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#97 Stan Thuret, au bout de ses convictions cover
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Into The Wind

#97 Stan Thuret, au bout de ses convictions

#97 Stan Thuret, au bout de ses convictions

2h26 |31/05/2024
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#97 Stan Thuret, au bout de ses convictions

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2h26 |31/05/2024
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Description

Ils ne sont pas si nombreux que ça à accorder leurs paroles et leurs actes, au point de se retirer bien avant l'heure de la retraite. Stan Thuret est de ceux-là, et quand il a renoncé à la course pour raisons écologiques et l'a annoncé le 15 février 2023, à 36 ans, cela a fait du bruit. Beaucoup. Et les réactions ont été violentes.


Pourtant, le "cinéaste-navigateur" ne trustait pas les podiums et sa carrière avait été courte ; mais il faut croire - c'est son hypothèse - qu'il avait "appuyé sur une blessure bien réelle", en soulignant que "l’urgence climatique et l’effondrement de la biodiversité sont incompatibles avec la manière de vivre de la course au large et la compétition".


Il a grandi loin de la mer, dans un petit village du Val d'Oise, et n'approche l'océan qu'épisodiquement, en vacances, sur le dériveur familial. Il travaille déjà dans le cinéma quand il approche, au début des années 2010, le monde des ministes et plonge dedans, en achetant un bateau en 2014. Trois ans plus tard, il boucle sa Mini-Transat et déjà, le milieu a repéré ce personnage sympa et drôle, qui produit des vidéos décalées. Mediaman pour Conrad Colman, Yves Le Blévec, il fait son trou et succède début 2019 à Clarisse Crémer à la tête du projet Everial, d'abord en Figaro puis en Class40.


Mais déjà, une dissonance s'installe entre sa passion de la navigation en course et ses convictions environnementales, de plus en plus solides. Dans son livre Réduire la voilure (Robert Laffont), qui sort le 6 juin, Stan Thuret ne cache rien de ses paradoxes, qui l'amènent à rentrer dans la carrière tout en se posant une foule de questions.


Des questions qui l'amènent, à l'issue de la Route du Rhum 2022, à trouver une réponse claire : pour lui, il n'est pas possible de changer les choses de l'intérieur, alors il faut avoir le courage de "déserter" les courses à la voile, et d'y renoncer, tant qu'elles ne sont pas durables.


Car il le rappelle en guise de conclusion : "J’espère revenir un jour à la course au large, quand elle aura retrouvé son équilibre."


Diffusé le 31 mai 2024

Générique : In Closing – Days Past

Post-production : Grégoire Levillain


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Si vous suivez la voile de compétition, le nom de Paprec, premier acteur du recyclage en France, vous est forcément familier. Sponsor depuis deux décennies de marins engagés dans les plus grandes courses, Paprec est désormais aussi partenaire principal de la Solitaire du Figaro et de la Transat en double Concarneau-Saint-Barthélemy, rebaptisée Transat Paprec, une Transat qui va se courir en double mixte. L'entreprise n'investit pas dans la voile par hasard, c'est le fruit d'une tradition familiale. Jean-Luc Petit-Huguenin, le fondateur, découvre la voile sur un First 235. Sébastien, son fils aîné, directeur général du groupe, le convertit à la course. Faitant même ses 40 ans en participant à la solitaire du Figaro en 2018. Mais si Paprec s'affiche aujourd'hui dans la voile de compétition, ce n'est pas qu'à cause de la passion des patrons, c'est aussi parce que les valeurs de la course font écho à celles du groupe, la ténacité, l'humilité, l'adaptabilité. Des qualités indispensables, à terre comme en mer. Bonjour,

  • Speaker #1

    vous écoutez Into the Wind, le podcast des marins qui font des phrases. Into the Wind est produit par Tip Shaft,

  • Speaker #0

    le média des professionnels et des passionnés de voile de compétition. Tip Shaft, ce sont deux newsletters hebdomadaires, en français et en anglais, des podcasts, des événements, des formations, ainsi qu'un festival de films et un studio de production de contenu que vous pouvez retrouver sur tipandschaft.com. Je suis Pierre-Yves Lautroux et je vous souhaite la bienvenue dans ce nouvel épisode d'Into the Wind.

  • Speaker #1

    Bonjour Stan Thuray !

  • Speaker #2

    Salut Pierre-Yves !

  • Speaker #1

    Merci beaucoup de nous recevoir puisqu'on est à Concarno. Alors on n'est pas chez toi, mais on est dans ta base arrière, ton camp de base. On est chez Kairos, chez Roland-Jordain.

  • Speaker #2

    C'est l'endroit où j'ai grandi. C'est l'endroit où il s'est passé beaucoup de choses pour moi en termes nautiques et en termes humains surtout.

  • Speaker #1

    Tu vas nous expliquer un petit peu. Cet endroit est donc particulier. C'est le camp de base de beaucoup d'expéditions. Je pense que c'est une boîte, un fonds d'otation. C'est pas mal de choses à la fois. Et c'est un lieu avec un esprit, me semble-t-il. qui te correspond assez bien. Merci de nous recevoir pour ce nouvel épisode d'Into the Bin qui va être un petit peu particulier, c'est ce qu'on était en train juste de se dire avant de lancer le registrement, parce que ta carrière maritime, au sens strict du terme, est assez courte. Mais on ne va pas parler que de carrière maritime, on va parler de la course sur l'argent général et de ce secteur qui t'a attiré et puis qui t'a repoussé ou que tu as repoussé, c'est ça qu'on va essayer de comprendre un petit peu. Et on est là parce qu'en fait, alors tu es sur mes tablettes depuis assez longtemps, il se trouve que tu sors un livre, malgré ta jeunesse, tu sors un livre chez Robert Laffont un grand éditeur donc c'est pas du tout un petit fanzine que t'as fait dans un coin c'est un vrai livre sérieux qui fait quasiment 300 pages un peu plus de 250 pages qui s'appelle Réduire la voilure et c'est pas un tuto pour savoir comment prendre un riz et c'est pas un tuto pour savoir comment prendre un riz c'est un livre extrêmement intéressant que j'ai lu hier soir rapidement mais que j'ai lu en ancien et qui est le récit d'une dissonance j'ai beaucoup aimé ce mot là qui vraiment dit bien ce que ça veut dire c'est que toi qui est musicien et qui baigne aussi dans cet univers, tu vas nous en parler un petit peu aussi, d'une dissonance entre peut-être une musique que tu avais dans ta tête quand tu t'es lancé dans la voile et dans la voile de compétition et qui au fil des temps ne résonnait pas de manière synchronisée ou coordonnée, je ne sais pas quel est le terme inverse de dissonance, mais en tout cas a fini par dissonner avec ta petite musique intérieure à toi, puisque si les gens qui nous écoutent ne le savent pas encore, en février 2023 tu as... communiqué pour dire que tu arrêtais la course au large pour des raisons écologiques. Forcément, ça a fait du bruit, ça a dérangé, ça a convaincu d'autres gens, et c'est tout ça dont on va parler. Et ce livre-là, Rayon la voilure, c'est ce que je te dis aussi juste avant qu'on ouvre l'enregistrement, ce livre vient développer sur 250 pages ce que tu as dit en un post Instagram. Forcément, c'est beaucoup plus riche, c'est beaucoup plus subtil, et c'est extrêmement intéressant. et bien ma première question elle est toute simple et on va faire on va essayer de suivre le même schéma que les épisodes d'Into the Wind c'est à dire l'actu immédiate toi c'est la sortie du livre qui sort le 6 juin et puis on refera ton parcours qui est singulier parce qu'en plus d'avoir été navigateur t'as été ou t'es encore cinéaste ouais t'es toujours cinéaste navigateur ouais toujours cinéaste navigateur voilà donc voilà je pense qu'on va avoir à faire un épisode original mais qui va être comme d'habitude très très riche comment, t'as pas 37 ans, t'as 36 ans ?

  • Speaker #2

    J'ai 36, j'ai à avoir 37 à la fin.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est ça. Comment à 36 ans, après 8 années de carrière, je me mets plein de guillemets, dans la vague de compétition, on en vient à faire un livre pour raconter à la fois son parcours et puis la sortie de ce monde. Alors raconte-nous comment tu deviens, alors qu'en plus d'être cinéaste et navigateur, tu es devenu écrivain.

  • Speaker #2

    Alors, il paraît qu'on devient écrivain que quand on a écrit deux livres. Donc pour l'instant, je ne suis pas encore un vrai écrivain. Je pense que j'ai fait la découverte effectivement. du temps long, de la réflexion, de se poser les questions, de savoir aussi pourquoi on fait les choses. Moi, c'est vraiment, je pense que c'est la première fois que je fais un podcast pour parler du livre, donc je suis très heureux.

  • Speaker #1

    Je suis la première date de la promo.

  • Speaker #2

    Je suis très heureux. Et en plus, tu vois, je pense que quelque chose qui me touche, je dois avouer que ça m'a caressé l'esprit à un moment de te contacter pour faire ça, parce que tu vois, je sais que tu es le média qui est le plus écouté par les marins en eux-mêmes. Et effectivement, je pense qu'il y a une partie de moi qui... Ce n'est pas que j'ai voulu me justifier dans ce livre, mais j'ai voulu sortir justement du jugement. Parce qu'en fait, je pense que ce qui est hyper dur, c'est qu'il n'y a pas de bonne manière... C'est Camille Etienne qui fait la préface de mon livre, qui est une activiste que peut-être tous les marins ne connaissent pas, mais qui est quand même très engagée. Et elle fait ce parallèle en disant comment on fait quand on apprend à quelqu'un que le Père Noël, il n'existe pas. forcément c'est désagréable forcément c'est pas cool de dire à un enfant que le père noël il n'existe pas et il n'y a pas de bonne manière de le faire et je pense que oui moi je me suis trouvé dans une posture où j'ai dû je pense et j'espère que ça transparaît dans le livre que j'ai été le plus honnête du monde dans ma démarche parce que comme tu le dis je me sentais plus bien et plus à ma place j'étais plus en harmonie c'est l'harmonie et donc en fait moi j'ai mis les mots que je pouvais là dessus Et en fait, depuis le début que je faisais du bateau, que j'ai commencé en mini et tout ça, Ça a été une constante chez moi de toujours... Parce que je fais partie de cette génération qui a... Tu vois, je pense que j'avais 20 ans quand Facebook est arrivé en France. Ça, c'est un autre sujet. Les réseaux sociaux, ça baigne autour de tout ça. Mais j'ai toujours raconté tout ce qui m'est passé par la tête. Si les gens remontent mon actu depuis 2014 en mini, j'ai toujours été transparent et j'ai toujours communiqué sur mes émotions, sur ce que je faisais, pourquoi je le faisais. Donc moi, pour moi, le jour où j'arrête la course au large, Ça me semble logique d'expliquer pourquoi je le fais.

  • Speaker #1

    je ne vais pas juste dire salut j'arrête enfin j'aurais pu mais ce n'était pas ma démarche depuis le départ mais de le faire sur cette forme là on est en France donc il y a un peu statutaire dans le livre le livre mais du coup c'est

  • Speaker #2

    un autre travail c'est un travail de longueur c'est un travail qui se fait avec un éditeur qui a dû dire une éditrice qui m'a contacté une semaine après mon post sur Instagram qui m'a dit est-ce que tu as d'autres choses à raconter parce que bah Moi ça me parle, ça me touche, je pense que c'est un sujet de fond, la place du sport dans notre société, comment on fait pour... Enfin là on est bien placé en ce moment avec les JO, il y a quand même pas mal de polémiques autour des JO, on va pas se mentir, et c'est des questionnements qu'on se pose de plus en plus, et là en fait, effectivement, vu que... à ce moment-là, j'étais déjà dans une bonne vague, une bonne déferlante de commentaires un peu agressifs sur les réseaux. Je me suis dit, bah oui, là, il y a plein de choses auxquelles je n'ai pas pu répondre et que je n'ai pas pu développer dans un petit post Facebook. Donc, bah ouais, c'est peut-être intéressant pour moi d'essayer de comprendre quel était mon cheminement de pensée avec, je pense, l'arrière-pensée de me dire, je ne vais pas essayer de convaincre les gens.

  • Speaker #1

    il est sous-titré d'ailleurs récit c'est pas un essai c'est pas une analyse c'est le récit de ta vie et en particulier de ta dernière audio-rom entre coupée de flashback c'est ça je vais spoiler un peu et du coup surtout on comprend la

  • Speaker #2

    montée en puissance de cette dissonance après je pense que à la fin dans les deux derniers chapitres j'essaye de proposer et pour moi c'est hyper important de montrer qu'en fait enfin ça a été très ce qui a été dur pour moi c'est vraiment ce côté genre t'es en train de flinguer le milieu, tu coupes la branche t'es hyper violent alors qu'en fait moi depuis et pourtant tu vois Ça fait depuis 2020 qu'avec l'association La Vague, on essaye de faire des choses. Je pense qu'on est force de proposition. Ok, on dénonce, mais ça fait partie du jeu. Notre rôle, c'est de poser des questions. Et à côté de ça, j'espère que dans le livre, on termine en se disant qu'en fait, on a tout en main. Il suffirait juste qu'on se mette tous d'accord pour mettre des règles. Parce qu'en fait, on a tous envie de jouer. On a tous envie de s'amuser. On aime tous aller sur l'eau. C'est ça. après il faut que ça reste soutenable et aujourd'hui je suis désolé mais la voie que ça prend le routage il est pas bon quoi alors on va y venir un jeu la première question était sur le livre et sa gestation combien de temps tu t'as fait parce que parce que il ya du travail tu as dû ramasser ta pensée le travail de l'éditrice ouais ouais il ya eu trois mois d'écriture trois mois d'écriture et après on a fait du ping pong en relecture pendant trois mois quelque chose comme ça et c'était hyper intéressant Qu'est-ce que t'as pensé de l'exercice de style ? Moi j'étais plus dans l'écriture de scénario des écritures plus terre à terre qui décrivent des choses et là moi j'ai bien aimé de dire effectivement c'est assez spécial quand tu te rends compte qu'en fait t'es en train de répéter plein de fois la même chose et tu te dis bon bah allez c'est comme un montage vidéo c'est de dire bon bah allez on va à l'essentiel on fait synthétique et on essaie de résumer la pensée et j'espère que je sais pas ce que t'en as pensé mais je pense que même s'il y a 272 pages je pense qu'on est quand même assez concis et que ça s'est segmenté ce qui compte c'est pas le nombre de pages c'est la taille de la police c'est

  • Speaker #1

    assez classique Et qu'est-ce que tu as pensé de l'exercice intellectuel ?

  • Speaker #2

    Moi, ce que j'ai adoré, c'est effectivement, je pense qu'il y a un vrai côté thérapeutique, on en parlait juste avant, parce que de se faire un dézoom sur sa vie et de se dire, ben voilà... Moi, pourquoi en 2013, je me dis, j'ai envie de faire la mini, j'ai envie de faire du bateau, d'où ça vient ? Ça, c'est vraiment une question fondamentale qui, je pense, traverse mon livre, de dire, comment se construisent les rêves, en fait ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment, quels sont les déterminismes qui se sont mis en place ? Quelles sont les expositions auxquelles on a été confrontés qui font qu'on se dit, ah, parce qu'on parle toujours, aller au bout de ses rêves. Enfin, je pense que chaque projet bateau parle de rêve. Et heureusement, parce qu'effectivement, la mer est un des rares espaces encore où... Ou encore, ça fait rêver en fait, l'horizon fera toujours rêver, c'est ce que je dis quand tu vas voir n'importe qui et que tu dis je vais traverser l'Atlantique en solitaire, en général dans les gens tu as une petite étincelle qui s'allume, et ça il faut la garder cette étincelle, mais par contre c'est... qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? Comment on fait pour que ça devienne quelque chose de durable dans le temps ? Parce qu'on a envie de continuer à jouer, tu vois. Et moi, le premier. Et je me suis vraiment posé cette question-là, de me dire d'où est venu mon rêve et pourquoi à un moment, il est venu se heurter à une réalité scientifique d'abord, puis même sur le plan social. Enfin, je veux dire, là, on parle d'écologie, mais tu vois, à la postériorité, je me dis, le post Facebook, quand j'annonce que j'arrête, C'est pas que pour raisons écologiques, c'est pour des raisons aussi d'ordre moral, d'ordre philosophique, d'ordre social aussi, parce que tu dis, il y a un moment...

  • Speaker #1

    Voir sociétal.

  • Speaker #2

    Ouais, sociétal, parce que... et je pense que j'ai fait... Tu vois pendant la route du Rhum, j'ai embarqué un livre avec moi, c'était Ralentir ou périr de Timothée Parry, qui est un économiste qui essaie de penser la post-croissance.

  • Speaker #1

    C'est même un économiste de la décroissance.

  • Speaker #2

    Il parle de décroissance, c'est son sujet, mais la décroissance pour lui, qu'on le veuille ou non, on est dedans et ça va faire que réduire. On le voit déjà un peu aujourd'hui, tous nos budgets sont… enfin tout est en train de se contracter. Donc en fait ce qu'il faut c'est imaginer ce qui se passe après. vraiment hanté la dernière année, c'était à quel besoin répond ma pratique ? Enfin, je veux dire, si tout un chacun, chacune, on se posait la question, à quoi ça correspond ? Est-ce que, tu vois la fameuse question que tout le monde posait pendant le Covid, qu'est-ce qui est essentiel, qu'est-ce qui est non essentiel ? Ah bah moi sur le moment je me suis dit bah là qu'est-ce que je suis en train de faire ? Qu'est-ce que, si ce n'est en plus tu vois une ère médiatique de vouloir flatter son égo, de se poser des questions, pourquoi on fait que se comparer aux autres, pourquoi on est influencé, il y en a un qui fait ça, ah bah tiens moi je veux le même bateau, ah bah lui il va faire ça, tel... Et c'est un peu dur en fait de se faire l'analyse sur soi-même, de se dire, pourquoi je veux faire du bateau ? Pourquoi ? Je pense que je me suis posé clairement la question, pourquoi j'avais ce moment, cette envie de traverser l'Atlantique ? Pourquoi je l'ai dû la faire en course ? Pourquoi je n'ai pas été prendre seul un petit bateau et puis le faire ? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, j'ai fait ça ? Bah je pense que j'y suis.

  • Speaker #1

    Baluchon quoi.

  • Speaker #2

    Ouais, mais Baluchon, alors Baluchon là j'étais... du coup je passe pas mal de temps il faut m'expliquer pardon oui oui Baluchon c'est un petit bateau qui fait 4 mètres et Yann Kenney et son skipper incroyable incroyable c'est vraiment c'est même pas décroissant c'est minimaliste quoi ouais et il va faire un tour du monde et il repart et j'étais à un festival qui s'appelle Into the Blue à Bruxelles qui est super sympa et c'était radical on passait de son film à lui à celui de Thomas Ruyant Et dans la salle, tu peux vraiment voir que les gens étaient enthousiastes et portés de rêve en voyant ce petit bateau. Alors qu'à la vision du film de Thomas, tout le monde regardait genre, ah mais c'est ça votre sport ? Mais c'est horrible, ils rigolent pas, ça a l'air dur. Et tu te dis, mais attendez, si c'est déjà dur pour nous à bord, si c'est... Et en plus, tu vois, on est là à sourire, à faire des selfies, ouais, tout va bien, tout va bien, alors qu'on en chie, quoi. Tu te dis, il y a un moment, c'est... ça a d'autres vertus aussi tu dis notamment que la compétition c'est l'effort et que l'effort par contre tu veux le garder l'effort il faut le garder heureusement et c'est ce que je dis je me suis vraiment à un moment questionné beaucoup sur la compétition et pourquoi j'ai été faire la mini plutôt que juste prendre un petit bateau et traverser je pense que ce qui est a posteriori moi ce que j'ai adoré dans la mini c'est les échanges c'est tout le cheminement c'est complètement bateau ce que je dis mais c'est au final la mini transat c'est bien c'est presque anecdotique en fait c'est tout l'apprentissage que tu vas faire sur le long terme, moi tu vois j'ai mis 3 ans avant de faire ma mini et ces 3 ans là, ils ont été plus enrichissants que la transat en elle-même le chemin plutôt que le...

  • Speaker #1

    revenons au livre une dernière fois est-ce que d'avoir réfléchi d'avoir dû mettre mort sur blanc ce que tu pensais, d'être revenu sur le chemin justement est-ce que ça t'a apporté quelque chose est-ce que ça t'a fait progresser est-ce que t'as... T'as compris des choses ? Est-ce que ça a ouvert des portes ?

  • Speaker #2

    Ah ça m'a... Ouais je pense que ça m'a ordonné ma pensée. Je pense qu'aujourd'hui je suis à même de répondre, pas à toutes les critiques, mais ça m'a mis aussi dans une posture où je me suis vraiment dit... Tu vois ce qui était très dur pour moi dans la période de l'année dernière, c'était qu'on m'a dit, voilà t'es dans le jugement, t'es moralisateur, tu penses être mieux que tout le monde. Bah non, en fait, voilà, moi j'ai construit mon raisonnement via des lectures, via des rencontres, via plein de choses, et oui, j'ai ma vision du monde et ma vision du sport, toi t'as la tienne, celui ou celle qui est en train d'écouter, il a la sienne, et c'est ok. Par contre, après, ce qu'il faut... enfin voilà, si on doit argumenter, moi j'ai... Je dois avouer que j'ai eu le travers, je pense, l'année dernière, de beaucoup répondre aux commentaires, de m'agiter un peu sur des groupes WhatsApp, et en fait, c'est pas la bonne place, et tu vois, il y a un moment quand... Quand on veut faire un vrai débat, c'est ce que je disais à un moment à des gens, je leur disais, mais si vous voulez débattre avec des équations, vous pouvez y aller. Mais vous ne pouvez pas venir avec une opinion de me dire 2 plus 2, ça fait 5. Et moi, je crois vraiment que 2 plus 2, ça fait 5. Non, ça fait 4. Et on ne peut pas mentir avec ça. Donc, il y a un moment où il y a une réalité physique et scientifique. Et ça, j'ai appris qu'en fait, la seule chose qu'on peut faire, c'est faire de la maïeutique, donc de l'accouchement d'idées. Moi, le livre, il est là et maintenant, il existe. J'ai donné des billes. Si les gens ont envie d'aller, j'espère, apprendre quelques chiffres, quelques histoires, tant mieux. Et puis, je pense que ce qui est plutôt cool, c'est le témoignage. Je me suis rendu compte parce que je suis intervenu dans quelques petites conférences. Et c'est rigolo de voir que ma décision... elle résonne dans d'autres milieux, que ce soit professionnel dans des grandes entreprises, que ce soit dans le milieu de la montagne, ça fait des passerelles. Et en fait, je pense que le fait de raconter une histoire personnelle, même si les gens ne connaissent rien à la voile, ils y projettent de l'affect et des choses, et de se dire, ah oui, il se passe ça, moi ça résonne comme ça chez moi. Donc ça, ça m'a beaucoup apporté de me dire, ok, sortons de la posture de vouloir convaincre, je ne suis pas là pour convaincre. et partageons le chemin et puis une chose qui m'a aussi touché c'est le côté attends je me suis vraiment perdu c'est pas grave dernière question sur le bouquin qu'est-ce que t'en attends ?

  • Speaker #1

    un débat plus apaisé d'autres gens qui viennent te dire tiens mon chemin à moi il est pas loin du tien ou une nouvelle vague j'espère vraiment pouvoir inspirer des gens pour

  • Speaker #2

    moi aujourd'hui il faut qu'on déserte il faut qu'on soit de plus en plus nombreux à avoir le courage de dire parce qu'en fait la réalité de ma vie depuis un an c'est qu'à chaque fois que je rencontre des gens de la course au large Mais quasiment tout le monde est con. Ok, ils n'ont pas été d'accord avec la manière. Ça a choqué, parce que... Ah oui, c'est ça que je voulais dire. C'est que j'ai compris aussi, le fil que j'ai perdu, c'est que j'ai compris en écrivant ce livre que pourquoi il y a eu un écho à un moment qui a fait un mini-buzz, c'est qu'en fait, il y a une réelle problématique, et le fait d'un seul coup de mettre des mots sur une blessure que tout le monde... On l'a tous un petit peu, globalement, on sait qu'on n'est pas droit dans nos bottes, qu'il y a un truc qui est un peu bâtard de dire, l'océan, on protège, etc. Mais en fait... Il me faut quand même une nouvelle GV, il faut quand même que je construise un nouveau bateau. On n'est pas clean en fait, et ça je pense que tout le monde le sait. Et donc en fait, malgré moi, je suis venu appuyer sur un truc qui fait mal. Et la réalité c'est que si ce que j'avais dit ne se dérangeait pas... et ben enfin si ça y est il y aurait pas eu de réaction là le fait qu'il y ait une réaction ça veut aussi dire que je mets le doigt sur un sujet et que ce sujet on a tendance à le cacher à l'enfouir et dire bon bah tant que ça tient ça tient et on y va jusqu'au bout tu as parlé pour plein de gens qui parce qu'ils ont des contrats avec des sponsors parce qu'ils sont dans la perf on va beaucoup parler de ça c'est vraiment très intéressant tu as parlé pour des gens qui ne peuvent pas parler Bah ouais c'est ce que je te dis, moi à chaque fois que je vois des gens depuis un an, tout le monde me dit bah ouais t'as pas tort, t'as pas tort, mais il y a toujours un mais qui vient, parce que, et je peux l'entendre, le cheminement pour trouver un sponsor c'est hyper dur, on va pas se mentir, et quand à un moment t'arrives enfin, ça fait 10 ans que tu galères, et que tu trouves un sponsor, et tu dis bah attends, ça fait 10 ans que j'ai tout sacrifié, ma vie sociale, ma vie affective, enfin tu vois il y a des exemples concrets de... de femmes et d'hommes skippers qui m'ont marqué. Et tu dis, mais ils ont tout mis dedans, tu vois. Et forcément, d'un seul coup, quand tu leur dis, ben en fait, c'est pas ouf. Ah bah ouais, la réalité elle est super dure, et forcément qu'ils en veulent encore un peu, tu vois. Par contre... A chaque fois, je te dis, tout le monde est plutôt d'accord pour dire qu'il faut changer les choses. Puis il y a un truc qui ne va pas totalement. Sauf certains cas très graves de personnes qui sont dans le déni complet ou dans le cynisme et qui se disent, on est là pour faire du business et la seule boussole qui nous dirige, c'est celle du profit. Et c'est des gens, je pense, qui sont plus néfastes que moi en fait. Parce que c'est des gens qui emmènent tout le monde dans une direction qui n'est pas saine pour le milieu ni pour notre sport. Enfin, voilà quoi.

  • Speaker #1

    Petite question technique, le tirage de livres est de combien ?

  • Speaker #2

    Je crois qu'on est à 3500 C'est la première info que j'ai eu Je sais pas si c'est bien, j'en sais rien

  • Speaker #1

    Non c'est pas mal C'est parce que t'es à la fois sur une niche et sur un sujet universel

  • Speaker #2

    Ouais et ça j'espère aussi que ça va toucher d'autres personnes Enfin, mon éditrice voulait que ça parle au plus grand nombre. Oui,

  • Speaker #1

    alors il y a un lexique, il y a plein de petits schémas. Il y a même, si vous voulez savoir ce que c'est, il y a même le schéma du Don't Fucker. Je trouve ça génial.

  • Speaker #2

    C'est moi qui ai tout dessiné.

  • Speaker #1

    Je suis assez fier. Oui, les dessins sont très sympas. Et donc, pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, c'est une sorte de... Je ne sais pas comment on peut appeler ça. C'est une sorte de prise de riz pour faire descendre la chaussette de Spi.

  • Speaker #2

    De Pilko Pit.

  • Speaker #1

    Ou la grand voile aussi. Est-ce que tu avais un Don't Fucker de grand voile ?

  • Speaker #2

    Non, je n'en avais pas.

  • Speaker #1

    pour faire descendre une gros voile au portant une gros voile lattée au portant on a un down fucker donc c'est des bouts pour faire descendre la poésie de Joe Sexton voilà exactement et donc il y a tous les schémas et tout est très didactique et ton livre et on le voit dès le début ton livre vraiment s'adresse aussi à des gens qui ne connaissent pas la voile c'est pour ça qu'il a quand même une vocation à être un peu universel le chemin que tu décris sur lequel on va revenir il doit exister il doit exister chez plein de gens et même chez des non-sportifs.

  • Speaker #2

    C'est ça, et puis j'aimerais qu'il inspire des gens. Je pense que, là, depuis 2-3 ans, il y a un grand mouvement, je te dis, de désertion aux Etats-Unis, de gens qui... Je pense qu'on est vraiment dans un effet, moi y compris, post-Covid, où plein de gens se sont posé la question de pourquoi on fait notre job. Il y a un mouvement de fond aussi, je pense, dans la génération des 20-30 ans. qui refusent les CDI, qui se disent qu'on ne veut plus non plus cautionner des choses, on veut pouvoir avoir de la liberté. Mais il y a quelque chose de cet ordre-là, de se dire à un moment qu'on n'est plus d'accord avec ce qu'on nous propose et les anciens schémas, on va les bousculer. Et ça, c'est à tous les niveaux. Tu vois ce qui se passe dans le féminisme, dans plein de mouvements. Il y a des choses qu'on ne veut plus laisser passer. Et pour moi, j'espère que ce livre aura vocation à faire écho, à raisonner dans d'autres milieux. Et j'espère que si ça peut parler à des gens et les pousser... J'essaie de trouver cette formule à un moment, de dire que c'est les gens qui sont au pouvoir, qui font les règles. Donc il y a un moment où il faut aussi leur dire que c'est vachement courageux et... Moi, c'est une des critiques qu'on m'a fait, c'est de dire En fait, t'as rien gagné, t'es nul, et en plus, touffe ta gueule. Je le comprends, le truc, mais par contre, c'est vrai que quelqu'un qui serait vraiment au top du game et qui ferait une démarche véritable et sincère de se dire Allez, moi, je fais un petit pas de côté et je vais dans un sens dans lequel je me sens mieux. c'est sûr que le message y passera encore mieux. Donc moi, j'ai envie de donner du courage et de montrer que ma vie, elle ne s'est pas arrêtée et j'ai d'autres projets et ça va en fait.

  • Speaker #1

    Et on va revenir aussi au fil du temps sur le thème de la désertion parce que ce que tu constates et ce qui te fait arrêter, c'est que tu as essayé de changer les choses à l'intérieur et tu constates que tu n'as pas réussi. Et donc du coup, pour ça, autant arrêter et faire ça autrement ailleurs. Ça, c'est assez intéressant parce qu'il y a...

  • Speaker #2

    c'est un vrai débat quoi ce qu'il faut rester ce qu'il faut quand il est un insider pour faire bouger ou est-ce que c'est les gens se dégager au gouvernement avec un ministre qu'on peut pas saquer et en même temps mais faire du lobbying positif c'est hyper dur et je pense qu'on a besoin des deux je pense qu'on a besoin de des deux et tu vois je sais pas si c'est vrai ou pas mais on m'avait dit un peu dans les coulisses que toi quand il ya eu les assises de la course au large en décembre on m'a dit que le fait que le bruit médiatique que j'avais pu faire avait un peu encouragé à se dire il faut qu'on faut que la fédé en tout cas qu'il y ait une réflexion il faut qu'on se positionne donc en fait on a besoin des deux on a besoin d'avoir des activistes qui font des choses et puis on a besoin d'avoir du politiquement correct et ça avance comme ça et tu vois on déplace la fenêtre d'overton je sais pas si les gens sont familiers avec ce concept ce qui en ce qui ont regardé la fièvre sur canal plus peut-être on

  • Speaker #1

    l'expliquera encore en cours d'autres mais là aussi ce dialogue entre activistes je pense que peu de gens ont compris ce que c'est que le rôle d'activiste, ils ne sont pas là forcément pour construire, ils sont là pour mettre à l'agenda les sujets. C'est ça. C'est ça, moi qui ai longtemps couvert la politique, la vague notamment, sur le côté parfois inconstructif de la vague ou sur le côté justement rué dans les brancards, mais c'est le rôle d'un activiste. C'est ça. Ce n'est pas forcément une question du compromis.

  • Speaker #2

    Non, non, on pose des questions, on interroge, on vient faire du bon acte.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. mais du coup par contre on aurait un monde où il y aurait que d'activistes il est probable qu'on n'arriverait pas à construire non plus les compromis alors qu'il faut construire les compromis c'est passionnant, ça m'intéresse beaucoup en tout cas on va faire notre flashback habituel et notre discussion va continuer tout au long, c'est là où c'est intéressant on va faire notre flashback habituel on va repartir du coup dans les années 80 puisque t'es tout jeune alors c'est ce que je te disais aussi dans le livre tu dis que t'es dans un petit village à la frontière de la banlieue parisienne, y'a pas de nom y'a pas de... Il n'y a pas de repère précis, je le disais aussi en préparant le lancement, qu'il y avait peu de monde marin dans ton livre, etc. Est-ce que tu peux nous dire juste où tu es en région parisienne, dans quel univers tu grandis ?

  • Speaker #2

    C'était marrant parce qu'en venant ici, je me suis dit que tu allais me poser la question. Et en fait, j'ai grandi dans un petit village qui s'appelle Boismont, qui est dans le Val d'Oise, à la frontière du Vexin français. Donc j'étais vraiment à la frontière entre la ville nouvelle et vraiment la campagne. Et il y a une particularité qui est assez drôle, c'est un village de 700 habitants et il y a un autre marin qui a habité là-bas, c'est Christian Dumas, dans les années 80. Et quand on s'est retrouvé et qu'on s'est dit mais on était tous les deux là-bas, c'est quand même assez improbable.

  • Speaker #1

    Tu es passé dans une toute de mine.

  • Speaker #2

    Un tout petit village et je suis né à Conflans-Saint-Honorin, dans les Yvelines, qui est la capitale de la bâtellerie. Donc tu vois les péniches, j'étais dans l'eau douce, mais je n'ai pas grandi dans une famille de marins du tout. Je pense qu'on est nombreux comme ça. Paul Meillat vient de Conflans, je crois. Il a fait des choses là-bas. Il y a plein de profils.

  • Speaker #1

    Au final, on s'aperçoit, notamment si vous écoutez Into the Wind depuis le début, que le breton né en Bretagne, fils de coureur, ça n'existe quasiment pas. C'est vraiment très étonnant. Et du coup, l'univers maritime et la mer, il y a quand même des racines familiales. Oui,

  • Speaker #2

    alors il y a quelque chose qui est marrant. Ça, je n'ai pas la réponse de savoir pourquoi, mais mon grand-père paternel habitait sur une maison à Andrésy, donc sur la Seine. Et je ne sais pas ce qui lui a pris. Je pense que c'est la grande époque, tu vois, du 4-20, du 4-7, de la navaire. Et je ne sais pas pourquoi, il se met à acheter un petit dériveur, un fennec, à la fin des années 60. C'était quelqu'un de très littéraire. Il a acheté le bouquin d'Aiglénan et il n'avait jamais pris de cours et il est parti naviguer sur la Seine. Mon père m'a raconté qu'il croisait des péniches, que c'était à la fois génial mais en même temps hyper flippant. Et il commence à apprendre à faire de la voile sur la Seine. Et après je pense que c'est la grande époque des années 70 où... où tu partais avec ta voiture, ton dériveur sur la remorque et puis tu allais dans les campings. Et mon père a passé toute son enfance, je pense, à faire la côte bretonne avec son dériveur, avec son père. Et je pense qu'il a… Moi, j'ai dû mettre les pieds sur ce dériveur quand j'avais 4-5 ans. Et c'était pour le coup, ça s'est spatialisé, je peux le dire. C'était à Kerambigorn, la petite plage de Begmey à Fouénan, juste en face des Glénans. et voilà quand on parlait de déterminisme bah cet endroit là il est hyper pour moi je pense qu'il y a quelques hot spots de le cours solar, t'as la trinité t'as Port-la-Forêt et bah oui moi quand j'ai navigué j'ai passé tous mes étés ici donc je me sens quand même breton c'est de l'autre côté de la baie en face de Concarneau, de la baie de la forêt c'est en face de la baie des fous quoi et depuis que je suis tout petit je fais du dériveur l'été c'était pas, j'ai jamais fait de t'as vu J'ai fait un stage d'optimiste une fois, mais j'ai jamais pris de cours de voile. Et par contre, j'ai eu ce truc-là de... C'était un loisir de vacances, quoi. C'était vraiment, je me baladais, je faisais du dériveur avec mes deux sœurs et on se marrait. Et le jeu, c'était d'aller voir les gros bateaux, tu vois, c'était genre, est-ce qu'on a le droit d'y aller, est-ce qu'on va se faire engueuler par les parents ? Et moi, je pense qu'un des premiers gros souvenirs marquants, je pense que c'est en 2000, où je croise le PRB de Michel Desjoyeaux, et là, je pense que je suis, tu vois, sur un petit bateau qui fait moins de 5 mètres, tu vois, passer un bateau de 18 mètres, c'est littéralement bluffant, et ça, je considère encore que c'est beau, tu vois, il y a quelque chose de magique d'avancer aussi vite avec le vent. ça reste quelque chose qu'il faut qu'on garde en fait et c'est rigolo en ce moment dans le port de Conquerneau on a un retour des bateaux avec des grands mâts il y a la Nemos qui va faire du truc et la persévérance de Jean-Louis Etienne et juste en face il y a François Gabart c'est un mix de plein de choses et mine de rien j'ai l'impression qu'il y a une sorte de retour aussi de se dire en fait Il y a des choses qui sont là, il y a des choses qui nous fascineront toujours autour de la mer, autour du fait d'avancer avec le vent.

  • Speaker #1

    Et toi quand t'es môme, t'as quelle relation à cet univers-là ? C'est un loisir de vacances comme d'autres ont le cheval ou le ski ? Ouais. Ou c'est quelque chose qui infuse quand même ?

  • Speaker #2

    C'est quelque chose que j'adore faire, c'est quelque chose où je trouve des sensations, je pense que les premiers bords de portant un peu grisants dans 25 nœuds, les moments où tu dessales avec de la houle et que t'es au milieu de nulle part, c'est des moments que j'ai adorés en fait, c'est des moments qui m'ont marqué. Mais toi... Je pense que j'étais à Pontoise au lycée. J'étais tout seul dans mon truc. Quand je rentrais de mes vacances, il n'y avait personne qui faisait du bateau.

  • Speaker #0

    personne connaissait ça, donc j'étais vraiment tout seul dans mon truc, et du coup c'est pas quelque chose que je pouvais faire, tu vois. La première fois de ma vie où j'emmène des potes de lycée faire du bateau, c'est quand on fait un stage de kata sur la base de loisirs de Sergi Pontoise. sur une mare quoi et c'était marrant mais d'un seul coup tout le monde me disait mais d'où tu sais faire ça tu vois et je me marrais trop donc j'ai même coulé un bateau comme ça parce que moi je savais que j'étais tribord l'autre savait pas et on a coulé un bateau bon voilà mais c'était rigolo ça mais non ça infuse ça infuse jusqu'au point où Je le raconte dans le livre. Je pense qu'il y a un moment, on me parle des minis quand je suis en 2011.

  • Speaker #1

    Tu vas un petit peu vite parce que... T'inquiète pas, on a du temps, je t'admire. Tu vas un petit peu vite parce qu'il y a une chose qui est assez intéressante, c'est que ça reste... Ton horizon, il est assez restreint quand tu navigues et tu le racontes dans le livre, c'est que la ligne d'horizon, c'est les glénans, même c'est les moutons. C'est les moutons. Les moutons qui les glénans et les bagmails. 5 000 des côtes. 5 000 des côtes. Donc il n'y a pas du tout de projection sur le voyage, il n'y a pas du tout de projection sur la découverte d'horizons nouveaux. On est plutôt dans une pratique de glisse.

  • Speaker #0

    Oui, je pense que ce qui m'amuse beaucoup, c'est le contact avec l'élément, c'est être au bord de l'eau, c'est de faire du trapèze, c'est d'en prendre plein la tête. Ça, ça m'amuse beaucoup, tu vois. et justement la dimension parce qu'une première nuit en mer elle est pas là encore je l'ai pas parce que je pense que j'ai pas les contacts je sais pas pourquoi j'ai pas été faire les glénants pourquoi j'ai pas pris le temps d'aller faire un stage de faire autre chose mais je pense que ça m'attire pas tant que ça je pense qu'il y a quelque chose de du tactile et de quelque chose de l'émotion physique quoi pour moi il fallait toucher les choses et les premières fois où je monte sur un sur un habitable, je pense que c'est un ami de mon père qui passe en escale à Benaudet, et il y a quelque chose de très bizarre pour moi à ce moment-là, de voir qu'il y a une cuisine à bord, de voir qu'on peut être habillé, il y a un truc qui n'est pas logique dans ma tête, de me dire je ne suis pas en combinaison néoprène, pourquoi il n'y a pas de vagues, il y a un truc qui ne m'a pas, le côté un peu camping caravanning ne m'a pas hyper séduit, et je n'ai pas été là-dedans, et pendant longtemps c'était plus... Moi ce qui m'amusait c'était de sortir quand il y avait 20-25 nœuds et de me faire des runs. C'est un sport de glisse quoi. Ouais.

  • Speaker #1

    Avant tout. Dans ces années-là de jeunesse, il y a aussi un truc qu'il faut que je vous explique, c'est comment quand on est dans un petit village du Vexin, comment on se lance et qu'on passe un bac scientifique, tout sur ma fiche, comment est-ce qu'on décide de faire du cinéma ?

  • Speaker #0

    enfin des études de cinéma ce qui ne veut pas dire que tu vas faire du cinéma je pense qu'en fait c'est vrai là on repart dans le côté thérapie je pense que c'est gratuit non il y a un côté de moi j'étais un très bon élève jusqu'en seconde jusqu'en seconde je suis un très bon élève et à un moment je pense que je pète un câble de me dire que j'étais dans une boîte à bac où je commence à comprendre qu'en fait on s'en fiche de savoir comment je raisonne et on me dit juste quoi faire et qu'il faut être rentré dans le moule et qu'il faut être conformiste Moi, ça me fait vriller. Et à ce moment-là, je me mets à... Il y a un truc chez moi qui me dit mais je ne veux pas du tout devenir... Je pense qu'on n'a pas cet esprit critique. On nous demande juste de rentrer dans le rang, de cocher des cases. Moi, tous mes amis font des écoles de commerce. Et ça ne m'attire pas du tout. Pas du tout. Et je dois avouer que j'ai la chance d'avoir des parents qui m'ont toujours soutenu, qui m'ont rien imposé, qui m'ont laissé guider là où je voulais aller. Et comment j'arrive dans le cinéma ? En fait, j'ai deux petites sœurs jumelles qui un jour répondent à... Enfin, mes parents voient une annonce passer, je ne sais plus, sur France 3 ou un truc comme ça. Elles font un petit casting, elles sont prises. Elles ont, je ne sais plus, 15 jours de tournage, ce qui est quand même beaucoup en termes de tournage dans le nord de la France. Et moi, je sèche les cours, je pense, une fois et je vais sur un plateau de cinéma. Je me dis tiens c'est quand même marrant, il y a des gens qui sont payés là, qui s'amusent et ils sont là en train de jouer et raconter des histoires. Et ça, ça allume une petite lumière encore une fois, les déterminismes, de dire quelle était la probabilité pour que, je ne sais plus comment, c'était un ami de ma mère qui voit une annonce, il y a des jumelles, on recherche des jumelles et ainsi de suite. qu'est-ce qui fait que quel est l'empilement des choses qui fait que je me retrouve sur un plateau de cinéma et qu'au moment où je me dis je ne vais pas faire du tout la voix que Prépa et compagnie en fait là je ne sais pas,

  • Speaker #1

    je me dis que le cinéma ça a l'air marrant tu n'es pas du tout d'une famille d'artistes je crois que j'ai lu dans un papier de reporter que ta mère est juriste et que ton père a la tête d'une petite boutique d'électronique ouais mon père est bricoleur dans le monde du cinéma,

  • Speaker #0

    des artistes et des films mon grand-père avait juste été il avait il avait Et ce que ça traînait dans l'air, il était co-scénariste pour des films genre Angélique ou des choses comme ça, des vieux trucs quoi, mais il n'a pas du tout fait une carrière. Par contre, il était très littéraire et je pense que c'est lui qui m'a aussi fait lire beaucoup de choses et qui m'a donné le goût de la lecture. J'ai beaucoup lu quand j'étais petit.

  • Speaker #1

    Et alors du coup tu vas faire des études de cinéma, d'abord une école de cinéma à Cherbourg et ensuite une fac à Paris VIII. Quel souvenir tu gardes de ces années parce qu'on est très loin de l'univers maritime, j'imagine ton univers de départ ?

  • Speaker #0

    Ce qui est drôle c'est que, tu vois, en fait j'ai un peu un, je sais pas si c'est un défaut, mais je suis hyper, quand je suis focus sur un sujet j'y vais à fond. Et tu vois je passe un an à Cherbourg. Je ne mets pas les pieds sur un bateau. Alors que je suis au port de Chantraine, je vois qu'il y a plein de choses possibles. La rade, elle est géniale en plus pour naviguer. Maintenant, je l'ai découverte bien après, mais je n'ai pas mis les pieds dedans. Donc moi, je découvre le cinéma, je découvre un truc, une casquette qui, je pense, m'a bien plu aussi au moment où j'ai commencé à faire du bateau. C'est que j'aime bien toucher à tout. Et donc, en fait, la formation que je fais, parce que je me dis, OK, je vais raconter des histoires, donc je veux devenir réalisateur. Il faut que je sache. Ça, c'est une des caractéristiques. L'intérêt que j'ai, c'est que j'aime bien connaître un peu tous les corps de métier. Donc j'ai été faire du son, j'ai été faire du montage, j'ai été tenir des projecteurs, de jouer la comédie, j'ai été faire un peu tout. Et ça, on le retrouve, toi, le côté multi-casquette, quand t'es skipper, t'es obligé de le connaître. donc non pour moi c'est une année de découverte qui est génial paris 8 c'est un autre une autre ambiance c'est saint-denis c'est pour moi je pense la découverte de à l'époque j'y comprends rien mais c'est je pense que c'était une fac qui est très engagé politiquement très à gauche très à gauche il y avait des mouvements contestataires des mouvements étudiants et moi je voyais ça d'un oeil enfin j'y que j'y comprenais pas grand chose à l'époque mais mais ça enfin mine de rien tu vois j'ai vu des films J'ai eu des profs qui étaient incroyables là-bas et ça nourrit je pense aussi ma curiosité et mon éveil culturel, ça c'est sûr. Et après je me retrouve à faire un stage fin d'études de licence de cinéma. Je prends à l'époque, il n'y a pas beaucoup de réseaux, je prends un annuaire en ligne. Ça c'est quand même rigolo quand même. Je me suis dit tiens OSS ça m'avait fait marrer, je vais voir qui a produit OSS. Je trouve le nom de la boîte, je vois un mail, j'envoie un mail, un CV, j'envoie trois CV. Et on me dit venez on cherche un stagiaire et je me retrouve sur un film. Voilà un film avec Bernard Campant. et c'était marrant quoi et d'un seul coup balle de fil en aiguille après tu te retrouves à enchaîner des tournages à dire oui à dire oui à dire que bon moi qui connais pas du tout mieux du cinéma

  • Speaker #1

    c'est très hiérarchisé le monde du cinéma c'est très hiérarchisé il y a un troisième assistant réalisateur deuxième assistant il doit y avoir un premier assistant puis le réalisateur ouais c'est quasi militaire c'est vraiment c'est très mais alors du coup tous les gens ne connaissent pas forcément les films sur ta fiche LinkedIn je vous conseille d'aller voir parce qu'il y a tous tes films il y en a plein de films en plus avec juste le titre donc il reste du jambon les yeux de sa mère qui est un peu plus connue la chance de ma vie gigolac etc il y a un

  • Speaker #0

    si je pense c'était deux dont je suis fier c'est d'avoir bossé un peu avec jacques odier dans la rue guédos voilà exactement et je pense que mon meilleur souvenir ton âge c'était qu'est d'orsay un film de bertrand tavernier qui là pour le coup était une vraie leçon de cinéma et j'ai adoré faire ça et puis le dernier film sur lequel j'ai vraiment travaillé c'était camelot où là j'étais juste assistant accessoiriste et ça c'est le dernier film que j'ai sur lequel j'ai travaillé en 2000 tu as travaillé sur la série de france de 10% 10% et alors tu le racontes et c'est très très drôle tu l'auras que tu racontes le

  • Speaker #1

    le tournage de la pub Dior avec Charlie Stéron dans le livre je vous conseille vraiment de lire ce passage où en fait tu dis que personne ne veut lui parler parce que c'est une méga star et un jour tu dis bon ouais il faut aller bosser c'est l'heure elle t'engueule et puis en fait tu dis mais moi ma réaction c'est de rigoler en fait tu vois il y a aussi ce côté de

  • Speaker #0

    désacraliser les choses et en fait oui c'est un milieu on cultive le star system et plein de choses mais il y a un moment en fait ça reste des êtres humains c'est dans ma galerie du palais des glaces à Versailles et là je sais pas si vous voyez la pub à les faire vous la décrire elle est dorée et donc toi tu es en fait vous devenez copains parce que tu l'as parlé normalement quoi bah oui je résume assez parce que je rigole avec elle parce que je lui tiens son sac à main elle me dit que qui me va très bien que je devrais le garder alors c'est un truc qui coûte 50 mille euros fin c'était c'était absurde mais c'était c'est ça qui était marrant dans le cinéma c'était c'était des moments de vie mais comme dans la course au large c'est des choses absurdes fois de là j'imagine que les tous les toutes les équipes qui se retrouvent à new york pour l'avoir vécu c'est des moments assez intense et qu'on vit rarement mais au delà de tout ça il y a un truc un peu absurde là dedans de se dire qu'est-ce qu'on est en train de raconter je t'amène là dessus parce que du coup dans le cinéma il y a un premier désalignement en fait ma vie est une succession de de rails qui s'écartent mais oui en fait c'est à chaque fois tu dis je rêve de quelque chose et puis en fait je viens le tester j'en touche les limites et il y a un moment je vais aussi me... me dire que je suis pas d'accord. Je me disais, si j'étais resté dans le cinéma un peu plus longtemps, je pense que peut-être que j'aurais eu le même virage écologique, tu vois. Et peut-être que ça aurait peut-être fait moins de bruit, mais il y a un moment, tu vois, le cinéma n'est pas propre du tout. Il y a plein d'assauts qui bossent dedans pour essayer de faire des choses. Il y a des scénaristes qui bossent dessus. Enfin, le mouvement est en train de se transformer. Et tu dis, en fait, que je sois là à faire du bateau ou ailleurs. Bah moi j'aime bien poser des questions et quand je suis pas d'accord bah je le dis et je sors et voilà quoi.

  • Speaker #1

    Donc on va avoir méfiance sur le prochain secteur dans lequel tu vas aller bosser. Enfin en tout cas voilà tu le racontes dans le livre, moi je me suis dit tiens déjà, déjà et donc du coup tu vas quitter le cinéma, enfin progressivement aussi, tu vas y revenir de temps en temps. Mais donc on voit que t'es déjà quelqu'un qui quand t'es pas aligné avec l'endroit où t'es bah tu...

  • Speaker #0

    Oui bah ce qui me choque dans le cinéma... Je pense qu'un des derniers gros films que j'ai fait en entier, c'était un film de Valérie Lemercier, qui pareil, Valérie, elle a une image de sympathie, elle est drôle, tout ça. Je n'ai aucun ce que je peux lui dire, son tournage était horrible en fait. C'était vraiment... tout mettre en œuvre pour les... Comment dire ? C'est quoi le mot ? C'est les exigences. De dire, tiens, moi je veux ci, moi je veux ça. On fait des heures sub, j'ai de l'argent, donc on peut payer. Donc on ne respecte pas les contraintes salariales, les heures et tout ça. Et moi, je n'étais pas du tout d'accord avec ça. Il y a un moment où on respecte aussi les gens avec qui on travaille. Et en fait, sous couvert de... Ah oui, mais après, vous pourrez dire que vous avez bossé sur tel film, il y aura de la reconnaissance et tout. Comme ce qui se passe en... à voile parfois, de dire tu vas avoir un taf de merde, tu vas aller gratter et poncer des trucs, mais ça va, tu auras le droit de monter sur un bateau, tu auras le droit de faire une nave. Non, je suis désolé, il y a un moment où il faut que... Si on est humain dans une équipe, on ne fait pas ça, on n'exploite pas les gens. Donc moi, il y a un moment, c'est ça aussi qui m'a gêné, ce décalage entre l'argent et l'énergie qu'on met au service d'une oeuvre qu'on va produire, et de se dire que cette oeuvre, quelles sont les valeurs dont elle fait la promotion. Enfin voilà, comme tu l'as cité, j'ai un paquet de films sur lesquels j'ai bossé. J'en suis pas fier du tout. Mais à un moment, c'est un peu la routine. Et c'est ça qui était un peu triste pour moi. Un moment, c'était de rencontrer des techniciens et des techniciennes qui ne lisaient même plus les scénarios. Il y a un moment, quand tu fais un métier par passion, t'as quand même envie d'être dedans, t'as envie d'aimer ce que tu fais. Et il y a un moment, je pense que si toi, dans la voile, j'ai commencé à avoir ça. Des gens qui... Ouais, bah c'est comme d'hab quoi. Et toi, tu perds le côté un peu magique, tu t'es usé, t'as fait 20 fois la solitaire du Figaro, que t'en fasses une de plus ou de moins, c'est toujours pareil. Et tu te dis, bah non, on va peut-être garder un peu d'énergie. Enfin, si voir des dauphins et un coucher de soleil, ça te fait plus rêver, et t'es juste blasé parce que t'es 15ème, et bah pour moi, il y a un problème, tu vois. Si tu peux plus être encore émerveillé par la beauté des choses et la raison première pour laquelle tu fais cette chose-là, C'est qu'il y a un moment où il faut se poser des questions.

  • Speaker #1

    Il y a encore plein de gens qui sont émerveillés par ça. Moi, les... Alexis Loison dans... dans ce micro il y a quelques semaines lui c'est presque l'inverse juste parce qu'il adore ça et que justement il parle des dauphins des levées de soleil c'est aussi encore le carburant de beaucoup de gens ce qui est un peu dur et je pense c'est pas la faute de

  • Speaker #0

    tout le monde c'est la faute un peu du système en lui-même si on a vraiment quelqu'un qui veut se construire une image de guerrier, de brut qui va gagner, qui va tout défoncer Si d'un seul coup il prend une vidéo en disant Oh c'est vraiment très joli, c'est vraiment mignon en fait il va se mettre à un filtre, il va s'auto-censurer. Et aujourd'hui, moi je suis désolé mais... véritablement moi j'ai vraiment je me suis désabonné de toutes les pages de voile j'ai fait vraiment une coupure énorme et quand je revois parfois des petites interviews ou que j'ouvre un magazine je suis choqué par le vocabulaire employé le champ lexical guerrier de voir à quel point on se dit qu'on va dominer qu'on va se battre, qu'on part au combat c'est plus de la performance et à un moment en fait on cultive ce truc là et que ce soit Que ce soit les journalistes, que ce soit les spectateurs, il y a un truc un peu malsain où on tire tout ce... Enfin, je veux dire, tu vois, tu me dis qu'Alexis, il a envie de raconter tout ça. S'il se met à faire de la poésie, tu peux être sûr qu'il va se faire chambrer. Alors que moi, je rêverais d'entendre la poésie d'Alexis Loison. Vraiment, je serais très heureux.

  • Speaker #1

    T'es pas obligé de le verbaliser mon propos était plutôt de dire que vu tout ce que j'ai entendu et toutes les questions que j'ai pu poser, je pense que c'est notamment la beauté des éléments et être dans la nature, c'est un carburant central chez beaucoup beaucoup de gens.

  • Speaker #0

    C'est ça, mais je pense que ça se fait dominer par justement un moment où il faut avoir un sponsor il faut gagner, il faut avoir de l'argent, il faut en vivre et en fait ça, ça vient un peu bouffer l'âme qu'on a en nous de se dire c'est ça qui nous motive.

  • Speaker #1

    On va y revenir au fil du temps mais ta grande question, qui est une hypothèse centrale et qui fait tomber l'édifice, c'est que tu remets en cause même le concept de performance, et donc de sport. C'est là où c'est intéressant.

  • Speaker #0

    J'ai essayé justement de me poser des bonnes questions et de me dire en fait, c'est quoi la... Aujourd'hui, quand tu dis performance, c'est vitesse. On associe la performance à la vitesse. Et je pense qu'il faut qu'on... Il faut qu'on... Enfin, il faut qu'on questionne tout ça. Il faut qu'on questionne ces choses-là. Aujourd'hui, on est à une période où... Ben voilà, on est en train de se questionner sur le féminisme, sur plein de choses, et on est en train de balayer, de faire peau neuve, de regarder un peu ce qui se passe. Et aujourd'hui, le mot performance, pour moi, il veut... Si c'est que la vitesse... On n'a pas le droit de se cacher derrière la performance. Il peut y avoir de la performance sur plein de domaines. On pourrait parler, là c'est ce que je développe dans le livre, mais on peut donner plein d'autres adjectifs à la performance, de la performance humaine, de la performance sociale, de la performance éducative, de la performance utile, de se dire qu'est-ce qu'on fait, est-ce que c'est utile, le transport de marchandises. En fait, il y a plein de choses qu'on peut questionner. et la performance en elle-même, il faut...

  • Speaker #1

    Mais au-delà de la performance, ce que tu remets en cause, j'ai l'impression, quand je te lis, c'est le concept même de compétition. Parce que, mettons qu'on dise, on va injecter de la performance RSE dans une prochaine Transat. Les équipes, parce qu'elles sont structurées comme ça, et parce que c'est ce que les GPC font leur fixe, elles vont optimiser cette partie-là de la performance. Donc, je ne sais pas, je vais inventer, mais plutôt que de mettre... On leur dit, il faut transporter... 50 kg de café. Bon, je suis sûr, certain, et si j'étais compétiteur, je le ferais, et toi aussi, on va peser précisément à 50 kg, on enlèvera les grains de café supplémentaires, et on va optimiser la performance. Donc ce qui est intéressant, et ce qui pour l'instant dans ma vie est insoluble, c'est que toi tu remets en cause le concept même de sport, d'affrontement sportif.

  • Speaker #0

    J'ai été m'interroger encore plus loin là-dessus, parce que... C'est vrai que c'est un peu une hypothèse que je fais, de me dire que l'être humain, ça fait 300 000 ans qu'on est sur Terre. Il y a quelques années, on s'est dit qu'on allait arrêter de tuer nos voisins. Je croise quelqu'un, je n'ai plus le droit de tuer quelqu'un dans la rue juste parce que ça me chante. Il y a des choses qu'on a laissées derrière nous. L'évolution fait qu'on avance et qu'on laisse derrière nous des pratiques qu'on considère plus bonnes. Et ça, l'histoire en est truffée. Et effectivement, je pense que, bon là c'est des questionnements plus d'ordre philosophique, c'est de se dire, est-ce qu'à la place de la compétition, on ne va pas plus vers la coopération ? Et c'est pour ça que je questionne aussi notre rapport à l'éducation. Mais là, effectivement, on vient toucher des choses qu'on nous donne depuis qu'on est tout petit. Je veux dire, il y a un moment, dès que t'es... Je sais plus à quel âge on commence les notes à l'école, mais il y a un moment où on fait un classement. Il y a un moment où on te dit, toi t'es bon, toi t'es pas bon. Et on va te mettre des critères pour te juger. Alors qu'en fait, il y a plein de gens qui ne rentrent pas dans ces cases-là. Et c'est complètement, pour moi je pense, une source de... de frustration, une source de beaucoup, beaucoup, beaucoup de mots. Tu vois, la compétition, la vocation d'une entreprise, je n'ai pas fait d'études d'économie, tu vois, j'ai l'impression de m'ouvrir encore un peu à tout ça, mais la vocation d'une entreprise, c'est quand même de gagner des parts de marché, c'est quand même d'exister, on te dit qu'il faut toujours croître, qu'il faut toujours, enfin, si tu peux aller bouffer quelqu'un, c'est bien, quoi. Il y a un moment, peut-être qu'il faut se dire aussi, moi, ce qui me rend un peu fou là-dedans, c'est qu'il y a un peu un côté de... C'est comme si on était avec un arbre qui pousse, et en fait on est en train de grandir, grandir, grandir, et on a des fruits qui sont de plus en plus lourds, et maintenant nos branches vont casser. Et moi j'ai envie de me dire, mais en fait... Peut-être qu'il y a une histoire d'échelle là-dedans, de se dire comment on fait pour vivre tous ensemble, comment on fait pour coopérer, et la nature est blindée d'exemples. Effectivement, on nous dit toujours, oui, mais c'est dans notre nature d'être compétitif, c'est le plus fort qui va manger le plus faible, et compagnie. Ouais, mais c'est une partie du vivant. Quand on regarde, t'as plein, plein, des milliers d'exemples où t'as des espèces qui interagissent ensemble en symbiose et qui ont besoin l'une de l'autre. Et donc, ce que je dis, c'est que le réflexe qu'on a... Je pense que la compétition, c'est l'ersatz d'un réflexe guerrier, de dire que c'est les jeux du cirque, on mettait des gens ensemble, on a gardé des stades, on compte les points, on a besoin. Et c'est ça qui est super dur. Et c'est là où c'est venu me heurter à mes histoires de cinéma. C'est qu'aujourd'hui, moi le premier, j'ai grandi là-dedans, et je me pose beaucoup la question, on a besoin d'avoir des enjeux. Aujourd'hui, quand tu écris un scénario et que tu vas voir un producteur, Si t'as pas des enjeux narratifs qui sont très clairs de dire il se passe ça, là il y a un énorme problème et puis la personne va tout faire pour le résoudre et puis elle va se démener ciel et terre pour le faire et il faut qu'il y ait une résolution et tout ça, tout ce schéma-là d'enjeux, comme là il y a une course en bateau, il faut qu'il y ait un gagnant, il faut qu'il y ait un perdant, en fait il y a un moment, est-ce qu'on n'essaye pas d'élever notre niveau de conscience et de se dire qu'à l'opposé du sport, tu vois, t'as des... des pratiques, je découvre le yoga, des choses comme ça, c'est cliché ce que je dis. C'est ça qui est dur, c'est que dans tout ce mouvement, il ne faut pas tomber dans le cliché de la démarche hippie, c'est pour ça que je veux qu'on garde l'effort. Par contre, j'ai une proposition que je fais, et il faut que je me l'applique à moi-même, c'est de me dire que j'adore courir, j'adore faire des trails et tout ça. Mais qu'est-ce que ça vient m'ajouter d'être classé ? je sais que je ne vais pas gagner, je n'ai pas les capacités de gagner, mais pourquoi je ne refuserais pas juste le classement et je prendrais les choses pour ce qu'elles sont, de me dire... Tu vois, l'exemple, il est vraiment frappant en mini.

  • Speaker #1

    Justement, en Milly et même dans le Vendée Globe, il y a des gens qui participent à la compétition sans pratiquer la compétition, juste pour finir. Et c'est même d'ailleurs, en tout cas chez les Milly, c'est même la majorité.

  • Speaker #0

    Oui, et puis le classement est anecdotique.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Mais ce que je trouve qui est malsain là-dedans, c'est qu'on continue à surfer sur des anciens schémas, sur le côté... La presse va parler des trois premiers et on ne fait pas… Oui,

  • Speaker #1

    mais pour reprendre l'exemple des minis, il y a peu de coureurs en mini à part les, on va dire, les 20 premiers qui ont un objectif de carrière, qui ont des sponsors et tout. La plupart des autres sont autofinancés ou financés rémunéralement et…

  • Speaker #0

    Mais là, tu viens de mettre un mot, tu viens de mettre le mot finance

  • Speaker #1

    Oui, mais je soulignais le fait qu'il y a quand même une partie et c'est même… dans toutes les courses quasiment, en tout cas la deuxième moitié, est moins dans l'enjeu économique, carrière et performance que les autres. Mais par contre, ils ont besoin d'un cadre sportif pour le faire.

  • Speaker #0

    Je pose la question de manière très ouverte. Est-ce que c'est complètement ok de se dire qu'un sport peut être professionnel ? Je pose la question. Je pose la question très ouvertement. De se dire, est-ce que... Moi, je pense que là où ça... tu vois je connais pas toute l'histoire vraiment je suis pas un expert de la course au large mais je me dis vraiment que les premiers qu'on fait de la course ma vision que j'en ai c'était que c'était quand même des punks c'était quand même des mecs qui tu vois qui vivaient sur leur bateau qui partaient faire des trucs et on comprenait pas ce qu'ils faisaient enfin je veux dire les premiers qui partent en solitaire Francis Lacombe et compagnie enfin leurs histoires elles sont folles moi Tessier c'est complètement fou et il y a un moment tu te dis mais là il y a Pour moi le twist il arrive je pense dans les années 70, Tabarly qui gagne, la vision quand tu vois que Tabarly a descendu les Champs-Elysées, d'un seul coup c'est médiatique. Donc forcément d'un seul coup si c'est médiatique ça attire quoi ? Ça attire des gens qui se disent ah bah tiens on peut peut-être s'associer à… et d'un seul coup, toi t'aimes juste être sur l'eau, on a ce plaisir de vouloir jouer et on te dit attends ça vous dit que je vous paye pour faire ça ? forcément c'est humain et tu dis ouais ouais, allez-y, donnez-moi et en fait pour moi, du moment qu'il y a un investissement qu'il y a quelqu'un qui met de l'argent là-dedans ça entraîne un cercle vicieux qui est fou parce que t'investis, derrière qu'est-ce qui se passe, on espère des retombées et le système...

  • Speaker #1

    Justement, il y a toute une partie des pratiquants et singulièrement dans les années 70,

  • Speaker #0

    où il y a peu de gens qui investissent voire c'est même auto-financé c'était encore soutenable je pense à cette époque-là et je pense qu'aujourd'hui tu vois... enfin il n'y a pas de limite aujourd'hui tu fais un jeu vers les budgets enfin quand tu fais là dans le dans le ce qu'on appelle le tier one quoi ouais mais chez les autres oui mais le problème c'est que qui est ce qui tire qui est ce qui tire là là qui est ce qui tire le jeu qui est ce qui écrit les règles en fait c'est ce que je disais tout à l'heure c'est que ces quelques grosses écuries qui malgré elle parce qu'elles ont des envies de pour le coup je pense que c'est complètement des égotripes de dire on veut être les plus rapides, on veut gagner, on veut tout ça, bah en fait ouais ça emmène tout le monde dans une direction où tu te fais happer et tu te dis bah en fait je suis là, j'aime bien faire du bateau, est-ce que tout le monde s'est posé la question de savoir vraiment pourquoi on fait du bateau ? Bah ça je sais pas, ça c'est chacun avec soi-même, très bien, mais par contre je suis désolé, je pense que c'est hyper violent pour moi aussi, tu vois quand je suis persuadé que dans le Vendée Globe il y a plein plein de... de femmes et d'hommes qui rêvent de faire ça et qui s'en fichent de gagner mais par contre ils viennent cautionner en fait toute une classe tout un organisateur tout un truc qui au final ne leur correspond pas tu vois effectivement je pense qu'il y a des gens qui veulent juste aller faire le tour du monde et c'est très bien et pourquoi c'est devenu aussi...

  • Speaker #1

    enfin les chiffres je sais pas si tu veux qu'on rentre dans les chiffres mais c'est du délire quoi surtout on est complètement sortis on en était à tes études de cinéma du coup là je vais faire moins Je vais faire mon coach et on va revenir. Parce que c'est le risque de cet épisode, c'est qu'on part tous les deux dans tous les sens. Mais on va quand même traiter les sujets au fil du temps. Si je reviens donc à ces années d'études de cinéma, parce que là, en fait, le risque, c'est qu'on fait un flash-forward.

  • Speaker #0

    Oui, oui, oui.

  • Speaker #1

    En avant, oui. Mais il s'est passé deux, trois trucs en trois temps quand même. Donc du coup, on revient dans les années 2000, pendant ces années de cinéaste, ou de troisième, puis de deuxième assistant réalisateur. quelle place prend la mer et la voile ? On t'a laissé à l'adolescence et dans ta jeunesse pratiquer la voile sportive plutôt pour la sensation. Quand tu deviens un adulte qui travaille, qui gagne sa vie, quelle place prend la voile ? Est-ce que ça évolue ?

  • Speaker #0

    Oui, ça évolue complètement. Et c'est ça qui est assez rigolo. En gros, un tournage, c'est à peu près trois mois. C'est un mois de bureau où tu prépares le tournage. Ensuite, c'est deux mois sur un plateau. Et en fait c'est très usant, c'est très fatigant, tu termines de ça un peu fatigué et souvent c'est très rare les gens qui arrivent à enchaîner les projets. Ça reste ce qu'on appelle l'intermittence du spectacle où c'est on-off et là pour le coup c'est assez proche parfois du bateau où tu travailles à fond pendant un temps et puis derrière tu as une période un peu avide. Et donc en fait moi je me retrouve... Entre temps, mes grands-parents sont décédés, mes parents achètent une maison à Fouinant, et moi je me retrouve à passer du temps off, à me ressourcer en Bretagne. Et là j'ai du temps, et là je me dis ouais, j'ai peut-être envie d'aller voir les glénans, après les moutons Et avec mon père, on achète un Sprinto, un dériveur de 6m60. pour l'anecdote c'est rigolo ce qu'on l'achète au père de nicolas d'estée que je ne connaissais pas donc du coup c'est un skipper de café joyeux ouais avec qui j'ai fait du classe 40 avec nico et donc je me retrouve à gérer un bateau un peu plus gros a commencé à le retaper et puis toi je suis un peu fasciné par la course donc je me mets à trouver une gva cornes je me mets à enfin c'est ça ça me fait marrer à l'époque toi je suis vraiment le je pense le fan qui regarde les à l'époque du début des réseaux à trouver ah bah tiens il ya tel bout de sursaut des sursauts des baux à bâtiens je trouve le même en truc et je suis je suis super content de me dire que j'ai le même bout de que ça des boss sur mon bateau tu vois c'est débile mais c'est des petits trucs qui font que et un moment tu dis ouais j'ai entretenu mon bateau je le mets à l'eau et là dans la bbam on rayon d'action il augmente un petit peu je vais je vais grand solitaire sur le brouet pas d'électronique rien je me retrouve à aller au glénan enfin j'apprends à aller au glénan tout seul Il n'y a pas de quilles, je me fais des frayeurs, mais c'était génial. C'est un bateau avec de doubles trapèzes, ce n'est pas fait du tout pour être sans solo, je mets un sans dos, un truc, et je m'éclate en fait. Et c'est là où je commence un peu à adorer aller sur l'eau. Je commence pareil à être en dehors, à naviguer en dehors des périodes de vacances. Donc je découvre aussi la navigation en septembre, en octobre, au mois d'avril, au mois de mai, au moment où je vois des bateaux. Mon petit kiff c'est d'aller voir les bateaux, les imokas ou d'autres qui s'entraînent. Je me mettais sur le canal VHF du pôle Finistère, je me démernais pour être à l'Inuen, et de voir ce qui se passait, ça me faisait marrer. Puis je commence à ce moment-là à faire des photos, à faire des vidéos. J'ai un souvenir que je raconte dans le livre à un moment, c'était dingue en fait, je me retrouve sur la ligne de départ à l'Inuen. et à bien c'est là c'est la perche qui est là c'est la cardinale sud qui a l'entraîneur qui marque le départ et l'arrivée de quasi tous les entraînements du pôle quoi et moi je comprends pas enfin je me je pense être au vent de tout le monde en fait au moment du start tout le monde se met à l'eau fait et là tu as bernard stam ta marque guimau et et à vincent riou je crois et et les trois me passe à côté et moi j'ai pas le temps de bouger ils sont tellement rapide que je me garde un cap et j'ai deux immoca qui me passe à 10 mètres l'un de l'autre ça des mecs à bord ils sont morts de rire parce qu'il me dévante, je suis en cacahuètes complète et par contre j'arrive à prendre une photo que je trouve magnifique où tu as les 3 bateaux avec des vrillages de voiles différents avec plein de trucs différents et cette photo je l'envoie à Voiles et Voiliers de manière un peu marrante en me disant ah bah tiens ça me fait rire et elle est publiée sur le site et je me dis waouh c'est quand même rigolo et

  • Speaker #1

    c'est très touchant il y a un moment tu racontes ta première nuit en mer

  • Speaker #0

    Ah oui ?

  • Speaker #1

    Et tu l'as fait au coffre en fait Ah bah oui Tu l'as fait au coffre Et tu es juste pour découvrir Ce que c'est que d'être

  • Speaker #0

    En pleine mer Et c'est drôle Parce que Nico Desté A passé sa première nuit en merde Dans le même bateau Mais dans le golfe du Morbihan Mais oui oui la première fois je me dis mais de toute façon j'ai pas de feu de nappe, j'ai rien du tout et je me dis il y a un moment tu vois je suis vraiment dans la démarche où je me dis ah tiens ils utilisent un jet bolt, j'achète un jet bolt, j'achète des lyophilisés, je connais rien à ce truc là et je tente l'aventure de me dire ok bah je vais déjà passer une nuit au mouillage pour voir et j'ai mon premier lever de soleil en mer c'est au mouillage dans la baie mais j'en ai un souvenir génial et franchement c'était une aventure...

  • Speaker #1

    voilà après j'étais plus loin mais alors à quel moment alors là il ya quand même une sorte de phénomène de d'autocombustion quoi tu te c'est toi qui te qui te qui te prends au jeu quoi ouais et à quel moment il ya de la poudre en plus où tu ou tu tu vas croiser tentant parler des tentants parler du monde des minimes parce que c'est ça qui va passer à l'émine et ça ce je

  • Speaker #0

    pense que ça arrive pour moi parce que je pense que je commence un peu avoir fait le tour du cinéma même au bout de seulement deux trois quatre ans tu vois Et j'ai un ami qui vivait à La Rochelle et qui me dit Ah tiens, j'ai vu des bateaux trop marrants. C'est la première fois que je suis une carte en 2011, quand David Raison gagne. Je découvre ce truc là et il n'y a vraiment pas grand monde sur les réseaux. Ça reste pour moi qui connaissait. Je n'avais jamais vu un départ de regard de ma vie. Vraiment, je n'étais jamais allé sur un ponton, je ne connaissais rien. Je commence à suivre des trucs et le peu de vidéos qu'il y a me fait vraiment complètement halluciner. Je me dis que ça a l'air trop marrant. Il y a un côté où je me projette parce que d'un seul coup je me dis que c'est la même taille que mon dériveur. c'est vraiment le même truc et je me dis bon bah si je suis capable de faire du dériveur comme ça si ça se trouve je suis capable de traverser l'atlantique et en fait pas du tout Et en gros, je pense que c'est l'émergence... Tu vois, les premières personnes que je suis sur les réseaux, je pense que c'est Tanguy le Turquet, qui au début faisait déjà de la bonne com' quand il va en Italie faire sa calife et tout, et je me mets à... Enfin voilà, d'un seul coup, c'est un monde qui s'ouvre de lectures, de découvertes, de blogs, mais je pense qu'à un moment, je pense que je suis tombé aussi sur toi, tes épisodes, sur plein de choses. Enfin, quand tu faisais le café de la marine, d'un seul coup, c'est devenu une espèce de bible. où je scrutais, mais je suis devenu un geek, tu vois, vraiment, mais comme tout le monde, je pense à un moment, tu as une phase d'apprentissage où tu veux tout découvrir, et en fait, quand tu es là-dedans et dans la découverte, c'est magique, parce que tu te rends compte que le milieu, il est énorme, et je pense qu'il... Ce qui est super dans notre sport, c'est qu'il est accessible. Quelqu'un qui a le temps, l'énergie et les moyens, déjà tu peux traîner sur un ponton et croiser un marin qui te fait rêver et tu pourras lui parler. C'est pas comme si tu étais à un centre d'entraînement de foot où tu ne peux pas parler aux gens. Il y a un côté qui est quand même très humain et ça je fais un aparté, mais il faut vraiment qu'on garde les villages d'épargne accessibles et non payants. Là quand j'entends certains bruits de ponton, ça me fait bondir que l'économie est le... le business commence à prendre le pas là-dessus, il ne faut pas faire ça. Il faut que ça reste quelque chose de joyeux. Et donc tout ça pour dire, je ne sais plus ce qu'on va dire.

  • Speaker #1

    Du coup, toi, tu es rentré là-dedans, justement. Les portes étaient ouvertes.

  • Speaker #0

    Les portes étaient ouvertes.

  • Speaker #1

    Et tu es dans cette phase-là au milieu des années 2000. Oui, 2011. Au début des années 2010, tu ingères, tu absorbes, tu es en train de devenir ministre.

  • Speaker #0

    Je suis les premières minis. Je découvre un peu les profils. La première fois que je me baladais, je vais à Tréboule. et là je tombe sur le port de Dornenay et je pense que c'était la prépa du map ou du fastnet et là je me dis mais c'est quoi ce délire et je me dis mais ça a l'air trop drôle et il y a un côté de moi parce que t'es tout seul jusque là t'as pas de copains qui naviguent c'est un trip solitaire jusqu'à maintenant j'ai juste des potes de vacances ça se lit bien dans le livre j'ai que des potes de vacances qui viennent de temps en temps faire un peu de bateau avec moi là-bas mais c'est tout et je connais personne du milieu et il y a un truc où Enfin je veux dire quand tu connais personne d'un milieu c'est hyper dur et ça pour le coup j'ai réussi à faire mon trou dans le cinéma et à un moment après j'ai réussi à faire mon trou dans la voile. Et je pense que tu vois j'ai utilisé la caméra et la photo comme une porte d'entrée et c'est vraiment comme ça que ça se passe pour moi. En 2013 je vois que ça navigue à Concarneau, je vois Pifou Darny qui bosse avec Bilou et qui prépare la mini 2013. Et ça commence, je lui envoie un message sur Facebook, je lui dis, moi j'ai besoin de cinéma, est-ce que tu as besoin de photos, de vidéos ? voilà quoi et ça commence comme ça et je viens ici chez kéros d'un secouche ouvre grand les yeux je vois des un mode 70 je suis dans les vidéos que je regarde en fait tu voyais à ce côté ah ouais ça existe vraiment tu es dans le décor que tu es dans le décor que je regarde mais c'est je suis dans le côté paillettes fin et un côté tu découvres tout ce qui fait rêver après ça dérape ça va déraper

  • Speaker #1

    alors restons restons dans cette phase là parce que du coup une fois que tu arrives là finalement ça va il arrive paris paris paris tu es là où c'est à 2013 je filme le départ de la de la mini à douarnenez qui était un départ magique parce qu'il partait au front et c'était magnifique et les couleurs incroyable tu suis pifou moi j'ai rempli en plus et pierre-françois dernier qui est aujourd'hui le directeur technique malidia après une longue carrière d'ingénieur et technicien dans les différentes équipes qui fait et qui fait la mini sur le

  • Speaker #0

    755 155 un assis rares et en fait c'est lui c'est lui ta porte d'entrée quoi c'est là c'est là où il met le tu mets le doigt dans l'engrenage il est ma porte d'entrée il fait rencontrer plein de monde et il me fait naviguer dans l'équipe de bilou ouais c'est lui qui fait la vie unique naviguer pour la première fois sur un mini et je fais vraiment juste le prologue et une sortie banque images avec lui et je pense qu'au moment où je vois le d'ailleurs ça c'est marqué pour moi je pense que le lendemain du départ de la mini J'ai une vidéo de moi qui me filme en me disant je ne sais pas comment je vais faire, mais je vais faire la mini Donc ça, on est en 2013 et je fais la mini en 2017. Et après ça, j'achète un mini en 2014. Je mets six mois. C'était une période qui était assez cool parce que je me suis mis à bosser l'hiver à faire du cinéma et je choisissais un peu les projets et je me gardais du temps l'été pour faire du bateau. Ça, c'était une période de transition qui était super, de dire je fais du bateau quand je veux, je reste hyper motivé à apprendre à faire plein de choses Mais ouais, je suis parti de loin, enfin je pensais pouvoir faire la mine 2015 en un an.

  • Speaker #1

    c'était pas du tout réalisable c'est des très très belles pages parce qu'on raconte rarement ces échecs et là tu montres bien à quel point tu t'es vu plus grand que tu ne l'étais les claques dans la gueule littéralement que tu prends les abandons alors il y a aussi tu racontes à quel point tu es malade en mer mais pas qu'un peu tu vas aller à l'hôpital des armées à Brest où il y a un centre qui essaye de rééduquer contre ce mal de mer et donc cette phase là qui est vraiment un témoignage maritime du ministre de base est très forte parce que tu t'es projeté dans un univers et tu te heurtes à la réalité encore une fois c'est qu'est-ce qu'on tu

  • Speaker #0

    vois quand tu regardes des vidéos de bateaux c'est rare les moments où on montre enfin après tu comprends un peu mieux quand tu penses que tu es dedans voilà c'est ça tu te rends compte qu'en fait c'est hyper dur de filmer les trucs dur et puis en fait il ya ce côté aussi de 2 on est là pour moi c'est ça qui est un peu un peu bâtard c'est qu'on est là pour vendre du rêve donc on va forcément va pas Aujourd'hui, tu vois, il y a quand même quelque chose de très malaisant, je trouve, quand tu vois des gens qui sont en course et qui se mettent à se plaindre, et qui sont Ah là là, j'ai cassé mon truc, c'est dur, ah là là... Tu te dis Attends, les gars, c'est vous qui l'avez choisi déjà, et ça, je ne suis pas le seul à le penser, on choisit cette solitude-là, on choisit cette difficulté, donc on n'a pas de raison de se plaindre, c'est quand même un putain de loisir hyper élitiste, donc on en a chié pour être là, donc il y a un moment, oui, on a le droit de dire que c'est dur, mais il faut quand même... dézoomer un peu et avoir les pieds sur terre de se dire qu'il y a des gens qu'on est vie horrible à côté surtout dans le monde actuel enfin je veux dire quand tu vois la quantité d'horreur qu'on voit tous les jours là on n'a pas le droit de se plaindre donc effectivement il ya un peu cette injonction à dire si vous êtes en mer bah c'est vraiment la génération instagram quoi c'est genre on te montre que ce qui est bien que ce que ce qui est beau donc là c'est l'anti instagram ouais moi je dis partie là est vraiment intéressant parce que je pense que j'avais jamais vécu en mer j'ai toi quand tu commences la voile à patois même à première temps J'avais quel âge ? J'avais 27 ans, quoi. 27 ans, c'est ma première nuit en mer. Quand tu vois qu'il y a un paquet de monde... Enfin, je veux dire, j'ai pas fait un tour de l'Atlantique à 3 ans ou à 4 ans, j'ai pas eu mon cerveau qui s'est accoutumé à tout ça, j'ai pas été câblé pour ça, en fait. Donc oui, la découverte, elle est rude, quoi. Mais il y a ce côté-là que... en fait qui me fascine, tu vois la dimension d'effort, de dire ok c'est dur mais j'y vais, et ça a été un des moteurs.

