- Speaker #0
« Bienvenue dans notre podcast Isadora BC, le podcast où une comédienne et un poète échangent autour d'une tasse de café. La comédienne, c'est Clarence Mattiani et le poète, c'est Régis Dequet. Bonjour Régis. »
- Speaker #1
« Bonjour Clarence. »
- Speaker #0
« Alors Régis, tu vas sortir un ouvrage de poésie inspiré par une photo. » que tu as prise le 5 janvier 2019 dans un fast-food. On n'y voit pas un hamburger ou des frites, comme on pourrait voir sur les photos de nourriture qui circulent entre amis, mais un sol rouge et jaune. Cette photo est d'ailleurs un peu énigmatique, car à première vue, ce n'est pas évident d'y deviner un sol. Cela pourrait être un mur, ou un morceau de carrelage qui pourrait se situer n'importe où. Bon, j'ai pensé que ce ne serait pas dans une piscine, parce qu'il serait à ce moment-là peut-être bleu ou blanc. Mais la particularité de cette photo, c'est que non seulement elle est profondément banale, mais les couleurs sont quand même assez laides. Et ma première question est, qu'est-ce qui, en premier lieu, t'a poussé à prendre cette photo ? Et ensuite ? Est-ce que tu en as pris d'autres ?
- Speaker #1
Alors, ce qui m'a poussé à prendre cette photo, c'est déjà qu'effectivement, il était assez curieux. Donc, je précise que c'est un sol, effectivement, c'est le sol d'un fast-food. Et c'était assez curieux de voir d'un côté, tout un côté jaune, tout un côté rouge. On aurait pu imaginer faire un damier, enfin plein d'autres choses. Et là, pas du tout. Ils ont mis tous les jaunes d'un côté, tous les rouges de l'autre. C'est assez curieux. Ça m'a interloqué. J'ai pris cette photo. Est-ce que j'ai pris d'autres photos à d'autres moments ? Bien sûr. Sur 66 routes, par exemple, la photo de couverture, c'est une photo que j'avais prise moi-même, effectivement. C'est mon ombre, en fait. Mais en promenant mon chien, le soir, je fais le tour du quartier, c'est la nuit, les réverbères sont allumés. Et tout d'un coup, j'ai trouvé ça intéressant. Parce qu'avec la photo, l'ouverture, la lumière, etc., ça donne une espèce d'effet jaunâtre. Et c'est une photo où je traverse un passage piéton qu'on ne reconnaît pas du tout, puisqu'en fait, c'est une ombre avec des espèces de zones un peu blanches. Ça m'arrive de temps à autre de prendre des photos assez étranges qui m'interpellent.
- Speaker #0
D'accord, mais ce que je voulais savoir particulièrement, c'est est-ce que tu as pris d'autres photos le jour où tu as pris la photo du sol ?
- Speaker #1
Absolument pas.
- Speaker #0
C'est la seule photo que tu as écrite toujours là. Voilà,
- Speaker #1
j'étais là et j'ai pris cette photo parce que je trouvais ça curieux.
- Speaker #0
D'accord, ok. Ma deuxième question, c'est, savais-tu que tu écrirais un ouvrage à partir de cette photo tout de suite, en la prenant, ou est-ce que cela t'est venu plus tard ? Ou bien, pardon, ma question n'est pas terminée, as-tu choisi cette photo au hasard et tu as écrit ? Bon, voilà, tu réponds comme tu veux, mais est-ce que tu as su ça tout de suite ? quand tu as pris la photo que tu allais écrire plus tard ou est-ce que tu l'as choisie à un moment donné et tu as écrit ?
- Speaker #1
Alors, pour répondre clairement, non. Quand j'ai pris la photo, je ne pensais pas du tout écrire quoi que ce soit dessus. À vrai dire, je ne me rappelle pas exactement. C'est-à-dire que pourquoi je l'ai choisie, celle-là, j'imagine qu'un jour, j'ai dû regarder dans mon téléphone, puisque ça a été pris avec un téléphone, les photos que j'avais, parce que j'ai des tas de photos un peu curieuses, aussi bien... des fleurs fanées dans un verre, des choses, d'un coup, je prends une photo, j'en ai, voilà, plein des photos. Et là, c'était sans doute l'envie de partir d'une photo, effectivement. C'est-à-dire que c'est un peu une contrainte. Par exemple, dans 66 routes, j'ai une contrainte d'une liste de 66 mots. Là, pour l'inessentiel, la contrainte, c'était effectivement de partir d'une photo. Et ce qui m'avait intéressé, Merci. La photo, au départ, elle dit rien. En termes de sens, de ce que ça veut dire, c'est un peu curieux comme photo. Et j'ai trouvé que c'était intéressant de partir de ce type de photo-là.
