- Speaker #0
Bienvenue dans la saison 2 du podcast de France 4 Naturisme, là où liberté, nature et authenticité continuent de se rencontrer. Pour cette nouvelle saison, je vous amène à nouveau à la rencontre de celles et ceux qui vivent le naturisme au quotidien. Au-delà des clichés, ils nous racontent leur histoire, leurs doutes, leurs déclics et cette sensation unique d'être enfin soi-même au plus près de la nature. Épisode après épisode, vous allez découvrir des parcours singuliers, des moments de partage, des confidences parfois émouvantes, parfois surprenantes, mais toujours sincères. Si cette immersion au cœur du naturisme vous parle, pensez à vous abonner pour ne rien manquer et à partager ce podcast autour de vous. Plus on est nombreux à écouter et plus ces voix porteront le brun. Prêt à continuer l'aventure ? C'est parti pour la saison B. Il y a des lieux qui semblent avoir été façonnés par le cœur. Des lieux où la nature parle, où le silence apaise, où l'on peut enfin respirer. La sablière fait partie de cela. Tout a commencé par une quête simple et sincère, celle de Gabi et Philippe, un couple en recherche d'un coin de nature sauvage et paisible, au bord de la Cèze. Ce qu'ils vont y trouver dépasse toutes leurs attentes. Là, au creux des gorges, ils décident de poser les premières pierres d'un rêve un peu fou, créant un lieu de liberté, de respect, d'harmonie. Un domaine naturiste pas comme les autres. Dans cet épisode, on part à la rencontre de cette histoire humaine et sensible, celle d'un couple visionnaire, d'un attachement profond à la Terre, et d'une aventure qui a changé des vies. Bienvenue à Sablière et bienvenue dans l'univers de Gabi. Bonjour Gabi.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Alors, première question que je pose tout le temps, est-ce qu'on se tutoie ou est-ce qu'on se vouvoie ?
- Speaker #1
Non, on peut se tutoyer puisque les naturistes font partie des gens qui se tutoient aussi.
- Speaker #0
Bon, très bien. Et est-ce que tu pourrais donc du coup te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Oui, bonjour. Je m'appelle Gabi Cespédès. J'ai 80 ans maintenant. Je suis à la retraite. depuis quelques années, pas longtemps, mais quelques années. Et je vis toujours à la Sablière depuis 1975, je dirais.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Avec Philippe, vous cherchiez simplement un coin de nature.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Au tout début, si je ne me trompe pas. Qu'est-ce qui vous a fait dire que cet endroit-là, au bord de la Cèze, ça serait celui de votre projet de vie ? À tous les deux.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'on voulait trouver quelque chose qui soit vraiment dans la nature et qu'on puisse aussi créer un camping naturiste qui soit dans un cadre qui soit un peu exceptionnel, où on a la nature qui est là toute l'année, qui n'est pas là qu'une partie de l'année. Donc c'est pour ça qu'on s'est installés ici. Et une partie de l'année, on n'était que tous les deux l'hiver.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et on trouvait ça très bien.
- Speaker #0
Isolée du coup l'hiver ?
- Speaker #1
Très isolée parce que la route était toute petite, donc on n'avait pas beaucoup de moyens non plus tout au début de faire les routes. On faisait les choses à la main, on faisait ce qu'on pouvait.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et puis...
- Speaker #0
C'est comment vous avez trouvé tous les deux cet endroit à la base ? C'est à vos promenades ? Non,
- Speaker #1
on est venu dans la région parce que Philippe venait ici quand il était plus jeune.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ils venaient faire de la spéléo.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Ils venaient faire de la spéléo. La grotte des fées qu'on appelle maintenant, qui est à Tarot, qui est pas loin de là, qui est à 6 km. Et il y a plein d'autres endroits aussi qu'ils ont découvert. Et eux, ils cherchaient les nouvelles grottes, en définitive.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Les grottes, les avennes, tout ce qu'ils trouvaient. Il y en a que c'était la première fois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ils ont trouvé aussi des choses la première fois.
- Speaker #0
D'accord. Et est-ce que tu te souviens du coup de la toute première fois que vous avez posé les pieds ici ? Ça a été quoi comme sensation pour toi ?
- Speaker #1
Ce qui était formidable, c'est qu'on est allé au bord de l'eau, au bord de la Seize.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et qu'on était sur la plage principale qu'on appelle. Et là, on a apprécié tout de suite. En face, c'était des grands rochers.
- Speaker #0
D'accord, et c'est ça qui t'a émerveillé, cette barre rocheuse devant la rivière ?
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'on n'avait pas de vis-à-vis, on était vraiment indépendants.
- Speaker #0
D'accord, et là vous vous êtes retrouvés que tous les deux ?
- Speaker #1
On était quand même le troisième ou le quatrième camping naturiste qui se créait dans la vallée.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord.
- Speaker #1
Il en existait d'autres, mais bon, ce n'était pas la même chose.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On avait vraiment envie de faire un camping. avec des étoiles pour que les gens viennent en famille.
- Speaker #0
D'accord, oui, dès le début le côté familial était important pour vous ?
- Speaker #1
Le côté familial était important pour nous, les couples et les familles. C'est-à-dire les couples venaient pour la nature, ils venaient surtout pour faire de la randonnée, pour la rivière aussi bien sûr, mais c'était important pour nous d'avoir des familles surtout après.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et au début c'était surtout des couples qui venaient.
