- Anès
Job étudiant, j'étais livreur domino. Ça fait trois mois que je me fais tabasser en prospection. Que je prends porte sur porte avec tous les boss que j'ai rencontrés. Moi là, quand j'arrive, j'ai un discours de commercial standard. Sur ma carte, il n'y a pas écrit alternant. Sur ma carte, il y a écrit ingénieur commercial. Quand il comprend que je suis là pour prospecter, il marche. Il ouvre la porte, il me dit dehors.
- Noam
Mais pour l'égo, c'est terrible, c'est à 22ans.
- Anès
ah Moi, je sors, je suis allé, je me suis assis au McDo. J'ai commencé à réfléchir un peu parce que là, c'était...c'était dur
- Noam
Aujourd'hui, on reçoit Anès. Merci d'être là, Anès. parce que tu as un parcours multi-casquette. J'avais hâte de te rencontrer. Donc, l'idée, ça va être très simple. C'est qu'on plonge dans ton parcours, qu'on puisse comprendre d'où tu viens, qu'est-ce que tu fais maintenant et quelles sont tes ambitions pour les prochaines années. Si tu devais te présenter à un pote, tu te présenterais comment ?
- Anès
Alors déjà, très content d'être là, Noam. Ravi d'être ton premier invité. Et puis, si je devais me présenter à un pote, je commencerais par parler un peu de ma vie perso. Et puis, je dirais que je m'appelle Anes, que j'ai 26 ans, que j'habite à Montpellier. que je suis jeune papa et que, accessoirement, je suis aussi banquier. Banquier à Montpellier, dans cette ville où j'ai grandi et où j'ai fait mes études.
- Noam
Bon, on va y revenir, ça tombe bien. 26 ans, c'est jeune. Ton parcours, il est, comme j'ai dit tout à l'heure, plein de rebondissements, plein d'aventures. Donc, on va le découvrir ensemble. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le Anès quand il était petit. J'aime bien commencer par ça. Donc, raconte-nous un peu comment tu as grandi, d'où tu viens, dans quel environnement tu as évolué.
- Anès
Alors, moi, j'ai grandi à Montpellier. Grandi à Montpellier, dans une famille de 4 enfants, je suis l'aîné, 2 petites soeurs et un petit frère, un peu d'écart avec la deuxième, 5 ans, et puis après ils se sont un peu enchaînés, donc ils sont relativement proches en termes d'âge et du coup maintenant ils sont assez proches. Donc j'ai grandi à Montpellier, collège privé, catholique à Montpellier, rien de particulier, élève standard, moyen.
- Noam
On va y revenir sur ça, on va y revenir.
- Anès
Particulièrement. Là,
- Noam
t'as la chemise, t'as les chaussures pointues, le portail, le costume. On va y revenir.
- Anès
Ouais, je s'en ai passé, non. Non, elle est standard, lycée sur Montpellier également.
- Noam
Plutôt une famille modeste ou ? Ouais,
- Anès
famille normale. Franchement, famille normale. Mon père est prof. Ma mère bosse dans les associations. Donc elle a toujours été, elle, plutôt associative. Et donc voilà, famille de la classe moyenne.
- Noam
Ok. Est-ce que dans ton enfance, tes parents t'ont appris quelque chose d'important ? Est-ce qu'ils ont joué un rôle dans le Hannes que tu es maintenant ?
- Anès
Alors, ouais, sur plein de sujets. Si on doit au moins se concentrer sur le sujet qui est peut-être l'ambition, peut-être les projets, peut-être la carrière ou en tout cas la partie pro plutôt. Ouais, beaucoup, beaucoup d'ambition. Mon père, comme je t'ai dit, prof au lycée. Et pour mon père, c'était tout droit. c'était C'était un bac scientifique, c'était une prépa, c'était une école d'ingénieur, c'était sa cam, c'est son monde. Il est prof de maths, pour pas le... Voilà, donc c'est ça son monde. Et ma mère, on était en mode, ben pourquoi pas, ou pourquoi pas médecine, quoi. C'était un peu ça l'idée, c'était un peu ça l'idée dans la tête de mes parents. Donc je suis parti avec, depuis le début, une idée où mon père était branché sciences, plutôt ingénieur. Ma mère branchait sciences aussi, plutôt médecine. Ça faisait deux voies, il n'y en avait pas beaucoup d'autres, mais c'était les deux voies en tout cas dans lesquelles ils me voyaient.
- Noam
Excellent, parce que quand on voit ce que tu fais aujourd'hui, on va y revenir, mais c'est complètement à l'opposé des sciences.
- Anès
Ouais, complètement. Complètement, ça arrivait assez vite d'ailleurs.
- Noam
Moi, j'aimerais revenir justement à tes 17-18 ans. J'aimerais savoir quel type d'étudiant t'étais, quel jeune t'étais. Est-ce que t'étais plutôt un mec chill, un mec ambitieux, tu profitais de la vie ? Raconte-moi un peu les détails comme ça, Croustillant.
- Anès
Alors moi, étudiant 17-18 ans, ça veut dire que je viens d'avoir le bac. Moi, j'ai matrixé de foot, donc j'ai toujours été très foot sport, surtout au lycée, surtout fin lycée, surtout post-bac. Donc c'est vraiment la période dans laquelle je faisais beaucoup de sport. Et puis, ouais, j'étais chill. Comme je t'ai dit, je n'étais pas un étudiant brillant. J'étais un étudiant vraiment standard, que ce soit au lycée ou après. J'ai fait un bac S, parce que c'était un peu... À mon époque, la voie royale, entre guillemets, c'était un peu... Je dis à mon époque comme si j'avais... Mais quand j'étais au lycée, c'était un peu la voie royale de se dire, si tu ne sais pas trop quoi faire et que tu as le niveau, 20 en S, c'est le mieux, ça t'ouvre le plus de portes, comme on dit. Donc, bac S, standard dans la moyenne, bac dans la moyenne. Puis ouais, plutôt chill. Franchement, plutôt chill. Là, je ne sais pas du tout ce que j'ai envie de faire. Là, je mets le doigt dans un bac S qui ne me plaît pas spécialement.
- Noam
C'est toi qui voulais le faire ou c'était tes parents qui t'ont poussé à le faire ? Parce que souvent, on a cette impulsion des parents qui vient te dire « Ok, pour toi, le meilleur, c'est le bac S. » Et vu qu'on est jeunes, on a tendance un petit peu à les écouter.
- Anès
Alors moi, mes parents m'ont dit que pour moi, le meilleur était le bac S. Et j'ai toujours été d'accord avec eux et encore aujourd'hui, très content d'avoir fait un bac S. Même quand j'ai changé complètement de voie et de domaine, j'étais très content d'avoir fait un bac S parce que ça reste que ça. Ça donne un peu un... Il y a un niveau un peu d'exigence quand même au lycée en bac S qui peut être peut-être un peu plus élevé que dans d'autres filières. Donc non, j'étais assez d'accord avec eux. Assez d'accord avec eux. Leurs arguments, en plus, étaient assez valables et pertinents. Donc non, je suis d'accord avec eux.
- Noam
Ils sont convaincants, les parents.
- Anès
Oui, ils sont convaincants. Ils ont eu raison. Pour le coup, ils ont eu raison.
- Noam
Dans ce cycle-là, on parle beaucoup d'avenir. Que ce soit les conseils d'orientation... Même tes parents, même parfois tes frères et sœurs, si tu en as des grands. Toi, tu voyais comment ceux qui ont parlé d'avenir. Est-ce que c'est quelque chose qui te faisait peur, te stressait ou tu avais déjà une voie tracée comme un bon nombre de personnes ?
- Anès
Non, pas du tout. Je n'avais pas du tout de voie tracée puisque, comme je t'ai dit, assez vite, je me suis rendu compte que la prépa à l'école d'ingé, ce n'était pas mon délire. Parce que je ne tenais pas suffisamment en place pour être ingénieur et je n'étais pas assez pointilleux pour être ingénieur. La médecine, petite anecdote, je pense en quatrième, on ne disait qu'une souris. Je sors de cours d'SVT, je vomis. et je me rappelle que ma mère vient me chercher au collège donc je suis au collège, elle vient me chercher au collège elle me dit bon ben maintenant on sait que tu seras pas médecin déjà les deux grands domaines vers lesquels on me prédestinait j'allais pas y aller du coup après ça a été en toute transparence roue libre c'est à dire que je fais le lycée en me disant je fais un bac S et puis je verrai ce que je fais et puis j'aimais pas du tout la bio comme je te l'ai dit j'aimais pas du tout la SVT donc je pars en sciences d'ingénieur pour le plus grand plaisir de mon père tout en sachant que je ne veux pas du tout faire ingénieur mais je fais tout un lycée en me disant on verra qu'est-ce que je fais plus tard Je fais ma seconde, je passe en première S, sciences d'ingénieur. On verra ce que je fais en terminale.
