la journée. Parce qu'il se promène. Puis en fait, il réfléchit à son roman. Il le construit mentalement. Mais ça, je fais aussi. Ça peut prendre 1, 2, 4, 6 mois, même une année si j'ai vraiment de la chance, mais ça c'est très rare. Et puis quand cette période-là est passée, je me mets sur mon piano en général à écrire. J'ai des petits brouillons et j'écris tout ce qui me passe un petit peu et qui va dans la direction de ce que j'ai un peu déjà réfléchi. Et après cette période qui peut durer aussi un mois, mais des fois je n'ai pas le temps, des fois c'est qu'une semaine, des fois c'est un jour. Ah oui. Oui, ça, c'était un peu violent, mais j'ai un exemple. C'était juste une journée. OK. Je trie après ça. Je vais garder ce que je considère comme bon. Alors là, c'est assez cruel parce que des fois, je n'ai plus rien qui me reste. Je trouve qu'il n'y a rien qui vaut la peine. Et ça, c'était terriblement subjectif parce que si c'était toi à ma place, tu dirais ça en fait,
- Speaker #0
c'est bien. Ça te perd,
- Speaker #1
oui. Tu pourrais travailler une idée que j'ai trouvée mauvaise et faire un chef-d'œuvre. Donc là, c'est juste personnel. Je trie jusqu'à ce que je trouve une idée qui corresponde à un concept que j'ai réfléchi en amont. Et après cette période, je vais commencer à écrire des plus longs passages, en brouillant. Je vais gentiment me passer sur l'ordi avec mon programme. J'écris vraiment des plus longues lignes. J'essaie de trouver une structure plus claire. Répartir, si on parle de musique, un peu plus tonale. Donc, musique où on écoute un peu plus ce qui passe à la radio. même si c'est un ensemble instrumental réfléchir un peu de la même manière il faut trouver une structure qui tienne la route qu'est-ce qu'on met comme thème à quelle partie ça se construit comme ça donc c'est un gros job ou quoi ?
- Speaker #0
c'est pas le truc où tu te dis en une journée t'as pondu ton poisson ?
- Speaker #1
non alors il y en a qui sont comme ça moi pas du tout je galère du début à la fin des fois il y a un passage je sais pas pourquoi c'est miraculeux ça tourne très vite et très vite c'est couché sur le papier Mais moi, non. Et puis, c'est vrai que je galère autant dans la phase de réflexion, même si j'ai quelques idées que j'ai gardées, parce que je note tout sur des calepins, pour oublier une bonne idée, jusqu'à la phase d'orchestration, où là, il faut distribuer les voix aux différents instruments. Là, même là, c'est vraiment des heures de job.
- Speaker #0
Mais est-ce que c'est parce que tu es hyper perfectionniste aussi ?
- Speaker #1
Oui, alors, souvent, je vois que mes pièces que j'ai faites il y a deux ans, Elles passent encore. Celles que j'ai faites il y a 4 ans en arrière, 5 ans en arrière, je ne peux plus me les écouter. Je ne les aime plus du tout. Donc oui, il y a ce côté où j'évolue aussi. C'est positif. Finalement, ce sont des œuvres qui racontaient quelque chose de moi à cette époque. Et je ne veux pas les supprimer tant parce que je ne suis plus en accord avec. Ça reste ce que je faisais de mieux à ce moment-là. C'est une évolution quand même, on peut dire, positive. Je ne sais pas s'il faut voir ça comme une hiérarchie. En tout cas, il y a quelque chose qui se passe de construction. Et puis, je vois que mes pièces, ben voilà, je les aime à ce moment-là, alors il faut que j'en profite quand elles sortent. Et après, je sais que quand je reviendrai dessus, il y a potentiellement une chance que...
- Speaker #0
Que ce soit moins...
- Speaker #1
Ouais, je ne sois plus en accord. Je ne suis plus la même personne qui a 5 ans. Encore moins qu'il y a 10 ans.
- Speaker #0
Heureusement !
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
d'un côté,
- Speaker #1
oui. Mais c'est vrai que du coup, je ne me retrouve plus forcément. Je les vois comme une des pièces de... Les toutes premières pièces, c'est vraiment... Voilà, tu tentes. Je tente à l'exercice.
- Speaker #0
Pour bien commencer quelque part. Et puis après,
- Speaker #1
malheureusement, ou heureusement pour moi à l'époque, j'ai été édité sur ces pièces. Et malheureusement aujourd'hui, parce que j'en ai un peu honte. C'est le premier... Ouais, je dis ça parce que je trouve que c'est pas abouti.
- Speaker #0
Ouais, mais bon, comme tu dis, c'était ce qui correspondait au mieux de ce que t'arrivais à faire aussi avant toutes tes formations. Entre deux, t'as appris beaucoup de choses.
