- Speaker #0
Hypnose et auto-hypnose, au cœur d'un voyage pour votre santé, un podcast émergence. Dans ce premier épisode, Maëtte questionne le docteur Virault sur les champs d'application de l'hypnose en santé aujourd'hui. Histoire, corps et esprit.
- Speaker #1
Comment utilise-t-on l'hypnose actuellement dans le monde médical ?
- Speaker #2
En gros, on va dire que l'hypnose médicale a retrouvé... une place dans le personnel thérapeutique à peu près depuis 1980. C'est intéressant de revenir à cette racine parce que c'est un peu comme un arbre qui reste développé depuis 40 ans. Un arbre c'est un tronc, c'est des racines, on va peut-être parler des racines plus tard. Un tronc et puis des branches. Et en 1980, le tronc porte une grosse branche qui est une branche dans le monde mental, dans le monde psychologique. L'hypnose, elle revient en France, elle commence à être enseignée, moi je me forme en 1986, pour traiter les troubles psychologiques. C'est quoi ? Eh bien les dépressions, les angoisses, les peurs, les douleurs chroniques, beaucoup. C'est un moment où il y a les tout premiers centres de traitement de la douleur chronique qui apparaissent. vraie prise de conscience qu'il est nécessaire de trouver de nouveaux outils pour traiter les gens qui souffrent de cette pathologie-là. On va traiter des troubles du sommeil, des troubles de la sexualité. Alors, l'hypnose aussi s'appuie un peu comme adjuvant de temps en temps, par exemple dans le monde de la maternité, pour aider les futures mamans. Mais c'est essentiellement dans le monde psy. Mais quand on parle de douleurs chroniques, là on n'est pas seulement dans le monde psy. C'est ce qui provoque. À l'époque, on considérait essentiellement la douleur chronique comme une problématique psychologique. Alors, de temps en temps, on sait bien qu'il y a un support corporel, mais il est repéré ou pas d'ailleurs, puisque dans les douleurs chroniques, on va... soit trouver un support organique, par exemple une douleur dans le dos va être due à un déplacement vertébral, mais une douleur dans le dos peut aussi être sans déplacement vertébral et s'exprimer par les mêmes types de symptômes. Les migraines ? Les migraines par exemple aussi. Et donc il y a ces douleurs dont on voit bien qu'elles ont un support corporel, donc à ce moment-là les traitements vont plutôt être corporels, mais il y en a beaucoup d'autres pour lesquelles on ne trouve pas de support corporel et on ne sait pas quoi faire. Et les pauses arrivent là. Et d'ailleurs, moi, je vais beaucoup être impliqué dans le traitement des patients qui ont des douleurs chroniques. Donc, ça va être comme ça dans les années 80, dans les années 90. Et puis, il y a une racine qui a laissé comme ça sur le tronc aussi une sorte de branche en préparation qui est le traitement des douleurs aiguës. Et en fait, ce traitement des douleurs aiguës... était l'un des premiers intérêts que l'hypnose avait pu avoir dans les années 1800, c'est-à-dire dans le monde de la chirurgie dentaire, de la chirurgie générale. Mais cette branche-là, elle n'était plus nourrie et elle ne va rien paraître, en grande partie grâce à une anesthésiste de Belgique. Le professeur Marie-Elisabeth Femondy, qui va se former d'abord à l'hypnose, la même formation que j'ai pu faire, formation un peu plus tôt dans le monde psychologique et mental. Mais dans cette formation, on apprend aussi qu'à une époque, dans l'histoire de l'hypnose, on parlait beaucoup de l'hypnose et de la chirurgie. Alors, c'est une scientifique rigoureuse, donc elle a décidé de vérifier dans son service à Liège, en Belgique. qu'effectivement l'hypnose peut aider des gens par rapport à ces douleurs qui vont bien sûr être vécues dans une chirurgie. Et elle a prouvé qu'effectivement l'hypnose peut aider des gens à vivre une intervention chirurgicale de manière beaucoup plus facile et confortable. Il y aura des études, il y aura des preuves, il y aura des tas de choses qui vont être faites à partir de cette époque-là. Et ce travail de Mme Pémourville... Nous on le... on le prend très vite, hein, dans cinq ans. On s'y intéresse et en particulier le canal d'anesthésie de Rennes qui m'encourage à faire un premier congrès qui va réunir des anesthésistes et des gens du monde psychologue et psychiatre. Et cet intérêt de l'hypnose dans le monde de l'anesthésie pour aider à la chirurgie va prendre un développement considérable. Et aujourd'hui ce sont des centaines d'anesthésistes et d'infirmières anesthésistes qui se forment en France. pour aider des gens dans des situations chirurgicales. Même si au total, ça ne représente qu'une partie du personnel des vœux coopératoires, une partie des interventions chirurgicales qui sont faites grâce à l'hypnose, il y a eu beaucoup d'études qui ont montré que c'est vraiment très efficace, très performant et très utile.
- Speaker #1
Donc ce qu'on peut dire, c'est que l'usage de l'hypnose à l'heure actuelle réunit des thérapies qui peuvent soigner des problèmes mentaux, mais aussi qui peuvent intervenir dans le milieu de la chirurgie. Finalement, l'hypnose peut agir d'une certaine manière. Est-ce qu'on peut dire que l'hypnose peut agir d'une certaine manière sur l'esprit, mais aussi sur le corps ?
- Speaker #2
Alors, on va y revenir. On fait un petit passage avant. On va dire que, dans le monde psychologique, l'hypnose va avoir surtout une fonction de changement, de transformation, d'évolution. Il y a souvent, quand les gens développent des troubles psychologiques, c'est qu'il y a quelque chose qui est arrêté. Ils ne savent plus comment avancer. Donc, il y a besoin de changer, d'évoluer.
- Speaker #1
De le mettre en marche.
- Speaker #2
Très souvent, dans le monde de la douleur aiguë, Ça va être vrai, on n'a pas parlé de chirurgie, mais ça va être vrai dans les services de soins, pour faire des pansements, pour faire des injections, pour faire des prélèvements, pour faire un chirurgien dentiste, un kinesithérapeute, tout en faisant une naissance, l'hypnose va surtout servir à protéger, à protéger de la douleur, à protéger du stress, à protéger de l'angoisse. C'est surtout une fonction de protection, de manière à ce que l'organisme garde le plus possible sa tranquillité, sa fluidité, et on va déjà utiliser ses ressources. Changement, protection. Alors bien sûr, ces notions de changement et de protection, ces notions de monde psychologique, de monde du soin corporel, vont très vite, les branches vont très vite se rapprocher, s'emmêler, elles sont nourries de la même sève, et on va petit à petit... se rendre compte que, bien que par le biais de l'hypnose, il y a des dimensions corporelles et des dimensions psychologiques qui fusionnent, qui se retrouvent, qui se rapprochent. Et en quelque sorte, on est en train de voir aujourd'hui, je vais utiliser presque la réparation d'un processus qui a commencé il y a longtemps, puisqu'il a commencé au XVIIe siècle, un processus qui a eu... tendance à séparer tout ce qui est quantaire et tout ce qui est corporel. C'est comme ça qu'on a vu d'ailleurs apparaître des hôpitaux pour le corps et des hôpitaux pour l'esprit, et qui existent encore. Mais par le biais de l'hypnose, on va se rendre compte que ces deux dimensions sont, quelquefois j'ai dit, les deux côtés de la même pièce. Et que quelqu'un qui souffre dans son corps va souffrir psychologiquement dans son mental. Quelqu'un qui souffre psychologiquement dans son mental, on va trouver des manifestations corporelles.
- Speaker #0
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