- Speaker #0
Bienvenue dans Hors Cadre, ici on écoute ce qu'on ne devrait pas entendre. Chaque épisode un invité qui a choisi de vivre autrement ou de simplement penser autrement avec son histoire, sa philosophie et les colisses de sa vie. Et qui sait, un message à partager. Tu peux t'installer confortablement ou juste écouter en arrière-plan, peu importe, car l'essentiel c'est d'être là. Tu es prêt ? Ça commence maintenant.
- Speaker #1
Là je suis à deux doigts de chialer même,
- Speaker #0
carrément.
- Speaker #1
C'est beau. Je trouve que c'est beau.
- Speaker #0
Trop bien. Il y a un coup de piano fait par Gaspard Deguzan. C'est lui qui a créé le coup de piano. Merci ! Merci d'être là, merci de jouer le jeu et de participer à ce podcast. Je sais que ça peut ne pas être évident, tu vois, d'être invité par un gars comme moi.
- Speaker #1
Merci pour l'invitation.
- Speaker #0
Trop trop bien. Bah écoute, on commence toujours avec la même question parce que c'est une question qui pour moi est générique et on met trop ça de côté. C'est tout simplement, comment ça va ? Mais attention, comment ça va vraiment ?
- Speaker #1
Eh bien, ça va. Ça va. Aujourd'hui, je peux dire que ça va, ouais. C'est cool.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
Eh bien, c'est-à-dire que je me sens bien. Je suis bien ici, je suis bien. C'est cool de me voir accueilli, donc ça me fait plaisir. Et puis voilà, j'ai pas de soucis en particulier sur le moment. Nickel.
- Speaker #0
Écoute, on enchaîne souvent avec une deuxième question que j'aime bien. C'est à quel moment de ta vie, vu que ça a l'air d'aller et c'est cool, franchement, tant mieux, et en plus, tu m'as dit que ça a l'air d'aller ici. à la maison dans le studio. À quel moment de ta vie es-tu en ce moment ?
- Speaker #1
Oula, Joker ! À quel moment de ma vie je suis en ce moment ? Je pense que je suis dans un moment de on va dire de renaissance un petit peu. Un petit peu comme ça. Et voilà, tout simplement. On va dire que je pars sur ce projet-là.
- Speaker #0
Renaissance,
- Speaker #1
c'est-à-dire ? Tu renais de quoi ? Je renais d'un passé de travailleur, de travail qui m'ont beaucoup abîmé, on va dire.
- Speaker #0
En tant que salarié ?
- Speaker #1
Du tout. Je suis indépendant, mais j'ai eu une partie de moi qui a été salarié pendant quelques années. Et c'est vrai que j'ai renais de ma fin de contrat de salarié pour devenir indépendant. Et aujourd'hui, c'est ma deuxième partie d'indépendance, on va dire. J'ai l'impression, depuis quelques temps.
- Speaker #0
Donc t'es un sort de 2.0 ?
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
Trop stylé, donc c'est pour ça peut-être aussi que tu te sens bien.
- Speaker #1
Et je pense que ça fait partie du processus, ouais.
- Speaker #0
Trop stylé, trop trop bien, j'aime bien entendre ça. Dis-moi, quand as-tu compris que tu étais différent ? Parce qu'on est bien d'accord, si t'es là, c'est peut-être qu'il y a une différence par rapport à une moyenne, je ne sais pas. Mais quand as-tu compris, toi, que tu étais différent ? Si tu te sens différent, évidemment.
- Speaker #1
Alors à vrai dire, je ne me sens pas réellement différent, tu vois. Je me sens un peu comme tout le monde. Et justement, c'est aussi, je pense, pour ça que j'en suis là, parce que je suis un peu comme tout le monde. Et par contre, j'ai ressenti un moment dans ma vie où je ne voulais pas subir une surcharge de tout, une surcharge de travail, une surcharge de vie commune, on va dire, avec les autres personnes. Et j'avais besoin vraiment de m'émanciper dans d'autres choses qu'une vie de salarié ou une vie de bon petit soldat. Je ne sais pas si tu comprends un peu.
