- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Inspirel, la série qui met en lumière des femmes inspirantes. Tous les 15 jours, vous découvrirez des parcours exceptionnels de femmes qui ont su bouger les lignes et réussi à s'imposer dans des univers souvent masculins. Abonnez-vous à notre chaîne YouTube et à nos podcasts et n'hésitez pas à commenter et à liker les émissions. Dans ce nouvel épisode, je reçois la directrice générale... adjointe du groupe L'Oréal, qui est le leader mondial de la cosmétique. Elle y est entrée en tant que stagiaire et elle a vécu depuis une ascension folle. Elle s'appelle Barbara Lavernos et elle est avec nous dans Inspirel. Alors toi Barbara, diplômée des hautes études d'ingénieur à Lille, tu arrives à L'Oréal par hasard, tu m'as dit. Alors, comment est-ce qu'on arrive à L'Oréal par hasard et comment est-ce qu'on devient numéro 2 de L'Oréal par hasard ?
- Speaker #1
Non, mais quand je te dis par hasard, je fais cette école d'ingénieur, un peu par hasard déjà, parce que je ne savais pas quel métier je voulais faire, je ne savais pas, c'était super flou pour moi. D'abord, quand on est en école, on connaît, à mon avis, 2 ou 3 % des métiers, parce que quand tu rentres dans une entreprise, tu en découvres des centaines, des milliers que tu ignorais. Et donc, quand tu fais une école d'ingénieur, tu dois faire des stages. et j'ai eu la chance de... Tu sais, chaque entreprise propose des stages aux écoles. Donc moi, L'Oréal a proposé un stage. J'ai fait un stage qui a bien marché, qui était intéressant pour moi et puis qui a bien marché. Et à la fin de mon stage, L'Oréal m'a dit, on vous embauche. Donc c'est pour ça que je finissais par hasard. OK.
- Speaker #0
Et donc après, tu travailles en tant qu'ingénieur chez L'Oréal et au fur et à mesure, tu gravis un peu les échelons au sein de L'Oréal. Donc au début, tu fais quoi ? Tu es ingénieur chez L'Oréal ?
- Speaker #1
Écoute, je fais un métier super intéressant qui s'appelle acheteur. J'achète tous les jours des milliers, des dizaines de milliers d'euros. Non, mais plus sérieusement, un métier que je ne connaissais pas. Pour fabriquer nos produits, il faut pour nos parfums, des super flacons en verre, des super capsules, ces pompes magnifiques. Il faut ces flacons pour les produits shampoing. Il faut ces pots, il faut ces étuis merveilleux, etc. Tu imagines, il y a plein d'entreprises qui les fabriquent. Donc là, je vais découvrir des verreries, je vais découvrir des imprimeurs. Donc, je vais comprendre toutes leurs... technique, je vais comprendre. Et puis, je vais négocier avec eux quand on fait un lancement, quand on lance le nouveau shampoing Elcev, quand on lance le nouveau parfum Yves Saint Laurent. Il y a les designers qui vont imaginer ces pièces, etc. Et puis ensuite, il faut les transformer en milliers, voire en millions de produits. Et donc, il faut négocier le prix de chaque flacon, de chaque partie.
- Speaker #0
Ça, c'était ton travail ?
- Speaker #1
Ça, c'était mon premier travail. Et tu sais, c'était chouette parce que je suis rentrée chez L'Oréal, donc je découvrais ma boîte. Mais c'était un métier aussi où je rencontrais plein d'autres entreprises, tous nos fournisseurs qui sont nos compagnons de route. Et donc, j'ai vu dès le départ plein de modèles d'entreprises, des boîtes familiales, des petites, des grandes, des grands groupes, le mien. Donc, c'est chouette pour démarrer.
- Speaker #0
Et du coup, tu fais ça et après, tu montes un peu les échelons au fur et à mesure. Aujourd'hui, tu es directrice adjointe du groupe L'Oréal. Félicitations. Du coup, aujourd'hui, en mode à quoi ressemblent tes journées ? De quoi est-ce que tu t'occupes au quotidien ?
- Speaker #1
Tu vois, le groupe L'Oréal, c'est un très grand groupe. Il y a 40 grandes marques internationales. Il y a bien sûr L'Oréal Paris, mais tu as Garnier, tu as La Roche-Posay, tu as Vichy, tu as Yves Saint-Laurent, tu as Valentino, tu as Lancôme, tu as Kiel's, tu as Kérastase.
- Speaker #0
Champion anti-péliculaire Kérastase, magnifique, je recommande. Génial,
- Speaker #1
magnifique formule. Donc, il faut imaginer, c'est un très, très grand groupe. À l'intérieur de ce groupe, moi, j'ai la chance de manager, de diriger deux grandes fonctions, deux grandes équipes. D'un côté... toute la recherche, tous les laboratoires. Donc là, il y a 4000 chercheurs chez L'Oréal qui sont aux Etats-Unis, en Chine, au Japon, en Afrique du Sud, bien sûr en Europe, au Brésil, et qui vont découvrir les actifs qu'on va mettre dans nos formules, qui vont fabriquer ces formules.
- Speaker #0
Vous cherchez quoi en fait ?
- Speaker #1
On cherche les molécules qui sont les plus performantes pour soigner ta peau. Les formules les plus performantes pour traiter, pour ne pas avoir de pellicules. les formules les plus performantes pour avoir un rouge à lèvres, que j'espère que tu trouves très joli, qui teinte, qui brille, qui tient, qui ne se transfère pas sur la tasse. Il faut trouver les molécules qui vont permettre de faire ça, puis après, tu as un art de la formulation. Et quand tu travailles pour 40 marques dans le monde, tu imagines ce que ces chercheurs mettent au point. C'est de la grande science. C'est aussi, en ce moment, un travail extraordinaire que font ces équipes. Moi, je suis passionnée avec eux. c'est Tout ce travail avec ce qu'on appelle les biotech, c'est-à-dire comment je peux avoir tous ces ingrédients qui viennent des plantes, qui viennent de la nature. Ah ok, c'est vrai. C'est comment je transforme. Aujourd'hui, tu as 65% de tous les ingrédients qu'on utilise dans le monde qui sont biosourcés, biobased ou d'économie circulaire. Tu vois la transition qu'ils sont en train de mener ? Donc ça, c'est passionnant.
- Speaker #0
Et on arrive à avoir des produits qui sont aussi performants et qui ne sont pas nécessairement synthétiques.
- Speaker #1
C'est leur talent. Il passe d'une chimie de synthèse, tu as raison, à une chimie de biotech, de biotechnologie.
- Speaker #0
Généralement, on fait plutôt l'inverse. On part des choses de la nature pour ensuite le synthétiser en laboratoire.
- Speaker #1
Alors, tu as raison, ça a été une des grandes, tu vois, ça a été les cent ans, je veux dire, de la transformation de la chimie de synthèse. Mais aujourd'hui, tu as une évolution des biotechnologies qui te permet de prendre la nature, elle a créé la totalité des composants, des états, des matériaux, etc. Donc, tu t'inspires de la nature et aujourd'hui, tu es capable de le monter à l'échelle. Donc ça c'est... ce que font les équipes de recherche. Et puis, j'ai une deuxième équipe que j'ai la chance d'accompagner dans le monde, qui est tout ce qui est l'informatique, la technologie, l'intelligence artificielle. À la fois parce que, tu imagines, l'oral, c'est 90 000 employés. Donc, il faut qu'ils aient tous leurs ordinateurs, des systèmes pour passer les commandes, pour formuler, pour faire le marketing, pour créer les pubs, etc. Et puis, tout ce qui est aussi dans l'interaction avec le consommateur. Aujourd'hui... Tu vois, un groupe comme L'Oréal, il fait plus de 25% des ventes en e-commerce. OK. Passer la commande, préparer la commande. Toi, quand tu attends une commande, tu veux qu'elle arrive dans les deux jours. Tu vas donner un créneau entre 11h et midi. Tu vas donner ton adresse. Tu imagines toute l'information qui doit arriver. Tout le service aussi consommateur qu'on va faire avec toi. On va te prévenir quand ton colis arrive. On va te mettre, je dirais, la préparation et des échantillons spécifiques qui te ressemblent. Voilà. Donc, toute l'animation des réseaux sociaux, les services. Donc, voilà. Donc, tu vois, c'est ces deux grandes fonctions.
