Speaker #0Bonjour et bienvenue sur le podcast Hémisphère. Je suis vraiment super contente que vous soyez là, que ce soit par curiosité ou parce que vos algorithmes vous ont menés jusqu'à moi, ou alors parce que vous vous êtes perdus en tapant ado en crise dans la barre de recherche de votre plateforme d'écoute. Peu importe, vous êtes, je pense, au bon endroit, parce qu'ici on va parler éducation, parentalité, adolescence, mais surtout on va essayer de le faire différemment, c'est-à-dire sans ton condescendance, sans jargon de conférence. Sans culpabilisation, juste avec jerkule, on va essayer de redonner du sens, de cultiver le sens, de donner des pistes concrètes, des réflexions. Mais tout d'abord, ce serait bien que je me présente. Je m'appelle Camille, je suis formée en sciences de l'éducation, j'ai un master MEF, médecine, enseignement, l'éducation et de la formation, et je me suis spécialisée en orthopédagogie et en psychopédagogie. Donc voilà, maintenant que j'ai étalé mes diplômes, ça c'est quelque chose de très français, on a l'impression que les diplômes donnent de la légitimité. mais je pense que je reviendrai dans un prochain podcast. Je vais maintenant vous étaler un peu plus de concret. J'ai d'abord été CPE dans des collèges de quartier dit prioritaire en Seine-Saint-Denis. J'ai aussi travaillé en tant que directrice pour l'enfant-jeunesse d'une mairie où j'ai participé à la politique de la jeunesse de la ville en conseillant des élus. J'ai formé des animateurs. J'ai aussi travaillé en MJC où j'ai monté des colos apprenantes. J'ai coordonné des projets éducatifs. J'ai aussi tenté de redéfiniser. 1.info jeunesse. Je travaillais aussi à faire des séjours adaptés, je travaillais en lien avec des IME. Bref, j'ai vu passer des centaines d'ados profils différents, leurs parents, les enseignants, les animateurs. J'ai travaillé avec la MLE, avec la police, des associations locales. Et je me suis rendue compte, en rencontrant tous ces acteurs, que chacun avait ses préoccupations du quotidien, chacun avait ses galères. Ses intuitions, ses pensées, ses limites, ses forces. Tout le monde avait un peu de mal à sortir la tête de l'eau et à prendre du recul. J'en avais marre de voir des tonnes de discours déconnecter un peu des réalités de terrain. Et en même temps, j'en avais marre de voir le terrain se déconnecter un petit peu de la théorie. Et c'est un peu ça qui m'anime aujourd'hui. C'est pas forcément de vous dire comment faire, pas non plus de faire à la place de ces personnes-là. Je ne dis pas que moi j'ai la vérité absolue, je ne dis pas que j'ai la baguette magique. Je dirais que ce que j'ai, c'est les connaissances, l'expérience, beaucoup de lectures, beaucoup de rencontres et surtout une immense envie et volonté de faire des ponts entre toute la communauté éducative, que ce soit parents, les professionnels et les adolescents eux-mêmes. Je veux vraiment redonner du pouvoir d'agir à chacun. Et pour moi, pour redonner du pouvoir d'agir, il faut que chacun soit en capacité de questionner ses pratiques. de prendre du recul et de s'intéresser à la théorie, sans oublier bien sûr ma petite part de réalité qui parfois peut contredire les grandes théories. En tout cas, c'est ce que j'essaie de faire déjà tous les jours dans mes pratiques, parce que j'ai créé mon entreprise Hémisphère, un accompagnement personnalisé d'adolescents et leurs familles. J'essaie aussi de le faire via mon compte Instagram, et maintenant avec ce podcast. Alors vous allez me dire, pourquoi me centrer essentiellement sur l'adolescence ? Parce que je trouve... L'adolescence, c'est une période pour moi qui est merveilleuse parce que c'est la période où tu as encore ton innocence en tant qu'enfant, mais tu commences à vouloir donner du sens à ce que tu fais, à t'interroger, à remettre en question. C'est une période un petit peu effrayante pour le monde des adultes. Très souvent, quand on va sur Instagram, on va trouver moult et moult théories, aides, comptes Instagram qui vont aider les parents jusqu'à ce que leur enfant arrive au CM2. comme un abandon. On abandonne l'adolescence alors que c'est une période charnière. C'est une période fragile, intense, bordélique, hyper créative aussi. Les maîtres mots, je dirais, de ma chaîne de podcast, ça sera restons humains et empathiques. J'ai l'impression qu'on oublie vraiment d'écouter les ados. On se contente simplement de dire « Oh, ils sont en crise » . Et d'ailleurs, souvent, quand ils expriment leurs sentiments, c'est quelque chose qu'on leur dit. « Oh, tu fais ta crise d'adolescence » . Et là, on va les enfermer dans des étiquettes. Tu es trop passif, trop insolent, trop mou, trop sensible. Là où beaucoup de coachs en développement personnel invitent les gens à dire questionne ton enfant