- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Horizon Golf, le podcast qui se place au cœur de la ville des affaires dans les pays du Golfe. Cette région en pleine expansion, ancrée entre tradition et modernité, attire le monde entier. Côté business, qu'en est-il dans cet environnement si compétitif ? Quel est le parcours de ces Français et francophones qui y occupent des postes à responsabilité ? Je suis Rosiane Oumbo, avocate de métier, installée dans les pays du Golfe depuis bientôt 13 ans. où je mène de nombreuses activités. Dans nos interviews, apprenons de ces femmes et hommes d'affaires vraiment sur le terrain et qui ont su se frayer un chemin entre mythes et réalité. Abonnez-vous dès à présent et de nouveau, bienvenue sur Horizon Golf.
- Speaker #1
Dans ce nouvel épisode d'Horizon Golf, nous accueillons une femme ambitieuse, comme je les aime. Elle s'appelle Emna Chouika et elle façonne les plafonds dorés des plus beaux. Palais du Golfe. Depuis le royaume de Bahreïn, Emna dirige Daniel Décor, une filiale du prestigieux groupe Atelier de France. Le messie d'Emna a ainsi de rénover des hôtels 5 étoiles, des restaurants d'exception et même des palais royaux avec un savoir-faire d'artisanat d'art 100% français. Dans cet épisode, nous avons parlé d'implantation réussie, d'audace, de réseau aussi et bien évidemment le chantier de description. C'est un épisode d'eux. qui devrait vous faire du bien. Vous verrez, Emna, elle ne passe pas par quatre chemins. C'est rafraîchissant. Et puis, vous vous y retrouvez comme autour d'un bon café. Allez, je ne vous en dis pas plus. On y va ? Yalla !
- Speaker #2
Bonjour, Emna. Bonjour, Rosiane.
- Speaker #1
Emna Chouika, bienvenue sur Horizon Ghost.
- Speaker #2
Merci, Rosiane. Je suis ravie d'être présente aujourd'hui pour partager mon expérience, ma petite expérience au Moyen-Orient, qui est très riche. Une expérience très riche et en même temps pleine de défis.
- Speaker #1
C'est formidable. Et en plus, tu es ma première invitée féminine, donc je suis d'autant plus heureuse de te recevoir. Alors, chère Emna, nous nous tutoyons parce que nous nous connaissons. Et ce que je te propose de faire, c'est de te présenter et de nous dire ce que tu fais.
- Speaker #2
Ok, très bien. Alors, je m'appelle Emna, j'ai 39 ans, je suis née à Tunis. où j'ai fait l'école française à Tunis. J'ai grandi dans une famille intellectuelle, francophone, francophile, très imprégnée de valeurs humanistes, de tolérance, ce qui fait une grande partie de ce que je suis aujourd'hui. Et après, j'ai poursuivi mes études supérieures en France, donc parcours plutôt classique, prépa, maths sup, maths sp, école d'ingénieur, où je me suis spécialisée dans la construction éco-durable et construction bois plus précisément.
- Speaker #1
Donc, on a affaire à une scientifique. Exactement.
- Speaker #2
Scientifique. Qui a bien travaillé à l'école. Exactement. Plutôt bonne à l'école, ne savait pas trop quoi faire. Allez, je vais faire une prépa et on verra par la suite. C'est vrai qu'aussi, ma mère est architecte. Du coup, j'ai baigné dans le milieu de la construction très petite. Et en plus, elle est spécialisée dans le patrimoine architectural et dans la restauration et réhabilitation. Donc, tout ça a éveillé en moi une fibre pour la construction. généralement, et plus particulièrement dans un peu ce que je fais aujourd'hui. Voilà, et après, j'ai travaillé dans le secteur du bâtiment, dans différents départements, techniques, études de prix, commerciales, business development, en France.
- Speaker #1
Donc, tu nais en Tunisie, tu y fais tes études au lycée ?
- Speaker #2
Oui, au lycée, jusqu'au bac, en fait. Jusqu'au bac, et après... La pré-par en France ?
- Speaker #1
La pré-par en France,
- Speaker #2
exactement. Pré-par en France, école d'ingénieur en France.
- Speaker #1
Et tu commences ta carrière ?
- Speaker #2
Ma carrière en France, exactement. À la base, j'avais déjà la nationalité française, donc je suis franco-tunisienne. J'en suis fière. Pour moi, c'est vraiment une richesse. C'est un regard différent qu'on peut avoir sur la gestion du business, des affaires, dans le milieu du travail.
- Speaker #1
Donc, tu passes d'un métier d'ingénieur dans le bâtiment.
- Speaker #2
Bâtiment,
- Speaker #1
exactement. Quel type de bâtiment ? Plutôt tertiaire ? Non, logement. Logement. et avec cette opportunité qui t'est offerte par le groupe
- Speaker #2
Daniel Décor Atelier de France pour la gestion de Daniel Décor ici à Baraye et donc ils te font confiance voilà, oui, ils me font confiance donc ça c'est le point positif après c'est vrai que J'ai beaucoup d'ambition, mais en me disant est-ce que vraiment j'arrive, j'ai à peine 35 ans, c'est vrai que je n'avais pas du tout de connaissances du Moyen-Orient, plutôt des a priori, même négatifs si on veut dire, plutôt négatifs, mais moi comment je vais faire, jeune, femme, je suis une femme, donc voilà j'avais beaucoup d'a priori, c'est vrai qu'aussi j'ai eu la chance d'avoir un mari qui me booste énormément. Il m'a dit « Tu y vas, c'est une opportunité pour toi, on s'adaptera quel que soit. » C'est formidable. Du coup, je dis « Rien à perdre, tout à gagner. » Je me lance. C'est vrai que je pense aussi, en me lançant, que je n'avais pas toutes les informations en main. Peut-être que si je les avais, je n'aurais pas pris la décision d'y aller. Tu l'avais parce que tu ne savais pas. Je ne savais pas, exactement. Donc voilà, j'avais peut-être la belle présentation, la belle réalité. Et je n'avais pas forcément connaissance des difficultés réellement que j'allais faire face. Mais des beautés à découvrir aussi. Des beautés à découvrir, oui, sûrement. Donc voilà, je me lance dans l'aventure.
- Speaker #1
Quelles sont tes premières impressions quand tu arrives à Bahreïn ?
- Speaker #2
Alors, Bahreïn, déjà sur le pays, agréablement surprise. Même si j'avais lu, je me suis renseignée, etc. Donc j'avais compris que c'était un pays qui faisait bon vivre, assez ouvert, mais c'est vrai qu'en fait c'est surtout la partie accessible, les Bahraini eux-mêmes en fait. J'avais une appréhension comment être dans un pays où finalement pour ne pas être au contact de la population locale, d'avoir les expats d'un côté, les expats d'un côté, et j'avais déjà visité Ausha ailleurs les Émirats et du coup j'avais cette image-là, donc les Emiratis très différentes, et finalement justement je me rends compte. compte que c'est un vrai pays avec une histoire avec avec des challenges des défis mais je veux dire c'est un pays qui appartient encore à sa population oui et ça c'était un point c'est important parce que j'ai fait un peu mon background j'avais besoin de sentir un peu un vrai pays une histoire une identité une culture chacun à son échelle à sa dimension mais en tout cas ils ont ils sont fiers de de ce qu'ils sont de ce qu'ils étaient ils le valorisent Donc ça pour moi c'est un point important. En même temps, j'ai des enfants assez jeunes, donc je n'avais pas envie aussi de les élever ou de leur donner comme une première expérience un pays factice, un pays qui n'a pas justement d'identité. Pour le coup, Bahreïn, je pense que j'ai eu de la chance en venant à Bahreïn, parce que c'est tout en étant un pays assez moderne qui garde son attachement à son identité.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'est intéressant. Avec Bahreïn, je trouve, même si moi, je... J'ai un billet complètement assumé en tenue de l'amour que je porte pour ce pays. C'est vraiment une terre d'adoption pour moi. C'est vrai que ce qui est intéressant, c'est le fait de pouvoir tout de suite avoir des vrais liens avec les Baréniens, les Baréniennes qui nous accueillent chez eux, qui sont tout à fait charmants et sans tomber, nous, dans la naïveté ni la nièvrerie. Ce n'est pas ce dont il s'agit. Mais ça peut... c'est aussi une de leurs caractéristiques dans la région.
