- Speaker #0
Bienvenue dans Inco Redia Salude, le podcast de l'UMCS qui donne la parole à celles et ceux qui font vivre la santé en Corse au quotidien.
- Speaker #1
Confier un parent âgé à un EHPAD, c'est l'une des décisions les plus difficiles qu'une famille puisse prendre. Cet épisode est là pour vous aider à comprendre ce qui se passe vraiment derrière les portes des EHPAD de l'UMCS. Les soins, le cadre de vie, l'humain. Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Alain Belay. responsable de l'EHPAD de Lévis, Marjorie Muth, en charge d'animation à l'EHPAD de Cargèze, et Marie-Paul Albertine, psychologue, qui nous parlera des infrastructures et du bien-être au travail des équipes. Et nous aurons également la parole d'une résidente, présidente du comité de vie sociale de l'EHPAD de Cargèze. Parce que le meilleur témoignage, c'est celui de ceux qui vivent là. Monsieur Belay, pour ouvrir cet épisode, je vous propose de nous expliquer comment est organisée la prise en charge médicale et soignante au sein de l'EHPAD, les équipes, les protocoles. et ce qui garantit concrètement la qualité des soins au quotidien.
- Speaker #2
L'EHPAD de Lévis, c'est un EHPAD qui a un agrément de 33 places et qui accueille aujourd'hui 29 résidents. Au niveau de l'équipe, donc un responsable de site, un personnel administratif et animation, un médecin coordinateur, une infirmière coordinatrice et ensuite deux équipes, chacune composée d'une infirmière, de trois aides-soignants de jour, deux agents de services hospitaliers de jour. d'un aide-soignante de nuit, d'un agent de service hospitalier de nuit et d'une commise de cuisine. Au niveau des locaux de l'EHPAD, je précise une chose, c'est que l'EHPAD était autrefois un foyer logement, donc des locaux qui ne sont pas totalement adaptés à une organisation pour un EHPAD. Donc effectivement, l'EHPAD aujourd'hui est doté d'un lieu d'accueil qui est aussi un lieu où se retrouvent les résidents. durant la journée. Ensuite, nous avons quand même une petite salle dédiée à l'animation, une salle de restaurant, bien sûr, donnant sur un jardin qui est très agréable, d'ailleurs, et qui permet, lorsque les conditions météorologiques, de pouvoir proposer aux résidents de se poser à l'extérieur. Au niveau des chambres, c'est toute la problématique liée à l'ancienne fonction de foyer des logements. Nous disposons aujourd'hui de 28 chambres. pour un accueil de 33 résidents à la base. Donc nous avons quand même des chambres qui sont assez spacieuses du fait de l'ancien foyer logement, donc qui nous permettent, dans la mesure du possible, d'accueillir deux résidents dans une même chambre. Même si aujourd'hui, le choix des personnes qui font des demandes d'admission font des demandes d'admission pour des chambres individuelles, bien entendu. Nous avons quand même la chance d'avoir deux chambres doubles qui sont occupées une par un couple. et l'autre par mère-fille. Mais ensuite, toutes les autres chambres sont occupées individuellement, ce qui nous pose problème aujourd'hui pour être vraiment en taux d'occupation maximale de 33 lits. Donc aujourd'hui, nous accueillons effectivement 29 résidents pour 33 places agréées.
- Speaker #1
Comment est organisée la prise en charge médicale et soignante au sein des EHPAD de l'UMCS ?
- Speaker #2
Aujourd'hui, au niveau de la prise en charge médicale, Nous avons, on va dire, une équipe qui correspond bien au nombre de résidents que nous pouvons accueillir. Par contre, la difficulté que nous rencontrons au niveau du soin, deux contraintes assez importantes. Encore une fois, la contrainte du bâtiment qui est organisée sur trois niveaux, donc ce qui complique quand même la tâche des professionnels. Et par contre, nous accueillons aussi des résidents à forte dépendance. Au niveau des gires, nous sommes principalement sur des girades. un GIR 2, quelques GIR 3 et ça s'arrête là. Alors au niveau des GIR c'est au niveau de la dépendance nous avons on va dire 80% de résidents à forte dépendance ce qui effectivement ne facilite pas le travail des professionnels Lesat est bien doté mais heureusement qu'il est doté ainsi par rapport justement à la forte dépendance au niveau des résidents Un EHPAD en général a un double financement Je veux dire même un triple financement. Le premier financement, c'est l'ARS, donc avec l'agrément. Forcément, l'agrément ARS par rapport à l'aspect soins. Un deuxième financeur qui est la collectivité de Corse, qui finance la dépendance. Et ensuite, forcément, le troisième financement qui est le financement du résident lui-même, qui paye sa chambre. Dans les territoires