  • Speaker #1

    Oui, parce que ce qu'il faut raconter aussi c'est que ce goût de l'effort, tu l'as aussi par ailleurs, parce que tu cours énormément. tu fais du vélo, tu nages.

  • Speaker #0

    L'endurance m'intéresse.

  • Speaker #1

    Voilà, exactement. C'est l'endurance, c'est le terme que je cherchais. Parce que quand tu parles de goût de l'effort et l'effort que tu essayes de décrire et qui arrive par le sport aujourd'hui, mais qu'on pourrait être ailleurs, tu le racontes bien. À quel moment, dans cet apprentissage, dans ces coups qui te tannent un peu le cuir et qui font que ton projet en deux ans, c'est quand même un peu sport, il va se faire en quatre ans. À quel moment, par contre, tu découvres ce que tu racontes assez bien dans le premier chapitre du livre, qui est le... la beauté de la mer et d'être en mer et le tempo particulier que tous les gens qui courent et notamment en solitaire et qui vont loin et qui sont quand même contraints par les règles vivent à partir de quel moment tu découvres ces sensations là

  • Speaker #0

    je pense que c'est quand je me mets un peu moins de pression quand je me dis après 2015 j'abandonne sur le fast net pour une connerie et je me dis en fait là ça le fait pas d'un seul coup je me mets moins de pression je vais prendre le temps de faire les choses bien je vais prendre le temps de faire ma calife d'en profiter et de voir en fait moi c'est ce que je dis ce qui est magique sur un bateau c'est justement la privation le côté auto-sobriété c'est à dire Bah ouais, je vais manger des choses qui ne sont pas forcément hyper bien cuisinées, je vais avoir froid, je vais avoir faim, je vais mal dormir, mais en fait le côté privation, il vient embellir, et je pense que là pour le coup il y a des ressorts physiologiques qui font que... Moi, je n'ai jamais pris de drogue de ma vie, mais je pense qu'on s'en rapproche très fortement. Il y a un côté... Le côté manque de sommeil fait que tout devient plus beau. J'avais fait un petit documentaire qui s'appelait La Mini en question. Franchement, s'il y a des minis qui écoutent ici, je pense que dans ce... J'avais interviewé en 2015 quasiment une trentaine de minis qui partaient et tout le monde le décrit, en fait, ce côté... C'est parce que c'est dur que c'est beau. Si t'as le confort, ça ne marche pas, tu vois. Et je pense que c'est ça qu'on vient chercher. C'est là où ça vient encore plus questionner le truc. Ça veut dire qu'est-ce qu'on a vraiment besoin de tout l'attirail ? Moi, je rêve, par exemple, de me dire... Là, je me concentre sur autre chose en ce moment, mais de me dire qu'à un moment, est-ce qu'on ne ferait pas un format de course, un dériveur de 5 mètres ? Un truc que tu fais, tu pars de Dunkerque et tu dois arriver à Handaï, pas d'électronique, mais je suis sûr que la nave elle est plus dure, elle est plus technique qu'un Vendée Globe, parce que tu vas en chier, tu vas avoir froid, tu vas pas dormir, enfin je veux dire, ces trucs-là, comme tu le disais tout à l'heure, moi ce qui me faisait marrer c'était le côté glisse et le côté contact avec les éléments, je suis sûr qu'en fait ce truc-là je pourrais le retrouver sans être forcément sur un bateau de 18 mètres qui va à 25 nœuds.

  • Speaker #1

    Et sans éventuellement le cadre de la course. C'est là où c'est... Est-ce qu'on a besoin du cadre de la course ? Là, on est en train de redériver, mais allons-y.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si on a besoin du cadre de la course, très honnêtement.

  • Speaker #1

    Parce qu'en fait, c'est quand même ça le truc fondamental. C'est que... autant de gens iraient faire un tour du monde en solitaire sans escale s'il n'y avait pas un cadre réglementaire mais aussi sécuritaire mais aussi médiatique et les gens qui le font en dehors de ce cadre là ils sont très peu nombreux j'ai un pote là

  • Speaker #0

    Victor que peut-être certains d'entre vous suivent maintenant qui a lancé l'expédition Captain Darwin qui est super sympa qui a été bien en galère au bout de l'Amérique du Sud qui a échoué son bateau et qui a fait un buzz incroyable et Victor quand il a lancé son projet juste après le confinement Il avait eu cette formule parce qu'il y avait Grégoire Chéron qui lançait son projet mini, et ils sont très potes et ils ont lancé ensemble le truc. Et ils avaient un peu... J'ai beaucoup aimé cette formule de dire, en fait, Grégoire, qui partait sur la mini, allait dans une version franchisée. En fait, aujourd'hui, tout est balisé. Si un jour tu veux faire le Vendée Globe, on sait que tu dois passer par certaines étapes. La mini, c'est bien de le faire. Le Figaro, si tu peux, c'est mieux. Le classe 40, c'est chouette parce que tu découvres d'autres efforts, d'autres trucs. tout est cadré, même le Vendée Globe aujourd'hui, tu l'as dit le mot, c'est sécurisé un petit peu, on sait où on va, ça reste exceptionnel, parce qu'effectivement il n'y a pas tant de personnes qui l'ont fait, mais on sait où on va, on sait les matériaux, on sait plein de choses. Aujourd'hui si tu lances une expédition d'un gars comme Victor qui va dans les canaux de Patagonie, ça reste encore beaucoup plus aléatoire. Et donc je pense qu'aujourd'hui on devrait garder. Je ne sais pas quel mot mettre là-dessus, parce que c'est à réinventer, mais ce qui est beau dans la compétition, et ça je le dis bien, je pense, et j'ai mis les mots là-dessus, c'est qu'on se fixe une date de départ. On se fixe une date de départ, et puis il y a des gens qui y vont ensemble. Et en fait, c'est ça qui est beau, c'est que ça crée de l'émulation. Déjà, tu as une raison de t'entraîner, tu as une raison de tout, en fait. D'un seul coup, tu es drivé par quelque chose, et puis tu vas t'entraîner, tu vas coopérer. tout ce que je disais tout à l'heure, le chemin est vachement plus beau tout l'apprentissage que j'ai fait avec tous les ministres ce qui est beau c'est qu'on est tous ensemble à découvrir tu ne l'aurais pas fait si tu étais parti dans une expédition tout seul si tu pars tout seul tu perds un peu de ce côté là ce côté très humain, social c'est tout ce qu'on doit amener là-dedans et le côté compétition il cloisonne en fait le côté compétition pur et dur de juste dire le seul intérêt c'est de gagner en fait il vient occulter tout le partage tout le... Enfin, c'est vraiment, même si... Tu vois, moi j'ai découvert en écrivant ce livre la différence vraiment entre la collaboration et la coopération. Collaborer, c'est... Tu vois, les gens au sein de la classe OIMOKA, ils collaborent. Mais par contre, ils sont pas coopératifs. Ils sont pas dans l'échange horizontal. C'est genre, oui, on est d'accord pour aller dans la même direction, oui, mais chacun le fait de son côté. Et on est d'accord, on va se batailler pour mettre des règles en place, mais on va pas être dans la coopération. Alors que, tu vois, ce qui est beau, je pense que... Et c'est là où il faut qu'on s'inspire d'autres sports. Parce que... Que ce soit dans le vélo ou dans notre trail, il y a des courses en vélo, en gravel, où il n'y a pas de classement. Tu le fais, tu es finisher, bravo, mais on ne vient pas tirer la gloriol et dada.

  • Speaker #1

    Dans la mini, ils collaborent ou ils coopèrent ?

  • Speaker #0

    Bah il y a de la coopération mais de moins en moins. Je pense qu'aujourd'hui, voilà, tu disais tout à l'heure, je pense que la mini est en train de prendre une dérive. Là, ils sont en train de se réveiller un peu, j'ai l'impression. Ecoute, c'est moi qui le dis, je pense qu'il y a un moment de faire de la spéculation et de dire qu'il y a des bateaux d'occasion qui sont vendus plus cher et… Ils viennent radicalement d'arrêter.

  • Speaker #1

    Voilà. Puisque là, ils ont décidé d'interdire la construction de nouveaux bateaux.

  • Speaker #0

    Et bah ça c'est bien. Mais voilà.

  • Speaker #1

    Pour avoir été longtemps en ministre, tout le monde le sait, tous ceux qui l'écoutent régulièrement, ça je pense que c'est plutôt un exemple de coopération. notamment quand tu as été administrateur de la classe il y a des frictions mais toujours une structure où la coopération est obligatoire c'est un goal cause tu vois là dessus tu fais des ce que je veux dire c'est que du coup souvent je pense que j'ai fait du classe 40 aussi il y a une partie de la classe 40 où ça coopère et une autre où ça collabore c'est là où je pense que les organisations si j'avais un reproche à te faire dans les descripts que tu fais c'est le côté plutôt monolithique je pense évidemment que les situations ne sont pas noires ou blanches elles sont dans une infinité de liens de gris même en IMOCA je pense qu'il y a des gens qui coopèrent il y a des gens qui font ça très bien mais comme je disais le

  • Speaker #0

    truc qui est dur c'est que c'est drivé par ceux qui aujourd'hui se comptent de l'argent et du pouvoir ont quand même plus d'influence et ils emmènent un peu tout le monde dans un truc où il y en a plein qui n'aimeraient pas y aller enfin aujourd'hui Aujourd'hui, moi je suis choqué de voir qu'en mini, avec le budget que j'avais déjà il y a 7 ans, Et bien je ne suis pas sûr que je pourrais faire. Enfin je veux dire, il y a un moment qui... Enfin, si on fait une pause là et qu'on dézoome un peu, quand tu vois un peu le profil des navigants en mini aujourd'hui, il est bien loin des navigants de 77 je pense tu vois. Et est-ce que c'est bien, est-ce que c'est mal ? On n'est pas là pour juger. Mais par contre de se dire, enfin qu'est-ce que ça dit de nous en fait, de notre sport et à un moment ça serait peut-être bien aussi qu'on... Enfin tu vois, de parler d'accessibilité et d'inclusion. on est quand même tous un peu le même profil enfin toi à ce micro je pense qu'on est tous un peu enfin voilà là il y a un autre concept qui me tient très à coeur c'est le concept de la pyramide de Maslow de dire qu'en fait nous on est en haut de la pyramide tu vois on est dans du loisir donc la pyramide de Maslow c'est les besoins fondamentaux en gros l'espèce humaine on a besoin d'avoir les besoins physiologiques, se nourrir se loger, c'est la base ensuite il y a la sécurité de ce de... pouvoir créer un foyer, et puis ensuite, t'as l'estime de soi, l'accomplissement, et au-delà de ça, après, t'as vraiment le petit truc en plus, c'est vraiment l'accomplissement personnel.

  • Speaker #1

    Donc c'est la pointe de la pyramide.

  • Speaker #0

    C'est la pointe, et elle n'est pas nécessaire, elle n'est pas essentielle à notre survie. Mais c'est ce que je dis dans le livre, paradoxalement... si on était juste réduit à être juste à travailler à se nourrir et tout ça on se ferait quand même rapidement chier et heureusement qu'on a des choses à défendre heureusement qu'on a la culture, heureusement qu'on a le cinéma la musique et le sport en fait partie mais pour moi toutes ces choses là qui j'aime bien cette formule que j'ai trouvée de dire que la beauté de l'inutile a toute sa place à condition qu'elle soit soutenable c'est la moins dernière phrase de ton livre ouais et je l'aime bien parce que pour moi c'est vraiment le fond du propos c'est de se dire il y a un moment ok pour le haut de la pyramide la condition est que ce soit sonnable parce que sinon parce qu'en fait ça sera toujours au dépens de la nature, du vivant ou de quelqu'un d'autre et il y a un moment si on essaie de repenser les choses si mon besoin il est de je prends cet exemple à la fin dans le dernier chapitre où je me dis quand on fait le tour on va naviguer sur les saintes oises en Guadeloupe. Mais c'était hyper joyeux. Il y a un sponsoring qui existe, on fait la fête sur la plage, on s'amuse, ça régate. mais par contre le bilan carbone il est ok en fait il est super cool et oui si tu as envie de jouer si tu as envie de faire un concours de qui a la plus grande et qui va le plus vite et qui a bien géré bah oui tu peux le faire mais par contre tu vas pas avoir un impact négatif et ça restera local tu vois et je pense que c'est ça qui a débordé complet parce que là t'es bien placé sur tout le côté marketing et compagnie à quel moment on a accepté quel moment c'est ok d'avoir des sponsors pareils dans nos voiles, enfin je veux dire aujourd'hui on est devenu des panneaux publicitaires et à quel moment c'est ok, et en fait on a considéré ça comme une norme à quel moment c'est devenu une norme je pense qu'il y a plein de gens, les anciens marins je pense qu'ils bondiraient en fait aujourd'hui si vous voyez ça, enfin Moitessier je pense que

  • Speaker #1

    Moitessier oui, c'est sûr après le sponsoring il existe depuis les chaussettes de Kindy, ça a plus de 50 ans et du coup qu'est-ce que tu penses à ce moment-là ? Qu'est-ce que tu penses des gens qui... T'inquiète pas, on va revenir à 2017. J'ai ma chronologie sous les yeux. Mais profite-toi. Qu'est-ce que tu penses du coup de ce côté panneau publicitaire, mais panneau publicitaire au profit de causes ? Alors il y a les gens qui font du canvassing, mettons-les de côté. Mais il y a les gens qui portent réellement des causes.

  • Speaker #0

    Ben oui,

  • Speaker #1

    pour... Prenons le cas de Nicolas Destey, qui est sponsorisé par Café Joyeux, qui est une entreprise qui emploie des jeunes prisonniers.

  • Speaker #0

    Ah ben là, tu parlais tout à l'heure de... Mais qui est une entreprise. Oui, de paradoxes et plein de choses. Est-ce que c'est OK de se dire qu'on... J'en ai déjà discuté avec lui, mais est-ce que c'est OK de faire la promotion de ça, mais en même temps, d'aller chercher de l'argent chez le groupe Accor ? Bon. Moi je serais pas hyper serein et droit dans mes bottes avec ça. Comme au final, même moi avec Everial, ok c'était de l'archivage mais il bossait avec plein de banques et plein d'assurance. Et je dois avouer que j'étais pas hyper à l'aise avec ça. Donc oui porter une cause c'est très bien mais il y a un moment ça masque pas. Tu peux pas juste dire c'est bon j'ai une cause et...

  • Speaker #1

    Non mais justement, on parle pas de ça. Il y a aussi des gens qui font ça de manière...

  • Speaker #0

    Honnête.

  • Speaker #1

    Honnête, qui porte quelque chose. L'objectif n'est pas forcément de générer des ventes en plus.

  • Speaker #0

    Bah ouais, après la vraie question, c'est de se dire aussi que c'est devenu un modèle économique. Si je pense à Tanguy Le Turquet, par exemple, qui est un très bon ami, bah oui, il arrive à trouver de l'argent, je pense, parce qu'il fédère plein de boîtes qui s'associent à ce message-là, et c'est super. Après, est-ce que... est-ce que c'est pas le serpent qui se mord la queue de se dire est-ce que s'il ferait une autre aventure nautique est-ce qu'il ferait Baluchon il aurait peut-être plus de succès médiatique je sais pas là pour le coup c'est très paradoxal pour moi et je pense qu'il y a un moment c'est aussi parce qu'on se met tu rentres dans un jeu il y a des contraintes du jeu et t'es obligé de rentrer dans le moule et tu cherches les solutions que tu peux et... On a souvent cette discussion au sein de la vague de se dire, tiens qu'est-ce qui était... Il y a un moment on se disait, tiens comment on fait... Est-ce que les classes de bateaux devraient avoir un comité éthique de dire est-ce qu'on valide ou non que tel sponsor vienne là-dedans ? Moi aujourd'hui, je ne suis pas du tout à l'aise, je considère encore que c'est un peu mon sport, je ne suis pas du tout à l'aise avec l'idée qu'il y ait des énormes agro-industriels qui soient en avant. Moi je considère que ça dessert notre sport.

  • Speaker #1

    Mais si on enlève la compétition et si on enlève le modèle économique...

  • Speaker #0

    Il faut tout réinventer.

  • Speaker #1

    Oui, mais du coup il n'y a plus de secteur en fait.

  • Speaker #0

    Je n'en sais rien. je pose la question très ouvertement moi aussi la question parce qu'au final quand tu vas voir je prends le cas d'Everial ce qui faisait que et c'est pas le seul c'était ton sponsor ouais c'était mon sponsor ce qui fait qu'on accepte aussi que c'est aussi accepté en interne nous c'était les journées de navigation tu fais naviguer les gens à bord ce que font beaucoup de sponsors et si tu fais pas ça je pense que c'est beaucoup moins bien accepté après de se dire ouais il y a un prétexte à faire une course et c'est cool et... Et voilà, c'est un héritage culturel, peut-être que tu as suivi des courses plus tôt et ainsi de suite, mais est-ce qu'on ne peut pas quand même faire un modèle ? Enfin, il faut que je rebondisse sur autre chose. On a beaucoup critiqué la vague en disant vous dénoncez, mais vous ne proposez pas grand-chose. Là, l'année prochaine, on va faire ce qu'on appelle le festival de la vague, et on veut avoir un événement nautique. Je ne sais pas si on doit l'appeler course ou pas. On se dit, est-ce qu'il faut faire un classement ? Est-ce qu'il ne faut pas faire un classement ? Qu'est-ce qu'on va récompenser ? Comment on le fait ? Moi, je trouve ça un peu dommage que quand on fait un petit atelier, là, il y a un mois, on est quatre. Et effectivement, je le comprends, les gens qui sont actifs dans le milieu, ils ont autre chose à faire pour l'instant c'est un métier qui est compliqué où il y a des emplois du temps très compliqués mais il y a un moment, il faudra peut-être qu'on se pose parce qu'aujourd'hui, si tu sors un peu du rang médiatiquement, tu peux trouver ta place, tu peux trouver à raconter une histoire on parle de storytelling à longueur de journée dans ce qu'on fait, je veux dire chaque équipe ou chaque skipper qui lance un truc a besoin d'avoir une originalité aujourd'hui, je suis désolé mais toi sur la route du Rhum que j'ai faite j'ai un bateau neuf ça c'est un autre sujet on va y venir on va rentrer en 2017 après mais vas-y ce que je veux dire c'est que t'as beau avoir un bateau neuf t'as beau être dans une classe machin t'as beau avoir ton originalité t'es noyé au milieu de 138 personnes comment tu fais pour exister médiatiquement comment tu fais pour que ton sponsor qui

  • Speaker #1

    dise ah bah bon c'était ça ma question du coup si tu enlèves si tu enlèves la mécanique de la compétition si tu enlèves je suis le raisonnement si tu enlèves le modèle économique non ouais qui est là, il n'y a plus de secteur au sens strict du terme. C'est complètement autre chose.

  • Speaker #0

    C'est complètement autre chose, mais ça met en face les compétiteurs.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas l'industrie qui va avec.

  • Speaker #0

    Ça met les compétiteurs face à une vraie question de se dire, mais pourquoi vous faites ça ?

  • Speaker #1

    C'est vrai.

  • Speaker #0

    Et c'est vraiment... Là, je reprends une formule dans le livre d'Aurélien Barraud, l'astrophysicien que peut-être certains connaissent. Bien connu. Et moi, j'adore sa formule de dire que même si on construisait une bombe, de manière écologique, durable, recyclable, ce que tu veux, ça n'en resterait pas que la bombe ferait son travail de bombe. La finalité, elle serait d'exploser. Et je ne dis pas que la course au large, c'est une bombe. C'est juste que là, tout ce qui se passe aujourd'hui, et moi le premier, quand on essaye de mettre du lin, quand on essaye de faire bouger les règles, on essaye de changer la modalité. On essaye d'aller toujours dans la même direction, qui est de dire, on veut organiser des grandes courses, on veut des retombées médias. on veut qu'il y ait un business model, on veut qu'il y ait une industrie, mais bon, là, on est en train de nous dire un peu que ce n'est pas fou, donc il faut quand même qu'on change, mais on est en train d'essayer de faire rentrer un rond dans un carré, donc ça ne marche pas.

  • Speaker #1

    Mais ce n'est pas ça que je... Ma question, enfin, je pense que c'est la question centrale, c'est que du coup, si on introduit les changements qui sont nécessaires, la logique, le bout de la logique, elle est d'arrêter.

  • Speaker #0

    Elle est en tout cas de se dire qu'est-ce qui nous...

  • Speaker #1

    Parce qu'on hésite... Dans ton livre, on le lit assez bien, tu hésites beaucoup entre le... Le faire autrement et le plus faire du tout. Et cette question, elle est centrale. Parce que si on décide de plus faire du tout, c'est...

  • Speaker #0

    c'est assez simple du point de vue de mise en oeuvre mais tu vois on en revient à cette notion je pense que même pour en avoir parlé avec François Gabart je pense qu'on s'amuse plus à faire des surfs en kite en wing ou en kata ou ce que tu veux dans la baie où tu es au ras de l'eau si on devait prendre un critère de joie, je ne sais pas comment on pourrait mesurer la joie, mais de se dire qu'est-ce qui m'éclate le plus je suis en train de jouer dans la baie mon ratio il est peut-être je sais pas à 90 de fun est-ce que un ratio dépense à impact joie, plaisir plaisir énorme de dire est-ce qu'il faut vraiment avoir 12 millions d'euros pour faire un trimaran, pour aller dans un truc pas possible avec une équipe, avec une logistique qui t'enferme dans une espèce de tunnel parce que t'as des gens, t'as toute une boîte, une économie à gérer, des sponsors Est-ce que tu retrouves le même truc ? Oui, j'imagine bien qu'il y a des moments de grâce et un bateau qui vole, c'est très joli. Mais une aile de mouette, c'est très joli aussi. Un exocet, c'est très joli aussi. Il y a un moment, si ce qui nous donne du plaisir, on peut peut-être l'avoir autrement. Est-ce qu'il ne faut pas juste se dire qu'on a été trop loin et avoir l'humilité de se dire, là, on ne va pas dans la bonne direction. Et peut-être qu'on pourrait... Je n'ai jamais fait le tour voile et des choses comme ça, mais je me dis, pourquoi ce n'est pas plus mis en avant ? Parce que c'est une formidable manière de faire naviguer plus de monde, de rendre les échanges tactiles et réels avec le public. Moi, ce qui me choque aujourd'hui, c'est que oui, je pense que... Il y a toute une génération de marins qui est venu de l'accessibilité à la mer par les dériveurs. Aujourd'hui, en dehors de nos petits cercles, qui fait du dériveur ? C'est quand même la base d'aller sur l'eau pour jouer.

  • Speaker #1

    Ils font du kite, ils font du surf, ils font de la wing. Mais oui,

  • Speaker #0

    mais oui, mais oui. Enfin, je veux dire, il y a un moment, c'est quand même chouette de bricoler un bateau, de se dire...

  • Speaker #1

    tiens j'ai de l'autonomie je peux me balader enfin tout ça tout ça le rapport plaisir temps argent il est en faveur de ces nouveaux engins c'est presque un autre débat non mais c'est vrai et notamment celui du renouvellement des générations

  • Speaker #0

    deuxième pas de côté on revient à 2017 et on va arriver comme ça jusqu'à aujourd'hui donc pas de mini 2015 du coup tu prépares 2017 et là en fait c'est là où on disait tout à l'heure que tu étais vite arrivé en fait sans parler d'être arrivé au sens rastignac du terme mais très vite il y a Conrad Kallmann qui t'appelle pour être médiaman puisque tu as cette double compétence donc à l'aise dans la vidéo et puis très vite aussi tu trouves un style le bonnet, il y a tes grands yeux tes grands yeux ronds, l'acting la manière que tu as de te compter et puis tu t'écris un personnage avec beaucoup d'auto-dérision je pense que c'est aussi pour ça que ça passe très très bien comme dans le livre, tu ne te caches pas du tout derrière des prétentions sportives et c'est pour ça que ça fonctionne donc du coup, Conrad t'appelle pour faire La New York Vendée Il y a 8 ans Dans la foulée Même chose Yves Leblevec T'appelle pour faire The Bridge Et t'as pas encore fait la mini

  • Speaker #1

    Non et ça m'énerve sur le moment Je dois avouer que je suis pas à l'aise avec ça Parce que je voulais faire les choses dans l'ordre Et pour moi j'avais ce rêve de traverser l'Atlantique en solitaire Et en fait Oui ça m'a un peu

  • Speaker #0

    j'ai pas envie de dire que ça m'a gâché le plaisir mais en fait j'ai touché c'est des propositions que tu peux pas refuser quand t'as rêvé de ça et que tu dis bah tiens d'un seul coup à l'époque encore t'es complètement dans le jeu et tu le dis très très clairement juste un petit état faire partie de ce cirque, alors ça c'est plutôt les termes de 2024 tu le disais pas comme ça à l'époque faire partie de ce cirque sur l'instant est incroyable de point naviguer sur les plus grands et les plus beaux bateaux voir toutes les portes s'ouvrir bénéficier de mises en relation de plus en plus faciles, d'une certaine valorisation dans le regard des autres, de demandes d'interviews, trois petits points, je l'admets, j'ai bien profité de ces avantages. Et le livre, il est vraiment intéressant pour ça aussi, c'est que tu ne te caches pas derrière ton petit doigt.

  • Speaker #1

    Ah ben non, j'en ai profité. J'en ai clairement profité et...

  • Speaker #0

    Non, et ma question, c'était le... Mais on sent quand même... que ça te questionne à la fois parce que t'as pas encore passé ton bac qui est la mini et on sent que pointe déjà des interrogations bah oui à l'époque ça me pose des questions parce que tu

  • Speaker #1

    commences à rentrer un peu moi je découvre à ce moment là deux opposés tu vois un Conrad qui vient du mini, qui bricole, qui fait le truc dans son garage et qui arrive à faire des choses et qui en même temps est confronté à Enfin, tu vois, je pense que tu vois, on l'a bien dit tout à l'heure, il y a un vrai décalage entre un projet comme celui de Conrad et se dire qu'on joue dans la même cour que des bang pop et des trucs comme ça. Bah, il y a un truc qui n'est pas logique, enfin, il y a un truc qui n'est pas cool que médiatiquement on parle... Enfin, pourquoi, si on devait prendre, par exemple, moi j'aime bien ce côté, tu vois, quand on parle de performance, moi j'adorerais qu'on... Enfin, j'ai trouvé cette formule la dernière fois de me dire, tiens, on parle de performance. Qui est-ce qui fait la plus belle performance typiquement sur un Vendée ? Est-ce que c'est Hermel qui gagne en 2016 ? Oui. Est-ce que c'est Hermel qui gagne, qui a tous les moyens, qui a les budgets et tout ? Ou est-ce que c'est Conrad qui va remater son bateau ? Enfin, qui fait la plus belle performance ? pour moi c'est une plus belle performance comme Tanguy qui arrive à réparer son bateau sur la Jacques Vabre et qui fait l'aller-retour, qui boucle, qui arrive dans le timing, qui repart.

  • Speaker #0

    Et qui finit probablement à toi des rives.

  • Speaker #1

    La performance est quand même plus belle pour moi que quelqu'un qui a tout qui va bien, qui a le budget qui va bien, qui se repose et tout ça. Remettons les choses en contexte aussi. Donc oui, je pense qu'à ce moment-là j'ai un peu des choses qui m'échappent. Après, faire du trimaran... d'un seul coup je me retrouve à des liens avec Sam Davis, avec Jean-Baptiste Le Vaillant, avec Davey, avec Yves, qui sont des légendes pour moi, tu vois, et tu dis, c'est cool, mais à un moment il y a aussi tout ce côté... je découvre les sponsors les relations le Queen Mary sur le moment tu dis je suis dedans mais là en dézoomant je pense que Damien Grimond il est en train de prendre un virage il y a le Queen Mary il y a une course de bateau à voile il y a le Queen Mary il y a un A380 qui passe dans le ciel n'importe quoi ça n'arrivera plus je pense qu'on va le regarder en disant qu'il faisait n'importe quoi

  • Speaker #0

    C'est quand même là aussi qu'on voit que le monde et la manière dont on a de le regarder a très vite changé. On en rigole aujourd'hui, mais ce n'était pas si longtemps que ça.

  • Speaker #1

    Non, mais tu dis, je pense qu'il y a une vraie… De toute façon, j'ai essayé de le retracer aussi dans mon bouquin. Pour moi, il y a vraiment ces sept dernières années, il y a une prise de conscience écologique. Les discours sont en train d'infuser. Aujourd'hui, il n'y a pas une journée dans les médias où tu n'as pas un questionnement qui est sur l'écologie. C'est Parce qu'en fait ça se fait sentir de plus en plus parce que c'est un vrai sujet. Là sur les élections européennes, c'est le sujet qui préoccupe le plus les Français. bon bah c'est pas rien non plus fin donc je pense qu'il faut quand même qu'on enfin c'est un sujet dans l'air du temps et je pense qu'effectivement il ya déjà en 2017 bas on peut on s'en parlait pas quoi tu vas faire la mini est ce qu'elle est conforme

  • Speaker #0

    à ce que tu avais projeté depuis déjà quelques années. Tu as des très belles phrases sur le retour de la mini. Je pense que tous ceux qui ont couru la mini ont vraiment ce reverron dedans, ce décalage total quand tu rentres en France, cette dépression postpartum.

  • Speaker #1

    C'est un sentiment à la fois de puissance et d'impuissance.

  • Speaker #0

    Exactement, tout à fait.

  • Speaker #1

    Parce que tu dis que tu as fait un truc incroyable.

  • Speaker #0

    Je préfère le Vendée Globe, il n'y a pas de problème. Et puis en même temps, la saveur...

  • Speaker #1

    tu as une très bonne phrase tu dis à l'arrivée de la mini j'observe aussi que l'exposition répétée à ces situations en course me perturbe ces expériences qui devraient rester exceptionnelles se normalisent oui une fois que tu as fait ça le reste n'est pas très ne semble pas très compliqué oui il l'est encore oui oui oui largement mais j'ai aussi enfin c'est en discutant avec une copine qui a fait la mini en même temps que moi Camille la dernière fois on discutait je trouve qu'il y a une vraie sagesse en fait dans plein de ministres de plein de profils qui se disent ok j'ai fait la mini J'ai fait quelque chose de très très beau, et en fait je suis ok d'en rester là. Parce qu'en fait, tout ce que j'ai fait après la mini...

  • Speaker #0

    j'ai pas retrouvé j'ai pas retrouvé les sensations c'est la majorité mais oui enfin juste pour moi je pose remettre le sol l'église dans son âge c'est que les mais c'est ça la plupart des gens ne font la font qu'une fois et après tu l'as fait qu'une fois et tabo enfin en figaro je pense que c'est un autre effort c'est un truc c'est un truc de vraiment un

  • Speaker #1

    effort très très particulier je pense que ça aurait pu me plaire tu vois le côté un peu enchaîné les étapes et tout ça c'est un petit peu Peut-être une petite frustration que j'aurais bien aimé voir à quoi ça ressemblait, mais au-delà de ça, plus ça grandit, plus... Moi, il y a un truc qui me gêne, enfin pas que ça me gêne, mais sur ces gros bateaux, déjà tu pars plus quoi. C'est tout con, mais plus ça va. J'ai fait du foiler, j'ai pas fait les nouveaux qui sont complètement fermés, mais à un moment t'as plus les embruns, t'es plus coupé. je suis pas sûr que ça... C'est même plus débateux, en fait. Et ça, je crois que je suis pas le seul à le dire.

  • Speaker #0

    Revenons à la mini et aux sensations qu'elle te laisse.

  • Speaker #1

    Elle me laisse la sensation de... Je pense d'avoir accompli ce que je voulais faire. C'est satisfaisant, ça vient flatter ton égo. Et puis, dans le même temps, tu te dis... Je découvre, je pense, le temps long. Je découvre le... d'être face à soi-même. Je pense que c'est seulement après où je me suis rendu compte de la chance qu'on a. C'est pour ça qu'un an après, je m'étais battu avec de nombreux autres ministres pour qu'on n'ait pas de téléphone iridium à bord. C'est une chance. C'est seulement quand tu le vis après que tu te dis que toutes les autres transats que j'ai fait après, ce n'est plus pareil. Tu as WhatsApp, tu dois envoyer des trucs tous les jours. ça n'a rien à voir. Tu te mets une pression de fou. Et je ne dis pas que mon sponsor m'a mis la pression. Je dis juste que la pression, elle existe de manière inconsciente et tu te la mets toi-même. En fait,

  • Speaker #0

    l'appareil est là. Alors qu'en mini, de fait, il n'est pas là du tout.

  • Speaker #1

    Oui, donc il faut se battre pour cet espace de liberté qu'est la mini. Et voilà, je pense qu'il faut le garder. C'est quelque chose d'hyper précieux. Et je pense que... Je pense qu'il y a des gens bien encore qui vont se battre là-dedans, tu vois. Mais il faut se poser des vraies questions. La mini, elle est le prototype de plein de choses. Là, il y a des groupes de discussion en ce moment. Je n'ai pas eu l'énergie d'y aller parce que je pense qu'il y en a plein d'autres qui font ça très bien et qui amènent ça. Mais il faut qu'on repense aussi l'imaginaire. À quel moment, je l'interroge en avant, l'imaginaire du rêve des Antilles est rentré chez nous ? Si ce que tu as envie, c'est de te découvrir toi-même, de passer du temps sur l'eau...

  • Speaker #0

    Tu n'as pas besoin d'aller aux Antilles. Tu peux faire une boucle. Pour rappeler, les ministres, sous la houlette de la classe mini, ont des groupes de réflexion sur l'avenir de la classe mini et la mini 3 en particulier, en visio. Je ne sais pas si c'est libre ou pas, moi j'ai reçu une invitation, et les comptes rendus sont en ligne. Je crois que c'est animé par la même personne dont je viens d'oublier le nom à l'instant.

  • Speaker #1

    Anna Le Cosset.

  • Speaker #0

    Anna Le Cosset, qui anime aussi.

  • Speaker #1

    Oui, une facilitatrice qui bosse à la vague.

  • Speaker #0

    Qui bosse à la vague, voilà. Et donc il y a des comptes rendus en ligne, tout est accessible et c'est très intéressant à lire. ce que je disais tu racontes assez bien la transformation aussi qui s'opère en toi une fois que tu l'as fait t'as changé je te relis le paragraphe si tu veux malgré tout je peux affirmer que je ne me suis jamais senti aussi heureux ni aussi triste qu'en naviguant sur mon mini accueillir l'ensemble de ces sentiments dans les hauts comme dans les bas est-ce qu'il m'a rendu si vivant ?

  • Speaker #1

    c'est ça, je pense que c'est un mot qui revient très très fréquemment chez tout le monde, c'est que tu dis moi je ne me suis jamais senti aussi vivant que quand tu fais la mini parce que si tu passes par enfin Tu passes partout quoi, et moi j'ai eu une transat facile je pense, enfin qui était pas compliquée, j'ai rien cassé et compagnie, mais il y a quand même des moments où tu flippes, il y a des orages, il y a des trucs, et ça vient en fait te combler parce que oui, parce que t'es heureux, parce que t'es triste, et à ce côté, c'est précieux aujourd'hui de pouvoir se retrouver face à soi-même, c'est hyper rare. Moi à un moment j'ai passé dix jours sans personne, et moi à un moment il y avait un italien après le caver qui voulait, il m'a dit on se suit, j'ai fait non ! Non, je veux être tout seul. Enfin, tu vois, il y avait un côté de moi, oui, je venais pas pour gagner, j'avais pas le bateau pour, c'était pas du tout l'idée. Mais par contre, je voulais faire cette expérience-là. Et oui, c'est ça le paradoxe, c'est de se dire que je voulais être tout seul, mais à plusieurs, tu vois, de se dire de préparer le truc. Et c'est ça qui est beau, c'est de se dire, comme tu dis, il y a le côté sécurité, de se dire quand tu es un peu encadré, ça rassure quand même un peu tes parents, ta famille, tes copains, enfin, c'est quand même un peu organisé. Voilà, tu vois, c'est un très bon exemple de se dire que parce que tu mets des petites contraintes, des petites règles, tu peux quand même avoir de la liberté. C'est tout l'enjeu de ce livre et de toute ma réflexion, de se dire que c'est pas parce qu'on va se mettre des règles qu'on sera pas libre. Si la finalité, elle est de jouer, et imaginons qu'il y a des gens qui veulent encore avoir des classements, mais jouer sans avoir des impacts sur les autres ou sur le vivant.

  • Speaker #0

    Juste après la minute, tu as écrit d'une certaine manière, mon mode de vie est en train de basculer Donc c'est un moment de bascule quand même. À petits pas, ma pensée évolue. mais il est terrible de constater que notre système est tout en oeuvre pour l'anesthésié. Donc tu sens toi-même qu'il y a quelque chose qui s'est passé, dans une presse de conscience, mais que tu n'arrives pas à le mettre en oeuvre.

  • Speaker #1

    Tu reviens à la facilité.

  • Speaker #0

    Voilà, il y a un énorme paradoxe, c'est que du coup, une fois que tu as fait ça, tu as passé ton bac, tu es parcours sub. Et là, le truc s'enchaîne. Tu vas travailler sur la solitaire du Figaro, tu vas travailler sur la route du Rhum. Tu vas faire partie du cirque entre guillemets, qui est le terme que tu utilises.

  • Speaker #1

    Mais oui parce qu'il y a...

  • Speaker #0

    C'est là où il y a les premières dissonances en fait.

  • Speaker #1

    Il y a les dissonances de se dire mais attendez je veux continuer à faire ça, à ce moment-là j'ai l'idée de me dire que maintenant j'ai un truc à raconter parce que ça c'était un de mes grands sujets, de me dire là je ne sais pas quoi raconter, ok je sais réaliser un film, je sais faire tout, mais par contre je n'ai pas de sujet. Il y a un moment où pour moi il faut savoir... C'est un peu le syndrome de la coquille vide. j'avais utilisé ce mot là quand j'ai annoncé sur les réseaux mais je pense que parfois il y a un peu de ça les équipes qui font du bateau je pense qu'il y en a plein qui ne savent même pas vraiment ils ont fait de l'optimisme, ils ont fait le truc, ils ont suivi le truc classique ils se retrouvent là, ils ne savent même plus pourquoi ils sont là c'est quoi ton histoire ? je suis chargé de com, qu'est-ce que tu racontes ? c'est quoi ton truc ? moi je fais de la ragate, je fais des trucs t'as quoi d'autre ? non mais j'ai que ça comment tu fais ? on invente des espèces de faux concepts, de faux trucs qui... et c'est dramatique je trouve enfin de l'actualité où tu commences à bosser sur la route du rhum je pense que je commence à avoir des énormes dissonance fin des choses voilà je l'aï à l'époque je bosse avec avec boris et qui est encore qu'à pas beaucoup d'argent malgré que le fait qu'ils aient écrit monaco pas encore enfin maintenant je pense qu'ils ont quand même des budgets plus confortables et ils ont construit des choses bien mais tu dis à un moment j'étais pas hyper d'accord avec le fait de fin c'est hyper dur et là pour le coup c'est un vrai paradoxe c'est de se dire est-ce qu'on attend d'être parfait pour porter un message on écrit qu'est-ce qu'on peut faire pour sauver l'océan moi aujourd'hui je considère que de faire une campagne IMOCA, de faire une Ocean Rise c'est pas forcément là où ces budgets là seraient les plus impactants et en même temps tu dis bah oui mais il faut quand même communiquer il faut quand même dire des choses c'est insoluble comme truc mais moi en tout cas oui j'ai été choqué de voir l'opulence euh

  • Speaker #0

    enfin il ya des choses qui me qui commencent à me choquer et le paradoxe un de plus c'est que c'est à ce moment là en fait que tu vas alors rentrer dans plein de plein pied dans le milieu puisque le sponsor de clarisse qui est l'une al garcia chez le royal clarisse

  • Speaker #1

    est appelé par bon populaire donc du coup il faut un marin pour remplacer clarisse et puis moi je lance mon projet à ce moment là j'annonce quasiment une semaine deux semaines avant que je veux faire un film sur la transat anglaise exactement que je cherche un classe 40 que et en fait ça cause bien les classes parce que Everial veut passer sur quelque chose de plus gros ils sont en Figaro avec Clarisse c'est la première année du Figaro 3 et voilà c'est vrai que l'histoire elle est belle ça reste en plus ma famille en tout cas de marins, de Clarisse, Tanguy il y a une sorte de filiation qui est quand même super et oui c'était super chouette

  • Speaker #0

    et tout ça ça vient se faire doucher par le Covid qui met un stop à tout ça voilà exactement et tu vas au départ avant le Covid tu vas au départ de la Jacques Vabre et tu as des mots assez forts c'est assez balisé j'ai lu le bouquin j'ai lu le bouquin tu vas à la Jacques Vabre et là aussi à nouveau tu parles de dissonance la semaine suivante je me retrouve au Havre pour commenter le départ de la Transat Jacques Vabre pour un sponsor ami du mien voilà Je fais partie du jeu, je connais tous les bateaux, tous les skippers, je suis heureux de voir ces voliers partir vers le Brésil, mais dans le même temps, quelque chose commence à sonner vraiment faux. La fameuse dissonance qui est à l'oeuvre. Ce n'est pas pour le plaisir de finir, c'est parce que la franchise avec laquelle tu le racontes est vraiment importante pour bien comprendre le message que tu veux faire passer. On constate qu'autant d'énergie est mise au service d'un loisir, que tout le monde se presse pour en faire toujours plus, qu'il faut aller vite, qu'il faut toujours avoir un coup d'avance. En moi, la dissonance s'installe. On est à l'automne 2019.

  • Speaker #1

    au moment en fait alors il va y avoir le Covid mais derrière tu vas avoir ton classe 40 etc c'est hyper dur parce que je pense qu'il y a un moment j'avais et les rêves et aussi le côté Pour moi, c'est vraiment le syndrome du capitalisme de dire en fait le voisin il a ça, pourquoi moi je le mériterais pas ? Instagram fonctionne là-dessus, on te montre que des postes et toi tu dis mais en fait ma vie c'est de la merde parce que pourquoi lui il fait ça, pourquoi moi je fais pas ça ? Et il y a un peu ce côté-là, tous tes potes qui partent faire des trucs et pourquoi pas moi ? C'est vraiment le biais en plus un peu du survivant de se dire à un moment en fait quand tu baignes là-dedans, tous les projets sont gagnants, on voit pas les projets qui sont pas bons, tu vois il y a un côté... un peu malsain là-dedans et de voir vraiment enfin moi je pense qu'à l'époque c'est ça qui me gêne c'est le côté ah bah il faut on est là pour faire du business on invite des gens on s'en fiche de savoir il ya des beaux spectacles on échoue enfin enfin Pourquoi quoi ? Je veux dire, il y a un moment, ce qui nous fait rêver, c'est de traverser l'Atlantique. À quel moment on s'est compromis, nous tous, là, pour dire on accepte tout ça ?

  • Speaker #0

    Mais là, tu raisonnes avec ton regard d'aujourd'hui, mais à l'époque, cette dissonance n'était pas encore assez forte pour te faire renoncer. Non,

  • Speaker #1

    elle ne me fait pas renoncer.

  • Speaker #0

    Mais tu as une phrase, deux ans après, là c'est encore plus fort. Et du coup, on va voir aussi l'apport que peut avoir la performance dont on a discuté tout à l'heure. Tu dis je continue donc de jouer mon rôle C'est la Transat Jaguab 2021 Que tu fais faire avec Matt Crepel Qui était un snowboarder, qui était l'une de tes idoles Tu dis je continue donc de jouer mon rôle de marin Et me retrouve de nouveau embarqué dans le cirque de la course au large toutefois je ne cache pas mon excitation à l'idée de me lancer dans une telle compétition en tant que professionnel j'aime beaucoup la rigueur de la préparation océanique et le niveau d'exigence si je suis désormais professionnel je veux bien faire les choses mais quand même donc là cirque puis après professionnel mais quand même je m'interroge quelle histoire vais-je pouvoir raconter alors que la prise de conscience écologique s'installe dans ma tête donc on voit bien que ces années là étaient déchirées je suis dans un étau parce que

  • Speaker #1

    D'une partie, j'adore... Je pense que je fais partie de cette catégorie de marin bricoleur où j'aime bien comprendre ce qui se passe, j'aime être dedans, et oui, ça me fait plaisir d'avoir un bateau bien préparé. En fait, je pense que c'était Jean-Bath Le Vaillant qui était venu faire le prologue avec moi, on venait faire The Bridge ensemble. Il m'avait dit une formule que je trouve très belle qui est de dire que ce qui est beau, c'est de faire marcher un bateau, que ce soit un bateau en bois, une caravel ou un ultime, c'est de l'exploiter. au mieux de ce qu'on peut faire et toi d'avoir le bon réglage le bon truc et je pense qu'il y a quelque chose de cet ordre là de se dire ok bah là un bateau c'est pas que de la technique c'est pas que du carbone, c'est pas que de la fibre de verre tu y mets aussi une âme et il y a une sorte de quelque chose d'artistique là dedans d'être en équilibre enfin Thomas Covill met des très jolis mots là dessus je trouve de dire que en fait c'est une symbiose avec ton bateau et pour moi il y a un moment je pense que de trouver l'équilibre entre la météo ton bateau, toi-même de savoir que tu es dans le bon timing, dans la bonne phase bah oui parfois ça peut accoucher sur des résultats même si aujourd'hui tu ne vas pas gagner moi il y a des fois j'ai fait des courses où j'étais trop bien en fait, c'était super beau c'était des moments de joie intense donc ça j'aimais bien ce côté rigueur, de dire ok je fais les choses bien presque chacun il met le mot qu'il veut Mais c'est vrai qu'à côté de ça, quand tu commences à te rendre compte que le nombre de sacrifices que tu fais à côté, le nombre de... Enfin voilà, je pense qu'en parallèle de ça, c'est le moment où je lis beaucoup de choses des rapports scientifiques, c'est le moment où il y a de plus en plus de conférences en ligne qui existent sur les réseaux, des gens qui prennent la parole. Et c'est vrai que je suis heurté par rapport à ça. Aujourd'hui, on n'a pas de frein, on n'a pas de limite, on n'a pas de contrainte.

  • Speaker #0

    et quand tu dis que tu veux faire un truc un peu à pas de côté tout le monde te regarde bizarrement enfin c'est très spécial quoi juste pour revenir sur ce que tu disais avant le mot équilibre revient un très très grand nombre de fois c'est vraiment l'un des concepts centraux le premier titre c'était en équilibre sur l'océan je crois que c'est un livre de un livre d'Yvan Bourgnon je crois sur son catamaran bref et donc on en arrive pas tout à fait la route du rhum mais c'est aussi la période alors que tu es en pleine dissonance c'est aussi la période où ton sponsor te propose de faire construire un bateau neuf ça c'est ça a été l'une des grandes incompréhensions annoncé ça et alors tu racontes bien dans le livre tu dis bon bah parce que lui il est dans la performance et tu vas accepter de construire un bateau neuf. Tu vas dire, d'accord, d'abord, on le fait à Sainte-Marine, chez Pogo. On prend des gens du coin, on essaie de diminuer l'impact, etc. Tu mets un peu ta contrainte comme tu peux.

  • Speaker #1

    J'ai eu l'impression de faire un... Un combat permanent pour essayer de faire les choix les plus... C'est ce que je disais juste avant, en fait. Là, au sein du chantier, dès que je disais... J'ai un truc tout con. Je disais, est-ce qu'on peut mettre... On sait qu'on va avoir, je ne sais plus, 30 kg ou 40 kg de gueuse par rapport aux anciens. J'en disais, est-ce que moi, je veux bien un peu de peinture blanche quand même. Au plafond, il faut que ce soit un endroit où tu as envie de vivre. C'est là où tu passes du temps. On me regardait genre, t'es sûr ? T'es sûr ? Dès que je faisais la question de... C'est un mot que j'adore maintenant, la robustesse, de dire, je préfère un truc qui va tenir plutôt qu'un truc qui va potentiellement... Ah, t'es sûr, tu veux deux barres de flèche ? Parce que c'est quand même... Il n'y a personne qui le fait, quoi. Bon, maintenant, en plus, Erwan, tu vois, il a récupéré le bateau, il a gagné les courses avec deux barres de flèche. Je veux dire... Enfin, c'est... On est tellement dans une espèce de délire de... Parce qu'il y en a un qui va faire un truc complètement high-tech, c'est ça la vérité. Enfin, j'ai l'impression que là, en ce moment, on passe le... enfin on va dans les extrêmes on va assez ça non c'est ça non c'est ça enfin c'est toujours donc en fait ouais de 2 enfin moi j'étais coincé en fait j'étais et c'est pour ça que je le dis bien c'est que tu vois effectivement la des annonces de l'annonce de construire le bateau neuf elle intervient après la après la jacque vabre mais la prise de décision elle se fait un an et demi avant enfin un bateau ça se construit longtemps avant et je pense que c'est très sincèrement à ce moment là oui j'ai eu des gros doutes enfin je le dis hein j'ai mis 24 heures à dire mon sponsor est ce que ce que je le fais ce que je le fais pas et sur le moment je me suis dit vraiment j'étais persuadé d'être encore dans cette posture comme je le disais de dire il faut rester dans le milieu pour le changer j'y croyais vraiment parce que c'était le moment où la vague ça se passait bien il y avait plein de trucs, on venait de faire l'annexe environnementale pour la Jacques Vabre je me suis dit bah ouais si chacun à son échelle essayait de changer les choses peut-être que ça peut marcher bon après j'ai déchanté sur plein d'autres dossiers mais sur le moment c'était vraiment sincère de me dire de toute façon franchement je me suis dit ça si je continue si je dis non, il y a quand même de fortes chances que mon sponsor me dise si c'est non on prend quelqu'un d'autre et le bateau serait quand même construit donc je me suis dit tant qu'à faire autant que je sois celui qui essaye de pousser pour des choses un peu différentes oui on a testé une GV en lin maintenant je crois que Damien Seguin va peut-être partir avec, j'en sais rien ça fait son chemin là on est encore dans la modalité mais c'est mieux que rien et je pense que j'étais dans cette phase où une phase de compromis quoi tu vois qui était un peu à la fois intéressante mais hyper dur à porter parce que parce qu'il ya un moment on vient toujours te dire enfin c'est là où je trouve que la vague a quand même réussi à faire à faire quelque chose de bien c'est cette expression on voit on l'a dit pas de fois genre c'est pas très la vague ça et puis bah ouais bah maintenant déjà le fait que vous pensiez ça que vous me le disiez en rigolant c'est que vous savez qu'il ya un truc qui est pas ouf dans ce que vous faites à maintenant à ce moment là tu vois

  • Speaker #0

    Si on reprend la chronologie, il y a la création de la vague à l'automne 2019 et une première réunion publique à l'UBS en février 2020, où j'étais là, je me souviens bien. Comment, est-ce que tu peux juste nous raconter, nous faire rentrer un peu dans les coulisses de la création de la vague ? À quel moment ?

  • Speaker #1

    Ça se passe ici, dans cette même pièce.

  • Speaker #0

    Celle de réunion ?

  • Speaker #1

    Celle de réunion chez Kéros. Je ne sais plus, je croise Bilou un jour qui me dit Ah bah tiens, il y a Arthur Le Vaillant qui vient. Je ne le connaissais pas bien Arthur, je connaissais juste son père. et il dit ouais on se passe et jean-baptiste le bayan il y avait paul meya il y avait adrien hardy il y avait rico perron je crois qu'ils étaient là aussi et en fait on commence à se dire tiens qu'est ce qu'on pourrait faire ce qu'on voit là il va être des questionnements un peu en commun et on s'est dit patin est ce qu'on va pas se poser autour d'une table et il se dire qu'est ce qu'on peut faire et en fait c'est parti de là quoi c'est moi je suis plus venu avec ma casquette communicant de comment je pouvais aider un peu à mettre en scène tout ça et à amener un peu d'huile dans les rouages et en fait je me suis retrouvé au final c'est moi je suis venu là dedans en voulant ouais ça m'intéresse de vouloir aider et je me suis retrouvé à maman à porter et non dans la tête de gondole du ouais c'est le truc beaucoup beaucoup plus Mais en fait c'est parce que c'était quelque chose que j'avais Au fond de moi qui justement était en train de mûrir et je sentais que ça m'intéressait de faire bouger le milieu. Et puis voilà, ce qui est un peu dur aujourd'hui, c'est que tout le paradoxe qu'on a dit, et tous les gens qui sont passés par la vague, qui bossent aujourd'hui, maintenant parfois en tant que consultant green de certaines équipes ou de classes, on ne fait qu'essayer de faire des compromis. On est toujours dans la modalité, on essaie de changer le truc, mais on... c'est dur quoi enfin si on se bat contre un géant quoi et tant qu'il y a de l'argent en jeu je sais pas comment ça c'est gérable quoi enfin c'est en partie pour ça que je suis sorti et que pour moi c'était plus ok quoi enfin il y a un moment tu vois quand tu parles des projets d'aventure qui existent qui sont en parallèle bah le fait qu'ils soient là et qu'ils viennent dans une grande course dans un grand organisme d'une certaine manière c'est qu'ils cautionnent le truc tu vois il y a un moment c'est ce que je dis pourquoi, enfin moi j'exclus pas l'idée d'un jour faire une course pirate de se dire ok il y a la route du vent 2026, peut-être que j'aimerais bien qu'il y ait des jeunes des moins jeunes, peut-être que j'y retournerais de dire en fait on crée notre propre notre propre, enfin j'imagine en plus que médiatiquement si tu disais là je vais faire la même route que vous mais ça va me coûter énormément moins médiatiquement je vais faire un truc qui va être top Je ne vais pas vous envoyer d'image en mer, parce que j'ai envie de faire travailler votre imaginaire, je vais peut-être envoyer des mots, des écrits, enfin il y a tout à imaginer. Et médiatiquement, je pense que des sponsors pourraient s'y retrouver, parce que d'un seul coup, tu es en décalage avec tout ça, et tu pourrais faire quelque chose de complètement... pirate mais dans le bon sens tu vois de dire bah attendez là vous enfin c'est vraiment pour moi aujourd'hui les courses qu'on fait c'est du fast food quoi tu vois c'est enfin on a perdu on a perdu l'âme de ce pourquoi on regardait ces courses là enfin je moi c'est mon sentiment après je dis pas que chacun est libre d'en penser soit il ya des gens qui adorent le cadre manger du fast food pas de souci mais il ya un moment peut-être qu'on peut faire des choses de manière un peu plus consciente.

  • Speaker #0

    À quel moment tu actes ton impuissance à faire bouger les choses de ton point de vue ?

  • Speaker #1

    le livre est construit c'est plutôt l'arrivée c'est le récit de ta route du rhum le livre ouais avec des petites choses mais c'est vraiment la route du rhum au départ de la route du rhum tu ne penses pas encore que tu vas si tu sais déjà en partant tu sais déjà que c'est ta dernière course je me souviens avoir dit à deux personnes ouais je pense que c'est ma dernière course et j'arrête et c'est ça qui est dur c'est que vraiment sur le moment je le dis je le pense vraiment et dans le même temps je suis là à me dire mais Je sais pas parce que je sais pas ce qui va se passer, je sais pas ce qui va en retourner, ça se trouve je vais succomber encore une fois de plus. Parce qu'il y a un côté addictif en fait à ce truc-là, tu vois, il y a un vrai truc, tu vois déjà de base c'est super dur mais à chaque fois quand tu termines tu gardes que les bons souvenirs, déjà de base il y a ce truc-là.

  • Speaker #0

    Ça c'est l'ADN du marin.

  • Speaker #1

    Bah oui, c'est ça, donc déjà il y a ce truc-là et donc ce truc-là j'ai eu un peu peur de retomber dans ces sirènes-là, de me dire... Peut-être que je peux quand même encore faire changer les choses, encore une fois de plus, et ainsi de plus, mais il y a un moment, je pense que... Enfin, tu vois, je le raconte dans le livre, à un moment je... Est-ce que c'est par hasard que mon moteur a fait de l'eau et m'a forcé à faire du sud, et d'un seul coup je me suis retrouvé à faire une trajectoire qui était plus au sud, qui était en décalage avec tout le monde, est-ce que cette trace-là n'était pas aussi symbolique d'une certaine manière, de dire, j'ai pas envie d'aller casser les bateaux, j'ai pas envie d'aller faire du mal, j'ai pas envie d'être dans le dur, de dire qu'il faut affronter l'océan, non, enfin... on devrait pas affronter l'océan enfin là dessus je fais plein de propositions tu vois même sur les on va y venir sur et ça ça m'intéresse de dire enfin je pense que ouais ça s'est décidé vraiment je pense que quand j'ai passé la ligne j'étais j'étais vraiment pas bien enfin ça se voit sur les images ouais sur ta chaîne youtube ya un petit film qui est le film de l'arrivée de la route du rhum

  • Speaker #0

    et ça se voit je me dis que c'était assez courageux d'avoir quand même mis ce film là parce qu'on te voit boire du rhum mais le coeur n'y est pas il y a même un moment ça c'est horrible vous avez entendu un aboiement c'est le chien de Milou de Sophie Barceletto et tu as les larmes aux yeux on sent vraiment parce que je suis à la fois en train de quand je réécoute ce que j'ai dit je joue un jeu de funambule de dire des trucs entre les lignes je suis écartelé entre ma posture et mes convictions et l'exercice est d'autant plus difficile qu'il se déroule face à mes proches et au regard extérieur et alors tu sais tu pressens avant que c'est ta dernière course et que tu actes la désertion dont tu parlais tout à l'heure comment tu la mets en oeuvre à l'arrivée tu le dis vite le lendemain je crois 36 heures après parce que j'étais un peu triste c'est pareil

  • Speaker #1

    Là on a repris contact avec mon sponsor avec le Nail. Mais ça a été dur, enfin ça a été douloureux, c'est comme une séparation, enfin c'est quelque chose de...

  • Speaker #0

    En même temps tu dis que, quand tu lui dis ça, tu dis qu'en fait il y a quand même du respect et que vous comprenez l'un et l'autre.

  • Speaker #1

    Quand je lui annonce c'est assez...

  • Speaker #0

    Je suis même surpris, il me dit non mais tu dis ça parce que tu es fatigué, parce que c'était peut-être dur, réfléchis un peu Et en fait je lui dis non, il y a un moment tu veux de la performance, tu veux quelqu'un qui gagne, moi je ne suis plus là-dedans, ça sera mieux pour tous les deux Et il le comprend. Et après je pense qu'il y a eu de l'incompréhension sur... sur du timing sur la manière dont ça s'est fait qui était qui voilà on s'est pas vu en fait tu vois on s'est pas vu physiquement et ça je pense qu'il pouvait pas parce qu'il avait des choses à faire et tout ça et je pense que c'était dommage donc ça s'est fait au téléphone c'était un peu ça c'est un peu dur et vous avez reparlé depuis oui on a reparlé mais on s'est pas revu encore d'accord mais on a on a pas l'annonce a reparlé le mois dernier et voilà donc voilà ça reste C'est ça qui est hyper dur dans tout ça, c'est qu'il faut qu'on... C'est toujours l'humain qui est compliqué, et il faut qu'on travaille tous là-dessus, mais même si t'as la volonté de faire ça bien humainement, ça reste compliqué. Ça reste des embrouilles, parfois sur des détails, des trucs qui sont...

  • Speaker #1

    bon bref et qu'est-ce qui fait qu'entre l'arrivée en novembre et ton annonce publique en février c'est un temps de maturation c'est un temps de préparation moi j'aurais vraiment aimé que ça se fasse plus vite après

  • Speaker #0

    c'est des décisions stratégiques chez eux en interne de dire il faut qu'on retrouve quelqu'un donc ils ont fait un casting ils ont cherché qui pour me remplacer on a fait ça en bonne entente franchement ça s'est super bien passé et c'était très très bien et puis par contre il y avait un moment c'est sûr que ça aurait été mieux qu'on annonce genre à la fin du défi Atlantique ça serait idéal mais par contre il y avait ce côté, il fallait s'inscrire il fallait qu'Erwan s'inscrive d'un seul coup tout le monde se disait pourquoi il y a Erwan qui vient faire toutes les courses il voulait un peu Erwan le droulet qui avait ce côté qui terminait son contrat avec Massif et c'était un très bon timing et voilà ça restait aussi une sorte de filiation enfin oui c'est la même bande en guise clac là moi et erwan enfin on a tous fait même promo c'est vrai c'est la famille quoi donc donc c'était c'était top et non je pense que c'est ce qui était malheureux c'était juste le timing de devoir il devait annoncer ça rapidement parce que erwan devait faire des courses s'inscrire valider les trucs qui voulait valider des milles et donc en fait on a fait ça quand on était aux antilles et c'était je pense que c'était malheureux fois voilà alors on en vient aux fameux 15 février 2023

  • Speaker #1

    Donc, vous retrouverez le texte sur ton compte Instagram ou ton compte YouTube. Ou à la fin du livre. Et à la fin du livre, pardon, effectivement. Et sur ton site également. Bon, c'est un texte simple. Il est assez concret et assez direct. Ce ne sont pas des déclarations. Ce n'est pas le 18 juin.

  • Speaker #0

    Non, non.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui t'a poussé à faire une communication publique ? Qu'est-ce qui t'a poussé à la faire sous cette forme-là ? Et puis, emmène-nous à l'intérieur. le backlash qui arrive une fois que... Ah ouais,

  • Speaker #0

    ouais. Je trouve que c'est très intéressant parce que maintenant je suis au clair avec ça et je suis apaisé, on va dire. Je l'ai dit tout à l'heure en ouverture, j'ai toujours été transparent sur... Si ça a marché pour moi aussi, c'est parce que j'ai eu ce côté transparent, c'est de montrer... J'ai toujours tout montré en mini, même quand j'avais mal de mer, je le disais, j'ai fait plein de choses là-dessus. En gros, ça me semblait logique de dire pourquoi j'ai arrêté. Et c'est vrai que là, pour le coup, on avait une incompréhension avec Everial parce qu'eux, dans leur communiqué en interne, ils disent pour des raisons de... Personnelles ? Ouais, limite un truc comme ça, de dire... Ils ne veulent pas le dire, mais ce que je peux comprendre parce que...

  • Speaker #1

    C'est compliqué à gérer par un sponsor ?

  • Speaker #0

    Bah oui, c'est pas évident. Et je pense que je le rends public parce qu'il y a des gens qui m'ont suivi, il y a des gens qui m'ont... qui m'ont aidé, ça me semblait logique de leur donner une explication, je n'allais pas juste dire merci, au revoir, c'était bien. Non, je voulais, et je pense que mon texte, quand je l'ai relu, moi j'ai du mal à trouver l'agressivité, je ne vois pas où il est agressif, pour moi il dit des vérités, après peut-être qu'il y a certains mots qui sont peut-être un peu forts, peut-être plus d'autres que d'autres, quand je parle d'une coquille vide ou de choses comme ça, peut-être que oui, ça vient appuyer sur des blessures qui sont un peu plus ancrées, mais je je m'attends pas c'est vrai qu'au début je suis très surpris parce que une vague de soutien énorme c'est là où je voulais en venir paradoxalement il y

  • Speaker #1

    a beaucoup de critiques mais il y a aussi beaucoup de gens qui te soutiennent et aujourd'hui si on va sur ton compte Instagram là tu viens d'annoncer ton bouquin t'as une vraie communauté de fans il y a des gens qui me soutiennent ça les a inspirés c'est pas mal

  • Speaker #0

    Vraiment, le nombre de messages que j'ai reçus, alors, c'est ça qui est rigolo, c'est... ça vient de la jeune génération. Exactement. Des gens qui sont... C'était vraiment flagrant, si on veut faire un petit cas de média. Instagram, que des gens qui disent Ah ouais, trop bien, bravo, génial. Facebook, plus vieux, là, ça commence à s'embrouiller sévère. Et alors, Twitter, à l'époque, la porte des enfers, quoi.

  • Speaker #1

    Ça commence à être le cas.

  • Speaker #0

    C'était radical. Et en fait, ça s'associait bien à quel profil de personne, quel usage. Je... plus t'allais vers le mal blanc dominant 60 ans, chef d'entreprise, patriarche, plus ça devenait terrible, en fait. Et ça a été super dur. Et je pense que oui, j'ai fait l'erreur à un moment de commencer à répondre à des commentaires, de lire des trucs.

  • Speaker #1

    Never feed the troll.

  • Speaker #0

    Ah non, mais c'était terrible. Et je pense que, ouais, c'était... Mais tu vois, à l'opposé, le fait d'avoir eu un écho médiatique, de voir qu'il y a des gens qui sont dans les médias, que ça intéresse, Je me suis dit que ma démarche n'était pas complètement à côté de la plaque. Ce n'est pas moi qui suis dans mon monde et qui suis complètement fou. Donc là, à ce moment-là, je me dis Bon bah putain, là maintenant j'ai porté un rôle et oui, c'est comme quand tu es lanceur d'alerte, ça fait partie du jeu en fait.

  • Speaker #1

    Tu as réussi à te blinder ou ça t'a touché ?

  • Speaker #0

    Non, ça m'a touché. Je pense que ça m'a touché surtout dans le côté je l'ai découvert après, j'en parle c'est ce côté où plutôt que d'attaquer le message, on attaque la personne qui le porte. Et donc là, je ne sais pas comment font les vrais activistes écolos qui sont médiatiquement. parce que c'est l'enfer. Je veux dire, on va rechercher des archives, des trucs, des machins, et ah bah oui, ça, mais finalement, regardez, c'était son bateau, il est bien rentré en cargo la dernière fois. Enfin oui, mais je veux dire, il y a un moment, c'est des histoires de contexte, de timing, évidemment que je ne suis pas parfait, enfin je n'ai jamais dit. Non, et en plus,

  • Speaker #1

    le livre chronique bien ton évolution. Oui,

  • Speaker #0

    voilà, donc je n'ai jamais dit que j'étais parfait, loin de là. Donc sur le moment oui c'est hyper dur de voir la violence de certains trucs et en plus c'est vrai que le timing n'a pas du tout aidé puisqu'on devait faire la prise en main avec Erwan de faire la course à Antigua où c'était pareil c'était encore n'importe quoi, t'es au milieu des yachts, enfin je sais pas si t'as déjà été là-bas mais c'est n'importe quoi. Et donc oui forcément il y a une photo de moi qui suis en équipage aux Antilles et oui j'annonce que j'arrête mais je fais encore une régate. et enfin oui c'est sûr que ça a choqué enfin voilà depuis j'ai pas fait de regarde

  • Speaker #1

    et par contre d'un autre côté il y a des choses qui t'ont surpris il y a des gens qui t'ont envoyé des messages de soutien auxquels tu ne t'attendais pas est-ce qu'il y a eu des révélations dans un sens comme dans l'autre il y a eu plein de personnes

  • Speaker #0

    mais là encore quand j'annonce le livre je reçois des messages de personnes qui me disent moi je veux faire ça, je veux faire ça, comment je peux faire en fait tout le monde est tellement parfois avec l'envie de faire bouger les choses chacun est dans son coin, et en fait, dès qu'il y a quelqu'un qui médiatiquement incarne un peu une petite lumière, une porte de sortie, bah oui, tu te prends plein de messages, mais tu vois, c'est ce que je dis bien à un moment, c'est pas moi tout seul qui peux changer les choses, il faut qu'on se mette, c'est ce que je, vraiment, je milite pour ça, qu'on se mette autour d'une table, et c'est, on parle tout le temps de changement systémique, enfin je veux dire, c'est pas parce que tu vas, une personne va dire quelque chose que, enfin, c'est la conclusion de tous les chercheurs, de tous les gens, qui réfléchissent à l'écologie, c'est qu'ils n'ont pas la solution unique tout seul. Et la solution, elle passe par du collectif, elle passe par plein de monde. Et oui, ce qui est chiant, c'est qu'aujourd'hui, on ne sait pas comment faire, on est dans une période de transition où on est en train de déconstruire des choses, on est en train de déconstruire des normes. Et tous ensemble, c'est hyper dur de faire société parce qu'on n'a pas été éduqué pour ça. Tu vois, depuis que je disais, depuis qu'on est tout petit, on n'apprend pas à coopérer. On te donne des notes, et tu dois faire ça tout seul, et c'est comme ça. Et puis après, tu dois devenir propriétaire. Oui, je pose plein de questions, et c'est là où la sociologie vient. Enfin, ça c'est une phrase pour moi qui est fondamentale, c'est que la course au large c'est un reflet de la société. Et oui, moi j'étais dans la course au large, donc oui c'était l'endroit où je me suis attelé à essayer de faire changer les choses, et à essayer de faire bouger les choses, mais ce n'est qu'une conséquence, encore une fois, de la pyramide, où on est sur tout un socle de choses qu'il faut... les gens qui sont dans l'agroalimentaire, j'imagine bien qu'il y a des gens qui pètent des câbles avec ce qu'on fait. Quand tu sais qu'on jette 50% de la nourriture qui n'est pas utilisée, et qu'il y a des gens qui meurent de faim, c'est des trucs tout cons, mais tu te dis, là, il y a un problème. Et les gens qui commencent à être lanceurs d'alerte sur des trucs comme ça, ils se font défoncer aussi. Donc, ce que je veux dire, c'est que mon propos, il est bien plus large que juste la course. Et oui, là, je fais un témoignage sur la course au large qui... J'espère donner envie de bouger, d'avoir du courage, de dire qu'il y a des choses à faire. Mais la solution, je donne des pistes. mais je vais pas pouvoir l'incarner tout seul et c'est pas moi Stan qui vais changer la face du truc j'ai bien envie d'y mettre de l'énergie quand un jour j'aurai envie d'y retourner tu fermes pas la porte dans la dernière page du livre on voit bien que tu dis peut-être qu'un jour j'y reviens mais j'aime toujours aller sur l'eau on en revient à ce qu'on disait j'aime être sur l'eau, j'aime la sensation d'avoir froid d'avoir faim, de passer une nuit à la barre d'être crevé, de mal dormir en fait c'est un drôle de plaisir mais toi et moi et tous ceux qui écoutent ça on aime bien ce truc là et on sait pas pourquoi mais on aime bien si puisque c'est bon quand ça s'arrête mais voilà c'est quand c'est mais c'est ça et toi c'est cette sobriété quoi qu'on au final c'est fou de dire qu'on va chercher la sobriété mais qu'on se l'impose pas à nous mêmes de manière un peu plus encadré et humaine quoi fin

  • Speaker #1

    toi tu penses que tu as renoncé tu penses que tu n'es pas capable à toi tout seul ou avec d'autres de le changer de l'intérieur et donc tu as choisi de déserter le terme est fort mais il n'est pas connoté négativement dans le monde dans lequel tu es tu as préféré la désertion plutôt que le travail en ce temps quel est ton ton optimisme en matière de capacité du secteur à changer est-ce que tu es désespéré est-ce que tu penses Est-ce que comme moi tu penses qu'il faut essayer de voir le verre plutôt à moitié plein qu'à moitié vide est-ce que les choses bougent ?

  • Speaker #0

    Il y a beaucoup de choses qui bougent Pendant longtemps j'ai essayé de mener ce débat et qu'on organise ça avec la vague mais c'était très provocateur, c'était de dire la course au large mérite-t-elle d'être encore sauvée ? parce qu'en fait là nous on se bat pour essayer de la sauver très concrètement quand les gens nous disent vous êtes en train de scier la branche sur laquelle on est nous on n'arrêtait pas de dire non on est en train de se dire il ya une autre branche à côté la façon la branche sur laquelle on est elle est en train de se pourrir donc ça serait bien quand si vous voulez continuer qu'on aille saisir une autre branche c'est

  • Speaker #1

    ça c'est ça la démarche et et et je ne sais pas mike ma question c'était quel est ton degré d'optimisme sur la capacité à changer

  • Speaker #0

    Moi je suis convaincu que ça va se réguler de soi-même il y a un moment c'est l'exemple de la route du Rhum super exemple le départ, j'ai pas toutes les coulisses mais je suppute que c'est comme ça que ça s'est passé moi j'étais persuadé qu'ils allaient lancer le départ Parce que enjeux financiers, télé, médias, ce que tu veux, OcéSport qui quand même fait du business, book des croisières à gogo et compagnie. Derrière, moi le matin, on me dit, non mais les ultimes, là c'est quand même chaud, il y a eu des directives, je ne sais pas si c'est vrai, j'en sais rien, qui disent, en fait, c'est vrai, il y a quatre ans avant, ta banque pop qui se retourne, ça fout quand même un gros bordel. Est-ce qu'ils ont encore la capacité, tu vois, de jouer et de pouvoir casser des bateaux ? On se rend compte maintenant qu'ils sont quand même beaucoup plus prudents sur les départs et sur plein de choses. Et en fait, c'est cette capacité-là de dire, en fait, le risque de perdre de l'argent est trop grand, donc on va prendre une bonne décision. Et il y a un peu ce côté-là de dire, peut-être que l'économie va se restreindre par elle-même. Et là, aujourd'hui, on est encore open bar et il y a encore des budgets de partout. Le jour où, enfin voilà, encore une fois, pyramide, le jour où la société va un peu moins bien, que l'économie va un peu moins bien, est-ce qu'on aura encore de l'argent à mettre ? Autant pour financer des gens qui vont jouer et qui vont faire des transats au soleil et terminer en disant ouais c'était cool on a eu du soleil, excuse moi mais à quel moment ça passe encore dans une société où les gens vont peut-être avoir du mal à manger par exemple ? il y a un moment peut-être que ça va se limiter. Donc je pense qu'à ce moment-là, peut-être que les gens qui aiment être sur l'eau et qui aiment jouer et qui veulent en faire encore un métier, ils seront peut-être contents qu'il y ait des gens qui réfléchissent à se dire Ah bah c'est quoi la version low-tech de la course au large dans laquelle on s'amuse encore, dans laquelle il y a un modèle où on va gagner sa vie de manière décente et ça passe peut-être par encadrer les salaires, encadrer... Moi je milite pour un budget max. mettons un budget max sur des bateaux. Budget max, t'as un budget carbone qui sera en adéquation avec ça, en fait. Bon, là, aujourd'hui, je pense que...

  • Speaker #1

    Comment il est fin,

  • Speaker #0

    hein ? Ouais, mais tu viens tirer voir Gitana en leur disant le budget, ça sera 500 000 euros pour un bateau. Et ils vont te dire, mais non, c'est pas possible, parce que nous, on a... Enfin, tu vois, c'est toute cette question de la liberté, au final, qui est en filigrane, de se dire, parce que je peux faire quelque chose, est-ce que j'en ai le droit de le faire ? Quelle est ta responsabilité en tant que personne qui a du pouvoir Bon voilà, effectivement, à l'échelle de la société, aujourd'hui, t'as de l'argent, t'as le droit de faire ce que tu veux. C'est ça qui dirige nos vies. Et c'est, je pense, une grande source de problèmes. Et c'est comme ça. Donc à quel point je suis optimiste ? Je sais pas. Très honnêtement, j'ai l'impression qu'on va tirer sur la corde jusqu'au bout. Et comme dans la société en général. Et je pense qu'il y aura des initiatives de personnes qui vont faire des choses bien dans leur coin. et qu'on va les regarder comme des fous comme moi on me dit que je suis un peu fou et je pense qu'à un moment bas quand ça sera l'heure bas on dira ah bah ils étaient peut-être pas si con enfin c'était peut-être pas c'était peut-être un petit peu trop tôt peut-être que j'en étais en avance mais le jour où on aura moins d'argent pour faire ça bas on sera bien content de pouvoir continuer à jouer avec avec des bateaux et et ensemble enfin voilà c'est c'est ça qui est ce que c'est ça qui est beau c'est de se dire qu'on va sur l'eau ensemble enfin si bon voilà quand on a échangé par whatsapp pour préparer cette

  • Speaker #1

    cet épisode qui me dit d'accord mais à condition qu'on parle des choses qu'on peut faire concrètement pour faire changer alors je suis le père noël je te dis stan met en oeuvre les cinq principales propositions si vous êtes je m'en fiche du chiffre mais c'est que c'est quoi les deux les opérations concrètes qu'on peut mettre en oeuvre pour je ne sais pas quel est le terme du coup diminuer l'impact parce que ton propos est assez vaste il va de changer un système à le modifier on est dans une phase de transition à

  • Speaker #0

    toutes les échelles et donc oui concrètement c'est ça qui est dingue, c'est ça qui me rendait très fou à l'époque c'est de se dire que aujourd'hui si on voulait faire les choses bien il y a moyen de réduire le... Je le dis, tu veux réduire les émissions de 50%, tu fermes le village. Voilà. Tu ne mets pas de stand, tu ne mets pas de truc. Tu le réduis, le village. Tu fais une course circulaire, tu ne vas pas aux Antilles. La route du Rhum devient très vertueuse. Tout va bien. Après, est-ce qu'on a le courage de faire ça ? Là, ça reste dans la modalité. Ça reste dans l'adapter, essayer de faire rentrer les choses. Ce que je rêverais, c'est, je pense, qu'on arrive à à faire un vrai travail sur nous-mêmes et de se dire qu'est-ce qu'on vient chercher, pourquoi on vient le chercher. Et voilà, qu'on assume de se dire aussi qu'on vient flatter notre égo en faisant tout ça. Aujourd'hui, je ne sais pas, les courses que je regarde, elles ne me font plus rêver, moi. C'est ça qui est dur. Franchement, je pense qu'on l'a bien dit tout au long de ce podcast, j'ai rêvé de tout ça. Et aujourd'hui, ça ne me fait plus rêver. Souvent je me dis, mais j'ai l'impression, là, de le fait d'avoir décroché un peu des réseaux, d'avoir pris de la distance, tu me montrerais les ragots et les coulisses de jockeys qui font des tours de chevaux. pour moi c'est pareil et pourtant quand tu regardes ça alors j'ai rien contre les jokers, j'en sais rien mais ça me paraît lunaire qu'il y ait autant d'enjeux sur des chevaux, sur des trucs et tu te dis mais là en fait c'est pareil c'est un microcosme, tout le monde se regarde on est entre nous on dézoome pas et donc ce que j'aimerais c'est je pense juste que les gens élargissent un peu leur cercle de conscience et se ressaisissent de leur place qu'ils ont et surtout de la responsabilité qu'ils ont. Je veux dire, quand je te dis que moi, j'ai rêvé via certains modèles, bah putain, faites gaffe les amis. Moi le premier, j'ai été responsable et j'ai certainement fait rêver des gens. Et aujourd'hui, on voit où ça nous mène. les choix qu'on fait là, ils sont hyper forts, parce que les choix qu'on va faire vont déterminer toute une génération qui va arriver. Aujourd'hui, je ne suis pas... Tu vois, c'est ça qui est dur. Là, je suis revenu sur les pontons au départ de la transat CIC, j'étais à revoir, et oui, tu as encore des gens qui voient les bateaux avec des grands yeux, et ça, il faut qu'on le garde. Mais comment on fait pour... pour garder ce rêve tout en étant, comme je le disais, soutenable. Et là, il faut qu'on bosse collectivement et qu'on mette des règles.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas de solution toute prête ?

  • Speaker #0

    Non, il n'y a rien qui est tout prêt, je pense. Mais c'est ça qui est dur, c'est qu'en fait, pour moi, il y a un triangle qui est très bâtard, qui est entre les skippers qui n'osent pas faire des choses parce que je fais partie d'une classe, à la classe, elle est un peu codépendante avec un organisateur, les organisateurs sont un peu maqués avec les sponsors, les sponsors n'ont pas leur voix encore. Ça, c'est quelque chose dont j'ai discuté avec mon ancien sponsor. La voix des sponsors, elle n'existe pas trop. Aujourd'hui, ils sont contents de dire... il faut qu'ils rejoignent le modèle. Certains, comme des très gros sponsors comme Sodebo, vont quand même, je pense, faire un peu d'influence auprès des cours s'ils ont du levier. Mais il y a un moment, peut-être qu'il faudrait que chacun... Enfin, putain, imagine que tout le monde se mettrait autour d'une table en disant Mais qu'est-ce qui nous... Qu'est-ce qui nous fait vraiment rêver ? Quand nous on s'excite tous, ah tiens, telle paire de folles, tel machin, je pense que 95% des publics du Vendée Globe s'en foutent savoir si on a la dernière paire de folles. Eux, ils voient des gens qui partent sur l'eau, qu'on aille vite ou pas vite, et là c'est un discours que Bilou tient très régulièrement. On s'en fout, ce qui compte c'est les histoires humaines. C'est ce qui ressort d'ailleurs médiatiquement, les gens qui médiatiquement existent aujourd'hui.