- Speaker #0
Je vois très bien. J'espère que vous comprenez aussi, vous qui nous écoutez. Du coup, c'est quoi ? En gros, comment tu peux nous expliquer cette différence ? Parce que quelque part, tu viens d'expliquer qu'il y a un truc qui est différent chez toi, où tu as décidé de prendre un chemin différent.
- Speaker #1
La différence, je pense que je n'ai pas voulu subir, un peu comme beaucoup de gens, subir ma vie. J'ai voulu vraiment vivre ma vie. Et en voulant vivre ma vie, j'ai subi de vouloir vivre ma vie. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, je veux vraiment vivre ma vie. Donc d'où le 2.0, d'où la renaissance.
- Speaker #0
Donc ce serait ça pour toi, être différent ?
- Speaker #1
Oui, comprendre que la vie, ça ne s'arrête pas forcément à avoir... quelque chose d'écrit, il faut faire ceci, il faut être là, il faut être là à ce moment-là, et à tel âge t'as des enfants, et à tel âge t'as acheté une maison, et à ceci. Non, chacun, je pense, doit être libre de le faire comme il l'entend, et c'est ce qui fait que je me sens pas différent, mais différent.
- Speaker #0
Ok, je vois très bien. C'est cool, putain, c'est trop bien. Bah du coup, tu sais, souvent quand on est différent, entre guillemets, même si tu te sens pas différent, moi je suis un peu pareil par rapport à ça, souvent on nous met dans des cases. Donc du coup, si on devait te mettre dans une case... laquelle te dérangerait le plus ?
- Speaker #1
La case de l'opportuniste. Je pense que ça me dérangerait.
- Speaker #0
Aujourd'hui,
- Speaker #1
je pense que ça me dérangerait.
- Speaker #0
C'est-à-dire, qu'est-ce que t'entends, toi ? Enfin, on sait ce que ça veut dire, opportuniste, mais qu'est-ce que t'entends par ça ? Quelle est ta vision sur ça ?
- Speaker #1
L'opportuniste, c'est être là où il faut être quand il faut être. Et je pense que je me suis retrouvé dans les endroits au bon moment sans pour autant être opportuniste.
- Speaker #0
Ouais, je vois.
- Speaker #1
Et c'est vrai que... J'ai eu ce souci pendant pas mal d'années, et encore aujourd'hui d'ailleurs, de ne pas avoir l'impression d'être à ma place, d'être un peu un imposteur, toutes ces choses-là. Ce qui fait que tu peux avoir ce truc d'opportunisme, ça il était là au bon moment. Et en vrai, non. En vrai non, j'ai mérité ma place.
- Speaker #0
Est-ce que tu parles de la notion de chance ? Genre qu'on te dise que tu es un chanceux ?
- Speaker #1
Oui et non, parce que je me considère très chanceux pour beaucoup de choses. Mais l'opportunisme, c'est vraiment d'aspirer à quelque chose. Pour moi, c'est d'aspirer à quelque chose dont tu n'es pas fait pour. C'est-à-dire que, tu vois, on parlait tout à l'heure, beaucoup de gens deviennent DJ en ce moment. Je pense que c'est l'opportunisme. C'est-à-dire que ce métier-là, il y a un petit truc à faire, un petit truc à prendre. On y va. Pareil, dans le tattoo, on est en train de vivre ça aujourd'hui dans mon domaine.
- Speaker #0
Alors que toi tu parles de véritable vocation quoi, c'est pas juste parce que c'est un truc tendance ? C'est ça,
- Speaker #1
c'est une vocation, c'est une manière de vivre, et je pense que c'est dans tous les métiers. Il y a des gens qui sont voués à être pompiers, il y a des gens qui sont voués à être policiers, il y a des gens qui sont voués à être peintres, dessinateurs, chanteurs, etc. Tu n'arrives pas là par hasard, tu vois. Du moins ta carrière ne s'écrit pas sur cinq ans.
