- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Inspirel, la série qui met en lumière des femmes inspirantes. Tous les 15 jours, vous découvrirez des parcours exceptionnels de femmes qui ont su bouger les lignes et réussir à s'imposer dans des univers souvent masculins. Abonnez-vous à notre chaîne YouTube et à nos podcasts, et n'hésitez pas à commenter et à liker les émissions. Dans ce nouvel épisode, je reçois une femme qui est la directrice des opérations de la MGEN, Mgen, une entreprise qui fait... près de 5 milliards d'euros par an. Quand elle a quitté son premier job, tout le monde lui disait qu'elle était folle, que c'était n'importe quoi. Et maintenant, elle est au sommet et dirige 2500 personnes. Elle s'appelle Catherine Adam et elle est avec nous dans Inspirel. Donc Catherine, j'ai regardé, j'ai fait mes devoirs. Le total bilan combiné de la MGEN, c'est 5 milliards d'euros. Déjà, ça veut dire quoi, total bilan combiné ? Et ensuite, ça veut dire que tu prends quand même des décisions qui peuvent valoir des milliards. C'est une dinguerie. Comment t'en es arrivé là ?
- Speaker #1
Alors, comment j'en suis arrivé là ? C'est une longue histoire, en fait.
- Speaker #0
Parce que tu ne débarques pas comme ça au sommet du comité de direction d'une entreprise qui fait autant. C'est incroyable. Tu as fait d'autres choses avant.
- Speaker #1
Effectivement, j'ai fait beaucoup de choses avant. Donc, c'est toute une histoire. Je ne vais peut-être pas tout raconter d'un coup. Mais en tout cas, je vais commencer par le début. J'ai fait des études d'ingénieur. donc je... J'ai une formation d'ingénieur et j'ai commencé ma carrière chez IBM.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Chez IBM, j'ai exercé plusieurs métiers. J'ai commencé par faire du technico-commercial. Ensuite, comme on travaillait beaucoup aux côtés des ingénieurs d'affaires, qui sont les équipes commerciales qui étaient et qui sont toujours en lien avec les entreprises, j'ai souhaité être ingénieur d'affaires. D'accord,
- Speaker #0
parce que du coup, finalement, là déjà, aujourd'hui, ce que tu fais au sein du comité de direction, ce n'est pas de l'ingénierie. Ah pas du tout. Ok, donc toi tu es directrice des opérations, c'est quoi exactement ? Déjà au quotidien ça ressemble à quoi tes tâches ? Tu fais quoi ?
- Speaker #1
Alors au quotidien mes tâches, je fais partie du COMEX, comité exécutif. Donc une de mes missions c'est de prendre des décisions pour le développement de l'entreprise. Et au quotidien c'est de manager des équipes. À la direction des opérations de la MGN il y a 2500 personnes.
- Speaker #0
Tu gères 2500 personnes, je ne sais pas si vous vous rendez compte, c'est juste énorme.
- Speaker #1
Alors, c'est énorme. Et c'est vrai que plutôt dans ma carrière, ça aurait pu m'inquiéter.
- Speaker #0
Tu t'en rends compte aujourd'hui que tu fais ça ?
- Speaker #1
Oui, je m'en rends compte.
- Speaker #0
Tu arrives à dormir la nuit, tu te dis, il y a 2500 personnes en permanence.
- Speaker #1
Oui, je dors très bien la nuit parce que je suis bien épaulée. Parce que la direction, c'est un travail d'équipe. Et je pense que c'est très important dans une carrière d'être bien entourée. D'être bien entourée en termes personnels. Et aussi dans l'entreprise, d'avoir la bonne équipe.
- Speaker #0
Donc, tu commences ingénieur chez IBM. Tu évolues un peu chez IBM pendant un certain temps. Et après, qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Eh bien, qu'est-ce qui se passe ? Ensuite, à un moment donné, au bout de, je ne sais plus, 5 ans, on me propose de faire du management chez IBM. D'accord. Et en fait, là, pour le coup, je ne me trouve pas légitime. Je n'ose pas. J'ai l'impression de ne pas...
- Speaker #0
Un peu le syndrome de l'imposteur ? Oui,
- Speaker #1
un peu le syndrome de l'imposteur. Et j'ai envie de mieux comprendre le fonctionnement des entreprises, donc je me dirige vers le conseil chez IBM. Et j'ai la grande chance, je pense que c'est intéressant quand on rentre dans des grosses boîtes comme IBM, de pouvoir bénéficier de beaucoup de formations. À ce moment-là, je bénéficie d'une formation en conseil d'organisation et en e-commerce, e-business. C'était le début de l'ère digitale.
- Speaker #0
C'était à peu près quelles années à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ça, c'était dans les années 99, 99-2000.
- Speaker #0
Donc la révolution de l'an 2000, l'IBM, tout ça, c'est l'explosion.
- Speaker #1
Au bon endroit,
- Speaker #0
au bon moment.
- Speaker #1
C'est vrai. Et d'ailleurs, je pense que j'ai été souvent au bon endroit, au bon moment. Après, j'en ai fait des choses.
- Speaker #0
Je pense que c'est quoi la proportion de chance, entre guillemets, dans une carrière et de compétence ? Parce que finalement, je pense qu'il faut toujours faire preuve quand même un peu d'humilité. Et parfois, j'ai l'impression qu'on ne se rend pas compte à quel point... La chance peut jouer, il y a tellement de choses qui peuvent se passer dans une vie, des choses qu'on ne peut pas contrôler. Parfois tu peux être super performante, peu importe, ou super performante, peu importe ce que tu fais. Parfois il y a toujours des quacks qui arrivent. Toi tu penses dans quelle mesure est-ce que ça a été compétence et un peu de chance en même temps ?
