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In Da Jungle - Podcast

COMMENT VENDRE L'EUROPE ?- avec Javier Fabregas

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1h00 |28/01/2025|

23

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1h00 |28/01/2025|

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Description

🌍 Pour ce quatrième épisode, je vous invite à embarquer dans un voyage fascinant en compagnie de Javier Fabregas, véritable éclaireur dans le monde complexe de la communication institutionnelle européenne. Expert reconnu et fin stratège, Javier a exploré les coulisses des projets européens. Au fil de cet épisode, nous retracerons son parcours captivant, entre défis, découvertes et grandes réussites, pour mieux comprendre ce labyrinthe institutionnel. Aujourd’hui, Javier a rejoint les rangs de Deuux, la société initiatrice de ce podcast, en tant que Directeur Strategy EU.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans IndaJangle, le média où on explore l'entrepreneuriat autrement, dans un décor pas piqué des hannetons. Aujourd'hui, nous recevons Ravier Fabregas pour un épisode sur les institutions européennes. Bon ben Ravier, bienvenue dans IndaJangle.

  • Speaker #1

    Bonjour, merci. On est content de t'avoir. Moi aussi je suis content d'être ici.

  • Speaker #0

    Ravier, toi tu es un expert en communication institutionnelle. Aujourd'hui tu vas un peu nous raconter... ce que ça veut dire la communication institutionnelle. Avant toute chose, est-ce que tu peux un peu te présenter, nous dire ton parcours, tes études ?

  • Speaker #1

    Voilà. Bon, je m'appelle Javier Fabregas, donc avec ce nom on peut s'imaginer que... j'ai des origines espagnoles et j'ai fait des études en journalisme, après en communication, après j'ai fait un master en communication institutionnelle et pour me mettre à jour un deuxième master en communication institutionnelle en ligne. parce que je suis quand même un peu âgé et que la chose est devenue un peu plus digitale avec le temps. Et j'ai commencé à travailler en tant que journaliste à la radio, à la télé, et après justement en lançant le premier portail d'information en ligne. Et après je suis passé à la communication institutionnelle, c'est-à-dire je suis passé de l'autre côté. Je suis passé là où les fournisseurs d'informations travaillent. Donc j'ai commencé avec les comités économiques et sociaux européens. Et après, j'ai fait quelques réseaux européens. financé par la commission européenne et après j'ai commencé à travailler en tant qu'expert indépendant pour la commission surtout à l'étranger en coopération institutionnelle et coopération internationale et finalement je suis venu au luxembourg parce que justement j'avais envie de retourner un peu vers mes sources, revenir en Europe parce que je voyageais beaucoup. Et je suis venu parce que j'ai commencé à travailler pour un projet de la BEI qui était pour la promotion des services financiers, enfin des instruments financiers auprès des autorités de gestion européenne. Voilà.

  • Speaker #0

    Ok, intéressant. Je retiens que tu as été aussi en partie indépendant. Qu'est-ce que ça représente ? Qu'est-ce que représente l'indépendance et l'entrepreneuriat pour toi en quelques mots ?

  • Speaker #1

    Pour moi, c'est le courage d'abord et c'est vouloir faire des choses parce que tu essaies de lutter pour offrir un service, pour sortir un produit, pour développer une idée. Et je pense que c'est la partie active de la société en termes de vouloir faire, d'entreprendre. Et j'ai... des bons et des mauvais souvenirs en tant qu'entrepreneur parce que ce n'est pas toujours évident, ce n'est pas facile. Mais ça te donne toujours l'envie de créer, de lancer des choses et d'avancer. Alors je pense que les entrepreneurs en général, ils ont le courage de faire face peut-être avec peu de moyens ou de prendre beaucoup plus de risques aussi de leur temps. Il ne faut pas oublier que les montres négocient. ça veut dire négation du temps libre et qu'en fait ils mettent tout pour que voilà tous les autres profitent ou d'un service ou d'un produit et c'est fantastique c'est merveilleux mais c'est très puissant et

  • Speaker #0

    c'est quand même très compétitif ok merci tout à l'heure tu disais que tu avais commencé par un master en communication institutionnelle qu'est ce que qu'est ce que c'est la communication institutionnelle comme Comment c'était à l'époque et comment ça évolue aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    Bon, j'ai commencé à faire ces études qui, à l'époque, n'étaient même pas master, étaient une spécialisation parce que c'était vraiment du nouveau. En fait, il y avait les deux communications. Il y avait la communication politique et institutionnelle. Et moi, j'étais attiré par le fait que, voilà, que les représentants démocratiques, les gens qui étaient aux institutions, faisaient des discours, parlaient aux gens. Je me suis dit comment ça s'organise, comment ils s'organisent envers... Et à l'époque, il y avait beaucoup aussi de nouvelles techniques de marketing politique. La ligne était très faible entre ce qu'est l'institution et ce qu'est la politique parce que normalement, justement, les politiciens sont à la tête. d'une institution. Par exemple, un ministre, il fait surtout de la communication politique, mais il est à la tête d'une institution, le ministère de la Mine, par exemple. Alors, j'ai fait ces cours qui étaient à l'époque une spécialisation, un spécialiste expert universitaire, et j'ai découvert tout un monde. En fait, les enjeux de la communication institutionnelle, ils sont très particuliers et très spécifiques. D'un, les institutions sont toujours là. Ce ne sont pas des personnes, ce sont des services qui sont en permanence, qui évoluent, mais qui devraient être au service des citoyens, et qui vont mettre en pratique tout ce qui est décidé au niveau politique. Et en fait, ils font valoir les principes des lois, mais ils les mettent en exécution. Alors tout ça comporte des enjeux très très très complexes par rapport à la communication envers le public. Parce que là... Tous les citoyens ont droit à recevoir de l'information, qu'elle soit claire pour tous les niveaux de compréhension, qu'elle soit aussi exécutable dans la partie parce qu'après ça, il y aura une action. Par exemple, si on va introduire un nouveau impôt, je n'espère pas d'ici bientôt, mais aux indépendants, par exemple, alors il faudra expliquer très clairement aux indépendants en quoi ça consiste et quelles sont pas seulement les obligations, mais aussi... les avantages et pourquoi on fait les choses. Alors il y a toujours cette question du pourquoi, qui est très liée au journalisme, pourquoi on fait les choses, comment elle devrait être, donc elle doit répondre aussi aux principes de transparence, aux principes d'être fidèle à la loi, à ce qui est le mandat. Alors la façon dont les institutions, qui sont très différentes, il y a des institutions très grandes, très petite, avec des moyens très différents, mais avec des compétences très clairement indiquées dans la loi, et qu'on porte, voilà, une vision qu'on développe sur un point de vue stratégique. Pourquoi ? Parce que c'est du vrai long terme, c'est un marathon. Alors on va installer, d'abord on va définir comment on veut s'adresser aux gens, et après on va dire quels sont nos moyens pour faire, voilà, est-ce qu'on va faire un portail, est-ce qu'on doit faire... ... des autres canaux qui s'adressent directement à des publics très spécifiques, comment les faire ? Et je pense que, voilà, ce que j'ai appris, c'est qu'il faut toujours donner un pas en arrière, regarder bien ce qu'est le mandat, essayer de se mettre à la place des citoyens et dire comment je voudrais, moi, en tant que citoyen, que les institutions s'adressent à moi. Parce que finalement, on les paye. Donc pour moi, c'est les clients. C'est ça. Et ça, c'est très différent. de la communication, on va dire, qui est liée au monde du marketing, et même la communication politique, qui a un but, c'est de gagner les élections, de rester au pouvoir, ou de vendre un produit, de convaincre qu'il est mieux que l'autre. Et il ne faut pas convaincre que le ministère est mieux qu'un autre, mais il faut justement rendre service. Et ça, j'étais toujours quelqu'un qui essayait de rendre service aux autres, déjà à la radio, quand j'étais à la radio nationale. J'adorais ça, le fait que c'est une radio publique, qu'on essaie de s'adresser à tout le monde, avec aussi beaucoup de responsabilités. Et j'étais attrapé, j'étais capté. Et à partir de là, effectivement, j'ai presque développé toute ma carrière autour de la communication institutionnelle, mais aussi européenne.

  • Speaker #0

    Ok. Et tu parlais des moyens, donc de mettre en place une... Un portail, de développer un média, c'était quoi en fait les outils qu'on avait en général à l'époque ? Et comment est-ce qu'aujourd'hui ils ont évolué ces outils-là ? Est-ce qu'ils sont toujours présents ou est-ce qu'ils ont disparu ?

  • Speaker #1

    C'est une bonne question parce qu'en fait les choses vont très vite et les institutions malheureusement n'ont pas parfois la capacité de réaction qu'il peut avoir par exemple un entrepreneur avec une nouvelle technologie. Tout au début, la communication était surtout focalisée à travers les médias. D'ailleurs, à l'époque de mes études, on les appelait « mass media » . Pourquoi ? Parce que justement, tu peux toucher des publics massivement.

  • Speaker #0

    Et c'était quoi comme média ?

  • Speaker #1

    À l'époque, il y avait surtout la télé, la radio, la presse. Et parfois, quand il y avait des niches, il y avait des revues spécialisées qui étaient financées ou cofinancées par le ministère ou l'institution elle-même. Et après... Le digital est venu surtout s'installer pour l'information. En fait, tous les sites web étaient surtout des sites d'information. Bien sûr, il y avait les sites d'e-commerce et d'essayer de vendre, mais c'était déjà, même le paiement électronique, c'était un rêve. Donc en fait, l'information s'est développée très vite. Mais on voyait, c'était une réplique de ce qui existait. Tu voyais presque la même structure qu'un journal. Alors la mentalité presse était très installée. Comment s'adresser aux gens, c'était comme si on était presque obligé de transformer cette communication dans un communiqué de presse, qui va se transformer ou traduire en article. Alors, oui. La télévision, la radio et la presse étaient les formats. Après, quand l'internet est venu, il y a beaucoup d'autres médias qui se sont installés, beaucoup d'autres voix, il y avait beaucoup plus de liberté pour dire des choses, moins de contrôle parce que c'était des médias qui étaient moins chers à lancer, mais aussi capables d'y arriver tout de suite à toutes sortes de personnes. Alors évidemment, ça a l'air... interter les institutions tout de suite en disant attention, là on a un canal qu'on devrait utiliser majoritairement pour contacter les gens. Mais pour faire ça, il fallait être au niveau technologique. Il y avait beaucoup d'institutions, je me rappelle quand j'ai commencé au comité économique et social européen, c'était 2002, il y avait quatre directions au sein du comité qui n'avaient même pas d'ordinateur. Alors, tu vois, déjà il faut d'abord s'informatiser pour comprendre que tout ce volume d'informations peut après se traduire ou peut se convertir dans des informations qui soient digérables par le public. Alors, et chacun avec ses moyens s'est lancé un peu innocemment, surtout au niveau des institutions européennes, de leur côté. Ils ne se sont pas réfléchis à avoir un... un univers contrôlé ou, si tu veux, préformaté, unique, sous une marque, une identité claire. Au début, ils ont dit, on a besoin de faire ça. Chacun avec ses publics et ils ont développé des sites web.

  • Speaker #0

    C'était un peu, qui était le premier à mettre en place alors son portail ?

  • Speaker #1

    Effectivement, mais aussi parce qu'ils s'étaient poussés pour le faire. C'est-à-dire, les citoyens les demandaient, mais la situation devenait critique parce qu'on voyait que... que la demande était là et que d'autres, même les entreprises, prenaient l'avantage. Alors finalement, comme j'avais dit, c'est les clients, les citoyens et les clients. Alors je me rappelle par exemple, il y avait un site d'information en ligne tout au début pour la DigiBusiness Search qui était Cordis, qui fonctionnait en tant que relais pour la promotion des projets scientifiques, qui est devenu très gros. Et c'était l'un des premiers. Mais tu vois déjà dans les choix de technologie. Quel type de technologie tu vas choisir ? Quel type de support ? Quel format ? Alors chaque direction avait le sien et d'ailleurs c'est que dans les années 2010 que le site Europa en tant que tel est né. Donc ça fait seulement 14 ans. Pendant 15 ans avant, ou 10-15 ans, ils ont communiqué chacun de leur côté. Et ça reste toujours le cas si tu vois au niveau institutionnel. Maintenant... On ne peut pas concevoir la communication institutionnelle sans le service en ligne. Donc, en parallèle, ce n'était pas seulement de communiquer en tant qu'on a un message, mais de développer le service en ligne. C'était ça l'objectif, de faire de la e-administration. Alors là, ils ont pris plus de temps, mais effectivement, maintenant, tu peux faire. Nous, on habite au Luxembourg, tu l'as vu, il y en a beaucoup de... transactions, on va dire, des opérations qui ne sont faites qu'en ligne avec l'administration. Donc l'interface de l'administration, du contact avec les citoyens, est devenue presque une interface digitale. Et d'ailleurs, on y va de moins en moins au guichet. Alors, comment on a appliqué ça ? On a essayé de faire, voilà, de sous-traiter la connaissance et en parallèle, on développe un service. digitales propres, des communications propres. Et au début, effectivement, chacun était un peu... C'était un peu de la cacophonie. Et de la cacophonie, on présentait des formats différents, des contenus différents, des services différents, des niveaux de développement très différents. Maintenant, ça converge. C'est un peu la même expérience qu'on a eue avec les social media ou tous les autres. Au début, chacun avait un format différent et même, il fallait un accès différent. De plus en plus, on s'attend au même formatting partout.

  • Speaker #0

    T'as cité le site Europa. Tu peux nous en parler ? Europa,

  • Speaker #1

    c'est un portail. C'est le portail qui réunit toutes les institutions sur un seul endroit digital. Il est énorme parce qu'il contient les informations des 27 directions générales. Il contient aussi les véhicules d'information du Parlement européen, du Conseil européen, et une cinquantaine d'agences, plus la communication qui est aussi à l'interne. C'est-à-dire, enfin, interne, je veux dire, la communication proprement dite, e-mail, opération d'information interne, d'échange d'informations. Alors, pour construire des sites Europas, il a fallu beaucoup de temps. Et d'ailleurs, il y avait une direction générale qui était IT, en fait, la Digit, ça existe toujours, et qui a fait un travail gigantesque. Ils ont mis des années pour bâtir ces choses-là. Il y avait un... Un débat très fort au début, parce que qui pouvait fournir ce type de services de développement ? Et quel langage ? Finalement, ils sont, peut-être c'est une décision que les gens n'ont pas compris très bien au début, ils sont pariés pour les open source, parce qu'ils se sont dit en fait, on ne peut pas avoir toujours des droits, de garder tous les droits d'auteur. sur la production de nos propres outils qui doivent être justement au service de tout le monde et que toutes les entreprises pourraient développer. Donc c'était en fait un grand marché. Et ils ont parié sur un type de système de gestion de contenu qui était Drupal. D'ailleurs l'FBI utilise aussi Drupal. C'est un langage qui est open source à la base, mais qui exige beaucoup de développement et qui est coûteux. Donc finalement, l'open source, on pense qu'il est libre, oui, mais il est coûteux. Et le site Europa, c'est un exemple de coûts élevés, mais qui est, de mon point de vue, très réussi. Et de plus en plus, ils doivent évoluer. Il faut... Il met en partage toutes les ressources. Imagine-toi une direction générale qui parle... Enfin, qui traite le transport. Il va te faire des cartes de l'Europe. Donc il y a un système de cartographie digitale qui est partagé par toutes les autres directions. Donc la direction de développement régionale, elle partage la même base de données. Et tout ça qui est invisible est énorme. Moi j'avais participé récemment à alimenter, à développer une partie qui était très intéressante pour les entrepreneurs, qui était sur les commerces internationaux. La Digitrade, qui est la direction générale qui fait les commerces, avait développé une plateforme. qui s'appelle Access to Markets. Et elle avait, dans les six premiers mois, 3 millions de visites. Et qu'est-ce qu'on trouve sur Access to Markets ? Eh bien, c'est toutes les règles, parce que l'Europe, c'est surtout la réglementation, la loi, les mesures. Qu'est-ce qu'un exportateur doit connaître, en termes de technique, pour pouvoir... exporter ou importer leurs produits en Europe ou depuis l'Europe. Et les conditions sont très spécifiques par produit, par catégorie. C'est un univers, c'est une énorme base de données. Et oui, là c'est du technique et ce n'est pas très appealing. Alors nous, on a développé des pages par pays. Et on a essayé de faire une vision plus proche des citoyens, de comprendre, parce que tout le monde quand il se lance à la première fois, on a tous des rêves, on est un peu tous... un peu naïf, innocent, je veux exporter à l'Amérique, je veux faire des choses un peu partout, c'est ça la vie. Et on expliquait, voilà, pour les pays de l'Amérique centrale, parce qu'on avait un projet avec l'Amérique centrale, qu'est-ce que le pays, qu'est-ce qu'il consomme, qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il produit surtout, et de quoi il a besoin. Comme ça, tu as une idée tout de suite, ces gens, écoute, ils sont très agréés à l'IT, on va exporter des choses à l'IT. Tu vois, par contre, essayer d'exporter de la banane au Costa Rica ou du café, c'est un peu bête. Parce que quand tu vois que eux, c'est les exportateurs principaux, les produits vers l'Europe, alors cette information peut paraître banale, mais quand tu vas dans les détails, oui, il y avait un Français qui a insisté, il y avait une entreprise qui nous demandait toujours, parce qu'on donnait service aussi aux entreprises, ils voulaient placer les vins français. Dans des pays comme le Chili, on disait oui, il va y avoir bien sûr une petite, petite, très petite partie du marché, parce que c'est le plus grand producteur de l'Amérique. D'ailleurs, l'Europe avait fait un accord d'association où on a inclus le vin pour le libre-échange, hors taxes justement, parce que c'est ça leur produit fini, abouti, qui pourrait avoir de la qualité et qui pourrait pénétrer le marché européen. Et tout ça, c'est fait à travers la communication. Et tout ça, quand tu penses qu'il y a des entrepreneurs qui parlent 25 langues en Europe, qui s'approchent avec des niveaux très différents. C'est ça la beauté, c'est ça qui m'attire moi, c'est le fait du challenge, de dire comment y arriver à un public de 450 millions, avec peut-être 50 millions d'entrepreneurs, 40 millions d'entrepreneurs, dans des marchés très différents, dans des pays avec des cultures très différentes, et être utile et informatif pour tous. Et ça c'est beau, ça c'est beau. C'est toujours très complexe, et il y a toujours des enjeux aussi, parce qu'il y en a aussi bien sûr. Comment y arriver ? Normalement, c'est à travers des appels d'offres publiques, c'est des concours, c'est faragueux, c'est compliqué au niveau des charges administratives.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu peux nous parler un peu de... de missions que tu as eu l'occasion de faire dans ta vie, des enjeux, la durée, comment tu as solutionné une problématique ?

  • Speaker #1

    Bon, j'aimerais avoir ce pouvoir. de dire, oui, j'arrive et j'ai apporté une vraie solution à un problème. La communication, normalement, accompagne des gens qui sont capables d'offrir des solutions. Mais parfois, elle fait aussi des solutions. La première mission que j'ai faite, c'était au Mexique. Et en fait, au nom de l'Union européenne, en tant qu'expert indépendant. Parce que l'Union européenne avait signé un accord de libre-commerce et l'Union européenne exporte, on va dire, de la démocratie un modèle de stabilité. Et en échange, elle essaie d'aider les pays à développer leurs propres administrations, leurs défaillances ou leurs inexpériences dans certains domaines. Et... Peu importe que ce soit de la recherche technologique ou administrative, c'est le fait. Ou de lancer ou développer aussi de la société civile. Mais surtout avec la pensée derrière de transporter le modèle, c'est-à-dire d'exporter le modèle.

  • Speaker #0

    Et ça y vente alors ?

  • Speaker #1

    Oui, alors normalement tu en as deux volets. Dans presque tous les accords d'association, tu en as de la standardisation, la concurrence, le produit phytosanitaire. sanitaire, enfin les plantes, l'exportation des produits agricoles, etc., parce que c'est ça le commerce avec l'Europe. C'est l'échange des produits, c'est l'échange des volets énergétiques, et c'est aussi de jouer avec la règle des concurrences comme nous on s'applique à nous. Mais à côté, t'as d'autres projets qui sont justement en échange qu'est-ce que vous voulez. Parce que, ok, on va faire un accord commercial, mais nous on vous demande de, justement, avoir un système plus représentatif, de développer la société civile, d'avoir un volet. des défenses des consommateurs, des contrôles des produits alimentaires, des choses comme ça, qui sont très intéressantes. Du point de vue contenu, c'est parfois boring, bien sûr, mais c'est très intéressant. Alors au Mexique, le problème c'était que justement les Européens étaient en concurrence avec l'Amérique. L'Amérique avait aussi un accord d'association de libre-échange. Mais eux, c'est pas qu'ils s'en foutaient, mais ils ne regardaient pas l'autre côté, le côté humain, social, démocratique, culturel. Ils voulaient juste du maïs, un échange du pétrole. ou des voitures, ou même des personnes. Il fallait faire justement un plan de communication qui essaye de mettre en valeur auprès d'un interne de l'administration, mais aussi des citoyens mexicains. Imagine-toi, même si je parle de la même langue, je n'avais jamais été au Mexique. Et pour 120 millions d'habitants à l'époque, j'ai essayé de comprendre qu'il y avait une valeur réelle du futur pour leur vie.

  • Speaker #0

    Comment tu abordes ça quand tu arrives dans une... un pays avec des enjeux, des attentes, et que tu découvres tout ça. C'est quoi le... tu vas attaquer par quoi en premier ?

  • Speaker #1

    J'attaque par des indices, des index qui existent sur le niveau, justement, et je commence par ce que je connais bien, qui est le monde de la presse, la communication. Donc, quelles sont les lois qui sont déjà mises en place pour protéger la liberté des presses, la pénétration de certains médias, quel type de cadre de communication... utilisent les gens, et la société en général, comment elle est composée, combien de médias il y en a, est-ce qu'ils sont contrôlés par l'État, ne sont pas contrôlés, et aussi après, je commence à regarder les institutions, comment elles communiquent, comment elles s'adressent, normalement c'est en bas, c'est voilà ce qui se passe, c'est nous on a décidé, c'est tout, et donc il y a toujours une étude préalable, une analyse que j'ai faite, tant aussi au niveau de la communication, qu'au niveau de la communication. de la communication institutionnelle proprement dite. Et après, il y a les moments politiques. Parce que parfois c'est délicat. Je me rappelle une mission à Tudici. Il y avait un... Voilà, on voulait... L'Union européenne était vraiment... Elle voulait défendre le droit des femmes au Maghreb, surtout après le Spring, le printemps arabe. Ils se sont dit, voilà, il y a une opportunité pour avancer dans ce chrono-là. Alors ils ont fait des programmes. où ils ont dit on va aider nos collègues tunisiens, s'ils veulent, s'ils sont preneurs, pour protéger les femmes et pour avancer légalement dans la protection de la femme. Et avec une ministre, c'était... une femme tunisienne qui a dit oui, je veux cette aide de l'Union européenne, amenez-moi des experts légaux, etc., parce que je veux lancer une loi en Tunisie pour protéger les droits de la femme, surtout pour les agressions physiques. Elle disait, il faut commencer par quelque chose, commençons par le heart. Et voilà, je me suis retrouvé, j'étais un homme. D'ailleurs, il y avait quatre autres candidats qui étaient des femmes. Et ils m'ont choisi moi. Je ne sais pas encore très bien pourquoi, mais j'étais un homme en train d'essayer d'aider un ministre en Tunisie pour faire passer une loi de protection contre la violence faite aux femmes. Et justement, l'approche était, comment on va faire ? On va faire une campagne de sensibilisation ? On aura la société à un compte. Parce que les côtés plus radicals ou, si tu veux, les côtés plus religieux n'étaient pas habitués à avoir une loi qui va au-delà de la coutume de la loi religieuse. Parce que la constitution était un peu vague par rapport... à la relation justement entre religion et droit civil. Et il s'est manifesté devant le ministère. On devait passer à travers justement une église qui était juste derrière le ministère de la Famille, en cachette, on ne pouvait pas aller en cravate, on se cachait comme si on était des locaux, pour pouvoir travailler. Alors on a fait des choses très intéressantes, parce que justement mon point de vue était que si on s'adresse qu'aux femmes, on aura perdu la bataille. Il faut s'adresser justement à celui qu'il faut convaincre. Alors quand... Au début, j'avais beaucoup de gens qui étaient contre ces principes, même au sein des ministères. Et j'ai pris d'autres expériences, des exemples internationaux, comme quoi ça pouvait marcher. Donc je me suis informé d'abord. Et j'ai vu qu'en fait, celui qui doit être conscient du mal qu'il fait, c'est aussi la personne qui exerce cette violence. Alors, comme c'est quelque chose de culturel, comme ça vient presque depuis l'enfance, on a vissé les jeunes. Mais les jeunes, mal surtout, dans la communication. Justement pour essayer qu'ils changent leur optique et qu'après ils ne font pas trop de pression pour comprendre que ça peut être du bien de protéger leur soeur, leur mère, leur tante, leur femme, leur fille. Et on a fait des choses très intéressantes.

  • Speaker #0

    Et aujourd'hui le projet il est devenu quoi ? Tu as encore un historique dessus ?

  • Speaker #1

    Oui et malheureusement pour moi les missions sont très longues. très courte, parfois c'est quatre semaines, huit semaines, la plupart du temps, et après je reviens chaque six mois ou chaque année pour voir si les indicateurs, si tout va bien, quels sont les problèmes, comment est-ce qu'on peut régler un peu la chose. Normalement, je prépare une stratégie, un plan, je propose, les parties se mettent d'accord, après ils font un budget et on lance un appel, on prépare un appel d'offres, c'est-à-dire on prépare un contrat pour qu'une boîte locale puisse faire une campagne ou accompagner le bénéficiaire. dans ces cas-ci, le ministère de la Famille, pour justement faire toutes ces actions. Mais ça a été une réussite. D'un, on a vissé sur les réseaux sociaux, parce que la presse était complètement politisée. Donc mettre d'accord, on a fait quelque chose, bien sûr, on a traité la presse, mais ce n'était pas notre objectif.

