- Audrey
Bonjour, moi c'est Audrey.
- Laure
Bonjour, moi c'est Laure.
- Audrey
Combien de fois avez-vous pensé « J'en ai marre de mon job » ?
- Laure
Combien de fois l'avez-vous dit ?
- Audrey
Nous, on l'a entendu plein de fois.
- Laure
Ce qu'on vous propose, c'est d'écouter ces personnes qui ont franchi le cap, celles et ceux qui ont entamé une reconversion professionnelle.
- Audrey
Pourquoi ? Comment ? Combien ? C'est ce qu'on a voulu savoir.
- Laure
Ici, vous entendrez des histoires de reconversion.
- Audrey
Bonne écoute !
- Sarah
Bonjour, je m'appelle Sarah. A 35 ans, j'en ai eu marre et j'ai décidé de changer d'orientation professionnelle. Avant j'étais opticienne, puis conseillère service assurance maladie, et aujourd'hui je suis facialiste et masseuse bien-être.
- Laure
Bonjour Sarah !
- Sarah
Bonjour, bonjour mesdemoiselles, bonjour Audrey, bonjour Laure, merci pour l'invitation.
- Laure
Avec grand plaisir et bienvenue sur "J'en ai marre ! Histoire de reconversion". Sarah, tu nous as contacté il y a quelques mois parce que tu souhaitais partager ton histoire. Et c'est vrai que nous, on a mis avec Audrey un petit peu de temps avant de se rencontrer parce que de façon pratico-pratique, toi tu es du côté de Nancy dans le Grand Est et nous, nous sommes dans la région parisienne. Et donc finalement, on a quand même réussi à défier le temps et l'espace et se retrouver pour que tu puisses partager ton histoire. Alors, si j'ai bien compris, Sarah, toi, tu as eu plusieurs vies professionnelles, puisqu'au départ, tu étais opticienne. Et aujourd'hui, tu gères un institut de bien-être. Et entre les deux, en fait, tu as fait plein de choses. C'est bien ça ?
- Sarah
C'est tout à fait ça.
- Laure
Ok, super. Bon, alors, aujourd'hui, tu es dans le bien-être. Est-ce que, petite, déjà, tu prenais soin des gens autour de toi ? C'était quelque chose que tu avais envie de faire ?
- Sarah
Alors, oui. Prendre soin des gens, oui. C'est vrai que je pense que je prenais aussi soin de mon petit frère. C'était très important pour moi. J'adorais prendre soin de lui. On a une relation très fusionnelle. Et puis, c'est vrai que je pense que c'est quelque chose qui me vient aussi surtout de mon papy. Parce que j'ai fait du sport pendant 14 ans, j'ai fait de la gymnastique à un niveau... voilà très correct, et c'est vrai que bon bah voilà, j'ai eu pas mal de blessures et mon papy justement c'était lui qui me guérissait par ses massages, qui essayait de m'apaiser. Et j'étais toujours fascinée en fait quand il me massait, je regardais tout le temps exactement ses gestes avec précision, ce que je ressentais, comment il ressentait... Et il m'expliquait, il me disait "Tu vois là il se passe quelque chose". "Oui, oui je comprends" et je pense que c'est quelque chose ben voilà qui est vraiment resté en moi Donc, c'est effectivement toutes ces petites choses qui ont fait, je pense, au fur et à mesure que je suis arrivée là aujourd'hui.
- Audrey
Mais est-ce qu'à l'époque, tu avais un peu l'idée d'en faire un métier, une idée de métier autour du bien-être et tout ça, ou pas du tout quand tu étais petite ?
- Sarah
Non, pas du tout. Quand j'étais petite, j'ai voulu être maîtresse d'école. J'ai voulu être dresseuse de dauphins.
Laure : Dresseuse de dauphins ! Pourquoi ? Tu regardais Flipper à la télé
Sarah : Mais même pas en plus ! J'étais vraiment passionnée, je les trouvais magnifiques, je ne sais pas pourquoi je les adorais. J'avais des dauphins partout chez moi et dans ma chambre et du coup je voulais être avec eux et... Ah si c'est parce que j'ai eu une expérience une fois au parc Astérix où j'ai dû lancer un ballon à un dauphin et je ne sais pas pourquoi je me suis sentie tellement bien que du coup, j'ai voulu faire ça pendant au moins cinq ans, je pense.
- Laure
Ah oui, ça t'a bien tenu. Mais maintenant, c'est interdit. Tu sais, maintenant, il n'y a plus de dauphins au parc Astérix.
- Sarah
Ah oui, de toute façon, je ne le ferai pas. Ce n'est plus effectivement dans ma vision. C'était dans ma vision de petite fille, mais plus dans ma vision actuelle.
- Audrey
Et alors, vers quoi est-ce que tu te diriges avec ces différentes envies et attraits ? Est-ce que tu te diriges vers une carrière scientifique parce que tu as toujours l'idée d'être plutôt... de travailler avec les dauphins ? Comment tu choisis ton orientation au lycée ?
- Sarah
Alors, au lycée, pour être totalement honnête, en fait, je suis une personne... Alors, forcément, maintenant, ça va mieux, mais j'étais d'une timidité maladive. Et j'ai choisi la filière où il y avait le moins d'oraux à passer au bac. Et la seule filière où il y avait juste un oral à passer, et c'était en français, c'était la filière scientifique. Donc je choisis filière scientifique, voilà. Après, par contre, j'étais quand même passionnée de Sciences et Vie de la Terre. Ça, par contre, c'était vraiment quelque chose qui, du coup, a continué à me passionner. Et donc, voilà. Donc, il y avait quand même un attrait pour au moins une matière. Mais c'est vrai que pour les autres, je me suis un peu accrochée parce que ce n'était pas mes passions. Mais voilà, c'est pour ça que j'ai choisi cette filière et je me suis dit de toute façon, c'est la seule solution. Donc, je me suis accrochée et j'ai quand même réussi en tout cas dans cette filière.
- Laure
Non seulement tu as réussi et aujourd'hui, tu parles sans encombre.
- Sarah
Ça va beaucoup mieux, effectivement. Dans mon parcours professionnel, ça m'a justement aidée un peu à guérir cette timidité maladive qui a été très handicapante au début. Et puis ensuite, ça s'est amélioré au fur et à mesure avec le temps.
- Audrey
Ok, choix des études scientifiques un peu par élimination... Passé le bac, comment tu choisis ton orientation ?
- Sarah
Je suis une personne à la base qui a du mal à faire des choix et j'avoue que j'ai eu l'habitude qu'on choisisse pour moi. Alors à la base, ce qui me tenait vraiment à cœur, c'est de me lancer dans une formation de sage-femme. Je voulais vraiment devenir sage-femme. Je voulais vraiment accompagner ces mamans. Et en fait, l'année où arrive le choix ben, avant, il y avait un concours pour être sage-femme, et pile l'année où moi, je devais rentrer, où j'aurais pu rentrer et faire ce concours, ça passait sur une année de médecine obligatoire. Je comprends, aucun problème. Mais moi, terrifiée par le monde, terrifiée par… Par le fait que moi, je n'avais pas confiance en moi, qu'on n'arrêtait pas de me dire, mais c'est difficile, c'est très difficile. Moi, bon, d'accord, si c'est très difficile, je pense que je n'y arriverai pas. Et donc, du coup, finalement, j'ai laissé tomber ce rêve.
Audrey : Donc, tu ne tentes même pas, tu abandonnes avant.
