Description
lectures de quelques cosmogonies védiques extraient de l'ouvrage du même nom de Jean Varenne ed-Les Belles Lettres
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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lectures de quelques cosmogonies védiques extraient de l'ouvrage du même nom de Jean Varenne ed-Les Belles Lettres
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans notre podcast Isadora BC, le podcast où une comédienne et un poète partagent une tasse de café. La comédienne, c'est Clarence Massiani.
Bonjour.
Bonjour, Clarence. Et le poète, forcément, c'est moi, Régis. Voilà.
Bonjour, Régis.
Alors aujourd'hui, on va parler... On va parler des histoires, raconter des histoires, donner du sens, expliquer les choses, comme l'humain l'a toujours fait, depuis la nuit des temps. Et la première question, c'est qui sommes-nous, d'où venons-nous ? Voilà, c'était les grandes questions philosophiques. Et de tout temps, l'homme a essayé de donner du sens à cette création qui était la sienne. D'où est-ce que nous venons ? On a forcément raconté des tas d'histoires. Et on va très très loin. L'idée, c'est qu'on va aller en Inde. On va parler de cosmogonie. C'est-à-dire, comment est-ce que ce monde a vu le jour ? Comment est-il né ? C'est un livre que j'aime beaucoup, un livre de Jean Varenne, qui s'appelle « Cosmogonie védique » . Donc, on est vraiment dans l'hindouisme avec des tas d'histoires incroyables. Sur le début du monde. Et je vais commencer. Alors, c'est différents textes, évidemment, qui font un grand corpus dans le Rig Veda, mais on va commencer par celui-ci. Au commencement, cet univers n'était que ténèbre, non perçu, indistinct, inconcevable, inconnaissable. Il était, pour ainsi dire, endormi totalement. Alors ? Le Seigneur, existant par lui-même, quoique lui-même non manifesté, manifesta cet univers à commencer par les grands éléments, mettant en jeu son énergie créatrice. Il apparut dissipant les ténèbres. Lui, qui ne peut être saisi que par une intuition au-delà des sens, Parce qu'il est subtil, non manifesté, éternel, lui, l'inconcevable, qui rassemble en lui-même tous les éléments constitutifs de l'univers, il resplendit au commencement grâce à sa propre lumière. Voilà, on va passer à un autre... texte, un autre type de texte. Je commence là ? Tu commences. C'est des strophes à chaque fois. Tu en lis quelques-unes pour donner un petit peu une idée, une ambiance.
Tel un charpentier concevant son ouvrage, j'émurie mon inspiration prêt à m'élancer comme le coursier bien entraîné qui va gagner le prix. M'attaquant impétueusement au cher mystère si loin de nous, je désire, moi qui suis sage, que les autres poètes les contemplent aussi, tous ensemble. Adresse-toi donc aux puissantes générations des poètes qui t'ont précédé, d'un esprit ferme en gens habiles vous avez charpenté le ciel. Ils te répondront, ces impulsions qui croissent en toi, les voici qui viennent à toi comme il est normal, gagnées par ton esprit.
Alors on va voir une autre explication possible à la création de ce monde et de cet univers. Le Dieu qui, offrant en noblation tous les mondes que voici, s'y est installé pour nous en tant que prophète, prêtre et père. C'est celui qui, désirant la richesse grâce à la prière, vint s'installer chez les gens d'aujourd'hui, occultant ceux qui les avaient précédés. Quel fut donc l'emplacement ? Quel le support ? Et comment fut-il mis en place ce support ? À partir de quoi Visvakarman, créant la terre, découvrit le ciel grâce à sa puissance, lui qui voit toute chose ? Il regarde de tous côtés. Il fait face de toutes parts, ses bras agissant partout. Partout ses pieds travaillant, de ses deux bras s'aidant. Des ailes du soufflet y soudent l'un à l'autre le ciel et la terre, les engendrant ainsi lui le Dieu unique. Quel fut donc le bois ? Quel arbre ? À partir de quoi on a façonné le ciel et la terre ? Vous qui êtes capables de réflexion, demandez-vous en y réfléchissant ce qu'était l'emplacement. de Vishvakarman lorsqu'il instituait les mondes. Voilà, nous poursuivons Clarence avec un autre petit texte, une autre explication de la création du monde.
