- Speaker #0
Hors cadre ! Je suis Valériane Moulin et vous écoutez Hors Cadre. Ici, on décrypte la communication neuroatypique. Si un jour tu t'es demandé pourquoi c'est si compliqué pour toi alors que ça a l'air simple pour les autres, alors bienvenue, parce que se comprendre, ça change tout. Ce podcast est indépendant et entièrement bénévole. Si tu aimes mon travail, viens m'en parler sur Insta et LinkedIn et mets des étoiles. Et si tu veux soutenir Financièrement Hors Cadre pour continuer à le faire exister, tu peux participer à la cagnotte On Participe. Le lien dans les notes d'épisode. Merci, bonne écoute. Hors cadre ! Hors cadre ! Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode de Hors cadre. Aujourd'hui, j'ai la joie d'être à côté d'Adélie. Adélie a 15 ans maintenant, elle rentre dans quelques jours au lycée équestre. Elle veut être cascadeuse et dresseuse de chevaux pour le cinéma. Mais ça n'avait pas démarré de façon aussi simple pour elle. Elle va vous le raconter. Bonjour et bienvenue Adélie. Bonjour. J'aimerais qu'on remonte à il y a quelques années, la petite Adélie qui arrive en primaire. De quoi tu te souviens et comment ça s'est passé tout ton primaire ?
- Speaker #1
Bah, mon primaire il a été assez, comment dire, assez mouvementé. Il y a eu beaucoup d'événements aussi bien que mal. Le primaire c'était assez chaud. Non, en fait je sais pas comment dire, c'est juste que c'est mouvementé quoi.
- Speaker #0
Raconte. Raconte-nous tout ce que tu veux.
- Speaker #1
Déjà, on arrive dans une école, après la maternelle, on arrive en primaire, il y a cinq classes, c'est-à-dire que c'est énorme. Et nous, on est les petits CP arrivés dans cet énorme établissement où on se connaît entre nous puisque c'est la suite, mais il y a des nouveaux. Les professeurs, ils ne sont pas comme en maternelle, et surtout, on commence à travailler dans le sens où on est assis à un bureau, on a une feuille, un crayon dans la main et on commence à apprendre à écrire. On a un agenda, on a des choses comme ça. Et c'est un peu nouveau.
- Speaker #0
Comment t'as vécu tout ça, toi ?
- Speaker #1
Eh ben, c'est assez perturbant. Enfin, moi j'aime bien rester dans mes habitudes. Et là, c'est vrai que c'est assez perturbant. Après, on s'y habitue vite.
- Speaker #0
Et alors toi, dans le groupe classe, justement, ou dans la récréation avec les autres, de quoi tu te souviens ?
- Speaker #1
Ben, j'étais, on va dire, un petit peu faible, dans le sens où je me faisais marcher dessus. Je n'avais pas forcément ce qu'il fallait faire pour se faire des amis. parce que si je remonte en arrière, j'en ai jamais eu. Et du coup, c'était tout nouveau. Et moi, ce que je faisais, c'est qu'au lieu d'aller vers les autres pour apprendre à les connaître, je observais, je regardais ce qui se passe, je regardais comment il fallait faire, les gens qui jouaient entre eux, sauf qu'en fait, j'ai jamais vraiment eu, comment dire, j'ai vraiment jamais eu la foi d'aller les voir, de leur dire bonjour et parler avec eux.
- Speaker #0
Donc tu restais toute seule en récréation, c'est ça ?
- Speaker #1
J'avais un peu peur de me prendre un tacle. J'avais un peu peur qu'ils me disent « Non, tu ne viens pas jouer avec nous. » Et du coup, de me retrouver toute seule. Je me disais « On va aller regarder et peut-être qu'ils vont venir vers moi. » Mais ça ne marche pas comme ça.
- Speaker #0
Et au fur et à mesure, comment tu as réussi à trouver une amie ou des amis ?