- Speaker #1
Tout à fait. Il n'y a pas la même expérience. C'est aussi positif, c'est sûr. Et puis c'est vrai que... Ouais... Il fallait passer par là, je crois. Il n'y avait pas le choix. En tout cas, moi, je sais qu'il y a des gens qui ont commencé tôt. Je suis arrivé quand même assez tard sur le milieu. J'ai commencé à composer, c'est sûr, des petites choses pour rock, pour groupe de rock, à 16 ans, 15-16 ans. Oui. Donc ça, c'est à l'air. Mais après, quand je me suis vraiment mis à l'orchestre, orchestre avant, c'était à 20 ans, 22 ans, les premiers vraiment essais. On peut appeler essai sur aller jusqu'au bout. Et ça, c'est un peu tard. Même la direction d'orchestre, je suis arrivé très tard, à 23 ans. Il y en a qui commencent à 10 ans. C'est par leurs parents. Il y a plein d'exemples historiques aussi, comme Mozart qui commence dès qu'il est né. Et puis à 6 ans, il fait des tours d'Europe. parce que c'est un singe savant un peu, qui est traîné par son père à droite à gauche. Moi j'ai pas eu ça, mes parents ils étaient pas du tout dans le concept de se servir de moi. Je suis aussi content.
- Speaker #0
Oui oui oui quand même, t'as pu avoir ton enfance ces mêmes.
- Speaker #1
J'ai eu une enfance heureuse, c'était super. Mais du coup, l'autre partie c'est que j'arrive tard sur le milieu. Et puis mon expérience que je trouve maintenant, je peux faire quelque chose de solide. Et en fait, de maîtriser de A à Z, ce qui n'était pas le cas avant, c'est maintenant, je dirais. J'ai 33 ans. Je dirais depuis 30 ans, ça commence à tenir ensemble. Mais avant, en fait, tu as une idée et tu la pousses un petit peu comme ça vient. Et des fois, ça passe. Mais en fait, tu sens. Moi, je sentais, même si je n'étais pas capable de faire mieux, je sentais que je ne maîtrisais pas tout. Et des fois, j'étais un peu chanceux. Et tu as une idée qui passe bien la plupart du temps. Moins. Voilà.
- Speaker #0
Bon, après, à 33 ans, t'as encore une longue carrière de rentable. Regarde John Williams, il a passé 90 ans, il est toujours... Oui,
- Speaker #1
c'est sûr. Je porte toujours à ces exemples de gens qui sont venus tard, célèbres.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
À 50 ans, la personne la plus connue. Mais juste avant, jamais entendu parler.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Mais après, je cours pas après la célébrité, mais c'est plutôt pour moi. Juste mes pièces, j'aime les regarder comme une... Oui, cette progression, ce côté où je ne fais pas des choses à la va-vite et je peux vraiment dire, ok, même si j'avais moins d'expérience, c'est quand même quelque chose que j'ai fait avec cœur. Et oui, peut-être un côté perfectionniste.
- Speaker #0
Il faut l'avouer. Et c'est quoi alors aujourd'hui ta pièce préférée ou l'œuvre que tu as composée qui est ton petit chouchou ?
- Speaker #1
Dans ma production ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est une bonne question. Ça, je ne saurais pas dire. Je ne sais pas. Je sais des oeuvres où j'ai adoré travailler dessus. Après, je ne sais pas si j'aime les écouter.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai adoré travailler sur une oeuvre récemment que j'ai faite pour Lyd, mon village d'origine, pour le chœur, la fanfare, le brass band de Lyd, et puis les cloches. de carillon, vraiment les cloches d'église. J'ai un ami, Elie Darblet, qui a justement commandité tout ça, qui est carillonneur. Et lui, il avait vraiment envie de mélanger un peu ces cloches avec d'autres styles et puis surtout, ouvrir un répertoire pour cet instrument. C'est assez complexe. Tout sera enregistré en studio, c'est impossible de le faire en live. Mais je me suis beaucoup amusé à faire cette pièce. Et là, ils sont en train de répéter. Il y a des bons feedbacks, donc je suis très content.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Il y a d'autres pièces que je suis vraiment un petit peu plus... Ouais, je sais pas que je suis déçu, mais en fait, ça a été tellement dans l'urgence que j'aimerais tellement revenir dessus à l'époque, avoir deux semaines de plus, puis faire quelque chose d'un peu plus seul.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Il y a des pièces que j'ai complètement « disparaître » parce que si je les enlève de mon site internet, plus personne ne sait qu'elles ont existé.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Et ça me va très bien comme ça. Ok. Parce que j'avais fait une pièce qui a eu un deuxième prix. C'était pour Ensemble Piero, donc six instrumentistes, on peut dire. J'avais fait cette pièce vraiment dans l'urgence. Je l'avais envoyée à un concours sans vraiment y croire. Puis j'y croyais moyennement déjà au moment de la composer. Et puis aujourd'hui, vraiment, c'est une catastrophe. La structure ne va pas, les idées ne sont pas abouties, l'orchestration est un peu moyenne. Ouais, c'est un peu vide en fait, parce que j'aime bien pouvoir passer du temps sur ces pièces. Ouais, donc après, est-ce que j'ai une pièce préférée ? J'aime bien, tu sais, j'ai composé une pièce qui s'appelle Dark is the Horizon. Et puis... Et puis celle-là, elle a été primée à Lugano. J'ai eu la chance, j'ai envoyé un concours et j'ai eu la chance d'être pris. Alors, elle a été composée dans une période un peu plus sombre. C'est moins le côté que j'ai eu plaisant, comme je le disais. Mais par contre, il y a certains passages que tu as encore avec un certain plaisir.