À mille têtes, l'homme, à mille yeux, à mille pieds, après avoir couvert la terre de tous côtés, il l'a dépassé encore de dix doigts. L'homme, certes, est cet univers tout entier, ce qui fut et ce qui sera. Il est le maître aussi de l'immortalité qu'il dépasse grâce à la nourriture qu'il reçoit. Si grande soit sa mesure, il est davantage encore l'homme. Tout ce qui existe forme un quartier de lui. Le domaine immortel, là-haut, dans le ciel, forme les trois autres quartiers. C'est qu'il est monté là-haut avec trois quartiers, cependant que le quatrième reprenait naissance ici-bas. À partir de celui-ci, il s'est répandu en tous sens, vers ceux qui mangent, et ce qui ne mange pas. Et un dernier, c'est ça ?
Non, je crois qu'il y en a un qu'on avait oublié. On peut peut-être le retrouver, je crois qu'on en a passé un. On est passé vite, donc ça, on a lu ça, et je crois que c'est celui-ci qu'on a pas lu. Occulté, voilà, exactement. C'est ça.
Tu veux le lire ? Je le lise. Je peux le lire et puis tu termines avec le dernier ?
On y va, donc on relit une nouvelle explication de la création du monde.
Le dieu qui dès sa naissance fut le premier par la pensée, le dieu qui domina les autres, dieu de son intelligence, le dieu dont les deux masses cosmiques ont craint la fougue tant est grande sa force héroïque, ce dieu-là, homme, c'est Indra. Le Dieu qui a fermi la terre vacillante, apaisa les montagnes agitées, fit plus vaste l'espace médian et étaya le ciel, ce Dieu-là, homme, c'est Indra. Le Dieu qui fit couler les sept rivières après avoir tué le dragon, le Dieu qui fit sortir les vaches après avoir ouvert la caverne de Vala, le Dieu qui engendra Annie entre les deux pierres et qui dans les batailles a remporté le prix, ce Dieu-là, homme, c'est Indra. Le dieu par qui tout ce qui existe a été mis en branle, le dieu qui a abaissé et relégué la race des Daza, qui, tel un joueur heureux raflant une fortune, a pris les richesses de l'ennemi, ce dieu-là, homme, c'est Indra. Ce dieu terrible dont on s'est demandé où il réside, ce dieu dont on a dit aussi qu'il n'existe pas, c'est celui-là même qui amenuise les richesses de l'ennemi comme font les mauvais coups de dé. Placez en lui votre confiance. Ce dieu-là... Homme, c'est Indra. Voilà, et la fin ?
La toute fin. Alors c'est pas la fin parce qu'il y a plein de textes dans ce magnifique ouvrage de Jean Varenne qui s'appelle Cosmogonie Védique. Donc c'est un essai en fait, il parle des cosmogonies, comment on a voulu expliquer l'organisation et la mise en ordre du monde en fait. En opposition à un chaos, en fait, qui serait un non-né, un inexistant, en fait. Voilà. Et on va lire donc, c'est un extrait du Satapata Pramana. Voilà. C'est parti. Au commencement, il n'y avait que le non-être. À ce propos, on a demandé, qu'était-ce donc que ce non-être ? La réponse est... Au commencement, certes, les prophètes étaient le non-être. Et si l'on demande « mais qui sont ces prophètes ? » , il faut répondre « les prophètes, ce sont les souffles en vérité » . Quant à ce souffle vital qui est au milieu des autres, c'est Indra. Ces souffles, à partir de la place centrale qui l'occupait, il les alluma grâce à sa propre nature. Et puisqu'il les avait allumés, il est l'allumeur. Mais cet allumeur, on l'appelle d'un nom occulte, Indra. Car les dieux aiment l'occulte. Ainsi allumés, les souffles créèrent séparément sept personnages. Ils dirent, étant tels que nous sommes, nous ne pouvons certes pas procréer. De ces sept personnages que nous sommes, faisons un seul. Ils firent de ces sept personnages qu'ils étaient un seul, une seule personne. Ils entassèrent deux au-dessus du nombril, deux autres en dessous du nombril, un d'un côté, un autre de l'autre, et le dernier fut le point d'appui de l'ensemble. Et ce qu'il y avait de splendeur, ce qu'il y avait de sève dans ces sept personnages, ils le rassemblèrent tout en haut. du corps du personnage unique. Cet homme cosmique devint Pratyapati. Mais cet homme cosmique qui devint Pratyapati, c'était en réalité ce feu dont l'autel est en construction. Oui, le feu, c'est cet homme septuple, car l'homme cosmique est fait des sept personnages réunis en un seul. Quatre forme son tronc, trois, les deux ailes et la queue. En effet, l'autel du feu, ayant la forme d'un aigle, possède un tronc en quatre parties, deux ailes et une queue, etc. Et là, c'est un peu une description de l'autel pour l'oblation au dieu. On fait un autel pour faire une oblation au dieu.
un feu sacré merci beaucoup Régis de nous faire découvrir ces cosmogonies védiques de Jean Varenne et maintenant que le monde est créé nous pouvons exister et nous vous souhaitons une bonne journée et à très bientôt
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lectures de quelques cosmogonies védiques extraient de l'ouvrage du même nom de Jean Varenne ed-Les Belles Lettres
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Bienvenue dans notre podcast Isadora BC, le podcast où une comédienne et un poète partagent une tasse de café. La comédienne, c'est Clarence Massiani.