- Speaker #1
C'est une petite fille que je connaissais. On était ensemble à la maternelle. Elle est venue vers moi. On s'est un petit peu retrouvées. Du coup, je lui parlais un petit peu, mais ce n'était pas non plus le grand discours. Elle, elle avait ses amis. Ça veut dire qu'elle venait avec moi à une récré sur une semaine. Mais ça me permettait de pouvoir discuter un petit peu avec elle et d'avoir une copine.
- Speaker #0
Et un jour, tu as amené tes petits chevaux au Playmobil. Et là, tu as trouvé une autre copine.
- Speaker #1
Ouais, c'était une nouvelle. Et en fait, elle aussi, elle était comme moi. On était à fond cheval. On vivait clairement cheval. Elle est vite entrée dans mon monde et je suis vite entrée dans son monde à elle. Et les invitations se sont vite aussi faites. Et c'est là où vraiment j'ai eu ma première copine. On n'était tout le temps que toutes les deux. Et il y a un jour où il y a un groupe de filles qui est arrivé. Et elle était un petit peu plus ouverte, ça veut dire qu'elle est venue les voir, elle leur a dit bonjour, etc. Et elle leur a dit oui, venez avec nous. Sauf que moi je ne connaissais pas ça, j'ai toujours eu une seule amie. Et j'étais un petit peu perturbée. C'est une autre petite fille qui est arrivée. qui a entré dans le groupe et je ne l'aimais pas trop. Elle ne partageait pas la même passion que nous. Et puis, je voyais que mon autre copine se rapprochait énormément d'elle. Et on sait très bien que dans un trio, il y a un duo. Et le duo, moi, je n'en faisais pas partie. Et comme j'étais un petit peu fermée à cette autre copine, on se voyait surtout avec ma première copine en extérieur, mais pas vraiment à l'école. C'est-à-dire que je me retrouvais de nouveau toute seule. L'autre fille qui était arrivée a amené la fille que je lui avais fait depuis longtemps dans son groupe d'amis. où ils parlaient sur le dos des gens. Et ils ont aussi commencé à parler sur mon dos, c'est-à-dire que j'ai perdu cette amie-là, parce qu'elle est entrée dans ce groupe et dans ce cercle un petit peu vicieux, si je peux le dire comme ça.
- Speaker #0
Donc au moment où le groupe s'est vraiment élargi, c'était en CM2 si je me souviens bien. À ce moment-là, toi tu as perdu tout le monde en quelque sorte.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Et bien du jour au moment, c'est elle qui a dit stop, on arrête de se voir, c'est pas vraiment moi. Et moi j'étais toujours la petite fille de 6 000, ça veut dire que j'ai décidé moi-même d'arrêter de traîner avec des gens. Parce que je voulais pas revivre ça. Sauf qu'en fait... du moment où on trouve ses vrais amis, on ne vit pas ça, tout simplement. Mais ça, je ne le savais pas encore. C'est-à-dire que j'étais tout le temps toute seule. Sauf que ce groupe s'en est un petit peu pris à moi dans la cour, parce que je me suis écrasée. Elles ont commencé à, on appelle ça, se faire harceler. Parce que tout le temps, c'était toujours moi sur lequel elles venaient se défouler. Et ça m'a fait mal, quoi. J'étais un peu mal. Et après, les vacances, là où vraiment j'ai marché le fond, je pense, de mon plein gré, j'ai décidé d'aller voir des autres filles. Parce que je me suis dit, en fait, on ne peut pas se laisser abattre. Enfin, c'est bon, la vie, elle continue. Alors, je me suis relevée, je suis allée voir d'autres filles et je me suis créée mon propre groupe d'amis. Parce que toutes les petites filles qui étaient toutes seules ou toutes les petites filles qui traînaient avec une ou deux personnes, je les ai ramenées dans ce groupe. Et en fait, on a créé un des plus gros groupes des CM2. J'ai toujours des souvenirs parce que c'était vraiment des bons moments, quoi.
- Speaker #0
Et à la vraie l'entrée au collège, ensuite ?