Sarah : Non, j'abandonne avant. Non, j'abandonne avant. J'ai eu une personne dans mon entourage qui ne m'a pas aidée et ... Mais finalement, aujourd'hui, voilà de toute façon, c'était mon chemin. C'était comme ça, je sais pourquoi. Je fais ce choix de ne pas aller au bout, en tout cas, de mon rêve et de choisir quelque chose d'autre qui pourrait convenir, effectivement, un petit peu à toutes mes envies. Et donc, forcément, c'est grâce au Forum des métiers où j'ai fait un peu le tour, où je suis tombée par hasard sur ce métier-là d'opticienne. Je ne savais pas du tout qu'il y avait une formation pour ça. Et c'est vrai que ça m'intriguait beaucoup parce qu'il y avait effectivement un aspect commercial. Alors, ce n'était pas forcément pour ça que ça me passionnait. C'était vraiment tout cet aspect où, en fait, on faisait des examens de la vue, on allait comprendre comment fonctionnait la vue, comment on allait aider les gens à choisir, choisir un matériau, comment les verres fonctionnaient, et toute cette curiosité que moi, j'aime bien nourrir. Voilà, en voyant ça, je me suis dit, mais ça, oui, je veux savoir. Ça, ça me plairait vraiment beaucoup. Donc, je suis partie effectivement dans cette filière d'opticienne. Et après un BTS; que j'ai obtenu du coup, j'ai travaillé pendant huit ans et demi comme opticienne.
- Audrey
Du coup, tu fais ton BTS pendant deux ans et après, tu te retrouves quand même, j'imagine, en magasin, donc un peu obligée d'aller à l'encontre de ta timidité naturelle pour parler avec les clients ?
- Sarah
Exactement. Du coup, ça a été très difficile. J'avais déjà dû aussi réaliser un stage. Donc après, l'avantage, c'est que ça me permettait d'avoir un pied dedans. Puis forcément, comme j'apprenais, je n'étais pas au premier plan. Donc, ça m'a aidée un petit peu à voir comment ça allait se passer. Et j'ai quand même eu la chance d'avoir un patron qui a été assez compréhensif vis-à-vis de ça. Je pense qu'il voyait bien que c'était assez difficile pour moi. Et, en gros, voilà, jusqu'à un jour où, en fait, j'ai un peu craqué et je lui ai dit, je suis désolée, je suis terrifiée, en fait, d'aller voir les gens. Je ne sais pas, j'ai tellement peur, comme s'il allait se passer quelque chose pour leur vie si jamais je disais une bêtise. Je me mettais énormément de pression. Et voilà, il m'a dit, mais non, pas du tout. Tu y vas, voilà, tu te présentes, tu les guides. Et puis, en fait, s'il y a une question, tu reviens vers nous, tu repars. Et puis bon effectivement, au fur et à mesure, bah oui j'arrivais de plus en plus à répondre aux questions et en fait je me rendais compte que j'adorais échanger avec les gens, pouvoir les conseiller, leur expliquer pourquoi leur vue ça se passait comme ça, comment ça pouvait évoluer, même les enfants. Et en fait effectivement, au fur et à mesure, bah j'ai adoré. J'ai adoré ça et au point d'adorer échanger avec les gens, et puis au final découvrir que j'étais pas une bonne commerciale. Voilà.
- Laure
Mais parce qu'en plus, tu étais toute jeune. Tu avais quoi, 20 ans quand tu as été diplômée ?
- Sarah
Oui, j'avais 21 ans parce que j'avais redoublé ma première. Mais donc du coup, oui, tout à fait, exactement.
- Laure
Donc, tu démarres, tu fais un stage, tu démarres chez un opticien, c'est ça ? En tant que salarié ?
- Sarah
Tout à fait. Oui.
- Laure
Ok. Pendant 8 ans, tu exerces ce métier-là. Est-ce que tu changes déjà d'entreprise pendant ces 8 ans ou tu restes ?
- Sarah
Je reste dans cette entreprise pendant les 8 ans.
- Laure
Ok, au bout de combien de temps tu te rends compte que tu n'es pas bonne commerciale, que ce n'est pas ton truc et que tu as envie de faire autre chose ?
- Sarah
Alors en réalité, je m'en suis rendue compte, je pense au bout de... Je crois au bout de six ans. Au bout de six ans, en fait, je commençais à plus trop me sentir à ma place. Donc j'étais avec mon compagnon de l'époque à ce moment-là. Et en fait, pour des raisons financières, du coup, je continuais dans ce métier, où il y avait un objectif à un moment en tout cas que je pourrais changer, quand lui aurait réalisé son objectif de métier. Enfin voilà, on s'est équilibré comme ça. On va dire que c'était lui d'abord, moi après. Et en fait, forcément, il s'est passé que nous nous sommes séparés, et que j'ai eu une petite fille, et que cette petite fille et mes horaires, c'était pas du tout possible, puisque du coup je travaillais dans une galerie commerciale, et que je quittais à 20h les soirs, et que je ne souhaitais pas passer à côté, tout simplement, de moments simples avec ma fille. Donc, j'ai décidé tout simplement de changer complètement de métier. J'ai trouvé un poste grâce à une amie dans quelque chose... C'était de l'administratif et c'était une entreprise de rachat de crédit. Donc, strictement rien à voir. Et là, effectivement, j'ai pu au moins juste moi me poser et trouver un rythme et un cadre pour pouvoir déjà retrouver une vie personnelle un peu plus équilibrée avec ma fille. Mais je savais que c'était temporaire. Je le sentais que ce serait temporaire, que c'était pour moi me rééquilibrer personnellement... Mais après, je continue en fait mes recherches. Et jusqu'au moment où j'ai trouvé un poste en CDD, donc à l'Assurance Maladie, mais plus précisément au service médical.
- Audrey
Ça veut dire quoi, être au service médical de l'Assurance Maladie ? Qu'est-ce que tu faisais, du coup ?
Sarah : C'est un service, en fait, que je ne connaissais pas non plus. Mais en fait, le service médical, il y a des médecin- conseil, qui reçoivent les assurés qui sont en arrêt de travail, tout simplement pour faire un point avec eux sur où est-ce qu'ils en sont dans leur arrêt, s'ils arrivent, en fait, à trouver les bons professionnels, à être bien suivis, à avoir les bons examens. Et puis, aussi les diriger sur les possibilités justement de ce qui peut se passer pour la suite. Et au début, j'ai été technicienne, donc je m'occupais vraiment de la partie administrative, de récupérer tout ce qui était un petit peu compte-rendu. C'était un petit peu comme les secrétaires médicales. Et après, j'ai également changé. Je me suis retrouvée en CDI. J'ai également changé plusieurs fois de poste. J'ai été secrétaire de direction. J'ai travaillé pour La lutte contre la fraude. J'ai travaillé aussi dans tout ce qui était logistique. Et puis ensuite, à la fin, sur mon dernier poste, j'ai été conseillère service assurance maladie, où là, on prenait un peu la partie administrative que les médecin-conseil faisaient et qu'ils n'avaient plus trop le temps de faire. Et nous, du coup, on donnait toutes les informations aux assurés, justement, sur les possibilités des fois de reconversion quand on est en arrêt de travail et qu'on ne pourra plus refaire son métier. Et donc, du coup, on était là pour leur donner tous leurs droits et toutes les informations dont ils pouvaient avoir besoin.
- Laure
Tu as passé combien de temps à l'Assurance Maladie ?
- Sarah
Au total, cinq ans et demi.
- Laure
Donc là, tu passes cinq ans et demi à l'Assurance Maladie. Et c'est toujours au sein du service médical ou c'est des différents services ?
- Sarah
Non, toujours au sein du service médical. Alors au départ, effectivement, j'étais... J'ai juste fait mon CDD sur une ville. Et quand j'ai été en CDI, j'étais dans une autre ville. Mais après, du coup, je suis restée dans cette ville qui était Epinal dans les Vosges. Mais au début, j'avais commencé à Nancy, qui était en Meurthe-et-Moselle. Donc voilà, mais après, je suis restée dans les Vosges, effectivement, jusqu'à la fin. Et ça a toujours été au service médical, mais il y avait plusieurs, effectivement, postes différents.
