- Speaker #0
On parle beaucoup de transformation des entreprises, mais on oublie souvent ce qui la rend possible au quotidien. Les acteurs des salles généraux et de l'environnement de travail. Derrière chaque bureau qui fonctionne, chaque collaborateur qui travaille dans de bonnes conditions, chaque immeuble, chaque site qui tourne, il y a des femmes et des hommes qu'on ne voit pas assez. Je suis Philippe et ici on va remettre les services généraux au centre du jeu. Avec des retours d'expérience, des coulisses, des convictions, seul ou avec des invités. Et surtout avec du concret, nous allons parler des services généraux, comment on y est arrivé, pourquoi on y reste et comment on peut donner envie à d'autres personnes de venir rejoindre et surtout mettre en lumière une profession fantastique. Bienvenue dans mon podcast, J'ai Choisi les Servis Généraux. Bonjour, bienvenue dans cet nouvel épisode de J'ai Choisi les Servis Généraux. Et aujourd'hui, j'ai le plaisir d'avoir un invité. C'est mon premier épisode avec un invité. Et quel invité ? Qui est Thierry Alliot. Bonjour Thierry.
- Speaker #1
Bonjour Philippe.
- Speaker #0
Vous voyez, j'avais prévu quelque chose, mais du coup on avait planifié. Mais je parle dans le sens, on va parler des Servis Généraux. Et donc je vais commencer comme ça. Aujourd'hui, on parle des services généraux, on parle d'optimisation des coûts de mètre carré. Mais sur le terrain, la réalité est toute autre. Des équipes sous pression, des organisations complexes, et surtout un rôle qui évolue beaucoup plus vite que les entreprises elles-mêmes. Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir quelqu'un qui connaît parfaitement le sujet, aujourd'hui responsable de l'environnement de travail chez Shizuido, M.A., j'ai mal prononcé, Thierry, pilote un siège de 8 mètres carrés, 600 collaborateurs, 10 millions d'euros de budget. Avec une ambition claire, passer d'une logique de gestion à une logique de service premium. Avant ça, il a piloté les services généraux à l'échelle nationale, géré les centaines de sites, des équipes importantes, des contextes sensibles. Et surtout, mené des transformations concrètes, renégociation des contrats, réorganisation de la sûreté, digitalisation des services. Aujourd'hui, je n'y arrive pas du tout. Et ce que j'aime dans sa vision, c'est qu'elle est très claire. Le vrai héroïde des services généraux, ce n'est pas l'économie, c'est la réalité de service. Alors avec Thierry, on va parler de transformation, de réalité terrain, d'IA, de workplace. et surtout ce qui fonctionne vraiment aujourd'hui. Thierry, bienvenue dans J'ai choisi Service Généraux. Présente-toi s'il te plaît.
- Speaker #1
Merci Philippe. Alors donc Thierry Alliot, je suis marié, père de deux filles et je suis dans l'environnement de travail, Service Généraux, on va y venir, depuis 2008. Avant ça, j'ai fait en gros une vingtaine d'années comme ingénieur télécom dans différentes boîtes. dont Ericsson, qui était le plus gros morceau pour moi. Et avant ça, j'ai été militaire dans les radars pendant 7 ans, dans l'armée de l'air. Donc voilà, j'ai déjà changé plusieurs fois de carrière.
- Speaker #0
Un fort passé avant d'arriver dans l'environnement de travail.
- Speaker #1
Un fort passé, un fort passé dans le digital, dans la radio, dans la propagation, enfin bref, un monde très différent de l'environnement de travail. Plusieurs mondes en fait, parce que le côté militaire, côté civil, déjà c'est très différent. Et même chez Ericsson, en tant qu'ingénieur télécom, on peut passer de formateur. J'ai été formateur, j'ai été chef de projet sur des très gros et très petits projets. J'ai fait de la mise en production, j'ai fait du déploiement. J'en ai fait beaucoup de déploiements, que ce soit en Afrique, en France, etc. En Europe. De manière générale, oui, j'ai eu un passé dans le digital très, très vaste. La seule chose que je n'ai pas fait dans les télécoms est le digital. Et la seule chose que je n'ai pas fait, c'est commercial, parce que je sais d'avance que je ne suis pas bon commercial. Mais pour le reste, je me suis bien arrangé. C'est un métier à part, c'est un état d'esprit. Bref, il faut des compétences que je n'ai pas. Il faut savoir connaître ses limites. Celle-là, je l'ai.
- Speaker #0
En tant que responsable de notre travail, on est censé aussi vendre des projets. Donc on va avoir une petite chute commerciale.
- Speaker #1
C'est ça, mais j'arrive assez bien à vendre les autres. Assez mal à me vendre d'ailleurs, mais comme beaucoup de gens, ce n'est pas nouveau. Non, c'est tout. Oui, oui, ce n'est pas nouveau. Donc voilà, j'ai eu toute une série de choses. Ma dernière phase, on va dire à partir de 2004-2005, je me suis retrouvé à l'avant-vente chez Ericsson, où je faisais les projets. J'étais en gros derrière le rideau et je réalisais toute la partie avant-vente en dehors de la partie commerciale, mais la partie cotation, définition de projet, définition technique d'un projet, etc. Je faisais ça pour des projets... mobile, donc à l'époque on parlait de 3G, on parlait de 4G. Je faisais ça pour des réseaux de transmission, donc fibre optique, satellite, faisceau herdien, etc. Bref, je faisais toute une série de panels techniques pour des projets qui allaient de, allez on va dire de 50 millions à 2 milliards, voilà, pour un panel. Alors j'étais jamais tout seul, restons clairs c'est toujours des équipes là dessus Parfois, j'étais chef de projet, parfois j'étais numéro 2, parfois je faisais plutôt le volet technique, d'autres fois je m'occupais des livres blancs sur la propagation, enfin bref. J'avais un panel de possibilités assez large. Et en 2007, fin 2006, j'ai fait tout un projet sur la Nouvelle-Calédonie. qui consistait à faire tout un backup de fibres optiques sous-marines. Enfin bref, je ne rentre pas dans les détails techniques, mais c'était une opération assez compliquée où il y avait un mélange de technologies, un mélange de fonctions, etc. où il devait y avoir en gros quatre personnes parce que ça demandait quatre compétences très différentes. Et il s'avère que le commercial s'est trompé, il n'a vendu qu'une seule personne. Ça arrive, mais derrière, il faut soit dire, cher client, on a gagné, mais en fait, on est plus cher. soit accepter son prix et trouver la pierre philosophale qui est capable de faire les quatre fonctions. Et j'étais la seule personne qui avait cette capacité-là. Donc, ils sont venus me voir en disant, Thierry, est-ce que tu veux bien partir en Nouvelle-Calédonie ? En famille, j'ai posé la question à madame qui m'a dit, bah, feu, allons-y. Et on est parti. Donc, elle a fait une pause dans sa carrière. Et on est parti un peu moins de deux ans en Nouvelle-Calédonie. Alors on va dire, voilà, Cocotier-Sablechaux, c'est formidable. Cocotier-Sablechaux, ceux qui l'ont réellement expérimenté savent aussi que c'est une île, un éloignement, des prix élevés, des sensibilités un peu trop exacerbées parfois localement. Bref, ce n'est pas du tout le paradis qu'on veut bien décrire.
- Speaker #0
Je te rejoins parce que j'ai vécu en Oualdou pendant une année et je sais ce que tu as vécu. Enfin, je comprends ce que tu parles.