- Speaker #1
Ouais c'est une bonne question. Alors je pense quand même que... Je dirais 80-20, 70-30, 70 compétences,
- Speaker #0
30 chances.
- Speaker #1
Comme si tu souhaites faire les taux 80-20. Voilà, j'adore le 80-20. Je l'ai beaucoup utilisé dans ma carrière et je continue, et encore beaucoup maintenant, et je y reviendrai peut-être après. Donc, je dirais 80, donc quand même la compétence. Et après, la chance, il y a des éléments externes qu'on ne maîtrise pas, mais je pense qu'elle se provoque aussi un peu quand on est ouvert à l'inconnu, à des nouveautés. Mais ça joue.
- Speaker #0
Donc du coup, après, tu fais du conseil chez IBM. Et après ça, qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Après ça, je fais du conseil. À un moment donné, je travaille pour... Il y a une conjonction de choses. Je travaille pour Europe Assistance. C'était de l'assistance qui fait de l'assistance rapatriement, assistance automobile. Et cette année, chez IBM, c'était ma dixième année chez IBM. En fait, chez IBM, comme dans pas mal de boîtes, on a en fin d'année une évaluation. Et en fait, j'ai eu une mauvaise évaluation. J'ai trouvé que c'était très injuste.
- Speaker #0
D'accord. Tu as cru que tu as ressenti de la discrimination à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, et j'en ai rarement senti de la discrimination. À ce moment-là, j'ai ressenti de la discrimination parce qu'en fait, il y avait des quotas de notes à distribuer dans une équipe et mon manager avait préféré donner une bonne note à un homme qui venait d'arriver plutôt qu'à moi, qui était une femme d'une trentaine d'années dont il savait que j'allais vouloir avoir un deuxième enfant. Je pense qu'il y a eu à ce moment-là de la discrimination. Et j'en ai rarement vécu, mais c'est ce moment-là.
- Speaker #0
Quand ça t'arrive, du coup, qu'est-ce que tu ressens ? Comment tu réagis ?
- Speaker #1
Alors, je ressens de l'injustice très forte. Je l'exprime à mon manager, je l'exprime au manager de mon manager et je me dis, si c'est comme ça, je m'en vais.
- Speaker #0
OK. Et ça faisait combien de temps que tu étais dans la boîte ?
- Speaker #1
Ça faisait dix ans que j'étais chez IBM.
- Speaker #0
Après dix ans, ça ne va pas.
- Speaker #1
Donc, je me dis, OK, je vais chercher. Et c'est assez amusant parce qu'à ce moment-là, mes collègues me disaient... Enfin, c'était l'âge d'or d'IBM, qui n'était pas IBM. Comme ça, quand je suis rentrée chez IBM en 90...
- Speaker #0
T'es malade, t'es folle...
- Speaker #1
Mes collègues me disent « Mais pourquoi tu fais ça ? » Mes parents étaient très inquiets. Et du coup, je pars chez Europe Assistance, qui était mon client. D'accord. Pour être...
- Speaker #0
Tu faisais du conseil chez Europe Assistance, depuis IBM. Et après,
- Speaker #1
tu es rentrée chez... Exactement. J'étais consultante IBM pour Europe Assistance. Et donc, je suis embauchée par Europe Assistance.
- Speaker #0
C'est toi qui les as démarchées ? Ou ça s'est fait naturellement ?
- Speaker #1
Non, ça s'est fait naturellement. Donc c'était une conjonction à l'arabe pour le coup, c'est de la chance aussi. Donc moi je me dis, je veux partir et en même temps on me propose ce poste. Et du coup ça c'était quand même un peu un risque, c'était un risque de quitter IBM, c'était un risque de prendre aussi un poste de management, parce que je ne faisais pas de management chez IBM, j'étais consultante. Et en fait ça a été finalement une très belle opportunité. J'ai passé 17 ans chez Europe Assistance et j'ai eu l'occasion de gravir différents échelons.
- Speaker #0
Et après Europe Assistance du coup ?
- Speaker #1
Europe Assistance, donc j'arrive responsable d'organisation sur un projet groupe. Donc ça c'était intéressant, c'était une nouveauté pour Europe Assistance. Europe Assistance est implantée partout dans le monde. Ça a été créé en France, donc la holding est en France. Je travaillais pour la holding. Pour un directeur général qui était un ancien DG de Generali, un Italien de 60 ans. Personnalité incroyable. Et voilà, comme ça.
- Speaker #0
Est-ce qu'ils sont quand même forts de caractère, j'imagine ? Ouais. Donc c'est en mode, c'est comme ça et c'est pas autrement ?
- Speaker #1
Alors oui, non pas exactement. Ils sont forts de caractère, mais surtout... Il y a beaucoup de diplomatie,
- Speaker #0
de la rondeur.
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. Et chez Robeson, j'étais sur un projet groupe, et c'était amusant parce qu'en fait, j'animais un groupe de travail pendant six mois avec des collaborateurs de toutes les entités. Et là, j'ai pu voir en fait les différences de culture. Et on faisait des ateliers où les Italiens parlaient italien, et les Espagnols leur répondaient en espagnol, mais ils se comprenaient. on avait les allemands et les anglais qui arrivaient toujours à l'heure les français qui étaient toujours en retard voilà mais bon c'était voilà on a quand même travaillé et créer des choses intéressantes avec ce groupe et donc et du coup c'est après Europe assistance que t'arrives à la mgn voilà quand t'arrives à la mgn t'es arrivé directement au comité exécutif ou pas Oui, mais avant la MGEN, je suis rentrée d'abord dans le groupe VIVE en tant que directrice générale de l'assistance.