- Speaker #0
Effectivement, je réalise que je n'ai pas dit comment s'appelait cet ouvrage de poésie, qui est donc l'inessentiel, mais on y reviendra. Je vais d'ailleurs lire le premier poème. qui s'intitule Absurde et qui pourrait peut-être être une explication de ton geste. Je dis peut-être parce que toi-même tu poses la question du pourquoi dans le poème. Alors je vais le lire et puis après je veux bien que tu nous en parles.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc Absurde, 5 janvier 2019. Mon téléphone portable a pris photographie du sol à l'endroit où je me trouvais à 13h06. Geste absurde, je sais. Laisser une trace, je sais. Jour et heure, mémoire du téléphone. Le sol est un carrelage, mosaïque. Carreau rouge et jaune vif. Disposition graphique, la couleur interroge, la disposition interroge. Un damier ? Alternance rouge-jaune, rouge-jaune, les couleurs ne se mélangent pas, face à face, comme deux armées distinctes, champ de bataille. Photo à 13h06, il fait faim, manger, pas seul, avec mon fils Emilio, la photo ne le dit pas. Un fast-food, 13h06, faim, photographie, seul, pourquoi ? Donc je veux bien... que tu nous en dises quelques mots.
- Speaker #1
Alors, comme tu le dis, est-ce que c'est une explication ? Oui, sans doute. C'est le premier poème de cette série. Donc, il y a une photo et 14 poèmes. C'est le premier poème et c'est une introduction, effectivement. Dans ce poème, on l'a bien entendu quand tu l'as lu, les phrases sont extrêmement courtes. C'est complètement saccadé. C'est les suites. C'est « il fait faim » , « manger » , « pas seul » . Voilà, donc, on a, en fait, les éléments. On a l'heure. Et ça, c'est grâce à la mémoire du téléphone, justement. Je le dis. On a l'heure, on a la date, mais tout d'un coup, on a un ensemble de choses que ne dit pas la photo. On comprend que je suis dans un fast-food, alors qu'au départ, la photo, on ne le sait pas. C'est un fast-food, on a l'heure, on a tout ça. Et puis, je ne suis pas seul, effectivement. Je photographie le sol. Pourquoi ? Oui, en apparence, on est dans quelque chose de totalement absurde. Mais cette absurdité... Elle est comme un miroir pour donner du sens, pour révéler quelque chose. Voilà un petit peu ce que je peux dire de ce poème.
- Speaker #0
D'accord. D'ailleurs, on peut lire sur la quatrième de couverture qu'à travers les poèmes se dessine une, je cite, « une méditation sur la technologie, la mémoire, la société de l'image, la perte du sens, où la réflexion glisse aussi vers le politique et l'écologique » . C'est un vaste programme. Mais plus sérieusement, ce que je trouve personnellement assez fort, c'est comment, à partir d'une photo, comme tu dis, et que l'on peut voir, si insignifiante telle qu'un sol carrelé, tu te plonges dans un ressassement du geste, du sol, dans toute une réflexion existentielle sur notre société et sur nos habitudes de photographier tout et parfois n'importe quoi. Alors ma question c'est, qu'est-ce qui t'a le plus inspiré pour écrire ? Est-ce la photo, le geste, la banalité du quotidien ? Ou est-ce que tu l'as simplement travaillé comme une contrainte à respecter scrupuleusement ?