- Speaker #1
Voilà, ça ne veut pas dire que c'est triste, mais c'est juste différent de l'image que les gens ont. Mais ça l'empêche, techniquement, j'ai eu vraiment le sentiment de gravir l'Ebreste parce que le matin, je faisais de la logistique. L'après-midi, je formais des gens. Le lendemain, je faisais de l'installation. Je montais en haut des montagnes. Enfin bref, je me suis éclaté. Et les week-ends étaient vraiment superbes parce que là, les week-ends... C'est là que je me suis lancé dans la plongée, je me suis lancé dans l'équitation. Bref, j'ai fait toute une série de choses. Et quand je suis rentré, on m'a dit, bravo Thierry, super mission, génial. Maintenant, tu retournes à l'avant-vente. Et là, ça n'avait plus aucun goût. Revenir face à un ordinateur à sortir des livres blancs sur la propagation, ça ne m'intéressait plus du tout. Et j'ai dit, bon, qu'est-ce que je peux faire ? Il y avait un plan de départ en pré-retraite. qui amenait des conditions, c'est à dire qu'en gros il fallait des conditions d'âge etc. mais il fallait également que les personnes qui veuillent partir trouvent un remplaçant sur leur fonction et s'engagent à former la personne. Et ça devait y avoir deux mois je crois de transition. Et puis il y avait en gros deux fonctions support qui rentraient dans ce cadre là. l'informatique et l'environnement de travail, qui s'appelait service généraux à l'époque. L'informatique était un petit peu trop proche de ce que j'avais fait avant. J'étais plutôt dans l'approche radicale en disant faisons carrément autre chose. Et dans le même temps, il y avait également une autre personne qui était intéressée par ce poste-là, avec qui je m'entendais bien. Bref, on pouvait trouver une démarche intelligente. L'autre personne a pris la fonction au niveau de l'IT et moi, j'ai pris la fonction de l'environnement de travail. En allant voir Francis, en disant Francis, j'ai deux bonnes nouvelles pour toi. La première, c'est que tu vas partir en retraite. La deuxième, c'est que tu as trouvé un remplaçant. C'est qui ? Bon, voilà. Et on s'est arrangé. On a négocié une formation pendant six mois, un truc comme ça. Une transition au lieu des deux mois. Parce que c'était vraiment assez radical comme changement. Et puis il est parti en pré-retraite, le sourire aux lèvres, et moi j'ai pris la fonction. A l'époque Ericsson c'était assez petit, 350 personnes, un seul site sur ma scie, bâtiment assez ancien, enfin bref. Et comme toujours dans les télécoms, ça marche par vagues. par vagues techniques. Donc, une nouvelle génération arrive. En l'occurrence, c'était la 4G. Donc, partant de là, déploiement fort, embauche forte, gros projet à déployer, etc. Ce qui veut dire qu'en fait, le site unique et 350 personnes s'est transformé au fil des ans en X sites, puisque il y a beaucoup de sites qui ont été créés pour un projet, puis refermés. Donc, quand je créais un site immobilier, Il y avait obligatoirement une durée, donc parfois deux ans, ce qui ne correspond pas bien aux beaux classiques. Il y avait des négociations un peu spécifiques à faire. C'est des investissements qu'on veut limiter et qui rentrent dans le budget du projet. Ce qui veut dire qu'on sait très bien combien on doit dépenser et surtout pas un centime de plus. Vu qu'il y a également un projet télécom derrière, on est également très cadré au niveau du délai. Donc, la notion de respect délai-coût dans l'immobilier, qui n'était pas obligatoirement une habitude très large, moi, j'étais obligé de la tenir et je l'ai tenue. Au total, sur 11 ans, j'ai fait 28 projets immobiliers.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Dont un BFA, le BFA du siège, qui est toujours le siège actuel d'Eriksson, d'ailleurs, sur Massy, qui était un BFA sur 17 000 m², je crois.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et voilà, sur un bâtiment qui était en multilocataire, mais qui ne faisait que 22 ou 23. Donc, en fait, on ne voulait pas être monolocataire pour différentes raisons. Mais c'était le mode de fonctionnement. Le bâtiment a été construit pour Ericsson, en fait, sur les specs d'Ericsson. Et il y avait toute une armada d'ingénieurs télécoms. Parce qu'à la fin, on était 17. L'équipe projet, c'était 17 personnes qui travaillaient sur ce projet pour pouvoir rentrer. enfin Je ne sais pas comment dire ça. À la fin, le propriétaire, qui était ICAD, est à peine venu à la recette. Nous avons fait la recette à la place d'ICAD.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On était cadrés, ils avaient confiance en nous, etc. On a fait, je crois que c'est 170 000 réserves, ce qui est beaucoup et pas beaucoup à la fois. Mais sur un grand bâtiment comme ça, ce n'est pas tellement énorme. Dont beaucoup étaient des choses très mineures. Une retouche de peinture, c'est une réserve. Et au final, on a gardé, je crois qu'un mois après, on en avait moins de 1000. C'est allé très vite tout ça. Donc voilà, énormément de projets immobiliers. Mais également sont venus des projets assez novateurs. Par exemple, le Flex qui est arrivé en 2014-2015. C'est-à-dire que le nouveau siège a été construit et conçu. pour du flex. C'est-à-dire qu'en gros, avec une dizaine d'années d'avance sur tout ce qui s'est fait sur beaucoup de choses qui se sont faites en France, en fait, pas plus malin, juste plus en avance. Donc, les erreurs que les gens font aujourd'hui, moi, je les ai faites dix ans avant. Mais c'est pas pour autant que je n'ai pas fait d'erreurs. J'en ai fait plein. Pardon ?
- Speaker #0
C'est comme ça qu'on apprend ?
- Speaker #1
Oui, absolument. J'ai mis en place toute une série de solutions dans le digital. Évidemment, on ne lâche pas ses premiers amours. Comme du Lean Management sur les espaces, par exemple. Puisque la problématique, c'est toujours la même. Les espaces disponibles pour les personnes sont figés. On a X postes de travail. Ce n'est pas variable comme dimension. mais la même chose pour un parking, la même chose pour des places dans un restaurant, etc. Et on a des présences, on a des besoins qui sont très variables d'un jour à l'autre. Et vu les crises de montée en puissance et de descente, restons clairs, les besoins étaient parfois très criards sur certains espaces, on avait des taux de charge. J'ai connu des taux de charge à 150%. Les gens qui arrivaient, qui s'installaient dans les salles de réunion, qui s'installaient, certains assis dans le couloir sur des caisses. C'est juste impossible. C'est juste impossible. Donc, les pressions pour moduler les espaces étaient très importantes. On se retrouvait parfois avec des taux de charge, je parle des plus, mais il y a eu aussi des charges à 10%. Ce n'est pas possible d'avoir autant d'espace vite. Qu'est-ce qu'on en fait ? Il faut vite que ce soit résolu parce que l'équilibre financier du projet Télécom, lui, va en dépendre directement, etc. Donc, en fait, toute une série de questions autour de ça qui ont fait, par exemple, que j'ai mis en place un système. mais développé en interne puisque ça n'existait pas sur le marché, qui permettait de nourrir un site web accessible par tous avec des informations venant des données de contrôle d'accès. En gros, Madame Michu qui est à la compta, la compta c'est au troisième étage, ils ont 50 postes de travail. Donc quand Madame Michu badge, ça fait plus 1 à la compta. On ne sait pas où elle va être, ça n'a pas d'importance, mais on sait que dans la journée, Mme Bichu va globalement occuper un poste de travail à la compta. Et donc, on peut, en alimentant un site web, voir que les 50 postes de la compta, ça incrémente au fur et à mesure de la journée. Et puis, ça baisse parce qu'il y a des gens qui quittent, etc. Et on voit l'usage réel des espaces sans avoir des capteurs, etc. Alors, il n'y a aucun nom, évidemment. RGPD, on n'en parlait pas à l'époque. Mais concrètement, ce n'était absolument pas l'objet. J'avais des élus très sensibles sur cette question. Et les élus ont été impliqués dès le départ dans le projet. Ils ont vu, pour certains, le développement même côté logiciel pour être sûr que ce n'est pas un truc très compliqué non plus. Et ça a été mis en place. Et ce qui veut dire que, par exemple, les gens, avant de partir de chez eux, ils savaient globalement quels étaient l'usage. en live du parking ? Combien il y avait de places disponibles ? Est-ce que ça valait le coup de venir ? Est-ce qu'il valait mieux prendre un transport ? Toutes ces questions-là étaient couvertes déjà à l'époque. Aujourd'hui, j'entends beaucoup parler de réservation des postes de travail. Typiquement, 150%. Moi, j'ai eu un élu un matin qui s'est pointé et qui a fait « Ah, il n'y avait pas de réservation. Ah, il n'y a pas de place de disponible. Je rentre chez moi. » Et là, j'ai l'ARH qui s'est retourné vers moi et qui m'a fait, malheureusement, on ne peut rien faire. Pour une raison très simple, c'est que légalement, dans le code du travail, l'entreprise se doit de fournir les moyens pour travailler. Les moyens dans le tertiaire, ça s'appelle un bureau. Si on ne fournit pas de bureau, on ne peut pas obliger les gens à réserver. C'est une bonne entente, c'est une bonne habitude, c'est plein de choses, mais ça ne peut pas être une obligation. Et là, je me suis retrouvé un peu couillon parce que j'avais quand même considéré que les gens venaient de bonne foi ou autre. Mais en fait, le côté obligation de l'entreprise, je ne l'avais pas vraiment vu. Ce qui a modifié certains projets, certaines choses. Bref, ça fait partie des multiples choses qu'on apprend au fur et à mesure.
- Speaker #0
Oui, oui. OK, on le voit aujourd'hui.
- Speaker #1
Ah oui, oui, exactement. Et d'ailleurs, ce petit volet, je n'hésite jamais à le rappeler et beaucoup ne veulent pas l'entendre.
- Speaker #0
Non, mais je suis d'accord avec toi. Pour accompagner les clients, je sais que souvent, ça a été le gros sujet de la multiplication des applications pour réserver son bureau, réserver son parking, réserver son déjeuner. Aujourd'hui, ça devient même un truc de dingue où il faut quasiment tout réserver pour venir travailler. Bref,
- Speaker #1
la multiplication des outils… On amène l'obligation vers les salariés et pas vers l'entreprise. Or, c'est une énorme erreur, l'obligation est et reste vers l'entreprise.
- Speaker #0
C'est ça. Et aujourd'hui, quand on écoute ton parcours... ton voyage dans les îles où tu as fait une belle expérience avec des choses magnifiques et d'un coup tu es rentré donc ton métier, pur métier, était en tout cas la communication digitale et du coup, qu'est-ce qui a fait du coup finalement, c'était Charlie Gignero l'environnement de travail, mais qu'est-ce qui a fait que tu as dit ok, je prends cette challenge de l'environnement de travail, parce que tu aurais pu rester même bon, tu es revenu à un poste où c'était tu as dit, c'était du coup même chiant de revenir devant un écran À faire de l'avant-vente ?