- Speaker #0
Ok, je vois. Là tu commences un peu à raconter ton histoire. Ben justement, il y a une question que j'aime bien, c'est quoi la partie de ton histoire que tu n'aimes pas raconter ?
- Speaker #1
La partie que je n'aime pas raconter...
- Speaker #0
La partie que tu n'es pas obligé de raconter, c'est libre, si t'as pas envie tu me dis. Les jokers.
- Speaker #1
Non, tout dépend, professionnellement parlant ou... Peu importe. Une partie que j'aime pas forcément parler ou raconter, on va dire que ça va être mon adolescence, où j'ai eu une adolescence assez compliquée. Je pense comme beaucoup d'ailleurs. Je ne suis pas tout seul. Et c'est vrai que ça fait partie de mon passé où j'aurais peut-être aimé changer des choses aujourd'hui. Donc ça, c'est des trucs que je n'aime pas raconter. Moi, de naissance, c'est cette jeunesse-là.
- Speaker #0
C'est dans cette partie de ton histoire où il s'est passé peut-être des choses les plus marquantes, qui t'ont peut-être forgé aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, carrément. Carrément, carrément.
- Speaker #0
Ou le fait de ne peut-être pas aimer raconter.
- Speaker #1
Voilà, peut-être.
- Speaker #0
Est-ce que tu as, parce que c'est souvent en lien, Est-ce que tu as déjà voulu tout arrêter et pourquoi ?
- Speaker #1
Tous les jours. Tous les jours j'ai envie de tout arrêter et tous les jours je me demande pourquoi. Donc tu vois c'est...
- Speaker #0
Bienvenue.
- Speaker #1
Pourquoi je veux arrêter ? Parce que ça me gonfle. Voilà, parce que tu mets beaucoup d'efforts dans ta vie, dans ta carrière, etc. Et puis t'as pas les retombées qu'il faut, t'as pas la reconnaissance qu'il faut, tu vois. Et toutes ces choses-là, je pense que tu vis un peu aussi ça tous les jours, on est un peu dans le même... par les mêmes métiers, mais pas loin. Et en fait, le lendemain, tu te dis, ben non, en fait, pourquoi je vais arrêter ? Parce que je n'ai pas 40 000 personnes qui me suivent, parce que je ne suis pas reconnu par telle personne que j'adore ou autre. J'en ai un... Pardon. Mais tu vois, en fait, non, je vais continuer. Et le principal, le plus important dans tout ça, dans tout ce que j'ai pu entreprendre aujourd'hui, je pense que c'est de faire quelque chose qui me parle et qui me plaît. Tu vois ? Et donc c'est pour ça que j'arrête pas. Parce qu'en fait, j'arrête pour faire quoi ? Qu'est-ce qui va me plaire après ? C'est quoi qui va me plaire ? Donc là, on rentre dans la case de l'opportunisme. Ah oui,
- Speaker #0
tu boucles la boucle du coup.
- Speaker #1
Tu vois ce que je veux dire ? Je trouve que c'est un peu compliqué aujourd'hui, de ce point de vue-là.
- Speaker #0
C'est un truc qui est récurrent, ce truc-là. C'est pour ça que j'adore poser cette question. Quand est-ce que tu veux tout arrêter ? Pourquoi ? C'est un truc qu'on vit tous.
- Speaker #1
c'est tous les jours Il n'y a pas une semaine où tu ne te dis pas « Demain, je ne me lève pas. C'est bon, Nick. Je ne me lève pas. Je ne vais pas faire ce que j'ai à faire. » Au final, tu te réveilles et tu fais ce que tu as à faire. Déjà, c'est tout ce que tu sais faire. Et puis, c'est tout ce que tu as envie de faire.
