Description
Proposé par Experis, Leader Mondial des Services Technologiques.
https://www.linkedin.com/company/experisfrance/
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.








Description
Proposé par Experis, Leader Mondial des Services Technologiques.
https://www.linkedin.com/company/experisfrance/
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bon, imaginons un instant qu'on veuille construire une forteresse numérique.
Ouais, le genre de truc absolument impénétrable.
Exactement. Pour protéger, je sais pas, les secrets industriels les plus précieux d'une multinationale. Donc on investit des millions dans des pare-feux, dans du cryptage de très haut niveau, dans des coffres forts virtuels.
Jusque là, c'est le protocole standard.
C'est ça. Et ensuite, on réalise que les seules personnes capables de concevoir les plans et de verrouiller les portes... vivent à 8000 kilomètres de là, sous d'autres juridictions.
Ah oui, le grand paradoxe.
Voilà, c'est exactement le genre de dissonance cognitive, ce grand écart permanent qui frappe l'industrie technologique en ce moment. Et pour notre exploration du jour, on ne va pas juste effleurer la surface, on va vraiment plonger au cœur des données d'un rapport assez massif publié par Experis.
Le fameux rapport Perspective et enjeux des DSI en 2026.
C'est ça, on décortique un peu tout ça aujourd'hui.
Et il faut dire que le périmètre de cette étude, il est... colossale. En fait, on parle de données qui ont été récoltées entre janvier et mars 2026 auprès de 1930 décideurs haïtis.
Donc des DSI, des directeurs techniques, ce genre de profils.
Absolument. Des DSI, des CTO, des responsables de la sécurité. Et ça, répartis dans 12 pays différents. Donc, pour être clair, c'est pas un simple sondage d'opinion sur un coin de table.
Non, c'est clair.
C'est une véritable radiographie des centres nerveux de l'économie mondiale.
Et la mission pour cette plongée au cœur des données, c'est vraiment de décoder une fracture qui est invisible mais qui est béante. D'un côté, on a ce potentiel technologique brut.
Surtout avec l'intelligence artificielle en ce moment.
Avec l'IA en tête de gondole, oui, qui promet de tout révolutionner. Et de l'autre côté, on a la capacité réelle, douloureuse, organique des entreprises à l'exploiter vraiment.
C'est toujours le choc entre la théorie et la pratique.
Voilà. Et on va voir comment, de façon super ironique pour une époque hyper connectée comme la nôtre, c'est l'humain. C'est l'architecture humaine et pas l'architecture réseau qui décide de la survie d'une organisation. L'informatique, c'est plus juste le service qu'on appelle quand l'imprimante est bloquée, quoi.
Ah ça, c'est sûr. Et d'ailleurs, pour comprendre l'ampleur de ce séisme, il faut regarder le classement des angoisses de ces dirigeants.
Ce qui les empêche de dormir la nuit ?
Exactement. Qu'est-ce qui maintient un DSI éveillé à... à 3h du matin en 2026. Pendant toute la dernière décennie, la réponse, elle n'était pas vlovienne.
C'était les hackers.
Ouais, la cybersécurité, la peur absolue de l'intrusion. Mais les données de ce rapport révèlent une bascule qui est vraiment historique.
Et c'est justement la première statistique qui m'a fait bondir de ma chaise. Parce qu'avec les vagues de Rennes-aux-Moires qui paralysent des hôpitaux et des congoméras entiers toutes les semaines, on s'attend logiquement à ce que le blindage des serveurs soit la priorité absolue.
Ce serait le bon sens.
Eh bien non. pour qui vous êtes. Pour 48% des décideurs, donc près de la moitié, la priorité numéro 1, c'est l'alignement entre l'informatique et les objectifs métiers de l'entreprise.
C'est fascinant.
Ça surpasse la cybersécurité. En 2025, donc juste l'année d'avant, ce chiffre n'était que de 34%. Du coup, comment on explique qu'une notion aussi abstraite que l'alignement détrône la peur d'un piratage mortel ?
Si l'on relie cela à une vision plus globale, c'est parce qu'un piratage, aussi dévastateur soit-il, Ça paralyse temporairement l'entreprise. C'est une crise aiguë. Un défaut d'alignement, en revanche, ça la tue à petit feu.
C'est une maladie chronique.
C'est exactement ça. L'informatique n'est plus la salle des machines qui fait tourner le navire pendant que les dirigeants décident du cap. En fait, l'informatique est devenue le cap.
C'est un peu comme si le département IT construisait une Formule 1 ultra rapide, mais que les directeurs commerciaux ne savaient conduire qu'une boîte manuelle. Et qu'ils ignoraient même... l'existence de la piste.
C'est une super métaphore. Si tu places un moteur ultra puissant dans un châssis où la colonne de direction est complètement déconnectée des roues, toute cette puissance technologique sert rigoureusement à rien.
Pire, elle accélère le crash.
Voilà. Et la sécurité n'est pas moins importante. Attention. Mais les conséquences d'un mauvais alignement n'ont jamais été aussi mortelles. Et cette déconnexion est profonde.
Oui, parce que le rapport pointe que 61% des leaders tech, estiment que les autres membres de la direction générale ne comprennent tout simplement pas leur rôle.
C'est énorme. On passe de 49% en 2025 à 61%.
C'est une incompréhension totale. On a un conseil d'administration qui réclame la Lune et un directeur technique qui s'arrache les cheveux en retour. Qu'est-ce qui coince dans cette communication en fait ?
La friction, elle vient beaucoup du rythme de consommation de l'information. Un directeur financier ou un PDG va par exemple lire une série d'articles dits « tirambiques » sur l'IA générative dans la presse économique.
Et il va débarquer en disant « je veux ça pour demain » .
Exactement. Il va exiger un déploiement pour le trimestre suivant. Mais ce qu'il ne voit pas, c'est l'infrastructure souterraine. Il voit la pointe de l'iceberg, de l'innovation, mais il ignore la masse de gouvernance des données.
L'assainissement des bases, la conformité...
Voilà, tout le travail de l'ombre requis en amont. Donc le leader tech, il se retrouve à devoir jouer le rôle super ingrat du pare-choc de la réalité.
Et la réalité que les directions générales veulent entendre au final, c'est le retour sur investissement. Le fameux ROI.
Toujours le nerf de la guerre.
Bah oui ! Parce que face aux millions, voire aux milliards dépensés dans ces nouvelles technologies, l'IA en particulier, le management réclame des résultats concrets. Et là, les chiffres de 2026 sont super intéressants.
Vas-y, dis-nous.
54% des décideurs voient déjà un ROI positif sur l'IA. Donc plus de la moitié.
C'est pas mal du tout.
Ouais, mais quand on fouille un peu, on s'aperçoit que ce ne sont pas les IA omniscientes, dignes des films de science-fiction qui génèrent ce profit.
Ah bah non, le ROI massif. y provient de trucs beaucoup plus terre-à-terre. C'est l'industrialisation de tâches très spécifiques. En fait, les décideurs plébiscitent à 34% l'automatisation des processus, la RPA et les chatbots.
Et le cloud aussi, non ?
Oui, parallèlement, 41% d'entre eux rappellent que le cloud reste le fondement le plus rentable.
Arrêtons-nous juste une seconde sur ce terme de RPA. Parce que pour notre auditoire, ça peut sonner très mécanique, très obscur. Concrètement, Pourquoi un truc avec un nom pareil rapporte autant d'argent ?
Alors, pour bien comprendre la RPA, Robotic Process Automation, il faut imaginer des dizaines de collaborateurs humains dont le boulot consiste, 8 heures par jour, à ouvrir des pièces jointes.
Des PDF, ce genre de choses ?
Voilà, ouvrir des PDF, copier des numéros de facture et les coller dans un vieux système comptable. La RPA, ce sont simplement des scripts logiciels qui imitent ces clics et cette extraction de données.
Mais en beaucoup plus rapide.
C'est ça. Ils le font pour des milliers de documents en trois secondes et surtout sans jamais faire la moindre erreur de frappe. Donc c'est du rendement pur, immédiat.
D'accord, c'est hyper clair. Mais malgré ces succès qui sont très opérationnels, il y a une donnée qui vient vraiment jeter un froid dans le rapport.
Celle sur les investissements.
Exactement. 31% des leaders tech, donc les gens qui déploient la technologie sur le terrain, Il juge que les directions générales investissent de manière excessive dans l'IA ?
Près d'un tiers, oui.
C'est fou ! On a un tiers des experts qui disent limite arrêtez de nous donner autant d'argent pour ça. Est-ce qu'on n'est pas juste face à des directions générales qui jettent l'argent par les fenêtres sur tout ce qui porte l'étiquette IA juste par peur de rater le train ?
Tu mets le doigt dessus. C'est une panique totalement rationnelle d'un point de vue concurrentiel mais qui échoue d'un point de vue structurel.
Comment ça ?
Les directions jettent de l'argent sur des licences d'IA très chères. Sans avoir préparé la plomberie en amont. Si on branche un algorithme d'analyse prédictive de pointe sur un lac de données internes qui n'est pas à jour, qui est mal classé, bourré d'erreurs,
ça va planter.
l'IA va générer des hallucinations ou des analyses complètement fausses. Mais à la vitesse de l'éclair. C'est la fameuse loi du garbage in, garbage out. Tu rends des déchets, il en ressort des déchets.