- Speaker #1
Ça ne m'embêtait absolument pas avant, restons clairs. Avant de partir en Nouvelle-Calédonie, c'était pour moi un nouveau challenge. C'est ça. Dans ma vie, j'ai fait plein de challenges. Et voilà, l'avant-vente était un challenge jusqu'à ce que je parte en Nouvelle-Calédonie. Quand je suis revenu, ça ne l'était plus du tout.
- Speaker #0
C'est souvent le cas. Oui, mais après, c'est normal. Mais du coup, qu'est-ce qui a fait que tu as dit OK pour les challenges des services généraux ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui a fait que tu t'es intéressé ?
- Speaker #1
Il y avait à la fois le besoin de changer. l'opportunité qui se présentait et puis le côté fondamentalement différent. Non, la différence, elle était inclue dans le besoin de changer. C'était à la fois... Non, le dernier point, je pense que c'est presque le plus important, c'est d'apporter du plus aux autres. D'être en possibilité d'être l'acteur principal qui permet d'amener du plus aux autres, que ce soit en termes de service, que ce soit en termes de... moyens matériels, bref, être vraiment au volant de ce qui va être la vie des personnes dans les entreprises. Ça, c'était vraiment le moteur. Faire du plus. J'ai toujours adoré faire du plus dans plein de domaines télécom. Et là, j'avais vraiment, je pouvais élargir mon spectre, on va dire.
- Speaker #0
Je pense que globalement, tu as bien défini. C'est que souvent, nos parcours d'avant nous ont permis, et surtout une volonté d'avoir une appétence au service, de vouloir être au service et d'aider les personnes à se sentir bien dans leur quotidien. Est-ce que tu penses que ton passé, en tout cas professionnel, t'a aidé ? À être plus efficient dans tes fonctions et dans l'environnement de travail ?
- Speaker #1
Ok, oui. Par exemple, au niveau des projets immobiliers, je me suis retrouvé à devoir faire des projets très rapidement avec très peu de préavis. Donc, j'ai mis en place toute une série de solutions d'industrialisation que j'avais déjà mises en place avant dans l'esprit. Par exemple, la définition d'aménagement était déjà faite. D'accord ? Ça veut dire que je savais quel meuble, je savais quelle couleur de mur, je savais... Tout ça, c'était défini. J'avais déjà des prestataires, les appels d'offres étaient déjà couverts. J'avais déjà les quotations. J'avais tout. J'avais tout. Et donc, derrière... Et les prestataires savaient que le challenge était là. Donc, eux, ils étaient en attente d'un nouveau projet, quelque part. Quand ça démarrait, les gens savaient que le budget n'allait pas être dépassé et que le délai n'allait pas être dépassé. Si jamais ils n'étaient pas prêts à prendre ce challenge-là, ils changeaient de crèmerie. C'était tout simplement. Et j'irais même un cran plus loin, c'est que les bons attirant les bons, quand vous avez un mauvais plombier dans un projet d'aménagement, l'électricien, le peintre, etc. viennent vous voir en vous disant Débarrassez-vous de ce guignol. Je connais deux, trois boîtes qui sont vachement bien. On va régler la question. Et il suffit d'écouter. On s'organise. On fait l'appel d'offres, le machin, le contrat. Et derrière, vous n'avez que des bons. Très rapidement. En deux projets, vous n'avez que des bons. Et à ce moment-là, ça déroule très, très vite. J'ai fait, par exemple, 800 mètres carrés en six semaines, incluant Noël, Nouvel An. D'accord. Et j'entends par là, c'est du tertiaire uniquement. Il y avait un peu d'informatique, mais pas grand-chose. J'entends par là un peu de data center. Quand je dis informatique, il faut que je sois un peu plus précis. Et par contre, personne n'inventait rien. Tout le monde connaissait ses gammes. Tout le monde savait exactement ce qu'il devait faire. Et le challenge, il était validé dès le départ. Donc, voilà, six semaines entre la signature du bail et l'arrivée des personnes. c'est quand même pas beaucoup. C'est quand même très peu. C'est pas mal. Ça sentait un peu la peinture, l'arrivée des gens.
- Speaker #0
Oui, j'imagine.
- Speaker #1
Voilà, mais ça marchait.
- Speaker #0
C'est pour avoir fait plusieurs aménagements, c'est hyper short. Non, mais le classique,
- Speaker #1
c'est trois mois. Le classique, c'est trois mois.
- Speaker #0
Le chantier non-stop, tu n'as rien lâché. Tu étais sur le site quasiment tout le temps. Tu n'as rien lâché. Parce que six semaines...
- Speaker #1
Incluant... Ah non, mais attends. Quand c'est bien fait... Quand tu as affaire à des bons, quand tu ne changes pas d'avis toutes les 5 minutes, tu n'as pas besoin d'être là toutes les 5 minutes. Tout le monde sait exactement ce que tu attends. Ils sont bons, ils ne cherchent pas à te magouiller parce qu'ils savent très bien que le chiffre d'affaires suivant dépend du résultat. Et moi, j'étais là à des points très précis. J'étais là en surprise et j'étais là aux recettes. À la recette, ça ne rigolait absolument pas. Et ils étaient très fiers de te montrer les points où ils ont merdé. Parce qu'ils savaient aussi que je ne les prenais pas pour des guignols. Parce que c'est ça aussi, travailler sérieusement. C'est aussi faire confiance aux gens. C'est-à-dire que quand la confiance est établie et quand l'histoire a montré que tu n'es pas quelqu'un qui est là pour les bloquer, mais qui est là pour faire avancer les choses, eh bien, ça marche. Et cette logique-là, je l'ai également appliquée aux services. Quand tu travailles pour le ménage, que ce soit l'accueil, que ce soit tous les services que tu peux apporter, si tu fais confiance aux gens, les jeux Tu montres que toi, tu es quelqu'un de confiance. Tu peux travailler de manière très pertinente et amener un vrai service sans avoir d'énormes complications. Mets ça en place, on voit le devis après, on va se démerder. Ça, ça ne marche que chez certaines personnes et dans certaines conditions.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi.
- Speaker #1
Mais on gagne un temps fou. On gagne un temps fou.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on est une lourdeur administrative et souvent on complique les choses alors qu'on se fait des nœuds au cerveau, alors qu'il n'y a pas intérêt. Mettre en place un service avec un partenaire de confiance, ça peut faire simplement. Sauf qu'aujourd'hui, maintenant, quasiment tout est verrouillé et on va s'assurer que tout soit parfait avant même de commencer la moindre chose.
- Speaker #1
Mais c'est parfait sur le papier. Et c'est là que la chose change. C'est-à-dire qu'en gros, on a aujourd'hui des achats. J'adore les acheteurs, mais généralement, ils ne sont pas responsables de ce qu'ils décident. D'accord ? Non, du tout. Et ça devient une des clés majeures dans les entretiens d'embauche. Qui décide dans votre entreprise ? Si c'est les achats, est-ce que c'est eux qui sont responsables de leurs décisions ? Parce que décider sans être responsable de sa décision, c'est assez simple en fait.
- Speaker #0
Ça les achats, c'est un grand sujet. Entre les achats, moi j'ai eu la chance d'être responsable du service généraux et achats. Donc ça fait que j'avais un champ libre. Du coup, je rendais compte directement à mon DG. Là-dessus, j'étais tranquille, je n'avais pas d'acheteur. Donc j'avais le responsable financier. Mais lui, on travaillait ensemble sur les budgets et autres. Mais je ne venais pas m'embêter sur le fait d'avoir choisi telle ou telle prestation ou tel ou tel prix. J'étais entièrement responsable de la négo. Si mon DG disait ok, on y allait. et mais pas un autre acheteur qui arrivait derrière et qui mettait des bâtons dans les roues. Donc voilà, je sais que les acheteurs... C'est ça,
- Speaker #1
pour démontrer qu'il est super bon.
- Speaker #0
Bah oui, mais aussi montrer leur plus-value, parce que c'est aussi leur rôle de vouloir dire, bah nous, notre rôle, c'est de faire baisser les coûts et de respecter le budget. Oui, sauf que derrière, c'est pas vous qui allez piloter la prestation, qui allez faire en sorte que une prestation, c'est piloter un tas de coûts. Et je sais que le sujet, on l'a déjà abordé maintes et maintes fois tous les deux et sur des événements avec d'autres où quand on parle de la prestation de propreté, qui dit que... Une prestation de propreté, ça coûte tant. Et l'acheteur qui arrive derrière m'en fait réduire. Non, tu ne réduis pas parce que de la propreté, ça a un coût. C'est une personne, un humain qui prend du temps. Parce qu'aspirer un plateau de mi-mètre carré, ça ne se fait pas comme ça. Et quelles que soient les surfaces, de toute façon, ça se calcule et il y a un coût.