- Speaker #0
Et donc toi ? tu diriges tout ça, donc ça veut dire que les équipes en fait te font des retours sur leurs différentes avancées leurs découvertes ou peu importe, leurs organisations et toi tu dis ok ça c'est bien on va plus faire ci,
- Speaker #1
on va plus faire ça alors d'abord je me mets pas en haut et je dis comme ça sur un tabouret non ça se passe pas du tout comme ça, d'abord on travaille ensemble avec l'équipe en se disant et en regardant ce à quoi on doit répondre, les évolutions qui sont en train de se passer, que ce soit scientifique, technologique, ce que nos consommateurs attendent, l'évolution des sociétés, on observe tout ça et on se dit, ce qu'il faut qu'on arrive à faire, et tu imagines, il y a énormément de directions qu'on doit suivre, et on va définir nos priorités. Et puis ensuite, on va se dire, telle équipe va gérer ça, telle équipe va gérer ça, et pas toute seule, avec d'autres équipes chez L'Oréal, comme je te le disais, avec des fournisseurs extérieurs, avec des scientifiques extérieurs, avec les grands de la tech extérieure. On va se faire un programme, j'ai envie de dire. On va se fixer des ambitions. On est quand même des gros compétitifs. C'est comme au sport. On adore les compétiteurs parce que ça nous secoue, mais on n'aime pas quand ils font des trucs bien, donc on va les regagner, etc. Et à partir de là, ils vont travailler. Mais souvent, je vais travailler avec eux. Et puis oui, on va au fur et à mesure regarder nos avancées, regarder ce qui coince. Si tu veux, moi, au fond, si je devais te raconter mon métier, ce n'est pas je suis en haut et vous faites ci, vous faites là. Oui, c'est ça. Où est-ce que vous en êtes ? Et je contrôle. Bien sûr. je suis un patron. C'est aussi mon rôle de regarder par ailleurs quel argent tu mets où, sur quelle priorité, comment tu arbitres tes budgets. Bien sûr, je fais tout ça. Mais au fond, si je te le raconte en vrai, ma plus grande responsabilité, c'est que ces équipes-là, elles soient sur les justes priorités, et ça, c'est compliqué, et ça, je le discute avec mon patron, avec mes collègues, avec eux, etc. Ça, je dois m'en assurer, et avec de l'agilité pour s'adapter parce que le monde bouge toutes les deux minutes. Et ensuite, c'est d'avoir le meilleur talent pour le faire. Moi, mon premier rôle, c'est d'avoir dans ces équipes les plus forts, les plus smarts, les plus collaboratifs, les plus créatifs, et d'être sûre de les promouvoir, de leur donner des opportunités, d'avoir des jobs. Comme moi, j'ai eu, toi, tu m'interroges sur mon job aujourd'hui, mes patrons à l'époque, ils m'ont permis d'avoir des jobs différents, d'être promus, de me dépasser, d'oser, etc. Quant à ça... Quand t'as des équipes qui sont comme ça, et c'est pas facile, 4000 personnes d'un côté, 1500 de l'autre, t'imagines, il y a tout le temps des histoires, des machins, des bons, des moins bons, des moments. Donc, mon job, c'est un très très grand job de ce qu'on appelle le management.
- Speaker #0
Et parce que tu fais aussi du recrutement, toi, en direct ?
- Speaker #1
Non, j'ai des...
- Speaker #0
Il y a des ressources humaines ?
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire, j'ai des patrons de ressources humaines qui vont recruter en fonction de nos besoins, etc. Mais je rencontre beaucoup, beaucoup, effectivement, des gens qui vont nous rejoindre, ou des gens qui sont chez nous et qui vont changer de job, à qui on va donner une promotion, à qui on va donner une nouvelle responsabilité, un nouveau projet, parce que... Moi, je ne gère pas sur mon ordinateur des chiffres, des machins, etc. Je le fais, bien sûr, déjà avec ma finance et tout. J'ai besoin de rencontrer les gens. Quand tu confies une responsabilité à quelqu'un, tu vois, j'étais, je vais te raconter une anecdote, j'étais hier avec un chercheur formidable qui travaille chez moi, qui est indien et à qui je propose de prendre vraiment un super nouveau job. C'est un nouveau challenge. Est-ce qu'il est totalement prêt ? Non. Est-ce qu'il va avoir le talent d'y arriver ? Je ne le nommerai pas si je ne le croyais pas. Donc, tu vois, hier, je passe une heure avec lui en lui disant, je te rassure, je sais, moi, ta patronne, quand je te nomme, que tu n'es pas totalement prêt. Parce qu'il était anxieux, il me disait, attends, moi, il faut que j'apprenne ci, il faut que je regarde. Je lui disais, calme-toi, ce n'est pas ça qui compte. Donc, tu vois, ce qui va compter, c'est de dire, si on t'a élu, et ce n'est pas moi toute seule, si on t'a élu, nous tous, on te reconnaît pour ce job-là, il faut lui donner la force, mais il faut aussi avoir l'honnêteté de lui dire, il faut que tu bosses là-dessus, il faut que tu fasses ça. et que toi tu sois en support, tu vois, en permanence. Donc c'est passer du temps, moi je ne recrute pas, même si je vais sur les campus, si je rencontre des étudiants, si je rencontre les nouveaux embauchés très régulièrement, etc. Mais ton job, c'est un job humain. Il n'y a pas que les ressources humaines qui font l'humain. Si tu es un manager, dès que tu as une équipe, ou dès que tu as des collègues, c'est de l'humain, tu sais.
- Speaker #0
Ok, hyper intéressant. Alors du coup, est-ce que tu... Je pense que ça n'existe pas vraiment, mais est-ce que... Tu pourrais nous donner un exemple de journée type de travail que tu fais. Généralement, est-ce que déjà, tu te lèves toujours à la même heure ? Tu dois aller au bureau à une heure précise ou comme tu es la patronne, tu peux dire non, il y a ce truc-là que je fais en télétravail, ce truc-là que machin.
- Speaker #1
Écoute, ce n'est pas du tout parce que je suis la patronne, parce que moi, j'ai les mêmes droits de télétravail que les autres. Bon, moi, je ne suis pas très fan des télétravails, comme tu viens de comprendre ce qui m'intéresse. C'est de croiser les gens, c'est de discuter en vrai. Tu vois, on a fait une réunion par visio tous les deux pour préparer cet entretien. Ça n'a rien à voir avec le moment qu'on a en échange maintenant. Et on fait des choses. Donc moi, voilà. Mais j'ai les mêmes droits. C'est pas parce que t'es patron que t'as des droits différents, etc. Et écoute, moi, je suis quelqu'un de très matinal. J'adore l'aube, j'adore le matin. D'abord parce que c'est un moment extrêmement calme du monde, dans ma maison. C'est d'abord ça. Il n'y a personne qui me dérange. Je m'oblige à ne pas lire mes messages, puisque comme je travaille dans le monde entier, j'ai une première heure à moi.
- Speaker #0
Du coup, tu te fais harceler de messages toute la journée.
- Speaker #1
Harceler, non, mais en tous les cas, avec les plus horaires, j'ai des équipes en Asie, des équipes dans les Amériques. Donc, par définition, tu as toujours un flux d'informations qui continue. Donc, moi, je me lève vers 5h30, 5h45.
- Speaker #0
C'est naturellement où tu mets un réveil ?
- Speaker #1
Écoute, j'ai longtemps mis un réveil et aujourd'hui je l'éteins avant qu'il ne sonne dans la plupart des cas. Mais même le week-end et les vacances, je suis vraiment quelqu'un qui se lève tôt. Alors un peu plus tard, à 6h, 6h30 peut-être en vacances, mais tu vois. Et je fais des siestes, oui, ça c'est la grande grasse mat. Et donc j'arrive tôt au boulot. Donc tu racontes une journée type. Quand je suis en France, parce qu'une partie de mes journées types, c'est d'être avec mes équipes dans d'autres... partie du monde ou d'être avec nos clients ou d'être avec nos fournisseurs. J'ai une première heure, j'arrive assez tôt donc au travail, donc j'ai une première heure toute seule où je vais lire justement tout ce qu'on m'a écrit, je vais organiser ma journée, je vais lire la presse, je vais lire des revues de presse, je vais avoir une heure si tu veux qui va me nourrir et qui va me préparer un petit peu ma journée. Ensuite ma journée, écoute, elle est faite de réunions avec mes collègues des marques, elle est faite avec des collègues des zones, elle est faite avec des équipes sur des sujets précis mais mais c'est... Beaucoup de réunions, beaucoup de ce qu'on appelle des one-on-one. Une seule personne vient, on fait le point, où est-ce qu'il en est, comment il avance, un projet précis. Assez régulièrement, une nouvelle qui arrive comme ça sur mon bureau. Il y a un problème ici, il y a un changement là, il y a une accélération à voir.
- Speaker #0
C'est ça que t'es déjà rêvé ? Il y a un truc qui vient sur ton bureau, genre tu dois prendre un avion pour aller au report dans le monde.
- Speaker #1
Écoute, dans la journée elle-même, non. Et puis... Aujourd'hui, avec les visions, on peut très vite se connecter avec le monde entier. C'est un petit peu différent, mais bien sûr. Sinon, c'est assez planifié.
- Speaker #0
Juste, tu disais que tu lis les news du matin. Ça a un impact direct sur ton travail, les informations du matin, les informations quotidiennes ?
- Speaker #1
Bien sûr. D'abord parce que quand tu travailles sur la beauté, tu travailles pour les gens et tu essayes de répondre à leurs aspirations, individuelles et collectives. Tous les mouvements de société, toutes leurs attentes, tous les besoins... Ils apparaissent phénoménalement au travers de ces articles. Tu vois bien les mouvements qui sont en train de se passer. Donc ça, c'est des choses qui m'intéressent profondément. Ensuite, tu as dans toutes les publications, des publications sur « il se passe ça dans la tech » , « il y a telle nouvelle application » , « il y a tel nouvel influenceur » . Tu vois, pour comprendre toutes ces dynamiques, où il y a telle nouvelle science, où il y a telle découverte. Donc il y a aussi tout ça, toute cette partie-là. Et puis, la dernière partie, c'est la partie financière, donc géopolitique. Qu'est-ce qui se passe dans le monde ? Là, on est au moment des élections américaines, on voit bien qu'il y a un certain nombre d'annonces qui ont été faites. Qu'est-ce que ça peut avoir comme implication pour nous ? Comment ça nous fait réfléchir ?
- Speaker #0
Après l'élection de Trump, concrètement, Est-ce qu'il y a eu une implication directe pour le groupe L'Oréal aux États-Unis ?