  • Speaker #0

    Parce que les gens se communiquaient entre eux. Avant de venir en Tunisie, j'ai fait justement un bilan de l'utilisation, enfin l'usage des réseaux sociaux. Il y avait plus de profils que d'habitants en Facebook. Donc il y avait 12 millions de profils et il y avait 10 millions d'habitants à l'époque. Et je me disais pourquoi ? Les gens ici en Europe me disaient mais oui, mais il y a des entreprises, des autres. J'ai dit non, non, non, attends, ce n'est pas possible. Qu'est-ce qui se passe ? En fait, il y avait beaucoup de femmes et même d'hommes qui construisaient un deuxième profil avec un autre nom qui était faux pour avoir la liberté d'expression et pour échanger. Alors en fait, il y avait un double de virtuel pour ne pas toucher la famille, pour ne pas être critiqué, pour ne pas être soumis à la pression, à la censure, etc. Alors je me suis dit, les gens sont désespérés pour pouvoir communiquer et c'est là que ça se passe. Alors on a fait toute une campagne. Mais après on s'est dit, bien sûr, il faudra aussi faciliter le contact avec les victimes. Alors pour les victimes, on a fait une application qui était des recettes, pour qu'elles ne soient pas soupçonnées, parce que la plupart d'entre elles, leur téléphone était contrôlé par le mari. Alors on a fait une application qui était cuisine. Enfin, des préparations d'apprentissage de cuisine, plat typique, traditionnel, etc. Avec une combinaison de menus, il y avait un message qui arrivait dans une cellule de suivi dans le ministère et qui disait, voilà, là, il se passe quelque chose de grave.

  • Speaker #1

    C'est génial, ça. C'est un peu comme... Ce qu'on voit dans certaines expériences sociales, sur les réseaux sociaux, avec certains... Il y avait ça pendant le Covid à la pharmacie. Les femmes pouvaient demander un type de masque ou de médicament, je ne sais plus. Et du coup, le pharmacien... regardant, pouvait voir que c'était un appel à l'aide, en fait, etc.

  • Speaker #0

    Voilà, et en fait, justement, en fait, cette idée a été copiée dans d'autres scénarios, parce que les experts en partagent, moi, je n'ai aucun problème, ce n'est pas une idée. et superbe qui est venu de moi c'est que bon c'était toute une équipe voilà tu travailles ça on pose des idées et finalement ça a cristallisé dans pour les cas tunisiens c'était clair que la cuisine était relié au monde de la femme parce qu'il ya d'autres sociétés c'est pas les cas c'est les hommes qui cuisinent même si c'est machiste ça arrive au mexique on pourrait n'aurait pu pas faire pareil tu vois donc c'était très spécifique On a analysé vraiment les types de créneaux, on avait donné approximative, on a travaillé avec l'association de protection des femmes, les agents locaux, les gens qui connaissaient bien le terrain. On avait donné, mais surtout on avait des aperçus là où il faut rentrer pour communiquer. Et tu vois que c'est la communication institutionnelle, c'est le ministère qui est lié à un ministre, qui veut passer une loi, qui s'approche du citoyen de la meilleure manière. manière possible pour dire attention, on vous protège, mais en même temps on recueille toutes ces données et on compile et avec ça, on peut construire, on peut bâtir le futur. L'un des problèmes aussi de la communication institutionnelle et peu importe que l'idée soit bonne ou pas, c'est qu'en fait on perd les cumulés. Maintenant, aujourd'hui, il y a Big Data et tout ça. Sans Data, il n'y a pas Big Data. Il n'y a pas d'analyse. Alors, il faut d'abord structurer les données et pouvoir les recueillir et avoir tous ces profils. Bien sûr, on... Tu vas me dire, à travers les réseaux sociaux, on a cet avantage, ou à travers l'Internet. Mais il y a d'autres endroits où on n'a pas ça. Et c'est là que ça se passe. Alors, j'ai vu qu'il y a des expériences pareilles, tu me l'as dit, en pharmacie, mais aussi dans d'autres, par exemple, par la drogue, le problème de l'alcoolisme, tout ça. Il y a aussi des petites applications qu'on a. fait pour demander de l'aide tout en gardant l'allure que rien ne se passe.

  • Speaker #1

    Des produits comme ça, comme les applications, est-ce qu'elles sont mises en commun pour d'autres pays européens ou d'autres pays tout court ? Est-ce qu'il y a une marketplace avec toutes les petites applications qui ont été développées pour des problématiques spécifiques qui sont mises à disposition ? Ou est-ce que c'est, encore une fois, chacun de son côté ?

  • Speaker #0

    Hélas, c'est chacun de son côté parce qu'en fait, l'Union européenne est le plus grand acteur de la coopération internationale. Alors, elle a déjà des problèmes pour... Faire une communication ne fût-ce que des bases sur sa propre image, ça reste que l'emblème et trois messages génériques. Il y en a peut-être 2,5 milliards qui ont été investis l'année passée en coopération internationale. Et peut-être 1,8 milliard, c'était l'Union Européenne, mais tu peux compter le nombre de projets dans les centaines de milliers. Alors, l'échange d'expérience. parfois, ça c'est pas seulement justement à travers les experts ou les gens qui se connaissent, mais c'est vraiment compliqué. Et on a essayé par exemple de mettre de plus en plus, enfin de faire, de mettre de plus en plus de pays pour que justement il y en a cet échange. J'ai travaillé dans beaucoup de projets qui étaient en fait des instruments qui étaient les mêmes. Donc on a commencé à l'envers, à la place d'attendre qu'il y ait des idées et les collecter, on va mettre tous les pays d'abord, tous, dans une même enveloppe. Pour travailler ensemble, comme ça il y a un échange direct. C'était un raccourci. Mais parfois des expériences sont... Et même dans le même pays et avec le même ministère, j'ai vu des répétitions. Je me suis dit, comment est-ce possible ? Ça fait 5 ans, 10 ans seulement. Et ça c'est un gros problème. Ils font des efforts. au niveau de l'Union Européenne pour y arriver. Ça serait une bonne idée d'avoir un marketplace public où on peut... Il y en a des bases de données pour recherche, c'est sûr, pour des projets, Cordis et les ressources research, ça marche très très bien. Même le European Innovation Council, il a mis un système où on peut aller voir ce que les autres startups ont fait. On a la fiche projet claire avec les parties prenantes, quel était l'objectif, les résultats. Donc il y a des énormes bases données sur ça, qui sont très statiques. Mais c'est par rapport à l'information et pas par rapport à l'application, aux choses qu'on a fait. Donc il faut lire, il faut chercher, il faut les idées. Et parfois, on ne sait même pas où chercher. Oui, il y a ce partage des connaissances, mais il est très passif. Et effectivement, il cherche à avoir un peu plus de... Il y a des projets maintenant qui sont par exemple le Business Gateway, qui est à la mode. qui en fait c'est la trade diplomacy, on y va à l'extérieur, on va faire des avenues d'échange, où il y a des foires, les gens échangent, et là c'est beaucoup plus proche de l'entrepreneuriat. Ça fait des foires, mais effectivement il n'y a pas une capitalisation réelle sur certains instruments. Et d'ailleurs, une des problématiques c'était qu'à chaque fois il fallait créer un logo de chaque projet. Et moi je disais, avec le nom du projet, et le nom du projet était un nom administratif. Parfois, ils prenaient trois ou quatre lignes. Alors, c'était l'acronyme. Tu vois, moi, je fais le P3A Algérie. C'était quoi le P3A ? C'était le programme d'appui à la mise en œuvre de l'accord d'association. Alors, pourquoi P3A ? Parce qu'il y avait trois A. Appui, accord et association. Alors, comment tu veux que ça parle aux gens ? Oui, tu travailles à quoi ? P3A, c'est quoi ça ? C'est une marque d'école ? Oui, on travaille pour la mise en œuvre d'accords d'association. Et d'ailleurs, ils te disent, c'est quoi un accord d'association ? Alors, il y a tellement de lacunes au niveau de la communication institutionnelle que c'est très difficile. Et en plus, ils font un logo.

  • Speaker #1

    J'ai une question par rapport à ce que tu as évoqué tout à l'heure quand tu es arrivé dans le pays. Je te demandais ce que tu analysais en premier. Tu m'as dit qu'il y avait des indicateurs. Est-ce que tu as aussi une partie où tu vas questionner directement une population locale, où tu vas chez le particulier voir comment s'adresse la problématique pour lui, ou bien est-ce qu'on ne va pas si loin dans la recherche ?

  • Speaker #0

    Dans la plupart des cas, ce n'est pas si général que ça. Ils connaissent un problème spécifique, les termes de référence, c'est-à-dire le texte qui va créer le projet. Ils visent spécifiquement déjà des choses et il y a beaucoup de données. Alors selon ces rapports d'analyse avec les PME, on sait qu'ils ont des difficultés d'accès au crédit. Donc on va promouvoir le micro-credit et ils te font déjà un bilan de la loi. Donc tout ce qui est interne, ça en général on connaît bien. Mais parfois c'est vrai que j'ai demandé de dire voilà, pour y voir plus clair, il faudrait questionner ou poser des questions à la population. lancer un survey, faire des focus groups, parce qu'il faut comprendre, parfois on ne sait pas, on est dans le vide. Et là, ça devient très intéressant. Et ça peut être sur des choses très bêtes. A l'époque, j'avais fait un pour Honduras, c'était sur la qualité, mais l'infrastructure qualité. que personne ne connaît. En fait, c'est les normes. C'est la standardisation, c'est ce qu'on appelle normalisation en français. Et après, il y en a aussi l'accréditation. L'accréditation des labos qui font des tests, qui vérifient par rapport aux certifications. Mais tout ça, c'est des processus qui donnent la certitude d'un produit, et ce qu'il est, avec les qualités qu'il dit, et qu'on ne trompe pas justement le consommateur. Et après, il y avait la métrologie. Et voilà. Les gens me disent, c'est quoi la métrologie ? Tu te trompes, c'est météorologie. Je dis non, non, c'est la métrologie, cher ami. Alors, c'est les instruments de mesure. Alors, si les instruments de mesure ne sont pas bien et qu'ils ne sont pas au standard international, et là, il peut y avoir beaucoup de problèmes. Est-ce qu'un kilo est vraiment un kilo ? Quand il fait de l'importation de 10 000 tonnes... S'il y a un gramme de différence, ouf ! Les coûts pour la balance du pays, si on parle de 15 000 tonnes de pétrole, ou de 15 milliards de tonnes, ouf ! Et après, la correspondance de mesures, qui n'est pas au décimal près, qui est au millième, qu'est-ce qui est mis, enfin, un mile, un pound, la correspondance avec le système... Maintenant, international, les mesures, qui est vraiment, voilà, kilogramme, mètre, kilomètre, tout ça, aussi litres, en Amérique, tu y passes là-bas, c'est des gallons, c'est des... Alors, la correspondance pour l'échange commercial entre régions, ça devient un truc de, justement, avoir aussi des standards dans les... aussi bien dans les processus. des messieurs, c'est pas la même chose au vide, avec l'humidité, c'est incroyable, c'est un monde, moi j'ai découvert un monde, c'était fascinant. Alors, oui, c'était fascinant, parce qu'en plus c'est le vrai langage du commerce.

  • Speaker #1

    Oui, ça doit être intéressant.

  • Speaker #0

    Aussi, imagine-toi, pour le vin, une bouteille de vin là-bas, c'était d'autres... Si tu parles en litre, ce n'est pas parlant pour les gens. Alors, toutes sortes de petits trucs, c'était incroyable. Même pour l'IT, le truc des mémoires, c'était fascinant. Alors, il y en a à l'Institut de métrologie dans tous les pays du monde.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on va faire un petit exercice. On aimerait te demander qu'est-ce qu'il faudrait faire, par exemple ici à Luxembourg, pour améliorer la communication sur tout ce qui est aspect digital. Tu as feuille blanche, tu peux mettre en place tout ce que tu veux, par quoi tu commences.

  • Speaker #0

    Bon. Comme d'habitude, je commence par analyser l'existant. Je sais que Luxembourg a fait beaucoup d'efforts, qui est devenu apparemment très digital, mais qui a beaucoup de lacunes. Il y a des choses qui sont très très très très très très très bien. Par exemple, il y en a un standard qui s'appelle Renov, Renov, Renov, qui essaie de simplifier justement le langage pour que les gens puissent comprendre de quoi s'agit-il. à tous les niveaux. Ils ont mis ça aussi, ils l'ont impliqué très sérieusement sur la plateforme Magichet, tout ça. Mais en fait, ça c'est pour la partie e-administration qui sont très forts. Mais pour la partie communication digitale envers les gens, il y en a un peu trop de top-down, c'est-à-dire en bas. Il y a peu d'échanges, il y a peu de canons ou d'opportunités où on met un contact vraiment. pour savoir ce que les gens pensent et souhaitent. C'est un petit pays, alors la politique se mêle trop avec, enfin la ligne de la communication politique et communication institutionnelle frise beaucoup. Mais je pense que sur le digital, il faut un... Sûrement, c'est rattrapé au niveau des connaissances technologiques pour l'utilisation des gens. Aussi pour la décentralisation, parce que même si c'est petit, c'est pratique, parfois on a le sentiment que tout repose sur la CTIE ou sur des organismes qui sont trop transversaux, qui n'ont pas trop d'interaction avec les citoyens. Alors pour les services en tant qu'administration, c'est très bien développé. Et pour le CIEM ? pour la communication digitale, elles passent moins bien. Et pourquoi elles passent moins bien ? Eh bien, des uns, oui, on parle toujours, ah, c'est multiculturel. Non, la politique, elle est très versée sur la défense des directions bourgeois. Et parfois, c'est difficile à trouver exactement le même niveau de contenu dans une langue que dans une autre. Et je ne parle pas seulement du français, je ne suis pas francophone. Je parle français, mais je ne suis pas francophone. Donc je peux être un juge impartiel, parce qu'on le voit au niveau de l'allemand, de l'anglais, du français et du luxembourgeois, on voit des asymétries. Et ça, c'est le même problème que l'Europe, je le connais bien. C'est impossible d'avoir l'asymétrie possible, 100%. Mais on voit quand même qu'il y a des créneaux où ça se développe plus que d'autres. Donc d'essayer de ne pas... de tomber dans les pièces de l'inertie du passé, mais de vraiment faire table rase et de progresser. De deux, je pense qu'au niveau moyen, il y a des moyens, mais que justement au niveau participatif, il y a peu de moyens. Moi, j'ai fait des recours pour... enfin, j'ai essayé de faire... J'avais un projet... J'ai participé dans le projet justement de rénovation du site web. Enfin, j'étais dans l'équipe proposition, ils ont retenu notre proposition, du portail de la Chambre des députés. Et il y avait surtout, et c'était le quid de la question, c'était les pétitions. Et alors là, il y a une petite sorte d'application où tu peux collecter, signer et dire je suis pour cette pétition au Parlement. Au nombre tel de, je ne sais plus, c'était 5 000, 2 500, etc. Et le Parlement devait avoir la... La pétition était au droit d'être considérée. Parce qu'il y a un volume, suffisamment de voix de citoyens qui disent... Mais il y avait tout ce qui était autour aussi, qui n'était pas trop bien expliqué, qui était un peu... Bien sûr, le Parlement, c'est un organe... politique, mais qui était compliquée. L'intégration, justement, de tous les réseaux sociaux, de tous les parlementaires ou des groupes, dans la correcte proportion, que tout le monde ait les mêmes moyens pour y arriver, mais aussi de canaliser, comment canaliser la demande des citoyens. Et là, je pense que là, il y a du travail à faire. Du travail à faire. Beaucoup. Beaucoup. Et là, on peut développer aussi vers l'écran des entreprises. Quels sont les moyens de contact, de communication de l'administration, mais des autres institutions avec les entreprises ?

  • Speaker #1

    Peut-être qu'ils sont du retard aussi parce qu'ils parlent du principe que Luxembourg, après journée, il y a beaucoup de gens qui quittent le pays. Donc l'énergie n'est pas mise justement là-dessus parce que...

  • Speaker #0

    Mais encore une fois, les institutions travaillent sur le mandat. Et quand on voit la façon dont les gens de la TVA communiquent déjà avec les entrepreneurs et même avec les individus, parce que la TVA concerne tout le monde, on peut penser qu'il y a beaucoup de bon travail à faire. Au niveau, il ne fût-ce que des échanges et des transparences, etc. Moi, j'étais en contact parce que j'étais indépendant. Ils m'ont très bien traité. Mais c'était toujours difficile de savoir quel était le bon canal à utiliser. Est-ce que... les mails, le téléphone, la disposition, la rencontre, comment ça marche ? Ce n'est pas trop clair. Et ce n'est pas trop clair pour les deux parties. Parce qu'il y a des uns qui préfèrent envoyer un mail, je suis très digital. Les autres disent non, je préfère que vous m'envoyez tout en papier parce que finalement, l'autre jour, j'étais avec quelqu'un des taxes et il m'a expliqué, je dis voilà, vous avez progressé parce que cette année, on peut faire la déclaration en ligne. Et il m'a dit oui, mais on ne peut pas la corriger. Je dis comment ? Il me dit oui, en fait, ils ont fait ça pour nous, les fonctionnaires, pour pouvoir intégrer aussi. Mais finalement, comme digitalement, les citoyens n'ont pas encore le droit d'introduire exactement une correction après déposition, ils doivent nous l'envoyer et finalement, nous, pour la mettre dans le système, même s'ils peuvent le faire, c'est du fictice. C'est-à-dire qu'ils peuvent le faire, mais en fait, ça tombe chez un fonctionnaire qui doit imprimer sur le modèle ancien. réécrire la donnée, ressaisir la chose, et la mettre dans le système. Alors, la perception des citoyens, c'est que l'État a fait un gros effort pour mettre justement, faciliter, mais est-ce qu'au niveau administratif, à l'interne, institutionnel, est-ce que ça marche ? Tu vois, c'est un clair exemple comme quoi il y a un corps du travail à faire, c'est par rapport à d'autres pays, et bien sûr, on ne parle pas... en dehors d'Europe, c'est très développé. Mais quand tu vois d'autres pays qui ont eu l'avantage de ne pas avoir tellement d'administration au début et qui font le saut du gap technologique ou administratif beaucoup plus rapidement. C'est la même chose que les téléphones, les smartphones en Afrique. On a arrêté de développer des lignes de téléphone classiques. Parce qu'on disait, il n'y a pas de ligne téléphonique, etc. Non, maintenant on a satellite, on n'a plus ça. Donc en fait... Il ne se pose pas la question comme nous en Europe en disant qu'est-ce qu'on fait avec tous ces câblages. Tu vois comment on réutilise les réseaux. Alors avec l'administration, ici, les institutions, parce que ça couvre un grand débat, c'est-à-dire c'est un univers assez grand, et il manque un peu justement cette cohésion, cette cohérence, mais aussi la façon dont elle échange et d'apprendre à communiquer plus clairement avec les citoyens. Je pense qu'il y a beaucoup aussi. ne fût-ce que la formation. Et j'ai travaillé avec un partenaire de chez Price, Laurent Probst, qui, lui, depuis des années, il voit très clairement qu'il faut le upskilling, et qu'il faut travailler, et que c'est dans beaucoup de dimensions, sur la capacité, sur le... et les compétences, mais la partie digitale, bien sûr, a un rôle important.

  • Speaker #1

    Ok. Bon, alors, Ravier, je te propose un petit exercice ici. On a capturé un serpent, on a extrait son venin, c'est un venin de vérité. Je vais te proposer un petit shot de venin, et puis l'idée, c'est que tu nous racontes une anecdote qui t'est arrivée, sa résolution, sans langue de bois, donc... Alors,

  • Speaker #0

    mais c'est les mêmes ! Oh là là ! Attends, Oui, mais attends, alors qu'est-ce qu'on va faire ? Là, la technique du boisson. Voilà, au cas où. Ça, c'est l'expérience. Bon, on risque. Il n'y a pas de véné... Il n'y a pas... C'est pas... Non, c'est véné, non. C'est pas mauvais, merci. Alors là, je vais tout raconter. Je vais tout dire. C'était triste. Des anecdotes ? Presque chaque projet a des anecdotes qui pourraient faire rire, mais il y a quand même des choses confidentielles. Mais une récente qui m'est arrivée vraiment, c'était plus cher dans la même semaine. On a engagé un développeur, un graphiste. Il devait faire, c'était pour le projet d'assainissement. Révision du système d'assainissement d'eau potable pour le faire efficient au Costa Rica. C'est un énorme problème, ça concerne toute la population, c'est un pays qui reçoit la pluie, mais en fait les tuyaux, tout ça, ça a des 70 ans, les réseaux sont complètement pourris, il faut revoir, mais aussi de trouver un système qui soit équilibré, parce que là c'est presque des réseaux naturels. Alors on a fait, parce que j'aime bien toujours essayer de promouvoir... d'aider l'entrepreneuriat local mais on a dit on a senti appel d'offres enfin un concours pour que quelqu'un puisse faire les logos du projet est un peu la ligne graphique alors on me propose quelqu'un qui réfléchit des logos propose beaucoup et ça nous a plu très sympa d'ailleurs je garde toujours contact avec cesa alors il commence à envoyer des trucs et il y avait aussi le fait qu'il fallait montrer un peu le soutien de l'Union Européenne. Alors normalement, voilà, il y a l'emblème. Et je lui envoie l'emblème, je lui envoie tout ce qui est chars graphiques, des choses, et un jour je suis en train de regarder, je dis, ces drapeaux, il y a un problème ici. Alors je commence à compter, il y avait 11 étoiles et pas 12. Je me suis dit, mais c'est pas possible. Alors, le type, il avait travaillé comme un fou pour garder l'équilibre des 11. Il a dit, c'est 12, c'est parfait, mais 11. Et à première vue, c'était justement parce que celle qui était en tête avait gardé encore le... Je me suis dit, mais comment c'est possible ? Qu'est-ce qui se passe ici ? Il a perdu le fichier, etc. Et en fait, j'appelle le type, il me dit, non, non, parce que je me suis informé, Fabien. Et en fait, j'ai vu que maintenant le Brexit s'est fait, donc j'ai enlevé un pays. Alors je lui ai dit, c'est très bien ta part, mais des un, les étoiles ne représentent pas le pays, le nombre de pays. Mais des deux, c'est quoi cette liberté de prendre, tu vois ? C'est qu'aux États-Unis, oui, les étoiles, ça représente un pays, etc. Mais tu sais que, alors j'ai commencé, j'ai dit, mais tu as fait ça depuis combien de temps ? Il m'a dit, ça fait deux mois. Moi, je n'étais pas là, j'arrive et je vois toute la communication des... tous les trucs avec un drapeau, un emblème à 11 étoiles. Et personne n'avait relevé ? Personne n'avait relevé. Tu sais combien de gens avaient regardé le truc ? Déjà, dans le projet et tout ça, une cinquantaine de personnes. Mais après, c'est parti. Dans la télé, une conférence internationale, boum, le drapeau au milieu. Donc, c'était... et personne n'avait remarqué. Et là, c'était marrant parce qu'en fait, pour défaire, il fallait un budget. Alors on n'avait pas les budgets pour les refaire. Tu as quand même soumis le problème, tu ne peux pas garder ça. Oui, effectivement. Alors bon, on a fait, on a coupé, on a fait tout ce qu'on a pu avec des autres. Mais tu ne peux pas imaginer. Le projet existe toujours ? Le projet existe toujours parce que c'était 150... En fait, il n'y avait pas l'Union européenne au début, c'était là. C'est la Banque interaméricaine de développement et la KfW, qui est une banque de coopération internationale allemande. Mais il y avait une partie du projet qui allait se faire avec l'Union européenne, et qui va faire la promotion parce qu'il y avait la conférence internationale. C'était tout. C'était un moment. Et j'étais l'expert pour les Costa-Africains, pour le gouvernement. C'est un projet qui existe parce que c'est un projet qui est... essaye de refaire un modèle complètement entier, c'était 158 millions d'euros. Oui. Il fallait refaire toute la tuyauterie ? Non, ça aurait été beaucoup plus cher. Il n'y avait que 13 kilomètres de tuyauterie sur 9000 kilomètres de tuyauterie qu'on allait changer. Surtout par rapport au système hydraulique d'équilibrage entre les aqueductes. C'est des choses très techniques. Mais il y avait une autre partie, c'est aussi la modernisation. de du système d'inquiétude on changeait le parc de de d'appareils, donc de compteurs. Voilà la métrologie qui est... La connaissance de métrologie qui dit, voilà, ça c'est le bon appareil qui mesure au centimètre, mais aussi tout un nouveau système de facturation. Parce que ce qu'on voyait, c'est qu'il y avait des gens qui dépensaient des lots énormément et qui payaient exactement le même canon que d'autres. Donc en fait, et qu'il y avait beaucoup de problèmes de retour, des adresses qui n'existaient pas. Alors, c'était... Il faut tenir compte que c'était le seul pays de l'Amérique centrale et de l'Amérique latine en général, sauf les États-Unis et le Mexique, où l'eau du robinet est potable. Donc ils font des efforts. Et pour que tu vois la différence, on parle parfois de l'Amérique, etc. Tout un continent, il ne peut pas ouvrir le robinet et dire « je vais boire tranquillement » . Et ça en Europe, on peut dire « oui, il y a des excès de chlore, des trucs, etc. » Et oui, on se paye des bouteilles d'aérosport quand on a un produit de luxe à la maison. Et ça, c'était une anecdote. Des choses comme ça sont arrivées dans beaucoup de projets, mais celle-ci, je me rappelle, il y avait une autre quand on a fait la campagne de prévention du tabagisme pour les jeunes. Ils sont insistés, insistés tous, tous les experts toxicologues, n'utilisez pas l'humeur, etc. Finalement, ils sont insistés pour faire pour les jeunes quelque chose qui était marrant. Et ils ont fait comme quoi, à la place d'une cigarette, c'était un poireau. Alors, j'ai vu ça et j'ai dit, ok, d'accord, si vous voulez aller avec ça chez le commissaire, peut-être que vous allez avoir un oui, c'est super, etc. parce que les chimpiotres, mais... on va voir qu'est-ce que les autres disent et il me dit quels autres ? les autres commissaires par exemple effectivement 10 minutes après je fuis les annonces ça fait 30 ans qu'on fait la promotion des végétaux et maintenant vous les comparez avec la cigarette les gens vont se brancher encore une fois sur l'hamburger mais est-ce que vous êtes des cons ? il gueulait comme un malade comme un malade et là c'était oui oui tout le monde parle l'anecdote est Parce que tous les processus étaient faits contre la raison. Et que finalement, il y a le commissaire qui appelle. Et quand même, on l'a expliqué, il a dit comment. ok parce que c'était fait 72 millions d'euros de campagne 20 langues 25 pays et tu voyais des jeunes nous de la vente des distributeurs et ils appuyent et il y avait un poireau qui sortait alors il fut mais le pauvre enfin il mettait les poireaux et des 1 oui c'est comment passer bête le message était ça c'est bête parce qu'un message qui peut caler dans tous les jeunes à tous les coûteurs un truc ils sont choisis un végétal pas Un légume, tu vois, enfin un poiron. C'était sympa à voir, mais c'était pas... Tu vois, l'équilibre, encore une fois, c'est compliqué. Mais bon.