Bonjour.
Bonjour, Clarence. Et le poète, forcément, c'est moi, Régis. Voilà.
Bonjour, Régis.
Alors aujourd'hui, on va parler... On va parler des histoires, raconter des histoires, donner du sens, expliquer les choses, comme l'humain l'a toujours fait, depuis la nuit des temps. Et la première question, c'est qui sommes-nous, d'où venons-nous ? Voilà, c'était les grandes questions philosophiques. Et de tout temps, l'homme a essayé de donner du sens à cette création qui était la sienne. D'où est-ce que nous venons ? On a forcément raconté des tas d'histoires. Et on va très très loin. L'idée, c'est qu'on va aller en Inde. On va parler de cosmogonie. C'est-à-dire, comment est-ce que ce monde a vu le jour ? Comment est-il né ? C'est un livre que j'aime beaucoup, un livre de Jean Varenne, qui s'appelle « Cosmogonie védique » . Donc, on est vraiment dans l'hindouisme avec des tas d'histoires incroyables. Sur le début du monde. Et je vais commencer. Alors, c'est différents textes, évidemment, qui font un grand corpus dans le Rig Veda, mais on va commencer par celui-ci. Au commencement, cet univers n'était que ténèbre, non perçu, indistinct, inconcevable, inconnaissable. Il était, pour ainsi dire, endormi totalement. Alors ? Le Seigneur, existant par lui-même, quoique lui-même non manifesté, manifesta cet univers à commencer par les grands éléments, mettant en jeu son énergie créatrice. Il apparut dissipant les ténèbres. Lui, qui ne peut être saisi que par une intuition au-delà des sens, Parce qu'il est subtil, non manifesté, éternel, lui, l'inconcevable, qui rassemble en lui-même tous les éléments constitutifs de l'univers, il resplendit au commencement grâce à sa propre lumière. Voilà, on va passer à un autre... texte, un autre type de texte. Je commence là ? Tu commences. C'est des strophes à chaque fois. Tu en lis quelques-unes pour donner un petit peu une idée, une ambiance.
Tel un charpentier concevant son ouvrage, j'émurie mon inspiration prêt à m'élancer comme le coursier bien entraîné qui va gagner le prix. M'attaquant impétueusement au cher mystère si loin de nous, je désire, moi qui suis sage, que les autres poètes les contemplent aussi, tous ensemble. Adresse-toi donc aux puissantes générations des poètes qui t'ont précédé, d'un esprit ferme en gens habiles vous avez charpenté le ciel. Ils te répondront, ces impulsions qui croissent en toi, les voici qui viennent à toi comme il est normal, gagnées par ton esprit.
Alors on va voir une autre explication possible à la création de ce monde et de cet univers. Le Dieu qui, offrant en noblation tous les mondes que voici, s'y est installé pour nous en tant que prophète, prêtre et père. C'est celui qui, désirant la richesse grâce à la prière, vint s'installer chez les gens d'aujourd'hui, occultant ceux qui les avaient précédés. Quel fut donc l'emplacement ? Quel le support ? Et comment fut-il mis en place ce support ? À partir de quoi Visvakarman, créant la terre, découvrit le ciel grâce à sa puissance, lui qui voit toute chose ? Il regarde de tous côtés. Il fait face de toutes parts, ses bras agissant partout. Partout ses pieds travaillant, de ses deux bras s'aidant. Des ailes du soufflet y soudent l'un à l'autre le ciel et la terre, les engendrant ainsi lui le Dieu unique. Quel fut donc le bois ? Quel arbre ? À partir de quoi on a façonné le ciel et la terre ? Vous qui êtes capables de réflexion, demandez-vous en y réfléchissant ce qu'était l'emplacement. de Vishvakarman lorsqu'il instituait les mondes. Voilà, nous poursuivons Clarence avec un autre petit texte, une autre explication de la création du monde.