- Speaker #1
Écoute, sûrement, pour l'instant c'est encore un peu flou, mais un groupe comme L'Oréal, il travaille pour 150 pays. Nous, on a plutôt la chance d'avoir des équipes aux États-Unis, d'avoir des usines aux États-Unis, d'avoir des centrales de distribution aux États-Unis, mais tu as des produits, le parfum de luxe est fabriqué en France, il y a des taxes d'exportation, par exemple. Tu sais, il peut y avoir des tonnes de choix, donc c'est quand même extrêmement intéressant. Tu peux avoir des choix fiscaux, tu peux avoir… Donc tout ça va avoir une influence. comprendre ce qui se passe dans le monde, ou essayer en tous les cas de comprendre ce qui se passe dans le monde, ce qui se passe aussi profondément dans la société. Tu vois, les aspirations de l'estime de moi, la façon dont ça passe. Je te racontais une histoire, tu parlais des États-Unis. Tu vois, pendant un moment, les femmes afro-américaines, elles voulaient absolument se lisser les cheveux, parce que c'était dans les années 40, 50, parce que ça ressemblait à des modèles archétypes, si tu veux. Bon, si tu regardes les phénomènes de société, les afro-américaines aujourd'hui, et Dieu soit loué, elles ont ces cheveux magnifiques, elles laissent libre. elles ont ces coiffures extraordinaires donc ça ne te paraît rien mais tu vois de saisir ces phénomènes quand ils arrivent c'est-à-dire que les équipes de recherche de l'oral il faut immédiatement qu'elles travaillent sur des formules qui magnifient ces boucles qui il y a des ce sont des cheveux très différents à traiter dont on doit prendre soin etc voilà ça c'est un exemple assez concret après tu as si tu regardes aussi la façon dont les maquillages évoluent là encore tu as des tu as des styles de maquillage tu as ces fameux maquillages nude qui sont sortis, ça veut dire ou je ne suis pas maquillée mais je suis incroyable mais à la vérité tu es maquillée avec des produits très spéciaux très techniques, donc comment on va saisir ces envies des consommateurs comment on va saisir aussi des ruptures de sciences et les transformer le réchauffement climatique et l'agression du soleil les UV, ce qui est pire pour la peau et la peau c'est le premier organe d'un être humain tu vois, donc mettre nos équipes de recherche à travailler mais plus que ardemment ce qu'elles ont fait pour découvrir un nouveau filtre solaire Merci. et extraordinaire qui va filtrer des bandes passantes d'UV différentes, UV mûnes, ça n'est pas que de ça, tu imagines bien, mais c'est aussi être capable de saisir ce qui se passe. Donc moi, j'ai toujours besoin de lire cette presse et de me renseigner.
- Speaker #0
Donc tu as commis des erreurs ?
- Speaker #1
Dans mon parcours ? Ouais. Et encore aujourd'hui. Heureusement, c'est juste que je suis un être humain. Ça aussi, moi, je... Tu vois, il y a un mot, ça je veux te le dire, il y a un mot que je déteste, c'est rôle modèle. Je sais pourquoi. Pourquoi ? Un peu ce que tu disais tout à l'heure, ce patron Superman, Wonder Woman. J'ai les trucs de Wonder Woman, mais ça n'existe pas. Heureusement qu'on n'est pas parfait. Si tu ne fais pas des erreurs, tu n'apprends pas de tes erreurs. Après, c'est comment tu le reconnais, comment tu réagis vite et comment tu ne les fais pas. Mais tous les jours, on fait des erreurs d'une certaine manière.
- Speaker #0
C'est ça, parce que moi, je le sais. Je pense que je fais plus de micro-erreurs que de grandes victoires au quotidien. Je fais peut-être 80% de micro-erreurs où ça c'est pas parfait, ça c'est pas parfait, ça c'est pas parfait. Et puis après tu finis par avoir une petite étincelle et t'as une grosse victoire. Est-ce que toi t'as un exemple d'erreur ? tu as pu commettre ?
- Speaker #1
Bien sûr, des erreurs, on en fait tout le temps, mais je vais te raconter. Par exemple, l'important, c'est de les corriger vite et d'en apprendre et de partager. Justement, de partager, tu peux faire des erreurs, etc. Des erreurs, j'en ai fait quelques fois en nommant des gens qui n'étaient pas les bonnes personnes. Des erreurs, j'en ai fait en nous disant... Tu vois, on avait vu le film « Le cinquième élément » . Et on trouvait complètement dingue cet objet qui te permettait de te maquiller, tu vois, sur un clic. Bon, ben, on l'a exploré, on l'a vu à la main,
- Speaker #0
c'était... C'est fou de se dire, en tant que personne qui n'est pas interne dans le groupe L'Oréal, de se dire, ok, donc en fait, même le groupe L'Oréal peut s'inspirer de films ou de choses comme ça.
- Speaker #1
C'est incroyable. Si tu veux, encore une fois, quand tu travailles la beauté, tu travailles trois choses. Tu protèges les gens du soleil, des agressions, de maladies... peau etc tu travailles à les soigner cette hygiène mais voilà et tu travailles à les à leur permettre d'être qu'ils ont envie de se représenter au monde par exemple j'avais envie de me représenter à vous en blonde je ne suis pas blonde tu vois mais ça me plaît j'ai fait pas blonde de base non pas blonde de base moi j'ai essayé à peu près toutes les couleurs tu sais tu travailles chez le leader de la coloration pour cheveux donc j'ai mais là en ce moment mais Mais ils changent souvent de couleur ? J'ai changé beaucoup de couleurs, j'ai quand même pas mal de cheveux blancs, donc le blanc ça me les cache un petit peu. Mais si tu veux, c'est aussi comment tu as envie de te présenter, et tu n'es pas toujours pareil, parce que tu appartiens à un groupe aussi qui a des codes de look, de coiffure, c'est pas toi que je vais le dire, toi tu as ta petite barbe groumée, bon t'appartiens quand même. Donc, si tu veux, nous, c'est ça nos objectifs. Qu'est-ce qui nous inspire ? Ce sont donc les attentes et les rêves, si tu veux, de chacun. Et ça, les films, les romans, les objets, la façon de vivre, tout ça nous inspire tous les jours. Tu n'imagines même pas comment on observe ça. Et bien sûr, certains des films nous inspirent beaucoup.
- Speaker #0
Et du coup, quand vous avez voulu faire le truc en un clic, ça n'a pas marché ?
- Speaker #1
Ben non, parce que vraiment, c'est... techniquement, sûrement il y a des génies qui vont y arriver, mais tu vois, Luc Besson, il l'avait imagé. Mais techniquement, on n'y arrive pas. C'est trop complexe parce que la paupière bouge, parce que les formes des yeux sont si différentes. En tous les cas, dans l'état actuel de la tech, on n'y arrive pas.
- Speaker #0
Alors, il y a un sujet qu'on n'a pas encore abordé, c'est le fait d'être une femme dans ces milieux-là. Est-ce que toi, tu as ressenti des difficultés supplémentaires du fait d'être une femme pour réussir dans ta carrière ? Est-ce que tu as subi des discriminations ? liées à ça ? Ou est-ce que tu as vu des discriminations dans ce milieu-là ?
- Speaker #1
Écoute, moi, j'ai 56 ans, tu vois, donc j'ai fait mon école d'ingénieur, il y a, après le bac, tu vois, je ne sais pas trop quoi faire. Et c'est vraiment une école que j'ai faite parce que je me suis entraînée pour mes concours. Pour passer le bac, j'ai fait des concours pour m'entraîner pour le bac. Et il se trouve que les concours que j'ai fait m'ont permis de rentrer à cette école. Donc tu vois, encore une fois, moi, je n'avais pas un plan, je ne sais pas du tout ce que j'allais faire, je voulais être garde forestier. Alors, tu vois, quand j'étais enfant, je voulais être garde forestier, éthologue. Enfin, je voulais être dans la nature. Et tu vois, quand je fais cette école d'ingénieurs, c'est une promo de 200 élèves et on est 13 filles. Donc, c'est une histoire de temps. Aujourd'hui, elles sont plus nombreuses et j'espère qu'elles seront de plus en plus nombreuses. Mais si tu veux, ça arrive un peu... On n'est pas nombreuses. Donc, ma génération de femmes, on n'est pas nombreuses dans certains métiers techniques parce que l'éducation... Et moi, je dis, toutes les jeunes filles, les métiers techniques, de temps en temps, on se dit, est-ce que je vais y aller, etc. énormément et toutes les équipes ont essayé de discuter c'est juste génial c'est pas que de la maths abstraite et c'est je vous raconte ce que je fais ça a pas grand chose à voir donc si tu veux donc moi quand je rentre dans le monde professionnel dans des métiers techniques tu sais un moment j'étais directeur d'usine par exemple on est un peu les premières générations des premières femmes qui vont être directeur d'usine et l'ensemble des équipes elles ont toujours eu des hommes directeur d'usine et c'est pas si tu veux j'ai jamais rencontré de vraies hostilité. parce que j'ai la chance d'abord d'être chez L'Oréal, qui est un groupe qui s'est profondément volontairement engagé pour qu'il y ait des femmes qui atteignent des jobs importants. Mais toutes les diversités, pas que les femmes. Mais là tu me poses la question sur les femmes. Donc j'ai été entourée de, on va dire, patrons volontaires. Bon, pas toujours le cas, ce n'est pas encore toujours le cas, ou à l'époque ce n'était pas toujours le cas. Donc des hostilités nettes, non. Sentir que j'étais une femme, que c'était différent, on me le répétait tout le temps. Il n'y a qu'à moi que ça... Si tu veux, moi je ne me posais pas la question, mais tout le monde me le disait tout le temps. Je vais te raconter mon premier jour, toute seule comme directrice d'usine. J'arrive à l'usine, elle est à Rambouillet, près de Paris. C'est une grande usine qui fabrique des shampoings, des après-shampoings, des lignes de conditionnement, des grandes cuves de fabrication, toute la qualité, la sécurité, les laboratoires de contrôle qualité. J'étais dans mes petits souliers. t'imagines, j'ai 30 ans, je vais diriger plusieurs centaines de personnes, j'ai tout à apprendre, j'en suis consciente. Et en plus, les jobs que j'ai fait avant, c'est ce que je te racontais, c'était pas le parcours classique pour être directeur d'usine. Bon. Donc j'arrive. Et là, devant ma porte de bureau, il y a un certain nombre de collaborateurs et de délégués qui sont, mais pas contents. Je vois bien, ils sont pas contents.