- Speaker #0
La MGEN fait partie du groupe VIVE.
- Speaker #1
Voilà, la MGEN fait partie du groupe VIVE, c'est le premier groupe mutualiste en France. Et après, j'ai l'opportunité de prendre le poste de directrice d'opération au comité exécutif de la MGEN. Et là, c'est un poste que j'occupe depuis janvier 2022.
- Speaker #0
Ok, donc finalement, c'est assez récent. C'est assez récent,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Incroyable. Aussi, je veux parler un peu de ta responsabilité dans ton métier, parce que si tu te plantes, il se passe quoi ?
- Speaker #1
Alors, je porte une grosse responsabilité en tant que directrice d'opérations parce qu'en fait, ce qu'on vend à nos clients quand on est une assurance santé, c'est le service rendu par les opérations, le service client et les opérations. Et en plus, là, on est en train de passer dans un nouveau monde où jusqu'à maintenant, on travaillait en assurance individuelle avec des personnes physiques et maintenant, on va passer en collectif. Donc on... En collectif, ça veut dire que notre client de demain, c'est le ministère de l'Éducation nationale.
- Speaker #0
Ça veut dire que, grossièrement, si je suis un peu barabar, avant, c'était chaque prof dans l'Éducation nationale qui souscrivait directement à la Mutuelle. C'est ça. Et maintenant, Mutuelle ou Assurance ?
- Speaker #1
Mutuelle, mais l'Assurance, ça va aussi.
- Speaker #0
On ne peut pas dire de bêtise.
- Speaker #1
La Mutuelle fait partie de l'Assurance.
- Speaker #0
Il y a un groupe de 5 milliards qui fait partie de la Mutuelle. Avant, c'était chaque prof, un par un, qui souscrivait. Et maintenant, chaque prof, dès qu'il va être à l'éducation nationale, automatiquement, il va avoir cette assurance souscrite pour lui.
- Speaker #1
Exactement. Exactement. Donc, c'est déjà le cas dans le privé, mais dans la fonction publique, c'est nouveau. C'est ce qu'on appelle l'APSC, donc l'affaire de l'APSC qui est en train de se déployer. Donc, on est en pleine transformation à la MGEN et l'enjeu est énorme.
- Speaker #0
Parce que qu'est ce qui change ? Les contrats changent ?
- Speaker #1
Alors, les contrats changent. On crée maintenant une relation avec l'employeur ministère qu'on n'avait pas avant. on a tout un tas de sujets aussi techniques informatiques de flux de données qui vont circuler entre le ministère et nous donc il ya des sujets de technique de système d'information et des sujets de processus il ya de la concurrence aussi parce que sur le système a raison donc effectivement la fin j'aurais dû le dire d'ailleurs la chose qui change c'est que on rentre dans un monde de concurrence et donc l'appel d'offres de ministère de l'éducation nationale est tombé récemment on va y répondre et d'autres acteurs vont y répondre aussi
- Speaker #0
Parce que concrètement, en tant que directrice des opérations, par exemple, ça va faire en sorte que, jusqu'au plus petit échelon, tu me disais qu'il faut qu'on ait un taux de réponse sur les appels de 90%, sinon on n'est pas compétitif. Et donc finalement, c'est toi qui vas gérer un peu les 2500 personnes de ce truc-là pour que jusqu'au bout du bout, tout le monde soit bien efficace dans tous les process.
- Speaker #1
C'est exactement ça. C'est la responsabilité de la direction d'opération. Dans les appels d'offres, on a des critères. Et donc, il faut, par exemple, 90% de taux de réponse. des délais de remboursement de 3 à 5 jours. Et c'est là-dessus qu'on est évalué. Donc, c'est hyper important. Donc, c'est mon rôle, c'est le rôle de mon équipe, bien sûr, en coordination avec le comité exécutif.
- Speaker #0
Et donc, du coup, la moindre petite erreur, ça peut...
- Speaker #1
On peut faire des petites erreurs, mais pas trop quand même.
- Speaker #0
Ça me fait penser, j'ai vu ça il n'y a pas longtemps. Alors il y a une histoire C'est un peu différent mais ça montre que parfois des petites ailes 1 ça peut faire du gros caca des dégâts, des gros dégâts. C'était aux Etats-Unis, c'est un soda qui s'appelle Sierra Mist, c'est un peu un équivalent de Sprite. En fait il y avait une influenceuse qui faisait des vidéos qui avaient plusieurs millions d'abonnés et qui s'appelait Sierra Mist aussi, légèrement écrit et différent. Donc en fait Sierra Mist ça appartient à Pepsi et Pepsi du coup lui a envoyé une mise en demeure en disant tu dois changer ton nom. Et en fait, la fille, elle a regardé et elle a vu que leur c'est quoi ? C'est leur marque déposée. Ceramiste était caduque, était expiré. En fait, ils n'ont pas renouvelé.
- Speaker #1
Ils n'avaient pas renouvelé.
- Speaker #0
Normalement, c'est quelque chose que tu fais automatiquement, mais ils ne l'ont pas fait. Et donc elle l'a acheté. Et du coup, Pepsi s'est retrouvé dans la merde et essaye de lui acheter. Du coup, on veut acheter la marque déposée à cette fille là pour 10 millions de dollars. Elle a dit non et maintenant elle est littéralement en train de. de leverage le truc, d'en profiter. C'est fou. Voilà, ils ont dû changer le nom de la boisson du coup. Hyper drôle. Donc ouais, parfois une...