Et ça, la technologie en elle-même, elle ne peut pas le résoudre. Ce qui m'amène d'ailleurs à l'étude de cas qui est peut-être la plus révélatrice de tout le monde. toute notre exploration. C'est celle sur la fusion de deux géants de la pharmacie.
Ah oui, ce cas est passionnant.
On a deux colosses qui fusionnent. Et pour que le succès soit au rendez-vous, il fallait unifier tous les systèmes financiers et logistiques mondiaux via un environnement SAP.
C'est un vrai cauchemar à orchestrer ça.
Sauf que la technologie SAP, elle existait. Elle fonctionne. Le problème, c'était les talons. Ils ont dû faire appel à Experis qui a mobilisé une force de frappe de 25 experts internationaux.
Ce qu'ils appellent les solutions Cross-border.
Exactement. Et ces 25 experts ont généré 35% d'économies sur le projet. Mais attends, 25 personnes pour deux géants pharmaceutiques mondiaux, ça paraît dérisoire, non ? Comment ils ont fait ?
En fait, l'impact ne se situe pas dans les lignes de code. Il est au niveau de l'ingénierie culturelle. Ces experts devaient harmoniser des architectures de données pensées par deux boîtes concurrentes.
Avec des cultures totalement différentes.
C'est ça. Standardiser un workflow d'achat entre une filiale en Asie et un siège en Europe, C'est de la diplomatie presque. Sans ces architectes transversaux, le projet se serait enlisé. Les 35% d'économies, ça vient du temps gagné en évitant les crashes de mise en œuvre opérationnelles.
Ce qui prouve que l'humain est vraiment le goulot d'étranglement de ces déploiements. Et du coup, ça soulève la grande question, puisque l'humain est si central, que se passe-t-il pour les emplois avec l'arrivée de l'IA ? Sommes-nous tous sur le point d'être remplacés ?
Eh bien, les données de 2026 viennent vraiment calmer le jeu là-dessus.
C'est rassurant.
Oui. Par rapport aux projections très alarmistes de 2025, on constate une vraie baisse des réductions d'effectifs liées à l'IA. En fait, les métiers évoluent plutôt qu'ils ne disparaissent.
Il y a d'ailleurs cette citation d'Emmanuel Freynard de chez Sanofi, qui est très juste dans le rapport. Il explique que l'IA devient un outil universel plutôt qu'un domaine réservé à une élite de spécialistes.
Exactement. C'est en train de se démocratiser à tous les étages.
Quand on y pense, c'est comme quand la calculatrice a été inventée. On n'a pas licencié les mathématiciens.
Bah non, ce serait absurde.
On leur a juste permis de faire des calculs beaucoup plus complexes. C'est pareil ici, non ?
C'est une très bonne analogie. L'IA générative, c'est la nouvelle calculatrice ou le nouveau compilateur. On demande aujourd'hui aux talents tech de combiner une vision purement technologique et une vision business.
On veut des profils hybrides en gros.
C'est ça, la complexité augmente. Mais, et c'est là qu'il y a un paradoxe super inquiétant, dans le rapport, on investit moins dans leur formation interne.
Attends, vraiment ?
Ouais. Seulement 58% des entreprises ont des programmes de développement des talents à haut potentiel, alors qu'on était à 63% l'année dernière.
Donc on exige des profils de plus en plus complexes, mais on coupe les budgets de formation interne. C'est complètement illogique.
C'est parce que les entreprises paniquent face à la vitesse du marché. Elles privilégient massivement le recrutement externe. Elles cherchent les moutons à cinq pattes, directement opérationnels sur le marché.
Ce qui crée une tension immense. Et c'est là que ça devient vraiment intéressant, parce que cette tendance à chercher des talents à l'extérieur, elle entre en collision frontale avec une autre priorité absolue, la cybersécurité et la souveraineté.
Oh que oui, là les chiffres sont assez fous.
Disons-le, la cybersécurité reste la compétence tech la plus recherchée. 46% des entreprises courent après. Pourtant, les formations internes en cyber sont en baisse, elles passent de 74 à 72%.
Ce qui a un impact direct sur le terrain. L'alignement de la stratégie de gestion des risques avec la maturité cyber chute aussi, de 77 à 72%.
Mais le vrai paradoxe majeur, l'éléphant dans la pièce, il est là. On a 81% des décideurs qui considèrent la souveraineté numérique comme une priorité. Garder le contrôle des données.
Logique.
Mais, dans le même temps, 67% d'entre eux prévoient d'accroître leur recours à des prestateurs offshore ou near-shore.
Et c'est là que ça coince.
C'est comme vouloir construire une forteresse impénétrable pour protéger ses secrets, mais embaucher des mercenaires basés à l'autre bout du monde pour en concevoir les plans et garder les portes. C'est absurde.
Cela soulève une question hyper importante sur ce qu'est vraiment la souveraineté aujourd'hui. Le rapport décortique le concept de « souveraineté numérique pragmatique » .
Pragmatique, ça veut dire quoi dans ce contexte ?
Ça veut dire qu'une souveraineté totale, le fait de tout contrôler soi-même, sur son propre territoire, C'est devenu... une illusion dans un monde interconnecté.
C'est un vœu pieux.
Totalement. Le pragmatisme, c'est de contrôler ce qui est absolument critique, comme les données sensibles ou le corps de métier, tout en acceptant la dépendance externe pour le reste, juste pour garder le rythme.
D'accord. Pourquoi accepter cette dépendance ?
Tout simplement parce que l'accélération technologique est devenue incontrôlable. C'est le défi numéro 1 pour 44% des décideurs. C'est une hausse énorme. On était à 34% en 2025.
Suivre le rythme de l'innovation, c'est devenu épuisant.
Surtout quand tu portes le fardeau du passé.
Le fameux Legacy. D'ailleurs, l'étude donne un exemple qui illustre parfaitement cette course contre la montre. L'histoire d'un organisme gouvernemental britannique.
Ah oui, un cas d'école.
Ils étaient littéralement paralysés par 60 applications complètement obsolèpes. Des systèmes Legacy. Et il a fallu l'intervention de 130 spécialistes IT d'Experis pour migrer tout ça vers le cloud, sur AWS.
Et le résultat de cette migration est dingue.
C'est ça. Le rapport indique que la contonérisation a réduit l'usage des ressources cloud de 79%, tout en doublant la performance des API. Mais il faut qu'on démystifie un peu ça.
Vas-y.
C'est quoi concrètement la contonérisation, pour que l'auditoire comprenne comment on peut faire plus, aller deux fois plus vite avec 79% de ressources en moins ?
Ce qui est fascinant ici, c'est le changement de paradigme. Avant, pour faire tourner une application, C'était comme si on louait un énorme camion de déménagement, juste pour transporter, disons, une petite boîte à chaussures.
Un gâchis monumental d'espace et d'énergie.
Exactement. Le moteur tourne à plein régime, ça coûte cher. La conteneurisation, c'est l'art d'emballer une application avec uniquement ce dont elle a besoin pour fonctionner. Juste le code, essentiel, sans tout le système d'exploitation lourd autour.
Donc on met la boîte à chaussures sur un vélo cargo hyper léger.
Voilà. Et du coup ? Sur le même serveur, tu peux empiler des milliers de ces petits containers au lieu de trois gros camions. D'où la baisse de 79% des ressources. C'est trop, c'est net.
C'est hyper malin. Et ça fait écho à une citation très forte dans le rapport, celle de Travis Bars de Discovery Education.
Qu'est-ce qu'il dit déjà ?
Il explique que la vraie question, ce n'est pas d'avoir peur d'être remplacé par l'IA, c'est la peur d'être dépassé par ceux qui sauront s'en servir.
C'est une nuance cruciale.
C'est ceux qui maîtriseront ces conteneurs, cette agilité, qui vont gagner.
En fait, pour synthétiser tout ce qu'on vient de voir, la technologie elle-même n'est plus vraiment défi principal en 2026. Tout s'achète, tout se loue.
C'est la... capacité humaine d'exécution qui compte.
Exactement. L'exécution, l'adaptation et la gouvernance. C'est ça qui fera la différence entre une boîte qui survit et une boîte qui coule.
Et c'est important de rappeler à ceux qui nous écoutent pourquoi ça les concerne directement. Même s'ils ne sont pas informaticiens. Chaque corps de métier, les RH, le marketing, la finance, va voir l'IA intégrer son quotidien.
Absolument. Tout le monde est touché.
Du coup, la compétence la plus précieuse à développer, ça sera l'apprentissage continu. Le rapport cite Et pour clôturer cette exploration,
j'aimerais partager une réflexion un peu provocatrice qui découle de tout ça.
Oh j'écoute !
Si l'IA finit, à terme, par démocratiser et automatiser toutes les compétences techniques complexes, le code, la gestion des serveurs, tout ça, la machine gérera la machine.
Ce qui est déjà un peu le cas avec l'IA générative.
Voilà, donc... Est-ce que le futur dirigeant IT de 2030 ne sera pas, ironiquement, quelqu'un issu des sciences humaines ? Un expert en empathie, en psychologie, en éthique, plutôt qu'un pur ingénieur en informatique ?
Un philosophe à la tête de la tech. C'est vrai que si la machine fait la technique, il ne reste que l'humain à gérer.
Exactement.