- Audrey
Et du coup, à ce moment-là, qu'est-ce que tu te dis ? Tu as pris ce job un peu par hasard, ça te plaît ? Tu te dis que ce n'est pas le job de ta vie et que tu continues à chercher autre chose par ailleurs ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Sarah
Alors en fait, non, ça me plaît sincèrement. Je m'y sens très bien parce qu'en fait, au départ, quand j'ai quitté aussi mon travail d'opticienne, je ne m'y sentais tellement plus à ma place qu'en fait, j'ai tout remis en question en me disant qu'en fait, c'était tout le métier que je ne savais pas faire. Et je me disais non, en fait, je suis nulle pour être en contact avec les gens. J'ai vraiment tout remis en question et tout mélangé aussi parce que ma vie personnelle avait été chamboulée également. Et c'est vrai qu'à ce moment-là, j'ai tout mélangé. Et j'avais besoin de me poser et de ne plus voir de personnes parce que j'étais persuadée de ne plus pouvoir faire ça. Et donc ce poste-là, comme au départ je n'étais pas en relation avec les assurés, que je gérais vraiment la partie administrative, je m'y sentais vraiment très bien et vraiment totalement à ma place. Donc vraiment, je ne comptais pas changer. Je voulais vraiment... Au début, j'étais même en CDD et je me suis dit, quand j'ai découvert au bout de deux mois, j'ai dit « Oh mais j'adore ce métier, je trouve ça vraiment super » . Voilà, je voulais vraiment être en CDI. J'ai été en CDI, j'ai adoré ça. Quand j'étais à Epinal, j'avais une équipe, franchement, ça se passait très bien. Il y avait une bonne entente avec les collègues. Donc vraiment, pas de raison de changer pour moi. Je m'y sentais très bien. En fait, je me rendais compte au fur et à mesure que je m'ennuyais quand même très vite. J'ai fait quatre postes différents en cinq ans et demi. Mais volontairement, parce que je me disais, bon, peut-être qu'avec ce poste-là, effectivement, j'y trouverais plus d'intérêt. Donc voilà j'ai changé, j'ai essayé, j'ai découvert et c'était super et j'adorais découvrir, apprendre, comprendre plus de choses. Mais malgré tout, il y avait quelque chose qui faisait que...
- Audrey
Passé le côté découverte, apprentissage, l'attrait de la nouveauté, tu t'ennuyais très vite et tu revenais quand même à tes interrogations de fond.
- Laure
Tu as pu identifier ce qui te manquait ? Tu as réussi à voir où ça se logeait ?
- Sarah
Au début, non. En fait, j'ai décidé de justement faire un... Un point avec Chance, justement, pour faire un petit...
- Audrey
Chance, il faut expliquer juste pour les personnes qui nous écoutent, c'est un bilan de compétences, en fait.
- Sarah
Oui, tout à fait.
- Audrey
Que tu fais à distance, voilà.
- Sarah
C'est ça, tout à fait. Et donc, je m'étais lancée là-dedans juste parce que je me disais que c'est bizarre que je change autant de postes. Je trouvais ça bizarre et je me suis même remise en question en me disant... Si ça se trouve, je ne trouverai jamais de travail où je serai bien. Je me disais peut-être qu'en fait, ma vie, ça doit être de changer de métier tout le temps. Je ne sais pas. Et donc effectivement j'ai fait Chance, j'ai fait mon parcours Chance avec une coach qui a été exceptionnelle. Le déclic, ça a été une question qu'ils ont posée. Quelles sont vos trois plus grandes décisions professionnelles ? Je marque mes trois plus grandes décisions professionnelles. Et ils me disent, à côté notez quelle a été la raison de ce changement. Et en fait, je me suis rendu compte que mes grandes décisions professionnelles, je les ai toujours réalisées pour les autres. Pour une situation. Pour... Ben, première fois, pour ma fille. La deuxième fois, ça a été aussi pour... Non, la toute première décision, ça a été plus ma maman qui a décidé pour moi. Mais je l'ai laissée parce que j'avais besoin qu'on décide pour moi. La deuxième, ça a été effectivement pour ma fille. Et la dernière, ça a été plus pour un équilibre personnel. Mais ça n'a jamais été par conviction, par passion ou pour moi-même. Et alors là, je me suis dit, d'accord, en fait, c'est pour ça que je ne trouve pas de sens. C'est pour ça que je m'ennuie rapidement. Et puis, en faisant le point sur plein de choses que j'ai aimées dans ma vie, finalement, le soin est ressorti.
- Laure
Ok, donc finalement, quand tu as fait taire un peu tout l'entourage et tu t'es écoutée toi, c'est un peu ça ?
- Sarah
Oui, tout à fait. Du coup, avec le parcours Chance, ce qui est super aussi, c'est pareil, c'est qu'on revient sur vraiment ce qu'on a voulu faire petite, ce qu'on a aimé en grandissant, les passions, tout. Tout est mis. Et jusqu'au moment où je me suis dit... En fait, c'est vrai que je me suis souvenue que quand j'ai passé mon bac, je me suis dit, je passe mon bac et après, je fais un CAP esthétique. En fait, j'avais ma cousine qui faisait un CAP coiffure, donc rien à voir, mais qui me disait, j'adore, je pratique, c'est super et tout ça. Et j'ai dit, moi, en fait, j'aurais envie de faire ça, mais en fait, dans l'esthétique, parce que j'aimerais bien vraiment faire le soin par le contact. par... Voilà, c'était... Alors, majoritairement c'était quand même le massage puisque je sais qu'à ce moment là on m'avait d'ailleurs offert un livre sur le massage. Donc c'était plus le massage qui m'attirait. Et en fait je me suis dit bah après mon bac je fais ça.
Audrey : ça revient à ce que tu disais avec ton papy aussi qui te faisait des massages quand t'étais petite
Sarah : Tout à fait. Et j'ai voulu faire ça et puis en fait comme il n'y avait pas beaucoup de connaissances sur les débouchés, que à ce moment là ça n'avait pas une très belle image, c'est vrai que j'ai pas forcément eu de soutien autour de moi. Et puis bon bah moi et ma fameuse difficulté à faire des choix, du coup, effectivement, j'ai laissé tomber en me disant « Bon, effectivement, peut-être qu'il ne faut pas faire ça. Et puis, voilà, je vais tenter autre chose. » Et là, quand je me suis souvenue de ça, je me suis dit « Mais non, en fait, c'est ça, c'était ça que je voulais faire. » Et donc, du coup, j'y ai pensé. Et je me suis dit « Mais oui, tout est logique. » J'étais timide et ce travail d'opticienne, ça m'a aidée à comprendre qu'en fait, non, j'adorais échanger avec les gens et qu'en fait, non voilà, je pouvais ne pas être timide, il fallait juste que je prenne un peu confiance en moi. Ensuite, ce métier, effectivement, à l'Assurance Maladie, ça m'a tout simplement permis de me poser, de trouver une stabilité, effectivement, dans ma vie personnelle. Mais j'ai compris aussi que non, ce n'était pas ça, ce n'était pas ma place et que non, je ne pouvais pas être dans ce cadre-là. Et que là, en fait, c'était tout simplement le moment pour moi de tenter ce que j'avais voulu faire il y a longtemps, puisque maintenant, j'étais prête.
- Laure
Oui, c'est vraiment tout l'intérêt du bilan de compétence, c'est vrai, c'est de se poser, regarder un petit peu dans le rétroviseur et de se dire tout ce parcours, je le regarde, je l'accepte et aussi je l'assume. Parce qu'en fait tu l'as fait parce que ça correspondait à des moments de ta vie où tu en avais besoin. Et puis aussi c'est de découvrir un petit peu sa personnalité profonde, ce qui te donne la force de te lever le matin, enfin ce qui t'anime, pour après se projeter et construire un projet d'évolution professionnelle qui soit réaliste et épanouissant. Donc c'est vrai que le bilan de compétence, c'est quand même un outil que je trouve formidable. Et je prêche aussi pour ma paroisse, mais c'est vrai que je trouve que c'est un outil vraiment formidable pour faire le point et se redonner aussi un coup de boost et se dire, ce par quoi on est passé, même si on s'est ennuyé dans certains métiers, même si le parcours professionnel ne semble pas nécessairement linéaire, en fait, il a un sens et il nous amène à quelque chose qui nous ressemble davantage.
- Sarah
C'est tout à fait ça. C'est exactement ce que j'ai vécu avec effectivement le... le parcours Chance où j'ai eu la chance aussi d'avoir une très bonne coach, d'avoir des questions très pertinentes. Ça a été une vraie révélation et à partir du moment-là, j'ai été très déterminée.