- Speaker #1
Ouais, ça c'est une erreur qui coûte très cher.
- Speaker #0
Qui coûte très cher. Et puis t'as un outsider qui sort de nulle part qui gagne. C'est super drôle.
- Speaker #1
Mais d'ailleurs, en parlant d'outsider, c'est un peu... C'est ce qu'on est en train de vivre dans les appels d'offres. On a des nouveaux entrants.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Qui sont en concurrence avec nous et qu'on n'attendait pas forcément.
- Speaker #0
Ouais, et puis j'imagine quand même que ce qui peut être plus facile pour eux, c'est qu'ils ont une taille humaine plus réduite. Et donc, tu as quand même... une facilité d'organisation et de rebondir qui est quand même beaucoup plus facile quant à, bon alors je ne sais pas à quelle taille font les autres entreprises sur les appels d'offres, mais c'est beaucoup plus facile de s'adapter quand tu as 500 personnes dans l'entreprise que quand on a 2500.
- Speaker #1
Oui c'est ça, effectivement, il y a plus d'agilité, il peut y avoir plus d'en avance que nous sur... sur le digital, et puis ils ont moins de frais de gestion. C'est-à-dire que nous, on est une grosse entreprise, donc on est très solide. Il y a 10 000 personnes à la MGL, on couvre 4 millions de personnes. Donc c'est une très grosse entreprise, robuste, solide, mais qui peut parfois manquer d'agilité dans certains domaines.
- Speaker #0
Tu me disais juste avant d'ailleurs que tu avais fait un plateau sur BFM TV. C'était sur BFM TV ou BFM Business ?
- Speaker #1
C'était sur BFM Business.
- Speaker #0
Ça t'était bien passé ou tu avais eu... peur des caméras les gens perdent des araignées alors moi j'ai pas peur du tout des araignées mais c'est vrai que j'ai appréhende prenez des araignées sur ta main ça n'a pas de problème même des grosses d'araignées je
- Speaker #1
pense que j'ai un gros avec plein de poils alors moi j'ai deux soeurs on est trois filles et c'est vrai qu'on y avait des araignées à la maison c'était toujours moi qui m'occupais des araignées je n'ai pas peur des araignées par contre j'ai peur des caméras et là là... Là, c'est impressionnant. On arrive sur un plateau, il y a un journaliste. Oui, je pense que peut-être que les personnes sont plus ou moins à l'aise avec ça.
- Speaker #0
Et tu n'as pas particulièrement bafouillé ? Tout s'est bien passé ?
- Speaker #1
Oui, ça s'est bien passé. Par contre, j'ai trouvé que je n'étais pas très souriante. Donc, maintenant, j'y pense quand je fais d'entretien. Et en plus, je n'ai pas Cédric en face de moi non plus. Incroyable.
- Speaker #0
Dis-moi d'ailleurs quelque chose sur ta carrière que je ne sais pas. par exemple un petit job que t'as fait avant de faire tous ces grands trucs et je sais pas si t'as travaillé à McDo, tu m'as dit juste avant d'ailleurs que avant tu voulais faire journaliste sportive pourquoi t'as pas fait journaliste sportive ? C'est vrai ! Pourquoi tu n'es pas une journaliste sportive ?
- Speaker #1
C'est vrai que c'est un peu paradoxal, c'est vrai que quand j'avais 18-20 ans je voulais être journaliste sportive ou prof de maths parce que j'aimais beaucoup les maths et j'aimais la transmission.
- Speaker #0
Ça fait je sais pas combien d'heures qu'on parle ensemble avec Catherine, il y a trop de choses que je ne sais pas.
- Speaker #1
Qu'est-ce que j'ai fait comme job ? Je n'ai pas fait beaucoup de job, j'ai donné des cours de maths. Je faisais ça, effectivement, quand j'étais étudiante, je donnais des cours particuliers de maths.
- Speaker #0
Si tu devais donner un conseil à une jeune femme ou à n'importe quelle personne sur quoi investir dans le futur pour sa carrière, est-ce que ça serait l'intelligence artificielle ? Parce que, quel que soit le domaine, on va probablement en avoir besoin. Sur quoi est-ce qu'il faut miser pour l'avenir d'après toi ?
- Speaker #1
Donc effectivement, il y a les nouveaux métiers. L'intelligence artificielle, ça va révolutionner, je pense, les métiers. Donc tous les métiers un peu mécaniques, automatiques, risquent de disparaître. Donc ça peut être quelque chose. Après, moi, je dirais qu'il faut miser sur un métier qu'on aime. D'accord. Et après, moi, je dirige ou je manage. Les métiers de manager, ils vont toujours exister. Donc je crois que ce qui est important surtout, c'est de faire quelque chose qu'on aime et où on s'amuse.
- Speaker #0
Le poste que tu... occupe, c'est quand même un poste qui est convoité, est-ce que tu as vu de la compétition déjà pour y accéder ?
- Speaker #1
Oui. Effectivement, c'est un poste, enfin les postes de comité de direction, le COMEX, c'est des postes où il y a de la compétition. donc oui il y a eu de la compétition c'est Squid Game pour rentrer peut-être pas mais il peut y avoir des déceptions puisque là en fait il y a des postes sont ouverts quand j'étais chez RMA il y avait une personne qui avait occupé le poste de DG par intérim pendant neuf mois et ça était très compliqué ensuite de travailler avec elle parce que elle considérait que c'était son poste est-ce que le
- Speaker #0
poste que tu occupes actuellement donc le comité exécutif est-ce que normalement ce sont des postes qui sont plus donnés aux hommes ou est-ce que Tu sens que tu as une difficulté à y rentrer parce que tu étais une femme ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors celui-ci, pas du tout, parce qu'à la MGN, on a vraiment une mixité qui est très présente.