- Speaker #0
Une sorte de montagne russe d'anxiété, de perte d'espoir. Et puis, tu remontes, etc. C'est ça. Ça te consolide, d'ailleurs.
- Speaker #1
Ça te consolide carrément. Et puis, ça te fait... Ça te donne beaucoup d'espoir à chaque fois. C'est tout bête, mais imaginons il y a de ça une semaine et des gens qui me sont très poches le savent, je voulais tout plaquer parce que ça me gonfle. Et au final, ce matin, je suis venu te voir. Tu as voulu tout plaquer. Aujourd'hui, tu as une opportunité de parler, de raconter, de faire ces choses-là. Et demain, ça sera quelque chose d'autre.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Tu vois.
- Speaker #0
Bah, du coup, en vivant comme ça, quelle est la vérité ou le truc ou le message que tu as découvert sur toi en vivant comme ça, en prenant ce genre de choix ? Si t'as capté un message, un truc qui fait que... Ah putain, peut-être pour ça.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. Ce que j'ai capté, c'est que j'ai beaucoup de stress. Beaucoup de stress qui n'ont pas lieu d'être. Ça va être dur à... C'est dur à expliquer, mais en fait, tout va bien.
- Speaker #0
Hum, ouais.
- Speaker #1
c'est ce qu'on appelle l'anxiété tout va bien et c'est vrai que moi je suis quelqu'un qui est très anxieux qui est très stressé il faut faire ceci, il faut faire cela et en vrai tout va bien c'est pas grave t'arrives à relativiser de malade et depuis pas si longtemps que ça depuis moins d'un an j'essaie de relativiser et j'arrive à relativiser et j'en ai 34 sachant
- Speaker #0
que tu fais ce que tu fais depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Je suis rentré dans le tattoo en 2014. Ça fait 10 ans que je suis dans le tattoo. J'ai commencé à gagner ma vie dans le tatouage en 2018. Donc ça a pris du temps. D'où l'anxiété qui a dû se forger. Exactement. Et puis, savoir aussi si tu es bien à ta place, et comment ça va fonctionner, et tous ces trucs-là. Et encore une fois, aujourd'hui, tu te dis, tout va bien. Ce n'est pas grave si on a un moi qui est moins bon que l'autre. Ce n'est pas grave si il y a un mois où on est moins productif que l'autre. Tout va bien.
- Speaker #0
Tu as gagné en sagesse.
- Speaker #1
Exactement. D'où le 2.0, je pense, et qui me sera extrêmement positif dans les trois prochaines années à venir. Je pense rester branché. Ça va péter.
- Speaker #0
Ça va péter. Cool. Alors, si là, maintenant, on coupait genre les micros et que tu me dirais un truc que tu n'oserais pas dire à l'antenne, ce serait quoi ? Sachant qu'encore une fois, tu n'es pas obligé.
- Speaker #1
Genre, mec, j'ai mal au bide. J'ai mal au bide. J'ai mal au bide des ouf. Pourquoi ? Parce que là, je suis dans une posture où je n'ai pas l'habitude. Et je te dirais, mec, mais qu'est-ce qu'on me rend ? Je me barre, en fait. J'ai d'autres trucs à faire. Je me barre. Je n'ai pas envie. C'est ce que je te dirais, peut-être. Et pourtant, je suis très content d'être là.
- Speaker #0
C'est marrant. Là, tu sors de ta zone de confort.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Est-ce que selon toi ça t'est bénéfique ? Est-ce qu'il y a un truc ? Est-ce que tu vois vraiment une opportunité sans être opportuniste en l'occurrence ?