- Speaker #1
Voilà. Et je rajouterais une chose, c'est qu'en fait, à partir du moment où... Et typiquement, le ménage est un grand classique là-dessus. On prétend qu'on fait des très grandes surfaces, beaucoup plus que le réel. Mais personne ne va vérifier, à commencer par l'acheteur. Donc, partant de là, lui dire « Regardez, j'ai gagné 3000 m² pour un même montant » ou « J'ai tant de pourcents de moins en taux horaire » ou machin. En fait, c'est archi faux d'un bout à l'autre. La vérité dans les contrats de ménage aujourd'hui, elle a quasiment disparu. Parce que le donneur d'ordre n'est plus du tout lié à la réalisation de la prestation. Le donneur d'ordre devient dans beaucoup de sociétés l'acheteur. Et l'acheteur, lui, il a juste besoin de toucher une prime à la fin. C'est ça. Je suis d'accord avec toi. Donc, entre le début et la fin de négo. Après, le résultat, ils sont moqués, perdus. Ce n'est pas son sujet. Rendez-vous dans trois ans quand je retournerai ma prime. Alors, j'ai une petite histoire. Il y a prescription, donc je vais raconter ma petite histoire. Mais j'ai deux histoires, en fait. La première, c'est un nouveau directeur des achats dans une société que je ne citerai pas. pour éviter tout débat, qui est arrivé et qui voulait montrer qu'il était nettement meilleur que les autres, évidemment. À l'époque, j'avais des demandes, j'ai eu une demande pour trois lampes de bureau. Les éclairages étaient très bons, il n'y avait pas de demande, mais celle-là est sortie comme ça. Tiens, une demande pour des éclairages de bureau, bon, ok, bâtiment certifié, etc. Je cherche des lampes de bureau, je trouve des lampes de bureau à un prix, je ne me rappelle plus, mais on va dire 150 euros, avec détecteur, donc des éclairages à LED et avec détecteur de présence. D'accord ? Ce qui correspond à la logique d'un bâtiment certifié. J'envoie, donc je fais ma commande, j'envoie ça Ausha pour validation. Et là, j'ai le nouveau chef des achats qui fait « Non ! » Je valide pas. On a trouvé des lampes bien moins chères, 50 euros. Ah bon, t'as trouvé 50 euros ? Super, envoie-moi les éléments. Et là, il me sort des lampes avec des tubes néons, pas de détecteur, enfin bref. J'écoute, ok, changer le cahier des charges, c'est très facile. C'est un classique des achats, je veux dire. C'est ça. Mais j'ai dit, non, je suis désolé. Moi, j'ai un bâtiment certifié, je dois maintenir la certification. Je vais pas rentrer des lampes comme ça. Donc, tu peux, si tu veux, mais moi... je ne commande que du matériel certifié. Donc, avec le même cahier des charges, si tu le trouves moins cher, je prends. Je n'ai pas de problème, mais avec le même cahier des charges. Ouh là là là là, blocage, terminé. Je dis, bon, moi je ne commande pas autre chose et si je ne commande pas ce que tu veux, toi, tu ne le valideras pas. Situation bloquée, terminée, on s'arrête là. Allez, trois semaines après, CSE, et les élus qui me disent que c'est sexistore de lampe. Je leur dis, voilà, problème de lampe, et je leur explique exactement ce que je viens de dire. Pas de problème, faites venir le patron des achats. Et là, le patron des achats s'est retrouvé, et moi on m'a fait sortir, et s'est retrouvé à devoir expliquer pendant trois quarts d'heure.
- Speaker #0
pourquoi il a bloqué un truc qui était évident en fait il est ressorti furibon, je passe les détails de ce qu'il a pu être dit à l'intérieur il est sorti furibon il m'a dit je te valide ta commande ma commande des lampes à 150 euros est passée et depuis il ne m'a plus jamais compliqué la vie est-ce
- Speaker #1
que tu en as fait un pote ? non, il a été neutre ok Tu n'allais pas à la machine à café avec lui en tout cas.
- Speaker #0
Non, c'est ça. Et on se connaissait d'avant parce qu'on avait fait des projets de télécom ensemble, etc. Il savait très bien que j'étais plutôt quelqu'un de carré et qu'il n'allait pas pouvoir me contourner. Donc voilà, ça c'était un exemple où les achats se sont retrouvés responsables. Et ça ne s'est pas bien passé pour eux. Le deuxième cas, le deuxième exemple, c'est un petit peu à la suite où en fait le... Cette personne en question Ausha a nommé une promotion pour une personne qui était assistante avant, qui s'est retrouvée Ausha. Et il s'est dit, je vais lui donner les achats correspondant à l'environnement de travail. Donc la nana s'est pointée et elle a commencé à me mettre un bazar monstrueux dans mes discussions avec les prestataires. Les réunions mensuelles devenaient des catastrophes. Enfin bref, c'est quoi ce souk ? Et j'ai compris en fait que son idée, c'était de réduire les coûts, réduire les coûts, réduire les coûts. Mais pourquoi tu veux réduire les coûts ? Et en fait, je me suis rendu compte qu'elle touchait des primes pour ça. Alors je lui ai dit, écoute, on va faire un truc simple. Tu ne viens plus au Reunion. D'accord ? Moi, je te donne les éléments de ce qu'on a négocié, donc du prix avant, de la négociation et du résultat de la négociation. Tu mets ça chez toi, tu rentres ça dans tes chiffres et moi, ça me va bien. Tu ne viens pas me compliquer la vie, toi tu fais ton chiffre et tu fais ta prime. Est-ce que ça te va ? Ça me va très bien, elle a passé son temps à faire d'autres trucs, mais pas ça. Sauf qu'à ce jeu, elle s'est retrouvée première acheteuse d'Europe dans l'entreprise. Et la championne, alors qu'elle n'était pas mauvaise, elle n'était pas au niveau où ça prétendait. Et jusqu'au jour où les âges et son chef ne voyaient absolument rien. Jusqu'au jour où il se trouvait bizarre quand même qu'une nana très fraîchement débarquée dans la fonction se trouve si balèze. Et je crois que c'est au bout de deux ans ou trois ans, il y a eu une petite enquête qui a été faite. Et au bout de l'enquête, elle n'avait plus le prix. Voilà. Mais concrètement, elle... Ce qu'elle voulait, ce n'est pas le bien de la fonction, ce n'est pas l'amélioration de X ou de Y, elle voulait sa prime, c'est tout. Donc, partant de là, elle touchait sa prime, elle était contente, elle ne venait pas. Exactement. Et malheureusement, dans beaucoup d'entreprises, l'objet de la démarche des achats, ce n'est pas le cas partout, une fois de plus. Il y a des gens très, très bien, etc. Homo femme,
- Speaker #1
il n'y a pas de distinction. Absolument.
- Speaker #0
Non, non. Et donc, voilà. Son objectif n'était absolument pas d'améliorer les choses. voire même de faire moins cher. L'objectif, c'était de toucher une prime. Malheureusement, c'est quelque chose qu'on retrouve assez souvent. Après, quand j'ai eu les fonctions des achats dans d'autres entreprises, la question a été plus simple. Mais j'ai eu aussi affaire à des gens complètement idiots qui comptaient les boulons et qui n'avaient absolument pas vocation à améliorer les choses, mais simplement à s'améliorer leurs primes.
- Speaker #1
Justement, tu parles d'une belle transition parce que tu parles d'achat et justement, on parle de coûts. On parle des services généraux aujourd'hui et ça revient un peu. J'entends souvent le salon de travail et des achats qui se terminait. La semaine d'après, on enregistre ça juste après le salon qui s'est passé la semaine dernière. Et souvent, j'entends cette histoire forcément des économies sur qui on tape encore l'environnement de travail et les services généraux et qu'on parle souvent de coûts. Alors que certains en parlent de levier de performance. En tout cas, moi, je parle comme quoi c'est un levier de performance, ce n'est pas forcément un centre de coût. Mais bon, ça, c'est mon avis. Et il n'est pas forcément partagé par des acheteurs, pas des dirigeants. Mais toi, selon toi, on est où aujourd'hui de ça ? Ton avis par rapport à ça, à ce que l'on se ressentit qu'aujourd'hui, est-ce que les services généraux de la maison de travail restent encore un centre de coût ? Ou pour toi, c'est autre chose ?
- Speaker #0
Alors, clairement, c'est autre chose. Mais la question, c'est plus dans l'esprit de certains. J'ai eu l'occasion de discuter avec certains PDG, CIO, sur ce type de questionnement. Mais il suffit de lire certains articles, ça ressort assez rapidement. Quand vous avez une entreprise qui fabrique des pots de fleurs, vous voulez réduire vos coûts parce qu'il y a une incertitude, etc. Qu'est-ce que vous pouvez réduire ? La production, difficilement. C'est toujours tailler court et tailler par rapport à vos commandes. Bref, vous ne pouvez pas vraiment toucher à ça, ça devient dangereux. Il y a toujours des options, mais c'est un peu délicat. Côté RH ? donc après il faut regarder les fonctions support côté RH vous ne pouvez pas baisser les salaires donc vous retirez les primes les machins mais ça ne va jamais très loin le reste c'est généralement déjà bordé vous l'IT quelque part vous allez toucher également la production de manière indirecte vous pouvez faire quelques trucs mais c'est assez limité le légal il n'y a déjà pas grand chose etc non le gros budget en fonction support, qui est généralement le deuxième budget d'une entreprise, c'est l'environnement de travail. Donc là, on va regarder. Alors, qu'est-ce qu'on peut retirer là ? Ah, loyer, tout ça, c'est contraint aussi. On enlève tout le reste. Vous voulez plus de ménage ? Vous voulez plus de machin ? Alors, il faut le ménage, le moins cher, le moins cher, sans réfléchir deux secondes, qu'il y ait un lien direct entre les deux. Mais la démarche intellectuelle simple, je dirais, simpliste, c'est celle-là. Malheureusement, ça se retrouve dans beaucoup d'entreprises. Maintenant, pour revenir à ton point sur le levier d'efficience de l'entreprise, il est évident quand on se pose deux secondes la question. Quand on est dans du tertiaire, qu'est-ce qui va faire que les cerveaux marchent mieux ? C'est tout simple. Quand on est dans une production industrielle, c'est l'usine. C'est la machine qui va plus vite, etc. On compte des boulons, ça va, c'est assez simple à faire.
