Speaker #0Salut à toi, j'ai envie de te poser une question au début de ce podcast. Sais-tu pourquoi le Kilimanjaro est un sommet aussi emblématique ? Si tu veux le savoir, reste bien jusqu'à la fin de ce podcast, car je vais te révéler tout au long de cet épisode la raison. Si tu n'as pas entendu mon épisode précédent sur la Tanzanie, alors fonce l'écouter, il t'aidera à mieux comprendre le contexte de l'aventure de mon ascension du Kilimanjaro en 3 jours, seulement aller-retour. Alors c'est un peu particulier aujourd'hui car je ne vais pas te parler d'un voyage, mais plutôt d'un voyage dans un voyage. Et tu vas donc découvrir mon amour pour la montagne dans ce podcast. Alors attaquons sans plus tarder. Tout commence il y a quelques années quand je recherche un challenge en montagne. Après avoir fini de gravir le Mont Blanc seul, je veux un challenge qui me permettra de me dépasser encore plus. Et je veux le faire seul. En effet, mon ascension du Mont Blanc m'aura donné des ailes et m'aura donné une grande confiance en moi pour aller plus haut sur les sommets de ce monde. Et tout particulièrement car lors de cette ascension, je n'aurais eu... aucune difficulté avec le mal aigu des montagnes. Si tu ne sais pas ce que c'est, en gros, c'est des maux de tête, des vomissements, des vertiges, et dès que tu commences à voir ça en montagne, il faut redescendre le plus vite possible, sinon tu risques d'avoir de graves problèmes, voire un œdème cérébral ou un œdème pulmonaire. Et le fait de ne pas avoir eu tous ces problèmes, et qui plus est d'avoir gravi cette montagne très rapidement, ça m'a encore plus donné confiance pour aller plus loin tout seul. Je penserai donc très vite au plus haut sommet du monde. en dehors de la chaîne himalayenne, à savoir le sommet de la Concagua. Ce dernier fait partie des Seven Summits. C'est les sommets les plus hauts du monde par continent. Et la Concagua seule est un challenge immense, puisque c'est le deuxième derrière l'Everest à ce classement. Étant en plein Covid, je n'aurai pas d'autre choix que de renoncer, étant donné que le sommet se trouve en Argentine et que l'Argentine vient de se fermer, malheureusement, au tourisme. Par conséquent, je dois me rebattre sur un pays qui tolère encore le tourisme et qu'il y a une montagne assez haute pour m'offrir. Un challenge intéressant. D'après ces critères, le choix sera vite fait. Il reste le Kilimanjaro en Tanzanie. Alors, encore une fois, va écouter l'épisode précédent si la Tanzanie t'intéresse. Je vais donc reprendre depuis les trois jours avant mon début de l'ascension pour que tu comprennes mieux et que tu sois un minimum dans le contexte. Je prépare donc mes affaires pour l'ultime ascension, tout en étant dans un hôtel entouré d'une plantation de bananes. Je dois bien penser à tout ce que je n'ai pas pu prendre en partant de Suisse à cause des restrictions de l'aviation. Toi-même, tu connais si tu voyages un peu. C'est-à-dire les combustibles pour chauffer mon eau et me faire manger chaud, quelques compléments alimentaires spécifiques à trouver sur place à base de plantes de là-bas. Ensuite, je passe ma dernière nuit dans cet hostel. Et le soir venu, je me rappelle de quatre Espagnols arrivants, habillés comme des Inuits et fiers comme des coques. En les voyant passer, je comprends bien qu'ils reviennent du Kilimanjaro. On ne s'habille pas comme des Inuits quand il fait 35°C avec un taux d'humidité de 80%. Et ils ont l'air éreintés alors qu'ils l'ont fait en 7 jours. Allez ! retour ce qui est déjà une formule rapide je dois avouer qu'à ce moment là le stress monte et les questions qui viennent avec également vais-je moi aussi y arriver ces gens ont l'air en excellente forme physique et ils sont fatigués