- Speaker #1
Ouais, je vois quelque chose de bénéfique. On va dire que là, comme tu dis, je sors de ma zone de confort, excuse-moi. C'est des choses que je ne fais que très peu. Je suis toujours dans ma grotte à travailler, à travailler. Et en vrai, cette anxiété, elle passe aussi par là. Le fait de rester tous les jours à reproduire les mêmes gestes, faire les mêmes choses, et un jour ça fonctionne, un mois ça fonctionne, un mois t'es le roi du pétrole, et un mois ça va plus. Et bien en fait, si tu sors de cette zone de confort-là, le mois où ça ira plus, ça ira. Parce que t'auras d'autres opportunités qui seront ouvertes, malgré le fait de ne pas être opportuniste, parce que t'auras été aller chercher ces opportunités-là. Tu vois ?
- Speaker #0
Exactement. Il y a une phrase que je me dis souvent et que je dis à mon équipe en ce moment, c'est que moi mon anxiété elle vient souvent, ... Parce que je me dis, peut-être que là, je ne suis pas dans le bon endroit. Peut-être que là, si je m'en vais parce que je suis fatigué, peut-être que l'opportunité sera là à ce moment-là et que je l'aurai loupé. Tu vois ? Peut-être que si je prends des vacances là, je vais louper une semaine où il y aura peut-être des choses qui vont se passer.
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
Tu ressens ça ?
- Speaker #1
C'est exactement ça. Moi, en 10 ans de tattoo, on va dire 10 ans, ça ne fait que 2 ans où je prends réellement des vacances.
- Speaker #0
Ah ok.
- Speaker #1
Tu vois ? ça fait que deux ans que je prends réellement des vacances je me dis là je suis pas là le téléphone il fonctionne parce que t'es obligé d'avoir le téléphone et les mails et répondre et tout ça ça reste un travail mais je suis pas là si j'ai des projets et qu'on me demande il me faut ça pour demain je suis pas là ok donc tu peux te permettre je suis pas là c'est pas grave va voir ailleurs je m'en fous je suis pas là c'est vachement bien justement de te dire que si t'es pas à cet endroit là comme tu dis au bon moment c'est pas grave on perd un truc mais on gagne autre chose on gagne autre chose quelque part
- Speaker #0
Trop bien, trop stylé d'arriver à ce point-là, à ce niveau de vie, sachant qu'être indépendant, je le rappelle, c'est pas évident du tout.
- Speaker #1
C'est la merde.
- Speaker #0
Mais c'est un chemin qui nous appelle, c'est un chemin que parfois on a besoin, peu importe notre statut aussi, déjà juste de faire ce qu'on a envie de faire, ce qui nous anime, ce pourquoi on est peut-être là, pour ceux qui arrivent à aller à ce point-là, peut-être spirituellement ou autre, ça c'est peut-être un rayon que je connais moins, mais c'est hyper douloureux, parce que tu vois, il y a toute cette anxiété dont tu parles, etc. Donc c'est trop, trop stylé. Donc c'est ça. Rappelle-moi, qu'est-ce que tu aimerais dire, en fait, quand les micros se coupent ?
- Speaker #1
J'ai toujours ma lobby de mec.
- Speaker #0
C'est ça. Trop, trop bien. Si quelqu'un, là, là, normalement, ça devrait être écouté par des gens, par ton réseau, par le mien, etc. Et puis par d'autres, je le souhaite, je nous le souhaite, et je te le souhaite. Si quelqu'un, là, nous écoute et n'osent pas encore s'écouter justement. Tu vois, comme c'est un peu le but aussi de ce podcast-là, c'est qu'on puisse s'écouter aussi soi-même, de ne pas avoir peur d'être hors cadre dans tous les sens du terme, et pas seulement dans l'activité, mais aussi juste dans la manière de penser, dans la philosophie de vie, peu importe. Si quelqu'un qui n'ose pas s'écouter, là, nous écoute, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #1
Ça, c'est une question qui est compliquée, parce que chaque personne ne réagit pas pareil, mais réellement, je pense que je dirais... Écoute-toi parce qu'en fait, il n'y a que toi qui sais ce que tu as envie, il n'y a que toi qui sais ce que tu veux. Donc il y a des gens, moi je connais beaucoup de personnes, je connais beaucoup de personnes qui ont des talents, des talents, voilà, peu importe et qui n'en font rien parce qu'ils ne s'écoutent pas, parce que justement il faut aller au travail, il faut faire ceci, il faut faire la cuisine, il faut… Pose-toi, fais ce que tu as à faire, écoute-toi un peu. Écoute-toi parce qu'en vrai, il n'y a que toi qui t'écoutes. Il n'y a que toi qui va te sortir de ce pétrin qu'est la vie, entre guillemets.