- Noam
Donc là, si je comprends bien, tu fais des études sans te préoccuper vraiment de ton avenir. Tu te dis, OK, je ne sais pas quoi faire, mais la voie qu'on me propose, qu'on me suggère, c'est pour moi, même si je ne sais pas quoi faire, la meilleure.
- Anès
C'est un peu ça. Mais comme je pense 9 étudiants sur 10, quoi. 9 étudiants sur 10, au lycée, je ne sais même pas si on dit étudiants ou lycées, élèves. 9 élèves sur 10, en fait, quand tu es au lycée... On te donne une voix, on te dit que c'est la meilleure voix possible. En général, tu fais confiance à tes parents, à ton entourage. Et puis tu y vas et tu réfléchis au fur et à mesure. Tu ne connais rien à cet âge-là. Tu ne connais aucun métier. Tu n'as jamais rencontré un pro, un entrepreneur, un chef d'entreprise. Tu te bases sur les seules personnes dans ton entourage qui ont vu le monde d'après. C'est tes parents.
- Noam
Il te rabrait ce que tu dis. Parce que tu n'as personne qui peut t'aider, personne qui peut t'aiguiller. Et on ne va pas se le cacher. Je ne devrais pas dire ça, mais je vais le dire. Les conseillers d'orientation, ce n'est pas les meilleurs conseillers. Pour savoir ce que tu veux faire, compliqué quand tu n'as jamais fait de métier, de conseiller ou d'aider un étudiant ou un élève à choisir sa voie.
- Anès
C'est clair.
- Noam
Intéressant. Intéressant, justement, je vais revenir après ton bac. Parce que là, c'est le moment. Tu as eu ton bac. Tu l'as eu combien d'ailleurs ?
- Anès
11. Ah oui, c'est vraiment à la moyenne. Oui, clairement. C'est juste à la moyenne. Clairement.
- Noam
Donc là, ça y est, t'es dos au mur, tu dois prendre une décision du coup. Comment ça se passe dans ta tête ? Comment tu le réfléchis ?
- Anès
Alors on est un tout petit peu avant le bac, on est au mois de février, je dirais. Le bac c'est au mois de mai, un truc comme ça. Et on est au mois de février, je sais pas encore ce que je vais faire. Là tout le monde commence un peu à paniquer. À cette époque c'est Parcoursup. Ou APB, je ne sais plus.
- Noam
APB, ouais.
- Anès
APB, à cette époque, c'est APB, ouais. Et je ne sais pas du tout ce que je veux faire. Je ne sais pas du tout ce que je vais mettre comme vœux dedans. Et puis, je passe. Et vraiment, je passe devant une école devant laquelle je suis passé à peu près toute ma vie. Parce que c'est dans le secteur où j'ai grandi. Donc, c'est à Seine-Neuve. Et je passe devant MBS. Et moi, j'ai passé toute ma vie à passer devant cette école sans savoir vraiment ce que c'était. Je voyais plein d'étudiants rentrer, sortir. De beaucoup de nationalités différentes. C'est un truc que j'avais remarqué assez vite. mais sans jamais trop m'y attarder il y avait écrit juste business school en gros dessus mais pas plus on est au mois de février, je sais pas du tout ce que je vais faire c'est un peu la panique à bord pour tout le monde et puis je rentre du lycée je me dis tiens, je vais rentrer voir ce qu'il s'y passe et je rentre je rentre en plein milieu d'après-midi je vais à l'accueil et je dis bon bah bonjour qu'est-ce que vous faites ici ? je sais pas trop ce que vous faites donc j'aimerais bien parler avec quelqu'un je suis en terminale ou bien sûr, adorable Et on me met tout de suite dans le bureau de quelqu'un. Je ne sais même pas comment on appelle ça, une consultante. On me met dans le bureau de quelqu'un. Parce qu'il m'explique un peu ses collègues.
- Noam
Je te coupe deux secondes parce que c'est vrai qu'MBS, pour ceux qui vont nous regarder, Montpellier Business School, qui fait partie du top 10. Mais on va y revenir. Du top 10 des grandes écoles de commerce de mémoire dans le classement. Ouais,
- Anès
à l'époque, ils étaient dans le top 10. Je crois que maintenant, c'est le top 15. Je crois que là, c'est le top 15. Mais ouais.
- Noam
Donc, je te coupe. Donc, tu rentres.
- Anès
Donc, je rentre. On me met dans ce bureau. Et puis, voilà. Moi, j'ai... 17 ans. Ouais, j'ai 17 ans.
- Noam
Tu dois halluciner, non ? Parce que ça change du fait là.
- Anès
Ouais, je sais même pas ce que je fais là, mais je suis rentré, comme je t'ai dit, j'ai vu de la lumière, je suis rentré, quoi. Et donc, j'ai dit, bon, ben voilà, c'est quoi ? J'ai vu écrit Business School, mais pas plus, quoi. J'en sais pas plus. Et donc, elle est adorable et elle me fait toute l'explication de qu'est-ce que c'est, c'est quoi cette école ? C'est une école de commerce. Qu'est-ce qu'ils proposent comme parcours ? À quoi est-ce qu'on aspire quand on est étudiant à Montpellier Business School ? On cherche quoi ? On veut faire quoi comme études ? C'est quoi les domaines qu'on étudie ? Parce que peut-être au lycée, on ne sait pas ce qu'on étudie dans une école de commerce. Encore qu'aujourd'hui, maintenant, c'est un peu plus... On communique beaucoup plus. Mais moi, on est en 2016 et quand j'ai le bac, donc on est février 2016. 2016, business school, si on ne s'est pas renseigné, il n'y a pas TikTok, il n'y a pas tout ça. On ne sait pas ce que c'est une école de commerce. Elle m'explique, elle me dit que c'est sur concours. Donc moi là, je me dis, c'est mort. Concours, c'est mort. Et pire que ça, parce que c'est d'abord sur dossier, puis sur concours. Et je dis, mais du coup, c'est sur APB. Non, non, pas du tout. Ce n'est pas APB, c'est une école privée. Donc c'est payant. Deuxième, impossible. C'est payant, ce n'est pas sur APB, c'est sur dossier. Et après, il y a un concours. Ça fait un paquet de raisons de ne surtout pas y aller. Red Flag sur Red Flag ouais c'est ça donc moi je prends le fly elle finit le truc elle me donne les dates elle me dit pour passer le concours il faut déposer le dossier une grosse lettre de motivation lettre de recommandation avant telle date je pars je rentre chez moi bon bah ok c'était sympa ça a l'air stylé ça ressemble au truc des Etats-Unis mais pas plus vraiment c'est comme ça que je sors puis je rentre chez moi et je raconte à mes parents je raconte à mes parents et mes parents ils se disent et à posteriori j'ai compris ils se disent Oh punaise, il y a un truc qui a l'air de lui plaire, il y est allé de son plein gré, c'est pas nous qui l'y avons poussé, faut saisir le truc.
- Noam
Parce que c'est quand même un truc de fou, parce que là, de ce que je comprends, tu passes d'un potentiel parcours d'ingénieur ou de médecin, même si on l'avait un peu écarté,
- Anès
et que j'étais très loin d'avoir le niveau, en tout cas l'envie de travailler à ce niveau-là, en toute transparence.
- Noam
Et de là, tu passes à une business school, donc c'est-à-dire dans le commerce, dans le management, dans la gestion, comment ? Comment c'est possible de... Donc t'es vraiment juste passé devant et tu t'es dit je vais juste regarder, au final ça t'a plu ?
- Anès
En fait moi j'avais un tempérament quand même, j'étais plus... J'ai un tempérament plus contact humain. Donc dans ma tête, je parle du mois quand j'ai 17 ans, mais dans ma tête un médecin il voit que des trucs dégueux toute la journée, des malades. Donc ça me donne pas du tout envie, en plus de ça je crains un peu le sang et des trucs comme ça, donc compliqué. Et en plus les études trop dures. Tous les gens que je connais qui y sont allés, ils ont galéré, ils ont perdu leur heureux. Donc, ça ne me donne pas du tout envie d'y aller. Et puis, école d'ingé, je vois les ingénieurs, je vois le monde de l'ingénierie, et ça ne me donne pas du tout envie. Et le business, ça parle à tout le monde, en fait. Ça parle à tout le monde, c'est humain, c'est du contact, c'est de la négo, c'est du commerce, on discute, on négocie, ils ont des costards, ils sont bien payés. C'est quand même ça dans la tête des gens. Et dans ma tête, du coup, à ce moment-là, je me dis, business school. Ça fait truc des États-Unis, ça fait truc où si t'arrives à sortir diplômé, t'es bien payé. En plus, tu sais très bien, dans les plaquettes des écoles de commerce, on te donne un peu les fourchettes de salaire garantie quasiment en sortie d'études, qui paraissent beaucoup moins dures qu'une école d'ingé et beaucoup moins longues que médecine.