alors qu'ils étaient quatre pour se soutenir et il avait des porteurs pour porter leurs provisions n'ai-je pas mis la barre trop haute avec mon ascension en autonomie complète et en style alpin n'ai-je pas surestimer mes capacités quand je vois qu'ils ont l'air d'être des alpinistes aguerris avec leur équipement flambant neuf ou alors encore ne suis-je pas simplement peu fou mais après une bonne nuit de repos je suis à nouveau confiant pour la suite de mon voyage je partirai au pied du kilimanjaro à simba farm pour me rapprocher de la voie que je souhaite emprunter à savoir la lémo show qui est réputé pour ses paysages aussi magique que varié j'arrive là bas et je fais la rencontre de deux hollandais qui tiennent leur ferme ici depuis des années ils se sont rencontrés dans une émission télé réalité en hollande qui pourrait s'apparenter à ce qu'on connaît le mieux chez nous comme étant l'amour est dans le près des gens très gentils qui seront cap motivé par mon projet de gravir le Kilimanjaro seul en autonomie complète en style alpin, aller-retour, en trois jours seulement. Ils me disent qu'il y a bien des gens qui l'ont fait en quelques heures, mais c'est en courant et sans autonomie complète par conséquent. Le soir avant le départ, ils m'inviteront à manger à leur table. J'aurai la chance de voir des cartes anciennes du Kilimanjaro et également des cartes plus récentes que je prendrai en photo afin d'encore une fois un peu plus peaufiner mon ascension et l'itinéraire qu'il va me falloir emprunter pour arriver au sommet. Puis après le repas, je déplie mon gros sac de 75 litres en tout et je le mets en mode ascension et non plus en mode transport, en sortant tous les objets nécessaires dans les poches latérales et frontales du sac afin d'y accéder plus facilement. On parle essentiellement ici de nourriture, de camelback pour l'eau et de bouteilles thermos. Et c'est parti, je commence l'ascension. Le long de la montée, je croise un nombre infini de jeeps, camions et autres transports qui montent les gens, les travailleurs et les alpinistes entre le bas du quilly et l'entrée de la voile émocho. En effet, beaucoup de gens travaillent autour du Kilimanjaro car la terre y est très fertile. Quant aux alpinistes, je suis bel et bien le seul à le gravir depuis son point le plus bas dans le style que je le fais. Les autres commencent tous depuis l'entrée de la voie qui signe. J'arrive enfin aux gates et même si j'avais entendu qu'on ne pouvait pas gravir le Kili seul, j'insisterais tout en restant poli pour pouvoir passer jusqu'à ce qu'on me dise que le faire seul c'est s'exposer tout simplement à un risque de prison. Et oui, ils ne rigolent pas du tout avec leur Kili Manzaro là-bas, il faut savoir que c'est aussi un gagne-pain pour eux et puis que vous faites marcher l'économie locale quand vous allez là-bas, même si, à mon humble avis, certains abusent un petit peu sur certains prix. Mais bon, c'est pas pire qu'à l'Everest. Ne vous dites surtout pas que vous pourriez passer sans guide, parce que moi je me le suis dit, mais je ne voulais pas être illégal, mais je me le suis dit quand même, parce que souvent on entend des choses sur internet et puis une fois arrivé sur place c'est différent. Mais là vous ne pouvez tout simplement pas passer et vous risquez d'avoir des problèmes, car il y a un permis qui est donné à votre guide ou la personne qui vous accompagne et il doit être tamponné à presque chaque camp. Il doit être tamponné par le gardien du camp ou les gardiens du camp et si l'un d'eux vous surprend sans guide, vous serez arrêté. Et en plus de ça, entre les camps, il y a des gardes et des rangers qui marchent autour de la montagne avec des kalachnikovs, tout simplement. Donc faites pas