- Speaker #0
On dira.
- Speaker #2
C'est difficile d'apprécier ses propres créations.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
En général,
- Speaker #1
on est toujours un peu... Je me suis fait un bouc.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Je me suis fait un bouc. Mais ça va ou bien ? Ça craquait complètement. Le gars, le melon !
- Speaker #0
Mais non ! C'est juste que tu fais des belles choses.
- Speaker #1
Je pense que tu travailles avec, tu restes avec pendant des jours et des jours. Généralement...
- Speaker #0
C'est comme les pubs qu'on écoutait quand on était gamin à la télé, puis aujourd'hui tu les as toujours dans un coin de ta tête qui ressort tout à coup, tu sais pas pourquoi.
- Speaker #2
C'est là.
- Speaker #0
On a parlé aussi du fait que tu faisais de la direction d'orchestre. Là, tu dois aussi gérer le côté plus social. Il y a des gens de l'autre côté, il y a des projets. C'est aussi une part intéressante de ton travail ?
- Speaker #1
Oui, j'ai besoin des deux. J'ai remarqué au Covid, pendant la crise, on n'avait plus... Oui. Jouer ensemble. Du coup, je faisais que de composer, ce qui était super. Ça, j'ai beaucoup aimé. Mais assez rapidement, je dirais après deux, trois semaines, j'ai remarqué qu'il y a quelque chose qui me manquait. En fait, je ne voyais personne. Ça me faisait déprimer. En plus, on n'avait pas vraiment le droit de sortir au tout début de la COVID quand c'était vraiment très strict. Ça, ça m'a beaucoup affecté. Et j'ai remarqué à ce moment-là que j'avais besoin du côté social des ensembles. Même si, il faut être honnête, c'était très dur à gérer. Oui. J'ai beaucoup de plaisir. C'est à chaque fois un défi que je relève si bien que je peux. Et les groupes, en plus, j'ai choisi d'avoir des ensembles très différents, soit dans la moyenne d'âge, soit dans le répertoire joué, soit dans les objectifs. C'est vraiment... Jusqu'à l'année passée, j'avais quatre ensembles à l'année et des projets à côté. Et c'est vrai que ça part dans tous les sens. Et tu as des attentes complètement différentes face au chef. Tu as aussi des... des pressions qui sont mises énormes sur mes épaules, mais pas dans tous les ensembles. Il y a d'autres ensembles, c'est plutôt le contraire. C'est moi qui mets un peu trop de pression sur les musiciens parce que j'attends un résultat musical. Puis eux, ils sont là pour se faire plaisir, être ensemble. Notamment les petits ensembles de village que j'ai pu diriger ou que je dirige encore. Il faut que je fasse attention. Et c'est dur pour moi de faire la part des choses. De temps en temps, je suis encore dans la répétition. Brass, qui est un ensemble fait pour les concours, ce qu'ils veulent c'est la compétition c'est plutôt sportif que artistique et du coup eux je leur mets jamais assez de pression pour eux c'est ce qu'on me reproche et puis de l'autre côté des ensembles que j'aimerais quand même pousser quelque part,
- Speaker #0
faire évoluer,
- Speaker #1
avoir un résultat musical, eux ils trouvent que je demande trop alors j'essaie de trouver le juste milieu au milieu en plus comme je te disais moyenne d'âge j'ai aussi des ensembles comme ... un orchestre à Belp, on a plutôt des retraités, un moyenne d'âge assez haute, et il faut aller doucement, il faut jamais élever la voix, parce que ils sont plus là pour souffrir. Ils viennent là pour se faire plaisir, ils pourraient faire complètement autre chose, partir pendant six mois si ils veulent, mais ils sont là chaque semaine et au taquet. Vraiment, il faut leur laisser. C'est vrai qu'on peut pas exagérer à leur... dans cet aspect de le répertoire, on joue du répertoire il faut que la qualité elle soit là après on joue du Beethoven et on le joue comme on peut des fois c'est dur pour le chef il faut juste relativiser alors ça je fais souvent, ma copine elle m'aide aussi à dire non attends on prend du recul et puis dès que je peux je prends du recul et je me remets en question c'était le début de la question j'étais en compétence c'était très bien c'était très bien
- Speaker #0
moi je te suis et tu arrives encore à écouter de la musique de manière récréative sans que ton oreille professionnelle prenne trop le dessus oui sans problème alors après je
- Speaker #1
peux la mettre en route ou l'éteindre j'ai travaillé pour ça et je vais dans des concerts et des gens me demandent des feedbacks en général je dis désolé mais je n'ai pas enclenché le mode pro je suis juste venu écouter pour me faire plaisir. J'ai vu que sur scène vous aviez du plaisir. C'est tout ce qui m'importe. Après, j'aurais pu faire une analyse complète. Il y a certaines pièces où j'ai un peu plus de peine à écouter maintenant de manière neutre. Juste plaisante. C'est souvent des pièces que j'ai dirigées. Je me rappelle les galères que j'ai eues dessus ou les résultats que je n'ai pas pu obtenir. Il y a une pièce de concours que j'ai travaillée pendant six mois et puis à la fin on a fait un mauvais résultat. C'est quelque chose en général, je repense un peu au trauma de la pièce, plus qu'à la pièce en fait. Et du coup j'ai un peu besoin de temps pour écouter ce genre d'oeuvres. Et parfois c'est des chefs-d'oeuvres donc ça fait un peu mal. Parce que t'as envie de te dire, ah j'aimerais bien écouter cette magnifique pièce. Puis après t'es là...