- Noam
Donc vraiment, ça c'est à titre perso, la question est un peu égoïste. Mais qu'est-ce que tu te dis quand tu vois cette MBS-là ? Tu te dis c'est une grande école, je vais gagner beaucoup d'argent, je vais faire du business. Je vais pouvoir être entrepreneur ou c'est juste... Qu'est-ce que tu veux ? On y reviendra après, vraiment, sur ton expérience à la MBS, parce qu'elle est importante. Mais vraiment, qu'est-ce que tu dis juste à première vue, après le rendez-vous, après les plaquettes, après tout ça ? Est-ce que tu as eu des paillettes dans les yeux ?
- Anès
Ouais, tu as des paillettes dans les yeux. Après, en toute transparence, je ne me dis rien sur l'avenir. Là, pareil, je me dis, OK, j'ai potentiellement 5 années à remplir avec quelque chose, parce que j'ai quand même toujours eu envie, c'est très paradoxal, mais de faire des longues études. Parce que j'ai été aussi biberonné à les longues études donnent de grandes chances pour avoir un bon métier plus tard. Les études courtes, si tu n'es pas dans un domaine ultra spécial, tu te formes à un métier particulier, ça n'a pas d'intérêt. Pour moi, il fallait des longues études. Là, on me dit bachelor 3 ans, puis après il y a le master 5 ans. On me dit tu vas être bien payé après. Et on me dit, c'est une école qui est classée dans les 10 ou 15 premières en France. J'ai aucune idée d'il y a combien d'écoles en tout. Ça se trouve, il y avait 20 écoles dans le classement, tu vois. Mais j'ai aucune idée à ce moment-là de ce que ça veut dire. Mais j'ai 17 ans. Donc en fait, tout ce que tu vas me raconter, je vais y croire. Je ne me suis pas complètement vautré, parce que c'est quand même l'école qui avait un peu une réputation sur Montpellier. Et à cette époque, il y avait beaucoup moins d'écoles de commerce qu'aujourd'hui.
- Noam
Là, c'est hyper intéressant. J'aimerais revenir sur la réaction de tes parents. Parce qu'il y a beaucoup d'étudiants qui vont nous regarder, et même chez nous à Athéna Business School, qui sont dépendants de leurs parents. C'est-à-dire que les parents ont une influence dans leur choix d'études, à tort ou à raison, peu importe. Mais comment tes parents réagissent ? Parce que prof de maths, dans les associations... Que tu sois ingénieur ou médecin, t'arrives, je vais faire un B.S., je vais faire une business school.
- Anès
Mes parents, ils se sont branchés ambition. Ça veut dire qu'en fait, dans la tête de 90% de la population à cette époque aussi, c'est de se dire l'ambition, c'est être ingénieur ou être médecin. Enfin, c'est compliqué d'avoir, on peut se dire, d'avoir d'autres métiers, peut-être de la politique. Je ne sais pas, mais en fait, mes parents, ils étaient branchés ambition. Faire de longues études, faire des études qui vont te permettre de travailler derrière. Parce que c'est bien beau aussi de faire des études dans un truc ultra niche. Si tu ne peux pas travailler, s'il n'y a pas de travail. en local ou pas, c'est compliqué. Donc, c'était ça, en fait, derrière l'idée de médecin ou ingénieur, ça a toujours été ça, derrière l'idée. C'était il faut quelque chose où tu vas pouvoir travailler derrière, te garantir un bon niveau de vie, en même temps avoir une bonne place dans la société. Donc, mes barons, ils étaient plus branchés ambition. Et quand tu leur dis Montpellier Business School, eux, ils savent ce que c'est. Ils savent ce que c'est une école de commerce. Et ils savent que, d'ailleurs, à Montpellier, il n'y en a pas beaucoup. Et il y a surtout MBS. Et il suffit de taper sur Internet, ne serait-ce qu'à l'époque, Montpellier Business School, ça a bonne presse. Donc, Donc non. Non, non, ils sont super chauds parce qu'un projet ambitieux, parce que j'ai sauté l'étape pour un moment donné, j'ai envie de faire coach sportif. Il y a un moment au lycée où je veux faire coach sportif. Il y a un moment où je veux faire journaliste sportif. Comme le seul truc que j'aimais, c'était le sport. J'étais en mode, bon, autant joindre l'utile à l'agréable et faire du sport. Bon, ça ne m'a pas, je n'ai pas gardé cette idée très longtemps. Mais si tu veux, la dernière fois que j'ai dit à mes parents que j'ai envie de faire un métier, c'était de leur dire je veux faire coach sportif ou prof de sport. Quand tu passes de ça à leur dire je vais faire une école de commerce. un master, tout ce que tu veux. Ils sont en mode, comme je t'ai dit, ils se sont dit, OK, c'est un truc bien, reconnu, des études longues, et c'est un truc qui a l'air de lui plaire, donc feu.
- Noam
Ultra intéressant, parce que de ce que je vois, c'est que tes parents t'ont poussé, en fait, ils voulaient juste que tu réussisses, peu importe la voie que tu choisisses au final.
- Anès
Exactement.
- Noam
OK, intéressant. Du coup, j'aimerais rentrer un peu plus dans la profondeur, dans ton parcours en alternance. Tu vas nous expliquer. Donc, tu as passé les entretiens à MBS, tu as fait les concours. C'est bien passé, d'ailleurs ?
- Anès
Ouais. Donc quoi ? Il faut bien ? Non, non, ouais, ça s'est bien passé Grande surprise de tout le monde Parce que déjà que le dossier passe Mon dossier passe Je sais pas comment,
- Noam
mais il passe Tu les as trouvés compliqués les tests ?
- Anès
Alors d'abord c'est un dossier À l'époque en tout cas c'était comme ça C'est tu remets un dossier Il y a une grosse lettre de motivation Mais qui était bien faite Parce qu'elle était articulée sur la base de questions Plutôt que juste Pourquoi vous voulez rentrer à Montpellier Business School ? C'était plein de questions Je saurais pas te dire ce qu'il y avait Mais c'était orienté à chaque fois Et du coup, ça te demandait quand même un petit travail d'écriture. Et on demandait des lettres de recommandation. Et mon prof de maths de terminale me fait une lettre de recommandation. Il me fait une lettre de recommandation, à ma grande surprise. Et il me fait une super lettre de recommandation. Prof, agrégé à l'époque, c'est prof de maths sérieux. Et il me fait une lettre de recours. Et il dit, je cite même la phrase, c'est une phrase que moi j'ai retenue, ça nous fait bien rire maintenant à postériori, mais c'est... La promotion 2016-2017 aura la chance de compter à Nes parmi elles. Un truc comme ça. Il lui tourne un truc comme ça dans une lettre de roco officielle qu'il envoie à l'école. Donc moi, quand je mets ça dans le dossier, je me dis, bon, mes notes ne sont pas folles. Avec ça, sur un malentendu, ça passe. Et ça passe.
- Noam
Elle est bonne, le malentendu.
- Anès
Ouais. Et du coup, je pars faire les entretiens. Donc, il y a entretien, test d'anglais, le TAJ à l'époque, TAJ post-bac, et une synthèse de français, un truc comme ça. Il y a trois ou quatre épreuves. en sachant que les deux plus grosses en termes de coefficient, de ce que je me rappelle, c'est l'entretien en lui-même, où là, tu as un membre de l'école et un professionnel. Et tu as, ça, c'est le plus gros co-ef. Et ensuite, tu as l'otage, qui est un très gros co-ef aussi. Donc, je les passe. Ça se passe bien de mon point de vue, en tout cas l'entretien. Et puis, quelques semaines plus tard, j'apprends que je suis pris.
- Noam
OK, donc là, tu intègres, il me semble que MBS, c'est un bachelor en trois ans, grande école, c'est ça ?
- Anès
Exactement.
- Noam
OK. Alors là, c'est un peu particulier parce que c'est le programme grande école. Il n'y a pas encore de l'alternance, il me semble. En plus, à ton époque, c'était encore pas très, très connu.
- Anès
Non.
- Noam
À quel moment tu peux commencer à faire de l'alternance chez eux déjà ?
- Anès
Troisième année.
- Noam
OK.
- Anès
Attends. Non, c'est même un peu différent parce que je rentre en bachelor. Le bachelor, en soi, c'est trois années d'études. Mais il y avait deux ans, une année de césure à l'international, puis une quatrième année. Donc, en fait, c'est un bachelor en quatre ans à cette époque. Si tu fais le bachelor, c'est en 4 ans. Moi, je l'ai fait en moins, mais il se fait en 4 ans normalement. Et du coup, normalement, tu peux rentrer en alternance. Si tu fais le bachelor, qu'à partir du master.