ruraux, il y a deux choses. Le premier avantage, c'est l'EHPAD et le plus gros employeur du village. L'autre avantage d'avoir un EHPAD dans le milieu rural, c'est qu'effectivement, et on le voit par rapport aux résidents que nous accueillons aujourd'hui, nous avons des résidents principalement du village ou des villages alentours qui, effectivement, souhaitent ne pas quitter leur lieu d'origine, même si nous accueillons aussi. Bien évidemment, comme tout autre EHPAD, des personnes venant de l'autre bout de la Corse ou même du continent. Alors, le recrutement, c'est encore une autre problématique. Nous sommes dans un milieu rural, légi, petit village de montagne, avec, on va dire, un éloignement des plus grandes villes qui est d'environ... Alors, je sais qu'en Corse, on parle en temps, mais pas en kilomètres. Donc, il faut compter... 35 à 40 minutes la plus grande ville qui est Propriane, 45 minutes, 50 minutes pour Porto Vec. Donc si vous voulez, au niveau du recrutement, c'est assez difficile de par le temps pour venir à Lévis. L'autre problématique, c'est le logement. Le logement à Lévis, c'est impossible aujourd'hui de trouver des logements sur Lévis. D'ailleurs, dans le cadre de nombreux projets dont on parlera, nous avions intégré aussi dans ce projet-là La création d'un studio remplaçant qui permettrait justement de faciliter le remplacement du personnel en congé et pourquoi pas fidéliser aussi et pouvoir constituer des équipes pérennes. Je pense que la problématique du recrutement, elle ne se situe pas qu'au niveau des EHPAD. Je pense que c'est une problématique générale du secteur médico-social. Ça, c'est un fait. Donc effectivement, à Lévis, nous subissons... Les mêmes contraintes, ce ne sont pas des métiers faciles. Sur les villes, je le redis, l'éloignement, l'éloignement des villes les plus importantes. Donc sur les villes, forcément, une certaine obligation d'installer l'EHPAD sur des locaux existants. Donc en l'occurrence, le choix a été fait à l'époque de reprendre le bâtiment qui était toutefois un foyer logement. Ce qui veut dire que le bâtiment en lui-même était forcément adapté. à l'activité d'un foyer logement, ce qui n'est pas le cas pour les pas d'aujourd'hui. Donc la problématique du bâtiment, on va dire, c'est qu'au niveau du foyer logement, les chambres étaient organisées en tant qu'appartement, si vous voulez, pour principalement des couples autonomes, ce qui nous pose problème aujourd'hui puisque le nombre de chambres actuelles ne correspond pas à l'agrément de 33 lits, ce qui nous a contraint à accueillir effectivement les résidents sur des chambres doubles, mais en tant que chambre individuelle. On a la chance d'avoir quand même deux chambres qui accueillent un couple et une mère-fille. Ce sont des exceptions qui confirment la règle générale d'un résident par chambre. Donc aujourd'hui, nous sommes en déficit actuel de quatre résidents. Et je dirais que si on regarde vraiment... Après long terme, nous aurions éventuellement besoin de 33 chambres. Donc l'idée entre trouver des solutions face à cette problématique de taux d'occupation ou d'accueil en tous les cas de 33 résidents et la nécessité, le besoin en tous les cas au niveau des territoires de développer l'offre de services au-delà de l'EHPAD de base. Nous avons un projet de réhabilitation du bâtiment. qui nous permettrait donc à la fois de résoudre notre problème de nombre de lits dans des chambres individuelles et aussi de répondre à la commande de l'État dans le cadre de la création d'unités de vie adaptées, dont pour le public ayant des troubles du comportement qui nécessitent une attention particulière, une sécurité, donc avec un UVA qui est une unité sécurisée pour éviter... les fugues, gérer les déambulations, etc. Et ensuite, créer aussi un espace PASA qui fait partie de la commande globale, UVA-PASA. UVA et PASA, c'est lié, c'est une labellisation globale. C'est un lieu où peuvent être accueillis les résidents, soit de l'UVA et même les résidents de l'EPAD, en fait. C'est une sorte de pôle d'activité où des intervenants peuvent venir, etc.
- Speaker #1
Des équipes formées. des protocoles rigoureux, une évaluation qualité exigeante. La qualité des soins à l'EPAD de l'UMCS, ce n'est pas un argument, c'est une réalité quotidienne. Merci M. Belay pour ce tableau précis de la prise en charge. Ce n'est pas seulement des soins, c'est aussi un lieu où l'on vit, parfois pendant de longues années. Madame Huth, vous êtes en charge de l'animation et des équipements, pensée pour le quotidien des résidents. Comment fait-on pour qu'un EHPAD soit un vrai lieu de vie ?