- Speaker #0
La meute de collaborateurs,
- Speaker #1
pas contents. Donc, tu vois... Moi, je mesure à peine 1m60. C'était mon premier jour seul. Avant, j'essayais qu'on prédécesseur. Et là, je me dis, qu'est-ce qui se passe ? Je vous apporte mon bureau, je sers un café, du thé, enfin, ce que je ferai à la maison, si tu veux. Et à un moment, je comprenais. Il me disait, ça passe, ça passe. Je me disais, mais que se passe-t-il ? Qu'est-ce qui se passe ? Et ils m'ont dit, c'est pas possible parce que vous êtes une femme. Eux m'ont dit ça. Et c'était incroyable, si tu veux. Mais il disait quelque chose qui... Encore une fois, il ne l'avait pas vue, il pensait que ça allait être compliqué, etc. Et je leur ai dit, écoutez, d'abord, intérieurement, j'étais hyper stressée, c'était impressionnant, puis c'était un choc, si tu veux, de recevoir cette phrase. Et moi, je leur ai dit la vérité, je leur ai dit, écoutez, un, c'est comme ça, je suis une femme, ça, je ne peux vraiment rien y faire. Deux, j'ai beaucoup de choses à apprendre de vous, ça, c'est certain. Trois, j'ai été nommée, donc, et on va essayer de le faire. Et puis, si dans six mois ou dans un an, on a un vrai problème, on fera le constat tous ensemble. Alors là je le raconte avec beaucoup de calme, j'étais vraiment stressée, je ne la racontais pas comme ça. Je leur ai dit en revanche, il n'y a qu'une chose. parce que ça s'était un peu emballé, j'ai dit moi, effectivement, le fait d'être une femme, je n'ai pas envie de gros mots, et on se calme, etc. Donc j'ai toujours eu un dialogue social par ailleurs, et les choses se sont bien passées, ça a été dur, voilà, ça a été dur ce métier, mais pas parce que j'étais une femme. Et dans plein d'autres réunions, tu vois, j'ai fait un dîner la semaine dernière, j'avais des financiers, t'es la seule femme. Mais c'est de plus en plus rare. Chez L'Oral, c'est vraiment devenu quelque chose de… Les grandes patronnes de la tech et de l'intelligence artificielle sont des femmes, les grandes patronnes de laboratoire sont des femmes, les grandes patronnes de direction industrielle sont des femmes, autant que des patronnes de marques. Et il y en a de plus en plus dans pas mal de boîtes et dans le monde politique. C'est de plus en plus. La seule chose, si tu veux, c'est que tu te retrouves encore souvent en minorité où on te dit à toi que tu es une femme, par exemple. La question que tu viens de me poser.
- Speaker #0
C'est exactement ça.
- Speaker #1
Tu n'allais pas la poser à un homme ? Si tu veux, moi, je suis avec des journalistes. Je viens de parler de L'Oréal, comme directrice générale adjointe, comme patronne de la recherche, comme patronne de la tech. J'ai plein de projets à leur raconter, etc. Ils me demandent ma beauty routine du matin. Voilà. Ou ces questions-là. Moi, j'entends encore aujourd'hui, si tu veux, des gens en disant qu'elle a un management un peu maternaliste. Alors ? On dit paternalisme pour des hommes, enfin, de moins en moins, où on dit, on va mettre deux nanas dans ces deux jobs, ça va se tirer la boue. Ben non. Donc, tu vois, c'est plutôt ces choses-là. Après, moi, j'ai toujours trouvé que, c'est comme dans mes équipes, si tu veux, moi, j'ai des gens qui sont super différents les uns des autres, ils viennent de plein de pays, de plein de cultures différentes, ils ont des parcours, des expériences, des milieux familiaux qui sont différents. Si tu crées l'espace, pour que se sentent égaux. C'est ça qui est important. Heureusement qu'il y a cette diversité, parce que sinon, on penserait d'une manière, ça n'a aucun intérêt. Donc, être une femme, c'est amener ta perspective. Moi, quand j'étais patronne d'usine, je vais reprendre ça, ou dans d'autres jobs, où je suis avec beaucoup d'hommes, etc., je n'ai jamais changé, par exemple, physiquement, qui j'étais. Et pourtant, j'ai des femmes qui m'ont dit de le faire. Maquille-toi moins, mets moins de jupe. Tu vois ? Non, c'est moi, quoi. Je me rappelle aussi de femmes qui m'ont dit... On était choqués parce que dans la réunion-là, tu as servi le café. Je leur ai dit, chez moi, je sers le café. Donc, laissez-moi être moi. Et c'est vrai que c'est ça. Mais ce qu'il faut que les jeunes femmes, qui font leurs études en ce moment, qui sont au collège, qui sont au lycée, qui démarrent leur parcours, comprennent, etc. D'abord, elles sont dans un monde du travail qui a envie d'elles, beaucoup plus, dans beaucoup d'endroits. Pas partout, il y a encore des machos. Mais on a envie d'elle, vraiment. Parce qu'on sait aujourd'hui qu'un monde qui pense que d'une manière, ça ne va pas le faire. Elles ont une différence à apporter. Et je n'ai jamais vu de ma vie, ça fait 33 ans que je travaille, et comme tu l'as compris, je travaille dans plein de métiers différents, je rencontre des tonnes de gens fantastiques chez L'Oréal, fantastiques à l'extérieur. Il y a autant de cons que de connes. Il y a autant de gens qui sont intelligents que intelligentes. c'est C'est pas déterminé par le genre, c'est déterminé par qui tu es, qui tu as envie d'être. Et ça, c'est la chose la plus compliquée, parce que c'est un truc, t'es pas aussi déterminé quand tu démarres, tu vois ? Ça se construit, moi la femme que je suis aujourd'hui, elle a rien à voir avec la petite jeune fille qui rentre chez L'Oréal il y a 33 ans. C'est des parcours, c'est des rencontres, etc. Mais le genre, homme-femme, oui je l'ai senti dans mes études, oui je l'ai senti dans ma vie professionnelle, j'ai toujours considéré que j'ai été privilégiée. Et puis, chaque fois que je ne l'ai pas été, il y a des pays aussi où on ne me traitait pas de la même manière, où on me disait surtout, prends un traducteur homme, parce que je ne parlais pas la langue. Donc, ce genre de choses, quand même un peu mignons, ou des choses comme ça, ou bien, ça va les filles ? Il y a des milliards de choses qui ne sont pas des agressions volontaires. Mais ça n'a jamais été un blocage pour moi, et j'ai même envie de te dire, ça a été un moteur, parce que moi, je me dis... J'ai 56 ans, ça fait 33 ans que je bosse. Assez rapidement, j'ai eu la chance d'avoir ce job. Et beaucoup de jeunes femmes, des étudiantes, etc., parce que je le faisais, me disaient « alors je peux le faire » . Et je me suis toujours sentie cette petite responsabilité. Moi, je vais avoir un impact limité. Mais tu vois, c'est ça.
- Speaker #0
Ça te raconte ? Si, ça fait très sens. Tu m'as dit que ça fait 33 ans que tu es chez L'Oréal, donc tu étais chez L'Oréal. Je n'étais même pas conçu ni dans le sens de ma mère, c'est fou. C'était la seule entreprise dans laquelle tu as travaillé de toute ta vie ? Oui, oui monsieur. Fidélité 100%. Tu n'as jamais eu envie de changer ?
- Speaker #1
Si, bien sûr. Oh là là, bien sûr. Je suis juste normale, comme tout le monde. Comme tout le monde. J'ai eu des propositions à l'extérieur. J'ai adoré ce que je faisais. Il y a des moments où je me posais des questions.
- Speaker #0
Tu as déjà eu des propositions à l'extérieur qui étaient financièrement plus intéressantes que ce que tu avais à L'Oréal, mais tu es quand même restée à L'Oréal par loyauté ou perspective d'évolution ? Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Juste pour te dire, je vais répondre à la deuxième question. Oui, j'ai eu des propositions à l'extérieur où j'étais mieux payée. c'est pas ça qui a été déterminant pour la jeune parce que tout le monde va dire oui mais avec ce qu'elle gagne aujourd'hui etc et c'est vrai que j'aime bien ma vie mais non et ça c'est quelque chose que j'ai découvert et appris très vite l'entreprise dans laquelle tu es les valeurs qu'elle a vraiment profondes la façon dont elle nous traite dont elle nous forme dont elle nous fait des propositions de jobs différents t'imagines les jobs différents que j'ai eu en 33 ans tu dis t'es resté 33 ans Oui, j'ai fait des choses si différentes. Mais j'ai toujours eu des propositions extérieures où j'ai toujours regardé comme un être normal. Et d'ailleurs, je conseille souvent des gens qui viennent me voir en me disant « Va faire les entretiens, regarde. » Parce qu'il faut savoir pourquoi on reste. Il faut que ce soit un acte volontaire.
- Speaker #0
Tu as déjà fait des entretiens pour d'autres boîtes.
- Speaker #1
Quelquefois, oui. Pas depuis longtemps, mais quelquefois, oui. Bien sûr, j'ai été regardée comme tout le monde. Et à chaque fois, je me suis dit j'ai vraiment des choses à faire j'ai envie d'impacter et quelquefois où il y a un truc qui ne me plaisait pas j'ai un patron à qui je l'ai dit c'est hyper important parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens qui n'osent pas j'ai
- Speaker #0
eu moi la chance vraiment d'avoir des patrons j'ai eu que des hommes comme Patrick tu penses que du coup une personne qui se sent mal dans son travail elle devrait de toute façon, le communiquer à son supérieur. Et si son supérieur lui dit « t'es stupide, c'est n'importe quoi » ou « supporte » , la personne devrait partir ?