Description

🌍 Pour ce quatrième épisode, je vous invite à embarquer dans un voyage fascinant en compagnie de Javier Fabregas, véritable éclaireur dans le monde complexe de la communication institutionnelle européenne. Expert reconnu et fin stratège, Javier a exploré les coulisses des projets européens. Au fil de cet épisode, nous retracerons son parcours captivant, entre défis, découvertes et grandes réussites, pour mieux comprendre ce labyrinthe institutionnel. Aujourd’hui, Javier a rejoint les rangs de Deuux, la société initiatrice de ce podcast, en tant que Directeur Strategy EU.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans IndaJangle, le média où on explore l'entrepreneuriat autrement, dans un décor pas piqué des hannetons. Aujourd'hui, nous recevons Ravier Fabregas pour un épisode sur les institutions européennes. Bon ben Ravier, bienvenue dans IndaJangle.

  • Speaker #1

    Bonjour, merci. On est content de t'avoir. Moi aussi je suis content d'être ici.

  • Speaker #0

    Ravier, toi tu es un expert en communication institutionnelle. Aujourd'hui tu vas un peu nous raconter... ce que ça veut dire la communication institutionnelle. Avant toute chose, est-ce que tu peux un peu te présenter, nous dire ton parcours, tes études ?

  • Speaker #1

    Voilà. Bon, je m'appelle Javier Fabregas, donc avec ce nom on peut s'imaginer que... j'ai des origines espagnoles et j'ai fait des études en journalisme, après en communication, après j'ai fait un master en communication institutionnelle et pour me mettre à jour un deuxième master en communication institutionnelle en ligne. parce que je suis quand même un peu âgé et que la chose est devenue un peu plus digitale avec le temps. Et j'ai commencé à travailler en tant que journaliste à la radio, à la télé, et après justement en lançant le premier portail d'information en ligne. Et après je suis passé à la communication institutionnelle, c'est-à-dire je suis passé de l'autre côté. Je suis passé là où les fournisseurs d'informations travaillent. Donc j'ai commencé avec les comités économiques et sociaux européens. Et après, j'ai fait quelques réseaux européens. financé par la commission européenne et après j'ai commencé à travailler en tant qu'expert indépendant pour la commission surtout à l'étranger en coopération institutionnelle et coopération internationale et finalement je suis venu au luxembourg parce que justement j'avais envie de retourner un peu vers mes sources, revenir en Europe parce que je voyageais beaucoup. Et je suis venu parce que j'ai commencé à travailler pour un projet de la BEI qui était pour la promotion des services financiers, enfin des instruments financiers auprès des autorités de gestion européenne. Voilà.

  • Speaker #0

    Ok, intéressant. Je retiens que tu as été aussi en partie indépendant. Qu'est-ce que ça représente ? Qu'est-ce que représente l'indépendance et l'entrepreneuriat pour toi en quelques mots ?

  • Speaker #1

    Pour moi, c'est le courage d'abord et c'est vouloir faire des choses parce que tu essaies de lutter pour offrir un service, pour sortir un produit, pour développer une idée. Et je pense que c'est la partie active de la société en termes de vouloir faire, d'entreprendre. Et j'ai... des bons et des mauvais souvenirs en tant qu'entrepreneur parce que ce n'est pas toujours évident, ce n'est pas facile. Mais ça te donne toujours l'envie de créer, de lancer des choses et d'avancer. Alors je pense que les entrepreneurs en général, ils ont le courage de faire face peut-être avec peu de moyens ou de prendre beaucoup plus de risques aussi de leur temps. Il ne faut pas oublier que les montres négocient. ça veut dire négation du temps libre et qu'en fait ils mettent tout pour que voilà tous les autres profitent ou d'un service ou d'un produit et c'est fantastique c'est merveilleux mais c'est très puissant et

  • Speaker #0

    c'est quand même très compétitif ok merci tout à l'heure tu disais que tu avais commencé par un master en communication institutionnelle qu'est ce que qu'est ce que c'est la communication institutionnelle comme Comment c'était à l'époque et comment ça évolue aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    Bon, j'ai commencé à faire ces études qui, à l'époque, n'étaient même pas master, étaient une spécialisation parce que c'était vraiment du nouveau. En fait, il y avait les deux communications. Il y avait la communication politique et institutionnelle. Et moi, j'étais attiré par le fait que, voilà, que les représentants démocratiques, les gens qui étaient aux institutions, faisaient des discours, parlaient aux gens. Je me suis dit comment ça s'organise, comment ils s'organisent envers... Et à l'époque, il y avait beaucoup aussi de nouvelles techniques de marketing politique. La ligne était très faible entre ce qu'est l'institution et ce qu'est la politique parce que normalement, justement, les politiciens sont à la tête. d'une institution. Par exemple, un ministre, il fait surtout de la communication politique, mais il est à la tête d'une institution, le ministère de la Mine, par exemple. Alors, j'ai fait ces cours qui étaient à l'époque une spécialisation, un spécialiste expert universitaire, et j'ai découvert tout un monde. En fait, les enjeux de la communication institutionnelle, ils sont très particuliers et très spécifiques. D'un, les institutions sont toujours là. Ce ne sont pas des personnes, ce sont des services qui sont en permanence, qui évoluent, mais qui devraient être au service des citoyens, et qui vont mettre en pratique tout ce qui est décidé au niveau politique. Et en fait, ils font valoir les principes des lois, mais ils les mettent en exécution. Alors tout ça comporte des enjeux très très très complexes par rapport à la communication envers le public. Parce que là... Tous les citoyens ont droit à recevoir de l'information, qu'elle soit claire pour tous les niveaux de compréhension, qu'elle soit aussi exécutable dans la partie parce qu'après ça, il y aura une action. Par exemple, si on va introduire un nouveau impôt, je n'espère pas d'ici bientôt, mais aux indépendants, par exemple, alors il faudra expliquer très clairement aux indépendants en quoi ça consiste et quelles sont pas seulement les obligations, mais aussi... les avantages et pourquoi on fait les choses. Alors il y a toujours cette question du pourquoi, qui est très liée au journalisme, pourquoi on fait les choses, comment elle devrait être, donc elle doit répondre aussi aux principes de transparence, aux principes d'être fidèle à la loi, à ce qui est le mandat. Alors la façon dont les institutions, qui sont très différentes, il y a des institutions très grandes, très petite, avec des moyens très différents, mais avec des compétences très clairement indiquées dans la loi, et qu'on porte, voilà, une vision qu'on développe sur un point de vue stratégique. Pourquoi ? Parce que c'est du vrai long terme, c'est un marathon. Alors on va installer, d'abord on va définir comment on veut s'adresser aux gens, et après on va dire quels sont nos moyens pour faire, voilà, est-ce qu'on va faire un portail, est-ce qu'on doit faire... ... des autres canaux qui s'adressent directement à des publics très spécifiques, comment les faire ? Et je pense que, voilà, ce que j'ai appris, c'est qu'il faut toujours donner un pas en arrière, regarder bien ce qu'est le mandat, essayer de se mettre à la place des citoyens et dire comment je voudrais, moi, en tant que citoyen, que les institutions s'adressent à moi. Parce que finalement, on les paye. Donc pour moi, c'est les clients. C'est ça. Et ça, c'est très différent. de la communication, on va dire, qui est liée au monde du marketing, et même la communication politique, qui a un but, c'est de gagner les élections, de rester au pouvoir, ou de vendre un produit, de convaincre qu'il est mieux que l'autre. Et il ne faut pas convaincre que le ministère est mieux qu'un autre, mais il faut justement rendre service. Et ça, j'étais toujours quelqu'un qui essayait de rendre service aux autres, déjà à la radio, quand j'étais à la radio nationale. J'adorais ça, le fait que c'est une radio publique, qu'on essaie de s'adresser à tout le monde, avec aussi beaucoup de responsabilités. Et j'étais attrapé, j'étais capté. Et à partir de là, effectivement, j'ai presque développé toute ma carrière autour de la communication institutionnelle, mais aussi européenne.

  • Speaker #0

    Ok. Et tu parlais des moyens, donc de mettre en place une... Un portail, de développer un média, c'était quoi en fait les outils qu'on avait en général à l'époque ? Et comment est-ce qu'aujourd'hui ils ont évolué ces outils-là ? Est-ce qu'ils sont toujours présents ou est-ce qu'ils ont disparu ?

  • Speaker #1

    C'est une bonne question parce qu'en fait les choses vont très vite et les institutions malheureusement n'ont pas parfois la capacité de réaction qu'il peut avoir par exemple un entrepreneur avec une nouvelle technologie. Tout au début, la communication était surtout focalisée à travers les médias. D'ailleurs, à l'époque de mes études, on les appelait « mass media » . Pourquoi ? Parce que justement, tu peux toucher des publics massivement.

  • Speaker #0

    Et c'était quoi comme média ?

  • Speaker #1

    À l'époque, il y avait surtout la télé, la radio, la presse. Et parfois, quand il y avait des niches, il y avait des revues spécialisées qui étaient financées ou cofinancées par le ministère ou l'institution elle-même. Et après... Le digital est venu surtout s'installer pour l'information. En fait, tous les sites web étaient surtout des sites d'information. Bien sûr, il y avait les sites d'e-commerce et d'essayer de vendre, mais c'était déjà, même le paiement électronique, c'était un rêve. Donc en fait, l'information s'est développée très vite. Mais on voyait, c'était une réplique de ce qui existait. Tu voyais presque la même structure qu'un journal. Alors la mentalité presse était très installée. Comment s'adresser aux gens, c'était comme si on était presque obligé de transformer cette communication dans un communiqué de presse, qui va se transformer ou traduire en article. Alors, oui. La télévision, la radio et la presse étaient les formats. Après, quand l'internet est venu, il y a beaucoup d'autres médias qui se sont installés, beaucoup d'autres voix, il y avait beaucoup plus de liberté pour dire des choses, moins de contrôle parce que c'était des médias qui étaient moins chers à lancer, mais aussi capables d'y arriver tout de suite à toutes sortes de personnes. Alors évidemment, ça a l'air... interter les institutions tout de suite en disant attention, là on a un canal qu'on devrait utiliser majoritairement pour contacter les gens. Mais pour faire ça, il fallait être au niveau technologique. Il y avait beaucoup d'institutions, je me rappelle quand j'ai commencé au comité économique et social européen, c'était 2002, il y avait quatre directions au sein du comité qui n'avaient même pas d'ordinateur. Alors, tu vois, déjà il faut d'abord s'informatiser pour comprendre que tout ce volume d'informations peut après se traduire ou peut se convertir dans des informations qui soient digérables par le public. Alors, et chacun avec ses moyens s'est lancé un peu innocemment, surtout au niveau des institutions européennes, de leur côté. Ils ne se sont pas réfléchis à avoir un... un univers contrôlé ou, si tu veux, préformaté, unique, sous une marque, une identité claire. Au début, ils ont dit, on a besoin de faire ça. Chacun avec ses publics et ils ont développé des sites web.

  • Speaker #0

    C'était un peu, qui était le premier à mettre en place alors son portail ?

  • Speaker #1

    Effectivement, mais aussi parce qu'ils s'étaient poussés pour le faire. C'est-à-dire, les citoyens les demandaient, mais la situation devenait critique parce qu'on voyait que... que la demande était là et que d'autres, même les entreprises, prenaient l'avantage. Alors finalement, comme j'avais dit, c'est les clients, les citoyens et les clients. Alors je me rappelle par exemple, il y avait un site d'information en ligne tout au début pour la DigiBusiness Search qui était Cordis, qui fonctionnait en tant que relais pour la promotion des projets scientifiques, qui est devenu très gros. Et c'était l'un des premiers. Mais tu vois déjà dans les choix de technologie. Quel type de technologie tu vas choisir ? Quel type de support ? Quel format ? Alors chaque direction avait le sien et d'ailleurs c'est que dans les années 2010 que le site Europa en tant que tel est né. Donc ça fait seulement 14 ans. Pendant 15 ans avant, ou 10-15 ans, ils ont communiqué chacun de leur côté. Et ça reste toujours le cas si tu vois au niveau institutionnel. Maintenant... On ne peut pas concevoir la communication institutionnelle sans le service en ligne. Donc, en parallèle, ce n'était pas seulement de communiquer en tant qu'on a un message, mais de développer le service en ligne. C'était ça l'objectif, de faire de la e-administration. Alors là, ils ont pris plus de temps, mais effectivement, maintenant, tu peux faire. Nous, on habite au Luxembourg, tu l'as vu, il y en a beaucoup de... transactions, on va dire, des opérations qui ne sont faites qu'en ligne avec l'administration. Donc l'interface de l'administration, du contact avec les citoyens, est devenue presque une interface digitale. Et d'ailleurs, on y va de moins en moins au guichet. Alors, comment on a appliqué ça ? On a essayé de faire, voilà, de sous-traiter la connaissance et en parallèle, on développe un service. digitales propres, des communications propres. Et au début, effectivement, chacun était un peu... C'était un peu de la cacophonie. Et de la cacophonie, on présentait des formats différents, des contenus différents, des services différents, des niveaux de développement très différents. Maintenant, ça converge. C'est un peu la même expérience qu'on a eue avec les social media ou tous les autres. Au début, chacun avait un format différent et même, il fallait un accès différent. De plus en plus, on s'attend au même formatting partout.

  • Speaker #0

    T'as cité le site Europa. Tu peux nous en parler ? Europa,

  • Speaker #1

    c'est un portail. C'est le portail qui réunit toutes les institutions sur un seul endroit digital. Il est énorme parce qu'il contient les informations des 27 directions générales. Il contient aussi les véhicules d'information du Parlement européen, du Conseil européen, et une cinquantaine d'agences, plus la communication qui est aussi à l'interne. C'est-à-dire, enfin, interne, je veux dire, la communication proprement dite, e-mail, opération d'information interne, d'échange d'informations. Alors, pour construire des sites Europas, il a fallu beaucoup de temps. Et d'ailleurs, il y avait une direction générale qui était IT, en fait, la Digit, ça existe toujours, et qui a fait un travail gigantesque. Ils ont mis des années pour bâtir ces choses-là. Il y avait un... Un débat très fort au début, parce que qui pouvait fournir ce type de services de développement ? Et quel langage ? Finalement, ils sont, peut-être c'est une décision que les gens n'ont pas compris très bien au début, ils sont pariés pour les open source, parce qu'ils se sont dit en fait, on ne peut pas avoir toujours des droits, de garder tous les droits d'auteur. sur la production de nos propres outils qui doivent être justement au service de tout le monde et que toutes les entreprises pourraient développer. Donc c'était en fait un grand marché. Et ils ont parié sur un type de système de gestion de contenu qui était Drupal. D'ailleurs l'FBI utilise aussi Drupal. C'est un langage qui est open source à la base, mais qui exige beaucoup de développement et qui est coûteux. Donc finalement, l'open source, on pense qu'il est libre, oui, mais il est coûteux. Et le site Europa, c'est un exemple de coûts élevés, mais qui est, de mon point de vue, très réussi. Et de plus en plus, ils doivent évoluer. Il faut... Il met en partage toutes les ressources. Imagine-toi une direction générale qui parle... Enfin, qui traite le transport. Il va te faire des cartes de l'Europe. Donc il y a un système de cartographie digitale qui est partagé par toutes les autres directions. Donc la direction de développement régionale, elle partage la même base de données. Et tout ça qui est invisible est énorme. Moi j'avais participé récemment à alimenter, à développer une partie qui était très intéressante pour les entrepreneurs, qui était sur les commerces internationaux. La Digitrade, qui est la direction générale qui fait les commerces, avait développé une plateforme. qui s'appelle Access to Markets. Et elle avait, dans les six premiers mois, 3 millions de visites. Et qu'est-ce qu'on trouve sur Access to Markets ? Eh bien, c'est toutes les règles, parce que l'Europe, c'est surtout la réglementation, la loi, les mesures. Qu'est-ce qu'un exportateur doit connaître, en termes de technique, pour pouvoir... exporter ou importer leurs produits en Europe ou depuis l'Europe. Et les conditions sont très spécifiques par produit, par catégorie. C'est un univers, c'est une énorme base de données. Et oui, là c'est du technique et ce n'est pas très appealing. Alors nous, on a développé des pages par pays. Et on a essayé de faire une vision plus proche des citoyens, de comprendre, parce que tout le monde quand il se lance à la première fois, on a tous des rêves, on est un peu tous... un peu naïf, innocent, je veux exporter à l'Amérique, je veux faire des choses un peu partout, c'est ça la vie. Et on expliquait, voilà, pour les pays de l'Amérique centrale, parce qu'on avait un projet avec l'Amérique centrale, qu'est-ce que le pays, qu'est-ce qu'il consomme, qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il produit surtout, et de quoi il a besoin. Comme ça, tu as une idée tout de suite, ces gens, écoute, ils sont très agréés à l'IT, on va exporter des choses à l'IT. Tu vois, par contre, essayer d'exporter de la banane au Costa Rica ou du café, c'est un peu bête. Parce que quand tu vois que eux, c'est les exportateurs principaux, les produits vers l'Europe, alors cette information peut paraître banale, mais quand tu vas dans les détails, oui, il y avait un Français qui a insisté, il y avait une entreprise qui nous demandait toujours, parce qu'on donnait service aussi aux entreprises, ils voulaient placer les vins français. Dans des pays comme le Chili, on disait oui, il va y avoir bien sûr une petite, petite, très petite partie du marché, parce que c'est le plus grand producteur de l'Amérique. D'ailleurs, l'Europe avait fait un accord d'association où on a inclus le vin pour le libre-échange, hors taxes justement, parce que c'est ça leur produit fini, abouti, qui pourrait avoir de la qualité et qui pourrait pénétrer le marché européen. Et tout ça, c'est fait à travers la communication. Et tout ça, quand tu penses qu'il y a des entrepreneurs qui parlent 25 langues en Europe, qui s'approchent avec des niveaux très différents. C'est ça la beauté, c'est ça qui m'attire moi, c'est le fait du challenge, de dire comment y arriver à un public de 450 millions, avec peut-être 50 millions d'entrepreneurs, 40 millions d'entrepreneurs, dans des marchés très différents, dans des pays avec des cultures très différentes, et être utile et informatif pour tous. Et ça c'est beau, ça c'est beau. C'est toujours très complexe, et il y a toujours des enjeux aussi, parce qu'il y en a aussi bien sûr. Comment y arriver ? Normalement, c'est à travers des appels d'offres publiques, c'est des concours, c'est faragueux, c'est compliqué au niveau des charges administratives.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu peux nous parler un peu de... de missions que tu as eu l'occasion de faire dans ta vie, des enjeux, la durée, comment tu as solutionné une problématique ?

  • Speaker #1

    Bon, j'aimerais avoir ce pouvoir. de dire, oui, j'arrive et j'ai apporté une vraie solution à un problème. La communication, normalement, accompagne des gens qui sont capables d'offrir des solutions. Mais parfois, elle fait aussi des solutions. La première mission que j'ai faite, c'était au Mexique. Et en fait, au nom de l'Union européenne, en tant qu'expert indépendant. Parce que l'Union européenne avait signé un accord de libre-commerce et l'Union européenne exporte, on va dire, de la démocratie un modèle de stabilité. Et en échange, elle essaie d'aider les pays à développer leurs propres administrations, leurs défaillances ou leurs inexpériences dans certains domaines. Et... Peu importe que ce soit de la recherche technologique ou administrative, c'est le fait. Ou de lancer ou développer aussi de la société civile. Mais surtout avec la pensée derrière de transporter le modèle, c'est-à-dire d'exporter le modèle.

  • Speaker #0

    Et ça y vente alors ?

  • Speaker #1

    Oui, alors normalement tu en as deux volets. Dans presque tous les accords d'association, tu en as de la standardisation, la concurrence, le produit phytosanitaire. sanitaire, enfin les plantes, l'exportation des produits agricoles, etc., parce que c'est ça le commerce avec l'Europe. C'est l'échange des produits, c'est l'échange des volets énergétiques, et c'est aussi de jouer avec la règle des concurrences comme nous on s'applique à nous. Mais à côté, t'as d'autres projets qui sont justement en échange qu'est-ce que vous voulez. Parce que, ok, on va faire un accord commercial, mais nous on vous demande de, justement, avoir un système plus représentatif, de développer la société civile, d'avoir un volet. des défenses des consommateurs, des contrôles des produits alimentaires, des choses comme ça, qui sont très intéressantes. Du point de vue contenu, c'est parfois boring, bien sûr, mais c'est très intéressant. Alors au Mexique, le problème c'était que justement les Européens étaient en concurrence avec l'Amérique. L'Amérique avait aussi un accord d'association de libre-échange. Mais eux, c'est pas qu'ils s'en foutaient, mais ils ne regardaient pas l'autre côté, le côté humain, social, démocratique, culturel. Ils voulaient juste du maïs, un échange du pétrole. ou des voitures, ou même des personnes. Il fallait faire justement un plan de communication qui essaye de mettre en valeur auprès d'un interne de l'administration, mais aussi des citoyens mexicains. Imagine-toi, même si je parle de la même langue, je n'avais jamais été au Mexique. Et pour 120 millions d'habitants à l'époque, j'ai essayé de comprendre qu'il y avait une valeur réelle du futur pour leur vie.

  • Speaker #0

    Comment tu abordes ça quand tu arrives dans une... un pays avec des enjeux, des attentes, et que tu découvres tout ça. C'est quoi le... tu vas attaquer par quoi en premier ?

  • Speaker #1

    J'attaque par des indices, des index qui existent sur le niveau, justement, et je commence par ce que je connais bien, qui est le monde de la presse, la communication. Donc, quelles sont les lois qui sont déjà mises en place pour protéger la liberté des presses, la pénétration de certains médias, quel type de cadre de communication... utilisent les gens, et la société en général, comment elle est composée, combien de médias il y en a, est-ce qu'ils sont contrôlés par l'État, ne sont pas contrôlés, et aussi après, je commence à regarder les institutions, comment elles communiquent, comment elles s'adressent, normalement c'est en bas, c'est voilà ce qui se passe, c'est nous on a décidé, c'est tout, et donc il y a toujours une étude préalable, une analyse que j'ai faite, tant aussi au niveau de la communication, qu'au niveau de la communication. de la communication institutionnelle proprement dite. Et après, il y a les moments politiques. Parce que parfois c'est délicat. Je me rappelle une mission à Tudici. Il y avait un... Voilà, on voulait... L'Union européenne était vraiment... Elle voulait défendre le droit des femmes au Maghreb, surtout après le Spring, le printemps arabe. Ils se sont dit, voilà, il y a une opportunité pour avancer dans ce chrono-là. Alors ils ont fait des programmes. où ils ont dit on va aider nos collègues tunisiens, s'ils veulent, s'ils sont preneurs, pour protéger les femmes et pour avancer légalement dans la protection de la femme. Et avec une ministre, c'était... une femme tunisienne qui a dit oui, je veux cette aide de l'Union européenne, amenez-moi des experts légaux, etc., parce que je veux lancer une loi en Tunisie pour protéger les droits de la femme, surtout pour les agressions physiques. Elle disait, il faut commencer par quelque chose, commençons par le heart. Et voilà, je me suis retrouvé, j'étais un homme. D'ailleurs, il y avait quatre autres candidats qui étaient des femmes. Et ils m'ont choisi moi. Je ne sais pas encore très bien pourquoi, mais j'étais un homme en train d'essayer d'aider un ministre en Tunisie pour faire passer une loi de protection contre la violence faite aux femmes. Et justement, l'approche était, comment on va faire ? On va faire une campagne de sensibilisation ? On aura la société à un compte. Parce que les côtés plus radicals ou, si tu veux, les côtés plus religieux n'étaient pas habitués à avoir une loi qui va au-delà de la coutume de la loi religieuse. Parce que la constitution était un peu vague par rapport... à la relation justement entre religion et droit civil. Et il s'est manifesté devant le ministère. On devait passer à travers justement une église qui était juste derrière le ministère de la Famille, en cachette, on ne pouvait pas aller en cravate, on se cachait comme si on était des locaux, pour pouvoir travailler. Alors on a fait des choses très intéressantes, parce que justement mon point de vue était que si on s'adresse qu'aux femmes, on aura perdu la bataille. Il faut s'adresser justement à celui qu'il faut convaincre. Alors quand... Au début, j'avais beaucoup de gens qui étaient contre ces principes, même au sein des ministères. Et j'ai pris d'autres expériences, des exemples internationaux, comme quoi ça pouvait marcher. Donc je me suis informé d'abord. Et j'ai vu qu'en fait, celui qui doit être conscient du mal qu'il fait, c'est aussi la personne qui exerce cette violence. Alors, comme c'est quelque chose de culturel, comme ça vient presque depuis l'enfance, on a vissé les jeunes. Mais les jeunes, mal surtout, dans la communication. Justement pour essayer qu'ils changent leur optique et qu'après ils ne font pas trop de pression pour comprendre que ça peut être du bien de protéger leur soeur, leur mère, leur tante, leur femme, leur fille. Et on a fait des choses très intéressantes.

  • Speaker #0

    Et aujourd'hui le projet il est devenu quoi ? Tu as encore un historique dessus ?

  • Speaker #1

    Oui et malheureusement pour moi les missions sont très longues. très courte, parfois c'est quatre semaines, huit semaines, la plupart du temps, et après je reviens chaque six mois ou chaque année pour voir si les indicateurs, si tout va bien, quels sont les problèmes, comment est-ce qu'on peut régler un peu la chose. Normalement, je prépare une stratégie, un plan, je propose, les parties se mettent d'accord, après ils font un budget et on lance un appel, on prépare un appel d'offres, c'est-à-dire on prépare un contrat pour qu'une boîte locale puisse faire une campagne ou accompagner le bénéficiaire. dans ces cas-ci, le ministère de la Famille, pour justement faire toutes ces actions. Mais ça a été une réussite. D'un, on a vissé sur les réseaux sociaux, parce que la presse était complètement politisée. Donc mettre d'accord, on a fait quelque chose, bien sûr, on a traité la presse, mais ce n'était pas notre objectif.

