- Speaker #0
Streambox présente
- Speaker #1
Histoire de femme. Bonjour Ivana.
- Speaker #0
Bonjour, je suis Ivana, Ivana Creaco, et je suis avant tout une maman. Une maman de trois enfants, mais aussi une grand-mère, une grand-mère de quatre petits-enfants déjà. Voilà, je suis une femme. Je suis aussi une amante. Je suis multifonction, comme toutes les femmes en fait.
- Speaker #1
Merci d'être là. Tu as écrit un livre sur ton papa. Un Italien immigré en Belgique. Qu'est-ce qui t'a poussé à raconter son histoire ?
- Speaker #0
Le livre ne traite pas uniquement de mon papa. En fait, il traite de mon parcours, qui est un parcours professionnel assez atypique. Mais pour que vous compreniez que ce parcours soit vraiment différent de ce qu'en général font... La plupart des gens, il fallait que je reparte à mes origines. Et mes origines sont celles évidemment de ma famille et plus précisément de mon père, qui est parti à l'âge d'une vingtaine d'années, il devait avoir 22-23 ans. Il a quitté sa calabre, il a quitté son soleil, il a quitté la mer, la beauté de son pays pour s'enterrer sous terre, ici, dans les mines de charbon en Belgique, et plus précisément en Charleroi. Et j'ai trouvé que c'était un contraste tellement fou avec la carrière que moi j'ai menée par la suite et que cet homme s'est vraiment sacrifié pour après sa famille, avec l'espérance d'avoir un avenir meilleur, de pouvoir vivre mieux, parce qu'il n'y avait rien du tout là-bas en Calimbre. Et cette déception plus tard d'arriver en novembre, sous la pluie, en Belgique, dans le froid, et de se retrouver sous terre, moi ça m'a terriblement touchée. Mon papa était quelqu'un d'assez pudique, il racontait peu de choses, c'est des bribes de choses que j'ai entendues lors de mon enfance. Mais voilà, il fallait que je revienne vraiment aux sources, il fallait que je revienne aux racines, pour que je puisse comprendre et faire comprendre à mes enfants et également plus tard à mes petits-enfants, l'importance du respect aussi, de savoir d'où on vient, ne jamais oublier d'où on vient. Et c'est pour ça que j'ai parlé de mon père, beaucoup.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu décrirais ton papa ? Quel souvenir fort tu gardes de lui, par exemple ?
- Speaker #0
Alors le souvenir peut-être le plus fort que j'ai, c'est sa voix. Il avait une voix très profonde, très masculine, avec un accent italien extrêmement prononcé. On ne comprenait pas toujours ce qu'il disait. C'était une personne assez dure, très dure, de par ce qu'il a vécu aussi. Mais avec énormément de, je l'ai dit, de pudeur, énormément d'émotions, quelqu'un d'extrêmement sensible, mais qui ne voulait absolument pas le montrer. Il avait naturellement ce côté un peu italien, macho du sud, puis des hommes de sa génération où on ne pouvait pas montrer ses faiblesses. Et donc ça, c'est mon père, quelqu'un de sévère, quelqu'un d'assez dur, mais avec un cœur en or, une générosité incroyable alors qu'il n'avait pas beaucoup de choses. Un homme très profond. pas été simple avec moi, ça a été même très difficile. Parce qu'on a eu beaucoup, beaucoup de problèmes l'un avec l'autre, de par sa... de par son éducation, de par son côté très, très fort et très sévère. Mais avec quand même énormément d'amour. À côté de ça, c'est ça qu'on doit retenir. C'était un homme qui aimait. Un homme qui était épicurien aussi. Voilà. Et des cheveux tout noirs, tout bouclés. quand il était jeune, après tout gris. Un Italien, du Sud.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une anecdote dans ton livre ? Un souvenir ? Quelque chose qui t'émeut encore aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors dans mon livre, il y a un passage évidemment qui est très dur. C'est le passage où on va se retrouver, mon père et moi, parce qu'on a eu une cassure de plus de quatre ans. On s'était disputé. pour la millième fois. Et comme dans mon livre, souvent, je vais citer cette parole de testadura, tête dure. On était tous les deux extrêmement têtus et il ne fallait vraiment pas que l'un ou l'autre craque. Donc, ça a fait une cassure de quatre ans. Et il y a un passage dans mon livre où je vais le retrouver, où je le retrouve dans un couloir triste d'un hôpital bruxellois. Et voilà. Où on a très peu parlé, tous les deux. On s'est juste... Pris dans les bras l'un de l'autre, il ne fallait pas de mots pour pouvoir exprimer ce qu'on ressentait. Cette retrouvaille après quatre années très difficiles. Et ça, c'est je crois un des passages les plus touchants de mon livre, un des passages les plus forts pour moi en tout cas, qui m'a fait beaucoup pleurer. Quand on raconte son histoire, quand on plonge dans ses souvenirs, on descend sous terre, un peu comme les mineurs dans leur mine, pour aller creuser les choses. Et ça, c'est un souvenir puissant, très puissant. mais que je revis avec énormément d'émotion parce que ça m'a aussi forgée, ça m'a fait devenir la femme que je suis devenue aujourd'hui.