- Noam
Ok.
- Anès
Voilà.
- Noam
En plus, il faut savoir que c'est payant chaque année.
- Anès
Ouais.
- Noam
C'est payant chaque année. La somme, elle n'est pas négligeable.
- Anès
Ah non.
- Noam
elle n'est pas négligeable donc j'imagine que ton ambition rapidement c'est d'être en alternance ou pas du tout ?
- Anès
Oui oui oui non si si alors en fait au début je ne sais même pas trop ce que c'est l'alternance moi
- Noam
Raconte nous un peu comment t'es tombé dans l'alternance parce que là t'as chaîne première deuxième année de bachelor troisième année t'arrives à la quatrième année L'alternance te tombe dessus par hasard ou c'est toi qui le choisis consciemment ? Parce que c'est vrai qu'à cette époque-là, ce n'est pas connu. Non,
- Anès
ce n'est pas connu.
- Noam
C'est même fait un peu pour les imbéciles, entre guillemets, désolé du terme, mais pour les gens du BTP qui sont un peu dans une voie compliquée. Et donc, comment tu arrives à choisir ça ?
- Anès
En fait, à cette époque, il y a les deux extrêmes. Il y a les apprentis, mais quand on dit apprenti, ça veut dire ce que tu as dit, c'est le BTP ou dans les métiers manuels. Et il y a une petite élite qui rentre en alternance dans les grosses boîtes. Parce que les petites boîtes n'ont pas les moyens de prendre des alternants. Il me semble qu'en 2016 ou en 2017, il n'y a pas beaucoup d'aide pour les entreprises pour la prise d'alternants. Certainement un peu, mais en tout cas, c'est négligeable par rapport à aujourd'hui. Donc non, moi, quand je rentre en bachelor, pour moi, je rentre en école et puis on verra. Et puis on verra. Et c'est en rentrant dans l'école que je comprends qu'il y a un truc qui s'appelle l'alternance à un moment donné et que je pourrais le faire.
- Noam
Comment tu parles à des potes à toi ?
- Anès
C'est l'école qui en parle. C'est l'école qui communique auprès des étudiants en disant qu'il y a quelque chose qui arrive après, qui s'appelle le programme grande école, je ne suis pas sûr, mais en gros, en master, tu peux mettre un pied. C'est ce qu'a toujours vendu Montpellier Business School. C'est ce qu'ils vendent encore aujourd'hui comme étant vraiment leur fer de lance. C'est l'alternance. À MBS, c'est important.
- Noam
Ok, et tu te dis quoi à ce moment ? Tu te dis, ok, cool, je ne vais plus pouvoir payer l'école. Ou l'alternance, quand ils te le présentent, tu te dis, ah ouais, je vais pouvoir avoir de l'expérience et en plus étudier. Comment tu le vois à ce moment-là ? Parce que là, t'as 20 ans.
- Anès
C'est un juste milieu entre les deux. Je me dis, ouais, je ne paierai plus l'école. Je me dis, je vais te payer.
- Noam
Ouais, aussi.
- Anès
Ça, c'est ouf. Parce que moi, première et deuxième année, j'ai un job étudiant. C'est-à-dire que moi, en première et deuxième année, j'ai un job étudiant. Et du coup, parce qu'ils font un peu d'argent, quoi. T'es dans le post-bac, t'as une voiture, t'as le permis, tes parents ils sont en train de te payer une école qui coûte un oeil. Ouais, t'as un job étudiant, là je te garantis, t'es obligé. T'es obligé, et moi dans ma promo c'est dingue parce qu'il y a des gens qui sont de famille et qui ont les moyens de payer où ça fait ni chaud ni froid. Il y en a d'autres qui ont fait des crédits.
- Noam
Ok. Ouais,
- Anès
pré-étudiants, ouais, à l'époque, on y était. À l'époque, il y en a qui font pré-étudiants. On est en première année et ils ont emprunté, je sais pas moi. En tout, 40 000 euros, un truc comme ça, qui rembourseront à la fin de leurs études, quand ils commenceront à bosser, ils commenceront à le rembourser. Ouais, moi, ça me paraît fou à cette époque. Je me dis, c'est dingue quand même, les gens, ils empruntent de l'argent pour aller à l'école. Mais parce que, pareil, on n'a pas beaucoup de gens dans mon entourage qui avaient fait ça. Et donc, à cette époque, je me dis ça, je me dis, je ne vais plus payer l'école et je vais être payé. Donc, c'est trop bien. Je ne vais pas beaucoup plus loin. L'expérience pro, je commence à la prendre en compte au fur et à mesure du temps. Avant d'être dans l'alternance. Je mets quand même un moment avant de me dire, c'est vrai que sur un CV, dire j'ai un master ou dire j'ai un master, y compris trois ans d'expérience pro dans telle ou telle ou telle boîte, c'est pas pareil. Mais je mets du temps à le comprendre ça.
- Noam
Est-ce que justement, tu avais un peu d'appréhension, de peur, de doute quand tu vois, quand on te présente un petit peu l'alternance ? Parce que c'est vrai qu'on te dit, tu vas travailler, en même temps tu vas étudier. Tu avais un job étudiant, donc tu vas diminuer ton salaire par rapport à ton job étudiant, mais tu vas garder le même volume d'heures. Comment tu as appréhendé ça ?
- Anès
Je ne l'appréhende pas parce que je ne suis pas d'un tempérament stressé. Je suis plutôt d'un tempérament, encore plus à ce moment-là, où quand ça arrive, on verra, mais ça va le faire. Ça va le faire. J'étais toujours en mode, ça va le faire. J'arriverai à réviser en même temps que je bosse. J'arriverai à assumer les deux. La charge de travail pro et la charge de travail pour l'école, j'y arriverai. Donc en fait, non, moi, je n'appréhende pas. Il n'y a pas un moment où j'appréhende. Il y a un moment où tu prends un coup de chaud. Quand tu arrives aux examens et que tu étais en alternance, tu prends un coup de chaud. Mais sinon, non, je n'appréhende pas.
- Noam
Écoute, parfait. Tu me fais une transition parfaite. Avant de rentrer dans l'examen, tu arrives, on te présente l'alternance, ça te plaît. Tu te dis, je ne vais pas payer l'école, je vais pouvoir gagner de l'argent.
- Anès
C'est ça.
- Noam
Comme tous les jeunes en premier lieu. Et là, tu dois trouver une entreprise. Comment ça se passe ? On t'aide, tu galères, c'est compliqué.
- Anès
Oui, on m'aide. Tu as une idée déjà ? Tu galères, tu doutes, tu stresses. Non, je n'ai pas trop eu le temps. Parce qu'en fait, gros coup de bol, ça me tombe un peu dessus. Relation en commun, de la famille, etc. Qui fait que je rencontre mon futur employeur, en tout cas en alternance en troisième année. Sur un moment un peu informel, quoi. Et puis, qui me dit, qu'est-ce que tu fais et tout ? Je suis chez MBS. Ah ok, tout super. Il connaît. Déjà, il connaît. Il connaît. Lui, il a son entreprise à Nîmes. Donc, il connaît l'entreprise. Il connaît l'école, pardon. Et il me dit, OK, tout, qu'est-ce que tu fais ? Ben voilà, je suis en troisième année. Là, je suis en deuxième année et je cherche une entreprise, une alternance pour ma troisième année. OK, tout, passe-moi voir au bureau, il me dit.
- Noam
Donc là, tu sens que tu as un petit privilège parce que tu viens d'MBS et de ta famille en plus, ou c'est vraiment juste...
- Anès
Ouais, je sens qu'il se dit, c'est un étudiant d'une bonne école. S'il a réussi à rentrer, c'est qu'il ne doit pas être complètement débile. En toute transparence, ça s'arrête là, dans ma tête. Je me dis, OK, c'est une école qui est connue, donc une entreprise. Si elle voit qu'un étudiant d'une école connue qui est bien classé, c'est que forcément, t'es pas mauvais. Ça va pas beaucoup plus loin à cette époque dans ma tête. C'est une entreprise de quoi par curiosité ? C'est une entreprise de bureautique qui fait de la vente et de l'allocation d'imprimantes, photocopieurs, etc.
- Noam
Donc tu le trouves en quelques jours ?
- Anès
Ouais, je le trouve assez vite en fin d'année. En fin de deuxième année, je le trouve assez vite.
- Noam
Après c'est vrai qu'à cette époque-là, il y avait... Pas autant d'engouement pour l'alternance, c'était pas aussi au devant de la scène. C'était le réseau principalement et si tu venais de bonne école, c'était beaucoup plus complexe que ça. Et c'était quoi tes missions ? Quel était le poste qu'on t'avait prévu justement à cette entreprise-là ? Parce que j'imagine que tu avais un certain standard où tu étais prêt à accepter un peu tout. Qu'est-ce qu'on te propose ?