- Speaker #0
J'ai vu sur le titre que j'ai fait mes devants, 49% de femmes au comité exécutif, il me semble.
- Speaker #1
Oui, donc voilà, effectivement, on a la parité au comité exécutif. Par contre, c'est vrai que dans mes entreprises précédentes, IBM un peu, mais surtout Europe Assistance, c'était très masculin.
- Speaker #0
Et du coup, tu as senti l'évolution ? Je pense que c'est... plutôt spécifique à une entreprise ou tu penses qu'il y a quand même une évolution globale de meilleure reconnaissance du travail des femmes et donc plus d'égalité dans l'accès aux postes ?
- Speaker #1
Je dirais les deux. Je pense qu'il me semble qu'il y a plus de femmes dans les postes de comité de direction qu'avant, même si ce n'est pas suffisant. Et après, ça dépend des entreprises et du dirigeant aussi, beaucoup.
- Speaker #0
Et du coup, comment est-ce que tu balances ta vie ? perso et ta vie professionnelle tu as un enfant tu me disais ouais j'imagine que tu es super organisé comment comment comment tu fais pour t'organiser c'est quoi tes petites astuces ouais alors c'est vrai que donc j'ai un enfant mon fils Tanguy il a 24 ans donc maintenant il est grand mais ouais bonjour Tanguy ouais il sera content et
- Speaker #1
c'est vrai que quand ils sont plus petits c'est compliqué moi je crois vraiment que c'est une question d'organisation donc quand Tanguy était plus petit en plus à ce moment-là j'ai travaillé sur un projet européen donc j'étais beaucoup en déplacement. Donc j'ai la chance d'avoir ma maman qui s'en est beaucoup occupée et puis j'avais une nounou et j'ai été très vigilante aussi le week-end à ne pas travailler pour être avec ma fils. Donc c'était une question d'équilibre. Je pense qu'il faut vraiment définir en amont ce qu'on veut faire. Quand on m'a proposé ce poste où je devais aller deux jours par semaine en Belgique, j'ai réfléchi le soir et le lendemain matin je suis allé voir mon chef et je lui ai dit ok mais ça sera le mardi et le mercredi parce que je savais que le mercredi on pouvait garder Tanguy. Voilà, donc en fait, je pense qu'il faut être assez clair sur quelle équipe de vie on va avoir. Et après, ça s'organise plutôt bien. En tout cas, pour moi, ça a été le cas.
- Speaker #0
Et tu, parce que comme on vient de discuter, moi, je sais que j'aime pas être en retard. Tu as plus. Tu notes tout dans ton agenda. Moi, c'est ma technique pour m'organiser. Je note tout dans mon agenda des heures, dès que je planifie quelque chose avec quelqu'un ou que j'ai une réunion, je note tout, même le week end pour les sorties avec les potes. Je planifie tout. T'es comme ça aussi ou toi tu gères ?
- Speaker #1
Alors oui, côté boulot, je suis comme ça. Donc j'ai un agenda où moi, je peux faire 10 réunions par jour. Donc j'ai un agenda qui est très chargé. Alors j'ai la chance maintenant que je suis à un poste de direction d'avoir un assistant aussi qui m'aide beaucoup. Mais oui, je note tout. Et par contre, j'ai un côté un peu plus bohème dans ma vie personnelle où justement, je n'aime pas, je déteste avoir à gérer un agenda en dehors de ma vie pro.
- Speaker #0
Ok, c'est marrant. Et en fait, alors moi, je sais qu'un truc qui m'aide beaucoup, je pense que c'est hyper important, et je pense que c'est un conseil qu'on pourrait donner à toute personne. En vrai, être organisé, déjà dans la vie professionnelle, c'est un atout énorme, c'est un gain de temps énorme, c'est un gain de productivité énorme. Je pense que c'est un gain de...
- Speaker #1
De charge mentale ?
- Speaker #0
Oui, de charge mentale, exactement, qui est grand. J'en suis au point, perso, où, en fait, comme je note tellement tout, ça fait que je n'ai plus à y penser. Donc je pense plein de choses et parfois, du coup, je fais des commandes sur des trucs que j'ai besoin. Soit voilà. Et en fait, parfois, j'ai des commandes Amazon qui arrivent chez moi pendant que je suis en train de travailler avec le livreur qui sonne et je ne sais même pas que j'ai commandé quelque chose. J'ai oublié que j'ai commandé. Et à chaque fois, j'ai l'impression de me faire Noël à moi-même parce que j'ouvre à des paquets.
- Speaker #1
Je suis trop content parce que je me fais des cadeaux.
- Speaker #0
Bref, et du coup, est-ce que tu as un conseil sur comment bien s'organiser ?
- Speaker #1
Comment bien s'organiser ? Je pense que c'est... C'est important d'avoir des habitudes. Il y a un bouquin qui s'appelle La force des habitudes. C'est vrai que quand on a des habitudes très réglées, après, c'est ce que tu dis, ça devient automatique. C'est-à-dire que ce n'est plus un effort. C'est Steve Jobs, par exemple, qui s'habillait tout le temps en noir. Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Je crois que Mark Zyperger, il fait pareil. On n'a pas un livre qui fait pareil.