- Speaker #1
Tout ce qui compte, c'est le lieu, en tout cas l'environnement, c'est logistique, industriel ou tertiaire. De toute façon, c'est l'environnement qui va jouer.
- Speaker #0
Exactement. Et là, malheureusement, il n'y a pas de compteur dans les cerveaux. Donc, on ne sait pas si les gens réfléchissent bien ou pas bien ou s'ils sont efficients ou pas. Donc, c'est plus la mise en place de conditions qui vont amener cette efficience qui peut être réellement comptée plutôt que l'efficience elle-même. Donc... Si on leur fait une augmentation de salaire, ils vont se sentir mieux. C'est l'argumentaire numéro un des RH, etc. Donc, l'environnement de travail, très clairement, si jamais il y a les éléments de base, s'il y a du chauffage, de la lumière, etc. Mais c'est aussi, est-ce qu'il y a des éléments, des espaces d'échange ? Est-ce qu'il y a, je n'en sais rien, une machine à café ou un barista qui fonctionne bien ? Il y a plusieurs strates de services. et d'approches qui sont en fonction de la culture. Bref. Mais généralement, ça, ça fait partie des choses qui vont faire que les gens se sentent bien. D'accord ? Maintenant, restons clairs. Ça ne remplace pas ou ça ne compense pas un management toxique. Ça ne compense pas les coûts ou les réactions par rapport à un licenciement ou un plan de licenciement. ça ne compense pas de vrais gros problèmes RH. Le fameux discours qui consiste à dire on va mettre un baby-foot et ils regarderont moins le manager toxique. Non, malheureusement, beaucoup d'entreprises ne veulent pas traiter la question du management parce qu'elle est assez dure à traiter et assez longue à traiter. Donc, on trouve des expédients. Alors, ça a fait rire pendant longtemps. on met un baby-foot en place et il n'y aura pas à régler la question. C'est vrai et pas vrai. C'est surtout pas vrai.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord. Oui,
- Speaker #0
mais je suis d'accord avec toi. Donc, l'environnement de travail est un élément majeur dans cette équation, mais ce n'est clairement pas le seul. Et ça ne peut pas marcher tout seul. Si un environnement de travail est pourri, mais un management super bon, les gens ne seront pas dans les conditions optimales pour réaliser leurs fonctions. C'est à la fois une question RH, c'est à la fois une question du top management, restons clairs. C'est à la fois une question d'optimisation des budgets. Évidemment, on ne va pas cramer tout son fric là-dedans. Enfin, voilà, c'est toute une série de choses. Mais voilà, quand on est dans une entreprise où l'IT ne va pas bien, par exemple, c'est également quelque chose de pourri qui complique la vie de tout le monde. Non, mais on est d'accord. Donc l'environnement de travail est très clairement un acteur dans cette équation-là. Certaines entreprises le comprennent, d'autres le comprennent moins. Et ça se voit également dans l'organisation. Si jamais l'environnement de travail est rattaché à l'IT... on dit que c'est un sujet digital, mais on se moque éperdument. Excuse-moi,
- Speaker #1
je te coupe un. J'avais une question sur le rattachement.
- Speaker #0
J'ai connu le rattachement à la RH, j'ai connu le rattachement à la finance et j'ai connu le rattachement à la fonction centrale. Je n'ai pas connu le côté rattachement à l'IT que certains ont pu connaître. Honnêtement, la RH s'occupe des questions RH et se fout un petit peu du budget. La finance ne regarde que les sous. Ils se foutent globalement du résultat ou de la perception que les gens peuvent en avoir. Et la fonction centrale est généralement la meilleure qui cherche à trouver un équilibre entre tout ça et qui a généralement compris l'importance de la synchronisation de tout ça.
- Speaker #1
Quand tu parles de fonction centrale, tu parles de direction générale,
- Speaker #0
c'est ça ? Exactement. Donc, avoir un directeur de l'environnement de travail au même titre qu'on a un directeur de l'informatique ou de la RH. Et ça, malheureusement, trop peu d'entreprises l'ont compris aujourd'hui. Ce qui fait qu'on retrouve trop souvent rattachement finance ou RH avec les multiples travers que ça peut amener.
- Speaker #1
Et pour toi, c'est une erreur aujourd'hui le fait que... Alors moi, j'ai souvent communiqué sur ça en disant que pour moi, en tout cas, le directeur de l'environnement de travail doit être à la droite. du DG, en tout cas, il doit être à la table. Au même titre que l'IT,
- Speaker #0
absolument. Parce qu'aujourd'hui,
- Speaker #1
on ne peut pas dépendre, comme tu dis, d'un RH, d'un DAF, d'un directeur informatique. Je pense que de toute façon, on parlait de vendre, justement, de vendre des projets, qu'on ait la fibre commerciale ou non. Je pense que on doit être à la table et d'expliquer directement au DG ses projets, de comment on veut les faire, de comment, enfin, le budget en tout cas, même si on travaille en Connex. avec les autres membres des services supports, le DAF ou autre.
- Speaker #0
Et la prod, parce que très souvent, on agit avec la prod, absolument.
- Speaker #1
Mais c'est ça. Mais aujourd'hui, c'est vrai que l'erreur qu'on voit aujourd'hui, c'est soit on change leur attachement, soit, mais en fait, je pense que le dirigeant d'entreprise doit être, en tout cas, rattaché directement, enfin, en inverse, mais en tout cas...
- Speaker #0
Et recevoir l'information de manière neutre et non pas biaisé par des travers RH ou travers finance. Oui. Et le raccourci dont je parlais tout à l'heure, généralement, a lieu quand, par exemple, on est rattaché à la finance ou certains, j'ai vu d'ailleurs Ausha. C'était encore pire. Une fois plus, je respecte parfaitement la fonction, je l'ai moi-même exercée. Le problème, c'est que chacun amène ses compétences et ses travers. Il faut de tout pour faire un monde et il faut trouver un équilibre. Et pour moi, le meilleur raccordement, c'est là-haut. j'entends par là, directement à la fonction centrale. Je rajouterais une chose, c'est que c'est aussi lié à la reconnaissance de la fonction. On n'imagine pas deux secondes mettre des gens incompétents ou sans expérience à l'IT ou à la RH. Par contre, on l'envisage très solidement à l'environnement de travail. Et je suis, et tu dois l'être aussi, Philippe, contacté par des gens qui disent, voilà, je viens de la... de la RH, je viens de... etc. Et j'ai pris la fonction il y a deux ans, et je suis un peu largué, et je ne sais pas de quoi on parle sur ceci, sur cela, quelles que soient les compétences des gens. C'est un nouveau métier, ça s'apprend, ça prend du temps. Moi, j'ai pris beaucoup de temps à l'apprendre, j'ai fait beaucoup d'erreurs, etc. Absolument tous. On n'imagine pas faire ça à l'IT. On n'imagine pas faire ça à la RH. Ah, on a pris un acheteur, on l'a mis à la RH. Il va un peu se gourer, mais bon, ça va le faire. Oui, oui. C'est ce respect-là de la fonction et la reconnaissance des compétences nécessaires à la fonction qui font que, globalement, ce n'est pas ramené en fonction centrale. C'est en fait souvent ça, la reconnaissance du truc. Savoir gérer un prestataire, je suis désolé, qu'il soit de production ou qu'il soit... Je ne sais pas, un prestataire de la com, on n'imagine pas deux secondes que ce soit... que la communication d'entreprise ait aucune compétence pour gérer leurs prestataires de communication. Pourquoi est-ce que ce serait le cas pour l'environnement de travail ? Je suis d'accord. En fait, cette notion de reconnaissance, elle est vraiment basée sur le fait qu'on ne sait pas ce que les gens font, on ne sait pas communiquer. Et en fait, si jamais c'est l'ARH qui communique pour les fonctions environnement de travail, Concrètement, la compétence est vue d'en haut comme étant à la RH.
- Speaker #1
Oui, d'accord. Mais justement, ton parcours aujourd'hui t'a amené à voir évoluer un peu les services généraux, l'environnement de travail. Et qu'est-ce qui t'a le plus marqué aujourd'hui, ces dernières années ? Parce qu'on sait que le métier n'est pas si vieux que ça. Réellement, si je ne me trompe pas... Très vieux,
- Speaker #0
l'environnement de Romain.
- Speaker #1
Quoi, les services généraux, l'environnement de travail ?