les fous avec ça et croyez-moi, vous devez prendre au moins une personne pour venir avec vous. Les gardiens de l'entrée de la voile et Ausha auront la gentillesse de me trouver ce que l'on appelle officiellement un guide. Mais il n'aura pas une fois cette fonction durant l'ensemble de l'ascension avec moi. Je partagerai un repas avec les gardiens tout en attendant ce guide, mais également en attendant qu'ils passent leurs nombreux coups de fil. pour leur dire et expliquer la situation. Parce que j'insiste, je leur demande vraiment s'il n'y a pas de possibilité. Je leur montre que j'ai déjà plein d'expériences en montagne, je leur montre mes ascensions de sommet, les photos, etc. Ils finissent par me partager leur réseau. Ils finissent aussi par m'inviter à leur table, parce que le temps passe et déjà plus de 6 heures est passée. Et puis, c'est le temps de prendre le dîner déjà. Donc, j'attends, j'attends et puis toujours rien pour pouvoir passer. Alors... Fort de mon impatience, ils finissent par céder et me dire que je n'ai pas l'obligation d'attendre le guide qui n'arrivera pas avant la tombée de la nuit, mais je peux partir avec une expédition qui est déjà organisée et qui va juste me prendre avec pour s'assurer que je ne sois pas tout seul au premier camp et que quand j'arrive, quelqu'un ait mon permis. Je vais pouvoir monter donc les premiers bouts avec le cuisinier de l'expédition. Évidemment, chaque guide a déjà ses touristes attitrés et ses alpinistes attitrés et parcourcés. Et quand je n'ai pas de guide encore, il arrivera cette nuit comme je vous l'ai dit précédemment. Ça ne m'arrange pas trop car ce cuisinier s'arrête au premier camp. Ce qui veut dire que mon objectif de la journée pour le premier jour n'est pas atteint. Heureusement, les 8 heures de décalage que j'ai accumulées en restant à l'entrée du gate seront bien évidemment rajoutées pour pouvoir faire mon ascension en 3 jours aller-retour et que ce soit équitable. Mais en plus de ça, ça va me rajouter beaucoup de kilomètres pour le lendemain et une acclimatation beaucoup plus courte. chose que tout alpiniste chevronné redoute. puisque à tout moment, une acclimatation plus courte peut vouloir dire un mal aigu des montagnes qui tourne mal et qui met purement et simplement fin à mon objectif d'ascension en trois jours aller-retour. Mais bref, pas le choix, le challenge sera donc encore plus intéressant et plus grand. Comme bien souvent quand je rencontre quelqu'un, dans le cas échéant notre cuisinier, je m'entendrai à merveille avec lui qui finira par m'expliquer comment les autres gravissent le Kilimanjaro. Et je dois dire que je suis assez halluciné. Voici ce qu'il m'explique. Il faut compter deux porteurs par alpiniste, minimum. Et donc, les alpinistes ou les touristes ne portent plus que leurs affaires personnelles. Je vous explique ce cas-là, c'est pour la plupart des gens. L'eau, les vestes et quelques friandises, tandis que leurs cuistots, eux, leur préparent des lunchs, des repas, chauds jusqu'au dernier camp de base. Les plus luxueux se font même monter des toilettes chimiques jusqu'à, accrochez-vous bien, 4800 mètres d'altitude. Bon, là, ce que je vous explique à côté du luxe de l'Everest, c'est trois fois rien du tout. Mais sachez déjà que ça, pour moi, en montagne, ça ne devait pas exister. Non seulement on éreinte les hommes qui doivent porter ça jusqu'au sommet, mais en plus de ça, on est dans un manque de respect total de la montagne. Les gens feraient mieux d'un petit peu travailler leurs conditions physiques et d'être en meilleure santé pour aller faire une ascension, plutôt que de se dire, ah machin, je fais l'ascension à tout prix, quitte à devoir prendre une bouteille d'oxygène pour arriver au sommet. Je