- Laure
Qui t'a donné l'idée de faire un bilan de compétences ?
- Sarah
Personne. Je suis tombée par hasard sur une vidéo de Chance et je me suis dit pourquoi pas parce qu'en fait, oui, il faut bien que je commence quelque part parce que je vois bien que toute seule, je tâtonne, j'essaye. Mais en fait, peut-être que voilà, effectivement, ce n'est pas du tout dans l'administratif que je dois être. Parce qu'à la base, en plus, dans mes passions, je suis quelqu'un d'assez manuel. J'adore créer, j'adore fabriquer, j'adore ça. Et je me suis dit, en fait, peut-être que je dois être dans la menuiserie. Peut-être qu'en fait, je dois créer, je dois travailler avec le verre. Parce que du coup, c'est des matières que je trouve fascinantes aussi. et... Mon frère adorait ça aussi. Je me suis dit, voilà, peut-être que ça n'a rien à voir. Mais pour ça, du coup, effectivement, je pense qu'il faut quand même que je commence quelque part. Donc, je suis allée effectivement vers un bilan de compétences.
- Audrey
Et du coup, j'imagine que tu as pu le financer avec ton CPF, puisque ça faisait quand même pas mal d'années que tu travaillais.
- Sarah
Oui, tout à fait. Chance, le bilan de compétences avec Chance, j'ai pu le financer avec mon compte CPF. Tout à fait.
- Audrey
Donc, tu fais ce bilan et révélation, tu reviens à cette idée de passer, c'est ça, un CAP d'esthéticienne ?
- Sarah
Oui, j'ai passé un CAP esthétique. Et quand je m'en suis rendue compte, en plus, j'ai... Les inscriptions dans mon département, étaient fermées, elles venaient d'être clôturées la semaine d'avant. Donc, du coup, je me suis dit, non, non, non, je vais trouver une autre solution parce que c'est maintenant que je veux le faire et ce n'est pas l'année prochaine. Je n'attendrai plus. En fait, je ne voulais plus perdre de temps. Et donc, j'ai réussi à trouver une solution pour aller le passer dans le nord de la France, puisque j'ai de la famille dans le nord de la France.
- Laure
Mais tu avais quel âge, toi, à ce moment-là ?
- Sarah
J'avais 35 ans.
- Audrey
Et combien de temps ça prend, un CAP ? En formation ?
- Sarah
Alors là, du coup, donc moi, j'ai été accompagnée. Donc, j'ai fait un CAP, c'était à distance, mais avec des stages de pratique. C'était un CAP avec une école qui était située à Paris. Une école de facialistes qui accompagne également pour le CAP esthétique. Et donc pareil, il y avait également une prise en charge avec le CPF qui était possible. Donc du coup, j'ai fait ce CAP en un an. J'ai même dû rattraper un peu mon retard du début des cours, parce que j'ai commencé en novembre et ça avait commencé début octobre. Donc du coup, j'ai rattrapé un peu mon retard du début des cours. Et j'ai eu deux semaines de pratique dans l'année, très intensives, et qui ont fait que j'ai pu en tout cas obtenir mon CAP en juin 2023.
- Laure
Donc, tu commences en novembre, mais avant que tu travailles à l'Assurance Maladie. Qu'est-ce que tu fais ? Tu démissionnes ? Comment ça se passe ?
- Sarah
Non, je ne démissionne pas du tout. Je le fais en parallèle de mon travail. Comme c'est à distance, tous les cours sont effectivement en ligne. Donc, en fait je travaille tous les soirs, une fois que les enfants sont couchés. Je travaille tous les soirs. Et du coup, les deux stages de pratique, c'était sur une semaine chaque stage, un en décembre et un en février, donc, je suis partie deux fois une semaine sur Paris pour faire vraiment une pratique très intensive, mais vraiment très enrichissante. En tout cas, cette école LB Facialistes avait vraiment fait un super accompagnement. Mais sinon, tout, effectivement, a été fait en parallèle de ce travail et donc du coup, ouais, c'était une année très, très intense.
- Laure
Attends, ça veut dire que tu as ton travail, la formation et des enfants ?
- Sarah
Oui, oui, oui.
- Laure
Ils ont quel âge à ce moment-là ?
- Sarah
Trois ans et sept ans, ouais.
- Laure
Ah oui, super autonomes en plus. On n'a pas du tout besoin d'un parent. Ouais, donc, une année bien occupée.
- Sarah
Ouais, c'est vrai, bien occupée. Et puis, par contre, j'avais effectivement mon... Parce que donc effectivement j'ai eu une nouvelle situation personnelle, où j'avais rencontré quelqu'un d'autre. Et donc, mon mari, à ce moment-là, a totalement compris cette reconversion que j'avais besoin de faire, qui était nécessaire pour moi. Totalement soutenue dans cette reconversion. J'ai eu le soutien de ma famille aussi. Donc, j'ai eu beaucoup de chance de ce côté-là. Et effectivement, bien sûr, il a pris plus de choses en main pour me permettre de pouvoir vraiment travailler, même si, oui, les journées étaient très longues. Mais j'étais tellement contente et tellement déterminée que, voilà, effectivement, cette fatigue, j'ai réussi à passer au-dessus. Et du coup, j'ai même d'ailleurs, quand j'ai passé l'examen, effectivement, j'ai fait 5 heures de route aller, 5 heures de route retour. Puisque donc, du coup, je passais mon CAP à Lille, près de Lille.
- Laure
Oui, oui, oui. Donc, 5 heures de voiture pour passer ton CAP à Lille. Donc, très motivée.
- Sarah
Tout à fait, exactement, très motivée. Surtout que les examens n'étaient pas forcément sur les mêmes journées, que voilà j'ai pu rester des fois dans la famille mais il y a des fois non, et puis des fois j'ai même fait 5 heures aller, 5 heures retour pour une heure d'examen. Donc j'étais très très déterminée.
- Laure
Et tu le décroches donc ce CAP ?
- Sarah
Oui, du coup effectivement je décroche ce CAP avec une moyenne que je n'ai jamais eu toute ma vie dans mes études. Puisque du coup, j'avais eu 16 de moyenne, en fait. Et franchement, j'étais très fière parce que, bien que, voilà, même encore maintenant, il y a une image du CAP esthétique, genre c'est facile, ça va, voilà, on met un peu de maquillage, et puis tout va bien. Non, non, il y a quand même énormément de cours sur la biologie, sur la connaissance de la peau, sur l'anatomie, sur tout ce qui doit être connu des ongles, etc. Et... Du coup, c'est nouveau et sincèrement, ce n'est pas simple. Donc, j'ai vraiment été très fière de la réussite de ce CAP.
- Audrey
Bravo ! Donc, tu as ce diplôme. Et c'est quoi le plan ? Du coup, après, qu'est-ce que tu t'étais dit quand j'aurai le diplôme, je quitte mon job ? C'était quoi la next step ?
- Sarah
Non, l'étape d'après, c'était… Donc, je savais que j'allais faire des formations, toujours en parallèle de mon travail parce que pour le coup, j'avais quand même été honnête avec mon employeur. Déjà, il savait que je passais mon CAP en parallèle. Ils ont été super gentils parce qu'il y a eu un ou deux jours où j'ai demandé en disant que c'était pour passer mon CAP et ils ont totalement compris, ils se sont arrangés. Franchement, j'ai eu énormément de chance. J'avais une responsable administrative qui était vraiment super. Et du coup, j'ai expliqué par la suite qu'effectivement, je comptais aussi encore faire quelques formations. Par contre, ces formations que j'allais faire personnellement, ça allait être sur mes congés à moi. Donc après, c'était mon envie. Donc, ça n'allait pas impacter de toute façon mon travail. Mais voilà, j'avais de la chance, mes collègues étaient très heureux pour moi. Donc, mon projet, effectivement, c'était de faire à la base une formation, en fait de faire un CQP spa praticien. Donc effectivement, c'est quand vraiment on veut se spécialiser dans le massage. Et j'avais d'ailleurs demandé à Transition Pro parce que du coup, j'avais trouvé une école, j'avais mon employeur qui était d'accord pour me libérer deux jours par semaine pour que je fasse cette formation. Donc j'avais fait la demande à Transition Pro, mais malheureusement, ça avait été refusé puisque du coup, pour eux, ce n'était pas un métier prioritaire.