- Speaker #1
Fantastique, c'était la question suivante. Dans quelle mesure penses-tu que ces sacrifices, les sacrifices de ton papa et de ta maman d'ailleurs, comment ont-ils façonné la femme que tu es aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je suis certaine que c'est grâce à eux et à leur éducation que j'ai pu conserver aussi les pieds sur terre dans un métier ou dans les métiers que j'ai faits, principalement quand j'ai travaillé dans la mode et quand je suis devenue mannequin tout à fait par hasard. C'est le fait d'avoir eu des parents si... Down to earth, des gens simples, des gens qui n'avaient pas de moyens, des gens qui ont dû énormément travailler pour que je me rende bien compte que j'étais quelqu'un d'assez privilégié, que j'ai pu faire des choses qui étaient exceptionnelles, mais qu'il fallait rester toujours aussi à sa place. Avec le respect des équipes, avec le respect des gens qui travaillaient avec moi, avec les gens qui m'entouraient, de savoir qui j'étais, mais qui eux étaient également. C'était très important et c'est vraiment des valeurs que je veux et que j'ai essayé de transmettre à mes enfants et qui, j'espère, plus tard vont les transmettre également à leurs enfants. Et ça, je le dois 100% à mes parents. C'est sûr. 100%.
- Speaker #1
Comment est-ce que toi, en fait, puisque forcément tu es à moitié italienne, comment est-ce que tu as vécu cette double identité italo-belge ?
- Speaker #0
Alors bizarrement, alors que je suis née en Belgique et que j'avais une maman belge, je me suis toujours sentie plus italienne que belge. J'ai un tempérament d'italienne, on peut le dire, j'ai un sérieux caractère. Avec la douceur peut-être que j'ai pu prendre de ma maman, mais la force de mon père. Donc moi, mon rêve absolu, c'est de pouvoir retourner un jour en Italie pour pouvoir y poser mes valises un peu plus longtemps et vivre cette vie beaucoup plus agréable là-bas, beaucoup plus douce. Les gens sont beaucoup plus chaleureux encore, se parlent, transmettent des choses. Puis il y a une chose extraordinaire aussi que mon père m'a transmise et que je retrouve très fort en Italie. C'est le plaisir de la nourriture, la cuisine, et le fait que je cuisine pour mes enfants, pour mes petits-enfants, aussi pour les gens qui me suivent sur les réseaux aujourd'hui, ça passe par le ventre, et ça c'est aussi l'Italie. Le plaisir de la dolce vita, des bonnes choses, et du partage. Oui, me sent très très italienne.
- Speaker #1
Tu disais tout à l'heure que tu étais devenue mannequin un peu par hasard. Comment tu expliques ça dans ton livre ? Tu peux un peu nous raconter, sans spoiler ?