ne vous explique pas la dinguerie, par conséquent, que c'est pour moi. qui est un amoureux de la montagne, je pense que vous l'aurez compris. Le premier camp dans lequel nous nous arrêtons se situe dans la jungle, et les bruits sont omniprésents. Évidemment, il y a encore des singes hurleurs et d'autres bestioles dans cette jungle, et puis il n'y a que moi qui suis seul. Tous les autres sont par minimum groupe de 3, sans compter leur guide et leur porteur. Je dois avouer que sentir l'odeur qui émane de l'attente des repas me rend particulièrement envieux, surtout quand je sais que moi, durant 3 jours, ce sera nourrituriophilisé sur mon petit réchaud à combustible. Mais j'ai décidé de le faire seul et ce n'est pas négociable. La nuit commence à tomber et mon guide n'est toujours pas là. Parlant de mon projet un peu à tous les gens que je rencontre dans le camp et durant le début de l'ascension aux cuistots et aux autres personnes qui grimpaient avec nous, la rumeur d'un homme qui gravit le Kimonjo... en autonomie complète et seule se répand dans le camp. Et bientôt, je verrai des organisateurs venir me parler et me demander si tout ceci est bien raisonnable. Des organisateurs de voyage, des autres personnes, bien évidemment. Mais aussi certaines autres personnes qui m'apporteront des vivres supplémentaires, comme des oranges ou des paquets complets de toast. Le gros problème est que j'ai tellement bien organisé mon ascension que je n'ai ni la place, ni l'énergie pour porter tout ça en plus. En effet, les fruits sont souvent très, voire trop lourds en montagne, et je dois m'économiser pour le lendemain. Quant aux toasts, ils ne sont pas très lourds, mais les féculents demandent souvent une grande consommation d'eau pour être digérés efficacement. Or, je dois économiser ces dernières ressources, du moins pour l'instant. Je me dis qu'il est temps d'aller se coucher et que je regarderai demain comment liquider ces vifs supplémentaires sans les gaspiller, car là, je suis épuisé. Je me lève donc et je me dis que je vais manger des toasts sans rien manger avec mes 3 oranges et un gel énergétique pour liquider un maximum de ces ressources en plus que l'on m'a donné. Histoire de pouvoir monter durant 4 à 5 heures minimum non-stop. Je finis presque l'ensemble du paquet de toast avant midi et je rencontre enfin la personne qui est censée être mon guide pour les deux jours restants. Mais même si au début je le laisse passer devant car c'est un guide officiellement, je vois vite que ma cadence est bien plus rapide que la sienne. Et que si je veux atteindre mon objectif, je vais devoir donner la cadence à notre petit groupe composé de lui et moi. Une fois que je suis passé devant lui, il ne me faut pas une heure pour le semer dans les chemins sinueux qui traversent la jungle. Je suis porté d'une énergie là-haut et je ne sais pas... pas ce qui se passe, comme si j'avais été fait sur mesure pour faire ce que j'étais en train de faire. Je me rappelle de mon guide qui criait derrière moi. Comment vas-tu en français ? Est-ce que tu voles ? As-tu des ailes ? Voici quelques questions qu'il me posait ou plutôt que j'entendais crier à travers la jungle tellement nous ne nous voyons plus, tellement je marchais loin devant. En effet, en disant qu'il faisait guide au Kili, il n'a jamais vu quelqu'un en autonomie complète monter aussi vite. Il m'a même confié Merci. que bien souvent des gens s'essayaient et que pour finir à mi-parcours ou au dernier camp de base, ils finissaient par appeler des porteurs ou des personnes en plus pour pouvoir les soutenir dans leurs tâches. À midi, nous arriverons à un autre camp qui était normalement mon objectif de la veille. Et ça tombe bien, car si je me débrouille bien et