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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Transcription
L'instinct de la peau. Avant même d'avoir son nom sur une porte, Ella Baché fait déjà autorité dans l'ombre grâce à ses compétences de formulatrice. C'est chez elle, dans le secret de son laboratoire rue Godot de Moroy, qu'elle élabore ses premières crèmes, à la manière des préparations magistrales faites par les pharmaciens. Elle envoie des échantillons aux grandes maisons de parfum et de beauté. Un jour, un client lui demande de recréer des formules sans aucune indication. Les étiquettes sur les flacons contenant les essences de parfum et les colorants pour faire les fonds de teint ayant mystérieusement disparu. Retrouver les mêmes odeurs, les mêmes parfums relève du défi. Mais Ella Baché y parvient haut la main. C'est à partir de ce moment que je suis devenue conseillère chimiste. A l'époque, l'industrie des cosmétiques n'en est qu'à ses balbutiements. Les produits sont rudes, agressifs, voire dangereux. On maquille, on couvre, on masque. sans jamais soigner. Elle, au contraire, veut formuler autrement. La peau devient son terrain d'exploration privilégié. A force d'observer, elle invente une autre voie, celle de la pharmacie de la beauté. Elle entre dans les coulisses de la haute couture pour préparer la peau des mannequins avant les défilés. Elle se fait rapidement une place dans un univers en quête de perfection. Pionnière du maquillage soin, elle développe les premiers fonds de teint hydratant ainsi que des phares à paupières et à lèvres que les couturiers s'arrachent. Chaque année, un ou deux de mes nouveaux coloris devenaient les teintes phares de la saison, raconte-t-elle. Je pense notamment à ce rouge cyclamène, devenu iconique chez une grande couturière des années 30. Mais au-delà de la couleur, c'est sa vision du soin qui imprègne ses créations. Je cherchais déjà à ne pas abîmer la peau avec le maquillage. J'incorporais à tous mes phares une base de crème émolliante afin qu'il ne dessèche ni les paupières, ni les joues, ni les lèvres. Une exigence scientifique et un souci profond du respect de la peau. L'anecdote du lait démaquillant illustre parfaitement son génie de l'adaptation. Juste avant son installation rue de la Paix, une importante marque du Faubourg Saint-Honoré lui demande de travailler sur un produit complexe à formuler en un temps record. Travaillant sans relâche, elle met au point, sans le savoir, un produit qui deviendra emblématique. J'ai établi ainsi la formule de mon lait à démaquiller. une émulsion très nourrissante, qui puisse servir en produit unique pour nourrir la peau et la protéger. Dans le même esprit d'observation, elle invente dès son arrivée dans la capitale la première cassolette de cire chaude en Europe pour l'épilation. Une innovation audacieuse à l'époque, car cette pratique reste taboue. Seules les femmes dites de petite vertu y ont recours. Mais les jupes raccourcissent, les jambes se montrent. Précurseur, Ella Baché perçoit ce changement dans les mœurs et développe une cire révolutionnaire qu'elle vend directement aux pharmacies. « Nous étions les seules, les sœurs Marnette et moi, à l'avoir introduite en France » , se souvient-elle. Une méthode originale pour se débarrasser des poils qu'elle a été pendant longtemps l'une des seules à pratiquer, libérant les femmes d'un geste jusqu'alors marginal.
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L'instinct de la peau. Avant même d'avoir son nom sur une porte, Ella Baché fait déjà autorité dans l'ombre grâce à ses compétences de formulatrice. C'est chez elle, dans le secret de son laboratoire rue Godot de Moroy, qu'elle élabore ses premières crèmes, à la manière des préparations magistrales faites par les pharmaciens. Elle envoie des échantillons aux grandes maisons de parfum et de beauté. Un jour, un client lui demande de recréer des formules sans aucune indication. Les étiquettes sur les flacons contenant les essences de parfum et les colorants pour faire les fonds de teint ayant mystérieusement disparu. Retrouver les mêmes odeurs, les mêmes parfums relève du défi. Mais Ella Baché y parvient haut la main. C'est à partir de ce moment que je suis devenue conseillère chimiste. A l'époque, l'industrie des cosmétiques n'en est qu'à ses balbutiements. Les produits sont rudes, agressifs, voire dangereux. On maquille, on couvre, on masque. sans jamais soigner. Elle, au contraire, veut formuler autrement. La peau devient son terrain d'exploration privilégié. A force d'observer, elle invente une autre voie, celle de la pharmacie de la beauté. Elle entre dans les coulisses de la haute couture pour préparer la peau des mannequins avant les défilés. Elle se fait rapidement une place dans un univers en quête de perfection. Pionnière du maquillage soin, elle développe les premiers fonds de teint hydratant ainsi que des phares à paupières et à lèvres que les couturiers s'arrachent. Chaque année, un ou deux de mes nouveaux coloris devenaient les teintes phares de la saison, raconte-t-elle. Je pense notamment à ce rouge cyclamène, devenu iconique chez une grande couturière des années 30. Mais au-delà de la couleur, c'est sa vision du soin qui imprègne ses créations. Je cherchais déjà à ne pas abîmer la peau avec le maquillage. J'incorporais à tous mes phares une base de crème émolliante afin qu'il ne dessèche ni les paupières, ni les joues, ni les lèvres. Une exigence scientifique et un souci profond du respect de la peau. L'anecdote du lait démaquillant illustre parfaitement son génie de l'adaptation. Juste avant son installation rue de la Paix, une importante marque du Faubourg Saint-Honoré lui demande de travailler sur un produit complexe à formuler en un temps record. Travaillant sans relâche, elle met au point, sans le savoir, un produit qui deviendra emblématique. J'ai établi ainsi la formule de mon lait à démaquiller. une émulsion très nourrissante, qui puisse servir en produit unique pour nourrir la peau et la protéger. Dans le même esprit d'observation, elle invente dès son arrivée dans la capitale la première cassolette de cire chaude en Europe pour l'épilation. Une innovation audacieuse à l'époque, car cette pratique reste taboue. Seules les femmes dites de petite vertu y ont recours. Mais les jupes raccourcissent, les jambes se montrent. Précurseur, Ella Baché perçoit ce changement dans les mœurs et développe une cire révolutionnaire qu'elle vend directement aux pharmacies. « Nous étions les seules, les sœurs Marnette et moi, à l'avoir introduite en France » , se souvient-elle. Une méthode originale pour se débarrasser des poils qu'elle a été pendant longtemps l'une des seules à pratiquer, libérant les femmes d'un geste jusqu'alors marginal.
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