  • Speaker #0

    Parce que les gens se communiquaient entre eux. Avant de venir en Tunisie, j'ai fait justement un bilan de l'utilisation, enfin l'usage des réseaux sociaux. Il y avait plus de profils que d'habitants en Facebook. Donc il y avait 12 millions de profils et il y avait 10 millions d'habitants à l'époque. Et je me disais pourquoi ? Les gens ici en Europe me disaient mais oui, mais il y a des entreprises, des autres. J'ai dit non, non, non, attends, ce n'est pas possible. Qu'est-ce qui se passe ? En fait, il y avait beaucoup de femmes et même d'hommes qui construisaient un deuxième profil avec un autre nom qui était faux pour avoir la liberté d'expression et pour échanger. Alors en fait, il y avait un double de virtuel pour ne pas toucher la famille, pour ne pas être critiqué, pour ne pas être soumis à la pression, à la censure, etc. Alors je me suis dit, les gens sont désespérés pour pouvoir communiquer et c'est là que ça se passe. Alors on a fait toute une campagne. Mais après on s'est dit, bien sûr, il faudra aussi faciliter le contact avec les victimes. Alors pour les victimes, on a fait une application qui était des recettes, pour qu'elles ne soient pas soupçonnées, parce que la plupart d'entre elles, leur téléphone était contrôlé par le mari. Alors on a fait une application qui était cuisine. Enfin, des préparations d'apprentissage de cuisine, plat typique, traditionnel, etc. Avec une combinaison de menus, il y avait un message qui arrivait dans une cellule de suivi dans le ministère et qui disait, voilà, là, il se passe quelque chose de grave.

  • Speaker #1

    C'est génial, ça. C'est un peu comme... Ce qu'on voit dans certaines expériences sociales, sur les réseaux sociaux, avec certains... Il y avait ça pendant le Covid à la pharmacie. Les femmes pouvaient demander un type de masque ou de médicament, je ne sais plus. Et du coup, le pharmacien... regardant, pouvait voir que c'était un appel à l'aide, en fait, etc.

  • Speaker #0

    Voilà, et en fait, justement, en fait, cette idée a été copiée dans d'autres scénarios, parce que les experts en partagent, moi, je n'ai aucun problème, ce n'est pas une idée. et superbe qui est venu de moi c'est que bon c'était toute une équipe voilà tu travailles ça on pose des idées et finalement ça a cristallisé dans pour les cas tunisiens c'était clair que la cuisine était relié au monde de la femme parce qu'il ya d'autres sociétés c'est pas les cas c'est les hommes qui cuisinent même si c'est machiste ça arrive au mexique on pourrait n'aurait pu pas faire pareil tu vois donc c'était très spécifique On a analysé vraiment les types de créneaux, on avait donné approximative, on a travaillé avec l'association de protection des femmes, les agents locaux, les gens qui connaissaient bien le terrain. On avait donné, mais surtout on avait des aperçus là où il faut rentrer pour communiquer. Et tu vois que c'est la communication institutionnelle, c'est le ministère qui est lié à un ministre, qui veut passer une loi, qui s'approche du citoyen de la meilleure manière. manière possible pour dire attention, on vous protège, mais en même temps on recueille toutes ces données et on compile et avec ça, on peut construire, on peut bâtir le futur. L'un des problèmes aussi de la communication institutionnelle et peu importe que l'idée soit bonne ou pas, c'est qu'en fait on perd les cumulés. Maintenant, aujourd'hui, il y a Big Data et tout ça. Sans Data, il n'y a pas Big Data. Il n'y a pas d'analyse. Alors, il faut d'abord structurer les données et pouvoir les recueillir et avoir tous ces profils. Bien sûr, on... Tu vas me dire, à travers les réseaux sociaux, on a cet avantage, ou à travers l'Internet. Mais il y a d'autres endroits où on n'a pas ça. Et c'est là que ça se passe. Alors, j'ai vu qu'il y a des expériences pareilles, tu me l'as dit, en pharmacie, mais aussi dans d'autres, par exemple, par la drogue, le problème de l'alcoolisme, tout ça. Il y a aussi des petites applications qu'on a. fait pour demander de l'aide tout en gardant l'allure que rien ne se passe.

  • Speaker #1

    Des produits comme ça, comme les applications, est-ce qu'elles sont mises en commun pour d'autres pays européens ou d'autres pays tout court ? Est-ce qu'il y a une marketplace avec toutes les petites applications qui ont été développées pour des problématiques spécifiques qui sont mises à disposition ? Ou est-ce que c'est, encore une fois, chacun de son côté ?

  • Speaker #0

    Hélas, c'est chacun de son côté parce qu'en fait, l'Union européenne est le plus grand acteur de la coopération internationale. Alors, elle a déjà des problèmes pour... Faire une communication ne fût-ce que des bases sur sa propre image, ça reste que l'emblème et trois messages génériques. Il y en a peut-être 2,5 milliards qui ont été investis l'année passée en coopération internationale. Et peut-être 1,8 milliard, c'était l'Union Européenne, mais tu peux compter le nombre de projets dans les centaines de milliers. Alors, l'échange d'expérience. parfois, ça c'est pas seulement justement à travers les experts ou les gens qui se connaissent, mais c'est vraiment compliqué. Et on a essayé par exemple de mettre de plus en plus, enfin de faire, de mettre de plus en plus de pays pour que justement il y en a cet échange. J'ai travaillé dans beaucoup de projets qui étaient en fait des instruments qui étaient les mêmes. Donc on a commencé à l'envers, à la place d'attendre qu'il y ait des idées et les collecter, on va mettre tous les pays d'abord, tous, dans une même enveloppe. Pour travailler ensemble, comme ça il y a un échange direct. C'était un raccourci. Mais parfois des expériences sont... Et même dans le même pays et avec le même ministère, j'ai vu des répétitions. Je me suis dit, comment est-ce possible ? Ça fait 5 ans, 10 ans seulement. Et ça c'est un gros problème. Ils font des efforts. au niveau de l'Union Européenne pour y arriver. Ça serait une bonne idée d'avoir un marketplace public où on peut... Il y en a des bases de données pour recherche, c'est sûr, pour des projets, Cordis et les ressources research, ça marche très très bien. Même le European Innovation Council, il a mis un système où on peut aller voir ce que les autres startups ont fait. On a la fiche projet claire avec les parties prenantes, quel était l'objectif, les résultats. Donc il y a des énormes bases données sur ça, qui sont très statiques. Mais c'est par rapport à l'information et pas par rapport à l'application, aux choses qu'on a fait. Donc il faut lire, il faut chercher, il faut les idées. Et parfois, on ne sait même pas où chercher. Oui, il y a ce partage des connaissances, mais il est très passif. Et effectivement, il cherche à avoir un peu plus de... Il y a des projets maintenant qui sont par exemple le Business Gateway, qui est à la mode. qui en fait c'est la trade diplomacy, on y va à l'extérieur, on va faire des avenues d'échange, où il y a des foires, les gens échangent, et là c'est beaucoup plus proche de l'entrepreneuriat. Ça fait des foires, mais effectivement il n'y a pas une capitalisation réelle sur certains instruments. Et d'ailleurs, une des problématiques c'était qu'à chaque fois il fallait créer un logo de chaque projet. Et moi je disais, avec le nom du projet, et le nom du projet était un nom administratif. Parfois, ils prenaient trois ou quatre lignes. Alors, c'était l'acronyme. Tu vois, moi, je fais le P3A Algérie. C'était quoi le P3A ? C'était le programme d'appui à la mise en œuvre de l'accord d'association. Alors, pourquoi P3A ? Parce qu'il y avait trois A. Appui, accord et association. Alors, comment tu veux que ça parle aux gens ? Oui, tu travailles à quoi ? P3A, c'est quoi ça ? C'est une marque d'école ? Oui, on travaille pour la mise en œuvre d'accords d'association. Et d'ailleurs, ils te disent, c'est quoi un accord d'association ? Alors, il y a tellement de lacunes au niveau de la communication institutionnelle que c'est très difficile. Et en plus, ils font un logo.

  • Speaker #1

    J'ai une question par rapport à ce que tu as évoqué tout à l'heure quand tu es arrivé dans le pays. Je te demandais ce que tu analysais en premier. Tu m'as dit qu'il y avait des indicateurs. Est-ce que tu as aussi une partie où tu vas questionner directement une population locale, où tu vas chez le particulier voir comment s'adresse la problématique pour lui, ou bien est-ce qu'on ne va pas si loin dans la recherche ?

  • Speaker #0

    Dans la plupart des cas, ce n'est pas si général que ça. Ils connaissent un problème spécifique, les termes de référence, c'est-à-dire le texte qui va créer le projet. Ils visent spécifiquement déjà des choses et il y a beaucoup de données. Alors selon ces rapports d'analyse avec les PME, on sait qu'ils ont des difficultés d'accès au crédit. Donc on va promouvoir le micro-credit et ils te font déjà un bilan de la loi. Donc tout ce qui est interne, ça en général on connaît bien. Mais parfois c'est vrai que j'ai demandé de dire voilà, pour y voir plus clair, il faudrait questionner ou poser des questions à la population. lancer un survey, faire des focus groups, parce qu'il faut comprendre, parfois on ne sait pas, on est dans le vide. Et là, ça devient très intéressant. Et ça peut être sur des choses très bêtes. A l'époque, j'avais fait un pour Honduras, c'était sur la qualité, mais l'infrastructure qualité. que personne ne connaît. En fait, c'est les normes. C'est la standardisation, c'est ce qu'on appelle normalisation en français. Et après, il y en a aussi l'accréditation. L'accréditation des labos qui font des tests, qui vérifient par rapport aux certifications. Mais tout ça, c'est des processus qui donnent la certitude d'un produit, et ce qu'il est, avec les qualités qu'il dit, et qu'on ne trompe pas justement le consommateur. Et après, il y avait la métrologie. Et voilà. Les gens me disent, c'est quoi la métrologie ? Tu te trompes, c'est météorologie. Je dis non, non, c'est la métrologie, cher ami. Alors, c'est les instruments de mesure. Alors, si les instruments de mesure ne sont pas bien et qu'ils ne sont pas au standard international, et là, il peut y avoir beaucoup de problèmes. Est-ce qu'un kilo est vraiment un kilo ? Quand il fait de l'importation de 10 000 tonnes... S'il y a un gramme de différence, ouf ! Les coûts pour la balance du pays, si on parle de 15 000 tonnes de pétrole, ou de 15 milliards de tonnes, ouf ! Et après, la correspondance de mesures, qui n'est pas au décimal près, qui est au millième, qu'est-ce qui est mis, enfin, un mile, un pound, la correspondance avec le système... Maintenant, international, les mesures, qui est vraiment, voilà, kilogramme, mètre, kilomètre, tout ça, aussi litres, en Amérique, tu y passes là-bas, c'est des gallons, c'est des... Alors, la correspondance pour l'échange commercial entre régions, ça devient un truc de, justement, avoir aussi des standards dans les... aussi bien dans les processus. des messieurs, c'est pas la même chose au vide, avec l'humidité, c'est incroyable, c'est un monde, moi j'ai découvert un monde, c'était fascinant. Alors, oui, c'était fascinant, parce qu'en plus c'est le vrai langage du commerce.

  • Speaker #1

    Oui, ça doit être intéressant.

  • Speaker #0

    Aussi, imagine-toi, pour le vin, une bouteille de vin là-bas, c'était d'autres... Si tu parles en litre, ce n'est pas parlant pour les gens. Alors, toutes sortes de petits trucs, c'était incroyable. Même pour l'IT, le truc des mémoires, c'était fascinant. Alors, il y en a à l'Institut de métrologie dans tous les pays du monde.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on va faire un petit exercice. On aimerait te demander qu'est-ce qu'il faudrait faire, par exemple ici à Luxembourg, pour améliorer la communication sur tout ce qui est aspect digital. Tu as feuille blanche, tu peux mettre en place tout ce que tu veux, par quoi tu commences.

  • Speaker #0

    Bon. Comme d'habitude, je commence par analyser l'existant. Je sais que Luxembourg a fait beaucoup d'efforts, qui est devenu apparemment très digital, mais qui a beaucoup de lacunes. Il y a des choses qui sont très très très très très très très bien. Par exemple, il y en a un standard qui s'appelle Renov, Renov, Renov, qui essaie de simplifier justement le langage pour que les gens puissent comprendre de quoi s'agit-il. à tous les niveaux. Ils ont mis ça aussi, ils l'ont impliqué très sérieusement sur la plateforme Magichet, tout ça. Mais en fait, ça c'est pour la partie e-administration qui sont très forts. Mais pour la partie communication digitale envers les gens, il y en a un peu trop de top-down, c'est-à-dire en bas. Il y a peu d'échanges, il y a peu de canons ou d'opportunités où on met un contact vraiment. pour savoir ce que les gens pensent et souhaitent. C'est un petit pays, alors la politique se mêle trop avec, enfin la ligne de la communication politique et communication institutionnelle frise beaucoup. Mais je pense que sur le digital, il faut un... Sûrement, c'est rattrapé au niveau des connaissances technologiques pour l'utilisation des gens. Aussi pour la décentralisation, parce que même si c'est petit, c'est pratique, parfois on a le sentiment que tout repose sur la CTIE ou sur des organismes qui sont trop transversaux, qui n'ont pas trop d'interaction avec les citoyens. Alors pour les services en tant qu'administration, c'est très bien développé. Et pour le CIEM ? pour la communication digitale, elles passent moins bien. Et pourquoi elles passent moins bien ? Eh bien, des uns, oui, on parle toujours, ah, c'est multiculturel. Non, la politique, elle est très versée sur la défense des directions bourgeois. Et parfois, c'est difficile à trouver exactement le même niveau de contenu dans une langue que dans une autre. Et je ne parle pas seulement du français, je ne suis pas francophone. Je parle français, mais je ne suis pas francophone. Donc je peux être un juge impartiel, parce qu'on le voit au niveau de l'allemand, de l'anglais, du français et du luxembourgeois, on voit des asymétries. Et ça, c'est le même problème que l'Europe, je le connais bien. C'est impossible d'avoir l'asymétrie possible, 100%. Mais on voit quand même qu'il y a des créneaux où ça se développe plus que d'autres. Donc d'essayer de ne pas... de tomber dans les pièces de l'inertie du passé, mais de vraiment faire table rase et de progresser. De deux, je pense qu'au niveau moyen, il y a des moyens, mais que justement au niveau participatif, il y a peu de moyens. Moi, j'ai fait des recours pour... enfin, j'ai essayé de faire... J'avais un projet... J'ai participé dans le projet justement de rénovation du site web. Enfin, j'étais dans l'équipe proposition, ils ont retenu notre proposition, du portail de la Chambre des députés. Et il y avait surtout, et c'était le quid de la question, c'était les pétitions. Et alors là, il y a une petite sorte d'application où tu peux collecter, signer et dire je suis pour cette pétition au Parlement. Au nombre tel de, je ne sais plus, c'était 5 000, 2 500, etc. Et le Parlement devait avoir la... La pétition était au droit d'être considérée. Parce qu'il y a un volume, suffisamment de voix de citoyens qui disent... Mais il y avait tout ce qui était autour aussi, qui n'était pas trop bien expliqué, qui était un peu... Bien sûr, le Parlement, c'est un organe... politique, mais qui était compliquée. L'intégration, justement, de tous les réseaux sociaux, de tous les parlementaires ou des groupes, dans la correcte proportion, que tout le monde ait les mêmes moyens pour y arriver, mais aussi de canaliser, comment canaliser la demande des citoyens. Et là, je pense que là, il y a du travail à faire. Du travail à faire. Beaucoup. Beaucoup. Et là, on peut développer aussi vers l'écran des entreprises. Quels sont les moyens de contact, de communication de l'administration, mais des autres institutions avec les entreprises ?

  • Speaker #1

    Peut-être qu'ils sont du retard aussi parce qu'ils parlent du principe que Luxembourg, après journée, il y a beaucoup de gens qui quittent le pays. Donc l'énergie n'est pas mise justement là-dessus parce que...

  • Speaker #0

    Mais encore une fois, les institutions travaillent sur le mandat. Et quand on voit la façon dont les gens de la TVA communiquent déjà avec les entrepreneurs et même avec les individus, parce que la TVA concerne tout le monde, on peut penser qu'il y a beaucoup de bon travail à faire. Au niveau, il ne fût-ce que des échanges et des transparences, etc. Moi, j'étais en contact parce que j'étais indépendant. Ils m'ont très bien traité. Mais c'était toujours difficile de savoir quel était le bon canal à utiliser. Est-ce que... les mails, le téléphone, la disposition, la rencontre, comment ça marche ? Ce n'est pas trop clair. Et ce n'est pas trop clair pour les deux parties. Parce qu'il y a des uns qui préfèrent envoyer un mail, je suis très digital. Les autres disent non, je préfère que vous m'envoyez tout en papier parce que finalement, l'autre jour, j'étais avec quelqu'un des taxes et il m'a expliqué, je dis voilà, vous avez progressé parce que cette année, on peut faire la déclaration en ligne. Et il m'a dit oui, mais on ne peut pas la corriger. Je dis comment ? Il me dit oui, en fait, ils ont fait ça pour nous, les fonctionnaires, pour pouvoir intégrer aussi. Mais finalement, comme digitalement, les citoyens n'ont pas encore le droit d'introduire exactement une correction après déposition, ils doivent nous l'envoyer et finalement, nous, pour la mettre dans le système, même s'ils peuvent le faire, c'est du fictice. C'est-à-dire qu'ils peuvent le faire, mais en fait, ça tombe chez un fonctionnaire qui doit imprimer sur le modèle ancien. réécrire la donnée, ressaisir la chose, et la mettre dans le système. Alors, la perception des citoyens, c'est que l'État a fait un gros effort pour mettre justement, faciliter, mais est-ce qu'au niveau administratif, à l'interne, institutionnel, est-ce que ça marche ? Tu vois, c'est un clair exemple comme quoi il y a un corps du travail à faire, c'est par rapport à d'autres pays, et bien sûr, on ne parle pas... en dehors d'Europe, c'est très développé. Mais quand tu vois d'autres pays qui ont eu l'avantage de ne pas avoir tellement d'administration au début et qui font le saut du gap technologique ou administratif beaucoup plus rapidement. C'est la même chose que les téléphones, les smartphones en Afrique. On a arrêté de développer des lignes de téléphone classiques. Parce qu'on disait, il n'y a pas de ligne téléphonique, etc. Non, maintenant on a satellite, on n'a plus ça. Donc en fait... Il ne se pose pas la question comme nous en Europe en disant qu'est-ce qu'on fait avec tous ces câblages. Tu vois comment on réutilise les réseaux. Alors avec l'administration, ici, les institutions, parce que ça couvre un grand débat, c'est-à-dire c'est un univers assez grand, et il manque un peu justement cette cohésion, cette cohérence, mais aussi la façon dont elle échange et d'apprendre à communiquer plus clairement avec les citoyens. Je pense qu'il y a beaucoup aussi. ne fût-ce que la formation. Et j'ai travaillé avec un partenaire de chez Price, Laurent Probst, qui, lui, depuis des années, il voit très clairement qu'il faut le upskilling, et qu'il faut travailler, et que c'est dans beaucoup de dimensions, sur la capacité, sur le... et les compétences, mais la partie digitale, bien sûr, a un rôle important.

  • Speaker #1

    Ok. Bon, alors, Ravier, je te propose un petit exercice ici. On a capturé un serpent, on a extrait son venin, c'est un venin de vérité. Je vais te proposer un petit shot de venin, et puis l'idée, c'est que tu nous racontes une anecdote qui t'est arrivée, sa résolution, sans langue de bois, donc... Alors,

  • Speaker #0

    mais c'est les mêmes ! Oh là là ! Attends, Oui, mais attends, alors qu'est-ce qu'on va faire ? Là, la technique du boisson. Voilà, au cas où. Ça, c'est l'expérience. Bon, on risque. Il n'y a pas de véné... Il n'y a pas... C'est pas... Non, c'est véné, non. C'est pas mauvais, merci. Alors là, je vais tout raconter. Je vais tout dire. C'était triste. Des anecdotes ? Presque chaque projet a des anecdotes qui pourraient faire rire, mais il y a quand même des choses confidentielles. Mais une récente qui m'est arrivée vraiment, c'était plus cher dans la même semaine. On a engagé un développeur, un graphiste. Il devait faire, c'était pour le projet d'assainissement. Révision du système d'assainissement d'eau potable pour le faire efficient au Costa Rica. C'est un énorme problème, ça concerne toute la population, c'est un pays qui reçoit la pluie, mais en fait les tuyaux, tout ça, ça a des 70 ans, les réseaux sont complètement pourris, il faut revoir, mais aussi de trouver un système qui soit équilibré, parce que là c'est presque des réseaux naturels. Alors on a fait, parce que j'aime bien toujours essayer de promouvoir... d'aider l'entrepreneuriat local mais on a dit on a senti appel d'offres enfin un concours pour que quelqu'un puisse faire les logos du projet est un peu la ligne graphique alors on me propose quelqu'un qui réfléchit des logos propose beaucoup et ça nous a plu très sympa d'ailleurs je garde toujours contact avec cesa alors il commence à envoyer des trucs et il y avait aussi le fait qu'il fallait montrer un peu le soutien de l'Union Européenne. Alors normalement, voilà, il y a l'emblème. Et je lui envoie l'emblème, je lui envoie tout ce qui est chars graphiques, des choses, et un jour je suis en train de regarder, je dis, ces drapeaux, il y a un problème ici. Alors je commence à compter, il y avait 11 étoiles et pas 12. Je me suis dit, mais c'est pas possible. Alors, le type, il avait travaillé comme un fou pour garder l'équilibre des 11. Il a dit, c'est 12, c'est parfait, mais 11. Et à première vue, c'était justement parce que celle qui était en tête avait gardé encore le... Je me suis dit, mais comment c'est possible ? Qu'est-ce qui se passe ici ? Il a perdu le fichier, etc. Et en fait, j'appelle le type, il me dit, non, non, parce que je me suis informé, Fabien. Et en fait, j'ai vu que maintenant le Brexit s'est fait, donc j'ai enlevé un pays. Alors je lui ai dit, c'est très bien ta part, mais des un, les étoiles ne représentent pas le pays, le nombre de pays. Mais des deux, c'est quoi cette liberté de prendre, tu vois ? C'est qu'aux États-Unis, oui, les étoiles, ça représente un pays, etc. Mais tu sais que, alors j'ai commencé, j'ai dit, mais tu as fait ça depuis combien de temps ? Il m'a dit, ça fait deux mois. Moi, je n'étais pas là, j'arrive et je vois toute la communication des... tous les trucs avec un drapeau, un emblème à 11 étoiles. Et personne n'avait relevé ? Personne n'avait relevé. Tu sais combien de gens avaient regardé le truc ? Déjà, dans le projet et tout ça, une cinquantaine de personnes. Mais après, c'est parti. Dans la télé, une conférence internationale, boum, le drapeau au milieu. Donc, c'était... et personne n'avait remarqué. Et là, c'était marrant parce qu'en fait, pour défaire, il fallait un budget. Alors on n'avait pas les budgets pour les refaire. Tu as quand même soumis le problème, tu ne peux pas garder ça. Oui, effectivement. Alors bon, on a fait, on a coupé, on a fait tout ce qu'on a pu avec des autres. Mais tu ne peux pas imaginer. Le projet existe toujours ? Le projet existe toujours parce que c'était 150... En fait, il n'y avait pas l'Union européenne au début, c'était là. C'est la Banque interaméricaine de développement et la KfW, qui est une banque de coopération internationale allemande. Mais il y avait une partie du projet qui allait se faire avec l'Union européenne, et qui va faire la promotion parce qu'il y avait la conférence internationale. C'était tout. C'était un moment. Et j'étais l'expert pour les Costa-Africains, pour le gouvernement. C'est un projet qui existe parce que c'est un projet qui est... essaye de refaire un modèle complètement entier, c'était 158 millions d'euros. Oui. Il fallait refaire toute la tuyauterie ? Non, ça aurait été beaucoup plus cher. Il n'y avait que 13 kilomètres de tuyauterie sur 9000 kilomètres de tuyauterie qu'on allait changer. Surtout par rapport au système hydraulique d'équilibrage entre les aqueductes. C'est des choses très techniques. Mais il y avait une autre partie, c'est aussi la modernisation. de du système d'inquiétude on changeait le parc de de d'appareils, donc de compteurs. Voilà la métrologie qui est... La connaissance de métrologie qui dit, voilà, ça c'est le bon appareil qui mesure au centimètre, mais aussi tout un nouveau système de facturation. Parce que ce qu'on voyait, c'est qu'il y avait des gens qui dépensaient des lots énormément et qui payaient exactement le même canon que d'autres. Donc en fait, et qu'il y avait beaucoup de problèmes de retour, des adresses qui n'existaient pas. Alors, c'était... Il faut tenir compte que c'était le seul pays de l'Amérique centrale et de l'Amérique latine en général, sauf les États-Unis et le Mexique, où l'eau du robinet est potable. Donc ils font des efforts. Et pour que tu vois la différence, on parle parfois de l'Amérique, etc. Tout un continent, il ne peut pas ouvrir le robinet et dire « je vais boire tranquillement » . Et ça en Europe, on peut dire « oui, il y a des excès de chlore, des trucs, etc. » Et oui, on se paye des bouteilles d'aérosport quand on a un produit de luxe à la maison. Et ça, c'était une anecdote. Des choses comme ça sont arrivées dans beaucoup de projets, mais celle-ci, je me rappelle, il y avait une autre quand on a fait la campagne de prévention du tabagisme pour les jeunes. Ils sont insistés, insistés tous, tous les experts toxicologues, n'utilisez pas l'humeur, etc. Finalement, ils sont insistés pour faire pour les jeunes quelque chose qui était marrant. Et ils ont fait comme quoi, à la place d'une cigarette, c'était un poireau. Alors, j'ai vu ça et j'ai dit, ok, d'accord, si vous voulez aller avec ça chez le commissaire, peut-être que vous allez avoir un oui, c'est super, etc. parce que les chimpiotres, mais... on va voir qu'est-ce que les autres disent et il me dit quels autres ? les autres commissaires par exemple effectivement 10 minutes après je fuis les annonces ça fait 30 ans qu'on fait la promotion des végétaux et maintenant vous les comparez avec la cigarette les gens vont se brancher encore une fois sur l'hamburger mais est-ce que vous êtes des cons ? il gueulait comme un malade comme un malade et là c'était oui oui tout le monde parle l'anecdote est Parce que tous les processus étaient faits contre la raison. Et que finalement, il y a le commissaire qui appelle. Et quand même, on l'a expliqué, il a dit comment. ok parce que c'était fait 72 millions d'euros de campagne 20 langues 25 pays et tu voyais des jeunes nous de la vente des distributeurs et ils appuyent et il y avait un poireau qui sortait alors il fut mais le pauvre enfin il mettait les poireaux et des 1 oui c'est comment passer bête le message était ça c'est bête parce qu'un message qui peut caler dans tous les jeunes à tous les coûteurs un truc ils sont choisis un végétal pas Un légume, tu vois, enfin un poiron. C'était sympa à voir, mais c'était pas... Tu vois, l'équilibre, encore une fois, c'est compliqué. Mais bon.