- Speaker #1
Écoute, en tous les cas, s'il y a un truc qui ne te plaît pas, il faut absolument... Tu peux en parler à ton patron, tu peux en parler aux ressources humaines, tu peux en parler à tes collègues, tu peux en parler aux délégués. Ça dépend vraiment du sujet. Mais moi, tu vois, ce qui ne me plaisait pas, c'est que je trouvais qu'on devait changer ici, qu'on aurait dû faire ça, enfin voilà. Tu imagines bien. Et j'en ai, à chaque fois, je pense à chaque fois, mais je pense à une fois en particulier, parler à mon patron, qui m'a dit une chose qui m'a beaucoup marquée. Alors, quelquefois, j'ai raconté des choses et il m'a expliqué que je raisonnais comme une patate. Donc, quelquefois, il faut aussi... Oui,
- Speaker #0
mais il faut avoir... C'est important d'avoir cette honnêteté.
- Speaker #1
Oui, oui, tu te frustres, etc. Il faut donc que tu te dialogues. Et lui m'a dit, écoute, tu as raison, je le trouve aussi, parce qu'il est quand même smart, un patron qui dit ça, et il dit, mais tu vois, si... Si tu t'en vas, comment on va le régler ? Puisqu'on a ce problème, occupe-toi. Parce que si des gens qui, comme toi, ont envie que ça se modifie, s'en vont, ça ne va jamais se modifier. Et j'ai trouvé, alors ça me paraît très simple, mais sur le coup, ça m'a vraiment tenté, etc. Donc moi, je suis restée chez l'oral pendant 33 ans déjà. Pas en me disant le jour 1, je vais faire toute ma carrière chez l'oral. Pas du tout. Tu vois, ce n'était pas du tout quelque chose de réfléchi. Ça s'est passé comme ça. Mais comme tout être humain, oui, j'ai regardé des choses à l'extérieur, j'ai eu la chance de rencontrer des tonnes d'entreprises tout au long de ma carrière, des propositions que j'en ai vues ou si je les avais sollicitées, mais j'ai toujours eu beaucoup plus de satisfaction dans ce que j'avais à réaliser à l'intérieur de L'Orel. L'Orel, c'est une boîte qui a grandi pendant ces 33 années encore, qui va encore grandir, tellement de choses à faire, tu ne t'ennuies pas.
- Speaker #0
Toi, tu te vois encore continuer longtemps chez L'Oréal. Est-ce que toi, tu te vois travailler jusqu'à la fin de ta vie ou avoir des activités jusqu'à la fin de ta vie ? Ou est-ce que tu te dis, dans 5-10 ans, je vais prendre ma retraite ?
- Speaker #1
Alors, d'abord, je n'ai jamais de ma vie planifié ma vie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois, je ne suis pas du tout... Il y a des gens qui savent, et je pense que ça serait pas mal, que de temps en temps, ça me calmerait, etc. J'ai 56 ans, je peux regarder un petit peu en arrière. Je crois que très clairement, 100% de ce que j'ai planifié, très précisément, ne s'est jamais déroulé.
- Speaker #0
Il se passe tellement de choses en un an.
- Speaker #1
Je ne pensais pas me marier, je ne suis mariée, je ne pensais pas rester toute ma vie chez l'oral, je ne pensais pas faire ce type de job. Donc si tu veux, en revanche, la vie a fait que des rencontres des envies, mon ambition de faire des choses. Et à nouveau, beaucoup de rencontres m'ont offert des opportunités. Donc si tu veux, maintenant, je m'en suis absolument fait une raison. Je sais un peu mieux ce que je ne veux pas. Tu vois, je sais un peu mieux. Parce qu'au fur et à mesure, tu sais encore mieux ce que je ne veux pas ou pourquoi je ne suis vraiment pas faite.
- Speaker #0
Ça, il faut tester plein de choses.
- Speaker #1
Mais voilà, mais tu vois, ça m'a permis de découvrir, etc. Donc j'ai une immense confiance dans l'avenir. Je ne dis pas que c'est simple. Je ne dis pas que je n'aurai pas des déceptions. Mais j'ai confiance en moi dans l'avenir. Quand tu réponds à la deuxième partie de ta question, qui est, est-ce que tu vas rester une femme active ou est-ce que tu vas être très... Comme tu peux le voir, je ne suis pas une femme très calme. Non,
- Speaker #0
mais parce qu'on a le début de parole, le début de tournage, c'est phénoménal.
- Speaker #1
Bon, je vais dire, non, mais j'espère pas trop. Non, et je ferai plein de choses, mais tout me passionne. Si tu veux, je fais une passion.
- Speaker #0
C'est ma petite été, quand même.
- Speaker #1
Tu vois, je peux imaginer, évidemment, toujours bosser sur certaines choses, accompagner. accompagner des équipes, accompagner des individus, comme devenir une spécialiste des champignons. Mais tout me passionne, moi. Donc, en tous les cas, je serai active.
- Speaker #0
Ok, incroyable. Alors, une dernière chose pour apprendre à mieux te connaître. Tu as ramené ton objet fétiche. Est-ce que tu l'as avec toi ?
- Speaker #1
J'ai amené mon objet fétiche. Je l'ai amené avec moi, regarde. Il est dans ma poche. Normalement, il est dans mon sac à main. Il est tout petit. Il est toujours avec moi. Ok,
- Speaker #0
là, il est là. Il me montre un petit sac à main,
- Speaker #1
etc. Tu vois, c'est ce rouge à lèvres.
- Speaker #0
Est-ce que je peux toucher ?
- Speaker #1
Vas-y, tu verras. Il y a un capuchon à aimants. Je te dis, sors la teinte. C'est un 302.
- Speaker #0
C'est comme ça.
- Speaker #1
Et pourquoi c'est mon objet ? Tu m'as dit, il faut que tu ramènes un objet très personnel. Alors lui, il est très personnel et il est vraiment avec moi tous les jours, tous les jours, tous les jours, tous les jours. Le week-end.
- Speaker #0
Depuis combien de temps ? Je suis sûr qu'il le garde juste pour toi, ce produit.
- Speaker #1
Il a un grand succès. Là, c'est le Valentino. En ce moment, j'ai la chance de travailler avec beaucoup de marques, donc ça pouvait être une teinte proche de Yves Saint Laurent ou de Lancôme auparavant. D'abord parce qu'il me rend forte, cette couleur-là, que j'adore, etc. Elle est un peu ma signature. Quand j'ai envie d'être bien, elle me plaît à moi. Je me plais avec cette couleur, et puis je sais que quand je me présente aux autres, j'ai ce rouge à lèvres, parce qu'il dit que je suis une femme aussi. Même s'il y a des hommes qui se mettent du rouge à lèvres. Mais si tu veux, ça rejoint tes questions. Moi, j'ai toujours aimé la féminité. Je trouve ça extraordinaire. Et puis parce que quand je regarde cet objet, et c'est vrai, je vois nos équipes. C'est-à-dire que je vois nos labos, je vois l'incroyable formule qu'ils ont faite, je vois nos équipes de design et de la marque qui ont travaillé.
- Speaker #0
Il y a un tas de détails que nous, on voit.
- Speaker #1
Moi, je connais comment ils ont pensé.
- Speaker #0
Est-ce qu'ils vont mettre des petites pointes ou pas des petites pointes ?
- Speaker #1
Ça, c'est les petites pointes de la marque Valentino. Tu le vois sur leurs chaussures, etc. donc Tu vois, je peux voir toute la genèse ou toute la machine qui est derrière, comment les usines vont le fabriquer, comment ça a été distribué, comment le marketing va préparer les pubs.
- Speaker #0
Moi, je suis sûr qu'il pourrait discuter une heure de comment il a été fait.
- Speaker #1
Donc voilà, lui, il est vraiment un objet très personnel. Et il a cette fabuleuse magie, d'abord de me sentir belle, mais il a cette fabuleuse magie de rassembler mon moi personnel et mon moi professionnel.
- Speaker #0
C'est incroyable. Merci beaucoup. Maintenant qu'on te connaît un petit peu mieux, on va discuter un peu maintenant plus en détail de quelle est ta vision exactement et de comment est-ce que tu peux aider à motiver les jeunes femmes à entreprendre la carrière de leur rêve. Premier conseil que tu pourrais donner, tu es numéro 2 de L'Oréal. Comment on fait pour être recruté chez L'Oréal ? Est-ce qu'il faut juste le diplôme ou est-ce qu'il y a autre chose qui est regardé ?
- Speaker #1
Écoute, tu sais... chez L'Oréal, comme dans beaucoup d'autres entreprises, d'abord, on a la chance de recevoir beaucoup de candidatures. D'abord, il y a ta formation, par définition, quel que soit le type de job, que ce soit une beauty advisor maquilleuse pour une de nos marques, que ce soit un ingénieur dans une usine, que ce soit quelqu'un qui fasse du marketing ou de la communication, voilà. Donc, ça dépend quand même ce que tu as comme expertise et comme expérience, parce que tu sors d'école ou tu as déjà un peu d'expérience, mais tu sors d'école. Après, tu vas envoyer ton CV. Il faut déjà qu'ils tiennent un peu la route. Quelquefois, on reçoit des CV, ils ne sont pas clairs, on n'a pas les bonnes informations. Parce que ça nous permet quand même de regarder. Et puis après, tu vas avoir un entretien. Si tu corresponds au profil, imagine-toi, tu corresponds au profil qu'on recherche, on voit un influenceur, on va te rencontrer. Qu'est-ce qui va nous intéresser ? Ton diplôme va nous intéresser par définition parce qu'on va comprendre que tu as une maîtrise du sujet dont on a envie de bosser. Après, c'est toi qui va nous intéresser. C'est quoi nous intéresser ? C'est qui tu es ? Quelle est ta personnalité ? quelle est ton histoire, quelles sont tes envies. Voilà donc c'est compliqué dans les premiers entretiens c'est très très compliqué parce qu'on essaie d'être parfait moi je crois qu'il y a des espèces de guides à l'entretien comment réussir son entretien son machin etc ça me fait peur moi parce que à ce moment là on va jouer un personnage etc et 1 on peut être embauché dans une boîte qui ne correspond pas très bien donc faut arrêter de vouloir être parfait si je peux me permettre quand on dit mais alors moi c'est des questions que je pose pas mais de temps en temps on dit alors c'est quoi vos points d'amélioration etc Je suis perfectionniste. C'est bon, la réponse, on l'a eu 2 550 000 fois. Donc, tout ça, je le cite parce que ce qui nous intéresse, c'est l'individu, c'est son histoire. pas que des choses parfaites, parce que nous, on n'est pas parfait, on sait qu'on n'est pas parfait, et au contraire, ce qui va nous intéresser, c'est le parcours, ça n'a pas été fastoche, voilà ce qui se passe, voilà comment j'ai voulu, voilà ce que j'ai fait en sport, voilà ce que j'ai fait en... tu vois, n'importe quoi, c'est ça qui va nous intéresser, c'est vrai.