Eh bien, ça fait définitivement de quoi méditer jusqu'à notre prochaine exploration.
Description
Proposé par Experis, Leader Mondial des Services Technologiques.
https://www.linkedin.com/company/experisfrance/
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bon, imaginons un instant qu'on veuille construire une forteresse numérique.
Ouais, le genre de truc absolument impénétrable.
Exactement. Pour protéger, je sais pas, les secrets industriels les plus précieux d'une multinationale. Donc on investit des millions dans des pare-feux, dans du cryptage de très haut niveau, dans des coffres forts virtuels.
Jusque là, c'est le protocole standard.
C'est ça. Et ensuite, on réalise que les seules personnes capables de concevoir les plans et de verrouiller les portes... vivent à 8000 kilomètres de là, sous d'autres juridictions.
Ah oui, le grand paradoxe.
Voilà, c'est exactement le genre de dissonance cognitive, ce grand écart permanent qui frappe l'industrie technologique en ce moment. Et pour notre exploration du jour, on ne va pas juste effleurer la surface, on va vraiment plonger au cœur des données d'un rapport assez massif publié par Experis.
Le fameux rapport Perspective et enjeux des DSI en 2026.
C'est ça, on décortique un peu tout ça aujourd'hui.
Et il faut dire que le périmètre de cette étude, il est... colossale. En fait, on parle de données qui ont été récoltées entre janvier et mars 2026 auprès de 1930 décideurs haïtis.
Donc des DSI, des directeurs techniques, ce genre de profils.
Absolument. Des DSI, des CTO, des responsables de la sécurité. Et ça, répartis dans 12 pays différents. Donc, pour être clair, c'est pas un simple sondage d'opinion sur un coin de table.
Non, c'est clair.
C'est une véritable radiographie des centres nerveux de l'économie mondiale.
Et la mission pour cette plongée au cœur des données, c'est vraiment de décoder une fracture qui est invisible mais qui est béante. D'un côté, on a ce potentiel technologique brut.
Surtout avec l'intelligence artificielle en ce moment.
Avec l'IA en tête de gondole, oui, qui promet de tout révolutionner. Et de l'autre côté, on a la capacité réelle, douloureuse, organique des entreprises à l'exploiter vraiment.
C'est toujours le choc entre la théorie et la pratique.
Voilà. Et on va voir comment, de façon super ironique pour une époque hyper connectée comme la nôtre, c'est l'humain. C'est l'architecture humaine et pas l'architecture réseau qui décide de la survie d'une organisation. L'informatique, c'est plus juste le service qu'on appelle quand l'imprimante est bloquée, quoi.
Ah ça, c'est sûr. Et d'ailleurs, pour comprendre l'ampleur de ce séisme, il faut regarder le classement des angoisses de ces dirigeants.
Ce qui les empêche de dormir la nuit ?
Exactement. Qu'est-ce qui maintient un DSI éveillé à... à 3h du matin en 2026. Pendant toute la dernière décennie, la réponse, elle n'était pas vlovienne.
C'était les hackers.
Ouais, la cybersécurité, la peur absolue de l'intrusion. Mais les données de ce rapport révèlent une bascule qui est vraiment historique.
Et c'est justement la première statistique qui m'a fait bondir de ma chaise. Parce qu'avec les vagues de Rennes-aux-Moires qui paralysent des hôpitaux et des congoméras entiers toutes les semaines, on s'attend logiquement à ce que le blindage des serveurs soit la priorité absolue.
Ce serait le bon sens.
Eh bien non. pour qui vous êtes. Pour 48% des décideurs, donc près de la moitié, la priorité numéro 1, c'est l'alignement entre l'informatique et les objectifs métiers de l'entreprise.
C'est fascinant.
Ça surpasse la cybersécurité. En 2025, donc juste l'année d'avant, ce chiffre n'était que de 34%. Du coup, comment on explique qu'une notion aussi abstraite que l'alignement détrône la peur d'un piratage mortel ?
Si l'on relie cela à une vision plus globale, c'est parce qu'un piratage, aussi dévastateur soit-il, Ça paralyse temporairement l'entreprise. C'est une crise aiguë. Un défaut d'alignement, en revanche, ça la tue à petit feu.
C'est une maladie chronique.
C'est exactement ça. L'informatique n'est plus la salle des machines qui fait tourner le navire pendant que les dirigeants décident du cap. En fait, l'informatique est devenue le cap.
C'est un peu comme si le département IT construisait une Formule 1 ultra rapide, mais que les directeurs commerciaux ne savaient conduire qu'une boîte manuelle. Et qu'ils ignoraient même... l'existence de la piste.
C'est une super métaphore. Si tu places un moteur ultra puissant dans un châssis où la colonne de direction est complètement déconnectée des roues, toute cette puissance technologique sert rigoureusement à rien.
Pire, elle accélère le crash.
Voilà. Et la sécurité n'est pas moins importante. Attention. Mais les conséquences d'un mauvais alignement n'ont jamais été aussi mortelles. Et cette déconnexion est profonde.
Oui, parce que le rapport pointe que 61% des leaders tech, estiment que les autres membres de la direction générale ne comprennent tout simplement pas leur rôle.
C'est énorme. On passe de 49% en 2025 à 61%.
C'est une incompréhension totale. On a un conseil d'administration qui réclame la Lune et un directeur technique qui s'arrache les cheveux en retour. Qu'est-ce qui coince dans cette communication en fait ?
La friction, elle vient beaucoup du rythme de consommation de l'information. Un directeur financier ou un PDG va par exemple lire une série d'articles dits « tirambiques » sur l'IA générative dans la presse économique.
Et il va débarquer en disant « je veux ça pour demain » .
Exactement. Il va exiger un déploiement pour le trimestre suivant. Mais ce qu'il ne voit pas, c'est l'infrastructure souterraine. Il voit la pointe de l'iceberg, de l'innovation, mais il ignore la masse de gouvernance des données.
L'assainissement des bases, la conformité...
Voilà, tout le travail de l'ombre requis en amont. Donc le leader tech, il se retrouve à devoir jouer le rôle super ingrat du pare-choc de la réalité.
Et la réalité que les directions générales veulent entendre au final, c'est le retour sur investissement. Le fameux ROI.
Toujours le nerf de la guerre.
Bah oui ! Parce que face aux millions, voire aux milliards dépensés dans ces nouvelles technologies, l'IA en particulier, le management réclame des résultats concrets. Et là, les chiffres de 2026 sont super intéressants.
Vas-y, dis-nous.
54% des décideurs voient déjà un ROI positif sur l'IA. Donc plus de la moitié.
C'est pas mal du tout.
Ouais, mais quand on fouille un peu, on s'aperçoit que ce ne sont pas les IA omniscientes, dignes des films de science-fiction qui génèrent ce profit.
Ah bah non, le ROI massif. y provient de trucs beaucoup plus terre-à-terre. C'est l'industrialisation de tâches très spécifiques. En fait, les décideurs plébiscitent à 34% l'automatisation des processus, la RPA et les chatbots.
Et le cloud aussi, non ?
Oui, parallèlement, 41% d'entre eux rappellent que le cloud reste le fondement le plus rentable.
Arrêtons-nous juste une seconde sur ce terme de RPA. Parce que pour notre auditoire, ça peut sonner très mécanique, très obscur. Concrètement, Pourquoi un truc avec un nom pareil rapporte autant d'argent ?
Alors, pour bien comprendre la RPA, Robotic Process Automation, il faut imaginer des dizaines de collaborateurs humains dont le boulot consiste, 8 heures par jour, à ouvrir des pièces jointes.
Des PDF, ce genre de choses ?
Voilà, ouvrir des PDF, copier des numéros de facture et les coller dans un vieux système comptable. La RPA, ce sont simplement des scripts logiciels qui imitent ces clics et cette extraction de données.
Mais en beaucoup plus rapide.
C'est ça. Ils le font pour des milliers de documents en trois secondes et surtout sans jamais faire la moindre erreur de frappe. Donc c'est du rendement pur, immédiat.
D'accord, c'est hyper clair. Mais malgré ces succès qui sont très opérationnels, il y a une donnée qui vient vraiment jeter un froid dans le rapport.
Celle sur les investissements.
Exactement. 31% des leaders tech, donc les gens qui déploient la technologie sur le terrain, Il juge que les directions générales investissent de manière excessive dans l'IA ?
Près d'un tiers, oui.
C'est fou ! On a un tiers des experts qui disent limite arrêtez de nous donner autant d'argent pour ça. Est-ce qu'on n'est pas juste face à des directions générales qui jettent l'argent par les fenêtres sur tout ce qui porte l'étiquette IA juste par peur de rater le train ?
Tu mets le doigt dessus. C'est une panique totalement rationnelle d'un point de vue concurrentiel mais qui échoue d'un point de vue structurel.
Comment ça ?
Les directions jettent de l'argent sur des licences d'IA très chères. Sans avoir préparé la plomberie en amont. Si on branche un algorithme d'analyse prédictive de pointe sur un lac de données internes qui n'est pas à jour, qui est mal classé, bourré d'erreurs,
ça va planter.
l'IA va générer des hallucinations ou des analyses complètement fausses. Mais à la vitesse de l'éclair. C'est la fameuse loi du garbage in, garbage out. Tu rends des déchets, il en ressort des déchets.