- Speaker #3
Déjà, il y a toujours de la musique, ça, ce n'est pas possible. Donc, je danse beaucoup, je fais de l'exhibition, mais je suis quand même toujours en mouvement. Je parle certainement un peu fort, du sourire et puis de la couleur. couleur par les activités, où à un moment donné on va inonder les murs de nos créations, et on sort et on fait des bouquets de fleurs, et on met des fleurs partout selon les saisons. Enfin, on a quand même de la chance de vivre ici, c'est incroyable. La nature, elle nous offre des choses en permanence, quoi. Voilà, la couleur, les sourires, et puis, effectivement, le être ensemble suffit, on n'est pas obligé d'être dans la production, et puis, de toute façon, selon les périodes et selon les résidents, alors oui, on a une trame, Potentiellement, sur le papier, on sait qu'on a un planning et voilà. Mais en fait, chaque jour est une surprise aussi. On ne sait pas, il y a un état de fatigue, il y a un état de comment s'est passé la nuit, qui est en forme ce matin. Donc à ce moment-là, on fera en fonction de chacun. Et puis, il y a aussi l'organisation de l'EPA, des soignants, de l'étage, des toilettes. Donc en fonction des toilettes, qui est prêt, qui n'est pas prêt. Chaque jour va être différent, c'est-à-dire que qui va être là à 10h30 ? Suspense ! Moi ce que j'avais aussi ça faisait partie de mon contrat et c'était pas discutable qu'on soit pas justement dans le faire le faire, le faire y'a pas d'obligation de résultat en fait et puis pas uniquement du collectif parce qu'il y en a qui sortent pas de leur chambre et je vois pas pourquoi eux ils pourraient pas bénéficier d'une présence en fait alors évidemment on va pas leur faire de la pâte à modeler ou du crochet mais en fait juste on leur tient la main et on est avec eux, on les écoute y'en a qui parlent plus donc on leur parle On a l'air de la musique, enfin, voilà. On a toujours quelque chose à faire, on a toujours quelque chose à dire, on a toujours un sourire à donner, un sourire à recevoir, des grimaces, parce qu'il y en a qui ne sourient pas beaucoup. Et ça aussi, en fait, c'est drôle, parce qu'on se dit, mais qui était cette personne, en fait, dans son... C'est vrai, et ça, c'est rigolo. Ils ont été quand même des pères et des mères de famille. C'était qui, en fait ? Donc, il y a tout ça à prendre en considération et à respecter, en fait. C'est vraiment humainement très intéressant. Et puis, il y a l'équipe. On est une toute petite structure. C'est 24 lits. Donc, on est à la maison. On a une salle à manger. On mange tous ensemble. On a une équipe. Alors, effectivement, je suis animatrice. Mais je ne peux pas faire autrement que d'aller demander aux soignants comment il va le résident. Il n'est pas là. Il est parti. Il a été hospitalier. Je veux dire, c'est notre famille, quoi. Et donc, on crée en permanence, on essaye d'imaginer de nouvelles activités. Et vraiment, selon les périodes et selon les résidents, c'est très, très compliqué. Il y a eu des périodes où j'avais des tablés de 10 à la peinture. Il y a des périodes où la peinture, moi, j'aime bien peindre, tant qu'on le fait un peu. Donc, il y a plein de jeux. J'ai acheté de quoi faire du ping-pong, donc on s'installe un petit filet. Il y a plein de choses, on fait plein de choses, mais vraiment. Je ne peux pas vous donner une trame, chaque jour est différent. Alors oui, on a des grandes trames. Maintenant, on sait que vendredi, c'est apéro. Donc, le matin, on fabrique nos petits roulés à saucisses, nos privrapes. On se prépare notre apéro. Et 11h30, ne nous cherchez pas, c'est apéro. Et le mercredi, du coup, on a basculé, on fait de la pâtisserie. Parce que ça, c'est chouette aussi, une fois par semaine, de manger autre chose que les goûters. Ça, c'est vraiment la trame. Et puis après, selon les saisons, tout change. On est plus dehors, on promène. Il y en a qui ont besoin de marcher un peu, donc on va marcher. Il y en a qui ont besoin de s'aérer. Vraiment, la saisonnalité, ça change aussi beaucoup, évidemment. On n'est plus sur les terrasses. On a un point de vue incroyable, évidemment. On a une vue imprenable sur la mer. Il y en a beaucoup qui nous jalousent. Après, effectivement, si on a des choses à revoir, il faudrait quand même revoir nos extérieurs, effectivement. On a des projets de végétaliser un peu, Et... Peut-être un potager. On a des possibilités infinies, mais c'est surtout que chaque jour, on vit, on donne ce qu'on peut. Donc ça, c'est vraiment chouette.
- Speaker #1
Comment sont pensés les équipements des chambres au service des bénéficiaires dans les EHPAD de l'UMCS ?
- Speaker #3
Quand on arrive, elle est quand même très correcte. Effectivement, il y a du mobilier. Bon, il est standard, évidemment. Mais par contre, ils savent que chacun peut ramener son meuble, le fauteuil de sa grand-mère. Alors, je pense que... Il y a plein de choses auxquelles ils sont complètement détachés, parce que je pense que c'est bien fait la vie et qu'on se détache au fur et à mesure de choses dont on n'a plus besoin. Mais voilà, il y a aussi des choses qui comptent une pièce ou deux, enfin pas beaucoup, une photo, un cadre. Donc effectivement, tout est OK, ils peuvent tout changer. On les aide, on les accompagne. Et c'est vrai que c'est chouette et ça change complètement l'ambiance de la chambre. C'est rigolant. Chacun a leur convenance. On les livre propres, repeintes. Quand les gens arrivent, c'est propre. Après... A le jouer !
- Speaker #1
Quel type d'activités, d'animations sont proposées ? Et comment tiennent-elles compte des envies et des capacités de chacun ?