- Speaker #2
C'est ça,
- Speaker #1
c'est ça. Mais ça répète ça. En général je peux vraiment... C'est tout et puis... Sans trop de prise de tête.
- Speaker #0
Et t'écoutes quoi comme musique ?
- Speaker #2
Ouf !
- Speaker #0
C'est tout !
- Speaker #1
Alors là, oui, c'est un peu la réponse bateau quand on dit j'écoute un peu de tout. J'écoute vraiment un peu de tout. J'essaie d'approfondir. J'avais commencé avec le rock, comme je t'ai dit. Avant ça, c'était la musique de film. Ça, ça a toujours été. J'écoutais énormément de musique de film. J'essaie de creuser plus loin que Hans Zimmer et John Williams. J'adore. Il y en a plein à la pelle. C'est impressionnant. Après, le rock, c'est plutôt sur le métal. C'est vraiment quelque chose qui me parle énormément maintenant. Donc ça, c'est un... Un répertoire que je creuse beaucoup. Je me rends un peu plus dans les festivals aussi. J'avais toujours voulu et maintenant, j'ai sauté le pas. Donc oui, j'adore ça. Mais j'adore aussi le répertoire classique que je dirige, le répertoire avant, justement, que je dirige depuis longtemps. J'adore le jazz, en fait. Je ne m'y connais pas encore énormément, mais plus j'approfondis, plus je trouve ça fantastique. Et pas du tout comme on peut le penser, juste pour fumer un cigare au coin du feu. C'est pas du tout ça. Je trouve que des fois, il y a une énergie folle et puis un besoin de partage. Donc ça, c'est quelque chose qui m'intéresse beaucoup. La musique électronique aussi. Je m'intéresse, que ce soit contemporaine ou mainstream. J'essaie aussi d'en faire un petit peu maintenant. Ça me parle énormément. Et puis la musique contemporaine, donc le répertoire un tout petit peu plus... plus expérimental. C'est quelque chose qui m'intéresse vraiment beaucoup. Être à la pointe de ce répertoire aussi, essayer de le comprendre. Il peut aller très loin et des fois, on est un peu perdu, même en tant que pro. Donc ça, j'essaie vraiment de ne pas perdre le fait que tu as un répertoire, tu as une connaissance un peu approfondie d'une partie du répertoire, mais ça ne veut pas dire que tu connais... Il faut continuer. Tu ne connais jamais tout le répertoire. Dans tous les sens, j'essaye. Je ne pourrais pas, bien sûr, limite de temps. Il veut que je ne puisse pas aller dans tous les sens à fond, mais j'essaie vraiment. Et aussi là, j'ai eu la chance de pouvoir approfondir le répertoire des compositrices. Que ce soit pour la musique avant ou pour l'orchestre symphonique. Et là, il y a des noms, mais il y a une liste. En fait, j'ai... J'ai eu la chance de tomber sur un livre qui recensait 250 compositrices à travers les derniers siècles. Une liste de noms incroyables, vraiment fabuleux. Je ne connaissais rien. Je connaissais deux ou trois noms parce que j'avais déjà creusé un petit peu le sujet. Des pièces fantastiques qui ont mille streams sur YouTube et 500 sur Spotify quand il y a quelque chose sur Spotify. C'est hallucinant. Donc là, en fait, c'est aussi ça qui m'intéresse quand je commence à chercher plus loin. Ce que je peux proposer au public et à mes musiciennes et musiciens.
- Speaker #0
Des nouvelles choses.
- Speaker #1
Quelque chose de nouveau, innovateur et pas quelque chose qui est un peu edgy et puis qu'on a oublié parce que ça n'intéressait personne. Oui, oui. Vraiment des pièces de tout style, mais il y a des choses vraiment fantastiques là-dehors. Vraiment des hidden gems, quoi. Oui. complètement laissées de côté. Malheureusement, dans le cas précis des compositrices, j'ai l'impression que le seul argument pour dire qu'elles ont été laissées de côté, c'était parce que c'était des femmes.