- Audrey
Alors, juste CQP, j'arrête deux secondes. CQP, Certificat de Qualification Professionnelle, c'est vrai qu'on en a entendu parler par les garçons dans l'épisode 6, mais on va quand même le redire... Donc là, l'idée, c'était de le faire en travaillant à temps partiel ?
- Sarah
Oui, exactement.
- Laure
Et c'est quoi Transition Pro ? Donc, c'est un dispositif, c'est ça, qui permet, en fait, de financer une formation plus ou moins longue, inférieure à un an, plus d'un an, en conservant une partie de son salaire, en conservant son poste, les cotisations, etc. Mais c'est un accord tripartite, donc entre toi, le demandeur, entre ton employeur et je crois le Conseil régional, ou en tout cas un organisme qui valide le projet, c'est ça ?
- Audrey
Oui, il fallait aussi trouver une école qui acceptait de me former. Il fallait effectivement que mon employeur soit d'accord. Et puis ensuite, effectivement, Transition Pro, eux, étudiaient la faisabilité du projet. Et puis, il y avait notamment, en tout cas, le métier qui allait être choisi. S'il y avait quand même une certaine priorité par rapport à ce qui était demandé au niveau du recrutement dans la région. Et donc du coup moi pour ma part c'était pas un métier prioritaire. J'avais été assez surprise d'ailleurs parce que je sais que les spas aux alentours sont toujours en recherche et c'est assez complexe... Mais bon j'ai accepté la décision et je me suis dit si c'est pas comme ça dans ce cas je vais créer mon entreprise puisque...
- Laure
Ok.
- Sarah
Oui, c'est sûr. J'étais très déterminée en fait. Donc j'ai dit, si on ne peut pas m'accompagner ou si en tout cas on estime que oui, ce n'est pas prioritaire, d'accord, j'accepte. Mais moi, c'est ce que j'ai envie de faire. Et donc j'ai financé personnellement effectivement plusieurs formations. Donc une formation de facialiste. C'est vraiment des massages spécifiques au niveau du visage. Et j'ai financé également personnellement des formations de massage corps. Et... avec une envie de pouvoir prendre soin des autres, mais en même temps, je sentais que ça irait plus loin, sans trop savoir encore pourquoi à ce moment, je sentais que ça irait plus loin. Et du coup, j'ai décidé de faire une demande à Transition Pro de démission-reconversion.
- Laure
Ok, un autre dispositif.
- Audrey
Tout à fait. En fait, effectivement, Transition Pro a énormément de dispositifs et c'est vrai que c'est assez peu connu, mais sincèrement, d'aller sur le site, ça permet quand même de découvrir pas mal de choses. On peut beaucoup être accompagné. Donc, j'ai fait une demande démission-reconversion pour pouvoir démissionner et bénéficier par la suite des indemnités chômage.
- Laure
Absolument. Ça, pour ceux qui nous écoutent, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec votre CEP, votre Conseiller en Evolution Professionnelle. En fait, il est capable de vous présenter tous les dispositifs. pour pouvoir entreprendre une reconversion dans les meilleures dispositions. Il y a pas mal de dispositifs qui existent et effectivement le dispositif démission-reconversion permet en fait, une fois que le projet est validé, d'être inscrit à France Travail et d'être dans le dispositif de chômage et donc de toucher des ARE.
- Audrey
Et donc, ça, Transition Pro accepte ?
- Sarah
Ça, Transition Pro accepte effectivement. Pour ça, j'ai dû exposer mon projet, détailler un petit peu pourquoi, comment, qu'est-ce que j'allais faire, qu'est-ce que j'allais proposer, quelle formation, quelles compétences j'avais, quelles anciennes compétences je pouvais réutiliser. Donc, c'est vrai que ça a été un dossier quand même, un bon dossier à compléter. Donc, effectivement... Transition Pro valide le caractère réel et sérieux de mon projet. Donc, je suis très heureuse à ce moment-là. Et en même temps, ça me donne aussi encore une motivation supplémentaire en me disant, eux ils estiment qu'effectivement, c'est réel et sérieux. Et donc, je suis contente parce que ça va avec ce que j'ai envie de faire. Donc, du coup, je continue sur ma lancée. Donc, à ce moment-là, je démissionne de mon travail.
- Audrey
Ca fait quoi ? Six mois depuis que tu as eu ton CAP ?
- Sarah
J'ai eu mon CAP en juin 2023 et donc je démissionne.... Donc c'était mon dernier jour de travail... C'était le 28 février 2024.
- Laure
Il y a des dates qui marquent.
- Sarah
Ouais !
- Audrey
Là, c'est le grand saut.
- Sarah
Voilà, là, c'est le grand saut. Donc, du coup, je me lance. Alors, en fait, effectivement, j'avais un local qui était prévu, qui était en train d'être refait, donc que j'allais louer. Ce n'était pas moi qui le refaisais, j'allais le louer. Et puis, finalement, au fur et à mesure, il se trouve que ce local met plus de temps à être refait. Et en parallèle, finalement, ça tombe plutôt bien, puisque quand je m'inscris à France Travail, France Travail me dit que je ne peux pas bénéficier des indemnités de chômage.
- Laure
Pourquoi ?
- Sarah
Parce qu'il y a quelque chose qui n'est pas... qui est assez peu connu par les Conseillers en Evolution Professionnelle, donc j'en profite pour le dire. Attention, je ne juge pas, je ne juge pas, je pense que c'est des cas assez particuliers... Mais en fait, moi j'étais effectivement au service médical de l'Assurance Maladie. Alors du coup, on me disait, "Alors vous êtes dans le public ?" Mais sauf que non, parce qu'en fait, moi j'avais un statut de salarié de droit privé. Je n'étais pas du tout ni assimilée fonctionnaire, ni fonctionnaire. J'étais vraiment salariée de droit privé. Donc, j'avais précisé que j'étais salariée de droit privé, mais que mon employeur, effectivement, au niveau du siège, était public. La personne m'a dit, oui, d'accord, pas de problème, vous êtes salariée du droit privé. Je me dis que peut-être, soit la personne ne savait pas, soit la personne n'avait peut-être pas entendu. Et voilà, je ne remets la faute sur personne. Mais malheureusement, effectivement, quand je suis arrivée à France Travail, France Travail du coup m'a expliqué "Mais non en fait votre employeur, il est public" et j'ai dit "Bah oui, mais ça je l'ai précisé". Elle a dit "Bah oui mais nous l'employeur est public donc en fait vous n'avez pas le droit aux indemnités chômage" voilà donc...
- Laure
Mais quel est l'intérêt de valider un projet démission-reconversion si au final ? Bon...
- Sarah
Parce que je pense que eux de leur côté n'ont pas en fait cette information. Et je pense que comme ma CEP avait validé, en fait, elle avait signé le projet, forcément, eux, ils estiment que les critères ont été vérifiés. Et donc, voilà, après, bon, c'est faux, tu n'as pas de chance. Ah non, aucun recours. Ah non, pas de retour en arrière, rien de possible.
- Audrey
Tu te retrouves t'as démissionné, tu n'as le droit à rien.
- Sarah
Non, c'est rien. Donc, du coup, moi, je me suis retrouvée en larmes, au téléphone, avec une femme de France Travail en disant, mais vous... Vous ne comprenez pas qu'en fait, je n'ai pas fait ça parce qu'en fait, je voulais m'amuser et profiter de la vie en profitant du chômage. Enfin, je veux dire, j'ai dit là, en fait, j'ai un vrai projet, je dois créer mon entreprise et tout. La personne a bien compris et a bien entendu donc m'a donné effectivement des solutions. Et il se trouve que je venais de voir une offre d'emploi pour travailler dans un spa. Même les CDD étaient acceptés, même les débutants étaient acceptés donc j'ai postulé parce que je voulais travailler. Si j'avais mes indemnités, c'était bien, mais en réalité, de travailler, ça me convenait encore plus. J'ai travaillé dans un spa et ça a été une super expérience.