- Speaker #3
On prend en considération leurs besoins, on prend en considération leur personnalité, et puis on les écoute, on les entend, on écoute leurs besoins et leurs envies. Il y en a qui sont dénués d'envie, je ne sais pas, je ne sais plus, je ne sais pas. Et en fait, on se rend compte qu'en leur proposant des choses, ah ouais, c'est vrai, ça peut être pas mal. Et encore une fois, selon les résidents, moi je me rappelle... J'avais une dame, c'était incroyable, elle avait été couturière. Et j'ai dit, je vais quand même tenter le coup d'amener ma machine à coudre. Et je l'ai prise, j'ai mis du tissu, la machine, et elle cousait toute la journée. C'est drôle, donc effectivement, oui, en fonction de qui ils sont ou qui ils ont été par le passé. Et forcément, ça transforme quand on a une activité. Déjà, le temps passe plus vite. Je pense que le jour où il n'y a pas d'animation, ce n'est pas la même ambiance déjà. Les journées sont rythmées, évidemment. Les toilettes, les petits déjeuners, le repas, le goûter, les dîners. Donc effectivement, c'est rythmé. Mais voilà, l'animation apporte autre chose. Et à un moment donné, elle fait perdre un peu la notion de temps. C'est passé vite. Quand c'est du vieux, il y a des échanges, il y a des choses. C'est très ludique. Il y a des fois, on se jette des ballons, on se jette des balles. Ça donne le sourire, ça rappelle l'enfance. Je pense que c'est comme ça qu'on arrive à leur donner un petit peu le sourire.
- Speaker #1
Quel rôle joue le comité de vie sociale dans la vie de l'établissement ?
- Speaker #3
En fait, c'est leur environnement, c'est chez eux. Il faut qu'ils prennent conscience que c'est eux qui, justement, nous donnaient le fil conducteur. Donc, on a eu un président pendant des années qui était très, très impliqué. Michel, c'était un monsieur qui venait du monde associatif. Il avait fait ça toute sa vie. Et vraiment, pour lui, c'était important de continuer à œuvrer, d'écouter les gens, de faire au mieux, de satisfaire. Nous, on vient, on repart, on vient, on repart. Eux, ils sont là tout le temps, tous ensemble. Donc, à un moment donné, c'est très bien qu'aujourd'hui, Madame Bannon, qui est rentrée depuis peu, mais qui est hyper positive, qui a toujours le sourire, qui est toujours à l'écoute, qui est très patiente. Elle a du recul. Et donc, je pense que c'est vraiment très important qu'elle le fasse, elle. Après, elle l'a choisie. Il n'y a rien qui a été imposé, mais ça lui est venu assez naturellement de dire oui. Et puis, elle est observatrice. Elle a aussi un lien très fort avec l'équipe. Elle va essayer de recueillir des infos auxquelles on passe à côté parce qu'on n'est pas là tout le temps. Et puis, elle aura une autre vision aussi.
- Speaker #1
Pouvez-vous nous décrire un espace ou une activité dont vous êtes particulièrement fière et expliquer pourquoi cela compte pour les résidents ?
- Speaker #3
Alors moi, j'adore l'activité avec les frites et les ballons de baudruche. J'adore parce que c'était des frites que j'ai coupées en deux parce que c'était des frites de natation. Et les ballons de baudruche qui rappellent quand même vachement l'enfance. et En fait, elle est hyper adaptée pour la plupart. C'est hyper léger. Donc, en fait, ils ne se rendent pas compte, mais on travaille beaucoup, beaucoup, on est dans le mouvement, donc c'est hyper important, tout en légèreté. Et puis, il y a un moment donné où ça dérape et on se frappe un peu dessus. C'est toujours l'activité qui donne le sourire, parce qu'elle est légère, les ballons volent, ça tape, on rattrape, on se met un coup dans la tête. On risque évidemment rien. Et en même temps, elle fait énormément bosser, en fait. Après, nous, c'est le rumis cube, quand même. Là, nous, ici, on est les incontournables du rumis cube. On ne peut pas passer une journée sans faire une partie de rumis cube. Là, il y a les équipes. Et puis, il y en a qui ont la gagne, ici. Il y en a qui n'aiment pas perdre. Donc, non, non, c'est rigolo. C'est rigolo. Puis après, effectivement, en fait, on a nos petites habitudes. C'est marrant. C'est marrant. Non, c'est assez drôle. Et puis, cette histoire du ballon et des frites, en fait, on le fait vraiment devant l'ascenseur. Et au moment du repas, en fait, il commence à y avoir beaucoup de monde. Et en fait, je leur mets à tous des frites. Non, joue pas, joue pas. Mais ils ne s'en rendent pas compte. Mais au bout d'un moment, le ballon leur vient et c'est automatique. Et ils se prennent tous au jeu. Donc non, non, c'est rigolo.
- Speaker #1
Et pour donner un visage concret à tout cela, j'ai souhaité donner la parole à la personne la mieux placée pour en parler. Une résidente. Je m'appelle Dominique, j'ai 67 ans. Beaucoup de choses,
- Speaker #4
beaucoup de choses, oui. La cuisine, après on a la peinture, le coloriage, le découpage. Inventer des choses, chacun a ses propres envies et créativité, voilà. Les jeux, il y en a qui jouent, il y en a qui ne jouent pas. Et puis voilà, l'ambiance qui est bien. Moi, je trouve que plus ou moins tout le monde s'entend bien. Lorsqu'on est là-bas, dans la salle d'activité, on se retrouve tous ensemble. On peut discuter tout en coloriant ou en peignant. Moi, je trouve que c'est très bien. Très bien, très bien. En plus, les animatrices sont excellentes. Écoutez, moi, je me sens très bien. J'apprécie tout le monde, aussi bien les résidents que tout le personnel. Vraiment, ils sont tous à l'écoute, ils sont aimables. Voilà, ça ne fait que six mois, sept mois que je suis là, mais je me suis bien adaptée avec les animatrices, encore une fois, qui nous boostent un peu, mais c'est très bien. Moi, je suis très, très chouchoutée. Mais tout le monde, tout le monde, le personnel fait ce qu'il peut pour que les gens soient gâtés. Moi, j'aime bien les jeux. Bon, des fois, je peins un petit peu. Voilà, la cuisine, c'est pas mal aussi. Quelquefois, on est là, on discute, parce qu'on peut simplement discuter avec les animatrices. On échange nos idées, on écoute de la musique, ce qui est très bien, moi, je trouve. On chante. Puis, on a un autre projet aussi qu'on essaye de mettre en place avec la directrice de l'établissement. C'est d'avoir un petit chat qui se baladerait dans les pattes et qui irait voir un peu tout le monde. Un chat, ça peut apporter beaucoup de choses. Évidemment, il faut l'habituer. Ça ne va pas se faire tout seul. Mais moi, j'en ai eu des Ausha et je peux dire que... Ça peut remplacer un antidépresseur. Parce que lorsqu'il est sur vos genoux, vos jambes, et qu'il ronronne, qu'il vous fait dégâter, ça fait énormément de bien. Voilà, et j'aimerais beaucoup que ce projet aboutisse.