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🌍 Pour ce quatrième épisode, je vous invite à embarquer dans un voyage fascinant en compagnie de Javier Fabregas, véritable éclaireur dans le monde complexe de la communication institutionnelle européenne. Expert reconnu et fin stratège, Javier a exploré les coulisses des projets européens. Au fil de cet épisode, nous retracerons son parcours captivant, entre défis, découvertes et grandes réussites, pour mieux comprendre ce labyrinthe institutionnel. Aujourd’hui, Javier a rejoint les rangs de Deuux, la société initiatrice de ce podcast, en tant que Directeur Strategy EU.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans IndaJangle, le média où on explore l'entrepreneuriat autrement, dans un décor pas piqué des hannetons. Aujourd'hui, nous recevons Ravier Fabregas pour un épisode sur les institutions européennes. Bon ben Ravier, bienvenue dans IndaJangle.

  • Speaker #1

    Bonjour, merci. On est content de t'avoir. Moi aussi je suis content d'être ici.

  • Speaker #0

    Ravier, toi tu es un expert en communication institutionnelle. Aujourd'hui tu vas un peu nous raconter... ce que ça veut dire la communication institutionnelle. Avant toute chose, est-ce que tu peux un peu te présenter, nous dire ton parcours, tes études ?

  • Speaker #1

    Voilà. Bon, je m'appelle Javier Fabregas, donc avec ce nom on peut s'imaginer que... j'ai des origines espagnoles et j'ai fait des études en journalisme, après en communication, après j'ai fait un master en communication institutionnelle et pour me mettre à jour un deuxième master en communication institutionnelle en ligne. parce que je suis quand même un peu âgé et que la chose est devenue un peu plus digitale avec le temps. Et j'ai commencé à travailler en tant que journaliste à la radio, à la télé, et après justement en lançant le premier portail d'information en ligne. Et après je suis passé à la communication institutionnelle, c'est-à-dire je suis passé de l'autre côté. Je suis passé là où les fournisseurs d'informations travaillent. Donc j'ai commencé avec les comités économiques et sociaux européens. Et après, j'ai fait quelques réseaux européens. financé par la commission européenne et après j'ai commencé à travailler en tant qu'expert indépendant pour la commission surtout à l'étranger en coopération institutionnelle et coopération internationale et finalement je suis venu au luxembourg parce que justement j'avais envie de retourner un peu vers mes sources, revenir en Europe parce que je voyageais beaucoup. Et je suis venu parce que j'ai commencé à travailler pour un projet de la BEI qui était pour la promotion des services financiers, enfin des instruments financiers auprès des autorités de gestion européenne. Voilà.

  • Speaker #0

    Ok, intéressant. Je retiens que tu as été aussi en partie indépendant. Qu'est-ce que ça représente ? Qu'est-ce que représente l'indépendance et l'entrepreneuriat pour toi en quelques mots ?

  • Speaker #1

    Pour moi, c'est le courage d'abord et c'est vouloir faire des choses parce que tu essaies de lutter pour offrir un service, pour sortir un produit, pour développer une idée. Et je pense que c'est la partie active de la société en termes de vouloir faire, d'entreprendre. Et j'ai... des bons et des mauvais souvenirs en tant qu'entrepreneur parce que ce n'est pas toujours évident, ce n'est pas facile. Mais ça te donne toujours l'envie de créer, de lancer des choses et d'avancer. Alors je pense que les entrepreneurs en général, ils ont le courage de faire face peut-être avec peu de moyens ou de prendre beaucoup plus de risques aussi de leur temps. Il ne faut pas oublier que les montres négocient. ça veut dire négation du temps libre et qu'en fait ils mettent tout pour que voilà tous les autres profitent ou d'un service ou d'un produit et c'est fantastique c'est merveilleux mais c'est très puissant et

  • Speaker #0

    c'est quand même très compétitif ok merci tout à l'heure tu disais que tu avais commencé par un master en communication institutionnelle qu'est ce que qu'est ce que c'est la communication institutionnelle comme Comment c'était à l'époque et comment ça évolue aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    Bon, j'ai commencé à faire ces études qui, à l'époque, n'étaient même pas master, étaient une spécialisation parce que c'était vraiment du nouveau. En fait, il y avait les deux communications. Il y avait la communication politique et institutionnelle. Et moi, j'étais attiré par le fait que, voilà, que les représentants démocratiques, les gens qui étaient aux institutions, faisaient des discours, parlaient aux gens. Je me suis dit comment ça s'organise, comment ils s'organisent envers... Et à l'époque, il y avait beaucoup aussi de nouvelles techniques de marketing politique. La ligne était très faible entre ce qu'est l'institution et ce qu'est la politique parce que normalement, justement, les politiciens sont à la tête. d'une institution. Par exemple, un ministre, il fait surtout de la communication politique, mais il est à la tête d'une institution, le ministère de la Mine, par exemple. Alors, j'ai fait ces cours qui étaient à l'époque une spécialisation, un spécialiste expert universitaire, et j'ai découvert tout un monde. En fait, les enjeux de la communication institutionnelle, ils sont très particuliers et très spécifiques. D'un, les institutions sont toujours là. Ce ne sont pas des personnes, ce sont des services qui sont en permanence, qui évoluent, mais qui devraient être au service des citoyens, et qui vont mettre en pratique tout ce qui est décidé au niveau politique. Et en fait, ils font valoir les principes des lois, mais ils les mettent en exécution. Alors tout ça comporte des enjeux très très très complexes par rapport à la communication envers le public. Parce que là... Tous les citoyens ont droit à recevoir de l'information, qu'elle soit claire pour tous les niveaux de compréhension, qu'elle soit aussi exécutable dans la partie parce qu'après ça, il y aura une action. Par exemple, si on va introduire un nouveau impôt, je n'espère pas d'ici bientôt, mais aux indépendants, par exemple, alors il faudra expliquer très clairement aux indépendants en quoi ça consiste et quelles sont pas seulement les obligations, mais aussi... les avantages et pourquoi on fait les choses. Alors il y a toujours cette question du pourquoi, qui est très liée au journalisme, pourquoi on fait les choses, comment elle devrait être, donc elle doit répondre aussi aux principes de transparence, aux principes d'être fidèle à la loi, à ce qui est le mandat. Alors la façon dont les institutions, qui sont très différentes, il y a des institutions très grandes, très petite, avec des moyens très différents, mais avec des compétences très clairement indiquées dans la loi, et qu'on porte, voilà, une vision qu'on développe sur un point de vue stratégique. Pourquoi ? Parce que c'est du vrai long terme, c'est un marathon. Alors on va installer, d'abord on va définir comment on veut s'adresser aux gens, et après on va dire quels sont nos moyens pour faire, voilà, est-ce qu'on va faire un portail, est-ce qu'on doit faire... ... des autres canaux qui s'adressent directement à des publics très spécifiques, comment les faire ? Et je pense que, voilà, ce que j'ai appris, c'est qu'il faut toujours donner un pas en arrière, regarder bien ce qu'est le mandat, essayer de se mettre à la place des citoyens et dire comment je voudrais, moi, en tant que citoyen, que les institutions s'adressent à moi. Parce que finalement, on les paye. Donc pour moi, c'est les clients. C'est ça. Et ça, c'est très différent. de la communication, on va dire, qui est liée au monde du marketing, et même la communication politique, qui a un but, c'est de gagner les élections, de rester au pouvoir, ou de vendre un produit, de convaincre qu'il est mieux que l'autre. Et il ne faut pas convaincre que le ministère est mieux qu'un autre, mais il faut justement rendre service. Et ça, j'étais toujours quelqu'un qui essayait de rendre service aux autres, déjà à la radio, quand j'étais à la radio nationale. J'adorais ça, le fait que c'est une radio publique, qu'on essaie de s'adresser à tout le monde, avec aussi beaucoup de responsabilités. Et j'étais attrapé, j'étais capté. Et à partir de là, effectivement, j'ai presque développé toute ma carrière autour de la communication institutionnelle, mais aussi européenne.

  • Speaker #0

    Ok. Et tu parlais des moyens, donc de mettre en place une... Un portail, de développer un média, c'était quoi en fait les outils qu'on avait en général à l'époque ? Et comment est-ce qu'aujourd'hui ils ont évolué ces outils-là ? Est-ce qu'ils sont toujours présents ou est-ce qu'ils ont disparu ?

  • Speaker #1

    C'est une bonne question parce qu'en fait les choses vont très vite et les institutions malheureusement n'ont pas parfois la capacité de réaction qu'il peut avoir par exemple un entrepreneur avec une nouvelle technologie. Tout au début, la communication était surtout focalisée à travers les médias. D'ailleurs, à l'époque de mes études, on les appelait « mass media » . Pourquoi ? Parce que justement, tu peux toucher des publics massivement.

  • Speaker #0

    Et c'était quoi comme média ?

  • Speaker #1

    À l'époque, il y avait surtout la télé, la radio, la presse. Et parfois, quand il y avait des niches, il y avait des revues spécialisées qui étaient financées ou cofinancées par le ministère ou l'institution elle-même. Et après... Le digital est venu surtout s'installer pour l'information. En fait, tous les sites web étaient surtout des sites d'information. Bien sûr, il y avait les sites d'e-commerce et d'essayer de vendre, mais c'était déjà, même le paiement électronique, c'était un rêve. Donc en fait, l'information s'est développée très vite. Mais on voyait, c'était une réplique de ce qui existait. Tu voyais presque la même structure qu'un journal. Alors la mentalité presse était très installée. Comment s'adresser aux gens, c'était comme si on était presque obligé de transformer cette communication dans un communiqué de presse, qui va se transformer ou traduire en article. Alors, oui. La télévision, la radio et la presse étaient les formats. Après, quand l'internet est venu, il y a beaucoup d'autres médias qui se sont installés, beaucoup d'autres voix, il y avait beaucoup plus de liberté pour dire des choses, moins de contrôle parce que c'était des médias qui étaient moins chers à lancer, mais aussi capables d'y arriver tout de suite à toutes sortes de personnes. Alors évidemment, ça a l'air... interter les institutions tout de suite en disant attention, là on a un canal qu'on devrait utiliser majoritairement pour contacter les gens. Mais pour faire ça, il fallait être au niveau technologique. Il y avait beaucoup d'institutions, je me rappelle quand j'ai commencé au comité économique et social européen, c'était 2002, il y avait quatre directions au sein du comité qui n'avaient même pas d'ordinateur. Alors, tu vois, déjà il faut d'abord s'informatiser pour comprendre que tout ce volume d'informations peut après se traduire ou peut se convertir dans des informations qui soient digérables par le public. Alors, et chacun avec ses moyens s'est lancé un peu innocemment, surtout au niveau des institutions européennes, de leur côté. Ils ne se sont pas réfléchis à avoir un... un univers contrôlé ou, si tu veux, préformaté, unique, sous une marque, une identité claire. Au début, ils ont dit, on a besoin de faire ça. Chacun avec ses publics et ils ont développé des sites web.

  • Speaker #0

    C'était un peu, qui était le premier à mettre en place alors son portail ?

  • Speaker #1

    Effectivement, mais aussi parce qu'ils s'étaient poussés pour le faire. C'est-à-dire, les citoyens les demandaient, mais la situation devenait critique parce qu'on voyait que... que la demande était là et que d'autres, même les entreprises, prenaient l'avantage. Alors finalement, comme j'avais dit, c'est les clients, les citoyens et les clients. Alors je me rappelle par exemple, il y avait un site d'information en ligne tout au début pour la DigiBusiness Search qui était Cordis, qui fonctionnait en tant que relais pour la promotion des projets scientifiques, qui est devenu très gros. Et c'était l'un des premiers. Mais tu vois déjà dans les choix de technologie. Quel type de technologie tu vas choisir ? Quel type de support ? Quel format ? Alors chaque direction avait le sien et d'ailleurs c'est que dans les années 2010 que le site Europa en tant que tel est né. Donc ça fait seulement 14 ans. Pendant 15 ans avant, ou 10-15 ans, ils ont communiqué chacun de leur côté. Et ça reste toujours le cas si tu vois au niveau institutionnel. Maintenant... On ne peut pas concevoir la communication institutionnelle sans le service en ligne. Donc, en parallèle, ce n'était pas seulement de communiquer en tant qu'on a un message, mais de développer le service en ligne. C'était ça l'objectif, de faire de la e-administration. Alors là, ils ont pris plus de temps, mais effectivement, maintenant, tu peux faire. Nous, on habite au Luxembourg, tu l'as vu, il y en a beaucoup de... transactions, on va dire, des opérations qui ne sont faites qu'en ligne avec l'administration. Donc l'interface de l'administration, du contact avec les citoyens, est devenue presque une interface digitale. Et d'ailleurs, on y va de moins en moins au guichet. Alors, comment on a appliqué ça ? On a essayé de faire, voilà, de sous-traiter la connaissance et en parallèle, on développe un service. digitales propres, des communications propres. Et au début, effectivement, chacun était un peu... C'était un peu de la cacophonie. Et de la cacophonie, on présentait des formats différents, des contenus différents, des services différents, des niveaux de développement très différents. Maintenant, ça converge. C'est un peu la même expérience qu'on a eue avec les social media ou tous les autres. Au début, chacun avait un format différent et même, il fallait un accès différent. De plus en plus, on s'attend au même formatting partout.

  • Speaker #0

    T'as cité le site Europa. Tu peux nous en parler ? Europa,

  • Speaker #1

    c'est un portail. C'est le portail qui réunit toutes les institutions sur un seul endroit digital. Il est énorme parce qu'il contient les informations des 27 directions générales. Il contient aussi les véhicules d'information du Parlement européen, du Conseil européen, et une cinquantaine d'agences, plus la communication qui est aussi à l'interne. C'est-à-dire, enfin, interne, je veux dire, la communication proprement dite, e-mail, opération d'information interne, d'échange d'informations. Alors, pour construire des sites Europas, il a fallu beaucoup de temps. Et d'ailleurs, il y avait une direction générale qui était IT, en fait, la Digit, ça existe toujours, et qui a fait un travail gigantesque. Ils ont mis des années pour bâtir ces choses-là. Il y avait un... Un débat très fort au début, parce que qui pouvait fournir ce type de services de développement ? Et quel langage ? Finalement, ils sont, peut-être c'est une décision que les gens n'ont pas compris très bien au début, ils sont pariés pour les open source, parce qu'ils se sont dit en fait, on ne peut pas avoir toujours des droits, de garder tous les droits d'auteur. sur la production de nos propres outils qui doivent être justement au service de tout le monde et que toutes les entreprises pourraient développer. Donc c'était en fait un grand marché. Et ils ont parié sur un type de système de gestion de contenu qui était Drupal. D'ailleurs l'FBI utilise aussi Drupal. C'est un langage qui est open source à la base, mais qui exige beaucoup de développement et qui est coûteux. Donc finalement, l'open source, on pense qu'il est libre, oui, mais il est coûteux. Et le site Europa, c'est un exemple de coûts élevés, mais qui est, de mon point de vue, très réussi. Et de plus en plus, ils doivent évoluer. Il faut... Il met en partage toutes les ressources. Imagine-toi une direction générale qui parle... Enfin, qui traite le transport. Il va te faire des cartes de l'Europe. Donc il y a un système de cartographie digitale qui est partagé par toutes les autres directions. Donc la direction de développement régionale, elle partage la même base de données. Et tout ça qui est invisible est énorme. Moi j'avais participé récemment à alimenter, à développer une partie qui était très intéressante pour les entrepreneurs, qui était sur les commerces internationaux. La Digitrade, qui est la direction générale qui fait les commerces, avait développé une plateforme. qui s'appelle Access to Markets. Et elle avait, dans les six premiers mois, 3 millions de visites. Et qu'est-ce qu'on trouve sur Access to Markets ? Eh bien, c'est toutes les règles, parce que l'Europe, c'est surtout la réglementation, la loi, les mesures. Qu'est-ce qu'un exportateur doit connaître, en termes de technique, pour pouvoir... exporter ou importer leurs produits en Europe ou depuis l'Europe. Et les conditions sont très spécifiques par produit, par catégorie. C'est un univers, c'est une énorme base de données. Et oui, là c'est du technique et ce n'est pas très appealing. Alors nous, on a développé des pages par pays. Et on a essayé de faire une vision plus proche des citoyens, de comprendre, parce que tout le monde quand il se lance à la première fois, on a tous des rêves, on est un peu tous... un peu naïf, innocent, je veux exporter à l'Amérique, je veux faire des choses un peu partout, c'est ça la vie. Et on expliquait, voilà, pour les pays de l'Amérique centrale, parce qu'on avait un projet avec l'Amérique centrale, qu'est-ce que le pays, qu'est-ce qu'il consomme, qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il produit surtout, et de quoi il a besoin. Comme ça, tu as une idée tout de suite, ces gens, écoute, ils sont très agréés à l'IT, on va exporter des choses à l'IT. Tu vois, par contre, essayer d'exporter de la banane au Costa Rica ou du café, c'est un peu bête. Parce que quand tu vois que eux, c'est les exportateurs principaux, les produits vers l'Europe, alors cette information peut paraître banale, mais quand tu vas dans les détails, oui, il y avait un Français qui a insisté, il y avait une entreprise qui nous demandait toujours, parce qu'on donnait service aussi aux entreprises, ils voulaient placer les vins français. Dans des pays comme le Chili, on disait oui, il va y avoir bien sûr une petite, petite, très petite partie du marché, parce que c'est le plus grand producteur de l'Amérique. D'ailleurs, l'Europe avait fait un accord d'association où on a inclus le vin pour le libre-échange, hors taxes justement, parce que c'est ça leur produit fini, abouti, qui pourrait avoir de la qualité et qui pourrait pénétrer le marché européen. Et tout ça, c'est fait à travers la communication. Et tout ça, quand tu penses qu'il y a des entrepreneurs qui parlent 25 langues en Europe, qui s'approchent avec des niveaux très différents. C'est ça la beauté, c'est ça qui m'attire moi, c'est le fait du challenge, de dire comment y arriver à un public de 450 millions, avec peut-être 50 millions d'entrepreneurs, 40 millions d'entrepreneurs, dans des marchés très différents, dans des pays avec des cultures très différentes, et être utile et informatif pour tous. Et ça c'est beau, ça c'est beau. C'est toujours très complexe, et il y a toujours des enjeux aussi, parce qu'il y en a aussi bien sûr. Comment y arriver ? Normalement, c'est à travers des appels d'offres publiques, c'est des concours, c'est faragueux, c'est compliqué au niveau des charges administratives.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu peux nous parler un peu de... de missions que tu as eu l'occasion de faire dans ta vie, des enjeux, la durée, comment tu as solutionné une problématique ?

  • Speaker #1

    Bon, j'aimerais avoir ce pouvoir. de dire, oui, j'arrive et j'ai apporté une vraie solution à un problème. La communication, normalement, accompagne des gens qui sont capables d'offrir des solutions. Mais parfois, elle fait aussi des solutions. La première mission que j'ai faite, c'était au Mexique. Et en fait, au nom de l'Union européenne, en tant qu'expert indépendant. Parce que l'Union européenne avait signé un accord de libre-commerce et l'Union européenne exporte, on va dire, de la démocratie un modèle de stabilité. Et en échange, elle essaie d'aider les pays à développer leurs propres administrations, leurs défaillances ou leurs inexpériences dans certains domaines. Et... Peu importe que ce soit de la recherche technologique ou administrative, c'est le fait. Ou de lancer ou développer aussi de la société civile. Mais surtout avec la pensée derrière de transporter le modèle, c'est-à-dire d'exporter le modèle.

  • Speaker #0

    Et ça y vente alors ?

  • Speaker #1

    Oui, alors normalement tu en as deux volets. Dans presque tous les accords d'association, tu en as de la standardisation, la concurrence, le produit phytosanitaire. sanitaire, enfin les plantes, l'exportation des produits agricoles, etc., parce que c'est ça le commerce avec l'Europe. C'est l'échange des produits, c'est l'échange des volets énergétiques, et c'est aussi de jouer avec la règle des concurrences comme nous on s'applique à nous. Mais à côté, t'as d'autres projets qui sont justement en échange qu'est-ce que vous voulez. Parce que, ok, on va faire un accord commercial, mais nous on vous demande de, justement, avoir un système plus représentatif, de développer la société civile, d'avoir un volet. des défenses des consommateurs, des contrôles des produits alimentaires, des choses comme ça, qui sont très intéressantes. Du point de vue contenu, c'est parfois boring, bien sûr, mais c'est très intéressant. Alors au Mexique, le problème c'était que justement les Européens étaient en concurrence avec l'Amérique. L'Amérique avait aussi un accord d'association de libre-échange. Mais eux, c'est pas qu'ils s'en foutaient, mais ils ne regardaient pas l'autre côté, le côté humain, social, démocratique, culturel. Ils voulaient juste du maïs, un échange du pétrole. ou des voitures, ou même des personnes. Il fallait faire justement un plan de communication qui essaye de mettre en valeur auprès d'un interne de l'administration, mais aussi des citoyens mexicains. Imagine-toi, même si je parle de la même langue, je n'avais jamais été au Mexique. Et pour 120 millions d'habitants à l'époque, j'ai essayé de comprendre qu'il y avait une valeur réelle du futur pour leur vie.

  • Speaker #0

    Comment tu abordes ça quand tu arrives dans une... un pays avec des enjeux, des attentes, et que tu découvres tout ça. C'est quoi le... tu vas attaquer par quoi en premier ?

  • Speaker #1

    J'attaque par des indices, des index qui existent sur le niveau, justement, et je commence par ce que je connais bien, qui est le monde de la presse, la communication. Donc, quelles sont les lois qui sont déjà mises en place pour protéger la liberté des presses, la pénétration de certains médias, quel type de cadre de communication... utilisent les gens, et la société en général, comment elle est composée, combien de médias il y en a, est-ce qu'ils sont contrôlés par l'État, ne sont pas contrôlés, et aussi après, je commence à regarder les institutions, comment elles communiquent, comment elles s'adressent, normalement c'est en bas, c'est voilà ce qui se passe, c'est nous on a décidé, c'est tout, et donc il y a toujours une étude préalable, une analyse que j'ai faite, tant aussi au niveau de la communication, qu'au niveau de la communication. de la communication institutionnelle proprement dite. Et après, il y a les moments politiques. Parce que parfois c'est délicat. Je me rappelle une mission à Tudici. Il y avait un... Voilà, on voulait... L'Union européenne était vraiment... Elle voulait défendre le droit des femmes au Maghreb, surtout après le Spring, le printemps arabe. Ils se sont dit, voilà, il y a une opportunité pour avancer dans ce chrono-là. Alors ils ont fait des programmes. où ils ont dit on va aider nos collègues tunisiens, s'ils veulent, s'ils sont preneurs, pour protéger les femmes et pour avancer légalement dans la protection de la femme. Et avec une ministre, c'était... une femme tunisienne qui a dit oui, je veux cette aide de l'Union européenne, amenez-moi des experts légaux, etc., parce que je veux lancer une loi en Tunisie pour protéger les droits de la femme, surtout pour les agressions physiques. Elle disait, il faut commencer par quelque chose, commençons par le heart. Et voilà, je me suis retrouvé, j'étais un homme. D'ailleurs, il y avait quatre autres candidats qui étaient des femmes. Et ils m'ont choisi moi. Je ne sais pas encore très bien pourquoi, mais j'étais un homme en train d'essayer d'aider un ministre en Tunisie pour faire passer une loi de protection contre la violence faite aux femmes. Et justement, l'approche était, comment on va faire ? On va faire une campagne de sensibilisation ? On aura la société à un compte. Parce que les côtés plus radicals ou, si tu veux, les côtés plus religieux n'étaient pas habitués à avoir une loi qui va au-delà de la coutume de la loi religieuse. Parce que la constitution était un peu vague par rapport... à la relation justement entre religion et droit civil. Et il s'est manifesté devant le ministère. On devait passer à travers justement une église qui était juste derrière le ministère de la Famille, en cachette, on ne pouvait pas aller en cravate, on se cachait comme si on était des locaux, pour pouvoir travailler. Alors on a fait des choses très intéressantes, parce que justement mon point de vue était que si on s'adresse qu'aux femmes, on aura perdu la bataille. Il faut s'adresser justement à celui qu'il faut convaincre. Alors quand... Au début, j'avais beaucoup de gens qui étaient contre ces principes, même au sein des ministères. Et j'ai pris d'autres expériences, des exemples internationaux, comme quoi ça pouvait marcher. Donc je me suis informé d'abord. Et j'ai vu qu'en fait, celui qui doit être conscient du mal qu'il fait, c'est aussi la personne qui exerce cette violence. Alors, comme c'est quelque chose de culturel, comme ça vient presque depuis l'enfance, on a vissé les jeunes. Mais les jeunes, mal surtout, dans la communication. Justement pour essayer qu'ils changent leur optique et qu'après ils ne font pas trop de pression pour comprendre que ça peut être du bien de protéger leur soeur, leur mère, leur tante, leur femme, leur fille. Et on a fait des choses très intéressantes.

  • Speaker #0

    Et aujourd'hui le projet il est devenu quoi ? Tu as encore un historique dessus ?

  • Speaker #1

    Oui et malheureusement pour moi les missions sont très longues. très courte, parfois c'est quatre semaines, huit semaines, la plupart du temps, et après je reviens chaque six mois ou chaque année pour voir si les indicateurs, si tout va bien, quels sont les problèmes, comment est-ce qu'on peut régler un peu la chose. Normalement, je prépare une stratégie, un plan, je propose, les parties se mettent d'accord, après ils font un budget et on lance un appel, on prépare un appel d'offres, c'est-à-dire on prépare un contrat pour qu'une boîte locale puisse faire une campagne ou accompagner le bénéficiaire. dans ces cas-ci, le ministère de la Famille, pour justement faire toutes ces actions. Mais ça a été une réussite. D'un, on a vissé sur les réseaux sociaux, parce que la presse était complètement politisée. Donc mettre d'accord, on a fait quelque chose, bien sûr, on a traité la presse, mais ce n'était pas notre objectif.