- Speaker #0
C'est intéressant parce qu'en fait, finalement, il y a un parallèle intéressant, c'est un peu vraiment comme une relation que tu pourrais avoir avec quelqu'un, dans le sens où, dans une relation, tu n'as pas besoin d'être parfait. On n'attend pas que tu sois parfait, on attend que tu sois toi-même et qu'en fait, que ce soit dans le monde de la reprise ou dans une relation, peu importe le type de relation, il y a un certain échange de valeurs, on retire quelque chose de l'interaction qu'on va avoir avec la personne.
- Speaker #1
Tu as tout à fait raison, c'est vraiment des échanges de valeurs, c'est vrai, c'est les mêmes valeurs.
- Speaker #0
Il y a des gens qui se correspondent et des gens qui ne se correspondent pas.
- Speaker #1
La boîte te correspond, la boîte ne te correspond pas. Moi, le conseil que je peux donner pour réussir un entretien, c'est d'aller dans une entreprise où on s'est quand même renseigné avant. Tu vois, quelquefois, je suis frappée chez des jeunes, c'est un peu tout azimut, etc. Et tu leur dis, pourquoi L'Oréal ? Ou pourquoi telle boîte ? Il n'y a pas beaucoup de choses. Et surtout, vis-à-vis de nous, c'est déjà un peu étonnant, etc. Mais je peux encore comprendre. Mais il faut que vous regardiez un tout petit peu. Et ça peut être une boulangerie, une PME, un grand groupe. Ce n'est pas ça, mon sujet. C'est, est-ce que la boîte que je rejoins, quand elle parle d'elle-même... Quand elle se vit, est-ce que je connais quelqu'un que je pourrais interroger qui bosse dedans, etc. Mais quand elle se décrit dans ses valeurs, etc., ça correspond à mes valeurs. Tu vois, tu me posais la question tout à l'heure, tu es restée 33 ans chez L'Oréal. Oui, parce que vraiment, ça embrasse mes valeurs. C'est une boîte qui est ambitieuse pour ses marques, qui est très humble dans sa façon de... On ne vient pas frimer, on ne vient pas faire du show-off, se montrer. Voilà, ce n'est pas du tout la culture de la famille qui nous a fondés. C'est une boîte qui est très sincèrement... impliqués dans la diversité et le développement durable. Vraiment, très sincèrement, et je peux te dire, vous n'avez jamais vu L'Oréal communiquer combien de dizaines, centaines de millions d'euros on met dans ces transformations pour le changement climatique, parce qu'on considère qu'en étant un leader, c'est notre devoir. Donc, tu vois, ce que je veux juste dire, c'est, à quelqu'un de jeune, essayez de vous renseigner sur la boîte, c'est quoi ses valeurs, comment parle le patron de cette boîte, comment parlent les employés de cette boîte, parce que, attends... Il y a les réseaux sociaux, il y a Glassdoor, on peut tout lire. Donc, vous avez des choses que nous, on n'avait pas, si tu veux. Donc, regardez. Si ça vous appelle, s'il y a quelque chose qui se passe, ça, c'est chouette. Et on a tous des paramétrages, des valeurs, des envies qui sont différentes. C'est quand même ça aussi qui est important. Il faut se renseigner sur la boîte avant.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que toi, il y a une ou plusieurs personnes qui t'ont inspiré dans ton parcours ? Qui ? Comment ? Pourquoi ?
- Speaker #1
Écoute, j'ai eu... En tous les cas, une personne qui a été un déclic. J'ai eu beaucoup d'inspiration. Les patrons que j'ai eus, les collègues que j'ai eus, les équipes que j'ai managées ont été vraiment des... Et là, je suis sincère, pas pour dire que... C'est vraiment des sources d'inspiration. Ils m'ont appris, ils m'ont montré. J'ai essayé de décoder leur comportement. Ils m'ont attiré vers des choses. Donc, j'ai eu beaucoup. Mais j'ai eu un déclic. Je t'ai raconté, quand j'ai démarré mon travail, et j'étais acheteur. Donc j'étais... dans mon petit bureau, à Aulnay-sous-Bois, en train d'acheter mes différents emballages, de rencontrer mes fournisseurs, etc. Et moi, je suis sortie de mon diplôme d'ingénieur en 1991. Par rapport à ton audience, ça va quand même sembler de la pro-histoire du Moyen-Âge, mais non. Et dans ces années-là, pour une jeune femme comme moi, le modèle qu'on nous donnait, c'était un peu ces femmes des années 80, avec des épaulettes, assez masculines, et au fond, tu sais, il y avait un... Si tu regardes les films d'ailleurs de ces années-là, elles sont un peu comme tu faisais tout à l'heure. C'était des femmes très masculines, d'une certaine manière, ou en tous les cas qui essayaient de mimiquer les gestes des hommes, qui étaient dans cette wind-light. Et moi, je ne m'y retrouvais pas. Je n'arrivais pas bien à m'identifier. Je voyais bien que ce n'était pas moi. Ce n'est pas du tout que je n'ai pas de la volonté, de l'autorité. C'est pas ça le sujet. Mais tu vois, ça ne me correspondait pas. Donc je me disais à ce moment-là que je ferais du boulot. Je n'aurais pas une grande carrière parce que si c'était ça qu'on attendait de moi, c'était trop loin de ce que ma famille, qui j'étais… Et puis, dans les fournisseurs que j'avais, j'ai rencontré un de nos grands fournisseurs, un des plus grands fournisseurs de ce que je devais acheter, de capsules, de flacons en plastique, etc., qui était dirigé par une femme. Elle s'appelle Alix, elle est devenue mon amie depuis. Mais à l'époque, Alix est un peu plus âgée que moi et elle était la dirigeante de cette entreprise. Elle avait plusieurs usines de fabrication d'emballages en France. T'imagines, quand je vois son nom et quand j'ai le rendez-vous, je m'attends à cette femme des années 80 avec des épaulettes. Et j'ai en face de moi une femme. tellement femme, tellement féminine, tellement normale. Elle est normale, elle est maquillée, ça ne va pas paraître rien, mais elle porte une jupe, des hauts talons, à ce moment-là, c'est des codes de pantalons, etc. Et très vite, dans la conversation, pas du tout parce qu'elle devait faire un truc pour ses enfants, donc elle m'expliquait des enfants, donc je me disais, tu peux être chef d'entreprise, tu peux avoir des enfants, tu peux avoir une vie de femme normale, etc. Puis j'ai travaillé avec elle, parce qu'elle était un de nos fournisseurs, j'ai été avec elle dans les usines, j'ai vu son humanité, j'ai vu sa féminité, la sienne. et j'en ai une différente, mais j'ai vu sa féminité normale et exprimée dans un monde pourtant qui était exigeant de direction, etc. Et elle, elle a été un déclic très important. Je l'ai vue et je me suis dit alors c'est possible.
- Speaker #0
Parce que du coup finalement en toi t'avais un peu cette envie d'ambition mais tu t'étais un peu stoppée.
- Speaker #1
Comme tout le monde, j'ai envie de faire plus, j'ai envie de voir plus grand, j'ai envie de gagner plus d'argent, j'ai envie d'impacter, etc. etc. Alors pas du tout pour le job que je fais aujourd'hui, je ne me suis jamais dit que j'irais là. Mais tu vois, je voulais un petit peu, mais je me disais peut-être que je ne correspond pas. Donc elle a été un déclic. Et je ne l'ai pas dit. Après, on a continué à travailler ensemble pendant des années, etc. Et puis, longtemps après, peut-être dix ans après, quand j'ai eu, je ne sais plus quel, tu vois, on m'a donné une responsabilité formidable et elle m'a envoyé un message en me disant « je suis tellement fière pour toi » . Et c'est là où je l'ai vue et je lui ai dit « écoute, maintenant, il faut que je te raconte quelque chose qui va te paraître » . Et elle n'avait même pas senti, elle était elle-même. Mais tu vois, de pouvoir voir des femmes qui étaient déjà elles-mêmes, c'était très libératoire pour la jeune femme que j'étais.
- Speaker #0
Alors, j'ai vu sur ton LinkedIn, parce que j'ai fait un petit peu de recherche, tu n'es pas la seule à avoir investi sur moi, ton mot préféré, tu n'as pas vraiment de citation préférée, ton mot préféré, c'est « oser » . Qu'est-ce que ça représente pour toi, le fait d'oser ? Et est-ce que tu as un exemple, toi, de moments où tu as osé dans ta carrière et où ça t'a permis de casser un plafond de verre, par exemple ?
- Speaker #1
Oser, oui, c'est un mot que j'adore. Oser, l'audace, rêver.
- Speaker #0
C'est le conseil que tu donnerais aux jeunes femmes ?