Et ça, la technologie en elle-même, elle ne peut pas le résoudre. Ce qui m'amène d'ailleurs à l'étude de cas qui est peut-être la plus révélatrice de tout le monde. toute notre exploration. C'est celle sur la fusion de deux géants de la pharmacie.
Ah oui, ce cas est passionnant.
On a deux colosses qui fusionnent. Et pour que le succès soit au rendez-vous, il fallait unifier tous les systèmes financiers et logistiques mondiaux via un environnement SAP.
C'est un vrai cauchemar à orchestrer ça.
Sauf que la technologie SAP, elle existait. Elle fonctionne. Le problème, c'était les talons. Ils ont dû faire appel à Experis qui a mobilisé une force de frappe de 25 experts internationaux.
Ce qu'ils appellent les solutions Cross-border.
Exactement. Et ces 25 experts ont généré 35% d'économies sur le projet. Mais attends, 25 personnes pour deux géants pharmaceutiques mondiaux, ça paraît dérisoire, non ? Comment ils ont fait ?
En fait, l'impact ne se situe pas dans les lignes de code. Il est au niveau de l'ingénierie culturelle. Ces experts devaient harmoniser des architectures de données pensées par deux boîtes concurrentes.
Avec des cultures totalement différentes.
C'est ça. Standardiser un workflow d'achat entre une filiale en Asie et un siège en Europe, C'est de la diplomatie presque. Sans ces architectes transversaux, le projet se serait enlisé. Les 35% d'économies, ça vient du temps gagné en évitant les crashes de mise en œuvre opérationnelles.
Ce qui prouve que l'humain est vraiment le goulot d'étranglement de ces déploiements. Et du coup, ça soulève la grande question, puisque l'humain est si central, que se passe-t-il pour les emplois avec l'arrivée de l'IA ? Sommes-nous tous sur le point d'être remplacés ?
Eh bien, les données de 2026 viennent vraiment calmer le jeu là-dessus.
C'est rassurant.
Oui. Par rapport aux projections très alarmistes de 2025, on constate une vraie baisse des réductions d'effectifs liées à l'IA. En fait, les métiers évoluent plutôt qu'ils ne disparaissent.
Il y a d'ailleurs cette citation d'Emmanuel Freynard de chez Sanofi, qui est très juste dans le rapport. Il explique que l'IA devient un outil universel plutôt qu'un domaine réservé à une élite de spécialistes.
Exactement. C'est en train de se démocratiser à tous les étages.
Quand on y pense, c'est comme quand la calculatrice a été inventée. On n'a pas licencié les mathématiciens.
Bah non, ce serait absurde.
On leur a juste permis de faire des calculs beaucoup plus complexes. C'est pareil ici, non ?
C'est une très bonne analogie. L'IA générative, c'est la nouvelle calculatrice ou le nouveau compilateur. On demande aujourd'hui aux talents tech de combiner une vision purement technologique et une vision business.
On veut des profils hybrides en gros.
C'est ça, la complexité augmente. Mais, et c'est là qu'il y a un paradoxe super inquiétant, dans le rapport, on investit moins dans leur formation interne.
Attends, vraiment ?
Ouais. Seulement 58% des entreprises ont des programmes de développement des talents à haut potentiel, alors qu'on était à 63% l'année dernière.
Donc on exige des profils de plus en plus complexes, mais on coupe les budgets de formation interne. C'est complètement illogique.
C'est parce que les entreprises paniquent face à la vitesse du marché. Elles privilégient massivement le recrutement externe. Elles cherchent les moutons à cinq pattes, directement opérationnels sur le marché.
Ce qui crée une tension immense. Et c'est là que ça devient vraiment intéressant, parce que cette tendance à chercher des talents à l'extérieur, elle entre en collision frontale avec une autre priorité absolue, la cybersécurité et la souveraineté.
Oh que oui, là les chiffres sont assez fous.
Disons-le, la cybersécurité reste la compétence tech la plus recherchée. 46% des entreprises courent après. Pourtant, les formations internes en cyber sont en baisse, elles passent de 74 à 72%.
Ce qui a un impact direct sur le terrain. L'alignement de la stratégie de gestion des risques avec la maturité cyber chute aussi, de 77 à 72%.
Mais le vrai paradoxe majeur, l'éléphant dans la pièce, il est là. On a 81% des décideurs qui considèrent la souveraineté numérique comme une priorité. Garder le contrôle des données.
Logique.
Mais, dans le même temps, 67% d'entre eux prévoient d'accroître leur recours à des prestateurs offshore ou near-shore.
Et c'est là que ça coince.
C'est comme vouloir construire une forteresse impénétrable pour protéger ses secrets, mais embaucher des mercenaires basés à l'autre bout du monde pour en concevoir les plans et garder les portes. C'est absurde.
Cela soulève une question hyper importante sur ce qu'est vraiment la souveraineté aujourd'hui. Le rapport décortique le concept de « souveraineté numérique pragmatique » .
Pragmatique, ça veut dire quoi dans ce contexte ?
Ça veut dire qu'une souveraineté totale, le fait de tout contrôler soi-même, sur son propre territoire, C'est devenu... une illusion dans un monde interconnecté.
C'est un vœu pieux.
Totalement. Le pragmatisme, c'est de contrôler ce qui est absolument critique, comme les données sensibles ou le corps de métier, tout en acceptant la dépendance externe pour le reste, juste pour garder le rythme.
D'accord. Pourquoi accepter cette dépendance ?
Tout simplement parce que l'accélération technologique est devenue incontrôlable. C'est le défi numéro 1 pour 44% des décideurs. C'est une hausse énorme. On était à 34% en 2025.
Suivre le rythme de l'innovation, c'est devenu épuisant.
Surtout quand tu portes le fardeau du passé.
Le fameux Legacy. D'ailleurs, l'étude donne un exemple qui illustre parfaitement cette course contre la montre. L'histoire d'un organisme gouvernemental britannique.
Ah oui, un cas d'école.
Ils étaient littéralement paralysés par 60 applications complètement obsolèpes. Des systèmes Legacy. Et il a fallu l'intervention de 130 spécialistes IT d'Experis pour migrer tout ça vers le cloud, sur AWS.
Et le résultat de cette migration est dingue.
C'est ça. Le rapport indique que la contonérisation a réduit l'usage des ressources cloud de 79%, tout en doublant la performance des API. Mais il faut qu'on démystifie un peu ça.
Vas-y.
C'est quoi concrètement la contonérisation, pour que l'auditoire comprenne comment on peut faire plus, aller deux fois plus vite avec 79% de ressources en moins ?
Ce qui est fascinant ici, c'est le changement de paradigme. Avant, pour faire tourner une application, C'était comme si on louait un énorme camion de déménagement, juste pour transporter, disons, une petite boîte à chaussures.
Un gâchis monumental d'espace et d'énergie.
Exactement. Le moteur tourne à plein régime, ça coûte cher. La conteneurisation, c'est l'art d'emballer une application avec uniquement ce dont elle a besoin pour fonctionner. Juste le code, essentiel, sans tout le système d'exploitation lourd autour.
Donc on met la boîte à chaussures sur un vélo cargo hyper léger.
Voilà. Et du coup ? Sur le même serveur, tu peux empiler des milliers de ces petits containers au lieu de trois gros camions. D'où la baisse de 79% des ressources. C'est trop, c'est net.
C'est hyper malin. Et ça fait écho à une citation très forte dans le rapport, celle de Travis Bars de Discovery Education.
Qu'est-ce qu'il dit déjà ?
Il explique que la vraie question, ce n'est pas d'avoir peur d'être remplacé par l'IA, c'est la peur d'être dépassé par ceux qui sauront s'en servir.
C'est une nuance cruciale.
C'est ceux qui maîtriseront ces conteneurs, cette agilité, qui vont gagner.
En fait, pour synthétiser tout ce qu'on vient de voir, la technologie elle-même n'est plus vraiment défi principal en 2026. Tout s'achète, tout se loue.
C'est la... capacité humaine d'exécution qui compte.
Exactement. L'exécution, l'adaptation et la gouvernance. C'est ça qui fera la différence entre une boîte qui survit et une boîte qui coule.
Et c'est important de rappeler à ceux qui nous écoutent pourquoi ça les concerne directement. Même s'ils ne sont pas informaticiens. Chaque corps de métier, les RH, le marketing, la finance, va voir l'IA intégrer son quotidien.
Absolument. Tout le monde est touché.
Du coup, la compétence la plus précieuse à développer, ça sera l'apprentissage continu. Le rapport cite Et pour clôturer cette exploration,
j'aimerais partager une réflexion un peu provocatrice qui découle de tout ça.
Oh j'écoute !
Si l'IA finit, à terme, par démocratiser et automatiser toutes les compétences techniques complexes, le code, la gestion des serveurs, tout ça, la machine gérera la machine.
Ce qui est déjà un peu le cas avec l'IA générative.
Voilà, donc... Est-ce que le futur dirigeant IT de 2030 ne sera pas, ironiquement, quelqu'un issu des sciences humaines ? Un expert en empathie, en psychologie, en éthique, plutôt qu'un pur ingénieur en informatique ?
Un philosophe à la tête de la tech. C'est vrai que si la machine fait la technique, il ne reste que l'humain à gérer.
Exactement.
Eh bien, ça fait définitivement de quoi méditer jusqu'à notre prochaine exploration.