- Speaker #0
Alors tout part en fait d'une phrase que m'a dite ma maman un beau matin. Elle m'a dit, viens on va chercher des chaussures. Et je vous expliquerai peut-être plus tard un petit peu pourquoi j'ai choisi ce titre de N'oublie pas les chaussures. Et donc je suis partie avec elle pour chercher des chaussures. Et on s'est retrouvés dans un grand magasin où le magasin organisait une sorte d'avant-après géant. C'est-à-dire qu'il mettait en lumière. le public qui était là dans le magasin pour présenter les collections de prêt-à-porter du printemps de cette année-là. Et donc il y avait un grand podium sur lequel vous aviez un maquilleur, un styliste, un photographe, et on nous mettait en scène. Et voilà, donc moi je suis, on va dire par hasard, arrivée là, j'ai regardé, et on est venue me chercher, on m'a fait monter sur ce podium, et c'est le jour qui a changé toute ma vie, puisqu'à partir de ce moment-là, j'ai commencé une aventure bien particulière pendant presque 40 ans. Donc ma carrière a été longue, tout à fait par hasard, et je suis rentrée dans un monde que je ne connaissais absolument pas, ni mes parents d'ailleurs. Donc c'était très nouveau pour moi, mais ça a été extraordinaire, une aventure formidable.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux imaginer ce que serait ta vie si ce jour-là, tu n'avais pas été là-bas ?
- Speaker #0
Non, je n'imagine pas ça parce que pour moi, il n'y a pas de hasard. Les choses sont écrites, les choses doivent se passer comme elles doivent se passer. Et on est toujours au bon moment, au bon endroit. Il y a toujours des tonnes de signes. Il faut les voir, il faut les suivre. Et je n'ai jamais imaginé rien d'autre parce que ça s'est présenté sur mon chemin. Et j'ai suivi ce chemin. J'ai ouvert les portes quand elles se sont présentées devant moi. J'ai eu beaucoup de chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment qui m'ont donné souvent ces coups de pouce dont j'avais besoin. de la chance. Mais donc, je crois que mon parcours, il était écrit, il était dessiné là pour moi et que j'ai suivi ça. Je n'ai jamais envisagé de faire autre chose, même si c'était dur, même si c'était difficile, même si j'étais confrontée à un monde quand même terrible, difficile. C'est pas évident, ce métier de mannequin. Il faut avoir les épaules bien solides et la tête bien ancrée sur ses épaules pour pouvoir affronter pas mal de choses. Surtout, quand même, je... Je parle des années 80, des années 90, où il y avait quand même moins de cadres que ce qu'il y a aujourd'hui. Mais je referais exactement la même chose si je devais refaire ce parcours. J'ai eu un bon petit coup de pouce du destin.
- Speaker #1
Ivana, on va évidemment parler des autres choses que tu fais dans la vie, externes à ce livre. Mais avant de passer à ça, je voudrais te demander, quelle est la plus grande leçon de vie que ton papa t'ait apprise ?
- Speaker #0
L'humilité. L'humilité et la molestie. Et le respect des choses bien faites et le respect des autres. C'est ça qui m'a transmis. Mon papa était quelqu'un de très humble, quelqu'un de, mais en même temps, très, très joyeux. Mais il avait du respect pour les choses. Il avait du respect pour la hiérarchie. Il nous en demandait énormément. D'ailleurs, on devait avoir énormément de respect pour lui. Mais ça m'a forgée. Et je pense que c'est ça que je vais retenir de lui. Son côté aussi très humain et très chaleureux, malgré une carapace bien dure. L'humilité. Savoir qui on est et savoir rester à sa place dans toutes les circonstances. Ne jamais, jamais penser qu'on est mieux que quelqu'un d'autre. Toute personne dans les parcours qu'on va avoir, dans les rencontres qu'on va faire, dans les métiers qu'on fait, chaque personne fait partie d'une chaîne et chaque personne est importante. Et ça, il me l'a bien fait comprendre. Peut-être aussi son passé de mineur, ils étaient obligés d'être très à l'écoute les uns des autres. pour un peu se protéger là en bas. Donc, je crois que oui, on m'a transmis ça. De belles valeurs.
- Speaker #1
Est-ce que l'humilité et l'ambition ne sont-elles pas incompatibles, contradictoires ?