À mille têtes, l'homme, à mille yeux, à mille pieds, après avoir couvert la terre de tous côtés, il l'a dépassé encore de dix doigts. L'homme, certes, est cet univers tout entier, ce qui fut et ce qui sera. Il est le maître aussi de l'immortalité qu'il dépasse grâce à la nourriture qu'il reçoit. Si grande soit sa mesure, il est davantage encore l'homme. Tout ce qui existe forme un quartier de lui. Le domaine immortel, là-haut, dans le ciel, forme les trois autres quartiers. C'est qu'il est monté là-haut avec trois quartiers, cependant que le quatrième reprenait naissance ici-bas. À partir de celui-ci, il s'est répandu en tous sens, vers ceux qui mangent, et ce qui ne mange pas. Et un dernier, c'est ça ?
Non, je crois qu'il y en a un qu'on avait oublié. On peut peut-être le retrouver, je crois qu'on en a passé un. On est passé vite, donc ça, on a lu ça, et je crois que c'est celui-ci qu'on a pas lu. Occulté, voilà, exactement. C'est ça.
Tu veux le lire ? Je le lise. Je peux le lire et puis tu termines avec le dernier ?
On y va, donc on relit une nouvelle explication de la création du monde.
Le dieu qui dès sa naissance fut le premier par la pensée, le dieu qui domina les autres, dieu de son intelligence, le dieu dont les deux masses cosmiques ont craint la fougue tant est grande sa force héroïque, ce dieu-là, homme, c'est Indra. Le Dieu qui a fermi la terre vacillante, apaisa les montagnes agitées, fit plus vaste l'espace médian et étaya le ciel, ce Dieu-là, homme, c'est Indra. Le Dieu qui fit couler les sept rivières après avoir tué le dragon, le Dieu qui fit sortir les vaches après avoir ouvert la caverne de Vala, le Dieu qui engendra Annie entre les deux pierres et qui dans les batailles a remporté le prix, ce Dieu-là, homme, c'est Indra. Le dieu par qui tout ce qui existe a été mis en branle, le dieu qui a abaissé et relégué la race des Daza, qui, tel un joueur heureux raflant une fortune, a pris les richesses de l'ennemi, ce dieu-là, homme, c'est Indra. Ce dieu terrible dont on s'est demandé où il réside, ce dieu dont on a dit aussi qu'il n'existe pas, c'est celui-là même qui amenuise les richesses de l'ennemi comme font les mauvais coups de dé. Placez en lui votre confiance. Ce dieu-là... Homme, c'est Indra. Voilà, et la fin ?
La toute fin. Alors c'est pas la fin parce qu'il y a plein de textes dans ce magnifique ouvrage de Jean Varenne qui s'appelle Cosmogonie Védique. Donc c'est un essai en fait, il parle des cosmogonies, comment on a voulu expliquer l'organisation et la mise en ordre du monde en fait. En opposition à un chaos, en fait, qui serait un non-né, un inexistant, en fait. Voilà. Et on va lire donc, c'est un extrait du Satapata Pramana. Voilà. C'est parti. Au commencement, il n'y avait que le non-être. À ce propos, on a demandé, qu'était-ce donc que ce non-être ? La réponse est... Au commencement, certes, les prophètes étaient le non-être. Et si l'on demande « mais qui sont ces prophètes ? » , il faut répondre « les prophètes, ce sont les souffles en vérité » . Quant à ce souffle vital qui est au milieu des autres, c'est Indra. Ces souffles, à partir de la place centrale qui l'occupait, il les alluma grâce à sa propre nature. Et puisqu'il les avait allumés, il est l'allumeur. Mais cet allumeur, on l'appelle d'un nom occulte, Indra. Car les dieux aiment l'occulte. Ainsi allumés, les souffles créèrent séparément sept personnages. Ils dirent, étant tels que nous sommes, nous ne pouvons certes pas procréer. De ces sept personnages que nous sommes, faisons un seul. Ils firent de ces sept personnages qu'ils étaient un seul, une seule personne. Ils entassèrent deux au-dessus du nombril, deux autres en dessous du nombril, un d'un côté, un autre de l'autre, et le dernier fut le point d'appui de l'ensemble. Et ce qu'il y avait de splendeur, ce qu'il y avait de sève dans ces sept personnages, ils le rassemblèrent tout en haut. du corps du personnage unique. Cet homme cosmique devint Pratyapati. Mais cet homme cosmique qui devint Pratyapati, c'était en réalité ce feu dont l'autel est en construction. Oui, le feu, c'est cet homme septuple, car l'homme cosmique est fait des sept personnages réunis en un seul. Quatre forme son tronc, trois, les deux ailes et la queue. En effet, l'autel du feu, ayant la forme d'un aigle, possède un tronc en quatre parties, deux ailes et une queue, etc. Et là, c'est un peu une description de l'autel pour l'oblation au dieu. On fait un autel pour faire une oblation au dieu.