- Speaker #1
Voilà, mais en fait, je pense que c'est important de planifier et puis de rentrer dans des routines sur certains sujets parce que du coup, ça devient automatique et on gagne l'efficacité. Et puis aussi, c'est important de savoir dire non. Alors moi, j'ai mis du temps à y arriver. J'ai plutôt envie de dire oui à tout. Je suis pareil. Et en fait, à un moment donné, on n'est plus sur les priorités.
- Speaker #0
Et quand tu dis que tu disais non, tu dis non à...
- Speaker #1
Par exemple...
- Speaker #0
Avec des amis ou du professionnel aussi ?
- Speaker #1
Je parle du professionnel surtout.
- Speaker #0
Ok, ça c'est intéressant.
- Speaker #1
Et les amis aussi, mais moi je parle du professionnel.
- Speaker #0
Parce que c'est intéressant, parce qu'on se dit... En fait, j'ai l'impression qu'il y a un peu deux teams. Il y a l'équipe qui dit... Tout travailler dès que ton boss ou quelqu'un te dit fais ça, boom tu le prends pour bien travailler, gravir les échelons. D'un autre côté, je sais que je connais pas mal de personnes qui sont en mode bon bah en fait finalement tout ce que tu gagnes à travailler plus, à travailler plus vite, bon bah c'est toujours plus de travail, sans forcément plus de reconnaissance. C'est quoi l'équilibre pour toi ?
- Speaker #1
Je pense que l'équipe, je vais revenir, c'est de savoir vraiment ce qu'on veut parce que j'ai remarqué que les gens qui avaient des... Des idées bien définies sur ce qu'il voulait faire. Par exemple, moi, j'ai toujours dit, je ne veux pas travailler le week-end. Je le fais parfois, mais c'est important d'avoir du temps pour mon office, pour mon officiel week-end, donc définir ses priorités. Et après, sur les postes de management, ce qui aide aussi beaucoup, c'est la délégation. C'est-à-dire qu'il faut déléguer le plus possible aux équipes, faire confiance. Alors ça, c'est un art difficile, je n'ai pas toutes les clés, mais...
- Speaker #0
Parce que naturellement, tu te dis, ce ne sera jamais fait aussi bien que ce que moi, je fais.
- Speaker #1
C'est vrai que moi, j'avais beaucoup la tendance, alors je pense que je l'ai un peu moins et je peux l'avoir encore, où je délègue assez facilement, mais quand ça ne va pas assez vite ou comme je veux, je reprends le sujet. Ça, ce n'est pas bon du tout parce que ça démotive les équipes.
- Speaker #0
La personne, elle dit, ok, je ne fais pas ça bien, ça n'a rien. Et du coup, dans ce cas-là, qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Il faut plutôt montrer à les personnes comment bien le faire ?
- Speaker #1
Il faut plutôt montrer, dire est-ce qu'on peut aider, et puis il faut accepter, et ça, je pense qu'on l'accepte plus avec l'expérience, en tout cas, c'est mon cas, de se dire, si ça plante, ça plante. Et c'est pas grave, j'en prendrai la responsabilité. et la fois d'après ça ira mieux. Sauf quand il y a vraiment des... Il faut évaluer le risque. Si vraiment il y a un risque trop important, il faut...
- Speaker #0
Mais tu te dis, là...
- Speaker #1
Mais sinon, c'était aussi l'expérience. C'est en apprenant et en se trompant qu'on progresse.
- Speaker #0
Alors aussi, il y a quand même toujours des couacs qui arrivent dans l'organisation. Ça arrive toujours, même si tu peux pas toujours tout contrôler, loi de Pareto, tous ces trucs-là. Ça a été quoi, toi, le pire jour de travail de toute ta vie ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est le jour, mais il y a deux choses dont je me souviens. Quand j'étais sur absence, j'étais sur un gros projet qui n'avançait pas comme il fallait. Le DG avait été chercher des consultants qui répondaient directement au directeur général qui nous bypassait tout le temps, nous l'équipe projet, moi je suis directrice de projet. Et à un moment donné, le DG m'a annoncé que je sortais de la direction de projet et que je prenais un poste subalterne. Et donc ça, ça a été très dur. Et un autre jour qui a été très dur, c'est plus personnel, j'étais en Belgique justement et mon fils était tombé dans la cour d'école, il s'était cassé les deux dents et je n'étais pas là. Il ne veut pas être tout le temps là.
- Speaker #0
Et du coup, comment tu réagis ? Comment tu survis ?
- Speaker #1
En fait, après, ce n'était pas si dramatique que ça, quand on prend en note que j'appelle ma maman et puis j'arrive le soir. Mais voilà, c'est les trucs qui m'ont un peu marquée. Après... Il y a plein de jours aussi où ça ne s'est pas passé comme c'était prévu, mais en fait, quand on prend un peu de recul, on se rend compte, c'est pareil, je pense que l'expérience aide, que les situations critiques, il n'y en a pas tant que ça dans une vie professionnelle.
- Speaker #0
Ok, c'est intéressant. Si tu devais donner un conseil aux jeunes filles pour réussir dans leur carrière professionnelle, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Ce serait... ce serait déjà de se dire que tout est possible enfin pour les jeunes filles enfin moi je pense que pour les filles comme pour les garçons c'est pareil et puis ce serait de faire là je vais redire c'est d'aller vers quelque chose qu'elles aiment et voilà
- Speaker #0
enfin je pense qu'il faut savoir faire et faire aussi un job où elle s'amuse ouais et puis je pense aussi ne pas trop écouter forcément ce que te disent les autres parce que regarde toi quand t'as quitté IBM vous disant... tes collègues te disais tu es folle tes parents tu disais oula tu es en train de pleurer dans le salon et tu en as fait qu'à ta tête où tu savais où tu voulais aller comme tu le disais ça te faisait plaisir t'as pas forcément écouter ce que les gens te disaient de faire et voilà le résultat est là sans
- Speaker #1
appel je pense qu'il faut vraiment écouter ses intuitions parce que souvent elles sont bonnes après c'est intéressant d'échanger avec les uns et les autres mais faut pas rester Ok.