- Speaker #0
Non, parce qu'on peut avoir l'ambition de bien réussir une carrière et de bien réussir les choses et de bien réussir les métiers qu'on fait, mais en restant humble. C'est pas parce qu'on a sa tête sur les magazines ou les couvertures à droite à gauche ou qu'on passe à la télévision qu'on est plus importante que la jeune femme qui vous habille en coulisses. Sans elle, on n'est pas prête à intervenir. Ici, c'est pareil. Si ma voix passe bien à l'écran, c'est parce que j'ai des gens qui ont mis les bons micros. Donc, chaque chose est importante. Mais c'est pas pour autant qu'on n'a pas envie d'arriver à un bon degré dans le métier qu'on a choisi de faire. Au contraire, je trouve que c'est justement ça qui vous pousse à aller de plus en plus loin, de faire les choses le mieux possible, mais en sachant toujours d'où on vient et qui on est. Moi, je pense que c'est tout à fait compatible. Être humble, mais avec l'envie de bien réussir quand même.
- Speaker #1
On va parler de ton engagement dans le bien-être des femmes de tous âges, et plus particulièrement dans le bien-être des femmes ménopausées. En ce sens, que tu les aides à continuer à se sentir bien dans leur peau. Et qu'est-ce qui t'a donné l'envie de t'investir dans cette mission ?
- Speaker #0
En fait, tu sais, moi j'ai toujours travaillé avec des femmes. Tout au long de ma carrière, j'étais confrontée à ce milieu féminin, et principalement à l'époque où j'étais visagiste de studio, c'est-à-dire où là j'étais... J'étais tout près d'elles, je touchais leur peau. J'essayais de faire ressortir vraiment la beauté qu'elles avaient toutes. Et il y a une anecdote qui est importante pour moi, c'est cette femme que j'ai rencontrée lors d'un shooting photo, pour un avant-après. Et cette femme avait une grève de peau et elle se sentait moche, elle se sentait pas bien. Elle était vraiment petite, sur elle repliée. Elle n'avait pas envie de se mettre en valeur et avec toute l'équipe. qui m'accompagnaient, maquilleuse, styliste, photographe, etc. Moi, au maquillage, on a réussi à ce que cette femme retrouve confiance en elle, retrouve sa beauté et puisse se regarder dans la glace en se sentant bien. Et c'est vraiment cette femme qui m'a donné l'envie après de m'occuper de toutes les femmes que je pouvais rencontrer dans ma carrière et pas principalement dans le monde du mannequinat. Donc, Madame Tout-le-Monde, sous mes mains, j'avais envie de la mettre en beauté. Mais j'ai souvent constaté que la femme, à partir de 50 ans, à partir de la ménopause, ne trouvait pas sa place, ne savait plus qui elle était, ne savait plus comment se comporter, se sentait amoindrie, trouvait qu'elle n'avait vraiment plus de valeur. Et je ne suis pas d'accord avec ça. Je trouve que, justement, quand on a vécu tant de belles choses tout au long de sa vie, qu'on arrive à un cap un peu compliqué, On a encore énormément de choses à vivre, on a encore énormément de choses à transmettre aux autres. Et moi, je veux aider ces femmes-là à ce qu'elles se sentent encore et toujours aussi belles qu'elles ne l'étaient à 20 ans. Voilà, c'est un peu ma mission. Je suis un peu un don qui chote, qui se bat contre des moulins à vent pour que la femme de mon âge, et plus âgée encore, trouve sa place. Aujourd'hui, dans cette société où l'image est prépondérante, où on doit être belle tout le temps. où on doit être mince tout le temps, et bien non, c'est pas la réalité. La grande majorité des femmes ne sont pas comme ça, et il faut qu'on les voit. Il ne faut pas qu'elle soit invisible ni transparente.
- Speaker #1
Alors Caméra, tout à l'heure, tu m'expliquais, tu expliquais qu'une dame t'avait dit un jour, vous avez changé ma vie. Tu peux nous raconter l'anecdote ?
- Speaker #0
Eh bien, c'est cette femme dont je parlais à l'instant, qui avait cette grève de peau. Et c'est sa fille qui l'avait inscrite à cet avant-après. Elle n'avait pas envie de venir parce qu'elle ne comprenait pas non plus. Elle n'imaginait pas. qu'elle avait au fond d'elle encore une beauté incroyable. Et avec quelques petites astuces, évidemment, avec quelques petites techniques de professionnels, on triche un petit peu dans une lumière, dans un maquillage, dans des couleurs, dans une coiffure, etc. On peut révéler la beauté. Et cette femme, après la séance, elle avait pris 10 cm. Elle est sortie de là, elle était éblouissante, elle était magique. Et elle m'a dit, Ivana, vous avez changé ma vie. Eh bien non, je lui ai répondu, mais madame, merci parce que c'est vous. qui avait changé la mienne de vie. C'est grâce à vous que j'ai encore encore plus envie de m'impliquer pour redonner à toutes ces femmes le respect de soi-même, en fait, et qu'elles se sentent belles, épanouies et en pleine forme. C'est cette femme qui m'a fait changer de switch carrière, à 100%.