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #1
Et avoir accès aussi bien à leur trésor culturel qu'à leur modernité, il y a cette espèce d'équilibre entre tradition et modernité, je trouve, dans ce pays, qui est extrêmement agréable à expérimenter. C'est clair.
- Speaker #2
Donc voilà, le premier contact avec le pays, c'est plutôt positif. Après, avec le monde de l'entreprise, c'est vrai que mon premier challenge était déjà de pouvoir avoir la confiance de mes équipes c'est vrai que je n'avais pas forcément d'expérience dans ce domaine de décoration d'intérieur jeune, femme, etc pas d'expérience dans la gestion d'entreprise rappelons,
- Speaker #1
pardon, je me permets de t'interrompre que quand tu arrives à Bahreïn ce n'est pas une entreprise que tu crées non,
- Speaker #2
c'est une entreprise que tu récupères avec toutes ses toutes son histoire au lendemain du Covid donc période Covid qui était aussi assez dramatique pour toutes les entreprises de la zone mais en l'occurrence aussi Daniel Décor donc voilà une situation économique à assainir à améliorer et à développer une entreprise à mettre, à moderniser à dépoussiérer et à lui donner un nouvel élan Donc voilà, c'était pas mal. Et en interne, déjà pour pouvoir faire tout ça, il fallait absolument avoir l'adhésion et la confiance des équipes. Parce que c'est un métier d'humain, d'homme, d'artisanat. Donc il y a très peu de machines, tout est fait à la main. Donc voilà, si les humains ne te suivent pas, on ne peut pas aller très loin.
- Speaker #1
On est loin de l'intelligence artificielle. Voilà,
- Speaker #2
exactement, on est très très loin de l'intelligence artificielle. Et c'est vrai que le deuxième défi, c'est qu'on est dans un milieu culturel très varié, différentes nationalités, différentes confessions. Je n'ai jamais travaillé dans un milieu très varié, en tout cas très diversifié. C'est souvent... les mêmes populations, donc là pour le coup, essentiellement asiatiques, mais de différents pays, différentes professions.
- Speaker #1
En parlant de la nationalité, est-ce que tu as, enfin si tu es en tête, mais surtout lesquelles est-ce que tu identifies tout de suite comme ça ?
- Speaker #2
Rapidement, la première nationalité, c'est l'association indienne, pakistanais, bengalis, philippins, sri-lankais, français, marocains, anglais, donc c'est un peu un échantillon intéressant, et donc tout le monde devait travailler en même... en même temps, dans la même direction, avoir leur adhésion. Ça, c'était aussi un autre défi à surmonter, en tout cas à accepter. Et donc, je pense que mon approche était de dire que je ne suis pas venue ici en deux noces de leçon, bien pas du tout, je ne suis pas là pour dicter, mais pour être un élément en plus de leurs équipes pour essayer d'aller dans un sens commun, dans une direction commune. Je pense qu'une des... Des clés du succès, quelle que soit l'entreprise, c'est vraiment l'humilité. Humilité, pour moi, c'est quelque chose de très, très important. On le voit, dès qu'il y a de l'humilité, les relations sont beaucoup plus apaisées. Bien sûr. Beaucoup plus apaisées, même avec un client. Même avec un client, un futur client, juste un contact. Dès qu'on fait preuve d'humilité dans les deux sens, c'est totalement différent. Et je le vois dans des réunions, etc., des fois, de personnes en face. ne font pas forcément preuve d'humilité et ça bloque tout le process.
- Speaker #1
Je suis tout à fait d'accord avec toi. De l'humilité, c'est d'ailleurs un terme qui revient souvent, et j'irais même un peu plus loin en disant de l'humilité associée habilement avec un peu de fermeté aussi. Donc il faut savoir être ferme, mais courtois, et rester humble aussi et à l'écoute. Ça aide énormément.
- Speaker #2
Et encore plus quand on est jeune. Même si on peut être... plusieurs diplômes, diplômés, expériences, mais je veux dire, un jeune doit être humble. Pour moi, c'est intolérable que des fois, je fais face à des jeunes avec peu d'expérience, mais tout de suite, c'est bien d'être sûr de soi, avoir confiance en soi, mais tout ça doit être sous la couverture de l'humilité.
- Speaker #1
Est-ce que tu crois que cette sensibilité à l'Ainès, qui était aussi quelque chose de très important, le fameux droit d'Ainès ? qui a baigné mon enfance, mes parents étant africains. J'ai trois quarts de sang camerounais et un quart béninois.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
Donc avec l'importance qui est donnée aux aînés. Aux aînés. Il y a encore très d'actualité. Est-ce que cette sensibilité qui est la tienne, elle vient du fait que tu es aînée en Tunisie ?
- Speaker #2
Je ne sais pas. Après, c'est vrai que les aînés, en tout cas moi, j'ai grandi. des grands-parents très présents qui ont un rôle dans mon éducation et autres, mais en fait, ce n'est pas dans le côté aîné, donc on doit accepter ce qu'ils disent quel que soit. Non. Il y a un respect de l'aînés, mais le dialogue et la communication, on peut ne pas être d'accord. Il faut savoir dire je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas parce que vous êtes aîné que je dois accepter vos idées ou vos prises de décision. Je veux dire, c'est vraiment le respect mutuel, l'acceptation de l'avis contraire, des avis des uns et des autres, dire la tolérance, être tolérant, mais vraiment dans sa globalité, et tolérant par rapport justement à un aîné et moins tolérant entre les pays, les confessions. Moi, je dirais que c'est plutôt vraiment les valeurs humanistes qui sont au-delà dans lesquelles j'ai grandi, qui auraient pu être ailleurs que en Tunisie, mais c'est ce qu'il y a. Et dans ces valeurs humanistes aussi, il y a le respect finalement. du droit d'aînés voilà je sais pas si vraiment c'est lié à au fait que je sois né en tunisie ou pas mais en tout cas voilà et non dit nous daniel décor
- Speaker #1
À Bahreïn, vous intervenez sur différents types de chantiers, des décorations de palaces, d'hôtels un peu plus luxueux, de demeures princières royales. Et vous intervenez à Bahreïn, ailleurs dans la région. Comment est-ce que ça fonctionne, votre implantation régionale ?