intérieur. Moi, ce que je conseille aux professionnels et aux parents qui gravitent autour des adolescents, c'est questionne ton adolescent intérieur. Souviens-toi qui tu étais. Est-ce que tu aurais aimé qu'on te donne ces mots-là ? Qu'est-ce qui te préoccupait ? Qu'est-ce qui t'énervait ? Qu'est-ce qui pouvait te faire sortir de tes gonds ? Je crois pas que les ados soient trop. Je pense qu'ils sont juste en construction. et qu'ils ont besoin qu'on les accompagne. sans les surcharger de notre pression d'adulte. Vous allez me dire, les parents dans tout ça ? Les parents, vous êtes souvent en première ligne. En plus, vous avez le stress de gérer de la réalité, des devoirs, les conflits, les doutes, les « tu me laisses tranquille » , les silences aussi parfois qui peuvent être pesants. Vous faites du mieux que vous pouvez et vous n'êtes pas toujours les premiers à qui on tend la main. Parfois même, quand un adolescent est vraiment en crise, on va souvent remettre en question la pratique des parents. Moi, j'ai toujours dit, il faut tout un village pour éduquer un enfant. Donc on est tous responsables de notre jeunesse d'aujourd'hui. Ça va des parents, l'éducation nationale, en passant par le boulanger. Un adolescent peut très bien aller acheter un croissant, tomber face à un boulanger qui est infâme et injuste et lui parle mal. L'adolescent, d'un coup, il est confronté à un adulte à qui lui, il doit respecter parce qu'on lui a dit c'est comme ça, les jeunes vous devraient respecter les plus vieux. Et il a face à lui cette injustice où on a un adulte qui lui parle super mal mais il ne doit rien dire parce qu'il est plus jeune. Baisseur, ça peut provoquer une crise. Ça peut d'un coup provoquer dans sa tête un sentiment d'injustice tellement puissant que ça va le mettre en colère pour la journée et tous les adultes vont prendre. C'est pour ça que je dis que nous devons tous être vigilants à la façon de nous adresser aux adolescents. Et comprendre un ado, c'est aussi se comprendre soi-même, c'est aussi être capable de se remettre en question, capable de revenir dans le passé et de dire qui j'étais. Et sortir un peu de ce comportement réactionnaire où on se dit, à mon époque, c'était mieux. Il ne faut pas en tomber dans ce cliché. parce qu'il y a l'arrivée des réseaux sociaux et du numérique. Donc du coup, tout le monde est en train de dire « Mais nous, on n'avait pas besoin de notre smartphone pour s'amuser. » Et on en juge les adolescents. Mais rien que ça, moi, quand je vois des parents qui me disent « Ouais, elle est tout le temps sur son portable » , je les invite à regarder leur propre temps d'écran. Et vous, est-ce que vous êtes vraiment irréprochable ? Et quand bien même vous l'êtes, est-ce que vous pouvez en vouloir à des adolescents de se faire avoir par des multinationales qui ont travaillé sur des algorithmes qui répondent directement à cette... quête de la dopamine. Et des exemples comme ça, j'en ai énormément. Donc voilà, à travers cette petite introduction, vous avez, je pense, un peu compris l'atmosphère de ma chaîne de podcast, et je vais d'ores et déjà vous donner le sujet de mon prochain épisode, à savoir l'école peut-elle vraiment corriger les inégalités sociales ? Je sais, on attaque fort, mais je pense que ce sera un épisode qui pourra vraiment vous apporter du recul, que vous soyez parent, enseignant ou éducateur. Parce qu'on a vraiment besoin de sortir de cette espèce de course permanente. Les bulletins, les options, les compétences, le futur métier. Comme si tout se jouait maintenant. Ou comme si tout se jouait à la maternelle. On suit l'actualité du moment. Mais la vie, ce n'est pas par coursup. C'est pour ça que j'ai envie de vous parler un peu de sociologie. Promis, vous n'aurez pas besoin d'avoir lu tous les livres de Bourdieu, de Baudelot et Stablé. Je vais essayer de vous synthétiser un peu toutes leurs théories, de vous apporter toutes ces connaissances-là, de manière ludique, rigolote. pas trop de blabla inutile et pourquoi pas vous donner aussi des idées concrètes comment appliquer ces théories dans votre quotidien d'ailleurs ce sujet est en lien avec un carousel que j'ai publié récemment sur les inégalités sociales si vous voulez commencer déjà à vous intéresser un petit peu en attendant patiemment dimanche prochain je vous invite à aller sur ma page Instagram abonnez-vous, partagez parlez-en autour de vous si vous pensez que ça peut parler à des amis à vous et surtout si vous avez envie de creuser un autre sujet dans les podcasts qui arrivent. N'hésitez pas à me dire via Insta, par mail. Je suis toujours ravie de partir de vos vraies préoccupations. En tout cas, merci d'avoir écouté jusqu'ici. Je vous dis à très très vite et surtout, prenez soin de vous et des ados qui vous entourent.