- Speaker #0
C'est vrai, quand on parle maintenant, on se dit que tous les compositeurs méga connus, c'est tous des hommes.
- Speaker #1
Ça va un petit peu mieux. C'est à la traîne. Pour que les gens laissent un peu de place aux femmes, parce que les femmes ont toujours été là. Mais pour qu'on leur mette aussi... les mettre en valeur et qu'on leur fasse une publicité autant présente que chez les hommes, ça c'est, on est encore très loin. Mais dans la musique de film, on commence à avoir quelques noms de compositrices qui sont autant célébrées que les hommes et ça, ça fait plaisir. Mais c'est, ouais, pour l'égalité, il faudra encore lutter. Encore bosser.
- Speaker #0
Bon, ben c'est bien, le message est lancé en tout cas. Ça vous empêche pas d'aller vous renseigner sur les différentes compositrices. Il y en a une en particulier qui ressortirait que t'as envie de partager ?
- Speaker #1
Moi, j'aime beaucoup Florence Price pour orchestre, qui était une compositrice afro-américaine. Et donc là, encore plus le défi de se faire connaître aux États-Unis. Et ses symphonies sont au niveau de n'importe quelle grande symphonie qu'on pourrait écouter aujourd'hui.
- Speaker #0
Est-ce que tu as eu des moments de doute quand même dans ton parcours à dire est-ce que je suis vraiment dans la bonne direction ?
- Speaker #1
Ah non, moi j'ai jamais eu aucun doute dans ma vie.
- Speaker #0
Quelle chance, partage !
- Speaker #1
Ah oui, des doutes tout le temps. Il y a des remises en question chaque année. Après chaque quelques mois qui passent, où tout va bien, il y a une crise qui arrive. Et puis souvent, c'est lié à des ensembles qui ont des problèmes. C'est normal. La vie d'un ensemble, c'est comme la vie d'une famille. Il y a toujours des problèmes qui se créent. Et des fois, c'est autour de rien. Et ça devient énorme. C'est comme une plaie qu'il aurait fallu crever.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Et puis, au lieu de ça, on a laissé s'enfler. Et puis, c'est toujours très compliqué. t'as les aspects sociaux, t'as les aspects musicaux le mélange de tout ça c'est explosif et c'est vrai que j'essaie de faire au mieux vraiment pour être là présent pour les ensembles mais c'est très compliqué question ouais et
- Speaker #0
tu aimerais voir évoluer quelque chose dans le domaine culturel particulièrement musical en Suisse qui change tu te dis là non mais ça fait des siècles qu'il faudrait que ça bouge et ça bouge pas
- Speaker #1
C'est une bonne question.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Pardon,
- Speaker #2
j'ai plus.
- Speaker #1
Je dirais que on a d'une part des orchestres comme j'ai à Belp qui sont plutôt des orchestres symphoniques de gens plus âgés parce qu'ils aiment le répertoire un peu plus ancien. Après, tu trouves des orchestres similaires de jeunes qui font le même répertoire, qui sont très actifs. Et ça, je pense qu'il faudrait qu'on développe un peu plus. des orchestres ultra actifs pas seulement avec cette idée un peu vieillotte que la musique classique c'est pas intéressant, c'est pas énergique c'est pas actuel certaines pièces ont pris la poussière mais ça veut pas dire qu'on peut pas les dépoussiérer et puis en faire quelque chose d'incroyable je dirais qu'il y a un truc aussi et que certains comment dire ... Il y a beaucoup d'orchestres qui sont un peu campés sur un certain répertoire et ils refusent un petit peu d'en sortir. C'est-à-dire que pour des jeunes compositrices, compositeurs, aujourd'hui, c'est dur de se faire jouer. On nous fait difficilement confiance et c'est sûr qu'au début de la carrière, tu as aussi des... des pièces moins peut-être pertinentes. Mais bon, c'est un début de carrière, c'est normal. Et là, c'est dur. Je trouverais chouette qu'il y ait des orchestres qui soient plus enclins à jouer de la musique de jeunes compositrices, jeunes compositeurs. Ça se fait beaucoup dans la musique avant. Ça, je ne dis pas. Je dirais que les brass bands, les harmonies, ils font un maximum. Mais du côté de l'orchestre symphonique, c'est, je trouve, très compliqué. À un projet, de temps en temps, les gens se ruent un petit peu dessus pour avoir une pièce jouée. et sinon c'est très fermé et en fait ça revient à un problème un peu plus général où les castes musicales, si je peux les appeler comme ça en Suisse, elles sont vraiment fermées le monde de la musique avant qui fait des trucs folklore avec ils vont jouer dehors et ils font des petites marches avec bâtons et machin c'est l'image qu'on a, le costume aussi vraiment cet uniforme donc il y a cette image complètement fausse en fait je trouve Mais qu'elle a, il s'agit qu'il y a une partie du répertoire comme ça. Tu as des orchestres qui font leur truc dans leur coin, qu'on voit que dans la halle de concert, et qui jouent toujours ce même répertoire, avant 1900, pas après. Ou alors certains, mais c'est assez rare. Ou alors musique de film, parce que ça renoue un petit peu avec la tradition un peu plus en 19e siècle romantique, en général. Et puis après, tu as la musique contemporaine qui navigue seule. Si tu ne t'y intéresses pas, tu n'entends jamais parler. C'est ça. C'est un peu aussi dur de s'y intéresser parce que c'est un peu plus expérimental. Donc, il faut avoir aussi...