- Speaker #2
D'accord. Alors, c'est une boîte qui existe depuis les années 80. À la base, ça a été fondé par un groupe de Français qui s'est installé à Bahreïn. Ils ont bien choisi, je pense, le pays. Et donc, ils ont fondé leurs ateliers. Aujourd'hui, on a des ateliers à Paris, de confection, de meubles, de rideaux, de marqueterie de paille, de peinture décorative. C'est vraiment des savoir-faire français que nous avons ramenés et développés dans la région, avec une population expatriée asiatique, des artistes, des artisans, mais des formateurs qui viennent régulièrement, des têtes d'ateliers qui sont français. Donc, c'est vraiment un travail sur le long terme qui a été fait ... pour aujourd'hui arriver à ce niveau de maîtrise de ces savoir-faire et on continue à maintenir grâce au groupe. On ramène souvent des formateurs, des artistes, des artistes et des artistes en français pour de nouvelles techniques, de nouveaux savoir-faire, etc. Voilà du coup, on existe depuis les années 80. Essentiellement, c'était pour faire vraiment notre... Les travaux de famille royale, des décorations d'intérieur de la région, de Bahreïn et de la région. On travaille via des décorateurs internationaux souvent. C'est eux qui font la conception et nous on fait l'exécution de leur design. Donc quand l'aventure a commencé, c'était vraiment focalisé sur le Bahreïn. Et après avec l'ouverture de tout le Moyen-Orient, finalement ils ont étendu leurs activités. sur toute la région, tous les Émirats, le Qatar et l'Arabie saoudite surtout. L'Arabie saoudite, ça a été fait en étape par étape. La première partie de développement, il y a une quinzaine d'années, c'était la partie Kobar d'Amam, la partie proche de Bahreïn, qui historiquement, les familles saoudiennes ont une relation très proche de Bahreïn. Et pour eux, le Bahreïn, c'était vraiment la modernité, le modèle, le raffinement. Il y avait pas mal d'échanges vivant dans les palaces, dans les familles. dans les villas ici, à qui vous avez fait ce meuble ou cet intérieur. Et donc, ces dernières décores, c'est comme ça qu'ils nous ont fait appel à nous pour leur intérieur à Kobar et Dama. Et après, là, depuis 6-7 ans, le développement sur le reste de l'Arabie saoudite, Riyad et Jeddah, encore plus maintenant, plus que jamais. C'est vrai qu'aujourd'hui, c'est le focus sur l'Arabie saoudite. un autre défi et challenge que je mène quotidiennement sur le développement de nos activités sur l'Arabie saoudite.
- Speaker #1
Et comment ça se passe concrètement ? Comment est-ce qu'on fait des affaires à Barlène et en Arabie saoudite ? Est-ce que c'est très similaire ? Est-ce que c'est différent ? En quoi ?
- Speaker #2
Je pense qu'aussi, venant d'une entreprise, d'une culture plutôt francophone, il ne faut pas qu'on qu'on on amène nos standards et notre vision française, européenne, en disant qu'on va faire les affaires de la même façon qu'on le fait ailleurs, en Europe en tout cas. Ça ne fonctionne pas du tout pareil. Il faut vraiment comprendre les nuances, pouvoir avancer et pouvoir vraiment faire du business. Je veux dire, si on essaye de calquer les mêmes process, les mêmes procédures, la même notion du temps, les mêmes façons de négocier, ça ne fonctionne pas. Et pour moi, c'est vraiment ce que je dis souvent, parce qu'il y a pas mal d'entreprises françaises qui aujourd'hui... veulent se développer sur l'Arabie Saoudite, qui viennent me voir à travers Business France, à travers les chambres de commerce pour dire quels sont vos conseils, etc. Je dis, il faut mettre tout ce que vous connaissez, tout ce qui se fait dans la matière en Europe et en France de côté et venir sur le terrain, passer du temps. comprendre c'est vrai que c'est être patient je veux dire que les relations humaines sont très très importantes dans la partie business c'est que pour qu'on te confie quelque chose il faut qu'une relation de confiance s'établisse mais pour ça ce n'est pas un sens c'est pas immédiat c'est que on peut je vais été amené à aller rencontrer des personnes passer du temps des heures déjeuner avec eux parler de tout de rien pas du tout de business parler de leur famille, de leurs enfants, etc. Et après, je sors et j'ai perdu 3 ans, 20 ans. Et où est mon porte-commande ? Je signe quand ? Je fais comment ? J'ai un dashboard, j'ai des objectifs. Je fais comment ? Et ça,
- Speaker #1
c'est souvent difficilement compréhensible par Paris.
- Speaker #2
Par Paris. Oui, mais tu n'as pas 8 ans. Et c'est pas qualifiable. Je ne peux pas le chiffrer. Je ne peux pas mettre d'opportunités en face. C'est en même temps frustrant, mais c'est comme ça que ça se passe. Et donc, au bout de 2, 3, 4, 5, peut-être 1 an, 6 mois, 2 ans, la personne va me rappeler pour dire, « Ah, tiens, moi, j'ai un truc que je veux te confier. » Mais au fait, « Ah oui, c'est vrai. » Et en fait, c'est beaucoup d'investissement de relationnel, d'établir des relations de confiance pour qu'on puisse arriver réellement après à une concrétisation d'un projet, d'opportunité. Et ça, c'est de la patience. Et ça, c'est vraiment pas du tout quantifiable, en fait. Je veux dire, c'est pas quelque chose de rationnel, mais c'est lié vraiment... la façon de travailler localement. Après, la deuxième chose aussi, je pense qu'il ne faut pas réfléchir, ce n'est pas parce qu'on a de l'expérience dans un autre pays arabe qu'on pense que ça fonctionne pareil. Je veux dire, le monde arabe n'est pas un, c'est très diversifié, je veux dire du Maroc à Syrie, le Liban, c'est des mondes arabes, c'est que chaque pays a ses spécificités, a sa façon de fonctionner, façon de négocier, etc. Et donc ça, il ne faut pas essayer de dire « Ah non, moi je sais comment ça fonctionne, donc ça fonctionnera pareil. » c'est pas du tout forcément le cas même si j'ai une culture aussi arabe ils sont pas du tout pareils est-ce que tu parles arabe ? je parle arabe, je parle le dialecte tunisien qui est un mélange d'arabe et de français je parle, ça facilite en tout cas ça facilite dans la compréhension de discussion ici locale l'avantage c'est que je lis et je l'écris donc ça facilite aussi rapidement je n'ai pas de chose à dire. compliqué, des contrats de 10 pages, je ne sais pas, mais en tout cas, voilà, des lettres assez simples, ça, je peux le faire. Donc, je ne sais pas si c'est un avantage ou un inconvénient, d'avoir cette dualité, ou en tout cas, cette biculture, binationalité dans la région. Je ne le valorise pas, ça fait partie de ce que je suis. Donc, je ne dis pas que ce n'est pas parce que je réussis ou je ne réussis pas, parce que je suis binational ou pas.
- Speaker #1
je ne sais pas si vraiment c'est un impact ou pas écoute c'est à double tranchant j'ai eu un invité Mohamed qui me disait qu'en réalité parler arabe c'est à double tranchant parce que c'est soit tu le parles soit tu ne te parles pas c'est ça et si tu parles tu as plutôt intérêt à bien parler en effet parce qu'effectivement ça introduit d'autres rapports entre guillemets pas de force mais d'autres interactions et il faut être à la hauteur des attentes en termes de manière de s'exprimer donc il faut être plutôt au niveau donc Merci. À partir du moment où tu dis que tu parles arabe, tu es plutôt en train de... Il faut l'assumer.
- Speaker #2
Il faut bien l'assumer. Ou alors,
- Speaker #1
il vaut mieux dire que tu ne parles pas pour ne pas te retrouver sur le plan de vie. C'est clair.
- Speaker #2
Et surtout que, en tout cas, dans le domaine de la construction dans lequel j'évolue ici, au Moyen-Orient, ce n'est pas un seul dialecte arabe. C'est qu'on va avoir des Égyptiens qui vont parler leur dialecte, il va y avoir des Libanais, des Syriens, des Saoudiens, des Parénies, des... je veux dire, de différentes nationalités et du coup, c'est compliqué de switcher à chaque fois avec les prononciations, etc., d'un dialecte à l'autre. Donc du coup, on va dire, on va parler anglais. C'est moins de... Déjà, il faut se concentrer sur le projet de comprendre si on rajoute différentes intonations, différentes... Donc ça va rajouter encore plus de complexité.