- Speaker #0
Ok. Et à cette époque, créer un lieu naturiste, je pense que ce n'était pas banal. Et ça a été quoi vos motivations principales ? Parce que je pense qu'il fallait tenir.
- Speaker #1
On était déjà naturistes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
A l'origine, on était toujours naturistes. Quand on partait dans les Cévennes ou dans le coin, on n'était pas... Comment dirais-je ? Automatiquement, dès qu'on avait installé la tente, hop ! On se mettait tout nus.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Dès qu'on voyait quelqu'un, on mettait un pareo, mais sinon, on était toujours tout nus.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, ça a été quoi vos motivations ? Au-delà du naturisme, c'était vraiment de créer un lieu avec vos valeurs à vous ?
- Speaker #1
Au départ, Philippe travaillait dans l'administration. Donc, lui, il n'avait pas trop envie de quitter l'administration. Moi, j'étais plutôt dans le privé. Comme j'étais dans le privé, je pouvais quitter. bien que ce soit moi qui rapporte le plus dans le couple. Ce qui fait que lui s'est arrêté quand même avant, mais pas longtemps. Et puis moi après je suis venue le rejoindre. Parce que du moment que tu quittais ton travail, tu ne touchais pas un centime.
- Speaker #0
Oui, tu n'avais pas le chômage comme maintenant.
- Speaker #1
Donc il fallait qu'on ait quand même un peu de petits moyens, même s'ils n'étaient pas gros, on s'est débrouillé quoi. On n'avait pas d'argent pour acheter le pain seulement dans la semaine. C'était un peu difficile.
- Speaker #0
Les débuts ont été compliqués ?
- Speaker #1
Très, très difficile. Il n'y avait pas d'électricité. L'électricité était dans le village à 5 km.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
c'était en quelle année du coup ? Tu te rappelles ou pas ?
- Speaker #1
On a créé le camping en 1975, mais on a commencé à faire les travaux en 1972, même avant.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça a duré plus longtemps parce qu'il fallait faire le chemin. Parce que le chemin... Tu y allais avec une vieille voiture, tu y allais avec les petites voitures qu'il y avait dans le coin, tu y allais avec un tracteur, mais après pour y aller avec une voiture normale et avec la caravane derrière, ce n'était pas évident.
- Speaker #0
Et comment réagit l'environnement local et les habitants par rapport Ausha de mon type ?
- Speaker #1
Il y avait déjà deux campings qui existaient, naturistes, mais ils avaient envie de connaître quelque chose avec la nature, c'est pour ça qu'on a... On a vraiment mis la nature en avant en disant qu'on n'allait pas tout casser, tout mettre à carreau. Au contraire, c'était quelque chose qu'on voulait faire pour que la nature soit toujours là,
- Speaker #0
présente.
- Speaker #1
Sauf dans les endroits où c'était obligatoire. Oui,
- Speaker #0
je me doutais.
- Speaker #1
Mais c'était important. Il y avait un dossier de presse qui a été... Il y avait un dossier aussi de la nature qui a été écologique là.
- Speaker #0
qui a été fait pour... Ah oui, d'accord. Et ça a été quoi les plus grands défis au tout début ? Le tout premier défi pour construire la salle d'hier, ça a été quoi ?
- Speaker #1
Le premier défi, c'était d'arriver à le construire.
- Speaker #0
C'est pas faux.
- Speaker #1
Parce qu'on n'avait pas beaucoup de moyens. On n'avait pas beaucoup non plus de... Non seulement les moyens, mais il n'y avait pas de route. Donc quand tu voulais faire venir ici, même le tracteur, quand tu veux. Quand il est venu ici la première fois, il nous a dit, je vous préviens, c'est la dernière fois que je viens.
- Speaker #0
Ah oui, il était réticent.
- Speaker #1
Parce qu'on avait construit en premier un petit chalet à bois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mais il fallait qu'on amène tout ici en morceaux.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Parce qu'on ne pouvait pas... Et puis on avait l'eau dans la cèze.
- Speaker #0
Parce que tu l'avais monté où ?
- Speaker #1
On a fait un puits.
- Speaker #0
Le premier chalet, tu parles du premier chalet à bois, il était en haut ou en bas ?
- Speaker #1
En bas.
- Speaker #0
Ah oui, en plus. Parce que bon, il faut savoir que c'est quand même... sacré dénivelé entre le... Oui,
- Speaker #1
il y a 2 km de descente. Mais en plus, le dénivelé, il fait 300 et quelques mètres quand même.
- Speaker #0
C'est pour ça que, oui, j'imagine dans les années 70, le bazar, ça devait être pour tenir.
- Speaker #1
D'ailleurs, c'était un tracteur qui était venu nous porter les premiers qui rompent pour monter le premier sanitaire. La maison était en bois. On avait une petite maison en bois. À l'époque, c'était... Et puis, on a acheté ça pas loin d'ici.
- Speaker #0
D'accord. Alors, je te parlais du plus grand défi du début. Mais les premiers bonheurs, c'était quoi ?