- Speaker #0
Trop bien, trop stylé.
- Speaker #1
Je ne sais pas si la réponse est bonne, mais...
- Speaker #0
C'est marrant, beaucoup sont à dire ça, alors qu'au contraire, peu importe. Je ne pense pas qu'il y ait de bonnes ou de mauvaises réponses, mais c'est cool. C'est top. Je pense que ça peut aider et ça peut t'aider, toi qui écoutes. J'imagine et je te le souhaite en tout cas. Trop bien. est-ce que tu as quelque chose à nous dire concernant ton activité ? ou autre quelque chose qui te passe par la tête, etc. avant qu'on arrive sur la fin et ouais, ça passe vite ?
- Speaker #1
Non, je n'ai rien à dire sur mon activité parce que tout est fini. On arrête tout. Non, ce que j'ai à dire, c'est que je suis tatoueur depuis maintenant pas mal d'années et je vois que mon métier a énormément changé, en bon, en mauvais. On n'est pas là pour parler de ça. En vrai, aujourd'hui, j'aspire à autre chose. Je resterai toujours dans le tattoo parce que je pense que... Tu es fait pour le tatouage, tu vois. Mais c'est vrai que j'aimerais bien faire... produire des choses qui ne sont pas sur le corps, donc produire beaucoup plus de peinture, beaucoup plus de... Je fais pas mal de photos, je fais pas mal de peinture quand j'ai du temps libre, et du temps libre, on en a. Ça, c'est un truc que je me suis souvent dit, c'est j'ai pas le temps. Et en vrai, ça, c'est la pire des phrases que j'ai pu me dire depuis 15 ans maintenant, c'est j'ai pas le temps. Non, pas là, j'ai pas le temps, non. En fait, on a le temps. Il y a un temps pour tout. Il faut te poser et faire un temps pour tout. Et c'est vrai que mêler l'art du tatouage avec l'art de la peinture, de la photo, il y a plein de gens qui le font. Et je pense qu'on l'utilise à mauvais escient, tu vois. Et aujourd'hui, il faudrait que j'aimerais bien vraiment pousser cet esprit-là, ce délire un petit peu.
- Speaker #0
Tu es plus dans la recherche ou vraiment dans l'application ? Dans le fait, là, j'ai un truc à montrer.
- Speaker #1
Je suis dans l'application, là. la recherche elle se fait depuis au final des années je pense que tout le monde recherche des choses et c'est vrai que là j'arrive sur une période de ma carrière une période de ma vie où là en fait c'est ça qui va me falloir ça va rester dans ma direction tout va bien se passer une sorte de mash-up avec d'autres arts exactement c'est ce qui est prévu dans les mois et années à venir trop trop bien ça me parle ça
- Speaker #0
Trop stylé ! Justement, dans quelle direction tu vas en ce moment ? Où est-ce qu'on peut te retrouver ? Quel est ton projet en ce moment ? Où est-ce qu'on peut cliquer, voir, venir, etc. ?