  • Speaker #1

    tu vois c'est pas forcément celui qui gagne tu ne crois pas la régulation à la palla au pouvoir de la régulation c'est à dire les règles changent elles peuvent être imposées de l'extérieur de l'intérieur si mais encore faut-il avoir le courage de faire des règles ambitieuses fin quand les règles elles peuvent arriver de l'extérieur ça peut être le gouvernement ça peut être la fédération ça peut être une association de sponsors parce qu'encore une fois il y a deux niveaux dans ton discours et c'est pour ça que c'est intéressant mais c'est compliqué c'est que tu as un niveau changeons complètement le système c'est plus des courses il n'y a plus de monnaie économique donc c'est plus un secteur mais il faut poser la question

  • Speaker #0

    Voilà,

  • Speaker #1

    et il y a, gardons le système actuel, en le changeant et en le faisant, par exemple les courses circulaires, on a des choses qui seront très efficaces pour baisser l'impact, fermer le village c'est compliqué du point de vue du modèle économique, mais par contre, le rendre, rendre toute la restauration végétarienne, ça diminue de

  • Speaker #0

    10%. Ça demande du courage de faire ça, ça va bousculer les gens.

  • Speaker #1

    Oui, mais du coup... du coup je me suis perdu à mon temps je discutais des deux niveaux de discussion et du coup la régulation elle peut faire ça, elle peut dire vous n'avez plus le droit qu'à une paire de folles alors qu'aujourd'hui c'est Open Bar,

  • Speaker #0

    vous n'avez plus le droit qu'à X ça je pense que c'est en train de venir on a des discussions avec des politiques qui subventionnent certaines grandes courses et en fait ils sont en train de se poser la question de se dire comment, ok on donne de l'argent public et comment on fait pour que ça soit on parle de la région Bretagne là j'ai rien dit il mentionne la vague aussi je fais la spécialisation mais il y a un moment c'est quand même intéressant de se dire que il y a un moment il y a un spectacle qui est quand même public qui est en train de se faire privatiser par quand même certaines grandes marques est-ce qu'on est d'accord avec ça ? et comment effectivement si d'un seul coup la région Bretagne dit nous on veut telle règle et bien là je pense qu'il va falloir c'est par la contrainte qu'on peut faire des choses donc ça oui j'y crois mais il y a un moment il faut juste un peu de courage un peu plus que de dire comme la classe IMOCA, là c'est un tacle gratuit, mais réduire de 15% les émissions de gaz à effet de serre sur des bateaux neufs, c'est encore une fois, là on est juste, déjà c'est pas assez ambitieux, parce qu'il faut baisser de 50%, et en plus... c'est que de la modalité. Il y a un moment, peut-être qu'il faut arrêter les bateaux neufs, tout simplement. Et il faut peut-être se dire, OK, un bateau, quand il est construit, il dure 20 ans. Peut-être qu'Antoine Mermaux ira me contredire en disant qu'il y a des bateaux, que c'est la classe où il y a les bateaux les plus anciens qui courent encore. Très bien, mais faisons qu'il y ait des règles qui n'encouragent pas. Je trouve que c'est en train de changer, ça, je crois. Je n'ai pas suivi tous les derniers détails. Mais de se dire que bateau neuf égale place assurée, excuse-moi, c'est juste un appel du pied énorme.

  • Speaker #1

    pour booster la piste donc on fait allusion aux règles de qualification de vendeur de l'oeil Il y avait 13 bateaux, les 13 premiers bateaux neufs construits, il y en a eu 14, les 13 premiers bateaux sont qualifiés d'office, enfin sont sélectionnés d'office pour le Vendée Globe.

  • Speaker #0

    Mais Seb Marcier m'avait dit que c'était plus le cas, mais je ne sais pas si ça a été acté.

  • Speaker #1

    Je ne connais pas les règles du Vendée Globe de 2028 encore, mais effectivement, c'était... En tout cas, il y avait débat sur le sujet. Mais même chose, je pense que la conception des règles et la perception d'aujourd'hui ont déjà changé. Et ça change très très vite. Une dernière question. Stan, il... le temps file c'est quoi ton nouveau projet ? tes nouveaux projets ?

  • Speaker #0

    écoute tout à l'heure je disais ça en parlant de Timothée Parry à quel besoin répond la course au large ? moi je me suis beaucoup posé la question et oui j'ai été extrême en me disant que pour moi elle répondait à aucun besoin si ce n'est raconter des histoires moi ce que j'ai toujours fait au final quand je regarde ma vie dans ce bouquin ou ailleurs c'est que j'ai toujours essayé de raconter des histoires j'ai toujours pour le coup j'aime aller sur l'eau ça je le maintiens, j'aime aller sur l'eau et donc en fait oui, est-ce que j'ai vraiment besoin d'être sur un bateau de course pour raconter des histoires et être sur l'eau ? aujourd'hui je ne crois pas donc en gros là aujourd'hui je me dis que typiquement je ne suis pas le seul je m'inscris dans un courant de pensée d'écologistes et d'activistes qui disent que Il y a un moment, oui, toute la discussion qu'on vient d'avoir, tu me demandes des choses concrètes, et c'est très très dur d'accoucher de tout ça, parce qu'en fait on ne l'imagine pas et on ne le visualise pas. Quand on a eu dans les années 60 des gens qui ont fait de la science-fiction, qui ont imaginé des téléphones, qui ont imaginé des téléportations, d'un seul coup, ton imaginaire te disait Ah oui, dans 50 ans, dans 100 ans, il y aura des voitures qui volent, il y aura des trucs...

  • Speaker #1

    Mais là, aujourd'hui, on ne sait pas.

  • Speaker #0

    On ne sait pas le faire. Et en fait, on a besoin de créer des imaginaires et de les visualiser. Et donc moi, je me dis, je sais... je flatte mon égo mais je pense que je sais quand même raconter des petites histoires, je sais mettre en scène des choses aujourd'hui j'ai l'impression que le propos qui me tient à coeur c'est de montrer que oui, la nature est belle, l'océan est beau il faut le défendre, il faut le protéger et en même temps on a besoin de rire, d'avoir des histoires humaines et donc là moi je pars avec ma copine on monte une expédition artistique, cinéma et musique et on part sur un bateau et on a pour ambition de d'inventer, de mettre en scène des modèles différents. Je ne sais pas si tu suis un peu, par exemple, le Lotec Lab, quand il fait sa bios.

  • Speaker #1

    Il vient de quitter les océans pour s'enfermer dans un appartement à Paris.

  • Speaker #0

    C'est hyper challengeant.

  • Speaker #1

    En gros, il a fait un tour du monde quasiment sur un catamaran, dans lequel il avait mis en œuvre ces fameuses Lotec. Et là, il veut reproduire cette mécanique, cette expérimentation en ville, dans un appartement à Paris.

  • Speaker #0

    voilà bon lieu parisien à boulogne donc c'est hyper intéressant et tu vois leur approche c'est de dire on va faire des documentaires on va on va documenter faire des tutos des tout ça il ya un moment tu vas faire un dos prendre le temps comme j'ai pu le faire moi à une époque de lire des rapports d'aller regarder des documentaires des conférences en fait c'est pas drôle C'est pas drôle du tout. Et tu te mets dans un truc un peu, effectivement, qui est un peu dark, à un moment, de se dire, oui, en plus, l'algorithme est bien fait, on vient t'alimenter que de choses qui viennent nous faire ce truc-là. Et bien, en fait, de se dire, en fait, là, imaginons que moi, je crée du contenu, des petits courts-métrages, des petites vidéos qui sont drôles, qui sont humaines, où il y a des histoires sympas. Optimistes. Optimistes. Et en fait, le décor dans lequel ça se passe... et ben en fait on montre qu'il y a des choses qui sont bien. Si ça se trouve dans un de mes films je vais mettre en scène une course du futur de bateau. Tu vois ça ça m'intéresserait de me dire ok on va pas, peut-être que j'ai pas toutes les codes mais on va peut-être aller à l'extrême. Mais d'un seul coup je te montrerai un film. tu te dis mais attends, mais qu'est-ce qu'ils font ? Pourquoi ils le font ? C'est quoi ? Attendez, ils passent la ligne, mais pourquoi ils ne débouchent pas du champagne ? Ah bah parce que peut-être que le champagne est précieux et que c'est quand même bien de le boire et de faire attention à plein de choses. Peut-être qu'on ne va pas récompenser que les trois premiers. De mettre en scène un peu tout ça. Donc ça, c'est ça qui m'anime un peu. Et à côté de ça, je réfléchis. Je te dis, je garde dans un coin de ma tête l'idée de réinventer à un moment la course. Mais à chaque fois j'ai l'impression que je fais un appel du pied et que je reçois des gens qui viennent ça, mais même j'ai pas envie de l'incarner tout seul en fait, il faut que ce soit collectif. Et là, ce qui serait cool, ce serait que les gens qui aujourd'hui font ce métier, s'ils ont un peu... conscience que au final ce qu'ils sont en train de faire aujourd'hui aura un impact sur la future génération de skippers et celle d'après. Donc en gros s'ils veulent faire ça bien, ça serait cool qu'ils se motivent un peu à réfléchir à... à brainstormer, ça n'engage à rien juste imaginer les choses qu'on mette des mots là-dessus, de se dire ok on aime être sur l'eau, on aime régater, on aime jouer peut-être que moi ce que je dis d'arrêter le classement c'est peut-être un peu radical mais peut-être que dans cette phase de transition peut-être que dans 200 ans, oui il n'y aura peut-être plus de classement et on sera tous des yogis enfin je ne sais pas, toi avec une vision différente mais je pense que ça mériterait l'effort enfin en tout cas, ce que j'ai envie de dire c'est que si les gens ont un peu de de respect aussi pour l'océan et pour leur passion, ça serait cool qu'ils... Je sais à quel point c'est chronophage, à quel point c'est un tunnel et c'est dur de faire un petit pas de côté, mais ça serait cool qu'ils pensent aussi aux autres. Il y a ce côté-là de dire pensons aux générations futures. Là, aujourd'hui, tout le monde tire pour soi. Si tu penses un peu au futur et aux autres ou à la nature en général, là, on n'est pas dans la bonne direction.

  • Speaker #1

    c'est le mot de conclusion merci beaucoup merci pour ton temps le livre si vous souhaitez le lire sort le 6 juin la semaine prochaine réduire la voilure peut-être pour renvoyer un riz plus tard on verra peut-être mais c'est souvent qu'on prend un riz on continue on continue d'avancer tu vois souvent ça se passe bien et c'est plus équilibré il y a des allures même où c'est plus rapide que Grand Bois-L'Hôte voilà merci beaucoup Stan merci pour ton temps et puis à bientôt pour de nouvelles aventures salut

Description

Ils ne sont pas si nombreux que ça à accorder leurs paroles et leurs actes, au point de se retirer bien avant l'heure de la retraite. Stan Thuret est de ceux-là, et quand il a renoncé à la course pour raisons écologiques et l'a annoncé le 15 février 2023, à 36 ans, cela a fait du bruit. Beaucoup. Et les réactions ont été violentes.


Pourtant, le "cinéaste-navigateur" ne trustait pas les podiums et sa carrière avait été courte ; mais il faut croire - c'est son hypothèse - qu'il avait "appuyé sur une blessure bien réelle", en soulignant que "l’urgence climatique et l’effondrement de la biodiversité sont incompatibles avec la manière de vivre de la course au large et la compétition".


Il a grandi loin de la mer, dans un petit village du Val d'Oise, et n'approche l'océan qu'épisodiquement, en vacances, sur le dériveur familial. Il travaille déjà dans le cinéma quand il approche, au début des années 2010, le monde des ministes et plonge dedans, en achetant un bateau en 2014. Trois ans plus tard, il boucle sa Mini-Transat et déjà, le milieu a repéré ce personnage sympa et drôle, qui produit des vidéos décalées. Mediaman pour Conrad Colman, Yves Le Blévec, il fait son trou et succède début 2019 à Clarisse Crémer à la tête du projet Everial, d'abord en Figaro puis en Class40.


Mais déjà, une dissonance s'installe entre sa passion de la navigation en course et ses convictions environnementales, de plus en plus solides. Dans son livre Réduire la voilure (Robert Laffont), qui sort le 6 juin, Stan Thuret ne cache rien de ses paradoxes, qui l'amènent à rentrer dans la carrière tout en se posant une foule de questions.


Des questions qui l'amènent, à l'issue de la Route du Rhum 2022, à trouver une réponse claire : pour lui, il n'est pas possible de changer les choses de l'intérieur, alors il faut avoir le courage de "déserter" les courses à la voile, et d'y renoncer, tant qu'elles ne sont pas durables.


Car il le rappelle en guise de conclusion : "J’espère revenir un jour à la course au large, quand elle aura retrouvé son équilibre."


Diffusé le 31 mai 2024

Générique : In Closing – Days Past

Post-production : Grégoire Levillain


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Si vous suivez la voile de compétition, le nom de Paprec, premier acteur du recyclage en France, vous est forcément familier. Sponsor depuis deux décennies de marins engagés dans les plus grandes courses, Paprec est désormais aussi partenaire principal de la Solitaire du Figaro et de la Transat en double Concarneau-Saint-Barthélemy, rebaptisée Transat Paprec, une Transat qui va se courir en double mixte. L'entreprise n'investit pas dans la voile par hasard, c'est le fruit d'une tradition familiale. Jean-Luc Petit-Huguenin, le fondateur, découvre la voile sur un First 235. Sébastien, son fils aîné, directeur général du groupe, le convertit à la course. Faitant même ses 40 ans en participant à la solitaire du Figaro en 2018. Mais si Paprec s'affiche aujourd'hui dans la voile de compétition, ce n'est pas qu'à cause de la passion des patrons, c'est aussi parce que les valeurs de la course font écho à celles du groupe, la ténacité, l'humilité, l'adaptabilité. Des qualités indispensables, à terre comme en mer. Bonjour,

  • Speaker #1

    vous écoutez Into the Wind, le podcast des marins qui font des phrases. Into the Wind est produit par Tip Shaft,

  • Speaker #0

    le média des professionnels et des passionnés de voile de compétition. Tip Shaft, ce sont deux newsletters hebdomadaires, en français et en anglais, des podcasts, des événements, des formations, ainsi qu'un festival de films et un studio de production de contenu que vous pouvez retrouver sur tipandschaft.com. Je suis Pierre-Yves Lautroux et je vous souhaite la bienvenue dans ce nouvel épisode d'Into the Wind.

  • Speaker #1

    Bonjour Stan Thuray !

  • Speaker #2

    Salut Pierre-Yves !

  • Speaker #1

    Merci beaucoup de nous recevoir puisqu'on est à Concarno. Alors on n'est pas chez toi, mais on est dans ta base arrière, ton camp de base. On est chez Kairos, chez Roland-Jordain.

  • Speaker #2

    C'est l'endroit où j'ai grandi. C'est l'endroit où il s'est passé beaucoup de choses pour moi en termes nautiques et en termes humains surtout.

  • Speaker #1

    Tu vas nous expliquer un petit peu. Cet endroit est donc particulier. C'est le camp de base de beaucoup d'expéditions. Je pense que c'est une boîte, un fonds d'otation. C'est pas mal de choses à la fois. Et c'est un lieu avec un esprit, me semble-t-il. qui te correspond assez bien. Merci de nous recevoir pour ce nouvel épisode d'Into the Bin qui va être un petit peu particulier, c'est ce qu'on était en train juste de se dire avant de lancer le registrement, parce que ta carrière maritime, au sens strict du terme, est assez courte. Mais on ne va pas parler que de carrière maritime, on va parler de la course sur l'argent général et de ce secteur qui t'a attiré et puis qui t'a repoussé ou que tu as repoussé, c'est ça qu'on va essayer de comprendre un petit peu. Et on est là parce qu'en fait, alors tu es sur mes tablettes depuis assez longtemps, il se trouve que tu sors un livre, malgré ta jeunesse, tu sors un livre chez Robert Laffont un grand éditeur donc c'est pas du tout un petit fanzine que t'as fait dans un coin c'est un vrai livre sérieux qui fait quasiment 300 pages un peu plus de 250 pages qui s'appelle Réduire la voilure et c'est pas un tuto pour savoir comment prendre un riz et c'est pas un tuto pour savoir comment prendre un riz c'est un livre extrêmement intéressant que j'ai lu hier soir rapidement mais que j'ai lu en ancien et qui est le récit d'une dissonance j'ai beaucoup aimé ce mot là qui vraiment dit bien ce que ça veut dire c'est que toi qui est musicien et qui baigne aussi dans cet univers, tu vas nous en parler un petit peu aussi, d'une dissonance entre peut-être une musique que tu avais dans ta tête quand tu t'es lancé dans la voile et dans la voile de compétition et qui au fil des temps ne résonnait pas de manière synchronisée ou coordonnée, je ne sais pas quel est le terme inverse de dissonance, mais en tout cas a fini par dissonner avec ta petite musique intérieure à toi, puisque si les gens qui nous écoutent ne le savent pas encore, en février 2023 tu as... communiqué pour dire que tu arrêtais la course au large pour des raisons écologiques. Forcément, ça a fait du bruit, ça a dérangé, ça a convaincu d'autres gens, et c'est tout ça dont on va parler. Et ce livre-là, Rayon la voilure, c'est ce que je te dis aussi juste avant qu'on ouvre l'enregistrement, ce livre vient développer sur 250 pages ce que tu as dit en un post Instagram. Forcément, c'est beaucoup plus riche, c'est beaucoup plus subtil, et c'est extrêmement intéressant. et bien ma première question elle est toute simple et on va faire on va essayer de suivre le même schéma que les épisodes d'Into the Wind c'est à dire l'actu immédiate toi c'est la sortie du livre qui sort le 6 juin et puis on refera ton parcours qui est singulier parce qu'en plus d'avoir été navigateur t'as été ou t'es encore cinéaste ouais t'es toujours cinéaste navigateur ouais toujours cinéaste navigateur voilà donc voilà je pense qu'on va avoir à faire un épisode original mais qui va être comme d'habitude très très riche comment, t'as pas 37 ans, t'as 36 ans ?

  • Speaker #2

    J'ai 36, j'ai à avoir 37 à la fin.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est ça. Comment à 36 ans, après 8 années de carrière, je me mets plein de guillemets, dans la vague de compétition, on en vient à faire un livre pour raconter à la fois son parcours et puis la sortie de ce monde. Alors raconte-nous comment tu deviens, alors qu'en plus d'être cinéaste et navigateur, tu es devenu écrivain.

  • Speaker #2

    Alors, il paraît qu'on devient écrivain que quand on a écrit deux livres. Donc pour l'instant, je ne suis pas encore un vrai écrivain. Je pense que j'ai fait la découverte effectivement. du temps long, de la réflexion, de se poser les questions, de savoir aussi pourquoi on fait les choses. Moi, c'est vraiment, je pense que c'est la première fois que je fais un podcast pour parler du livre, donc je suis très heureux.

  • Speaker #1

    Je suis la première date de la promo.

  • Speaker #2

    Je suis très heureux. Et en plus, tu vois, je pense que quelque chose qui me touche, je dois avouer que ça m'a caressé l'esprit à un moment de te contacter pour faire ça, parce que tu vois, je sais que tu es le média qui est le plus écouté par les marins en eux-mêmes. Et effectivement, je pense qu'il y a une partie de moi qui... Ce n'est pas que j'ai voulu me justifier dans ce livre, mais j'ai voulu sortir justement du jugement. Parce qu'en fait, je pense que ce qui est hyper dur, c'est qu'il n'y a pas de bonne manière... C'est Camille Etienne qui fait la préface de mon livre, qui est une activiste que peut-être tous les marins ne connaissent pas, mais qui est quand même très engagée. Et elle fait ce parallèle en disant comment on fait quand on apprend à quelqu'un que le Père Noël, il n'existe pas. forcément c'est désagréable forcément c'est pas cool de dire à un enfant que le père noël il n'existe pas et il n'y a pas de bonne manière de le faire et je pense que oui moi je me suis trouvé dans une posture où j'ai dû je pense et j'espère que ça transparaît dans le livre que j'ai été le plus honnête du monde dans ma démarche parce que comme tu le dis je me sentais plus bien et plus à ma place j'étais plus en harmonie c'est l'harmonie et donc en fait moi j'ai mis les mots que je pouvais là dessus Et en fait, depuis le début que je faisais du bateau, que j'ai commencé en mini et tout ça, Ça a été une constante chez moi de toujours... Parce que je fais partie de cette génération qui a... Tu vois, je pense que j'avais 20 ans quand Facebook est arrivé en France. Ça, c'est un autre sujet. Les réseaux sociaux, ça baigne autour de tout ça. Mais j'ai toujours raconté tout ce qui m'est passé par la tête. Si les gens remontent mon actu depuis 2014 en mini, j'ai toujours été transparent et j'ai toujours communiqué sur mes émotions, sur ce que je faisais, pourquoi je le faisais. Donc moi, pour moi, le jour où j'arrête la course au large, Ça me semble logique d'expliquer pourquoi je le fais.

  • Speaker #1

    je ne vais pas juste dire salut j'arrête enfin j'aurais pu mais ce n'était pas ma démarche depuis le départ mais de le faire sur cette forme là on est en France donc il y a un peu statutaire dans le livre le livre mais du coup c'est

  • Speaker #2

    un autre travail c'est un travail de longueur c'est un travail qui se fait avec un éditeur qui a dû dire une éditrice qui m'a contacté une semaine après mon post sur Instagram qui m'a dit est-ce que tu as d'autres choses à raconter parce que bah Moi ça me parle, ça me touche, je pense que c'est un sujet de fond, la place du sport dans notre société, comment on fait pour... Enfin là on est bien placé en ce moment avec les JO, il y a quand même pas mal de polémiques autour des JO, on va pas se mentir, et c'est des questionnements qu'on se pose de plus en plus, et là en fait, effectivement, vu que... à ce moment-là, j'étais déjà dans une bonne vague, une bonne déferlante de commentaires un peu agressifs sur les réseaux. Je me suis dit, bah oui, là, il y a plein de choses auxquelles je n'ai pas pu répondre et que je n'ai pas pu développer dans un petit post Facebook. Donc, bah ouais, c'est peut-être intéressant pour moi d'essayer de comprendre quel était mon cheminement de pensée avec, je pense, l'arrière-pensée de me dire, je ne vais pas essayer de convaincre les gens.

  • Speaker #1

    il est sous-titré d'ailleurs récit c'est pas un essai c'est pas une analyse c'est le récit de ta vie et en particulier de ta dernière audio-rom entre coupée de flashback c'est ça je vais spoiler un peu et du coup surtout on comprend la

  • Speaker #2

    montée en puissance de cette dissonance après je pense que à la fin dans les deux derniers chapitres j'essaye de proposer et pour moi c'est hyper important de montrer qu'en fait enfin ça a été très ce qui a été dur pour moi c'est vraiment ce côté genre t'es en train de flinguer le milieu, tu coupes la branche t'es hyper violent alors qu'en fait moi depuis et pourtant tu vois Ça fait depuis 2020 qu'avec l'association La Vague, on essaye de faire des choses. Je pense qu'on est force de proposition. Ok, on dénonce, mais ça fait partie du jeu. Notre rôle, c'est de poser des questions. Et à côté de ça, j'espère que dans le livre, on termine en se disant qu'en fait, on a tout en main. Il suffirait juste qu'on se mette tous d'accord pour mettre des règles. Parce qu'en fait, on a tous envie de jouer. On a tous envie de s'amuser. On aime tous aller sur l'eau. C'est ça. après il faut que ça reste soutenable et aujourd'hui je suis désolé mais la voie que ça prend le routage il est pas bon quoi alors on va y venir un jeu la première question était sur le livre et sa gestation combien de temps tu t'as fait parce que parce que il ya du travail tu as dû ramasser ta pensée le travail de l'éditrice ouais ouais il ya eu trois mois d'écriture trois mois d'écriture et après on a fait du ping pong en relecture pendant trois mois quelque chose comme ça et c'était hyper intéressant Qu'est-ce que t'as pensé de l'exercice de style ? Moi j'étais plus dans l'écriture de scénario des écritures plus terre à terre qui décrivent des choses et là moi j'ai bien aimé de dire effectivement c'est assez spécial quand tu te rends compte qu'en fait t'es en train de répéter plein de fois la même chose et tu te dis bon bah allez c'est comme un montage vidéo c'est de dire bon bah allez on va à l'essentiel on fait synthétique et on essaie de résumer la pensée et j'espère que je sais pas ce que t'en as pensé mais je pense que même s'il y a 272 pages je pense qu'on est quand même assez concis et que ça s'est segmenté ce qui compte c'est pas le nombre de pages c'est la taille de la police c'est

  • Speaker #1

    assez classique Et qu'est-ce que tu as pensé de l'exercice intellectuel ?

  • Speaker #2

    Moi, ce que j'ai adoré, c'est effectivement, je pense qu'il y a un vrai côté thérapeutique, on en parlait juste avant, parce que de se faire un dézoom sur sa vie et de se dire, ben voilà... Moi, pourquoi en 2013, je me dis, j'ai envie de faire la mini, j'ai envie de faire du bateau, d'où ça vient ? Ça, c'est vraiment une question fondamentale qui, je pense, traverse mon livre, de dire, comment se construisent les rêves, en fait ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment, quels sont les déterminismes qui se sont mis en place ? Quelles sont les expositions auxquelles on a été confrontés qui font qu'on se dit, ah, parce qu'on parle toujours, aller au bout de ses rêves. Enfin, je pense que chaque projet bateau parle de rêve. Et heureusement, parce qu'effectivement, la mer est un des rares espaces encore où... Ou encore, ça fait rêver en fait, l'horizon fera toujours rêver, c'est ce que je dis quand tu vas voir n'importe qui et que tu dis je vais traverser l'Atlantique en solitaire, en général dans les gens tu as une petite étincelle qui s'allume, et ça il faut la garder cette étincelle, mais par contre c'est... qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? Comment on fait pour que ça devienne quelque chose de durable dans le temps ? Parce qu'on a envie de continuer à jouer, tu vois. Et moi, le premier. Et je me suis vraiment posé cette question-là, de me dire d'où est venu mon rêve et pourquoi à un moment, il est venu se heurter à une réalité scientifique d'abord, puis même sur le plan social. Enfin, je veux dire, là, on parle d'écologie, mais tu vois, à la postériorité, je me dis, le post Facebook, quand j'annonce que j'arrête, C'est pas que pour raisons écologiques, c'est pour des raisons aussi d'ordre moral, d'ordre philosophique, d'ordre social aussi, parce que tu dis, il y a un moment...

  • Speaker #1

    Voir sociétal.

  • Speaker #2

    Ouais, sociétal, parce que... et je pense que j'ai fait... Tu vois pendant la route du Rhum, j'ai embarqué un livre avec moi, c'était Ralentir ou périr de Timothée Parry, qui est un économiste qui essaie de penser la post-croissance.

  • Speaker #1

    C'est même un économiste de la décroissance.

  • Speaker #2

    Il parle de décroissance, c'est son sujet, mais la décroissance pour lui, qu'on le veuille ou non, on est dedans et ça va faire que réduire. On le voit déjà un peu aujourd'hui, tous nos budgets sont… enfin tout est en train de se contracter. Donc en fait ce qu'il faut c'est imaginer ce qui se passe après. vraiment hanté la dernière année, c'était à quel besoin répond ma pratique ? Enfin, je veux dire, si tout un chacun, chacune, on se posait la question, à quoi ça correspond ? Est-ce que, tu vois la fameuse question que tout le monde posait pendant le Covid, qu'est-ce qui est essentiel, qu'est-ce qui est non essentiel ? Ah bah moi sur le moment je me suis dit bah là qu'est-ce que je suis en train de faire ? Qu'est-ce que, si ce n'est en plus tu vois une ère médiatique de vouloir flatter son égo, de se poser des questions, pourquoi on fait que se comparer aux autres, pourquoi on est influencé, il y en a un qui fait ça, ah bah tiens moi je veux le même bateau, ah bah lui il va faire ça, tel... Et c'est un peu dur en fait de se faire l'analyse sur soi-même, de se dire, pourquoi je veux faire du bateau ? Pourquoi ? Je pense que je me suis posé clairement la question, pourquoi j'avais ce moment, cette envie de traverser l'Atlantique ? Pourquoi je l'ai dû la faire en course ? Pourquoi je n'ai pas été prendre seul un petit bateau et puis le faire ? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, j'ai fait ça ? Bah je pense que j'y suis.

  • Speaker #1

    Baluchon quoi.

  • Speaker #2

    Ouais, mais Baluchon, alors Baluchon là j'étais... du coup je passe pas mal de temps il faut m'expliquer pardon oui oui Baluchon c'est un petit bateau qui fait 4 mètres et Yann Kenney et son skipper incroyable incroyable c'est vraiment c'est même pas décroissant c'est minimaliste quoi ouais et il va faire un tour du monde et il repart et j'étais à un festival qui s'appelle Into the Blue à Bruxelles qui est super sympa et c'était radical on passait de son film à lui à celui de Thomas Ruyant Et dans la salle, tu peux vraiment voir que les gens étaient enthousiastes et portés de rêve en voyant ce petit bateau. Alors qu'à la vision du film de Thomas, tout le monde regardait genre, ah mais c'est ça votre sport ? Mais c'est horrible, ils rigolent pas, ça a l'air dur. Et tu te dis, mais attendez, si c'est déjà dur pour nous à bord, si c'est... Et en plus, tu vois, on est là à sourire, à faire des selfies, ouais, tout va bien, tout va bien, alors qu'on en chie, quoi. Tu te dis, il y a un moment, c'est... ça a d'autres vertus aussi tu dis notamment que la compétition c'est l'effort et que l'effort par contre tu veux le garder l'effort il faut le garder heureusement et c'est ce que je dis je me suis vraiment à un moment questionné beaucoup sur la compétition et pourquoi j'ai été faire la mini plutôt que juste prendre un petit bateau et traverser je pense que ce qui est a posteriori moi ce que j'ai adoré dans la mini c'est les échanges c'est tout le cheminement c'est complètement bateau ce que je dis mais c'est au final la mini transat c'est bien c'est presque anecdotique en fait c'est tout l'apprentissage que tu vas faire sur le long terme, moi tu vois j'ai mis 3 ans avant de faire ma mini et ces 3 ans là, ils ont été plus enrichissants que la transat en elle-même le chemin plutôt que le...

  • Speaker #1

    revenons au livre une dernière fois est-ce que d'avoir réfléchi d'avoir dû mettre mort sur blanc ce que tu pensais, d'être revenu sur le chemin justement est-ce que ça t'a apporté quelque chose est-ce que ça t'a fait progresser est-ce que t'as... T'as compris des choses ? Est-ce que ça a ouvert des portes ?

  • Speaker #2

    Ah ça m'a... Ouais je pense que ça m'a ordonné ma pensée. Je pense qu'aujourd'hui je suis à même de répondre, pas à toutes les critiques, mais ça m'a mis aussi dans une posture où je me suis vraiment dit... Tu vois ce qui était très dur pour moi dans la période de l'année dernière, c'était qu'on m'a dit, voilà t'es dans le jugement, t'es moralisateur, tu penses être mieux que tout le monde. Bah non, en fait, voilà, moi j'ai construit mon raisonnement via des lectures, via des rencontres, via plein de choses, et oui, j'ai ma vision du monde et ma vision du sport, toi t'as la tienne, celui ou celle qui est en train d'écouter, il a la sienne, et c'est ok. Par contre, après, ce qu'il faut... enfin voilà, si on doit argumenter, moi j'ai... Je dois avouer que j'ai eu le travers, je pense, l'année dernière, de beaucoup répondre aux commentaires, de m'agiter un peu sur des groupes WhatsApp, et en fait, c'est pas la bonne place, et tu vois, il y a un moment quand... Quand on veut faire un vrai débat, c'est ce que je disais à un moment à des gens, je leur disais, mais si vous voulez débattre avec des équations, vous pouvez y aller. Mais vous ne pouvez pas venir avec une opinion de me dire 2 plus 2, ça fait 5. Et moi, je crois vraiment que 2 plus 2, ça fait 5. Non, ça fait 4. Et on ne peut pas mentir avec ça. Donc, il y a un moment où il y a une réalité physique et scientifique. Et ça, j'ai appris qu'en fait, la seule chose qu'on peut faire, c'est faire de la maïeutique, donc de l'accouchement d'idées. Moi, le livre, il est là et maintenant, il existe. J'ai donné des billes. Si les gens ont envie d'aller, j'espère, apprendre quelques chiffres, quelques histoires, tant mieux. Et puis, je pense que ce qui est plutôt cool, c'est le témoignage. Je me suis rendu compte parce que je suis intervenu dans quelques petites conférences. Et c'est rigolo de voir que ma décision... elle résonne dans d'autres milieux, que ce soit professionnel dans des grandes entreprises, que ce soit dans le milieu de la montagne, ça fait des passerelles. Et en fait, je pense que le fait de raconter une histoire personnelle, même si les gens ne connaissent rien à la voile, ils y projettent de l'affect et des choses, et de se dire, ah oui, il se passe ça, moi ça résonne comme ça chez moi. Donc ça, ça m'a beaucoup apporté de me dire, ok, sortons de la posture de vouloir convaincre, je ne suis pas là pour convaincre. et partageons le chemin et puis une chose qui m'a aussi touché c'est le côté attends je me suis vraiment perdu c'est pas grave dernière question sur le bouquin qu'est-ce que t'en attends ?

  • Speaker #1

    un débat plus apaisé d'autres gens qui viennent te dire tiens mon chemin à moi il est pas loin du tien ou une nouvelle vague j'espère vraiment pouvoir inspirer des gens pour

  • Speaker #2

    moi aujourd'hui il faut qu'on déserte il faut qu'on soit de plus en plus nombreux à avoir le courage de dire parce qu'en fait la réalité de ma vie depuis un an c'est qu'à chaque fois que je rencontre des gens de la course au large Mais quasiment tout le monde est con. Ok, ils n'ont pas été d'accord avec la manière. Ça a choqué, parce que... Ah oui, c'est ça que je voulais dire. C'est que j'ai compris aussi, le fil que j'ai perdu, c'est que j'ai compris en écrivant ce livre que pourquoi il y a eu un écho à un moment qui a fait un mini-buzz, c'est qu'en fait, il y a une réelle problématique, et le fait d'un seul coup de mettre des mots sur une blessure que tout le monde... On l'a tous un petit peu, globalement, on sait qu'on n'est pas droit dans nos bottes, qu'il y a un truc qui est un peu bâtard de dire, l'océan, on protège, etc. Mais en fait... Il me faut quand même une nouvelle GV, il faut quand même que je construise un nouveau bateau. On n'est pas clean en fait, et ça je pense que tout le monde le sait. Et donc en fait, malgré moi, je suis venu appuyer sur un truc qui fait mal. Et la réalité c'est que si ce que j'avais dit ne se dérangeait pas... et ben enfin si ça y est il y aurait pas eu de réaction là le fait qu'il y ait une réaction ça veut aussi dire que je mets le doigt sur un sujet et que ce sujet on a tendance à le cacher à l'enfouir et dire bon bah tant que ça tient ça tient et on y va jusqu'au bout tu as parlé pour plein de gens qui parce qu'ils ont des contrats avec des sponsors parce qu'ils sont dans la perf on va beaucoup parler de ça c'est vraiment très intéressant tu as parlé pour des gens qui ne peuvent pas parler Bah ouais c'est ce que je te dis, moi à chaque fois que je vois des gens depuis un an, tout le monde me dit bah ouais t'as pas tort, t'as pas tort, mais il y a toujours un mais qui vient, parce que, et je peux l'entendre, le cheminement pour trouver un sponsor c'est hyper dur, on va pas se mentir, et quand à un moment t'arrives enfin, ça fait 10 ans que tu galères, et que tu trouves un sponsor, et tu dis bah attends, ça fait 10 ans que j'ai tout sacrifié, ma vie sociale, ma vie affective, enfin tu vois il y a des exemples concrets de... de femmes et d'hommes skippers qui m'ont marqué. Et tu dis, mais ils ont tout mis dedans, tu vois. Et forcément, d'un seul coup, quand tu leur dis, ben en fait, c'est pas ouf. Ah bah ouais, la réalité elle est super dure, et forcément qu'ils en veulent encore un peu, tu vois. Par contre... A chaque fois, je te dis, tout le monde est plutôt d'accord pour dire qu'il faut changer les choses. Puis il y a un truc qui ne va pas totalement. Sauf certains cas très graves de personnes qui sont dans le déni complet ou dans le cynisme et qui se disent, on est là pour faire du business et la seule boussole qui nous dirige, c'est celle du profit. Et c'est des gens, je pense, qui sont plus néfastes que moi en fait. Parce que c'est des gens qui emmènent tout le monde dans une direction qui n'est pas saine pour le milieu ni pour notre sport. Enfin, voilà quoi.

  • Speaker #1

    Petite question technique, le tirage de livres est de combien ?

  • Speaker #2

    Je crois qu'on est à 3500 C'est la première info que j'ai eu Je sais pas si c'est bien, j'en sais rien

  • Speaker #1

    Non c'est pas mal C'est parce que t'es à la fois sur une niche et sur un sujet universel

  • Speaker #2

    Ouais et ça j'espère aussi que ça va toucher d'autres personnes Enfin, mon éditrice voulait que ça parle au plus grand nombre. Oui,

  • Speaker #1

    alors il y a un lexique, il y a plein de petits schémas. Il y a même, si vous voulez savoir ce que c'est, il y a même le schéma du Don't Fucker. Je trouve ça génial.

  • Speaker #2

    C'est moi qui ai tout dessiné.

  • Speaker #1

    Je suis assez fier. Oui, les dessins sont très sympas. Et donc, pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, c'est une sorte de... Je ne sais pas comment on peut appeler ça. C'est une sorte de prise de riz pour faire descendre la chaussette de Spi.

  • Speaker #2

    De Pilko Pit.

  • Speaker #1

    Ou la grand voile aussi. Est-ce que tu avais un Don't Fucker de grand voile ?

  • Speaker #2

    Non, je n'en avais pas.

  • Speaker #1

    pour faire descendre une gros voile au portant une gros voile lattée au portant on a un down fucker donc c'est des bouts pour faire descendre la poésie de Joe Sexton voilà exactement et donc il y a tous les schémas et tout est très didactique et ton livre et on le voit dès le début ton livre vraiment s'adresse aussi à des gens qui ne connaissent pas la voile c'est pour ça qu'il a quand même une vocation à être un peu universel le chemin que tu décris sur lequel on va revenir il doit exister il doit exister chez plein de gens et même chez des non-sportifs.

  • Speaker #2

    C'est ça, et puis j'aimerais qu'il inspire des gens. Je pense que, là, depuis 2-3 ans, il y a un grand mouvement, je te dis, de désertion aux Etats-Unis, de gens qui... Je pense qu'on est vraiment dans un effet, moi y compris, post-Covid, où plein de gens se sont posé la question de pourquoi on fait notre job. Il y a un mouvement de fond aussi, je pense, dans la génération des 20-30 ans. qui refusent les CDI, qui se disent qu'on ne veut plus non plus cautionner des choses, on veut pouvoir avoir de la liberté. Mais il y a quelque chose de cet ordre-là, de se dire à un moment qu'on n'est plus d'accord avec ce qu'on nous propose et les anciens schémas, on va les bousculer. Et ça, c'est à tous les niveaux. Tu vois ce qui se passe dans le féminisme, dans plein de mouvements. Il y a des choses qu'on ne veut plus laisser passer. Et pour moi, j'espère que ce livre aura vocation à faire écho, à raisonner dans d'autres milieux. Et j'espère que si ça peut parler à des gens et les pousser... J'essaie de trouver cette formule à un moment, de dire que c'est les gens qui sont au pouvoir, qui font les règles. Donc il y a un moment où il faut aussi leur dire que c'est vachement courageux et... Moi, c'est une des critiques qu'on m'a fait, c'est de dire En fait, t'as rien gagné, t'es nul, et en plus, touffe ta gueule. Je le comprends, le truc, mais par contre, c'est vrai que quelqu'un qui serait vraiment au top du game et qui ferait une démarche véritable et sincère de se dire Allez, moi, je fais un petit pas de côté et je vais dans un sens dans lequel je me sens mieux. c'est sûr que le message y passera encore mieux. Donc moi, j'ai envie de donner du courage et de montrer que ma vie, elle ne s'est pas arrêtée et j'ai d'autres projets et ça va en fait.

  • Speaker #1

    Et on va revenir aussi au fil du temps sur le thème de la désertion parce que ce que tu constates et ce qui te fait arrêter, c'est que tu as essayé de changer les choses à l'intérieur et tu constates que tu n'as pas réussi. Et donc du coup, pour ça, autant arrêter et faire ça autrement ailleurs. Ça, c'est assez intéressant parce qu'il y a...

  • Speaker #2

    c'est un vrai débat quoi ce qu'il faut rester ce qu'il faut quand il est un insider pour faire bouger ou est-ce que c'est les gens se dégager au gouvernement avec un ministre qu'on peut pas saquer et en même temps mais faire du lobbying positif c'est hyper dur et je pense qu'on a besoin des deux je pense qu'on a besoin de des deux et tu vois je sais pas si c'est vrai ou pas mais on m'avait dit un peu dans les coulisses que toi quand il ya eu les assises de la course au large en décembre on m'a dit que le fait que le bruit médiatique que j'avais pu faire avait un peu encouragé à se dire il faut qu'on faut que la fédé en tout cas qu'il y ait une réflexion il faut qu'on se positionne donc en fait on a besoin des deux on a besoin d'avoir des activistes qui font des choses et puis on a besoin d'avoir du politiquement correct et ça avance comme ça et tu vois on déplace la fenêtre d'overton je sais pas si les gens sont familiers avec ce concept ce qui en ce qui ont regardé la fièvre sur canal plus peut-être on

  • Speaker #1

    l'expliquera encore en cours d'autres mais là aussi ce dialogue entre activistes je pense que peu de gens ont compris ce que c'est que le rôle d'activiste, ils ne sont pas là forcément pour construire, ils sont là pour mettre à l'agenda les sujets. C'est ça. C'est ça, moi qui ai longtemps couvert la politique, la vague notamment, sur le côté parfois inconstructif de la vague ou sur le côté justement rué dans les brancards, mais c'est le rôle d'un activiste. C'est ça. Ce n'est pas forcément une question du compromis.

  • Speaker #2

    Non, non, on pose des questions, on interroge, on vient faire du bon acte.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. mais du coup par contre on aurait un monde où il y aurait que d'activistes il est probable qu'on n'arriverait pas à construire non plus les compromis alors qu'il faut construire les compromis c'est passionnant, ça m'intéresse beaucoup en tout cas on va faire notre flashback habituel et notre discussion va continuer tout au long, c'est là où c'est intéressant on va faire notre flashback habituel on va repartir du coup dans les années 80 puisque t'es tout jeune alors c'est ce que je te disais aussi dans le livre tu dis que t'es dans un petit village à la frontière de la banlieue parisienne, y'a pas de nom y'a pas de... Il n'y a pas de repère précis, je le disais aussi en préparant le lancement, qu'il y avait peu de monde marin dans ton livre, etc. Est-ce que tu peux nous dire juste où tu es en région parisienne, dans quel univers tu grandis ?

  • Speaker #2

    C'était marrant parce qu'en venant ici, je me suis dit que tu allais me poser la question. Et en fait, j'ai grandi dans un petit village qui s'appelle Boismont, qui est dans le Val d'Oise, à la frontière du Vexin français. Donc j'étais vraiment à la frontière entre la ville nouvelle et vraiment la campagne. Et il y a une particularité qui est assez drôle, c'est un village de 700 habitants et il y a un autre marin qui a habité là-bas, c'est Christian Dumas, dans les années 80. Et quand on s'est retrouvé et qu'on s'est dit mais on était tous les deux là-bas, c'est quand même assez improbable.

  • Speaker #1

    Tu es passé dans une toute de mine.

  • Speaker #2

    Un tout petit village et je suis né à Conflans-Saint-Honorin, dans les Yvelines, qui est la capitale de la bâtellerie. Donc tu vois les péniches, j'étais dans l'eau douce, mais je n'ai pas grandi dans une famille de marins du tout. Je pense qu'on est nombreux comme ça. Paul Meillat vient de Conflans, je crois. Il a fait des choses là-bas. Il y a plein de profils.

  • Speaker #1

    Au final, on s'aperçoit, notamment si vous écoutez Into the Wind depuis le début, que le breton né en Bretagne, fils de coureur, ça n'existe quasiment pas. C'est vraiment très étonnant. Et du coup, l'univers maritime et la mer, il y a quand même des racines familiales. Oui,

  • Speaker #2

    alors il y a quelque chose qui est marrant. Ça, je n'ai pas la réponse de savoir pourquoi, mais mon grand-père paternel habitait sur une maison à Andrésy, donc sur la Seine. Et je ne sais pas ce qui lui a pris. Je pense que c'est la grande époque, tu vois, du 4-20, du 4-7, de la navaire. Et je ne sais pas pourquoi, il se met à acheter un petit dériveur, un fennec, à la fin des années 60. C'était quelqu'un de très littéraire. Il a acheté le bouquin d'Aiglénan et il n'avait jamais pris de cours et il est parti naviguer sur la Seine. Mon père m'a raconté qu'il croisait des péniches, que c'était à la fois génial mais en même temps hyper flippant. Et il commence à apprendre à faire de la voile sur la Seine. Et après je pense que c'est la grande époque des années 70 où... où tu partais avec ta voiture, ton dériveur sur la remorque et puis tu allais dans les campings. Et mon père a passé toute son enfance, je pense, à faire la côte bretonne avec son dériveur, avec son père. Et je pense qu'il a… Moi, j'ai dû mettre les pieds sur ce dériveur quand j'avais 4-5 ans. Et c'était pour le coup, ça s'est spatialisé, je peux le dire. C'était à Kerambigorn, la petite plage de Begmey à Fouénan, juste en face des Glénans. et voilà quand on parlait de déterminisme bah cet endroit là il est hyper pour moi je pense qu'il y a quelques hot spots de le cours solar, t'as la trinité t'as Port-la-Forêt et bah oui moi quand j'ai navigué j'ai passé tous mes étés ici donc je me sens quand même breton c'est de l'autre côté de la baie en face de Concarneau, de la baie de la forêt c'est en face de la baie des fous quoi et depuis que je suis tout petit je fais du dériveur l'été c'était pas, j'ai jamais fait de t'as vu J'ai fait un stage d'optimiste une fois, mais j'ai jamais pris de cours de voile. Et par contre, j'ai eu ce truc-là de... C'était un loisir de vacances, quoi. C'était vraiment, je me baladais, je faisais du dériveur avec mes deux sœurs et on se marrait. Et le jeu, c'était d'aller voir les gros bateaux, tu vois, c'était genre, est-ce qu'on a le droit d'y aller, est-ce qu'on va se faire engueuler par les parents ? Et moi, je pense qu'un des premiers gros souvenirs marquants, je pense que c'est en 2000, où je croise le PRB de Michel Desjoyeaux, et là, je pense que je suis, tu vois, sur un petit bateau qui fait moins de 5 mètres, tu vois, passer un bateau de 18 mètres, c'est littéralement bluffant, et ça, je considère encore que c'est beau, tu vois, il y a quelque chose de magique d'avancer aussi vite avec le vent. ça reste quelque chose qu'il faut qu'on garde en fait et c'est rigolo en ce moment dans le port de Conquerneau on a un retour des bateaux avec des grands mâts il y a la Nemos qui va faire du truc et la persévérance de Jean-Louis Etienne et juste en face il y a François Gabart c'est un mix de plein de choses et mine de rien j'ai l'impression qu'il y a une sorte de retour aussi de se dire en fait Il y a des choses qui sont là, il y a des choses qui nous fascineront toujours autour de la mer, autour du fait d'avancer avec le vent.

  • Speaker #1

    Et toi quand t'es môme, t'as quelle relation à cet univers-là ? C'est un loisir de vacances comme d'autres ont le cheval ou le ski ? Ouais. Ou c'est quelque chose qui infuse quand même ?

  • Speaker #2

    C'est quelque chose que j'adore faire, c'est quelque chose où je trouve des sensations, je pense que les premiers bords de portant un peu grisants dans 25 nœuds, les moments où tu dessales avec de la houle et que t'es au milieu de nulle part, c'est des moments que j'ai adorés en fait, c'est des moments qui m'ont marqué. Mais toi... Je pense que j'étais à Pontoise au lycée. J'étais tout seul dans mon truc. Quand je rentrais de mes vacances, il n'y avait personne qui faisait du bateau.

  • Speaker #0

    personne connaissait ça, donc j'étais vraiment tout seul dans mon truc, et du coup c'est pas quelque chose que je pouvais faire, tu vois. La première fois de ma vie où j'emmène des potes de lycée faire du bateau, c'est quand on fait un stage de kata sur la base de loisirs de Sergi Pontoise. sur une mare quoi et c'était marrant mais d'un seul coup tout le monde me disait mais d'où tu sais faire ça tu vois et je me marrais trop donc j'ai même coulé un bateau comme ça parce que moi je savais que j'étais tribord l'autre savait pas et on a coulé un bateau bon voilà mais c'était rigolo ça mais non ça infuse ça infuse jusqu'au point où Je le raconte dans le livre. Je pense qu'il y a un moment, on me parle des minis quand je suis en 2011.

  • Speaker #1

    Tu vas un petit peu vite parce que... T'inquiète pas, on a du temps, je t'admire. Tu vas un petit peu vite parce qu'il y a une chose qui est assez intéressante, c'est que ça reste... Ton horizon, il est assez restreint quand tu navigues et tu le racontes dans le livre, c'est que la ligne d'horizon, c'est les glénans, même c'est les moutons. C'est les moutons. Les moutons qui les glénans et les bagmails. 5 000 des côtes. 5 000 des côtes. Donc il n'y a pas du tout de projection sur le voyage, il n'y a pas du tout de projection sur la découverte d'horizons nouveaux. On est plutôt dans une pratique de glisse.

  • Speaker #0

    Oui, je pense que ce qui m'amuse beaucoup, c'est le contact avec l'élément, c'est être au bord de l'eau, c'est de faire du trapèze, c'est d'en prendre plein la tête. Ça, ça m'amuse beaucoup, tu vois. et justement la dimension parce qu'une première nuit en mer elle est pas là encore je l'ai pas parce que je pense que j'ai pas les contacts je sais pas pourquoi j'ai pas été faire les glénants pourquoi j'ai pas pris le temps d'aller faire un stage de faire autre chose mais je pense que ça m'attire pas tant que ça je pense qu'il y a quelque chose de du tactile et de quelque chose de l'émotion physique quoi pour moi il fallait toucher les choses et les premières fois où je monte sur un sur un habitable, je pense que c'est un ami de mon père qui passe en escale à Benaudet, et il y a quelque chose de très bizarre pour moi à ce moment-là, de voir qu'il y a une cuisine à bord, de voir qu'on peut être habillé, il y a un truc qui n'est pas logique dans ma tête, de me dire je ne suis pas en combinaison néoprène, pourquoi il n'y a pas de vagues, il y a un truc qui ne m'a pas, le côté un peu camping caravanning ne m'a pas hyper séduit, et je n'ai pas été là-dedans, et pendant longtemps c'était plus... Moi ce qui m'amusait c'était de sortir quand il y avait 20-25 nœuds et de me faire des runs. C'est un sport de glisse quoi. Ouais.

  • Speaker #1

    Avant tout. Dans ces années-là de jeunesse, il y a aussi un truc qu'il faut que je vous explique, c'est comment quand on est dans un petit village du Vexin, comment on se lance et qu'on passe un bac scientifique, tout sur ma fiche, comment est-ce qu'on décide de faire du cinéma ?

  • Speaker #0

    enfin des études de cinéma ce qui ne veut pas dire que tu vas faire du cinéma je pense qu'en fait c'est vrai là on repart dans le côté thérapie je pense que c'est gratuit non il y a un côté de moi j'étais un très bon élève jusqu'en seconde jusqu'en seconde je suis un très bon élève et à un moment je pense que je pète un câble de me dire que j'étais dans une boîte à bac où je commence à comprendre qu'en fait on s'en fiche de savoir comment je raisonne et on me dit juste quoi faire et qu'il faut être rentré dans le moule et qu'il faut être conformiste Moi, ça me fait vriller. Et à ce moment-là, je me mets à... Il y a un truc chez moi qui me dit mais je ne veux pas du tout devenir... Je pense qu'on n'a pas cet esprit critique. On nous demande juste de rentrer dans le rang, de cocher des cases. Moi, tous mes amis font des écoles de commerce. Et ça ne m'attire pas du tout. Pas du tout. Et je dois avouer que j'ai la chance d'avoir des parents qui m'ont toujours soutenu, qui m'ont rien imposé, qui m'ont laissé guider là où je voulais aller. Et comment j'arrive dans le cinéma ? En fait, j'ai deux petites sœurs jumelles qui un jour répondent à... Enfin, mes parents voient une annonce passer, je ne sais plus, sur France 3 ou un truc comme ça. Elles font un petit casting, elles sont prises. Elles ont, je ne sais plus, 15 jours de tournage, ce qui est quand même beaucoup en termes de tournage dans le nord de la France. Et moi, je sèche les cours, je pense, une fois et je vais sur un plateau de cinéma. Je me dis tiens c'est quand même marrant, il y a des gens qui sont payés là, qui s'amusent et ils sont là en train de jouer et raconter des histoires. Et ça, ça allume une petite lumière encore une fois, les déterminismes, de dire quelle était la probabilité pour que, je ne sais plus comment, c'était un ami de ma mère qui voit une annonce, il y a des jumelles, on recherche des jumelles et ainsi de suite. qu'est-ce qui fait que quel est l'empilement des choses qui fait que je me retrouve sur un plateau de cinéma et qu'au moment où je me dis je ne vais pas faire du tout la voix que Prépa et compagnie en fait là je ne sais pas,

  • Speaker #1

    je me dis que le cinéma ça a l'air marrant tu n'es pas du tout d'une famille d'artistes je crois que j'ai lu dans un papier de reporter que ta mère est juriste et que ton père a la tête d'une petite boutique d'électronique ouais mon père est bricoleur dans le monde du cinéma,

  • Speaker #0

    des artistes et des films mon grand-père avait juste été il avait il avait Et ce que ça traînait dans l'air, il était co-scénariste pour des films genre Angélique ou des choses comme ça, des vieux trucs quoi, mais il n'a pas du tout fait une carrière. Par contre, il était très littéraire et je pense que c'est lui qui m'a aussi fait lire beaucoup de choses et qui m'a donné le goût de la lecture. J'ai beaucoup lu quand j'étais petit.

  • Speaker #1

    Et alors du coup tu vas faire des études de cinéma, d'abord une école de cinéma à Cherbourg et ensuite une fac à Paris VIII. Quel souvenir tu gardes de ces années parce qu'on est très loin de l'univers maritime, j'imagine ton univers de départ ?

  • Speaker #0

    Ce qui est drôle c'est que, tu vois, en fait j'ai un peu un, je sais pas si c'est un défaut, mais je suis hyper, quand je suis focus sur un sujet j'y vais à fond. Et tu vois je passe un an à Cherbourg. Je ne mets pas les pieds sur un bateau. Alors que je suis au port de Chantraine, je vois qu'il y a plein de choses possibles. La rade, elle est géniale en plus pour naviguer. Maintenant, je l'ai découverte bien après, mais je n'ai pas mis les pieds dedans. Donc moi, je découvre le cinéma, je découvre un truc, une casquette qui, je pense, m'a bien plu aussi au moment où j'ai commencé à faire du bateau. C'est que j'aime bien toucher à tout. Et donc, en fait, la formation que je fais, parce que je me dis, OK, je vais raconter des histoires, donc je veux devenir réalisateur. Il faut que je sache. Ça, c'est une des caractéristiques. L'intérêt que j'ai, c'est que j'aime bien connaître un peu tous les corps de métier. Donc j'ai été faire du son, j'ai été faire du montage, j'ai été tenir des projecteurs, de jouer la comédie, j'ai été faire un peu tout. Et ça, on le retrouve, toi, le côté multi-casquette, quand t'es skipper, t'es obligé de le connaître. donc non pour moi c'est une année de découverte qui est génial paris 8 c'est un autre une autre ambiance c'est saint-denis c'est pour moi je pense la découverte de à l'époque j'y comprends rien mais c'est je pense que c'était une fac qui est très engagé politiquement très à gauche très à gauche il y avait des mouvements contestataires des mouvements étudiants et moi je voyais ça d'un oeil enfin j'y que j'y comprenais pas grand chose à l'époque mais mais ça enfin mine de rien tu vois j'ai vu des films J'ai eu des profs qui étaient incroyables là-bas et ça nourrit je pense aussi ma curiosité et mon éveil culturel, ça c'est sûr. Et après je me retrouve à faire un stage fin d'études de licence de cinéma. Je prends à l'époque, il n'y a pas beaucoup de réseaux, je prends un annuaire en ligne. Ça c'est quand même rigolo quand même. Je me suis dit tiens OSS ça m'avait fait marrer, je vais voir qui a produit OSS. Je trouve le nom de la boîte, je vois un mail, j'envoie un mail, un CV, j'envoie trois CV. Et on me dit venez on cherche un stagiaire et je me retrouve sur un film. Voilà un film avec Bernard Campant. et c'était marrant quoi et d'un seul coup balle de fil en aiguille après tu te retrouves à enchaîner des tournages à dire oui à dire oui à dire que bon moi qui connais pas du tout mieux du cinéma

  • Speaker #1

    c'est très hiérarchisé le monde du cinéma c'est très hiérarchisé il y a un troisième assistant réalisateur deuxième assistant il doit y avoir un premier assistant puis le réalisateur ouais c'est quasi militaire c'est vraiment c'est très mais alors du coup tous les gens ne connaissent pas forcément les films sur ta fiche LinkedIn je vous conseille d'aller voir parce qu'il y a tous tes films il y en a plein de films en plus avec juste le titre donc il reste du jambon les yeux de sa mère qui est un peu plus connue la chance de ma vie gigolac etc il y a un

  • Speaker #0

    si je pense c'était deux dont je suis fier c'est d'avoir bossé un peu avec jacques odier dans la rue guédos voilà exactement et je pense que mon meilleur souvenir ton âge c'était qu'est d'orsay un film de bertrand tavernier qui là pour le coup était une vraie leçon de cinéma et j'ai adoré faire ça et puis le dernier film sur lequel j'ai vraiment travaillé c'était camelot où là j'étais juste assistant accessoiriste et ça c'est le dernier film que j'ai sur lequel j'ai travaillé en 2000 tu as travaillé sur la série de france de 10% 10% et alors tu le racontes et c'est très très drôle tu l'auras que tu racontes le

  • Speaker #1

    le tournage de la pub Dior avec Charlie Stéron dans le livre je vous conseille vraiment de lire ce passage où en fait tu dis que personne ne veut lui parler parce que c'est une méga star et un jour tu dis bon ouais il faut aller bosser c'est l'heure elle t'engueule et puis en fait tu dis mais moi ma réaction c'est de rigoler en fait tu vois il y a aussi ce côté de

  • Speaker #0

    désacraliser les choses et en fait oui c'est un milieu on cultive le star system et plein de choses mais il y a un moment en fait ça reste des êtres humains c'est dans ma galerie du palais des glaces à Versailles et là je sais pas si vous voyez la pub à les faire vous la décrire elle est dorée et donc toi tu es en fait vous devenez copains parce que tu l'as parlé normalement quoi bah oui je résume assez parce que je rigole avec elle parce que je lui tiens son sac à main elle me dit que qui me va très bien que je devrais le garder alors c'est un truc qui coûte 50 mille euros fin c'était c'était absurde mais c'était c'est ça qui était marrant dans le cinéma c'était c'était des moments de vie mais comme dans la course au large c'est des choses absurdes fois de là j'imagine que les tous les toutes les équipes qui se retrouvent à new york pour l'avoir vécu c'est des moments assez intense et qu'on vit rarement mais au delà de tout ça il y a un truc un peu absurde là dedans de se dire qu'est-ce qu'on est en train de raconter je t'amène là dessus parce que du coup dans le cinéma il y a un premier désalignement en fait ma vie est une succession de de rails qui s'écartent mais oui en fait c'est à chaque fois tu dis je rêve de quelque chose et puis en fait je viens le tester j'en touche les limites et il y a un moment je vais aussi me... me dire que je suis pas d'accord. Je me disais, si j'étais resté dans le cinéma un peu plus longtemps, je pense que peut-être que j'aurais eu le même virage écologique, tu vois. Et peut-être que ça aurait peut-être fait moins de bruit, mais il y a un moment, tu vois, le cinéma n'est pas propre du tout. Il y a plein d'assauts qui bossent dedans pour essayer de faire des choses. Il y a des scénaristes qui bossent dessus. Enfin, le mouvement est en train de se transformer. Et tu dis, en fait, que je sois là à faire du bateau ou ailleurs. Bah moi j'aime bien poser des questions et quand je suis pas d'accord bah je le dis et je sors et voilà quoi.

  • Speaker #1

    Donc on va avoir méfiance sur le prochain secteur dans lequel tu vas aller bosser. Enfin en tout cas voilà tu le racontes dans le livre, moi je me suis dit tiens déjà, déjà et donc du coup tu vas quitter le cinéma, enfin progressivement aussi, tu vas y revenir de temps en temps. Mais donc on voit que t'es déjà quelqu'un qui quand t'es pas aligné avec l'endroit où t'es bah tu...

  • Speaker #0

    Oui bah ce qui me choque dans le cinéma... Je pense qu'un des derniers gros films que j'ai fait en entier, c'était un film de Valérie Lemercier, qui pareil, Valérie, elle a une image de sympathie, elle est drôle, tout ça. Je n'ai aucun ce que je peux lui dire, son tournage était horrible en fait. C'était vraiment... tout mettre en œuvre pour les... Comment dire ? C'est quoi le mot ? C'est les exigences. De dire, tiens, moi je veux ci, moi je veux ça. On fait des heures sub, j'ai de l'argent, donc on peut payer. Donc on ne respecte pas les contraintes salariales, les heures et tout ça. Et moi, je n'étais pas du tout d'accord avec ça. Il y a un moment où on respecte aussi les gens avec qui on travaille. Et en fait, sous couvert de... Ah oui, mais après, vous pourrez dire que vous avez bossé sur tel film, il y aura de la reconnaissance et tout. Comme ce qui se passe en... à voile parfois, de dire tu vas avoir un taf de merde, tu vas aller gratter et poncer des trucs, mais ça va, tu auras le droit de monter sur un bateau, tu auras le droit de faire une nave. Non, je suis désolé, il y a un moment où il faut que... Si on est humain dans une équipe, on ne fait pas ça, on n'exploite pas les gens. Donc moi, il y a un moment, c'est ça aussi qui m'a gêné, ce décalage entre l'argent et l'énergie qu'on met au service d'une oeuvre qu'on va produire, et de se dire que cette oeuvre, quelles sont les valeurs dont elle fait la promotion. Enfin voilà, comme tu l'as cité, j'ai un paquet de films sur lesquels j'ai bossé. J'en suis pas fier du tout. Mais à un moment, c'est un peu la routine. Et c'est ça qui était un peu triste pour moi. Un moment, c'était de rencontrer des techniciens et des techniciennes qui ne lisaient même plus les scénarios. Il y a un moment, quand tu fais un métier par passion, t'as quand même envie d'être dedans, t'as envie d'aimer ce que tu fais. Et il y a un moment, je pense que si toi, dans la voile, j'ai commencé à avoir ça. Des gens qui... Ouais, bah c'est comme d'hab quoi. Et toi, tu perds le côté un peu magique, tu t'es usé, t'as fait 20 fois la solitaire du Figaro, que t'en fasses une de plus ou de moins, c'est toujours pareil. Et tu te dis, bah non, on va peut-être garder un peu d'énergie. Enfin, si voir des dauphins et un coucher de soleil, ça te fait plus rêver, et t'es juste blasé parce que t'es 15ème, et bah pour moi, il y a un problème, tu vois. Si tu peux plus être encore émerveillé par la beauté des choses et la raison première pour laquelle tu fais cette chose-là, C'est qu'il y a un moment où il faut se poser des questions.

  • Speaker #1

    Il y a encore plein de gens qui sont émerveillés par ça. Moi, les... Alexis Loison dans... dans ce micro il y a quelques semaines lui c'est presque l'inverse juste parce qu'il adore ça et que justement il parle des dauphins des levées de soleil c'est aussi encore le carburant de beaucoup de gens ce qui est un peu dur et je pense c'est pas la faute de

  • Speaker #0

    tout le monde c'est la faute un peu du système en lui-même si on a vraiment quelqu'un qui veut se construire une image de guerrier, de brut qui va gagner, qui va tout défoncer Si d'un seul coup il prend une vidéo en disant Oh c'est vraiment très joli, c'est vraiment mignon en fait il va se mettre à un filtre, il va s'auto-censurer. Et aujourd'hui, moi je suis désolé mais... véritablement moi j'ai vraiment je me suis désabonné de toutes les pages de voile j'ai fait vraiment une coupure énorme et quand je revois parfois des petites interviews ou que j'ouvre un magazine je suis choqué par le vocabulaire employé le champ lexical guerrier de voir à quel point on se dit qu'on va dominer qu'on va se battre, qu'on part au combat c'est plus de la performance et à un moment en fait on cultive ce truc là et que ce soit Que ce soit les journalistes, que ce soit les spectateurs, il y a un truc un peu malsain où on tire tout ce... Enfin, je veux dire, tu vois, tu me dis qu'Alexis, il a envie de raconter tout ça. S'il se met à faire de la poésie, tu peux être sûr qu'il va se faire chambrer. Alors que moi, je rêverais d'entendre la poésie d'Alexis Loison. Vraiment, je serais très heureux.

  • Speaker #1

    T'es pas obligé de le verbaliser mon propos était plutôt de dire que vu tout ce que j'ai entendu et toutes les questions que j'ai pu poser, je pense que c'est notamment la beauté des éléments et être dans la nature, c'est un carburant central chez beaucoup beaucoup de gens.

  • Speaker #0

    C'est ça, mais je pense que ça se fait dominer par justement un moment où il faut avoir un sponsor il faut gagner, il faut avoir de l'argent, il faut en vivre et en fait ça, ça vient un peu bouffer l'âme qu'on a en nous de se dire c'est ça qui nous motive.

  • Speaker #1

    On va y revenir au fil du temps mais ta grande question, qui est une hypothèse centrale et qui fait tomber l'édifice, c'est que tu remets en cause même le concept de performance, et donc de sport. C'est là où c'est intéressant.

  • Speaker #0

    J'ai essayé justement de me poser des bonnes questions et de me dire en fait, c'est quoi la... Aujourd'hui, quand tu dis performance, c'est vitesse. On associe la performance à la vitesse. Et je pense qu'il faut qu'on... Il faut qu'on... Enfin, il faut qu'on questionne tout ça. Il faut qu'on questionne ces choses-là. Aujourd'hui, on est à une période où... Ben voilà, on est en train de se questionner sur le féminisme, sur plein de choses, et on est en train de balayer, de faire peau neuve, de regarder un peu ce qui se passe. Et aujourd'hui, le mot performance, pour moi, il veut... Si c'est que la vitesse... On n'a pas le droit de se cacher derrière la performance. Il peut y avoir de la performance sur plein de domaines. On pourrait parler, là c'est ce que je développe dans le livre, mais on peut donner plein d'autres adjectifs à la performance, de la performance humaine, de la performance sociale, de la performance éducative, de la performance utile, de se dire qu'est-ce qu'on fait, est-ce que c'est utile, le transport de marchandises. En fait, il y a plein de choses qu'on peut questionner. et la performance en elle-même, il faut...

  • Speaker #1

    Mais au-delà de la performance, ce que tu remets en cause, j'ai l'impression, quand je te lis, c'est le concept même de compétition. Parce que, mettons qu'on dise, on va injecter de la performance RSE dans une prochaine Transat. Les équipes, parce qu'elles sont structurées comme ça, et parce que c'est ce que les GPC font leur fixe, elles vont optimiser cette partie-là de la performance. Donc, je ne sais pas, je vais inventer, mais plutôt que de mettre... On leur dit, il faut transporter... 50 kg de café. Bon, je suis sûr, certain, et si j'étais compétiteur, je le ferais, et toi aussi, on va peser précisément à 50 kg, on enlèvera les grains de café supplémentaires, et on va optimiser la performance. Donc ce qui est intéressant, et ce qui pour l'instant dans ma vie est insoluble, c'est que toi tu remets en cause le concept même de sport, d'affrontement sportif.

  • Speaker #0

    J'ai été m'interroger encore plus loin là-dessus, parce que... C'est vrai que c'est un peu une hypothèse que je fais, de me dire que l'être humain, ça fait 300 000 ans qu'on est sur Terre. Il y a quelques années, on s'est dit qu'on allait arrêter de tuer nos voisins. Je croise quelqu'un, je n'ai plus le droit de tuer quelqu'un dans la rue juste parce que ça me chante. Il y a des choses qu'on a laissées derrière nous. L'évolution fait qu'on avance et qu'on laisse derrière nous des pratiques qu'on considère plus bonnes. Et ça, l'histoire en est truffée. Et effectivement, je pense que, bon là c'est des questionnements plus d'ordre philosophique, c'est de se dire, est-ce qu'à la place de la compétition, on ne va pas plus vers la coopération ? Et c'est pour ça que je questionne aussi notre rapport à l'éducation. Mais là, effectivement, on vient toucher des choses qu'on nous donne depuis qu'on est tout petit. Je veux dire, il y a un moment, dès que t'es... Je sais plus à quel âge on commence les notes à l'école, mais il y a un moment où on fait un classement. Il y a un moment où on te dit, toi t'es bon, toi t'es pas bon. Et on va te mettre des critères pour te juger. Alors qu'en fait, il y a plein de gens qui ne rentrent pas dans ces cases-là. Et c'est complètement, pour moi je pense, une source de... de frustration, une source de beaucoup, beaucoup, beaucoup de mots. Tu vois, la compétition, la vocation d'une entreprise, je n'ai pas fait d'études d'économie, tu vois, j'ai l'impression de m'ouvrir encore un peu à tout ça, mais la vocation d'une entreprise, c'est quand même de gagner des parts de marché, c'est quand même d'exister, on te dit qu'il faut toujours croître, qu'il faut toujours, enfin, si tu peux aller bouffer quelqu'un, c'est bien, quoi. Il y a un moment, peut-être qu'il faut se dire aussi, moi, ce qui me rend un peu fou là-dedans, c'est qu'il y a un peu un côté de... C'est comme si on était avec un arbre qui pousse, et en fait on est en train de grandir, grandir, grandir, et on a des fruits qui sont de plus en plus lourds, et maintenant nos branches vont casser. Et moi j'ai envie de me dire, mais en fait... Peut-être qu'il y a une histoire d'échelle là-dedans, de se dire comment on fait pour vivre tous ensemble, comment on fait pour coopérer, et la nature est blindée d'exemples. Effectivement, on nous dit toujours, oui, mais c'est dans notre nature d'être compétitif, c'est le plus fort qui va manger le plus faible, et compagnie. Ouais, mais c'est une partie du vivant. Quand on regarde, t'as plein, plein, des milliers d'exemples où t'as des espèces qui interagissent ensemble en symbiose et qui ont besoin l'une de l'autre. Et donc, ce que je dis, c'est que le réflexe qu'on a... Je pense que la compétition, c'est l'ersatz d'un réflexe guerrier, de dire que c'est les jeux du cirque, on mettait des gens ensemble, on a gardé des stades, on compte les points, on a besoin. Et c'est ça qui est super dur. Et c'est là où c'est venu me heurter à mes histoires de cinéma. C'est qu'aujourd'hui, moi le premier, j'ai grandi là-dedans, et je me pose beaucoup la question, on a besoin d'avoir des enjeux. Aujourd'hui, quand tu écris un scénario et que tu vas voir un producteur, Si t'as pas des enjeux narratifs qui sont très clairs de dire il se passe ça, là il y a un énorme problème et puis la personne va tout faire pour le résoudre et puis elle va se démener ciel et terre pour le faire et il faut qu'il y ait une résolution et tout ça, tout ce schéma-là d'enjeux, comme là il y a une course en bateau, il faut qu'il y ait un gagnant, il faut qu'il y ait un perdant, en fait il y a un moment, est-ce qu'on n'essaye pas d'élever notre niveau de conscience et de se dire qu'à l'opposé du sport, tu vois, t'as des... des pratiques, je découvre le yoga, des choses comme ça, c'est cliché ce que je dis. C'est ça qui est dur, c'est que dans tout ce mouvement, il ne faut pas tomber dans le cliché de la démarche hippie, c'est pour ça que je veux qu'on garde l'effort. Par contre, j'ai une proposition que je fais, et il faut que je me l'applique à moi-même, c'est de me dire que j'adore courir, j'adore faire des trails et tout ça. Mais qu'est-ce que ça vient m'ajouter d'être classé ? je sais que je ne vais pas gagner, je n'ai pas les capacités de gagner, mais pourquoi je ne refuserais pas juste le classement et je prendrais les choses pour ce qu'elles sont, de me dire... Tu vois, l'exemple, il est vraiment frappant en mini.

  • Speaker #1

    Justement, en Milly et même dans le Vendée Globe, il y a des gens qui participent à la compétition sans pratiquer la compétition, juste pour finir. Et c'est même d'ailleurs, en tout cas chez les Milly, c'est même la majorité.

  • Speaker #0

    Oui, et puis le classement est anecdotique.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Mais ce que je trouve qui est malsain là-dedans, c'est qu'on continue à surfer sur des anciens schémas, sur le côté... La presse va parler des trois premiers et on ne fait pas… Oui,

  • Speaker #1

    mais pour reprendre l'exemple des minis, il y a peu de coureurs en mini à part les, on va dire, les 20 premiers qui ont un objectif de carrière, qui ont des sponsors et tout. La plupart des autres sont autofinancés ou financés rémunéralement et…

  • Speaker #0

    Mais là, tu viens de mettre un mot, tu viens de mettre le mot finance

  • Speaker #1

    Oui, mais je soulignais le fait qu'il y a quand même une partie et c'est même… dans toutes les courses quasiment, en tout cas la deuxième moitié, est moins dans l'enjeu économique, carrière et performance que les autres. Mais par contre, ils ont besoin d'un cadre sportif pour le faire.

  • Speaker #0

    Je pose la question de manière très ouverte. Est-ce que c'est complètement ok de se dire qu'un sport peut être professionnel ? Je pose la question. Je pose la question très ouvertement. De se dire, est-ce que... Moi, je pense que là où ça... tu vois je connais pas toute l'histoire vraiment je suis pas un expert de la course au large mais je me dis vraiment que les premiers qu'on fait de la course ma vision que j'en ai c'était que c'était quand même des punks c'était quand même des mecs qui tu vois qui vivaient sur leur bateau qui partaient faire des trucs et on comprenait pas ce qu'ils faisaient enfin je veux dire les premiers qui partent en solitaire Francis Lacombe et compagnie enfin leurs histoires elles sont folles moi Tessier c'est complètement fou et il y a un moment tu te dis mais là il y a Pour moi le twist il arrive je pense dans les années 70, Tabarly qui gagne, la vision quand tu vois que Tabarly a descendu les Champs-Elysées, d'un seul coup c'est médiatique. Donc forcément d'un seul coup si c'est médiatique ça attire quoi ? Ça attire des gens qui se disent ah bah tiens on peut peut-être s'associer à… et d'un seul coup, toi t'aimes juste être sur l'eau, on a ce plaisir de vouloir jouer et on te dit attends ça vous dit que je vous paye pour faire ça ? forcément c'est humain et tu dis ouais ouais, allez-y, donnez-moi et en fait pour moi, du moment qu'il y a un investissement qu'il y a quelqu'un qui met de l'argent là-dedans ça entraîne un cercle vicieux qui est fou parce que t'investis, derrière qu'est-ce qui se passe, on espère des retombées et le système...

  • Speaker #1

    Justement, il y a toute une partie des pratiquants et singulièrement dans les années 70,

  • Speaker #0

    où il y a peu de gens qui investissent voire c'est même auto-financé c'était encore soutenable je pense à cette époque-là et je pense qu'aujourd'hui tu vois... enfin il n'y a pas de limite aujourd'hui tu fais un jeu vers les budgets enfin quand tu fais là dans le dans le ce qu'on appelle le tier one quoi ouais mais chez les autres oui mais le problème c'est que qui est ce qui tire qui est ce qui tire là là qui est ce qui tire le jeu qui est ce qui écrit les règles en fait c'est ce que je disais tout à l'heure c'est que ces quelques grosses écuries qui malgré elle parce qu'elles ont des envies de pour le coup je pense que c'est complètement des égotripes de dire on veut être les plus rapides, on veut gagner, on veut tout ça, bah en fait ouais ça emmène tout le monde dans une direction où tu te fais happer et tu te dis bah en fait je suis là, j'aime bien faire du bateau, est-ce que tout le monde s'est posé la question de savoir vraiment pourquoi on fait du bateau ? Bah ça je sais pas, ça c'est chacun avec soi-même, très bien, mais par contre je suis désolé, je pense que c'est hyper violent pour moi aussi, tu vois quand je suis persuadé que dans le Vendée Globe il y a plein plein de... de femmes et d'hommes qui rêvent de faire ça et qui s'en fichent de gagner mais par contre ils viennent cautionner en fait toute une classe tout un organisateur tout un truc qui au final ne leur correspond pas tu vois effectivement je pense qu'il y a des gens qui veulent juste aller faire le tour du monde et c'est très bien et pourquoi c'est devenu aussi...

  • Speaker #1

    enfin les chiffres je sais pas si tu veux qu'on rentre dans les chiffres mais c'est du délire quoi surtout on est complètement sortis on en était à tes études de cinéma du coup là je vais faire moins Je vais faire mon coach et on va revenir. Parce que c'est le risque de cet épisode, c'est qu'on part tous les deux dans tous les sens. Mais on va quand même traiter les sujets au fil du temps. Si je reviens donc à ces années d'études de cinéma, parce que là, en fait, le risque, c'est qu'on fait un flash-forward.

  • Speaker #0

    Oui, oui, oui.

  • Speaker #1

    En avant, oui. Mais il s'est passé deux, trois trucs en trois temps quand même. Donc du coup, on revient dans les années 2000, pendant ces années de cinéaste, ou de troisième, puis de deuxième assistant réalisateur. quelle place prend la mer et la voile ? On t'a laissé à l'adolescence et dans ta jeunesse pratiquer la voile sportive plutôt pour la sensation. Quand tu deviens un adulte qui travaille, qui gagne sa vie, quelle place prend la voile ? Est-ce que ça évolue ?

  • Speaker #0

    Oui, ça évolue complètement. Et c'est ça qui est assez rigolo. En gros, un tournage, c'est à peu près trois mois. C'est un mois de bureau où tu prépares le tournage. Ensuite, c'est deux mois sur un plateau. Et en fait c'est très usant, c'est très fatigant, tu termines de ça un peu fatigué et souvent c'est très rare les gens qui arrivent à enchaîner les projets. Ça reste ce qu'on appelle l'intermittence du spectacle où c'est on-off et là pour le coup c'est assez proche parfois du bateau où tu travailles à fond pendant un temps et puis derrière tu as une période un peu avide. Et donc en fait moi je me retrouve... Entre temps, mes grands-parents sont décédés, mes parents achètent une maison à Fouinant, et moi je me retrouve à passer du temps off, à me ressourcer en Bretagne. Et là j'ai du temps, et là je me dis ouais, j'ai peut-être envie d'aller voir les glénans, après les moutons Et avec mon père, on achète un Sprinto, un dériveur de 6m60. pour l'anecdote c'est rigolo ce qu'on l'achète au père de nicolas d'estée que je ne connaissais pas donc du coup c'est un skipper de café joyeux ouais avec qui j'ai fait du classe 40 avec nico et donc je me retrouve à gérer un bateau un peu plus gros a commencé à le retaper et puis toi je suis un peu fasciné par la course donc je me mets à trouver une gva cornes je me mets à enfin c'est ça ça me fait marrer à l'époque toi je suis vraiment le je pense le fan qui regarde les à l'époque du début des réseaux à trouver ah bah tiens il ya tel bout de sursaut des sursauts des baux à bâtiens je trouve le même en truc et je suis je suis super content de me dire que j'ai le même bout de que ça des boss sur mon bateau tu vois c'est débile mais c'est des petits trucs qui font que et un moment tu dis ouais j'ai entretenu mon bateau je le mets à l'eau et là dans la bbam on rayon d'action il augmente un petit peu je vais je vais grand solitaire sur le brouet pas d'électronique rien je me retrouve à aller au glénan enfin j'apprends à aller au glénan tout seul Il n'y a pas de quilles, je me fais des frayeurs, mais c'était génial. C'est un bateau avec de doubles trapèzes, ce n'est pas fait du tout pour être sans solo, je mets un sans dos, un truc, et je m'éclate en fait. Et c'est là où je commence un peu à adorer aller sur l'eau. Je commence pareil à être en dehors, à naviguer en dehors des périodes de vacances. Donc je découvre aussi la navigation en septembre, en octobre, au mois d'avril, au mois de mai, au moment où je vois des bateaux. Mon petit kiff c'est d'aller voir les bateaux, les imokas ou d'autres qui s'entraînent. Je me mettais sur le canal VHF du pôle Finistère, je me démernais pour être à l'Inuen, et de voir ce qui se passait, ça me faisait marrer. Puis je commence à ce moment-là à faire des photos, à faire des vidéos. J'ai un souvenir que je raconte dans le livre à un moment, c'était dingue en fait, je me retrouve sur la ligne de départ à l'Inuen. et à bien c'est là c'est la perche qui est là c'est la cardinale sud qui a l'entraîneur qui marque le départ et l'arrivée de quasi tous les entraînements du pôle quoi et moi je comprends pas enfin je me je pense être au vent de tout le monde en fait au moment du start tout le monde se met à l'eau fait et là tu as bernard stam ta marque guimau et et à vincent riou je crois et et les trois me passe à côté et moi j'ai pas le temps de bouger ils sont tellement rapide que je me garde un cap et j'ai deux immoca qui me passe à 10 mètres l'un de l'autre ça des mecs à bord ils sont morts de rire parce qu'il me dévante, je suis en cacahuètes complète et par contre j'arrive à prendre une photo que je trouve magnifique où tu as les 3 bateaux avec des vrillages de voiles différents avec plein de trucs différents et cette photo je l'envoie à Voiles et Voiliers de manière un peu marrante en me disant ah bah tiens ça me fait rire et elle est publiée sur le site et je me dis waouh c'est quand même rigolo et

  • Speaker #1

    c'est très touchant il y a un moment tu racontes ta première nuit en mer

  • Speaker #0

    Ah oui ?