- Speaker #1
C'est quand on est arrivé à que les familles venaient, qu'elles se sont trouvées bien dans ce coin. Bon, elles ont trouvé que le chemin n'était pas terrible. Mais on avait un paysan avec qui on s'était entendu, qui venait avec le tracteur.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça nous permettait de... Nous, on payait le tracteur. Et on leur faisait payer une petite somme pour dire, mais voilà, votre caravane, elle va repartir. Mais avec une petite somme en plus, quoi.
- Speaker #0
D'accord. Oui, donc le premier bonheur, c'était de voir les gens heureux par ce que vous avez voulu construire à la base.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, je ne peux pas empêcher de te poser la question, à quoi ressemblait la sablière à l'époque ?
- Speaker #1
Elle ressemblait avec la nature. La nature était plus importante que la sablière. C'était un peu tout petit coin.
- Speaker #0
D'accord. Ça s'étend sur combien d'hectares ?
- Speaker #1
Sur 72 hectares.
- Speaker #0
Ah oui, quand même.
- Speaker #1
Maintenant, oui. qui sont loués à la commune. La plupart sont loués à la commune. Disons qu'il y a une soixantaine d'hectares ou 58 hectares qui sont loués à la commune.
- Speaker #0
D'accord. Tu me dis que ça a commencé avec votre petite cabane en bois. Je trouve ça très romantique entre nous, je te le dis. J'imagine, parce que pour ceux qui ne connaissent pas le lieu, il faut imaginer cette chaise. En plus, cette chaise qui coule au milieu dans cette gorge, j'imagine cette petite cabane en bois. Ça devait juste être très romantique et très beau. Du coup, je voudrais savoir maintenant comment ça a évolué au fil du temps. Vous avez fait quoi après cette cabane ? Ça a été quoi les premiers gros travaux ? Alors, il y avait le chemin, bien sûr.
- Speaker #1
Ça a été d'abord de faire le sanitaire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et à faire un sanitaire, on ne voulait pas, comme tous les gens, qui avaient des sanitaires qui étaient minables. Nous, au contraire, on a voulu faire un sanitaire où il y ait du carrelage, où ce soit très propre, où ce soit très... Et puis, il fallait aussi qu'il y ait les évacuations, les eaux usées, etc. Que tout soit bien carré, qu'on ne s'amuse pas à faire n'importe quoi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et ça, on l'a fait dès le départ.
- Speaker #0
Donc ça, ça a été la première grosse étape, on va dire.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et après, ça a été quoi ?
- Speaker #1
On a continué à faire la même chose. Parce que dans un coin comme celui-là, qui est vraiment perdu et qui est au milieu des bois et de la rivière, Il ne faut pas polluer et il ne faut pas non plus l'abîmer.
- Speaker #0
Tout à fait, tout à fait.
- Speaker #1
Donc, il faut le laisser comme...
- Speaker #0
Et pour les logements, du coup, vous avez fait comment ?
- Speaker #1
Pour les logements, on a commencé d'abord à faire des... On a mis des tentes.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On a mis d'abord... Les gens venaient avec leurs tentes. Et puis, nous, on n'avait mis pas beaucoup. On avait mis cinq tentes, toutes équipées.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ce qui fait que quand ils arrivaient, ils n'avaient qu'à prendre leurs valises. Et tout le reste, ils l'avaient.
- Speaker #0
Ils venaient avec des valises alors, quand même.
- Speaker #1
Ils venaient un peu avec leur valise parce qu'ils ne pouvaient pas faire autrement.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est vrai. Même si on ne s'habillait pas beaucoup, il y a quand même le soir où il faut mettre un paré haut. Il faisait un peu plus froid des fois.
- Speaker #0
Et les premiers emplacements, ils étaient en bas ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et au fur et à mesure, ils ont remonté, c'est ça ?
- Speaker #1
On l'a fait plusieurs fois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce qu'on s'est dit en bas, c'est très bien. Il faut savoir que la 16 peut monter de 12 mètres.
- Speaker #0
Ah oui, quand même.
- Speaker #1
ça veut dire que tout le bas il ya plus rien ok tu peux plus c'est déjà arrivé pas 12 mètres mais 9 10 m oui ah ouais j'ai déjà arrivé d'accord j'aurais pas cru encore on perd tout le père tous qui en bas c'est un peu dommage et donc déçu bon c'est ça arrive pas ce séparé oui sinon je serais plus là depuis je
- Speaker #0
me doute bien et après du coup elle vous Vous avez monté un peu en arrière.
- Speaker #1
Il y en a encore là-bas, mais elles sont protégées encore.
- Speaker #0
Il y a des teintes encore qui datent des années 70 en bas ?
- Speaker #1
Non, ce sont des nouvelles. Mais elles sont à peu près dans le même secteur. On a quand même gardé cet esprit du début. Voilà, et puis les arbres ont poussé. Les châtaigniers, il y en a qui sont énormes. Je ne sais pas si vous avez vu déjà.
- Speaker #0
Si, je les ai vus.
- Speaker #1
Donc, tout ça, ça a suivi l'évolution.
- Speaker #0
D'accord. Et après, tout ce qui est...