- Speaker #1
Je suis allée dans un collège qui ne suivait pas la primaire, c'est-à-dire que je n'avais personne avec moi. personne. Ce qui n'était pas si mal parce que ça me permettait de me reconstruire et de tester un petit peu ma sociabilité avec les autres. Du coup, je suis allée vers eux. De mon plein gré, je suis allée vers une personne surtout, où vraiment on a eu un super lien. Je me suis fait un copain garçon qui est toujours mon meilleur pote actuellement. Vraiment, on était super proches et après, c'est vraiment la cinquième qui est clairement ma meilleure année de collège. Elle est ma meilleure amie d'école. Là, encore une fois, j'ai créé mon propre groupe d'amis. C'était un groupe qui était énorme et j'ai toujours le lien avec tous ces amis-là parce que franchement, ils sont extraordinaires. Deux ans plus tard, on déménage, on arrive dans un nouveau collège, une nouvelle ville. Et moi, personnellement, je n'avais pas envie de partir parce que je n'avais pas le choix. C'est-à-dire qu'on était un petit peu réticentes à l'idée d'aller au collège parce que j'avais trouvé ma bande d'amis, parce que j'avais tout donné pour la former et parce que je me disais, ça ne va pas remarcher. Et je suis arrivée dans ce collège et j'étais en classe A. Donc en gros, si vous ne connaissez pas une classe A, c'est une classe aménagée. C'est-à-dire qu'on a des cours un petit peu moins lourds et surtout mieux expliqués. C'est-à-dire que les profs prennent plus de temps pour nous, pour nous expliquer. Et en fait, je me suis vissée une bande de potes là-bas. Et voilà, c'est incroyable.
- Speaker #0
Je vais revenir un tout petit peu en arrière parce que justement, la classe aménagée, il n'y a que des enfants dans cette classe qui sont neuroatypiques. Est-ce que tu te souviens, toi, lorsque tu as passé tous ces bilans ?
- Speaker #1
C'est-à-dire que c'est là où on a détecté que j'avais des choses pas comme les autres, on va dire ça comme ça. Des petits problèmes pas comme les autres. Et en fait, moi, je ne m'en souviens pas forcément. Enfin, j'ai quelques souvenirs de moi dans une salle avec une dame qui, justement, me faisait passer les tests, que ce soit sur ordinateur ou sur papier. Mais je n'ai pas plus de souvenirs que ça. Vraiment, c'est super vague.
- Speaker #0
Et c'était où, ces tests ?
- Speaker #1
Ces tests, ça se faisait dans un hôpital.
- Speaker #0
Et tu trouves ça normal d'aller à l'hôpital ?
- Speaker #1
Ben non, parce que je n'étais pas malade et je ne comprends d'ailleurs toujours pas pourquoi ces personnes sont à l'hôpital, parce que je trouve que ça fait un petit peu perdre la confiance en soi.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens des moments de restitution quand tu étais avec nous, soit des médecins, soit des professeurs, quand ça parlait autour de toi ?
- Speaker #1
Alors, il faut savoir que moi, je déteste que les gens parlent de moi. Qu'on soit en famille autour d'une table, que ce soit des inconnus qui me flattent, c'est très gentil mais je déteste, ou que ce soit justement mes profs qui viennent parler avec moi de mes problèmes. C'est vraiment quelque chose que je déteste parce que j'aime bien être le centre de l'attention mais pas dans ce sens-là. J'aime bien être le centre d'attention quand je le mérite, quand c'est moi qui ai fait quelque chose pour, sauf qu'en l'occurrence c'est plus pour parler de mes problèmes et ça c'est vraiment quelque chose que je déteste. Du coup, c'est pas forcément des souvenirs que j'aime garder en tête, donc je pense pour ça que j'en ai pas tellement.
- Speaker #0
Et alors, c'est quoi ces problèmes, comme tu dis ?
- Speaker #1
C'est des petits handicaps qui font que je suis neuroatypique. Ces petits handicaps, il y a de la dyslexie, de la dysorthographie, de la dyscalculie. Il y a... Je suis HPI, et en plus de ça, je suis hypersensible. On allait à l'hôpital pour détecter tout ça.
- Speaker #0
Aujourd'hui, qu'est-ce que ça change dans ta vie ?