- Speaker #1
J'ai envie de dire que c'est un petit peu tout. C'est-à-dire qu'effectivement au départ il y a une contrainte, c'est celle de parler de la photo en fait, mais de tout ce qui est non visible. La photo, elle montre ce qu'elle veut bien montrer, mais elle va désigner d'autres choses qu'on ne voit pas. C'est-à-dire qu'effectivement, c'est dans un fast-food, donc un fast-food, il est 13h06, donc on peut même penser que c'est presque un peu tard pour déjeuner. 13h06, il est 13h passé, bon, voilà. Un fast-food, c'est un endroit où effectivement, on mange rapidement. Ce n'est pas forcément un met de qualité. C'est un peu cette vie agitée qu'on a. Et puis les téléphones, oui, parce qu'on a tous un appareil photo dans notre téléphone maintenant. Et c'est prendre une photo du sol, pourquoi pas, plutôt que de se prendre soi-même. Il y a d'ailleurs un poème qui s'appelle « anti-selfie » , puisque c'est l'inverse du selfie. On ne prend pas, on se prend en photo, on prend son hamburger, sa glace, son cocktail, je ne sais quoi. Et là, tout d'un coup, on prend autre chose. Et le fait de prendre autre chose, c'est comme si ça ouvrait un chemin, ça ouvrait un pont vers un ailleurs. Et c'est cet ailleurs que j'essaye de traiter, puisque cet ailleurs, il est au cœur de nos existences. C'est la banalité, c'est ce qu'on ne voit pas. On a tous des rêves, peut-être inaccessibles ou pas, je ne sais pas. Mais dans le banalité, il y a aussi une richesse énorme. Et c'est un petit peu de cela que je voulais parler, en fait.
- Speaker #0
D'accord, merci. Est-ce que tu pourrais me lire un de tes poèmes, sauf le dernier, l'inessentiel, que l'on va garder pour plus tard ? Et ensuite, tu me diras pourquoi tu as choisi celui-ci.
- Speaker #1
D'accord. Alors, il y en a plusieurs qui sont chouettes. Il y en a 14.
- Speaker #0
J'espère que tu les aimes bien.
- Speaker #1
Je n'ai pas le droit de lire le dernier, donc je ne vais pas le lire. Donc, ça fait 13. Tu as déjà lu le premier, donc ça fait 12. Donc, on va sélectionner. Oui, il y en a deux que j'aime beaucoup, qui disent des choses que j'aime beaucoup.
- Speaker #0
Tu peux lire les deux si tu veux.
- Speaker #1
Oui, je ne sais pas, je ne vais peut-être pas lire les deux, mais comme ça, ça va. Parce que si on lit tout déjà, les gens ne vont pas acheter le livre. Non. Il y en a un que j'aime beaucoup, c'est En vol. Je pense que... Non, je vais lire Le fils. Le fils, voilà. J'expliquerai pourquoi après. Transmission père-fils. Le père prend la photo, le fils est là, pas sur la photo. Tous deux, debout, sur le carrelage, ne sont pas sur la photo. Attendre, dans le fast-food, là, sous nos pieds, le réel et l'irréel. Se nourrir devient poésie. Que transmettre, debout ? Sur le carrelage de la vie, que dire ? Se nourrir, s'éveiller, se tenir, sentir. Le ciel, le monde, mon fils, tout importe. Parfois le sol, il dit l'humain.
- Speaker #0
Super, merci. Tu peux nous en... Pourquoi tu as choisi celui-là ?
- Speaker #1
Alors, j'ai choisi ce livre, enfin, ce poème-là, parce que en fait, effectivement, c'est une idée de transmission. Donc là, c'est une transmission du père au fils. Mais au-delà de ça, c'est vraiment un message pour l'humanité, en fait. Quand je dis l'humain, oui, parce que je pourrais l'écrire pour mon fils, je pourrais l'écrire pour... Ma fille, je pourrais l'écrire pour ma femme, je pourrais l'écrire pour mes amis, pour mes voisins, pour tout le monde. L'idée, c'est ça, c'est cet espoir qu'il y a en nous, que tout humain porte en soi, et chaque moment, effectivement, est éventuellement porteur d'une poésie. Il suffit de savoir la voir, de savoir la lire, et c'est ce que je voulais dire, en fait. effectivement, même dans un monde où... L'émerveillement n'est pas au rendez-vous, parce que la vie, elle est dure, elle est de plus en plus exigeante, elle est de plus en plus difficile pour beaucoup. Parfois, derrière cette apparente dureté, cette apparente difficulté, derrière la banalité, il y a de la poésie, il y a de l'espoir, et c'est un petit peu ce que je voulais montrer. si j'ai un... Un message, en tout cas, à transmettre, c'est celui-ci.
- Speaker #0
D'accord. Je remarquais que ce livre a une graphie particulière. Est-ce que tu peux nous la décrire et nous dire ce choix ?