- Anès
Moi j'étais prêt à accepter un peu tout. Après... Encore une fois, je n'étais pas dans l'anticipation. Donc, j'étais en mode, il m'a dit, viens me voir, je vais aller le voir. On va voir ce qu'il me propose. Il sait que je suis d'une école de commerce, donc il va me parler d'un métier de commerce. Et c'est ce qui se passe, il me propose un job de commercial, un poste de commercial en alternance, en me disant que lui, son intérêt, c'est de me former pour que plus tard, je signe après mes études. Moi, je suis à fond. Je suis à fond. Première fois que je vais travailler dans une entreprise où il y a de commercial, puisque job étudiant, j'étais livreur domino. Donc, si tu veux, ce n'était pas du commerce que je faisais avant. Donc là tu me dis je vais être bien habillé tous les jours, je vais parler avec des chefs d'entreprise, je vais leur vendre des contrats et en plus je vais avoir des commissions si j'arrive à vendre. Pour moi c'est génial.
- Noam
Là tu as les yeux où il y a des dollars dedans.
- Anès
Ouais sur le papier c'est excellent.
- Noam
Et juste avant de commencer, comment tu te sens un peu ? Parce que là comme tu l'as dit, c'est ton premier jour, tu n'as jamais fait ça, il va falloir vendre, tu as été livreur, ce qui est complètement différent. Tu arrives, j'imagine belle chemise, costard, chaussure pointue, mais bon tu as 21 ans. Dans l'entreprise, il y a des gens qui ont 30, 35 ans, deux fois ton âge. Qu'est-ce que tu ressens à ce moment-là ? Comment tu vois les choses ? Comment tu le sens ? Toujours mode feeling, zéro...
- Anès
Ouais, non, quand t'es dedans, t'es en mode... Il m'a fait confiance, je peux pas décevoir. Il m'a fait confiance, je vois bien que j'ai la moitié de l'âge ou j'ai l'âge des enfants de tous les salariés d'entreprise. Donc je comprends que... Ouais, il m'a fait confiance, faut que je sois à fond. Faut que je sois sérieux, faut que je sois à fond. Moi, j'ai pas trop d'égo sur ça, je suis là pour apprendre. Et encore plus à l'époque en alternance. Je suis là pour apprendre, donc j'écoute ce qu'on me dit, j'essaie d'appliquer, je m'intéresse à ce qu'on me raconte. Franchement, ça s'arrête là. Je suis là pour apprendre et pour me former.
- Noam
Ok, on va revenir sur ça d'ailleurs. Les premières missions, quand t'arrives les premiers jours, c'est quoi ? Parce que c'est vrai qu'en alternance, les étudiants ont beaucoup de mal avec les tâches, on va dire, ingrates dès le départ. C'est-à-dire qu'ils aimeraient directement manager une équipe. Tu vois ce que je veux dire. Ils veulent directement des responsabilités et des missions qui sont en corrélation avec le diplôme. Et là, j'aimerais que tu nous partages un petit peu la réalité terrain. Quelles sont les premières missions au début que tu as fait dans cette entreprise-là ?
- Anès
Première chose que j'ai faite quand je suis arrivé, c'est un lundi, à la réunion du lundi matin. J'écoute un peu ce qui se passe, le business dans le pipe, on parle un peu de tout ça. Je ne comprends rien à ce qu'ils racontent. Ils vendent des imprimantes. Donc, première chose qu'on fait, c'est qu'on me dit voilà. Ça, c'est toutes les fiches produits. Ça, c'est le matériel qu'on vend. Tu ne parleras pas à un client tant que tu ne sauras pas de quoi on parle. Et ce qu'on vend. Donc,
- Noam
j'imagine des trucs incompréhensibles, à rallonge, 3, 4, 5... Exactement.
- Anès
Enfin, c'est des fiches techniques de produits qu'on vend. Ça, c'est une imprimante. Le nom de l'imprimante, c'est le modèle à côté, le nombre de pages par minute qu'il est capable de délivrer. Il y a un tonnerre dans une... Enfin, pour moi, une imprimante, oui. Une imprimante, tu vas, tu lâches ta carrefour, t'achètes ta cartouche, tes feuilles et t'imprimes. Je ne comprends même pas à l'époque qu'il y a un truc qui s'appelle avoir un contrat d'entretien, faire une location, payer une imprimante tous les mois. Je ne comprends pas ça en fait. Je ne comprends pas ça en fait parce qu'à cette époque, moi, je n'ai jamais côtoyé un notaire ou quelqu'un qui imprime 2000 pages par jour. Donc forcément, pour moi, ça n'a pas de sens. Pour moi, l'imprimante, c'est comme l'imprimante de la maison où tu imprimes ton CV une fois par an. Ça s'arrête là. Donc, dès que je comprends ça, là, je commence à comprendre un peu c'est quoi ce monde. Qu'est-ce que je vais vendre en fait ? Je vais vendre des imprimantes. Comment on vend une imprimante ? elle a un prix et en fait nous on vend un loyer et en fait dans ce loyer il y a un contrat d'entretien il y a un entretien de la machine, il y a le papier il y a le tonnerre, il y a un engagement sur une durée, c'est tout ça qu'on m'explique au début c'est de quoi je vais parler avec mes clients, avant même d'arriver à l'étape parler avec un client, déjà il y a une première une bonne quinzaine de jours Ou c'est produit, process, produit, process. Ça commence comme ça.
- Noam
Donc ensuite, tu enchaînes sur le terrain.
- Anès
Ouais. Et là, on montre un CRM. Et c'est la première fois que je rencontre un CRM aussi.
- Noam
CRM, outil pour gérer un petit peu les clients. Ouais, c'est ça.
- Anès
Outil, dans quelle grosse base de données.
- Noam
Je t'interromps rapidement. Justement, est-ce que tu sens la différence entre la théorie, ce que tu apprends depuis 3-4 ans en école, qui plus est, en école, et la réalité terrain ? On a souvent cette remarque-là. Je vois tes petits sourires, donc je pense que il y a pas mal de choses à nous raconter sur ça.
- Anès
Ouais, tu vois la différence parce qu'en fait, à l'école, c'est stylé. À l'école, tout ce que tu vois, c'est stylé. Dans la pratique, alors après, je ne sais pas pour les autres, je ne sais pas pour... Je ne parle pas pour toutes les boîtes, mais moi, dans la majorité des entreprises dans lesquelles j'ai travaillé, à l'école, tout ce qu'on voit, c'est très général, c'est stylé en théorie. Quand tu es dans une entreprise, c'est très concret, quoi. C'est très concret et on parle de... C'est du... C'est du ROI au jour le jour, surtout quand t'es commercial. Et tu le sais aussi bien que moi. Quand t'es commercial, c'est du ROI. Donc en fait, c'est concrètement, t'as fait combien d'appels aujourd'hui ? Et t'as pris combien de rendez-vous ? Et il y a combien de gars que tu dois rappeler ? Et à la fin du mois, c'est t'as signé combien en fait ? Et c'est très concret. C'est très concret comparé à ce que tu peux voir à l'école. En plus, je suis très très jeune, donc j'ai fait très peu. J'ai fait des études, mais on avait vu que les grandes matières très générales, avec des noms qui passaient bien. Mais ouais, là, tu prends une gifle quand même.
- Noam
Ouais, tu m'étonnes. Est-ce que tu sentais justement que tu étais traité comme un alternant ou on attendait de toi les mêmes résultats qu'un CDI ?
- Anès
Ah non, je suis traité comme un CDI.
- Noam
Ok, donc on te met la pression, on te pousse à apprendre vite, à réfléchir vite.
- Anès
On me pousse à apprendre vite. On me traite comme un CDI dans le sens où on attend de moi la même implication que quelqu'un qui est en CDI.
- Noam
Ça te fait peur ça ?
- Anès
Non, ça ne me fait pas peur.
- Noam
Parce que t'es un peu compétiteur où tu te dis...
- Anès
Ouais, en plus j'arrive dans une équipe où il n'y a pas énormément de commerciaux.
- Noam
Ok.
- Anès
Donc je ne suis pas noyé dans la masse Et du coup je ne suis pas la petite main de l'équipe commerciale Et ça, ça m'a aidé Parce que j'arrive, il y a une manager des ventes Qui est adorable Et j'arrive avec deux qui sont assez juniors aussi Dans la boîte Ils avaient une expérience de commercial dans d'autres entreprises Mais ils arrivent, ils sont là depuis pas très longtemps non plus Donc on arrive, on est presque sur un même pied d'égalité tous Ils ont quasi 10 ans de plus que moi Ils ont un peu plus de la trentaine à ce moment là Ou tout juste la trentaine quoi Donc en fait il y a Je suis tout de suite parmi, je fais partie de l'équipe commerciale. Je fais partie de l'équipe commerciale, je dois vendre, j'ai mes prospects, j'ai mon secteur, j'ai ma voiture de fonction. Je suis traité comme tout le monde.