  • Speaker #1

    Et tu l'as fait au coffre en fait Ah bah oui Tu l'as fait au coffre Et tu es juste pour découvrir Ce que c'est que d'être

  • Speaker #0

    En pleine mer Et c'est drôle Parce que Nico Desté A passé sa première nuit en merde Dans le même bateau Mais dans le golfe du Morbihan Mais oui oui la première fois je me dis mais de toute façon j'ai pas de feu de nappe, j'ai rien du tout et je me dis il y a un moment tu vois je suis vraiment dans la démarche où je me dis ah tiens ils utilisent un jet bolt, j'achète un jet bolt, j'achète des lyophilisés, je connais rien à ce truc là et je tente l'aventure de me dire ok bah je vais déjà passer une nuit au mouillage pour voir et j'ai mon premier lever de soleil en mer c'est au mouillage dans la baie mais j'en ai un souvenir génial et franchement c'était une aventure...

  • Speaker #1

    voilà après j'étais plus loin mais alors à quel moment alors là il ya quand même une sorte de phénomène de d'autocombustion quoi tu te c'est toi qui te qui te qui te prends au jeu quoi ouais et à quel moment il ya de la poudre en plus où tu ou tu tu vas croiser tentant parler des tentants parler du monde des minimes parce que c'est ça qui va passer à l'émine et ça ce je

  • Speaker #0

    pense que ça arrive pour moi parce que je pense que je commence un peu avoir fait le tour du cinéma même au bout de seulement deux trois quatre ans tu vois Et j'ai un ami qui vivait à La Rochelle et qui me dit Ah tiens, j'ai vu des bateaux trop marrants. C'est la première fois que je suis une carte en 2011, quand David Raison gagne. Je découvre ce truc là et il n'y a vraiment pas grand monde sur les réseaux. Ça reste pour moi qui connaissait. Je n'avais jamais vu un départ de regard de ma vie. Vraiment, je n'étais jamais allé sur un ponton, je ne connaissais rien. Je commence à suivre des trucs et le peu de vidéos qu'il y a me fait vraiment complètement halluciner. Je me dis que ça a l'air trop marrant. Il y a un côté où je me projette parce que d'un seul coup je me dis que c'est la même taille que mon dériveur. c'est vraiment le même truc et je me dis bon bah si je suis capable de faire du dériveur comme ça si ça se trouve je suis capable de traverser l'atlantique et en fait pas du tout Et en gros, je pense que c'est l'émergence... Tu vois, les premières personnes que je suis sur les réseaux, je pense que c'est Tanguy le Turquet, qui au début faisait déjà de la bonne com' quand il va en Italie faire sa calife et tout, et je me mets à... Enfin voilà, d'un seul coup, c'est un monde qui s'ouvre de lectures, de découvertes, de blogs, mais je pense qu'à un moment, je pense que je suis tombé aussi sur toi, tes épisodes, sur plein de choses. Enfin, quand tu faisais le café de la marine, d'un seul coup, c'est devenu une espèce de bible. où je scrutais, mais je suis devenu un geek, tu vois, vraiment, mais comme tout le monde, je pense à un moment, tu as une phase d'apprentissage où tu veux tout découvrir, et en fait, quand tu es là-dedans et dans la découverte, c'est magique, parce que tu te rends compte que le milieu, il est énorme, et je pense qu'il... Ce qui est super dans notre sport, c'est qu'il est accessible. Quelqu'un qui a le temps, l'énergie et les moyens, déjà tu peux traîner sur un ponton et croiser un marin qui te fait rêver et tu pourras lui parler. C'est pas comme si tu étais à un centre d'entraînement de foot où tu ne peux pas parler aux gens. Il y a un côté qui est quand même très humain et ça je fais un aparté, mais il faut vraiment qu'on garde les villages d'épargne accessibles et non payants. Là quand j'entends certains bruits de ponton, ça me fait bondir que l'économie est le... le business commence à prendre le pas là-dessus, il ne faut pas faire ça. Il faut que ça reste quelque chose de joyeux. Et donc tout ça pour dire, je ne sais plus ce qu'on va dire.

  • Speaker #1

    Du coup, toi, tu es rentré là-dedans, justement. Les portes étaient ouvertes.

  • Speaker #0

    Les portes étaient ouvertes.

  • Speaker #1

    Et tu es dans cette phase-là au milieu des années 2000. Oui, 2011. Au début des années 2010, tu ingères, tu absorbes, tu es en train de devenir ministre.

  • Speaker #0

    Je suis les premières minis. Je découvre un peu les profils. La première fois que je me baladais, je vais à Tréboule. et là je tombe sur le port de Dornenay et je pense que c'était la prépa du map ou du fastnet et là je me dis mais c'est quoi ce délire et je me dis mais ça a l'air trop drôle et il y a un côté de moi parce que t'es tout seul jusque là t'as pas de copains qui naviguent c'est un trip solitaire jusqu'à maintenant j'ai juste des potes de vacances ça se lit bien dans le livre j'ai que des potes de vacances qui viennent de temps en temps faire un peu de bateau avec moi là-bas mais c'est tout et je connais personne du milieu et il y a un truc où Enfin je veux dire quand tu connais personne d'un milieu c'est hyper dur et ça pour le coup j'ai réussi à faire mon trou dans le cinéma et à un moment après j'ai réussi à faire mon trou dans la voile. Et je pense que tu vois j'ai utilisé la caméra et la photo comme une porte d'entrée et c'est vraiment comme ça que ça se passe pour moi. En 2013 je vois que ça navigue à Concarneau, je vois Pifou Darny qui bosse avec Bilou et qui prépare la mini 2013. Et ça commence, je lui envoie un message sur Facebook, je lui dis, moi j'ai besoin de cinéma, est-ce que tu as besoin de photos, de vidéos ? voilà quoi et ça commence comme ça et je viens ici chez kéros d'un secouche ouvre grand les yeux je vois des un mode 70 je suis dans les vidéos que je regarde en fait tu voyais à ce côté ah ouais ça existe vraiment tu es dans le décor que tu es dans le décor que je regarde mais c'est je suis dans le côté paillettes fin et un côté tu découvres tout ce qui fait rêver après ça dérape ça va déraper

  • Speaker #1

    alors restons restons dans cette phase là parce que du coup une fois que tu arrives là finalement ça va il arrive paris paris paris tu es là où c'est à 2013 je filme le départ de la de la mini à douarnenez qui était un départ magique parce qu'il partait au front et c'était magnifique et les couleurs incroyable tu suis pifou moi j'ai rempli en plus et pierre-françois dernier qui est aujourd'hui le directeur technique malidia après une longue carrière d'ingénieur et technicien dans les différentes équipes qui fait et qui fait la mini sur le

  • Speaker #0

    755 155 un assis rares et en fait c'est lui c'est lui ta porte d'entrée quoi c'est là c'est là où il met le tu mets le doigt dans l'engrenage il est ma porte d'entrée il fait rencontrer plein de monde et il me fait naviguer dans l'équipe de bilou ouais c'est lui qui fait la vie unique naviguer pour la première fois sur un mini et je fais vraiment juste le prologue et une sortie banque images avec lui et je pense qu'au moment où je vois le d'ailleurs ça c'est marqué pour moi je pense que le lendemain du départ de la mini J'ai une vidéo de moi qui me filme en me disant je ne sais pas comment je vais faire, mais je vais faire la mini Donc ça, on est en 2013 et je fais la mini en 2017. Et après ça, j'achète un mini en 2014. Je mets six mois. C'était une période qui était assez cool parce que je me suis mis à bosser l'hiver à faire du cinéma et je choisissais un peu les projets et je me gardais du temps l'été pour faire du bateau. Ça, c'était une période de transition qui était super, de dire je fais du bateau quand je veux, je reste hyper motivé à apprendre à faire plein de choses Mais ouais, je suis parti de loin, enfin je pensais pouvoir faire la mine 2015 en un an.

  • Speaker #1

    c'était pas du tout réalisable c'est des très très belles pages parce qu'on raconte rarement ces échecs et là tu montres bien à quel point tu t'es vu plus grand que tu ne l'étais les claques dans la gueule littéralement que tu prends les abandons alors il y a aussi tu racontes à quel point tu es malade en mer mais pas qu'un peu tu vas aller à l'hôpital des armées à Brest où il y a un centre qui essaye de rééduquer contre ce mal de mer et donc cette phase là qui est vraiment un témoignage maritime du ministre de base est très forte parce que tu t'es projeté dans un univers et tu te heurtes à la réalité encore une fois c'est qu'est-ce qu'on tu

  • Speaker #0

    vois quand tu regardes des vidéos de bateaux c'est rare les moments où on montre enfin après tu comprends un peu mieux quand tu penses que tu es dedans voilà c'est ça tu te rends compte qu'en fait c'est hyper dur de filmer les trucs dur et puis en fait il ya ce côté aussi de 2 on est là pour moi c'est ça qui est un peu un peu bâtard c'est qu'on est là pour vendre du rêve donc on va forcément va pas Aujourd'hui, tu vois, il y a quand même quelque chose de très malaisant, je trouve, quand tu vois des gens qui sont en course et qui se mettent à se plaindre, et qui sont Ah là là, j'ai cassé mon truc, c'est dur, ah là là... Tu te dis Attends, les gars, c'est vous qui l'avez choisi déjà, et ça, je ne suis pas le seul à le penser, on choisit cette solitude-là, on choisit cette difficulté, donc on n'a pas de raison de se plaindre, c'est quand même un putain de loisir hyper élitiste, donc on en a chié pour être là, donc il y a un moment, oui, on a le droit de dire que c'est dur, mais il faut quand même... dézoomer un peu et avoir les pieds sur terre de se dire qu'il y a des gens qu'on est vie horrible à côté surtout dans le monde actuel enfin je veux dire quand tu vois la quantité d'horreur qu'on voit tous les jours là on n'a pas le droit de se plaindre donc effectivement il ya un peu cette injonction à dire si vous êtes en mer bah c'est vraiment la génération instagram quoi c'est genre on te montre que ce qui est bien que ce que ce qui est beau donc là c'est l'anti instagram ouais moi je dis partie là est vraiment intéressant parce que je pense que j'avais jamais vécu en mer j'ai toi quand tu commences la voile à patois même à première temps J'avais quel âge ? J'avais 27 ans, quoi. 27 ans, c'est ma première nuit en mer. Quand tu vois qu'il y a un paquet de monde... Enfin, je veux dire, j'ai pas fait un tour de l'Atlantique à 3 ans ou à 4 ans, j'ai pas eu mon cerveau qui s'est accoutumé à tout ça, j'ai pas été câblé pour ça, en fait. Donc oui, la découverte, elle est rude, quoi. Mais il y a ce côté-là que... en fait qui me fascine, tu vois la dimension d'effort, de dire ok c'est dur mais j'y vais, et ça a été un des moteurs.

  • Speaker #1

    Oui, parce que ce qu'il faut raconter aussi c'est que ce goût de l'effort, tu l'as aussi par ailleurs, parce que tu cours énormément. tu fais du vélo, tu nages.

  • Speaker #0

    L'endurance m'intéresse.

  • Speaker #1

    Voilà, exactement. C'est l'endurance, c'est le terme que je cherchais. Parce que quand tu parles de goût de l'effort et l'effort que tu essayes de décrire et qui arrive par le sport aujourd'hui, mais qu'on pourrait être ailleurs, tu le racontes bien. À quel moment, dans cet apprentissage, dans ces coups qui te tannent un peu le cuir et qui font que ton projet en deux ans, c'est quand même un peu sport, il va se faire en quatre ans. À quel moment, par contre, tu découvres ce que tu racontes assez bien dans le premier chapitre du livre, qui est le... la beauté de la mer et d'être en mer et le tempo particulier que tous les gens qui courent et notamment en solitaire et qui vont loin et qui sont quand même contraints par les règles vivent à partir de quel moment tu découvres ces sensations là

  • Speaker #0

    je pense que c'est quand je me mets un peu moins de pression quand je me dis après 2015 j'abandonne sur le fast net pour une connerie et je me dis en fait là ça le fait pas d'un seul coup je me mets moins de pression je vais prendre le temps de faire les choses bien je vais prendre le temps de faire ma calife d'en profiter et de voir en fait moi c'est ce que je dis ce qui est magique sur un bateau c'est justement la privation le côté auto-sobriété c'est à dire Bah ouais, je vais manger des choses qui ne sont pas forcément hyper bien cuisinées, je vais avoir froid, je vais avoir faim, je vais mal dormir, mais en fait le côté privation, il vient embellir, et je pense que là pour le coup il y a des ressorts physiologiques qui font que... Moi, je n'ai jamais pris de drogue de ma vie, mais je pense qu'on s'en rapproche très fortement. Il y a un côté... Le côté manque de sommeil fait que tout devient plus beau. J'avais fait un petit documentaire qui s'appelait La Mini en question. Franchement, s'il y a des minis qui écoutent ici, je pense que dans ce... J'avais interviewé en 2015 quasiment une trentaine de minis qui partaient et tout le monde le décrit, en fait, ce côté... C'est parce que c'est dur que c'est beau. Si t'as le confort, ça ne marche pas, tu vois. Et je pense que c'est ça qu'on vient chercher. C'est là où ça vient encore plus questionner le truc. Ça veut dire qu'est-ce qu'on a vraiment besoin de tout l'attirail ? Moi, je rêve, par exemple, de me dire... Là, je me concentre sur autre chose en ce moment, mais de me dire qu'à un moment, est-ce qu'on ne ferait pas un format de course, un dériveur de 5 mètres ? Un truc que tu fais, tu pars de Dunkerque et tu dois arriver à Handaï, pas d'électronique, mais je suis sûr que la nave elle est plus dure, elle est plus technique qu'un Vendée Globe, parce que tu vas en chier, tu vas avoir froid, tu vas pas dormir, enfin je veux dire, ces trucs-là, comme tu le disais tout à l'heure, moi ce qui me faisait marrer c'était le côté glisse et le côté contact avec les éléments, je suis sûr qu'en fait ce truc-là je pourrais le retrouver sans être forcément sur un bateau de 18 mètres qui va à 25 nœuds.

  • Speaker #1

    Et sans éventuellement le cadre de la course. C'est là où c'est... Est-ce qu'on a besoin du cadre de la course ? Là, on est en train de redériver, mais allons-y.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si on a besoin du cadre de la course, très honnêtement.

  • Speaker #1

    Parce qu'en fait, c'est quand même ça le truc fondamental. C'est que... autant de gens iraient faire un tour du monde en solitaire sans escale s'il n'y avait pas un cadre réglementaire mais aussi sécuritaire mais aussi médiatique et les gens qui le font en dehors de ce cadre là ils sont très peu nombreux j'ai un pote là

  • Speaker #0

    Victor que peut-être certains d'entre vous suivent maintenant qui a lancé l'expédition Captain Darwin qui est super sympa qui a été bien en galère au bout de l'Amérique du Sud qui a échoué son bateau et qui a fait un buzz incroyable et Victor quand il a lancé son projet juste après le confinement Il avait eu cette formule parce qu'il y avait Grégoire Chéron qui lançait son projet mini, et ils sont très potes et ils ont lancé ensemble le truc. Et ils avaient un peu... J'ai beaucoup aimé cette formule de dire, en fait, Grégoire, qui partait sur la mini, allait dans une version franchisée. En fait, aujourd'hui, tout est balisé. Si un jour tu veux faire le Vendée Globe, on sait que tu dois passer par certaines étapes. La mini, c'est bien de le faire. Le Figaro, si tu peux, c'est mieux. Le classe 40, c'est chouette parce que tu découvres d'autres efforts, d'autres trucs. tout est cadré, même le Vendée Globe aujourd'hui, tu l'as dit le mot, c'est sécurisé un petit peu, on sait où on va, ça reste exceptionnel, parce qu'effectivement il n'y a pas tant de personnes qui l'ont fait, mais on sait où on va, on sait les matériaux, on sait plein de choses. Aujourd'hui si tu lances une expédition d'un gars comme Victor qui va dans les canaux de Patagonie, ça reste encore beaucoup plus aléatoire. Et donc je pense qu'aujourd'hui on devrait garder. Je ne sais pas quel mot mettre là-dessus, parce que c'est à réinventer, mais ce qui est beau dans la compétition, et ça je le dis bien, je pense, et j'ai mis les mots là-dessus, c'est qu'on se fixe une date de départ. On se fixe une date de départ, et puis il y a des gens qui y vont ensemble. Et en fait, c'est ça qui est beau, c'est que ça crée de l'émulation. Déjà, tu as une raison de t'entraîner, tu as une raison de tout, en fait. D'un seul coup, tu es drivé par quelque chose, et puis tu vas t'entraîner, tu vas coopérer. tout ce que je disais tout à l'heure, le chemin est vachement plus beau tout l'apprentissage que j'ai fait avec tous les ministres ce qui est beau c'est qu'on est tous ensemble à découvrir tu ne l'aurais pas fait si tu étais parti dans une expédition tout seul si tu pars tout seul tu perds un peu de ce côté là ce côté très humain, social c'est tout ce qu'on doit amener là-dedans et le côté compétition il cloisonne en fait le côté compétition pur et dur de juste dire le seul intérêt c'est de gagner en fait il vient occulter tout le partage tout le... Enfin, c'est vraiment, même si... Tu vois, moi j'ai découvert en écrivant ce livre la différence vraiment entre la collaboration et la coopération. Collaborer, c'est... Tu vois, les gens au sein de la classe OIMOKA, ils collaborent. Mais par contre, ils sont pas coopératifs. Ils sont pas dans l'échange horizontal. C'est genre, oui, on est d'accord pour aller dans la même direction, oui, mais chacun le fait de son côté. Et on est d'accord, on va se batailler pour mettre des règles en place, mais on va pas être dans la coopération. Alors que, tu vois, ce qui est beau, je pense que... Et c'est là où il faut qu'on s'inspire d'autres sports. Parce que... Que ce soit dans le vélo ou dans notre trail, il y a des courses en vélo, en gravel, où il n'y a pas de classement. Tu le fais, tu es finisher, bravo, mais on ne vient pas tirer la gloriol et dada.

  • Speaker #1

    Dans la mini, ils collaborent ou ils coopèrent ?

  • Speaker #0

    Bah il y a de la coopération mais de moins en moins. Je pense qu'aujourd'hui, voilà, tu disais tout à l'heure, je pense que la mini est en train de prendre une dérive. Là, ils sont en train de se réveiller un peu, j'ai l'impression. Ecoute, c'est moi qui le dis, je pense qu'il y a un moment de faire de la spéculation et de dire qu'il y a des bateaux d'occasion qui sont vendus plus cher et… Ils viennent radicalement d'arrêter.

  • Speaker #1

    Voilà. Puisque là, ils ont décidé d'interdire la construction de nouveaux bateaux.

  • Speaker #0

    Et bah ça c'est bien. Mais voilà.

  • Speaker #1

    Pour avoir été longtemps en ministre, tout le monde le sait, tous ceux qui l'écoutent régulièrement, ça je pense que c'est plutôt un exemple de coopération. notamment quand tu as été administrateur de la classe il y a des frictions mais toujours une structure où la coopération est obligatoire c'est un goal cause tu vois là dessus tu fais des ce que je veux dire c'est que du coup souvent je pense que j'ai fait du classe 40 aussi il y a une partie de la classe 40 où ça coopère et une autre où ça collabore c'est là où je pense que les organisations si j'avais un reproche à te faire dans les descripts que tu fais c'est le côté plutôt monolithique je pense évidemment que les situations ne sont pas noires ou blanches elles sont dans une infinité de liens de gris même en IMOCA je pense qu'il y a des gens qui coopèrent il y a des gens qui font ça très bien mais comme je disais le

  • Speaker #0

    truc qui est dur c'est que c'est drivé par ceux qui aujourd'hui se comptent de l'argent et du pouvoir ont quand même plus d'influence et ils emmènent un peu tout le monde dans un truc où il y en a plein qui n'aimeraient pas y aller enfin aujourd'hui Aujourd'hui, moi je suis choqué de voir qu'en mini, avec le budget que j'avais déjà il y a 7 ans, Et bien je ne suis pas sûr que je pourrais faire. Enfin je veux dire, il y a un moment qui... Enfin, si on fait une pause là et qu'on dézoome un peu, quand tu vois un peu le profil des navigants en mini aujourd'hui, il est bien loin des navigants de 77 je pense tu vois. Et est-ce que c'est bien, est-ce que c'est mal ? On n'est pas là pour juger. Mais par contre de se dire, enfin qu'est-ce que ça dit de nous en fait, de notre sport et à un moment ça serait peut-être bien aussi qu'on... Enfin tu vois, de parler d'accessibilité et d'inclusion. on est quand même tous un peu le même profil enfin toi à ce micro je pense qu'on est tous un peu enfin voilà là il y a un autre concept qui me tient très à coeur c'est le concept de la pyramide de Maslow de dire qu'en fait nous on est en haut de la pyramide tu vois on est dans du loisir donc la pyramide de Maslow c'est les besoins fondamentaux en gros l'espèce humaine on a besoin d'avoir les besoins physiologiques, se nourrir se loger, c'est la base ensuite il y a la sécurité de ce de... pouvoir créer un foyer, et puis ensuite, t'as l'estime de soi, l'accomplissement, et au-delà de ça, après, t'as vraiment le petit truc en plus, c'est vraiment l'accomplissement personnel.

  • Speaker #1

    Donc c'est la pointe de la pyramide.

  • Speaker #0

    C'est la pointe, et elle n'est pas nécessaire, elle n'est pas essentielle à notre survie. Mais c'est ce que je dis dans le livre, paradoxalement... si on était juste réduit à être juste à travailler à se nourrir et tout ça on se ferait quand même rapidement chier et heureusement qu'on a des choses à défendre heureusement qu'on a la culture, heureusement qu'on a le cinéma la musique et le sport en fait partie mais pour moi toutes ces choses là qui j'aime bien cette formule que j'ai trouvée de dire que la beauté de l'inutile a toute sa place à condition qu'elle soit soutenable c'est la moins dernière phrase de ton livre ouais et je l'aime bien parce que pour moi c'est vraiment le fond du propos c'est de se dire il y a un moment ok pour le haut de la pyramide la condition est que ce soit sonnable parce que sinon parce qu'en fait ça sera toujours au dépens de la nature, du vivant ou de quelqu'un d'autre et il y a un moment si on essaie de repenser les choses si mon besoin il est de je prends cet exemple à la fin dans le dernier chapitre où je me dis quand on fait le tour on va naviguer sur les saintes oises en Guadeloupe. Mais c'était hyper joyeux. Il y a un sponsoring qui existe, on fait la fête sur la plage, on s'amuse, ça régate. mais par contre le bilan carbone il est ok en fait il est super cool et oui si tu as envie de jouer si tu as envie de faire un concours de qui a la plus grande et qui va le plus vite et qui a bien géré bah oui tu peux le faire mais par contre tu vas pas avoir un impact négatif et ça restera local tu vois et je pense que c'est ça qui a débordé complet parce que là t'es bien placé sur tout le côté marketing et compagnie à quel moment on a accepté quel moment c'est ok d'avoir des sponsors pareils dans nos voiles, enfin je veux dire aujourd'hui on est devenu des panneaux publicitaires et à quel moment c'est ok, et en fait on a considéré ça comme une norme à quel moment c'est devenu une norme je pense qu'il y a plein de gens, les anciens marins je pense qu'ils bondiraient en fait aujourd'hui si vous voyez ça, enfin Moitessier je pense que

  • Speaker #1

    Moitessier oui, c'est sûr après le sponsoring il existe depuis les chaussettes de Kindy, ça a plus de 50 ans et du coup qu'est-ce que tu penses à ce moment-là ? Qu'est-ce que tu penses des gens qui... T'inquiète pas, on va revenir à 2017. J'ai ma chronologie sous les yeux. Mais profite-toi. Qu'est-ce que tu penses du coup de ce côté panneau publicitaire, mais panneau publicitaire au profit de causes ? Alors il y a les gens qui font du canvassing, mettons-les de côté. Mais il y a les gens qui portent réellement des causes.

  • Speaker #0

    Ben oui,

  • Speaker #1

    pour... Prenons le cas de Nicolas Destey, qui est sponsorisé par Café Joyeux, qui est une entreprise qui emploie des jeunes prisonniers.

  • Speaker #0

    Ah ben là, tu parlais tout à l'heure de... Mais qui est une entreprise. Oui, de paradoxes et plein de choses. Est-ce que c'est OK de se dire qu'on... J'en ai déjà discuté avec lui, mais est-ce que c'est OK de faire la promotion de ça, mais en même temps, d'aller chercher de l'argent chez le groupe Accor ? Bon. Moi je serais pas hyper serein et droit dans mes bottes avec ça. Comme au final, même moi avec Everial, ok c'était de l'archivage mais il bossait avec plein de banques et plein d'assurance. Et je dois avouer que j'étais pas hyper à l'aise avec ça. Donc oui porter une cause c'est très bien mais il y a un moment ça masque pas. Tu peux pas juste dire c'est bon j'ai une cause et...

  • Speaker #1

    Non mais justement, on parle pas de ça. Il y a aussi des gens qui font ça de manière...

  • Speaker #0

    Honnête.

  • Speaker #1

    Honnête, qui porte quelque chose. L'objectif n'est pas forcément de générer des ventes en plus.

  • Speaker #0

    Bah ouais, après la vraie question, c'est de se dire aussi que c'est devenu un modèle économique. Si je pense à Tanguy Le Turquet, par exemple, qui est un très bon ami, bah oui, il arrive à trouver de l'argent, je pense, parce qu'il fédère plein de boîtes qui s'associent à ce message-là, et c'est super. Après, est-ce que... est-ce que c'est pas le serpent qui se mord la queue de se dire est-ce que s'il ferait une autre aventure nautique est-ce qu'il ferait Baluchon il aurait peut-être plus de succès médiatique je sais pas là pour le coup c'est très paradoxal pour moi et je pense qu'il y a un moment c'est aussi parce qu'on se met tu rentres dans un jeu il y a des contraintes du jeu et t'es obligé de rentrer dans le moule et tu cherches les solutions que tu peux et... On a souvent cette discussion au sein de la vague de se dire, tiens qu'est-ce qui était... Il y a un moment on se disait, tiens comment on fait... Est-ce que les classes de bateaux devraient avoir un comité éthique de dire est-ce qu'on valide ou non que tel sponsor vienne là-dedans ? Moi aujourd'hui, je ne suis pas du tout à l'aise, je considère encore que c'est un peu mon sport, je ne suis pas du tout à l'aise avec l'idée qu'il y ait des énormes agro-industriels qui soient en avant. Moi je considère que ça dessert notre sport.

  • Speaker #1

    Mais si on enlève la compétition et si on enlève le modèle économique...

  • Speaker #0

    Il faut tout réinventer.

  • Speaker #1

    Oui, mais du coup il n'y a plus de secteur en fait.

  • Speaker #0

    Je n'en sais rien. je pose la question très ouvertement moi aussi la question parce qu'au final quand tu vas voir je prends le cas d'Everial ce qui faisait que et c'est pas le seul c'était ton sponsor ouais c'était mon sponsor ce qui fait qu'on accepte aussi que c'est aussi accepté en interne nous c'était les journées de navigation tu fais naviguer les gens à bord ce que font beaucoup de sponsors et si tu fais pas ça je pense que c'est beaucoup moins bien accepté après de se dire ouais il y a un prétexte à faire une course et c'est cool et... Et voilà, c'est un héritage culturel, peut-être que tu as suivi des courses plus tôt et ainsi de suite, mais est-ce qu'on ne peut pas quand même faire un modèle ? Enfin, il faut que je rebondisse sur autre chose. On a beaucoup critiqué la vague en disant vous dénoncez, mais vous ne proposez pas grand-chose. Là, l'année prochaine, on va faire ce qu'on appelle le festival de la vague, et on veut avoir un événement nautique. Je ne sais pas si on doit l'appeler course ou pas. On se dit, est-ce qu'il faut faire un classement ? Est-ce qu'il ne faut pas faire un classement ? Qu'est-ce qu'on va récompenser ? Comment on le fait ? Moi, je trouve ça un peu dommage que quand on fait un petit atelier, là, il y a un mois, on est quatre. Et effectivement, je le comprends, les gens qui sont actifs dans le milieu, ils ont autre chose à faire pour l'instant c'est un métier qui est compliqué où il y a des emplois du temps très compliqués mais il y a un moment, il faudra peut-être qu'on se pose parce qu'aujourd'hui, si tu sors un peu du rang médiatiquement, tu peux trouver ta place, tu peux trouver à raconter une histoire on parle de storytelling à longueur de journée dans ce qu'on fait, je veux dire chaque équipe ou chaque skipper qui lance un truc a besoin d'avoir une originalité aujourd'hui, je suis désolé mais toi sur la route du Rhum que j'ai faite j'ai un bateau neuf ça c'est un autre sujet on va y venir on va rentrer en 2017 après mais vas-y ce que je veux dire c'est que t'as beau avoir un bateau neuf t'as beau être dans une classe machin t'as beau avoir ton originalité t'es noyé au milieu de 138 personnes comment tu fais pour exister médiatiquement comment tu fais pour que ton sponsor qui

  • Speaker #1

    dise ah bah bon c'était ça ma question du coup si tu enlèves si tu enlèves la mécanique de la compétition si tu enlèves je suis le raisonnement si tu enlèves le modèle économique non ouais qui est là, il n'y a plus de secteur au sens strict du terme. C'est complètement autre chose.

  • Speaker #0

    C'est complètement autre chose, mais ça met en face les compétiteurs.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas l'industrie qui va avec.

  • Speaker #0

    Ça met les compétiteurs face à une vraie question de se dire, mais pourquoi vous faites ça ?

  • Speaker #1

    C'est vrai.

  • Speaker #0

    Et c'est vraiment... Là, je reprends une formule dans le livre d'Aurélien Barraud, l'astrophysicien que peut-être certains connaissent. Bien connu. Et moi, j'adore sa formule de dire que même si on construisait une bombe, de manière écologique, durable, recyclable, ce que tu veux, ça n'en resterait pas que la bombe ferait son travail de bombe. La finalité, elle serait d'exploser. Et je ne dis pas que la course au large, c'est une bombe. C'est juste que là, tout ce qui se passe aujourd'hui, et moi le premier, quand on essaye de mettre du lin, quand on essaye de faire bouger les règles, on essaye de changer la modalité. On essaye d'aller toujours dans la même direction, qui est de dire, on veut organiser des grandes courses, on veut des retombées médias. on veut qu'il y ait un business model, on veut qu'il y ait une industrie, mais bon, là, on est en train de nous dire un peu que ce n'est pas fou, donc il faut quand même qu'on change, mais on est en train d'essayer de faire rentrer un rond dans un carré, donc ça ne marche pas.

  • Speaker #1

    Mais ce n'est pas ça que je... Ma question, enfin, je pense que c'est la question centrale, c'est que du coup, si on introduit les changements qui sont nécessaires, la logique, le bout de la logique, elle est d'arrêter.

  • Speaker #0

    Elle est en tout cas de se dire qu'est-ce qui nous...

  • Speaker #1

    Parce qu'on hésite... Dans ton livre, on le lit assez bien, tu hésites beaucoup entre le... Le faire autrement et le plus faire du tout. Et cette question, elle est centrale. Parce que si on décide de plus faire du tout, c'est...

  • Speaker #0

    c'est assez simple du point de vue de mise en oeuvre mais tu vois on en revient à cette notion je pense que même pour en avoir parlé avec François Gabart je pense qu'on s'amuse plus à faire des surfs en kite en wing ou en kata ou ce que tu veux dans la baie où tu es au ras de l'eau si on devait prendre un critère de joie, je ne sais pas comment on pourrait mesurer la joie, mais de se dire qu'est-ce qui m'éclate le plus je suis en train de jouer dans la baie mon ratio il est peut-être je sais pas à 90 de fun est-ce que un ratio dépense à impact joie, plaisir plaisir énorme de dire est-ce qu'il faut vraiment avoir 12 millions d'euros pour faire un trimaran, pour aller dans un truc pas possible avec une équipe, avec une logistique qui t'enferme dans une espèce de tunnel parce que t'as des gens, t'as toute une boîte, une économie à gérer, des sponsors Est-ce que tu retrouves le même truc ? Oui, j'imagine bien qu'il y a des moments de grâce et un bateau qui vole, c'est très joli. Mais une aile de mouette, c'est très joli aussi. Un exocet, c'est très joli aussi. Il y a un moment, si ce qui nous donne du plaisir, on peut peut-être l'avoir autrement. Est-ce qu'il ne faut pas juste se dire qu'on a été trop loin et avoir l'humilité de se dire, là, on ne va pas dans la bonne direction. Et peut-être qu'on pourrait... Je n'ai jamais fait le tour voile et des choses comme ça, mais je me dis, pourquoi ce n'est pas plus mis en avant ? Parce que c'est une formidable manière de faire naviguer plus de monde, de rendre les échanges tactiles et réels avec le public. Moi, ce qui me choque aujourd'hui, c'est que oui, je pense que... Il y a toute une génération de marins qui est venu de l'accessibilité à la mer par les dériveurs. Aujourd'hui, en dehors de nos petits cercles, qui fait du dériveur ? C'est quand même la base d'aller sur l'eau pour jouer.

  • Speaker #1

    Ils font du kite, ils font du surf, ils font de la wing. Mais oui,

  • Speaker #0

    mais oui, mais oui. Enfin, je veux dire, il y a un moment, c'est quand même chouette de bricoler un bateau, de se dire...

  • Speaker #1

    tiens j'ai de l'autonomie je peux me balader enfin tout ça tout ça le rapport plaisir temps argent il est en faveur de ces nouveaux engins c'est presque un autre débat non mais c'est vrai et notamment celui du renouvellement des générations

  • Speaker #0

    deuxième pas de côté on revient à 2017 et on va arriver comme ça jusqu'à aujourd'hui donc pas de mini 2015 du coup tu prépares 2017 et là en fait c'est là où on disait tout à l'heure que tu étais vite arrivé en fait sans parler d'être arrivé au sens rastignac du terme mais très vite il y a Conrad Kallmann qui t'appelle pour être médiaman puisque tu as cette double compétence donc à l'aise dans la vidéo et puis très vite aussi tu trouves un style le bonnet, il y a tes grands yeux tes grands yeux ronds, l'acting la manière que tu as de te compter et puis tu t'écris un personnage avec beaucoup d'auto-dérision je pense que c'est aussi pour ça que ça passe très très bien comme dans le livre, tu ne te caches pas du tout derrière des prétentions sportives et c'est pour ça que ça fonctionne donc du coup, Conrad t'appelle pour faire La New York Vendée Il y a 8 ans Dans la foulée Même chose Yves Leblevec T'appelle pour faire The Bridge Et t'as pas encore fait la mini

  • Speaker #1

    Non et ça m'énerve sur le moment Je dois avouer que je suis pas à l'aise avec ça Parce que je voulais faire les choses dans l'ordre Et pour moi j'avais ce rêve de traverser l'Atlantique en solitaire Et en fait Oui ça m'a un peu

  • Speaker #0

    j'ai pas envie de dire que ça m'a gâché le plaisir mais en fait j'ai touché c'est des propositions que tu peux pas refuser quand t'as rêvé de ça et que tu dis bah tiens d'un seul coup à l'époque encore t'es complètement dans le jeu et tu le dis très très clairement juste un petit état faire partie de ce cirque, alors ça c'est plutôt les termes de 2024 tu le disais pas comme ça à l'époque faire partie de ce cirque sur l'instant est incroyable de point naviguer sur les plus grands et les plus beaux bateaux voir toutes les portes s'ouvrir bénéficier de mises en relation de plus en plus faciles, d'une certaine valorisation dans le regard des autres, de demandes d'interviews, trois petits points, je l'admets, j'ai bien profité de ces avantages. Et le livre, il est vraiment intéressant pour ça aussi, c'est que tu ne te caches pas derrière ton petit doigt.

  • Speaker #1

    Ah ben non, j'en ai profité. J'en ai clairement profité et...

  • Speaker #0

    Non, et ma question, c'était le... Mais on sent quand même... que ça te questionne à la fois parce que t'as pas encore passé ton bac qui est la mini et on sent que pointe déjà des interrogations bah oui à l'époque ça me pose des questions parce que tu

  • Speaker #1

    commences à rentrer un peu moi je découvre à ce moment là deux opposés tu vois un Conrad qui vient du mini, qui bricole, qui fait le truc dans son garage et qui arrive à faire des choses et qui en même temps est confronté à Enfin, tu vois, je pense que tu vois, on l'a bien dit tout à l'heure, il y a un vrai décalage entre un projet comme celui de Conrad et se dire qu'on joue dans la même cour que des bang pop et des trucs comme ça. Bah, il y a un truc qui n'est pas logique, enfin, il y a un truc qui n'est pas cool que médiatiquement on parle... Enfin, pourquoi, si on devait prendre, par exemple, moi j'aime bien ce côté, tu vois, quand on parle de performance, moi j'adorerais qu'on... Enfin, j'ai trouvé cette formule la dernière fois de me dire, tiens, on parle de performance. Qui est-ce qui fait la plus belle performance typiquement sur un Vendée ? Est-ce que c'est Hermel qui gagne en 2016 ? Oui. Est-ce que c'est Hermel qui gagne, qui a tous les moyens, qui a les budgets et tout ? Ou est-ce que c'est Conrad qui va remater son bateau ? Enfin, qui fait la plus belle performance ? pour moi c'est une plus belle performance comme Tanguy qui arrive à réparer son bateau sur la Jacques Vabre et qui fait l'aller-retour, qui boucle, qui arrive dans le timing, qui repart.

  • Speaker #0

    Et qui finit probablement à toi des rives.

  • Speaker #1

    La performance est quand même plus belle pour moi que quelqu'un qui a tout qui va bien, qui a le budget qui va bien, qui se repose et tout ça. Remettons les choses en contexte aussi. Donc oui, je pense qu'à ce moment-là j'ai un peu des choses qui m'échappent. Après, faire du trimaran... d'un seul coup je me retrouve à des liens avec Sam Davis, avec Jean-Baptiste Le Vaillant, avec Davey, avec Yves, qui sont des légendes pour moi, tu vois, et tu dis, c'est cool, mais à un moment il y a aussi tout ce côté... je découvre les sponsors les relations le Queen Mary sur le moment tu dis je suis dedans mais là en dézoomant je pense que Damien Grimond il est en train de prendre un virage il y a le Queen Mary il y a une course de bateau à voile il y a le Queen Mary il y a un A380 qui passe dans le ciel n'importe quoi ça n'arrivera plus je pense qu'on va le regarder en disant qu'il faisait n'importe quoi

  • Speaker #0

    C'est quand même là aussi qu'on voit que le monde et la manière dont on a de le regarder a très vite changé. On en rigole aujourd'hui, mais ce n'était pas si longtemps que ça.

  • Speaker #1

    Non, mais tu dis, je pense qu'il y a une vraie… De toute façon, j'ai essayé de le retracer aussi dans mon bouquin. Pour moi, il y a vraiment ces sept dernières années, il y a une prise de conscience écologique. Les discours sont en train d'infuser. Aujourd'hui, il n'y a pas une journée dans les médias où tu n'as pas un questionnement qui est sur l'écologie. C'est Parce qu'en fait ça se fait sentir de plus en plus parce que c'est un vrai sujet. Là sur les élections européennes, c'est le sujet qui préoccupe le plus les Français. bon bah c'est pas rien non plus fin donc je pense qu'il faut quand même qu'on enfin c'est un sujet dans l'air du temps et je pense qu'effectivement il ya déjà en 2017 bas on peut on s'en parlait pas quoi tu vas faire la mini est ce qu'elle est conforme

  • Speaker #0

    à ce que tu avais projeté depuis déjà quelques années. Tu as des très belles phrases sur le retour de la mini. Je pense que tous ceux qui ont couru la mini ont vraiment ce reverron dedans, ce décalage total quand tu rentres en France, cette dépression postpartum.

  • Speaker #1

    C'est un sentiment à la fois de puissance et d'impuissance.

  • Speaker #0

    Exactement, tout à fait.

  • Speaker #1

    Parce que tu dis que tu as fait un truc incroyable.

  • Speaker #0

    Je préfère le Vendée Globe, il n'y a pas de problème. Et puis en même temps, la saveur...

  • Speaker #1

    tu as une très bonne phrase tu dis à l'arrivée de la mini j'observe aussi que l'exposition répétée à ces situations en course me perturbe ces expériences qui devraient rester exceptionnelles se normalisent oui une fois que tu as fait ça le reste n'est pas très ne semble pas très compliqué oui il l'est encore oui oui oui largement mais j'ai aussi enfin c'est en discutant avec une copine qui a fait la mini en même temps que moi Camille la dernière fois on discutait je trouve qu'il y a une vraie sagesse en fait dans plein de ministres de plein de profils qui se disent ok j'ai fait la mini J'ai fait quelque chose de très très beau, et en fait je suis ok d'en rester là. Parce qu'en fait, tout ce que j'ai fait après la mini...

  • Speaker #0

    j'ai pas retrouvé j'ai pas retrouvé les sensations c'est la majorité mais oui enfin juste pour moi je pose remettre le sol l'église dans son âge c'est que les mais c'est ça la plupart des gens ne font la font qu'une fois et après tu l'as fait qu'une fois et tabo enfin en figaro je pense que c'est un autre effort c'est un truc c'est un truc de vraiment un

  • Speaker #1

    effort très très particulier je pense que ça aurait pu me plaire tu vois le côté un peu enchaîné les étapes et tout ça c'est un petit peu Peut-être une petite frustration que j'aurais bien aimé voir à quoi ça ressemblait, mais au-delà de ça, plus ça grandit, plus... Moi, il y a un truc qui me gêne, enfin pas que ça me gêne, mais sur ces gros bateaux, déjà tu pars plus quoi. C'est tout con, mais plus ça va. J'ai fait du foiler, j'ai pas fait les nouveaux qui sont complètement fermés, mais à un moment t'as plus les embruns, t'es plus coupé. je suis pas sûr que ça... C'est même plus débateux, en fait. Et ça, je crois que je suis pas le seul à le dire.

  • Speaker #0

    Revenons à la mini et aux sensations qu'elle te laisse.

  • Speaker #1

    Elle me laisse la sensation de... Je pense d'avoir accompli ce que je voulais faire. C'est satisfaisant, ça vient flatter ton égo. Et puis, dans le même temps, tu te dis... Je découvre, je pense, le temps long. Je découvre le... d'être face à soi-même. Je pense que c'est seulement après où je me suis rendu compte de la chance qu'on a. C'est pour ça qu'un an après, je m'étais battu avec de nombreux autres ministres pour qu'on n'ait pas de téléphone iridium à bord. C'est une chance. C'est seulement quand tu le vis après que tu te dis que toutes les autres transats que j'ai fait après, ce n'est plus pareil. Tu as WhatsApp, tu dois envoyer des trucs tous les jours. ça n'a rien à voir. Tu te mets une pression de fou. Et je ne dis pas que mon sponsor m'a mis la pression. Je dis juste que la pression, elle existe de manière inconsciente et tu te la mets toi-même. En fait,

  • Speaker #0

    l'appareil est là. Alors qu'en mini, de fait, il n'est pas là du tout.

  • Speaker #1

    Oui, donc il faut se battre pour cet espace de liberté qu'est la mini. Et voilà, je pense qu'il faut le garder. C'est quelque chose d'hyper précieux. Et je pense que... Je pense qu'il y a des gens bien encore qui vont se battre là-dedans, tu vois. Mais il faut se poser des vraies questions. La mini, elle est le prototype de plein de choses. Là, il y a des groupes de discussion en ce moment. Je n'ai pas eu l'énergie d'y aller parce que je pense qu'il y en a plein d'autres qui font ça très bien et qui amènent ça. Mais il faut qu'on repense aussi l'imaginaire. À quel moment, je l'interroge en avant, l'imaginaire du rêve des Antilles est rentré chez nous ? Si ce que tu as envie, c'est de te découvrir toi-même, de passer du temps sur l'eau...

  • Speaker #0

    Tu n'as pas besoin d'aller aux Antilles. Tu peux faire une boucle. Pour rappeler, les ministres, sous la houlette de la classe mini, ont des groupes de réflexion sur l'avenir de la classe mini et la mini 3 en particulier, en visio. Je ne sais pas si c'est libre ou pas, moi j'ai reçu une invitation, et les comptes rendus sont en ligne. Je crois que c'est animé par la même personne dont je viens d'oublier le nom à l'instant.

  • Speaker #1

    Anna Le Cosset.

  • Speaker #0

    Anna Le Cosset, qui anime aussi.

  • Speaker #1

    Oui, une facilitatrice qui bosse à la vague.

  • Speaker #0

    Qui bosse à la vague, voilà. Et donc il y a des comptes rendus en ligne, tout est accessible et c'est très intéressant à lire. ce que je disais tu racontes assez bien la transformation aussi qui s'opère en toi une fois que tu l'as fait t'as changé je te relis le paragraphe si tu veux malgré tout je peux affirmer que je ne me suis jamais senti aussi heureux ni aussi triste qu'en naviguant sur mon mini accueillir l'ensemble de ces sentiments dans les hauts comme dans les bas est-ce qu'il m'a rendu si vivant ?

  • Speaker #1

    c'est ça, je pense que c'est un mot qui revient très très fréquemment chez tout le monde, c'est que tu dis moi je ne me suis jamais senti aussi vivant que quand tu fais la mini parce que si tu passes par enfin Tu passes partout quoi, et moi j'ai eu une transat facile je pense, enfin qui était pas compliquée, j'ai rien cassé et compagnie, mais il y a quand même des moments où tu flippes, il y a des orages, il y a des trucs, et ça vient en fait te combler parce que oui, parce que t'es heureux, parce que t'es triste, et à ce côté, c'est précieux aujourd'hui de pouvoir se retrouver face à soi-même, c'est hyper rare. Moi à un moment j'ai passé dix jours sans personne, et moi à un moment il y avait un italien après le caver qui voulait, il m'a dit on se suit, j'ai fait non ! Non, je veux être tout seul. Enfin, tu vois, il y avait un côté de moi, oui, je venais pas pour gagner, j'avais pas le bateau pour, c'était pas du tout l'idée. Mais par contre, je voulais faire cette expérience-là. Et oui, c'est ça le paradoxe, c'est de se dire que je voulais être tout seul, mais à plusieurs, tu vois, de se dire de préparer le truc. Et c'est ça qui est beau, c'est de se dire, comme tu dis, il y a le côté sécurité, de se dire quand tu es un peu encadré, ça rassure quand même un peu tes parents, ta famille, tes copains, enfin, c'est quand même un peu organisé. Voilà, tu vois, c'est un très bon exemple de se dire que parce que tu mets des petites contraintes, des petites règles, tu peux quand même avoir de la liberté. C'est tout l'enjeu de ce livre et de toute ma réflexion, de se dire que c'est pas parce qu'on va se mettre des règles qu'on sera pas libre. Si la finalité, elle est de jouer, et imaginons qu'il y a des gens qui veulent encore avoir des classements, mais jouer sans avoir des impacts sur les autres ou sur le vivant.

  • Speaker #0

    Juste après la minute, tu as écrit d'une certaine manière, mon mode de vie est en train de basculer Donc c'est un moment de bascule quand même. À petits pas, ma pensée évolue. mais il est terrible de constater que notre système est tout en oeuvre pour l'anesthésié. Donc tu sens toi-même qu'il y a quelque chose qui s'est passé, dans une presse de conscience, mais que tu n'arrives pas à le mettre en oeuvre.

  • Speaker #1

    Tu reviens à la facilité.

  • Speaker #0

    Voilà, il y a un énorme paradoxe, c'est que du coup, une fois que tu as fait ça, tu as passé ton bac, tu es parcours sub. Et là, le truc s'enchaîne. Tu vas travailler sur la solitaire du Figaro, tu vas travailler sur la route du Rhum. Tu vas faire partie du cirque entre guillemets, qui est le terme que tu utilises.

  • Speaker #1

    Mais oui parce qu'il y a...

  • Speaker #0

    C'est là où il y a les premières dissonances en fait.

  • Speaker #1

    Il y a les dissonances de se dire mais attendez je veux continuer à faire ça, à ce moment-là j'ai l'idée de me dire que maintenant j'ai un truc à raconter parce que ça c'était un de mes grands sujets, de me dire là je ne sais pas quoi raconter, ok je sais réaliser un film, je sais faire tout, mais par contre je n'ai pas de sujet. Il y a un moment où pour moi il faut savoir... C'est un peu le syndrome de la coquille vide. j'avais utilisé ce mot là quand j'ai annoncé sur les réseaux mais je pense que parfois il y a un peu de ça les équipes qui font du bateau je pense qu'il y en a plein qui ne savent même pas vraiment ils ont fait de l'optimisme, ils ont fait le truc, ils ont suivi le truc classique ils se retrouvent là, ils ne savent même plus pourquoi ils sont là c'est quoi ton histoire ? je suis chargé de com, qu'est-ce que tu racontes ? c'est quoi ton truc ? moi je fais de la ragate, je fais des trucs t'as quoi d'autre ? non mais j'ai que ça comment tu fais ? on invente des espèces de faux concepts, de faux trucs qui... et c'est dramatique je trouve enfin de l'actualité où tu commences à bosser sur la route du rhum je pense que je commence à avoir des énormes dissonance fin des choses voilà je l'aï à l'époque je bosse avec avec boris et qui est encore qu'à pas beaucoup d'argent malgré que le fait qu'ils aient écrit monaco pas encore enfin maintenant je pense qu'ils ont quand même des budgets plus confortables et ils ont construit des choses bien mais tu dis à un moment j'étais pas hyper d'accord avec le fait de fin c'est hyper dur et là pour le coup c'est un vrai paradoxe c'est de se dire est-ce qu'on attend d'être parfait pour porter un message on écrit qu'est-ce qu'on peut faire pour sauver l'océan moi aujourd'hui je considère que de faire une campagne IMOCA, de faire une Ocean Rise c'est pas forcément là où ces budgets là seraient les plus impactants et en même temps tu dis bah oui mais il faut quand même communiquer il faut quand même dire des choses c'est insoluble comme truc mais moi en tout cas oui j'ai été choqué de voir l'opulence euh

  • Speaker #0

    enfin il ya des choses qui me qui commencent à me choquer et le paradoxe un de plus c'est que c'est à ce moment là en fait que tu vas alors rentrer dans plein de plein pied dans le milieu puisque le sponsor de clarisse qui est l'une al garcia chez le royal clarisse

  • Speaker #1

    est appelé par bon populaire donc du coup il faut un marin pour remplacer clarisse et puis moi je lance mon projet à ce moment là j'annonce quasiment une semaine deux semaines avant que je veux faire un film sur la transat anglaise exactement que je cherche un classe 40 que et en fait ça cause bien les classes parce que Everial veut passer sur quelque chose de plus gros ils sont en Figaro avec Clarisse c'est la première année du Figaro 3 et voilà c'est vrai que l'histoire elle est belle ça reste en plus ma famille en tout cas de marins, de Clarisse, Tanguy il y a une sorte de filiation qui est quand même super et oui c'était super chouette

  • Speaker #0

    et tout ça ça vient se faire doucher par le Covid qui met un stop à tout ça voilà exactement et tu vas au départ avant le Covid tu vas au départ de la Jacques Vabre et tu as des mots assez forts c'est assez balisé j'ai lu le bouquin j'ai lu le bouquin tu vas à la Jacques Vabre et là aussi à nouveau tu parles de dissonance la semaine suivante je me retrouve au Havre pour commenter le départ de la Transat Jacques Vabre pour un sponsor ami du mien voilà Je fais partie du jeu, je connais tous les bateaux, tous les skippers, je suis heureux de voir ces voliers partir vers le Brésil, mais dans le même temps, quelque chose commence à sonner vraiment faux. La fameuse dissonance qui est à l'oeuvre. Ce n'est pas pour le plaisir de finir, c'est parce que la franchise avec laquelle tu le racontes est vraiment importante pour bien comprendre le message que tu veux faire passer. On constate qu'autant d'énergie est mise au service d'un loisir, que tout le monde se presse pour en faire toujours plus, qu'il faut aller vite, qu'il faut toujours avoir un coup d'avance. En moi, la dissonance s'installe. On est à l'automne 2019.

  • Speaker #1

    au moment en fait alors il va y avoir le Covid mais derrière tu vas avoir ton classe 40 etc c'est hyper dur parce que je pense qu'il y a un moment j'avais et les rêves et aussi le côté Pour moi, c'est vraiment le syndrome du capitalisme de dire en fait le voisin il a ça, pourquoi moi je le mériterais pas ? Instagram fonctionne là-dessus, on te montre que des postes et toi tu dis mais en fait ma vie c'est de la merde parce que pourquoi lui il fait ça, pourquoi moi je fais pas ça ? Et il y a un peu ce côté-là, tous tes potes qui partent faire des trucs et pourquoi pas moi ? C'est vraiment le biais en plus un peu du survivant de se dire à un moment en fait quand tu baignes là-dedans, tous les projets sont gagnants, on voit pas les projets qui sont pas bons, tu vois il y a un côté... un peu malsain là-dedans et de voir vraiment enfin moi je pense qu'à l'époque c'est ça qui me gêne c'est le côté ah bah il faut on est là pour faire du business on invite des gens on s'en fiche de savoir il ya des beaux spectacles on échoue enfin enfin Pourquoi quoi ? Je veux dire, il y a un moment, ce qui nous fait rêver, c'est de traverser l'Atlantique. À quel moment on s'est compromis, nous tous, là, pour dire on accepte tout ça ?

  • Speaker #0

    Mais là, tu raisonnes avec ton regard d'aujourd'hui, mais à l'époque, cette dissonance n'était pas encore assez forte pour te faire renoncer. Non,

  • Speaker #1

    elle ne me fait pas renoncer.

  • Speaker #0

    Mais tu as une phrase, deux ans après, là c'est encore plus fort. Et du coup, on va voir aussi l'apport que peut avoir la performance dont on a discuté tout à l'heure. Tu dis je continue donc de jouer mon rôle C'est la Transat Jaguab 2021 Que tu fais faire avec Matt Crepel Qui était un snowboarder, qui était l'une de tes idoles Tu dis je continue donc de jouer mon rôle de marin Et me retrouve de nouveau embarqué dans le cirque de la course au large toutefois je ne cache pas mon excitation à l'idée de me lancer dans une telle compétition en tant que professionnel j'aime beaucoup la rigueur de la préparation océanique et le niveau d'exigence si je suis désormais professionnel je veux bien faire les choses mais quand même donc là cirque puis après professionnel mais quand même je m'interroge quelle histoire vais-je pouvoir raconter alors que la prise de conscience écologique s'installe dans ma tête donc on voit bien que ces années là étaient déchirées je suis dans un étau parce que

  • Speaker #1

    D'une partie, j'adore... Je pense que je fais partie de cette catégorie de marin bricoleur où j'aime bien comprendre ce qui se passe, j'aime être dedans, et oui, ça me fait plaisir d'avoir un bateau bien préparé. En fait, je pense que c'était Jean-Bath Le Vaillant qui était venu faire le prologue avec moi, on venait faire The Bridge ensemble. Il m'avait dit une formule que je trouve très belle qui est de dire que ce qui est beau, c'est de faire marcher un bateau, que ce soit un bateau en bois, une caravel ou un ultime, c'est de l'exploiter. au mieux de ce qu'on peut faire et toi d'avoir le bon réglage le bon truc et je pense qu'il y a quelque chose de cet ordre là de se dire ok bah là un bateau c'est pas que de la technique c'est pas que du carbone, c'est pas que de la fibre de verre tu y mets aussi une âme et il y a une sorte de quelque chose d'artistique là dedans d'être en équilibre enfin Thomas Covill met des très jolis mots là dessus je trouve de dire que en fait c'est une symbiose avec ton bateau et pour moi il y a un moment je pense que de trouver l'équilibre entre la météo ton bateau, toi-même de savoir que tu es dans le bon timing, dans la bonne phase bah oui parfois ça peut accoucher sur des résultats même si aujourd'hui tu ne vas pas gagner moi il y a des fois j'ai fait des courses où j'étais trop bien en fait, c'était super beau c'était des moments de joie intense donc ça j'aimais bien ce côté rigueur, de dire ok je fais les choses bien presque chacun il met le mot qu'il veut Mais c'est vrai qu'à côté de ça, quand tu commences à te rendre compte que le nombre de sacrifices que tu fais à côté, le nombre de... Enfin voilà, je pense qu'en parallèle de ça, c'est le moment où je lis beaucoup de choses des rapports scientifiques, c'est le moment où il y a de plus en plus de conférences en ligne qui existent sur les réseaux, des gens qui prennent la parole. Et c'est vrai que je suis heurté par rapport à ça. Aujourd'hui, on n'a pas de frein, on n'a pas de limite, on n'a pas de contrainte.

  • Speaker #0

    et quand tu dis que tu veux faire un truc un peu à pas de côté tout le monde te regarde bizarrement enfin c'est très spécial quoi juste pour revenir sur ce que tu disais avant le mot équilibre revient un très très grand nombre de fois c'est vraiment l'un des concepts centraux le premier titre c'était en équilibre sur l'océan je crois que c'est un livre de un livre d'Yvan Bourgnon je crois sur son catamaran bref et donc on en arrive pas tout à fait la route du rhum mais c'est aussi la période alors que tu es en pleine dissonance c'est aussi la période où ton sponsor te propose de faire construire un bateau neuf ça c'est ça a été l'une des grandes incompréhensions annoncé ça et alors tu racontes bien dans le livre tu dis bon bah parce que lui il est dans la performance et tu vas accepter de construire un bateau neuf. Tu vas dire, d'accord, d'abord, on le fait à Sainte-Marine, chez Pogo. On prend des gens du coin, on essaie de diminuer l'impact, etc. Tu mets un peu ta contrainte comme tu peux.

  • Speaker #1

    J'ai eu l'impression de faire un... Un combat permanent pour essayer de faire les choix les plus... C'est ce que je disais juste avant, en fait. Là, au sein du chantier, dès que je disais... J'ai un truc tout con. Je disais, est-ce qu'on peut mettre... On sait qu'on va avoir, je ne sais plus, 30 kg ou 40 kg de gueuse par rapport aux anciens. J'en disais, est-ce que moi, je veux bien un peu de peinture blanche quand même. Au plafond, il faut que ce soit un endroit où tu as envie de vivre. C'est là où tu passes du temps. On me regardait genre, t'es sûr ? T'es sûr ? Dès que je faisais la question de... C'est un mot que j'adore maintenant, la robustesse, de dire, je préfère un truc qui va tenir plutôt qu'un truc qui va potentiellement... Ah, t'es sûr, tu veux deux barres de flèche ? Parce que c'est quand même... Il n'y a personne qui le fait, quoi. Bon, maintenant, en plus, Erwan, tu vois, il a récupéré le bateau, il a gagné les courses avec deux barres de flèche. Je veux dire... Enfin, c'est... On est tellement dans une espèce de délire de... Parce qu'il y en a un qui va faire un truc complètement high-tech, c'est ça la vérité. Enfin, j'ai l'impression que là, en ce moment, on passe le... enfin on va dans les extrêmes on va assez ça non c'est ça non c'est ça enfin c'est toujours donc en fait ouais de 2 enfin moi j'étais coincé en fait j'étais et c'est pour ça que je le dis bien c'est que tu vois effectivement la des annonces de l'annonce de construire le bateau neuf elle intervient après la après la jacque vabre mais la prise de décision elle se fait un an et demi avant enfin un bateau ça se construit longtemps avant et je pense que c'est très sincèrement à ce moment là oui j'ai eu des gros doutes enfin je le dis hein j'ai mis 24 heures à dire mon sponsor est ce que ce que je le fais ce que je le fais pas et sur le moment je me suis dit vraiment j'étais persuadé d'être encore dans cette posture comme je le disais de dire il faut rester dans le milieu pour le changer j'y croyais vraiment parce que c'était le moment où la vague ça se passait bien il y avait plein de trucs, on venait de faire l'annexe environnementale pour la Jacques Vabre je me suis dit bah ouais si chacun à son échelle essayait de changer les choses peut-être que ça peut marcher bon après j'ai déchanté sur plein d'autres dossiers mais sur le moment c'était vraiment sincère de me dire de toute façon franchement je me suis dit ça si je continue si je dis non, il y a quand même de fortes chances que mon sponsor me dise si c'est non on prend quelqu'un d'autre et le bateau serait quand même construit donc je me suis dit tant qu'à faire autant que je sois celui qui essaye de pousser pour des choses un peu différentes oui on a testé une GV en lin maintenant je crois que Damien Seguin va peut-être partir avec, j'en sais rien ça fait son chemin là on est encore dans la modalité mais c'est mieux que rien et je pense que j'étais dans cette phase où une phase de compromis quoi tu vois qui était un peu à la fois intéressante mais hyper dur à porter parce que parce qu'il ya un moment on vient toujours te dire enfin c'est là où je trouve que la vague a quand même réussi à faire à faire quelque chose de bien c'est cette expression on voit on l'a dit pas de fois genre c'est pas très la vague ça et puis bah ouais bah maintenant déjà le fait que vous pensiez ça que vous me le disiez en rigolant c'est que vous savez qu'il ya un truc qui est pas ouf dans ce que vous faites à maintenant à ce moment là tu vois

  • Speaker #0

    Si on reprend la chronologie, il y a la création de la vague à l'automne 2019 et une première réunion publique à l'UBS en février 2020, où j'étais là, je me souviens bien. Comment, est-ce que tu peux juste nous raconter, nous faire rentrer un peu dans les coulisses de la création de la vague ? À quel moment ?

  • Speaker #1

    Ça se passe ici, dans cette même pièce.

  • Speaker #0

    Celle de réunion ?

  • Speaker #1

    Celle de réunion chez Kéros. Je ne sais plus, je croise Bilou un jour qui me dit Ah bah tiens, il y a Arthur Le Vaillant qui vient. Je ne le connaissais pas bien Arthur, je connaissais juste son père. et il dit ouais on se passe et jean-baptiste le bayan il y avait paul meya il y avait adrien hardy il y avait rico perron je crois qu'ils étaient là aussi et en fait on commence à se dire tiens qu'est ce qu'on pourrait faire ce qu'on voit là il va être des questionnements un peu en commun et on s'est dit patin est ce qu'on va pas se poser autour d'une table et il se dire qu'est ce qu'on peut faire et en fait c'est parti de là quoi c'est moi je suis plus venu avec ma casquette communicant de comment je pouvais aider un peu à mettre en scène tout ça et à amener un peu d'huile dans les rouages et en fait je me suis retrouvé au final c'est moi je suis venu là dedans en voulant ouais ça m'intéresse de vouloir aider et je me suis retrouvé à maman à porter et non dans la tête de gondole du ouais c'est le truc beaucoup beaucoup plus Mais en fait c'est parce que c'était quelque chose que j'avais Au fond de moi qui justement était en train de mûrir et je sentais que ça m'intéressait de faire bouger le milieu. Et puis voilà, ce qui est un peu dur aujourd'hui, c'est que tout le paradoxe qu'on a dit, et tous les gens qui sont passés par la vague, qui bossent aujourd'hui, maintenant parfois en tant que consultant green de certaines équipes ou de classes, on ne fait qu'essayer de faire des compromis. On est toujours dans la modalité, on essaie de changer le truc, mais on... c'est dur quoi enfin si on se bat contre un géant quoi et tant qu'il y a de l'argent en jeu je sais pas comment ça c'est gérable quoi enfin c'est en partie pour ça que je suis sorti et que pour moi c'était plus ok quoi enfin il y a un moment tu vois quand tu parles des projets d'aventure qui existent qui sont en parallèle bah le fait qu'ils soient là et qu'ils viennent dans une grande course dans un grand organisme d'une certaine manière c'est qu'ils cautionnent le truc tu vois il y a un moment c'est ce que je dis pourquoi, enfin moi j'exclus pas l'idée d'un jour faire une course pirate de se dire ok il y a la route du vent 2026, peut-être que j'aimerais bien qu'il y ait des jeunes des moins jeunes, peut-être que j'y retournerais de dire en fait on crée notre propre notre propre, enfin j'imagine en plus que médiatiquement si tu disais là je vais faire la même route que vous mais ça va me coûter énormément moins médiatiquement je vais faire un truc qui va être top Je ne vais pas vous envoyer d'image en mer, parce que j'ai envie de faire travailler votre imaginaire, je vais peut-être envoyer des mots, des écrits, enfin il y a tout à imaginer. Et médiatiquement, je pense que des sponsors pourraient s'y retrouver, parce que d'un seul coup, tu es en décalage avec tout ça, et tu pourrais faire quelque chose de complètement... pirate mais dans le bon sens tu vois de dire bah attendez là vous enfin c'est vraiment pour moi aujourd'hui les courses qu'on fait c'est du fast food quoi tu vois c'est enfin on a perdu on a perdu l'âme de ce pourquoi on regardait ces courses là enfin je moi c'est mon sentiment après je dis pas que chacun est libre d'en penser soit il ya des gens qui adorent le cadre manger du fast food pas de souci mais il ya un moment peut-être qu'on peut faire des choses de manière un peu plus consciente.

  • Speaker #0

    À quel moment tu actes ton impuissance à faire bouger les choses de ton point de vue ?

  • Speaker #1

    le livre est construit c'est plutôt l'arrivée c'est le récit de ta route du rhum le livre ouais avec des petites choses mais c'est vraiment la route du rhum au départ de la route du rhum tu ne penses pas encore que tu vas si tu sais déjà en partant tu sais déjà que c'est ta dernière course je me souviens avoir dit à deux personnes ouais je pense que c'est ma dernière course et j'arrête et c'est ça qui est dur c'est que vraiment sur le moment je le dis je le pense vraiment et dans le même temps je suis là à me dire mais Je sais pas parce que je sais pas ce qui va se passer, je sais pas ce qui va en retourner, ça se trouve je vais succomber encore une fois de plus. Parce qu'il y a un côté addictif en fait à ce truc-là, tu vois, il y a un vrai truc, tu vois déjà de base c'est super dur mais à chaque fois quand tu termines tu gardes que les bons souvenirs, déjà de base il y a ce truc-là.

  • Speaker #0

    Ça c'est l'ADN du marin.

  • Speaker #1

    Bah oui, c'est ça, donc déjà il y a ce truc-là et donc ce truc-là j'ai eu un peu peur de retomber dans ces sirènes-là, de me dire... Peut-être que je peux quand même encore faire changer les choses, encore une fois de plus, et ainsi de plus, mais il y a un moment, je pense que... Enfin, tu vois, je le raconte dans le livre, à un moment je... Est-ce que c'est par hasard que mon moteur a fait de l'eau et m'a forcé à faire du sud, et d'un seul coup je me suis retrouvé à faire une trajectoire qui était plus au sud, qui était en décalage avec tout le monde, est-ce que cette trace-là n'était pas aussi symbolique d'une certaine manière, de dire, j'ai pas envie d'aller casser les bateaux, j'ai pas envie d'aller faire du mal, j'ai pas envie d'être dans le dur, de dire qu'il faut affronter l'océan, non, enfin... on devrait pas affronter l'océan enfin là dessus je fais plein de propositions tu vois même sur les on va y venir sur et ça ça m'intéresse de dire enfin je pense que ouais ça s'est décidé vraiment je pense que quand j'ai passé la ligne j'étais j'étais vraiment pas bien enfin ça se voit sur les images ouais sur ta chaîne youtube ya un petit film qui est le film de l'arrivée de la route du rhum

  • Speaker #0

    et ça se voit je me dis que c'était assez courageux d'avoir quand même mis ce film là parce qu'on te voit boire du rhum mais le coeur n'y est pas il y a même un moment ça c'est horrible vous avez entendu un aboiement c'est le chien de Milou de Sophie Barceletto et tu as les larmes aux yeux on sent vraiment parce que je suis à la fois en train de quand je réécoute ce que j'ai dit je joue un jeu de funambule de dire des trucs entre les lignes je suis écartelé entre ma posture et mes convictions et l'exercice est d'autant plus difficile qu'il se déroule face à mes proches et au regard extérieur et alors tu sais tu pressens avant que c'est ta dernière course et que tu actes la désertion dont tu parlais tout à l'heure comment tu la mets en oeuvre à l'arrivée tu le dis vite le lendemain je crois 36 heures après parce que j'étais un peu triste c'est pareil

  • Speaker #1

    Là on a repris contact avec mon sponsor avec le Nail. Mais ça a été dur, enfin ça a été douloureux, c'est comme une séparation, enfin c'est quelque chose de...

  • Speaker #0

    En même temps tu dis que, quand tu lui dis ça, tu dis qu'en fait il y a quand même du respect et que vous comprenez l'un et l'autre.

  • Speaker #1

    Quand je lui annonce c'est assez...

  • Speaker #0

    Je suis même surpris, il me dit non mais tu dis ça parce que tu es fatigué, parce que c'était peut-être dur, réfléchis un peu Et en fait je lui dis non, il y a un moment tu veux de la performance, tu veux quelqu'un qui gagne, moi je ne suis plus là-dedans, ça sera mieux pour tous les deux Et il le comprend. Et après je pense qu'il y a eu de l'incompréhension sur... sur du timing sur la manière dont ça s'est fait qui était qui voilà on s'est pas vu en fait tu vois on s'est pas vu physiquement et ça je pense qu'il pouvait pas parce qu'il avait des choses à faire et tout ça et je pense que c'était dommage donc ça s'est fait au téléphone c'était un peu ça c'est un peu dur et vous avez reparlé depuis oui on a reparlé mais on s'est pas revu encore d'accord mais on a on a pas l'annonce a reparlé le mois dernier et voilà donc voilà ça reste C'est ça qui est hyper dur dans tout ça, c'est qu'il faut qu'on... C'est toujours l'humain qui est compliqué, et il faut qu'on travaille tous là-dessus, mais même si t'as la volonté de faire ça bien humainement, ça reste compliqué. Ça reste des embrouilles, parfois sur des détails, des trucs qui sont...

  • Speaker #1

    bon bref et qu'est-ce qui fait qu'entre l'arrivée en novembre et ton annonce publique en février c'est un temps de maturation c'est un temps de préparation moi j'aurais vraiment aimé que ça se fasse plus vite après

  • Speaker #0

    c'est des décisions stratégiques chez eux en interne de dire il faut qu'on retrouve quelqu'un donc ils ont fait un casting ils ont cherché qui pour me remplacer on a fait ça en bonne entente franchement ça s'est super bien passé et c'était très très bien et puis par contre il y avait un moment c'est sûr que ça aurait été mieux qu'on annonce genre à la fin du défi Atlantique ça serait idéal mais par contre il y avait ce côté, il fallait s'inscrire il fallait qu'Erwan s'inscrive d'un seul coup tout le monde se disait pourquoi il y a Erwan qui vient faire toutes les courses il voulait un peu Erwan le droulet qui avait ce côté qui terminait son contrat avec Massif et c'était un très bon timing et voilà ça restait aussi une sorte de filiation enfin oui c'est la même bande en guise clac là moi et erwan enfin on a tous fait même promo c'est vrai c'est la famille quoi donc donc c'était c'était top et non je pense que c'est ce qui était malheureux c'était juste le timing de devoir il devait annoncer ça rapidement parce que erwan devait faire des courses s'inscrire valider les trucs qui voulait valider des milles et donc en fait on a fait ça quand on était aux antilles et c'était je pense que c'était malheureux fois voilà alors on en vient aux fameux 15 février 2023

  • Speaker #1

    Donc, vous retrouverez le texte sur ton compte Instagram ou ton compte YouTube. Ou à la fin du livre. Et à la fin du livre, pardon, effectivement. Et sur ton site également. Bon, c'est un texte simple. Il est assez concret et assez direct. Ce ne sont pas des déclarations. Ce n'est pas le 18 juin.

  • Speaker #0

    Non, non.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui t'a poussé à faire une communication publique ? Qu'est-ce qui t'a poussé à la faire sous cette forme-là ? Et puis, emmène-nous à l'intérieur. le backlash qui arrive une fois que... Ah ouais,

  • Speaker #0

    ouais. Je trouve que c'est très intéressant parce que maintenant je suis au clair avec ça et je suis apaisé, on va dire. Je l'ai dit tout à l'heure en ouverture, j'ai toujours été transparent sur... Si ça a marché pour moi aussi, c'est parce que j'ai eu ce côté transparent, c'est de montrer... J'ai toujours tout montré en mini, même quand j'avais mal de mer, je le disais, j'ai fait plein de choses là-dessus. En gros, ça me semblait logique de dire pourquoi j'ai arrêté. Et c'est vrai que là, pour le coup, on avait une incompréhension avec Everial parce qu'eux, dans leur communiqué en interne, ils disent pour des raisons de... Personnelles ? Ouais, limite un truc comme ça, de dire... Ils ne veulent pas le dire, mais ce que je peux comprendre parce que...

  • Speaker #1

    C'est compliqué à gérer par un sponsor ?

  • Speaker #0

    Bah oui, c'est pas évident. Et je pense que je le rends public parce qu'il y a des gens qui m'ont suivi, il y a des gens qui m'ont... qui m'ont aidé, ça me semblait logique de leur donner une explication, je n'allais pas juste dire merci, au revoir, c'était bien. Non, je voulais, et je pense que mon texte, quand je l'ai relu, moi j'ai du mal à trouver l'agressivité, je ne vois pas où il est agressif, pour moi il dit des vérités, après peut-être qu'il y a certains mots qui sont peut-être un peu forts, peut-être plus d'autres que d'autres, quand je parle d'une coquille vide ou de choses comme ça, peut-être que oui, ça vient appuyer sur des blessures qui sont un peu plus ancrées, mais je je m'attends pas c'est vrai qu'au début je suis très surpris parce que une vague de soutien énorme c'est là où je voulais en venir paradoxalement il y

  • Speaker #1

    a beaucoup de critiques mais il y a aussi beaucoup de gens qui te soutiennent et aujourd'hui si on va sur ton compte Instagram là tu viens d'annoncer ton bouquin t'as une vraie communauté de fans il y a des gens qui me soutiennent ça les a inspirés c'est pas mal

  • Speaker #0

    Vraiment, le nombre de messages que j'ai reçus, alors, c'est ça qui est rigolo, c'est... ça vient de la jeune génération. Exactement. Des gens qui sont... C'était vraiment flagrant, si on veut faire un petit cas de média. Instagram, que des gens qui disent Ah ouais, trop bien, bravo, génial. Facebook, plus vieux, là, ça commence à s'embrouiller sévère. Et alors, Twitter, à l'époque, la porte des enfers, quoi.

  • Speaker #1

    Ça commence à être le cas.

  • Speaker #0

    C'était radical. Et en fait, ça s'associait bien à quel profil de personne, quel usage. Je... plus t'allais vers le mal blanc dominant 60 ans, chef d'entreprise, patriarche, plus ça devenait terrible, en fait. Et ça a été super dur. Et je pense que oui, j'ai fait l'erreur à un moment de commencer à répondre à des commentaires, de lire des trucs.

  • Speaker #1

    Never feed the troll.

  • Speaker #0

    Ah non, mais c'était terrible. Et je pense que, ouais, c'était... Mais tu vois, à l'opposé, le fait d'avoir eu un écho médiatique, de voir qu'il y a des gens qui sont dans les médias, que ça intéresse, Je me suis dit que ma démarche n'était pas complètement à côté de la plaque. Ce n'est pas moi qui suis dans mon monde et qui suis complètement fou. Donc là, à ce moment-là, je me dis Bon bah putain, là maintenant j'ai porté un rôle et oui, c'est comme quand tu es lanceur d'alerte, ça fait partie du jeu en fait.

  • Speaker #1

    Tu as réussi à te blinder ou ça t'a touché ?

  • Speaker #0

    Non, ça m'a touché. Je pense que ça m'a touché surtout dans le côté je l'ai découvert après, j'en parle c'est ce côté où plutôt que d'attaquer le message, on attaque la personne qui le porte. Et donc là, je ne sais pas comment font les vrais activistes écolos qui sont médiatiquement. parce que c'est l'enfer. Je veux dire, on va rechercher des archives, des trucs, des machins, et ah bah oui, ça, mais finalement, regardez, c'était son bateau, il est bien rentré en cargo la dernière fois. Enfin oui, mais je veux dire, il y a un moment, c'est des histoires de contexte, de timing, évidemment que je ne suis pas parfait, enfin je n'ai jamais dit. Non, et en plus,

  • Speaker #1

    le livre chronique bien ton évolution. Oui,

  • Speaker #0

    voilà, donc je n'ai jamais dit que j'étais parfait, loin de là. Donc sur le moment oui c'est hyper dur de voir la violence de certains trucs et en plus c'est vrai que le timing n'a pas du tout aidé puisqu'on devait faire la prise en main avec Erwan de faire la course à Antigua où c'était pareil c'était encore n'importe quoi, t'es au milieu des yachts, enfin je sais pas si t'as déjà été là-bas mais c'est n'importe quoi. Et donc oui forcément il y a une photo de moi qui suis en équipage aux Antilles et oui j'annonce que j'arrête mais je fais encore une régate. et enfin oui c'est sûr que ça a choqué enfin voilà depuis j'ai pas fait de regarde

  • Speaker #1

    et par contre d'un autre côté il y a des choses qui t'ont surpris il y a des gens qui t'ont envoyé des messages de soutien auxquels tu ne t'attendais pas est-ce qu'il y a eu des révélations dans un sens comme dans l'autre il y a eu plein de personnes

  • Speaker #0

    mais là encore quand j'annonce le livre je reçois des messages de personnes qui me disent moi je veux faire ça, je veux faire ça, comment je peux faire en fait tout le monde est tellement parfois avec l'envie de faire bouger les choses chacun est dans son coin, et en fait, dès qu'il y a quelqu'un qui médiatiquement incarne un peu une petite lumière, une porte de sortie, bah oui, tu te prends plein de messages, mais tu vois, c'est ce que je dis bien à un moment, c'est pas moi tout seul qui peux changer les choses, il faut qu'on se mette, c'est ce que je, vraiment, je milite pour ça, qu'on se mette autour d'une table, et c'est, on parle tout le temps de changement systémique, enfin je veux dire, c'est pas parce que tu vas, une personne va dire quelque chose que, enfin, c'est la conclusion de tous les chercheurs, de tous les gens, qui réfléchissent à l'écologie, c'est qu'ils n'ont pas la solution unique tout seul. Et la solution, elle passe par du collectif, elle passe par plein de monde. Et oui, ce qui est chiant, c'est qu'aujourd'hui, on ne sait pas comment faire, on est dans une période de transition où on est en train de déconstruire des choses, on est en train de déconstruire des normes. Et tous ensemble, c'est hyper dur de faire société parce qu'on n'a pas été éduqué pour ça. Tu vois, depuis que je disais, depuis qu'on est tout petit, on n'apprend pas à coopérer. On te donne des notes, et tu dois faire ça tout seul, et c'est comme ça. Et puis après, tu dois devenir propriétaire. Oui, je pose plein de questions, et c'est là où la sociologie vient. Enfin, ça c'est une phrase pour moi qui est fondamentale, c'est que la course au large c'est un reflet de la société. Et oui, moi j'étais dans la course au large, donc oui c'était l'endroit où je me suis attelé à essayer de faire changer les choses, et à essayer de faire bouger les choses, mais ce n'est qu'une conséquence, encore une fois, de la pyramide, où on est sur tout un socle de choses qu'il faut... les gens qui sont dans l'agroalimentaire, j'imagine bien qu'il y a des gens qui pètent des câbles avec ce qu'on fait. Quand tu sais qu'on jette 50% de la nourriture qui n'est pas utilisée, et qu'il y a des gens qui meurent de faim, c'est des trucs tout cons, mais tu te dis, là, il y a un problème. Et les gens qui commencent à être lanceurs d'alerte sur des trucs comme ça, ils se font défoncer aussi. Donc, ce que je veux dire, c'est que mon propos, il est bien plus large que juste la course. Et oui, là, je fais un témoignage sur la course au large qui... J'espère donner envie de bouger, d'avoir du courage, de dire qu'il y a des choses à faire. Mais la solution, je donne des pistes. mais je vais pas pouvoir l'incarner tout seul et c'est pas moi Stan qui vais changer la face du truc j'ai bien envie d'y mettre de l'énergie quand un jour j'aurai envie d'y retourner tu fermes pas la porte dans la dernière page du livre on voit bien que tu dis peut-être qu'un jour j'y reviens mais j'aime toujours aller sur l'eau on en revient à ce qu'on disait j'aime être sur l'eau, j'aime la sensation d'avoir froid d'avoir faim, de passer une nuit à la barre d'être crevé, de mal dormir en fait c'est un drôle de plaisir mais toi et moi et tous ceux qui écoutent ça on aime bien ce truc là et on sait pas pourquoi mais on aime bien si puisque c'est bon quand ça s'arrête mais voilà c'est quand c'est mais c'est ça et toi c'est cette sobriété quoi qu'on au final c'est fou de dire qu'on va chercher la sobriété mais qu'on se l'impose pas à nous mêmes de manière un peu plus encadré et humaine quoi fin

  • Speaker #1

    toi tu penses que tu as renoncé tu penses que tu n'es pas capable à toi tout seul ou avec d'autres de le changer de l'intérieur et donc tu as choisi de déserter le terme est fort mais il n'est pas connoté négativement dans le monde dans lequel tu es tu as préféré la désertion plutôt que le travail en ce temps quel est ton ton optimisme en matière de capacité du secteur à changer est-ce que tu es désespéré est-ce que tu penses Est-ce que comme moi tu penses qu'il faut essayer de voir le verre plutôt à moitié plein qu'à moitié vide est-ce que les choses bougent ?