- Speaker #1
Qu'aimeriez-vous dire aux familles qui hésitent à placer un proche dans un EHPAD ?
- Speaker #4
Qui n'hésitent surtout pas à venir ici, parce que moi, je ne voulais pas. J'ai dit non, un EHPAD, non, non, ça va être mouroir, voilà. Je ne regrette absolument pas. Absolument pas parce qu'ici, je suis très très bien. J'ai trouvé une autre famille. Moi, j'aime tout le monde, j'apprécie tout le monde. Et vraiment, je leur dis n'hésitez pas. Qu'ils viennent voir d'abord, avant de le faire venir à leurs proches.
- Speaker #1
Un EHPAD, c'est avant tout un lieu où l'on vit. Et ça, on ne peut pas mieux l'expliquer que par ceux qui le vivent. Et derrière la qualité de vie des résidents, il y a aussi celle des équipes qui les accompagnent chaque jour. Madame Albertine, vous êtes psychologue au sein des EHPAD de l'UMCS et vous vous intéressez au bien-être des résidents et à l'accompagnement des équipes dans leurs liens aux résidents. Quel est votre rôle de psychologue au sein des EHPAD de l'UMCS ?
- Speaker #0
Mon rôle, c'est d'accompagner les résidents à partir de la préadmission, c'est-à-dire toutes les étapes préliminaires à leur entrée en institution. Je n'entends pas là que je vais les rencontrer à domicile, mais ça, j'y reviendrai, et les accompagner jusqu'à leur finitude, leur fin de vie. Je les rencontre et je les suis. Lors de différentes étapes de leur vie, que ce soit le décès d'un compagnon s'il y a, le deuil par rapport à un domicile, par rapport à l'animal de compagnie. Très souvent, c'est une thématique qui revient. L'adaptation aussi dans l'établissement, le fait de prendre ses marques, le fait de personnaliser sa chambre, c'est quand même une étape qui est importante et qui permet une intégration à l'EPAD. Voilà, des fois, il peut y avoir des conflits aussi, donc parfois j'interviens. Et j'interviens aussi dans la réalisation de leur projet d'accompagnement personnalisé. Je prends l'exemple de cette dame qui voulait absolument aller dans un endroit où elle avait vécu, dans un EHPAD où elle avait vécu. Et donc, avec mes collègues, nous avons organisé ce départ et nous avons réalisé vraiment ce que la résidente a souhaité. Alors, j'interviens donc auprès des résidents. Donc, mon rôle, ça va être de les rencontrer, de faire vraiment leur connaissance, d'être à leur écoute. Pareil pour les familles, parce qu'il y a des familles qui vont être beaucoup dans la culpabilité de placer un proche en EHPAD. Souvent, cette culpabilité ne peut pas se dire en tant que telle, mais elle peut souvent se manifester par un retrait des familles. Les familles ont du mal à venir à l'EHPAD. Donc, il y a tout cet accompagnement-là qui est possible si la famille le désire. Et il y a aussi un accompagnement, évidemment, des équipes, parce qu'elles ont besoin justement d'être soutenues. justement d'être accompagnés dans leur relation de soins et dans leur façon de prendre soin. Penser le soin, c'est important. Donc mon rôle, vraiment, si je devais donner un fil conducteur, c'est en tant que psychologue clinicienne et d'orientation psychanalytique, ça va être de venir soutenir le sujet. Alors le sujet, qu'est-ce que c'est ? C'est tout ce que la maladie ne réduit pas. C'est tout ce que le symptôme ne réduit pas. Le sujet, c'est toute vraiment la partie vivante. C'est l'histoire de la personne, la personne, ce qu'elle a été, mais ce qu'elle continue d'être. Même si effectivement, à travers la maladie, elle en passe par différentes phases et faces. C'est tout ça le sujet. Et moi, c'est vraiment mon cœur de métier de venir soutenir, renforcer cette partie-là de la personne qui est prise dans la maladie, prise dans le handicap aussi parfois, prise dans la mémoire qui s'efface peu à peu. Et ça va être de le témoigner aussi aux équipes. Des fois, je me fais un peu l'interprète quand il y a un résident ou une résidente qui va présenter ou manifester des troubles du comportement, agressivité, irritabilité. idées délirantes. Ça va être à moi de venir comprendre ce qui se joue, pourquoi cette personne manifeste tel comportement, comment on le pense, déjà comment on l'accueille et qu'est-ce qu'on peut en dire aux équipes. Parce que derrière chaque comportement, il y a quelque chose qui essaye de se dire. Et pour moi, justement, le symptôme, c'est pas quelque chose qu'il faut supprimer à tout prix, coûte que coûte. C'est au contraire quelque chose auquel il faut donner un sens, prêter aussi une pensée et accueillir dans la mesure du possible. Mon rôle, c'est vraiment être au plus près du sujet et même justement parler de cet aspect-là