- Speaker #1
Oui. Alors, je sais que tu n'aimes pas beaucoup cette graphie. En fait, l'idée, c'est ce qu'on appelle le verre libre, qui permet de disposer les phrases... avec des espaces un peu curieux, etc. Donc, il y a un aspect visuel. C'est-à-dire qu'il y a un aspect visuel qui va, de manière volontaire, casser la linéarité classique de l'écriture et de la typographie. Moi, je sais que tu aimes bien les pavés, etc. Moi, j'aime bien que les textes soient aérés. Donc, voilà, l'idée, c'était d'aérer et en même temps de créer des rythmes. en fait Il y a un côté musical, c'est-à-dire pour moi, quand j'écris, il y a une idée de musicalité, mais qui m'est propre. Et effectivement, parfois, j'ai envie de la transmettre de manière visuelle. Surtout qu'il y a dans cet ouvrage, il y a plein de moments où le texte est un peu saccadé, il est ramené au minimum. Par exemple, il y a un poème qui est assez amusant. C'est un peu comme s'il y avait différentes colonnes.
- Speaker #0
Avec bouleversement, c'est ça ?
- Speaker #1
Non, celui-là, il est marrant, mais effectivement, il fonctionne aussi. Non, si je pense à la délimitation.
- Speaker #0
Oui, où on peut le lire de différentes faces. Voilà,
- Speaker #1
on peut le lire, on ne sait pas si c'est à la suite ou pas, mais en fait, tu peux le lire dans n'importe quel sens, ça fonctionne. Et c'est ça qui est amusant. Il y en a plusieurs comme ça, où le sens, on peut lire dans le sens qu'on veut, presque. Moi, j'ai trouvé ça assez... Assez amusant, ça garde du sens, ça permet pourquoi pas plusieurs lectures. Voilà, donc je trouvais que c'était... Il y a quelque chose de l'ordre du jeu à nouveau dans ce recueil, comme dans d'autres d'ailleurs. Mais voilà, il y a aussi une forme d'amusement, il y a quelque chose de ludique.
- Speaker #0
Alors ton ouvrage s'intitule L'Inessentiel. Il y a un poème qui s'appelle L'Inessentiel. J'aimerais le lire si tu veux bien. Et après, je te poserai une question. Ça te va ?
- Speaker #1
Très bien, oui.
- Speaker #0
Donc, L'Inessentiel. Vomi par les orbites de l'absolu, aveugle à notre détresse, les dieux ont fui les ravages de la foi, nous laissant seuls face au linceul. Casse-gueule. Le carrelage bicéphale entonne, entonne le champ du sol. L'inutile frétille, la para pétille. Voilà le sacre des dieux morts, exergue des héros corrompus. Adeptes des réseaux sociaux qui fondent les opinions, qui creusent l'abêtissement de peuples esservelés, attisant les haines. Saisissant les rênes du pouvoir. Philosopher sur le carrelage des fast-foods, interroger la fin d'une civilisation, vivre la sixième extinction de masse, observer le retour des régimes autocrates, détruire les forêts, plastifier les océans, dérégler le climat, enrichir les riches, appauvrir les pauvres, créer des villes invivables. Il y a beaucoup à faire pour célébrer l'inessentiel. Cette substance comme un miel délicieuse, tel un fiel, une vie artificielle pour une économie concurrentielle. La poésie a flétri dans les décombres de l'avidité. Arthur Rimbaud nous l'avait dit, elle est perdue l'éternité. Voilà le temps des finitudes qui engendrent les certitudes, nous enchaînent aux servitudes. Servir. Servir l'inessentiel pour un destin providentiel. un désir sacrificiel et un prélèvement trimestriel. L'économie de marché nous apprendra à marcher, recevoir un courriel sous les aisselles qui dira la vérité universelle. Sois-tu loué l'inesentiel, que les kirgales chériront dans les assemblées ministérielles, les comités confraternels, tous ceux qui lavent leur cervelle au flux des médias conventionnels. Les oligarques... que tiennent la baraque, les opprimés sont brimés, les mal logés sont comprimés, les mal nourris sont affamés, les mal aimés sortent grimés. Certains sont décimés, d'autres sont périmés, oui, mais, mais oui, finis les révoltes du mois de mai. L'inessentiel en écouteurs, pendu à nos oreilles, chacun branché sur sa douleur. Alors, j'avais préparé comme question, j'avais envie de te demander, qu'est-ce que c'est pour toi l'inessentiel ? Alors, est-ce que tu veux répondre par rapport à ton ouvrage ou peut-être dire quelques mots sur ce poème ?