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lectures de quelques cosmogonies védiques extraient de l'ouvrage du même nom de Jean Varenne ed-Les Belles Lettres
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Bienvenue dans notre podcast Isadora BC, le podcast où une comédienne et un poète partagent une tasse de café. La comédienne, c'est Clarence Massiani.
Bonjour.
Bonjour, Clarence. Et le poète, forcément, c'est moi, Régis. Voilà.
Bonjour, Régis.
Alors aujourd'hui, on va parler... On va parler des histoires, raconter des histoires, donner du sens, expliquer les choses, comme l'humain l'a toujours fait, depuis la nuit des temps. Et la première question, c'est qui sommes-nous, d'où venons-nous ? Voilà, c'était les grandes questions philosophiques. Et de tout temps, l'homme a essayé de donner du sens à cette création qui était la sienne. D'où est-ce que nous venons ? On a forcément raconté des tas d'histoires. Et on va très très loin. L'idée, c'est qu'on va aller en Inde. On va parler de cosmogonie. C'est-à-dire, comment est-ce que ce monde a vu le jour ? Comment est-il né ? C'est un livre que j'aime beaucoup, un livre de Jean Varenne, qui s'appelle « Cosmogonie védique » . Donc, on est vraiment dans l'hindouisme avec des tas d'histoires incroyables. Sur le début du monde. Et je vais commencer. Alors, c'est différents textes, évidemment, qui font un grand corpus dans le Rig Veda, mais on va commencer par celui-ci. Au commencement, cet univers n'était que ténèbre, non perçu, indistinct, inconcevable, inconnaissable. Il était, pour ainsi dire, endormi totalement. Alors ? Le Seigneur, existant par lui-même, quoique lui-même non manifesté, manifesta cet univers à commencer par les grands éléments, mettant en jeu son énergie créatrice. Il apparut dissipant les ténèbres. Lui, qui ne peut être saisi que par une intuition au-delà des sens, Parce qu'il est subtil, non manifesté, éternel, lui, l'inconcevable, qui rassemble en lui-même tous les éléments constitutifs de l'univers, il resplendit au commencement grâce à sa propre lumière. Voilà, on va passer à un autre... texte, un autre type de texte. Je commence là ? Tu commences. C'est des strophes à chaque fois. Tu en lis quelques-unes pour donner un petit peu une idée, une ambiance.
Tel un charpentier concevant son ouvrage, j'émurie mon inspiration prêt à m'élancer comme le coursier bien entraîné qui va gagner le prix. M'attaquant impétueusement au cher mystère si loin de nous, je désire, moi qui suis sage, que les autres poètes les contemplent aussi, tous ensemble. Adresse-toi donc aux puissantes générations des poètes qui t'ont précédé, d'un esprit ferme en gens habiles vous avez charpenté le ciel. Ils te répondront, ces impulsions qui croissent en toi, les voici qui viennent à toi comme il est normal, gagnées par ton esprit.
Alors on va voir une autre explication possible à la création de ce monde et de cet univers. Le Dieu qui, offrant en noblation tous les mondes que voici, s'y est installé pour nous en tant que prophète, prêtre et père. C'est celui qui, désirant la richesse grâce à la prière, vint s'installer chez les gens d'aujourd'hui, occultant ceux qui les avaient précédés. Quel fut donc l'emplacement ? Quel le support ? Et comment fut-il mis en place ce support ? À partir de quoi Visvakarman, créant la terre, découvrit le ciel grâce à sa puissance, lui qui voit toute chose ? Il regarde de tous côtés. Il fait face de toutes parts, ses bras agissant partout. Partout ses pieds travaillant, de ses deux bras s'aidant. Des ailes du soufflet y soudent l'un à l'autre le ciel et la terre, les engendrant ainsi lui le Dieu unique. Quel fut donc le bois ? Quel arbre ? À partir de quoi on a façonné le ciel et la terre ? Vous qui êtes capables de réflexion, demandez-vous en y réfléchissant ce qu'était l'emplacement. de Vishvakarman lorsqu'il instituait les mondes. Voilà, nous poursuivons Clarence avec un autre petit texte, une autre explication de la création du monde.
À mille têtes, l'homme, à mille yeux, à mille pieds, après avoir couvert la terre de tous côtés, il l'a dépassé encore de dix doigts. L'homme, certes, est cet univers tout entier, ce qui fut et ce qui sera. Il est le maître aussi de l'immortalité qu'il dépasse grâce à la nourriture qu'il reçoit. Si grande soit sa mesure, il est davantage encore l'homme. Tout ce qui existe forme un quartier de lui. Le domaine immortel, là-haut, dans le ciel, forme les trois autres quartiers. C'est qu'il est monté là-haut avec trois quartiers, cependant que le quatrième reprenait naissance ici-bas. À partir de celui-ci, il s'est répandu en tous sens, vers ceux qui mangent, et ce qui ne mange pas. Et un dernier, c'est ça ?