- Audrey
Pendant ce temps-là, ton local, tu laisses tomber le projet ou il est toujours en train d'être rénové ?
- Sarah
Non, mon local est toujours en train d'être rénové. Et justement, en plus, ça prenait plus de temps. Donc, de toute façon, je n'aurais même pas pu lancer mon entreprise à ce moment-là. Donc, finalement, les choses s'équilibrent un peu d'elles-mêmes. Donc, avec, oui, effectivement, des montagnes russes, du stress. Et puis après, voilà, des hauts et des bas. Mais finalement, moi, je trouve ce travail dans un spa où je découvre finalement énormément de choses et où ça m'apprend aussi ce que j'ai envie de faire et ce que j'ai pas envie de faire. Je découvre tout simplement que ben voilà, effectivement j'adore le monde du massage, j'adore le monde du soin et ça me ça me motive juste encore plus. Donc au final je suis contente. Je suis contente de me dire que c'était une expérience qui valide encore plus tout ce que j'ai envie de faire et tout ce que j'ai entrepris jusqu'au moment là et donc du coup je suis effectivement en CDD dans ce spa. Et quand le CDD se termine, mon local tout doucement se rapproche, même si ça a été encore un peu long. Et donc, je crée l'entreprise officiellement début décembre 2024 et j'ouvre les portes officiellement le 25 janvier 2025.
- Audrey
Et toi qui étais au départ hyper timide et tout, du coup ce n'est pas un peu vertigineux de dire là, je me lance toute seule, je lance mon entreprise ? Non, tu n'as pas peur ? Si, si, j'ai peur. En fait, je suis partie du principe avec les différentes expériences que j'ai vécues dans ma vie, certaines qui ont été très marquantes... J'ai décidé de ne plus passer à côté de certaines choses à cause de la peur. À cause de la peur de ne pas me sentir légitime. À cause de la peur de... Avec mon manque de confiance en moi. Avec effectivement encore un petit peu ma timidité, même si bien sûr ça va beaucoup mieux. Mais je me suis dit non, c'est quelque chose que j'ai envie de faire, donc je vais le faire. Je vais prendre tous les outils que je peux avoir pour m'accompagner, parce que du coup, j'ai quand même pu, grâce au chèque CREA, qui est dans ma région, j'ai quand même pu être accompagnée par la Chambre des Métiers. Et donc, j'avais un conseiller à la Chambre des Métiers qui m'accompagnait pour ma création d'entreprise. Et donc, oui, ça me faisait peur. Oui, je voyais qu'il y avait encore beaucoup de choses à penser. Je me suis dit comment je vais faire tout ça. Mais en fait, je me suis dit je vais faire étape par étape. Et pour la première fois de ma vie, ce ne sera pas parfait. Mais ce sera quelque chose qui sera totalement aligné avec moi. Alors, ce sera super.
- Laure
Oui, il vaut mieux faire que de ne pas faire.
- Sarah
C'est ça, exactement. Exactement, tout à fait.
- Laure
Ok. Et est-ce qu'il y a eu des... Si on parle maintenant de compétences, toi, tu as eu un parcours professionnel assez riche, tu as été dans le domaine du commerce, de l'administratif. Est-ce qu'il y a des compétences que tu as pu développer, acquérir pendant ton parcours pro et qui te servent aujourd'hui ?
- Sarah
Alors oui, parce qu'effectivement, déjà, je me suis rendue compte que j'adorais échanger avec les personnes. Et je me suis rendue compte que j'étais une personne vraiment très attentive et qui avait une... une réelle écoute. Et que ça, c'était très important, effectivement, dans le métier que je fais aujourd'hui. Et en fait, en travaillant à l'Assurance Maladie, ce qui était marrant, c'est que j'ai vécu un événement qui me marquera toute ma vie. En fait, j'avais lancé ma démission. Et 15 jours avant de faire mon dernier jour de travail, je tombe sur une assurée que je reçois. Et donc, on est toutes les deux dans le bureau et elle sort d'un cancer du sein. elle est très gentille et en fait, elle me dit « Vous savez, le plus dur, ça n'a pas été de traverser la maladie au final. Le plus dur, c'est aujourd'hui parce que je suis guérie, mais je n'ai plus rien. Je ne sais pas quoi faire en fait. Je n'ai plus personne. En fait, les professionnels, je n'ai plus de professionnels, je n'ai plus de rendez-vous... J'ai ma famille, mais... » Elle avait aussi finalement un peu son estime de soi qui avait été atteint... atteinte pardon. Et du coup, ça m'a touchée. Et en fait, à ce moment-là, j'ai dit, c'est pour ça que je veux masser. J'ai dit, c'est pour des personnes comme elle que je veux masser. Je veux pouvoir aider ces personnes à retrouver une belle image d'elles, les aider à se reconstruire à ma façon, parce qu'effectivement, il y a d'autres professions, des psychologues, des coachs sportifs qui pourront les accompagner comme moi. Mais en tout cas, à ma façon, par le massage, j'avais envie d'accompagner ces personnes. Et ce qui est plutôt marrant, c'est que cette personne, à la fin, m'a dit, "Je vous remercie beaucoup pour toute votre écoute. Je ne pensais pas être écoutée comme ça en venant ici." Et elle fait, "Mais quand je vous regarde, je pense que vous n'allez pas rester ici." Et du coup, j'ai dit, "Pourquoi ?" Elle m'a dit, "Parce que je ne vois pas du tout continuer votre vie dans ce métier-là". Alors, j'ai dit, "Vous pensez que je ne suis pas bonne dans ce métier ?" Elle fait, "Non, mais vous n'avez rien à faire là". J'ai dit, "D'accord. Bah écoutez, c'est plutôt rigolo, parce qu'effectivement, dans 15 jours, je pars et je vais faire autre chose". Et elle m'a dit, "Dans ce cas, je suis ravie pour vous". Et ça a été mon entretien qui me marquera toute ma vie et dont je parle encore beaucoup aujourd'hui et qui a fait que j'ai trouvé pourquoi je voulais masser. Et j'ai trouvé mon pourquoi. Et alors ça, du coup, forcément, j'ai été encore plus déterminée après.
- Audrey
Oui et aujourd'hui, justement, tu as une dimension... Parce qu'on a regardé ton compte Instagram que, bien évidemment on mettra en lien, mais justement, il y a une dimension dans tes massages... Tu t'adresses aussi aux gens qui sont en convalescence pour les accompagner. C'est encore plus fort que le massage classique. Il y a vraiment une dimension utile et santé.
- Sarah
C'est ça. Après, bien sûr, je recadre toujours les choses en disant que, par contre, bien sûr, je fais du massage bien-être, je fais de la détente musculaire. Je ne m'improvise pas, effectivement, accompagnante, guérisseuse, etc.
- Audrey
Oui.
- Sarah
Mais c'est vrai que ce jour-là où j'ai rencontré cette personne, j'ai cherché une formation. Je me suis dit que ça doit bien exister, une formation ou quelque chose pour masser des personnes qui ont besoin d'être accompagné, qui ont traversé effectivement la maladie ou qui sont dans la maladie ou qui sont dans des pathologies chroniques. En fait, finalement, des choses que j'ai vues énormément quand je travaillais à l'Assurance Maladie. Et j'ai cherché, j'ai cherché, j'ai cherché. Et puis, ce qui est marrant, c'est qu'une semaine après, je tombe vraiment par hasard sur une masseuse qui a créé effectivement la méthode massage convalescence, puisqu'elle aussi a traversé la maladie et aurait aimé pouvoir être massée dans les moments difficiles, mais n'a pas trouvé de masseuse ou masseur acceptant parce qu'il y avait des contre-indications. Et donc, du coup, elle, elle a décidé de créer ce massage-là. Et c'est une personne que, du coup, j'ai eu l'occasion de rencontrer, pareil, par un grand hasard, puisqu'elle avait fait un concours où elle avait décidé de faire gagner sa formation. C'était un concours sur Instagram et pour ça, il fallait qu'on raconte notre histoire et pourquoi on voulait faire cette formation. À ce moment-là, j'ai raconté mon histoire, mes différents métiers et j'ai raconté l'histoire de cette femme que j'ai rencontrée et qui a changé ma vie. Et du coup, c'est cette histoire-là qui a fait que finalement, j'ai remporté ce concours et que j'ai pu faire cette formation.