Share
Embed
You may also like
Description
Proposé par Experis, Leader Mondial des Services Technologiques.
https://www.linkedin.com/company/experisfrance/
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bon, imaginons un instant qu'on veuille construire une forteresse numérique.
Ouais, le genre de truc absolument impénétrable.
Exactement. Pour protéger, je sais pas, les secrets industriels les plus précieux d'une multinationale. Donc on investit des millions dans des pare-feux, dans du cryptage de très haut niveau, dans des coffres forts virtuels.
Jusque là, c'est le protocole standard.
C'est ça. Et ensuite, on réalise que les seules personnes capables de concevoir les plans et de verrouiller les portes... vivent à 8000 kilomètres de là, sous d'autres juridictions.
Ah oui, le grand paradoxe.
Voilà, c'est exactement le genre de dissonance cognitive, ce grand écart permanent qui frappe l'industrie technologique en ce moment. Et pour notre exploration du jour, on ne va pas juste effleurer la surface, on va vraiment plonger au cœur des données d'un rapport assez massif publié par Experis.
Le fameux rapport Perspective et enjeux des DSI en 2026.
C'est ça, on décortique un peu tout ça aujourd'hui.
Et il faut dire que le périmètre de cette étude, il est... colossale. En fait, on parle de données qui ont été récoltées entre janvier et mars 2026 auprès de 1930 décideurs haïtis.
Donc des DSI, des directeurs techniques, ce genre de profils.
Absolument. Des DSI, des CTO, des responsables de la sécurité. Et ça, répartis dans 12 pays différents. Donc, pour être clair, c'est pas un simple sondage d'opinion sur un coin de table.
Non, c'est clair.
C'est une véritable radiographie des centres nerveux de l'économie mondiale.
Et la mission pour cette plongée au cœur des données, c'est vraiment de décoder une fracture qui est invisible mais qui est béante. D'un côté, on a ce potentiel technologique brut.
Surtout avec l'intelligence artificielle en ce moment.
Avec l'IA en tête de gondole, oui, qui promet de tout révolutionner. Et de l'autre côté, on a la capacité réelle, douloureuse, organique des entreprises à l'exploiter vraiment.
C'est toujours le choc entre la théorie et la pratique.
Voilà. Et on va voir comment, de façon super ironique pour une époque hyper connectée comme la nôtre, c'est l'humain. C'est l'architecture humaine et pas l'architecture réseau qui décide de la survie d'une organisation. L'informatique, c'est plus juste le service qu'on appelle quand l'imprimante est bloquée, quoi.
Ah ça, c'est sûr. Et d'ailleurs, pour comprendre l'ampleur de ce séisme, il faut regarder le classement des angoisses de ces dirigeants.
Ce qui les empêche de dormir la nuit ?
Exactement. Qu'est-ce qui maintient un DSI éveillé à... à 3h du matin en 2026. Pendant toute la dernière décennie, la réponse, elle n'était pas vlovienne.
C'était les hackers.
Ouais, la cybersécurité, la peur absolue de l'intrusion. Mais les données de ce rapport révèlent une bascule qui est vraiment historique.
Et c'est justement la première statistique qui m'a fait bondir de ma chaise. Parce qu'avec les vagues de Rennes-aux-Moires qui paralysent des hôpitaux et des congoméras entiers toutes les semaines, on s'attend logiquement à ce que le blindage des serveurs soit la priorité absolue.
Ce serait le bon sens.
Eh bien non. pour qui vous êtes. Pour 48% des décideurs, donc près de la moitié, la priorité numéro 1, c'est l'alignement entre l'informatique et les objectifs métiers de l'entreprise.
C'est fascinant.
Ça surpasse la cybersécurité. En 2025, donc juste l'année d'avant, ce chiffre n'était que de 34%. Du coup, comment on explique qu'une notion aussi abstraite que l'alignement détrône la peur d'un piratage mortel ?
Si l'on relie cela à une vision plus globale, c'est parce qu'un piratage, aussi dévastateur soit-il, Ça paralyse temporairement l'entreprise. C'est une crise aiguë. Un défaut d'alignement, en revanche, ça la tue à petit feu.
C'est une maladie chronique.
C'est exactement ça. L'informatique n'est plus la salle des machines qui fait tourner le navire pendant que les dirigeants décident du cap. En fait, l'informatique est devenue le cap.
C'est un peu comme si le département IT construisait une Formule 1 ultra rapide, mais que les directeurs commerciaux ne savaient conduire qu'une boîte manuelle. Et qu'ils ignoraient même... l'existence de la piste.
C'est une super métaphore. Si tu places un moteur ultra puissant dans un châssis où la colonne de direction est complètement déconnectée des roues, toute cette puissance technologique sert rigoureusement à rien.
Pire, elle accélère le crash.
Voilà. Et la sécurité n'est pas moins importante. Attention. Mais les conséquences d'un mauvais alignement n'ont jamais été aussi mortelles. Et cette déconnexion est profonde.
Oui, parce que le rapport pointe que 61% des leaders tech, estiment que les autres membres de la direction générale ne comprennent tout simplement pas leur rôle.
C'est énorme. On passe de 49% en 2025 à 61%.
C'est une incompréhension totale. On a un conseil d'administration qui réclame la Lune et un directeur technique qui s'arrache les cheveux en retour. Qu'est-ce qui coince dans cette communication en fait ?
La friction, elle vient beaucoup du rythme de consommation de l'information. Un directeur financier ou un PDG va par exemple lire une série d'articles dits « tirambiques » sur l'IA générative dans la presse économique.
Et il va débarquer en disant « je veux ça pour demain » .
Exactement. Il va exiger un déploiement pour le trimestre suivant. Mais ce qu'il ne voit pas, c'est l'infrastructure souterraine. Il voit la pointe de l'iceberg, de l'innovation, mais il ignore la masse de gouvernance des données.
L'assainissement des bases, la conformité...
Voilà, tout le travail de l'ombre requis en amont. Donc le leader tech, il se retrouve à devoir jouer le rôle super ingrat du pare-choc de la réalité.
Et la réalité que les directions générales veulent entendre au final, c'est le retour sur investissement. Le fameux ROI.
Toujours le nerf de la guerre.
Bah oui ! Parce que face aux millions, voire aux milliards dépensés dans ces nouvelles technologies, l'IA en particulier, le management réclame des résultats concrets. Et là, les chiffres de 2026 sont super intéressants.
Vas-y, dis-nous.
54% des décideurs voient déjà un ROI positif sur l'IA. Donc plus de la moitié.
C'est pas mal du tout.
Ouais, mais quand on fouille un peu, on s'aperçoit que ce ne sont pas les IA omniscientes, dignes des films de science-fiction qui génèrent ce profit.
Ah bah non, le ROI massif. y provient de trucs beaucoup plus terre-à-terre. C'est l'industrialisation de tâches très spécifiques. En fait, les décideurs plébiscitent à 34% l'automatisation des processus, la RPA et les chatbots.
Et le cloud aussi, non ?
Oui, parallèlement, 41% d'entre eux rappellent que le cloud reste le fondement le plus rentable.
Arrêtons-nous juste une seconde sur ce terme de RPA. Parce que pour notre auditoire, ça peut sonner très mécanique, très obscur. Concrètement, Pourquoi un truc avec un nom pareil rapporte autant d'argent ?
Alors, pour bien comprendre la RPA, Robotic Process Automation, il faut imaginer des dizaines de collaborateurs humains dont le boulot consiste, 8 heures par jour, à ouvrir des pièces jointes.
Des PDF, ce genre de choses ?
Voilà, ouvrir des PDF, copier des numéros de facture et les coller dans un vieux système comptable. La RPA, ce sont simplement des scripts logiciels qui imitent ces clics et cette extraction de données.
Mais en beaucoup plus rapide.
C'est ça. Ils le font pour des milliers de documents en trois secondes et surtout sans jamais faire la moindre erreur de frappe. Donc c'est du rendement pur, immédiat.
D'accord, c'est hyper clair. Mais malgré ces succès qui sont très opérationnels, il y a une donnée qui vient vraiment jeter un froid dans le rapport.
Celle sur les investissements.
Exactement. 31% des leaders tech, donc les gens qui déploient la technologie sur le terrain, Il juge que les directions générales investissent de manière excessive dans l'IA ?
Près d'un tiers, oui.
C'est fou ! On a un tiers des experts qui disent limite arrêtez de nous donner autant d'argent pour ça. Est-ce qu'on n'est pas juste face à des directions générales qui jettent l'argent par les fenêtres sur tout ce qui porte l'étiquette IA juste par peur de rater le train ?
Tu mets le doigt dessus. C'est une panique totalement rationnelle d'un point de vue concurrentiel mais qui échoue d'un point de vue structurel.
Comment ça ?
Les directions jettent de l'argent sur des licences d'IA très chères. Sans avoir préparé la plomberie en amont. Si on branche un algorithme d'analyse prédictive de pointe sur un lac de données internes qui n'est pas à jour, qui est mal classé, bourré d'erreurs,
ça va planter.
l'IA va générer des hallucinations ou des analyses complètement fausses. Mais à la vitesse de l'éclair. C'est la fameuse loi du garbage in, garbage out. Tu rends des déchets, il en ressort des déchets.