que je motive Ezekiel, donc la personne qui me servait de guide qui est plus devenue mon accompagnant pour le coup, à continuer à monter à cette allure, nous arriverons à rattraper le retard prière en l'attendant 8 heures durant au Lemoshowgate. Et nous repartons donc de plus belle à travers des paysages à couper le souffle. Et j'aime bien dire que j'ai gravi le Kilimanjaro en 3 jours aller-retour, en tout cas 2 fois, car j'ai réalisé une vidéo pour ma chaîne YouTube et je me filmais seul durant l'ascension. Ce qui m'a fait faire pas mal d'aller-retour pour poser les trépieds et les reprendre, etc. Le tout en avançant toujours comme une flèche. D'ailleurs, si tu veux poser des images sur cette histoire, n'hésite pas à aller chercher Sclizias Kilimanjaro sur YouTube. Tu verras, tu ne seras pas déçu. Mon autopromo est en fait continuant. Le soir, nous arrivons face à un grand mur noir, où il y a le fameux Kiss Rock, le rocher à bisous en français. Nommé ainsi car il faut se coller à la pare-rocheuse. Je vous explique. En gros, vous avez la tête qui colle le rocher, et c'est comme si vous y faisiez un bisou. Ou pas. Nous arrivons déjà au deuxième soir. Si je veux atteindre mon objectif, demain soir avant 18h, je dois être au sommet. Et après, demain, avant midi, je dois être ressorti du périmètre du Kilimanjaro par la porte Mueka, qui est la voie la p... plus emprunté pour redescendre le Kili. En effet, les 8 heures à attendre au Gates ne comptent évidemment pas, puisqu'ils sont contre mon gré. J'ai épuisé mes réserves d'eau, et n'étant jamais monté plus haut que le Mont Blanc, je sais qu'avec la vitesse à laquelle nous faisons cette ascension dans le style alpin le plus complet, il va me falloir beaucoup d'eau pour le sommet demain. Mais nous reviendrons sur ce point un peu plus tard. Je vais donc chercher de l'eau et le bouillir, puis rebouillir une deuxième casserole d'eau, puis enfin me faire chauffer ma ration iophilisée. Tandis que mon accompagnant, qui arrive longtemps après moi, Lui a son repas préparé et son lit déjà prêt dans la cabane des gardiens du camp. Je vais donc me coucher assez tardivement. Mais l'adrénaline est telle que ça ne me dérange pas du tout. Surtout que le matin, je me lève à 5h car je dois préparer ma ration chaude afin de mettre toutes les chances de mon côté pour l'ascension. Et cette fois-ci, je suis récompensé car j'assiste à un magnifique lever de soleil au-dessus des nuages tout en laissant dégeler ma tente car cette nuit-là, il fait très froid. Je devrais aller réveiller mon accompagnant tout en lui disant sur un ton taquin qu'aujourd'hui, je dois arriver au sommet, quoi qu'il en coûte. Je rigolais avec lui, mais je n'en pensais pas moins. Une fois notre pactage replié, nous commençons à gravir cette grosse paroi noire qui nous empêche de marcher en direction du sommet. Et déjà sur le chemin, j'entends à ma grande surprise des gens qui parlent de mon ascension. Certains m'arrêtent même pour m'en parler, car je dépasse tout le monde sur le chemin. Mais je ne parle pas plus de 10 minutes avec certains car j'ai un objectif et personne ne pourra se mettre entre lui et moi, que ce soit de manière bien intentionnée ou non. Sur la route, mon accompagnant m'avait dit la veille que les derniers cours d'eau qui viennent des glaciers du Kili seront disponibles pour se servir d'eau qu'il faudra bien évidemment bouillir le soir venu pour la purifier. Je ne vais pas me gêner de me servir puisque le jour de l'ascension, c'est ni plus ni moins de 6 litres d'eau que je vais boire. Afin de compenser un maximum l'ascension ultra rapide que je viens de faire. Le tout sans réel entraînement à cette altitude, il faut le dire, puisque le plus haut que je suis allé, c'est