- Laure
Super !
- Sarah
Donc, ça a été énormément d'émotions et énormément de motivation et énormément de signes pour moi. qui m'ont montré qu'en fait, j'étais vraiment sur la bonne voie et que même si ce n'était pas facile tous les jours, il fallait vraiment que je continue à m'accrocher.
- Laure
Alors, c'était quoi justement les moments difficiles, les moments pas faciles ?
- Sarah
Les moments difficiles, ça a été quand je voyais que le local mettait du temps, que je me disais mince, mes indemnités chômage, puisque j'ai fini par les avoir, vu qu'effectivement j'ai retravaillé, j'ai fini par avoir l'autorisation de les avoir. Mais forcément... Je touchais mes indemnités, mais je ne travaillais pas encore. Je n'avais pas encore créé mon entreprise. Donc, je me disais, ça, c'est du temps en moins de sécurisé, on va dire. Donc, c'était assez compliqué. J'ai essayé de faire avancer les choses, mais après, on ne peut pas aller plus vite que la musique, c'est normal. J'ai dû beaucoup apprendre la patience aussi pendant ce parcours. Et puis, une fois que l'entreprise a été créée aussi, c'est beaucoup de doutes. Voilà, est-ce que... Est-ce que vraiment j'ai raison ? Est-ce que... Je n'ai pas beaucoup d'ancienneté ? Est-ce que je suis légitime ? Est-ce qu'en fait, je n'aurais pas dû travailler peut-être cinq ans dans un spa avant de faire ça ? Et en fait, non, parce qu'en fait, pareil, par un peu pur hasard, je me suis inscrite au Championnat d'Europe de massage qui a eu lieu à Paris au mois de mai 2025. Et voilà, je me suis inscrite dans deux catégories de massage. Dans la catégorie visage et tête, je suis arrivée quatrième sur 58. Et dans la catégorie massage bien-être, on a réalisé un massage à quatre mains avec une amie masseuse qui a beaucoup d'expérience. Et nous sommes arrivés du coup quatrième sur 139.
- Laure
Waouh ! Ça doit maintenant te conforter dans ta légitimité. Et encore pas tout à fait ? Et encore, parce que tu vois, on regardait justement ton compte Instagram, on a vu que tu as remporté aussi... Il y avait un événement, les Trophées de la Reconversion et tu as remporté un prix.
- Sarah
Oui, effectivement, Transition Pro a organisé les Trophées de la Reconversion 2025 et pour ça, on devait déposer effectivement un dossier pour expliquer, voilà, tout notre parcours de reconversion, de création d'entreprise, si on avait créé une entreprise. Et moi, effectivement, oui, je n'ai pas eu les indemnités chômage. Mais en tout cas, en attendant pour moi, l'accord que Transition Pro m'avait donné par rapport au caractère réel et sérieux de mon projet, ça fait partie quand même d'un point très important dans ma vie qui m'a tout simplement confirmé que mon projet pouvait vivre et que j'avais finalement raison d'y croire. Donc j'ai décidé de participer à ce concours et en fait j'ai été nommée candidate remarquable, tout simplement parce qu'ils nous ont expliqué que le jury a sélectionné des lauréats qui eux ont eu le trophée de la reconversion, mais ils ont eu aussi des parcours apparemment qui les ont marqués et qu'ils avaient envie de mettre en avant. Et donc j'ai été nommée candidate remarquable dans la catégorie de création d'entreprise. Donc, oui, ça a été une très belle reconnaissance pour moi et j'ai vraiment été très touchée parce que, encore une fois, c'est un petit signe qu'on m'apporte, en tout cas, pour me dire de ne pas baisser les bras et de continuer, même quand ce n'est pas facile. Alors, oui, aujourd'hui, je suis très touchée.
- Audrey
Il y a une jolie image, c'est que ce trophée, c'était un papillon. Et quand on t'écoute, je trouve que ça te va très bien parce qu'on est quand même partie de la fille qui était hyper timide, qui avait peur, à la warrior qui a monté son entreprise.
- Sarah
Oui, c'est ça. C'est vrai qu'en fait, il y avait différents trophées parce que ceux qui remportaient les Trophées de la Reconversion avaient un autre trophée qui était très joli aussi. Mais c'est vrai que c'était marrant parce que quand j'ai vu les trophées de loin... J'ai vu le papillon et j'ai dit, celui-là, il est magnifique. J'ai dit, je veux celui-là. Mais bon, après, bien sûr, en vrai, n'importe lequel. Et c'est vrai que quand je l'ai reçu, sincèrement, je crois que ça a eu encore plus de... Ça a eu un symbole encore plus fort pour moi parce qu'effectivement, je m'y retrouvais vraiment dans ce papillon. Et en plus, la personne qui a créé ce trophée, c'est une personne qui a eu le prix coup de cœur du jury et qui était conseiller financier et qui est aujourd'hui soudeur et dans une entreprise qui se trouve dans mon département. Et franchement, voilà, qui a expliqué pourquoi lui aussi a créé ce papillon qui correspondait totalement à ce que finalement, moi, j'ai vécu. Donc, ça a été une soirée vraiment, vraiment une très, très belle soirée pour moi.
- Audrey
Et est-ce que ça t'aide à soigner ton syndrome de l'imposteur dont tu nous parlais justement hors micro ?
- Sarah
Oui, tout doucement, effectivement, ça aide à le soigner, même si je sais qu'il ne s'en ira jamais totalement. Mais en même temps, je n'ai pas vraiment envie qu'il parte à 100% parce que c'est ce qui finalement me pousse chaque jour à me dire je peux faire encore mieux. Je peux faire encore mieux pour les gens, je peux faire encore plus pour les gens. Il faut que je trouve comment faire encore plus pour les gens, avec mon métier, avec mes mains, avec juste de la détente musculaire. Mais voilà, c'est ce qui me pousse à améliorer de plus en plus l'expérience pour que les personnes puissent vraiment vivre un moment agréable, et plus si c'est possible.
- Laure
Donc tu l'as vraiment transformé de quelque chose qui peut inhiber en quelque chose qui devient un vrai moteur. C'est fort. Bravo.
- Sarah
C'est gentil, merci.
- Audrey
Et aujourd'hui, alors on a parlé des choses un peu difficiles, mais justement, qu'est-ce que cette nouvelle vie t'apporte de plus que l'ancienne ?
- Sarah
Tout simplement, déjà, je ne m'ennuie pas. Je ne m'ennuie pas parce qu'effectivement, déjà, la création d'entreprise, ce n'est pas ennuyeux du tout. C'est riche d'énormément de choses. Finalement, on apprend tout le temps. Et ce métier que j'ai choisi aussi, c'est ça qui est génial, c'est que j'apprends tout le temps et je sais que j'apprendrai tout le temps, puisque même quand j'échange avec des masseurs et masseuses qui ont des années d'expérience, c'est ce qu'ils me confirment à chaque fois : "De toute façon, je sais des choses, mais j'apprends encore". Et en fait, je sais que moi, j'adore apprendre, j'adore découvrir, j'adore ça. Je sais que je ne m'ennuierai pas et du coup, je suis vraiment heureuse d'avoir fait toutes ces démarches pour aujourd'hui me sentir tout simplement à ma place et 100% alignée avec ce que je fais. Même si c'est dur, même si c'est plus de stress, oui, de temps en temps, même souvent, je n'échangerais pas ma place aujourd'hui. Je ne reviendrais pas en arrière.