- Speaker #1
Dans les bois aussi, parce que dans les bois, on avait, à l'époque, dans les bois, tu avais... Ils faisaient des coupes, je ne sais plus comment on appelle ça, ça porte un nom. Tu coupes les arbres pour que tu, après, les paysans, pouvaient acheter le bois, comme ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pour après, dans leur maison... ils avaient du bois pour se chauffer. C'était pour le chauffage à l'hiver.
- Speaker #0
D'accord. Pour le cheminer. Oui, C'est un nom spécifique, tu as raison, et je ne l'ai plus du tout en tête. Et après, tout ce qui est restaurant et piscine, c'est arrivé à quelle époque ça ?
- Speaker #1
Alors après, petit à petit, on me dit, ah mais ton voisin, il a une piscine, et toi tu n'en as pas. Donc on a fait ça petit à petit, disons.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On a commencé par une piscine, et on avait fait une piscine couverte et chauffée. La piscine couverte, elle y est toujours, le pinceau là-haut.
- Speaker #0
Oui, tout à fait, tout à fait.
- Speaker #1
Donc ce qui faisait qu'en début de saison, on était tout content d'avoir la piscine couverte et chauffée.
- Speaker #0
Je me doute.
- Speaker #1
Ça permettait aux familles qui venaient en vacances d'en profiter.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Avec le sauna, bien sûr.
- Speaker #0
Le sauna, il a été mis en place aussi rapidement ou quoi ? En même temps que la piscine ?
- Speaker #1
À l'époque, pas tout au début, mais après.
- Speaker #0
Et ça, c'était quoi ? Une volonté de la clientèle d'avoir également un sauna ? Oui,
- Speaker #1
parce que les familles qui viennent du nord...
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
sont habitués à avoir ce confort-là, la piscine avec aussi le sauna.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui reste du premier esprit de la Sabia, d'après toi, maintenant, ici ?
- Speaker #1
Les naturistes, ils sont toujours naturistes.
- Speaker #0
Et ça, c'est quelque chose, tu penses que c'est votre manière, votre vision à toi et Philippe, vous avez réussi à la transmettre aux autres ? Oui.
- Speaker #1
C'est important que le naturisme continue. Je veux dire, s'il y a une fédération, on s'en est occupé quand même.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On a fait plein de choses. Et puis après, avec les autres campings naturistes, on a monté des associations, on a monté des sociétés. Mais elle a dû vous le dire, Marie-Claire.
- Speaker #0
Oui, oui, du coup, ça c'est...
- Speaker #1
Je veux dire, par là, on a fait des choses ensemble. D'accord. On allait à l'étranger parce qu'à l'époque, il n'y avait pas les... comme maintenant. Oui,
- Speaker #0
toutes les technologies, comme on disait. Voilà,
- Speaker #1
les technologies ont changé. Donc, on avait besoin d'aller à l'étranger. Moi, quand j'allais à l'étranger, je prenais le saucisson, le pâté, que je faisais moi-même.
- Speaker #0
Oui, on va en venir.
- Speaker #1
Et on faisait des confitures, on faisait plein de choses.
- Speaker #0
Justement, je rebondis sur ça. Sur ces fameuses confitures dont j'ai souvent entendu parler, d'où est venue l'idée ? Un jour, de dire, on va faire des confitures et on va faire partie, tout le monde, de faire des confitures.
- Speaker #1
J'avais une maman, on n'avait pas beaucoup de sous. Dans le jardin, il y avait un cidier, même plusieurs. Ce qui fait qu'on était trois filles. Ce qui fait que maman disait, on va ramasser les figues. Il y avait les figues blanches, puis après il y a les figues grises. Ça, c'est bleu plutôt. Plutôt que grise, elles sont bleues. Et donc, maman faisait la confiture. Mais on faisait de la confiture qui était pour manger, qui n'était pas pour stériliser, etc. Donc, on a fait ça. Et puis après, moi, je l'ai repris.
- Speaker #0
Ici à Sablier.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et du coup, tout le monde a aimé faire ça, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Oui. Et puis après, les ateliers. On a commencé par faire des ateliers. Le premier atelier qu'on a fait, il y avait le tir à l'arc qu'on faisait aussi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il y avait l'atelier, ça, ce tir à l'arc, on l'a fait depuis longtemps. Après, on a fait l'atelier. Confiture, il n'est pas venu en premier.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on a fait en premier ? Je perds la tête maintenant.
- Speaker #0
Il y avait plusieurs animations, je suppose. C'était une demande de la clientèle, les animations ? C'est quelque chose qu'ils avaient envie ? Ou c'est vous qui avez eu ce dire ?
- Speaker #1
C'est vous qui avez envie. On a fait aussi sur la nature. Comme on dit, l'écologie, les flores, tout ça.
- Speaker #0
Bien sûr. On va en parler justement de ce côté de l'écologie. Parce que quand j'ai fait mes recherches, j'ai vu que ça, c'était... Assez important.
- Speaker #1
C'était important qu'on puisse aller à un endroit où les gens ne connaissaient pas le thym, ils ne connaissaient pas la sarriette, ils ne connaissaient pas plein de petites choses qu'on peut utiliser en plus dans la cuisine.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et donc, quand tu ne connais pas, tu ne vas pas ramasser quelque chose et qu'après, tu seras malade.