  • Speaker #0

    Il y a beaucoup de choses qui bougent Pendant longtemps j'ai essayé de mener ce débat et qu'on organise ça avec la vague mais c'était très provocateur, c'était de dire la course au large mérite-t-elle d'être encore sauvée ? parce qu'en fait là nous on se bat pour essayer de la sauver très concrètement quand les gens nous disent vous êtes en train de scier la branche sur laquelle on est nous on n'arrêtait pas de dire non on est en train de se dire il ya une autre branche à côté la façon la branche sur laquelle on est elle est en train de se pourrir donc ça serait bien quand si vous voulez continuer qu'on aille saisir une autre branche c'est

  • Speaker #1

    ça c'est ça la démarche et et et je ne sais pas mike ma question c'était quel est ton degré d'optimisme sur la capacité à changer

  • Speaker #0

    Moi je suis convaincu que ça va se réguler de soi-même il y a un moment c'est l'exemple de la route du Rhum super exemple le départ, j'ai pas toutes les coulisses mais je suppute que c'est comme ça que ça s'est passé moi j'étais persuadé qu'ils allaient lancer le départ Parce que enjeux financiers, télé, médias, ce que tu veux, OcéSport qui quand même fait du business, book des croisières à gogo et compagnie. Derrière, moi le matin, on me dit, non mais les ultimes, là c'est quand même chaud, il y a eu des directives, je ne sais pas si c'est vrai, j'en sais rien, qui disent, en fait, c'est vrai, il y a quatre ans avant, ta banque pop qui se retourne, ça fout quand même un gros bordel. Est-ce qu'ils ont encore la capacité, tu vois, de jouer et de pouvoir casser des bateaux ? On se rend compte maintenant qu'ils sont quand même beaucoup plus prudents sur les départs et sur plein de choses. Et en fait, c'est cette capacité-là de dire, en fait, le risque de perdre de l'argent est trop grand, donc on va prendre une bonne décision. Et il y a un peu ce côté-là de dire, peut-être que l'économie va se restreindre par elle-même. Et là, aujourd'hui, on est encore open bar et il y a encore des budgets de partout. Le jour où, enfin voilà, encore une fois, pyramide, le jour où la société va un peu moins bien, que l'économie va un peu moins bien, est-ce qu'on aura encore de l'argent à mettre ? Autant pour financer des gens qui vont jouer et qui vont faire des transats au soleil et terminer en disant ouais c'était cool on a eu du soleil, excuse moi mais à quel moment ça passe encore dans une société où les gens vont peut-être avoir du mal à manger par exemple ? il y a un moment peut-être que ça va se limiter. Donc je pense qu'à ce moment-là, peut-être que les gens qui aiment être sur l'eau et qui aiment jouer et qui veulent en faire encore un métier, ils seront peut-être contents qu'il y ait des gens qui réfléchissent à se dire Ah bah c'est quoi la version low-tech de la course au large dans laquelle on s'amuse encore, dans laquelle il y a un modèle où on va gagner sa vie de manière décente et ça passe peut-être par encadrer les salaires, encadrer... Moi je milite pour un budget max. mettons un budget max sur des bateaux. Budget max, t'as un budget carbone qui sera en adéquation avec ça, en fait. Bon, là, aujourd'hui, je pense que...

  • Speaker #1

    Comment il est fin,

  • Speaker #0

    hein ? Ouais, mais tu viens tirer voir Gitana en leur disant le budget, ça sera 500 000 euros pour un bateau. Et ils vont te dire, mais non, c'est pas possible, parce que nous, on a... Enfin, tu vois, c'est toute cette question de la liberté, au final, qui est en filigrane, de se dire, parce que je peux faire quelque chose, est-ce que j'en ai le droit de le faire ? Quelle est ta responsabilité en tant que personne qui a du pouvoir Bon voilà, effectivement, à l'échelle de la société, aujourd'hui, t'as de l'argent, t'as le droit de faire ce que tu veux. C'est ça qui dirige nos vies. Et c'est, je pense, une grande source de problèmes. Et c'est comme ça. Donc à quel point je suis optimiste ? Je sais pas. Très honnêtement, j'ai l'impression qu'on va tirer sur la corde jusqu'au bout. Et comme dans la société en général. Et je pense qu'il y aura des initiatives de personnes qui vont faire des choses bien dans leur coin. et qu'on va les regarder comme des fous comme moi on me dit que je suis un peu fou et je pense qu'à un moment bas quand ça sera l'heure bas on dira ah bah ils étaient peut-être pas si con enfin c'était peut-être pas c'était peut-être un petit peu trop tôt peut-être que j'en étais en avance mais le jour où on aura moins d'argent pour faire ça bas on sera bien content de pouvoir continuer à jouer avec avec des bateaux et et ensemble enfin voilà c'est c'est ça qui est ce que c'est ça qui est beau c'est de se dire qu'on va sur l'eau ensemble enfin si bon voilà quand on a échangé par whatsapp pour préparer cette

  • Speaker #1

    cet épisode qui me dit d'accord mais à condition qu'on parle des choses qu'on peut faire concrètement pour faire changer alors je suis le père noël je te dis stan met en oeuvre les cinq principales propositions si vous êtes je m'en fiche du chiffre mais c'est que c'est quoi les deux les opérations concrètes qu'on peut mettre en oeuvre pour je ne sais pas quel est le terme du coup diminuer l'impact parce que ton propos est assez vaste il va de changer un système à le modifier on est dans une phase de transition à

  • Speaker #0

    toutes les échelles et donc oui concrètement c'est ça qui est dingue, c'est ça qui me rendait très fou à l'époque c'est de se dire que aujourd'hui si on voulait faire les choses bien il y a moyen de réduire le... Je le dis, tu veux réduire les émissions de 50%, tu fermes le village. Voilà. Tu ne mets pas de stand, tu ne mets pas de truc. Tu le réduis, le village. Tu fais une course circulaire, tu ne vas pas aux Antilles. La route du Rhum devient très vertueuse. Tout va bien. Après, est-ce qu'on a le courage de faire ça ? Là, ça reste dans la modalité. Ça reste dans l'adapter, essayer de faire rentrer les choses. Ce que je rêverais, c'est, je pense, qu'on arrive à à faire un vrai travail sur nous-mêmes et de se dire qu'est-ce qu'on vient chercher, pourquoi on vient le chercher. Et voilà, qu'on assume de se dire aussi qu'on vient flatter notre égo en faisant tout ça. Aujourd'hui, je ne sais pas, les courses que je regarde, elles ne me font plus rêver, moi. C'est ça qui est dur. Franchement, je pense qu'on l'a bien dit tout au long de ce podcast, j'ai rêvé de tout ça. Et aujourd'hui, ça ne me fait plus rêver. Souvent je me dis, mais j'ai l'impression, là, de le fait d'avoir décroché un peu des réseaux, d'avoir pris de la distance, tu me montrerais les ragots et les coulisses de jockeys qui font des tours de chevaux. pour moi c'est pareil et pourtant quand tu regardes ça alors j'ai rien contre les jokers, j'en sais rien mais ça me paraît lunaire qu'il y ait autant d'enjeux sur des chevaux, sur des trucs et tu te dis mais là en fait c'est pareil c'est un microcosme, tout le monde se regarde on est entre nous on dézoome pas et donc ce que j'aimerais c'est je pense juste que les gens élargissent un peu leur cercle de conscience et se ressaisissent de leur place qu'ils ont et surtout de la responsabilité qu'ils ont. Je veux dire, quand je te dis que moi, j'ai rêvé via certains modèles, bah putain, faites gaffe les amis. Moi le premier, j'ai été responsable et j'ai certainement fait rêver des gens. Et aujourd'hui, on voit où ça nous mène. les choix qu'on fait là, ils sont hyper forts, parce que les choix qu'on va faire vont déterminer toute une génération qui va arriver. Aujourd'hui, je ne suis pas... Tu vois, c'est ça qui est dur. Là, je suis revenu sur les pontons au départ de la transat CIC, j'étais à revoir, et oui, tu as encore des gens qui voient les bateaux avec des grands yeux, et ça, il faut qu'on le garde. Mais comment on fait pour... pour garder ce rêve tout en étant, comme je le disais, soutenable. Et là, il faut qu'on bosse collectivement et qu'on mette des règles.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas de solution toute prête ?

  • Speaker #0

    Non, il n'y a rien qui est tout prêt, je pense. Mais c'est ça qui est dur, c'est qu'en fait, pour moi, il y a un triangle qui est très bâtard, qui est entre les skippers qui n'osent pas faire des choses parce que je fais partie d'une classe, à la classe, elle est un peu codépendante avec un organisateur, les organisateurs sont un peu maqués avec les sponsors, les sponsors n'ont pas leur voix encore. Ça, c'est quelque chose dont j'ai discuté avec mon ancien sponsor. La voix des sponsors, elle n'existe pas trop. Aujourd'hui, ils sont contents de dire... il faut qu'ils rejoignent le modèle. Certains, comme des très gros sponsors comme Sodebo, vont quand même, je pense, faire un peu d'influence auprès des cours s'ils ont du levier. Mais il y a un moment, peut-être qu'il faudrait que chacun... Enfin, putain, imagine que tout le monde se mettrait autour d'une table en disant Mais qu'est-ce qui nous... Qu'est-ce qui nous fait vraiment rêver ? Quand nous on s'excite tous, ah tiens, telle paire de folles, tel machin, je pense que 95% des publics du Vendée Globe s'en foutent savoir si on a la dernière paire de folles. Eux, ils voient des gens qui partent sur l'eau, qu'on aille vite ou pas vite, et là c'est un discours que Bilou tient très régulièrement. On s'en fout, ce qui compte c'est les histoires humaines. C'est ce qui ressort d'ailleurs médiatiquement, les gens qui médiatiquement existent aujourd'hui.

  • Speaker #1

    tu vois c'est pas forcément celui qui gagne tu ne crois pas la régulation à la palla au pouvoir de la régulation c'est à dire les règles changent elles peuvent être imposées de l'extérieur de l'intérieur si mais encore faut-il avoir le courage de faire des règles ambitieuses fin quand les règles elles peuvent arriver de l'extérieur ça peut être le gouvernement ça peut être la fédération ça peut être une association de sponsors parce qu'encore une fois il y a deux niveaux dans ton discours et c'est pour ça que c'est intéressant mais c'est compliqué c'est que tu as un niveau changeons complètement le système c'est plus des courses il n'y a plus de monnaie économique donc c'est plus un secteur mais il faut poser la question

  • Speaker #0

    Voilà,

  • Speaker #1

    et il y a, gardons le système actuel, en le changeant et en le faisant, par exemple les courses circulaires, on a des choses qui seront très efficaces pour baisser l'impact, fermer le village c'est compliqué du point de vue du modèle économique, mais par contre, le rendre, rendre toute la restauration végétarienne, ça diminue de

  • Speaker #0

    10%. Ça demande du courage de faire ça, ça va bousculer les gens.

  • Speaker #1

    Oui, mais du coup... du coup je me suis perdu à mon temps je discutais des deux niveaux de discussion et du coup la régulation elle peut faire ça, elle peut dire vous n'avez plus le droit qu'à une paire de folles alors qu'aujourd'hui c'est Open Bar,

  • Speaker #0

    vous n'avez plus le droit qu'à X ça je pense que c'est en train de venir on a des discussions avec des politiques qui subventionnent certaines grandes courses et en fait ils sont en train de se poser la question de se dire comment, ok on donne de l'argent public et comment on fait pour que ça soit on parle de la région Bretagne là j'ai rien dit il mentionne la vague aussi je fais la spécialisation mais il y a un moment c'est quand même intéressant de se dire que il y a un moment il y a un spectacle qui est quand même public qui est en train de se faire privatiser par quand même certaines grandes marques est-ce qu'on est d'accord avec ça ? et comment effectivement si d'un seul coup la région Bretagne dit nous on veut telle règle et bien là je pense qu'il va falloir c'est par la contrainte qu'on peut faire des choses donc ça oui j'y crois mais il y a un moment il faut juste un peu de courage un peu plus que de dire comme la classe IMOCA, là c'est un tacle gratuit, mais réduire de 15% les émissions de gaz à effet de serre sur des bateaux neufs, c'est encore une fois, là on est juste, déjà c'est pas assez ambitieux, parce qu'il faut baisser de 50%, et en plus... c'est que de la modalité. Il y a un moment, peut-être qu'il faut arrêter les bateaux neufs, tout simplement. Et il faut peut-être se dire, OK, un bateau, quand il est construit, il dure 20 ans. Peut-être qu'Antoine Mermaux ira me contredire en disant qu'il y a des bateaux, que c'est la classe où il y a les bateaux les plus anciens qui courent encore. Très bien, mais faisons qu'il y ait des règles qui n'encouragent pas. Je trouve que c'est en train de changer, ça, je crois. Je n'ai pas suivi tous les derniers détails. Mais de se dire que bateau neuf égale place assurée, excuse-moi, c'est juste un appel du pied énorme.

  • Speaker #1

    pour booster la piste donc on fait allusion aux règles de qualification de vendeur de l'oeil Il y avait 13 bateaux, les 13 premiers bateaux neufs construits, il y en a eu 14, les 13 premiers bateaux sont qualifiés d'office, enfin sont sélectionnés d'office pour le Vendée Globe.

  • Speaker #0

    Mais Seb Marcier m'avait dit que c'était plus le cas, mais je ne sais pas si ça a été acté.

  • Speaker #1

    Je ne connais pas les règles du Vendée Globe de 2028 encore, mais effectivement, c'était... En tout cas, il y avait débat sur le sujet. Mais même chose, je pense que la conception des règles et la perception d'aujourd'hui ont déjà changé. Et ça change très très vite. Une dernière question. Stan, il... le temps file c'est quoi ton nouveau projet ? tes nouveaux projets ?

  • Speaker #0

    écoute tout à l'heure je disais ça en parlant de Timothée Parry à quel besoin répond la course au large ? moi je me suis beaucoup posé la question et oui j'ai été extrême en me disant que pour moi elle répondait à aucun besoin si ce n'est raconter des histoires moi ce que j'ai toujours fait au final quand je regarde ma vie dans ce bouquin ou ailleurs c'est que j'ai toujours essayé de raconter des histoires j'ai toujours pour le coup j'aime aller sur l'eau ça je le maintiens, j'aime aller sur l'eau et donc en fait oui, est-ce que j'ai vraiment besoin d'être sur un bateau de course pour raconter des histoires et être sur l'eau ? aujourd'hui je ne crois pas donc en gros là aujourd'hui je me dis que typiquement je ne suis pas le seul je m'inscris dans un courant de pensée d'écologistes et d'activistes qui disent que Il y a un moment, oui, toute la discussion qu'on vient d'avoir, tu me demandes des choses concrètes, et c'est très très dur d'accoucher de tout ça, parce qu'en fait on ne l'imagine pas et on ne le visualise pas. Quand on a eu dans les années 60 des gens qui ont fait de la science-fiction, qui ont imaginé des téléphones, qui ont imaginé des téléportations, d'un seul coup, ton imaginaire te disait Ah oui, dans 50 ans, dans 100 ans, il y aura des voitures qui volent, il y aura des trucs...

  • Speaker #1

    Mais là, aujourd'hui, on ne sait pas.

  • Speaker #0

    On ne sait pas le faire. Et en fait, on a besoin de créer des imaginaires et de les visualiser. Et donc moi, je me dis, je sais... je flatte mon égo mais je pense que je sais quand même raconter des petites histoires, je sais mettre en scène des choses aujourd'hui j'ai l'impression que le propos qui me tient à coeur c'est de montrer que oui, la nature est belle, l'océan est beau il faut le défendre, il faut le protéger et en même temps on a besoin de rire, d'avoir des histoires humaines et donc là moi je pars avec ma copine on monte une expédition artistique, cinéma et musique et on part sur un bateau et on a pour ambition de d'inventer, de mettre en scène des modèles différents. Je ne sais pas si tu suis un peu, par exemple, le Lotec Lab, quand il fait sa bios.

  • Speaker #1

    Il vient de quitter les océans pour s'enfermer dans un appartement à Paris.

  • Speaker #0

    C'est hyper challengeant.

  • Speaker #1

    En gros, il a fait un tour du monde quasiment sur un catamaran, dans lequel il avait mis en œuvre ces fameuses Lotec. Et là, il veut reproduire cette mécanique, cette expérimentation en ville, dans un appartement à Paris.

  • Speaker #0

    voilà bon lieu parisien à boulogne donc c'est hyper intéressant et tu vois leur approche c'est de dire on va faire des documentaires on va on va documenter faire des tutos des tout ça il ya un moment tu vas faire un dos prendre le temps comme j'ai pu le faire moi à une époque de lire des rapports d'aller regarder des documentaires des conférences en fait c'est pas drôle C'est pas drôle du tout. Et tu te mets dans un truc un peu, effectivement, qui est un peu dark, à un moment, de se dire, oui, en plus, l'algorithme est bien fait, on vient t'alimenter que de choses qui viennent nous faire ce truc-là. Et bien, en fait, de se dire, en fait, là, imaginons que moi, je crée du contenu, des petits courts-métrages, des petites vidéos qui sont drôles, qui sont humaines, où il y a des histoires sympas. Optimistes. Optimistes. Et en fait, le décor dans lequel ça se passe... et ben en fait on montre qu'il y a des choses qui sont bien. Si ça se trouve dans un de mes films je vais mettre en scène une course du futur de bateau. Tu vois ça ça m'intéresserait de me dire ok on va pas, peut-être que j'ai pas toutes les codes mais on va peut-être aller à l'extrême. Mais d'un seul coup je te montrerai un film. tu te dis mais attends, mais qu'est-ce qu'ils font ? Pourquoi ils le font ? C'est quoi ? Attendez, ils passent la ligne, mais pourquoi ils ne débouchent pas du champagne ? Ah bah parce que peut-être que le champagne est précieux et que c'est quand même bien de le boire et de faire attention à plein de choses. Peut-être qu'on ne va pas récompenser que les trois premiers. De mettre en scène un peu tout ça. Donc ça, c'est ça qui m'anime un peu. Et à côté de ça, je réfléchis. Je te dis, je garde dans un coin de ma tête l'idée de réinventer à un moment la course. Mais à chaque fois j'ai l'impression que je fais un appel du pied et que je reçois des gens qui viennent ça, mais même j'ai pas envie de l'incarner tout seul en fait, il faut que ce soit collectif. Et là, ce qui serait cool, ce serait que les gens qui aujourd'hui font ce métier, s'ils ont un peu... conscience que au final ce qu'ils sont en train de faire aujourd'hui aura un impact sur la future génération de skippers et celle d'après. Donc en gros s'ils veulent faire ça bien, ça serait cool qu'ils se motivent un peu à réfléchir à... à brainstormer, ça n'engage à rien juste imaginer les choses qu'on mette des mots là-dessus, de se dire ok on aime être sur l'eau, on aime régater, on aime jouer peut-être que moi ce que je dis d'arrêter le classement c'est peut-être un peu radical mais peut-être que dans cette phase de transition peut-être que dans 200 ans, oui il n'y aura peut-être plus de classement et on sera tous des yogis enfin je ne sais pas, toi avec une vision différente mais je pense que ça mériterait l'effort enfin en tout cas, ce que j'ai envie de dire c'est que si les gens ont un peu de de respect aussi pour l'océan et pour leur passion, ça serait cool qu'ils... Je sais à quel point c'est chronophage, à quel point c'est un tunnel et c'est dur de faire un petit pas de côté, mais ça serait cool qu'ils pensent aussi aux autres. Il y a ce côté-là de dire pensons aux générations futures. Là, aujourd'hui, tout le monde tire pour soi. Si tu penses un peu au futur et aux autres ou à la nature en général, là, on n'est pas dans la bonne direction.

  • Speaker #1

    c'est le mot de conclusion merci beaucoup merci pour ton temps le livre si vous souhaitez le lire sort le 6 juin la semaine prochaine réduire la voilure peut-être pour renvoyer un riz plus tard on verra peut-être mais c'est souvent qu'on prend un riz on continue on continue d'avancer tu vois souvent ça se passe bien et c'est plus équilibré il y a des allures même où c'est plus rapide que Grand Bois-L'Hôte voilà merci beaucoup Stan merci pour ton temps et puis à bientôt pour de nouvelles aventures salut

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Description

Ils ne sont pas si nombreux que ça à accorder leurs paroles et leurs actes, au point de se retirer bien avant l'heure de la retraite. Stan Thuret est de ceux-là, et quand il a renoncé à la course pour raisons écologiques et l'a annoncé le 15 février 2023, à 36 ans, cela a fait du bruit. Beaucoup. Et les réactions ont été violentes.


Pourtant, le "cinéaste-navigateur" ne trustait pas les podiums et sa carrière avait été courte ; mais il faut croire - c'est son hypothèse - qu'il avait "appuyé sur une blessure bien réelle", en soulignant que "l’urgence climatique et l’effondrement de la biodiversité sont incompatibles avec la manière de vivre de la course au large et la compétition".


Il a grandi loin de la mer, dans un petit village du Val d'Oise, et n'approche l'océan qu'épisodiquement, en vacances, sur le dériveur familial. Il travaille déjà dans le cinéma quand il approche, au début des années 2010, le monde des ministes et plonge dedans, en achetant un bateau en 2014. Trois ans plus tard, il boucle sa Mini-Transat et déjà, le milieu a repéré ce personnage sympa et drôle, qui produit des vidéos décalées. Mediaman pour Conrad Colman, Yves Le Blévec, il fait son trou et succède début 2019 à Clarisse Crémer à la tête du projet Everial, d'abord en Figaro puis en Class40.


Mais déjà, une dissonance s'installe entre sa passion de la navigation en course et ses convictions environnementales, de plus en plus solides. Dans son livre Réduire la voilure (Robert Laffont), qui sort le 6 juin, Stan Thuret ne cache rien de ses paradoxes, qui l'amènent à rentrer dans la carrière tout en se posant une foule de questions.


Des questions qui l'amènent, à l'issue de la Route du Rhum 2022, à trouver une réponse claire : pour lui, il n'est pas possible de changer les choses de l'intérieur, alors il faut avoir le courage de "déserter" les courses à la voile, et d'y renoncer, tant qu'elles ne sont pas durables.


Car il le rappelle en guise de conclusion : "J’espère revenir un jour à la course au large, quand elle aura retrouvé son équilibre."


Diffusé le 31 mai 2024

Générique : In Closing – Days Past

Post-production : Grégoire Levillain


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Si vous suivez la voile de compétition, le nom de Paprec, premier acteur du recyclage en France, vous est forcément familier. Sponsor depuis deux décennies de marins engagés dans les plus grandes courses, Paprec est désormais aussi partenaire principal de la Solitaire du Figaro et de la Transat en double Concarneau-Saint-Barthélemy, rebaptisée Transat Paprec, une Transat qui va se courir en double mixte. L'entreprise n'investit pas dans la voile par hasard, c'est le fruit d'une tradition familiale. Jean-Luc Petit-Huguenin, le fondateur, découvre la voile sur un First 235. Sébastien, son fils aîné, directeur général du groupe, le convertit à la course. Faitant même ses 40 ans en participant à la solitaire du Figaro en 2018. Mais si Paprec s'affiche aujourd'hui dans la voile de compétition, ce n'est pas qu'à cause de la passion des patrons, c'est aussi parce que les valeurs de la course font écho à celles du groupe, la ténacité, l'humilité, l'adaptabilité. Des qualités indispensables, à terre comme en mer. Bonjour,

  • Speaker #1

    vous écoutez Into the Wind, le podcast des marins qui font des phrases. Into the Wind est produit par Tip Shaft,

  • Speaker #0

    le média des professionnels et des passionnés de voile de compétition. Tip Shaft, ce sont deux newsletters hebdomadaires, en français et en anglais, des podcasts, des événements, des formations, ainsi qu'un festival de films et un studio de production de contenu que vous pouvez retrouver sur tipandschaft.com. Je suis Pierre-Yves Lautroux et je vous souhaite la bienvenue dans ce nouvel épisode d'Into the Wind.

  • Speaker #1

    Bonjour Stan Thuray !

  • Speaker #2

    Salut Pierre-Yves !

  • Speaker #1

    Merci beaucoup de nous recevoir puisqu'on est à Concarno. Alors on n'est pas chez toi, mais on est dans ta base arrière, ton camp de base. On est chez Kairos, chez Roland-Jordain.

  • Speaker #2

    C'est l'endroit où j'ai grandi. C'est l'endroit où il s'est passé beaucoup de choses pour moi en termes nautiques et en termes humains surtout.

  • Speaker #1

    Tu vas nous expliquer un petit peu. Cet endroit est donc particulier. C'est le camp de base de beaucoup d'expéditions. Je pense que c'est une boîte, un fonds d'otation. C'est pas mal de choses à la fois. Et c'est un lieu avec un esprit, me semble-t-il. qui te correspond assez bien. Merci de nous recevoir pour ce nouvel épisode d'Into the Bin qui va être un petit peu particulier, c'est ce qu'on était en train juste de se dire avant de lancer le registrement, parce que ta carrière maritime, au sens strict du terme, est assez courte. Mais on ne va pas parler que de carrière maritime, on va parler de la course sur l'argent général et de ce secteur qui t'a attiré et puis qui t'a repoussé ou que tu as repoussé, c'est ça qu'on va essayer de comprendre un petit peu. Et on est là parce qu'en fait, alors tu es sur mes tablettes depuis assez longtemps, il se trouve que tu sors un livre, malgré ta jeunesse, tu sors un livre chez Robert Laffont un grand éditeur donc c'est pas du tout un petit fanzine que t'as fait dans un coin c'est un vrai livre sérieux qui fait quasiment 300 pages un peu plus de 250 pages qui s'appelle Réduire la voilure et c'est pas un tuto pour savoir comment prendre un riz et c'est pas un tuto pour savoir comment prendre un riz c'est un livre extrêmement intéressant que j'ai lu hier soir rapidement mais que j'ai lu en ancien et qui est le récit d'une dissonance j'ai beaucoup aimé ce mot là qui vraiment dit bien ce que ça veut dire c'est que toi qui est musicien et qui baigne aussi dans cet univers, tu vas nous en parler un petit peu aussi, d'une dissonance entre peut-être une musique que tu avais dans ta tête quand tu t'es lancé dans la voile et dans la voile de compétition et qui au fil des temps ne résonnait pas de manière synchronisée ou coordonnée, je ne sais pas quel est le terme inverse de dissonance, mais en tout cas a fini par dissonner avec ta petite musique intérieure à toi, puisque si les gens qui nous écoutent ne le savent pas encore, en février 2023 tu as... communiqué pour dire que tu arrêtais la course au large pour des raisons écologiques. Forcément, ça a fait du bruit, ça a dérangé, ça a convaincu d'autres gens, et c'est tout ça dont on va parler. Et ce livre-là, Rayon la voilure, c'est ce que je te dis aussi juste avant qu'on ouvre l'enregistrement, ce livre vient développer sur 250 pages ce que tu as dit en un post Instagram. Forcément, c'est beaucoup plus riche, c'est beaucoup plus subtil, et c'est extrêmement intéressant. et bien ma première question elle est toute simple et on va faire on va essayer de suivre le même schéma que les épisodes d'Into the Wind c'est à dire l'actu immédiate toi c'est la sortie du livre qui sort le 6 juin et puis on refera ton parcours qui est singulier parce qu'en plus d'avoir été navigateur t'as été ou t'es encore cinéaste ouais t'es toujours cinéaste navigateur ouais toujours cinéaste navigateur voilà donc voilà je pense qu'on va avoir à faire un épisode original mais qui va être comme d'habitude très très riche comment, t'as pas 37 ans, t'as 36 ans ?

  • Speaker #2

    J'ai 36, j'ai à avoir 37 à la fin.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est ça. Comment à 36 ans, après 8 années de carrière, je me mets plein de guillemets, dans la vague de compétition, on en vient à faire un livre pour raconter à la fois son parcours et puis la sortie de ce monde. Alors raconte-nous comment tu deviens, alors qu'en plus d'être cinéaste et navigateur, tu es devenu écrivain.

  • Speaker #2

    Alors, il paraît qu'on devient écrivain que quand on a écrit deux livres. Donc pour l'instant, je ne suis pas encore un vrai écrivain. Je pense que j'ai fait la découverte effectivement. du temps long, de la réflexion, de se poser les questions, de savoir aussi pourquoi on fait les choses. Moi, c'est vraiment, je pense que c'est la première fois que je fais un podcast pour parler du livre, donc je suis très heureux.

  • Speaker #1

    Je suis la première date de la promo.

  • Speaker #2

    Je suis très heureux. Et en plus, tu vois, je pense que quelque chose qui me touche, je dois avouer que ça m'a caressé l'esprit à un moment de te contacter pour faire ça, parce que tu vois, je sais que tu es le média qui est le plus écouté par les marins en eux-mêmes. Et effectivement, je pense qu'il y a une partie de moi qui... Ce n'est pas que j'ai voulu me justifier dans ce livre, mais j'ai voulu sortir justement du jugement. Parce qu'en fait, je pense que ce qui est hyper dur, c'est qu'il n'y a pas de bonne manière... C'est Camille Etienne qui fait la préface de mon livre, qui est une activiste que peut-être tous les marins ne connaissent pas, mais qui est quand même très engagée. Et elle fait ce parallèle en disant comment on fait quand on apprend à quelqu'un que le Père Noël, il n'existe pas. forcément c'est désagréable forcément c'est pas cool de dire à un enfant que le père noël il n'existe pas et il n'y a pas de bonne manière de le faire et je pense que oui moi je me suis trouvé dans une posture où j'ai dû je pense et j'espère que ça transparaît dans le livre que j'ai été le plus honnête du monde dans ma démarche parce que comme tu le dis je me sentais plus bien et plus à ma place j'étais plus en harmonie c'est l'harmonie et donc en fait moi j'ai mis les mots que je pouvais là dessus Et en fait, depuis le début que je faisais du bateau, que j'ai commencé en mini et tout ça, Ça a été une constante chez moi de toujours... Parce que je fais partie de cette génération qui a... Tu vois, je pense que j'avais 20 ans quand Facebook est arrivé en France. Ça, c'est un autre sujet. Les réseaux sociaux, ça baigne autour de tout ça. Mais j'ai toujours raconté tout ce qui m'est passé par la tête. Si les gens remontent mon actu depuis 2014 en mini, j'ai toujours été transparent et j'ai toujours communiqué sur mes émotions, sur ce que je faisais, pourquoi je le faisais. Donc moi, pour moi, le jour où j'arrête la course au large, Ça me semble logique d'expliquer pourquoi je le fais.

  • Speaker #1

    je ne vais pas juste dire salut j'arrête enfin j'aurais pu mais ce n'était pas ma démarche depuis le départ mais de le faire sur cette forme là on est en France donc il y a un peu statutaire dans le livre le livre mais du coup c'est

  • Speaker #2

    un autre travail c'est un travail de longueur c'est un travail qui se fait avec un éditeur qui a dû dire une éditrice qui m'a contacté une semaine après mon post sur Instagram qui m'a dit est-ce que tu as d'autres choses à raconter parce que bah Moi ça me parle, ça me touche, je pense que c'est un sujet de fond, la place du sport dans notre société, comment on fait pour... Enfin là on est bien placé en ce moment avec les JO, il y a quand même pas mal de polémiques autour des JO, on va pas se mentir, et c'est des questionnements qu'on se pose de plus en plus, et là en fait, effectivement, vu que... à ce moment-là, j'étais déjà dans une bonne vague, une bonne déferlante de commentaires un peu agressifs sur les réseaux. Je me suis dit, bah oui, là, il y a plein de choses auxquelles je n'ai pas pu répondre et que je n'ai pas pu développer dans un petit post Facebook. Donc, bah ouais, c'est peut-être intéressant pour moi d'essayer de comprendre quel était mon cheminement de pensée avec, je pense, l'arrière-pensée de me dire, je ne vais pas essayer de convaincre les gens.

  • Speaker #1

    il est sous-titré d'ailleurs récit c'est pas un essai c'est pas une analyse c'est le récit de ta vie et en particulier de ta dernière audio-rom entre coupée de flashback c'est ça je vais spoiler un peu et du coup surtout on comprend la

  • Speaker #2

    montée en puissance de cette dissonance après je pense que à la fin dans les deux derniers chapitres j'essaye de proposer et pour moi c'est hyper important de montrer qu'en fait enfin ça a été très ce qui a été dur pour moi c'est vraiment ce côté genre t'es en train de flinguer le milieu, tu coupes la branche t'es hyper violent alors qu'en fait moi depuis et pourtant tu vois Ça fait depuis 2020 qu'avec l'association La Vague, on essaye de faire des choses. Je pense qu'on est force de proposition. Ok, on dénonce, mais ça fait partie du jeu. Notre rôle, c'est de poser des questions. Et à côté de ça, j'espère que dans le livre, on termine en se disant qu'en fait, on a tout en main. Il suffirait juste qu'on se mette tous d'accord pour mettre des règles. Parce qu'en fait, on a tous envie de jouer. On a tous envie de s'amuser. On aime tous aller sur l'eau. C'est ça. après il faut que ça reste soutenable et aujourd'hui je suis désolé mais la voie que ça prend le routage il est pas bon quoi alors on va y venir un jeu la première question était sur le livre et sa gestation combien de temps tu t'as fait parce que parce que il ya du travail tu as dû ramasser ta pensée le travail de l'éditrice ouais ouais il ya eu trois mois d'écriture trois mois d'écriture et après on a fait du ping pong en relecture pendant trois mois quelque chose comme ça et c'était hyper intéressant Qu'est-ce que t'as pensé de l'exercice de style ? Moi j'étais plus dans l'écriture de scénario des écritures plus terre à terre qui décrivent des choses et là moi j'ai bien aimé de dire effectivement c'est assez spécial quand tu te rends compte qu'en fait t'es en train de répéter plein de fois la même chose et tu te dis bon bah allez c'est comme un montage vidéo c'est de dire bon bah allez on va à l'essentiel on fait synthétique et on essaie de résumer la pensée et j'espère que je sais pas ce que t'en as pensé mais je pense que même s'il y a 272 pages je pense qu'on est quand même assez concis et que ça s'est segmenté ce qui compte c'est pas le nombre de pages c'est la taille de la police c'est

  • Speaker #1

    assez classique Et qu'est-ce que tu as pensé de l'exercice intellectuel ?

  • Speaker #2

    Moi, ce que j'ai adoré, c'est effectivement, je pense qu'il y a un vrai côté thérapeutique, on en parlait juste avant, parce que de se faire un dézoom sur sa vie et de se dire, ben voilà... Moi, pourquoi en 2013, je me dis, j'ai envie de faire la mini, j'ai envie de faire du bateau, d'où ça vient ? Ça, c'est vraiment une question fondamentale qui, je pense, traverse mon livre, de dire, comment se construisent les rêves, en fait ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment, quels sont les déterminismes qui se sont mis en place ? Quelles sont les expositions auxquelles on a été confrontés qui font qu'on se dit, ah, parce qu'on parle toujours, aller au bout de ses rêves. Enfin, je pense que chaque projet bateau parle de rêve. Et heureusement, parce qu'effectivement, la mer est un des rares espaces encore où... Ou encore, ça fait rêver en fait, l'horizon fera toujours rêver, c'est ce que je dis quand tu vas voir n'importe qui et que tu dis je vais traverser l'Atlantique en solitaire, en général dans les gens tu as une petite étincelle qui s'allume, et ça il faut la garder cette étincelle, mais par contre c'est... qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? Comment on fait pour que ça devienne quelque chose de durable dans le temps ? Parce qu'on a envie de continuer à jouer, tu vois. Et moi, le premier. Et je me suis vraiment posé cette question-là, de me dire d'où est venu mon rêve et pourquoi à un moment, il est venu se heurter à une réalité scientifique d'abord, puis même sur le plan social. Enfin, je veux dire, là, on parle d'écologie, mais tu vois, à la postériorité, je me dis, le post Facebook, quand j'annonce que j'arrête, C'est pas que pour raisons écologiques, c'est pour des raisons aussi d'ordre moral, d'ordre philosophique, d'ordre social aussi, parce que tu dis, il y a un moment...

  • Speaker #1

    Voir sociétal.

  • Speaker #2

    Ouais, sociétal, parce que... et je pense que j'ai fait... Tu vois pendant la route du Rhum, j'ai embarqué un livre avec moi, c'était Ralentir ou périr de Timothée Parry, qui est un économiste qui essaie de penser la post-croissance.

  • Speaker #1

    C'est même un économiste de la décroissance.

  • Speaker #2

    Il parle de décroissance, c'est son sujet, mais la décroissance pour lui, qu'on le veuille ou non, on est dedans et ça va faire que réduire. On le voit déjà un peu aujourd'hui, tous nos budgets sont… enfin tout est en train de se contracter. Donc en fait ce qu'il faut c'est imaginer ce qui se passe après. vraiment hanté la dernière année, c'était à quel besoin répond ma pratique ? Enfin, je veux dire, si tout un chacun, chacune, on se posait la question, à quoi ça correspond ? Est-ce que, tu vois la fameuse question que tout le monde posait pendant le Covid, qu'est-ce qui est essentiel, qu'est-ce qui est non essentiel ? Ah bah moi sur le moment je me suis dit bah là qu'est-ce que je suis en train de faire ? Qu'est-ce que, si ce n'est en plus tu vois une ère médiatique de vouloir flatter son égo, de se poser des questions, pourquoi on fait que se comparer aux autres, pourquoi on est influencé, il y en a un qui fait ça, ah bah tiens moi je veux le même bateau, ah bah lui il va faire ça, tel... Et c'est un peu dur en fait de se faire l'analyse sur soi-même, de se dire, pourquoi je veux faire du bateau ? Pourquoi ? Je pense que je me suis posé clairement la question, pourquoi j'avais ce moment, cette envie de traverser l'Atlantique ? Pourquoi je l'ai dû la faire en course ? Pourquoi je n'ai pas été prendre seul un petit bateau et puis le faire ? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, j'ai fait ça ? Bah je pense que j'y suis.

  • Speaker #1

    Baluchon quoi.

  • Speaker #2

    Ouais, mais Baluchon, alors Baluchon là j'étais... du coup je passe pas mal de temps il faut m'expliquer pardon oui oui Baluchon c'est un petit bateau qui fait 4 mètres et Yann Kenney et son skipper incroyable incroyable c'est vraiment c'est même pas décroissant c'est minimaliste quoi ouais et il va faire un tour du monde et il repart et j'étais à un festival qui s'appelle Into the Blue à Bruxelles qui est super sympa et c'était radical on passait de son film à lui à celui de Thomas Ruyant Et dans la salle, tu peux vraiment voir que les gens étaient enthousiastes et portés de rêve en voyant ce petit bateau. Alors qu'à la vision du film de Thomas, tout le monde regardait genre, ah mais c'est ça votre sport ? Mais c'est horrible, ils rigolent pas, ça a l'air dur. Et tu te dis, mais attendez, si c'est déjà dur pour nous à bord, si c'est... Et en plus, tu vois, on est là à sourire, à faire des selfies, ouais, tout va bien, tout va bien, alors qu'on en chie, quoi. Tu te dis, il y a un moment, c'est... ça a d'autres vertus aussi tu dis notamment que la compétition c'est l'effort et que l'effort par contre tu veux le garder l'effort il faut le garder heureusement et c'est ce que je dis je me suis vraiment à un moment questionné beaucoup sur la compétition et pourquoi j'ai été faire la mini plutôt que juste prendre un petit bateau et traverser je pense que ce qui est a posteriori moi ce que j'ai adoré dans la mini c'est les échanges c'est tout le cheminement c'est complètement bateau ce que je dis mais c'est au final la mini transat c'est bien c'est presque anecdotique en fait c'est tout l'apprentissage que tu vas faire sur le long terme, moi tu vois j'ai mis 3 ans avant de faire ma mini et ces 3 ans là, ils ont été plus enrichissants que la transat en elle-même le chemin plutôt que le...

  • Speaker #1

    revenons au livre une dernière fois est-ce que d'avoir réfléchi d'avoir dû mettre mort sur blanc ce que tu pensais, d'être revenu sur le chemin justement est-ce que ça t'a apporté quelque chose est-ce que ça t'a fait progresser est-ce que t'as... T'as compris des choses ? Est-ce que ça a ouvert des portes ?

  • Speaker #2

    Ah ça m'a... Ouais je pense que ça m'a ordonné ma pensée. Je pense qu'aujourd'hui je suis à même de répondre, pas à toutes les critiques, mais ça m'a mis aussi dans une posture où je me suis vraiment dit... Tu vois ce qui était très dur pour moi dans la période de l'année dernière, c'était qu'on m'a dit, voilà t'es dans le jugement, t'es moralisateur, tu penses être mieux que tout le monde. Bah non, en fait, voilà, moi j'ai construit mon raisonnement via des lectures, via des rencontres, via plein de choses, et oui, j'ai ma vision du monde et ma vision du sport, toi t'as la tienne, celui ou celle qui est en train d'écouter, il a la sienne, et c'est ok. Par contre, après, ce qu'il faut... enfin voilà, si on doit argumenter, moi j'ai... Je dois avouer que j'ai eu le travers, je pense, l'année dernière, de beaucoup répondre aux commentaires, de m'agiter un peu sur des groupes WhatsApp, et en fait, c'est pas la bonne place, et tu vois, il y a un moment quand... Quand on veut faire un vrai débat, c'est ce que je disais à un moment à des gens, je leur disais, mais si vous voulez débattre avec des équations, vous pouvez y aller. Mais vous ne pouvez pas venir avec une opinion de me dire 2 plus 2, ça fait 5. Et moi, je crois vraiment que 2 plus 2, ça fait 5. Non, ça fait 4. Et on ne peut pas mentir avec ça. Donc, il y a un moment où il y a une réalité physique et scientifique. Et ça, j'ai appris qu'en fait, la seule chose qu'on peut faire, c'est faire de la maïeutique, donc de l'accouchement d'idées. Moi, le livre, il est là et maintenant, il existe. J'ai donné des billes. Si les gens ont envie d'aller, j'espère, apprendre quelques chiffres, quelques histoires, tant mieux. Et puis, je pense que ce qui est plutôt cool, c'est le témoignage. Je me suis rendu compte parce que je suis intervenu dans quelques petites conférences. Et c'est rigolo de voir que ma décision... elle résonne dans d'autres milieux, que ce soit professionnel dans des grandes entreprises, que ce soit dans le milieu de la montagne, ça fait des passerelles. Et en fait, je pense que le fait de raconter une histoire personnelle, même si les gens ne connaissent rien à la voile, ils y projettent de l'affect et des choses, et de se dire, ah oui, il se passe ça, moi ça résonne comme ça chez moi. Donc ça, ça m'a beaucoup apporté de me dire, ok, sortons de la posture de vouloir convaincre, je ne suis pas là pour convaincre. et partageons le chemin et puis une chose qui m'a aussi touché c'est le côté attends je me suis vraiment perdu c'est pas grave dernière question sur le bouquin qu'est-ce que t'en attends ?

  • Speaker #1

    un débat plus apaisé d'autres gens qui viennent te dire tiens mon chemin à moi il est pas loin du tien ou une nouvelle vague j'espère vraiment pouvoir inspirer des gens pour

  • Speaker #2

    moi aujourd'hui il faut qu'on déserte il faut qu'on soit de plus en plus nombreux à avoir le courage de dire parce qu'en fait la réalité de ma vie depuis un an c'est qu'à chaque fois que je rencontre des gens de la course au large Mais quasiment tout le monde est con. Ok, ils n'ont pas été d'accord avec la manière. Ça a choqué, parce que... Ah oui, c'est ça que je voulais dire. C'est que j'ai compris aussi, le fil que j'ai perdu, c'est que j'ai compris en écrivant ce livre que pourquoi il y a eu un écho à un moment qui a fait un mini-buzz, c'est qu'en fait, il y a une réelle problématique, et le fait d'un seul coup de mettre des mots sur une blessure que tout le monde... On l'a tous un petit peu, globalement, on sait qu'on n'est pas droit dans nos bottes, qu'il y a un truc qui est un peu bâtard de dire, l'océan, on protège, etc. Mais en fait... Il me faut quand même une nouvelle GV, il faut quand même que je construise un nouveau bateau. On n'est pas clean en fait, et ça je pense que tout le monde le sait. Et donc en fait, malgré moi, je suis venu appuyer sur un truc qui fait mal. Et la réalité c'est que si ce que j'avais dit ne se dérangeait pas... et ben enfin si ça y est il y aurait pas eu de réaction là le fait qu'il y ait une réaction ça veut aussi dire que je mets le doigt sur un sujet et que ce sujet on a tendance à le cacher à l'enfouir et dire bon bah tant que ça tient ça tient et on y va jusqu'au bout tu as parlé pour plein de gens qui parce qu'ils ont des contrats avec des sponsors parce qu'ils sont dans la perf on va beaucoup parler de ça c'est vraiment très intéressant tu as parlé pour des gens qui ne peuvent pas parler Bah ouais c'est ce que je te dis, moi à chaque fois que je vois des gens depuis un an, tout le monde me dit bah ouais t'as pas tort, t'as pas tort, mais il y a toujours un mais qui vient, parce que, et je peux l'entendre, le cheminement pour trouver un sponsor c'est hyper dur, on va pas se mentir, et quand à un moment t'arrives enfin, ça fait 10 ans que tu galères, et que tu trouves un sponsor, et tu dis bah attends, ça fait 10 ans que j'ai tout sacrifié, ma vie sociale, ma vie affective, enfin tu vois il y a des exemples concrets de... de femmes et d'hommes skippers qui m'ont marqué. Et tu dis, mais ils ont tout mis dedans, tu vois. Et forcément, d'un seul coup, quand tu leur dis, ben en fait, c'est pas ouf. Ah bah ouais, la réalité elle est super dure, et forcément qu'ils en veulent encore un peu, tu vois. Par contre... A chaque fois, je te dis, tout le monde est plutôt d'accord pour dire qu'il faut changer les choses. Puis il y a un truc qui ne va pas totalement. Sauf certains cas très graves de personnes qui sont dans le déni complet ou dans le cynisme et qui se disent, on est là pour faire du business et la seule boussole qui nous dirige, c'est celle du profit. Et c'est des gens, je pense, qui sont plus néfastes que moi en fait. Parce que c'est des gens qui emmènent tout le monde dans une direction qui n'est pas saine pour le milieu ni pour notre sport. Enfin, voilà quoi.

  • Speaker #1

    Petite question technique, le tirage de livres est de combien ?

  • Speaker #2

    Je crois qu'on est à 3500 C'est la première info que j'ai eu Je sais pas si c'est bien, j'en sais rien

  • Speaker #1

    Non c'est pas mal C'est parce que t'es à la fois sur une niche et sur un sujet universel

  • Speaker #2

    Ouais et ça j'espère aussi que ça va toucher d'autres personnes Enfin, mon éditrice voulait que ça parle au plus grand nombre. Oui,

  • Speaker #1

    alors il y a un lexique, il y a plein de petits schémas. Il y a même, si vous voulez savoir ce que c'est, il y a même le schéma du Don't Fucker. Je trouve ça génial.

  • Speaker #2

    C'est moi qui ai tout dessiné.

  • Speaker #1

    Je suis assez fier. Oui, les dessins sont très sympas. Et donc, pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, c'est une sorte de... Je ne sais pas comment on peut appeler ça. C'est une sorte de prise de riz pour faire descendre la chaussette de Spi.

  • Speaker #2

    De Pilko Pit.

  • Speaker #1

    Ou la grand voile aussi. Est-ce que tu avais un Don't Fucker de grand voile ?

  • Speaker #2

    Non, je n'en avais pas.

  • Speaker #1

    pour faire descendre une gros voile au portant une gros voile lattée au portant on a un down fucker donc c'est des bouts pour faire descendre la poésie de Joe Sexton voilà exactement et donc il y a tous les schémas et tout est très didactique et ton livre et on le voit dès le début ton livre vraiment s'adresse aussi à des gens qui ne connaissent pas la voile c'est pour ça qu'il a quand même une vocation à être un peu universel le chemin que tu décris sur lequel on va revenir il doit exister il doit exister chez plein de gens et même chez des non-sportifs.

  • Speaker #2

    C'est ça, et puis j'aimerais qu'il inspire des gens. Je pense que, là, depuis 2-3 ans, il y a un grand mouvement, je te dis, de désertion aux Etats-Unis, de gens qui... Je pense qu'on est vraiment dans un effet, moi y compris, post-Covid, où plein de gens se sont posé la question de pourquoi on fait notre job. Il y a un mouvement de fond aussi, je pense, dans la génération des 20-30 ans. qui refusent les CDI, qui se disent qu'on ne veut plus non plus cautionner des choses, on veut pouvoir avoir de la liberté. Mais il y a quelque chose de cet ordre-là, de se dire à un moment qu'on n'est plus d'accord avec ce qu'on nous propose et les anciens schémas, on va les bousculer. Et ça, c'est à tous les niveaux. Tu vois ce qui se passe dans le féminisme, dans plein de mouvements. Il y a des choses qu'on ne veut plus laisser passer. Et pour moi, j'espère que ce livre aura vocation à faire écho, à raisonner dans d'autres milieux. Et j'espère que si ça peut parler à des gens et les pousser... J'essaie de trouver cette formule à un moment, de dire que c'est les gens qui sont au pouvoir, qui font les règles. Donc il y a un moment où il faut aussi leur dire que c'est vachement courageux et... Moi, c'est une des critiques qu'on m'a fait, c'est de dire En fait, t'as rien gagné, t'es nul, et en plus, touffe ta gueule. Je le comprends, le truc, mais par contre, c'est vrai que quelqu'un qui serait vraiment au top du game et qui ferait une démarche véritable et sincère de se dire Allez, moi, je fais un petit pas de côté et je vais dans un sens dans lequel je me sens mieux. c'est sûr que le message y passera encore mieux. Donc moi, j'ai envie de donner du courage et de montrer que ma vie, elle ne s'est pas arrêtée et j'ai d'autres projets et ça va en fait.

  • Speaker #1

    Et on va revenir aussi au fil du temps sur le thème de la désertion parce que ce que tu constates et ce qui te fait arrêter, c'est que tu as essayé de changer les choses à l'intérieur et tu constates que tu n'as pas réussi. Et donc du coup, pour ça, autant arrêter et faire ça autrement ailleurs. Ça, c'est assez intéressant parce qu'il y a...

  • Speaker #2

    c'est un vrai débat quoi ce qu'il faut rester ce qu'il faut quand il est un insider pour faire bouger ou est-ce que c'est les gens se dégager au gouvernement avec un ministre qu'on peut pas saquer et en même temps mais faire du lobbying positif c'est hyper dur et je pense qu'on a besoin des deux je pense qu'on a besoin de des deux et tu vois je sais pas si c'est vrai ou pas mais on m'avait dit un peu dans les coulisses que toi quand il ya eu les assises de la course au large en décembre on m'a dit que le fait que le bruit médiatique que j'avais pu faire avait un peu encouragé à se dire il faut qu'on faut que la fédé en tout cas qu'il y ait une réflexion il faut qu'on se positionne donc en fait on a besoin des deux on a besoin d'avoir des activistes qui font des choses et puis on a besoin d'avoir du politiquement correct et ça avance comme ça et tu vois on déplace la fenêtre d'overton je sais pas si les gens sont familiers avec ce concept ce qui en ce qui ont regardé la fièvre sur canal plus peut-être on

  • Speaker #1

    l'expliquera encore en cours d'autres mais là aussi ce dialogue entre activistes je pense que peu de gens ont compris ce que c'est que le rôle d'activiste, ils ne sont pas là forcément pour construire, ils sont là pour mettre à l'agenda les sujets. C'est ça. C'est ça, moi qui ai longtemps couvert la politique, la vague notamment, sur le côté parfois inconstructif de la vague ou sur le côté justement rué dans les brancards, mais c'est le rôle d'un activiste. C'est ça. Ce n'est pas forcément une question du compromis.

  • Speaker #2

    Non, non, on pose des questions, on interroge, on vient faire du bon acte.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. mais du coup par contre on aurait un monde où il y aurait que d'activistes il est probable qu'on n'arriverait pas à construire non plus les compromis alors qu'il faut construire les compromis c'est passionnant, ça m'intéresse beaucoup en tout cas on va faire notre flashback habituel et notre discussion va continuer tout au long, c'est là où c'est intéressant on va faire notre flashback habituel on va repartir du coup dans les années 80 puisque t'es tout jeune alors c'est ce que je te disais aussi dans le livre tu dis que t'es dans un petit village à la frontière de la banlieue parisienne, y'a pas de nom y'a pas de... Il n'y a pas de repère précis, je le disais aussi en préparant le lancement, qu'il y avait peu de monde marin dans ton livre, etc. Est-ce que tu peux nous dire juste où tu es en région parisienne, dans quel univers tu grandis ?

  • Speaker #2

    C'était marrant parce qu'en venant ici, je me suis dit que tu allais me poser la question. Et en fait, j'ai grandi dans un petit village qui s'appelle Boismont, qui est dans le Val d'Oise, à la frontière du Vexin français. Donc j'étais vraiment à la frontière entre la ville nouvelle et vraiment la campagne. Et il y a une particularité qui est assez drôle, c'est un village de 700 habitants et il y a un autre marin qui a habité là-bas, c'est Christian Dumas, dans les années 80. Et quand on s'est retrouvé et qu'on s'est dit mais on était tous les deux là-bas, c'est quand même assez improbable.

  • Speaker #1

    Tu es passé dans une toute de mine.

  • Speaker #2

    Un tout petit village et je suis né à Conflans-Saint-Honorin, dans les Yvelines, qui est la capitale de la bâtellerie. Donc tu vois les péniches, j'étais dans l'eau douce, mais je n'ai pas grandi dans une famille de marins du tout. Je pense qu'on est nombreux comme ça. Paul Meillat vient de Conflans, je crois. Il a fait des choses là-bas. Il y a plein de profils.

  • Speaker #1

    Au final, on s'aperçoit, notamment si vous écoutez Into the Wind depuis le début, que le breton né en Bretagne, fils de coureur, ça n'existe quasiment pas. C'est vraiment très étonnant. Et du coup, l'univers maritime et la mer, il y a quand même des racines familiales. Oui,

  • Speaker #2

    alors il y a quelque chose qui est marrant. Ça, je n'ai pas la réponse de savoir pourquoi, mais mon grand-père paternel habitait sur une maison à Andrésy, donc sur la Seine. Et je ne sais pas ce qui lui a pris. Je pense que c'est la grande époque, tu vois, du 4-20, du 4-7, de la navaire. Et je ne sais pas pourquoi, il se met à acheter un petit dériveur, un fennec, à la fin des années 60. C'était quelqu'un de très littéraire. Il a acheté le bouquin d'Aiglénan et il n'avait jamais pris de cours et il est parti naviguer sur la Seine. Mon père m'a raconté qu'il croisait des péniches, que c'était à la fois génial mais en même temps hyper flippant. Et il commence à apprendre à faire de la voile sur la Seine. Et après je pense que c'est la grande époque des années 70 où... où tu partais avec ta voiture, ton dériveur sur la remorque et puis tu allais dans les campings. Et mon père a passé toute son enfance, je pense, à faire la côte bretonne avec son dériveur, avec son père. Et je pense qu'il a… Moi, j'ai dû mettre les pieds sur ce dériveur quand j'avais 4-5 ans. Et c'était pour le coup, ça s'est spatialisé, je peux le dire. C'était à Kerambigorn, la petite plage de Begmey à Fouénan, juste en face des Glénans. et voilà quand on parlait de déterminisme bah cet endroit là il est hyper pour moi je pense qu'il y a quelques hot spots de le cours solar, t'as la trinité t'as Port-la-Forêt et bah oui moi quand j'ai navigué j'ai passé tous mes étés ici donc je me sens quand même breton c'est de l'autre côté de la baie en face de Concarneau, de la baie de la forêt c'est en face de la baie des fous quoi et depuis que je suis tout petit je fais du dériveur l'été c'était pas, j'ai jamais fait de t'as vu J'ai fait un stage d'optimiste une fois, mais j'ai jamais pris de cours de voile. Et par contre, j'ai eu ce truc-là de... C'était un loisir de vacances, quoi. C'était vraiment, je me baladais, je faisais du dériveur avec mes deux sœurs et on se marrait. Et le jeu, c'était d'aller voir les gros bateaux, tu vois, c'était genre, est-ce qu'on a le droit d'y aller, est-ce qu'on va se faire engueuler par les parents ? Et moi, je pense qu'un des premiers gros souvenirs marquants, je pense que c'est en 2000, où je croise le PRB de Michel Desjoyeaux, et là, je pense que je suis, tu vois, sur un petit bateau qui fait moins de 5 mètres, tu vois, passer un bateau de 18 mètres, c'est littéralement bluffant, et ça, je considère encore que c'est beau, tu vois, il y a quelque chose de magique d'avancer aussi vite avec le vent. ça reste quelque chose qu'il faut qu'on garde en fait et c'est rigolo en ce moment dans le port de Conquerneau on a un retour des bateaux avec des grands mâts il y a la Nemos qui va faire du truc et la persévérance de Jean-Louis Etienne et juste en face il y a François Gabart c'est un mix de plein de choses et mine de rien j'ai l'impression qu'il y a une sorte de retour aussi de se dire en fait Il y a des choses qui sont là, il y a des choses qui nous fascineront toujours autour de la mer, autour du fait d'avancer avec le vent.

  • Speaker #1

    Et toi quand t'es môme, t'as quelle relation à cet univers-là ? C'est un loisir de vacances comme d'autres ont le cheval ou le ski ? Ouais. Ou c'est quelque chose qui infuse quand même ?

  • Speaker #2

    C'est quelque chose que j'adore faire, c'est quelque chose où je trouve des sensations, je pense que les premiers bords de portant un peu grisants dans 25 nœuds, les moments où tu dessales avec de la houle et que t'es au milieu de nulle part, c'est des moments que j'ai adorés en fait, c'est des moments qui m'ont marqué. Mais toi... Je pense que j'étais à Pontoise au lycée. J'étais tout seul dans mon truc. Quand je rentrais de mes vacances, il n'y avait personne qui faisait du bateau.

  • Speaker #0

    personne connaissait ça, donc j'étais vraiment tout seul dans mon truc, et du coup c'est pas quelque chose que je pouvais faire, tu vois. La première fois de ma vie où j'emmène des potes de lycée faire du bateau, c'est quand on fait un stage de kata sur la base de loisirs de Sergi Pontoise. sur une mare quoi et c'était marrant mais d'un seul coup tout le monde me disait mais d'où tu sais faire ça tu vois et je me marrais trop donc j'ai même coulé un bateau comme ça parce que moi je savais que j'étais tribord l'autre savait pas et on a coulé un bateau bon voilà mais c'était rigolo ça mais non ça infuse ça infuse jusqu'au point où Je le raconte dans le livre. Je pense qu'il y a un moment, on me parle des minis quand je suis en 2011.

  • Speaker #1

    Tu vas un petit peu vite parce que... T'inquiète pas, on a du temps, je t'admire. Tu vas un petit peu vite parce qu'il y a une chose qui est assez intéressante, c'est que ça reste... Ton horizon, il est assez restreint quand tu navigues et tu le racontes dans le livre, c'est que la ligne d'horizon, c'est les glénans, même c'est les moutons. C'est les moutons. Les moutons qui les glénans et les bagmails. 5 000 des côtes. 5 000 des côtes. Donc il n'y a pas du tout de projection sur le voyage, il n'y a pas du tout de projection sur la découverte d'horizons nouveaux. On est plutôt dans une pratique de glisse.

  • Speaker #0

    Oui, je pense que ce qui m'amuse beaucoup, c'est le contact avec l'élément, c'est être au bord de l'eau, c'est de faire du trapèze, c'est d'en prendre plein la tête. Ça, ça m'amuse beaucoup, tu vois. et justement la dimension parce qu'une première nuit en mer elle est pas là encore je l'ai pas parce que je pense que j'ai pas les contacts je sais pas pourquoi j'ai pas été faire les glénants pourquoi j'ai pas pris le temps d'aller faire un stage de faire autre chose mais je pense que ça m'attire pas tant que ça je pense qu'il y a quelque chose de du tactile et de quelque chose de l'émotion physique quoi pour moi il fallait toucher les choses et les premières fois où je monte sur un sur un habitable, je pense que c'est un ami de mon père qui passe en escale à Benaudet, et il y a quelque chose de très bizarre pour moi à ce moment-là, de voir qu'il y a une cuisine à bord, de voir qu'on peut être habillé, il y a un truc qui n'est pas logique dans ma tête, de me dire je ne suis pas en combinaison néoprène, pourquoi il n'y a pas de vagues, il y a un truc qui ne m'a pas, le côté un peu camping caravanning ne m'a pas hyper séduit, et je n'ai pas été là-dedans, et pendant longtemps c'était plus... Moi ce qui m'amusait c'était de sortir quand il y avait 20-25 nœuds et de me faire des runs. C'est un sport de glisse quoi. Ouais.

  • Speaker #1

    Avant tout. Dans ces années-là de jeunesse, il y a aussi un truc qu'il faut que je vous explique, c'est comment quand on est dans un petit village du Vexin, comment on se lance et qu'on passe un bac scientifique, tout sur ma fiche, comment est-ce qu'on décide de faire du cinéma ?

  • Speaker #0

    enfin des études de cinéma ce qui ne veut pas dire que tu vas faire du cinéma je pense qu'en fait c'est vrai là on repart dans le côté thérapie je pense que c'est gratuit non il y a un côté de moi j'étais un très bon élève jusqu'en seconde jusqu'en seconde je suis un très bon élève et à un moment je pense que je pète un câble de me dire que j'étais dans une boîte à bac où je commence à comprendre qu'en fait on s'en fiche de savoir comment je raisonne et on me dit juste quoi faire et qu'il faut être rentré dans le moule et qu'il faut être conformiste Moi, ça me fait vriller. Et à ce moment-là, je me mets à... Il y a un truc chez moi qui me dit mais je ne veux pas du tout devenir... Je pense qu'on n'a pas cet esprit critique. On nous demande juste de rentrer dans le rang, de cocher des cases. Moi, tous mes amis font des écoles de commerce. Et ça ne m'attire pas du tout. Pas du tout. Et je dois avouer que j'ai la chance d'avoir des parents qui m'ont toujours soutenu, qui m'ont rien imposé, qui m'ont laissé guider là où je voulais aller. Et comment j'arrive dans le cinéma ? En fait, j'ai deux petites sœurs jumelles qui un jour répondent à... Enfin, mes parents voient une annonce passer, je ne sais plus, sur France 3 ou un truc comme ça. Elles font un petit casting, elles sont prises. Elles ont, je ne sais plus, 15 jours de tournage, ce qui est quand même beaucoup en termes de tournage dans le nord de la France. Et moi, je sèche les cours, je pense, une fois et je vais sur un plateau de cinéma. Je me dis tiens c'est quand même marrant, il y a des gens qui sont payés là, qui s'amusent et ils sont là en train de jouer et raconter des histoires. Et ça, ça allume une petite lumière encore une fois, les déterminismes, de dire quelle était la probabilité pour que, je ne sais plus comment, c'était un ami de ma mère qui voit une annonce, il y a des jumelles, on recherche des jumelles et ainsi de suite. qu'est-ce qui fait que quel est l'empilement des choses qui fait que je me retrouve sur un plateau de cinéma et qu'au moment où je me dis je ne vais pas faire du tout la voix que Prépa et compagnie en fait là je ne sais pas,

  • Speaker #1

    je me dis que le cinéma ça a l'air marrant tu n'es pas du tout d'une famille d'artistes je crois que j'ai lu dans un papier de reporter que ta mère est juriste et que ton père a la tête d'une petite boutique d'électronique ouais mon père est bricoleur dans le monde du cinéma,

  • Speaker #0

    des artistes et des films mon grand-père avait juste été il avait il avait Et ce que ça traînait dans l'air, il était co-scénariste pour des films genre Angélique ou des choses comme ça, des vieux trucs quoi, mais il n'a pas du tout fait une carrière. Par contre, il était très littéraire et je pense que c'est lui qui m'a aussi fait lire beaucoup de choses et qui m'a donné le goût de la lecture. J'ai beaucoup lu quand j'étais petit.

  • Speaker #1

    Et alors du coup tu vas faire des études de cinéma, d'abord une école de cinéma à Cherbourg et ensuite une fac à Paris VIII. Quel souvenir tu gardes de ces années parce qu'on est très loin de l'univers maritime, j'imagine ton univers de départ ?

  • Speaker #0

    Ce qui est drôle c'est que, tu vois, en fait j'ai un peu un, je sais pas si c'est un défaut, mais je suis hyper, quand je suis focus sur un sujet j'y vais à fond. Et tu vois je passe un an à Cherbourg. Je ne mets pas les pieds sur un bateau. Alors que je suis au port de Chantraine, je vois qu'il y a plein de choses possibles. La rade, elle est géniale en plus pour naviguer. Maintenant, je l'ai découverte bien après, mais je n'ai pas mis les pieds dedans. Donc moi, je découvre le cinéma, je découvre un truc, une casquette qui, je pense, m'a bien plu aussi au moment où j'ai commencé à faire du bateau. C'est que j'aime bien toucher à tout. Et donc, en fait, la formation que je fais, parce que je me dis, OK, je vais raconter des histoires, donc je veux devenir réalisateur. Il faut que je sache. Ça, c'est une des caractéristiques. L'intérêt que j'ai, c'est que j'aime bien connaître un peu tous les corps de métier. Donc j'ai été faire du son, j'ai été faire du montage, j'ai été tenir des projecteurs, de jouer la comédie, j'ai été faire un peu tout. Et ça, on le retrouve, toi, le côté multi-casquette, quand t'es skipper, t'es obligé de le connaître. donc non pour moi c'est une année de découverte qui est génial paris 8 c'est un autre une autre ambiance c'est saint-denis c'est pour moi je pense la découverte de à l'époque j'y comprends rien mais c'est je pense que c'était une fac qui est très engagé politiquement très à gauche très à gauche il y avait des mouvements contestataires des mouvements étudiants et moi je voyais ça d'un oeil enfin j'y que j'y comprenais pas grand chose à l'époque mais mais ça enfin mine de rien tu vois j'ai vu des films J'ai eu des profs qui étaient incroyables là-bas et ça nourrit je pense aussi ma curiosité et mon éveil culturel, ça c'est sûr. Et après je me retrouve à faire un stage fin d'études de licence de cinéma. Je prends à l'époque, il n'y a pas beaucoup de réseaux, je prends un annuaire en ligne. Ça c'est quand même rigolo quand même. Je me suis dit tiens OSS ça m'avait fait marrer, je vais voir qui a produit OSS. Je trouve le nom de la boîte, je vois un mail, j'envoie un mail, un CV, j'envoie trois CV. Et on me dit venez on cherche un stagiaire et je me retrouve sur un film. Voilà un film avec Bernard Campant. et c'était marrant quoi et d'un seul coup balle de fil en aiguille après tu te retrouves à enchaîner des tournages à dire oui à dire oui à dire que bon moi qui connais pas du tout mieux du cinéma

  • Speaker #1

    c'est très hiérarchisé le monde du cinéma c'est très hiérarchisé il y a un troisième assistant réalisateur deuxième assistant il doit y avoir un premier assistant puis le réalisateur ouais c'est quasi militaire c'est vraiment c'est très mais alors du coup tous les gens ne connaissent pas forcément les films sur ta fiche LinkedIn je vous conseille d'aller voir parce qu'il y a tous tes films il y en a plein de films en plus avec juste le titre donc il reste du jambon les yeux de sa mère qui est un peu plus connue la chance de ma vie gigolac etc il y a un

  • Speaker #0

    si je pense c'était deux dont je suis fier c'est d'avoir bossé un peu avec jacques odier dans la rue guédos voilà exactement et je pense que mon meilleur souvenir ton âge c'était qu'est d'orsay un film de bertrand tavernier qui là pour le coup était une vraie leçon de cinéma et j'ai adoré faire ça et puis le dernier film sur lequel j'ai vraiment travaillé c'était camelot où là j'étais juste assistant accessoiriste et ça c'est le dernier film que j'ai sur lequel j'ai travaillé en 2000 tu as travaillé sur la série de france de 10% 10% et alors tu le racontes et c'est très très drôle tu l'auras que tu racontes le

  • Speaker #1

    le tournage de la pub Dior avec Charlie Stéron dans le livre je vous conseille vraiment de lire ce passage où en fait tu dis que personne ne veut lui parler parce que c'est une méga star et un jour tu dis bon ouais il faut aller bosser c'est l'heure elle t'engueule et puis en fait tu dis mais moi ma réaction c'est de rigoler en fait tu vois il y a aussi ce côté de

  • Speaker #0

    désacraliser les choses et en fait oui c'est un milieu on cultive le star system et plein de choses mais il y a un moment en fait ça reste des êtres humains c'est dans ma galerie du palais des glaces à Versailles et là je sais pas si vous voyez la pub à les faire vous la décrire elle est dorée et donc toi tu es en fait vous devenez copains parce que tu l'as parlé normalement quoi bah oui je résume assez parce que je rigole avec elle parce que je lui tiens son sac à main elle me dit que qui me va très bien que je devrais le garder alors c'est un truc qui coûte 50 mille euros fin c'était c'était absurde mais c'était c'est ça qui était marrant dans le cinéma c'était c'était des moments de vie mais comme dans la course au large c'est des choses absurdes fois de là j'imagine que les tous les toutes les équipes qui se retrouvent à new york pour l'avoir vécu c'est des moments assez intense et qu'on vit rarement mais au delà de tout ça il y a un truc un peu absurde là dedans de se dire qu'est-ce qu'on est en train de raconter je t'amène là dessus parce que du coup dans le cinéma il y a un premier désalignement en fait ma vie est une succession de de rails qui s'écartent mais oui en fait c'est à chaque fois tu dis je rêve de quelque chose et puis en fait je viens le tester j'en touche les limites et il y a un moment je vais aussi me... me dire que je suis pas d'accord. Je me disais, si j'étais resté dans le cinéma un peu plus longtemps, je pense que peut-être que j'aurais eu le même virage écologique, tu vois. Et peut-être que ça aurait peut-être fait moins de bruit, mais il y a un moment, tu vois, le cinéma n'est pas propre du tout. Il y a plein d'assauts qui bossent dedans pour essayer de faire des choses. Il y a des scénaristes qui bossent dessus. Enfin, le mouvement est en train de se transformer. Et tu dis, en fait, que je sois là à faire du bateau ou ailleurs. Bah moi j'aime bien poser des questions et quand je suis pas d'accord bah je le dis et je sors et voilà quoi.

  • Speaker #1

    Donc on va avoir méfiance sur le prochain secteur dans lequel tu vas aller bosser. Enfin en tout cas voilà tu le racontes dans le livre, moi je me suis dit tiens déjà, déjà et donc du coup tu vas quitter le cinéma, enfin progressivement aussi, tu vas y revenir de temps en temps. Mais donc on voit que t'es déjà quelqu'un qui quand t'es pas aligné avec l'endroit où t'es bah tu...

  • Speaker #0

    Oui bah ce qui me choque dans le cinéma... Je pense qu'un des derniers gros films que j'ai fait en entier, c'était un film de Valérie Lemercier, qui pareil, Valérie, elle a une image de sympathie, elle est drôle, tout ça. Je n'ai aucun ce que je peux lui dire, son tournage était horrible en fait. C'était vraiment... tout mettre en œuvre pour les... Comment dire ? C'est quoi le mot ? C'est les exigences. De dire, tiens, moi je veux ci, moi je veux ça. On fait des heures sub, j'ai de l'argent, donc on peut payer. Donc on ne respecte pas les contraintes salariales, les heures et tout ça. Et moi, je n'étais pas du tout d'accord avec ça. Il y a un moment où on respecte aussi les gens avec qui on travaille. Et en fait, sous couvert de... Ah oui, mais après, vous pourrez dire que vous avez bossé sur tel film, il y aura de la reconnaissance et tout. Comme ce qui se passe en... à voile parfois, de dire tu vas avoir un taf de merde, tu vas aller gratter et poncer des trucs, mais ça va, tu auras le droit de monter sur un bateau, tu auras le droit de faire une nave. Non, je suis désolé, il y a un moment où il faut que... Si on est humain dans une équipe, on ne fait pas ça, on n'exploite pas les gens. Donc moi, il y a un moment, c'est ça aussi qui m'a gêné, ce décalage entre l'argent et l'énergie qu'on met au service d'une oeuvre qu'on va produire, et de se dire que cette oeuvre, quelles sont les valeurs dont elle fait la promotion. Enfin voilà, comme tu l'as cité, j'ai un paquet de films sur lesquels j'ai bossé. J'en suis pas fier du tout. Mais à un moment, c'est un peu la routine. Et c'est ça qui était un peu triste pour moi. Un moment, c'était de rencontrer des techniciens et des techniciennes qui ne lisaient même plus les scénarios. Il y a un moment, quand tu fais un métier par passion, t'as quand même envie d'être dedans, t'as envie d'aimer ce que tu fais. Et il y a un moment, je pense que si toi, dans la voile, j'ai commencé à avoir ça. Des gens qui... Ouais, bah c'est comme d'hab quoi. Et toi, tu perds le côté un peu magique, tu t'es usé, t'as fait 20 fois la solitaire du Figaro, que t'en fasses une de plus ou de moins, c'est toujours pareil. Et tu te dis, bah non, on va peut-être garder un peu d'énergie. Enfin, si voir des dauphins et un coucher de soleil, ça te fait plus rêver, et t'es juste blasé parce que t'es 15ème, et bah pour moi, il y a un problème, tu vois. Si tu peux plus être encore émerveillé par la beauté des choses et la raison première pour laquelle tu fais cette chose-là, C'est qu'il y a un moment où il faut se poser des questions.

  • Speaker #1

    Il y a encore plein de gens qui sont émerveillés par ça. Moi, les... Alexis Loison dans... dans ce micro il y a quelques semaines lui c'est presque l'inverse juste parce qu'il adore ça et que justement il parle des dauphins des levées de soleil c'est aussi encore le carburant de beaucoup de gens ce qui est un peu dur et je pense c'est pas la faute de

  • Speaker #0

    tout le monde c'est la faute un peu du système en lui-même si on a vraiment quelqu'un qui veut se construire une image de guerrier, de brut qui va gagner, qui va tout défoncer Si d'un seul coup il prend une vidéo en disant Oh c'est vraiment très joli, c'est vraiment mignon en fait il va se mettre à un filtre, il va s'auto-censurer. Et aujourd'hui, moi je suis désolé mais... véritablement moi j'ai vraiment je me suis désabonné de toutes les pages de voile j'ai fait vraiment une coupure énorme et quand je revois parfois des petites interviews ou que j'ouvre un magazine je suis choqué par le vocabulaire employé le champ lexical guerrier de voir à quel point on se dit qu'on va dominer qu'on va se battre, qu'on part au combat c'est plus de la performance et à un moment en fait on cultive ce truc là et que ce soit Que ce soit les journalistes, que ce soit les spectateurs, il y a un truc un peu malsain où on tire tout ce... Enfin, je veux dire, tu vois, tu me dis qu'Alexis, il a envie de raconter tout ça. S'il se met à faire de la poésie, tu peux être sûr qu'il va se faire chambrer. Alors que moi, je rêverais d'entendre la poésie d'Alexis Loison. Vraiment, je serais très heureux.

  • Speaker #1

    T'es pas obligé de le verbaliser mon propos était plutôt de dire que vu tout ce que j'ai entendu et toutes les questions que j'ai pu poser, je pense que c'est notamment la beauté des éléments et être dans la nature, c'est un carburant central chez beaucoup beaucoup de gens.

  • Speaker #0

    C'est ça, mais je pense que ça se fait dominer par justement un moment où il faut avoir un sponsor il faut gagner, il faut avoir de l'argent, il faut en vivre et en fait ça, ça vient un peu bouffer l'âme qu'on a en nous de se dire c'est ça qui nous motive.

  • Speaker #1

    On va y revenir au fil du temps mais ta grande question, qui est une hypothèse centrale et qui fait tomber l'édifice, c'est que tu remets en cause même le concept de performance, et donc de sport. C'est là où c'est intéressant.

  • Speaker #0

    J'ai essayé justement de me poser des bonnes questions et de me dire en fait, c'est quoi la... Aujourd'hui, quand tu dis performance, c'est vitesse. On associe la performance à la vitesse. Et je pense qu'il faut qu'on... Il faut qu'on... Enfin, il faut qu'on questionne tout ça. Il faut qu'on questionne ces choses-là. Aujourd'hui, on est à une période où... Ben voilà, on est en train de se questionner sur le féminisme, sur plein de choses, et on est en train de balayer, de faire peau neuve, de regarder un peu ce qui se passe. Et aujourd'hui, le mot performance, pour moi, il veut... Si c'est que la vitesse... On n'a pas le droit de se cacher derrière la performance. Il peut y avoir de la performance sur plein de domaines. On pourrait parler, là c'est ce que je développe dans le livre, mais on peut donner plein d'autres adjectifs à la performance, de la performance humaine, de la performance sociale, de la performance éducative, de la performance utile, de se dire qu'est-ce qu'on fait, est-ce que c'est utile, le transport de marchandises. En fait, il y a plein de choses qu'on peut questionner. et la performance en elle-même, il faut...

  • Speaker #1

    Mais au-delà de la performance, ce que tu remets en cause, j'ai l'impression, quand je te lis, c'est le concept même de compétition. Parce que, mettons qu'on dise, on va injecter de la performance RSE dans une prochaine Transat. Les équipes, parce qu'elles sont structurées comme ça, et parce que c'est ce que les GPC font leur fixe, elles vont optimiser cette partie-là de la performance. Donc, je ne sais pas, je vais inventer, mais plutôt que de mettre... On leur dit, il faut transporter... 50 kg de café. Bon, je suis sûr, certain, et si j'étais compétiteur, je le ferais, et toi aussi, on va peser précisément à 50 kg, on enlèvera les grains de café supplémentaires, et on va optimiser la performance. Donc ce qui est intéressant, et ce qui pour l'instant dans ma vie est insoluble, c'est que toi tu remets en cause le concept même de sport, d'affrontement sportif.

  • Speaker #0

    J'ai été m'interroger encore plus loin là-dessus, parce que... C'est vrai que c'est un peu une hypothèse que je fais, de me dire que l'être humain, ça fait 300 000 ans qu'on est sur Terre. Il y a quelques années, on s'est dit qu'on allait arrêter de tuer nos voisins. Je croise quelqu'un, je n'ai plus le droit de tuer quelqu'un dans la rue juste parce que ça me chante. Il y a des choses qu'on a laissées derrière nous. L'évolution fait qu'on avance et qu'on laisse derrière nous des pratiques qu'on considère plus bonnes. Et ça, l'histoire en est truffée. Et effectivement, je pense que, bon là c'est des questionnements plus d'ordre philosophique, c'est de se dire, est-ce qu'à la place de la compétition, on ne va pas plus vers la coopération ? Et c'est pour ça que je questionne aussi notre rapport à l'éducation. Mais là, effectivement, on vient toucher des choses qu'on nous donne depuis qu'on est tout petit. Je veux dire, il y a un moment, dès que t'es... Je sais plus à quel âge on commence les notes à l'école, mais il y a un moment où on fait un classement. Il y a un moment où on te dit, toi t'es bon, toi t'es pas bon. Et on va te mettre des critères pour te juger. Alors qu'en fait, il y a plein de gens qui ne rentrent pas dans ces cases-là. Et c'est complètement, pour moi je pense, une source de... de frustration, une source de beaucoup, beaucoup, beaucoup de mots. Tu vois, la compétition, la vocation d'une entreprise, je n'ai pas fait d'études d'économie, tu vois, j'ai l'impression de m'ouvrir encore un peu à tout ça, mais la vocation d'une entreprise, c'est quand même de gagner des parts de marché, c'est quand même d'exister, on te dit qu'il faut toujours croître, qu'il faut toujours, enfin, si tu peux aller bouffer quelqu'un, c'est bien, quoi. Il y a un moment, peut-être qu'il faut se dire aussi, moi, ce qui me rend un peu fou là-dedans, c'est qu'il y a un peu un côté de... C'est comme si on était avec un arbre qui pousse, et en fait on est en train de grandir, grandir, grandir, et on a des fruits qui sont de plus en plus lourds, et maintenant nos branches vont casser. Et moi j'ai envie de me dire, mais en fait... Peut-être qu'il y a une histoire d'échelle là-dedans, de se dire comment on fait pour vivre tous ensemble, comment on fait pour coopérer, et la nature est blindée d'exemples. Effectivement, on nous dit toujours, oui, mais c'est dans notre nature d'être compétitif, c'est le plus fort qui va manger le plus faible, et compagnie. Ouais, mais c'est une partie du vivant. Quand on regarde, t'as plein, plein, des milliers d'exemples où t'as des espèces qui interagissent ensemble en symbiose et qui ont besoin l'une de l'autre. Et donc, ce que je dis, c'est que le réflexe qu'on a... Je pense que la compétition, c'est l'ersatz d'un réflexe guerrier, de dire que c'est les jeux du cirque, on mettait des gens ensemble, on a gardé des stades, on compte les points, on a besoin. Et c'est ça qui est super dur. Et c'est là où c'est venu me heurter à mes histoires de cinéma. C'est qu'aujourd'hui, moi le premier, j'ai grandi là-dedans, et je me pose beaucoup la question, on a besoin d'avoir des enjeux. Aujourd'hui, quand tu écris un scénario et que tu vas voir un producteur, Si t'as pas des enjeux narratifs qui sont très clairs de dire il se passe ça, là il y a un énorme problème et puis la personne va tout faire pour le résoudre et puis elle va se démener ciel et terre pour le faire et il faut qu'il y ait une résolution et tout ça, tout ce schéma-là d'enjeux, comme là il y a une course en bateau, il faut qu'il y ait un gagnant, il faut qu'il y ait un perdant, en fait il y a un moment, est-ce qu'on n'essaye pas d'élever notre niveau de conscience et de se dire qu'à l'opposé du sport, tu vois, t'as des... des pratiques, je découvre le yoga, des choses comme ça, c'est cliché ce que je dis. C'est ça qui est dur, c'est que dans tout ce mouvement, il ne faut pas tomber dans le cliché de la démarche hippie, c'est pour ça que je veux qu'on garde l'effort. Par contre, j'ai une proposition que je fais, et il faut que je me l'applique à moi-même, c'est de me dire que j'adore courir, j'adore faire des trails et tout ça. Mais qu'est-ce que ça vient m'ajouter d'être classé ? je sais que je ne vais pas gagner, je n'ai pas les capacités de gagner, mais pourquoi je ne refuserais pas juste le classement et je prendrais les choses pour ce qu'elles sont, de me dire... Tu vois, l'exemple, il est vraiment frappant en mini.