  • Speaker #0

    Parce que les gens se communiquaient entre eux. Avant de venir en Tunisie, j'ai fait justement un bilan de l'utilisation, enfin l'usage des réseaux sociaux. Il y avait plus de profils que d'habitants en Facebook. Donc il y avait 12 millions de profils et il y avait 10 millions d'habitants à l'époque. Et je me disais pourquoi ? Les gens ici en Europe me disaient mais oui, mais il y a des entreprises, des autres. J'ai dit non, non, non, attends, ce n'est pas possible. Qu'est-ce qui se passe ? En fait, il y avait beaucoup de femmes et même d'hommes qui construisaient un deuxième profil avec un autre nom qui était faux pour avoir la liberté d'expression et pour échanger. Alors en fait, il y avait un double de virtuel pour ne pas toucher la famille, pour ne pas être critiqué, pour ne pas être soumis à la pression, à la censure, etc. Alors je me suis dit, les gens sont désespérés pour pouvoir communiquer et c'est là que ça se passe. Alors on a fait toute une campagne. Mais après on s'est dit, bien sûr, il faudra aussi faciliter le contact avec les victimes. Alors pour les victimes, on a fait une application qui était des recettes, pour qu'elles ne soient pas soupçonnées, parce que la plupart d'entre elles, leur téléphone était contrôlé par le mari. Alors on a fait une application qui était cuisine. Enfin, des préparations d'apprentissage de cuisine, plat typique, traditionnel, etc. Avec une combinaison de menus, il y avait un message qui arrivait dans une cellule de suivi dans le ministère et qui disait, voilà, là, il se passe quelque chose de grave.

  • Speaker #1

    C'est génial, ça. C'est un peu comme... Ce qu'on voit dans certaines expériences sociales, sur les réseaux sociaux, avec certains... Il y avait ça pendant le Covid à la pharmacie. Les femmes pouvaient demander un type de masque ou de médicament, je ne sais plus. Et du coup, le pharmacien... regardant, pouvait voir que c'était un appel à l'aide, en fait, etc.

  • Speaker #0

    Voilà, et en fait, justement, en fait, cette idée a été copiée dans d'autres scénarios, parce que les experts en partagent, moi, je n'ai aucun problème, ce n'est pas une idée. et superbe qui est venu de moi c'est que bon c'était toute une équipe voilà tu travailles ça on pose des idées et finalement ça a cristallisé dans pour les cas tunisiens c'était clair que la cuisine était relié au monde de la femme parce qu'il ya d'autres sociétés c'est pas les cas c'est les hommes qui cuisinent même si c'est machiste ça arrive au mexique on pourrait n'aurait pu pas faire pareil tu vois donc c'était très spécifique On a analysé vraiment les types de créneaux, on avait donné approximative, on a travaillé avec l'association de protection des femmes, les agents locaux, les gens qui connaissaient bien le terrain. On avait donné, mais surtout on avait des aperçus là où il faut rentrer pour communiquer. Et tu vois que c'est la communication institutionnelle, c'est le ministère qui est lié à un ministre, qui veut passer une loi, qui s'approche du citoyen de la meilleure manière. manière possible pour dire attention, on vous protège, mais en même temps on recueille toutes ces données et on compile et avec ça, on peut construire, on peut bâtir le futur. L'un des problèmes aussi de la communication institutionnelle et peu importe que l'idée soit bonne ou pas, c'est qu'en fait on perd les cumulés. Maintenant, aujourd'hui, il y a Big Data et tout ça. Sans Data, il n'y a pas Big Data. Il n'y a pas d'analyse. Alors, il faut d'abord structurer les données et pouvoir les recueillir et avoir tous ces profils. Bien sûr, on... Tu vas me dire, à travers les réseaux sociaux, on a cet avantage, ou à travers l'Internet. Mais il y a d'autres endroits où on n'a pas ça. Et c'est là que ça se passe. Alors, j'ai vu qu'il y a des expériences pareilles, tu me l'as dit, en pharmacie, mais aussi dans d'autres, par exemple, par la drogue, le problème de l'alcoolisme, tout ça. Il y a aussi des petites applications qu'on a. fait pour demander de l'aide tout en gardant l'allure que rien ne se passe.

  • Speaker #1

    Des produits comme ça, comme les applications, est-ce qu'elles sont mises en commun pour d'autres pays européens ou d'autres pays tout court ? Est-ce qu'il y a une marketplace avec toutes les petites applications qui ont été développées pour des problématiques spécifiques qui sont mises à disposition ? Ou est-ce que c'est, encore une fois, chacun de son côté ?

  • Speaker #0

    Hélas, c'est chacun de son côté parce qu'en fait, l'Union européenne est le plus grand acteur de la coopération internationale. Alors, elle a déjà des problèmes pour... Faire une communication ne fût-ce que des bases sur sa propre image, ça reste que l'emblème et trois messages génériques. Il y en a peut-être 2,5 milliards qui ont été investis l'année passée en coopération internationale. Et peut-être 1,8 milliard, c'était l'Union Européenne, mais tu peux compter le nombre de projets dans les centaines de milliers. Alors, l'échange d'expérience. parfois, ça c'est pas seulement justement à travers les experts ou les gens qui se connaissent, mais c'est vraiment compliqué. Et on a essayé par exemple de mettre de plus en plus, enfin de faire, de mettre de plus en plus de pays pour que justement il y en a cet échange. J'ai travaillé dans beaucoup de projets qui étaient en fait des instruments qui étaient les mêmes. Donc on a commencé à l'envers, à la place d'attendre qu'il y ait des idées et les collecter, on va mettre tous les pays d'abord, tous, dans une même enveloppe. Pour travailler ensemble, comme ça il y a un échange direct. C'était un raccourci. Mais parfois des expériences sont... Et même dans le même pays et avec le même ministère, j'ai vu des répétitions. Je me suis dit, comment est-ce possible ? Ça fait 5 ans, 10 ans seulement. Et ça c'est un gros problème. Ils font des efforts. au niveau de l'Union Européenne pour y arriver. Ça serait une bonne idée d'avoir un marketplace public où on peut... Il y en a des bases de données pour recherche, c'est sûr, pour des projets, Cordis et les ressources research, ça marche très très bien. Même le European Innovation Council, il a mis un système où on peut aller voir ce que les autres startups ont fait. On a la fiche projet claire avec les parties prenantes, quel était l'objectif, les résultats. Donc il y a des énormes bases données sur ça, qui sont très statiques. Mais c'est par rapport à l'information et pas par rapport à l'application, aux choses qu'on a fait. Donc il faut lire, il faut chercher, il faut les idées. Et parfois, on ne sait même pas où chercher. Oui, il y a ce partage des connaissances, mais il est très passif. Et effectivement, il cherche à avoir un peu plus de... Il y a des projets maintenant qui sont par exemple le Business Gateway, qui est à la mode. qui en fait c'est la trade diplomacy, on y va à l'extérieur, on va faire des avenues d'échange, où il y a des foires, les gens échangent, et là c'est beaucoup plus proche de l'entrepreneuriat. Ça fait des foires, mais effectivement il n'y a pas une capitalisation réelle sur certains instruments. Et d'ailleurs, une des problématiques c'était qu'à chaque fois il fallait créer un logo de chaque projet. Et moi je disais, avec le nom du projet, et le nom du projet était un nom administratif. Parfois, ils prenaient trois ou quatre lignes. Alors, c'était l'acronyme. Tu vois, moi, je fais le P3A Algérie. C'était quoi le P3A ? C'était le programme d'appui à la mise en œuvre de l'accord d'association. Alors, pourquoi P3A ? Parce qu'il y avait trois A. Appui, accord et association. Alors, comment tu veux que ça parle aux gens ? Oui, tu travailles à quoi ? P3A, c'est quoi ça ? C'est une marque d'école ? Oui, on travaille pour la mise en œuvre d'accords d'association. Et d'ailleurs, ils te disent, c'est quoi un accord d'association ? Alors, il y a tellement de lacunes au niveau de la communication institutionnelle que c'est très difficile. Et en plus, ils font un logo.

  • Speaker #1

    J'ai une question par rapport à ce que tu as évoqué tout à l'heure quand tu es arrivé dans le pays. Je te demandais ce que tu analysais en premier. Tu m'as dit qu'il y avait des indicateurs. Est-ce que tu as aussi une partie où tu vas questionner directement une population locale, où tu vas chez le particulier voir comment s'adresse la problématique pour lui, ou bien est-ce qu'on ne va pas si loin dans la recherche ?

  • Speaker #0

    Dans la plupart des cas, ce n'est pas si général que ça. Ils connaissent un problème spécifique, les termes de référence, c'est-à-dire le texte qui va créer le projet. Ils visent spécifiquement déjà des choses et il y a beaucoup de données. Alors selon ces rapports d'analyse avec les PME, on sait qu'ils ont des difficultés d'accès au crédit. Donc on va promouvoir le micro-credit et ils te font déjà un bilan de la loi. Donc tout ce qui est interne, ça en général on connaît bien. Mais parfois c'est vrai que j'ai demandé de dire voilà, pour y voir plus clair, il faudrait questionner ou poser des questions à la population. lancer un survey, faire des focus groups, parce qu'il faut comprendre, parfois on ne sait pas, on est dans le vide. Et là, ça devient très intéressant. Et ça peut être sur des choses très bêtes. A l'époque, j'avais fait un pour Honduras, c'était sur la qualité, mais l'infrastructure qualité. que personne ne connaît. En fait, c'est les normes. C'est la standardisation, c'est ce qu'on appelle normalisation en français. Et après, il y en a aussi l'accréditation. L'accréditation des labos qui font des tests, qui vérifient par rapport aux certifications. Mais tout ça, c'est des processus qui donnent la certitude d'un produit, et ce qu'il est, avec les qualités qu'il dit, et qu'on ne trompe pas justement le consommateur. Et après, il y avait la métrologie. Et voilà. Les gens me disent, c'est quoi la métrologie ? Tu te trompes, c'est météorologie. Je dis non, non, c'est la métrologie, cher ami. Alors, c'est les instruments de mesure. Alors, si les instruments de mesure ne sont pas bien et qu'ils ne sont pas au standard international, et là, il peut y avoir beaucoup de problèmes. Est-ce qu'un kilo est vraiment un kilo ? Quand il fait de l'importation de 10 000 tonnes... S'il y a un gramme de différence, ouf ! Les coûts pour la balance du pays, si on parle de 15 000 tonnes de pétrole, ou de 15 milliards de tonnes, ouf ! Et après, la correspondance de mesures, qui n'est pas au décimal près, qui est au millième, qu'est-ce qui est mis, enfin, un mile, un pound, la correspondance avec le système... Maintenant, international, les mesures, qui est vraiment, voilà, kilogramme, mètre, kilomètre, tout ça, aussi litres, en Amérique, tu y passes là-bas, c'est des gallons, c'est des... Alors, la correspondance pour l'échange commercial entre régions, ça devient un truc de, justement, avoir aussi des standards dans les... aussi bien dans les processus. des messieurs, c'est pas la même chose au vide, avec l'humidité, c'est incroyable, c'est un monde, moi j'ai découvert un monde, c'était fascinant. Alors, oui, c'était fascinant, parce qu'en plus c'est le vrai langage du commerce.

  • Speaker #1

    Oui, ça doit être intéressant.

  • Speaker #0

    Aussi, imagine-toi, pour le vin, une bouteille de vin là-bas, c'était d'autres... Si tu parles en litre, ce n'est pas parlant pour les gens. Alors, toutes sortes de petits trucs, c'était incroyable. Même pour l'IT, le truc des mémoires, c'était fascinant. Alors, il y en a à l'Institut de métrologie dans tous les pays du monde.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on va faire un petit exercice. On aimerait te demander qu'est-ce qu'il faudrait faire, par exemple ici à Luxembourg, pour améliorer la communication sur tout ce qui est aspect digital. Tu as feuille blanche, tu peux mettre en place tout ce que tu veux, par quoi tu commences.

  • Speaker #0

    Bon. Comme d'habitude, je commence par analyser l'existant. Je sais que Luxembourg a fait beaucoup d'efforts, qui est devenu apparemment très digital, mais qui a beaucoup de lacunes. Il y a des choses qui sont très très très très très très très bien. Par exemple, il y en a un standard qui s'appelle Renov, Renov, Renov, qui essaie de simplifier justement le langage pour que les gens puissent comprendre de quoi s'agit-il. à tous les niveaux. Ils ont mis ça aussi, ils l'ont impliqué très sérieusement sur la plateforme Magichet, tout ça. Mais en fait, ça c'est pour la partie e-administration qui sont très forts. Mais pour la partie communication digitale envers les gens, il y en a un peu trop de top-down, c'est-à-dire en bas. Il y a peu d'échanges, il y a peu de canons ou d'opportunités où on met un contact vraiment. pour savoir ce que les gens pensent et souhaitent. C'est un petit pays, alors la politique se mêle trop avec, enfin la ligne de la communication politique et communication institutionnelle frise beaucoup. Mais je pense que sur le digital, il faut un... Sûrement, c'est rattrapé au niveau des connaissances technologiques pour l'utilisation des gens. Aussi pour la décentralisation, parce que même si c'est petit, c'est pratique, parfois on a le sentiment que tout repose sur la CTIE ou sur des organismes qui sont trop transversaux, qui n'ont pas trop d'interaction avec les citoyens. Alors pour les services en tant qu'administration, c'est très bien développé. Et pour le CIEM ? pour la communication digitale, elles passent moins bien. Et pourquoi elles passent moins bien ? Eh bien, des uns, oui, on parle toujours, ah, c'est multiculturel. Non, la politique, elle est très versée sur la défense des directions bourgeois. Et parfois, c'est difficile à trouver exactement le même niveau de contenu dans une langue que dans une autre. Et je ne parle pas seulement du français, je ne suis pas francophone. Je parle français, mais je ne suis pas francophone. Donc je peux être un juge impartiel, parce qu'on le voit au niveau de l'allemand, de l'anglais, du français et du luxembourgeois, on voit des asymétries. Et ça, c'est le même problème que l'Europe, je le connais bien. C'est impossible d'avoir l'asymétrie possible, 100%. Mais on voit quand même qu'il y a des créneaux où ça se développe plus que d'autres. Donc d'essayer de ne pas... de tomber dans les pièces de l'inertie du passé, mais de vraiment faire table rase et de progresser. De deux, je pense qu'au niveau moyen, il y a des moyens, mais que justement au niveau participatif, il y a peu de moyens. Moi, j'ai fait des recours pour... enfin, j'ai essayé de faire... J'avais un projet... J'ai participé dans le projet justement de rénovation du site web. Enfin, j'étais dans l'équipe proposition, ils ont retenu notre proposition, du portail de la Chambre des députés. Et il y avait surtout, et c'était le quid de la question, c'était les pétitions. Et alors là, il y a une petite sorte d'application où tu peux collecter, signer et dire je suis pour cette pétition au Parlement. Au nombre tel de, je ne sais plus, c'était 5 000, 2 500, etc. Et le Parlement devait avoir la... La pétition était au droit d'être considérée. Parce qu'il y a un volume, suffisamment de voix de citoyens qui disent... Mais il y avait tout ce qui était autour aussi, qui n'était pas trop bien expliqué, qui était un peu... Bien sûr, le Parlement, c'est un organe... politique, mais qui était compliquée. L'intégration, justement, de tous les réseaux sociaux, de tous les parlementaires ou des groupes, dans la correcte proportion, que tout le monde ait les mêmes moyens pour y arriver, mais aussi de canaliser, comment canaliser la demande des citoyens. Et là, je pense que là, il y a du travail à faire. Du travail à faire. Beaucoup. Beaucoup. Et là, on peut développer aussi vers l'écran des entreprises. Quels sont les moyens de contact, de communication de l'administration, mais des autres institutions avec les entreprises ?

  • Speaker #1

    Peut-être qu'ils sont du retard aussi parce qu'ils parlent du principe que Luxembourg, après journée, il y a beaucoup de gens qui quittent le pays. Donc l'énergie n'est pas mise justement là-dessus parce que...

  • Speaker #0

    Mais encore une fois, les institutions travaillent sur le mandat. Et quand on voit la façon dont les gens de la TVA communiquent déjà avec les entrepreneurs et même avec les individus, parce que la TVA concerne tout le monde, on peut penser qu'il y a beaucoup de bon travail à faire. Au niveau, il ne fût-ce que des échanges et des transparences, etc. Moi, j'étais en contact parce que j'étais indépendant. Ils m'ont très bien traité. Mais c'était toujours difficile de savoir quel était le bon canal à utiliser. Est-ce que... les mails, le téléphone, la disposition, la rencontre, comment ça marche ? Ce n'est pas trop clair. Et ce n'est pas trop clair pour les deux parties. Parce qu'il y a des uns qui préfèrent envoyer un mail, je suis très digital. Les autres disent non, je préfère que vous m'envoyez tout en papier parce que finalement, l'autre jour, j'étais avec quelqu'un des taxes et il m'a expliqué, je dis voilà, vous avez progressé parce que cette année, on peut faire la déclaration en ligne. Et il m'a dit oui, mais on ne peut pas la corriger. Je dis comment ? Il me dit oui, en fait, ils ont fait ça pour nous, les fonctionnaires, pour pouvoir intégrer aussi. Mais finalement, comme digitalement, les citoyens n'ont pas encore le droit d'introduire exactement une correction après déposition, ils doivent nous l'envoyer et finalement, nous, pour la mettre dans le système, même s'ils peuvent le faire, c'est du fictice. C'est-à-dire qu'ils peuvent le faire, mais en fait, ça tombe chez un fonctionnaire qui doit imprimer sur le modèle ancien. réécrire la donnée, ressaisir la chose, et la mettre dans le système. Alors, la perception des citoyens, c'est que l'État a fait un gros effort pour mettre justement, faciliter, mais est-ce qu'au niveau administratif, à l'interne, institutionnel, est-ce que ça marche ? Tu vois, c'est un clair exemple comme quoi il y a un corps du travail à faire, c'est par rapport à d'autres pays, et bien sûr, on ne parle pas... en dehors d'Europe, c'est très développé. Mais quand tu vois d'autres pays qui ont eu l'avantage de ne pas avoir tellement d'administration au début et qui font le saut du gap technologique ou administratif beaucoup plus rapidement. C'est la même chose que les téléphones, les smartphones en Afrique. On a arrêté de développer des lignes de téléphone classiques. Parce qu'on disait, il n'y a pas de ligne téléphonique, etc. Non, maintenant on a satellite, on n'a plus ça. Donc en fait... Il ne se pose pas la question comme nous en Europe en disant qu'est-ce qu'on fait avec tous ces câblages. Tu vois comment on réutilise les réseaux. Alors avec l'administration, ici, les institutions, parce que ça couvre un grand débat, c'est-à-dire c'est un univers assez grand, et il manque un peu justement cette cohésion, cette cohérence, mais aussi la façon dont elle échange et d'apprendre à communiquer plus clairement avec les citoyens. Je pense qu'il y a beaucoup aussi. ne fût-ce que la formation. Et j'ai travaillé avec un partenaire de chez Price, Laurent Probst, qui, lui, depuis des années, il voit très clairement qu'il faut le upskilling, et qu'il faut travailler, et que c'est dans beaucoup de dimensions, sur la capacité, sur le... et les compétences, mais la partie digitale, bien sûr, a un rôle important.

  • Speaker #1

    Ok. Bon, alors, Ravier, je te propose un petit exercice ici. On a capturé un serpent, on a extrait son venin, c'est un venin de vérité. Je vais te proposer un petit shot de venin, et puis l'idée, c'est que tu nous racontes une anecdote qui t'est arrivée, sa résolution, sans langue de bois, donc... Alors,

  • Speaker #0

    mais c'est les mêmes ! Oh là là ! Attends, Oui, mais attends, alors qu'est-ce qu'on va faire ? Là, la technique du boisson. Voilà, au cas où. Ça, c'est l'expérience. Bon, on risque. Il n'y a pas de véné... Il n'y a pas... C'est pas... Non, c'est véné, non. C'est pas mauvais, merci. Alors là, je vais tout raconter. Je vais tout dire. C'était triste. Des anecdotes ? Presque chaque projet a des anecdotes qui pourraient faire rire, mais il y a quand même des choses confidentielles. Mais une récente qui m'est arrivée vraiment, c'était plus cher dans la même semaine. On a engagé un développeur, un graphiste. Il devait faire, c'était pour le projet d'assainissement. Révision du système d'assainissement d'eau potable pour le faire efficient au Costa Rica. C'est un énorme problème, ça concerne toute la population, c'est un pays qui reçoit la pluie, mais en fait les tuyaux, tout ça, ça a des 70 ans, les réseaux sont complètement pourris, il faut revoir, mais aussi de trouver un système qui soit équilibré, parce que là c'est presque des réseaux naturels. Alors on a fait, parce que j'aime bien toujours essayer de promouvoir... d'aider l'entrepreneuriat local mais on a dit on a senti appel d'offres enfin un concours pour que quelqu'un puisse faire les logos du projet est un peu la ligne graphique alors on me propose quelqu'un qui réfléchit des logos propose beaucoup et ça nous a plu très sympa d'ailleurs je garde toujours contact avec cesa alors il commence à envoyer des trucs et il y avait aussi le fait qu'il fallait montrer un peu le soutien de l'Union Européenne. Alors normalement, voilà, il y a l'emblème. Et je lui envoie l'emblème, je lui envoie tout ce qui est chars graphiques, des choses, et un jour je suis en train de regarder, je dis, ces drapeaux, il y a un problème ici. Alors je commence à compter, il y avait 11 étoiles et pas 12. Je me suis dit, mais c'est pas possible. Alors, le type, il avait travaillé comme un fou pour garder l'équilibre des 11. Il a dit, c'est 12, c'est parfait, mais 11. Et à première vue, c'était justement parce que celle qui était en tête avait gardé encore le... Je me suis dit, mais comment c'est possible ? Qu'est-ce qui se passe ici ? Il a perdu le fichier, etc. Et en fait, j'appelle le type, il me dit, non, non, parce que je me suis informé, Fabien. Et en fait, j'ai vu que maintenant le Brexit s'est fait, donc j'ai enlevé un pays. Alors je lui ai dit, c'est très bien ta part, mais des un, les étoiles ne représentent pas le pays, le nombre de pays. Mais des deux, c'est quoi cette liberté de prendre, tu vois ? C'est qu'aux États-Unis, oui, les étoiles, ça représente un pays, etc. Mais tu sais que, alors j'ai commencé, j'ai dit, mais tu as fait ça depuis combien de temps ? Il m'a dit, ça fait deux mois. Moi, je n'étais pas là, j'arrive et je vois toute la communication des... tous les trucs avec un drapeau, un emblème à 11 étoiles. Et personne n'avait relevé ? Personne n'avait relevé. Tu sais combien de gens avaient regardé le truc ? Déjà, dans le projet et tout ça, une cinquantaine de personnes. Mais après, c'est parti. Dans la télé, une conférence internationale, boum, le drapeau au milieu. Donc, c'était... et personne n'avait remarqué. Et là, c'était marrant parce qu'en fait, pour défaire, il fallait un budget. Alors on n'avait pas les budgets pour les refaire. Tu as quand même soumis le problème, tu ne peux pas garder ça. Oui, effectivement. Alors bon, on a fait, on a coupé, on a fait tout ce qu'on a pu avec des autres. Mais tu ne peux pas imaginer. Le projet existe toujours ? Le projet existe toujours parce que c'était 150... En fait, il n'y avait pas l'Union européenne au début, c'était là. C'est la Banque interaméricaine de développement et la KfW, qui est une banque de coopération internationale allemande. Mais il y avait une partie du projet qui allait se faire avec l'Union européenne, et qui va faire la promotion parce qu'il y avait la conférence internationale. C'était tout. C'était un moment. Et j'étais l'expert pour les Costa-Africains, pour le gouvernement. C'est un projet qui existe parce que c'est un projet qui est... essaye de refaire un modèle complètement entier, c'était 158 millions d'euros. Oui. Il fallait refaire toute la tuyauterie ? Non, ça aurait été beaucoup plus cher. Il n'y avait que 13 kilomètres de tuyauterie sur 9000 kilomètres de tuyauterie qu'on allait changer. Surtout par rapport au système hydraulique d'équilibrage entre les aqueductes. C'est des choses très techniques. Mais il y avait une autre partie, c'est aussi la modernisation. de du système d'inquiétude on changeait le parc de de d'appareils, donc de compteurs. Voilà la métrologie qui est... La connaissance de métrologie qui dit, voilà, ça c'est le bon appareil qui mesure au centimètre, mais aussi tout un nouveau système de facturation. Parce que ce qu'on voyait, c'est qu'il y avait des gens qui dépensaient des lots énormément et qui payaient exactement le même canon que d'autres. Donc en fait, et qu'il y avait beaucoup de problèmes de retour, des adresses qui n'existaient pas. Alors, c'était... Il faut tenir compte que c'était le seul pays de l'Amérique centrale et de l'Amérique latine en général, sauf les États-Unis et le Mexique, où l'eau du robinet est potable. Donc ils font des efforts. Et pour que tu vois la différence, on parle parfois de l'Amérique, etc. Tout un continent, il ne peut pas ouvrir le robinet et dire « je vais boire tranquillement » . Et ça en Europe, on peut dire « oui, il y a des excès de chlore, des trucs, etc. » Et oui, on se paye des bouteilles d'aérosport quand on a un produit de luxe à la maison. Et ça, c'était une anecdote. Des choses comme ça sont arrivées dans beaucoup de projets, mais celle-ci, je me rappelle, il y avait une autre quand on a fait la campagne de prévention du tabagisme pour les jeunes. Ils sont insistés, insistés tous, tous les experts toxicologues, n'utilisez pas l'humeur, etc. Finalement, ils sont insistés pour faire pour les jeunes quelque chose qui était marrant. Et ils ont fait comme quoi, à la place d'une cigarette, c'était un poireau. Alors, j'ai vu ça et j'ai dit, ok, d'accord, si vous voulez aller avec ça chez le commissaire, peut-être que vous allez avoir un oui, c'est super, etc. parce que les chimpiotres, mais... on va voir qu'est-ce que les autres disent et il me dit quels autres ? les autres commissaires par exemple effectivement 10 minutes après je fuis les annonces ça fait 30 ans qu'on fait la promotion des végétaux et maintenant vous les comparez avec la cigarette les gens vont se brancher encore une fois sur l'hamburger mais est-ce que vous êtes des cons ? il gueulait comme un malade comme un malade et là c'était oui oui tout le monde parle l'anecdote est Parce que tous les processus étaient faits contre la raison. Et que finalement, il y a le commissaire qui appelle. Et quand même, on l'a expliqué, il a dit comment. ok parce que c'était fait 72 millions d'euros de campagne 20 langues 25 pays et tu voyais des jeunes nous de la vente des distributeurs et ils appuyent et il y avait un poireau qui sortait alors il fut mais le pauvre enfin il mettait les poireaux et des 1 oui c'est comment passer bête le message était ça c'est bête parce qu'un message qui peut caler dans tous les jeunes à tous les coûteurs un truc ils sont choisis un végétal pas Un légume, tu vois, enfin un poiron. C'était sympa à voir, mais c'était pas... Tu vois, l'équilibre, encore une fois, c'est compliqué. Mais bon.