- Speaker #0
Oui, oui. Et du coup, depuis toutes ces années, je suppose qu'il y a sûrement des anecdotes marquantes que tu as eues ou des moments... ou des rencontres inoubliables, est-ce que tu pourrais nous en partager une par hasard ? Une qui t'a marqué plus qu'une autre.
- Speaker #1
Il y avait beaucoup de choses, mais je ne l'ai pas enregistrée.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que je ne veux pas qu'après, quelqu'un me dise, oui, mais Gabi, elle raconte des conneries parce qu'elle a envie de raconter ça. Mais j'ai un livre comme ça.
- Speaker #0
D'accord. Ah, avec toutes les petites anecdotes. Qui est bien caché celui-là.
- Speaker #1
Non, mais ça, je ne peux pas. Tu ne peux pas me parler pour le moment.
- Speaker #0
On garde ça en privé. Ok. Si je ne me trompe pas, en faisant quelques recherches, pareil, j'ai vu que le lieu, au début, il s'appelait les Bois de la Sablière.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pourquoi ça a changé de nom ? Est-ce que tu sais pourquoi ?
- Speaker #1
On a appelé les Bois parce que c'était dans les bois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Puis après, les gens disaient, les bois... Si vous voulez, c'était pas... Le domaine, ça peut dire qu'il y a 50 ou 60 hectares. Alors que les bois, tu sais pas combien il y en a. Tu sais pas s'il y a un hectare, deux hectares, dix hectares. D'accord,
- Speaker #0
je comprends.
- Speaker #1
C'est pour ça qu'on a changé le nom.
- Speaker #0
Et le nom, tout simplement, de la sablière, tu sais d'où ça vient ?
- Speaker #1
C'est le lieu dit qui était comme ça. Le lieu dit s'appelait la sablière.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce qu'il y avait quelque chose par rapport au lieu ou par rapport à l'histoire ?
- Speaker #1
Alors...
- Speaker #0
Est-ce qu'ils s'en servaient les anciens ? Est-ce qu'il y avait quelque chose avec le sable ou quelque chose comme ça ?
- Speaker #1
Ils ne se servaient pas beaucoup du sable parce que c'était trop loin. Le village est quand même à plus de 2 km. Et comme le chemin n'était pas terrible, ils ne s'en sont pas beaucoup servis pour faire les maisons. Ils s'en servaient quand ils avaient besoin pour faire une bricole. Ils ont un peu une terrasse, quelque chose comme ça, mais pas beaucoup.
- Speaker #0
On va imaginer que le nom vient de ça. Non,
- Speaker #1
c'est le lieu dit qui était comme ça. C'est parce que c'est là où il y avait le plus de sable.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça, exactement. C'est là où je voulais en venir.
- Speaker #1
C'est là où il y avait le plus de sable. Mais à l'époque, c'était du sable aussi qui était... Maintenant, il n'y a plus... Parce qu'au-dessus, il y avait les mines.
- Speaker #0
OK. Si on remonte à la 16, là ?
- Speaker #1
Oui, quand on remonte à la 16, beaucoup plus haut, il y avait les mines et les gens, ils nettoyaient le charbon.
- Speaker #0
OK, d'accord.
- Speaker #1
Nettoyer le charbon, ça veut dire que l'eau, c'est pas qu'elle était noire, mais tu avais toujours des charbons qui se déposaient dans la rivière.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Tu n'en as plus du tout, depuis longtemps.
- Speaker #0
Je sais, j'ai fait quelques images dans la cèdre et je peux vous assurer qu'elle est transparente si certains en aient doute.
- Speaker #1
Non, mais si vous voulez, il y avait quand même quelques rochers noirs qui étaient les rochers qui venaient d'amour.
- Speaker #0
Si on parle du coup de l'écologie, quand on arrive ici, on a tout de suite le sentiment que la nature, elle est au cœur de tout. Ce n'est pas compliqué, là, j'ai plus qu'à lever les yeux. On domine toutes les gorges, c'est avec tout le maquis, je ne sais pas si on appelle ça ici le maquis.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais voilà, c'est très très joli. Et est-ce que c'était une volonté au départ, justement, de garder cette nature omniprésente dans le camping ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Oui. Et d'ailleurs, le... Le village, il n'y avait pas que le village, toute la région ici, où il y a vraiment un endroit où on est vraiment l'écologie. C'est important dans la région pour garder justement cet esprit-là, pour ne pas se retrouver avec des HLM, des maisons partout.
- Speaker #0
D'accord. Mais quand vous êtes arrivés tous les deux avec Philippe, vous vous êtes dit tous les deux, on gardera dans tous les cas cette nature. Oui. D'accord. Et comment tous les deux ? Vous avez intégré l'environnement dans la conception du domaine. Vous avez coupé quelques arbres.
- Speaker #1
On ne pouvait pas faire autrement au bord de l'eau. De toute façon, quand il y avait une inondation, il y en a qui partaient alors que je ne l'avais pas prévu. Les gros ne partaient pas. Il y en avait toujours quelques-uns qui partaient quand même.
- Speaker #0
Mais du coup, vous avez construit tous les deux par rapport à la végétation présente.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
D'accord. La sabillère, c'est un domaine qui est très étendu, tu me l'as dit, au niveau des hectares, avec des zones très préservées. Quand on déambule en bas au niveau de la Cèze, on tombe dans des endroits désertiques, on va dire, un désert végétal, attention.