- Speaker #1
Je crois qu'il est assez clair le poème. Mais effectivement, dès le début, en fait, ça commence par ces quelques vers. Ou vomi par les orbites de l'absolu, aveugle à notre détresse, les dieux ont fui les ravages de la foi, nous les sans seul. Depuis Nietzsche, Dieu est mort, il y a cette idée et on voit qu'aujourd'hui, la foi est souvent dévastatrice, mortifère. On le voit dans une multitude de conflits ici et là. Donc, la réponse qu'on pouvait en attendre de cette spiritualité, on va dire... éventuelle, elle n'est plus là. Elle n'est plus là, ça a porté l'humanité pendant longtemps, mais ça n'est plus le cas. Et face à cela, on a une espèce d'avidité technocratique, capitaliste, qui est là et qui nous malmène. La question, elle est de dire qu'est-ce qui est important, qu'est-ce qui est essentiel ? Et je n'ai pas voulu répondre à cela. Par contre, j'ai voulu dire, bah oui on est tous là gaiement à célébrer ce qui n'a aucun sens, ce qui ne va nulle part donc voilà chacun branché sur sa douleur, c'est un peu on va dire une espèce de naufrage De l'humanité, en fait, que je constate, simplement. Je ne suis pas non plus totalement, on va dire, désespéré. Oui, je ne suis pas désespéré, mais justement, le fait de pouvoir en parler, je ne pense pas que ce soit désespérant et que ce soit triste. Non, il y a un chaos. Soyons joyeusement dans ce chaos. Et puis, peut-être qu'il y aura une issue quelque part. Je ne sais pas.
- Speaker #0
Tu as déjà écrit plusieurs ouvrages, que je rappelle. Procréation, Le quotidien effacé, 66 routes. Comment est-ce que tu as inscrit celui-ci dans ton parcours d'écrivain et de poète ?
- Speaker #1
C'est le quatrième. Si je peux dire deux, trois mots, Procréation et Le quotidien effacé, déjà, on ne peut plus les trouver ces livres-là. Ils sont épuisés, ils ne sont plus édités, donc c'est terminé. Je les ai écrits il y a longtemps. Et les deux derniers, il y a eu un grand laps de temps. Le 66 août, c'est un moment donné où j'ai à nouveau réécrit, en tout cas édité. Et l'inessentiel, il vient. Alors, l'inessentiel, la photo, elle était prise en 2019. Et je l'ai écrit à peu près en même temps que 66 août. Il était dans mes archives. Il était prêt. Il y a d'autres livres qui sont en préparation, sur lesquels je travaille. Je ne suis pas pressé, je n'ai pas de date butoir de quoi que ce soit. Mais voilà, ça me faisait plaisir de le faire, celui-ci. Je le trouve assez sympa, assez rigolo. Une espèce de variation, comme ça, de chant choral. Et effectivement, dans ma trajectoire d'écriture, j'ai envie de dire... Moi, il me rappelle le deuxième, un peu. C'est-à-dire que le deuxième... le quotidien effacé, déjà, il y a l'idée du quotidien. Et là, on a encore l'idée de la banalité. Il y a quelque chose, il y a une forme de similitude, effectivement, de résonance. Et je pense qu'il est très court aussi, également. Et il y a toujours une recherche chez moi de l'absolu, de toute façon. Et on trouve un peu ça, le fait de parler de l'inessentiel, c'est montrer l'essentiel, effectivement. mais... Un petit peu comme dans le quotidien effacé, tout d'un coup, il y a cette opportunité que l'ordinaire, le quotidien révèle quelque chose d'autre, de plus vaste, de plus grand, de plus infini peut-être.
- Speaker #0
D'accord, écoute, merci beaucoup. Donc, l'Inessentiel, de Régis Dequet, aux éditions de Londres.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu sais quand est-ce que ça va sortir ?
- Speaker #1
En fait, c'est prévu la sortie pour le 15 février. 2026.
- Speaker #0
Et on pourra le trouver partout.
- Speaker #1
Il y a Amazon même, si vous voulez donner un peu d'argent à Jeff Bezos, il n'a peut-être pas assez. Autrement, vous commandez chez n'importe quel libraire.
- Speaker #0
D'accord, mais il faut attendre le 15 février.
- Speaker #1
Ah bah oui !
- Speaker #0
Très bien. Eh bien, en attendant, je te remercie, Régis, et puis je te dis à très bientôt !
- Speaker #1
A très bientôt, merci,
- Speaker #0
au revoir.