Description

🌍 Pour ce quatrième épisode, je vous invite à embarquer dans un voyage fascinant en compagnie de Javier Fabregas, véritable éclaireur dans le monde complexe de la communication institutionnelle européenne. Expert reconnu et fin stratège, Javier a exploré les coulisses des projets européens. Au fil de cet épisode, nous retracerons son parcours captivant, entre défis, découvertes et grandes réussites, pour mieux comprendre ce labyrinthe institutionnel. Aujourd’hui, Javier a rejoint les rangs de Deuux, la société initiatrice de ce podcast, en tant que Directeur Strategy EU.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans IndaJangle, le média où on explore l'entrepreneuriat autrement, dans un décor pas piqué des hannetons. Aujourd'hui, nous recevons Ravier Fabregas pour un épisode sur les institutions européennes. Bon ben Ravier, bienvenue dans IndaJangle.

  • Speaker #1

    Bonjour, merci. On est content de t'avoir. Moi aussi je suis content d'être ici.

  • Speaker #0

    Ravier, toi tu es un expert en communication institutionnelle. Aujourd'hui tu vas un peu nous raconter... ce que ça veut dire la communication institutionnelle. Avant toute chose, est-ce que tu peux un peu te présenter, nous dire ton parcours, tes études ?

  • Speaker #1

    Voilà. Bon, je m'appelle Javier Fabregas, donc avec ce nom on peut s'imaginer que... j'ai des origines espagnoles et j'ai fait des études en journalisme, après en communication, après j'ai fait un master en communication institutionnelle et pour me mettre à jour un deuxième master en communication institutionnelle en ligne. parce que je suis quand même un peu âgé et que la chose est devenue un peu plus digitale avec le temps. Et j'ai commencé à travailler en tant que journaliste à la radio, à la télé, et après justement en lançant le premier portail d'information en ligne. Et après je suis passé à la communication institutionnelle, c'est-à-dire je suis passé de l'autre côté. Je suis passé là où les fournisseurs d'informations travaillent. Donc j'ai commencé avec les comités économiques et sociaux européens. Et après, j'ai fait quelques réseaux européens. financé par la commission européenne et après j'ai commencé à travailler en tant qu'expert indépendant pour la commission surtout à l'étranger en coopération institutionnelle et coopération internationale et finalement je suis venu au luxembourg parce que justement j'avais envie de retourner un peu vers mes sources, revenir en Europe parce que je voyageais beaucoup. Et je suis venu parce que j'ai commencé à travailler pour un projet de la BEI qui était pour la promotion des services financiers, enfin des instruments financiers auprès des autorités de gestion européenne. Voilà.

  • Speaker #0

    Ok, intéressant. Je retiens que tu as été aussi en partie indépendant. Qu'est-ce que ça représente ? Qu'est-ce que représente l'indépendance et l'entrepreneuriat pour toi en quelques mots ?

  • Speaker #1

    Pour moi, c'est le courage d'abord et c'est vouloir faire des choses parce que tu essaies de lutter pour offrir un service, pour sortir un produit, pour développer une idée. Et je pense que c'est la partie active de la société en termes de vouloir faire, d'entreprendre. Et j'ai... des bons et des mauvais souvenirs en tant qu'entrepreneur parce que ce n'est pas toujours évident, ce n'est pas facile. Mais ça te donne toujours l'envie de créer, de lancer des choses et d'avancer. Alors je pense que les entrepreneurs en général, ils ont le courage de faire face peut-être avec peu de moyens ou de prendre beaucoup plus de risques aussi de leur temps. Il ne faut pas oublier que les montres négocient. ça veut dire négation du temps libre et qu'en fait ils mettent tout pour que voilà tous les autres profitent ou d'un service ou d'un produit et c'est fantastique c'est merveilleux mais c'est très puissant et

  • Speaker #0

    c'est quand même très compétitif ok merci tout à l'heure tu disais que tu avais commencé par un master en communication institutionnelle qu'est ce que qu'est ce que c'est la communication institutionnelle comme Comment c'était à l'époque et comment ça évolue aujourd'hui ?

  • Speaker #1

    Bon, j'ai commencé à faire ces études qui, à l'époque, n'étaient même pas master, étaient une spécialisation parce que c'était vraiment du nouveau. En fait, il y avait les deux communications. Il y avait la communication politique et institutionnelle. Et moi, j'étais attiré par le fait que, voilà, que les représentants démocratiques, les gens qui étaient aux institutions, faisaient des discours, parlaient aux gens. Je me suis dit comment ça s'organise, comment ils s'organisent envers... Et à l'époque, il y avait beaucoup aussi de nouvelles techniques de marketing politique. La ligne était très faible entre ce qu'est l'institution et ce qu'est la politique parce que normalement, justement, les politiciens sont à la tête. d'une institution. Par exemple, un ministre, il fait surtout de la communication politique, mais il est à la tête d'une institution, le ministère de la Mine, par exemple. Alors, j'ai fait ces cours qui étaient à l'époque une spécialisation, un spécialiste expert universitaire, et j'ai découvert tout un monde. En fait, les enjeux de la communication institutionnelle, ils sont très particuliers et très spécifiques. D'un, les institutions sont toujours là. Ce ne sont pas des personnes, ce sont des services qui sont en permanence, qui évoluent, mais qui devraient être au service des citoyens, et qui vont mettre en pratique tout ce qui est décidé au niveau politique. Et en fait, ils font valoir les principes des lois, mais ils les mettent en exécution. Alors tout ça comporte des enjeux très très très complexes par rapport à la communication envers le public. Parce que là... Tous les citoyens ont droit à recevoir de l'information, qu'elle soit claire pour tous les niveaux de compréhension, qu'elle soit aussi exécutable dans la partie parce qu'après ça, il y aura une action. Par exemple, si on va introduire un nouveau impôt, je n'espère pas d'ici bientôt, mais aux indépendants, par exemple, alors il faudra expliquer très clairement aux indépendants en quoi ça consiste et quelles sont pas seulement les obligations, mais aussi... les avantages et pourquoi on fait les choses. Alors il y a toujours cette question du pourquoi, qui est très liée au journalisme, pourquoi on fait les choses, comment elle devrait être, donc elle doit répondre aussi aux principes de transparence, aux principes d'être fidèle à la loi, à ce qui est le mandat. Alors la façon dont les institutions, qui sont très différentes, il y a des institutions très grandes, très petite, avec des moyens très différents, mais avec des compétences très clairement indiquées dans la loi, et qu'on porte, voilà, une vision qu'on développe sur un point de vue stratégique. Pourquoi ? Parce que c'est du vrai long terme, c'est un marathon. Alors on va installer, d'abord on va définir comment on veut s'adresser aux gens, et après on va dire quels sont nos moyens pour faire, voilà, est-ce qu'on va faire un portail, est-ce qu'on doit faire... ... des autres canaux qui s'adressent directement à des publics très spécifiques, comment les faire ? Et je pense que, voilà, ce que j'ai appris, c'est qu'il faut toujours donner un pas en arrière, regarder bien ce qu'est le mandat, essayer de se mettre à la place des citoyens et dire comment je voudrais, moi, en tant que citoyen, que les institutions s'adressent à moi. Parce que finalement, on les paye. Donc pour moi, c'est les clients. C'est ça. Et ça, c'est très différent. de la communication, on va dire, qui est liée au monde du marketing, et même la communication politique, qui a un but, c'est de gagner les élections, de rester au pouvoir, ou de vendre un produit, de convaincre qu'il est mieux que l'autre. Et il ne faut pas convaincre que le ministère est mieux qu'un autre, mais il faut justement rendre service. Et ça, j'étais toujours quelqu'un qui essayait de rendre service aux autres, déjà à la radio, quand j'étais à la radio nationale. J'adorais ça, le fait que c'est une radio publique, qu'on essaie de s'adresser à tout le monde, avec aussi beaucoup de responsabilités. Et j'étais attrapé, j'étais capté. Et à partir de là, effectivement, j'ai presque développé toute ma carrière autour de la communication institutionnelle, mais aussi européenne.

  • Speaker #0

    Ok. Et tu parlais des moyens, donc de mettre en place une... Un portail, de développer un média, c'était quoi en fait les outils qu'on avait en général à l'époque ? Et comment est-ce qu'aujourd'hui ils ont évolué ces outils-là ? Est-ce qu'ils sont toujours présents ou est-ce qu'ils ont disparu ?

  • Speaker #1

    C'est une bonne question parce qu'en fait les choses vont très vite et les institutions malheureusement n'ont pas parfois la capacité de réaction qu'il peut avoir par exemple un entrepreneur avec une nouvelle technologie. Tout au début, la communication était surtout focalisée à travers les médias. D'ailleurs, à l'époque de mes études, on les appelait « mass media » . Pourquoi ? Parce que justement, tu peux toucher des publics massivement.

  • Speaker #0

    Et c'était quoi comme média ?

  • Speaker #1

    À l'époque, il y avait surtout la télé, la radio, la presse. Et parfois, quand il y avait des niches, il y avait des revues spécialisées qui étaient financées ou cofinancées par le ministère ou l'institution elle-même. Et après... Le digital est venu surtout s'installer pour l'information. En fait, tous les sites web étaient surtout des sites d'information. Bien sûr, il y avait les sites d'e-commerce et d'essayer de vendre, mais c'était déjà, même le paiement électronique, c'était un rêve. Donc en fait, l'information s'est développée très vite. Mais on voyait, c'était une réplique de ce qui existait. Tu voyais presque la même structure qu'un journal. Alors la mentalité presse était très installée. Comment s'adresser aux gens, c'était comme si on était presque obligé de transformer cette communication dans un communiqué de presse, qui va se transformer ou traduire en article. Alors, oui. La télévision, la radio et la presse étaient les formats. Après, quand l'internet est venu, il y a beaucoup d'autres médias qui se sont installés, beaucoup d'autres voix, il y avait beaucoup plus de liberté pour dire des choses, moins de contrôle parce que c'était des médias qui étaient moins chers à lancer, mais aussi capables d'y arriver tout de suite à toutes sortes de personnes. Alors évidemment, ça a l'air... interter les institutions tout de suite en disant attention, là on a un canal qu'on devrait utiliser majoritairement pour contacter les gens. Mais pour faire ça, il fallait être au niveau technologique. Il y avait beaucoup d'institutions, je me rappelle quand j'ai commencé au comité économique et social européen, c'était 2002, il y avait quatre directions au sein du comité qui n'avaient même pas d'ordinateur. Alors, tu vois, déjà il faut d'abord s'informatiser pour comprendre que tout ce volume d'informations peut après se traduire ou peut se convertir dans des informations qui soient digérables par le public. Alors, et chacun avec ses moyens s'est lancé un peu innocemment, surtout au niveau des institutions européennes, de leur côté. Ils ne se sont pas réfléchis à avoir un... un univers contrôlé ou, si tu veux, préformaté, unique, sous une marque, une identité claire. Au début, ils ont dit, on a besoin de faire ça. Chacun avec ses publics et ils ont développé des sites web.

  • Speaker #0

    C'était un peu, qui était le premier à mettre en place alors son portail ?

  • Speaker #1

    Effectivement, mais aussi parce qu'ils s'étaient poussés pour le faire. C'est-à-dire, les citoyens les demandaient, mais la situation devenait critique parce qu'on voyait que... que la demande était là et que d'autres, même les entreprises, prenaient l'avantage. Alors finalement, comme j'avais dit, c'est les clients, les citoyens et les clients. Alors je me rappelle par exemple, il y avait un site d'information en ligne tout au début pour la DigiBusiness Search qui était Cordis, qui fonctionnait en tant que relais pour la promotion des projets scientifiques, qui est devenu très gros. Et c'était l'un des premiers. Mais tu vois déjà dans les choix de technologie. Quel type de technologie tu vas choisir ? Quel type de support ? Quel format ? Alors chaque direction avait le sien et d'ailleurs c'est que dans les années 2010 que le site Europa en tant que tel est né. Donc ça fait seulement 14 ans. Pendant 15 ans avant, ou 10-15 ans, ils ont communiqué chacun de leur côté. Et ça reste toujours le cas si tu vois au niveau institutionnel. Maintenant... On ne peut pas concevoir la communication institutionnelle sans le service en ligne. Donc, en parallèle, ce n'était pas seulement de communiquer en tant qu'on a un message, mais de développer le service en ligne. C'était ça l'objectif, de faire de la e-administration. Alors là, ils ont pris plus de temps, mais effectivement, maintenant, tu peux faire. Nous, on habite au Luxembourg, tu l'as vu, il y en a beaucoup de... transactions, on va dire, des opérations qui ne sont faites qu'en ligne avec l'administration. Donc l'interface de l'administration, du contact avec les citoyens, est devenue presque une interface digitale. Et d'ailleurs, on y va de moins en moins au guichet. Alors, comment on a appliqué ça ? On a essayé de faire, voilà, de sous-traiter la connaissance et en parallèle, on développe un service. digitales propres, des communications propres. Et au début, effectivement, chacun était un peu... C'était un peu de la cacophonie. Et de la cacophonie, on présentait des formats différents, des contenus différents, des services différents, des niveaux de développement très différents. Maintenant, ça converge. C'est un peu la même expérience qu'on a eue avec les social media ou tous les autres. Au début, chacun avait un format différent et même, il fallait un accès différent. De plus en plus, on s'attend au même formatting partout.

  • Speaker #0

    T'as cité le site Europa. Tu peux nous en parler ? Europa,

  • Speaker #1

    c'est un portail. C'est le portail qui réunit toutes les institutions sur un seul endroit digital. Il est énorme parce qu'il contient les informations des 27 directions générales. Il contient aussi les véhicules d'information du Parlement européen, du Conseil européen, et une cinquantaine d'agences, plus la communication qui est aussi à l'interne. C'est-à-dire, enfin, interne, je veux dire, la communication proprement dite, e-mail, opération d'information interne, d'échange d'informations. Alors, pour construire des sites Europas, il a fallu beaucoup de temps. Et d'ailleurs, il y avait une direction générale qui était IT, en fait, la Digit, ça existe toujours, et qui a fait un travail gigantesque. Ils ont mis des années pour bâtir ces choses-là. Il y avait un... Un débat très fort au début, parce que qui pouvait fournir ce type de services de développement ? Et quel langage ? Finalement, ils sont, peut-être c'est une décision que les gens n'ont pas compris très bien au début, ils sont pariés pour les open source, parce qu'ils se sont dit en fait, on ne peut pas avoir toujours des droits, de garder tous les droits d'auteur. sur la production de nos propres outils qui doivent être justement au service de tout le monde et que toutes les entreprises pourraient développer. Donc c'était en fait un grand marché. Et ils ont parié sur un type de système de gestion de contenu qui était Drupal. D'ailleurs l'FBI utilise aussi Drupal. C'est un langage qui est open source à la base, mais qui exige beaucoup de développement et qui est coûteux. Donc finalement, l'open source, on pense qu'il est libre, oui, mais il est coûteux. Et le site Europa, c'est un exemple de coûts élevés, mais qui est, de mon point de vue, très réussi. Et de plus en plus, ils doivent évoluer. Il faut... Il met en partage toutes les ressources. Imagine-toi une direction générale qui parle... Enfin, qui traite le transport. Il va te faire des cartes de l'Europe. Donc il y a un système de cartographie digitale qui est partagé par toutes les autres directions. Donc la direction de développement régionale, elle partage la même base de données. Et tout ça qui est invisible est énorme. Moi j'avais participé récemment à alimenter, à développer une partie qui était très intéressante pour les entrepreneurs, qui était sur les commerces internationaux. La Digitrade, qui est la direction générale qui fait les commerces, avait développé une plateforme. qui s'appelle Access to Markets. Et elle avait, dans les six premiers mois, 3 millions de visites. Et qu'est-ce qu'on trouve sur Access to Markets ? Eh bien, c'est toutes les règles, parce que l'Europe, c'est surtout la réglementation, la loi, les mesures. Qu'est-ce qu'un exportateur doit connaître, en termes de technique, pour pouvoir... exporter ou importer leurs produits en Europe ou depuis l'Europe. Et les conditions sont très spécifiques par produit, par catégorie. C'est un univers, c'est une énorme base de données. Et oui, là c'est du technique et ce n'est pas très appealing. Alors nous, on a développé des pages par pays. Et on a essayé de faire une vision plus proche des citoyens, de comprendre, parce que tout le monde quand il se lance à la première fois, on a tous des rêves, on est un peu tous... un peu naïf, innocent, je veux exporter à l'Amérique, je veux faire des choses un peu partout, c'est ça la vie. Et on expliquait, voilà, pour les pays de l'Amérique centrale, parce qu'on avait un projet avec l'Amérique centrale, qu'est-ce que le pays, qu'est-ce qu'il consomme, qu'est-ce qu'il fait, qu'est-ce qu'il produit surtout, et de quoi il a besoin. Comme ça, tu as une idée tout de suite, ces gens, écoute, ils sont très agréés à l'IT, on va exporter des choses à l'IT. Tu vois, par contre, essayer d'exporter de la banane au Costa Rica ou du café, c'est un peu bête. Parce que quand tu vois que eux, c'est les exportateurs principaux, les produits vers l'Europe, alors cette information peut paraître banale, mais quand tu vas dans les détails, oui, il y avait un Français qui a insisté, il y avait une entreprise qui nous demandait toujours, parce qu'on donnait service aussi aux entreprises, ils voulaient placer les vins français. Dans des pays comme le Chili, on disait oui, il va y avoir bien sûr une petite, petite, très petite partie du marché, parce que c'est le plus grand producteur de l'Amérique. D'ailleurs, l'Europe avait fait un accord d'association où on a inclus le vin pour le libre-échange, hors taxes justement, parce que c'est ça leur produit fini, abouti, qui pourrait avoir de la qualité et qui pourrait pénétrer le marché européen. Et tout ça, c'est fait à travers la communication. Et tout ça, quand tu penses qu'il y a des entrepreneurs qui parlent 25 langues en Europe, qui s'approchent avec des niveaux très différents. C'est ça la beauté, c'est ça qui m'attire moi, c'est le fait du challenge, de dire comment y arriver à un public de 450 millions, avec peut-être 50 millions d'entrepreneurs, 40 millions d'entrepreneurs, dans des marchés très différents, dans des pays avec des cultures très différentes, et être utile et informatif pour tous. Et ça c'est beau, ça c'est beau. C'est toujours très complexe, et il y a toujours des enjeux aussi, parce qu'il y en a aussi bien sûr. Comment y arriver ? Normalement, c'est à travers des appels d'offres publiques, c'est des concours, c'est faragueux, c'est compliqué au niveau des charges administratives.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu peux nous parler un peu de... de missions que tu as eu l'occasion de faire dans ta vie, des enjeux, la durée, comment tu as solutionné une problématique ?

  • Speaker #1

    Bon, j'aimerais avoir ce pouvoir. de dire, oui, j'arrive et j'ai apporté une vraie solution à un problème. La communication, normalement, accompagne des gens qui sont capables d'offrir des solutions. Mais parfois, elle fait aussi des solutions. La première mission que j'ai faite, c'était au Mexique. Et en fait, au nom de l'Union européenne, en tant qu'expert indépendant. Parce que l'Union européenne avait signé un accord de libre-commerce et l'Union européenne exporte, on va dire, de la démocratie un modèle de stabilité. Et en échange, elle essaie d'aider les pays à développer leurs propres administrations, leurs défaillances ou leurs inexpériences dans certains domaines. Et... Peu importe que ce soit de la recherche technologique ou administrative, c'est le fait. Ou de lancer ou développer aussi de la société civile. Mais surtout avec la pensée derrière de transporter le modèle, c'est-à-dire d'exporter le modèle.

  • Speaker #0

    Et ça y vente alors ?

  • Speaker #1

    Oui, alors normalement tu en as deux volets. Dans presque tous les accords d'association, tu en as de la standardisation, la concurrence, le produit phytosanitaire. sanitaire, enfin les plantes, l'exportation des produits agricoles, etc., parce que c'est ça le commerce avec l'Europe. C'est l'échange des produits, c'est l'échange des volets énergétiques, et c'est aussi de jouer avec la règle des concurrences comme nous on s'applique à nous. Mais à côté, t'as d'autres projets qui sont justement en échange qu'est-ce que vous voulez. Parce que, ok, on va faire un accord commercial, mais nous on vous demande de, justement, avoir un système plus représentatif, de développer la société civile, d'avoir un volet. des défenses des consommateurs, des contrôles des produits alimentaires, des choses comme ça, qui sont très intéressantes. Du point de vue contenu, c'est parfois boring, bien sûr, mais c'est très intéressant. Alors au Mexique, le problème c'était que justement les Européens étaient en concurrence avec l'Amérique. L'Amérique avait aussi un accord d'association de libre-échange. Mais eux, c'est pas qu'ils s'en foutaient, mais ils ne regardaient pas l'autre côté, le côté humain, social, démocratique, culturel. Ils voulaient juste du maïs, un échange du pétrole. ou des voitures, ou même des personnes. Il fallait faire justement un plan de communication qui essaye de mettre en valeur auprès d'un interne de l'administration, mais aussi des citoyens mexicains. Imagine-toi, même si je parle de la même langue, je n'avais jamais été au Mexique. Et pour 120 millions d'habitants à l'époque, j'ai essayé de comprendre qu'il y avait une valeur réelle du futur pour leur vie.

  • Speaker #0

    Comment tu abordes ça quand tu arrives dans une... un pays avec des enjeux, des attentes, et que tu découvres tout ça. C'est quoi le... tu vas attaquer par quoi en premier ?

  • Speaker #1

    J'attaque par des indices, des index qui existent sur le niveau, justement, et je commence par ce que je connais bien, qui est le monde de la presse, la communication. Donc, quelles sont les lois qui sont déjà mises en place pour protéger la liberté des presses, la pénétration de certains médias, quel type de cadre de communication... utilisent les gens, et la société en général, comment elle est composée, combien de médias il y en a, est-ce qu'ils sont contrôlés par l'État, ne sont pas contrôlés, et aussi après, je commence à regarder les institutions, comment elles communiquent, comment elles s'adressent, normalement c'est en bas, c'est voilà ce qui se passe, c'est nous on a décidé, c'est tout, et donc il y a toujours une étude préalable, une analyse que j'ai faite, tant aussi au niveau de la communication, qu'au niveau de la communication. de la communication institutionnelle proprement dite. Et après, il y a les moments politiques. Parce que parfois c'est délicat. Je me rappelle une mission à Tudici. Il y avait un... Voilà, on voulait... L'Union européenne était vraiment... Elle voulait défendre le droit des femmes au Maghreb, surtout après le Spring, le printemps arabe. Ils se sont dit, voilà, il y a une opportunité pour avancer dans ce chrono-là. Alors ils ont fait des programmes. où ils ont dit on va aider nos collègues tunisiens, s'ils veulent, s'ils sont preneurs, pour protéger les femmes et pour avancer légalement dans la protection de la femme. Et avec une ministre, c'était... une femme tunisienne qui a dit oui, je veux cette aide de l'Union européenne, amenez-moi des experts légaux, etc., parce que je veux lancer une loi en Tunisie pour protéger les droits de la femme, surtout pour les agressions physiques. Elle disait, il faut commencer par quelque chose, commençons par le heart. Et voilà, je me suis retrouvé, j'étais un homme. D'ailleurs, il y avait quatre autres candidats qui étaient des femmes. Et ils m'ont choisi moi. Je ne sais pas encore très bien pourquoi, mais j'étais un homme en train d'essayer d'aider un ministre en Tunisie pour faire passer une loi de protection contre la violence faite aux femmes. Et justement, l'approche était, comment on va faire ? On va faire une campagne de sensibilisation ? On aura la société à un compte. Parce que les côtés plus radicals ou, si tu veux, les côtés plus religieux n'étaient pas habitués à avoir une loi qui va au-delà de la coutume de la loi religieuse. Parce que la constitution était un peu vague par rapport... à la relation justement entre religion et droit civil. Et il s'est manifesté devant le ministère. On devait passer à travers justement une église qui était juste derrière le ministère de la Famille, en cachette, on ne pouvait pas aller en cravate, on se cachait comme si on était des locaux, pour pouvoir travailler. Alors on a fait des choses très intéressantes, parce que justement mon point de vue était que si on s'adresse qu'aux femmes, on aura perdu la bataille. Il faut s'adresser justement à celui qu'il faut convaincre. Alors quand... Au début, j'avais beaucoup de gens qui étaient contre ces principes, même au sein des ministères. Et j'ai pris d'autres expériences, des exemples internationaux, comme quoi ça pouvait marcher. Donc je me suis informé d'abord. Et j'ai vu qu'en fait, celui qui doit être conscient du mal qu'il fait, c'est aussi la personne qui exerce cette violence. Alors, comme c'est quelque chose de culturel, comme ça vient presque depuis l'enfance, on a vissé les jeunes. Mais les jeunes, mal surtout, dans la communication. Justement pour essayer qu'ils changent leur optique et qu'après ils ne font pas trop de pression pour comprendre que ça peut être du bien de protéger leur soeur, leur mère, leur tante, leur femme, leur fille. Et on a fait des choses très intéressantes.

  • Speaker #0

    Et aujourd'hui le projet il est devenu quoi ? Tu as encore un historique dessus ?

  • Speaker #1

    Oui et malheureusement pour moi les missions sont très longues. très courte, parfois c'est quatre semaines, huit semaines, la plupart du temps, et après je reviens chaque six mois ou chaque année pour voir si les indicateurs, si tout va bien, quels sont les problèmes, comment est-ce qu'on peut régler un peu la chose. Normalement, je prépare une stratégie, un plan, je propose, les parties se mettent d'accord, après ils font un budget et on lance un appel, on prépare un appel d'offres, c'est-à-dire on prépare un contrat pour qu'une boîte locale puisse faire une campagne ou accompagner le bénéficiaire. dans ces cas-ci, le ministère de la Famille, pour justement faire toutes ces actions. Mais ça a été une réussite. D'un, on a vissé sur les réseaux sociaux, parce que la presse était complètement politisée. Donc mettre d'accord, on a fait quelque chose, bien sûr, on a traité la presse, mais ce n'était pas notre objectif.