Et ça, la technologie en elle-même, elle ne peut pas le résoudre. Ce qui m'amène d'ailleurs à l'étude de cas qui est peut-être la plus révélatrice de tout le monde. toute notre exploration. C'est celle sur la fusion de deux géants de la pharmacie.
Ah oui, ce cas est passionnant.
On a deux colosses qui fusionnent. Et pour que le succès soit au rendez-vous, il fallait unifier tous les systèmes financiers et logistiques mondiaux via un environnement SAP.
C'est un vrai cauchemar à orchestrer ça.
Sauf que la technologie SAP, elle existait. Elle fonctionne. Le problème, c'était les talons. Ils ont dû faire appel à Experis qui a mobilisé une force de frappe de 25 experts internationaux.
Ce qu'ils appellent les solutions Cross-border.
Exactement. Et ces 25 experts ont généré 35% d'économies sur le projet. Mais attends, 25 personnes pour deux géants pharmaceutiques mondiaux, ça paraît dérisoire, non ? Comment ils ont fait ?
En fait, l'impact ne se situe pas dans les lignes de code. Il est au niveau de l'ingénierie culturelle. Ces experts devaient harmoniser des architectures de données pensées par deux boîtes concurrentes.
Avec des cultures totalement différentes.
C'est ça. Standardiser un workflow d'achat entre une filiale en Asie et un siège en Europe, C'est de la diplomatie presque. Sans ces architectes transversaux, le projet se serait enlisé. Les 35% d'économies, ça vient du temps gagné en évitant les crashes de mise en œuvre opérationnelles.
Ce qui prouve que l'humain est vraiment le goulot d'étranglement de ces déploiements. Et du coup, ça soulève la grande question, puisque l'humain est si central, que se passe-t-il pour les emplois avec l'arrivée de l'IA ? Sommes-nous tous sur le point d'être remplacés ?
Eh bien, les données de 2026 viennent vraiment calmer le jeu là-dessus.
C'est rassurant.
Oui. Par rapport aux projections très alarmistes de 2025, on constate une vraie baisse des réductions d'effectifs liées à l'IA. En fait, les métiers évoluent plutôt qu'ils ne disparaissent.
Il y a d'ailleurs cette citation d'Emmanuel Freynard de chez Sanofi, qui est très juste dans le rapport. Il explique que l'IA devient un outil universel plutôt qu'un domaine réservé à une élite de spécialistes.
Exactement. C'est en train de se démocratiser à tous les étages.
Quand on y pense, c'est comme quand la calculatrice a été inventée. On n'a pas licencié les mathématiciens.
Bah non, ce serait absurde.
On leur a juste permis de faire des calculs beaucoup plus complexes. C'est pareil ici, non ?
C'est une très bonne analogie. L'IA générative, c'est la nouvelle calculatrice ou le nouveau compilateur. On demande aujourd'hui aux talents tech de combiner une vision purement technologique et une vision business.
On veut des profils hybrides en gros.
C'est ça, la complexité augmente. Mais, et c'est là qu'il y a un paradoxe super inquiétant, dans le rapport, on investit moins dans leur formation interne.
Attends, vraiment ?
Ouais. Seulement 58% des entreprises ont des programmes de développement des talents à haut potentiel, alors qu'on était à 63% l'année dernière.
Donc on exige des profils de plus en plus complexes, mais on coupe les budgets de formation interne. C'est complètement illogique.
C'est parce que les entreprises paniquent face à la vitesse du marché. Elles privilégient massivement le recrutement externe. Elles cherchent les moutons à cinq pattes, directement opérationnels sur le marché.
Ce qui crée une tension immense. Et c'est là que ça devient vraiment intéressant, parce que cette tendance à chercher des talents à l'extérieur, elle entre en collision frontale avec une autre priorité absolue, la cybersécurité et la souveraineté.
Oh que oui, là les chiffres sont assez fous.
Disons-le, la cybersécurité reste la compétence tech la plus recherchée. 46% des entreprises courent après. Pourtant, les formations internes en cyber sont en baisse, elles passent de 74 à 72%.
Ce qui a un impact direct sur le terrain. L'alignement de la stratégie de gestion des risques avec la maturité cyber chute aussi, de 77 à 72%.
Mais le vrai paradoxe majeur, l'éléphant dans la pièce, il est là. On a 81% des décideurs qui considèrent la souveraineté numérique comme une priorité. Garder le contrôle des données.
Logique.
Mais, dans le même temps, 67% d'entre eux prévoient d'accroître leur recours à des prestateurs offshore ou near-shore.
Et c'est là que ça coince.
C'est comme vouloir construire une forteresse impénétrable pour protéger ses secrets, mais embaucher des mercenaires basés à l'autre bout du monde pour en concevoir les plans et garder les portes. C'est absurde.
Cela soulève une question hyper importante sur ce qu'est vraiment la souveraineté aujourd'hui. Le rapport décortique le concept de « souveraineté numérique pragmatique » .
Pragmatique, ça veut dire quoi dans ce contexte ?
Ça veut dire qu'une souveraineté totale, le fait de tout contrôler soi-même, sur son propre territoire, C'est devenu... une illusion dans un monde interconnecté.
C'est un vœu pieux.
Totalement. Le pragmatisme, c'est de contrôler ce qui est absolument critique, comme les données sensibles ou le corps de métier, tout en acceptant la dépendance externe pour le reste, juste pour garder le rythme.
D'accord. Pourquoi accepter cette dépendance ?
Tout simplement parce que l'accélération technologique est devenue incontrôlable. C'est le défi numéro 1 pour 44% des décideurs. C'est une hausse énorme. On était à 34% en 2025.
Suivre le rythme de l'innovation, c'est devenu épuisant.
Surtout quand tu portes le fardeau du passé.
Le fameux Legacy. D'ailleurs, l'étude donne un exemple qui illustre parfaitement cette course contre la montre. L'histoire d'un organisme gouvernemental britannique.
Ah oui, un cas d'école.
Ils étaient littéralement paralysés par 60 applications complètement obsolèpes. Des systèmes Legacy. Et il a fallu l'intervention de 130 spécialistes IT d'Experis pour migrer tout ça vers le cloud, sur AWS.
Et le résultat de cette migration est dingue.
C'est ça. Le rapport indique que la contonérisation a réduit l'usage des ressources cloud de 79%, tout en doublant la performance des API. Mais il faut qu'on démystifie un peu ça.
Vas-y.
C'est quoi concrètement la contonérisation, pour que l'auditoire comprenne comment on peut faire plus, aller deux fois plus vite avec 79% de ressources en moins ?
Ce qui est fascinant ici, c'est le changement de paradigme. Avant, pour faire tourner une application, C'était comme si on louait un énorme camion de déménagement, juste pour transporter, disons, une petite boîte à chaussures.
Un gâchis monumental d'espace et d'énergie.
Exactement. Le moteur tourne à plein régime, ça coûte cher. La conteneurisation, c'est l'art d'emballer une application avec uniquement ce dont elle a besoin pour fonctionner. Juste le code, essentiel, sans tout le système d'exploitation lourd autour.
Donc on met la boîte à chaussures sur un vélo cargo hyper léger.
Voilà. Et du coup ? Sur le même serveur, tu peux empiler des milliers de ces petits containers au lieu de trois gros camions. D'où la baisse de 79% des ressources. C'est trop, c'est net.
C'est hyper malin. Et ça fait écho à une citation très forte dans le rapport, celle de Travis Bars de Discovery Education.
Qu'est-ce qu'il dit déjà ?
Il explique que la vraie question, ce n'est pas d'avoir peur d'être remplacé par l'IA, c'est la peur d'être dépassé par ceux qui sauront s'en servir.
C'est une nuance cruciale.
C'est ceux qui maîtriseront ces conteneurs, cette agilité, qui vont gagner.
En fait, pour synthétiser tout ce qu'on vient de voir, la technologie elle-même n'est plus vraiment défi principal en 2026. Tout s'achète, tout se loue.
C'est la... capacité humaine d'exécution qui compte.
Exactement. L'exécution, l'adaptation et la gouvernance. C'est ça qui fera la différence entre une boîte qui survit et une boîte qui coule.
Et c'est important de rappeler à ceux qui nous écoutent pourquoi ça les concerne directement. Même s'ils ne sont pas informaticiens. Chaque corps de métier, les RH, le marketing, la finance, va voir l'IA intégrer son quotidien.
Absolument. Tout le monde est touché.
Du coup, la compétence la plus précieuse à développer, ça sera l'apprentissage continu. Le rapport cite Et pour clôturer cette exploration,
j'aimerais partager une réflexion un peu provocatrice qui découle de tout ça.
Oh j'écoute !
Si l'IA finit, à terme, par démocratiser et automatiser toutes les compétences techniques complexes, le code, la gestion des serveurs, tout ça, la machine gérera la machine.
Ce qui est déjà un peu le cas avec l'IA générative.
Voilà, donc... Est-ce que le futur dirigeant IT de 2030 ne sera pas, ironiquement, quelqu'un issu des sciences humaines ? Un expert en empathie, en psychologie, en éthique, plutôt qu'un pur ingénieur en informatique ?
Un philosophe à la tête de la tech. C'est vrai que si la machine fait la technique, il ne reste que l'humain à gérer.
Exactement.
Eh bien, ça fait définitivement de quoi méditer jusqu'à notre prochaine exploration.