aux familles. Parce que justement, il n'y a pas qu'un regard sur la personne âgée, il y a une façon de l'aborder, de l'approcher, de la rencontrer. C'est vraiment le triptyque, mais comme on retrouve quand on travaille en institution, je ne suis pas une psychologue libérale qui ne viendrait voir que des patients, d'ailleurs ce ne sont pas des patients, ce sont des résidents. L'hépathe, c'est un lieu de vie avant tout, et cette notion-là est très importante. Il y a des soins, mais ce n'est pas un lieu de soins à proprement parler. Donc c'est vraiment le travail avec le résident, parce que le résident, il est en lien. Il est en lien avec d'autres résidents, il est en lien avec une équipe et réciproquement, l'équipe est en lien avec les résidents, avec d'autres professionnels, avec les familles. Et pour moi, le psychologue, il est vraiment au cœur un petit peu de tout ça. Il prend autant en compte la subjectivité et la souffrance, que ce soit du résident lui-même, qui est parfois pas toujours compris, de la famille qui souffre très souvent, mais sans pouvoir le nommer en tant que tel. Et des équipes qui parfois sont confrontées à des situations qui sont difficiles et pour lesquelles elles ont besoin d'être accompagnées, d'être entendues, d'avoir un espace dans lequel elles peuvent déposer certaines choses, déjà pour prendre du recul, et aussi pour comprendre ce qui se passe, qui se joue, ce qui peut parfois faire résonance en soi, faire écho des fois à d'autres situations, et pour pouvoir le comprendre, l'accepter, le supporter, et mieux prendre en charge la personne qui a besoin de nous.
- Speaker #1
Comment sont pensées les infrastructures ? pour faciliter le travail des équipes soignantes ?
- Speaker #0
Alors, les infrastructures, je ne vais pas m'attribuer des compétences architecturales qui ne sont pas les miennes, mais ce que je peux dire, c'est que déjà, les trois EHPAD, que ce soit à Corot, Cardiaz ou Lévis, ils sont vraiment à taille humaine. C'est-à-dire qu'il n'y a pas beaucoup de résidents, comparé à des EHPAD de grands groupes. Ici, tout le monde se connaît. Les salles, par exemple, de soins ou les salles de réunion, elles sont au cœur et au milieu, par exemple. des ailes dans lesquelles se trouvent les chambres. Si on prend les pattes de coraux, il y a une grande salle d'animation prévue à cet effet, où il y a un tas de choses intéressantes qui vont vraiment stimuler la créativité des résidents. Et les pattes de coraux aussi, il est pensé comme le centre d'un village où on a le pôle soins, le pôle animation. Récemment, on a ouvert un PASA, qui est un pôle d'activité de soins adaptés, très identifié par les résidents. Ils savent que c'est vraiment là que ça se passe. Un grand hall, c'est accueillant, c'est souvent très bien décoré parce qu'on a vraiment des collègues qui mettent le cœur à l'ouvrage. Et il y a une chose aussi importante, c'est-à-dire que même si on a la chance, c'est vrai, de travailler dans de beaux locaux, les locaux ne font pas tout. Même si ça compte, travailler dans des conditions plus que correctes, voire bien, le soin a besoin d'être porté, d'être porté, d'être supporté. On a de la chance d'avoir des locaux agréables, c'est vrai, dans des cadres vus sur la mer, en plein cœur de l'Altaro. ou justement au cœur de la vallée du Prunel. Mais on a aussi des professionnels qui vont être soucieux de faire leur mission vraiment à bien, tout en respectant la personne. Et elles vont porter cette philosophie de soins-là, prendre soin de l'autre. Les pattes de coraux, récemment, l'an dernier, on a ouvert un pôle d'activité et de soins adaptés, où on accueille des résidents qui souffrent de troubles cognitifs et qui présentent des troubles du comportement qui sont légers à modérer. Donc, c'est des résidents qui ne vont plus trop savoir où est leur chambre, qui vont être angoissés ou au contraire, qui ne vont plus être apathiques, un peu repliés sur eux-mêmes. Et justement, cet espace-là, il permet une prise en charge pluri-abdomadaire ou des fois journalière quotidienne, selon les cas. Donc ça, c'est un premier dispositif, justement, d'accompagnement non médicamenteux des résidents. Et pour les résidents, pareil, qui souffrent de troubles cognitifs, mais avec des troubles du comportement d'intensité. plus importante, là il y a une UVA, donc c'est une unité de vie adaptée qui justement accueille ces personnes-là souffrantes et pour lesquelles un risque de sortie non accompagnée, un risque de fugue a été identifié.
- Speaker #1
Comment l'institution accompagne les salariés dans leur travail ?