- Speaker #1
Ce qui est rigolo, c'est que Bahreïn, même en fonction des quartiers,
- Speaker #2
ils n'utilisent pas forcément les mêmes mots. Je compare des fois même les fruits, l'appellation des fruits. fruits, les poissons, ça change d'un quartier à un autre. Donc, voilà. Après, c'est vrai que la priori importante que j'avais, c'était, femme en Arabie saoudite, comment j'allais progresser. Et ça, c'est vraiment le point positif, en tout cas, la belle découverte et surprise, c'est que je pense que je suis venue au bon moment. Et je pense que c'est même bien perçu de la part de Saoudiens que des entreprises françaises, en l'occurrence, comprennent le changement qui est en train d'arriver et qu'ils désignent une femme pour gérer une entreprise. Et donc, je n'ai jamais été mal acceptée ou mal accueillie, souvent très, très bien accueillie. Souvent, au contraire, ils vont essayer de m'introduire, d'aller plus vite, en fait, parce que je suis une femme, chef d'entreprise, et donc il faut qu'on lui donne sa chance plus qu'un autre. c'est on est dans la discrimination positive, si on veut, même si je n'aime pas du tout ce terme. Il faut bien en tirer des portugais, non ? Mais en tout cas, c'est venu au bon moment, je pense, et c'est plutôt bien apprécié. Même si... On va dire, il y a certains sujets tabous, je veux dire, avec une femme, parce que finalement le monde de la construction c'est essentiellement masculin, et donc parler argent avec une femme, ça reste un sujet tabou.
- Speaker #1
Ah, intéressant !
- Speaker #2
Dès qu'on négocie, parce que forcément on va négocier, des disquins, pas des disquins, plus s'il vous plaît, moins... On sent qu'il y a... petit malaise.
- Speaker #1
Il cède du coup parce que tu es une femme et qu'il ne veut pas se lancer dans...
- Speaker #2
Je répétois, c'est simple, c'est pas souvent le cas. C'est pas souvent le cas. C'est pas souvent le cas. Donc voilà, je sens que par rapport à ce point-là particulier, il y a un petit sujet tabou sur la gestion, en tout cas quand on parle de chiffres. Mais bon, après on arrive à le dépasser rapidement.
- Speaker #1
en tout cas sur l'Arabie Saoudite être une femme aujourd'hui n'est pas un obstacle mais je dirais bien au contraire c'est un avantage on n'est pas du tout embêtée on n'est pas maltraitée on est même un peu choyée c'est une sorte de discrimination positive j'ai eu mes deux enfants pas en Arabie Saoudite mais à Bahreïn les deux sont nés à Bahreïn Mieux. on est sur vraiment pouponnée. Les gens sont adorables. Tout est fait pour faciliter la vie. C'est vraiment assez appréciable. Alors, tu nous as parlé de ton arrivée à Bahreïn, de la prise en main de cette équipe et la confiance à gagner auprès d'elle. Confiance qui a effectivement été gagnée.
- Speaker #2
C'est jamais acquis. C'est jamais acquis, exactement. C'est jamais acquis. Ça se travaille exactement. en tout cas, en une partie acquise.
- Speaker #1
Avec l'ouverture à d'autres marchés, l'entretien de cette ouverture, et puis le développement de ventes, de prestations en Arabie Saoudite, tu as mentionné le Qatar et les Émirats aussi. Est-ce que là aussi, tu notes des distinctions ou pas nécessairement ?
- Speaker #2
Oui, totalement. Totalement, justement. On prend sur la zone. C'est pour ça que je dis que le monde arabe n'est pas un, et encore moins les pays du Golfe. Alors, l'Arabie Saoudite et le Bahreïn, c'est totalement différent aussi de faire du business, mais on est amené à rencontrer les populations locales. On peut négocier avec un Bahreïnien, on peut négocier avec un Saoudien, ce qui n'est pas du tout le cas au Qatar ni aux Émirats. C'est très rare, en tout cas, jamais été amené à négocier avec un Émirati directement. Il a souvent des représentants, des N personnes sous lui qui, eux, vont faire le job. Donc du coup c'est un peu, c'est la partie un peu frustrante parce qu'au final on n'arrive pas à toucher ou atteindre le client final. On n'arrive pas à comprendre justement cette nuance culturelle, sa façon de réfléchir parce que finalement c'est d'autres personnes, d'autres strates et on a du mal de vraiment comprendre ce que veut vraiment le client.
- Speaker #1
Oui, or on est vraiment dans un domaine qui relève de la sensibilité et subjectivité, il y a bien plus de subjectif que d'esthétique. La décoration. Exactement.
- Speaker #2
Donc ça, c'est parmi la complexité. Alors, le catarnement de la construction est essentiellement juré par des non-catharines, comme beaucoup de domaines, mais c'est des non-catharines, le milieu de la construction. La population est quand même significativement réduite par rapport au nombre d'habitants. Donc ça, c'est une autre adaptation, finalement, aux populations qui gère le métier ou qui gère les entreprises. Je veux dire, on va voir, on ne négocie pas de la même façon si c'est une entreprise gérée par une entreprise égyptienne qui travaille au Qatar ou une entreprise libanaise, par exemple. Donc aussi, c'est des subtilités différentes que je ne connaissais pas du tout, du tout, du tout avant de venir. Est-ce que tu pourrais nous en dévoiler une ou deux comme ça ? Alors, c'est compliqué, ça. En fait, d'être objective, en étant objective, et pas donner des objectifs.
- Speaker #1
Et politiquement correct.
- Speaker #2
Et politiquement correct, c'est compliqué. On va dire, c'est différent, c'est différent. La vision aussi de la femme est différente. Du coup, il y a forcément un impact dans les...
- Speaker #1
Les interactions.
- Speaker #2
Dans les interactions. Donc, on va dire, c'est différent. Je ne peux pas dévoiler plus.
- Speaker #1
Mais est-ce que... Est-ce que ça rend les interactions avec les Bahrainiens et les Saoudis plus agréables ? Parce que justement, on est en contact avec les...
- Speaker #2
Oui, les populations locales. Les nationaux. Les nationaux, exactement.
- Speaker #1
Ou pas.
- Speaker #2
Alors ça, ça dépend de chacun, parce que là, ça révèle de la subjectivité. Moi, personnellement, oui, je préfère. Je préfère le business en Arabie Saoudite et au Bahreïn par rapport à d'autres pays où je n'ai pas accès aux nationaux, parce que c'est un développement pour eux. J'ai besoin de sentir, en fait, et de ne pas avoir des strates que chacun joue dans son...
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
sans savoir ce qui sera transmis aux decision makers parce qu'après il y a beaucoup d'intérêts personnels etc cette ambiance là me dérange donc je préfère être dans un climat plus sain vraiment ça relève de la subjectivité et de chacun ses préférences dans la façon de faire du business et comment il voit en fait les relations dans un milieu d'affaires Merci. Donc, selon moi, oui, c'est plus simple. Mais bon, après,
- Speaker #1
ça dépend de chacun. Et quels sont les... Parce que j'ai presque envie de te dire que tu triches. C'est-à-dire que tu arrives dans une industrie qui est celle de la décoration d'intérieur, très haut de gamme, luxe, avec la French Touch.
- Speaker #2
Bon, ça coule de cible. Ça coule de cible. Il n'y a besoin de rien faire.
- Speaker #1
Il n'y a besoin de rien, ça se vend tout seul. Mais j'ai aussi bien conscience du fait que nous nous trouvons dans une région du monde qui se trouve entre Est et Ouest.
- Speaker #0
Entre Occident et Extrême-Orient, nous, on est très tournés vers l'Asie, finalement, ou tout du moins. Je ne sais pas si on est très tournés vers l'Asie, mais ce qui est certain, c'est qu'on a une parfaite conscience de la présence et de la puissance asiatique avec laquelle on travaille énormément, énormément d'interactions de tout genre, d'ailleurs, avec les pays asiatiques. Je pense bien évidemment à l'immense Inde et à la très puissante Chine. Donc cette concurrence en termes de main-d'oeuvre, de savoir-faire, quel impact est-ce qu'elle a ? Est-ce que tu identifies un impact sur le fonctionnement de ton industrie dans la région ? Comment est-ce que vous faites pour vous démarquer ?