- Speaker #1
Alors, il ne faut pas que ça soit écrasant, tu vois, parce qu'il y a un peu... Rêver grand, rêver, ce n'est pas ça. C'est vraiment la chose la plus fantastique. Quand tu te l'autorises, même si on t'a dit le contraire dans ta famille, quand t'as dit le contraire tes profs, j'ai osé changer de job. tu vois, j'ai osé être directeur d'usine, je te le disais, parmi ces femmes qu'on nommait à l'époque, alors je n'avais pas un parcours industriel, j'ai osé sortir du métier d'ingénieur et j'ai osé aller vers des métiers de commerce pur, parce que l'Oréal m'a offert cette chance-là. J'ai osé prendre position, j'ai osé me prendre des coups, de faire des erreurs. Et plus tu avances, plus tu apprends des choses. J'ai osé avoir un enfant alors que je prenais une responsabilité. Ça te paraît des choses simples, mais tu vois, c'est juste de te dire je me fais suffisamment confiance bien sûr je vais faire des erreurs, bien sûr je vais avoir des challenges bien sûr il y a des trucs qui n'ont pas marché mais j'ose, parce que c'est quand même là on s'amuse le plus on s'éclate le plus, on se développe le plus et où le champ des...
- Speaker #0
il y a des gens qui s'auto-limitent dès le départ parce qu'effectivement s'il y a la notion d'oser ça veut dire que dès le départ il y a une peur ou un frein, que ce soit personnel ou extérieur toi c'était quoi les freins personnels ou extérieurs que t'avais ?
- Speaker #1
moi j'avais plein de freins, parce que je connaissais rien Je ne connaissais pas le monde de l'entreprise, ma famille ne vient pas du monde de l'entreprise. Ta famille faisait quoi d'ailleurs ? Ma mère est dans l'histoire de l'art et mon père dans la médecine et mon frère est journaliste.
- Speaker #0
C'est pour ça que tu étais dans l'histoire de l'art et l'art en général ?
- Speaker #1
Absolument, absolument. Donc eux, l'entreprise, c'était pas notre milieu, donc je connaissais pas grand-chose, etc.
- Speaker #0
Tu disais, je vais avoir l'air d'une quiche, je vais me tromper.
- Speaker #1
Non, non, non, je me suis dit, c'est chouette, d'abord je vais faire un truc différent de ce que fait ma famille. Je vais oser. J'avais plein d'auto-censures, entre guillemets, si je peux dire, en me disant... Je ne peux pas rêver d'être grand job parce que je suis une femme. Je ne peux pas rêver d'aller faire ce type de métier parce que je n'ai pas les compétences. Et puis au fond, tu oses. Tu oses essayer. Voilà, tu oses essayer.
- Speaker #0
Tu le fais une première fois et tu te dis, ah tiens, ça marche.
- Speaker #1
Ou tu te prends un coup et tu te dis, tiens, tu sais quoi ? Ce n'est pas mortel.
- Speaker #0
Bien vu.
- Speaker #1
J'ai appris. Ce n'est pas sympa sur le coup. Ce n'est pas mortel. Voilà. donc c'est oser et c'est T'entourer. T'as pas obligé de t'entourer de 250 personnes, etc. Faut que t'aies autour de toi une, deux, trois personnes à qui tu peux les raconter quand t'es hyper joyeux que t'as réussi des trucs. Autant que quand tu les as vraiment viandés, que c'était pas bien. Et chez qui tu vas pouvoir aller rechercher de l'énergie, du conseil, du support et qui va tout le temps te dire, tu sais quoi, c'est pas grave, vas-y. T'as ça qui est bien, t'as cette force-là. Voilà, donc c'est vraiment oser.
- Speaker #0
Alors pour les rencontres ou les mentors, c'est quelque chose que toi, tu cherches activement ? Oui. Ok.
- Speaker #1
Que j'ai cherché vraiment activement.
- Speaker #0
Ça, c'est intéressant parce qu'il y a beaucoup de personnes qui veulent des choses et elles se disent « Bon, ça arrivera quand ça arrivera » ou je ne sais pas.
- Speaker #1
J'ai eu la chance d'en rencontrer et qu'ils aient eu assez de gentillesse, de m'accorder un peu de... temps alors je dis pas que passer des heures et des heures avec toi un peu de temps ce que aujourd'hui vraiment ce à quoi je suis hyper attentif toi non job c'est moi je veux pas des entretiens d'une demi heure rentrer avec une personne moi on m'a offert ce temps là je vous ferai ce temps là donc j'ai eu la chance de rencontrer au boulot et quand je dis au boulot c'est chez l'oral mais dans les différentes sociétés avec qui ont bossé que ce soit nos clients que ce soit nos fournisseurs que ce soit les les différents providers de services autour de nous voilà dans des dîners dans des donc ça c'était vraiment des rencontres comme ça et puis quand j'ai vu des gens qui étaient intéressants qui m'inspiraient j'ai essayé de passer du temps avec eux sans être trop collante et je leur ai dit j'ai envie de discuter de ça est-ce qu'on peut trouver un moment pour le faire et dans la plupart des cas les gens m'ont donné ce temps là et après j'ai pas eu que des patrons que j'ai adoré il ne faut pas raconter n'importe quoi mais... Soit directement, soit autour de moi, il y avait des gens qui avaient des responsabilités, des hommes, des femmes, qui ont eu la gentillesse de passer du temps avec moi. Ou une autre chose, tu passes beaucoup de temps dans des réunions où toi tu as une partie, mais l'autre demi-heure ou l'autre heure, ce n'est pas ta partie. Tu peux faire deux choses, tu peux penser à ta liste de courses dans ta tête, tu peux taper sur ton truc, etc. Moi je suis plutôt à l'écoute, parce que ça me permet de les regarder, ce qu'ils racontent, évidemment, mais aussi comment ils se posturent. Moi, j'ai beaucoup appris en observant. Comment les gens se posturent, comment ils ont de l'autorité. On a toujours l'impression, c'est un peu ce que tu faisais tout à l'heure, tu sais, quand tu dis l'autorité, alors voilà, tu t'es tout de suite dressée, comme ça, etc. Moi, j'ai observé beaucoup d'hommes qui étaient dans des autorités très calmes, aussi calmes que je ne sais pas être, mais tu vois, qui parlaient comme ça, et qui imposaient un immense silence, puis qui disaient non, point. Et là, d'un seul coup, je me dis « Ah oui, tu peux exercer ton autorité comme ça, ou bien il est coincé, comment il va s'en sortir ? » Donc, l'observation, moi, vraiment, et c'est merveilleux, c'était des gens plus élaborés, qui avaient déjà des carrières. Donc observer, décoder, c'est assez passionnant.
- Speaker #0
Naturellement, je me dis pour une entreprise, si tu as des gens qui sont dans une réunion et que la personne a fini sa partie dans la réunion, je me dis naturellement, autant qu'elle parte de la réunion et qu'elle aille continuer ses tâches du quotidien, parce qu'elle est là en train de passer du temps qui n'apporte rien dans son travail ou pour l'entreprise. Qu'est-ce que tu penses de ça ? Parce que du coup, tu viens de me dire l'inverse en mode, non, mais du coup, c'est intéressant.
- Speaker #1
Un individu dans une entreprise, c'est une série de tâches très précise, c'est tout. Et donc, s'il fait la tâche, ça s'arrête. C'est pas ça l'entreprise. T'as bien sûr des tâches à faire. Moi j'ai des tâches tous les jours à faire. Tout le monde a des tâches à faire. Mais une entreprise, il faut faire ses tâches. Mais par ailleurs, ses tâches, tu les fais pas tout seul. T'es pas uniquement à faire que ça. C'est l'interaction avec les autres qui sont autour de ce que toi tu dois faire. Des réflexions qu'il y a autour. Parce que même si t'as fini ta partie à présenter, l'autre partie, elle est à côté de toi. Ce serait quand même intéressant que tu exprimes ton point de vue. Tu lèves la main en disant, attends, j'entends ce que vous dites, mais ça, ça va être compliqué parce qu'il faut que je vous donne ma perspective. Je ne vois pas comment on va faire. Ou bien les gens n'ont pas envie de ça. Ou bien, dis-donc, j'ai une idée géniale. Vous voulez faire ça, voilà ce qu'on peut faire. Une entreprise, ce n'est pas une succès. On n'est pas des fourmis. Et encore, les fourmis sont des êtres... Ce que je veux dire, c'est, tu vois, il y a une idée. C'est marrant que tu me poses la question comme ça. Je trouve ça atroce. je trouve ça formidable que tu me la poses mais je trouve ça atroce comme comme idée de se dire t'as fini de faire ton truc, tu sors. Après, bien évidemment, si t'as une réunion qui dure toute une journée et que les sujets qui vont être abordés dans une partie n'ont rien à voir avec toi, évidemment que tu vas sortir, mais même toi, parce que sinon, là, t'as vraiment aucune valeur ajoutée. On fait perdre du temps aux collaborateurs, donc tu vois.
- Speaker #0
Les différents secteurs, les différents départements aussi, parce que j'imagine que, ok, s'il y a le département vente qui fait ça, mais après le département customer success, si ça ne tue pas, etc.
- Speaker #1
Donc, tu vois, si tu fais que des tâches, alors là, on n'y arrivera jamais. C'est bien parce qu'on débat, regarde ce qu'on est en train de faire, on n'est pas d'accord, mais c'est chouette, on est en train de... Et là, tu co-crées, tu frottes, tu débats, tu n'es pas d'accord. Souvent, moi, je ne suis pas d'accord avec mes collègues, avec mes équipes, je ne comprends pas, ce n'est pas agressif. Mais parce qu'on discute, parce qu'on machin, etc., ils vont m'en remontrer, ils vont montrer que je n'avais rien compris, ou qu'il y avait tort, ou quand même je vais pouvoir avoir une idée. Et c'est parce qu'on va frotter nos points de vue, nos angles, nos différences. que certainement on va avoir une idée qui est plus complète.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu es chargé de la recherche, de l'innovation et des technologies. La première question qui me vient, c'est quoi le futur de la beauté avec l'intelligence artificielle, toutes ces choses-là ? Tu m'avais parlé d'innovation au CES de Las Vegas. Est-ce que tu peux m'expliquer, vous avez présenté quoi déjà comme innovation au CES ?