- Speaker #1
Je pense qu'aujourd'hui, d'avoir détecté tout ça, c'est... Alors, j'ai pas envie de dire une révélation non plus. Mais ça m'aide à mieux apprendre et à apprendre au même rythme que tout le monde. Je pense que si on ne l'avait pas, de toute façon on aurait su que j'avais quelque chose, ça c'était sûr. Mais si on n'avait pas fait les dispositions qui auront dû être faites, je pense que je n'aurais absolument pas me brevet. Et puis surtout que je n'en serais pas là. Parce que ne pas les avoir, ça veut dire que je ne travaille pas deux fois plus que tout le monde, mais trois fois plus. Parce que le temps que moi je comprenne ce qu'eux ont déjà compris en un cours, et bien c'est long.
- Speaker #0
Dans cette façon d'apprendre, donc ces deux dernières années de collège en classe aménagée, tu as eu l'impression que c'était plus long et que tu travaillais plus que les autres. Qu'est-ce que ça a changé ?
- Speaker #1
En fait, les profs, ils sont beaucoup plus détendus. Et c'est ça que j'aime bien parce que c'est vrai que moi, je ne me stresse pas du tout. C'est-à-dire que ça peut énerver quelques profs, ça je le sais. Eux, ils veulent nous stresser, nous faire des péchés. Sauf que moi, ce n'est pas mon truc. Moi, je prends mon temps. C'est vrai qu'ils sont beaucoup plus cools. Et en fait, c'est ça qui aide parce qu'ils sont beaucoup moins vides. Il faut faire ci, il faut faire ça. Et puis surtout, leurs cours, ils sont beaucoup mieux expliqués.
- Speaker #0
Donc, ils sont adaptés, leurs explications à vous. Oui. Il y a des jours où les professeurs sont arrivés en cours et vous n'aviez pas envie de travailler, ou vous avez fait toute autre chose que ce qui était prévu ?
- Speaker #1
Absolument. En général, on n'avait pas vraiment envie d'apprendre. Après, c'est vrai qu'avec des cours comme ça, forcément, on sort avec des choses dans la tête.
- Speaker #0
Donc, ça a pas mal changé d'avoir cette révélation, mais en fait, la certitude des neuro-attipies. Dans ta classe, vous aviez tous des neuro-attipies. Est-ce que vous fonctionniez tous de la même façon ?
- Speaker #1
Non. chacun est différent, chacun est comme il est. Après, c'est dur de s'adapter à chacun, donc les profs essayent de faire ce qu'ils peuvent. Après, il y en a qui arrivent le moins d'un, suivent le rythme, et du coup, on a des choses à ménager. Par exemple, pour le brevet, ceux qui avaient le plus de mal ont été inscrits à des cours avant brevet, qui sont, encore une fois, spécialisés pour nous.
- Speaker #0
Donc, énormément d'aide, de soutien pour vous aider à tous réussir.
- Speaker #1
Oui, totalement.
- Speaker #0
Donc, dans ta classe troisième, que tu as quittée après avoir passé le brevet, Vous avez tous été ensuite dans des formations professionnelles. Toi, qu'est-ce que tu as choisi ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai choisi d'aller en équestre. Donc, j'ai choisi d'aller dans un lycée équitation et surtout de faire de l'alternance parce que pour moi, c'était super important parce que je déteste l'école et je pense que c'est le meilleur moyen de me faire avancer moi-même.
- Speaker #0
Dans tes potes de collège, vous étiez tous à vous dire que... Vous détestez l'école et que vous avez envie d'apprendre un métier, de faire autre chose ?
- Speaker #1
Alors, même dans des cercles qui ne sont même pas mes potes, je sais qu'il y a énormément de personnes qui n'aiment pas l'école. Il y a des copains qui sont partis en général parce qu'eux, ils le sentaient et qu'ils voulaient le faire. Mais j'en ai énormément qui sont partis en alternance parce que ça nous permet de faire de l'école, ok, mais aussi de travailler à côté. Et moi, personnellement, ce que j'ai vraiment envie de le plus faire, c'est travailler.