- Speaker #1
Alors c'est vraiment le point, c'est pas l'obstacle, mais c'est le point compliqué aujourd'hui, de plus en plus. Surtout sur le développement de l'Arabie Saoudite. Parce qu'il y a des projets partout, du côté de Red Sea Global, JEDA, RIAD. et c'est souvent des décorateurs, des architectes de renommée internationale, avec des prestations très haut de gamme, etc. Mais on revient souvent à une problématique économique à la fin, parce qu'il y a tellement de projets, on veut tout réaliser et voilà. Donc du coup, finalement, les budgets souvent sont réduits et c'est là où... Alors la compétition asiatique est très présente, c'est vraiment sur le marché... Je parle encore de l'Arabie saoudite, parce qu'aujourd'hui, c'est vraiment le marché le plus dynamique de la région et qui est targeté par pratiquement toutes les entreprises du monde, toutes les multinationales. Et donc, c'est vrai que c'est assez compliqué de pouvoir expliquer derrière qu'on ne peut pas comparer les mêmes choses. On parle non d'un travail artisanal, un savoir-faire, les tissus qu'on utilise, les mousses, je veux dire, tout ce qui compose, je prends un cas d'un canapé, tout ce qui le compose. Il y a une histoire derrière chaque produit, chaque matériau. Et face à ça, des machines chinoises qui cassent les prix mais qui ne vendent pas au final les mêmes choses. Donc il y a un travail, je pense, de sensibilisation, je ne vais pas dire d'éducation, mais de sensibilisation, pour expliquer derrière qu'il faut comparer des choses comparables. j'ai l'air vous vous misez le haut de gamme et c'est spécifié. Voilà, donc du coup, ce n'est pas forcément la même chose. Et c'est vrai que là, c'est un vrai challenge, parce que les contracteurs aujourd'hui qui sont établis en Arabie saoudite n'ont pas forcément la sensibilité ou la compréhension nécessaire pour comprendre ce haut de gamme, parce que finalement, cette offre de haut de gamme, elle est récente en Arabie saoudite, elle était limitée à du résidentiel, d'une minorité, de la famille royale, c'est tout. donc eux qui utilisaient les mêmes sous-traitants, les mêmes fournisseurs, etc. Mais là, ils veulent la développer sur la partie, justement, hospitality. Mais sauf qu'il faut que toute la chaîne, en fait, comprenne ce que c'est le haut de gamme, identifie ce qui va être varianté, et après, il y a une réalité économique, je comprends bien, mais il faut que ça soit avec une bonne intelligence. Je veux dire, la réalité économique, il ne faut pas qu'elle dénature le projet ou qu'elle fasse vendre quelque chose de fake.
- Speaker #0
C'est un peu difficile de quantifier l'âme sur un tableur Excel. C'est-à-dire qu'eux ont leur budget, le tableur, ça rentre, ça rentre pas. Et ce qui fait la différence, c'est ce supplément d'âme. L'histoire, la transmission, la qualité, les finitions, qui sont difficilement chiffrables, valorisables.
- Speaker #1
et c'est vrai que ça quand on a affaire à des entreprises, à des architectes internationaux, c'est beaucoup plus facile d'expliquer ça. C'est vrai qu'aujourd'hui, même les entreprises locales en Arabie Saoudite souffrent de la compétition chinoise, parce que les coûts de production ne sont pas du tout les mêmes. La matière souvent est importée, « Saudization » , « expatriation » , etc. Au final, le même produit « import » fabriqué en Arabie Saoudite, fabriqué en Chine, elle ne peut pas du tout avoir le même prix. Donc finalement aussi, dans ces projets-là, est-ce qu'il y aura demain une préférence nationale dans la fabrication ou pas ? Logiquement, ça devrait arriver, je pense. Pour le moment, ce n'est pas le cas. Mais c'est vrai qu'il y a une compétition déloyale qui se fait. Moi, je trouve, par rapport, en tout cas, je prends le cas de la Chine, parce que c'est vraiment eux qui sont les plus présents. L'Inde, elle n'est pas forcément présente sur la partie produits, manufacturés, mais plutôt vraiment sur c'est plutôt la main-d'œuvre. La main-d'œuvre. La main-d'œuvre. La main-d'œuvre. Après, ils vont, eux, je trouve que les Indiens, c'est une approche différente et intéressante, c'est que il va venir Fonder des entreprises en Arabie Saoudite.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Alors que la Chine, l'objectif, c'est de ramener des produits déjà faits.
- Speaker #0
D'accord. D'exporter. D'exporter.
- Speaker #1
Ne pas délocaliser l'implémentation. Donc, c'est là où, après, je pense que tout est récent. Donc, ça va se stabiliser, s'éclaircir au fur et à mesure. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, la compétition sur ça est dure. Donc, c'est même le French Touch, le Made in France, etc. Il faut derrière expliquer, sensibiliser. expliquer le travail manuel qui est fait derrière. Donc, il y a un travail de sensibilisation important qui doit se faire par les entreprises, mais par aussi tout l'écosystème français qui pousse à ce que les entreprises françaises s'exportent. Je veux dire, Business France, c'est un de leurs rôles qui doit se faire sur la valorisation, justement, de ces très petites entreprises et le travail artisanal derrière.
- Speaker #0
Oui, c'est intéressant. Ça me fait penser au contrôle qualité, d'ailleurs, et la manière dont ils font quand même une franche différence sur le produit final, mais ça aussi, c'est difficilement traductible sur un tableur Excel. Et donc, qu'est-ce qui fait que... Tu te sens bien dans cette région, j'imagine que tu t'y sens bien. Oui. Qu'est-ce qui fait que travailler ici est agréable et en quoi est-ce que ça diffère ? Comment est-ce que ton expérience française a pu enrichir ton expérience locale et quel contraste est-ce que tu pourrais mettre en avant ?
- Speaker #1
l'expérience française c'est une très très bonne école je pense que sans cette expérience là ça aurait été beaucoup plus compliqué parce que voilà le monde de l'entreprise il y a des process, il y a une organisation il y a une logique aussi rationnelle qu'on acquiert très très bien en France après ce que j'apprécie ici c'est C'est le dynamisme de la région. Je veux dire, un jeune, ambitieuse, etc. Je sens qu'en fait, la lenteur des procédures en France, des prises de décision, la centralisation des prises de décision, ça fait que même dans une entreprise française, on peut graver les étapes, tout est lent. Du coup, on est vite... L'ambition, elle est vite limitée, étouffée, en fait. Et là, on sent que c'est un peu... Elle est enchaînée. Voilà, exactement. Mais après, on ne va pas dire que ce n'est pas le Saudi Dream comme c'était l'American Dream. Mais je veux dire, le monde est possible. En gros, même s'il y a une procédure lente, même si la notion du temps est différente, même si les réglementations ne sont pas souvent très claires, sont floues, les choses changent du jour au lendemain. Je veux dire, même si tout ça n'est pas clair, mais on sent qu'il y a une volonté d'avancer. une volonté de changer de façon de faire, de se moderniser, de s'ouvrir sur le monde. Et du coup, tout ce qui était obstacle, d'un coup peut disparaître. Et donc, ça peut aller très, très vite. Ce qui malheureusement ne pèle pas en Europe aujourd'hui. Si on est dans un vieux continent, les choses prennent du temps. Pour faire vraiment tes marques évoluer, il faut du temps à tout. un chef de service, il faut 5 ans pour devenir directeur, il faut 10 ans pour... Voilà, donc c'est... Alors que là, je trouve que ce dynamisme économique et cette volonté d'ouverture, d'émancipation, de justice aussi par rapport à les femmes, d'autonomisation des femmes, est extraordinaire parce que c'est dire, je n'ai pas envie d'être spectateur, mais actrice de ce changement-là. et finalement c'est venu peut-être que dix ans à l'avant je n'aurais pas dit ça parce que ça n'aurait pas été le même contexte ni politique ni économique mais aujourd'hui je me dis je suis contente d'être dans la voilà d'être témoin de tout ça et d'y contribuer à ton échec après ça va durer ça ne va pas durer il y a les pessimistes les optimistes mais bon en tout cas on est dedans on est dans l'actualité mondiale et on n'est pas de loin et on observe en tant que spectateur
- Speaker #0
Formidable. Et à ton avis, quel est notre avantage concurrentiel à nous autres Français et francophones dans la région ?