Non, je crois qu'il y en a un qu'on avait oublié. On peut peut-être le retrouver, je crois qu'on en a passé un. On est passé vite, donc ça, on a lu ça, et je crois que c'est celui-ci qu'on a pas lu. Occulté, voilà, exactement. C'est ça.
Tu veux le lire ? Je le lise. Je peux le lire et puis tu termines avec le dernier ?
On y va, donc on relit une nouvelle explication de la création du monde.
Le dieu qui dès sa naissance fut le premier par la pensée, le dieu qui domina les autres, dieu de son intelligence, le dieu dont les deux masses cosmiques ont craint la fougue tant est grande sa force héroïque, ce dieu-là, homme, c'est Indra. Le Dieu qui a fermi la terre vacillante, apaisa les montagnes agitées, fit plus vaste l'espace médian et étaya le ciel, ce Dieu-là, homme, c'est Indra. Le Dieu qui fit couler les sept rivières après avoir tué le dragon, le Dieu qui fit sortir les vaches après avoir ouvert la caverne de Vala, le Dieu qui engendra Annie entre les deux pierres et qui dans les batailles a remporté le prix, ce Dieu-là, homme, c'est Indra. Le dieu par qui tout ce qui existe a été mis en branle, le dieu qui a abaissé et relégué la race des Daza, qui, tel un joueur heureux raflant une fortune, a pris les richesses de l'ennemi, ce dieu-là, homme, c'est Indra. Ce dieu terrible dont on s'est demandé où il réside, ce dieu dont on a dit aussi qu'il n'existe pas, c'est celui-là même qui amenuise les richesses de l'ennemi comme font les mauvais coups de dé. Placez en lui votre confiance. Ce dieu-là... Homme, c'est Indra. Voilà, et la fin ?
La toute fin. Alors c'est pas la fin parce qu'il y a plein de textes dans ce magnifique ouvrage de Jean Varenne qui s'appelle Cosmogonie Védique. Donc c'est un essai en fait, il parle des cosmogonies, comment on a voulu expliquer l'organisation et la mise en ordre du monde en fait. En opposition à un chaos, en fait, qui serait un non-né, un inexistant, en fait. Voilà. Et on va lire donc, c'est un extrait du Satapata Pramana. Voilà. C'est parti. Au commencement, il n'y avait que le non-être. À ce propos, on a demandé, qu'était-ce donc que ce non-être ? La réponse est... Au commencement, certes, les prophètes étaient le non-être. Et si l'on demande « mais qui sont ces prophètes ? » , il faut répondre « les prophètes, ce sont les souffles en vérité » . Quant à ce souffle vital qui est au milieu des autres, c'est Indra. Ces souffles, à partir de la place centrale qui l'occupait, il les alluma grâce à sa propre nature. Et puisqu'il les avait allumés, il est l'allumeur. Mais cet allumeur, on l'appelle d'un nom occulte, Indra. Car les dieux aiment l'occulte. Ainsi allumés, les souffles créèrent séparément sept personnages. Ils dirent, étant tels que nous sommes, nous ne pouvons certes pas procréer. De ces sept personnages que nous sommes, faisons un seul. Ils firent de ces sept personnages qu'ils étaient un seul, une seule personne. Ils entassèrent deux au-dessus du nombril, deux autres en dessous du nombril, un d'un côté, un autre de l'autre, et le dernier fut le point d'appui de l'ensemble. Et ce qu'il y avait de splendeur, ce qu'il y avait de sève dans ces sept personnages, ils le rassemblèrent tout en haut. du corps du personnage unique. Cet homme cosmique devint Pratyapati. Mais cet homme cosmique qui devint Pratyapati, c'était en réalité ce feu dont l'autel est en construction. Oui, le feu, c'est cet homme septuple, car l'homme cosmique est fait des sept personnages réunis en un seul. Quatre forme son tronc, trois, les deux ailes et la queue. En effet, l'autel du feu, ayant la forme d'un aigle, possède un tronc en quatre parties, deux ailes et une queue, etc. Et là, c'est un peu une description de l'autel pour l'oblation au dieu. On fait un autel pour faire une oblation au dieu.
un feu sacré merci beaucoup Régis de nous faire découvrir ces cosmogonies védiques de Jean Varenne et maintenant que le monde est créé nous pouvons exister et nous vous souhaitons une bonne journée et à très bientôt
Description
lectures de quelques cosmogonies védiques extraient de l'ouvrage du même nom de Jean Varenne ed-Les Belles Lettres
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans notre podcast Isadora BC, le podcast où une comédienne et un poète partagent une tasse de café. La comédienne, c'est Clarence Massiani.