  • Speaker #1

    Justement, en Milly et même dans le Vendée Globe, il y a des gens qui participent à la compétition sans pratiquer la compétition, juste pour finir. Et c'est même d'ailleurs, en tout cas chez les Milly, c'est même la majorité.

  • Speaker #0

    Oui, et puis le classement est anecdotique.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Mais ce que je trouve qui est malsain là-dedans, c'est qu'on continue à surfer sur des anciens schémas, sur le côté... La presse va parler des trois premiers et on ne fait pas… Oui,

  • Speaker #1

    mais pour reprendre l'exemple des minis, il y a peu de coureurs en mini à part les, on va dire, les 20 premiers qui ont un objectif de carrière, qui ont des sponsors et tout. La plupart des autres sont autofinancés ou financés rémunéralement et…

  • Speaker #0

    Mais là, tu viens de mettre un mot, tu viens de mettre le mot finance

  • Speaker #1

    Oui, mais je soulignais le fait qu'il y a quand même une partie et c'est même… dans toutes les courses quasiment, en tout cas la deuxième moitié, est moins dans l'enjeu économique, carrière et performance que les autres. Mais par contre, ils ont besoin d'un cadre sportif pour le faire.

  • Speaker #0

    Je pose la question de manière très ouverte. Est-ce que c'est complètement ok de se dire qu'un sport peut être professionnel ? Je pose la question. Je pose la question très ouvertement. De se dire, est-ce que... Moi, je pense que là où ça... tu vois je connais pas toute l'histoire vraiment je suis pas un expert de la course au large mais je me dis vraiment que les premiers qu'on fait de la course ma vision que j'en ai c'était que c'était quand même des punks c'était quand même des mecs qui tu vois qui vivaient sur leur bateau qui partaient faire des trucs et on comprenait pas ce qu'ils faisaient enfin je veux dire les premiers qui partent en solitaire Francis Lacombe et compagnie enfin leurs histoires elles sont folles moi Tessier c'est complètement fou et il y a un moment tu te dis mais là il y a Pour moi le twist il arrive je pense dans les années 70, Tabarly qui gagne, la vision quand tu vois que Tabarly a descendu les Champs-Elysées, d'un seul coup c'est médiatique. Donc forcément d'un seul coup si c'est médiatique ça attire quoi ? Ça attire des gens qui se disent ah bah tiens on peut peut-être s'associer à… et d'un seul coup, toi t'aimes juste être sur l'eau, on a ce plaisir de vouloir jouer et on te dit attends ça vous dit que je vous paye pour faire ça ? forcément c'est humain et tu dis ouais ouais, allez-y, donnez-moi et en fait pour moi, du moment qu'il y a un investissement qu'il y a quelqu'un qui met de l'argent là-dedans ça entraîne un cercle vicieux qui est fou parce que t'investis, derrière qu'est-ce qui se passe, on espère des retombées et le système...

  • Speaker #1

    Justement, il y a toute une partie des pratiquants et singulièrement dans les années 70,

  • Speaker #0

    où il y a peu de gens qui investissent voire c'est même auto-financé c'était encore soutenable je pense à cette époque-là et je pense qu'aujourd'hui tu vois... enfin il n'y a pas de limite aujourd'hui tu fais un jeu vers les budgets enfin quand tu fais là dans le dans le ce qu'on appelle le tier one quoi ouais mais chez les autres oui mais le problème c'est que qui est ce qui tire qui est ce qui tire là là qui est ce qui tire le jeu qui est ce qui écrit les règles en fait c'est ce que je disais tout à l'heure c'est que ces quelques grosses écuries qui malgré elle parce qu'elles ont des envies de pour le coup je pense que c'est complètement des égotripes de dire on veut être les plus rapides, on veut gagner, on veut tout ça, bah en fait ouais ça emmène tout le monde dans une direction où tu te fais happer et tu te dis bah en fait je suis là, j'aime bien faire du bateau, est-ce que tout le monde s'est posé la question de savoir vraiment pourquoi on fait du bateau ? Bah ça je sais pas, ça c'est chacun avec soi-même, très bien, mais par contre je suis désolé, je pense que c'est hyper violent pour moi aussi, tu vois quand je suis persuadé que dans le Vendée Globe il y a plein plein de... de femmes et d'hommes qui rêvent de faire ça et qui s'en fichent de gagner mais par contre ils viennent cautionner en fait toute une classe tout un organisateur tout un truc qui au final ne leur correspond pas tu vois effectivement je pense qu'il y a des gens qui veulent juste aller faire le tour du monde et c'est très bien et pourquoi c'est devenu aussi...

  • Speaker #1

    enfin les chiffres je sais pas si tu veux qu'on rentre dans les chiffres mais c'est du délire quoi surtout on est complètement sortis on en était à tes études de cinéma du coup là je vais faire moins Je vais faire mon coach et on va revenir. Parce que c'est le risque de cet épisode, c'est qu'on part tous les deux dans tous les sens. Mais on va quand même traiter les sujets au fil du temps. Si je reviens donc à ces années d'études de cinéma, parce que là, en fait, le risque, c'est qu'on fait un flash-forward.

  • Speaker #0

    Oui, oui, oui.

  • Speaker #1

    En avant, oui. Mais il s'est passé deux, trois trucs en trois temps quand même. Donc du coup, on revient dans les années 2000, pendant ces années de cinéaste, ou de troisième, puis de deuxième assistant réalisateur. quelle place prend la mer et la voile ? On t'a laissé à l'adolescence et dans ta jeunesse pratiquer la voile sportive plutôt pour la sensation. Quand tu deviens un adulte qui travaille, qui gagne sa vie, quelle place prend la voile ? Est-ce que ça évolue ?

  • Speaker #0

    Oui, ça évolue complètement. Et c'est ça qui est assez rigolo. En gros, un tournage, c'est à peu près trois mois. C'est un mois de bureau où tu prépares le tournage. Ensuite, c'est deux mois sur un plateau. Et en fait c'est très usant, c'est très fatigant, tu termines de ça un peu fatigué et souvent c'est très rare les gens qui arrivent à enchaîner les projets. Ça reste ce qu'on appelle l'intermittence du spectacle où c'est on-off et là pour le coup c'est assez proche parfois du bateau où tu travailles à fond pendant un temps et puis derrière tu as une période un peu avide. Et donc en fait moi je me retrouve... Entre temps, mes grands-parents sont décédés, mes parents achètent une maison à Fouinant, et moi je me retrouve à passer du temps off, à me ressourcer en Bretagne. Et là j'ai du temps, et là je me dis ouais, j'ai peut-être envie d'aller voir les glénans, après les moutons Et avec mon père, on achète un Sprinto, un dériveur de 6m60. pour l'anecdote c'est rigolo ce qu'on l'achète au père de nicolas d'estée que je ne connaissais pas donc du coup c'est un skipper de café joyeux ouais avec qui j'ai fait du classe 40 avec nico et donc je me retrouve à gérer un bateau un peu plus gros a commencé à le retaper et puis toi je suis un peu fasciné par la course donc je me mets à trouver une gva cornes je me mets à enfin c'est ça ça me fait marrer à l'époque toi je suis vraiment le je pense le fan qui regarde les à l'époque du début des réseaux à trouver ah bah tiens il ya tel bout de sursaut des sursauts des baux à bâtiens je trouve le même en truc et je suis je suis super content de me dire que j'ai le même bout de que ça des boss sur mon bateau tu vois c'est débile mais c'est des petits trucs qui font que et un moment tu dis ouais j'ai entretenu mon bateau je le mets à l'eau et là dans la bbam on rayon d'action il augmente un petit peu je vais je vais grand solitaire sur le brouet pas d'électronique rien je me retrouve à aller au glénan enfin j'apprends à aller au glénan tout seul Il n'y a pas de quilles, je me fais des frayeurs, mais c'était génial. C'est un bateau avec de doubles trapèzes, ce n'est pas fait du tout pour être sans solo, je mets un sans dos, un truc, et je m'éclate en fait. Et c'est là où je commence un peu à adorer aller sur l'eau. Je commence pareil à être en dehors, à naviguer en dehors des périodes de vacances. Donc je découvre aussi la navigation en septembre, en octobre, au mois d'avril, au mois de mai, au moment où je vois des bateaux. Mon petit kiff c'est d'aller voir les bateaux, les imokas ou d'autres qui s'entraînent. Je me mettais sur le canal VHF du pôle Finistère, je me démernais pour être à l'Inuen, et de voir ce qui se passait, ça me faisait marrer. Puis je commence à ce moment-là à faire des photos, à faire des vidéos. J'ai un souvenir que je raconte dans le livre à un moment, c'était dingue en fait, je me retrouve sur la ligne de départ à l'Inuen. et à bien c'est là c'est la perche qui est là c'est la cardinale sud qui a l'entraîneur qui marque le départ et l'arrivée de quasi tous les entraînements du pôle quoi et moi je comprends pas enfin je me je pense être au vent de tout le monde en fait au moment du start tout le monde se met à l'eau fait et là tu as bernard stam ta marque guimau et et à vincent riou je crois et et les trois me passe à côté et moi j'ai pas le temps de bouger ils sont tellement rapide que je me garde un cap et j'ai deux immoca qui me passe à 10 mètres l'un de l'autre ça des mecs à bord ils sont morts de rire parce qu'il me dévante, je suis en cacahuètes complète et par contre j'arrive à prendre une photo que je trouve magnifique où tu as les 3 bateaux avec des vrillages de voiles différents avec plein de trucs différents et cette photo je l'envoie à Voiles et Voiliers de manière un peu marrante en me disant ah bah tiens ça me fait rire et elle est publiée sur le site et je me dis waouh c'est quand même rigolo et

  • Speaker #1

    c'est très touchant il y a un moment tu racontes ta première nuit en mer

  • Speaker #0

    Ah oui ?

  • Speaker #1

    Et tu l'as fait au coffre en fait Ah bah oui Tu l'as fait au coffre Et tu es juste pour découvrir Ce que c'est que d'être

  • Speaker #0

    En pleine mer Et c'est drôle Parce que Nico Desté A passé sa première nuit en merde Dans le même bateau Mais dans le golfe du Morbihan Mais oui oui la première fois je me dis mais de toute façon j'ai pas de feu de nappe, j'ai rien du tout et je me dis il y a un moment tu vois je suis vraiment dans la démarche où je me dis ah tiens ils utilisent un jet bolt, j'achète un jet bolt, j'achète des lyophilisés, je connais rien à ce truc là et je tente l'aventure de me dire ok bah je vais déjà passer une nuit au mouillage pour voir et j'ai mon premier lever de soleil en mer c'est au mouillage dans la baie mais j'en ai un souvenir génial et franchement c'était une aventure...

  • Speaker #1

    voilà après j'étais plus loin mais alors à quel moment alors là il ya quand même une sorte de phénomène de d'autocombustion quoi tu te c'est toi qui te qui te qui te prends au jeu quoi ouais et à quel moment il ya de la poudre en plus où tu ou tu tu vas croiser tentant parler des tentants parler du monde des minimes parce que c'est ça qui va passer à l'émine et ça ce je

  • Speaker #0

    pense que ça arrive pour moi parce que je pense que je commence un peu avoir fait le tour du cinéma même au bout de seulement deux trois quatre ans tu vois Et j'ai un ami qui vivait à La Rochelle et qui me dit Ah tiens, j'ai vu des bateaux trop marrants. C'est la première fois que je suis une carte en 2011, quand David Raison gagne. Je découvre ce truc là et il n'y a vraiment pas grand monde sur les réseaux. Ça reste pour moi qui connaissait. Je n'avais jamais vu un départ de regard de ma vie. Vraiment, je n'étais jamais allé sur un ponton, je ne connaissais rien. Je commence à suivre des trucs et le peu de vidéos qu'il y a me fait vraiment complètement halluciner. Je me dis que ça a l'air trop marrant. Il y a un côté où je me projette parce que d'un seul coup je me dis que c'est la même taille que mon dériveur. c'est vraiment le même truc et je me dis bon bah si je suis capable de faire du dériveur comme ça si ça se trouve je suis capable de traverser l'atlantique et en fait pas du tout Et en gros, je pense que c'est l'émergence... Tu vois, les premières personnes que je suis sur les réseaux, je pense que c'est Tanguy le Turquet, qui au début faisait déjà de la bonne com' quand il va en Italie faire sa calife et tout, et je me mets à... Enfin voilà, d'un seul coup, c'est un monde qui s'ouvre de lectures, de découvertes, de blogs, mais je pense qu'à un moment, je pense que je suis tombé aussi sur toi, tes épisodes, sur plein de choses. Enfin, quand tu faisais le café de la marine, d'un seul coup, c'est devenu une espèce de bible. où je scrutais, mais je suis devenu un geek, tu vois, vraiment, mais comme tout le monde, je pense à un moment, tu as une phase d'apprentissage où tu veux tout découvrir, et en fait, quand tu es là-dedans et dans la découverte, c'est magique, parce que tu te rends compte que le milieu, il est énorme, et je pense qu'il... Ce qui est super dans notre sport, c'est qu'il est accessible. Quelqu'un qui a le temps, l'énergie et les moyens, déjà tu peux traîner sur un ponton et croiser un marin qui te fait rêver et tu pourras lui parler. C'est pas comme si tu étais à un centre d'entraînement de foot où tu ne peux pas parler aux gens. Il y a un côté qui est quand même très humain et ça je fais un aparté, mais il faut vraiment qu'on garde les villages d'épargne accessibles et non payants. Là quand j'entends certains bruits de ponton, ça me fait bondir que l'économie est le... le business commence à prendre le pas là-dessus, il ne faut pas faire ça. Il faut que ça reste quelque chose de joyeux. Et donc tout ça pour dire, je ne sais plus ce qu'on va dire.

  • Speaker #1

    Du coup, toi, tu es rentré là-dedans, justement. Les portes étaient ouvertes.

  • Speaker #0

    Les portes étaient ouvertes.

  • Speaker #1

    Et tu es dans cette phase-là au milieu des années 2000. Oui, 2011. Au début des années 2010, tu ingères, tu absorbes, tu es en train de devenir ministre.

  • Speaker #0

    Je suis les premières minis. Je découvre un peu les profils. La première fois que je me baladais, je vais à Tréboule. et là je tombe sur le port de Dornenay et je pense que c'était la prépa du map ou du fastnet et là je me dis mais c'est quoi ce délire et je me dis mais ça a l'air trop drôle et il y a un côté de moi parce que t'es tout seul jusque là t'as pas de copains qui naviguent c'est un trip solitaire jusqu'à maintenant j'ai juste des potes de vacances ça se lit bien dans le livre j'ai que des potes de vacances qui viennent de temps en temps faire un peu de bateau avec moi là-bas mais c'est tout et je connais personne du milieu et il y a un truc où Enfin je veux dire quand tu connais personne d'un milieu c'est hyper dur et ça pour le coup j'ai réussi à faire mon trou dans le cinéma et à un moment après j'ai réussi à faire mon trou dans la voile. Et je pense que tu vois j'ai utilisé la caméra et la photo comme une porte d'entrée et c'est vraiment comme ça que ça se passe pour moi. En 2013 je vois que ça navigue à Concarneau, je vois Pifou Darny qui bosse avec Bilou et qui prépare la mini 2013. Et ça commence, je lui envoie un message sur Facebook, je lui dis, moi j'ai besoin de cinéma, est-ce que tu as besoin de photos, de vidéos ? voilà quoi et ça commence comme ça et je viens ici chez kéros d'un secouche ouvre grand les yeux je vois des un mode 70 je suis dans les vidéos que je regarde en fait tu voyais à ce côté ah ouais ça existe vraiment tu es dans le décor que tu es dans le décor que je regarde mais c'est je suis dans le côté paillettes fin et un côté tu découvres tout ce qui fait rêver après ça dérape ça va déraper

  • Speaker #1

    alors restons restons dans cette phase là parce que du coup une fois que tu arrives là finalement ça va il arrive paris paris paris tu es là où c'est à 2013 je filme le départ de la de la mini à douarnenez qui était un départ magique parce qu'il partait au front et c'était magnifique et les couleurs incroyable tu suis pifou moi j'ai rempli en plus et pierre-françois dernier qui est aujourd'hui le directeur technique malidia après une longue carrière d'ingénieur et technicien dans les différentes équipes qui fait et qui fait la mini sur le

  • Speaker #0

    755 155 un assis rares et en fait c'est lui c'est lui ta porte d'entrée quoi c'est là c'est là où il met le tu mets le doigt dans l'engrenage il est ma porte d'entrée il fait rencontrer plein de monde et il me fait naviguer dans l'équipe de bilou ouais c'est lui qui fait la vie unique naviguer pour la première fois sur un mini et je fais vraiment juste le prologue et une sortie banque images avec lui et je pense qu'au moment où je vois le d'ailleurs ça c'est marqué pour moi je pense que le lendemain du départ de la mini J'ai une vidéo de moi qui me filme en me disant je ne sais pas comment je vais faire, mais je vais faire la mini Donc ça, on est en 2013 et je fais la mini en 2017. Et après ça, j'achète un mini en 2014. Je mets six mois. C'était une période qui était assez cool parce que je me suis mis à bosser l'hiver à faire du cinéma et je choisissais un peu les projets et je me gardais du temps l'été pour faire du bateau. Ça, c'était une période de transition qui était super, de dire je fais du bateau quand je veux, je reste hyper motivé à apprendre à faire plein de choses Mais ouais, je suis parti de loin, enfin je pensais pouvoir faire la mine 2015 en un an.

  • Speaker #1

    c'était pas du tout réalisable c'est des très très belles pages parce qu'on raconte rarement ces échecs et là tu montres bien à quel point tu t'es vu plus grand que tu ne l'étais les claques dans la gueule littéralement que tu prends les abandons alors il y a aussi tu racontes à quel point tu es malade en mer mais pas qu'un peu tu vas aller à l'hôpital des armées à Brest où il y a un centre qui essaye de rééduquer contre ce mal de mer et donc cette phase là qui est vraiment un témoignage maritime du ministre de base est très forte parce que tu t'es projeté dans un univers et tu te heurtes à la réalité encore une fois c'est qu'est-ce qu'on tu

  • Speaker #0

    vois quand tu regardes des vidéos de bateaux c'est rare les moments où on montre enfin après tu comprends un peu mieux quand tu penses que tu es dedans voilà c'est ça tu te rends compte qu'en fait c'est hyper dur de filmer les trucs dur et puis en fait il ya ce côté aussi de 2 on est là pour moi c'est ça qui est un peu un peu bâtard c'est qu'on est là pour vendre du rêve donc on va forcément va pas Aujourd'hui, tu vois, il y a quand même quelque chose de très malaisant, je trouve, quand tu vois des gens qui sont en course et qui se mettent à se plaindre, et qui sont Ah là là, j'ai cassé mon truc, c'est dur, ah là là... Tu te dis Attends, les gars, c'est vous qui l'avez choisi déjà, et ça, je ne suis pas le seul à le penser, on choisit cette solitude-là, on choisit cette difficulté, donc on n'a pas de raison de se plaindre, c'est quand même un putain de loisir hyper élitiste, donc on en a chié pour être là, donc il y a un moment, oui, on a le droit de dire que c'est dur, mais il faut quand même... dézoomer un peu et avoir les pieds sur terre de se dire qu'il y a des gens qu'on est vie horrible à côté surtout dans le monde actuel enfin je veux dire quand tu vois la quantité d'horreur qu'on voit tous les jours là on n'a pas le droit de se plaindre donc effectivement il ya un peu cette injonction à dire si vous êtes en mer bah c'est vraiment la génération instagram quoi c'est genre on te montre que ce qui est bien que ce que ce qui est beau donc là c'est l'anti instagram ouais moi je dis partie là est vraiment intéressant parce que je pense que j'avais jamais vécu en mer j'ai toi quand tu commences la voile à patois même à première temps J'avais quel âge ? J'avais 27 ans, quoi. 27 ans, c'est ma première nuit en mer. Quand tu vois qu'il y a un paquet de monde... Enfin, je veux dire, j'ai pas fait un tour de l'Atlantique à 3 ans ou à 4 ans, j'ai pas eu mon cerveau qui s'est accoutumé à tout ça, j'ai pas été câblé pour ça, en fait. Donc oui, la découverte, elle est rude, quoi. Mais il y a ce côté-là que... en fait qui me fascine, tu vois la dimension d'effort, de dire ok c'est dur mais j'y vais, et ça a été un des moteurs.

  • Speaker #1

    Oui, parce que ce qu'il faut raconter aussi c'est que ce goût de l'effort, tu l'as aussi par ailleurs, parce que tu cours énormément. tu fais du vélo, tu nages.

  • Speaker #0

    L'endurance m'intéresse.

  • Speaker #1

    Voilà, exactement. C'est l'endurance, c'est le terme que je cherchais. Parce que quand tu parles de goût de l'effort et l'effort que tu essayes de décrire et qui arrive par le sport aujourd'hui, mais qu'on pourrait être ailleurs, tu le racontes bien. À quel moment, dans cet apprentissage, dans ces coups qui te tannent un peu le cuir et qui font que ton projet en deux ans, c'est quand même un peu sport, il va se faire en quatre ans. À quel moment, par contre, tu découvres ce que tu racontes assez bien dans le premier chapitre du livre, qui est le... la beauté de la mer et d'être en mer et le tempo particulier que tous les gens qui courent et notamment en solitaire et qui vont loin et qui sont quand même contraints par les règles vivent à partir de quel moment tu découvres ces sensations là

  • Speaker #0

    je pense que c'est quand je me mets un peu moins de pression quand je me dis après 2015 j'abandonne sur le fast net pour une connerie et je me dis en fait là ça le fait pas d'un seul coup je me mets moins de pression je vais prendre le temps de faire les choses bien je vais prendre le temps de faire ma calife d'en profiter et de voir en fait moi c'est ce que je dis ce qui est magique sur un bateau c'est justement la privation le côté auto-sobriété c'est à dire Bah ouais, je vais manger des choses qui ne sont pas forcément hyper bien cuisinées, je vais avoir froid, je vais avoir faim, je vais mal dormir, mais en fait le côté privation, il vient embellir, et je pense que là pour le coup il y a des ressorts physiologiques qui font que... Moi, je n'ai jamais pris de drogue de ma vie, mais je pense qu'on s'en rapproche très fortement. Il y a un côté... Le côté manque de sommeil fait que tout devient plus beau. J'avais fait un petit documentaire qui s'appelait La Mini en question. Franchement, s'il y a des minis qui écoutent ici, je pense que dans ce... J'avais interviewé en 2015 quasiment une trentaine de minis qui partaient et tout le monde le décrit, en fait, ce côté... C'est parce que c'est dur que c'est beau. Si t'as le confort, ça ne marche pas, tu vois. Et je pense que c'est ça qu'on vient chercher. C'est là où ça vient encore plus questionner le truc. Ça veut dire qu'est-ce qu'on a vraiment besoin de tout l'attirail ? Moi, je rêve, par exemple, de me dire... Là, je me concentre sur autre chose en ce moment, mais de me dire qu'à un moment, est-ce qu'on ne ferait pas un format de course, un dériveur de 5 mètres ? Un truc que tu fais, tu pars de Dunkerque et tu dois arriver à Handaï, pas d'électronique, mais je suis sûr que la nave elle est plus dure, elle est plus technique qu'un Vendée Globe, parce que tu vas en chier, tu vas avoir froid, tu vas pas dormir, enfin je veux dire, ces trucs-là, comme tu le disais tout à l'heure, moi ce qui me faisait marrer c'était le côté glisse et le côté contact avec les éléments, je suis sûr qu'en fait ce truc-là je pourrais le retrouver sans être forcément sur un bateau de 18 mètres qui va à 25 nœuds.

  • Speaker #1

    Et sans éventuellement le cadre de la course. C'est là où c'est... Est-ce qu'on a besoin du cadre de la course ? Là, on est en train de redériver, mais allons-y.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si on a besoin du cadre de la course, très honnêtement.

  • Speaker #1

    Parce qu'en fait, c'est quand même ça le truc fondamental. C'est que... autant de gens iraient faire un tour du monde en solitaire sans escale s'il n'y avait pas un cadre réglementaire mais aussi sécuritaire mais aussi médiatique et les gens qui le font en dehors de ce cadre là ils sont très peu nombreux j'ai un pote là

  • Speaker #0

    Victor que peut-être certains d'entre vous suivent maintenant qui a lancé l'expédition Captain Darwin qui est super sympa qui a été bien en galère au bout de l'Amérique du Sud qui a échoué son bateau et qui a fait un buzz incroyable et Victor quand il a lancé son projet juste après le confinement Il avait eu cette formule parce qu'il y avait Grégoire Chéron qui lançait son projet mini, et ils sont très potes et ils ont lancé ensemble le truc. Et ils avaient un peu... J'ai beaucoup aimé cette formule de dire, en fait, Grégoire, qui partait sur la mini, allait dans une version franchisée. En fait, aujourd'hui, tout est balisé. Si un jour tu veux faire le Vendée Globe, on sait que tu dois passer par certaines étapes. La mini, c'est bien de le faire. Le Figaro, si tu peux, c'est mieux. Le classe 40, c'est chouette parce que tu découvres d'autres efforts, d'autres trucs. tout est cadré, même le Vendée Globe aujourd'hui, tu l'as dit le mot, c'est sécurisé un petit peu, on sait où on va, ça reste exceptionnel, parce qu'effectivement il n'y a pas tant de personnes qui l'ont fait, mais on sait où on va, on sait les matériaux, on sait plein de choses. Aujourd'hui si tu lances une expédition d'un gars comme Victor qui va dans les canaux de Patagonie, ça reste encore beaucoup plus aléatoire. Et donc je pense qu'aujourd'hui on devrait garder. Je ne sais pas quel mot mettre là-dessus, parce que c'est à réinventer, mais ce qui est beau dans la compétition, et ça je le dis bien, je pense, et j'ai mis les mots là-dessus, c'est qu'on se fixe une date de départ. On se fixe une date de départ, et puis il y a des gens qui y vont ensemble. Et en fait, c'est ça qui est beau, c'est que ça crée de l'émulation. Déjà, tu as une raison de t'entraîner, tu as une raison de tout, en fait. D'un seul coup, tu es drivé par quelque chose, et puis tu vas t'entraîner, tu vas coopérer. tout ce que je disais tout à l'heure, le chemin est vachement plus beau tout l'apprentissage que j'ai fait avec tous les ministres ce qui est beau c'est qu'on est tous ensemble à découvrir tu ne l'aurais pas fait si tu étais parti dans une expédition tout seul si tu pars tout seul tu perds un peu de ce côté là ce côté très humain, social c'est tout ce qu'on doit amener là-dedans et le côté compétition il cloisonne en fait le côté compétition pur et dur de juste dire le seul intérêt c'est de gagner en fait il vient occulter tout le partage tout le... Enfin, c'est vraiment, même si... Tu vois, moi j'ai découvert en écrivant ce livre la différence vraiment entre la collaboration et la coopération. Collaborer, c'est... Tu vois, les gens au sein de la classe OIMOKA, ils collaborent. Mais par contre, ils sont pas coopératifs. Ils sont pas dans l'échange horizontal. C'est genre, oui, on est d'accord pour aller dans la même direction, oui, mais chacun le fait de son côté. Et on est d'accord, on va se batailler pour mettre des règles en place, mais on va pas être dans la coopération. Alors que, tu vois, ce qui est beau, je pense que... Et c'est là où il faut qu'on s'inspire d'autres sports. Parce que... Que ce soit dans le vélo ou dans notre trail, il y a des courses en vélo, en gravel, où il n'y a pas de classement. Tu le fais, tu es finisher, bravo, mais on ne vient pas tirer la gloriol et dada.

  • Speaker #1

    Dans la mini, ils collaborent ou ils coopèrent ?

  • Speaker #0

    Bah il y a de la coopération mais de moins en moins. Je pense qu'aujourd'hui, voilà, tu disais tout à l'heure, je pense que la mini est en train de prendre une dérive. Là, ils sont en train de se réveiller un peu, j'ai l'impression. Ecoute, c'est moi qui le dis, je pense qu'il y a un moment de faire de la spéculation et de dire qu'il y a des bateaux d'occasion qui sont vendus plus cher et… Ils viennent radicalement d'arrêter.

  • Speaker #1

    Voilà. Puisque là, ils ont décidé d'interdire la construction de nouveaux bateaux.

  • Speaker #0

    Et bah ça c'est bien. Mais voilà.

  • Speaker #1

    Pour avoir été longtemps en ministre, tout le monde le sait, tous ceux qui l'écoutent régulièrement, ça je pense que c'est plutôt un exemple de coopération. notamment quand tu as été administrateur de la classe il y a des frictions mais toujours une structure où la coopération est obligatoire c'est un goal cause tu vois là dessus tu fais des ce que je veux dire c'est que du coup souvent je pense que j'ai fait du classe 40 aussi il y a une partie de la classe 40 où ça coopère et une autre où ça collabore c'est là où je pense que les organisations si j'avais un reproche à te faire dans les descripts que tu fais c'est le côté plutôt monolithique je pense évidemment que les situations ne sont pas noires ou blanches elles sont dans une infinité de liens de gris même en IMOCA je pense qu'il y a des gens qui coopèrent il y a des gens qui font ça très bien mais comme je disais le

  • Speaker #0

    truc qui est dur c'est que c'est drivé par ceux qui aujourd'hui se comptent de l'argent et du pouvoir ont quand même plus d'influence et ils emmènent un peu tout le monde dans un truc où il y en a plein qui n'aimeraient pas y aller enfin aujourd'hui Aujourd'hui, moi je suis choqué de voir qu'en mini, avec le budget que j'avais déjà il y a 7 ans, Et bien je ne suis pas sûr que je pourrais faire. Enfin je veux dire, il y a un moment qui... Enfin, si on fait une pause là et qu'on dézoome un peu, quand tu vois un peu le profil des navigants en mini aujourd'hui, il est bien loin des navigants de 77 je pense tu vois. Et est-ce que c'est bien, est-ce que c'est mal ? On n'est pas là pour juger. Mais par contre de se dire, enfin qu'est-ce que ça dit de nous en fait, de notre sport et à un moment ça serait peut-être bien aussi qu'on... Enfin tu vois, de parler d'accessibilité et d'inclusion. on est quand même tous un peu le même profil enfin toi à ce micro je pense qu'on est tous un peu enfin voilà là il y a un autre concept qui me tient très à coeur c'est le concept de la pyramide de Maslow de dire qu'en fait nous on est en haut de la pyramide tu vois on est dans du loisir donc la pyramide de Maslow c'est les besoins fondamentaux en gros l'espèce humaine on a besoin d'avoir les besoins physiologiques, se nourrir se loger, c'est la base ensuite il y a la sécurité de ce de... pouvoir créer un foyer, et puis ensuite, t'as l'estime de soi, l'accomplissement, et au-delà de ça, après, t'as vraiment le petit truc en plus, c'est vraiment l'accomplissement personnel.

  • Speaker #1

    Donc c'est la pointe de la pyramide.

  • Speaker #0

    C'est la pointe, et elle n'est pas nécessaire, elle n'est pas essentielle à notre survie. Mais c'est ce que je dis dans le livre, paradoxalement... si on était juste réduit à être juste à travailler à se nourrir et tout ça on se ferait quand même rapidement chier et heureusement qu'on a des choses à défendre heureusement qu'on a la culture, heureusement qu'on a le cinéma la musique et le sport en fait partie mais pour moi toutes ces choses là qui j'aime bien cette formule que j'ai trouvée de dire que la beauté de l'inutile a toute sa place à condition qu'elle soit soutenable c'est la moins dernière phrase de ton livre ouais et je l'aime bien parce que pour moi c'est vraiment le fond du propos c'est de se dire il y a un moment ok pour le haut de la pyramide la condition est que ce soit sonnable parce que sinon parce qu'en fait ça sera toujours au dépens de la nature, du vivant ou de quelqu'un d'autre et il y a un moment si on essaie de repenser les choses si mon besoin il est de je prends cet exemple à la fin dans le dernier chapitre où je me dis quand on fait le tour on va naviguer sur les saintes oises en Guadeloupe. Mais c'était hyper joyeux. Il y a un sponsoring qui existe, on fait la fête sur la plage, on s'amuse, ça régate. mais par contre le bilan carbone il est ok en fait il est super cool et oui si tu as envie de jouer si tu as envie de faire un concours de qui a la plus grande et qui va le plus vite et qui a bien géré bah oui tu peux le faire mais par contre tu vas pas avoir un impact négatif et ça restera local tu vois et je pense que c'est ça qui a débordé complet parce que là t'es bien placé sur tout le côté marketing et compagnie à quel moment on a accepté quel moment c'est ok d'avoir des sponsors pareils dans nos voiles, enfin je veux dire aujourd'hui on est devenu des panneaux publicitaires et à quel moment c'est ok, et en fait on a considéré ça comme une norme à quel moment c'est devenu une norme je pense qu'il y a plein de gens, les anciens marins je pense qu'ils bondiraient en fait aujourd'hui si vous voyez ça, enfin Moitessier je pense que

  • Speaker #1

    Moitessier oui, c'est sûr après le sponsoring il existe depuis les chaussettes de Kindy, ça a plus de 50 ans et du coup qu'est-ce que tu penses à ce moment-là ? Qu'est-ce que tu penses des gens qui... T'inquiète pas, on va revenir à 2017. J'ai ma chronologie sous les yeux. Mais profite-toi. Qu'est-ce que tu penses du coup de ce côté panneau publicitaire, mais panneau publicitaire au profit de causes ? Alors il y a les gens qui font du canvassing, mettons-les de côté. Mais il y a les gens qui portent réellement des causes.

  • Speaker #0

    Ben oui,

  • Speaker #1

    pour... Prenons le cas de Nicolas Destey, qui est sponsorisé par Café Joyeux, qui est une entreprise qui emploie des jeunes prisonniers.

  • Speaker #0

    Ah ben là, tu parlais tout à l'heure de... Mais qui est une entreprise. Oui, de paradoxes et plein de choses. Est-ce que c'est OK de se dire qu'on... J'en ai déjà discuté avec lui, mais est-ce que c'est OK de faire la promotion de ça, mais en même temps, d'aller chercher de l'argent chez le groupe Accor ? Bon. Moi je serais pas hyper serein et droit dans mes bottes avec ça. Comme au final, même moi avec Everial, ok c'était de l'archivage mais il bossait avec plein de banques et plein d'assurance. Et je dois avouer que j'étais pas hyper à l'aise avec ça. Donc oui porter une cause c'est très bien mais il y a un moment ça masque pas. Tu peux pas juste dire c'est bon j'ai une cause et...

  • Speaker #1

    Non mais justement, on parle pas de ça. Il y a aussi des gens qui font ça de manière...

  • Speaker #0

    Honnête.

  • Speaker #1

    Honnête, qui porte quelque chose. L'objectif n'est pas forcément de générer des ventes en plus.

  • Speaker #0

    Bah ouais, après la vraie question, c'est de se dire aussi que c'est devenu un modèle économique. Si je pense à Tanguy Le Turquet, par exemple, qui est un très bon ami, bah oui, il arrive à trouver de l'argent, je pense, parce qu'il fédère plein de boîtes qui s'associent à ce message-là, et c'est super. Après, est-ce que... est-ce que c'est pas le serpent qui se mord la queue de se dire est-ce que s'il ferait une autre aventure nautique est-ce qu'il ferait Baluchon il aurait peut-être plus de succès médiatique je sais pas là pour le coup c'est très paradoxal pour moi et je pense qu'il y a un moment c'est aussi parce qu'on se met tu rentres dans un jeu il y a des contraintes du jeu et t'es obligé de rentrer dans le moule et tu cherches les solutions que tu peux et... On a souvent cette discussion au sein de la vague de se dire, tiens qu'est-ce qui était... Il y a un moment on se disait, tiens comment on fait... Est-ce que les classes de bateaux devraient avoir un comité éthique de dire est-ce qu'on valide ou non que tel sponsor vienne là-dedans ? Moi aujourd'hui, je ne suis pas du tout à l'aise, je considère encore que c'est un peu mon sport, je ne suis pas du tout à l'aise avec l'idée qu'il y ait des énormes agro-industriels qui soient en avant. Moi je considère que ça dessert notre sport.

  • Speaker #1

    Mais si on enlève la compétition et si on enlève le modèle économique...

  • Speaker #0

    Il faut tout réinventer.

  • Speaker #1

    Oui, mais du coup il n'y a plus de secteur en fait.

  • Speaker #0

    Je n'en sais rien. je pose la question très ouvertement moi aussi la question parce qu'au final quand tu vas voir je prends le cas d'Everial ce qui faisait que et c'est pas le seul c'était ton sponsor ouais c'était mon sponsor ce qui fait qu'on accepte aussi que c'est aussi accepté en interne nous c'était les journées de navigation tu fais naviguer les gens à bord ce que font beaucoup de sponsors et si tu fais pas ça je pense que c'est beaucoup moins bien accepté après de se dire ouais il y a un prétexte à faire une course et c'est cool et... Et voilà, c'est un héritage culturel, peut-être que tu as suivi des courses plus tôt et ainsi de suite, mais est-ce qu'on ne peut pas quand même faire un modèle ? Enfin, il faut que je rebondisse sur autre chose. On a beaucoup critiqué la vague en disant vous dénoncez, mais vous ne proposez pas grand-chose. Là, l'année prochaine, on va faire ce qu'on appelle le festival de la vague, et on veut avoir un événement nautique. Je ne sais pas si on doit l'appeler course ou pas. On se dit, est-ce qu'il faut faire un classement ? Est-ce qu'il ne faut pas faire un classement ? Qu'est-ce qu'on va récompenser ? Comment on le fait ? Moi, je trouve ça un peu dommage que quand on fait un petit atelier, là, il y a un mois, on est quatre. Et effectivement, je le comprends, les gens qui sont actifs dans le milieu, ils ont autre chose à faire pour l'instant c'est un métier qui est compliqué où il y a des emplois du temps très compliqués mais il y a un moment, il faudra peut-être qu'on se pose parce qu'aujourd'hui, si tu sors un peu du rang médiatiquement, tu peux trouver ta place, tu peux trouver à raconter une histoire on parle de storytelling à longueur de journée dans ce qu'on fait, je veux dire chaque équipe ou chaque skipper qui lance un truc a besoin d'avoir une originalité aujourd'hui, je suis désolé mais toi sur la route du Rhum que j'ai faite j'ai un bateau neuf ça c'est un autre sujet on va y venir on va rentrer en 2017 après mais vas-y ce que je veux dire c'est que t'as beau avoir un bateau neuf t'as beau être dans une classe machin t'as beau avoir ton originalité t'es noyé au milieu de 138 personnes comment tu fais pour exister médiatiquement comment tu fais pour que ton sponsor qui

  • Speaker #1

    dise ah bah bon c'était ça ma question du coup si tu enlèves si tu enlèves la mécanique de la compétition si tu enlèves je suis le raisonnement si tu enlèves le modèle économique non ouais qui est là, il n'y a plus de secteur au sens strict du terme. C'est complètement autre chose.

  • Speaker #0

    C'est complètement autre chose, mais ça met en face les compétiteurs.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas l'industrie qui va avec.

  • Speaker #0

    Ça met les compétiteurs face à une vraie question de se dire, mais pourquoi vous faites ça ?

  • Speaker #1

    C'est vrai.

  • Speaker #0

    Et c'est vraiment... Là, je reprends une formule dans le livre d'Aurélien Barraud, l'astrophysicien que peut-être certains connaissent. Bien connu. Et moi, j'adore sa formule de dire que même si on construisait une bombe, de manière écologique, durable, recyclable, ce que tu veux, ça n'en resterait pas que la bombe ferait son travail de bombe. La finalité, elle serait d'exploser. Et je ne dis pas que la course au large, c'est une bombe. C'est juste que là, tout ce qui se passe aujourd'hui, et moi le premier, quand on essaye de mettre du lin, quand on essaye de faire bouger les règles, on essaye de changer la modalité. On essaye d'aller toujours dans la même direction, qui est de dire, on veut organiser des grandes courses, on veut des retombées médias. on veut qu'il y ait un business model, on veut qu'il y ait une industrie, mais bon, là, on est en train de nous dire un peu que ce n'est pas fou, donc il faut quand même qu'on change, mais on est en train d'essayer de faire rentrer un rond dans un carré, donc ça ne marche pas.

  • Speaker #1

    Mais ce n'est pas ça que je... Ma question, enfin, je pense que c'est la question centrale, c'est que du coup, si on introduit les changements qui sont nécessaires, la logique, le bout de la logique, elle est d'arrêter.

  • Speaker #0

    Elle est en tout cas de se dire qu'est-ce qui nous...

  • Speaker #1

    Parce qu'on hésite... Dans ton livre, on le lit assez bien, tu hésites beaucoup entre le... Le faire autrement et le plus faire du tout. Et cette question, elle est centrale. Parce que si on décide de plus faire du tout, c'est...

  • Speaker #0

    c'est assez simple du point de vue de mise en oeuvre mais tu vois on en revient à cette notion je pense que même pour en avoir parlé avec François Gabart je pense qu'on s'amuse plus à faire des surfs en kite en wing ou en kata ou ce que tu veux dans la baie où tu es au ras de l'eau si on devait prendre un critère de joie, je ne sais pas comment on pourrait mesurer la joie, mais de se dire qu'est-ce qui m'éclate le plus je suis en train de jouer dans la baie mon ratio il est peut-être je sais pas à 90 de fun est-ce que un ratio dépense à impact joie, plaisir plaisir énorme de dire est-ce qu'il faut vraiment avoir 12 millions d'euros pour faire un trimaran, pour aller dans un truc pas possible avec une équipe, avec une logistique qui t'enferme dans une espèce de tunnel parce que t'as des gens, t'as toute une boîte, une économie à gérer, des sponsors Est-ce que tu retrouves le même truc ? Oui, j'imagine bien qu'il y a des moments de grâce et un bateau qui vole, c'est très joli. Mais une aile de mouette, c'est très joli aussi. Un exocet, c'est très joli aussi. Il y a un moment, si ce qui nous donne du plaisir, on peut peut-être l'avoir autrement. Est-ce qu'il ne faut pas juste se dire qu'on a été trop loin et avoir l'humilité de se dire, là, on ne va pas dans la bonne direction. Et peut-être qu'on pourrait... Je n'ai jamais fait le tour voile et des choses comme ça, mais je me dis, pourquoi ce n'est pas plus mis en avant ? Parce que c'est une formidable manière de faire naviguer plus de monde, de rendre les échanges tactiles et réels avec le public. Moi, ce qui me choque aujourd'hui, c'est que oui, je pense que... Il y a toute une génération de marins qui est venu de l'accessibilité à la mer par les dériveurs. Aujourd'hui, en dehors de nos petits cercles, qui fait du dériveur ? C'est quand même la base d'aller sur l'eau pour jouer.

  • Speaker #1

    Ils font du kite, ils font du surf, ils font de la wing. Mais oui,

  • Speaker #0

    mais oui, mais oui. Enfin, je veux dire, il y a un moment, c'est quand même chouette de bricoler un bateau, de se dire...

  • Speaker #1

    tiens j'ai de l'autonomie je peux me balader enfin tout ça tout ça le rapport plaisir temps argent il est en faveur de ces nouveaux engins c'est presque un autre débat non mais c'est vrai et notamment celui du renouvellement des générations

  • Speaker #0

    deuxième pas de côté on revient à 2017 et on va arriver comme ça jusqu'à aujourd'hui donc pas de mini 2015 du coup tu prépares 2017 et là en fait c'est là où on disait tout à l'heure que tu étais vite arrivé en fait sans parler d'être arrivé au sens rastignac du terme mais très vite il y a Conrad Kallmann qui t'appelle pour être médiaman puisque tu as cette double compétence donc à l'aise dans la vidéo et puis très vite aussi tu trouves un style le bonnet, il y a tes grands yeux tes grands yeux ronds, l'acting la manière que tu as de te compter et puis tu t'écris un personnage avec beaucoup d'auto-dérision je pense que c'est aussi pour ça que ça passe très très bien comme dans le livre, tu ne te caches pas du tout derrière des prétentions sportives et c'est pour ça que ça fonctionne donc du coup, Conrad t'appelle pour faire La New York Vendée Il y a 8 ans Dans la foulée Même chose Yves Leblevec T'appelle pour faire The Bridge Et t'as pas encore fait la mini

  • Speaker #1

    Non et ça m'énerve sur le moment Je dois avouer que je suis pas à l'aise avec ça Parce que je voulais faire les choses dans l'ordre Et pour moi j'avais ce rêve de traverser l'Atlantique en solitaire Et en fait Oui ça m'a un peu

  • Speaker #0

    j'ai pas envie de dire que ça m'a gâché le plaisir mais en fait j'ai touché c'est des propositions que tu peux pas refuser quand t'as rêvé de ça et que tu dis bah tiens d'un seul coup à l'époque encore t'es complètement dans le jeu et tu le dis très très clairement juste un petit état faire partie de ce cirque, alors ça c'est plutôt les termes de 2024 tu le disais pas comme ça à l'époque faire partie de ce cirque sur l'instant est incroyable de point naviguer sur les plus grands et les plus beaux bateaux voir toutes les portes s'ouvrir bénéficier de mises en relation de plus en plus faciles, d'une certaine valorisation dans le regard des autres, de demandes d'interviews, trois petits points, je l'admets, j'ai bien profité de ces avantages. Et le livre, il est vraiment intéressant pour ça aussi, c'est que tu ne te caches pas derrière ton petit doigt.

  • Speaker #1

    Ah ben non, j'en ai profité. J'en ai clairement profité et...

  • Speaker #0

    Non, et ma question, c'était le... Mais on sent quand même... que ça te questionne à la fois parce que t'as pas encore passé ton bac qui est la mini et on sent que pointe déjà des interrogations bah oui à l'époque ça me pose des questions parce que tu

  • Speaker #1

    commences à rentrer un peu moi je découvre à ce moment là deux opposés tu vois un Conrad qui vient du mini, qui bricole, qui fait le truc dans son garage et qui arrive à faire des choses et qui en même temps est confronté à Enfin, tu vois, je pense que tu vois, on l'a bien dit tout à l'heure, il y a un vrai décalage entre un projet comme celui de Conrad et se dire qu'on joue dans la même cour que des bang pop et des trucs comme ça. Bah, il y a un truc qui n'est pas logique, enfin, il y a un truc qui n'est pas cool que médiatiquement on parle... Enfin, pourquoi, si on devait prendre, par exemple, moi j'aime bien ce côté, tu vois, quand on parle de performance, moi j'adorerais qu'on... Enfin, j'ai trouvé cette formule la dernière fois de me dire, tiens, on parle de performance. Qui est-ce qui fait la plus belle performance typiquement sur un Vendée ? Est-ce que c'est Hermel qui gagne en 2016 ? Oui. Est-ce que c'est Hermel qui gagne, qui a tous les moyens, qui a les budgets et tout ? Ou est-ce que c'est Conrad qui va remater son bateau ? Enfin, qui fait la plus belle performance ? pour moi c'est une plus belle performance comme Tanguy qui arrive à réparer son bateau sur la Jacques Vabre et qui fait l'aller-retour, qui boucle, qui arrive dans le timing, qui repart.

  • Speaker #0

    Et qui finit probablement à toi des rives.

  • Speaker #1

    La performance est quand même plus belle pour moi que quelqu'un qui a tout qui va bien, qui a le budget qui va bien, qui se repose et tout ça. Remettons les choses en contexte aussi. Donc oui, je pense qu'à ce moment-là j'ai un peu des choses qui m'échappent. Après, faire du trimaran... d'un seul coup je me retrouve à des liens avec Sam Davis, avec Jean-Baptiste Le Vaillant, avec Davey, avec Yves, qui sont des légendes pour moi, tu vois, et tu dis, c'est cool, mais à un moment il y a aussi tout ce côté... je découvre les sponsors les relations le Queen Mary sur le moment tu dis je suis dedans mais là en dézoomant je pense que Damien Grimond il est en train de prendre un virage il y a le Queen Mary il y a une course de bateau à voile il y a le Queen Mary il y a un A380 qui passe dans le ciel n'importe quoi ça n'arrivera plus je pense qu'on va le regarder en disant qu'il faisait n'importe quoi

  • Speaker #0

    C'est quand même là aussi qu'on voit que le monde et la manière dont on a de le regarder a très vite changé. On en rigole aujourd'hui, mais ce n'était pas si longtemps que ça.

  • Speaker #1

    Non, mais tu dis, je pense qu'il y a une vraie… De toute façon, j'ai essayé de le retracer aussi dans mon bouquin. Pour moi, il y a vraiment ces sept dernières années, il y a une prise de conscience écologique. Les discours sont en train d'infuser. Aujourd'hui, il n'y a pas une journée dans les médias où tu n'as pas un questionnement qui est sur l'écologie. C'est Parce qu'en fait ça se fait sentir de plus en plus parce que c'est un vrai sujet. Là sur les élections européennes, c'est le sujet qui préoccupe le plus les Français. bon bah c'est pas rien non plus fin donc je pense qu'il faut quand même qu'on enfin c'est un sujet dans l'air du temps et je pense qu'effectivement il ya déjà en 2017 bas on peut on s'en parlait pas quoi tu vas faire la mini est ce qu'elle est conforme

  • Speaker #0

    à ce que tu avais projeté depuis déjà quelques années. Tu as des très belles phrases sur le retour de la mini. Je pense que tous ceux qui ont couru la mini ont vraiment ce reverron dedans, ce décalage total quand tu rentres en France, cette dépression postpartum.

  • Speaker #1

    C'est un sentiment à la fois de puissance et d'impuissance.

  • Speaker #0

    Exactement, tout à fait.

  • Speaker #1

    Parce que tu dis que tu as fait un truc incroyable.

  • Speaker #0

    Je préfère le Vendée Globe, il n'y a pas de problème. Et puis en même temps, la saveur...

  • Speaker #1

    tu as une très bonne phrase tu dis à l'arrivée de la mini j'observe aussi que l'exposition répétée à ces situations en course me perturbe ces expériences qui devraient rester exceptionnelles se normalisent oui une fois que tu as fait ça le reste n'est pas très ne semble pas très compliqué oui il l'est encore oui oui oui largement mais j'ai aussi enfin c'est en discutant avec une copine qui a fait la mini en même temps que moi Camille la dernière fois on discutait je trouve qu'il y a une vraie sagesse en fait dans plein de ministres de plein de profils qui se disent ok j'ai fait la mini J'ai fait quelque chose de très très beau, et en fait je suis ok d'en rester là. Parce qu'en fait, tout ce que j'ai fait après la mini...

  • Speaker #0

    j'ai pas retrouvé j'ai pas retrouvé les sensations c'est la majorité mais oui enfin juste pour moi je pose remettre le sol l'église dans son âge c'est que les mais c'est ça la plupart des gens ne font la font qu'une fois et après tu l'as fait qu'une fois et tabo enfin en figaro je pense que c'est un autre effort c'est un truc c'est un truc de vraiment un

  • Speaker #1

    effort très très particulier je pense que ça aurait pu me plaire tu vois le côté un peu enchaîné les étapes et tout ça c'est un petit peu Peut-être une petite frustration que j'aurais bien aimé voir à quoi ça ressemblait, mais au-delà de ça, plus ça grandit, plus... Moi, il y a un truc qui me gêne, enfin pas que ça me gêne, mais sur ces gros bateaux, déjà tu pars plus quoi. C'est tout con, mais plus ça va. J'ai fait du foiler, j'ai pas fait les nouveaux qui sont complètement fermés, mais à un moment t'as plus les embruns, t'es plus coupé. je suis pas sûr que ça... C'est même plus débateux, en fait. Et ça, je crois que je suis pas le seul à le dire.

  • Speaker #0

    Revenons à la mini et aux sensations qu'elle te laisse.

  • Speaker #1

    Elle me laisse la sensation de... Je pense d'avoir accompli ce que je voulais faire. C'est satisfaisant, ça vient flatter ton égo. Et puis, dans le même temps, tu te dis... Je découvre, je pense, le temps long. Je découvre le... d'être face à soi-même. Je pense que c'est seulement après où je me suis rendu compte de la chance qu'on a. C'est pour ça qu'un an après, je m'étais battu avec de nombreux autres ministres pour qu'on n'ait pas de téléphone iridium à bord. C'est une chance. C'est seulement quand tu le vis après que tu te dis que toutes les autres transats que j'ai fait après, ce n'est plus pareil. Tu as WhatsApp, tu dois envoyer des trucs tous les jours. ça n'a rien à voir. Tu te mets une pression de fou. Et je ne dis pas que mon sponsor m'a mis la pression. Je dis juste que la pression, elle existe de manière inconsciente et tu te la mets toi-même. En fait,

  • Speaker #0

    l'appareil est là. Alors qu'en mini, de fait, il n'est pas là du tout.

  • Speaker #1

    Oui, donc il faut se battre pour cet espace de liberté qu'est la mini. Et voilà, je pense qu'il faut le garder. C'est quelque chose d'hyper précieux. Et je pense que... Je pense qu'il y a des gens bien encore qui vont se battre là-dedans, tu vois. Mais il faut se poser des vraies questions. La mini, elle est le prototype de plein de choses. Là, il y a des groupes de discussion en ce moment. Je n'ai pas eu l'énergie d'y aller parce que je pense qu'il y en a plein d'autres qui font ça très bien et qui amènent ça. Mais il faut qu'on repense aussi l'imaginaire. À quel moment, je l'interroge en avant, l'imaginaire du rêve des Antilles est rentré chez nous ? Si ce que tu as envie, c'est de te découvrir toi-même, de passer du temps sur l'eau...

  • Speaker #0

    Tu n'as pas besoin d'aller aux Antilles. Tu peux faire une boucle. Pour rappeler, les ministres, sous la houlette de la classe mini, ont des groupes de réflexion sur l'avenir de la classe mini et la mini 3 en particulier, en visio. Je ne sais pas si c'est libre ou pas, moi j'ai reçu une invitation, et les comptes rendus sont en ligne. Je crois que c'est animé par la même personne dont je viens d'oublier le nom à l'instant.

  • Speaker #1

    Anna Le Cosset.

  • Speaker #0

    Anna Le Cosset, qui anime aussi.

  • Speaker #1

    Oui, une facilitatrice qui bosse à la vague.

  • Speaker #0

    Qui bosse à la vague, voilà. Et donc il y a des comptes rendus en ligne, tout est accessible et c'est très intéressant à lire. ce que je disais tu racontes assez bien la transformation aussi qui s'opère en toi une fois que tu l'as fait t'as changé je te relis le paragraphe si tu veux malgré tout je peux affirmer que je ne me suis jamais senti aussi heureux ni aussi triste qu'en naviguant sur mon mini accueillir l'ensemble de ces sentiments dans les hauts comme dans les bas est-ce qu'il m'a rendu si vivant ?

  • Speaker #1

    c'est ça, je pense que c'est un mot qui revient très très fréquemment chez tout le monde, c'est que tu dis moi je ne me suis jamais senti aussi vivant que quand tu fais la mini parce que si tu passes par enfin Tu passes partout quoi, et moi j'ai eu une transat facile je pense, enfin qui était pas compliquée, j'ai rien cassé et compagnie, mais il y a quand même des moments où tu flippes, il y a des orages, il y a des trucs, et ça vient en fait te combler parce que oui, parce que t'es heureux, parce que t'es triste, et à ce côté, c'est précieux aujourd'hui de pouvoir se retrouver face à soi-même, c'est hyper rare. Moi à un moment j'ai passé dix jours sans personne, et moi à un moment il y avait un italien après le caver qui voulait, il m'a dit on se suit, j'ai fait non ! Non, je veux être tout seul. Enfin, tu vois, il y avait un côté de moi, oui, je venais pas pour gagner, j'avais pas le bateau pour, c'était pas du tout l'idée. Mais par contre, je voulais faire cette expérience-là. Et oui, c'est ça le paradoxe, c'est de se dire que je voulais être tout seul, mais à plusieurs, tu vois, de se dire de préparer le truc. Et c'est ça qui est beau, c'est de se dire, comme tu dis, il y a le côté sécurité, de se dire quand tu es un peu encadré, ça rassure quand même un peu tes parents, ta famille, tes copains, enfin, c'est quand même un peu organisé. Voilà, tu vois, c'est un très bon exemple de se dire que parce que tu mets des petites contraintes, des petites règles, tu peux quand même avoir de la liberté. C'est tout l'enjeu de ce livre et de toute ma réflexion, de se dire que c'est pas parce qu'on va se mettre des règles qu'on sera pas libre. Si la finalité, elle est de jouer, et imaginons qu'il y a des gens qui veulent encore avoir des classements, mais jouer sans avoir des impacts sur les autres ou sur le vivant.

  • Speaker #0

    Juste après la minute, tu as écrit d'une certaine manière, mon mode de vie est en train de basculer Donc c'est un moment de bascule quand même. À petits pas, ma pensée évolue. mais il est terrible de constater que notre système est tout en oeuvre pour l'anesthésié. Donc tu sens toi-même qu'il y a quelque chose qui s'est passé, dans une presse de conscience, mais que tu n'arrives pas à le mettre en oeuvre.

  • Speaker #1

    Tu reviens à la facilité.

  • Speaker #0

    Voilà, il y a un énorme paradoxe, c'est que du coup, une fois que tu as fait ça, tu as passé ton bac, tu es parcours sub. Et là, le truc s'enchaîne. Tu vas travailler sur la solitaire du Figaro, tu vas travailler sur la route du Rhum. Tu vas faire partie du cirque entre guillemets, qui est le terme que tu utilises.

  • Speaker #1

    Mais oui parce qu'il y a...

  • Speaker #0

    C'est là où il y a les premières dissonances en fait.

  • Speaker #1

    Il y a les dissonances de se dire mais attendez je veux continuer à faire ça, à ce moment-là j'ai l'idée de me dire que maintenant j'ai un truc à raconter parce que ça c'était un de mes grands sujets, de me dire là je ne sais pas quoi raconter, ok je sais réaliser un film, je sais faire tout, mais par contre je n'ai pas de sujet. Il y a un moment où pour moi il faut savoir... C'est un peu le syndrome de la coquille vide. j'avais utilisé ce mot là quand j'ai annoncé sur les réseaux mais je pense que parfois il y a un peu de ça les équipes qui font du bateau je pense qu'il y en a plein qui ne savent même pas vraiment ils ont fait de l'optimisme, ils ont fait le truc, ils ont suivi le truc classique ils se retrouvent là, ils ne savent même plus pourquoi ils sont là c'est quoi ton histoire ? je suis chargé de com, qu'est-ce que tu racontes ? c'est quoi ton truc ? moi je fais de la ragate, je fais des trucs t'as quoi d'autre ? non mais j'ai que ça comment tu fais ? on invente des espèces de faux concepts, de faux trucs qui... et c'est dramatique je trouve enfin de l'actualité où tu commences à bosser sur la route du rhum je pense que je commence à avoir des énormes dissonance fin des choses voilà je l'aï à l'époque je bosse avec avec boris et qui est encore qu'à pas beaucoup d'argent malgré que le fait qu'ils aient écrit monaco pas encore enfin maintenant je pense qu'ils ont quand même des budgets plus confortables et ils ont construit des choses bien mais tu dis à un moment j'étais pas hyper d'accord avec le fait de fin c'est hyper dur et là pour le coup c'est un vrai paradoxe c'est de se dire est-ce qu'on attend d'être parfait pour porter un message on écrit qu'est-ce qu'on peut faire pour sauver l'océan moi aujourd'hui je considère que de faire une campagne IMOCA, de faire une Ocean Rise c'est pas forcément là où ces budgets là seraient les plus impactants et en même temps tu dis bah oui mais il faut quand même communiquer il faut quand même dire des choses c'est insoluble comme truc mais moi en tout cas oui j'ai été choqué de voir l'opulence euh

  • Speaker #0

    enfin il ya des choses qui me qui commencent à me choquer et le paradoxe un de plus c'est que c'est à ce moment là en fait que tu vas alors rentrer dans plein de plein pied dans le milieu puisque le sponsor de clarisse qui est l'une al garcia chez le royal clarisse

  • Speaker #1

    est appelé par bon populaire donc du coup il faut un marin pour remplacer clarisse et puis moi je lance mon projet à ce moment là j'annonce quasiment une semaine deux semaines avant que je veux faire un film sur la transat anglaise exactement que je cherche un classe 40 que et en fait ça cause bien les classes parce que Everial veut passer sur quelque chose de plus gros ils sont en Figaro avec Clarisse c'est la première année du Figaro 3 et voilà c'est vrai que l'histoire elle est belle ça reste en plus ma famille en tout cas de marins, de Clarisse, Tanguy il y a une sorte de filiation qui est quand même super et oui c'était super chouette

  • Speaker #0

    et tout ça ça vient se faire doucher par le Covid qui met un stop à tout ça voilà exactement et tu vas au départ avant le Covid tu vas au départ de la Jacques Vabre et tu as des mots assez forts c'est assez balisé j'ai lu le bouquin j'ai lu le bouquin tu vas à la Jacques Vabre et là aussi à nouveau tu parles de dissonance la semaine suivante je me retrouve au Havre pour commenter le départ de la Transat Jacques Vabre pour un sponsor ami du mien voilà Je fais partie du jeu, je connais tous les bateaux, tous les skippers, je suis heureux de voir ces voliers partir vers le Brésil, mais dans le même temps, quelque chose commence à sonner vraiment faux. La fameuse dissonance qui est à l'oeuvre. Ce n'est pas pour le plaisir de finir, c'est parce que la franchise avec laquelle tu le racontes est vraiment importante pour bien comprendre le message que tu veux faire passer. On constate qu'autant d'énergie est mise au service d'un loisir, que tout le monde se presse pour en faire toujours plus, qu'il faut aller vite, qu'il faut toujours avoir un coup d'avance. En moi, la dissonance s'installe. On est à l'automne 2019.

  • Speaker #1

    au moment en fait alors il va y avoir le Covid mais derrière tu vas avoir ton classe 40 etc c'est hyper dur parce que je pense qu'il y a un moment j'avais et les rêves et aussi le côté Pour moi, c'est vraiment le syndrome du capitalisme de dire en fait le voisin il a ça, pourquoi moi je le mériterais pas ? Instagram fonctionne là-dessus, on te montre que des postes et toi tu dis mais en fait ma vie c'est de la merde parce que pourquoi lui il fait ça, pourquoi moi je fais pas ça ? Et il y a un peu ce côté-là, tous tes potes qui partent faire des trucs et pourquoi pas moi ? C'est vraiment le biais en plus un peu du survivant de se dire à un moment en fait quand tu baignes là-dedans, tous les projets sont gagnants, on voit pas les projets qui sont pas bons, tu vois il y a un côté... un peu malsain là-dedans et de voir vraiment enfin moi je pense qu'à l'époque c'est ça qui me gêne c'est le côté ah bah il faut on est là pour faire du business on invite des gens on s'en fiche de savoir il ya des beaux spectacles on échoue enfin enfin Pourquoi quoi ? Je veux dire, il y a un moment, ce qui nous fait rêver, c'est de traverser l'Atlantique. À quel moment on s'est compromis, nous tous, là, pour dire on accepte tout ça ?

  • Speaker #0

    Mais là, tu raisonnes avec ton regard d'aujourd'hui, mais à l'époque, cette dissonance n'était pas encore assez forte pour te faire renoncer. Non,

  • Speaker #1

    elle ne me fait pas renoncer.

  • Speaker #0

    Mais tu as une phrase, deux ans après, là c'est encore plus fort. Et du coup, on va voir aussi l'apport que peut avoir la performance dont on a discuté tout à l'heure. Tu dis je continue donc de jouer mon rôle C'est la Transat Jaguab 2021 Que tu fais faire avec Matt Crepel Qui était un snowboarder, qui était l'une de tes idoles Tu dis je continue donc de jouer mon rôle de marin Et me retrouve de nouveau embarqué dans le cirque de la course au large toutefois je ne cache pas mon excitation à l'idée de me lancer dans une telle compétition en tant que professionnel j'aime beaucoup la rigueur de la préparation océanique et le niveau d'exigence si je suis désormais professionnel je veux bien faire les choses mais quand même donc là cirque puis après professionnel mais quand même je m'interroge quelle histoire vais-je pouvoir raconter alors que la prise de conscience écologique s'installe dans ma tête donc on voit bien que ces années là étaient déchirées je suis dans un étau parce que

  • Speaker #1

    D'une partie, j'adore... Je pense que je fais partie de cette catégorie de marin bricoleur où j'aime bien comprendre ce qui se passe, j'aime être dedans, et oui, ça me fait plaisir d'avoir un bateau bien préparé. En fait, je pense que c'était Jean-Bath Le Vaillant qui était venu faire le prologue avec moi, on venait faire The Bridge ensemble. Il m'avait dit une formule que je trouve très belle qui est de dire que ce qui est beau, c'est de faire marcher un bateau, que ce soit un bateau en bois, une caravel ou un ultime, c'est de l'exploiter. au mieux de ce qu'on peut faire et toi d'avoir le bon réglage le bon truc et je pense qu'il y a quelque chose de cet ordre là de se dire ok bah là un bateau c'est pas que de la technique c'est pas que du carbone, c'est pas que de la fibre de verre tu y mets aussi une âme et il y a une sorte de quelque chose d'artistique là dedans d'être en équilibre enfin Thomas Covill met des très jolis mots là dessus je trouve de dire que en fait c'est une symbiose avec ton bateau et pour moi il y a un moment je pense que de trouver l'équilibre entre la météo ton bateau, toi-même de savoir que tu es dans le bon timing, dans la bonne phase bah oui parfois ça peut accoucher sur des résultats même si aujourd'hui tu ne vas pas gagner moi il y a des fois j'ai fait des courses où j'étais trop bien en fait, c'était super beau c'était des moments de joie intense donc ça j'aimais bien ce côté rigueur, de dire ok je fais les choses bien presque chacun il met le mot qu'il veut Mais c'est vrai qu'à côté de ça, quand tu commences à te rendre compte que le nombre de sacrifices que tu fais à côté, le nombre de... Enfin voilà, je pense qu'en parallèle de ça, c'est le moment où je lis beaucoup de choses des rapports scientifiques, c'est le moment où il y a de plus en plus de conférences en ligne qui existent sur les réseaux, des gens qui prennent la parole. Et c'est vrai que je suis heurté par rapport à ça. Aujourd'hui, on n'a pas de frein, on n'a pas de limite, on n'a pas de contrainte.

  • Speaker #0

    et quand tu dis que tu veux faire un truc un peu à pas de côté tout le monde te regarde bizarrement enfin c'est très spécial quoi juste pour revenir sur ce que tu disais avant le mot équilibre revient un très très grand nombre de fois c'est vraiment l'un des concepts centraux le premier titre c'était en équilibre sur l'océan je crois que c'est un livre de un livre d'Yvan Bourgnon je crois sur son catamaran bref et donc on en arrive pas tout à fait la route du rhum mais c'est aussi la période alors que tu es en pleine dissonance c'est aussi la période où ton sponsor te propose de faire construire un bateau neuf ça c'est ça a été l'une des grandes incompréhensions annoncé ça et alors tu racontes bien dans le livre tu dis bon bah parce que lui il est dans la performance et tu vas accepter de construire un bateau neuf. Tu vas dire, d'accord, d'abord, on le fait à Sainte-Marine, chez Pogo. On prend des gens du coin, on essaie de diminuer l'impact, etc. Tu mets un peu ta contrainte comme tu peux.

  • Speaker #1

    J'ai eu l'impression de faire un... Un combat permanent pour essayer de faire les choix les plus... C'est ce que je disais juste avant, en fait. Là, au sein du chantier, dès que je disais... J'ai un truc tout con. Je disais, est-ce qu'on peut mettre... On sait qu'on va avoir, je ne sais plus, 30 kg ou 40 kg de gueuse par rapport aux anciens. J'en disais, est-ce que moi, je veux bien un peu de peinture blanche quand même. Au plafond, il faut que ce soit un endroit où tu as envie de vivre. C'est là où tu passes du temps. On me regardait genre, t'es sûr ? T'es sûr ? Dès que je faisais la question de... C'est un mot que j'adore maintenant, la robustesse, de dire, je préfère un truc qui va tenir plutôt qu'un truc qui va potentiellement... Ah, t'es sûr, tu veux deux barres de flèche ? Parce que c'est quand même... Il n'y a personne qui le fait, quoi. Bon, maintenant, en plus, Erwan, tu vois, il a récupéré le bateau, il a gagné les courses avec deux barres de flèche. Je veux dire... Enfin, c'est... On est tellement dans une espèce de délire de... Parce qu'il y en a un qui va faire un truc complètement high-tech, c'est ça la vérité. Enfin, j'ai l'impression que là, en ce moment, on passe le... enfin on va dans les extrêmes on va assez ça non c'est ça non c'est ça enfin c'est toujours donc en fait ouais de 2 enfin moi j'étais coincé en fait j'étais et c'est pour ça que je le dis bien c'est que tu vois effectivement la des annonces de l'annonce de construire le bateau neuf elle intervient après la après la jacque vabre mais la prise de décision elle se fait un an et demi avant enfin un bateau ça se construit longtemps avant et je pense que c'est très sincèrement à ce moment là oui j'ai eu des gros doutes enfin je le dis hein j'ai mis 24 heures à dire mon sponsor est ce que ce que je le fais ce que je le fais pas et sur le moment je me suis dit vraiment j'étais persuadé d'être encore dans cette posture comme je le disais de dire il faut rester dans le milieu pour le changer j'y croyais vraiment parce que c'était le moment où la vague ça se passait bien il y avait plein de trucs, on venait de faire l'annexe environnementale pour la Jacques Vabre je me suis dit bah ouais si chacun à son échelle essayait de changer les choses peut-être que ça peut marcher bon après j'ai déchanté sur plein d'autres dossiers mais sur le moment c'était vraiment sincère de me dire de toute façon franchement je me suis dit ça si je continue si je dis non, il y a quand même de fortes chances que mon sponsor me dise si c'est non on prend quelqu'un d'autre et le bateau serait quand même construit donc je me suis dit tant qu'à faire autant que je sois celui qui essaye de pousser pour des choses un peu différentes oui on a testé une GV en lin maintenant je crois que Damien Seguin va peut-être partir avec, j'en sais rien ça fait son chemin là on est encore dans la modalité mais c'est mieux que rien et je pense que j'étais dans cette phase où une phase de compromis quoi tu vois qui était un peu à la fois intéressante mais hyper dur à porter parce que parce qu'il ya un moment on vient toujours te dire enfin c'est là où je trouve que la vague a quand même réussi à faire à faire quelque chose de bien c'est cette expression on voit on l'a dit pas de fois genre c'est pas très la vague ça et puis bah ouais bah maintenant déjà le fait que vous pensiez ça que vous me le disiez en rigolant c'est que vous savez qu'il ya un truc qui est pas ouf dans ce que vous faites à maintenant à ce moment là tu vois

  • Speaker #0

    Si on reprend la chronologie, il y a la création de la vague à l'automne 2019 et une première réunion publique à l'UBS en février 2020, où j'étais là, je me souviens bien. Comment, est-ce que tu peux juste nous raconter, nous faire rentrer un peu dans les coulisses de la création de la vague ? À quel moment ?

  • Speaker #1

    Ça se passe ici, dans cette même pièce.

  • Speaker #0

    Celle de réunion ?

  • Speaker #1

    Celle de réunion chez Kéros. Je ne sais plus, je croise Bilou un jour qui me dit Ah bah tiens, il y a Arthur Le Vaillant qui vient. Je ne le connaissais pas bien Arthur, je connaissais juste son père. et il dit ouais on se passe et jean-baptiste le bayan il y avait paul meya il y avait adrien hardy il y avait rico perron je crois qu'ils étaient là aussi et en fait on commence à se dire tiens qu'est ce qu'on pourrait faire ce qu'on voit là il va être des questionnements un peu en commun et on s'est dit patin est ce qu'on va pas se poser autour d'une table et il se dire qu'est ce qu'on peut faire et en fait c'est parti de là quoi c'est moi je suis plus venu avec ma casquette communicant de comment je pouvais aider un peu à mettre en scène tout ça et à amener un peu d'huile dans les rouages et en fait je me suis retrouvé au final c'est moi je suis venu là dedans en voulant ouais ça m'intéresse de vouloir aider et je me suis retrouvé à maman à porter et non dans la tête de gondole du ouais c'est le truc beaucoup beaucoup plus Mais en fait c'est parce que c'était quelque chose que j'avais Au fond de moi qui justement était en train de mûrir et je sentais que ça m'intéressait de faire bouger le milieu. Et puis voilà, ce qui est un peu dur aujourd'hui, c'est que tout le paradoxe qu'on a dit, et tous les gens qui sont passés par la vague, qui bossent aujourd'hui, maintenant parfois en tant que consultant green de certaines équipes ou de classes, on ne fait qu'essayer de faire des compromis. On est toujours dans la modalité, on essaie de changer le truc, mais on... c'est dur quoi enfin si on se bat contre un géant quoi et tant qu'il y a de l'argent en jeu je sais pas comment ça c'est gérable quoi enfin c'est en partie pour ça que je suis sorti et que pour moi c'était plus ok quoi enfin il y a un moment tu vois quand tu parles des projets d'aventure qui existent qui sont en parallèle bah le fait qu'ils soient là et qu'ils viennent dans une grande course dans un grand organisme d'une certaine manière c'est qu'ils cautionnent le truc tu vois il y a un moment c'est ce que je dis pourquoi, enfin moi j'exclus pas l'idée d'un jour faire une course pirate de se dire ok il y a la route du vent 2026, peut-être que j'aimerais bien qu'il y ait des jeunes des moins jeunes, peut-être que j'y retournerais de dire en fait on crée notre propre notre propre, enfin j'imagine en plus que médiatiquement si tu disais là je vais faire la même route que vous mais ça va me coûter énormément moins médiatiquement je vais faire un truc qui va être top Je ne vais pas vous envoyer d'image en mer, parce que j'ai envie de faire travailler votre imaginaire, je vais peut-être envoyer des mots, des écrits, enfin il y a tout à imaginer. Et médiatiquement, je pense que des sponsors pourraient s'y retrouver, parce que d'un seul coup, tu es en décalage avec tout ça, et tu pourrais faire quelque chose de complètement... pirate mais dans le bon sens tu vois de dire bah attendez là vous enfin c'est vraiment pour moi aujourd'hui les courses qu'on fait c'est du fast food quoi tu vois c'est enfin on a perdu on a perdu l'âme de ce pourquoi on regardait ces courses là enfin je moi c'est mon sentiment après je dis pas que chacun est libre d'en penser soit il ya des gens qui adorent le cadre manger du fast food pas de souci mais il ya un moment peut-être qu'on peut faire des choses de manière un peu plus consciente.

  • Speaker #0

    À quel moment tu actes ton impuissance à faire bouger les choses de ton point de vue ?

  • Speaker #1

    le livre est construit c'est plutôt l'arrivée c'est le récit de ta route du rhum le livre ouais avec des petites choses mais c'est vraiment la route du rhum au départ de la route du rhum tu ne penses pas encore que tu vas si tu sais déjà en partant tu sais déjà que c'est ta dernière course je me souviens avoir dit à deux personnes ouais je pense que c'est ma dernière course et j'arrête et c'est ça qui est dur c'est que vraiment sur le moment je le dis je le pense vraiment et dans le même temps je suis là à me dire mais Je sais pas parce que je sais pas ce qui va se passer, je sais pas ce qui va en retourner, ça se trouve je vais succomber encore une fois de plus. Parce qu'il y a un côté addictif en fait à ce truc-là, tu vois, il y a un vrai truc, tu vois déjà de base c'est super dur mais à chaque fois quand tu termines tu gardes que les bons souvenirs, déjà de base il y a ce truc-là.

  • Speaker #0

    Ça c'est l'ADN du marin.

  • Speaker #1

    Bah oui, c'est ça, donc déjà il y a ce truc-là et donc ce truc-là j'ai eu un peu peur de retomber dans ces sirènes-là, de me dire... Peut-être que je peux quand même encore faire changer les choses, encore une fois de plus, et ainsi de plus, mais il y a un moment, je pense que... Enfin, tu vois, je le raconte dans le livre, à un moment je... Est-ce que c'est par hasard que mon moteur a fait de l'eau et m'a forcé à faire du sud, et d'un seul coup je me suis retrouvé à faire une trajectoire qui était plus au sud, qui était en décalage avec tout le monde, est-ce que cette trace-là n'était pas aussi symbolique d'une certaine manière, de dire, j'ai pas envie d'aller casser les bateaux, j'ai pas envie d'aller faire du mal, j'ai pas envie d'être dans le dur, de dire qu'il faut affronter l'océan, non, enfin... on devrait pas affronter l'océan enfin là dessus je fais plein de propositions tu vois même sur les on va y venir sur et ça ça m'intéresse de dire enfin je pense que ouais ça s'est décidé vraiment je pense que quand j'ai passé la ligne j'étais j'étais vraiment pas bien enfin ça se voit sur les images ouais sur ta chaîne youtube ya un petit film qui est le film de l'arrivée de la route du rhum

  • Speaker #0

    et ça se voit je me dis que c'était assez courageux d'avoir quand même mis ce film là parce qu'on te voit boire du rhum mais le coeur n'y est pas il y a même un moment ça c'est horrible vous avez entendu un aboiement c'est le chien de Milou de Sophie Barceletto et tu as les larmes aux yeux on sent vraiment parce que je suis à la fois en train de quand je réécoute ce que j'ai dit je joue un jeu de funambule de dire des trucs entre les lignes je suis écartelé entre ma posture et mes convictions et l'exercice est d'autant plus difficile qu'il se déroule face à mes proches et au regard extérieur et alors tu sais tu pressens avant que c'est ta dernière course et que tu actes la désertion dont tu parlais tout à l'heure comment tu la mets en oeuvre à l'arrivée tu le dis vite le lendemain je crois 36 heures après parce que j'étais un peu triste c'est pareil

  • Speaker #1

    Là on a repris contact avec mon sponsor avec le Nail. Mais ça a été dur, enfin ça a été douloureux, c'est comme une séparation, enfin c'est quelque chose de...

  • Speaker #0

    En même temps tu dis que, quand tu lui dis ça, tu dis qu'en fait il y a quand même du respect et que vous comprenez l'un et l'autre.

  • Speaker #1

    Quand je lui annonce c'est assez...

  • Speaker #0

    Je suis même surpris, il me dit non mais tu dis ça parce que tu es fatigué, parce que c'était peut-être dur, réfléchis un peu Et en fait je lui dis non, il y a un moment tu veux de la performance, tu veux quelqu'un qui gagne, moi je ne suis plus là-dedans, ça sera mieux pour tous les deux Et il le comprend. Et après je pense qu'il y a eu de l'incompréhension sur... sur du timing sur la manière dont ça s'est fait qui était qui voilà on s'est pas vu en fait tu vois on s'est pas vu physiquement et ça je pense qu'il pouvait pas parce qu'il avait des choses à faire et tout ça et je pense que c'était dommage donc ça s'est fait au téléphone c'était un peu ça c'est un peu dur et vous avez reparlé depuis oui on a reparlé mais on s'est pas revu encore d'accord mais on a on a pas l'annonce a reparlé le mois dernier et voilà donc voilà ça reste C'est ça qui est hyper dur dans tout ça, c'est qu'il faut qu'on... C'est toujours l'humain qui est compliqué, et il faut qu'on travaille tous là-dessus, mais même si t'as la volonté de faire ça bien humainement, ça reste compliqué. Ça reste des embrouilles, parfois sur des détails, des trucs qui sont...

  • Speaker #1

    bon bref et qu'est-ce qui fait qu'entre l'arrivée en novembre et ton annonce publique en février c'est un temps de maturation c'est un temps de préparation moi j'aurais vraiment aimé que ça se fasse plus vite après

  • Speaker #0

    c'est des décisions stratégiques chez eux en interne de dire il faut qu'on retrouve quelqu'un donc ils ont fait un casting ils ont cherché qui pour me remplacer on a fait ça en bonne entente franchement ça s'est super bien passé et c'était très très bien et puis par contre il y avait un moment c'est sûr que ça aurait été mieux qu'on annonce genre à la fin du défi Atlantique ça serait idéal mais par contre il y avait ce côté, il fallait s'inscrire il fallait qu'Erwan s'inscrive d'un seul coup tout le monde se disait pourquoi il y a Erwan qui vient faire toutes les courses il voulait un peu Erwan le droulet qui avait ce côté qui terminait son contrat avec Massif et c'était un très bon timing et voilà ça restait aussi une sorte de filiation enfin oui c'est la même bande en guise clac là moi et erwan enfin on a tous fait même promo c'est vrai c'est la famille quoi donc donc c'était c'était top et non je pense que c'est ce qui était malheureux c'était juste le timing de devoir il devait annoncer ça rapidement parce que erwan devait faire des courses s'inscrire valider les trucs qui voulait valider des milles et donc en fait on a fait ça quand on était aux antilles et c'était je pense que c'était malheureux fois voilà alors on en vient aux fameux 15 février 2023

  • Speaker #1

    Donc, vous retrouverez le texte sur ton compte Instagram ou ton compte YouTube. Ou à la fin du livre. Et à la fin du livre, pardon, effectivement. Et sur ton site également. Bon, c'est un texte simple. Il est assez concret et assez direct. Ce ne sont pas des déclarations. Ce n'est pas le 18 juin.

  • Speaker #0

    Non, non.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce qui t'a poussé à faire une communication publique ? Qu'est-ce qui t'a poussé à la faire sous cette forme-là ? Et puis, emmène-nous à l'intérieur. le backlash qui arrive une fois que... Ah ouais,

  • Speaker #0

    ouais. Je trouve que c'est très intéressant parce que maintenant je suis au clair avec ça et je suis apaisé, on va dire. Je l'ai dit tout à l'heure en ouverture, j'ai toujours été transparent sur... Si ça a marché pour moi aussi, c'est parce que j'ai eu ce côté transparent, c'est de montrer... J'ai toujours tout montré en mini, même quand j'avais mal de mer, je le disais, j'ai fait plein de choses là-dessus. En gros, ça me semblait logique de dire pourquoi j'ai arrêté. Et c'est vrai que là, pour le coup, on avait une incompréhension avec Everial parce qu'eux, dans leur communiqué en interne, ils disent pour des raisons de... Personnelles ? Ouais, limite un truc comme ça, de dire... Ils ne veulent pas le dire, mais ce que je peux comprendre parce que...