- Speaker #1
Ivana, il me semble, par rapport à la première fois que tu m'as raconté cette histoire, que cette femme a pris 5 centimètres de... plus encore ?
- Speaker #0
Tu vois, à chaque fois, je la fais grandir parce que moi, je me souviens, je visualise ça et c'était tellement beau à voir cette femme qui était arrivée, une petite souris grise, toute timide et effacée et s'excusant d'être comme elle était avec son visage, avec les marques de ses blessures. Et puis, de la voir grandir, s'épanouir et de sortir comme une reine, ben voilà. Pour moi, demain, elle aura deux mètres, encore, sûrement. Parce qu'elle était extraordinaire. J'espère peut-être qu'elle va m'écouter et qu'elle va se reconnaître. Ce serait magnifique.
- Speaker #1
Tu parles aussi de lingerie dans ton livre. Oui. Pourquoi est-ce si important pour l'estime de soi, pour une femme ? même après la ménopause, de se sentir un peu sexy, sinon désirable.
- Speaker #0
Alors aujourd'hui, je travaille avec une amie dans un magasin de lingerie et je pense que c'est vraiment dans ce secteur-là aujourd'hui que je rencontre le plus de femmes avec des grandes problématiques d'acceptation de soi. Le corps, c'est effrayant. Elle se voit dans ce miroir difforme, elle se voit moche, elle se voit grosse, elle se voit laide. À tout âge, je ne peux même pas dire sur... Je crois que dans notre magasin, on a une banque de données de 8000 clientes, c'est énorme. Je ne connais aucune femme qui s'aime, aucune femme qui se trouve belle. Et beaucoup doivent passer par la chirurgie esthétique pour pouvoir justement avoir cette reconnaissance envers elle-même face au miroir. Moi, je pense que la lingerie, ça peut aider déjà à se réapproprier son corps, principalement quand on arrive à un âge un peu plus avancé. Mais aussi pour les très jeunes filles. J'ai des jeunes filles qui viennent avec leur maman et qui n'ont pas du tout conscience qu'elles vont vers une certaine féminité. Et puis aussi le respect de soi, et puis aussi le plaisir de vouloir encore être séduisante, le côté sexy, le côté coquin. C'est important ce plaisir-là qu'on va se donner à soi d'abord, et puis à son partenaire. Donc pour moi, c'est un métier formidable parce que ça va... englober toutes les carrières que j'ai pu faire tout au long de ma vie pour justement de nouveau et toujours la même chose faire que la cliente qui va sortir de chez moi elle a encore pris des centimètres, elle se sent encore plus belle et puis elle puisse être mieux dans sa peau mieux dans sa peau et et s'aimer tout simplement. On doit d'abord être bien avec soi même pour pouvoir donner du bien aux autres et la lingerie peut aider c'est sûr
- Speaker #1
En fait, Ivana, dans ce que tu écris, dans ce que tu fais, dans ce que tu nous racontes, tu as envie de faire du bien aux gens.
- Speaker #0
Écoute, je ne sais pas. Je suis comme ça. Moi, je n'ai pas plus de plaisir que d'avoir quelqu'un en face de moi qui est souriant, qui est épanoui, qui est lumineux, qui a les yeux, qui brille. Ça me fait du bien à moi aussi. C'est un échange et je pense souvent qu'on est le miroir de ce qu'on a envie de transmettre. Donc moi, j'ai envie de transmettre le soleil. Je suis italienne, du sud de l'Italie. J'aime la chaleur, j'aime le soleil. Ici, en Belgique, on est souvent sous la grisaille. Donc moi, je le fais avec ma bonne humeur, avec mes yeux, avec ma, j'espère, simplicité. Et je suis heureuse quand les gens sont contents, finalement. C'est pas compliqué. Voilà. Un sourire, un petit merci, une bonne humeur en face de moi, ça fait ma journée. Voilà, assez simple en fait.