- Noam
Ok, on va y revenir parce que c'est intéressant de connaître l'ambiance de l'entreprise. Raconte-nous un petit peu ta première vente. Quand tu vas voir le client, tu parles avec le client, tu as 22 ans, tu vas peut-être parler à quelqu'un, un professionnel, un DRH, un directeur, un manager qui a lui 40 ans. Tu vois, qui te prend un peu de haut, qui a de l'expérience, qui a un peu un égo surdimensionné. Comment tu gères ça ?
- Anès
Alors, je vais te décevoir. Ma première vente, c'est des pompes funèbres. Ce n'est pas un BRH, ce n'est pas un chef de grande entreprise, ce n'est pas quelqu'un qui se prend pour... Pas du tout. Ma première vente seule, c'est des pompes funèbres. Des pompes funèbres de où ? Des pompes funèbres d'un bled dans le Gard. Et avec qui le contact passe super bien.
- Noam
Ok.
- Anès
C'est une boîte familiale, il y a le gérant, il y a sa fille qui bosse avec lui.
- Noam
Et tu sens pas justement qu'à ce moment-là, quand tu fais cette vente-là, il n'y a pas ce petit rapport de c'est un alternant, j'ai pas envie de lui faire confiance ?
- Anès
Il n'y a pas que je suis un alternant.
- Noam
Ok, tu fais « you make it » .
- Anès
Non mais ça fait…
- Noam
Tu le dis pas.
- Anès
Ça fait trois mois que je me fais tabasser en prospection, que je prends porte sur porte avec tous les boss que j'ai rencontrés. Donc moi là, quand j'arrive, j'ai un discours de commercial standard. Je présente pas, sur ma carte, il n'y a pas écrit « alternant » . Sur ma carte, il y a écrit « ingénieur commercial » .
- Noam
Ok.
- Anès
Donc moi j'arrive, je suis ingénieur commercial. Je vends des copias. Je suis jeune. Tu en déduis ce que tu veux, mais je n'ai jamais dit à aucun client que j'étais alternant. Donc, je suis jeune, mais eux, ils ne me prennent pas de haut. Pour eux, c'est un commercial. Oui, il est jeune, mais c'est un commercial d'une boîte de copieurs. Il nous fait une belle propale. Faux, quoi. Mais ça met du temps. Et je l'ai pris des portes avant, quand même.
- Noam
Surtout dans le métier de commercial, parce que tu as été livreur de Minos avant. Donc là, tu ne prenais pas de porte. Là, la porte est là, on t'ouvrait, donc c'était plus simple. Mais là, justement, tu prends beaucoup de recal, j'imagine, comme tout bon commerçant qui commence. Parce qu'on voit l'argent qu'on peut gagner grâce à toutes les ventes, mais on ne voit pas toutes les portes. Tu faisais du phoning, la prospection physique ? Terrain. Ah ouais, terrain, ouf.
- Anès
Terrain dans le Gard, je ne connais pas le Gard, je n'y suis jamais allé, je viens tout juste d'avoir mon permis, je suis de Montpellier, je n'ai pas beaucoup sorti de Montpellier, donc j'arrive dans le Gard.
- Noam
Tout seul ? Tout seul, tu vas faire de la prospection ?
- Anès
Ah ouais, tout seul. Peut-être les premiers jours, je suis avec ma manager des ventes, et après c'est ton secteur, c'est ça, et bien feu, prépare ta pros. Donc, regarde son CRM, toutes les entreprises de la zone que tu veux balayer. Et tu dois faire une bonne journée de pros, c'est 50 et 60 boîtes, porte à porte.
- Noam
Ah ouais, à 22 ans ?
- Anès
Ah ouais, c'est dur.
- Noam
Sans expérience ?
- Anès
C'est dur.
- Noam
Et tu te mentalises comment à ce moment-là ?
- Anès
On teste et on verra.
- Noam
Ok.
- Anès
Je suis en mode, on teste et on verra. J'ai fait avec ma manager, elle a le bon discours, c'est une femme, ça aide. auquel ça avait l'air de passer bien, expérimenter, connaissait son sujet. Donc quand je prospectais avec elle, ça avait l'air de le faire. Ça avait l'air beaucoup plus facile. Quand je suis allé tout seul, c'était dur. Il y a une ou deux portes que j'ai prises.
- Noam
Il doit y avoir une petite anecdote.
- Anès
Oui, il y en a une, elle est dure. Il y en a une, elle est dure, je toque, je rentre. Je rentre dans l'entreprise et en fait, c'est quand tu ouvres la porte et que tu es direct dans l'open space. Il n'y a pas un couloir, un accueil, il y a tout le monde. Et il y avait un homme debout et tout le monde, ça se voyait qu'ils étaient en train de discuter. Et puis, je me présente. Bonjour. Oui, je vous écoute. Il me dit, voilà, Nesboudounit, commercial, machin. Je fais mon truc. Et le mec marche vers moi et il ouvre la porte et il me dit dehors. Ça se passe comme ça. Quand il comprend que je suis là pour prospecter, il marche, il ouvre la porte et il me dit dehors.
- Noam
Mais pour les gros, c'est terrible, ça, à 22 ans.
- Anès
Moi, je sors. tu peux faire grand chose donc là je sors je suis allé me poser au McDo je me suis assis au McDo j'ai commencé à réfléchir un peu parce que là c'était dur celle là elle était dure il y en a eu 2-3 comme ça celle
- Noam
là c'était vraiment hard il y en a eu 2-3 qui étaient un peu plus soft mais j'ai pris beaucoup de portes il n'y a aucun moment où tu t'es dit franchement je me fais chier pour rien ça sert à rien que je continue pourquoi j'arrête pas je vais aller juste Prendre un petit taf tranquille, mon job étudiant, faire mon diplôme et puis... Tu peux pas,
- Anès
tu peux pas, mais écoute l'école. Comment ça un job étudiant ? Mon job étudiant, il payait pas l'école. C'est mes parents qui payaient l'école. Bon, mon job étudiant, il me permettait de survivre et d'avoir un peu d'argent pour acheter ma voiture. Bon, tu viens de rentrer, t'es en alternance, c'est la boîte qui paye. Même moi, j'avais une responsabilité, enfin, quand même, je me sentais un peu redevable vis-à-vis de mon employeur. Ma prime m'a fait confiance, mon boss a toujours été nickel avec moi. Non, il faut le faire en fait, c'est tout. T'es en alternance, t'as un job, t'es payé, tu payes ton école avec, t'as un diplôme à avoir, il te reste un an pour avoir ton bachelor, tu vas au bout. Tu détestes, c'est ton problème, tu tiens jusqu'à la fin et après tu signes pas un CDI, tu feras autre chose. Si t'aimes pas. Mais tu vas au bout du truc. Donc je vais au bout. Et tu mets ton cerveau dans une boîte et tu continues. Mais c'est dur, c'est dur. C'est dur parce que tu fais des journées quand même... Moi je sais que j'habite à Montpellier, je refuse de prendre un appart anim parce que j'ai pas envie. Je fais des allers-retours à Nîmes tous les jours Au début en voiture Puis après je comprends ce que ça coûte De faire des allers-retours tous les jours en voiture Et sans ce payage je commence à prendre le train Ah bah ouais là t'as plus le choix c'est impossible Sinon c'est impossible Sinon la moitié du mois j'ai plus un euro Donc je pars en train Et là le train bah ouais Tu pars en TER Faut aller de chez moi à la gare Saint-Roch Prendre le TER T'arrives à la gare de Nîmes Et à Nîmes t'as un bus Parce que c'est à Nîmes ville active la boîte où je bossais T'as un bus, t'as 20 minutes de bus. Je mets en gros 2h porte-à-porte, matin et soir. 3 semaines par mois du coup, parce qu'il y a une semaine où je suis à l'école. 3 semaines par mois, je mets à peu près 2h matin, 2h soir, du lundi au vendredi, pour aller bosser. Ça c'était long en fait, c'était long surtout. Tu fais des grosses journées...
- Noam
Mais est-ce que quelque part c'est pas ce qui t'a forgé aussi ? Parce que là, clairement, tu prends sur toi. Tu prends sur toi, tu te mentalises et tu te dis ok le plus important c'est mon diplôme et cette expérience là. T'es prêt à venir en train, c'est long, tu prends des portes, tu penses que c'est ce qui t'a forgé ?