- Speaker #1
Et à nous, il y a le coupe-feu, parce qu'on ne peut pas faire autrement. L'administration nous a obligés à faire ce coupe-feu, même si ce n'était pas... Et là, vous avez dû y aller, et vous avez vu les grosses... Ceux qui ont dû enlever, c'est la... Le département qui nous... Je vous amènerai, si vous voulez.
- Speaker #0
Et du coup, tous les deux, vous avez géré ça. Comment on fait l'équilibre entre l'accueil des vacanciers d'un côté et le respect de l'écosystème ? Parce que les gens arrivaient avec...
- Speaker #1
On l'a toujours respecté et on le mettait dans notre réglementation. On disait, attention, voilà ce que vous devez respecter. Et on avait... Il y a l'infrastructure, bien sûr. Vous avez fait une charte, quoi. Mais on a fait un dossier en disant attention, ça vous pouvez le faire, ça vous ne pouvez pas le faire, etc. On a respecté.
- Speaker #0
Et par rapport à toi, au niveau des constructions des routes, vous vous êtes mis, vous-même, des barrières, par exemple, en disant non, ça on ne va pas faire, par rapport à la nature ?
- Speaker #1
On a respecté la nature,
- Speaker #0
beaucoup.
- Speaker #1
Et puis après, on a fermé, parce qu'on ne pouvait pas faire autrement. Parce que sinon, après, on... Quand on faisait des choses, on se faisait voler le matériel.
- Speaker #0
D'accord. Ah oui, en plus. Donc les débuts, vraiment compliqués quand même.
- Speaker #1
Oui. D'accord.
- Speaker #0
Du coup, à la fin, une certaine fierté d'avoir réussi ce beau projet. Et si je continue encore deux secondes sur l'écologie, à titre personnel, c'est quoi ton lien avec la nature ?
- Speaker #1
Moi, je suis toujours au milieu de la nature.
- Speaker #0
Toujours autant amoureuse d'elle.
- Speaker #1
Moi, je reste là. Je n'ai pas envie de partir.
- Speaker #0
Ça t'apporte quoi au quotidien ? Un bien-être ?
- Speaker #1
Oui. Je n'ai pas besoin d'avoir... Il y a des choses que les gens font. Le jardin, je ne le fais pas parce qu'on n'a pas les moyens. Et puis l'Androgonie, c'est que des rochers.
- Speaker #0
Oui, compliqué.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu vas faire dans les rochers ? Le romarin, il pousse, d'accord. Le romarin, tu le laisses. Mais on n'a pas voulu faire des choses qui...
- Speaker #0
Qui dénaturait la sabière,
- Speaker #1
le coin.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses, toi, à titre personnel, que le naturisme, par essence, ça nous rapproche d'une conscience écologique ?
- Speaker #1
Oui, moi je pense. Je pense qu'au départ, les hommes, quand ils sont allés sur Terre, ils n'étaient pas bien. C'est vrai. C'est une réalité. Ils se sont habillés. Au début, ils ont mis des tissus. Non pas des tissus, ils ont mis d'abord...
- Speaker #0
C'était des pagnes avec des feuilles. Voilà.
- Speaker #1
Ils ont mis d'abord... En bas, au bord de la Cèze, on a les fougères. Il y avait plein de fougères. Donc ça, ça a été... Après, comme on dit, la sarriette, tout ce qu'il y avait... Ça permettait d'alimenter la cuisine avec les odeurs.
- Speaker #0
Bien sûr. Et maintenant, si on parle un petit peu du futur, tu es à la retraite depuis quelques années.
- Speaker #1
Oui, je suis toujours là.
- Speaker #0
Voilà, tu es toujours là, exactement.
- Speaker #1
J'ai envie de partir. J'ai passé ma vie ici. Même si des fois, l'hiver, je suis toute seule. Parce que ici, ils partent en vacances. L'hiver, elle part au moins une semaine en vacances.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
À Noël.
- Speaker #0
Et là, du coup, tu te retrouves vraiment toute seule.
- Speaker #1
Je me retrouve toute seule ici. Ça ne me gêne pas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je mets deux chiens à la maison.
- Speaker #0
Et est-ce que tu préfères ce moment-là, par exemple ?
- Speaker #1
Non, parce qu'il ne faut pas que tu aies un problème. Parce que si tu as un problème de santé, qu'est-ce que tu fais ? Si tu ne peux même pas téléphoner parce que tu tombes par terre.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Ça m'est arrivé une fois il y a quelques années.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'étais dans les bois, j'étais allée promener les chiens. Et puis, je suis tombée par terre. Je n'ai pas pu me relever.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu fais dans ces cas-là ?
- Speaker #0
Justement, tu as fait quoi ?
- Speaker #1
Comme le bureau n'était pas trop loin et qu'il y avait la route à côté.
- Speaker #0
Enfin,
- Speaker #1
pas la route, mais... Après, j'ai pris un sifflet, mais avant, je n'avais rien.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Parce qu'avec un sifflet, on t'entend. Oui, ça,
- Speaker #0
on peut entendre de loin, tout à fait.
- Speaker #1
Alors que si tu n'as pas de sifflet, on ne t'entend pas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Alors du coup, tu as fait comment pour te relever ? Tu as fait comment pour te relever ?