Bonjour.
Bonjour, Clarence. Et le poète, forcément, c'est moi, Régis. Voilà.
Bonjour, Régis.
Alors aujourd'hui, on va parler... On va parler des histoires, raconter des histoires, donner du sens, expliquer les choses, comme l'humain l'a toujours fait, depuis la nuit des temps. Et la première question, c'est qui sommes-nous, d'où venons-nous ? Voilà, c'était les grandes questions philosophiques. Et de tout temps, l'homme a essayé de donner du sens à cette création qui était la sienne. D'où est-ce que nous venons ? On a forcément raconté des tas d'histoires. Et on va très très loin. L'idée, c'est qu'on va aller en Inde. On va parler de cosmogonie. C'est-à-dire, comment est-ce que ce monde a vu le jour ? Comment est-il né ? C'est un livre que j'aime beaucoup, un livre de Jean Varenne, qui s'appelle « Cosmogonie védique » . Donc, on est vraiment dans l'hindouisme avec des tas d'histoires incroyables. Sur le début du monde. Et je vais commencer. Alors, c'est différents textes, évidemment, qui font un grand corpus dans le Rig Veda, mais on va commencer par celui-ci. Au commencement, cet univers n'était que ténèbre, non perçu, indistinct, inconcevable, inconnaissable. Il était, pour ainsi dire, endormi totalement. Alors ? Le Seigneur, existant par lui-même, quoique lui-même non manifesté, manifesta cet univers à commencer par les grands éléments, mettant en jeu son énergie créatrice. Il apparut dissipant les ténèbres. Lui, qui ne peut être saisi que par une intuition au-delà des sens, Parce qu'il est subtil, non manifesté, éternel, lui, l'inconcevable, qui rassemble en lui-même tous les éléments constitutifs de l'univers, il resplendit au commencement grâce à sa propre lumière. Voilà, on va passer à un autre... texte, un autre type de texte. Je commence là ? Tu commences. C'est des strophes à chaque fois. Tu en lis quelques-unes pour donner un petit peu une idée, une ambiance.
Tel un charpentier concevant son ouvrage, j'émurie mon inspiration prêt à m'élancer comme le coursier bien entraîné qui va gagner le prix. M'attaquant impétueusement au cher mystère si loin de nous, je désire, moi qui suis sage, que les autres poètes les contemplent aussi, tous ensemble. Adresse-toi donc aux puissantes générations des poètes qui t'ont précédé, d'un esprit ferme en gens habiles vous avez charpenté le ciel. Ils te répondront, ces impulsions qui croissent en toi, les voici qui viennent à toi comme il est normal, gagnées par ton esprit.
Alors on va voir une autre explication possible à la création de ce monde et de cet univers. Le Dieu qui, offrant en noblation tous les mondes que voici, s'y est installé pour nous en tant que prophète, prêtre et père. C'est celui qui, désirant la richesse grâce à la prière, vint s'installer chez les gens d'aujourd'hui, occultant ceux qui les avaient précédés. Quel fut donc l'emplacement ? Quel le support ? Et comment fut-il mis en place ce support ? À partir de quoi Visvakarman, créant la terre, découvrit le ciel grâce à sa puissance, lui qui voit toute chose ? Il regarde de tous côtés. Il fait face de toutes parts, ses bras agissant partout. Partout ses pieds travaillant, de ses deux bras s'aidant. Des ailes du soufflet y soudent l'un à l'autre le ciel et la terre, les engendrant ainsi lui le Dieu unique. Quel fut donc le bois ? Quel arbre ? À partir de quoi on a façonné le ciel et la terre ? Vous qui êtes capables de réflexion, demandez-vous en y réfléchissant ce qu'était l'emplacement. de Vishvakarman lorsqu'il instituait les mondes. Voilà, nous poursuivons Clarence avec un autre petit texte, une autre explication de la création du monde.
À mille têtes, l'homme, à mille yeux, à mille pieds, après avoir couvert la terre de tous côtés, il l'a dépassé encore de dix doigts. L'homme, certes, est cet univers tout entier, ce qui fut et ce qui sera. Il est le maître aussi de l'immortalité qu'il dépasse grâce à la nourriture qu'il reçoit. Si grande soit sa mesure, il est davantage encore l'homme. Tout ce qui existe forme un quartier de lui. Le domaine immortel, là-haut, dans le ciel, forme les trois autres quartiers. C'est qu'il est monté là-haut avec trois quartiers, cependant que le quatrième reprenait naissance ici-bas. À partir de celui-ci, il s'est répandu en tous sens, vers ceux qui mangent, et ce qui ne mange pas. Et un dernier, c'est ça ?