Description
Proposé par Experis, Leader Mondial des Services Technologiques.
https://www.linkedin.com/company/experisfrance/
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bon, imaginons un instant qu'on veuille construire une forteresse numérique.
Ouais, le genre de truc absolument impénétrable.
Exactement. Pour protéger, je sais pas, les secrets industriels les plus précieux d'une multinationale. Donc on investit des millions dans des pare-feux, dans du cryptage de très haut niveau, dans des coffres forts virtuels.
Jusque là, c'est le protocole standard.
C'est ça. Et ensuite, on réalise que les seules personnes capables de concevoir les plans et de verrouiller les portes... vivent à 8000 kilomètres de là, sous d'autres juridictions.
Ah oui, le grand paradoxe.
Voilà, c'est exactement le genre de dissonance cognitive, ce grand écart permanent qui frappe l'industrie technologique en ce moment. Et pour notre exploration du jour, on ne va pas juste effleurer la surface, on va vraiment plonger au cœur des données d'un rapport assez massif publié par Experis.
Le fameux rapport Perspective et enjeux des DSI en 2026.
C'est ça, on décortique un peu tout ça aujourd'hui.
Et il faut dire que le périmètre de cette étude, il est... colossale. En fait, on parle de données qui ont été récoltées entre janvier et mars 2026 auprès de 1930 décideurs haïtis.
Donc des DSI, des directeurs techniques, ce genre de profils.
Absolument. Des DSI, des CTO, des responsables de la sécurité. Et ça, répartis dans 12 pays différents. Donc, pour être clair, c'est pas un simple sondage d'opinion sur un coin de table.
Non, c'est clair.
C'est une véritable radiographie des centres nerveux de l'économie mondiale.
Et la mission pour cette plongée au cœur des données, c'est vraiment de décoder une fracture qui est invisible mais qui est béante. D'un côté, on a ce potentiel technologique brut.
Surtout avec l'intelligence artificielle en ce moment.
Avec l'IA en tête de gondole, oui, qui promet de tout révolutionner. Et de l'autre côté, on a la capacité réelle, douloureuse, organique des entreprises à l'exploiter vraiment.
C'est toujours le choc entre la théorie et la pratique.
Voilà. Et on va voir comment, de façon super ironique pour une époque hyper connectée comme la nôtre, c'est l'humain. C'est l'architecture humaine et pas l'architecture réseau qui décide de la survie d'une organisation. L'informatique, c'est plus juste le service qu'on appelle quand l'imprimante est bloquée, quoi.
Ah ça, c'est sûr. Et d'ailleurs, pour comprendre l'ampleur de ce séisme, il faut regarder le classement des angoisses de ces dirigeants.
Ce qui les empêche de dormir la nuit ?
Exactement. Qu'est-ce qui maintient un DSI éveillé à... à 3h du matin en 2026. Pendant toute la dernière décennie, la réponse, elle n'était pas vlovienne.
C'était les hackers.
Ouais, la cybersécurité, la peur absolue de l'intrusion. Mais les données de ce rapport révèlent une bascule qui est vraiment historique.
Et c'est justement la première statistique qui m'a fait bondir de ma chaise. Parce qu'avec les vagues de Rennes-aux-Moires qui paralysent des hôpitaux et des congoméras entiers toutes les semaines, on s'attend logiquement à ce que le blindage des serveurs soit la priorité absolue.
Ce serait le bon sens.
Eh bien non. pour qui vous êtes. Pour 48% des décideurs, donc près de la moitié, la priorité numéro 1, c'est l'alignement entre l'informatique et les objectifs métiers de l'entreprise.
C'est fascinant.
Ça surpasse la cybersécurité. En 2025, donc juste l'année d'avant, ce chiffre n'était que de 34%. Du coup, comment on explique qu'une notion aussi abstraite que l'alignement détrône la peur d'un piratage mortel ?
Si l'on relie cela à une vision plus globale, c'est parce qu'un piratage, aussi dévastateur soit-il, Ça paralyse temporairement l'entreprise. C'est une crise aiguë. Un défaut d'alignement, en revanche, ça la tue à petit feu.
C'est une maladie chronique.
C'est exactement ça. L'informatique n'est plus la salle des machines qui fait tourner le navire pendant que les dirigeants décident du cap. En fait, l'informatique est devenue le cap.
C'est un peu comme si le département IT construisait une Formule 1 ultra rapide, mais que les directeurs commerciaux ne savaient conduire qu'une boîte manuelle. Et qu'ils ignoraient même... l'existence de la piste.
C'est une super métaphore. Si tu places un moteur ultra puissant dans un châssis où la colonne de direction est complètement déconnectée des roues, toute cette puissance technologique sert rigoureusement à rien.
Pire, elle accélère le crash.
Voilà. Et la sécurité n'est pas moins importante. Attention. Mais les conséquences d'un mauvais alignement n'ont jamais été aussi mortelles. Et cette déconnexion est profonde.
Oui, parce que le rapport pointe que 61% des leaders tech, estiment que les autres membres de la direction générale ne comprennent tout simplement pas leur rôle.
C'est énorme. On passe de 49% en 2025 à 61%.
C'est une incompréhension totale. On a un conseil d'administration qui réclame la Lune et un directeur technique qui s'arrache les cheveux en retour. Qu'est-ce qui coince dans cette communication en fait ?
La friction, elle vient beaucoup du rythme de consommation de l'information. Un directeur financier ou un PDG va par exemple lire une série d'articles dits « tirambiques » sur l'IA générative dans la presse économique.
Et il va débarquer en disant « je veux ça pour demain » .
Exactement. Il va exiger un déploiement pour le trimestre suivant. Mais ce qu'il ne voit pas, c'est l'infrastructure souterraine. Il voit la pointe de l'iceberg, de l'innovation, mais il ignore la masse de gouvernance des données.
L'assainissement des bases, la conformité...
Voilà, tout le travail de l'ombre requis en amont. Donc le leader tech, il se retrouve à devoir jouer le rôle super ingrat du pare-choc de la réalité.
Et la réalité que les directions générales veulent entendre au final, c'est le retour sur investissement. Le fameux ROI.
Toujours le nerf de la guerre.
Bah oui ! Parce que face aux millions, voire aux milliards dépensés dans ces nouvelles technologies, l'IA en particulier, le management réclame des résultats concrets. Et là, les chiffres de 2026 sont super intéressants.
Vas-y, dis-nous.
54% des décideurs voient déjà un ROI positif sur l'IA. Donc plus de la moitié.
C'est pas mal du tout.
Ouais, mais quand on fouille un peu, on s'aperçoit que ce ne sont pas les IA omniscientes, dignes des films de science-fiction qui génèrent ce profit.
Ah bah non, le ROI massif. y provient de trucs beaucoup plus terre-à-terre. C'est l'industrialisation de tâches très spécifiques. En fait, les décideurs plébiscitent à 34% l'automatisation des processus, la RPA et les chatbots.
Et le cloud aussi, non ?
Oui, parallèlement, 41% d'entre eux rappellent que le cloud reste le fondement le plus rentable.
Arrêtons-nous juste une seconde sur ce terme de RPA. Parce que pour notre auditoire, ça peut sonner très mécanique, très obscur. Concrètement, Pourquoi un truc avec un nom pareil rapporte autant d'argent ?
Alors, pour bien comprendre la RPA, Robotic Process Automation, il faut imaginer des dizaines de collaborateurs humains dont le boulot consiste, 8 heures par jour, à ouvrir des pièces jointes.
Des PDF, ce genre de choses ?
Voilà, ouvrir des PDF, copier des numéros de facture et les coller dans un vieux système comptable. La RPA, ce sont simplement des scripts logiciels qui imitent ces clics et cette extraction de données.
Mais en beaucoup plus rapide.
C'est ça. Ils le font pour des milliers de documents en trois secondes et surtout sans jamais faire la moindre erreur de frappe. Donc c'est du rendement pur, immédiat.
D'accord, c'est hyper clair. Mais malgré ces succès qui sont très opérationnels, il y a une donnée qui vient vraiment jeter un froid dans le rapport.
Celle sur les investissements.
Exactement. 31% des leaders tech, donc les gens qui déploient la technologie sur le terrain, Il juge que les directions générales investissent de manière excessive dans l'IA ?
Près d'un tiers, oui.
C'est fou ! On a un tiers des experts qui disent limite arrêtez de nous donner autant d'argent pour ça. Est-ce qu'on n'est pas juste face à des directions générales qui jettent l'argent par les fenêtres sur tout ce qui porte l'étiquette IA juste par peur de rater le train ?
Tu mets le doigt dessus. C'est une panique totalement rationnelle d'un point de vue concurrentiel mais qui échoue d'un point de vue structurel.
Comment ça ?
Les directions jettent de l'argent sur des licences d'IA très chères. Sans avoir préparé la plomberie en amont. Si on branche un algorithme d'analyse prédictive de pointe sur un lac de données internes qui n'est pas à jour, qui est mal classé, bourré d'erreurs,
ça va planter.
l'IA va générer des hallucinations ou des analyses complètement fausses. Mais à la vitesse de l'éclair. C'est la fameuse loi du garbage in, garbage out. Tu rends des déchets, il en ressort des déchets.