- Speaker #0
La moissitude.
- Speaker #1
Voilà, sûr. Mais on pourrait créer cette habitude. Et puis, ça ne veut pas dire qu'il n'y a que de la musique étrange ou perché. C'est loin par le cas. Même s'il y en a.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Ça ne veut pas dire que c'est de la mauvaise musique. mais du coup tous ces milieux et puis après on a la scène metal, rock, jazz toutes ces micro scènes underground ça travaille tout en séparé aussi la scène rap chacun sa bulle c'est terriblement difficile bien sûr de lier les trucs mais je trouve qu'on pourrait avoir une meilleure communication et puis se souder un peu c'est peut-être utopique je sais pas si ça amènerait après mais peut-être quelque chose vraiment de nouveau. J'ai l'impression qu'on pourrait créer des projets de...
- Speaker #0
Un peu plus de...
- Speaker #1
Collaboratif, voilà, hétéroclite. Et puis renouveler un petit peu tout ça. Parce que là, on a quand même la petite tendance à rentrer dans l'habitude. Et être bien dans cette habitude. Oui,
- Speaker #0
la zone de confort.
- Speaker #1
Oui. Et moi aussi, le premier. Il faut toujours que je me relance. Et puis, il faut se faire peur et c'est difficile. J'essaie un maximum, à mon niveau.
- Speaker #0
Et si aujourd'hui, il y a un jeune qui nous écoute et qui aimerait bien se lancer, mais qui n'ose pas, parce que la peur de se lancer, pas forcément de soutien, parce que c'est vrai que c'est des domaines qui font peur aux adultes, qui vont dire, est-ce que tu vas vraiment pouvoir payer tes factures avec ça ? C'est un peu souvent la question qui ressort. Qu'est-ce que tu dirais ? un jeune qui a envie de se lancer mais qui n'ose pas.
- Speaker #1
Ça va être un peu cliché, mais je vais dire qu'il faut foncer. Il faut vraiment foncer. Après, il faut être conscient que ça exige quelques sacrifices et des souffrances. Il faut être honnête. Il faut vraiment en vouloir. Et continuer de se dire, ok, là j'ai fait tout ce que j'ai pu. arrivé qu'à ce niveau-là. Aujourd'hui, je ne peux diriger que ce genre de pièces parce que je n'ai pas les musiciens, je n'ai pas l'infrastructure, les soutiens. Mais ça, c'est normal. Il faut continuer, continuer. Ne pas perdre de vue les rêves qu'on avait au début, quand on a commencé. C'est vrai que moi, j'ai encore ces rêves. Et je me dis des fois, pourquoi ça ne vient pas ? Ça m'énerve. C'est vrai, tu vois. Oui, c'est frustrant. Ça fait dix ans que je dirige. Je ne sais pas où, mais... 10 ans à le faire factuellement, vraiment en pratique, c'est long. C'est long,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
C'est long et puis tu te dis, maintenant, je pourrais quand même avoir plus. Mais en fait, quand je regarde tout ce que j'ai déjà eu, j'ai eu beaucoup de chance. Ça n'a pas été facile d'y arriver, mais c'est vrai qu'il y a eu beaucoup de belles choses. Et puis, je me dis que du coup, j'ai encore le temps. pour arriver à ses rêves, de diriger des... J'ai certaines pièces en tête, une grande symphonie, ou alors un grand projet un peu plus expérimental, ce genre de choses. Je crois qu'il faut prendre le temps. C'est souvent ce que j'ai remarqué. Moi, je suis terrible pour ça. C'est que je repense un peu à ce que j'ai fait, puis je dis, ouais, j'ai dirigé des petites fanfares et tout ça. En fait, j'ai eu cette tendance à un moment donné, et ça revient en fait, périodiquement, il faut que je fasse super attention à... à me dire, ouais, voilà, je dois faire ça. Pour arriver au réel. Mais en fait, je crois que chaque expérience, elle vaut la peine vraiment d'être vécue. De nouveau, c'est un peu cliché. Mais je trouve qu'il faut croire au projet. Et puis tu peux tellement vite, aussi parce que j'en enchaîne tellement, te dire que tu fais ce petit projet. Parce que, par exemple, cette société fait son concert chaque année. Alors il faut faire un projet. Puis voilà, ça leur fait plaisir. Mais après, tu te dissocies un tout petit peu de... de ton rôle, de la société elle-même aussi, société de musique, je dis. Et en fait, je trouve ça vraiment dangereux de dire, ouais, je le fais pour le faire. Voilà, pour me faire de l'expérience ou de l'argent, c'est vraiment... En général, je ne le pense pas du tout comme ça, mais de temps en temps, je prends un peu trop de distance, peut-être. J'ai eu pris un peu trop de distance. En fait, en général, j'essaie de rester hyper actif et puis... m'empêcher absolument de penser comme ça. C'est en disant ouais, alors on fait ce qu'on peut. Et du coup, on en reparle un peu, enfin j'en ai parlé avant, mais du coup, il faut que je trouve vraiment le curseur ou le placer sur pas être trop exigeant. Parce qu'en fait, quand je me dis maintenant, il faut que je sois plus actif, et bien parfois je suis trop exigeant, avec des musiciens qui n'attendaient pas ça.