- Speaker #0
Bah oui, d'après toi, le temple de Jupiter, il ne fallait pas le nettoyer ? Il ne fallait pas amener de l'eau ? Il ne fallait pas...
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Le charbon de Romain,
- Speaker #0
c'est juste la reconnaissance qui manque. Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
C'est vrai, j'avais pas vu ça comme ça, c'est vrai que j'avais pas vu aussi loin. En tout cas, merci pour cette correction.
- Speaker #0
Les égyptiens, ils balayaient pas la pyramide ? Bon, j'exagère un peu.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai qu'historiquement, c'est vrai que c'est des métiers qui n'étaient pas connus sous ça, mais c'est vrai qu'il y a toujours des fonctions qui permettaient d'entretenir. En tout cas, moi, je participe à notre métier, c'est qu'à partir du moment où tu as une coque et des gens dedans, on peut pratiquer notre métier. Mais quelle que soit la coque et quelle que soit la période historique, ou quelle que soit, en tout cas... période historique.
- Speaker #0
Et ça a toujours existé.
- Speaker #1
D'accord. Ça a toujours existé.
- Speaker #0
La question, c'est comment on la voit, quelles difficultés il y a à le faire. Enfin, c'est une lecture culturelle de la fonction. Mais concrètement, la fonction a toujours existé.
- Speaker #1
Et du tout coup, tu as un livre pour toi. Enfin, pardon, je bafouille. Mais qu'est-ce qui, pour toi, a été une vraie transformation ? Ou en fait, on vit une transformation ? C'est juste un changement de vocabulaire ? C'est dit bon. On passe à mes généraux à l'époque, je ne sais pas quel nom on donnait à ça, mais on est passé à l'environnement de travail. Est-ce que ça a réellement changé quelque chose ou pas aujourd'hui ? Je pense qu'on a partagé, c'est la vision, le positionnement dans l'entreprise de la direction environnement de travail, mais à part ça, qu'est-ce qui a changé ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a plusieurs étapes qui ont beaucoup changé. Je pense que la prédominance du tertiaire a beaucoup apporté. J'entends par là la baisse de l'industrialisation. Restons clairs, en France, on ne produit plus grand-chose, et pas seulement en France d'ailleurs. Ce qui veut dire que beaucoup de fonctions basculent dans le tertiaire et le tertiaire implique une présence beaucoup plus forte de nos fonctions. Donc oui, je pense que le basculement de services généraux à environnement de travail, par exemple, qui a été beaucoup porté par l'idée à l'époque de Latifa, ont amené une vraie différence. Non, d'abord, c'est l'inverse en fait. C'est... L'évolution du métier qui a amené le changement de nom, qui a amené la démarche, qui a fait que l'ARSEG est devenue l'idée, qui a fait qu'on parle d'environnement de travail. Voilà, toute cette fonction-là, si on reste centré sur la France. Et concrètement, la technicité nécessaire pour nos fonctions s'est également élargie. C'est-à-dire qu'on s'est retrouvé beaucoup plus central dans nos fonctions, dans l'entreprise d'antan. Et derrière ça, on s'est retrouvé également beaucoup plus challengé sur nos résultats, challengé sur nos budgets, challengé sur la manière dont on va améliorer les choses. Et c'est là que le digital est beaucoup rentré dans ces équations. Tu connais mes travers historiques sur ce sujet. Je viens d'expliquer mon parcours, donc voilà, c'est facile à comprendre. Merci. Le digital est beaucoup, beaucoup rentré dans l'environnement de travail comme étant un levier d'amélioration, souvent à coût moindre. Donc, on améliore les choses sans mettre trop d'argent sur la table et on optimise les choses. Donc, c'est vrai avec le flex qui est arrivé beaucoup suite au Covid. Donc, ça fait 5-6 ans maintenant qu'on parle de ce genre de choses en France. Mais non, je le dis, moi je le... Dans certains pays, c'est beaucoup plus ancien. Alors, ce n'est pas non plus 200 ans, restons clairs. Mais ces expériences-là ont été vécues. Tout le monde y met sa touche culturelle, en fait. Donc, un Scandinave va voir les choses d'une certaine manière, un Latin d'une autre, un Slave, encore une autre, etc. Non, mais le principe de dire, on optimise. Ah, tiens, désolé, j'ai un petit souci. On optimise les moyens pour améliorer la vie de chacun. On réalloue les coûts pour faire que, soit on met cet argent ailleurs, dans de la production ou autre, soit à budget équivalent, on cherche à apporter un meilleur service. Toutes ces démarches d'optimisation s'appuient très volontiers sur du digital. Aujourd'hui, on parle de l'IA, etc. Même si l'optimisation n'a pas encore été très largement démontrée. Mais de manière générale... Cette notion de centralisation des fonctions support par le fait de l'augmentation du tertiaire en proportion est quand même très marquante dans nos fonctions aujourd'hui. Et on est nettement plus axé sur des notions de service, d'optimisation, d'amélioration continue qui est... qui devient une démarche industrielle. Et je reviens là sur ce que j'évoquais sur les projets et les projets immobiles que j'ai pu traiter chez Ericsson, par exemple. C'était d'abord et avant tout une démarche industrielle, une logique de démarche industrielle.
- Speaker #1
Et justement, transition encore, Thierry, t'es fantastique. Pour un fond, on ne s'est pas concerté, j'avoue. Vous connaissez, je fais des fois souvent un peu des trucs à l'arrache. Là, on a échangé avec Thierry et du coup, les sujets s'enchaînent. Et ça arrive à ma prochaine question qui est, on approche 50 minutes. J'espère que vous êtes encore là, en tout cas nous écoutez, on est un peu long, mais bon, le sujet est passionnant et Perri et Thierry ont été deux passionnés, en tout cas, de ce sujet. Mais justement, on parlait encore du salon et la semaine dernière, la question qui m'est souvent revenue à la fin de ce salon, c'est Philippe, as-tu vu quelque chose d'innovant sur ce salon ? On parle toujours d'innovation. Bon, concrètement, le mobilier, l'innovation. Si,
- Speaker #0
il y a une innovation que j'ai vue sur le mobilier. Une innovation, mais qui n'est pas complètement nouvelle, mais qui monte fortement en gamme, c'est le recyclage. Que ce soit des meubles en matière recyclée ou la refabrication de meubles. J'ai vu par exemple un fabricant qui a un siège très célèbre qui a été vendu en très grande quantité. et qui se proposent aujourd'hui de reprendre la structure et de refaire les assises, etc. et de le revendre. En fait, c'est lié aux appels d'offres qui imposent d'avoir une proportion de réemploi et de recyclage. Oui,
- Speaker #1
ça je suis d'accord. Donc là,
- Speaker #0
c'est vraiment très marqué aujourd'hui. Ça se voyait il y a encore un an ou deux, mais c'était très parcellaire.
- Speaker #1
Là,
- Speaker #0
on voit vraiment largement la chose s'étendre et c'est probablement une tendance lourde pour les années prochaines.
- Speaker #1
Je suis d'accord. Et c'est vrai que la réflexion, ça a été, avez-vous vu de l'IA sur le salon ? Parce qu'on parle souvent, et ça, tu vas me donner ton avis, on a déjà changé plusieurs fois là-dessus, mais c'est vrai que j'ai vu quelques solutions numériques, en tout cas, qui intègrent de l'IA dans leurs solutions. On a vu des outils de ticketing, des solutions de regroupement d'applications de services, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a très peu de concret encore aujourd'hui. arriver en tout cas pour le domaine de services généraux et on sait que c'est un peu compliqué mais selon toi est-ce que les services généraux enfin est-ce que l'IA pardon va transformer les services généraux ou l'environnement de travail ou ça va juste optimiser ou ça va juste optimiser à la marge en fait quel outil d'usage en fait comment ça peut être prioritaire pour un service de services généraux le domaine de l'IA aujourd'hui dans son fonctionnement parce qu'on sait que toute entreprise aujourd'hui doit passer à l'IA c'est comme à l'époque moi je fais un peu l'allégorie c'est de dire que les et... À l'époque, les catalogues 3 suisse, la roue d'eau de papier étaient passés au e-commerce et certains y sont passés tardivement et y sont plantés. Aujourd'hui, on parle d'IA, on dit mais toute entreprise qui fait de l'IA, ok elle est à la mode, celles qui ne font pas de l'IA, elles sont un peu has-been. Aujourd'hui, dans les services généraux, l'environnement de travail, mettre de l'IA, alors oui il y en a parce qu'on prend des outils de ticketing, mais hormis ça, comment tu vois l'IA dans les services généraux toi ?