- Speaker #1
Alors, je trouve que la France, en tant que Français, on a un avantage énorme. On est très, très appréciés de toutes les populations du Moyen-Orient. Pour eux, quand on dit Français, c'est symbole de qualité. de savoir-faire, de travail artisanal bien fait. Je veux dire, c'est... L'expérience aussi. L'expérience, patrimoine, culture. C'est vraiment... Dit français tout de suite, ça devient... Il y a une partie de ce que tu dis, c'est vrai. La French Touch, en gros, ça c'est... C'est censé faire le travail commercial à la place. Tu n'as pas besoin d'investir dans du business development. C'est censé faire tout ça. C'est vrai que la France, ça porte. Il y a réellement une volonté. Il y a beaucoup de personnes qui sont des francophones, des francophiles dans la région, en Arabie saoudite. Beaucoup de Saoudiens parlent français. Après, le français à leurs enfants. On a interviewé quelques-uns d'ailleurs.
- Speaker #0
Les Qatariens et les Saoudiens en francophone.
- Speaker #1
C'est bluffant. et c'est bluffant et en même temps c'est une fierté et malheureusement je pense que la France ne sera pas suffisamment compte de l'atout que nous avons et pour en faire plus pour développer encore plus les entreprises françaises au Moyen-Orient il y a souvent des a priori c'est dû à un manque de connaissances tout simplement à une partie d'ignorance il faut vraiment enlever les l'île et ces tabous, ces idées préconçues. C'est ton rôle et le mien aussi, chacun à sa salle d'échelle, de dire qu'il faut venir. J'ai été appelée par des chambres des fédérations, de l'ameublement, etc. Mais comment, comment dois-je... Est-ce que je dois porter quelque chose ? Comment je dois m'habiller ? C'est beaucoup des questions, en fait. Mais non, les choses ont évolué, sont changées, et même s'il faut porter.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
et supposant que c'est le cas c'était plus le cas à Rome faisons comme les romains et supposant quand on a besoin de faire il faut se développer, s'exporter on doit s'adapter aux cultures c'est pas aux cultures qui vont s'adapter à nous même si c'était le cas c'est plus le cas aujourd'hui j'y vais comme ça en Arabie Saoudite donc je pense que c'est un travail très très important de sensibilisation, d'éveil de connaissance ... Je veux dire, ne pas présenter... Enfin, il faut aussi présenter tous les aspects. Il ne faut pas dire que tout est rose. Bien sûr. Je veux dire, des fois, j'entends des discours politiques qu'on pense que c'est facile de faire du business au moyen-heure. Non, ce n'est pas facile. Ce n'est pas si évident. Ce n'est pas venir comme ça et trouver les marchés dans la rue, ramasser l'argent. C'est long. Il faut être patient. Il faut être patient. Il faut prendre du temps. Il faut comprendre les nuances. Il faut... enlever un peu les dogmes pour nains et essayer de s'adapter, etc. Prendre les bonnes personnes, les bons partenaires. Et on y arrive, je veux dire, on y arrive. Il y a énormément d'entreprises étrangères qui réalisent de réels succès ici, en Arabie saoudite. Donc oui, je pense qu'on a un atout très important, mais il n'est pas suffisamment valorisé côté français. Il faut l'utiliser pour aller plus oser. oser l'export make it iconic make it iconic vous utilisez maintenant tous les slogans oser mais toujours en gardant l'humilité l'esprit de conquérant ça fonctionne plus c'est intéressant ce que tu disais sur les
- Speaker #0
a priori qui peut y avoir l'humilité ça revient beaucoup au gré des interviews ... Et je pense une posture où on reste curieux en acceptant et en admettant qu'il n'y a pas qu'une seule vérité en réalité, qu'il n'y a pas qu'une seule manière de faire, et que la manière dont on fonctionne peut être efficace dans un environnement donné, mais il n'est pas dit que le même mécanisme et le même fonctionnement soient efficaces dans un autre environnement. Et quand bien même ce mécanisme serait efficace dans un autre environnement, l'environnement en question... peut avoir son propre mécanisme et qu'il faut être suffisamment flexible pour l'accepter et admettre que ça fonctionne. Ça fonctionne différemment de la manière dont on a été habitué à voir les choses. Ça fonctionne différemment de la manière dont on voudrait que les choses soient faites. Mais au final, le résultat est là. C'est quelque chose que moi aussi j'ai appris, j'ai découvert des manières de fonctionner en disant, ah, on peut faire autrement. OK, d'accord. Et ça, ça calme. ça nous laisse les œillères plus ouvertes et on est aussi davantage dans l'écoute pour comprendre justement ces chemins alternatifs ces voies alternatives ces flexibilités,
- Speaker #1
adaptabilité Humilité et professionnalisme. Je veux dire, si on a le mélange, le bon dosage de chaque... Patience, patience, travail. Un peu de talent quand même,
- Speaker #0
parce que c'est vrai qu'il faut quand même souvent des profils qualifiés. Avec une expérience acquise en France, en France francophone ou ailleurs, les expériences précédentes aident beaucoup. Et qu'est-ce que tu voudrais nous partager d'autre encore sur ce jeu du parcours ? pour cette région de l'Union ?
- Speaker #1
J'ai encore au début, ça fait presque 4 ans. Donc là, mes objectifs, c'est vraiment le développement sur l'Arabie saoudite, notamment pas que pour Daniel Décor, mais pour tout le groupe, de pouvoir créer du business pour toutes les sociétés du groupe. C'est l'objectif. Après, c'est vrai que je suis agréablement surprise Très inspirée des femmes que j'en rencontre au quotidien au Moyen-Orient, pareil en Arabie Saoudite. C'est souvent des femmes inspirantes qui en veulent, qui veulent justement prouver à leur société qu'elles ont été longtemps mises à l'écart, mais qu'à tort, et qu'aujourd'hui, le nouveau Moyen-Orient, en tout cas la nouvelle Arabie Saoudite, ne peut pas se faire sans elles. Et que je pense qu'aujourd'hui, ils sont en train de le comprendre. Et c'est vrai qu'on voit beaucoup de niveaux des institutions publiques à la tête de femmes très intéressantes et souvent diplômées dans les médias d'université, aux États-Unis, en Angleterre, avec des parcours éducatifs assez impressionnants. Et après, mais pas que ça. Réellement, quand on discute avec elles, c'est wow. Au final, c'est que peut-être que dans l'avenir, ces femmes-là pourront être des sources d'inspiration pour nos femmes en Occident.
- Speaker #0
Peut-être que ça pourrait s'inverser. Peut-être que ça pourrait s'inverser un moment. Tu vois, je n'avais pas encore envisagé les choses sous cet angle, mais c'est... tout à fait probable et tu parlais de cette nouvelle génération en fait qui arrive, qui est éduquée qui se forme en Occident, qui connait l'Occident bien et c'est là où il y a quand même un gap où eux nous connaissent mieux que nous ne les connaissons et ils ont en ce sens souvent un avantage concurrentiel et je pense que j'ai perdu le fil, et oui sur les femmes Je pense que dans toutes les régions du monde, dans tous les pays de cette région, même si les femmes ont au final toujours joué un rôle important, juste pas forcément sur le devant de la scène, le fait de les mettre davantage sur le devant de la scène, il y a un constat, c'est que non seulement on fait bien avec elles, avec nous, on fait même souvent mieux.