- Anès
Ça c'est sûr, ça a fini mon discours commercial, ça c'est une réalité. Parce que j'ai jamais parlé avec un chef d'entreprise moi avant. J'ai parlé avec des gens qui commandent Domino's Pizza et mes profs. J'ai jamais parlé avec un patron d'une boîte. Là je me retrouve à parler qu'avec des patrons. Donc déjà pendant un an tu parles qu'avec des patrons.
- Noam
Tu sens que tu grandis non ?
- Anès
Ouais tu sens que ton discours il se... Tu sens que ta posture elle change. C'est une bonne chose aussi j'imagine. Ouais tu vois la vie. Plein de trucs, comment il fonctionne, les salariés, les... Ça existe pas tout ça avant. Ça existe pas quand t'es étudiant, le coût, combien coûte un... Ça a aucun sens. Là tu comprends plein de trucs, mais vraiment ce que j'ai pris de ça c'est le discours et la posture commerciale face à un chef d'entreprise. Ça c'est une réalité, ce job m'a servi à ça.
- Noam
Ok t'évolues donc tu restes pendant ta dernière année de bachelor, première année de master aussi, tu changes ?
- Anès
Ouais ouais je change, là il y a un concours interne à cette époque parce que moi j'étais dans le programme bachelor
- Noam
Ouais parce que là si je comprends bien tu te sens bien dans l'entreprise, l'ambiance Ouais ouais je m'entends très bien avec mon manager C'est plus les conditions de travail qui sont un peu dures Le métier j'ai pas envie de faire ça,
- Anès
et en fait moi j'ai toujours aussi, je t'avais dit je veux faire un master Et ça se voyait, c'était normal que lui, il était en train de miser sur moi en tant qu'apprenti. pour embaucher un commercial derrière, un CDI. C'était pas le... À cette époque, c'était pas le discours de prendre des alternants pour prendre des alternants. Donc, il te prend pour te former un an, et après, tu signes. T'es pas obligé de signer, mais c'était ça, un peu le deal. Le deal moral, c'était, après, si tu continues, c'est pour aller en CDI. Et j'avais envie de continuer mes études. Je voulais faire un master. Je voulais pas m'arrêter un bac plus 3. J'avais pas envie. J'avais pas envie, donc... Donc là, alors, du coup, on a sauté une petite étape avant cette alternance-là. Je faisais pendant les vacances scolaires des jobs étudiants d'auxiliaire de vacances en banque.
- Noam
Ok.
- Anès
Quand j'étais en initiale, en bachelor, en initiale avant l'alternance, je l'ai fait trois, quatre fois pendant les petites vacances, pendant l'été, etc. Et je mets le nez dans le monde de la banque comme ça. Et du coup, j'ai quelques petites lignes sur mon CV où il y a écrit banque BNP Paribas à cette époque. Du coup, j'arrive à la fin de cette alternance, je me dis possible. Je me dis j'ai fait de la banque. En plus je connais plein de noms parce que du coup quand j'y étais j'ai rencontré des directeurs régionaux etc donc je connais quelques noms sur mon CV écrit que j'ai déjà été chez eux, chez BNP et j'ai un bachelor j'ai été commercial enfin je commence à avoir, je me dis que je commence à avoir un profil quoi. On arrive on arrive peut-être au mois de mars avril et je demande à MBS parce que je sais que BNP est partenaire d'MBS. Je demande à MBS, oui, j'ai vu qu'il y avait une journée de job dating, de recrutement pour les alternances en master. Et je leur dis, je veux y participer. Et ils me disent, c'est pas pour ta promo. Ils me disent, c'est pas pour ta promo. Du coup là, je leur dis, ok, je note la date et je pose un jour de congé et je débarque avant. Donc ça a commencé à 8h, je débarque à 7h30. Je dis, si on veut pas me mettre officiellement dans le truc, je vais y aller au culot. Et ça a marché.
- Noam
Tu rentres chez BNP Paribas, là ça te change de ouf. Ça se passe bien ?
- Anès
Ça se passe super bien. Je découvre le monde de la banque pour de vrai. Je prends mon poste, je monte en compétences et je commence à comprendre ce que j'ai envie de faire. En tout cas, le type de clientèle avec laquelle j'ai envie de travailler. Et c'est les entrepreneurs.
- Noam
Ok, intéressant ça. Donc là, tu finis ton diplôme avec la BNP Paribas. Ensuite, tu as ton diplôme, tu sors des MBS. Donc, programme Grandes Écoles, Bac plus 5. Trois ans d'expérience déjà à ton actif.
- Anès
Ouais, c'est ça.
- Noam
Solide. Et là, tu intègres la boîte actuelle dans laquelle tu es, en CDI. Raconte-nous un peu plus sur ça.
- Anès
Comment ça se passe ? Après mon expérience chez BNP, j'accompagne des pros. Je suis très content, je monte en compétence, j'apprends. Mais moi, j'ai envie de plus. J'ai envie d'accompagner des plus grosses boîtes. Parce que ça me plaît, parce que leur fonctionnement me plaît, parce que les contraintes et leurs besoins me plaisent. J'ai envie d'accompagner des boîtes qui ont des vrais besoins structurants. Et moi, de monter en compétence et du coup, d'être que dans des sujets à forte valeur ajoutée. Et du coup, je postule et je rentre à la Banque Populaire. Je rentre à la Banque Populaire, chargé d'affaires d'entreprise.
- Noam
Bon salaire, assorti de diplôme ?
- Anès
Ouais, ouais, ouais. Vous avez une fourchette ? Ouais, je peux donner une fourchette. Entre, à cette époque, c'est quoi ? C'est entre 38 et 42.
- Noam
Pas mal.
- Anès
Ouais.
- Noam
Correct.
- Anès
Ouais, ouais, assorti d'études, c'est sympa. Et puis...
- Noam
Pour ta responsabilité, décris-nous un peu le poste. Qu'est-ce que tu faisais à la banque ?
- Anès
Quand je rentre chez BNP, alors du coup, on est juste avant que je passe chez Banque Populaire, mais quand je rentre chez BNP Paris-Bas, je suis chargé d'affaires pro. Donc en fait, j'accompagne des professionnels allant jusqu'à un certain chiffre d'affaires relativement bas, donc artisans, commerçants et des petits entrepreneurs sur la partie pro, mais aussi sur leur partie perso. Donc je les accompagne sur les deux volets. Et là, donc tu montes... super vite en compétence parce que tu as plein de casquettes en même temps. Donc, quand je prends ce poste, ça se passe super bien. Je monte en compétence, mais je comprends très vite que ce qui me plaît, c'est le pro. Et par le pro, j'entends le haut du pro, donc des entreprises qui font une certaine taille et que la partie vie privée, optimisation, épargne, etc. Ce n'est pas ma cam. Et c'est comme ça que je rentre à la Banque Populaire. Là, pour faire le métier que j'ai envie de faire, c'est chargé d'affaires, entreprise.
- Noam
Ok. Donc, tu gères de l'argent, tu gères des patrons. Donc un peu la suite logique de ton parcours au final. Est-ce que tu as une ambition ? Tu te dis, je ne peux pas rester là. Je reste là un an, je fais le tour et ensuite je vais viser plus gros. Je te connais, donc je sais déjà plus ou moins la réponse. Je sais que tu es dans une course en avant.
- Anès
Oui, j'ai envie de faire plein de trucs. Il y a plein de choses que j'ai envie de faire. Je ne sais pas encore tout à fait vers quoi les orienter. Il y a de grandes chances qu'un jour ou l'autre, je change de camp et que je passe du côté... Du côté entrepreneur, du côté chef d'entreprise, parce que c'est une aventure qu'à un moment j'ai envie de vivre. Mais ouais, non, non, ça c'est sûr que je n'ai pas envie de perdre de temps. Je n'ai pas envie de perdre de temps, ça a toujours été un peu le projet, ça a toujours été un peu l'idée. Aujourd'hui, je suis le plus jeune sur mon poste dans mon équipe. et je n'ai pas envie que ça change. J'ai envie à chaque fois d'essayer d'être... d'accélérer le plus possible. Après, tu ne peux pas pousser les murs. À un moment donné, il y a des limites d'évolution du fait même qu'on vive à Montpellier. C'est une réalité. Si j'étais allé à Paris, ma carrière peut-être aurait été différente. Je n'en ai pas du tout envie. Donc, on va faire avec ce qu'on a ici. Il y a de quoi faire.
- Noam
C'est quoi le mindset de Hannes aujourd'hui ? C'est quoi ses ambitions ? C'est quoi ses aspirations ? C'est quoi ses envies ? Qu'est-ce qui te fait vibrer ?