- Speaker #0
Alors c'est une question très intéressante et merci de la poser parce qu'on ne peut pas prendre soin des résidents si l'institution ne prend pas soin de ces professionnels, des équipes. L'équipe, elle joue un rôle important parce que c'est telle justement qui est au cœur de l'accompagnement du résident. Je veux dire, elles prennent soin de personnes très vulnérables et parfois très dégradées par la maladie, par tout ce qui a pu arriver dans la vie d'une personne entre 80 et parfois 100 ans. On a eu des centenaires. Pour ça, justement, mes collègues et moi-même, je pense à l'infirmière de coordination, je pense au médecin-coordonnateur, je pense à la gouvernante. A l'ergothérapeute aussi, on se réunit très souvent à l'occasion de réunions pluridisciplinaires où justement la parole est donnée aux soignants et même aux ASH, donc les agents de soins hospitaliers, pour que justement ils nous parlent de leur vécu, qu'ils parlent des résidents, de ce qu'ils observent, de ce qu'ils ont noté, de ce qui habituellement est et de ce qui là peut poser question, peut poser problème. Et en fait, ces espaces-là de... de réunion, ce sont des moments clés dans la journée d'un soignant, parce que ça leur permet de déverser, parce que même au niveau émotionnel, il y a quand même une charge qui est très importante. Donc déjà, déverser un petit peu, déposer quelque chose pour que ce soit moins lourd à porter. Et dans un second temps, moi par exemple, j'essaye de donner une lecture clinique, c'est-à-dire apporter un autre regard. Et souvent, les soignants, ça peut leur faire tilt en disant « Maintenant, je comprends. » Pourquoi le résident en passe par ce trouble du comportement-là ? Donc c'est à la fois leur permettre de déverser, de prendre du recul et essayer justement d'avoir un autre regard pour prendre en charge différemment la personne, toujours avec le leitmotiv. C'est plus qu'un leitmotiv, c'est un impératif de prendre soin et de manière bienveillante et respectueuse de la personne et de sa dignité.
- Speaker #1
Quels sont, selon vous, les enjeux humains du travail en EHPAD aujourd'hui ?
- Speaker #0
Pour moi, les enjeux humains, pareil en tant que psychologue, ça va être de prendre soin. Je n'ai pas besoin de faire un soin d'hygiène pour prendre soin, par exemple, du résident. Et le soin ne se limite pas aux soins techniques. Par soin, j'entends toute la dimension, justement, relationnelle. Pour moi, le premier enjeu humain, que ce soit tant du côté du résident, de sa famille, que du côté des professionnels. Ça va être de ne surtout pas réduire la personne, quelle qu'elle soit, à un symptôme, à une maladie. Souvent, cet exemple malheureux que je vais prendre, on entend à l'hôpital l'A43. Même pas le patient de l'A43, on entend le fémur à l'A15. Donc c'est quand même des formulations qui posent question. Et c'est vrai qu'à l'EPAD, on ne retrouve pas forcément ce genre de terminologie, on va dire. Pour moi, l'enjeu humain capitalise. et qui doit vraiment continuer de guider nos cœurs de métier, c'est de se dire qu'avant d'en être là, la personne a été et continue d'être. Et comment est-ce qu'on va lui permettre de continuer d'être et d'exister sans qu'elle tombe dans l'oubli, sans qu'elle tombe dans quelque chose de l'ordre du désespoir le plus terrible ? Alors, on ne peut pas forcément tout réparer, mais on se doit, je pense, d'être là, d'être présent à la personne, d'être en capacité de l'accueillir, de la soutenir. Être là et être disponible sans chercher à réparer quelque chose du discours qui paraît confus ou incohérent, mais c'est accueillir une parole, même si à nous, bien portant que nous sommes, elle nous paraît complètement incohérente. C'est-à-dire de réceptionner cette parole et de se dire que la personne s'adresse à nous. Et c'est à nous, justement, d'accuser réception par notre fait d'être présent, que justement cette personne et cette parole peuvent se déployer. Je vais vous donner un exemple, cette semaine, il y a un résident qui souffre de plusieurs troubles, mais notamment une envie d'en finir, il se plaint beaucoup, il gémit, il soupire. En fait, j'étais là, je n'ai pas essayé de le réconforter ou de le soutenir, ce que je fais par ailleurs. Mais ce jour-là, j'ai vraiment essayé de l'entendre et d'accuser réception de cette souffrance. Pour moi, c'était une façon de dire, je vous entends dans votre souffrance et je porte ça. J'avais pas besoin d'en faire plus. supporte, je supporte et je vous encourage à déverser cette souffrance un petit peu sur moi. Et ça a eu un effet un peu apaisant et libérateur pour lui. Et il m'a dit mais qu'est-ce que vous avez dans la poitrine ? Donc je l'ai interrogé de mon regard et il m'a dit vous avez un bébé. Donc effectivement il ne faut pas prendre littéralement cette phrase. Mais en tout cas moi comment je l'ai entendu c'était une façon de dire voilà je me sens... au même niveau de vulnérabilité que pourrait l'être un nourrisson ou un bébé en devenir, pour moi, il a accusé réception de ma capacité à le supporter et apporter aussi quelque chose. C'était une façon de dire, je m'en remets un petit peu à vous, et peut-être aussi de me reconnaître dans cette difficulté que peut parfois représenter le soin de porter la souffrance de l'autre. Et je n'ai pas voulu lui dire, non mais ce que vous dites, je ne comprends pas, j'ai laissé cette parole se déployer et exister, et lui aussi exister dans ce moment-là. qui lui semblait très subjectif et très singulier. L'enjeu, c'est vraiment préserver tout le temps la singularité de la personne. C'est ne jamais la réduire à ce qu'on peut lire de son dossier médical et qui est souvent très bien résumé, mais c'est toujours avoir à l'esprit son histoire de vie, ses souffrances, ses blessures, les traumas. Ils ne sont pas toujours dits, mais on pense qu'ils sont quand même là. Et c'est ça, en fait, qu'il faut vraiment, j'allais dire... Ce n'est même pas défendre, mais c'est essayer de récolter pour faire fleurir. C'est vraiment être au cœur de ça.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui, selon vous, donne envie de s'investir durablement dans ce métier ?