- Speaker #1
Et je trouve que ça assainit les relations. professionnelle dans le milieu d'affaires. Ça devient plus clean. Pour ne pas parler de sujet. Pour moi, une femme, les relations, elles sont beaucoup plus saines. Il y a moins de corruption. C'est vraiment d'égal à égal. On va valoriser le travail. C'est très professionnel.
- Speaker #0
Il y a quelque chose qui est intéressant aussi sur le fait d'être une femme qui occupe un poste à responsabilité dans la région. C'est très intéressant. si ce féminisme assumé. C'est-à-dire qu'il n'y a pas une tentative, je n'identifie pas une tentative de se travestir, de faire comme si on était un homme. Non, en fait, elles sont très très femmes. Elles s'assument très très femmes, très très mamans même, avec ce management maternel et qui... et qui fonctionnent très bien. Ils fonctionnent très bien. Et je trouve ça aussi intéressant, cette posture où chacun est différent, égal dans son poids, dans la prise de décision et dans les responsabilités au sein de l'entreprise, mais avec une manière de faire différente.
- Speaker #1
Différente.
- Speaker #0
Et avec une différence qui est respectée par l'autre, en plus. Ça, ça a été aussi intéressant de voir, non pas une tentative de devenir, de se masculiniser, entre guillemets, ... Mais au contraire, d'être plus que jamais plus que jamais très tirée par Catherine.
- Speaker #1
En outrance.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et c'est intéressant, c'est peut-être un phénomène un peu différent pour celui que je constate. J'ai parlé de ce que je connais le mieux en France, mais peut-être que la nuance est moins... On en est dans d'autres pays francophones, au Canada, en Afrique subsaharienne, en Afrique du Nord, en Europe, en quelque part.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est une remarque intéressante parce qu'elles assument totalement leur féminité tout en prétendant à des poses de responsabilité. Donc ça veut dire que les poses de responsabilité ne sont pas liées au sexe masculin, mais non. Je n'ai pas besoin de ressembler à un homme pour devenir CEO d'une boîte.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Non, je suis femme. Et je prétends à devenir CEO d'une grande boîte du PIAF ou whatever.
- Speaker #0
Et puis, autre chose aussi qui pourrait sans doute surprendre, en 12 ans ici, je n'ai jamais fait l'objet de quelques remarques sexistes que ce soit. Jamais. Et c'est intéressant, en fait, parce que... d'un point de vue sociétal, parce qu'il y a ce respect du fait que tu es une femme qui occupe des responsabilités, mais je ne sais pas pour toi, peut-être que toi, tu es dans un environnement peut-être plus masculin, tu as été confrontée à ça, et moi, dans un milieu plus, entre guillemets, tertiaire, moins sur les chantiers. Je ne sais pas, est-ce que tu partages ce retour d'expérience ou pas nécessairement ?
- Speaker #1
Si, si, si. Je n'ai jamais été confrontée à une remarque, en tout cas pas indirectement, peut-être indirectement. Peut-être, je dirais, des regards, des choses sous-entendues, plutôt je dirais d'une population d'ouvriers-travailleurs asiatiques.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
moins éduqués. Plus que de locaux. Bahraini ou Saoudien je veux dire voilà parce que les populations asiatiques aussi la femme n'a pas une position dans leur société donc voilà plus on va dire voilà population moins éduquée que vraiment de locaux mais après après on fait fille on avance et il ne faut pas être trop susceptible et alors comment est-ce que
- Speaker #0
quelles sont tes projections ? Comment est-ce que tu vois l'évolution de ton industrie d'une manière générale et particulièrement dans la région ? Tous ces mégaprojets qui alimentent d'autres secteurs d'activité, l'hôtellerie et donc avec ces établissements tous aussi beaux les uns que les autres, une grande demande mais aussi une grande orgue. Comment est-ce que est-ce que tu... Quelle est ton espèce de vision ? Comment est-ce que tu sens l'évolution ?
- Speaker #1
Ça me révèle encore du subjectif parce que c'est assez compliqué. Il y a pas mal de paramètres qui dépendent plutôt de l'évolution, des prises de décision du gouvernement, de l'Arabie Saoudite, si on parle de l'Arabie Saoudite. Il y a énormément de projets, mais il y a une sorte de goulot d'étranglement aussi. Il y a une capacité finalement limitée à exécuter tous ces projets-là. Donc ils vont devoir s'adapter. Parce qu'en même temps, pour pouvoir travailler en Arabie saoudite, il y a pas mal de réglementations, il y a une demande de saoudisation, etc. C'est important, sachant que dans le métier du bâtiment... c'est plus essentiellement des ouvriers sur le chantier. Je veux dire, ma proportion bureau-office, enfin office et chantier, on va être sur 20% office et 80% sur chantier. Or, on ne peut pas mettre sur les bureaux du 100% saoudien. On est obligé de mélanger avec aussi des compétences qu'on a de l'étranger. Et sur chantier, c'est pratiquement impossible de trouver des locaux à travailler sur les chantiers. donc ça c'est vraiment une première challenge que le pays doit y faire face, trouver des solutions, parce que pour pouvoir réaliser toutes ces ampleurs de projets avec les échéances de 2030, 2034, la Coupe du Monde, etc., il va devoir faire des réajustements. Donc finalement, nous, on va devoir faire preuve d'adaptabilité, de flexibilité, puisque les choses changent de chaque mois. Ce qui est aujourd'hui, peut-être demain, la réglementation va changer, il va falloir s'adapter. Donc, c'est ce qui rend la tâche un peu plus compliquée pour des entreprises européennes, de pouvoir faire des forecasts, des prévisions, des anticipations. C'est compliqué. En ce temps, il y a des projets, il y a des choses qui vont se passer. Je vous ai parlé justement par rapport à la concurrence asiatique. Je pense que l'objectif du Crown Prince aussi, c'est de développer l'écosystème local, les industries locales. Donc si finalement tous ces projets-là ne vont pas bénéficier à son écosystème, il va réorienter les choses. Donc tout ça, et nous, on doit s'adapter. Je veux dire, on ne doit pas être rigide. On veut qu'on suive l'actualité, on suive les évolutions. Il y a des choses qui... Enfin, c'est vrai que tout est récent. on parle de 4 ans, 5 ans en arrière enfin c'est pas j'en prends ce laps de temps par rapport à l'histoire, c'est rien du tout il y aura forcément des moments d'équoac des choses qui peuvent s'arrêter pour mieux reprendre je pense qu'il ne faut pas avoir une vision ni à court ni à moyen terme, mais vraiment à long terme il faut regarder à long terme parce que si on investit ici juste pour avoir un projet bien Profitable et partir, ce n'est pas intéressant.
- Speaker #0
Il faut vraiment s'intéresser. Le retour sur investissement ne sera pas évident, parce que d'abord, il y a tout le temps à investir avant de décrocher le projet. Et quitte à être parvenu à tisser une relation de confiance, autant la faire fructifier.