- Speaker #0
Et si tu devais leur donner un conseil sur comment diriger leur vie personnelle et professionnelle de la même façon que toi, tu diriges finalement dans ta vie professionnelle et personnelle ?
- Speaker #1
Moi, je pense que le conseil, c'est de bien se définir qu'est-ce qu'on veut faire de sa vie, que ce soit professionnelle ou... ou personnel, définir ses priorités, définir le temps qu'on veut allouer au travail, le temps qu'on veut allouer à sa vie personnelle.
- Speaker #0
Une fiche, on écrit comme ça, ok, voilà ce que j'aime, voilà ce que je veux faire, voilà quel temps je veux passer.
- Speaker #1
Après, c'est difficile peut-être à écrire comme ça, mais souvent, on parle de l'histoire des cailloux, que tu dois connaître les gros cailloux qu'on met dans... On prend une bassine et on se dit... Il faut commencer par mettre les gros cailloux, il faut commencer par se dire c'est quoi. Les gros sujets qui sont importants pour moi ? pour que... Je pense qu'il faut prioriser, je pense qu'il faut partager. C'est intéressant d'écouter les uns et les autres. On peut aussi s'inspirer d'autres femmes dirigeantes. Moi, j'ai eu des managers dans ma vie qui m'ont beaucoup inspirée. Et dans ces managers, il y avait deux femmes et un homme. Et... Voilà, je pense qu'il ne faut pas voir de hier. Les femmes peuvent faire comme les hommes. Et parfois, elles font même mieux. Et après, il faut faire ce qu'on aime et il faut travailler quand même aussi. C'est important d'acquérir des vraies compétences.
- Speaker #0
Il y avait aussi une chose intéressante dont tu m'avais parlé, c'est que tu avais, c'était avec Europe Assistance, tu avais bossé avec eux sur un projet pendant cinq ans. Le projet capoute, finito. Et tu es quand même ressorti de ça avec un meilleur poste que sur le projet qui a été un échec. Oui. C'est quoi ce tour de magie ? Qu'est-ce que t'as fait ? Comment t'as fait ?
- Speaker #1
On a eu beaucoup de mal à aboutir sur ce projet où on voulait développer la même solution, process informatique pour toutes les filiales. On était dans un contexte où les directeurs généraux des filiales avaient le pouvoir plus que le DG de la holding. Donc il y avait un problème politique, il y avait un problème d'alignement complet. Donc le projet a abouti finalement à une solution mais qui ne fonctionnait pas très bien.
- Speaker #0
Mais comment ils se retrouvent avec plus de pouvoir que...
- Speaker #1
Eh bien ça peut arriver. Ça peut arriver, c'est-à-dire que parfois, le directeur de la holding ne peut pas imposer des choses, ça dépend vraiment beaucoup de la gouvernance des groupes. Donc, entre le fait que les DG avaient des pouvoirs assez forts, le fait que le projet informatique qu'on développait n'était pas parti forcément sur les bonnes bases, donc on arrivait quand même à déployer cette solution dans une filiale, mais après ça ne s'est pas déployé, donc le projet a été un échec. Par contre,
- Speaker #0
Et donc, tu as mis 5 ans à bosser sur ce projet.
- Speaker #1
Donc, pendant 5 ans, par contre, j'ai appris beaucoup. C'est-à-dire que j'ai travaillé, j'étais, je pense, la seule personne de repassistance, alors que je venais juste d'être embauchée, qui connaissait toutes les filiales, tous les process de toutes les filiales. J'ai appris aussi à dialoguer, à échanger, à pousser mes idées auprès des directeurs généraux. Et donc, en fait, j'ai beaucoup appris. Et c'est souvent, en fait, dans les situations les plus compliquées, qu'on est obligé de se défoncer. C'est vrai. et qu'on apprend parce qu'on est dans des zones de... On n'est pas dans notre zone de confort, on apprend des nouvelles choses. Donc, j'ai beaucoup appris. J'ai appris sur la version politique, j'ai appris sur la direction de projet informatique, j'ai appris sur le management des équipes. Et tout ça, en fait, c'était un vrai acquis. Et ça, ça a été reconnu. Et comme en plus, j'étais en contact avec les directeurs généraux des filiales, à la fin, même si le projet a été un échec, et d'ailleurs, à un moment donné, je me suis retrouvée sur un siège d'étape, c'est ce que je racontais tout à l'heure, mais j'y suis resté un peu, je me suis dit ce que je rêve, que je m'en vais. Au bout de six mois, on m'a reproposé un meilleur poste.
- Speaker #0
Parce que justement, on t'avait traversé...
- Speaker #1
Parce que j'avais acquis une compétence qui était très forte en fait. Et en plus, je... Voilà. Et du coup, on m'a proposé un poste de direction chez Repassistance France à la sortie de ce projet.
- Speaker #0
Incroyable. Si tu devais donner un conseil à la toi qui avait 20 ans, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #1
La toi qui avait 20 ans, je lui dirais d'avoir plus confiance en elle. Ok,
- Speaker #0
déjà, écoutez bien, ça vient d'une femme qui dirige une entreprise qui fait 5 milliards par an. Écoutez bien.