- Speaker #0
Comme toi, t'es exigeant vers toi-même en fait. Ouais,
- Speaker #1
alors ça c'est terriblement difficile, mais il y a cette fameuse phrase que j'essaie d'appliquer. qu'il soit dur envers toi-même et bon envers les autres, ou indulgent envers les autres. Mais ce n'est pas toujours facile.
- Speaker #0
Non. On doit être dur avec nous-mêmes, pourquoi pas les autres ? Même ça,
- Speaker #2
finalement.
- Speaker #1
C'est clair. Après, j'ai eu deux, trois dures réflexions. avec moi-même pour trouver le juste milieu parce que des fois j'étais trop distant et les gens disaient ils s'en foutent un peu de nous je pense qu'il a d'autres projets plus intéressants c'est un peu les gens qui disaient ça peut-être que je donnais cette impression mais c'était pas ce que je pensais, en tout cas j'évitais de penser comme ça et puis dans l'autre inverse c'était trop exigeant et les gens disent ils croient qu'on est qui nous on est que tel ensemble et puis on fait tout ce qu'on peut donc le juste milieu c'est toujours en dent de scie et puis c'est pas le même partout non alors il faut tout adapter tout adapter et en plus il faut adapter non seulement à l'ensemble mais à la personne en face et tu sais quand tu connais pas encore bien les gens tu sais pas exactement où placer ce fameux curseur et puis d'autres évoluent t'as des gens qui évoluent et qui prennent des choses différemment avec le temps ouais Faut vraiment faire attention. Mon but, c'est pas non plus de blesser les gens. Et en général, s'ils sont là, venus après le boulot, souvent je dirige des musiciennes et musiciens amatrices, amateurs, c'est parce qu'ils avaient envie de passer un bon moment, mais envie de faire de la musique aussi. Donc il faut que toujours, je me rappelle, les gens font un déplacement. Moi, je dois être au top, mais je dois pas leur faire vivre un enfer. Même si parfois, je dois être honnête, certains musiciens qui en retour te font vivre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Ils ne se rendent pas compte souvent, mais pas de manière malveillante. J'ai rarement rencontré des musiciens malveillants. En fait, c'est aussi ça qu'on oublie de dire, c'est que la plupart du temps, tu rencontres quand même une majorité de gens super. Et tu parles souvent des personnes qui te posent problème, comme on parle en général dans les infos plutôt de...
- Speaker #0
Tout ce qui ne va pas.
- Speaker #1
Donald Trump, mon ami. des gros connards on en parle beaucoup et puis désolé là je suis complètement parqué lâche toi mais des gens de tous les gens qui font bien les choses et qui se donnent à fond tous les jours dans leur vie qui triment pour être bien pour que leur famille soit bien ben ça on n'en parle pas c'est un peu aussi normal parce que tout va bien alors on se dit bon ben voilà tout va bien on n'en parle pas et puis je dois quand même dire Petite édito.
- Speaker #0
Vas-y, tu te racontes après, dans le New York Times.
- Speaker #1
J'ai rencontré énormément de gens bien, et un pourcentage beaucoup plus grand de gens incroyables. que le contraire. Et en général, les gens que je dis quand je mets le contraire, donc ces gens qui sont un peu plus compliqués, c'est des gens qui ont beaucoup, beaucoup de difficultés dans la vie. Et puis, c'est pas vraiment... C'est plutôt qu'ils veulent s'investir aussi pour le bien de la société, mais ils le font pas peut-être de la manière la plus judicieuse. En général, c'est pas malveillant. C'est vraiment ça.
- Speaker #0
Alors, tu l'as dit, tu aimes tout, donc ça va être très compliqué, je pense, cette question. J'avais envie de te demander si tu as une pièce ou une chanson qui vraiment est la référence.
- Speaker #1
La fameuse question. Une.
- Speaker #0
Une. Bon, allez, si tu en as deux, je vous le dis, mais pas plus que deux.