- Speaker #1
Alors moi, tu peux me retrouver, j'ai mon studio qui est à Bagnolet. Trop bien, il y aura l'adresse en description. Bagnolet. Je suis un gars de Bagnolet de base, donc 93 du coup, maintenant j'ai déménagé. J'ai vécu 29 ans à Bagnolet, donc j'ai appris cet art du tatouage à Bagnolet avec mon mentor. tous ces trucs là donc je sais quand j'ai appris il ya dix ans c'était pas comme on apprend aujourd'hui donc j'ai vraiment une base une structure qui est qui est importante voilà c'est c'est ça qui est important et dans ce studio qui est un studio qui est On va dire privé, parce que tu ne rentres que sur rendez-vous et toutes ces choses-là. Parce que voilà, on va dire que je ne veux pas tatouer sans rendez-vous. J'aime bien avoir des choses, faire des choses qui sont qualitatifs.
- Speaker #0
C'est stratégique et puis en même temps dans ta DA.
- Speaker #1
Et puis c'est qualitatif au final. Tu rentres chez moi, tu ne ressors pas tatoué parce que moi je vais préparer ton projet. Et ça c'est important aujourd'hui. Et donc, du coup, dans ce petit studio, dans les mois à venir, je vais commencer à exposer mes peintures et photos et tout ça. Comme ça, les gens... Parce que c'est compliqué de trouver des salles d'expo ou des galeristes qui veulent nous voir quand on n'a pas de nom, et je comprends tout à fait. Donc du coup, ça va changer un peu dans cette direction-là.
- Speaker #0
Trop stylé, trop bien. Est-ce que ton travail, parce que là, il y a un truc qui me trotte depuis tout à l'heure, est-ce que dans ton travail, tu as un message ? Est-ce qu'il y a vraiment un message qui est porté ? tout ce que tu fais, dans ce que tu entreprends et dans ce que tu offres aux gens ?
- Speaker #1
Alors dans le tattoo, je pense, oui. Dans le tattoo, je pense, c'est... Moi, quand j'ai commencé à me faire tatouer, c'était pour des raisons personnelles et c'était, je pense, surtout des raisons de mal-être. Je n'étais pas forcément bien dans ma tête à ces périodes-là. Et c'est vrai que ça m'a beaucoup aidé à passer certaines étapes. Donc quand tu te fais tatouer, aujourd'hui... Tu peux ressentir un peu le fait de te faire tatouer pour, on va dire, te sentir mieux ou des choses comme ça, mais tu peux aussi le faire parce que tu as tout simplement envie de le faire. Ça, ça a changé. À l'époque, ce n'était pas comme ça. Il fallait une... Moi, je fais ça pour ça, je fais ceci pour cela.
- Speaker #0
Et qui a raison un sens.
- Speaker #1
Voilà. Maintenant, il n'y a plus de sens. En vrai, tu as envie de te faire tatouer, fais-toi tatouer et tu kiffes, fais ce que tu veux, tu vois. Et comparé à ça, où j'ai eu l'occasion, la chance de rencontrer beaucoup de gens, que ce soit clientèle ou autres artistes, tatoueurs, Là, tout ce qui va être peinture, photo, toutes ces choses-là, j'essaie de représenter un peu, c'est un peu la solitude. Et je pense que si tu regardes bien mes photos, mes peintures, tous ces trucs-là, tu te dis, ouais, je vois qu'en fait, c'est quelqu'un qui est, malgré que je sois très entouré, et entouré de personnes qui sont très aimantes et qui donneraient tout pour moi comme je ferais pour eux, tu vois, t'es toujours seul. J'ai toujours cette impression d'être seul. Et en vrai, je le crache comme ça. Je prends des photos, tu regardes les photos que je prends, ça va être des photos de portails, de paysages où il n'y a personne dessus. Il n'y a rien. Quand je la prends, je ne suis pas tout seul, mais il n'y a rien. Je prends des portraits de personnes, ces personnes-là sont tout seuls, toujours isolées. Il n'y a rien autour d'eux. C'est ce qui donne le côté « ok, je vois » . Dans mes peintures, je peins beaucoup de choses. Je peins de la calligraphie. J'adore la calligraphie. Donc je fais beaucoup de calligraphie. Et sur cette calligraphie-là, si tu regardes dans le fond du process, tu sens que c'est une calligraphie qui tourne en rond. C'est-à-dire que le gars était là, tout seul, il crachait ses trucs. Et au final, personne ne lui a dit « Ah, tu devrais faire ça » . Non, non, laisse-moi, je fais de la merde, mais je le fais tout seul. Et je peins aussi beaucoup de statues. J'adore tout ce qui va être l'art gréco-romain, la Renaissance italienne, tous ces trucs-là, les Michelanges, ça c'est classique, quoi. en fait je reproduis ces statues de déesses de... d'empereurs romains, tous ces trucs-là. Et pareil, ils n'ont pas de décor, ils n'ont pas de fond. C'est vraiment une statue qui est posée avec un fond en dégradé de couleur ou monochrome, parce que la statue est toute seule. Toujours toute seule.