- Speaker #0
Ce qu'on appelle la vie active, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te rend fière aujourd'hui de la personne que tu es devenue ?
- Speaker #1
Il n'y a pas forcément un côté de moi qui me rend plus fière qu'un autre, mais en soi, je suis fière d'avoir avancé et de m'être relevée. Alors, il y avait des gens qui étaient là pour moi, mais ce n'est pas eux qui m'ont relevée, c'est moi qui me suis relevée toute seule et je pense que je ne suis plus fière de ça et de la personne que je suis devenue aujourd'hui.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de gens qui ont jalonné ton parcours, qui t'ont... Tendu la main ou qui t'ont inspiré ? Tu es un peu comme des mentors ?
- Speaker #1
Il y a surtout mon frère. Enfin, j'ai deux frères. C'est un peu mon cercle familial. Enfin, surtout ma mère et ma grand-mère. Parce que c'est vraiment les personnes qui ont toujours été là et qui ne sont jamais parties.
- Speaker #0
Et en dehors du cercle familial ?
- Speaker #1
Il y avait vraiment ma prof de cette année que d'ailleurs, j'espère revoir. Elle est exceptionnelle, qui a vraiment été était là, qui nous a vraiment soutenus, qui a tout fait pour nous. Et elle devrait avoir le mérite d'être reconnue, en fait, parce qu'elle a été un peu un mentor pour toute la classe. C'est vraiment quelqu'un d'exceptionnel.
- Speaker #0
Donc, il y a eu beaucoup de gens pour te soutenir.
- Speaker #1
Mais c'est surtout cette personne que j'ai retenue.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a des gens qui t'ont dérangée, qui t'ont embêtée d'y aller toutes les semaines. Elle est toutes les semaines chez l'orthophoniste, toutes les semaines chez l'ergothérapeute. Chris Mann, etc. Mais ce sont quand même des gens qui ont jalonné ton parcours.
- Speaker #1
Oui, aussi. Pas forcément que des personnes que j'ai dans mon cœur, mais je sais qu'elles m'ont aidée.
- Speaker #0
On a vu que tu es très attentive à tous les personnes que l'on met à l'écart. Qu'est-ce qui te touche ?
- Speaker #1
Alors, il y a des personnes qui cherchent à être seules parce qu'ils aiment bien la solitude. Mais il y en a d'autres qui ne cherchent pas à être seules, qui sont seules parce qu'ils ne savent pas. Eux, ce qu'ils veulent être, ils ne savent pas comment ils se sentent. Et ça qui me touche le plus, c'est de ne pas avoir confiance en soi, ne pas avoir confiance en ses capacités, en sachant que ce sont des personnes, moi je le sais, qui vont aller loin, mais seulement si elles se rendent compte de la personne qu'elles sont. qu'elle est au pluriel ou masculin. Au féminin ou masculin.
- Speaker #0
Tu dis souvent aujourd'hui que tu sais te défendre. Ça veut dire quoi pour toi, se défendre ?
- Speaker #1
Alors, me défendre dans les deux sens. Ça fait un bon moment que je ne me laisse absolument plus marcher dessus. C'est plus moi qui protège les autres aussi. Me défendre, c'est aussi montrer l'injustice qu'il peut avoir. Je suis la première à me lever et à le dire, puisque ça me dérange. me défendre dans beaucoup de sens. En fait, il y a beaucoup de choses qui ont changé. Il y a même tout.
- Speaker #0
Ça me fait une très belle conclusion. Si tu pouvais parler à la petite Adélie qui est arrivée en CP, qui parlait à personne, qui était extrêmement effacée, qui passait toutes ses récré toutes seules, qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire ?
- Speaker #1
Crois en toi, écoute pas les autres et regarde devant toi.
- Speaker #0
C'est joli, ça. Qu'est-ce que tu sais aujourd'hui sur toi, que tu ne savais pas quand tu avais cet âge-là, ou que tu ne savais pas quand tu étais en CM2 et que tu as été la victime de cette bande de filles ?
- Speaker #1
Que je suis forte et que je peux me relever seule. Je n'ai pas besoin d'aide.