Non, je crois qu'il y en a un qu'on avait oublié. On peut peut-être le retrouver, je crois qu'on en a passé un. On est passé vite, donc ça, on a lu ça, et je crois que c'est celui-ci qu'on a pas lu. Occulté, voilà, exactement. C'est ça.
Tu veux le lire ? Je le lise. Je peux le lire et puis tu termines avec le dernier ?
On y va, donc on relit une nouvelle explication de la création du monde.
Le dieu qui dès sa naissance fut le premier par la pensée, le dieu qui domina les autres, dieu de son intelligence, le dieu dont les deux masses cosmiques ont craint la fougue tant est grande sa force héroïque, ce dieu-là, homme, c'est Indra. Le Dieu qui a fermi la terre vacillante, apaisa les montagnes agitées, fit plus vaste l'espace médian et étaya le ciel, ce Dieu-là, homme, c'est Indra. Le Dieu qui fit couler les sept rivières après avoir tué le dragon, le Dieu qui fit sortir les vaches après avoir ouvert la caverne de Vala, le Dieu qui engendra Annie entre les deux pierres et qui dans les batailles a remporté le prix, ce Dieu-là, homme, c'est Indra. Le dieu par qui tout ce qui existe a été mis en branle, le dieu qui a abaissé et relégué la race des Daza, qui, tel un joueur heureux raflant une fortune, a pris les richesses de l'ennemi, ce dieu-là, homme, c'est Indra. Ce dieu terrible dont on s'est demandé où il réside, ce dieu dont on a dit aussi qu'il n'existe pas, c'est celui-là même qui amenuise les richesses de l'ennemi comme font les mauvais coups de dé. Placez en lui votre confiance. Ce dieu-là... Homme, c'est Indra. Voilà, et la fin ?
La toute fin. Alors c'est pas la fin parce qu'il y a plein de textes dans ce magnifique ouvrage de Jean Varenne qui s'appelle Cosmogonie Védique. Donc c'est un essai en fait, il parle des cosmogonies, comment on a voulu expliquer l'organisation et la mise en ordre du monde en fait. En opposition à un chaos, en fait, qui serait un non-né, un inexistant, en fait. Voilà. Et on va lire donc, c'est un extrait du Satapata Pramana. Voilà. C'est parti. Au commencement, il n'y avait que le non-être. À ce propos, on a demandé, qu'était-ce donc que ce non-être ? La réponse est... Au commencement, certes, les prophètes étaient le non-être. Et si l'on demande « mais qui sont ces prophètes ? » , il faut répondre « les prophètes, ce sont les souffles en vérité » . Quant à ce souffle vital qui est au milieu des autres, c'est Indra. Ces souffles, à partir de la place centrale qui l'occupait, il les alluma grâce à sa propre nature. Et puisqu'il les avait allumés, il est l'allumeur. Mais cet allumeur, on l'appelle d'un nom occulte, Indra. Car les dieux aiment l'occulte. Ainsi allumés, les souffles créèrent séparément sept personnages. Ils dirent, étant tels que nous sommes, nous ne pouvons certes pas procréer. De ces sept personnages que nous sommes, faisons un seul. Ils firent de ces sept personnages qu'ils étaient un seul, une seule personne. Ils entassèrent deux au-dessus du nombril, deux autres en dessous du nombril, un d'un côté, un autre de l'autre, et le dernier fut le point d'appui de l'ensemble. Et ce qu'il y avait de splendeur, ce qu'il y avait de sève dans ces sept personnages, ils le rassemblèrent tout en haut. du corps du personnage unique. Cet homme cosmique devint Pratyapati. Mais cet homme cosmique qui devint Pratyapati, c'était en réalité ce feu dont l'autel est en construction. Oui, le feu, c'est cet homme septuple, car l'homme cosmique est fait des sept personnages réunis en un seul. Quatre forme son tronc, trois, les deux ailes et la queue. En effet, l'autel du feu, ayant la forme d'un aigle, possède un tronc en quatre parties, deux ailes et une queue, etc. Et là, c'est un peu une description de l'autel pour l'oblation au dieu. On fait un autel pour faire une oblation au dieu.
un feu sacré merci beaucoup Régis de nous faire découvrir ces cosmogonies védiques de Jean Varenne et maintenant que le monde est créé nous pouvons exister et nous vous souhaitons une bonne journée et à très bientôt
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