- Speaker #0
Donc c'est lié à ce même message de solitude, ou vaincre la solitude aussi ?
- Speaker #1
Ouais, aussi peut-être. Peut-être vaincre un peu une solitude. Et quand les gens voient une photo, se disent le gars a pris une photo de quelqu'un qui est tout seul, ou il a peint quelqu'un qui est tout seul. Mais en vrai, on est beaucoup à le regarder. On est beaucoup à regarder la peinture, on est beaucoup à regarder ça. Donc t'es jamais seul, tu vois, t'es jamais seul dans tout ça. Et comme je t'ai dit, moi je suis entouré de gens qui m'apprécient énormément. Je suis pas seul.
- Speaker #0
Ouais, ça me fait penser, tu sais, à cette confusion qu'il y a entre introverti et extraverti. Et surtout entre introverti et timide. Ça n'a rien à voir. Moi par exemple, je suis un introverti, mais je suis pas timide. Mais je suis un introverti. J'aime, je m'épanouis seul, j'aime être seul. Et je m'amuse seul. et ensuite je le partage aux autres. Et quand je... Moi, je préfère mille fois, par exemple, les liens en one-one. Tu vois, regarde pourquoi j'ai fait ce podcast. Je ne le fais pas avec 10 personnes. Je le fais avec une seule personne parce que c'est ça, moi, qui va m'épanouir. C'est une conversation profonde juste avec une seule personne. Voilà. Et je n'aime pas être le centre de l'attention. Et c'est très paradoxal avec ce que je fais.
- Speaker #1
Mais je comprends.
- Speaker #0
Tu vois.
- Speaker #1
Dans le même état d'esprit, quoi.
- Speaker #0
Donc, c'est pour ça, peut-être... Enfin, moi, en tout cas, je le perçois comme ça, le message que tu as avec la solitude. Parce que moi, les fois où je vais me sentir très seul, c'est quand je suis hyper entouré. plein de gens, physiquement je parle sinon tout comme toi j'ai aussi beaucoup de personnes tu vois autour de moi, mais moi quand je suis seul physiquement, je me sens pas seul tu vois ce que je veux dire ? après on a chacun notre interprétation mais je trouve que ton message il est vraiment stylé, il est vraiment beau tu vois, par rapport à la solitude trop bien, on arrive à la fin t'as Instagram ?
- Speaker #1
Ouais Instagram, j'en ai plusieurs on va en mettre un seul ça sera plus simple ouais carrément, plaisir
- Speaker #0
Trop stylé, et bah trop bien ! T'as vu ? C'était cool ! On est bon ? Trop bien ! Et bah nickel ! Coup de piano !
- Speaker #1
Merci Gaspard !
- Speaker #0
Et bah c'est Gaspard le coup de piano !
- Speaker #1
Merci Gaspard pour le coup de piano !
- Speaker #0
Et c'est à toi de jouer !
- Speaker #1
Coup de piano