- Speaker #0
Tu n'as pas besoin d'aide et pour autant, tu as quand même un bon groupe de copains. Tu dis souvent « je n'ai pas besoin d'aide » .
- Speaker #1
Je n'ai pas besoin d'aide pour me relever dans le sens que... C'est pas un sabito rien sur mon sort que je vais y arriver.
- Speaker #0
J'aimerais que tu nous racontes quand tu dis « je peux y arriver toute seule » , moi j'entends autre chose derrière.
- Speaker #1
Que je peux prendre confiance en moi et que je peux y aller. Ok, il y a des choses qui vont tomber dessus, mais c'est pas grave, tu les pousses sur le côté et tu regardes devant toi.
- Speaker #0
C'est ça, prendre confiance en soi. Tu viens de dire avec tes mots « parce que je l'ai vu à travers toi » . Quand on dit qu'on peut y arriver tout seul, c'est qu'en fait, tu as très confiance en toi. Et non seulement tu as confiance en toi, mais tu sais dire « aide-moi » . C'est important de savoir demander de l'aide ?
- Speaker #1
Oui, c'est assez important parce que moi-même, j'ai gardé énormément de choses pour moi. Mais en fait, plus on les entasse, plus on va mal. Et ça, ce n'est pas le but. En fait, le but, c'est d'aller bien, de vivre sa best life. Et ce n'est pas comme ça qu'on va y arriver.
- Speaker #0
Donc, oser demander de l'aide, c'est ça ? Oui. Une dernière question. Si tu devais aujourd'hui expliquer à quelqu'un qui se sent différent, pourquoi ça peut finalement devenir une force ? Qu'est-ce que tu aurais envie de lui raconter, de lui dire, de lui transmettre ?
- Speaker #1
Alors, être différent, c'est pas mal parce qu'en fait, si on regarde, tout le monde est différent. Personne ne se ressemble. Pourquoi se sentir différent ? Juste parce qu'on a un ou deux trucs de... plus que les autres, de plus dans le sens où on a un petit handicap qui vient. Le handicap, il ne va rien faire. Ça ne se voit pas physiquement. Ça se voit mentalement, mais personne ne va dans ta tête. Et puis, pourquoi se tapitoyer sur son propre sort ? Enfin, ok, on a ça, mais c'est quoi le problème ? Si on ne l'avait pas, ça changerait quoi ? Ça changerait qu'on n'ait pas une personne à côté de nous ? Ça changerait qu'on n'ait pas de PAP pour ceux qui en ont ? Mais on s'en fiche de ça. C'est une petite étape, c'est l'étape du collège. Et après, on a quoi ? On a la vraie vie qui va le savoir. Si on ne prend pas confiance en nous, si on n'y va pas, croyez-moi que la personne à côté de vous, elle va y rester. Si vous ne montrez pas aux gens ce que vous êtes capables de faire, ça ne va pas le faire.
- Speaker #0
Prendre confiance en soi, aller vers ses passions, oser en parler. Quand tu parles de tes difficultés, tu le dis.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu n'hésites pas à écrire. Malgré les fautes, malgré tout ça, tu t'en fiches.
- Speaker #1
Ce n'est pas mal, on s'en contient.
- Speaker #0
avancer vers sa passion et avoir confiance.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
La vie est belle. C'est ça. Comme quoi, on peut commencer en s'épayer, en ne parlant à personne, en étant tout seul dans son coin et à 15 ans, avoir des amis, une passion et aller, comment tu dis ?
- Speaker #1
Aller vers sa passion. Aller droit devant.
- Speaker #0
Oui, aller vers sa best life. Oui. Donc, aller vivre sa best life. Merci beaucoup Adélie pour ton temps. Merci d'avoir voulu partager tout ça avec nous. Parce qu'à 15 ans, je sais que ce n'est pas évident. On n'a pas forcément envie de se montrer. On n'a pas forcément envie d'en parler. Et bravo pour tout ça.
- Speaker #1
Merci. Au revoir. Vas-y coupe mais arrête. Hors cadre.