  • Speaker #1

    C'est compliqué à gérer par un sponsor ?

  • Speaker #0

    Bah oui, c'est pas évident. Et je pense que je le rends public parce qu'il y a des gens qui m'ont suivi, il y a des gens qui m'ont... qui m'ont aidé, ça me semblait logique de leur donner une explication, je n'allais pas juste dire merci, au revoir, c'était bien. Non, je voulais, et je pense que mon texte, quand je l'ai relu, moi j'ai du mal à trouver l'agressivité, je ne vois pas où il est agressif, pour moi il dit des vérités, après peut-être qu'il y a certains mots qui sont peut-être un peu forts, peut-être plus d'autres que d'autres, quand je parle d'une coquille vide ou de choses comme ça, peut-être que oui, ça vient appuyer sur des blessures qui sont un peu plus ancrées, mais je je m'attends pas c'est vrai qu'au début je suis très surpris parce que une vague de soutien énorme c'est là où je voulais en venir paradoxalement il y

  • Speaker #1

    a beaucoup de critiques mais il y a aussi beaucoup de gens qui te soutiennent et aujourd'hui si on va sur ton compte Instagram là tu viens d'annoncer ton bouquin t'as une vraie communauté de fans il y a des gens qui me soutiennent ça les a inspirés c'est pas mal

  • Speaker #0

    Vraiment, le nombre de messages que j'ai reçus, alors, c'est ça qui est rigolo, c'est... ça vient de la jeune génération. Exactement. Des gens qui sont... C'était vraiment flagrant, si on veut faire un petit cas de média. Instagram, que des gens qui disent Ah ouais, trop bien, bravo, génial. Facebook, plus vieux, là, ça commence à s'embrouiller sévère. Et alors, Twitter, à l'époque, la porte des enfers, quoi.

  • Speaker #1

    Ça commence à être le cas.

  • Speaker #0

    C'était radical. Et en fait, ça s'associait bien à quel profil de personne, quel usage. Je... plus t'allais vers le mal blanc dominant 60 ans, chef d'entreprise, patriarche, plus ça devenait terrible, en fait. Et ça a été super dur. Et je pense que oui, j'ai fait l'erreur à un moment de commencer à répondre à des commentaires, de lire des trucs.

  • Speaker #1

    Never feed the troll.

  • Speaker #0

    Ah non, mais c'était terrible. Et je pense que, ouais, c'était... Mais tu vois, à l'opposé, le fait d'avoir eu un écho médiatique, de voir qu'il y a des gens qui sont dans les médias, que ça intéresse, Je me suis dit que ma démarche n'était pas complètement à côté de la plaque. Ce n'est pas moi qui suis dans mon monde et qui suis complètement fou. Donc là, à ce moment-là, je me dis Bon bah putain, là maintenant j'ai porté un rôle et oui, c'est comme quand tu es lanceur d'alerte, ça fait partie du jeu en fait.

  • Speaker #1

    Tu as réussi à te blinder ou ça t'a touché ?

  • Speaker #0

    Non, ça m'a touché. Je pense que ça m'a touché surtout dans le côté je l'ai découvert après, j'en parle c'est ce côté où plutôt que d'attaquer le message, on attaque la personne qui le porte. Et donc là, je ne sais pas comment font les vrais activistes écolos qui sont médiatiquement. parce que c'est l'enfer. Je veux dire, on va rechercher des archives, des trucs, des machins, et ah bah oui, ça, mais finalement, regardez, c'était son bateau, il est bien rentré en cargo la dernière fois. Enfin oui, mais je veux dire, il y a un moment, c'est des histoires de contexte, de timing, évidemment que je ne suis pas parfait, enfin je n'ai jamais dit. Non, et en plus,

  • Speaker #1

    le livre chronique bien ton évolution. Oui,

  • Speaker #0

    voilà, donc je n'ai jamais dit que j'étais parfait, loin de là. Donc sur le moment oui c'est hyper dur de voir la violence de certains trucs et en plus c'est vrai que le timing n'a pas du tout aidé puisqu'on devait faire la prise en main avec Erwan de faire la course à Antigua où c'était pareil c'était encore n'importe quoi, t'es au milieu des yachts, enfin je sais pas si t'as déjà été là-bas mais c'est n'importe quoi. Et donc oui forcément il y a une photo de moi qui suis en équipage aux Antilles et oui j'annonce que j'arrête mais je fais encore une régate. et enfin oui c'est sûr que ça a choqué enfin voilà depuis j'ai pas fait de regarde

  • Speaker #1

    et par contre d'un autre côté il y a des choses qui t'ont surpris il y a des gens qui t'ont envoyé des messages de soutien auxquels tu ne t'attendais pas est-ce qu'il y a eu des révélations dans un sens comme dans l'autre il y a eu plein de personnes

  • Speaker #0

    mais là encore quand j'annonce le livre je reçois des messages de personnes qui me disent moi je veux faire ça, je veux faire ça, comment je peux faire en fait tout le monde est tellement parfois avec l'envie de faire bouger les choses chacun est dans son coin, et en fait, dès qu'il y a quelqu'un qui médiatiquement incarne un peu une petite lumière, une porte de sortie, bah oui, tu te prends plein de messages, mais tu vois, c'est ce que je dis bien à un moment, c'est pas moi tout seul qui peux changer les choses, il faut qu'on se mette, c'est ce que je, vraiment, je milite pour ça, qu'on se mette autour d'une table, et c'est, on parle tout le temps de changement systémique, enfin je veux dire, c'est pas parce que tu vas, une personne va dire quelque chose que, enfin, c'est la conclusion de tous les chercheurs, de tous les gens, qui réfléchissent à l'écologie, c'est qu'ils n'ont pas la solution unique tout seul. Et la solution, elle passe par du collectif, elle passe par plein de monde. Et oui, ce qui est chiant, c'est qu'aujourd'hui, on ne sait pas comment faire, on est dans une période de transition où on est en train de déconstruire des choses, on est en train de déconstruire des normes. Et tous ensemble, c'est hyper dur de faire société parce qu'on n'a pas été éduqué pour ça. Tu vois, depuis que je disais, depuis qu'on est tout petit, on n'apprend pas à coopérer. On te donne des notes, et tu dois faire ça tout seul, et c'est comme ça. Et puis après, tu dois devenir propriétaire. Oui, je pose plein de questions, et c'est là où la sociologie vient. Enfin, ça c'est une phrase pour moi qui est fondamentale, c'est que la course au large c'est un reflet de la société. Et oui, moi j'étais dans la course au large, donc oui c'était l'endroit où je me suis attelé à essayer de faire changer les choses, et à essayer de faire bouger les choses, mais ce n'est qu'une conséquence, encore une fois, de la pyramide, où on est sur tout un socle de choses qu'il faut... les gens qui sont dans l'agroalimentaire, j'imagine bien qu'il y a des gens qui pètent des câbles avec ce qu'on fait. Quand tu sais qu'on jette 50% de la nourriture qui n'est pas utilisée, et qu'il y a des gens qui meurent de faim, c'est des trucs tout cons, mais tu te dis, là, il y a un problème. Et les gens qui commencent à être lanceurs d'alerte sur des trucs comme ça, ils se font défoncer aussi. Donc, ce que je veux dire, c'est que mon propos, il est bien plus large que juste la course. Et oui, là, je fais un témoignage sur la course au large qui... J'espère donner envie de bouger, d'avoir du courage, de dire qu'il y a des choses à faire. Mais la solution, je donne des pistes. mais je vais pas pouvoir l'incarner tout seul et c'est pas moi Stan qui vais changer la face du truc j'ai bien envie d'y mettre de l'énergie quand un jour j'aurai envie d'y retourner tu fermes pas la porte dans la dernière page du livre on voit bien que tu dis peut-être qu'un jour j'y reviens mais j'aime toujours aller sur l'eau on en revient à ce qu'on disait j'aime être sur l'eau, j'aime la sensation d'avoir froid d'avoir faim, de passer une nuit à la barre d'être crevé, de mal dormir en fait c'est un drôle de plaisir mais toi et moi et tous ceux qui écoutent ça on aime bien ce truc là et on sait pas pourquoi mais on aime bien si puisque c'est bon quand ça s'arrête mais voilà c'est quand c'est mais c'est ça et toi c'est cette sobriété quoi qu'on au final c'est fou de dire qu'on va chercher la sobriété mais qu'on se l'impose pas à nous mêmes de manière un peu plus encadré et humaine quoi fin

  • Speaker #1

    toi tu penses que tu as renoncé tu penses que tu n'es pas capable à toi tout seul ou avec d'autres de le changer de l'intérieur et donc tu as choisi de déserter le terme est fort mais il n'est pas connoté négativement dans le monde dans lequel tu es tu as préféré la désertion plutôt que le travail en ce temps quel est ton ton optimisme en matière de capacité du secteur à changer est-ce que tu es désespéré est-ce que tu penses Est-ce que comme moi tu penses qu'il faut essayer de voir le verre plutôt à moitié plein qu'à moitié vide est-ce que les choses bougent ?

  • Speaker #0

    Il y a beaucoup de choses qui bougent Pendant longtemps j'ai essayé de mener ce débat et qu'on organise ça avec la vague mais c'était très provocateur, c'était de dire la course au large mérite-t-elle d'être encore sauvée ? parce qu'en fait là nous on se bat pour essayer de la sauver très concrètement quand les gens nous disent vous êtes en train de scier la branche sur laquelle on est nous on n'arrêtait pas de dire non on est en train de se dire il ya une autre branche à côté la façon la branche sur laquelle on est elle est en train de se pourrir donc ça serait bien quand si vous voulez continuer qu'on aille saisir une autre branche c'est

  • Speaker #1

    ça c'est ça la démarche et et et je ne sais pas mike ma question c'était quel est ton degré d'optimisme sur la capacité à changer

  • Speaker #0

    Moi je suis convaincu que ça va se réguler de soi-même il y a un moment c'est l'exemple de la route du Rhum super exemple le départ, j'ai pas toutes les coulisses mais je suppute que c'est comme ça que ça s'est passé moi j'étais persuadé qu'ils allaient lancer le départ Parce que enjeux financiers, télé, médias, ce que tu veux, OcéSport qui quand même fait du business, book des croisières à gogo et compagnie. Derrière, moi le matin, on me dit, non mais les ultimes, là c'est quand même chaud, il y a eu des directives, je ne sais pas si c'est vrai, j'en sais rien, qui disent, en fait, c'est vrai, il y a quatre ans avant, ta banque pop qui se retourne, ça fout quand même un gros bordel. Est-ce qu'ils ont encore la capacité, tu vois, de jouer et de pouvoir casser des bateaux ? On se rend compte maintenant qu'ils sont quand même beaucoup plus prudents sur les départs et sur plein de choses. Et en fait, c'est cette capacité-là de dire, en fait, le risque de perdre de l'argent est trop grand, donc on va prendre une bonne décision. Et il y a un peu ce côté-là de dire, peut-être que l'économie va se restreindre par elle-même. Et là, aujourd'hui, on est encore open bar et il y a encore des budgets de partout. Le jour où, enfin voilà, encore une fois, pyramide, le jour où la société va un peu moins bien, que l'économie va un peu moins bien, est-ce qu'on aura encore de l'argent à mettre ? Autant pour financer des gens qui vont jouer et qui vont faire des transats au soleil et terminer en disant ouais c'était cool on a eu du soleil, excuse moi mais à quel moment ça passe encore dans une société où les gens vont peut-être avoir du mal à manger par exemple ? il y a un moment peut-être que ça va se limiter. Donc je pense qu'à ce moment-là, peut-être que les gens qui aiment être sur l'eau et qui aiment jouer et qui veulent en faire encore un métier, ils seront peut-être contents qu'il y ait des gens qui réfléchissent à se dire Ah bah c'est quoi la version low-tech de la course au large dans laquelle on s'amuse encore, dans laquelle il y a un modèle où on va gagner sa vie de manière décente et ça passe peut-être par encadrer les salaires, encadrer... Moi je milite pour un budget max. mettons un budget max sur des bateaux. Budget max, t'as un budget carbone qui sera en adéquation avec ça, en fait. Bon, là, aujourd'hui, je pense que...

  • Speaker #1

    Comment il est fin,

  • Speaker #0

    hein ? Ouais, mais tu viens tirer voir Gitana en leur disant le budget, ça sera 500 000 euros pour un bateau. Et ils vont te dire, mais non, c'est pas possible, parce que nous, on a... Enfin, tu vois, c'est toute cette question de la liberté, au final, qui est en filigrane, de se dire, parce que je peux faire quelque chose, est-ce que j'en ai le droit de le faire ? Quelle est ta responsabilité en tant que personne qui a du pouvoir Bon voilà, effectivement, à l'échelle de la société, aujourd'hui, t'as de l'argent, t'as le droit de faire ce que tu veux. C'est ça qui dirige nos vies. Et c'est, je pense, une grande source de problèmes. Et c'est comme ça. Donc à quel point je suis optimiste ? Je sais pas. Très honnêtement, j'ai l'impression qu'on va tirer sur la corde jusqu'au bout. Et comme dans la société en général. Et je pense qu'il y aura des initiatives de personnes qui vont faire des choses bien dans leur coin. et qu'on va les regarder comme des fous comme moi on me dit que je suis un peu fou et je pense qu'à un moment bas quand ça sera l'heure bas on dira ah bah ils étaient peut-être pas si con enfin c'était peut-être pas c'était peut-être un petit peu trop tôt peut-être que j'en étais en avance mais le jour où on aura moins d'argent pour faire ça bas on sera bien content de pouvoir continuer à jouer avec avec des bateaux et et ensemble enfin voilà c'est c'est ça qui est ce que c'est ça qui est beau c'est de se dire qu'on va sur l'eau ensemble enfin si bon voilà quand on a échangé par whatsapp pour préparer cette

  • Speaker #1

    cet épisode qui me dit d'accord mais à condition qu'on parle des choses qu'on peut faire concrètement pour faire changer alors je suis le père noël je te dis stan met en oeuvre les cinq principales propositions si vous êtes je m'en fiche du chiffre mais c'est que c'est quoi les deux les opérations concrètes qu'on peut mettre en oeuvre pour je ne sais pas quel est le terme du coup diminuer l'impact parce que ton propos est assez vaste il va de changer un système à le modifier on est dans une phase de transition à

  • Speaker #0

    toutes les échelles et donc oui concrètement c'est ça qui est dingue, c'est ça qui me rendait très fou à l'époque c'est de se dire que aujourd'hui si on voulait faire les choses bien il y a moyen de réduire le... Je le dis, tu veux réduire les émissions de 50%, tu fermes le village. Voilà. Tu ne mets pas de stand, tu ne mets pas de truc. Tu le réduis, le village. Tu fais une course circulaire, tu ne vas pas aux Antilles. La route du Rhum devient très vertueuse. Tout va bien. Après, est-ce qu'on a le courage de faire ça ? Là, ça reste dans la modalité. Ça reste dans l'adapter, essayer de faire rentrer les choses. Ce que je rêverais, c'est, je pense, qu'on arrive à à faire un vrai travail sur nous-mêmes et de se dire qu'est-ce qu'on vient chercher, pourquoi on vient le chercher. Et voilà, qu'on assume de se dire aussi qu'on vient flatter notre égo en faisant tout ça. Aujourd'hui, je ne sais pas, les courses que je regarde, elles ne me font plus rêver, moi. C'est ça qui est dur. Franchement, je pense qu'on l'a bien dit tout au long de ce podcast, j'ai rêvé de tout ça. Et aujourd'hui, ça ne me fait plus rêver. Souvent je me dis, mais j'ai l'impression, là, de le fait d'avoir décroché un peu des réseaux, d'avoir pris de la distance, tu me montrerais les ragots et les coulisses de jockeys qui font des tours de chevaux. pour moi c'est pareil et pourtant quand tu regardes ça alors j'ai rien contre les jokers, j'en sais rien mais ça me paraît lunaire qu'il y ait autant d'enjeux sur des chevaux, sur des trucs et tu te dis mais là en fait c'est pareil c'est un microcosme, tout le monde se regarde on est entre nous on dézoome pas et donc ce que j'aimerais c'est je pense juste que les gens élargissent un peu leur cercle de conscience et se ressaisissent de leur place qu'ils ont et surtout de la responsabilité qu'ils ont. Je veux dire, quand je te dis que moi, j'ai rêvé via certains modèles, bah putain, faites gaffe les amis. Moi le premier, j'ai été responsable et j'ai certainement fait rêver des gens. Et aujourd'hui, on voit où ça nous mène. les choix qu'on fait là, ils sont hyper forts, parce que les choix qu'on va faire vont déterminer toute une génération qui va arriver. Aujourd'hui, je ne suis pas... Tu vois, c'est ça qui est dur. Là, je suis revenu sur les pontons au départ de la transat CIC, j'étais à revoir, et oui, tu as encore des gens qui voient les bateaux avec des grands yeux, et ça, il faut qu'on le garde. Mais comment on fait pour... pour garder ce rêve tout en étant, comme je le disais, soutenable. Et là, il faut qu'on bosse collectivement et qu'on mette des règles.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas de solution toute prête ?

  • Speaker #0

    Non, il n'y a rien qui est tout prêt, je pense. Mais c'est ça qui est dur, c'est qu'en fait, pour moi, il y a un triangle qui est très bâtard, qui est entre les skippers qui n'osent pas faire des choses parce que je fais partie d'une classe, à la classe, elle est un peu codépendante avec un organisateur, les organisateurs sont un peu maqués avec les sponsors, les sponsors n'ont pas leur voix encore. Ça, c'est quelque chose dont j'ai discuté avec mon ancien sponsor. La voix des sponsors, elle n'existe pas trop. Aujourd'hui, ils sont contents de dire... il faut qu'ils rejoignent le modèle. Certains, comme des très gros sponsors comme Sodebo, vont quand même, je pense, faire un peu d'influence auprès des cours s'ils ont du levier. Mais il y a un moment, peut-être qu'il faudrait que chacun... Enfin, putain, imagine que tout le monde se mettrait autour d'une table en disant Mais qu'est-ce qui nous... Qu'est-ce qui nous fait vraiment rêver ? Quand nous on s'excite tous, ah tiens, telle paire de folles, tel machin, je pense que 95% des publics du Vendée Globe s'en foutent savoir si on a la dernière paire de folles. Eux, ils voient des gens qui partent sur l'eau, qu'on aille vite ou pas vite, et là c'est un discours que Bilou tient très régulièrement. On s'en fout, ce qui compte c'est les histoires humaines. C'est ce qui ressort d'ailleurs médiatiquement, les gens qui médiatiquement existent aujourd'hui.

  • Speaker #1

    tu vois c'est pas forcément celui qui gagne tu ne crois pas la régulation à la palla au pouvoir de la régulation c'est à dire les règles changent elles peuvent être imposées de l'extérieur de l'intérieur si mais encore faut-il avoir le courage de faire des règles ambitieuses fin quand les règles elles peuvent arriver de l'extérieur ça peut être le gouvernement ça peut être la fédération ça peut être une association de sponsors parce qu'encore une fois il y a deux niveaux dans ton discours et c'est pour ça que c'est intéressant mais c'est compliqué c'est que tu as un niveau changeons complètement le système c'est plus des courses il n'y a plus de monnaie économique donc c'est plus un secteur mais il faut poser la question

  • Speaker #0

    Voilà,

  • Speaker #1

    et il y a, gardons le système actuel, en le changeant et en le faisant, par exemple les courses circulaires, on a des choses qui seront très efficaces pour baisser l'impact, fermer le village c'est compliqué du point de vue du modèle économique, mais par contre, le rendre, rendre toute la restauration végétarienne, ça diminue de

  • Speaker #0

    10%. Ça demande du courage de faire ça, ça va bousculer les gens.

  • Speaker #1

    Oui, mais du coup... du coup je me suis perdu à mon temps je discutais des deux niveaux de discussion et du coup la régulation elle peut faire ça, elle peut dire vous n'avez plus le droit qu'à une paire de folles alors qu'aujourd'hui c'est Open Bar,

  • Speaker #0

    vous n'avez plus le droit qu'à X ça je pense que c'est en train de venir on a des discussions avec des politiques qui subventionnent certaines grandes courses et en fait ils sont en train de se poser la question de se dire comment, ok on donne de l'argent public et comment on fait pour que ça soit on parle de la région Bretagne là j'ai rien dit il mentionne la vague aussi je fais la spécialisation mais il y a un moment c'est quand même intéressant de se dire que il y a un moment il y a un spectacle qui est quand même public qui est en train de se faire privatiser par quand même certaines grandes marques est-ce qu'on est d'accord avec ça ? et comment effectivement si d'un seul coup la région Bretagne dit nous on veut telle règle et bien là je pense qu'il va falloir c'est par la contrainte qu'on peut faire des choses donc ça oui j'y crois mais il y a un moment il faut juste un peu de courage un peu plus que de dire comme la classe IMOCA, là c'est un tacle gratuit, mais réduire de 15% les émissions de gaz à effet de serre sur des bateaux neufs, c'est encore une fois, là on est juste, déjà c'est pas assez ambitieux, parce qu'il faut baisser de 50%, et en plus... c'est que de la modalité. Il y a un moment, peut-être qu'il faut arrêter les bateaux neufs, tout simplement. Et il faut peut-être se dire, OK, un bateau, quand il est construit, il dure 20 ans. Peut-être qu'Antoine Mermaux ira me contredire en disant qu'il y a des bateaux, que c'est la classe où il y a les bateaux les plus anciens qui courent encore. Très bien, mais faisons qu'il y ait des règles qui n'encouragent pas. Je trouve que c'est en train de changer, ça, je crois. Je n'ai pas suivi tous les derniers détails. Mais de se dire que bateau neuf égale place assurée, excuse-moi, c'est juste un appel du pied énorme.

  • Speaker #1

    pour booster la piste donc on fait allusion aux règles de qualification de vendeur de l'oeil Il y avait 13 bateaux, les 13 premiers bateaux neufs construits, il y en a eu 14, les 13 premiers bateaux sont qualifiés d'office, enfin sont sélectionnés d'office pour le Vendée Globe.

  • Speaker #0

    Mais Seb Marcier m'avait dit que c'était plus le cas, mais je ne sais pas si ça a été acté.

  • Speaker #1

    Je ne connais pas les règles du Vendée Globe de 2028 encore, mais effectivement, c'était... En tout cas, il y avait débat sur le sujet. Mais même chose, je pense que la conception des règles et la perception d'aujourd'hui ont déjà changé. Et ça change très très vite. Une dernière question. Stan, il... le temps file c'est quoi ton nouveau projet ? tes nouveaux projets ?

  • Speaker #0

    écoute tout à l'heure je disais ça en parlant de Timothée Parry à quel besoin répond la course au large ? moi je me suis beaucoup posé la question et oui j'ai été extrême en me disant que pour moi elle répondait à aucun besoin si ce n'est raconter des histoires moi ce que j'ai toujours fait au final quand je regarde ma vie dans ce bouquin ou ailleurs c'est que j'ai toujours essayé de raconter des histoires j'ai toujours pour le coup j'aime aller sur l'eau ça je le maintiens, j'aime aller sur l'eau et donc en fait oui, est-ce que j'ai vraiment besoin d'être sur un bateau de course pour raconter des histoires et être sur l'eau ? aujourd'hui je ne crois pas donc en gros là aujourd'hui je me dis que typiquement je ne suis pas le seul je m'inscris dans un courant de pensée d'écologistes et d'activistes qui disent que Il y a un moment, oui, toute la discussion qu'on vient d'avoir, tu me demandes des choses concrètes, et c'est très très dur d'accoucher de tout ça, parce qu'en fait on ne l'imagine pas et on ne le visualise pas. Quand on a eu dans les années 60 des gens qui ont fait de la science-fiction, qui ont imaginé des téléphones, qui ont imaginé des téléportations, d'un seul coup, ton imaginaire te disait Ah oui, dans 50 ans, dans 100 ans, il y aura des voitures qui volent, il y aura des trucs...

  • Speaker #1

    Mais là, aujourd'hui, on ne sait pas.

  • Speaker #0

    On ne sait pas le faire. Et en fait, on a besoin de créer des imaginaires et de les visualiser. Et donc moi, je me dis, je sais... je flatte mon égo mais je pense que je sais quand même raconter des petites histoires, je sais mettre en scène des choses aujourd'hui j'ai l'impression que le propos qui me tient à coeur c'est de montrer que oui, la nature est belle, l'océan est beau il faut le défendre, il faut le protéger et en même temps on a besoin de rire, d'avoir des histoires humaines et donc là moi je pars avec ma copine on monte une expédition artistique, cinéma et musique et on part sur un bateau et on a pour ambition de d'inventer, de mettre en scène des modèles différents. Je ne sais pas si tu suis un peu, par exemple, le Lotec Lab, quand il fait sa bios.

  • Speaker #1

    Il vient de quitter les océans pour s'enfermer dans un appartement à Paris.

  • Speaker #0

    C'est hyper challengeant.

  • Speaker #1

    En gros, il a fait un tour du monde quasiment sur un catamaran, dans lequel il avait mis en œuvre ces fameuses Lotec. Et là, il veut reproduire cette mécanique, cette expérimentation en ville, dans un appartement à Paris.

  • Speaker #0

    voilà bon lieu parisien à boulogne donc c'est hyper intéressant et tu vois leur approche c'est de dire on va faire des documentaires on va on va documenter faire des tutos des tout ça il ya un moment tu vas faire un dos prendre le temps comme j'ai pu le faire moi à une époque de lire des rapports d'aller regarder des documentaires des conférences en fait c'est pas drôle C'est pas drôle du tout. Et tu te mets dans un truc un peu, effectivement, qui est un peu dark, à un moment, de se dire, oui, en plus, l'algorithme est bien fait, on vient t'alimenter que de choses qui viennent nous faire ce truc-là. Et bien, en fait, de se dire, en fait, là, imaginons que moi, je crée du contenu, des petits courts-métrages, des petites vidéos qui sont drôles, qui sont humaines, où il y a des histoires sympas. Optimistes. Optimistes. Et en fait, le décor dans lequel ça se passe... et ben en fait on montre qu'il y a des choses qui sont bien. Si ça se trouve dans un de mes films je vais mettre en scène une course du futur de bateau. Tu vois ça ça m'intéresserait de me dire ok on va pas, peut-être que j'ai pas toutes les codes mais on va peut-être aller à l'extrême. Mais d'un seul coup je te montrerai un film. tu te dis mais attends, mais qu'est-ce qu'ils font ? Pourquoi ils le font ? C'est quoi ? Attendez, ils passent la ligne, mais pourquoi ils ne débouchent pas du champagne ? Ah bah parce que peut-être que le champagne est précieux et que c'est quand même bien de le boire et de faire attention à plein de choses. Peut-être qu'on ne va pas récompenser que les trois premiers. De mettre en scène un peu tout ça. Donc ça, c'est ça qui m'anime un peu. Et à côté de ça, je réfléchis. Je te dis, je garde dans un coin de ma tête l'idée de réinventer à un moment la course. Mais à chaque fois j'ai l'impression que je fais un appel du pied et que je reçois des gens qui viennent ça, mais même j'ai pas envie de l'incarner tout seul en fait, il faut que ce soit collectif. Et là, ce qui serait cool, ce serait que les gens qui aujourd'hui font ce métier, s'ils ont un peu... conscience que au final ce qu'ils sont en train de faire aujourd'hui aura un impact sur la future génération de skippers et celle d'après. Donc en gros s'ils veulent faire ça bien, ça serait cool qu'ils se motivent un peu à réfléchir à... à brainstormer, ça n'engage à rien juste imaginer les choses qu'on mette des mots là-dessus, de se dire ok on aime être sur l'eau, on aime régater, on aime jouer peut-être que moi ce que je dis d'arrêter le classement c'est peut-être un peu radical mais peut-être que dans cette phase de transition peut-être que dans 200 ans, oui il n'y aura peut-être plus de classement et on sera tous des yogis enfin je ne sais pas, toi avec une vision différente mais je pense que ça mériterait l'effort enfin en tout cas, ce que j'ai envie de dire c'est que si les gens ont un peu de de respect aussi pour l'océan et pour leur passion, ça serait cool qu'ils... Je sais à quel point c'est chronophage, à quel point c'est un tunnel et c'est dur de faire un petit pas de côté, mais ça serait cool qu'ils pensent aussi aux autres. Il y a ce côté-là de dire pensons aux générations futures. Là, aujourd'hui, tout le monde tire pour soi. Si tu penses un peu au futur et aux autres ou à la nature en général, là, on n'est pas dans la bonne direction.

  • Speaker #1

    c'est le mot de conclusion merci beaucoup merci pour ton temps le livre si vous souhaitez le lire sort le 6 juin la semaine prochaine réduire la voilure peut-être pour renvoyer un riz plus tard on verra peut-être mais c'est souvent qu'on prend un riz on continue on continue d'avancer tu vois souvent ça se passe bien et c'est plus équilibré il y a des allures même où c'est plus rapide que Grand Bois-L'Hôte voilà merci beaucoup Stan merci pour ton temps et puis à bientôt pour de nouvelles aventures salut

Description

Ils ne sont pas si nombreux que ça à accorder leurs paroles et leurs actes, au point de se retirer bien avant l'heure de la retraite. Stan Thuret est de ceux-là, et quand il a renoncé à la course pour raisons écologiques et l'a annoncé le 15 février 2023, à 36 ans, cela a fait du bruit. Beaucoup. Et les réactions ont été violentes.


Pourtant, le "cinéaste-navigateur" ne trustait pas les podiums et sa carrière avait été courte ; mais il faut croire - c'est son hypothèse - qu'il avait "appuyé sur une blessure bien réelle", en soulignant que "l’urgence climatique et l’effondrement de la biodiversité sont incompatibles avec la manière de vivre de la course au large et la compétition".


Il a grandi loin de la mer, dans un petit village du Val d'Oise, et n'approche l'océan qu'épisodiquement, en vacances, sur le dériveur familial. Il travaille déjà dans le cinéma quand il approche, au début des années 2010, le monde des ministes et plonge dedans, en achetant un bateau en 2014. Trois ans plus tard, il boucle sa Mini-Transat et déjà, le milieu a repéré ce personnage sympa et drôle, qui produit des vidéos décalées. Mediaman pour Conrad Colman, Yves Le Blévec, il fait son trou et succède début 2019 à Clarisse Crémer à la tête du projet Everial, d'abord en Figaro puis en Class40.


Mais déjà, une dissonance s'installe entre sa passion de la navigation en course et ses convictions environnementales, de plus en plus solides. Dans son livre Réduire la voilure (Robert Laffont), qui sort le 6 juin, Stan Thuret ne cache rien de ses paradoxes, qui l'amènent à rentrer dans la carrière tout en se posant une foule de questions.


Des questions qui l'amènent, à l'issue de la Route du Rhum 2022, à trouver une réponse claire : pour lui, il n'est pas possible de changer les choses de l'intérieur, alors il faut avoir le courage de "déserter" les courses à la voile, et d'y renoncer, tant qu'elles ne sont pas durables.


Car il le rappelle en guise de conclusion : "J’espère revenir un jour à la course au large, quand elle aura retrouvé son équilibre."


Diffusé le 31 mai 2024

Générique : In Closing – Days Past

Post-production : Grégoire Levillain


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Si vous suivez la voile de compétition, le nom de Paprec, premier acteur du recyclage en France, vous est forcément familier. Sponsor depuis deux décennies de marins engagés dans les plus grandes courses, Paprec est désormais aussi partenaire principal de la Solitaire du Figaro et de la Transat en double Concarneau-Saint-Barthélemy, rebaptisée Transat Paprec, une Transat qui va se courir en double mixte. L'entreprise n'investit pas dans la voile par hasard, c'est le fruit d'une tradition familiale. Jean-Luc Petit-Huguenin, le fondateur, découvre la voile sur un First 235. Sébastien, son fils aîné, directeur général du groupe, le convertit à la course. Faitant même ses 40 ans en participant à la solitaire du Figaro en 2018. Mais si Paprec s'affiche aujourd'hui dans la voile de compétition, ce n'est pas qu'à cause de la passion des patrons, c'est aussi parce que les valeurs de la course font écho à celles du groupe, la ténacité, l'humilité, l'adaptabilité. Des qualités indispensables, à terre comme en mer. Bonjour,

  • Speaker #1

    vous écoutez Into the Wind, le podcast des marins qui font des phrases. Into the Wind est produit par Tip Shaft,

  • Speaker #0

    le média des professionnels et des passionnés de voile de compétition. Tip Shaft, ce sont deux newsletters hebdomadaires, en français et en anglais, des podcasts, des événements, des formations, ainsi qu'un festival de films et un studio de production de contenu que vous pouvez retrouver sur tipandschaft.com. Je suis Pierre-Yves Lautroux et je vous souhaite la bienvenue dans ce nouvel épisode d'Into the Wind.

  • Speaker #1

    Bonjour Stan Thuray !

  • Speaker #2

    Salut Pierre-Yves !

  • Speaker #1

    Merci beaucoup de nous recevoir puisqu'on est à Concarno. Alors on n'est pas chez toi, mais on est dans ta base arrière, ton camp de base. On est chez Kairos, chez Roland-Jordain.

  • Speaker #2

    C'est l'endroit où j'ai grandi. C'est l'endroit où il s'est passé beaucoup de choses pour moi en termes nautiques et en termes humains surtout.

  • Speaker #1

    Tu vas nous expliquer un petit peu. Cet endroit est donc particulier. C'est le camp de base de beaucoup d'expéditions. Je pense que c'est une boîte, un fonds d'otation. C'est pas mal de choses à la fois. Et c'est un lieu avec un esprit, me semble-t-il. qui te correspond assez bien. Merci de nous recevoir pour ce nouvel épisode d'Into the Bin qui va être un petit peu particulier, c'est ce qu'on était en train juste de se dire avant de lancer le registrement, parce que ta carrière maritime, au sens strict du terme, est assez courte. Mais on ne va pas parler que de carrière maritime, on va parler de la course sur l'argent général et de ce secteur qui t'a attiré et puis qui t'a repoussé ou que tu as repoussé, c'est ça qu'on va essayer de comprendre un petit peu. Et on est là parce qu'en fait, alors tu es sur mes tablettes depuis assez longtemps, il se trouve que tu sors un livre, malgré ta jeunesse, tu sors un livre chez Robert Laffont un grand éditeur donc c'est pas du tout un petit fanzine que t'as fait dans un coin c'est un vrai livre sérieux qui fait quasiment 300 pages un peu plus de 250 pages qui s'appelle Réduire la voilure et c'est pas un tuto pour savoir comment prendre un riz et c'est pas un tuto pour savoir comment prendre un riz c'est un livre extrêmement intéressant que j'ai lu hier soir rapidement mais que j'ai lu en ancien et qui est le récit d'une dissonance j'ai beaucoup aimé ce mot là qui vraiment dit bien ce que ça veut dire c'est que toi qui est musicien et qui baigne aussi dans cet univers, tu vas nous en parler un petit peu aussi, d'une dissonance entre peut-être une musique que tu avais dans ta tête quand tu t'es lancé dans la voile et dans la voile de compétition et qui au fil des temps ne résonnait pas de manière synchronisée ou coordonnée, je ne sais pas quel est le terme inverse de dissonance, mais en tout cas a fini par dissonner avec ta petite musique intérieure à toi, puisque si les gens qui nous écoutent ne le savent pas encore, en février 2023 tu as... communiqué pour dire que tu arrêtais la course au large pour des raisons écologiques. Forcément, ça a fait du bruit, ça a dérangé, ça a convaincu d'autres gens, et c'est tout ça dont on va parler. Et ce livre-là, Rayon la voilure, c'est ce que je te dis aussi juste avant qu'on ouvre l'enregistrement, ce livre vient développer sur 250 pages ce que tu as dit en un post Instagram. Forcément, c'est beaucoup plus riche, c'est beaucoup plus subtil, et c'est extrêmement intéressant. et bien ma première question elle est toute simple et on va faire on va essayer de suivre le même schéma que les épisodes d'Into the Wind c'est à dire l'actu immédiate toi c'est la sortie du livre qui sort le 6 juin et puis on refera ton parcours qui est singulier parce qu'en plus d'avoir été navigateur t'as été ou t'es encore cinéaste ouais t'es toujours cinéaste navigateur ouais toujours cinéaste navigateur voilà donc voilà je pense qu'on va avoir à faire un épisode original mais qui va être comme d'habitude très très riche comment, t'as pas 37 ans, t'as 36 ans ?

  • Speaker #2

    J'ai 36, j'ai à avoir 37 à la fin.

  • Speaker #1

    Voilà, c'est ça. Comment à 36 ans, après 8 années de carrière, je me mets plein de guillemets, dans la vague de compétition, on en vient à faire un livre pour raconter à la fois son parcours et puis la sortie de ce monde. Alors raconte-nous comment tu deviens, alors qu'en plus d'être cinéaste et navigateur, tu es devenu écrivain.

  • Speaker #2

    Alors, il paraît qu'on devient écrivain que quand on a écrit deux livres. Donc pour l'instant, je ne suis pas encore un vrai écrivain. Je pense que j'ai fait la découverte effectivement. du temps long, de la réflexion, de se poser les questions, de savoir aussi pourquoi on fait les choses. Moi, c'est vraiment, je pense que c'est la première fois que je fais un podcast pour parler du livre, donc je suis très heureux.

  • Speaker #1

    Je suis la première date de la promo.

  • Speaker #2

    Je suis très heureux. Et en plus, tu vois, je pense que quelque chose qui me touche, je dois avouer que ça m'a caressé l'esprit à un moment de te contacter pour faire ça, parce que tu vois, je sais que tu es le média qui est le plus écouté par les marins en eux-mêmes. Et effectivement, je pense qu'il y a une partie de moi qui... Ce n'est pas que j'ai voulu me justifier dans ce livre, mais j'ai voulu sortir justement du jugement. Parce qu'en fait, je pense que ce qui est hyper dur, c'est qu'il n'y a pas de bonne manière... C'est Camille Etienne qui fait la préface de mon livre, qui est une activiste que peut-être tous les marins ne connaissent pas, mais qui est quand même très engagée. Et elle fait ce parallèle en disant comment on fait quand on apprend à quelqu'un que le Père Noël, il n'existe pas. forcément c'est désagréable forcément c'est pas cool de dire à un enfant que le père noël il n'existe pas et il n'y a pas de bonne manière de le faire et je pense que oui moi je me suis trouvé dans une posture où j'ai dû je pense et j'espère que ça transparaît dans le livre que j'ai été le plus honnête du monde dans ma démarche parce que comme tu le dis je me sentais plus bien et plus à ma place j'étais plus en harmonie c'est l'harmonie et donc en fait moi j'ai mis les mots que je pouvais là dessus Et en fait, depuis le début que je faisais du bateau, que j'ai commencé en mini et tout ça, Ça a été une constante chez moi de toujours... Parce que je fais partie de cette génération qui a... Tu vois, je pense que j'avais 20 ans quand Facebook est arrivé en France. Ça, c'est un autre sujet. Les réseaux sociaux, ça baigne autour de tout ça. Mais j'ai toujours raconté tout ce qui m'est passé par la tête. Si les gens remontent mon actu depuis 2014 en mini, j'ai toujours été transparent et j'ai toujours communiqué sur mes émotions, sur ce que je faisais, pourquoi je le faisais. Donc moi, pour moi, le jour où j'arrête la course au large, Ça me semble logique d'expliquer pourquoi je le fais.

  • Speaker #1

    je ne vais pas juste dire salut j'arrête enfin j'aurais pu mais ce n'était pas ma démarche depuis le départ mais de le faire sur cette forme là on est en France donc il y a un peu statutaire dans le livre le livre mais du coup c'est

  • Speaker #2

    un autre travail c'est un travail de longueur c'est un travail qui se fait avec un éditeur qui a dû dire une éditrice qui m'a contacté une semaine après mon post sur Instagram qui m'a dit est-ce que tu as d'autres choses à raconter parce que bah Moi ça me parle, ça me touche, je pense que c'est un sujet de fond, la place du sport dans notre société, comment on fait pour... Enfin là on est bien placé en ce moment avec les JO, il y a quand même pas mal de polémiques autour des JO, on va pas se mentir, et c'est des questionnements qu'on se pose de plus en plus, et là en fait, effectivement, vu que... à ce moment-là, j'étais déjà dans une bonne vague, une bonne déferlante de commentaires un peu agressifs sur les réseaux. Je me suis dit, bah oui, là, il y a plein de choses auxquelles je n'ai pas pu répondre et que je n'ai pas pu développer dans un petit post Facebook. Donc, bah ouais, c'est peut-être intéressant pour moi d'essayer de comprendre quel était mon cheminement de pensée avec, je pense, l'arrière-pensée de me dire, je ne vais pas essayer de convaincre les gens.

  • Speaker #1

    il est sous-titré d'ailleurs récit c'est pas un essai c'est pas une analyse c'est le récit de ta vie et en particulier de ta dernière audio-rom entre coupée de flashback c'est ça je vais spoiler un peu et du coup surtout on comprend la

  • Speaker #2

    montée en puissance de cette dissonance après je pense que à la fin dans les deux derniers chapitres j'essaye de proposer et pour moi c'est hyper important de montrer qu'en fait enfin ça a été très ce qui a été dur pour moi c'est vraiment ce côté genre t'es en train de flinguer le milieu, tu coupes la branche t'es hyper violent alors qu'en fait moi depuis et pourtant tu vois Ça fait depuis 2020 qu'avec l'association La Vague, on essaye de faire des choses. Je pense qu'on est force de proposition. Ok, on dénonce, mais ça fait partie du jeu. Notre rôle, c'est de poser des questions. Et à côté de ça, j'espère que dans le livre, on termine en se disant qu'en fait, on a tout en main. Il suffirait juste qu'on se mette tous d'accord pour mettre des règles. Parce qu'en fait, on a tous envie de jouer. On a tous envie de s'amuser. On aime tous aller sur l'eau. C'est ça. après il faut que ça reste soutenable et aujourd'hui je suis désolé mais la voie que ça prend le routage il est pas bon quoi alors on va y venir un jeu la première question était sur le livre et sa gestation combien de temps tu t'as fait parce que parce que il ya du travail tu as dû ramasser ta pensée le travail de l'éditrice ouais ouais il ya eu trois mois d'écriture trois mois d'écriture et après on a fait du ping pong en relecture pendant trois mois quelque chose comme ça et c'était hyper intéressant Qu'est-ce que t'as pensé de l'exercice de style ? Moi j'étais plus dans l'écriture de scénario des écritures plus terre à terre qui décrivent des choses et là moi j'ai bien aimé de dire effectivement c'est assez spécial quand tu te rends compte qu'en fait t'es en train de répéter plein de fois la même chose et tu te dis bon bah allez c'est comme un montage vidéo c'est de dire bon bah allez on va à l'essentiel on fait synthétique et on essaie de résumer la pensée et j'espère que je sais pas ce que t'en as pensé mais je pense que même s'il y a 272 pages je pense qu'on est quand même assez concis et que ça s'est segmenté ce qui compte c'est pas le nombre de pages c'est la taille de la police c'est

  • Speaker #1

    assez classique Et qu'est-ce que tu as pensé de l'exercice intellectuel ?

  • Speaker #2

    Moi, ce que j'ai adoré, c'est effectivement, je pense qu'il y a un vrai côté thérapeutique, on en parlait juste avant, parce que de se faire un dézoom sur sa vie et de se dire, ben voilà... Moi, pourquoi en 2013, je me dis, j'ai envie de faire la mini, j'ai envie de faire du bateau, d'où ça vient ? Ça, c'est vraiment une question fondamentale qui, je pense, traverse mon livre, de dire, comment se construisent les rêves, en fait ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment, quels sont les déterminismes qui se sont mis en place ? Quelles sont les expositions auxquelles on a été confrontés qui font qu'on se dit, ah, parce qu'on parle toujours, aller au bout de ses rêves. Enfin, je pense que chaque projet bateau parle de rêve. Et heureusement, parce qu'effectivement, la mer est un des rares espaces encore où... Ou encore, ça fait rêver en fait, l'horizon fera toujours rêver, c'est ce que je dis quand tu vas voir n'importe qui et que tu dis je vais traverser l'Atlantique en solitaire, en général dans les gens tu as une petite étincelle qui s'allume, et ça il faut la garder cette étincelle, mais par contre c'est... qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? Comment on fait pour que ça devienne quelque chose de durable dans le temps ? Parce qu'on a envie de continuer à jouer, tu vois. Et moi, le premier. Et je me suis vraiment posé cette question-là, de me dire d'où est venu mon rêve et pourquoi à un moment, il est venu se heurter à une réalité scientifique d'abord, puis même sur le plan social. Enfin, je veux dire, là, on parle d'écologie, mais tu vois, à la postériorité, je me dis, le post Facebook, quand j'annonce que j'arrête, C'est pas que pour raisons écologiques, c'est pour des raisons aussi d'ordre moral, d'ordre philosophique, d'ordre social aussi, parce que tu dis, il y a un moment...

  • Speaker #1

    Voir sociétal.

  • Speaker #2

    Ouais, sociétal, parce que... et je pense que j'ai fait... Tu vois pendant la route du Rhum, j'ai embarqué un livre avec moi, c'était Ralentir ou périr de Timothée Parry, qui est un économiste qui essaie de penser la post-croissance.

  • Speaker #1

    C'est même un économiste de la décroissance.

  • Speaker #2

    Il parle de décroissance, c'est son sujet, mais la décroissance pour lui, qu'on le veuille ou non, on est dedans et ça va faire que réduire. On le voit déjà un peu aujourd'hui, tous nos budgets sont… enfin tout est en train de se contracter. Donc en fait ce qu'il faut c'est imaginer ce qui se passe après. vraiment hanté la dernière année, c'était à quel besoin répond ma pratique ? Enfin, je veux dire, si tout un chacun, chacune, on se posait la question, à quoi ça correspond ? Est-ce que, tu vois la fameuse question que tout le monde posait pendant le Covid, qu'est-ce qui est essentiel, qu'est-ce qui est non essentiel ? Ah bah moi sur le moment je me suis dit bah là qu'est-ce que je suis en train de faire ? Qu'est-ce que, si ce n'est en plus tu vois une ère médiatique de vouloir flatter son égo, de se poser des questions, pourquoi on fait que se comparer aux autres, pourquoi on est influencé, il y en a un qui fait ça, ah bah tiens moi je veux le même bateau, ah bah lui il va faire ça, tel... Et c'est un peu dur en fait de se faire l'analyse sur soi-même, de se dire, pourquoi je veux faire du bateau ? Pourquoi ? Je pense que je me suis posé clairement la question, pourquoi j'avais ce moment, cette envie de traverser l'Atlantique ? Pourquoi je l'ai dû la faire en course ? Pourquoi je n'ai pas été prendre seul un petit bateau et puis le faire ? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, j'ai fait ça ? Bah je pense que j'y suis.

  • Speaker #1

    Baluchon quoi.

  • Speaker #2

    Ouais, mais Baluchon, alors Baluchon là j'étais... du coup je passe pas mal de temps il faut m'expliquer pardon oui oui Baluchon c'est un petit bateau qui fait 4 mètres et Yann Kenney et son skipper incroyable incroyable c'est vraiment c'est même pas décroissant c'est minimaliste quoi ouais et il va faire un tour du monde et il repart et j'étais à un festival qui s'appelle Into the Blue à Bruxelles qui est super sympa et c'était radical on passait de son film à lui à celui de Thomas Ruyant Et dans la salle, tu peux vraiment voir que les gens étaient enthousiastes et portés de rêve en voyant ce petit bateau. Alors qu'à la vision du film de Thomas, tout le monde regardait genre, ah mais c'est ça votre sport ? Mais c'est horrible, ils rigolent pas, ça a l'air dur. Et tu te dis, mais attendez, si c'est déjà dur pour nous à bord, si c'est... Et en plus, tu vois, on est là à sourire, à faire des selfies, ouais, tout va bien, tout va bien, alors qu'on en chie, quoi. Tu te dis, il y a un moment, c'est... ça a d'autres vertus aussi tu dis notamment que la compétition c'est l'effort et que l'effort par contre tu veux le garder l'effort il faut le garder heureusement et c'est ce que je dis je me suis vraiment à un moment questionné beaucoup sur la compétition et pourquoi j'ai été faire la mini plutôt que juste prendre un petit bateau et traverser je pense que ce qui est a posteriori moi ce que j'ai adoré dans la mini c'est les échanges c'est tout le cheminement c'est complètement bateau ce que je dis mais c'est au final la mini transat c'est bien c'est presque anecdotique en fait c'est tout l'apprentissage que tu vas faire sur le long terme, moi tu vois j'ai mis 3 ans avant de faire ma mini et ces 3 ans là, ils ont été plus enrichissants que la transat en elle-même le chemin plutôt que le...

  • Speaker #1

    revenons au livre une dernière fois est-ce que d'avoir réfléchi d'avoir dû mettre mort sur blanc ce que tu pensais, d'être revenu sur le chemin justement est-ce que ça t'a apporté quelque chose est-ce que ça t'a fait progresser est-ce que t'as... T'as compris des choses ? Est-ce que ça a ouvert des portes ?

  • Speaker #2

    Ah ça m'a... Ouais je pense que ça m'a ordonné ma pensée. Je pense qu'aujourd'hui je suis à même de répondre, pas à toutes les critiques, mais ça m'a mis aussi dans une posture où je me suis vraiment dit... Tu vois ce qui était très dur pour moi dans la période de l'année dernière, c'était qu'on m'a dit, voilà t'es dans le jugement, t'es moralisateur, tu penses être mieux que tout le monde. Bah non, en fait, voilà, moi j'ai construit mon raisonnement via des lectures, via des rencontres, via plein de choses, et oui, j'ai ma vision du monde et ma vision du sport, toi t'as la tienne, celui ou celle qui est en train d'écouter, il a la sienne, et c'est ok. Par contre, après, ce qu'il faut... enfin voilà, si on doit argumenter, moi j'ai... Je dois avouer que j'ai eu le travers, je pense, l'année dernière, de beaucoup répondre aux commentaires, de m'agiter un peu sur des groupes WhatsApp, et en fait, c'est pas la bonne place, et tu vois, il y a un moment quand... Quand on veut faire un vrai débat, c'est ce que je disais à un moment à des gens, je leur disais, mais si vous voulez débattre avec des équations, vous pouvez y aller. Mais vous ne pouvez pas venir avec une opinion de me dire 2 plus 2, ça fait 5. Et moi, je crois vraiment que 2 plus 2, ça fait 5. Non, ça fait 4. Et on ne peut pas mentir avec ça. Donc, il y a un moment où il y a une réalité physique et scientifique. Et ça, j'ai appris qu'en fait, la seule chose qu'on peut faire, c'est faire de la maïeutique, donc de l'accouchement d'idées. Moi, le livre, il est là et maintenant, il existe. J'ai donné des billes. Si les gens ont envie d'aller, j'espère, apprendre quelques chiffres, quelques histoires, tant mieux. Et puis, je pense que ce qui est plutôt cool, c'est le témoignage. Je me suis rendu compte parce que je suis intervenu dans quelques petites conférences. Et c'est rigolo de voir que ma décision... elle résonne dans d'autres milieux, que ce soit professionnel dans des grandes entreprises, que ce soit dans le milieu de la montagne, ça fait des passerelles. Et en fait, je pense que le fait de raconter une histoire personnelle, même si les gens ne connaissent rien à la voile, ils y projettent de l'affect et des choses, et de se dire, ah oui, il se passe ça, moi ça résonne comme ça chez moi. Donc ça, ça m'a beaucoup apporté de me dire, ok, sortons de la posture de vouloir convaincre, je ne suis pas là pour convaincre. et partageons le chemin et puis une chose qui m'a aussi touché c'est le côté attends je me suis vraiment perdu c'est pas grave dernière question sur le bouquin qu'est-ce que t'en attends ?

  • Speaker #1

    un débat plus apaisé d'autres gens qui viennent te dire tiens mon chemin à moi il est pas loin du tien ou une nouvelle vague j'espère vraiment pouvoir inspirer des gens pour

  • Speaker #2

    moi aujourd'hui il faut qu'on déserte il faut qu'on soit de plus en plus nombreux à avoir le courage de dire parce qu'en fait la réalité de ma vie depuis un an c'est qu'à chaque fois que je rencontre des gens de la course au large Mais quasiment tout le monde est con. Ok, ils n'ont pas été d'accord avec la manière. Ça a choqué, parce que... Ah oui, c'est ça que je voulais dire. C'est que j'ai compris aussi, le fil que j'ai perdu, c'est que j'ai compris en écrivant ce livre que pourquoi il y a eu un écho à un moment qui a fait un mini-buzz, c'est qu'en fait, il y a une réelle problématique, et le fait d'un seul coup de mettre des mots sur une blessure que tout le monde... On l'a tous un petit peu, globalement, on sait qu'on n'est pas droit dans nos bottes, qu'il y a un truc qui est un peu bâtard de dire, l'océan, on protège, etc. Mais en fait... Il me faut quand même une nouvelle GV, il faut quand même que je construise un nouveau bateau. On n'est pas clean en fait, et ça je pense que tout le monde le sait. Et donc en fait, malgré moi, je suis venu appuyer sur un truc qui fait mal. Et la réalité c'est que si ce que j'avais dit ne se dérangeait pas... et ben enfin si ça y est il y aurait pas eu de réaction là le fait qu'il y ait une réaction ça veut aussi dire que je mets le doigt sur un sujet et que ce sujet on a tendance à le cacher à l'enfouir et dire bon bah tant que ça tient ça tient et on y va jusqu'au bout tu as parlé pour plein de gens qui parce qu'ils ont des contrats avec des sponsors parce qu'ils sont dans la perf on va beaucoup parler de ça c'est vraiment très intéressant tu as parlé pour des gens qui ne peuvent pas parler Bah ouais c'est ce que je te dis, moi à chaque fois que je vois des gens depuis un an, tout le monde me dit bah ouais t'as pas tort, t'as pas tort, mais il y a toujours un mais qui vient, parce que, et je peux l'entendre, le cheminement pour trouver un sponsor c'est hyper dur, on va pas se mentir, et quand à un moment t'arrives enfin, ça fait 10 ans que tu galères, et que tu trouves un sponsor, et tu dis bah attends, ça fait 10 ans que j'ai tout sacrifié, ma vie sociale, ma vie affective, enfin tu vois il y a des exemples concrets de... de femmes et d'hommes skippers qui m'ont marqué. Et tu dis, mais ils ont tout mis dedans, tu vois. Et forcément, d'un seul coup, quand tu leur dis, ben en fait, c'est pas ouf. Ah bah ouais, la réalité elle est super dure, et forcément qu'ils en veulent encore un peu, tu vois. Par contre... A chaque fois, je te dis, tout le monde est plutôt d'accord pour dire qu'il faut changer les choses. Puis il y a un truc qui ne va pas totalement. Sauf certains cas très graves de personnes qui sont dans le déni complet ou dans le cynisme et qui se disent, on est là pour faire du business et la seule boussole qui nous dirige, c'est celle du profit. Et c'est des gens, je pense, qui sont plus néfastes que moi en fait. Parce que c'est des gens qui emmènent tout le monde dans une direction qui n'est pas saine pour le milieu ni pour notre sport. Enfin, voilà quoi.

  • Speaker #1

    Petite question technique, le tirage de livres est de combien ?

  • Speaker #2

    Je crois qu'on est à 3500 C'est la première info que j'ai eu Je sais pas si c'est bien, j'en sais rien

  • Speaker #1

    Non c'est pas mal C'est parce que t'es à la fois sur une niche et sur un sujet universel

  • Speaker #2

    Ouais et ça j'espère aussi que ça va toucher d'autres personnes Enfin, mon éditrice voulait que ça parle au plus grand nombre. Oui,

  • Speaker #1

    alors il y a un lexique, il y a plein de petits schémas. Il y a même, si vous voulez savoir ce que c'est, il y a même le schéma du Don't Fucker. Je trouve ça génial.

  • Speaker #2

    C'est moi qui ai tout dessiné.

  • Speaker #1

    Je suis assez fier. Oui, les dessins sont très sympas. Et donc, pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, c'est une sorte de... Je ne sais pas comment on peut appeler ça. C'est une sorte de prise de riz pour faire descendre la chaussette de Spi.

  • Speaker #2

    De Pilko Pit.

  • Speaker #1

    Ou la grand voile aussi. Est-ce que tu avais un Don't Fucker de grand voile ?

  • Speaker #2

    Non, je n'en avais pas.

  • Speaker #1

    pour faire descendre une gros voile au portant une gros voile lattée au portant on a un down fucker donc c'est des bouts pour faire descendre la poésie de Joe Sexton voilà exactement et donc il y a tous les schémas et tout est très didactique et ton livre et on le voit dès le début ton livre vraiment s'adresse aussi à des gens qui ne connaissent pas la voile c'est pour ça qu'il a quand même une vocation à être un peu universel le chemin que tu décris sur lequel on va revenir il doit exister il doit exister chez plein de gens et même chez des non-sportifs.

  • Speaker #2

    C'est ça, et puis j'aimerais qu'il inspire des gens. Je pense que, là, depuis 2-3 ans, il y a un grand mouvement, je te dis, de désertion aux Etats-Unis, de gens qui... Je pense qu'on est vraiment dans un effet, moi y compris, post-Covid, où plein de gens se sont posé la question de pourquoi on fait notre job. Il y a un mouvement de fond aussi, je pense, dans la génération des 20-30 ans. qui refusent les CDI, qui se disent qu'on ne veut plus non plus cautionner des choses, on veut pouvoir avoir de la liberté. Mais il y a quelque chose de cet ordre-là, de se dire à un moment qu'on n'est plus d'accord avec ce qu'on nous propose et les anciens schémas, on va les bousculer. Et ça, c'est à tous les niveaux. Tu vois ce qui se passe dans le féminisme, dans plein de mouvements. Il y a des choses qu'on ne veut plus laisser passer. Et pour moi, j'espère que ce livre aura vocation à faire écho, à raisonner dans d'autres milieux. Et j'espère que si ça peut parler à des gens et les pousser... J'essaie de trouver cette formule à un moment, de dire que c'est les gens qui sont au pouvoir, qui font les règles. Donc il y a un moment où il faut aussi leur dire que c'est vachement courageux et... Moi, c'est une des critiques qu'on m'a fait, c'est de dire En fait, t'as rien gagné, t'es nul, et en plus, touffe ta gueule. Je le comprends, le truc, mais par contre, c'est vrai que quelqu'un qui serait vraiment au top du game et qui ferait une démarche véritable et sincère de se dire Allez, moi, je fais un petit pas de côté et je vais dans un sens dans lequel je me sens mieux. c'est sûr que le message y passera encore mieux. Donc moi, j'ai envie de donner du courage et de montrer que ma vie, elle ne s'est pas arrêtée et j'ai d'autres projets et ça va en fait.

  • Speaker #1

    Et on va revenir aussi au fil du temps sur le thème de la désertion parce que ce que tu constates et ce qui te fait arrêter, c'est que tu as essayé de changer les choses à l'intérieur et tu constates que tu n'as pas réussi. Et donc du coup, pour ça, autant arrêter et faire ça autrement ailleurs. Ça, c'est assez intéressant parce qu'il y a...

  • Speaker #2

    c'est un vrai débat quoi ce qu'il faut rester ce qu'il faut quand il est un insider pour faire bouger ou est-ce que c'est les gens se dégager au gouvernement avec un ministre qu'on peut pas saquer et en même temps mais faire du lobbying positif c'est hyper dur et je pense qu'on a besoin des deux je pense qu'on a besoin de des deux et tu vois je sais pas si c'est vrai ou pas mais on m'avait dit un peu dans les coulisses que toi quand il ya eu les assises de la course au large en décembre on m'a dit que le fait que le bruit médiatique que j'avais pu faire avait un peu encouragé à se dire il faut qu'on faut que la fédé en tout cas qu'il y ait une réflexion il faut qu'on se positionne donc en fait on a besoin des deux on a besoin d'avoir des activistes qui font des choses et puis on a besoin d'avoir du politiquement correct et ça avance comme ça et tu vois on déplace la fenêtre d'overton je sais pas si les gens sont familiers avec ce concept ce qui en ce qui ont regardé la fièvre sur canal plus peut-être on

  • Speaker #1

    l'expliquera encore en cours d'autres mais là aussi ce dialogue entre activistes je pense que peu de gens ont compris ce que c'est que le rôle d'activiste, ils ne sont pas là forcément pour construire, ils sont là pour mettre à l'agenda les sujets. C'est ça. C'est ça, moi qui ai longtemps couvert la politique, la vague notamment, sur le côté parfois inconstructif de la vague ou sur le côté justement rué dans les brancards, mais c'est le rôle d'un activiste. C'est ça. Ce n'est pas forcément une question du compromis.

  • Speaker #2

    Non, non, on pose des questions, on interroge, on vient faire du bon acte.

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. mais du coup par contre on aurait un monde où il y aurait que d'activistes il est probable qu'on n'arriverait pas à construire non plus les compromis alors qu'il faut construire les compromis c'est passionnant, ça m'intéresse beaucoup en tout cas on va faire notre flashback habituel et notre discussion va continuer tout au long, c'est là où c'est intéressant on va faire notre flashback habituel on va repartir du coup dans les années 80 puisque t'es tout jeune alors c'est ce que je te disais aussi dans le livre tu dis que t'es dans un petit village à la frontière de la banlieue parisienne, y'a pas de nom y'a pas de... Il n'y a pas de repère précis, je le disais aussi en préparant le lancement, qu'il y avait peu de monde marin dans ton livre, etc. Est-ce que tu peux nous dire juste où tu es en région parisienne, dans quel univers tu grandis ?

  • Speaker #2

    C'était marrant parce qu'en venant ici, je me suis dit que tu allais me poser la question. Et en fait, j'ai grandi dans un petit village qui s'appelle Boismont, qui est dans le Val d'Oise, à la frontière du Vexin français. Donc j'étais vraiment à la frontière entre la ville nouvelle et vraiment la campagne. Et il y a une particularité qui est assez drôle, c'est un village de 700 habitants et il y a un autre marin qui a habité là-bas, c'est Christian Dumas, dans les années 80. Et quand on s'est retrouvé et qu'on s'est dit mais on était tous les deux là-bas, c'est quand même assez improbable.

  • Speaker #1

    Tu es passé dans une toute de mine.

  • Speaker #2

    Un tout petit village et je suis né à Conflans-Saint-Honorin, dans les Yvelines, qui est la capitale de la bâtellerie. Donc tu vois les péniches, j'étais dans l'eau douce, mais je n'ai pas grandi dans une famille de marins du tout. Je pense qu'on est nombreux comme ça. Paul Meillat vient de Conflans, je crois. Il a fait des choses là-bas. Il y a plein de profils.

  • Speaker #1

    Au final, on s'aperçoit, notamment si vous écoutez Into the Wind depuis le début, que le breton né en Bretagne, fils de coureur, ça n'existe quasiment pas. C'est vraiment très étonnant. Et du coup, l'univers maritime et la mer, il y a quand même des racines familiales. Oui,

  • Speaker #2

    alors il y a quelque chose qui est marrant. Ça, je n'ai pas la réponse de savoir pourquoi, mais mon grand-père paternel habitait sur une maison à Andrésy, donc sur la Seine. Et je ne sais pas ce qui lui a pris. Je pense que c'est la grande époque, tu vois, du 4-20, du 4-7, de la navaire. Et je ne sais pas pourquoi, il se met à acheter un petit dériveur, un fennec, à la fin des années 60. C'était quelqu'un de très littéraire. Il a acheté le bouquin d'Aiglénan et il n'avait jamais pris de cours et il est parti naviguer sur la Seine. Mon père m'a raconté qu'il croisait des péniches, que c'était à la fois génial mais en même temps hyper flippant. Et il commence à apprendre à faire de la voile sur la Seine. Et après je pense que c'est la grande époque des années 70 où... où tu partais avec ta voiture, ton dériveur sur la remorque et puis tu allais dans les campings. Et mon père a passé toute son enfance, je pense, à faire la côte bretonne avec son dériveur, avec son père. Et je pense qu'il a… Moi, j'ai dû mettre les pieds sur ce dériveur quand j'avais 4-5 ans. Et c'était pour le coup, ça s'est spatialisé, je peux le dire. C'était à Kerambigorn, la petite plage de Begmey à Fouénan, juste en face des Glénans. et voilà quand on parlait de déterminisme bah cet endroit là il est hyper pour moi je pense qu'il y a quelques hot spots de le cours solar, t'as la trinité t'as Port-la-Forêt et bah oui moi quand j'ai navigué j'ai passé tous mes étés ici donc je me sens quand même breton c'est de l'autre côté de la baie en face de Concarneau, de la baie de la forêt c'est en face de la baie des fous quoi et depuis que je suis tout petit je fais du dériveur l'été c'était pas, j'ai jamais fait de t'as vu J'ai fait un stage d'optimiste une fois, mais j'ai jamais pris de cours de voile. Et par contre, j'ai eu ce truc-là de... C'était un loisir de vacances, quoi. C'était vraiment, je me baladais, je faisais du dériveur avec mes deux sœurs et on se marrait. Et le jeu, c'était d'aller voir les gros bateaux, tu vois, c'était genre, est-ce qu'on a le droit d'y aller, est-ce qu'on va se faire engueuler par les parents ? Et moi, je pense qu'un des premiers gros souvenirs marquants, je pense que c'est en 2000, où je croise le PRB de Michel Desjoyeaux, et là, je pense que je suis, tu vois, sur un petit bateau qui fait moins de 5 mètres, tu vois, passer un bateau de 18 mètres, c'est littéralement bluffant, et ça, je considère encore que c'est beau, tu vois, il y a quelque chose de magique d'avancer aussi vite avec le vent. ça reste quelque chose qu'il faut qu'on garde en fait et c'est rigolo en ce moment dans le port de Conquerneau on a un retour des bateaux avec des grands mâts il y a la Nemos qui va faire du truc et la persévérance de Jean-Louis Etienne et juste en face il y a François Gabart c'est un mix de plein de choses et mine de rien j'ai l'impression qu'il y a une sorte de retour aussi de se dire en fait Il y a des choses qui sont là, il y a des choses qui nous fascineront toujours autour de la mer, autour du fait d'avancer avec le vent.

  • Speaker #1

    Et toi quand t'es môme, t'as quelle relation à cet univers-là ? C'est un loisir de vacances comme d'autres ont le cheval ou le ski ? Ouais. Ou c'est quelque chose qui infuse quand même ?

  • Speaker #2

    C'est quelque chose que j'adore faire, c'est quelque chose où je trouve des sensations, je pense que les premiers bords de portant un peu grisants dans 25 nœuds, les moments où tu dessales avec de la houle et que t'es au milieu de nulle part, c'est des moments que j'ai adorés en fait, c'est des moments qui m'ont marqué. Mais toi... Je pense que j'étais à Pontoise au lycée. J'étais tout seul dans mon truc. Quand je rentrais de mes vacances, il n'y avait personne qui faisait du bateau.

  • Speaker #0

    personne connaissait ça, donc j'étais vraiment tout seul dans mon truc, et du coup c'est pas quelque chose que je pouvais faire, tu vois. La première fois de ma vie où j'emmène des potes de lycée faire du bateau, c'est quand on fait un stage de kata sur la base de loisirs de Sergi Pontoise. sur une mare quoi et c'était marrant mais d'un seul coup tout le monde me disait mais d'où tu sais faire ça tu vois et je me marrais trop donc j'ai même coulé un bateau comme ça parce que moi je savais que j'étais tribord l'autre savait pas et on a coulé un bateau bon voilà mais c'était rigolo ça mais non ça infuse ça infuse jusqu'au point où Je le raconte dans le livre. Je pense qu'il y a un moment, on me parle des minis quand je suis en 2011.

  • Speaker #1

    Tu vas un petit peu vite parce que... T'inquiète pas, on a du temps, je t'admire. Tu vas un petit peu vite parce qu'il y a une chose qui est assez intéressante, c'est que ça reste... Ton horizon, il est assez restreint quand tu navigues et tu le racontes dans le livre, c'est que la ligne d'horizon, c'est les glénans, même c'est les moutons. C'est les moutons. Les moutons qui les glénans et les bagmails. 5 000 des côtes. 5 000 des côtes. Donc il n'y a pas du tout de projection sur le voyage, il n'y a pas du tout de projection sur la découverte d'horizons nouveaux. On est plutôt dans une pratique de glisse.

  • Speaker #0

    Oui, je pense que ce qui m'amuse beaucoup, c'est le contact avec l'élément, c'est être au bord de l'eau, c'est de faire du trapèze, c'est d'en prendre plein la tête. Ça, ça m'amuse beaucoup, tu vois. et justement la dimension parce qu'une première nuit en mer elle est pas là encore je l'ai pas parce que je pense que j'ai pas les contacts je sais pas pourquoi j'ai pas été faire les glénants pourquoi j'ai pas pris le temps d'aller faire un stage de faire autre chose mais je pense que ça m'attire pas tant que ça je pense qu'il y a quelque chose de du tactile et de quelque chose de l'émotion physique quoi pour moi il fallait toucher les choses et les premières fois où je monte sur un sur un habitable, je pense que c'est un ami de mon père qui passe en escale à Benaudet, et il y a quelque chose de très bizarre pour moi à ce moment-là, de voir qu'il y a une cuisine à bord, de voir qu'on peut être habillé, il y a un truc qui n'est pas logique dans ma tête, de me dire je ne suis pas en combinaison néoprène, pourquoi il n'y a pas de vagues, il y a un truc qui ne m'a pas, le côté un peu camping caravanning ne m'a pas hyper séduit, et je n'ai pas été là-dedans, et pendant longtemps c'était plus... Moi ce qui m'amusait c'était de sortir quand il y avait 20-25 nœuds et de me faire des runs. C'est un sport de glisse quoi. Ouais.

  • Speaker #1

    Avant tout. Dans ces années-là de jeunesse, il y a aussi un truc qu'il faut que je vous explique, c'est comment quand on est dans un petit village du Vexin, comment on se lance et qu'on passe un bac scientifique, tout sur ma fiche, comment est-ce qu'on décide de faire du cinéma ?

  • Speaker #0

    enfin des études de cinéma ce qui ne veut pas dire que tu vas faire du cinéma je pense qu'en fait c'est vrai là on repart dans le côté thérapie je pense que c'est gratuit non il y a un côté de moi j'étais un très bon élève jusqu'en seconde jusqu'en seconde je suis un très bon élève et à un moment je pense que je pète un câble de me dire que j'étais dans une boîte à bac où je commence à comprendre qu'en fait on s'en fiche de savoir comment je raisonne et on me dit juste quoi faire et qu'il faut être rentré dans le moule et qu'il faut être conformiste Moi, ça me fait vriller. Et à ce moment-là, je me mets à... Il y a un truc chez moi qui me dit mais je ne veux pas du tout devenir... Je pense qu'on n'a pas cet esprit critique. On nous demande juste de rentrer dans le rang, de cocher des cases. Moi, tous mes amis font des écoles de commerce. Et ça ne m'attire pas du tout. Pas du tout. Et je dois avouer que j'ai la chance d'avoir des parents qui m'ont toujours soutenu, qui m'ont rien imposé, qui m'ont laissé guider là où je voulais aller. Et comment j'arrive dans le cinéma ? En fait, j'ai deux petites sœurs jumelles qui un jour répondent à... Enfin, mes parents voient une annonce passer, je ne sais plus, sur France 3 ou un truc comme ça. Elles font un petit casting, elles sont prises. Elles ont, je ne sais plus, 15 jours de tournage, ce qui est quand même beaucoup en termes de tournage dans le nord de la France. Et moi, je sèche les cours, je pense, une fois et je vais sur un plateau de cinéma. Je me dis tiens c'est quand même marrant, il y a des gens qui sont payés là, qui s'amusent et ils sont là en train de jouer et raconter des histoires. Et ça, ça allume une petite lumière encore une fois, les déterminismes, de dire quelle était la probabilité pour que, je ne sais plus comment, c'était un ami de ma mère qui voit une annonce, il y a des jumelles, on recherche des jumelles et ainsi de suite. qu'est-ce qui fait que quel est l'empilement des choses qui fait que je me retrouve sur un plateau de cinéma et qu'au moment où je me dis je ne vais pas faire du tout la voix que Prépa et compagnie en fait là je ne sais pas,

  • Speaker #1

    je me dis que le cinéma ça a l'air marrant tu n'es pas du tout d'une famille d'artistes je crois que j'ai lu dans un papier de reporter que ta mère est juriste et que ton père a la tête d'une petite boutique d'électronique ouais mon père est bricoleur dans le monde du cinéma,

  • Speaker #0

    des artistes et des films mon grand-père avait juste été il avait il avait Et ce que ça traînait dans l'air, il était co-scénariste pour des films genre Angélique ou des choses comme ça, des vieux trucs quoi, mais il n'a pas du tout fait une carrière. Par contre, il était très littéraire et je pense que c'est lui qui m'a aussi fait lire beaucoup de choses et qui m'a donné le goût de la lecture. J'ai beaucoup lu quand j'étais petit.

  • Speaker #1

    Et alors du coup tu vas faire des études de cinéma, d'abord une école de cinéma à Cherbourg et ensuite une fac à Paris VIII. Quel souvenir tu gardes de ces années parce qu'on est très loin de l'univers maritime, j'imagine ton univers de départ ?

  • Speaker #0

    Ce qui est drôle c'est que, tu vois, en fait j'ai un peu un, je sais pas si c'est un défaut, mais je suis hyper, quand je suis focus sur un sujet j'y vais à fond. Et tu vois je passe un an à Cherbourg. Je ne mets pas les pieds sur un bateau. Alors que je suis au port de Chantraine, je vois qu'il y a plein de choses possibles. La rade, elle est géniale en plus pour naviguer. Maintenant, je l'ai découverte bien après, mais je n'ai pas mis les pieds dedans. Donc moi, je découvre le cinéma, je découvre un truc, une casquette qui, je pense, m'a bien plu aussi au moment où j'ai commencé à faire du bateau. C'est que j'aime bien toucher à tout. Et donc, en fait, la formation que je fais, parce que je me dis, OK, je vais raconter des histoires, donc je veux devenir réalisateur. Il faut que je sache. Ça, c'est une des caractéristiques. L'intérêt que j'ai, c'est que j'aime bien connaître un peu tous les corps de métier. Donc j'ai été faire du son, j'ai été faire du montage, j'ai été tenir des projecteurs, de jouer la comédie, j'ai été faire un peu tout. Et ça, on le retrouve, toi, le côté multi-casquette, quand t'es skipper, t'es obligé de le connaître. donc non pour moi c'est une année de découverte qui est génial paris 8 c'est un autre une autre ambiance c'est saint-denis c'est pour moi je pense la découverte de à l'époque j'y comprends rien mais c'est je pense que c'était une fac qui est très engagé politiquement très à gauche très à gauche il y avait des mouvements contestataires des mouvements étudiants et moi je voyais ça d'un oeil enfin j'y que j'y comprenais pas grand chose à l'époque mais mais ça enfin mine de rien tu vois j'ai vu des films J'ai eu des profs qui étaient incroyables là-bas et ça nourrit je pense aussi ma curiosité et mon éveil culturel, ça c'est sûr. Et après je me retrouve à faire un stage fin d'études de licence de cinéma. Je prends à l'époque, il n'y a pas beaucoup de réseaux, je prends un annuaire en ligne. Ça c'est quand même rigolo quand même. Je me suis dit tiens OSS ça m'avait fait marrer, je vais voir qui a produit OSS. Je trouve le nom de la boîte, je vois un mail, j'envoie un mail, un CV, j'envoie trois CV. Et on me dit venez on cherche un stagiaire et je me retrouve sur un film. Voilà un film avec Bernard Campant. et c'était marrant quoi et d'un seul coup balle de fil en aiguille après tu te retrouves à enchaîner des tournages à dire oui à dire oui à dire que bon moi qui connais pas du tout mieux du cinéma

  • Speaker #1

    c'est très hiérarchisé le monde du cinéma c'est très hiérarchisé il y a un troisième assistant réalisateur deuxième assistant il doit y avoir un premier assistant puis le réalisateur ouais c'est quasi militaire c'est vraiment c'est très mais alors du coup tous les gens ne connaissent pas forcément les films sur ta fiche LinkedIn je vous conseille d'aller voir parce qu'il y a tous tes films il y en a plein de films en plus avec juste le titre donc il reste du jambon les yeux de sa mère qui est un peu plus connue la chance de ma vie gigolac etc il y a un

  • Speaker #0

    si je pense c'était deux dont je suis fier c'est d'avoir bossé un peu avec jacques odier dans la rue guédos voilà exactement et je pense que mon meilleur souvenir ton âge c'était qu'est d'orsay un film de bertrand tavernier qui là pour le coup était une vraie leçon de cinéma et j'ai adoré faire ça et puis le dernier film sur lequel j'ai vraiment travaillé c'était camelot où là j'étais juste assistant accessoiriste et ça c'est le dernier film que j'ai sur lequel j'ai travaillé en 2000 tu as travaillé sur la série de france de 10% 10% et alors tu le racontes et c'est très très drôle tu l'auras que tu racontes le

  • Speaker #1

    le tournage de la pub Dior avec Charlie Stéron dans le livre je vous conseille vraiment de lire ce passage où en fait tu dis que personne ne veut lui parler parce que c'est une méga star et un jour tu dis bon ouais il faut aller bosser c'est l'heure elle t'engueule et puis en fait tu dis mais moi ma réaction c'est de rigoler en fait tu vois il y a aussi ce côté de

  • Speaker #0

    désacraliser les choses et en fait oui c'est un milieu on cultive le star system et plein de choses mais il y a un moment en fait ça reste des êtres humains c'est dans ma galerie du palais des glaces à Versailles et là je sais pas si vous voyez la pub à les faire vous la décrire elle est dorée et donc toi tu es en fait vous devenez copains parce que tu l'as parlé normalement quoi bah oui je résume assez parce que je rigole avec elle parce que je lui tiens son sac à main elle me dit que qui me va très bien que je devrais le garder alors c'est un truc qui coûte 50 mille euros fin c'était c'était absurde mais c'était c'est ça qui était marrant dans le cinéma c'était c'était des moments de vie mais comme dans la course au large c'est des choses absurdes fois de là j'imagine que les tous les toutes les équipes qui se retrouvent à new york pour l'avoir vécu c'est des moments assez intense et qu'on vit rarement mais au delà de tout ça il y a un truc un peu absurde là dedans de se dire qu'est-ce qu'on est en train de raconter je t'amène là dessus parce que du coup dans le cinéma il y a un premier désalignement en fait ma vie est une succession de de rails qui s'écartent mais oui en fait c'est à chaque fois tu dis je rêve de quelque chose et puis en fait je viens le tester j'en touche les limites et il y a un moment je vais aussi me... me dire que je suis pas d'accord. Je me disais, si j'étais resté dans le cinéma un peu plus longtemps, je pense que peut-être que j'aurais eu le même virage écologique, tu vois. Et peut-être que ça aurait peut-être fait moins de bruit, mais il y a un moment, tu vois, le cinéma n'est pas propre du tout. Il y a plein d'assauts qui bossent dedans pour essayer de faire des choses. Il y a des scénaristes qui bossent dessus. Enfin, le mouvement est en train de se transformer. Et tu dis, en fait, que je sois là à faire du bateau ou ailleurs. Bah moi j'aime bien poser des questions et quand je suis pas d'accord bah je le dis et je sors et voilà quoi.

  • Speaker #1

    Donc on va avoir méfiance sur le prochain secteur dans lequel tu vas aller bosser. Enfin en tout cas voilà tu le racontes dans le livre, moi je me suis dit tiens déjà, déjà et donc du coup tu vas quitter le cinéma, enfin progressivement aussi, tu vas y revenir de temps en temps. Mais donc on voit que t'es déjà quelqu'un qui quand t'es pas aligné avec l'endroit où t'es bah tu...

  • Speaker #0

    Oui bah ce qui me choque dans le cinéma... Je pense qu'un des derniers gros films que j'ai fait en entier, c'était un film de Valérie Lemercier, qui pareil, Valérie, elle a une image de sympathie, elle est drôle, tout ça. Je n'ai aucun ce que je peux lui dire, son tournage était horrible en fait. C'était vraiment... tout mettre en œuvre pour les... Comment dire ? C'est quoi le mot ? C'est les exigences. De dire, tiens, moi je veux ci, moi je veux ça. On fait des heures sub, j'ai de l'argent, donc on peut payer. Donc on ne respecte pas les contraintes salariales, les heures et tout ça. Et moi, je n'étais pas du tout d'accord avec ça. Il y a un moment où on respecte aussi les gens avec qui on travaille. Et en fait, sous couvert de... Ah oui, mais après, vous pourrez dire que vous avez bossé sur tel film, il y aura de la reconnaissance et tout. Comme ce qui se passe en... à voile parfois, de dire tu vas avoir un taf de merde, tu vas aller gratter et poncer des trucs, mais ça va, tu auras le droit de monter sur un bateau, tu auras le droit de faire une nave. Non, je suis désolé, il y a un moment où il faut que... Si on est humain dans une équipe, on ne fait pas ça, on n'exploite pas les gens. Donc moi, il y a un moment, c'est ça aussi qui m'a gêné, ce décalage entre l'argent et l'énergie qu'on met au service d'une oeuvre qu'on va produire, et de se dire que cette oeuvre, quelles sont les valeurs dont elle fait la promotion. Enfin voilà, comme tu l'as cité, j'ai un paquet de films sur lesquels j'ai bossé. J'en suis pas fier du tout. Mais à un moment, c'est un peu la routine. Et c'est ça qui était un peu triste pour moi. Un moment, c'était de rencontrer des techniciens et des techniciennes qui ne lisaient même plus les scénarios. Il y a un moment, quand tu fais un métier par passion, t'as quand même envie d'être dedans, t'as envie d'aimer ce que tu fais. Et il y a un moment, je pense que si toi, dans la voile, j'ai commencé à avoir ça. Des gens qui... Ouais, bah c'est comme d'hab quoi. Et toi, tu perds le côté un peu magique, tu t'es usé, t'as fait 20 fois la solitaire du Figaro, que t'en fasses une de plus ou de moins, c'est toujours pareil. Et tu te dis, bah non, on va peut-être garder un peu d'énergie. Enfin, si voir des dauphins et un coucher de soleil, ça te fait plus rêver, et t'es juste blasé parce que t'es 15ème, et bah pour moi, il y a un problème, tu vois. Si tu peux plus être encore émerveillé par la beauté des choses et la raison première pour laquelle tu fais cette chose-là, C'est qu'il y a un moment où il faut se poser des questions.