- Speaker #1
Eh bien, après, je me suis débrouillée. D'accord. Il y avait un arbre à côté, donc je me suis relevé. Puis après, je me suis débrouillée. La voiture était à 10 mètres.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu penses que vous avez réussi à transmettre l'esprit que vous avez avec Philippe ?
- Speaker #1
J'espère. J'espère que l'esprit naturiste et surtout l'esprit du respect de l'environnement, du respect de la nature, ça restera encore longtemps.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça, j'aimerais bien.
- Speaker #0
Comment tu le vois, ce futur, à la sablière, toi, à titre personnel ?
- Speaker #1
Moi, je le vois un peu... Je veux dire par là que la nature soit toujours là, que l'animation ou tout ce qu'on fait... Il y a le magasin, il y a le restaurant, il y a tout ce qu'il faut.
- Speaker #0
Que ça perdure.
- Speaker #1
Voilà, que ça perdure.
- Speaker #0
Et tu vois, cet état d'esprit que vous aviez avec Philippe, tu penses que tu l'as donné à ta fille ou tu l'as donné à d'autres personnes de la Sabillère, par exemple ?
- Speaker #1
Ma fille, elle ne prendra pas la relève. Elle a un mari qui...
- Speaker #0
D'accord. Mais voilà, mais par exemple, d'autres personnes qui travaillent ici à Sabillère, ils ont pris votre héritage en fait, c'est ça que je veux te dire.
- Speaker #1
Et quand il y a des gens qui me croisent et qui me disent « Oh Gabi, c'est formidable, il y a 18 ans qu'on vient, on est heureux, on est heureux parce qu'on retrouve la Sabillère comme elle était presque à l'origine. »
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pas tout à fait pareil, mais...
- Speaker #0
Il y a un respect de l'environnement qui est important.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et si tu le retrouves, c'est déjà une bonne chose.
- Speaker #1
Et ça, ça te fait chaud au cœur quand les gens te disent ça ?
- Speaker #0
Oui, ça me fait chaud au cœur. Ça me dit que ça perdure.
- Speaker #1
Oui, et puis vous avez fait quand même quelque chose de grand et de beau, du coup, aussi avec Philippe. À ce moment-là, quand on te dit des choses pareilles, je me doute que ça va faire bien plaisir. Et est-ce que tu vois, par contre... Est-ce que tu vois un changement par rapport aux attentes des vacanciers ? Par rapport aux attentes des vacanciers qu'il y avait au tout début de la sablière et maintenant ? Oui,
- Speaker #0
on n'a pas besoin du même confort. À l'époque, on se contentait d'avoir de l'eau, l'électricité, on n'en avait pas et ils ne nous la demandaient pas.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je veux dire, le confort n'était pas le même que maintenant.
- Speaker #1
Oui, c'était pas la même attente.
- Speaker #0
Tu as besoin d'avoir des glaçons, quand tu manges, tu as besoin d'avoir... Je veux dire, par là, il y a un autre environnement. Et surtout, d'autres besoins. Ce ne sont pas les mêmes besoins qu'avant.
- Speaker #1
D'accord. Et si tu devais résumer à une phrase, ce que représente pour toi ce lieu, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Ça représente ma vie. La vie que j'ai passée dans un endroit formidable.
- Speaker #1
C'est quoi pour toi d'ailleurs cette philosophie du naturisme ? Ce serait quoi ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est...
- Speaker #1
À titre personnel.
- Speaker #0
À titre personnel, c'est quand même une vie que tu passes dans un endroit formidable et que tu apprécies surtout. Et que cet environnement-là, tu espères qu'il va continuer encore longtemps.
- Speaker #1
D'accord. Et juste pour terminer, Gabi, on va faire un petit jeu. Ça te va ? On va faire un petit jeu. Ça s'appelle le portrait chinois. Je vais te poser une question. On va continuer.
- Speaker #0
Je joue jamais.
- Speaker #1
Eh bien justement, on va jouer.
- Speaker #0
J'aime pas jouer.
- Speaker #1
Mais tu vas voir. Je pense que tu vas aimer celui-là. C'est très simple. Je vais te poser une série de questions et tu vas me répondre tout simplement. Si le naturisme pour toi était une couleur, ça serait laquelle ?
- Speaker #0
Bleu.
- Speaker #1
Pourquoi ?
- Speaker #0
Parce que c'est ma couleur préférée.
- Speaker #1
C'est vrai. C'est vrai que tu as du bleu et je vois du bleu partout. Très bien. Si c'était une musique ou un son, si le naturisme était une musique ou un son, ça serait lequel ?
- Speaker #0
J'adore la musique classique.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et puis, tu as la musique que tu aimes tant quand tu es là. Tu as les oiseaux. Tu as la nature, c'est-à-dire que tu as des petits bruits des arbres. Quand ils bougent, si tu veux, tu as quand même un bruit comme ça.
- Speaker #1
On a le son des cigales qu'on entend depuis tout à l'heure.
- Speaker #0
Je n'en entends pas beaucoup. Il y en a beaucoup moins qu'avant.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Ah ben, tu ne pouvais pas faire la sieste. Tellement il y en avait. Là, il y en a beaucoup moins.