- Speaker #0
Alors d'abord, raison claire, l'IA et le ticketing sont deux notions différentes. L'IA vient de manière générale enrichir des solutions existantes plutôt que les créer. On optimise, on facilite. D'abord, un petit préambule. Il y a des modes dans le digital comme il y en a partout. On a parlé pendant un certain temps de blockchain. On a parlé de plein d'autres merveilles comme ça qui allaient tout révolutionner. Et deux ans après, qui ont complètement disparu. L'IA est probablement... plus impactant que ce genre de choses, même si la blockchain ne dénigre absolument pas. Mais il faut quand même garder une certaine retenue. D'accord ? Donc oui, c'est pertinent. Oui, ça apporte des choses, mais ça ne se fait pas en claquant des doigts. J'ai fait récemment un petit état des lieux sur ce qui était réellement opérationnel. J'ai bien ainsi sur opérationnel en termes d'IA dans l'environnement de travail. Et j'ai trouvé trois solutions, seulement trois. Pas 10 000. D'accord. C'est une IA qui est intégrée dans une GTB, qui gère un bâtiment, qui fait des mesures. en permanence des différentes caractéristiques de l'aérolit du bâtiment. Chaud, froid, humidité, c'est un bâtiment lié à de la pharmacie, donc des labos de pharmacie, etc., donc avec certaines sensibilités sur ces questions, et qui ensuite modifie les consignes au fur et à mesure, optimise les consignes de la GTB pour être au plus proche. des attentes au plus proche de la consigne et au plus bas en termes de consommation. En gros, ce qu'un technicien au mieux faisait tous les jours, une fois par jour, l'IA le fait toutes les 3 minutes. Cet écart-là a fait que le projet qui m'a été présenté comme ayant un coût de l'ordre de 30 000 euros a été remboursé en quelques mois par l'économie d'énergie réalisée. Alors que pour les utilisateurs, ça n'a absolument rien changé. Ils ont toujours eu leurs consignes. Alors, au lieu de varier d'un demi degré, ça varie d'un dixième de degré. On est dans le pouillemesque que les gens ne perçoivent pas. Mais en termes de consommation, ça se voit. Grand bâtiment, etc. La solution était suffisamment efficiente pour que la société déploie cette solution IA un peu partout dans le monde. C'est actuellement en cours de déploiement. Donc ça, ça marche. C'est efficient, mais il faut avoir un besoin assez spécifique. Et je dirais être propriétaire de son bâtiment, parce que dans beaucoup de cas, on est juste locataire. Et le propriétaire, dans l'absolu, pourquoi baisser les consommations ? Ce n'est pas bien grave, ce n'est pas nous qui payons. Donc le locataire paye, le propriétaire décide. Et ce système-là fait qu'aujourd'hui, il y a énormément de coûts qui sont, comment je dirais, non optimisés, pour rester gentil. Et on a des sociétés d'EPM. qui s'enregistrent largement. Donc,
- Speaker #1
Repartie Management, pour ceux qui ne connaissent pas le thème de PM.
- Speaker #0
Voilà. Se reconnaîtront qui veulent.
- Speaker #1
C'est ça, tout à fait. On est d'accord.
- Speaker #0
Voilà. Le deuxième volet, c'est une entreprise qui s'appelle EDF, plus précisément un volet d'EDF qui s'appelle EDF Power Solutions, qui travaille sur l'environnement. C'est ceux qui s'occupent de tout ce qui est solaire, éolien, etc. et qui ont une culture d'entreprise extrêmement développée sur l'impact environnemental. Ils ont pris un nouveau bâtiment à la Défense, très travaillé. C'est un bâtiment sur lequel j'avais travaillé également pour Technip, qui est très travaillé sur le côté environnement de travail. Non, impact environnemental, désolé, deux fois la même erreur, qui était à une époque le bâtiment le plus certifié de France.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Franchement, ils sont allés très, très loin sur beaucoup de choses. Et donc là, c'est ce qui les a attirés. Et ils ont voulu faire un travail très poussé sur la réduction des déchets alimentaires dans le restaurant. Donc, ils ont alimenté une IA avec les menus faits sur plusieurs années, avec les volumétries commandées, avec toutes les données du restaurant, mais également avec les présences. toujours pareil, remontant sur plusieurs années, présence dans le bâtiment, avec les... Bref, en alimentant l'IA avec le maximum de données, ils ont réussi à réduire leurs déchets alimentaires à hauteur de 40 kilos par jour pour 700 plateaux, en moyenne. C'est pas mal. Honnêtement, c'est incroyable d'arriver à ce niveau de... faible déperdition alimentaire. Franchement, très fort. Très, très fort. Je ne l'ai vu nulle part ailleurs. Je ne l'ai vu que là. Et bravo EDF sur ce travail. C'est vraiment très bon. Maintenant, j'ai vu aucun prestataire de restauration proposer ce genre de solution.
- Speaker #1
Non, je pense que pour les aérovus, quasiment tous aujourd'hui, que ce soit les petits acteurs ou les gros acteurs, qu'on connaît tous, je ne vais pas les nommer, mais il y en a un certain nombre. Savoir si aujourd'hui, est-ce qu'ils ont envisagé, en tout cas, de mettre de l'IA au travail. Peut-être, parce qu'ils travaillent dessus, ils ne nous l'ont pas encore dit. Ils les voleront plus peut-être plus tard. Ils sont discrets. On verra ça, parce que tout va très vite. L'IA, tout peut aller très vite. Donc, on verra d'ici quelques mois ou même dans un mois ou deux. Si ça se trouve, on aura des surprises.
- Speaker #0
Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, de toute façon, on se doit d'optimiser les flux. Et comme tu as dit, la restauration en est un, le gâchis alimentaire. Qui est lié aussi au fait de coûts, parce qu'il ne m'a rien acheté de la nourriture qui va être jetée. C'est aussi complètement... Oui,
- Speaker #1
mais c'est aussi toujours la même histoire que le PM. C'est-à-dire que la société de restauration ne paye pas les déchets alimentaires.
- Speaker #0
Oui, ben oui.
- Speaker #1
Pourquoi se battre pour les limiter ?
- Speaker #0
Non, mais après, c'est aussi une force d'entreprise de vouloir... Aussi, je pense que le top management, le dirigeant de l'entreprise, doit être exemplaire dans tous les sens du terme et doit en tout cas faire la demande auprès de ses partenaires et prestataires de ce qu'ils souhaitent pour demain dans un environnement de travail sain, autant pour les salariés que pour la planète, que pour le social et derrière aussi chercher des sources d'économie. Et de faire travailler en tout cas, ce qui est important, l'ensemble de ses partenaires, parce que souvent en interne, ils peuvent travailler, mais aussi, je pense que c'est important de co-construire ensemble des projets. Et c'est aussi ça qui fera la force de main entre un client et un partenaire, de co-construire ensemble, d'avancer sur des projets et pas seulement dire, je vous paye, vous faites ça et c'est tout. Je pense que demain, je pense que l'évolution aussi du métier va faire qu'on travaille ensemble pour une meilleure visibilité. La coopération,
- Speaker #1
c'est majeur. C'est absolument majeur. Là, j'illustrerai ton propos par un proverbe chinois qui dit que les poissons pourrissent par la tête. C'est extrêmement vrai. Si le top management ne montre pas l'exemple, très clairement, ça ne se passe pas. Là, clairement, EDF, ils n'ont absolument pas fait d'argent en réduisant les déchets alimentaires et en payant ce projet IA, etc. Ce n'est pas économiquement rentable. D'accord ? Mais là aussi, la perception des salariés est absolument énorme. Et les effets peuvent être gigantesques. Pour avoir mis en place, par exemple, des ruches, j'ai eu des effets positifs des ruches, alors que c'était dans un petit coin du toit, je n'avais pas communiqué, etc. Et il y a des gens qui sont venus voir. Génial, on a vu des ruches, c'est formidable, etc. Du calme, il n'y a même pas d'abeilles encore. Il y a juste les boîtes pour l'instant. Mais la perception était extrêmement positive. Et ça, ça joue énormément dans l'état d'esprit général d'une entreprise et de manière globale de son efficience. Et quand on a un top management qui est conscient de cette difficulté d'efficience générale et des leviers que représente l'environnement de travail pour cette efficience, il y a des projets qui se débloquent. Là, ça avance. Il y a des choses qui viennent. Et on n'est pas toujours en train de dire quel est votre ROI, etc. c'est quoi les ROI sur une augmentation salariale ? il n'y en a pas et pourtant c'est de l'argent qu'on dépense quel est le ROI pour payer un avocat au légal ? il n'y en a pas et pourtant c'est de l'argent qu'on dépense et on pourrait faire le calcul sur bien d'autres choses le ROI c'est juste un argument pour ne pas payer c'est ça merci Thierry en tout cas on approche de une heure on ne s'est pas donné un timing c'est
- Speaker #0
pour éviter qu'après les gens ne s'endorment en nous écoutant
- Speaker #1
J'espère qu'il ne dorme pas trop.
- Speaker #0
J'espère qu'il ne dorme pas trop non plus. J'avais une question pour toi. Le thème de ce podcast est de pourquoi on a choisi Sainte-Ginéro. Si demain, on vieillit, on est proche de la retraite, toi que moi, moi je suis encore un petit jeune de 35 ans.
- Speaker #1
J'ai arrêté de vieillir depuis un certain temps déjà. J'ai décidé, c'est une décision assez simple à prendre. Je te propose de le faire.