- Speaker #1
Et après, il y a une réelle volonté de transmission de compétences. Pour l'Arabie saoudite, le message est clair. des formations. Ok, on vous donne des projets, mais vous devez former nos citoyens pour que le savoir-faire reste aussi chez nous. On ne veut pas que ce soit lié à des expats. Donc ça aussi, la formation, les écoles de formation, le métier d'artisanat, moi je vois ce qui se fait au niveau de Aloula, il y a une école de formation pour laisser les populations locales sur des artisanats locaux, ou même pas forcément locaux, mais essayer de faire du travail manuel. Il y a une volonté sur tout le... le territoire, de vraiment transmettre aux populations locales pour qu'au final, ce ne soit pas lié à un expat qui est venu à un temps donné nous apporter ce sujet. C'est mensonger aussi. Exactement. Et être plus indépendant et autonome. Donc, il faut aussi comprendre cette logique-là pour pouvoir s'y insérer. Au final, ils nous auront toujours besoin d'experts, de compétents, etc. Ça ne va pas changer. D'expérience. Mais que ce soit un win-win. Exactement. Mais que tout le monde soit content. c'est pas On n'est pas là à leur donner un projet prêt à être utilisé et repartir, c'est parce qu'ils veulent. Ils veulent vraiment pérenniser cette expérience pour que ça reste chez eux aussi. Donc voilà, il faut comprendre un peu toutes ces nuances. Du coup, pour l'avenir, c'est compliqué à dire réellement, parce que c'est des choses qui vraiment dépendent aussi de la volonté du pays, de la façon de comment ils vont s'organiser dans les années à suivre. Mais oui, je pense qu'avec tout ce qui se passe en Europe, aujourd'hui, l'Arabie saoudite risque de devenir une bouffée d'air pour pas mal d'entreprises européennes. Et même, je vois pas mal d'experts qui, au départ, ne voulaient pas forcément vivre en Arabie saoudite. Aujourd'hui, ils apprécient. Il y a même l'état de... Le mindset, ça devient de plus en plus agréable. Il y a pas mal de divertissements. Il y a du théâtre, des opéras, etc. Une vie culturelle qu'il n'y avait pas du tout. Je pense qu'elle sera encore plus dynamique que tout ce qu'il y a dans la région. Probablement, on va prendre l'avion pour aller à Riyad, pour assister à une pièce de théâtre, un concert ou une pièce de théâtre, etc. Tout ça, c'est en train de se mettre en place pour améliorer la qualité de vie. des citoyens, mais aussi des expatriés. Donc oui, c'est intéressant, c'est un modèle intéressant pour voir comment il va durer dans le temps, et il faut que nous, en tant qu'entreprise française, on fait preuve d'ouverture d'esprit et de flexibilité.
- Speaker #0
Tu vois, quand tu parlais de cet entrain, j'ai un ami sénateur qui me disait que c'était intéressant quand on arrivait dans cette région du monde, on est plus de... qui peut s'y passer en ce moment, on a quand même l'impression d'être à l'épicentre de l'optimisme. Il y a un côté, tout est possible. Il y a un côté qui est assez porteur, qui donne envie de participer à cet élan qui se dirige vers une direction qui semble être bonne pour tous. Et c'est assez stimulant. Et alors, quel conseil est-ce que tu donnerais à nos auditeurs curieux, mais qui hésitent encore un peu à franchir le pas, ou plus dubitatifs ? Qu'est-ce que tu leur dirais ?
- Speaker #1
Il faut venir sur le terrain. Je veux dire, écouter, être...
- Speaker #0
prendre des retours d'expérience, c'est intéressant, mais il faut venir et juger par vous-même sur le terrain. Tant qu'on ne s'investit pas, on ne rencontre pas les gens, probablement ça va être à perte, parce qu'il n'y aura pas forcément de gain tout de suite, mais c'est la meilleure façon vraiment de sentir tout ce qui se dit, tous ces retours d'expérience, il faut venir sur le terrain, contacter les autres entreprises qui sont implantées dans la région, personnellement, à chaque fois qu'on me contacte. je suis ravie de partager mon expérience et je suis à l'écouté jeu et je partage etc je dis vraiment les choses sans tabou je dis aussi bien les avantages que les inconvénients vous négociez vos contrats faire attention aux paiements vous faire attention voilà toutes ces problématiques là je les dis sans aucun problème je suis là pour vraiment donner conseil mais n'hésitez pas à venir à voyager enfin venir assister aux événements assister à des conférences, participer à... à des expositions hautes enfin il faut en tout cas c'est des pays l'avantage c'est des pays très très safe j'espère que ça va être créé dans la zone maintenant on ne sait pas mais en tout cas moi je vois ma fille aussi à Bahreïn elle part avec son vélo elle fait la gare devant la piscine elle laisse à l'extérieur elle le retrouve intact on est jamais en panique quand on voit plus l'enfant dans un centre commercial et pour moi les centres commerciaux sont grands c'est magique c'est vrai que ça vaut tout l'ordure cette tranquillité tranquillité pareil ma fille avec ses copines vont dans le centre commercial font leur shopping je suis tranquille je sais que je vais la trouver au même endroit je me pose même pas la question et c'est vrai qu'aussi je sais pas si c'est la vraie vie ou pas parce qu'après j'appréhende un peu le retour de leur vie demain en Europe parce que même quand on revient en France stressé attention attention tu me stresses oui il faut faire attention à la cnc parrain je sais pas si c'est là qu'elle est la vraie vie on sait pas mais oui c'est très intéressant souvent les gens enfin quand on est arrivé quand nous sommes arrivés pendant
- Speaker #1
longtemps je me suis dit mais ça a duré quelques années ce n'est pas la vraie vie mais ici c'est la vraie vie c'est ma vie la réalité c'est la manière dont les autres vivent et la manière dont il faut vivre est-ce qu'on doit se soumettre à autant de d'anxiété spécialement
- Speaker #0
en ayant des enfants c'est anxiogène de penser tout le temps à leur sécurité, ils sortent de l'école c'est vrai que c'est assez confortable ici dans la région de dire que c'est un sujet auquel j'y pense pas
- Speaker #1
et avant que nous nous quittions chère Emna est-ce que tu pourrais nous partager ta dernière fierté ah ma dernière fierté ma dernière fierté ah
- Speaker #0
oui ma dernière fierté je sais pas si tu étais présente au concert de piano à l'ambassade de France ici à Bahreïn c'était je pense l'année dernière il y a 6 mois ... il y a quelques mois, il y a un pianiste français qui est venu à l'ambassade et c'est Daniel Décor qui a sponsorisé cet événement.
- Speaker #1
Oui, on avait nos petites trousses. Exactement.
- Speaker #0
Et du coup, pour moi, c'est d'où je viens, la situation en tout cas de l'entreprise, économique difficile, un environnement athée c'est plutôt négatif en tout cas sur pas mal de sujets et que finalement on a pu éponger des dettes, avancer, pouvoir reprendre notre part de marché, nos clients etc. Et pour moi c'était un peu l'apothéose où j'ai invité mes collègues, en tout cas les plus importantes de la boîte et des clients aussi à nous, à cet événement à l'ambassade de France ici à Bahreïn pour ce moment magique. Pour moi Pour moi, c'était une satisfaction. Personnel et professionnel parce que ça fait partie aussi de notre ADN de Daniel Decor et du groupe, vraiment transmettre la culture, l'art valorisé et tout ça. Et surtout de là où est-ce qu'on était et aujourd'hui pour être capable de faire cet événement-là. Et c'est vrai que toute l'équipe, j'étais assez émue parce que l'équipe était très fière que Daniel Decor arrive à sponsoriser un événement de cette ampleur. Les clients qui étaient là. C'est un très,
- Speaker #1
très beau concert.
- Speaker #0
Les clients qui m'ont rappelé. Merci pour cet événement magique. On est fiers de travailler avec Daniel Décor. C'était en plus des clients assez importants qui travaillaient. au niveau de la famille royenne. Donc, c'était vraiment une satisfaction. On arrive et au-delà d'améliorer la situation financière, mais de pouvoir être sponsorisé des événements comme ça, c'est une double satisfaction.
- Speaker #1
Il est magnifique. Bravo, chère Emna.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Encore merci d'avoir partagé aussi généreusement ton expérience du Golfe, de Bahreïn, d'Arabie saoudite et des autres pays de la région avec nous. Et à très prochainement. Encore merci.
- Speaker #0
Merci à toi, Rosiane. Merci.