  • Speaker #0

    Parce que les gens se communiquaient entre eux. Avant de venir en Tunisie, j'ai fait justement un bilan de l'utilisation, enfin l'usage des réseaux sociaux. Il y avait plus de profils que d'habitants en Facebook. Donc il y avait 12 millions de profils et il y avait 10 millions d'habitants à l'époque. Et je me disais pourquoi ? Les gens ici en Europe me disaient mais oui, mais il y a des entreprises, des autres. J'ai dit non, non, non, attends, ce n'est pas possible. Qu'est-ce qui se passe ? En fait, il y avait beaucoup de femmes et même d'hommes qui construisaient un deuxième profil avec un autre nom qui était faux pour avoir la liberté d'expression et pour échanger. Alors en fait, il y avait un double de virtuel pour ne pas toucher la famille, pour ne pas être critiqué, pour ne pas être soumis à la pression, à la censure, etc. Alors je me suis dit, les gens sont désespérés pour pouvoir communiquer et c'est là que ça se passe. Alors on a fait toute une campagne. Mais après on s'est dit, bien sûr, il faudra aussi faciliter le contact avec les victimes. Alors pour les victimes, on a fait une application qui était des recettes, pour qu'elles ne soient pas soupçonnées, parce que la plupart d'entre elles, leur téléphone était contrôlé par le mari. Alors on a fait une application qui était cuisine. Enfin, des préparations d'apprentissage de cuisine, plat typique, traditionnel, etc. Avec une combinaison de menus, il y avait un message qui arrivait dans une cellule de suivi dans le ministère et qui disait, voilà, là, il se passe quelque chose de grave.

  • Speaker #1

    C'est génial, ça. C'est un peu comme... Ce qu'on voit dans certaines expériences sociales, sur les réseaux sociaux, avec certains... Il y avait ça pendant le Covid à la pharmacie. Les femmes pouvaient demander un type de masque ou de médicament, je ne sais plus. Et du coup, le pharmacien... regardant, pouvait voir que c'était un appel à l'aide, en fait, etc.

  • Speaker #0

    Voilà, et en fait, justement, en fait, cette idée a été copiée dans d'autres scénarios, parce que les experts en partagent, moi, je n'ai aucun problème, ce n'est pas une idée. et superbe qui est venu de moi c'est que bon c'était toute une équipe voilà tu travailles ça on pose des idées et finalement ça a cristallisé dans pour les cas tunisiens c'était clair que la cuisine était relié au monde de la femme parce qu'il ya d'autres sociétés c'est pas les cas c'est les hommes qui cuisinent même si c'est machiste ça arrive au mexique on pourrait n'aurait pu pas faire pareil tu vois donc c'était très spécifique On a analysé vraiment les types de créneaux, on avait donné approximative, on a travaillé avec l'association de protection des femmes, les agents locaux, les gens qui connaissaient bien le terrain. On avait donné, mais surtout on avait des aperçus là où il faut rentrer pour communiquer. Et tu vois que c'est la communication institutionnelle, c'est le ministère qui est lié à un ministre, qui veut passer une loi, qui s'approche du citoyen de la meilleure manière. manière possible pour dire attention, on vous protège, mais en même temps on recueille toutes ces données et on compile et avec ça, on peut construire, on peut bâtir le futur. L'un des problèmes aussi de la communication institutionnelle et peu importe que l'idée soit bonne ou pas, c'est qu'en fait on perd les cumulés. Maintenant, aujourd'hui, il y a Big Data et tout ça. Sans Data, il n'y a pas Big Data. Il n'y a pas d'analyse. Alors, il faut d'abord structurer les données et pouvoir les recueillir et avoir tous ces profils. Bien sûr, on... Tu vas me dire, à travers les réseaux sociaux, on a cet avantage, ou à travers l'Internet. Mais il y a d'autres endroits où on n'a pas ça. Et c'est là que ça se passe. Alors, j'ai vu qu'il y a des expériences pareilles, tu me l'as dit, en pharmacie, mais aussi dans d'autres, par exemple, par la drogue, le problème de l'alcoolisme, tout ça. Il y a aussi des petites applications qu'on a. fait pour demander de l'aide tout en gardant l'allure que rien ne se passe.

  • Speaker #1

    Des produits comme ça, comme les applications, est-ce qu'elles sont mises en commun pour d'autres pays européens ou d'autres pays tout court ? Est-ce qu'il y a une marketplace avec toutes les petites applications qui ont été développées pour des problématiques spécifiques qui sont mises à disposition ? Ou est-ce que c'est, encore une fois, chacun de son côté ?

  • Speaker #0

    Hélas, c'est chacun de son côté parce qu'en fait, l'Union européenne est le plus grand acteur de la coopération internationale. Alors, elle a déjà des problèmes pour... Faire une communication ne fût-ce que des bases sur sa propre image, ça reste que l'emblème et trois messages génériques. Il y en a peut-être 2,5 milliards qui ont été investis l'année passée en coopération internationale. Et peut-être 1,8 milliard, c'était l'Union Européenne, mais tu peux compter le nombre de projets dans les centaines de milliers. Alors, l'échange d'expérience. parfois, ça c'est pas seulement justement à travers les experts ou les gens qui se connaissent, mais c'est vraiment compliqué. Et on a essayé par exemple de mettre de plus en plus, enfin de faire, de mettre de plus en plus de pays pour que justement il y en a cet échange. J'ai travaillé dans beaucoup de projets qui étaient en fait des instruments qui étaient les mêmes. Donc on a commencé à l'envers, à la place d'attendre qu'il y ait des idées et les collecter, on va mettre tous les pays d'abord, tous, dans une même enveloppe. Pour travailler ensemble, comme ça il y a un échange direct. C'était un raccourci. Mais parfois des expériences sont... Et même dans le même pays et avec le même ministère, j'ai vu des répétitions. Je me suis dit, comment est-ce possible ? Ça fait 5 ans, 10 ans seulement. Et ça c'est un gros problème. Ils font des efforts. au niveau de l'Union Européenne pour y arriver. Ça serait une bonne idée d'avoir un marketplace public où on peut... Il y en a des bases de données pour recherche, c'est sûr, pour des projets, Cordis et les ressources research, ça marche très très bien. Même le European Innovation Council, il a mis un système où on peut aller voir ce que les autres startups ont fait. On a la fiche projet claire avec les parties prenantes, quel était l'objectif, les résultats. Donc il y a des énormes bases données sur ça, qui sont très statiques. Mais c'est par rapport à l'information et pas par rapport à l'application, aux choses qu'on a fait. Donc il faut lire, il faut chercher, il faut les idées. Et parfois, on ne sait même pas où chercher. Oui, il y a ce partage des connaissances, mais il est très passif. Et effectivement, il cherche à avoir un peu plus de... Il y a des projets maintenant qui sont par exemple le Business Gateway, qui est à la mode. qui en fait c'est la trade diplomacy, on y va à l'extérieur, on va faire des avenues d'échange, où il y a des foires, les gens échangent, et là c'est beaucoup plus proche de l'entrepreneuriat. Ça fait des foires, mais effectivement il n'y a pas une capitalisation réelle sur certains instruments. Et d'ailleurs, une des problématiques c'était qu'à chaque fois il fallait créer un logo de chaque projet. Et moi je disais, avec le nom du projet, et le nom du projet était un nom administratif. Parfois, ils prenaient trois ou quatre lignes. Alors, c'était l'acronyme. Tu vois, moi, je fais le P3A Algérie. C'était quoi le P3A ? C'était le programme d'appui à la mise en œuvre de l'accord d'association. Alors, pourquoi P3A ? Parce qu'il y avait trois A. Appui, accord et association. Alors, comment tu veux que ça parle aux gens ? Oui, tu travailles à quoi ? P3A, c'est quoi ça ? C'est une marque d'école ? Oui, on travaille pour la mise en œuvre d'accords d'association. Et d'ailleurs, ils te disent, c'est quoi un accord d'association ? Alors, il y a tellement de lacunes au niveau de la communication institutionnelle que c'est très difficile. Et en plus, ils font un logo.

  • Speaker #1

    J'ai une question par rapport à ce que tu as évoqué tout à l'heure quand tu es arrivé dans le pays. Je te demandais ce que tu analysais en premier. Tu m'as dit qu'il y avait des indicateurs. Est-ce que tu as aussi une partie où tu vas questionner directement une population locale, où tu vas chez le particulier voir comment s'adresse la problématique pour lui, ou bien est-ce qu'on ne va pas si loin dans la recherche ?

  • Speaker #0

    Dans la plupart des cas, ce n'est pas si général que ça. Ils connaissent un problème spécifique, les termes de référence, c'est-à-dire le texte qui va créer le projet. Ils visent spécifiquement déjà des choses et il y a beaucoup de données. Alors selon ces rapports d'analyse avec les PME, on sait qu'ils ont des difficultés d'accès au crédit. Donc on va promouvoir le micro-credit et ils te font déjà un bilan de la loi. Donc tout ce qui est interne, ça en général on connaît bien. Mais parfois c'est vrai que j'ai demandé de dire voilà, pour y voir plus clair, il faudrait questionner ou poser des questions à la population. lancer un survey, faire des focus groups, parce qu'il faut comprendre, parfois on ne sait pas, on est dans le vide. Et là, ça devient très intéressant. Et ça peut être sur des choses très bêtes. A l'époque, j'avais fait un pour Honduras, c'était sur la qualité, mais l'infrastructure qualité. que personne ne connaît. En fait, c'est les normes. C'est la standardisation, c'est ce qu'on appelle normalisation en français. Et après, il y en a aussi l'accréditation. L'accréditation des labos qui font des tests, qui vérifient par rapport aux certifications. Mais tout ça, c'est des processus qui donnent la certitude d'un produit, et ce qu'il est, avec les qualités qu'il dit, et qu'on ne trompe pas justement le consommateur. Et après, il y avait la métrologie. Et voilà. Les gens me disent, c'est quoi la métrologie ? Tu te trompes, c'est météorologie. Je dis non, non, c'est la métrologie, cher ami. Alors, c'est les instruments de mesure. Alors, si les instruments de mesure ne sont pas bien et qu'ils ne sont pas au standard international, et là, il peut y avoir beaucoup de problèmes. Est-ce qu'un kilo est vraiment un kilo ? Quand il fait de l'importation de 10 000 tonnes... S'il y a un gramme de différence, ouf ! Les coûts pour la balance du pays, si on parle de 15 000 tonnes de pétrole, ou de 15 milliards de tonnes, ouf ! Et après, la correspondance de mesures, qui n'est pas au décimal près, qui est au millième, qu'est-ce qui est mis, enfin, un mile, un pound, la correspondance avec le système... Maintenant, international, les mesures, qui est vraiment, voilà, kilogramme, mètre, kilomètre, tout ça, aussi litres, en Amérique, tu y passes là-bas, c'est des gallons, c'est des... Alors, la correspondance pour l'échange commercial entre régions, ça devient un truc de, justement, avoir aussi des standards dans les... aussi bien dans les processus. des messieurs, c'est pas la même chose au vide, avec l'humidité, c'est incroyable, c'est un monde, moi j'ai découvert un monde, c'était fascinant. Alors, oui, c'était fascinant, parce qu'en plus c'est le vrai langage du commerce.

  • Speaker #1

    Oui, ça doit être intéressant.

  • Speaker #0

    Aussi, imagine-toi, pour le vin, une bouteille de vin là-bas, c'était d'autres... Si tu parles en litre, ce n'est pas parlant pour les gens. Alors, toutes sortes de petits trucs, c'était incroyable. Même pour l'IT, le truc des mémoires, c'était fascinant. Alors, il y en a à l'Institut de métrologie dans tous les pays du monde.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, on va faire un petit exercice. On aimerait te demander qu'est-ce qu'il faudrait faire, par exemple ici à Luxembourg, pour améliorer la communication sur tout ce qui est aspect digital. Tu as feuille blanche, tu peux mettre en place tout ce que tu veux, par quoi tu commences.

  • Speaker #0

    Bon. Comme d'habitude, je commence par analyser l'existant. Je sais que Luxembourg a fait beaucoup d'efforts, qui est devenu apparemment très digital, mais qui a beaucoup de lacunes. Il y a des choses qui sont très très très très très très très bien. Par exemple, il y en a un standard qui s'appelle Renov, Renov, Renov, qui essaie de simplifier justement le langage pour que les gens puissent comprendre de quoi s'agit-il. à tous les niveaux. Ils ont mis ça aussi, ils l'ont impliqué très sérieusement sur la plateforme Magichet, tout ça. Mais en fait, ça c'est pour la partie e-administration qui sont très forts. Mais pour la partie communication digitale envers les gens, il y en a un peu trop de top-down, c'est-à-dire en bas. Il y a peu d'échanges, il y a peu de canons ou d'opportunités où on met un contact vraiment. pour savoir ce que les gens pensent et souhaitent. C'est un petit pays, alors la politique se mêle trop avec, enfin la ligne de la communication politique et communication institutionnelle frise beaucoup. Mais je pense que sur le digital, il faut un... Sûrement, c'est rattrapé au niveau des connaissances technologiques pour l'utilisation des gens. Aussi pour la décentralisation, parce que même si c'est petit, c'est pratique, parfois on a le sentiment que tout repose sur la CTIE ou sur des organismes qui sont trop transversaux, qui n'ont pas trop d'interaction avec les citoyens. Alors pour les services en tant qu'administration, c'est très bien développé. Et pour le CIEM ? pour la communication digitale, elles passent moins bien. Et pourquoi elles passent moins bien ? Eh bien, des uns, oui, on parle toujours, ah, c'est multiculturel. Non, la politique, elle est très versée sur la défense des directions bourgeois. Et parfois, c'est difficile à trouver exactement le même niveau de contenu dans une langue que dans une autre. Et je ne parle pas seulement du français, je ne suis pas francophone. Je parle français, mais je ne suis pas francophone. Donc je peux être un juge impartiel, parce qu'on le voit au niveau de l'allemand, de l'anglais, du français et du luxembourgeois, on voit des asymétries. Et ça, c'est le même problème que l'Europe, je le connais bien. C'est impossible d'avoir l'asymétrie possible, 100%. Mais on voit quand même qu'il y a des créneaux où ça se développe plus que d'autres. Donc d'essayer de ne pas... de tomber dans les pièces de l'inertie du passé, mais de vraiment faire table rase et de progresser. De deux, je pense qu'au niveau moyen, il y a des moyens, mais que justement au niveau participatif, il y a peu de moyens. Moi, j'ai fait des recours pour... enfin, j'ai essayé de faire... J'avais un projet... J'ai participé dans le projet justement de rénovation du site web. Enfin, j'étais dans l'équipe proposition, ils ont retenu notre proposition, du portail de la Chambre des députés. Et il y avait surtout, et c'était le quid de la question, c'était les pétitions. Et alors là, il y a une petite sorte d'application où tu peux collecter, signer et dire je suis pour cette pétition au Parlement. Au nombre tel de, je ne sais plus, c'était 5 000, 2 500, etc. Et le Parlement devait avoir la... La pétition était au droit d'être considérée. Parce qu'il y a un volume, suffisamment de voix de citoyens qui disent... Mais il y avait tout ce qui était autour aussi, qui n'était pas trop bien expliqué, qui était un peu... Bien sûr, le Parlement, c'est un organe... politique, mais qui était compliquée. L'intégration, justement, de tous les réseaux sociaux, de tous les parlementaires ou des groupes, dans la correcte proportion, que tout le monde ait les mêmes moyens pour y arriver, mais aussi de canaliser, comment canaliser la demande des citoyens. Et là, je pense que là, il y a du travail à faire. Du travail à faire. Beaucoup. Beaucoup. Et là, on peut développer aussi vers l'écran des entreprises. Quels sont les moyens de contact, de communication de l'administration, mais des autres institutions avec les entreprises ?

  • Speaker #1

    Peut-être qu'ils sont du retard aussi parce qu'ils parlent du principe que Luxembourg, après journée, il y a beaucoup de gens qui quittent le pays. Donc l'énergie n'est pas mise justement là-dessus parce que...

  • Speaker #0

    Mais encore une fois, les institutions travaillent sur le mandat. Et quand on voit la façon dont les gens de la TVA communiquent déjà avec les entrepreneurs et même avec les individus, parce que la TVA concerne tout le monde, on peut penser qu'il y a beaucoup de bon travail à faire. Au niveau, il ne fût-ce que des échanges et des transparences, etc. Moi, j'étais en contact parce que j'étais indépendant. Ils m'ont très bien traité. Mais c'était toujours difficile de savoir quel était le bon canal à utiliser. Est-ce que... les mails, le téléphone, la disposition, la rencontre, comment ça marche ? Ce n'est pas trop clair. Et ce n'est pas trop clair pour les deux parties. Parce qu'il y a des uns qui préfèrent envoyer un mail, je suis très digital. Les autres disent non, je préfère que vous m'envoyez tout en papier parce que finalement, l'autre jour, j'étais avec quelqu'un des taxes et il m'a expliqué, je dis voilà, vous avez progressé parce que cette année, on peut faire la déclaration en ligne. Et il m'a dit oui, mais on ne peut pas la corriger. Je dis comment ? Il me dit oui, en fait, ils ont fait ça pour nous, les fonctionnaires, pour pouvoir intégrer aussi. Mais finalement, comme digitalement, les citoyens n'ont pas encore le droit d'introduire exactement une correction après déposition, ils doivent nous l'envoyer et finalement, nous, pour la mettre dans le système, même s'ils peuvent le faire, c'est du fictice. C'est-à-dire qu'ils peuvent le faire, mais en fait, ça tombe chez un fonctionnaire qui doit imprimer sur le modèle ancien. réécrire la donnée, ressaisir la chose, et la mettre dans le système. Alors, la perception des citoyens, c'est que l'État a fait un gros effort pour mettre justement, faciliter, mais est-ce qu'au niveau administratif, à l'interne, institutionnel, est-ce que ça marche ? Tu vois, c'est un clair exemple comme quoi il y a un corps du travail à faire, c'est par rapport à d'autres pays, et bien sûr, on ne parle pas... en dehors d'Europe, c'est très développé. Mais quand tu vois d'autres pays qui ont eu l'avantage de ne pas avoir tellement d'administration au début et qui font le saut du gap technologique ou administratif beaucoup plus rapidement. C'est la même chose que les téléphones, les smartphones en Afrique. On a arrêté de développer des lignes de téléphone classiques. Parce qu'on disait, il n'y a pas de ligne téléphonique, etc. Non, maintenant on a satellite, on n'a plus ça. Donc en fait... Il ne se pose pas la question comme nous en Europe en disant qu'est-ce qu'on fait avec tous ces câblages. Tu vois comment on réutilise les réseaux. Alors avec l'administration, ici, les institutions, parce que ça couvre un grand débat, c'est-à-dire c'est un univers assez grand, et il manque un peu justement cette cohésion, cette cohérence, mais aussi la façon dont elle échange et d'apprendre à communiquer plus clairement avec les citoyens. Je pense qu'il y a beaucoup aussi. ne fût-ce que la formation. Et j'ai travaillé avec un partenaire de chez Price, Laurent Probst, qui, lui, depuis des années, il voit très clairement qu'il faut le upskilling, et qu'il faut travailler, et que c'est dans beaucoup de dimensions, sur la capacité, sur le... et les compétences, mais la partie digitale, bien sûr, a un rôle important.

  • Speaker #1

    Ok. Bon, alors, Ravier, je te propose un petit exercice ici. On a capturé un serpent, on a extrait son venin, c'est un venin de vérité. Je vais te proposer un petit shot de venin, et puis l'idée, c'est que tu nous racontes une anecdote qui t'est arrivée, sa résolution, sans langue de bois, donc... Alors,

  • Speaker #0

    mais c'est les mêmes ! Oh là là ! Attends, Oui, mais attends, alors qu'est-ce qu'on va faire ? Là, la technique du boisson. Voilà, au cas où. Ça, c'est l'expérience. Bon, on risque. Il n'y a pas de véné... Il n'y a pas... C'est pas... Non, c'est véné, non. C'est pas mauvais, merci. Alors là, je vais tout raconter. Je vais tout dire. C'était triste. Des anecdotes ? Presque chaque projet a des anecdotes qui pourraient faire rire, mais il y a quand même des choses confidentielles. Mais une récente qui m'est arrivée vraiment, c'était plus cher dans la même semaine. On a engagé un développeur, un graphiste. Il devait faire, c'était pour le projet d'assainissement. Révision du système d'assainissement d'eau potable pour le faire efficient au Costa Rica. C'est un énorme problème, ça concerne toute la population, c'est un pays qui reçoit la pluie, mais en fait les tuyaux, tout ça, ça a des 70 ans, les réseaux sont complètement pourris, il faut revoir, mais aussi de trouver un système qui soit équilibré, parce que là c'est presque des réseaux naturels. Alors on a fait, parce que j'aime bien toujours essayer de promouvoir... d'aider l'entrepreneuriat local mais on a dit on a senti appel d'offres enfin un concours pour que quelqu'un puisse faire les logos du projet est un peu la ligne graphique alors on me propose quelqu'un qui réfléchit des logos propose beaucoup et ça nous a plu très sympa d'ailleurs je garde toujours contact avec cesa alors il commence à envoyer des trucs et il y avait aussi le fait qu'il fallait montrer un peu le soutien de l'Union Européenne. Alors normalement, voilà, il y a l'emblème. Et je lui envoie l'emblème, je lui envoie tout ce qui est chars graphiques, des choses, et un jour je suis en train de regarder, je dis, ces drapeaux, il y a un problème ici. Alors je commence à compter, il y avait 11 étoiles et pas 12. Je me suis dit, mais c'est pas possible. Alors, le type, il avait travaillé comme un fou pour garder l'équilibre des 11. Il a dit, c'est 12, c'est parfait, mais 11. Et à première vue, c'était justement parce que celle qui était en tête avait gardé encore le... Je me suis dit, mais comment c'est possible ? Qu'est-ce qui se passe ici ? Il a perdu le fichier, etc. Et en fait, j'appelle le type, il me dit, non, non, parce que je me suis informé, Fabien. Et en fait, j'ai vu que maintenant le Brexit s'est fait, donc j'ai enlevé un pays. Alors je lui ai dit, c'est très bien ta part, mais des un, les étoiles ne représentent pas le pays, le nombre de pays. Mais des deux, c'est quoi cette liberté de prendre, tu vois ? C'est qu'aux États-Unis, oui, les étoiles, ça représente un pays, etc. Mais tu sais que, alors j'ai commencé, j'ai dit, mais tu as fait ça depuis combien de temps ? Il m'a dit, ça fait deux mois. Moi, je n'étais pas là, j'arrive et je vois toute la communication des... tous les trucs avec un drapeau, un emblème à 11 étoiles. Et personne n'avait relevé ? Personne n'avait relevé. Tu sais combien de gens avaient regardé le truc ? Déjà, dans le projet et tout ça, une cinquantaine de personnes. Mais après, c'est parti. Dans la télé, une conférence internationale, boum, le drapeau au milieu. Donc, c'était... et personne n'avait remarqué. Et là, c'était marrant parce qu'en fait, pour défaire, il fallait un budget. Alors on n'avait pas les budgets pour les refaire. Tu as quand même soumis le problème, tu ne peux pas garder ça. Oui, effectivement. Alors bon, on a fait, on a coupé, on a fait tout ce qu'on a pu avec des autres. Mais tu ne peux pas imaginer. Le projet existe toujours ? Le projet existe toujours parce que c'était 150... En fait, il n'y avait pas l'Union européenne au début, c'était là. C'est la Banque interaméricaine de développement et la KfW, qui est une banque de coopération internationale allemande. Mais il y avait une partie du projet qui allait se faire avec l'Union européenne, et qui va faire la promotion parce qu'il y avait la conférence internationale. C'était tout. C'était un moment. Et j'étais l'expert pour les Costa-Africains, pour le gouvernement. C'est un projet qui existe parce que c'est un projet qui est... essaye de refaire un modèle complètement entier, c'était 158 millions d'euros. Oui. Il fallait refaire toute la tuyauterie ? Non, ça aurait été beaucoup plus cher. Il n'y avait que 13 kilomètres de tuyauterie sur 9000 kilomètres de tuyauterie qu'on allait changer. Surtout par rapport au système hydraulique d'équilibrage entre les aqueductes. C'est des choses très techniques. Mais il y avait une autre partie, c'est aussi la modernisation. de du système d'inquiétude on changeait le parc de de d'appareils, donc de compteurs. Voilà la métrologie qui est... La connaissance de métrologie qui dit, voilà, ça c'est le bon appareil qui mesure au centimètre, mais aussi tout un nouveau système de facturation. Parce que ce qu'on voyait, c'est qu'il y avait des gens qui dépensaient des lots énormément et qui payaient exactement le même canon que d'autres. Donc en fait, et qu'il y avait beaucoup de problèmes de retour, des adresses qui n'existaient pas. Alors, c'était... Il faut tenir compte que c'était le seul pays de l'Amérique centrale et de l'Amérique latine en général, sauf les États-Unis et le Mexique, où l'eau du robinet est potable. Donc ils font des efforts. Et pour que tu vois la différence, on parle parfois de l'Amérique, etc. Tout un continent, il ne peut pas ouvrir le robinet et dire « je vais boire tranquillement » . Et ça en Europe, on peut dire « oui, il y a des excès de chlore, des trucs, etc. » Et oui, on se paye des bouteilles d'aérosport quand on a un produit de luxe à la maison. Et ça, c'était une anecdote. Des choses comme ça sont arrivées dans beaucoup de projets, mais celle-ci, je me rappelle, il y avait une autre quand on a fait la campagne de prévention du tabagisme pour les jeunes. Ils sont insistés, insistés tous, tous les experts toxicologues, n'utilisez pas l'humeur, etc. Finalement, ils sont insistés pour faire pour les jeunes quelque chose qui était marrant. Et ils ont fait comme quoi, à la place d'une cigarette, c'était un poireau. Alors, j'ai vu ça et j'ai dit, ok, d'accord, si vous voulez aller avec ça chez le commissaire, peut-être que vous allez avoir un oui, c'est super, etc. parce que les chimpiotres, mais... on va voir qu'est-ce que les autres disent et il me dit quels autres ? les autres commissaires par exemple effectivement 10 minutes après je fuis les annonces ça fait 30 ans qu'on fait la promotion des végétaux et maintenant vous les comparez avec la cigarette les gens vont se brancher encore une fois sur l'hamburger mais est-ce que vous êtes des cons ? il gueulait comme un malade comme un malade et là c'était oui oui tout le monde parle l'anecdote est Parce que tous les processus étaient faits contre la raison. Et que finalement, il y a le commissaire qui appelle. Et quand même, on l'a expliqué, il a dit comment. ok parce que c'était fait 72 millions d'euros de campagne 20 langues 25 pays et tu voyais des jeunes nous de la vente des distributeurs et ils appuyent et il y avait un poireau qui sortait alors il fut mais le pauvre enfin il mettait les poireaux et des 1 oui c'est comment passer bête le message était ça c'est bête parce qu'un message qui peut caler dans tous les jeunes à tous les coûteurs un truc ils sont choisis un végétal pas Un légume, tu vois, enfin un poiron. C'était sympa à voir, mais c'était pas... Tu vois, l'équilibre, encore une fois, c'est compliqué. Mais bon.

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