  • Speaker #1

    Il y a encore plein de gens qui sont émerveillés par ça. Moi, les... Alexis Loison dans... dans ce micro il y a quelques semaines lui c'est presque l'inverse juste parce qu'il adore ça et que justement il parle des dauphins des levées de soleil c'est aussi encore le carburant de beaucoup de gens ce qui est un peu dur et je pense c'est pas la faute de

  • Speaker #0

    tout le monde c'est la faute un peu du système en lui-même si on a vraiment quelqu'un qui veut se construire une image de guerrier, de brut qui va gagner, qui va tout défoncer Si d'un seul coup il prend une vidéo en disant Oh c'est vraiment très joli, c'est vraiment mignon en fait il va se mettre à un filtre, il va s'auto-censurer. Et aujourd'hui, moi je suis désolé mais... véritablement moi j'ai vraiment je me suis désabonné de toutes les pages de voile j'ai fait vraiment une coupure énorme et quand je revois parfois des petites interviews ou que j'ouvre un magazine je suis choqué par le vocabulaire employé le champ lexical guerrier de voir à quel point on se dit qu'on va dominer qu'on va se battre, qu'on part au combat c'est plus de la performance et à un moment en fait on cultive ce truc là et que ce soit Que ce soit les journalistes, que ce soit les spectateurs, il y a un truc un peu malsain où on tire tout ce... Enfin, je veux dire, tu vois, tu me dis qu'Alexis, il a envie de raconter tout ça. S'il se met à faire de la poésie, tu peux être sûr qu'il va se faire chambrer. Alors que moi, je rêverais d'entendre la poésie d'Alexis Loison. Vraiment, je serais très heureux.

  • Speaker #1

    T'es pas obligé de le verbaliser mon propos était plutôt de dire que vu tout ce que j'ai entendu et toutes les questions que j'ai pu poser, je pense que c'est notamment la beauté des éléments et être dans la nature, c'est un carburant central chez beaucoup beaucoup de gens.

  • Speaker #0

    C'est ça, mais je pense que ça se fait dominer par justement un moment où il faut avoir un sponsor il faut gagner, il faut avoir de l'argent, il faut en vivre et en fait ça, ça vient un peu bouffer l'âme qu'on a en nous de se dire c'est ça qui nous motive.

  • Speaker #1

    On va y revenir au fil du temps mais ta grande question, qui est une hypothèse centrale et qui fait tomber l'édifice, c'est que tu remets en cause même le concept de performance, et donc de sport. C'est là où c'est intéressant.

  • Speaker #0

    J'ai essayé justement de me poser des bonnes questions et de me dire en fait, c'est quoi la... Aujourd'hui, quand tu dis performance, c'est vitesse. On associe la performance à la vitesse. Et je pense qu'il faut qu'on... Il faut qu'on... Enfin, il faut qu'on questionne tout ça. Il faut qu'on questionne ces choses-là. Aujourd'hui, on est à une période où... Ben voilà, on est en train de se questionner sur le féminisme, sur plein de choses, et on est en train de balayer, de faire peau neuve, de regarder un peu ce qui se passe. Et aujourd'hui, le mot performance, pour moi, il veut... Si c'est que la vitesse... On n'a pas le droit de se cacher derrière la performance. Il peut y avoir de la performance sur plein de domaines. On pourrait parler, là c'est ce que je développe dans le livre, mais on peut donner plein d'autres adjectifs à la performance, de la performance humaine, de la performance sociale, de la performance éducative, de la performance utile, de se dire qu'est-ce qu'on fait, est-ce que c'est utile, le transport de marchandises. En fait, il y a plein de choses qu'on peut questionner. et la performance en elle-même, il faut...

  • Speaker #1

    Mais au-delà de la performance, ce que tu remets en cause, j'ai l'impression, quand je te lis, c'est le concept même de compétition. Parce que, mettons qu'on dise, on va injecter de la performance RSE dans une prochaine Transat. Les équipes, parce qu'elles sont structurées comme ça, et parce que c'est ce que les GPC font leur fixe, elles vont optimiser cette partie-là de la performance. Donc, je ne sais pas, je vais inventer, mais plutôt que de mettre... On leur dit, il faut transporter... 50 kg de café. Bon, je suis sûr, certain, et si j'étais compétiteur, je le ferais, et toi aussi, on va peser précisément à 50 kg, on enlèvera les grains de café supplémentaires, et on va optimiser la performance. Donc ce qui est intéressant, et ce qui pour l'instant dans ma vie est insoluble, c'est que toi tu remets en cause le concept même de sport, d'affrontement sportif.

  • Speaker #0

    J'ai été m'interroger encore plus loin là-dessus, parce que... C'est vrai que c'est un peu une hypothèse que je fais, de me dire que l'être humain, ça fait 300 000 ans qu'on est sur Terre. Il y a quelques années, on s'est dit qu'on allait arrêter de tuer nos voisins. Je croise quelqu'un, je n'ai plus le droit de tuer quelqu'un dans la rue juste parce que ça me chante. Il y a des choses qu'on a laissées derrière nous. L'évolution fait qu'on avance et qu'on laisse derrière nous des pratiques qu'on considère plus bonnes. Et ça, l'histoire en est truffée. Et effectivement, je pense que, bon là c'est des questionnements plus d'ordre philosophique, c'est de se dire, est-ce qu'à la place de la compétition, on ne va pas plus vers la coopération ? Et c'est pour ça que je questionne aussi notre rapport à l'éducation. Mais là, effectivement, on vient toucher des choses qu'on nous donne depuis qu'on est tout petit. Je veux dire, il y a un moment, dès que t'es... Je sais plus à quel âge on commence les notes à l'école, mais il y a un moment où on fait un classement. Il y a un moment où on te dit, toi t'es bon, toi t'es pas bon. Et on va te mettre des critères pour te juger. Alors qu'en fait, il y a plein de gens qui ne rentrent pas dans ces cases-là. Et c'est complètement, pour moi je pense, une source de... de frustration, une source de beaucoup, beaucoup, beaucoup de mots. Tu vois, la compétition, la vocation d'une entreprise, je n'ai pas fait d'études d'économie, tu vois, j'ai l'impression de m'ouvrir encore un peu à tout ça, mais la vocation d'une entreprise, c'est quand même de gagner des parts de marché, c'est quand même d'exister, on te dit qu'il faut toujours croître, qu'il faut toujours, enfin, si tu peux aller bouffer quelqu'un, c'est bien, quoi. Il y a un moment, peut-être qu'il faut se dire aussi, moi, ce qui me rend un peu fou là-dedans, c'est qu'il y a un peu un côté de... C'est comme si on était avec un arbre qui pousse, et en fait on est en train de grandir, grandir, grandir, et on a des fruits qui sont de plus en plus lourds, et maintenant nos branches vont casser. Et moi j'ai envie de me dire, mais en fait... Peut-être qu'il y a une histoire d'échelle là-dedans, de se dire comment on fait pour vivre tous ensemble, comment on fait pour coopérer, et la nature est blindée d'exemples. Effectivement, on nous dit toujours, oui, mais c'est dans notre nature d'être compétitif, c'est le plus fort qui va manger le plus faible, et compagnie. Ouais, mais c'est une partie du vivant. Quand on regarde, t'as plein, plein, des milliers d'exemples où t'as des espèces qui interagissent ensemble en symbiose et qui ont besoin l'une de l'autre. Et donc, ce que je dis, c'est que le réflexe qu'on a... Je pense que la compétition, c'est l'ersatz d'un réflexe guerrier, de dire que c'est les jeux du cirque, on mettait des gens ensemble, on a gardé des stades, on compte les points, on a besoin. Et c'est ça qui est super dur. Et c'est là où c'est venu me heurter à mes histoires de cinéma. C'est qu'aujourd'hui, moi le premier, j'ai grandi là-dedans, et je me pose beaucoup la question, on a besoin d'avoir des enjeux. Aujourd'hui, quand tu écris un scénario et que tu vas voir un producteur, Si t'as pas des enjeux narratifs qui sont très clairs de dire il se passe ça, là il y a un énorme problème et puis la personne va tout faire pour le résoudre et puis elle va se démener ciel et terre pour le faire et il faut qu'il y ait une résolution et tout ça, tout ce schéma-là d'enjeux, comme là il y a une course en bateau, il faut qu'il y ait un gagnant, il faut qu'il y ait un perdant, en fait il y a un moment, est-ce qu'on n'essaye pas d'élever notre niveau de conscience et de se dire qu'à l'opposé du sport, tu vois, t'as des... des pratiques, je découvre le yoga, des choses comme ça, c'est cliché ce que je dis. C'est ça qui est dur, c'est que dans tout ce mouvement, il ne faut pas tomber dans le cliché de la démarche hippie, c'est pour ça que je veux qu'on garde l'effort. Par contre, j'ai une proposition que je fais, et il faut que je me l'applique à moi-même, c'est de me dire que j'adore courir, j'adore faire des trails et tout ça. Mais qu'est-ce que ça vient m'ajouter d'être classé ? je sais que je ne vais pas gagner, je n'ai pas les capacités de gagner, mais pourquoi je ne refuserais pas juste le classement et je prendrais les choses pour ce qu'elles sont, de me dire... Tu vois, l'exemple, il est vraiment frappant en mini.

  • Speaker #1

    Justement, en Milly et même dans le Vendée Globe, il y a des gens qui participent à la compétition sans pratiquer la compétition, juste pour finir. Et c'est même d'ailleurs, en tout cas chez les Milly, c'est même la majorité.

  • Speaker #0

    Oui, et puis le classement est anecdotique.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Mais ce que je trouve qui est malsain là-dedans, c'est qu'on continue à surfer sur des anciens schémas, sur le côté... La presse va parler des trois premiers et on ne fait pas… Oui,

  • Speaker #1

    mais pour reprendre l'exemple des minis, il y a peu de coureurs en mini à part les, on va dire, les 20 premiers qui ont un objectif de carrière, qui ont des sponsors et tout. La plupart des autres sont autofinancés ou financés rémunéralement et…

  • Speaker #0

    Mais là, tu viens de mettre un mot, tu viens de mettre le mot finance

  • Speaker #1

    Oui, mais je soulignais le fait qu'il y a quand même une partie et c'est même… dans toutes les courses quasiment, en tout cas la deuxième moitié, est moins dans l'enjeu économique, carrière et performance que les autres. Mais par contre, ils ont besoin d'un cadre sportif pour le faire.

  • Speaker #0

    Je pose la question de manière très ouverte. Est-ce que c'est complètement ok de se dire qu'un sport peut être professionnel ? Je pose la question. Je pose la question très ouvertement. De se dire, est-ce que... Moi, je pense que là où ça... tu vois je connais pas toute l'histoire vraiment je suis pas un expert de la course au large mais je me dis vraiment que les premiers qu'on fait de la course ma vision que j'en ai c'était que c'était quand même des punks c'était quand même des mecs qui tu vois qui vivaient sur leur bateau qui partaient faire des trucs et on comprenait pas ce qu'ils faisaient enfin je veux dire les premiers qui partent en solitaire Francis Lacombe et compagnie enfin leurs histoires elles sont folles moi Tessier c'est complètement fou et il y a un moment tu te dis mais là il y a Pour moi le twist il arrive je pense dans les années 70, Tabarly qui gagne, la vision quand tu vois que Tabarly a descendu les Champs-Elysées, d'un seul coup c'est médiatique. Donc forcément d'un seul coup si c'est médiatique ça attire quoi ? Ça attire des gens qui se disent ah bah tiens on peut peut-être s'associer à… et d'un seul coup, toi t'aimes juste être sur l'eau, on a ce plaisir de vouloir jouer et on te dit attends ça vous dit que je vous paye pour faire ça ? forcément c'est humain et tu dis ouais ouais, allez-y, donnez-moi et en fait pour moi, du moment qu'il y a un investissement qu'il y a quelqu'un qui met de l'argent là-dedans ça entraîne un cercle vicieux qui est fou parce que t'investis, derrière qu'est-ce qui se passe, on espère des retombées et le système...

  • Speaker #1

    Justement, il y a toute une partie des pratiquants et singulièrement dans les années 70,

  • Speaker #0

    où il y a peu de gens qui investissent voire c'est même auto-financé c'était encore soutenable je pense à cette époque-là et je pense qu'aujourd'hui tu vois... enfin il n'y a pas de limite aujourd'hui tu fais un jeu vers les budgets enfin quand tu fais là dans le dans le ce qu'on appelle le tier one quoi ouais mais chez les autres oui mais le problème c'est que qui est ce qui tire qui est ce qui tire là là qui est ce qui tire le jeu qui est ce qui écrit les règles en fait c'est ce que je disais tout à l'heure c'est que ces quelques grosses écuries qui malgré elle parce qu'elles ont des envies de pour le coup je pense que c'est complètement des égotripes de dire on veut être les plus rapides, on veut gagner, on veut tout ça, bah en fait ouais ça emmène tout le monde dans une direction où tu te fais happer et tu te dis bah en fait je suis là, j'aime bien faire du bateau, est-ce que tout le monde s'est posé la question de savoir vraiment pourquoi on fait du bateau ? Bah ça je sais pas, ça c'est chacun avec soi-même, très bien, mais par contre je suis désolé, je pense que c'est hyper violent pour moi aussi, tu vois quand je suis persuadé que dans le Vendée Globe il y a plein plein de... de femmes et d'hommes qui rêvent de faire ça et qui s'en fichent de gagner mais par contre ils viennent cautionner en fait toute une classe tout un organisateur tout un truc qui au final ne leur correspond pas tu vois effectivement je pense qu'il y a des gens qui veulent juste aller faire le tour du monde et c'est très bien et pourquoi c'est devenu aussi...

  • Speaker #1

    enfin les chiffres je sais pas si tu veux qu'on rentre dans les chiffres mais c'est du délire quoi surtout on est complètement sortis on en était à tes études de cinéma du coup là je vais faire moins Je vais faire mon coach et on va revenir. Parce que c'est le risque de cet épisode, c'est qu'on part tous les deux dans tous les sens. Mais on va quand même traiter les sujets au fil du temps. Si je reviens donc à ces années d'études de cinéma, parce que là, en fait, le risque, c'est qu'on fait un flash-forward.

  • Speaker #0

    Oui, oui, oui.

  • Speaker #1

    En avant, oui. Mais il s'est passé deux, trois trucs en trois temps quand même. Donc du coup, on revient dans les années 2000, pendant ces années de cinéaste, ou de troisième, puis de deuxième assistant réalisateur. quelle place prend la mer et la voile ? On t'a laissé à l'adolescence et dans ta jeunesse pratiquer la voile sportive plutôt pour la sensation. Quand tu deviens un adulte qui travaille, qui gagne sa vie, quelle place prend la voile ? Est-ce que ça évolue ?

  • Speaker #0

    Oui, ça évolue complètement. Et c'est ça qui est assez rigolo. En gros, un tournage, c'est à peu près trois mois. C'est un mois de bureau où tu prépares le tournage. Ensuite, c'est deux mois sur un plateau. Et en fait c'est très usant, c'est très fatigant, tu termines de ça un peu fatigué et souvent c'est très rare les gens qui arrivent à enchaîner les projets. Ça reste ce qu'on appelle l'intermittence du spectacle où c'est on-off et là pour le coup c'est assez proche parfois du bateau où tu travailles à fond pendant un temps et puis derrière tu as une période un peu avide. Et donc en fait moi je me retrouve... Entre temps, mes grands-parents sont décédés, mes parents achètent une maison à Fouinant, et moi je me retrouve à passer du temps off, à me ressourcer en Bretagne. Et là j'ai du temps, et là je me dis ouais, j'ai peut-être envie d'aller voir les glénans, après les moutons Et avec mon père, on achète un Sprinto, un dériveur de 6m60. pour l'anecdote c'est rigolo ce qu'on l'achète au père de nicolas d'estée que je ne connaissais pas donc du coup c'est un skipper de café joyeux ouais avec qui j'ai fait du classe 40 avec nico et donc je me retrouve à gérer un bateau un peu plus gros a commencé à le retaper et puis toi je suis un peu fasciné par la course donc je me mets à trouver une gva cornes je me mets à enfin c'est ça ça me fait marrer à l'époque toi je suis vraiment le je pense le fan qui regarde les à l'époque du début des réseaux à trouver ah bah tiens il ya tel bout de sursaut des sursauts des baux à bâtiens je trouve le même en truc et je suis je suis super content de me dire que j'ai le même bout de que ça des boss sur mon bateau tu vois c'est débile mais c'est des petits trucs qui font que et un moment tu dis ouais j'ai entretenu mon bateau je le mets à l'eau et là dans la bbam on rayon d'action il augmente un petit peu je vais je vais grand solitaire sur le brouet pas d'électronique rien je me retrouve à aller au glénan enfin j'apprends à aller au glénan tout seul Il n'y a pas de quilles, je me fais des frayeurs, mais c'était génial. C'est un bateau avec de doubles trapèzes, ce n'est pas fait du tout pour être sans solo, je mets un sans dos, un truc, et je m'éclate en fait. Et c'est là où je commence un peu à adorer aller sur l'eau. Je commence pareil à être en dehors, à naviguer en dehors des périodes de vacances. Donc je découvre aussi la navigation en septembre, en octobre, au mois d'avril, au mois de mai, au moment où je vois des bateaux. Mon petit kiff c'est d'aller voir les bateaux, les imokas ou d'autres qui s'entraînent. Je me mettais sur le canal VHF du pôle Finistère, je me démernais pour être à l'Inuen, et de voir ce qui se passait, ça me faisait marrer. Puis je commence à ce moment-là à faire des photos, à faire des vidéos. J'ai un souvenir que je raconte dans le livre à un moment, c'était dingue en fait, je me retrouve sur la ligne de départ à l'Inuen. et à bien c'est là c'est la perche qui est là c'est la cardinale sud qui a l'entraîneur qui marque le départ et l'arrivée de quasi tous les entraînements du pôle quoi et moi je comprends pas enfin je me je pense être au vent de tout le monde en fait au moment du start tout le monde se met à l'eau fait et là tu as bernard stam ta marque guimau et et à vincent riou je crois et et les trois me passe à côté et moi j'ai pas le temps de bouger ils sont tellement rapide que je me garde un cap et j'ai deux immoca qui me passe à 10 mètres l'un de l'autre ça des mecs à bord ils sont morts de rire parce qu'il me dévante, je suis en cacahuètes complète et par contre j'arrive à prendre une photo que je trouve magnifique où tu as les 3 bateaux avec des vrillages de voiles différents avec plein de trucs différents et cette photo je l'envoie à Voiles et Voiliers de manière un peu marrante en me disant ah bah tiens ça me fait rire et elle est publiée sur le site et je me dis waouh c'est quand même rigolo et

  • Speaker #1

    c'est très touchant il y a un moment tu racontes ta première nuit en mer

  • Speaker #0

    Ah oui ?

  • Speaker #1

    Et tu l'as fait au coffre en fait Ah bah oui Tu l'as fait au coffre Et tu es juste pour découvrir Ce que c'est que d'être

  • Speaker #0

    En pleine mer Et c'est drôle Parce que Nico Desté A passé sa première nuit en merde Dans le même bateau Mais dans le golfe du Morbihan Mais oui oui la première fois je me dis mais de toute façon j'ai pas de feu de nappe, j'ai rien du tout et je me dis il y a un moment tu vois je suis vraiment dans la démarche où je me dis ah tiens ils utilisent un jet bolt, j'achète un jet bolt, j'achète des lyophilisés, je connais rien à ce truc là et je tente l'aventure de me dire ok bah je vais déjà passer une nuit au mouillage pour voir et j'ai mon premier lever de soleil en mer c'est au mouillage dans la baie mais j'en ai un souvenir génial et franchement c'était une aventure...

  • Speaker #1

    voilà après j'étais plus loin mais alors à quel moment alors là il ya quand même une sorte de phénomène de d'autocombustion quoi tu te c'est toi qui te qui te qui te prends au jeu quoi ouais et à quel moment il ya de la poudre en plus où tu ou tu tu vas croiser tentant parler des tentants parler du monde des minimes parce que c'est ça qui va passer à l'émine et ça ce je

  • Speaker #0

    pense que ça arrive pour moi parce que je pense que je commence un peu avoir fait le tour du cinéma même au bout de seulement deux trois quatre ans tu vois Et j'ai un ami qui vivait à La Rochelle et qui me dit Ah tiens, j'ai vu des bateaux trop marrants. C'est la première fois que je suis une carte en 2011, quand David Raison gagne. Je découvre ce truc là et il n'y a vraiment pas grand monde sur les réseaux. Ça reste pour moi qui connaissait. Je n'avais jamais vu un départ de regard de ma vie. Vraiment, je n'étais jamais allé sur un ponton, je ne connaissais rien. Je commence à suivre des trucs et le peu de vidéos qu'il y a me fait vraiment complètement halluciner. Je me dis que ça a l'air trop marrant. Il y a un côté où je me projette parce que d'un seul coup je me dis que c'est la même taille que mon dériveur. c'est vraiment le même truc et je me dis bon bah si je suis capable de faire du dériveur comme ça si ça se trouve je suis capable de traverser l'atlantique et en fait pas du tout Et en gros, je pense que c'est l'émergence... Tu vois, les premières personnes que je suis sur les réseaux, je pense que c'est Tanguy le Turquet, qui au début faisait déjà de la bonne com' quand il va en Italie faire sa calife et tout, et je me mets à... Enfin voilà, d'un seul coup, c'est un monde qui s'ouvre de lectures, de découvertes, de blogs, mais je pense qu'à un moment, je pense que je suis tombé aussi sur toi, tes épisodes, sur plein de choses. Enfin, quand tu faisais le café de la marine, d'un seul coup, c'est devenu une espèce de bible. où je scrutais, mais je suis devenu un geek, tu vois, vraiment, mais comme tout le monde, je pense à un moment, tu as une phase d'apprentissage où tu veux tout découvrir, et en fait, quand tu es là-dedans et dans la découverte, c'est magique, parce que tu te rends compte que le milieu, il est énorme, et je pense qu'il... Ce qui est super dans notre sport, c'est qu'il est accessible. Quelqu'un qui a le temps, l'énergie et les moyens, déjà tu peux traîner sur un ponton et croiser un marin qui te fait rêver et tu pourras lui parler. C'est pas comme si tu étais à un centre d'entraînement de foot où tu ne peux pas parler aux gens. Il y a un côté qui est quand même très humain et ça je fais un aparté, mais il faut vraiment qu'on garde les villages d'épargne accessibles et non payants. Là quand j'entends certains bruits de ponton, ça me fait bondir que l'économie est le... le business commence à prendre le pas là-dessus, il ne faut pas faire ça. Il faut que ça reste quelque chose de joyeux. Et donc tout ça pour dire, je ne sais plus ce qu'on va dire.

  • Speaker #1

    Du coup, toi, tu es rentré là-dedans, justement. Les portes étaient ouvertes.

  • Speaker #0

    Les portes étaient ouvertes.

  • Speaker #1

    Et tu es dans cette phase-là au milieu des années 2000. Oui, 2011. Au début des années 2010, tu ingères, tu absorbes, tu es en train de devenir ministre.

  • Speaker #0

    Je suis les premières minis. Je découvre un peu les profils. La première fois que je me baladais, je vais à Tréboule. et là je tombe sur le port de Dornenay et je pense que c'était la prépa du map ou du fastnet et là je me dis mais c'est quoi ce délire et je me dis mais ça a l'air trop drôle et il y a un côté de moi parce que t'es tout seul jusque là t'as pas de copains qui naviguent c'est un trip solitaire jusqu'à maintenant j'ai juste des potes de vacances ça se lit bien dans le livre j'ai que des potes de vacances qui viennent de temps en temps faire un peu de bateau avec moi là-bas mais c'est tout et je connais personne du milieu et il y a un truc où Enfin je veux dire quand tu connais personne d'un milieu c'est hyper dur et ça pour le coup j'ai réussi à faire mon trou dans le cinéma et à un moment après j'ai réussi à faire mon trou dans la voile. Et je pense que tu vois j'ai utilisé la caméra et la photo comme une porte d'entrée et c'est vraiment comme ça que ça se passe pour moi. En 2013 je vois que ça navigue à Concarneau, je vois Pifou Darny qui bosse avec Bilou et qui prépare la mini 2013. Et ça commence, je lui envoie un message sur Facebook, je lui dis, moi j'ai besoin de cinéma, est-ce que tu as besoin de photos, de vidéos ? voilà quoi et ça commence comme ça et je viens ici chez kéros d'un secouche ouvre grand les yeux je vois des un mode 70 je suis dans les vidéos que je regarde en fait tu voyais à ce côté ah ouais ça existe vraiment tu es dans le décor que tu es dans le décor que je regarde mais c'est je suis dans le côté paillettes fin et un côté tu découvres tout ce qui fait rêver après ça dérape ça va déraper

  • Speaker #1

    alors restons restons dans cette phase là parce que du coup une fois que tu arrives là finalement ça va il arrive paris paris paris tu es là où c'est à 2013 je filme le départ de la de la mini à douarnenez qui était un départ magique parce qu'il partait au front et c'était magnifique et les couleurs incroyable tu suis pifou moi j'ai rempli en plus et pierre-françois dernier qui est aujourd'hui le directeur technique malidia après une longue carrière d'ingénieur et technicien dans les différentes équipes qui fait et qui fait la mini sur le

  • Speaker #0

    755 155 un assis rares et en fait c'est lui c'est lui ta porte d'entrée quoi c'est là c'est là où il met le tu mets le doigt dans l'engrenage il est ma porte d'entrée il fait rencontrer plein de monde et il me fait naviguer dans l'équipe de bilou ouais c'est lui qui fait la vie unique naviguer pour la première fois sur un mini et je fais vraiment juste le prologue et une sortie banque images avec lui et je pense qu'au moment où je vois le d'ailleurs ça c'est marqué pour moi je pense que le lendemain du départ de la mini J'ai une vidéo de moi qui me filme en me disant je ne sais pas comment je vais faire, mais je vais faire la mini Donc ça, on est en 2013 et je fais la mini en 2017. Et après ça, j'achète un mini en 2014. Je mets six mois. C'était une période qui était assez cool parce que je me suis mis à bosser l'hiver à faire du cinéma et je choisissais un peu les projets et je me gardais du temps l'été pour faire du bateau. Ça, c'était une période de transition qui était super, de dire je fais du bateau quand je veux, je reste hyper motivé à apprendre à faire plein de choses Mais ouais, je suis parti de loin, enfin je pensais pouvoir faire la mine 2015 en un an.

  • Speaker #1

    c'était pas du tout réalisable c'est des très très belles pages parce qu'on raconte rarement ces échecs et là tu montres bien à quel point tu t'es vu plus grand que tu ne l'étais les claques dans la gueule littéralement que tu prends les abandons alors il y a aussi tu racontes à quel point tu es malade en mer mais pas qu'un peu tu vas aller à l'hôpital des armées à Brest où il y a un centre qui essaye de rééduquer contre ce mal de mer et donc cette phase là qui est vraiment un témoignage maritime du ministre de base est très forte parce que tu t'es projeté dans un univers et tu te heurtes à la réalité encore une fois c'est qu'est-ce qu'on tu

  • Speaker #0

    vois quand tu regardes des vidéos de bateaux c'est rare les moments où on montre enfin après tu comprends un peu mieux quand tu penses que tu es dedans voilà c'est ça tu te rends compte qu'en fait c'est hyper dur de filmer les trucs dur et puis en fait il ya ce côté aussi de 2 on est là pour moi c'est ça qui est un peu un peu bâtard c'est qu'on est là pour vendre du rêve donc on va forcément va pas Aujourd'hui, tu vois, il y a quand même quelque chose de très malaisant, je trouve, quand tu vois des gens qui sont en course et qui se mettent à se plaindre, et qui sont Ah là là, j'ai cassé mon truc, c'est dur, ah là là... Tu te dis Attends, les gars, c'est vous qui l'avez choisi déjà, et ça, je ne suis pas le seul à le penser, on choisit cette solitude-là, on choisit cette difficulté, donc on n'a pas de raison de se plaindre, c'est quand même un putain de loisir hyper élitiste, donc on en a chié pour être là, donc il y a un moment, oui, on a le droit de dire que c'est dur, mais il faut quand même... dézoomer un peu et avoir les pieds sur terre de se dire qu'il y a des gens qu'on est vie horrible à côté surtout dans le monde actuel enfin je veux dire quand tu vois la quantité d'horreur qu'on voit tous les jours là on n'a pas le droit de se plaindre donc effectivement il ya un peu cette injonction à dire si vous êtes en mer bah c'est vraiment la génération instagram quoi c'est genre on te montre que ce qui est bien que ce que ce qui est beau donc là c'est l'anti instagram ouais moi je dis partie là est vraiment intéressant parce que je pense que j'avais jamais vécu en mer j'ai toi quand tu commences la voile à patois même à première temps J'avais quel âge ? J'avais 27 ans, quoi. 27 ans, c'est ma première nuit en mer. Quand tu vois qu'il y a un paquet de monde... Enfin, je veux dire, j'ai pas fait un tour de l'Atlantique à 3 ans ou à 4 ans, j'ai pas eu mon cerveau qui s'est accoutumé à tout ça, j'ai pas été câblé pour ça, en fait. Donc oui, la découverte, elle est rude, quoi. Mais il y a ce côté-là que... en fait qui me fascine, tu vois la dimension d'effort, de dire ok c'est dur mais j'y vais, et ça a été un des moteurs.

  • Speaker #1

    Oui, parce que ce qu'il faut raconter aussi c'est que ce goût de l'effort, tu l'as aussi par ailleurs, parce que tu cours énormément. tu fais du vélo, tu nages.

  • Speaker #0

    L'endurance m'intéresse.

  • Speaker #1

    Voilà, exactement. C'est l'endurance, c'est le terme que je cherchais. Parce que quand tu parles de goût de l'effort et l'effort que tu essayes de décrire et qui arrive par le sport aujourd'hui, mais qu'on pourrait être ailleurs, tu le racontes bien. À quel moment, dans cet apprentissage, dans ces coups qui te tannent un peu le cuir et qui font que ton projet en deux ans, c'est quand même un peu sport, il va se faire en quatre ans. À quel moment, par contre, tu découvres ce que tu racontes assez bien dans le premier chapitre du livre, qui est le... la beauté de la mer et d'être en mer et le tempo particulier que tous les gens qui courent et notamment en solitaire et qui vont loin et qui sont quand même contraints par les règles vivent à partir de quel moment tu découvres ces sensations là

  • Speaker #0

    je pense que c'est quand je me mets un peu moins de pression quand je me dis après 2015 j'abandonne sur le fast net pour une connerie et je me dis en fait là ça le fait pas d'un seul coup je me mets moins de pression je vais prendre le temps de faire les choses bien je vais prendre le temps de faire ma calife d'en profiter et de voir en fait moi c'est ce que je dis ce qui est magique sur un bateau c'est justement la privation le côté auto-sobriété c'est à dire Bah ouais, je vais manger des choses qui ne sont pas forcément hyper bien cuisinées, je vais avoir froid, je vais avoir faim, je vais mal dormir, mais en fait le côté privation, il vient embellir, et je pense que là pour le coup il y a des ressorts physiologiques qui font que... Moi, je n'ai jamais pris de drogue de ma vie, mais je pense qu'on s'en rapproche très fortement. Il y a un côté... Le côté manque de sommeil fait que tout devient plus beau. J'avais fait un petit documentaire qui s'appelait La Mini en question. Franchement, s'il y a des minis qui écoutent ici, je pense que dans ce... J'avais interviewé en 2015 quasiment une trentaine de minis qui partaient et tout le monde le décrit, en fait, ce côté... C'est parce que c'est dur que c'est beau. Si t'as le confort, ça ne marche pas, tu vois. Et je pense que c'est ça qu'on vient chercher. C'est là où ça vient encore plus questionner le truc. Ça veut dire qu'est-ce qu'on a vraiment besoin de tout l'attirail ? Moi, je rêve, par exemple, de me dire... Là, je me concentre sur autre chose en ce moment, mais de me dire qu'à un moment, est-ce qu'on ne ferait pas un format de course, un dériveur de 5 mètres ? Un truc que tu fais, tu pars de Dunkerque et tu dois arriver à Handaï, pas d'électronique, mais je suis sûr que la nave elle est plus dure, elle est plus technique qu'un Vendée Globe, parce que tu vas en chier, tu vas avoir froid, tu vas pas dormir, enfin je veux dire, ces trucs-là, comme tu le disais tout à l'heure, moi ce qui me faisait marrer c'était le côté glisse et le côté contact avec les éléments, je suis sûr qu'en fait ce truc-là je pourrais le retrouver sans être forcément sur un bateau de 18 mètres qui va à 25 nœuds.

  • Speaker #1

    Et sans éventuellement le cadre de la course. C'est là où c'est... Est-ce qu'on a besoin du cadre de la course ? Là, on est en train de redériver, mais allons-y.

  • Speaker #0

    Je ne sais pas si on a besoin du cadre de la course, très honnêtement.

  • Speaker #1

    Parce qu'en fait, c'est quand même ça le truc fondamental. C'est que... autant de gens iraient faire un tour du monde en solitaire sans escale s'il n'y avait pas un cadre réglementaire mais aussi sécuritaire mais aussi médiatique et les gens qui le font en dehors de ce cadre là ils sont très peu nombreux j'ai un pote là

  • Speaker #0

    Victor que peut-être certains d'entre vous suivent maintenant qui a lancé l'expédition Captain Darwin qui est super sympa qui a été bien en galère au bout de l'Amérique du Sud qui a échoué son bateau et qui a fait un buzz incroyable et Victor quand il a lancé son projet juste après le confinement Il avait eu cette formule parce qu'il y avait Grégoire Chéron qui lançait son projet mini, et ils sont très potes et ils ont lancé ensemble le truc. Et ils avaient un peu... J'ai beaucoup aimé cette formule de dire, en fait, Grégoire, qui partait sur la mini, allait dans une version franchisée. En fait, aujourd'hui, tout est balisé. Si un jour tu veux faire le Vendée Globe, on sait que tu dois passer par certaines étapes. La mini, c'est bien de le faire. Le Figaro, si tu peux, c'est mieux. Le classe 40, c'est chouette parce que tu découvres d'autres efforts, d'autres trucs. tout est cadré, même le Vendée Globe aujourd'hui, tu l'as dit le mot, c'est sécurisé un petit peu, on sait où on va, ça reste exceptionnel, parce qu'effectivement il n'y a pas tant de personnes qui l'ont fait, mais on sait où on va, on sait les matériaux, on sait plein de choses. Aujourd'hui si tu lances une expédition d'un gars comme Victor qui va dans les canaux de Patagonie, ça reste encore beaucoup plus aléatoire. Et donc je pense qu'aujourd'hui on devrait garder. Je ne sais pas quel mot mettre là-dessus, parce que c'est à réinventer, mais ce qui est beau dans la compétition, et ça je le dis bien, je pense, et j'ai mis les mots là-dessus, c'est qu'on se fixe une date de départ. On se fixe une date de départ, et puis il y a des gens qui y vont ensemble. Et en fait, c'est ça qui est beau, c'est que ça crée de l'émulation. Déjà, tu as une raison de t'entraîner, tu as une raison de tout, en fait. D'un seul coup, tu es drivé par quelque chose, et puis tu vas t'entraîner, tu vas coopérer. tout ce que je disais tout à l'heure, le chemin est vachement plus beau tout l'apprentissage que j'ai fait avec tous les ministres ce qui est beau c'est qu'on est tous ensemble à découvrir tu ne l'aurais pas fait si tu étais parti dans une expédition tout seul si tu pars tout seul tu perds un peu de ce côté là ce côté très humain, social c'est tout ce qu'on doit amener là-dedans et le côté compétition il cloisonne en fait le côté compétition pur et dur de juste dire le seul intérêt c'est de gagner en fait il vient occulter tout le partage tout le... Enfin, c'est vraiment, même si... Tu vois, moi j'ai découvert en écrivant ce livre la différence vraiment entre la collaboration et la coopération. Collaborer, c'est... Tu vois, les gens au sein de la classe OIMOKA, ils collaborent. Mais par contre, ils sont pas coopératifs. Ils sont pas dans l'échange horizontal. C'est genre, oui, on est d'accord pour aller dans la même direction, oui, mais chacun le fait de son côté. Et on est d'accord, on va se batailler pour mettre des règles en place, mais on va pas être dans la coopération. Alors que, tu vois, ce qui est beau, je pense que... Et c'est là où il faut qu'on s'inspire d'autres sports. Parce que... Que ce soit dans le vélo ou dans notre trail, il y a des courses en vélo, en gravel, où il n'y a pas de classement. Tu le fais, tu es finisher, bravo, mais on ne vient pas tirer la gloriol et dada.

  • Speaker #1

    Dans la mini, ils collaborent ou ils coopèrent ?

  • Speaker #0

    Bah il y a de la coopération mais de moins en moins. Je pense qu'aujourd'hui, voilà, tu disais tout à l'heure, je pense que la mini est en train de prendre une dérive. Là, ils sont en train de se réveiller un peu, j'ai l'impression. Ecoute, c'est moi qui le dis, je pense qu'il y a un moment de faire de la spéculation et de dire qu'il y a des bateaux d'occasion qui sont vendus plus cher et… Ils viennent radicalement d'arrêter.

  • Speaker #1

    Voilà. Puisque là, ils ont décidé d'interdire la construction de nouveaux bateaux.

  • Speaker #0

    Et bah ça c'est bien. Mais voilà.

  • Speaker #1

    Pour avoir été longtemps en ministre, tout le monde le sait, tous ceux qui l'écoutent régulièrement, ça je pense que c'est plutôt un exemple de coopération. notamment quand tu as été administrateur de la classe il y a des frictions mais toujours une structure où la coopération est obligatoire c'est un goal cause tu vois là dessus tu fais des ce que je veux dire c'est que du coup souvent je pense que j'ai fait du classe 40 aussi il y a une partie de la classe 40 où ça coopère et une autre où ça collabore c'est là où je pense que les organisations si j'avais un reproche à te faire dans les descripts que tu fais c'est le côté plutôt monolithique je pense évidemment que les situations ne sont pas noires ou blanches elles sont dans une infinité de liens de gris même en IMOCA je pense qu'il y a des gens qui coopèrent il y a des gens qui font ça très bien mais comme je disais le

  • Speaker #0

    truc qui est dur c'est que c'est drivé par ceux qui aujourd'hui se comptent de l'argent et du pouvoir ont quand même plus d'influence et ils emmènent un peu tout le monde dans un truc où il y en a plein qui n'aimeraient pas y aller enfin aujourd'hui Aujourd'hui, moi je suis choqué de voir qu'en mini, avec le budget que j'avais déjà il y a 7 ans, Et bien je ne suis pas sûr que je pourrais faire. Enfin je veux dire, il y a un moment qui... Enfin, si on fait une pause là et qu'on dézoome un peu, quand tu vois un peu le profil des navigants en mini aujourd'hui, il est bien loin des navigants de 77 je pense tu vois. Et est-ce que c'est bien, est-ce que c'est mal ? On n'est pas là pour juger. Mais par contre de se dire, enfin qu'est-ce que ça dit de nous en fait, de notre sport et à un moment ça serait peut-être bien aussi qu'on... Enfin tu vois, de parler d'accessibilité et d'inclusion. on est quand même tous un peu le même profil enfin toi à ce micro je pense qu'on est tous un peu enfin voilà là il y a un autre concept qui me tient très à coeur c'est le concept de la pyramide de Maslow de dire qu'en fait nous on est en haut de la pyramide tu vois on est dans du loisir donc la pyramide de Maslow c'est les besoins fondamentaux en gros l'espèce humaine on a besoin d'avoir les besoins physiologiques, se nourrir se loger, c'est la base ensuite il y a la sécurité de ce de... pouvoir créer un foyer, et puis ensuite, t'as l'estime de soi, l'accomplissement, et au-delà de ça, après, t'as vraiment le petit truc en plus, c'est vraiment l'accomplissement personnel.

  • Speaker #1

    Donc c'est la pointe de la pyramide.

  • Speaker #0

    C'est la pointe, et elle n'est pas nécessaire, elle n'est pas essentielle à notre survie. Mais c'est ce que je dis dans le livre, paradoxalement... si on était juste réduit à être juste à travailler à se nourrir et tout ça on se ferait quand même rapidement chier et heureusement qu'on a des choses à défendre heureusement qu'on a la culture, heureusement qu'on a le cinéma la musique et le sport en fait partie mais pour moi toutes ces choses là qui j'aime bien cette formule que j'ai trouvée de dire que la beauté de l'inutile a toute sa place à condition qu'elle soit soutenable c'est la moins dernière phrase de ton livre ouais et je l'aime bien parce que pour moi c'est vraiment le fond du propos c'est de se dire il y a un moment ok pour le haut de la pyramide la condition est que ce soit sonnable parce que sinon parce qu'en fait ça sera toujours au dépens de la nature, du vivant ou de quelqu'un d'autre et il y a un moment si on essaie de repenser les choses si mon besoin il est de je prends cet exemple à la fin dans le dernier chapitre où je me dis quand on fait le tour on va naviguer sur les saintes oises en Guadeloupe. Mais c'était hyper joyeux. Il y a un sponsoring qui existe, on fait la fête sur la plage, on s'amuse, ça régate. mais par contre le bilan carbone il est ok en fait il est super cool et oui si tu as envie de jouer si tu as envie de faire un concours de qui a la plus grande et qui va le plus vite et qui a bien géré bah oui tu peux le faire mais par contre tu vas pas avoir un impact négatif et ça restera local tu vois et je pense que c'est ça qui a débordé complet parce que là t'es bien placé sur tout le côté marketing et compagnie à quel moment on a accepté quel moment c'est ok d'avoir des sponsors pareils dans nos voiles, enfin je veux dire aujourd'hui on est devenu des panneaux publicitaires et à quel moment c'est ok, et en fait on a considéré ça comme une norme à quel moment c'est devenu une norme je pense qu'il y a plein de gens, les anciens marins je pense qu'ils bondiraient en fait aujourd'hui si vous voyez ça, enfin Moitessier je pense que

  • Speaker #1

    Moitessier oui, c'est sûr après le sponsoring il existe depuis les chaussettes de Kindy, ça a plus de 50 ans et du coup qu'est-ce que tu penses à ce moment-là ? Qu'est-ce que tu penses des gens qui... T'inquiète pas, on va revenir à 2017. J'ai ma chronologie sous les yeux. Mais profite-toi. Qu'est-ce que tu penses du coup de ce côté panneau publicitaire, mais panneau publicitaire au profit de causes ? Alors il y a les gens qui font du canvassing, mettons-les de côté. Mais il y a les gens qui portent réellement des causes.

  • Speaker #0

    Ben oui,

  • Speaker #1

    pour... Prenons le cas de Nicolas Destey, qui est sponsorisé par Café Joyeux, qui est une entreprise qui emploie des jeunes prisonniers.

  • Speaker #0

    Ah ben là, tu parlais tout à l'heure de... Mais qui est une entreprise. Oui, de paradoxes et plein de choses. Est-ce que c'est OK de se dire qu'on... J'en ai déjà discuté avec lui, mais est-ce que c'est OK de faire la promotion de ça, mais en même temps, d'aller chercher de l'argent chez le groupe Accor ? Bon. Moi je serais pas hyper serein et droit dans mes bottes avec ça. Comme au final, même moi avec Everial, ok c'était de l'archivage mais il bossait avec plein de banques et plein d'assurance. Et je dois avouer que j'étais pas hyper à l'aise avec ça. Donc oui porter une cause c'est très bien mais il y a un moment ça masque pas. Tu peux pas juste dire c'est bon j'ai une cause et...

  • Speaker #1

    Non mais justement, on parle pas de ça. Il y a aussi des gens qui font ça de manière...

  • Speaker #0

    Honnête.

  • Speaker #1

    Honnête, qui porte quelque chose. L'objectif n'est pas forcément de générer des ventes en plus.

  • Speaker #0

    Bah ouais, après la vraie question, c'est de se dire aussi que c'est devenu un modèle économique. Si je pense à Tanguy Le Turquet, par exemple, qui est un très bon ami, bah oui, il arrive à trouver de l'argent, je pense, parce qu'il fédère plein de boîtes qui s'associent à ce message-là, et c'est super. Après, est-ce que... est-ce que c'est pas le serpent qui se mord la queue de se dire est-ce que s'il ferait une autre aventure nautique est-ce qu'il ferait Baluchon il aurait peut-être plus de succès médiatique je sais pas là pour le coup c'est très paradoxal pour moi et je pense qu'il y a un moment c'est aussi parce qu'on se met tu rentres dans un jeu il y a des contraintes du jeu et t'es obligé de rentrer dans le moule et tu cherches les solutions que tu peux et... On a souvent cette discussion au sein de la vague de se dire, tiens qu'est-ce qui était... Il y a un moment on se disait, tiens comment on fait... Est-ce que les classes de bateaux devraient avoir un comité éthique de dire est-ce qu'on valide ou non que tel sponsor vienne là-dedans ? Moi aujourd'hui, je ne suis pas du tout à l'aise, je considère encore que c'est un peu mon sport, je ne suis pas du tout à l'aise avec l'idée qu'il y ait des énormes agro-industriels qui soient en avant. Moi je considère que ça dessert notre sport.

  • Speaker #1

    Mais si on enlève la compétition et si on enlève le modèle économique...

  • Speaker #0

    Il faut tout réinventer.

  • Speaker #1

    Oui, mais du coup il n'y a plus de secteur en fait.

  • Speaker #0

    Je n'en sais rien. je pose la question très ouvertement moi aussi la question parce qu'au final quand tu vas voir je prends le cas d'Everial ce qui faisait que et c'est pas le seul c'était ton sponsor ouais c'était mon sponsor ce qui fait qu'on accepte aussi que c'est aussi accepté en interne nous c'était les journées de navigation tu fais naviguer les gens à bord ce que font beaucoup de sponsors et si tu fais pas ça je pense que c'est beaucoup moins bien accepté après de se dire ouais il y a un prétexte à faire une course et c'est cool et... Et voilà, c'est un héritage culturel, peut-être que tu as suivi des courses plus tôt et ainsi de suite, mais est-ce qu'on ne peut pas quand même faire un modèle ? Enfin, il faut que je rebondisse sur autre chose. On a beaucoup critiqué la vague en disant vous dénoncez, mais vous ne proposez pas grand-chose. Là, l'année prochaine, on va faire ce qu'on appelle le festival de la vague, et on veut avoir un événement nautique. Je ne sais pas si on doit l'appeler course ou pas. On se dit, est-ce qu'il faut faire un classement ? Est-ce qu'il ne faut pas faire un classement ? Qu'est-ce qu'on va récompenser ? Comment on le fait ? Moi, je trouve ça un peu dommage que quand on fait un petit atelier, là, il y a un mois, on est quatre. Et effectivement, je le comprends, les gens qui sont actifs dans le milieu, ils ont autre chose à faire pour l'instant c'est un métier qui est compliqué où il y a des emplois du temps très compliqués mais il y a un moment, il faudra peut-être qu'on se pose parce qu'aujourd'hui, si tu sors un peu du rang médiatiquement, tu peux trouver ta place, tu peux trouver à raconter une histoire on parle de storytelling à longueur de journée dans ce qu'on fait, je veux dire chaque équipe ou chaque skipper qui lance un truc a besoin d'avoir une originalité aujourd'hui, je suis désolé mais toi sur la route du Rhum que j'ai faite j'ai un bateau neuf ça c'est un autre sujet on va y venir on va rentrer en 2017 après mais vas-y ce que je veux dire c'est que t'as beau avoir un bateau neuf t'as beau être dans une classe machin t'as beau avoir ton originalité t'es noyé au milieu de 138 personnes comment tu fais pour exister médiatiquement comment tu fais pour que ton sponsor qui

  • Speaker #1

    dise ah bah bon c'était ça ma question du coup si tu enlèves si tu enlèves la mécanique de la compétition si tu enlèves je suis le raisonnement si tu enlèves le modèle économique non ouais qui est là, il n'y a plus de secteur au sens strict du terme. C'est complètement autre chose.

  • Speaker #0

    C'est complètement autre chose, mais ça met en face les compétiteurs.

  • Speaker #1

    Il n'y a pas l'industrie qui va avec.

  • Speaker #0

    Ça met les compétiteurs face à une vraie question de se dire, mais pourquoi vous faites ça ?

  • Speaker #1

    C'est vrai.

  • Speaker #0

    Et c'est vraiment... Là, je reprends une formule dans le livre d'Aurélien Barraud, l'astrophysicien que peut-être certains connaissent. Bien connu. Et moi, j'adore sa formule de dire que même si on construisait une bombe, de manière écologique, durable, recyclable, ce que tu veux, ça n'en resterait pas que la bombe ferait son travail de bombe. La finalité, elle serait d'exploser. Et je ne dis pas que la course au large, c'est une bombe. C'est juste que là, tout ce qui se passe aujourd'hui, et moi le premier, quand on essaye de mettre du lin, quand on essaye de faire bouger les règles, on essaye de changer la modalité. On essaye d'aller toujours dans la même direction, qui est de dire, on veut organiser des grandes courses, on veut des retombées médias. on veut qu'il y ait un business model, on veut qu'il y ait une industrie, mais bon, là, on est en train de nous dire un peu que ce n'est pas fou, donc il faut quand même qu'on change, mais on est en train d'essayer de faire rentrer un rond dans un carré, donc ça ne marche pas.

  • Speaker #1

    Mais ce n'est pas ça que je... Ma question, enfin, je pense que c'est la question centrale, c'est que du coup, si on introduit les changements qui sont nécessaires, la logique, le bout de la logique, elle est d'arrêter.

  • Speaker #0

    Elle est en tout cas de se dire qu'est-ce qui nous...

  • Speaker #1

    Parce qu'on hésite... Dans ton livre, on le lit assez bien, tu hésites beaucoup entre le... Le faire autrement et le plus faire du tout. Et cette question, elle est centrale. Parce que si on décide de plus faire du tout, c'est...

  • Speaker #0

    c'est assez simple du point de vue de mise en oeuvre mais tu vois on en revient à cette notion je pense que même pour en avoir parlé avec François Gabart je pense qu'on s'amuse plus à faire des surfs en kite en wing ou en kata ou ce que tu veux dans la baie où tu es au ras de l'eau si on devait prendre un critère de joie, je ne sais pas comment on pourrait mesurer la joie, mais de se dire qu'est-ce qui m'éclate le plus je suis en train de jouer dans la baie mon ratio il est peut-être je sais pas à 90 de fun est-ce que un ratio dépense à impact joie, plaisir plaisir énorme de dire est-ce qu'il faut vraiment avoir 12 millions d'euros pour faire un trimaran, pour aller dans un truc pas possible avec une équipe, avec une logistique qui t'enferme dans une espèce de tunnel parce que t'as des gens, t'as toute une boîte, une économie à gérer, des sponsors Est-ce que tu retrouves le même truc ? Oui, j'imagine bien qu'il y a des moments de grâce et un bateau qui vole, c'est très joli. Mais une aile de mouette, c'est très joli aussi. Un exocet, c'est très joli aussi. Il y a un moment, si ce qui nous donne du plaisir, on peut peut-être l'avoir autrement. Est-ce qu'il ne faut pas juste se dire qu'on a été trop loin et avoir l'humilité de se dire, là, on ne va pas dans la bonne direction. Et peut-être qu'on pourrait... Je n'ai jamais fait le tour voile et des choses comme ça, mais je me dis, pourquoi ce n'est pas plus mis en avant ? Parce que c'est une formidable manière de faire naviguer plus de monde, de rendre les échanges tactiles et réels avec le public. Moi, ce qui me choque aujourd'hui, c'est que oui, je pense que... Il y a toute une génération de marins qui est venu de l'accessibilité à la mer par les dériveurs. Aujourd'hui, en dehors de nos petits cercles, qui fait du dériveur ? C'est quand même la base d'aller sur l'eau pour jouer.

  • Speaker #1

    Ils font du kite, ils font du surf, ils font de la wing. Mais oui,

  • Speaker #0

    mais oui, mais oui. Enfin, je veux dire, il y a un moment, c'est quand même chouette de bricoler un bateau, de se dire...

  • Speaker #1

    tiens j'ai de l'autonomie je peux me balader enfin tout ça tout ça le rapport plaisir temps argent il est en faveur de ces nouveaux engins c'est presque un autre débat non mais c'est vrai et notamment celui du renouvellement des générations

  • Speaker #0

    deuxième pas de côté on revient à 2017 et on va arriver comme ça jusqu'à aujourd'hui donc pas de mini 2015 du coup tu prépares 2017 et là en fait c'est là où on disait tout à l'heure que tu étais vite arrivé en fait sans parler d'être arrivé au sens rastignac du terme mais très vite il y a Conrad Kallmann qui t'appelle pour être médiaman puisque tu as cette double compétence donc à l'aise dans la vidéo et puis très vite aussi tu trouves un style le bonnet, il y a tes grands yeux tes grands yeux ronds, l'acting la manière que tu as de te compter et puis tu t'écris un personnage avec beaucoup d'auto-dérision je pense que c'est aussi pour ça que ça passe très très bien comme dans le livre, tu ne te caches pas du tout derrière des prétentions sportives et c'est pour ça que ça fonctionne donc du coup, Conrad t'appelle pour faire La New York Vendée Il y a 8 ans Dans la foulée Même chose Yves Leblevec T'appelle pour faire The Bridge Et t'as pas encore fait la mini

  • Speaker #1

    Non et ça m'énerve sur le moment Je dois avouer que je suis pas à l'aise avec ça Parce que je voulais faire les choses dans l'ordre Et pour moi j'avais ce rêve de traverser l'Atlantique en solitaire Et en fait Oui ça m'a un peu

  • Speaker #0

    j'ai pas envie de dire que ça m'a gâché le plaisir mais en fait j'ai touché c'est des propositions que tu peux pas refuser quand t'as rêvé de ça et que tu dis bah tiens d'un seul coup à l'époque encore t'es complètement dans le jeu et tu le dis très très clairement juste un petit état faire partie de ce cirque, alors ça c'est plutôt les termes de 2024 tu le disais pas comme ça à l'époque faire partie de ce cirque sur l'instant est incroyable de point naviguer sur les plus grands et les plus beaux bateaux voir toutes les portes s'ouvrir bénéficier de mises en relation de plus en plus faciles, d'une certaine valorisation dans le regard des autres, de demandes d'interviews, trois petits points, je l'admets, j'ai bien profité de ces avantages. Et le livre, il est vraiment intéressant pour ça aussi, c'est que tu ne te caches pas derrière ton petit doigt.

  • Speaker #1

    Ah ben non, j'en ai profité. J'en ai clairement profité et...

  • Speaker #0

    Non, et ma question, c'était le... Mais on sent quand même... que ça te questionne à la fois parce que t'as pas encore passé ton bac qui est la mini et on sent que pointe déjà des interrogations bah oui à l'époque ça me pose des questions parce que tu

  • Speaker #1

    commences à rentrer un peu moi je découvre à ce moment là deux opposés tu vois un Conrad qui vient du mini, qui bricole, qui fait le truc dans son garage et qui arrive à faire des choses et qui en même temps est confronté à Enfin, tu vois, je pense que tu vois, on l'a bien dit tout à l'heure, il y a un vrai décalage entre un projet comme celui de Conrad et se dire qu'on joue dans la même cour que des bang pop et des trucs comme ça. Bah, il y a un truc qui n'est pas logique, enfin, il y a un truc qui n'est pas cool que médiatiquement on parle... Enfin, pourquoi, si on devait prendre, par exemple, moi j'aime bien ce côté, tu vois, quand on parle de performance, moi j'adorerais qu'on... Enfin, j'ai trouvé cette formule la dernière fois de me dire, tiens, on parle de performance. Qui est-ce qui fait la plus belle performance typiquement sur un Vendée ? Est-ce que c'est Hermel qui gagne en 2016 ? Oui. Est-ce que c'est Hermel qui gagne, qui a tous les moyens, qui a les budgets et tout ? Ou est-ce que c'est Conrad qui va remater son bateau ? Enfin, qui fait la plus belle performance ? pour moi c'est une plus belle performance comme Tanguy qui arrive à réparer son bateau sur la Jacques Vabre et qui fait l'aller-retour, qui boucle, qui arrive dans le timing, qui repart.

  • Speaker #0

    Et qui finit probablement à toi des rives.

  • Speaker #1

    La performance est quand même plus belle pour moi que quelqu'un qui a tout qui va bien, qui a le budget qui va bien, qui se repose et tout ça. Remettons les choses en contexte aussi. Donc oui, je pense qu'à ce moment-là j'ai un peu des choses qui m'échappent. Après, faire du trimaran... d'un seul coup je me retrouve à des liens avec Sam Davis, avec Jean-Baptiste Le Vaillant, avec Davey, avec Yves, qui sont des légendes pour moi, tu vois, et tu dis, c'est cool, mais à un moment il y a aussi tout ce côté... je découvre les sponsors les relations le Queen Mary sur le moment tu dis je suis dedans mais là en dézoomant je pense que Damien Grimond il est en train de prendre un virage il y a le Queen Mary il y a une course de bateau à voile il y a le Queen Mary il y a un A380 qui passe dans le ciel n'importe quoi ça n'arrivera plus je pense qu'on va le regarder en disant qu'il faisait n'importe quoi

  • Speaker #0

    C'est quand même là aussi qu'on voit que le monde et la manière dont on a de le regarder a très vite changé. On en rigole aujourd'hui, mais ce n'était pas si longtemps que ça.

  • Speaker #1

    Non, mais tu dis, je pense qu'il y a une vraie… De toute façon, j'ai essayé de le retracer aussi dans mon bouquin. Pour moi, il y a vraiment ces sept dernières années, il y a une prise de conscience écologique. Les discours sont en train d'infuser. Aujourd'hui, il n'y a pas une journée dans les médias où tu n'as pas un questionnement qui est sur l'écologie. C'est Parce qu'en fait ça se fait sentir de plus en plus parce que c'est un vrai sujet. Là sur les élections européennes, c'est le sujet qui préoccupe le plus les Français. bon bah c'est pas rien non plus fin donc je pense qu'il faut quand même qu'on enfin c'est un sujet dans l'air du temps et je pense qu'effectivement il ya déjà en 2017 bas on peut on s'en parlait pas quoi tu vas faire la mini est ce qu'elle est conforme

  • Speaker #0

    à ce que tu avais projeté depuis déjà quelques années. Tu as des très belles phrases sur le retour de la mini. Je pense que tous ceux qui ont couru la mini ont vraiment ce reverron dedans, ce décalage total quand tu rentres en France, cette dépression postpartum.

  • Speaker #1

    C'est un sentiment à la fois de puissance et d'impuissance.

  • Speaker #0

    Exactement, tout à fait.

  • Speaker #1

    Parce que tu dis que tu as fait un truc incroyable.

  • Speaker #0

    Je préfère le Vendée Globe, il n'y a pas de problème. Et puis en même temps, la saveur...

  • Speaker #1

    tu as une très bonne phrase tu dis à l'arrivée de la mini j'observe aussi que l'exposition répétée à ces situations en course me perturbe ces expériences qui devraient rester exceptionnelles se normalisent oui une fois que tu as fait ça le reste n'est pas très ne semble pas très compliqué oui il l'est encore oui oui oui largement mais j'ai aussi enfin c'est en discutant avec une copine qui a fait la mini en même temps que moi Camille la dernière fois on discutait je trouve qu'il y a une vraie sagesse en fait dans plein de ministres de plein de profils qui se disent ok j'ai fait la mini J'ai fait quelque chose de très très beau, et en fait je suis ok d'en rester là. Parce qu'en fait, tout ce que j'ai fait après la mini...

  • Speaker #0

    j'ai pas retrouvé j'ai pas retrouvé les sensations c'est la majorité mais oui enfin juste pour moi je pose remettre le sol l'église dans son âge c'est que les mais c'est ça la plupart des gens ne font la font qu'une fois et après tu l'as fait qu'une fois et tabo enfin en figaro je pense que c'est un autre effort c'est un truc c'est un truc de vraiment un

  • Speaker #1

    effort très très particulier je pense que ça aurait pu me plaire tu vois le côté un peu enchaîné les étapes et tout ça c'est un petit peu Peut-être une petite frustration que j'aurais bien aimé voir à quoi ça ressemblait, mais au-delà de ça, plus ça grandit, plus... Moi, il y a un truc qui me gêne, enfin pas que ça me gêne, mais sur ces gros bateaux, déjà tu pars plus quoi. C'est tout con, mais plus ça va. J'ai fait du foiler, j'ai pas fait les nouveaux qui sont complètement fermés, mais à un moment t'as plus les embruns, t'es plus coupé. je suis pas sûr que ça... C'est même plus débateux, en fait. Et ça, je crois que je suis pas le seul à le dire.

  • Speaker #0

    Revenons à la mini et aux sensations qu'elle te laisse.

  • Speaker #1

    Elle me laisse la sensation de... Je pense d'avoir accompli ce que je voulais faire. C'est satisfaisant, ça vient flatter ton égo. Et puis, dans le même temps, tu te dis... Je découvre, je pense, le temps long. Je découvre le... d'être face à soi-même. Je pense que c'est seulement après où je me suis rendu compte de la chance qu'on a. C'est pour ça qu'un an après, je m'étais battu avec de nombreux autres ministres pour qu'on n'ait pas de téléphone iridium à bord. C'est une chance. C'est seulement quand tu le vis après que tu te dis que toutes les autres transats que j'ai fait après, ce n'est plus pareil. Tu as WhatsApp, tu dois envoyer des trucs tous les jours. ça n'a rien à voir. Tu te mets une pression de fou. Et je ne dis pas que mon sponsor m'a mis la pression. Je dis juste que la pression, elle existe de manière inconsciente et tu te la mets toi-même. En fait,

  • Speaker #0

    l'appareil est là. Alors qu'en mini, de fait, il n'est pas là du tout.

  • Speaker #1

    Oui, donc il faut se battre pour cet espace de liberté qu'est la mini. Et voilà, je pense qu'il faut le garder. C'est quelque chose d'hyper précieux. Et je pense que... Je pense qu'il y a des gens bien encore qui vont se battre là-dedans, tu vois. Mais il faut se poser des vraies questions. La mini, elle est le prototype de plein de choses. Là, il y a des groupes de discussion en ce moment. Je n'ai pas eu l'énergie d'y aller parce que je pense qu'il y en a plein d'autres qui font ça très bien et qui amènent ça. Mais il faut qu'on repense aussi l'imaginaire. À quel moment, je l'interroge en avant, l'imaginaire du rêve des Antilles est rentré chez nous ? Si ce que tu as envie, c'est de te découvrir toi-même, de passer du temps sur l'eau...

  • Speaker #0

    Tu n'as pas besoin d'aller aux Antilles. Tu peux faire une boucle. Pour rappeler, les ministres, sous la houlette de la classe mini, ont des groupes de réflexion sur l'avenir de la classe mini et la mini 3 en particulier, en visio. Je ne sais pas si c'est libre ou pas, moi j'ai reçu une invitation, et les comptes rendus sont en ligne. Je crois que c'est animé par la même personne dont je viens d'oublier le nom à l'instant.

  • Speaker #1

    Anna Le Cosset.

  • Speaker #0

    Anna Le Cosset, qui anime aussi.

  • Speaker #1

    Oui, une facilitatrice qui bosse à la vague.

  • Speaker #0

    Qui bosse à la vague, voilà. Et donc il y a des comptes rendus en ligne, tout est accessible et c'est très intéressant à lire. ce que je disais tu racontes assez bien la transformation aussi qui s'opère en toi une fois que tu l'as fait t'as changé je te relis le paragraphe si tu veux malgré tout je peux affirmer que je ne me suis jamais senti aussi heureux ni aussi triste qu'en naviguant sur mon mini accueillir l'ensemble de ces sentiments dans les hauts comme dans les bas est-ce qu'il m'a rendu si vivant ?

  • Speaker #1

    c'est ça, je pense que c'est un mot qui revient très très fréquemment chez tout le monde, c'est que tu dis moi je ne me suis jamais senti aussi vivant que quand tu fais la mini parce que si tu passes par enfin Tu passes partout quoi, et moi j'ai eu une transat facile je pense, enfin qui était pas compliquée, j'ai rien cassé et compagnie, mais il y a quand même des moments où tu flippes, il y a des orages, il y a des trucs, et ça vient en fait te combler parce que oui, parce que t'es heureux, parce que t'es triste, et à ce côté, c'est précieux aujourd'hui de pouvoir se retrouver face à soi-même, c'est hyper rare. Moi à un moment j'ai passé dix jours sans personne, et moi à un moment il y avait un italien après le caver qui voulait, il m'a dit on se suit, j'ai fait non ! Non, je veux être tout seul. Enfin, tu vois, il y avait un côté de moi, oui, je venais pas pour gagner, j'avais pas le bateau pour, c'était pas du tout l'idée. Mais par contre, je voulais faire cette expérience-là. Et oui, c'est ça le paradoxe, c'est de se dire que je voulais être tout seul, mais à plusieurs, tu vois, de se dire de préparer le truc. Et c'est ça qui est beau, c'est de se dire, comme tu dis, il y a le côté sécurité, de se dire quand tu es un peu encadré, ça rassure quand même un peu tes parents, ta famille, tes copains, enfin, c'est quand même un peu organisé. Voilà, tu vois, c'est un très bon exemple de se dire que parce que tu mets des petites contraintes, des petites règles, tu peux quand même avoir de la liberté. C'est tout l'enjeu de ce livre et de toute ma réflexion, de se dire que c'est pas parce qu'on va se mettre des règles qu'on sera pas libre. Si la finalité, elle est de jouer, et imaginons qu'il y a des gens qui veulent encore avoir des classements, mais jouer sans avoir des impacts sur les autres ou sur le vivant.

  • Speaker #0

    Juste après la minute, tu as écrit d'une certaine manière, mon mode de vie est en train de basculer Donc c'est un moment de bascule quand même. À petits pas, ma pensée évolue. mais il est terrible de constater que notre système est tout en oeuvre pour l'anesthésié. Donc tu sens toi-même qu'il y a quelque chose qui s'est passé, dans une presse de conscience, mais que tu n'arrives pas à le mettre en oeuvre.

  • Speaker #1

    Tu reviens à la facilité.

  • Speaker #0

    Voilà, il y a un énorme paradoxe, c'est que du coup, une fois que tu as fait ça, tu as passé ton bac, tu es parcours sub. Et là, le truc s'enchaîne. Tu vas travailler sur la solitaire du Figaro, tu vas travailler sur la route du Rhum. Tu vas faire partie du cirque entre guillemets, qui est le terme que tu utilises.

  • Speaker #1

    Mais oui parce qu'il y a...

  • Speaker #0

    C'est là où il y a les premières dissonances en fait.

  • Speaker #1

    Il y a les dissonances de se dire mais attendez je veux continuer à faire ça, à ce moment-là j'ai l'idée de me dire que maintenant j'ai un truc à raconter parce que ça c'était un de mes grands sujets, de me dire là je ne sais pas quoi raconter, ok je sais réaliser un film, je sais faire tout, mais par contre je n'ai pas de sujet. Il y a un moment où pour moi il faut savoir... C'est un peu le syndrome de la coquille vide. j'avais utilisé ce mot là quand j'ai annoncé sur les réseaux mais je pense que parfois il y a un peu de ça les équipes qui font du bateau je pense qu'il y en a plein qui ne savent même pas vraiment ils ont fait de l'optimisme, ils ont fait le truc, ils ont suivi le truc classique ils se retrouvent là, ils ne savent même plus pourquoi ils sont là c'est quoi ton histoire ? je suis chargé de com, qu'est-ce que tu racontes ? c'est quoi ton truc ? moi je fais de la ragate, je fais des trucs t'as quoi d'autre ? non mais j'ai que ça comment tu fais ? on invente des espèces de faux concepts, de faux trucs qui... et c'est dramatique je trouve enfin de l'actualité où tu commences à bosser sur la route du rhum je pense que je commence à avoir des énormes dissonance fin des choses voilà je l'aï à l'époque je bosse avec avec boris et qui est encore qu'à pas beaucoup d'argent malgré que le fait qu'ils aient écrit monaco pas encore enfin maintenant je pense qu'ils ont quand même des budgets plus confortables et ils ont construit des choses bien mais tu dis à un moment j'étais pas hyper d'accord avec le fait de fin c'est hyper dur et là pour le coup c'est un vrai paradoxe c'est de se dire est-ce qu'on attend d'être parfait pour porter un message on écrit qu'est-ce qu'on peut faire pour sauver l'océan moi aujourd'hui je considère que de faire une campagne IMOCA, de faire une Ocean Rise c'est pas forcément là où ces budgets là seraient les plus impactants et en même temps tu dis bah oui mais il faut quand même communiquer il faut quand même dire des choses c'est insoluble comme truc mais moi en tout cas oui j'ai été choqué de voir l'opulence euh

  • Speaker #0

    enfin il ya des choses qui me qui commencent à me choquer et le paradoxe un de plus c'est que c'est à ce moment là en fait que tu vas alors rentrer dans plein de plein pied dans le milieu puisque le sponsor de clarisse qui est l'une al garcia chez le royal clarisse

  • Speaker #1

    est appelé par bon populaire donc du coup il faut un marin pour remplacer clarisse et puis moi je lance mon projet à ce moment là j'annonce quasiment une semaine deux semaines avant que je veux faire un film sur la transat anglaise exactement que je cherche un classe 40 que et en fait ça cause bien les classes parce que Everial veut passer sur quelque chose de plus gros ils sont en Figaro avec Clarisse c'est la première année du Figaro 3 et voilà c'est vrai que l'histoire elle est belle ça reste en plus ma famille en tout cas de marins, de Clarisse, Tanguy il y a une sorte de filiation qui est quand même super et oui c'était super chouette

  • Speaker #0

    et tout ça ça vient se faire doucher par le Covid qui met un stop à tout ça voilà exactement et tu vas au départ avant le Covid tu vas au départ de la Jacques Vabre et tu as des mots assez forts c'est assez balisé j'ai lu le bouquin j'ai lu le bouquin tu vas à la Jacques Vabre et là aussi à nouveau tu parles de dissonance la semaine suivante je me retrouve au Havre pour commenter le départ de la Transat Jacques Vabre pour un sponsor ami du mien voilà Je fais partie du jeu, je connais tous les bateaux, tous les skippers, je suis heureux de voir ces voliers partir vers le Brésil, mais dans le même temps, quelque chose commence à sonner vraiment faux. La fameuse dissonance qui est à l'oeuvre. Ce n'est pas pour le plaisir de finir, c'est parce que la franchise avec laquelle tu le racontes est vraiment importante pour bien comprendre le message que tu veux faire passer. On constate qu'autant d'énergie est mise au service d'un loisir, que tout le monde se presse pour en faire toujours plus, qu'il faut aller vite, qu'il faut toujours avoir un coup d'avance. En moi, la dissonance s'installe. On est à l'automne 2019.

  • Speaker #1

    au moment en fait alors il va y avoir le Covid mais derrière tu vas avoir ton classe 40 etc c'est hyper dur parce que je pense qu'il y a un moment j'avais et les rêves et aussi le côté Pour moi, c'est vraiment le syndrome du capitalisme de dire en fait le voisin il a ça, pourquoi moi je le mériterais pas ? Instagram fonctionne là-dessus, on te montre que des postes et toi tu dis mais en fait ma vie c'est de la merde parce que pourquoi lui il fait ça, pourquoi moi je fais pas ça ? Et il y a un peu ce côté-là, tous tes potes qui partent faire des trucs et pourquoi pas moi ? C'est vraiment le biais en plus un peu du survivant de se dire à un moment en fait quand tu baignes là-dedans, tous les projets sont gagnants, on voit pas les projets qui sont pas bons, tu vois il y a un côté... un peu malsain là-dedans et de voir vraiment enfin moi je pense qu'à l'époque c'est ça qui me gêne c'est le côté ah bah il faut on est là pour faire du business on invite des gens on s'en fiche de savoir il ya des beaux spectacles on échoue enfin enfin Pourquoi quoi ? Je veux dire, il y a un moment, ce qui nous fait rêver, c'est de traverser l'Atlantique. À quel moment on s'est compromis, nous tous, là, pour dire on accepte tout ça ?

  • Speaker #0

    Mais là, tu raisonnes avec ton regard d'aujourd'hui, mais à l'époque, cette dissonance n'était pas encore assez forte pour te faire renoncer. Non,

  • Speaker #1

    elle ne me fait pas renoncer.

  • Speaker #0

    Mais tu as une phrase, deux ans après, là c'est encore plus fort. Et du coup, on va voir aussi l'apport que peut avoir la performance dont on a discuté tout à l'heure. Tu dis je continue donc de jouer mon rôle C'est la Transat Jaguab 2021 Que tu fais faire avec Matt Crepel Qui était un snowboarder, qui était l'une de tes idoles Tu dis je continue donc de jouer mon rôle de marin Et me retrouve de nouveau embarqué dans le cirque de la course au large toutefois je ne cache pas mon excitation à l'idée de me lancer dans une telle compétition en tant que professionnel j'aime beaucoup la rigueur de la préparation océanique et le niveau d'exigence si je suis désormais professionnel je veux bien faire les choses mais quand même donc là cirque puis après professionnel mais quand même je m'interroge quelle histoire vais-je pouvoir raconter alors que la prise de conscience écologique s'installe dans ma tête donc on voit bien que ces années là étaient déchirées je suis dans un étau parce que

  • Speaker #1

    D'une partie, j'adore... Je pense que je fais partie de cette catégorie de marin bricoleur où j'aime bien comprendre ce qui se passe, j'aime être dedans, et oui, ça me fait plaisir d'avoir un bateau bien préparé. En fait, je pense que c'était Jean-Bath Le Vaillant qui était venu faire le prologue avec moi, on venait faire The Bridge ensemble. Il m'avait dit une formule que je trouve très belle qui est de dire que ce qui est beau, c'est de faire marcher un bateau, que ce soit un bateau en bois, une caravel ou un ultime, c'est de l'exploiter. au mieux de ce qu'on peut faire et toi d'avoir le bon réglage le bon truc et je pense qu'il y a quelque chose de cet ordre là de se dire ok bah là un bateau c'est pas que de la technique c'est pas que du carbone, c'est pas que de la fibre de verre tu y mets aussi une âme et il y a une sorte de quelque chose d'artistique là dedans d'être en équilibre enfin Thomas Covill met des très jolis mots là dessus je trouve de dire que en fait c'est une symbiose avec ton bateau et pour moi il y a un moment je pense que de trouver l'équilibre entre la météo ton bateau, toi-même de savoir que tu es dans le bon timing, dans la bonne phase bah oui parfois ça peut accoucher sur des résultats même si aujourd'hui tu ne vas pas gagner moi il y a des fois j'ai fait des courses où j'étais trop bien en fait, c'était super beau c'était des moments de joie intense donc ça j'aimais bien ce côté rigueur, de dire ok je fais les choses bien presque chacun il met le mot qu'il veut Mais c'est vrai qu'à côté de ça, quand tu commences à te rendre compte que le nombre de sacrifices que tu fais à côté, le nombre de... Enfin voilà, je pense qu'en parallèle de ça, c'est le moment où je lis beaucoup de choses des rapports scientifiques, c'est le moment où il y a de plus en plus de conférences en ligne qui existent sur les réseaux, des gens qui prennent la parole. Et c'est vrai que je suis heurté par rapport à ça. Aujourd'hui, on n'a pas de frein, on n'a pas de limite, on n'a pas de contrainte.

  • Speaker #0

    et quand tu dis que tu veux faire un truc un peu à pas de côté tout le monde te regarde bizarrement enfin c'est très spécial quoi juste pour revenir sur ce que tu disais avant le mot équilibre revient un très très grand nombre de fois c'est vraiment l'un des concepts centraux le premier titre c'était en équilibre sur l'océan je crois que c'est un livre de un livre d'Yvan Bourgnon je crois sur son catamaran bref et donc on en arrive pas tout à fait la route du rhum mais c'est aussi la période alors que tu es en pleine dissonance c'est aussi la période où ton sponsor te propose de faire construire un bateau neuf ça c'est ça a été l'une des grandes incompréhensions annoncé ça et alors tu racontes bien dans le livre tu dis bon bah parce que lui il est dans la performance et tu vas accepter de construire un bateau neuf. Tu vas dire, d'accord, d'abord, on le fait à Sainte-Marine, chez Pogo. On prend des gens du coin, on essaie de diminuer l'impact, etc. Tu mets un peu ta contrainte comme tu peux.

  • Speaker #1

    J'ai eu l'impression de faire un... Un combat permanent pour essayer de faire les choix les plus... C'est ce que je disais juste avant, en fait. Là, au sein du chantier, dès que je disais... J'ai un truc tout con. Je disais, est-ce qu'on peut mettre... On sait qu'on va avoir, je ne sais plus, 30 kg ou 40 kg de gueuse par rapport aux anciens. J'en disais, est-ce que moi, je veux bien un peu de peinture blanche quand même. Au plafond, il faut que ce soit un endroit où tu as envie de vivre. C'est là où tu passes du temps. On me regardait genre, t'es sûr ? T'es sûr ? Dès que je faisais la question de... C'est un mot que j'adore maintenant, la robustesse, de dire, je préfère un truc qui va tenir plutôt qu'un truc qui va potentiellement... Ah, t'es sûr, tu veux deux barres de flèche ? Parce que c'est quand même... Il n'y a personne qui le fait, quoi. Bon, maintenant, en plus, Erwan, tu vois, il a récupéré le bateau, il a gagné les courses avec deux barres de flèche. Je veux dire... Enfin, c'est... On est tellement dans une espèce de délire de... Parce qu'il y en a un qui va faire un truc complètement high-tech, c'est ça la vérité. Enfin, j'ai l'impression que là, en ce moment, on passe le... enfin on va dans les extrêmes on va assez ça non c'est ça non c'est ça enfin c'est toujours donc en fait ouais de 2 enfin moi j'étais coincé en fait j'étais et c'est pour ça que je le dis bien c'est que tu vois effectivement la des annonces de l'annonce de construire le bateau neuf elle intervient après la après la jacque vabre mais la prise de décision elle se fait un an et demi avant enfin un bateau ça se construit longtemps avant et je pense que c'est très sincèrement à ce moment là oui j'ai eu des gros doutes enfin je le dis hein j'ai mis 24 heures à dire mon sponsor est ce que ce que je le fais ce que je le fais pas et sur le moment je me suis dit vraiment j'étais persuadé d'être encore dans cette posture comme je le disais de dire il faut rester dans le milieu pour le changer j'y croyais vraiment parce que c'était le moment où la vague ça se passait bien il y avait plein de trucs, on venait de faire l'annexe environnementale pour la Jacques Vabre je me suis dit bah ouais si chacun à son échelle essayait de changer les choses peut-être que ça peut marcher bon après j'ai déchanté sur plein d'autres dossiers mais sur le moment c'était vraiment sincère de me dire de toute façon franchement je me suis dit ça si je continue si je dis non, il y a quand même de fortes chances que mon sponsor me dise si c'est non on prend quelqu'un d'autre et le bateau serait quand même construit donc je me suis dit tant qu'à faire autant que je sois celui qui essaye de pousser pour des choses un peu différentes oui on a testé une GV en lin maintenant je crois que Damien Seguin va peut-être partir avec, j'en sais rien ça fait son chemin là on est encore dans la modalité mais c'est mieux que rien et je pense que j'étais dans cette phase où une phase de compromis quoi tu vois qui était un peu à la fois intéressante mais hyper dur à porter parce que parce qu'il ya un moment on vient toujours te dire enfin c'est là où je trouve que la vague a quand même réussi à faire à faire quelque chose de bien c'est cette expression on voit on l'a dit pas de fois genre c'est pas très la vague ça et puis bah ouais bah maintenant déjà le fait que vous pensiez ça que vous me le disiez en rigolant c'est que vous savez qu'il ya un truc qui est pas ouf dans ce que vous faites à maintenant à ce moment là tu vois

  • Speaker #0

    Si on reprend la chronologie, il y a la création de la vague à l'automne 2019 et une première réunion publique à l'UBS en février 2020, où j'étais là, je me souviens bien. Comment, est-ce que tu peux juste nous raconter, nous faire rentrer un peu dans les coulisses de la création de la vague ? À quel moment ?

  • Speaker #1

    Ça se passe ici, dans cette même pièce.

  • Speaker #0

    Celle de réunion ?

  • Speaker #1

    Celle de réunion chez Kéros. Je ne sais plus, je croise Bilou un jour qui me dit Ah bah tiens, il y a Arthur Le Vaillant qui vient. Je ne le connaissais pas bien Arthur, je connaissais juste son père. et il dit ouais on se passe et jean-baptiste le bayan il y avait paul meya il y avait adrien hardy il y avait rico perron je crois qu'ils étaient là aussi et en fait on commence à se dire tiens qu'est ce qu'on pourrait faire ce qu'on voit là il va être des questionnements un peu en commun et on s'est dit patin est ce qu'on va pas se poser autour d'une table et il se dire qu'est ce qu'on peut faire et en fait c'est parti de là quoi c'est moi je suis plus venu avec ma casquette communicant de comment je pouvais aider un peu à mettre en