- Speaker #0
Tout à fait. Si jamais tu devais donner à un jeune ou une jeune en tout cas, même si aujourd'hui, on sait que les cursus de formation existent. On a le MIPI, la Manavallée, à partir de la licence et du master. Mais c'est vrai qu'avant, on suit un cursus classique de lycée. Mais c'est vrai que, qu'est-ce que tu pourrais donner comme conseil à un jeune qui a envie de découvrir cette profession, donc l'environnement de travail, même si on parle encore de services généraux. Il y a encore beaucoup d'entreprises aujourd'hui qui parlent de services généraux à travers la France. Mais c'est vrai que c'est... Quel conseil tu pourrais donner pour qu'il puisse... puisse, soit il a une impétence de service ou autre, mais je ne sais pas, quel conseil ? Parce que moi, j'ai des conseils à donner, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, venant d'une personne qui a beaucoup plus d'expérience que la mienne, est-ce qu'on t'a déjà posé la question, d'ailleurs ?
- Speaker #1
Ben oui, ma fille. Tout simplement, ma fille. Et en fait, elle a fait le Master MIPI à Marne-la-Vallée, tout simplement. Mais le conseil aux jeunes, c'est qu'en fait, c'est un champ de possibles absolument gigantesques. et qui est largement sous-exploité aujourd'hui. C'est-à-dire qu'en fait, ça fait partie de ces rares fonctions où en fait, on écrit l'histoire. Aujourd'hui, quelqu'un qui travaille dans l'informatique, ça dépendra de quelle version de Windows ou quel machin va tomber. On va installer une nouvelle version de tel ou tel système. On va rarement créer des services. On va rarement... Tu vois ce que je veux dire ? Tu as dans cette fonction une des rares fonctions de l'entreprise qui a réellement la possibilité de faire des choses très nouvelles et très différentes. Tout à fait. Et de s'éclater à faire ça, quoi. Franchement, c'est ça le truc. C'est vraiment génial de pouvoir faire ça. Je suis d'accord. Mais combien peuvent dire ça ?
- Speaker #0
Pas beaucoup.
- Speaker #1
Très peu. Non, non. Donc en fait, vous êtes jeune, vous avez envie de découvrir un truc. Franchement, là, il y a un truc à jouer. Il faut avoir envie de le faire. Il faut avoir envie de le faire. Celui qui veut venir faire son petit ronron quotidien, il faut aller jouer ailleurs. Ce n'est pas la bonne adresse. Par contre, quelqu'un qui a envie de tous les matins d'arriver et de ne pas savoir ce qui va lui tomber dessus dans la journée, il y en a que ça paralyse. Et il y en a d'autres que ça éclate. Moi, je fais partie des gens franchement qui adorent ça. Je pense que si on pose la question aux gens à l'environnement de travail, 95% vont dire que c'est génial. mais chez des jeunes qui ont envie de dire on écrit tout, on avance et on crée son propre sillon. Alors ça demande du boulot, restons clairs, ça ne se fait pas tout seul. Ça aussi, ça impose de pouvoir survivre à certains échecs, etc. Il faut savoir gérer le challenge. Mais ça, si on sait le faire... l'environnement de travail, il y a moyen de s'éclater. Et il n'y a plus beaucoup d'endroits où on peut vraiment s'amuser à ce niveau-là.
- Speaker #0
Je suis entièrement d'accord avec toi. C'est pour ça que je suis tombé amoureux de cette profession et de ce domaine il y a quelques années. Et depuis, je ne lâche pas parce que je trouve que c'est vraiment le métier le plus varié, le plus épanouissant qu'on peut entendre parce que par la diversité des personnes qu'on peut rencontrer et comme tu as dit, le nombre d'entreprises qu'on peut orchestrer et piloter et les parcours des personnes qu'on peut rencontrer, mais que ce soit tout le domaine qu'on fait d'eux. Moi, j'ai rencontré des personnes non plus. Que ce soit la maintenance, la propreté, l'accueil. Enfin, le café. Aujourd'hui, je rencontre des personnes fantastiques. J'ai eu la chance de te rencontrer aussi grâce à cette profession. On ne va pas se cacher aussi, grâce aussi au réseau qu'on a parlé d'ailleurs, qui est l'ARSEG, qui est une association qui existe depuis 51 ans, qui a donné l'idée il y a quelques années. Et on rappelle ce que c'est l'idée, même si c'est inspirer et développer les environnements de travail. C'est comment on les développe au mieux, en tout cas, faire connaître cette profession et la mettre dans la lumière parce qu'on est des métiers de l'ombre. N'en oublie pas.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Merci Thierry.
- Speaker #1
Ce n'est pas pour nous déplaire d'ailleurs le métier de l'ombre. Non, non. Parfois, on est très bien dans l'ombre.
- Speaker #0
Déjà, on est très bien dans l'ombre. Après, j'aime bien mettre dans la lumière, mais c'est vrai que souvent, on œuvre bien dans l'ombre.
- Speaker #1
Les deux existent.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et juste pour terminer et compléter, il y a très peu de gens qui quittent la profession. Énormément de gens qui y arrivent. 90% c'est de la reconversion. Les gens n'ont pas fait cette formation initiale. Et dans les faits, il y en a assez peu qui quittent.
- Speaker #0
Tout à fait. Non, non, mais je suis d'accord avec toi. On vient souvent de parcours très différents. Il y a le logistique, du digital, du commerce, du retail. On vient de plein de domaines différents. Et ce qui fait qu'on a enrichi complètement, en tout cas, cette profession et on la professionnalise dans le temps parce que c'est aussi un secteur qui n'est pas juste un placard. Je rappelle encore pour ceux qui ont des dirigeants qui peuvent écouter, qui pensent encore qu'on puisse mettre n'importe qui dans les services généraux pour commander des papiers toilettes et des stylos. Non, c'est un métier qui se... professionnalise, à laquelle il faut des compétences, sur laquelle il faut de la technicité, et c'est pas rien.
- Speaker #1
Si on aimait n'importe qui, on obtient n'importe quoi.
- Speaker #0
Tout à fait, et ça, j'adore cette phrase. Et je pense que beaucoup de personnes pourront être d'accord avec nous. On arrive au terme de cet épisode. Encore un grand merci. Je vais te laisser conclure par une phrase qui est la manière dont tu souhaites.
- Speaker #1
La phrase devant l'histoire, c'est ça ?
- Speaker #0
Ouais. Le grand blanc, je ne sais pas. Le grand blanc,
- Speaker #1
là, je suis désolé. Non, franchement, l'environnement de travail, il y a vraiment moyen de s'éclater et de faire des choses incroyables. C'est surtout ça, en fait. Il y a un vrai plaisir à travailler. Il y a un vrai plaisir à rencontrer des gens radicalement différents. On parle à la femme de ménage et deux phrases après, on parle au PDG, on parle à la RH, on parle au propriétaire. on a panel de contacts, de réseaux, d'actions, de domaines radicalement différents. Radicalement différents. Et c'est génial. Il n'y a jamais de routine. Ça, si vous venez pour de la routine, vous vous trompez d'adresse.
- Speaker #0
Ben voilà. Ça, c'est une belle conclusion. Clairement, c'est comment dire que cette profession... Non, mais c'est vrai que souvent, on peut entendre plein de choses, mais c'est dire que cette profession est juste magique et juste fantastique par le fait qu'on ne s'ennuie jamais. Et c'est rare, les métiers, on ne s'ennuie pas ou c'est une routine. On arrive le matin. pour faire la même chose toute la journée. Les journées sont toujours variées, elles vont très vite. Nos semaines changent du tout au tout, du lundi au vendredi. Même si vous faites un planning, vous savez que vos plannings peuvent exploser en un temps record. Non, non, mais voilà. Merci encore parce que c'est très, très riche.
- Speaker #1
Merci Philippe.
- Speaker #0
Et c'est toujours un plaisir d'échanger avec toi sur le sujet. En tout cas, je vous invite, si vous êtes en conversion, vous voulez avoir des infos sur le métier, vous êtes jeune ou moins jeune, et vous souhaitez être intéressé par le métier, vous voulez en tout cas questionner quelqu'un qui a de la bouteille, qui connaît le métier depuis quelques années, je vous invite à contacter Thierry. D'ailleurs, comment on fait pour te contacter ? Sur quel réseau ? LinkedIn, c'est très simple. Magnifique. Merci en tout cas, mon cher Thierry. C'était toujours un plaisir d'échanger avec toi.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
J'espère que cette vidéo vous a plu et que vous avez en tout cas appris sur le... En tout cas, le parcours et l'envie de venir dans les services généraux et l'environnement de travail. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode. Ciao, ciao. Au revoir Thierry.
- Speaker #1
Au revoir.
- Speaker #0
Merci à toi. Ciao.
- Speaker #1
Au revoir.
- Speaker #0
Travaillez dans les services généraux. Vous avez un parcours, une expérience, une vision à partager. Ce podcast est aussi le vôtre. N'hésitez pas à me contacter directement sur LinkedIn ou via votre plateforme d'écoute. Je serai ravi d'échanger avec vous et peut-être de vous donner la parole dans un prochain épisode. Si cet épisode vous a plu, prenez 30 secondes pour le partager autour de vous ou sur vos réseaux en me taguant. Et surtout, laissez-moi un avis 5 étoiles sur votre podcast ou votre plateforme préférée. C'est ce qui me permet au podcast de grandir et de mettre en avant les professionnels de l'environnement en travail et des services généraux. Merci pour votre écoute et à très bientôt pour un nouvel épisode de J'ai Choisi les Savages Généraux. Bye bye !