- Speaker #1
Alors nous arrivons presque à la dernière question. Si tu pouvais parler à la jeune Ivana que tu étais à 19 ans, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Je lui dirais d'avoir, c'est marrant, tout ce que je viens de dire, en fait, tout ce que j'ai toujours voulu transmettre aux femmes, c'est parce que je n'ai peut-être pas fait pour moi. Et je lui dirais à cette jeune fille qui débute une carrière sous les projecteurs, d'avoir beaucoup plus confiance en elle, de croire en son potentiel et d'oser aller beaucoup plus de l'avant. De ne pas penser qu'elle n'a pas droit à tout ça. Je lui dirais, n'aie pas le syndrome de l'imposteur, vas-y ma fille. en avant et confiance en toi. Voilà, ça c'est vraiment... Je lui donnerais une petite tape comme ça sur les fesses pour qu'elle avance encore plus facilement. Ça c'est la leçon que j'aurais donnée à la petite Ivana de 19 ans. Croire en son potentiel. Ne pas attendre d'arriver à la soixantaine pour y croire un petit peu.
- Speaker #1
Écoute, merci Ivana. Je ne te l'ai pas demandé, mais qu'est-ce qui t'a donné envie d'écrire ce livre ?
- Speaker #0
Alors à la base, le livre, il était uniquement fait pour mes enfants et mes petits-enfants. J'écrivais sur des cahiers à la maison et j'en ai fait des tonnes de cahiers parce que ça m'a pris quatre ans. Mais ce qui m'a donné l'envie d'être publiée, en fait, c'est la rencontre incroyable avec une jeune femme qui s'appelle Lisa Amicone. Et c'est elle qui m'a donné l'envie d'aller plus loin. Je l'ai rencontrée, je vais dire par hasard, alors qu'il n'y a pas de hasard dans la vie. Mais je l'ai rencontrée dans mon village en Italie, une rencontre incroyable. Et il se fait que cette jeune femme est autrice et est ghostwriter. Et en discutant avec elle, je lui ai demandé si elle voulait bien lire mes petits cahiers d'écriture, mon manuscrit, et si elle voulait apporter quelques corrections. Elle m'a fait aller plus loin, elle m'a fait pousser certaines anecdotes, mais surtout, elle m'a donné l'envie de le faire publier. Elle m'a dit, tu sais, ton livre... À moi, il m'a intéressée. Je suis sûre qu'il intéressera plus de gens qu'uniquement tes enfants et tes petits-enfants. Il faut le faire publier. Et elle m'a donné les pistes pour... J'ai trouvé une maison d'édition. Et puis voilà, elle est arrivée. N'oublie pas les chaussures, qu'aujourd'hui, je peux proposer à énormément de monde qui ont envie de connaître mes petites histoires. Voilà. Donc voilà. N'oublie pas les chaussures. Avec en couverture, moi ici, petite, et ma maman. et toutes les histoires qui nous sont arrivées. Et c'est grâce aux éditions du Lys Bleu. Donc, on peut le trouver aux éditions du Lys Bleu. On peut le trouver sous toutes les plateformes comme à la FNAC, Amazon, etc. Et voilà, c'est un petit récit de vie. Il n'est pas grand. Il est lu très vite. Mais j'y ai mis toute mon âme et tout mon cœur. Un petit morceau de moi, même des gros morceaux de moi.
- Speaker #1
Vraie dernière question cette fois. Gourmande, celle-ci. Quelle est l'une de tes prochaines recettes que l'on va retrouver sur l'Instagram de Mamouni ?
- Speaker #0
Alors le coucou c'est Mamouni de la prochaine fois. C'est une recette que j'ai goûtée en Italie. Toute simple, mais que je me suis vraiment dit que j'allais refaire. C'est une burrata très onctueuse sur un lit de fenouil confit avec un petit crumble de pistache. Je vous dis que c'est juste à tomber par terre. Il faut aller voir parce que c'est... Un régal.
- Speaker #1
Merci Ivana.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Merci de m'avoir reçu dans ce studio magnifique.
- Speaker #1
A très bientôt, j'espère. Streambox vous a présenté Histoire de Femmes.