- Anès
Là, mes envies, c'est d'apprendre. Apprendre. Mon temps en compétence au maximum Mon temps en compétence auprès de mes clients Du coup en rencontrant un maximum de chefs d'entreprise Qui me parlent d'eux, de leur business De comment ils fonctionnent De comment ils sont devenus ce qu'ils sont aujourd'hui Et moi mon temps en compétence aussi techniquement Parce que c'est une réalité Un banquier c'est quelqu'un qui est sur énormément de sujets Et ultra pertinent dans le conseil C'est une réalité Il n'y a pas beaucoup de métiers où tu es aussi polyvalent Dans l'accompagnement Et en tant que banquier on a les mains dedans On a vraiment des mains dans le cambouis avec nos... nos chefs d'entreprise, avec nos clients. Et c'est ça qui me stimule pour le moment.
- Noam
Ok, écoute, merci. Je vais te poser, là l'idée c'est de transmettre un maximum de valeur parce que tu es passé par toutes les étapes de l'alternance, par des métiers compliqués, on l'a vu. Actuellement, tu occupes un beau métier. Moi, je te connais personnellement, donc je sais que tu as un parcours qui ne suffirait pas en 45 minutes, une heure malheureusement. À 26 ans, c'est beau, bravo. Bravo, bravo. L'idée, c'est que je te pose quelques questions pour donner des conseils aux étudiants. Est-ce que tu vois la différence aujourd'hui entre un étudiant qui a fait de l'alternance et quelqu'un qui n'a pas fait d'alternance ?
- Anès
Ouais, je la vois, pas dans les compétences techniques, mais dans le savoir-être. Dans le savoir-être, la posture que t'as quand t'as des collègues, quand t'as des managers, des hiérarchiques, des clients, ça, ça prend pas à l'école. Ça, ça prend que dans une entreprise. Tu peux pas... Théoriquement, pour mon métier de banquier, il y a beaucoup d'étudiants qui sont très certainement dix fois meilleurs que moi en analyse financière et en tous les sujets que je... que je pilote au quotidien. Mais la posture, ça ne s'apprend pas à l'école.
- Noam
Ok, c'est intéressant ça. Qu'est-ce que tu aurais aimé recevoir comme conseil quand tu étais plus jeune ? C'est dur celle-là.
- Anès
Ouais.
- Noam
Un truc que tu as compris, tu vois, qui a changé ta vision, qui a changé ton mindset ?
- Anès
Ouais, c'est vraiment l'idée d'aller au bout du truc. Aller au bout de toute chose que quand tu mets le doigt dedans, tu vas au bout. Parce qu'en fait, si tu t'arrêtes avant, en général, tu te dis, peut-être que si j'avais poussé un petit peu plus, ça aurait marché. Quand tu vas au bout, t'as rarement des regrets. T'as rarement des regrets. T'as peut-être perdu un peu de temps, mais t'as beaucoup appris. Qu'on me dise ce que mes parents m'ont dit. Donc en fait, je l'ai eu le conseil. Aujourd'hui, comme ça s'est passé, c'est parfait.
- Noam
Comme on dit, il vaut mieux avoir le regret d'avoir essayé plutôt que le remords de ne pas avoir essayé.
- Anès
Exactement.
- Noam
Et qu'est-ce que personne ne voit derrière ton parcours ? Parce que maintenant, t'as 26 ans, t'es marié. Projet bébé, j'espère pour toi. Tu gagnes de l'argent, t'es pas à plaindre, je pense.
- Anès
C'est même pas projet. bébé depuis 18 mois oui t'es bébé c'est bon autant pour moi mais voilà t'es quelqu'un d'accompli mais qu'est-ce qu'on voit pas derrière le parcours beaucoup de travail de détermination d'échec de résilience ouais c'est plus j'ai pas peur en fait je pense que si on je suis pas du tout je suis pas plus doué que que grand monde d'ailleurs il n'y a pas eu un domaine dans lequel j'excelle je fais pas partie des gens qui sont nés avec une capacité dans un truc très précis et qui font que mais j'ai pas peur J'ai pas peur, je tente, j'y vais, j'essaie d'aller au bout du truc. De l'humilité, j'essaie d'apprendre. Quand j'arrive quelque part, moi j'ai aucun problème à arriver, dire je ne connais rien, j'ai tout à apprendre, de n'importe qui. Je pense que c'est ce qui a fait que j'ai réussi un peu à passer quelques étapes. C'est d'arriver à chaque fois en me disant, j'ai pas peur, j'y vais, je tente. J'ai pas d'a priori, ni positif ni négatif. Ça se tente, ça va le faire. Sur le moment, ça me semble être une bonne idée, donc feu. Et je pense que c'est ce qui a fait que j'ai... J'ai pu faire un peu ces grandes étapes-là.
- Noam
Est-ce que tu penses que ton parcours aurait été différent si tu n'avais pas fait MBS ? Parce qu'il y a souvent ce duel entre est-ce que c'est un diplôme que tu achètes ? Est-ce qu'il vaut vraiment quelque chose sur le marché du travail ? Est-ce que tu penses que tu aurais été qui tu es maintenant sans MBS ?
- Anès
En toute transparence, le monde de l'alternance, il a tellement évolué. Et le monde d'ailleurs des études, il a tellement évolué entre le moment où moi je rentre à MBS et le moment où, et aujourd'hui, à l'heure à laquelle on parle, qu'aujourd'hui, est-ce qu'une école ultra renommée Merci. C'est la seule option non, c'est faux A l'époque ça l'était A l'époque ça faisait tout quasiment T'avais la carte de visite C'est presque ce qu'on te vendait à l'école T'auras la carte de visite Montpellier Business School Et ils ont raison, je l'ai lu partout A chaque fois que je suis rentré dans une boîte C'est la carte de visite Montpellier Business School qui m'a fait rentrer Aujourd'hui un petit peu moins Parce que les entreprises ont compris qu'il n'y a pas que les grandes écoles Qui forment de bons étudiants Mais la marche est haute Entre les bonnes écoles, les grandes écoles Et le reste elle est haute Il y a quelques écoles qui arrivent à se positionner au milieu, mais c'est difficile, c'est difficile. Il faut savoir dans quoi on va en fait. Aujourd'hui, il n'y a plus aucune règle en fonction de ton domaine, ton secteur d'activité. C'est du cas par cas. Moi, pour moi, c'est du cas par cas. Il faut aller parler avec les mecs qui sont dedans. Tu vas faire des études en 1G, il faut aller parler avec les 1G.
- Noam
Ok. Et si tu as un dernier conseil, si tu as un jeune devant toi qui sort du bac, qui est complètement paumé, parce que là, à ton époque, il n'y avait pas d'informations, maintenant, c'est tout autre. Il y a trop d'informations. Quel conseil tu lui donnerais pour qu'il trouve sa voie et se dise, ok, j'y vais ? Ou un autre conseil.
- Anès
Ouais, il y a un bon moyen, c'est de dire, qu'est-ce que je ne veux surtout pas faire ? Qu'est-ce que je déteste ? Moi, j'essaie de partir aujourd'hui un peu toutes les décisions professionnelles. Et c'est comme ça que je conseillerais un étudiant. Et on n'aura pas le temps d'en parler, mais j'ai été formateur pour des étudiants, pour des BTS, etc. Et moi, ce que je leur conseille, c'est de dire qu'est-ce que tu détestes ? Est-ce que tu détestes être assis derrière un bureau ? Est-ce que tu détestes être dehors l'été et dehors l'hiver ? Est-ce que tu détestes aller rencontrer des clients ? Qu'est-ce que tu détestes ? Et en fait, avec la liste de ce que tu détestes, tu te rends compte qu'en fait, il y a... énormément de choses qui restent une fois que t'as enlevé ce qu'ils détestent. Donc à partir de là, t'as plus qu'à te dire ok, dans tout ce que je déteste pas, qu'est-ce qui colle à mon secteur géographique ? Parce que c'est une réalité. Qu'est-ce qui colle à mes ambitions de salaire ? C'est une réalité. Qu'est-ce qui colle à ma situation actuelle ? Ce que j'ai les capacités de faire et aussi ce que la vie va me permettre de faire. C'est pas tout le monde qui peut se permettre de faire de très longues études et papa et maman ils financent et ils suivent. Et il y en a qui doivent aller bosser tout de suite. Et en fait... commence par qu'est-ce que tu détestes, mets l'autre côté et après tu vas te rendre compte qu'il y a beaucoup d'options
- Noam
Merci Hannes, c'était très clair Merci pour ton partage de parcours très inspirant, multicasket qu'on a malheureusement pas eu le temps d'aborder peut-être dans un autre podcast, merci à toi d'être venu, j'espère que ton parcours et j'en suis sûr va inspirer des centaines de jeunes et comme je dis toujours, si ce podcast sert à changer la vie d'une personne, alors il est utile
- Anès
Merci beaucoup pour l'accueil et puis à bientôt