- Speaker #1
Donc là, moi qui avais 20 ans, je lui dirais d'avoir plus confiance en elle. Et je lui dirais d'aller vers ce qu'elle aime faire. Là, je reviens sur mon même thème et c'est ce que j'ai toujours fait. Par contre, il y a des moments où j'ai un peu plafonné parce que je me sentais pas légitime, parce que je me disais que j'étais moins bonne que les autres. parce que je n'osais pas négocier mon salaire. Et je lui dirais aussi de plus échanger avec ses pairs. Et ça, c'est un truc que j'ai mis du temps à comprendre. En fait, il ne faut pas rester seul. D'ailleurs, le fameux directeur général d'Europe Assistance, qui était un homme incroyable, il m'a expliqué qu'à un moment donné dans sa carrière, lui était directeur général de General Italy, donc une boîte d'assurance énorme. Et il y a un moment où c'était un peu compliqué dans sa carrière. Il m'a dit, j'ai fait une erreur, c'est que je me suis isolée. Parce qu'en fait, quand on est... poussé dans ses retranchements on n'a pas forcément envie d'aller vers les autres parce qu'on se dit ça va pas bien se passer il m'a dit c'est tout le contraire quand ça va bien il faut aller vers les autres pour leur dire mais pourquoi ça va pas est-ce que tu peux m'aider et donc voilà il faut je pense qu'il faut pas hésiter à aller chercher de l'aide et à échanger avec des pères pour
- Speaker #0
pour s'enrichir incroyable merci d'ailleurs on a une petite surprise pour toi tu m'as dit que ton cocktail préféré c'était le mojito oui
- Speaker #1
t'aimes bien la couleur verte aussi c'est vrai pourquoi déjà tu es bien le orange et le vert orange c'est pour ça qu'elle a un chemise orange comme ça vous savez c'est vrai et le vert pourquoi alors pourquoi le alors déjà c'est un choix de couleurs c'est un choix esthétique j'aime le verre mais je pense que alors le orange et vitaminer le vert c'est peut-être le côté campagne nature je dirais ça pissait une couleur franche oui j'aime beaucoup le verre Ok,
- Speaker #0
incroyable, merci beaucoup. Normalement, on a la mesure de ce qui va arriver. Première précision, c'est sans alcool.
- Speaker #1
C'est un peu décevant.
- Speaker #0
Je ne m'exprimerai pas plus. Même mon frère, qu'on la garde. Deuxième précision, on est tout à fait présent sur Spotify, YouTube. Allez aussi nous suivre sur TikTok, Instagram et Snapchat. Vous pouvez tout suivre, vous avez tous les réseaux sociaux, les liens sont dans la description. On goûte, c'est parti. Ouais,
- Speaker #1
on goûte. Super, ça prend bien la menthe et le citron vert.
- Speaker #0
D'ailleurs, je trouve que la menthe et le citron vert, c'est un bon équilibre entre élégance, maîtrise, ce qui sont tout à fait les qualités que tu as en tant que directrice d'opération. Tu penses que c'est quoi, toi, les qualités ou les compétences les plus importantes à faire ou à avoir plutôt dans ce que tu fais comme métier ?
- Speaker #1
C'est important. Je pense qu'il y a des qualités humaines déjà. Parce que quand on match des grandes équipes, je dirais que c'est le respect, l'écoute. Alors moi, je n'aime pas le mot bienveillance qu'on entend tout le temps, que je trouve très guimauve.
- Speaker #0
Ok, qu'est-ce que tu n'aimes pas dans le bienveillance ?
- Speaker #1
Je trouve que c'est un peu trop mou. Et puis, je trouve que souvent, on met bienveillance et que derrière, les comportements ne sont pas forcément toujours alignés. Je préfère écoute, intérêt pour l'autre, respect. Je pense que sur un poste de management comme ça, il faut être aussi courageux et juste. C'est très important pour que tout le monde se trouve à sa place. Et puis après, acquérir des compétences, des méthodes, connaître le métier. Mais je pense que quand même, les qualités d'animation d'équipe sont très importantes sur des postes de direction.
- Speaker #0
D'ailleurs, je pensais, on va probablement finir là-dessus. C'est quoi, toi, tes projets ou tes visions à 5 ans, 10 ans ? tes objectifs maintenant ? Est-ce que t'as atteint le sommet du sommet, c'est bon, t'es tranquille ? Ou est-ce que t'as encore envie de plus ?
- Speaker #1
Alors, c'est une bonne question. Moi, j'ai 58 ans, donc j'ai quand même bien avancé dans ma carrière. Donc, j'ai pas forcément envie d'aller plus haut. J'ai plutôt envie maintenant de faire des choses différentes. Certainement axée sur la transmission. Je sais pas encore trop quoi. Mais voilà, je trouve que à cette... Pourquoi pas ? À cet âge là, je me dis que je suis prête pour un nouveau challenge, faire carrément quelque chose de différent. Ok,
- Speaker #0
trop bien. Bon, écoute, encore merci beaucoup Catherine. Merci d'avoir été là. D'ailleurs, tu fais officiellement partie du Club des Femmes Inspirantes. On te remet ce trophée Inspirel. On peut dire au revoir à tout le monde. J'espère qu'il te plaît.
- Speaker #1
Eh bien oui, il est magnifique. Merci, c'est un grand honneur. C'est vrai que c'est amusant pour moi d'être ici parce que je me dis finalement, j'ai un parcours qui ne me semble pas... particulièrement extraordinaire, mais il peut l'être quand même. Donc je suis contente de pouvoir témoigner.
- Speaker #0
Merci beaucoup et puis à la prochaine tout le monde.