- Speaker #1
Moi, je déteste ce genre de questions.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Non, mais parce que... En fait, à chaque fois qu'on me pose... parce qu'on m'a déjà posé ce genre de questions... Et puis, je dois répondre un truc. Quand je rentre chez moi, je suis là, mais pourquoi j'ai répondu ça ? J'avais tellement d'autres possibilités. Puis après, je m'en veux tellement. Alors que c'est débile parce que potentiellement, les gens qui écoutent le podcast se disent, bon, il a répondu ça.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Tu ne veux pas répondre, tu n'es pas obligé. Ah non,
- Speaker #1
je ne veux pas juste overthink pendant trois ans que j'ai répondu ça. C'est difficile parce que pour chaque répertoire, j'aurais une pièce qui m'a marqué. Et s'il faut en choisir absolument une,
- Speaker #0
c'est dur. Non, vas-y, dis ce que tu veux. Tu peux en dire plusieurs.
- Speaker #1
Vraiment, il fallait choisir une. Je choisirais la deuxième symphonie de Malais. C'est vraiment l'oeuvre qui peut-être me fait le plus vibrer. Et puis ça représente aussi un idéal d'orchestration. J'adore l'orchestration, j'adore le répertoire d'orchestre. Je trouve que c'est un sommet qu'on a atteint à ce moment-là, même si ça a complètement été moudé jusque dans les années 60, où Bernstein s'est esquinté pour finalement rétablir ce répertoire. Il a joué partout comme un si. Du coup, ça n'a pas plu au début. J'aurais pu passer à côté de ça si j'étais né au moment où ça a été créé. Mais oui, c'est vraiment une pièce qui me parle. Il se passe tellement de choses dans cette symphonie. Le final est juste... C'est la folie. après j'en ai plein d'autres tu vois quand je dis ça d'un coup je dis mais pourquoi j'ai pas ça ça ça tu vois vas-y lequel d'autre alors je sais pas je sais pas Il y a beaucoup de pièces que j'adore dans le répertoire, mais il y en a quelques milestones. Stravinsky, je dirais, ça m'a énormément parlé. J'en ai tellement en tête, c'est difficile à dire. Et puis après, il y a tout le reste du répertoire. Finalement, dans le rock, le métal, des choses qui m'ont énormément marqué. Mais là, c'est plutôt aussi des trucs que j'ai écouté quand j'étais... Ados ou enfants, c'est Nightwish typique. Ça m'a énormément marqué. Ça divise un petit peu le public métal. Il y en a qui adorent, il y en a qui les pèsent. Moi j'ai toujours adoré ça. Il y a une chanson, en l'occurrence Ghost Love Score, que j'écoutais en bite et que j'écoute encore aujourd'hui avec le même plaisir. Ça c'est quand même assez rare. Que tu puisses écouter une œuvre sans te fatiguer ou même en découvrant des nouvelles choses à chaque fois qu'on écoute. Dans le répertoire avant, j'ose encore. Oui,
- Speaker #0
oui, vas-y.
- Speaker #1
Je pense que Music of the Spheres de Philip Spark, c'est une pièce qui m'a marqué. OK. C'est une pièce qui existait de basse pour basse, basse-band, et qui a été adaptée pour Ensemble Avant, donc Harmonie. Et puis, je l'écoutais beaucoup avec mon frangin aussi, c'est du répertoire qu'on a toujours rêvé de jouer. C'est vraiment des marques, en fait, dans certaines périodes de ma vie, je dirais.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Oui, Marc au fer rouge. Sur ses pièces. Et ça me reste tatoué, vraiment, sur le casque.
- Speaker #0
C'est beau.
- Speaker #1
Oui, tu vois. Fais-les, mets-t'en un forfilet. J'en ai oublié sûrement des millions.
- Speaker #0
Voilà, mais ne t'en veux pas, c'est pas grave. Là, t'as déjà partagé plein de choses. On rajoutera un peu d'absurde dans la liste de la description du podcast. Vous verrez, chaque semaine, revenez, il y aura énormément de nouvelles pièces à découvrir. Bon, il faut terminer, question traditionnelle dans ce podcast. Comment est-ce que tu manges tes pancakes, si t'en manges, si t'aimes ça ? Rien à voir, on part dans un tout autre... On redescend en philosophie, là.
- Speaker #1
Écoute, tu sais, toi, t'en fais la pâte avec les biscuits.
- Speaker #0
Ah, du spéculoos.
- Speaker #1
Du spéculoos, avec ça dessus.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Ah ouais, ouais. Je suis fan de... D'ailleurs, on a bientôt fini le POC que tu nous avais fait.
- Speaker #0
Faut que je le refasse. Ah,
- Speaker #1
quand je sors de la pâte,
- Speaker #2
je ne veux plus ça.
- Speaker #1
Non, tu couperas ça.
- Speaker #0
Non, non, non. Je t'assume, je te ferai de la pâte de spéculoos. en tout cas je te remercie beaucoup pour ce moment c'était cool et puis je mettrai dans la description le lien vers ton site aureliardarbelet.com on retrouve toutes tes pièces d'ailleurs si vous voulez aller les écouter vous pourrez découvrir l'univers d'Aurélien et puis à bientôt merci beaucoup pour l'invitation si tu as aimé partager ce pancake abonne-toi il y a un nouvel invité chaque semaine
- Speaker #2
Merci à vous.