- Speaker #0
L'équipe compte. La pluridisciplinarité compte encore plus. Il faut aimer travailler en équipe et travailler au contact d'autres professionnels. C'est une grande richesse parce que c'est là où on peut croiser les observations, croiser les regards, en apprendre davantage sur ce que l'on croit être déjà acquis. Et c'est aussi se rendre compte que notre pensée n'est qu'une petite partie de ce que l'on croit être, mais on se rend compte en écoutant les autres et en discutant avec eux que le résident et la situation va excéder notre vision. Et on se rend compte que ce n'est pas si acquis. Parfois, on redécouvre, on découvre, on redécouvre, on apprend. Donc, la pluridisciplinarité, c'est une grande richesse et moi, je suis heureuse de travailler en équipe et en institution. Et en tant que psychologue, ce qui me donne et ce qui continuerait de me donner envie... C'est d'être là pour les résidents, de continuer à travailler comme ça, être là aussi pour les équipes, à remettre du sens, à remettre un peu de singularité, de subjectivité. On a compris que ce sont deux mots très importants, pour justement les soutenir et de les aider au quotidien à ne pas perdre de vue que derrière chaque symptôme, chaque comportement incompris, il y a une personne qui cherche à être comprise. C'est ça en fait, qui me donne envie et surtout... Ça va être les résidents. C'est-à-dire que même si certains peuvent être très dégradés, parfois un sourire malicieux ou un regard dans lequel on perçoit une lueur, un signe de vie, ça c'est la plus belle des rencontres et c'est là où on rencontre la personne. Rencontrer, c'est venir être touché par quelqu'un même s'il ne peut pas forcément en dire quelque chose. L'expérience nous montre que les résidents, et surtout les résidents qui ont toujours vécu ici, il y a un très fort attachement à leurs terres, à leurs ancêtres, etc. Il y a quelque chose qui culturellement reste encore à l'œuvre, pareil pour les familles. Le fait que nous soyons des établissements à taille humaine, ça vient renforcer, je pense, la confiance que les familles nous font. Pareil pour la disponibilité, on n'attend pas deux semaines ou un mois avant d'avoir un rendez-vous et un échange. On essaye vraiment de répondre et de garder un peu au stint au gorse, j'allais dire, dans notre façon de travailler, dans le fait qu'on a de prendre soin. Effectivement, la ruralité, parce qu'il y a beaucoup de résidents qui ont vécu dans la région, que ce soit dans les pattes de Cargèze, celui de Lévis ou de Corot, et souvent les équipes connaissent, elles connaissaient d'avant. Parfois, ça peut poser quelques difficultés en termes de positionnement, mais je pense que c'est tout à fait normal. Des fois, ça peut représenter la ruralité, j'allais dire une difficulté, parce que comment tout à coup vous voyez une personne sur laquelle les soignants se sont assis sur les genoux précédemment. Dans la plupart des cas, le fait de connaître les équipes, ça représente un facteur de confiance. Il y a un autre lien qui nous unit, c'est-à-dire que ce n'est pas seulement la relation de soins qui va unir. Il y a aussi ce lien particulier insulaire qui va rapprocher les personnes et les unir.
- Speaker #1
Des soins de qualité, un cadre de vie pensé pour les résidents et des équipes accompagnées au quotidien, voilà ce qui fait la différence dans les EHPAD de l'UMCS. Si vous êtes une famille en questionnement, nous vous invitons à visiter l'un de nos établissements. La meilleure façon de comprendre, c'est de voir. Ce qui est important de retenir pour la filière EHPAD. Premier point. Les EHPAD de l'UMCS offrent une prise en charge médicale et soignante de qualité, encadrée par des évaluations qualité et portées par des équipes formées et engagées. Deuxième point, ce sont de vrais lieux de vie, des équipements pensés pour le bien-être, une animation adaptée et la parole des résidents pour en témoigner. Troisième point, derrière cette qualité de vie, il y a des équipes accompagnées et soutenues, parce que le bien-être des résidents passe aussi par celui de ceux qui les entourent. Merci à M. Belay, Mme Muth, Mme Albertine. et à notre résidente du CVS pour leurs témoignages.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode d'Incorredia Salude. Si cet épisode vous a plu, abonnez-vous, laissez 5 étoiles et partagez-le autour de vous. Incorredia Salude, le podcast qui raconte la santé en Corse par celles et ceux qui s'engagent. On se retrouve le mois prochain pour un nouvel épisode. Retrouvez-nous sur umcs.fr et sur nos réseaux sociaux.