Speaker #0Bienvenue dans Hors du Ring, le podcast de tous les combats 100% féminins. Pas ceux qui marquent la peau, non, mais ceux qui te bouleversent de l'intérieur. Ici, on parle de ces moments où la vie parfois te met à genoux. Que tu sois une combattante dans la cage ou dans la vie, tu traverses des doutes, des changements, des ruptures ou des remises en question. Je suis Mathilde Declare, préparateur mentale, et Hors du Ring est un espace pour te poser un instant, respirer... et transformer tes peurs et tes doutes en force intérieure. Aujourd'hui, j'ai envie de te parler d'une peur très particulière. Pas la peur de perdre, pas la peur de te blesser, mais cette peur-là. La peur d'affronter quelqu'un qui semble plus fort que toi, plus grand que toi, et qui semble aussi, pour le coup, intouchable. Cette peur qui te fait sentir minuscule avant même d'avoir commencé. Celle qui te fait croire que tu n'as aucune chance et qui parfois t'empêche d'aller chercher ce que tu as vraiment dans le ventre. C'est exactement ce que j'ai ressenti lors de cette fameuse compète. Alors je me souviens très bien de cette compétition de semi-contact que j'ai fait en Suisse. Je pesais 58 kilos et ce qui me plaçait automatiquement dans les moins de 60. Mais ce jour-là, il y avait peu d'inscrits. Alors comme ça arrivait parfois, ils ont fusionné les catégories. Je me retrouve dans le vestiaire, je m'échauffe, j'observe, et là je vois une Allemande, 1m80, environ 70 kilos, une vraie présence. Elle dégageait une telle puissance que mon estomac s'est doué instantanément. Et je me suis dit, si je tombe sur elle, je me fais démonter. Et je te le donne en mille, je suis tombée sur elle. Alors j'avais plus très envie d'y aller, parce que dans ma tête, le combat était déjà perdu. J'avais... Aucune chance devant cette golgote et pour ne rien arranger, elle avait une fausse garde. Et tu sais ce que ça fait quand, en plus de la peur, tes repères techniques s'effondrent. J'étais pas du tout préparée à ça. J'étais complètement déboussolée, en rage. Alors, comment s'est passé le combat ? Eh bien, je n'y voyais plus rien, littéralement. Ma colère m'avait rendue aveugle, j'arrivais plus à esquiver. J'arrivais pas à rester focus et je me suis fait laminer quoi. Mais le plus dur, c'est pas d'avoir perdu en fait, c'était pas ça le plus dur pour moi. Le plus dur c'était après, quand je suis rentrée à Paris et que j'ai vu la tête de mon père. Il m'a regardée et il m'a dit « je te demande pas comment ça s'est passé ? » J'ai rien répondu parce que j'ai eu tellement mal au bite de voir la déception dans ses yeux. Et en fait... La déception dans ses yeux, c'était le chaos final Et ce chaos de mon père était tellement plus douloureux Mais avec le recul, je me suis rendu compte d'une chose C'était pas la peur en fait qui m'a fait perdre C'est ce que j'ai fait, moi, de cette peur C'est l'importance que je lui ai donnée C'est l'intention que j'ai mis dans cette peur Et je l'ai laissé m'envahir et Vu qu'elle m'a envahie, je l'ai transformée en colère. Et cette colère m'a fait sortir de moi-même, m'a empêchée d'être lucide. Mais cette peur, au fond, elle n'était pas là pour me saboter, elle était là pour me réveiller. Parce que pour être honnête, en voyant le gabarit de cette Allemande, j'étais en panique, certes, mais j'aurais pu me dire ça. « Ok, Mathilde, elle fait 1m80, 70 kilos, elle a une fausse garde, c'est pas la combattante la plus facile pour toi, mais... » Regarde tes points forts, t'es plus petite et t'es plus légère aussi, donc plus rapide. Donc j'aurais pu la battre en fait. J'aurais pu gagner, vu que le semi-contact est un sport de touche. Tu touches une fois, tu t'arrêtes et tu recommences. Donc si j'avais misé sur la rapidité, j'aurais pu gagner. Mais à ce moment-là, c'était impossible pour moi de raisonner comme ça. Parce que je trouvais ça tellement injuste de me retrouver avec une golgote qui faisait 1m80, qui avait deux têtes de plus que moi et qui était beaucoup plus lourde que moi, elle avait une allonge de malade, que j'ai laissé cette colère m'envahir. Peur et colère, c'est pas la meilleure des combinaisons. La peur n'est pas toujours là pour te protéger, parfois elle est là pour te préparer. Alors j'ai envie de te poser une question, t'es pas obligé d'y répondre maintenant, mais je te la pose pour que quelque chose bouge en toi. La dernière fois que tu as eu peur, est-ce que t'as utilisé cette peur comme un carburant ou est-ce qu'elle a pris le dessus sur toi ? Et si au lieu de chercher à faire disparaître ta peur, tu te demandais comment je peux m'en servir pour avancer plus vite aujourd'hui ? Alors vous l'avez compris, ce fameux jour en Suisse, j'ai perdu un combat. Mais j'ai aussi gagné un apprentissage. La peur, aujourd'hui, ne m'empêche plus d'avancer. Parce que j'ai compris qu'en fait, ce n'était pas mon ennemi. La peur est un indicateur, un carburant. Et si tu ressens cette peur aujourd'hui, écoute-la. Elle te parle d'un endroit en toi qui veut juste s'affirmer, qui veut sortir du rang, qui veut grandir, hors du ring, justement. Si cet épisode t'a parlé, n'hésite pas à t'abonner, à laisser un avis ou à le partager autour de toi. Et on se retrouve très vite pour continuer cette aventure dans Hors du Ring. A bientôt !