- Speaker #1
Alors écoute, déjà, le futur de la beauté, on est en train de le fabriquer. Parce que moi, je suis avec des équipes recherche, qui travaillent plusieurs années avant que les produits arrivent dans les mains des consommateurs. Découvrir des nouvelles molécules, découvrir des nouvelles capabilités de la biologie humaine, des nouvelles formules, des nouvelles technologies, des nouveaux services, bien sûr. Donc il y a toute une partie qui est très amende. Donc moi, mes équipes, elles font des choses pour l'année. Elles font des choses pour les 3 ans et elles font des choses pour les 10 ans. Et du coup,
- Speaker #0
j'imagine que c'est des trucs confidentiels, 5-10 ans, qu'il ne faut pas dire.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire. J'ai la chance de voir ça. Et t'imagines comme c'est passionnant, comme c'est stimulant. Et aussi, combien tu me posais la question. Oui, quelquefois, on va se tromper, on n'est pas sur la bonne route, etc. Mais si tu me parles de Las Vegas, tu sais Las Vegas c'est le plus grand show tech du monde c'est vraiment, il y a tous les grands de la tech etc. Et nous on était hyper fiers parce que l'année dernière, c'est nous qui avons fait le grand discours du démarrage du CES de Las Vegas. Écoute, on a présenté quelque chose qui s'appelle Cell Bioprint, le mot est en anglais évidemment. C'est un petit laboratoire sur une puce.
- Speaker #0
J'ai vu, c'est avec une start-up coréenne que vous avez fait ça ?
- Speaker #1
Avec une start-up coréenne. Tu prends, comme un morceau de scotch si tu veux, un échantillon de ta peau.
- Speaker #0
Juste avec un morceau de scotch, ça marche ?
- Speaker #1
Tu vas le rentrer dans ce micro-laboratoire. qui va analyser tes biomarqueurs, les tiens.
- Speaker #0
C'est quoi des biomarqueurs ?
- Speaker #1
Les biomarqueurs, c'est qu'est-ce qui est si spécifique dans ta peau qui est si différente de la mienne et qui est si différente à chaque individu. Parce que ta génétique, ton épigénétique, ce à quoi tu as été exposé, fait que ta peau, elle a aujourd'hui des caractéristiques, elle a des bactéries, tu as plein de bactéries qui vivent sur la peau, heureusement qu'elles sont là.
- Speaker #0
Je crée un bail de 3 kilos de bactéries, enfin avec l'intestin, c'est une folie.
- Speaker #1
Donc, tu as une peau spécifique. Donc on va pouvoir... l'analyser en moins de 5 minutes, comme jamais on l'a fait. Et là, qu'est-ce qu'on va pouvoir te dire ? On va pouvoir te dire quel est ton âge biologique. Comme je t'ai dit, j'ai 56 ans, je le connais sur ma carte d'identité, mais la machine me dit mon âge biologique, je le garderai confidentiel pour moi, mais quand je l'ai fait, il te dit ton âge biologique.
- Speaker #0
C'est quoi la différence entre l'âge...
- Speaker #1
J'ai 56 ans, la machine me dit biologiquement l'état de tes cellules, l'état de ta peau, et encore une fois, la peau, c'est l'organe qui protège... tous les autres organes et de l'agression de l'extérieur. Ce n'est pas juste... Il va te dire l'âge biologique de ta peau, il est de 50 ans. Tu en es bien occupé. Ta peau va bien. Tu n'as pas des débuts de problématiques, tu n'as pas une dégénérescence cellulaire. Il va te dire ça. Ça va te dire aussi ce à quoi, toi, tu es répondant. Je vais te faire un truc très simple en termes de produit. Fais un truc très simple. Il y a plein de clèmes dont tu entends parler au rétinol. Et les crèmes au rétinol sont hyper efficaces.
- Speaker #0
C'est quoi le rétinol ? Ça sert à quoi ?
- Speaker #1
Le rétinol, c'est une molécule anti-âge. Et c'est vraiment un actif très important. Mais il se trouve qu'il y a 20% des gens, un peu plus de 20% des gens, qui ne sont pas répondants au rétinol.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
C'est leur biologie. La biologie de leur peau fait qu'ils n'ont pas une cellule qui répond à la stimulation apportée par le rétinol.
- Speaker #0
Et on sait pourquoi ou pas ?
- Speaker #1
Alors ça, il faudrait que je demande à mes chercheurs. Moi, je ne sais pas, mais en tous les cas, je sais que tu as 20% qui sont non-répondants et donc, tu as beau en mettre, ça ne sert à rien. Si tu ne le sais pas, tu achètes des crèmes au rétinol parce qu'effectivement, c'est très efficace. Donc, si tu veux, ce qu'on a réussi à faire, on a pris nos chercheurs de la recherche avancée qui ont pu identifier tous les biomarqueurs biologiques de la peau, les correspondances avec les différents actifs qui peuvent répondre. Et donc, ça te permet derrière... de connaître tes biomarqueurs, de connaître sur quoi tu es répondant, et la meilleure routine, c'est-à-dire dans l'état de ta peau, voilà le type de routine que tu dois avoir, voilà le type de produit que tu dois utiliser, voilà le type d'ingrédients que tu dois utiliser. Donc, si tu veux, c'est comment je vais travailler la longévité de mon plus grand organe, qui est ma peau, qui est celui qui, d'abord, doit éviter de développer des cancers, les cancers liés au soleil sont dramatiquement en croissance, va... éviter de développer trop de signes de l'âge, on vit de plus en plus âgés. Et si je regarde le visage de ma grand-mère, elle avait un visage vraiment de très très très très vieille dame, à 65 ans, 70 ans. Si je regarde les femmes autour de moi à 65, 70 ans aujourd'hui, mais qui vont vivre beaucoup plus longtemps, elles ont des visages complètement changés. Donc comment je fais pour ne pas avoir tous ces signes de l'âge ? Selon ce que moi je veux, mais des tonnes de tâches, tu sais toutes ces tâches, tout ce brouillage du teint, cette... Invisibilisation aussi des femmes un peu plus âgées et des hommes un peu plus âgés. Donc comment je vais pouvoir avoir le meilleur routine de beauté ?
- Speaker #0
de soin pour ma peau, qui va me permettre de préserver la santé, l'hygiène et la beauté de ma peau.
- Speaker #1
Alors, tu me disais que la femme de 22-23 ans qui est rentrée à L'Oréal n'imaginait pas du tout ce que tu serais aujourd'hui. Si tu pouvais lui donner un conseil à cette femme que tu étais, et du coup par extension à toute jeune femme qui serait dans la même situation, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Alors là où tu as raison, c'est à 22-23 ans, j'ai... aucune idée. C'est même inimaginable. Je vais te livrer un secret. Quand je suis rentrée chez L'Oral à 22-23 ans, j'ai rencontré un des grands patrons de ce que je voyais autour de moi et je me disais si je réussis ma carrière, peut-être j'aurai un job comme ça avant ma retraite. Et j'ai eu ce job. Ce job-là à 35 ans. Donc tu vois, moi je n'étais pas du tout carriériste en ayant planifié, etc. Le conseil que je me donnerais... Je donnerais à n'importe quelle jeune fille, c'est d'être très curieuse, ou à n'importe quel jeune homme, d'être très curieux, très curieux. D'oser discuter, d'oser rencontrer, mais d'être très curieux, de se renseigner. On a ses choses à faire, mais pourquoi on les fait ? Que fait le service d'à côté ? Que fait l'équipe d'à côté ? Est-ce que tu peux me raconter ce que tu fais ? Les gens qui nous livrent des choses, des gens qui vendent nos produits. Si tu veux, d'exercer incroyablement ta curiosité. Et puis fondamentalement, c'est pas bien ce que je vais dire, mais de ne pas croire tout ce qu'on t'a raconté avant. T'es pas bonne en maths, t'es une femme, tu ne pourras pas faire des bêtises techniques, t'es comme si tu viens de tel milieu, talala... C'est pas faux, pour certains d'entre eux. Il y a ton expérience, ta famille, ton machin, etc. Mais ce que font les gens, c'est qu'ils disent, parce que ça... Tu ne peux pas faire ça. Et moi, si j'ai un conseil à te donner, c'est tu es ça, décide. Décide. Ne te laisse pas plaquer que parce que tu es ça, c'est ta voix. Parce que tu es ça, c'est ta voix. Parce que tu es ça, tu ne peux pas faire ça. Fais-toi confiance. Et à partir du moment où tu te fais confiance, accepte que tu vas quelquefois te tromper, que les autres diront « Ah, tu vois, j'avais raison » . C'est autre chose. Voilà. Donc si tu veux, c'est une immense curiosité. Et puis de ne pas s'auto-censurer, parce qu'à la vérité, ce n'est pas nous qui nous auto-censurons. Tu vois, moi, on s'auto-censure toujours beaucoup. C'est qu'on écoute ce que les autres disent et qu'à la fin, on croit que c'est nous qui le pensons. Mais à la vérité, c'est les autres qui l'ont pensé pour nous. Si moi j'ai une pensée différente, j'essaye. puis j'accepte de me tromper et puis de rebondir.
- Speaker #1
Encore merci beaucoup Barbara, ça nous a énormément aidé, ça a été infiniment enrichissant. C'était très sympa. Vous pouvez retrouver d'ailleurs cette émission sur YouTube, Instagram, TikTok, Snapchat, sur Spotify aussi en version podcast. On a un petit cadeau pour toi. Du coup, on va te donner en officiel le petit mug Inspirel, comme ça tu pourras mettre ton nom. En sachant que tu fais partie de cette équipe-là.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup de m'avoir amené.
- Speaker #1
Encore merci. Merci.
- Speaker #0
Merci beaucoup.