le Mont Blanc qui est bien loin du sommet du Kilimanjaro. Et ça y est, j'arrive avec 1h10 d'avance sur mon accompagnant au camp de base de Barafou, qui est le dernier grand camp avant le sommet, où vous pouvez trouver vive, sauveteur, toilette et même grand confort si vous y mettez le prix. Tout le monde au camp a déjà monté sa tente. et a fait sa toilette du soir. Ils n'attendent plus que de se nourrir afin de pouvoir se retirer dans leur chambre et passer une courte nuit pour être sur le sommet pour le lever du soleil. Rien de tout ça pour moi. Au contraire, le temps presse. Il est 14h, il me reste 4h pour atteindre le sommet et être dans les temps avec mes plans. À bas le lever du soleil, comme la plupart des gens iront le voir, je préfère jouer la carte de l'originalité et être au sommet pour le coucher de ce dernier. Et surtout, je vous le rappelle, mon objectif m'oblige à y être pour le coucher du soleil. Je profite d'attendre mon accompagnant en mangeant et quand il arrive, je suis déjà prêt à repartir. Mais cette fois-ci, je vais repartir léger. En effet, il ne faut pas être bête et plutôt s'économiser en montagne. J'ai un petit compartiment de 10 litres que je peux détacher sur mon gros sac de 75 qui va me permettre d'être beaucoup plus mobile sur le dernier bout du sommet qui est bien plus haut que je ne suis jamais allé. Et croyez-moi, je vais en avoir besoin. Je dois encore vous confier un truc, mon accompagnant n'arrivera jamais au sommet avec moi. Il aura été rattrapé par un mal aigu des montagnes et de sévères moutons. peut-être qu'ils l'obligeront à redescendre du moins pour quelques heures. Et si vous avez bien écouté jusque là, vous savez que je ne peux continuer tout seul sans risquer au pire la prison. Ce sera donc David, un homme du service de secours du Kilimanjaro qui m'accompagnera depuis le camp de base jusqu'au sommet. Et là, il faut le dire, c'est du gâteau pour lui, vu qu'il vit la moitié de l'année à une altitude compris entre 4800 mètres et 5895 mètres de haut, à savoir l'altitude du sommet du Kilimanjaro. Et surtout, il n'est pas monté aussi vite que moi, il est donc encore frais comme jamais. Et c'est pile ce qu'il me faut pour ce dernier bout. Un gars qui, pour monter, sera devant moi afin que j'ai un objectif visuel sur lequel me fixer lors de l'ascension. Une sorte d'objectif à essayer d'attraper à tout prix avant le sommet. Mais je vais encore être honnête ici, jamais je n'arriverai à le rattraper. Il a bien trop l'habitude de cette altitude. Et moi, j'arrive à bout de mes forces, à partir de 5400 mètres. En effet, je sens mon corps me lâcher et mon énergie flancher. Comme si j'étais extrêmement fatigué. Trois fois, David devra venir vers moi et me motiver à repartir en me disant « Mister, you can do it ! » « Monsieur, vous pouvez le faire ! » Plus d'une fois, je m'affalerai dans les rochers pour tenter de reprendre mon souffle. Mais en vain. Je me relèverai toujours, car il vaut mieux quelques petits pas qu'un abandon. Et nous arrivons à Stella Point, qui est le point d'où nous pouvons enfin voir le sommet. Je le vois maintenant. Tout devient tangible et encore plus motivant. J'ai comme un second souffle qui s'empare de moi. Mais même comme ça, chaque pas est un effort considérable. J'ai l'impression de peser 150 kilos alors que je n'en fais que 75. Et ça y est, nous atteignons enfin le sommet ensemble avec David. Nous nous prenons dans les bras, nous dansons, nous crions, nous vivons. Rien que d'en parler, j'ai les frissons. Et j'ai même eu le luxe d'être totalement seul avec lui là-haut. Étant donné que la plupart des gens, comme j'ai dit précédemment, se lèvent pour voir le lever du soleil. Nous sommes donc à 18h environ et nous sommes seuls avec