- Speaker #1
D'accord. Non, mais c'est déjà très bien. Un mix de musique classique et de son, d'arbres, de nature.
- Speaker #0
C'est ce que j'aime bien. Celui où tu as les quatre saisons.
- Speaker #1
Ah, Vivaldi.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Très bon choix. Très bon choix. C'est vrai ? Oui. Mais tu sais que tu n'es pas la première à me citer Vivaldi par rapport au naturisme.
- Speaker #0
Ah bon ?
- Speaker #1
Oui. Tu n'es pas la première. Comme quoi, peut-être que Vivaldi avait un rapport avec le naturisme à l'époque. On ne sait jamais. Et s'il fallait choisir un lieu, ce serait lequel ? Je te pose la question, mais bon. qui symboliserait le naturisme ? La sablière, bien sûr. Si le naturisme était une sensation, ce serait laquelle ? Que ce soit le toucher, l'odorat, le goût, la vue, l'ouïe, ce serait laquelle pour toi ?
- Speaker #0
C'est difficile de choisir parce que tu vis sur place. Donc, tu as déjà tout ça.
- Speaker #1
D'accord. Ah, mais ça peut être un ensemble de sensations.
- Speaker #0
Tu as une partie, tu as le silence, bien sûr, mais pas en permanence. Tu as quand même le silence. Tu as l'environnement, surtout, qui est là. Tu as le côté vert, tu as le côté bleu, tu as le côté rivière, tu vois. Il n'y a pas longtemps, j'y ai pensé. Je me dis, quand tu vas monter dans les étoiles, là-haut, qu'est-ce que tu vas emporter, tu vois ?
- Speaker #1
Et alors ? Ce sera quoi que tu vas importer ?
- Speaker #0
Moi, je pense que ce qui est importé, c'est la sabine.
- Speaker #1
C'est beau. Si le naturisme, c'était un animal, ce serait lequel ? Tu m'en as montré plein dans le livre des animaux.
- Speaker #0
Il y a beaucoup d'animaux.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que même maintenant, tu sais que j'ai la belette qui vient sur le rebord de la fenêtre.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
Tu le savais ?
- Speaker #1
Non, je ne le savais pas, non. J'ai les oiseaux.
- Speaker #0
Vierge, bien sûr.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
J'ai la belette qui vient. J'ai aussi, c'est la fouine ou un autre truc qui vient. Ok. Et j'ai une lait qui vient. Tu sais ce que c'est une lait ?
- Speaker #1
C'est la femme du sanglier ?
- Speaker #0
Sanglier, oui.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Une lait qui vient tous les jours. Alors, elle a ses dents, là, qui sont à chaque côté. Elle vient parce qu'elle a faim. Et comme moi, je donne toujours un peu de pain, un peu de choses en bas, parce que j'ai quand même quelques Ausha.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Quelques Ausha et j'ai mes deux chiens aussi. Donc, le fait d'avoir ça, si tu veux, elle vient manger. Oui, elle vient manger du coup. Et puis là, comme je mets les déchets au fond de la maison, comme il y a le jardin. Enfin, il n'y a pas un jardin, il y a un espace plat. il y a un espace plat et donc au fond je mets toujours les déchets que j'ai pour faire le compost les déchets de légumes les déchets de melons les déchets de tout ce qu'il y a à la maison et donc là j'ai toujours des animaux qui viennent je ne les vois pas toujours mais si tu devais justement en choisir un qui
- Speaker #1
symboliserait le naturisme c'est celui de tous ces animaux là la belette, l'oiseau la lait
- Speaker #0
Je dirais les oiseaux. Les oiseaux parce qu'ils sont là. Même le matin, tu as la tourterelle qui vient sur le rebord de la fenêtre. Même si tu n'y arrives pas, elle est toujours là.
- Speaker #1
Et si le naturisme était une phrase ou un mot, ce serait lequel ? Nuit. Et enfin, je te pose la dernière question et après comme ça je te libère. Qu'est-ce que tu dirais à un non-naturiste qui cherche à vivre cette expérience ? Toi qui as tant connu d'années.
- Speaker #0
Moi, j'ai dit qu'il faut d'abord venir. Il faut voir d'abord.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Il faut que la personne puisse se déshabiller tout seul. Ce n'est pas toi qui vas le faire. Alors, la seule chose qui m'a manqué dans ma vie maintenant, parce que mon mari est décédé malheureusement il y a 32 ans, Je me suis beaucoup occupée de l'environnement, du naturisme. Je me suis beaucoup occupée du côté nature aussi.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Ce qui fait que je n'ai pas refait ma vie. Je n'ai pas mis les porte-jarretelles pour refaire ma vie. Ça, c'est entre nous. Je dis toujours ça. Je n'ai pas peur.
- Speaker #1
Non, mais moi, ça me fait rire, c'est tout. C'est une belle conclusion, en fait. Je ne sais pas si je la mettrai pas. C'est une belle conclusion, Gabi. Merci beaucoup pour les échanges, de nous avoir expliqué ce qu'était la sablière à l'époque. Et je te dis à très bientôt. Merci de nous avoir écoutés. On se retrouve très prochainement pour un nouvel épisode. Et si l'aventure vous tente, rendez-vous sur www.francecadnaturisme.com pour plus d'infos. Allez, à bientôt !