Et ça, la technologie en elle-même, elle ne peut pas le résoudre. Ce qui m'amène d'ailleurs à l'étude de cas qui est peut-être la plus révélatrice de tout le monde. toute notre exploration. C'est celle sur la fusion de deux géants de la pharmacie.
Ah oui, ce cas est passionnant.
On a deux colosses qui fusionnent. Et pour que le succès soit au rendez-vous, il fallait unifier tous les systèmes financiers et logistiques mondiaux via un environnement SAP.
C'est un vrai cauchemar à orchestrer ça.
Sauf que la technologie SAP, elle existait. Elle fonctionne. Le problème, c'était les talons. Ils ont dû faire appel à Experis qui a mobilisé une force de frappe de 25 experts internationaux.
Ce qu'ils appellent les solutions Cross-border.
Exactement. Et ces 25 experts ont généré 35% d'économies sur le projet. Mais attends, 25 personnes pour deux géants pharmaceutiques mondiaux, ça paraît dérisoire, non ? Comment ils ont fait ?
En fait, l'impact ne se situe pas dans les lignes de code. Il est au niveau de l'ingénierie culturelle. Ces experts devaient harmoniser des architectures de données pensées par deux boîtes concurrentes.
Avec des cultures totalement différentes.
C'est ça. Standardiser un workflow d'achat entre une filiale en Asie et un siège en Europe, C'est de la diplomatie presque. Sans ces architectes transversaux, le projet se serait enlisé. Les 35% d'économies, ça vient du temps gagné en évitant les crashes de mise en œuvre opérationnelles.
Ce qui prouve que l'humain est vraiment le goulot d'étranglement de ces déploiements. Et du coup, ça soulève la grande question, puisque l'humain est si central, que se passe-t-il pour les emplois avec l'arrivée de l'IA ? Sommes-nous tous sur le point d'être remplacés ?
Eh bien, les données de 2026 viennent vraiment calmer le jeu là-dessus.
C'est rassurant.
Oui. Par rapport aux projections très alarmistes de 2025, on constate une vraie baisse des réductions d'effectifs liées à l'IA. En fait, les métiers évoluent plutôt qu'ils ne disparaissent.
Il y a d'ailleurs cette citation d'Emmanuel Freynard de chez Sanofi, qui est très juste dans le rapport. Il explique que l'IA devient un outil universel plutôt qu'un domaine réservé à une élite de spécialistes.
Exactement. C'est en train de se démocratiser à tous les étages.
Quand on y pense, c'est comme quand la calculatrice a été inventée. On n'a pas licencié les mathématiciens.
Bah non, ce serait absurde.
On leur a juste permis de faire des calculs beaucoup plus complexes. C'est pareil ici, non ?
C'est une très bonne analogie. L'IA générative, c'est la nouvelle calculatrice ou le nouveau compilateur. On demande aujourd'hui aux talents tech de combiner une vision purement technologique et une vision business.
On veut des profils hybrides en gros.
C'est ça, la complexité augmente. Mais, et c'est là qu'il y a un paradoxe super inquiétant, dans le rapport, on investit moins dans leur formation interne.
Attends, vraiment ?
Ouais. Seulement 58% des entreprises ont des programmes de développement des talents à haut potentiel, alors qu'on était à 63% l'année dernière.
Donc on exige des profils de plus en plus complexes, mais on coupe les budgets de formation interne. C'est complètement illogique.
C'est parce que les entreprises paniquent face à la vitesse du marché. Elles privilégient massivement le recrutement externe. Elles cherchent les moutons à cinq pattes, directement opérationnels sur le marché.
Ce qui crée une tension immense. Et c'est là que ça devient vraiment intéressant, parce que cette tendance à chercher des talents à l'extérieur, elle entre en collision frontale avec une autre priorité absolue, la cybersécurité et la souveraineté.
Oh que oui, là les chiffres sont assez fous.
Disons-le, la cybersécurité reste la compétence tech la plus recherchée. 46% des entreprises courent après. Pourtant, les formations internes en cyber sont en baisse, elles passent de 74 à 72%.
Ce qui a un impact direct sur le terrain. L'alignement de la stratégie de gestion des risques avec la maturité cyber chute aussi, de 77 à 72%.
Mais le vrai paradoxe majeur, l'éléphant dans la pièce, il est là. On a 81% des décideurs qui considèrent la souveraineté numérique comme une priorité. Garder le contrôle des données.
Logique.
Mais, dans le même temps, 67% d'entre eux prévoient d'accroître leur recours à des prestateurs offshore ou near-shore.
Et c'est là que ça coince.
C'est comme vouloir construire une forteresse impénétrable pour protéger ses secrets, mais embaucher des mercenaires basés à l'autre bout du monde pour en concevoir les plans et garder les portes. C'est absurde.
Cela soulève une question hyper importante sur ce qu'est vraiment la souveraineté aujourd'hui. Le rapport décortique le concept de « souveraineté numérique pragmatique » .
Pragmatique, ça veut dire quoi dans ce contexte ?
Ça veut dire qu'une souveraineté totale, le fait de tout contrôler soi-même, sur son propre territoire, C'est devenu... une illusion dans un monde interconnecté.
C'est un vœu pieux.
Totalement. Le pragmatisme, c'est de contrôler ce qui est absolument critique, comme les données sensibles ou le corps de métier, tout en acceptant la dépendance externe pour le reste, juste pour garder le rythme.
D'accord. Pourquoi accepter cette dépendance ?
Tout simplement parce que l'accélération technologique est devenue incontrôlable. C'est le défi numéro 1 pour 44% des décideurs. C'est une hausse énorme. On était à 34% en 2025.
Suivre le rythme de l'innovation, c'est devenu épuisant.
Surtout quand tu portes le fardeau du passé.
Le fameux Legacy. D'ailleurs, l'étude donne un exemple qui illustre parfaitement cette course contre la montre. L'histoire d'un organisme gouvernemental britannique.
Ah oui, un cas d'école.
Ils étaient littéralement paralysés par 60 applications complètement obsolèpes. Des systèmes Legacy. Et il a fallu l'intervention de 130 spécialistes IT d'Experis pour migrer tout ça vers le cloud, sur AWS.
Et le résultat de cette migration est dingue.
C'est ça. Le rapport indique que la contonérisation a réduit l'usage des ressources cloud de 79%, tout en doublant la performance des API. Mais il faut qu'on démystifie un peu ça.
Vas-y.
C'est quoi concrètement la contonérisation, pour que l'auditoire comprenne comment on peut faire plus, aller deux fois plus vite avec 79% de ressources en moins ?
Ce qui est fascinant ici, c'est le changement de paradigme. Avant, pour faire tourner une application, C'était comme si on louait un énorme camion de déménagement, juste pour transporter, disons, une petite boîte à chaussures.
Un gâchis monumental d'espace et d'énergie.
Exactement. Le moteur tourne à plein régime, ça coûte cher. La conteneurisation, c'est l'art d'emballer une application avec uniquement ce dont elle a besoin pour fonctionner. Juste le code, essentiel, sans tout le système d'exploitation lourd autour.
Donc on met la boîte à chaussures sur un vélo cargo hyper léger.
Voilà. Et du coup ? Sur le même serveur, tu peux empiler des milliers de ces petits containers au lieu de trois gros camions. D'où la baisse de 79% des ressources. C'est trop, c'est net.
C'est hyper malin. Et ça fait écho à une citation très forte dans le rapport, celle de Travis Bars de Discovery Education.
Qu'est-ce qu'il dit déjà ?
Il explique que la vraie question, ce n'est pas d'avoir peur d'être remplacé par l'IA, c'est la peur d'être dépassé par ceux qui sauront s'en servir.
C'est une nuance cruciale.
C'est ceux qui maîtriseront ces conteneurs, cette agilité, qui vont gagner.
En fait, pour synthétiser tout ce qu'on vient de voir, la technologie elle-même n'est plus vraiment défi principal en 2026. Tout s'achète, tout se loue.
C'est la... capacité humaine d'exécution qui compte.
Exactement. L'exécution, l'adaptation et la gouvernance. C'est ça qui fera la différence entre une boîte qui survit et une boîte qui coule.
Et c'est important de rappeler à ceux qui nous écoutent pourquoi ça les concerne directement. Même s'ils ne sont pas informaticiens. Chaque corps de métier, les RH, le marketing, la finance, va voir l'IA intégrer son quotidien.
Absolument. Tout le monde est touché.
Du coup, la compétence la plus précieuse à développer, ça sera l'apprentissage continu. Le rapport cite Et pour clôturer cette exploration,
j'aimerais partager une réflexion un peu provocatrice qui découle de tout ça.
Oh j'écoute !
Si l'IA finit, à terme, par démocratiser et automatiser toutes les compétences techniques complexes, le code, la gestion des serveurs, tout ça, la machine gérera la machine.
Ce qui est déjà un peu le cas avec l'IA générative.
Voilà, donc... Est-ce que le futur dirigeant IT de 2030 ne sera pas, ironiquement, quelqu'un issu des sciences humaines ? Un expert en empathie, en psychologie, en éthique, plutôt qu'un pur ingénieur en informatique ?
Un philosophe à la tête de la tech. C'est vrai que si la machine fait la technique, il ne reste que l'humain à gérer.
Exactement.
Eh bien, ça fait définitivement de quoi méditer jusqu'à notre prochaine exploration.
Share
Embed
You may also like