la magnificence des derniers glaciers d'afrique du cratère du kibo et ce sommet emblématique nommé ou roux qui veut dire en soit il y ni plus ni moins que liberté et sachez le à ce moment là de ma vie je me sens libre immensément chanceux de pouvoir vivre de telles expériences après avoir pris des photos et enlever nos gants quelques instants il ne faut pas tarder car là haut il fait proche de moins 20 et nous pourrions risquer des enjeux si nous ne faisons pas attention Notre ascension nous ayant fait pousser des ailes, nous redescendrons en courant jusqu'à Barafoukham. Et là, je dois avouer que quand nous sommes redescendus dans le camp, tout le monde nous applaudissait quand ils nous ont vu passer en courant devant leur tente. Tout le monde nous applaudissait, tout le monde était très content pour nous. Et je m'en rappelle, c'était incroyable comme sensation d'être une sorte de superstar pour l'espace de quelques minutes. Bon, je vous rassure, ça n'a duré que quelques minutes. Mais bien évidemment, mon nom commençait à circuler sur toute la montagne. Lors de notre ascension le lendemain, bien évidemment, nous sommes arrivés avant midi à la sortie du Kilimanjaro, et bien nous entendions parler de nous un petit peu partout. Et puis je dis nous, parce que les gens pensaient que j'étais allé avec mon accompagnant, mais mon accompagnant n'en revenait pas, il m'a dit je n'ai jamais vu ça en 10 ans au Kilimanjaro. Et du coup, c'est vrai que c'était assez incroyable. On ne peut pas parler de record ici parce que non seulement rien n'a été homologué, rien n'a été officialisé, mais en plus de ça, il y a des gens qui le font, voilà, on ne se fixe que sur les choses les plus rapides. Il y a des gens, comme je vous l'ai dit précédemment, qui le font en courant. Donc en courant, c'est bien plus rapide. L'ascension du Kilimanjaro, c'est possible de le faire en quelques heures quand vous êtes hyper entraîné. Si on prend des Kilian Journette ou comme ça, ce sont des gens qui le font beaucoup plus rapidement que ce que je l'ai fait. Mais j'ai quand même cette grande fierté de l'avoir fait dans le style que je l'ai fait, car même si je ne peux pas parler de record, je peux parler d'une chose incroyable que j'ai réussi à faire dans ma vie. Et je dois vous dire encore ici que les leçons que je tire de cette ascension sont surtout qu'une fois de plus, l'habit ne fait pas le moine. Car si vous vous rappelez au début de l'épisode, je vous disais que je voyais des gens qui revenaient avec un équipement flambant neuf et que ça devait être des professionnels. Encore une fois, mes préjugés m'ont amené à me mettre une pression inutile, puisque j'ai réussi mon objectif et plutôt correctement, puisque non seulement j'avais de l'avance, et comme je vous l'ai dit, en me filmant, j'avais l'impression de l'avoir gravi deux fois, ce qu'il m'a dit Jaro. Voilà, j'espère que ce podcast vous aura plu, c'est certainement le podcast le plus fort émotionnellement pour moi, c'est certainement celui pour lequel j'ai eu le plus de plaisir à écrire. parce que tout simplement c'est quelque chose que j'adore, la montagne. Après je suis bien conscient que pour vous c'est peut-être pas les podcasts les plus intéressants, mais tout de même il y a quand même quelques petits trucs et astuces. Sachez aussi que le Kilimanjaro c'est une chose incroyable, parce que c'est entouré de choses incroyables aussi. Vous avez des plus grandes réserves d'animals d'Afrique autour du Kilimanjaro, et puis surtout ce sommet emblématique l'est tout simplement, parce que c'est encore lui qui contient des derniers. glaciers comme j'ai dit un peu précédemment d'Afrique. Je vous souhaite une bonne journée ou soirée tout dépend quand tu m'écoutes. Allez ciao