- Laure
Et au final, qu'est-ce qu'elle t'a appris sur toi, cette reconversion, Sarah ?
- Sarah
Alors, ce que ça m'a appris, c'est qu'effectivement, je me suis fait accompagner, j'ai appris beaucoup de choses sur le monde de l'entreprise, sur plein d'aspects de la création d'entreprise. Mais en fait, ce dont je me suis rendu compte, c'est que déjà, effectivement, j'avais quand même de la chance de ne pas être seule dans cette aventure, même si effectivement je suis seule dans mon entreprise, que mon entourage dans la famille et que les gens qui m'entourent, que ce soit mes amis ou même des professionnels, en fait sans eux ce ne serait pas pareil. Donc être bien entourée, effectivement très important. J'ai découvert aussi qu'en fait, j'avais des choses personnelles aussi, finalement, à travailler parce que, en fait, mon entreprise, c'est moi. Et donc, si moi, j'ai peut-être un peu peur de me montrer, mon entreprise ne sera peut-être pas beaucoup vue, du coup. Donc, c'est vrai qu'au début, je ne comprenais pas comment ça se faisait, que je n'étais pas trop visible. Alors après, effectivement, j'ai aussi un lieu... qui est un petit peu caché. Mais je ne comprenais pas pourquoi je n'avais pas ce courage de me rendre plus visible. Et je me suis rendue compte que tout simplement, c'était ce syndrome de l'imposteur qui était bien à côté de moi, bien installé. Et qu'il y a un moment, si vraiment je voulais vivre de cette passion, qui clairement m'anime à chaque fois que je fais un massage, à chaque fois que je fais un soin du visage, un soin du corps, il fallait tout simplement qu'à un moment je finisse quand même par le mettre de côté ce syndrome de l'imposteur. Et donc, au fur et à mesure, j'ai réussi à l'éloigner un peu, puis un peu plus encore. Et bizarrement, au fur et à mesure, l'entreprise a été un peu plus vue, puis on a un peu plus vu ce que je faisais. Et là, du coup, ça a été un gros déclic pour moi où j'ai compris ce lien vraiment très, très, très personnel avec mon entreprise. et où j'ai décidé que non, non, ça ne serait plus comme ça, parce que je veux réussir, je veux mener vraiment à bien ce projet donc maintenant je vais me montrer et je n'ai plus peur de me montrer.
- Audrey
Et donc, cette entreprise, elle est encore assez récente puisque je crois que c'est début d'année, c'est ça vraiment l'ouverture ? Et du coup, qu'est-ce que tu voudrais développer ? Comment tu te vois évoluer ? Est-ce que tu te vois faire ça toute ta vie maintenant ?
- Sarah
Alors moi, pour le moment, je me vois évoluer. Je me vois évoluer. Je pense effectivement… Alors, je ne sais pas si je masserai toute ma vie. En vrai, j'aimerais beaucoup masser toute ma vie parce que de toute façon, en fait, c'est une... C'est un métier où il faut être en forme, où il faut se maintenir en forme physiquement. Et donc, c'est un métier qui maintient en forme. Donc oui, j'aimerais bien le faire toute ma vie. Mais je pense que par la suite, c'est vrai que si je peux peut-être transmettre ce que je sais, ça, c'est quelque chose qui m'intéresserait beaucoup. Pas tout de suite, parce que j'ai encore, moi, je pense, des choses à apprendre. Là, à l'heure actuelle, ce que j'ai envie de vraiment réaliser, c'est de réussir à me créer un réseau avec des professionnels du bien-être, des professionnels de santé, pour vraiment que les massages que j'apporte, notamment pour les personnes en convalescence, ce soit vraiment vu comme un soin de support dans un parcours de santé d'une personne. Alors bien sûr, toujours en restant à ma place, en étant une professionnelle du bien-être, une masseuse bien-être, en faisant de la détente musculaire, mais avec des connaissances très approfondies pour pouvoir justement vraiment m'adapter à toutes les personnes en convalescence, quelle que soit leur pathologie. Et puis vraiment avoir un travail entre professionnels, vraiment pouvoir échanger, se parler, ne pas empiéter sur, par exemple, le travail d'un kiné, mais vraiment être en relation pour vraiment pouvoir aider et accompagner la personne au mieux, mais vraiment tous ensemble. Donc ça, c'est vraiment mon projet. C'est ce que, du coup, d'ailleurs, ma formatrice Jessie Breard, qui a créé le massage convalescence, a réussi à faire. Et je trouve, effectivement, on a pu voir à l'œuvre ce que ça donnait et je trouve que c'est tellement, tellement bénéfique pour les personnes qui ont mal et qui sont dans des parcours de soins. C'est tellement enrichissant de découvrir tout ça. Et pour les personnes, ça apporte vraiment un plus. Donc, c'est vraiment quelque chose que j'aimerais réussir à faire.
- Laure
Et pour finir, chère Sarah, est-ce que tu aurais un conseil, une ressource à partager aux personnes qui nous écoutent et qui s'engagent dans une reconversion ou qui souhaiteraient ?
- Sarah
Alors, effectivement, si vous souhaitez, si vous avez un projet de reconversion ou si vous êtes dans votre reconversion, déjà, effectivement, si c'est quelque chose qui vous passionne, déjà, vous ne regretterez pas. Il n'y a aucun souci là-dessus. Deuxième chose, surtout, soyez accompagnés. Effectivement, renseignez-vous sur tout ce qui existe autour de vous, dans votre département, dans votre région. Cherchez, parce qu'il existe beaucoup de choses, effectivement, pour être accompagné. Et faites-vous entourer. Alors, par votre famille, mais si vous n'avez pas forcément de proches qui vous soutiennent, allez dans les réseaux d'entreprise... Heu, les réseaux d'entrepreneurs, pardon. C'est beaucoup d'échanges, beaucoup de rencontres et c'est vrai qu'on se sent très compris dans ces réseaux là et ça motive, ça aide beaucoup pour avancer. Et surtout, si c'est votre coeur qui parle, si c'est vraiment au fond de vous, il faut oser, il faut oser se lancer en étant accompagné bien sûr, mais il faut oser se lancer parce que on aura toujours des raisons de repousser. On aura toujours des raisons de dire non mais là c'est pas le moment, non mais là c'est pas le moment, non mais là c'est pas le moment. En fait je sais pas s'il y aura vraiment un jour un bon moment et ce serait dommage d'attendre un an, deux ans, trois ans, quatre ans, dix ans et puis de se dire "Bah mince, en fait je l'ai pas fait". Faites-le maintenant, si vous le pouvez, ou fixez une date, jusqu'à une date butoir. Fixez-vous vraiment un objectif pour le faire, parce qu'en fait, vous ne regretterez jamais et généralement, vous vous direz même pourquoi je ne l'ai pas fait avant.
- Laure
Merci beaucoup, Sarah.
- Sarah
Avec grand plaisir.
- Laure
Un grand merci, Sarah. Merci beaucoup d'avoir partagé ton histoire. Allez vivement consulter... Je vous engage vivement à consulter le... Le compte Instagram de Sarah. Vous y retrouverez aussi l'adresse de son institut. Offrez-vous un moment de bien-être, ça vaut vraiment la peine.
- Sarah
Merci en tout cas à toutes les deux d'avoir accepté d'entendre mon histoire. J'ai été aussi moi très touchée par vous, par nos échanges. Et puis voilà, que vous ayez accepté de m'entendre, ça m'a beaucoup touchée et j'espère en tout cas que ça pourra aider des personnes peut-être à se lancer. Et surtout, si ces personnes ont des questions, qu'elles n'hésitent pas à me les poser, parce que moi aussi, j'ai été dans ces doutes, et voilà, dans toutes ces questions. J'ai vu beaucoup de choses, alors, si je peux aider, ce sera avec grand plaisir. Donc, voilà, que les personnes n'hésitent pas en tout cas à me contacter. Vraiment, un très grand merci à toutes les deux pour votre accueil et pour tous ces échanges. Ça a été vraiment un grand plaisir.
- Laure
Nous espérons que vous avez apprécié ce moment autant que nous.
- Audrey
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