- Audrey
Bonjour, moi c'est Audrey.
- Laure
Bonjour, moi c'est Laure.
- Audrey
Combien de fois avez-vous pensé « j'en ai marre de mon job » ?
- Laure
Combien de fois l'avez-vous dit ?
- Audrey
Nous, on l'a entendu plein de fois.
- Laure
Ce qu'on vous propose, c'est d'écouter ces personnes qui ont franchi le cap, celles et ceux qui ont entamé une reconversion professionnelle.
- Audrey
Pourquoi ? Comment ? Combien ? C'est ce qu'on a voulu savoir.
- Laure
Ici, vous entendrez des histoires de reconversion.
- Audrey
Bonne écoute !
- Estelle
Bonjour, je m'appelle Estelle, à 31 ans j'en ai eu marre et j'ai décidé de changer d'orientation pro. Avant, j'étais ingénieure en agronomie et aujourd'hui je suis social media manager.
- Audrey
Bonjour Estelle, on est très très heureuse de te recevoir dans J'en ai marre, histoire de reconversion.
- Estelle
Merci, bonjour Audrey.
- Audrey
Alors nous on se connaît un peu parce que avant que tu viennes à notre micro, je suis passée derrière le tien. Parce que tu as un podcast qui s'appelle Futur Chien Guide, peux-tu nous en dire un mot peut-être ?
- Estelle
Oui, j'ai lancé un podcast qui fait de ces 5 ans, ce mois-ci, sur les chiens guides d'aveugles et l'univers méconnu des chiens guides d'aveugles. Et toi tu en as un beau spécimen, alors il n'est pas chien guide d'aveugles, mais il s'est arrêté avant, il a atterri dans votre belle famille, avec Thor.
- Audrey
Ouais, nous on a le modèle feignant qui ne voulait pas travailler.
- Estelle
Il était déjà en mode j'en ai marre en fait.
- Laure
Oui,
- Audrey
il a opéré une reconversion. Finalement le chien a fait une reconversion, de futur chien guide, il est devenu un chien feignant de famille.
- Laure
C'est notre mascotte, Thor. Avant d'en arriver là et de créer ce podcast, donc Futur Chien Guide, Est-ce que petite, tu rêvais déjà de faire des podcasts ?
- Estelle
Absolument pas. Non, non, le podcast... Et tu sais que j'ai mis longtemps à appeler ça un podcast, en plus, parce qu'avant, j'avais... J'ai créé ça... Enfin, le podcast, c'est un peu né tout seul. J'écrivais des choses sur mon blog Future Chien Guide. En fait, le nom Future hien Guide est le nom de mon compte Twitter, à l'origine, de famille d'accueil temporaire de chien guide. Et donc, quand j'en ai eu marre de répondre sur les réseaux sociaux, à droite, à gauche, avec des petits mots, parce que... que pour le coup, ce n'était pas assez pro. Je voulais poser vraiment des mots, etc. J'ai créé le blog, Future Chien Guide. Je suis restée dans un truc qui n'a pas été réfléchi en termes de marketing, mais qui est très bon quand même. Et j'ai commencé à lire mes articles sur le conseil de mon frère, en disant les déficients visuels, quand même, ce serait bien qu'ils puissent t'entendre, parce que lire, ce n'est pas fou. Spoiler, VoiceOver fait beaucoup mieux que moi. Donc, j'ai arrêté de lire mes articles. Mais par contre, quand je suis arrivée à ma rubrique Rencontre avec, je me suis dit, je ne vais pas écrire une interview et la lire toute seule. Du coup, j'ai direct enregistré l'interview.
- Audrey
C'était une belle idée.
- Laure
Et alors, quand tu étais petite, tu voulais faire quoi, Estelle ?
- Estelle
Vétérinaire.
- Laure
Vétérinaire.
- Estelle
Vétérinaire des champs. Pas de la ville. Vraiment, les vaches, les cochons.
- Laure
Donc, à la ferme.
- Estelle
À la ferme, oui. Moi, j'ai grandi en ruralité. Et pour le coup, il était dit que je voulais vraiment faire ça. Dès toute petite, j'étais souvent à la ferme d'à côté et tout. J'étais passionnée par ça, donc j'ai visé le cap de vétérinaire.
- Laure
Tu n'as jamais changé d'idée tout au long de tes études ? C'était vraiment ça, le driver ?
- Estelle
Oui, clairement. Je n'ai pas eu trop de doutes. En collège, ils te mettent un peu le doute pour dire que c'est bien vétérinaire, mais c'est un peu comme médecine, c'est un peu compliqué, c'est difficile. Donc, il faut peut-être prévoir un plan B si jamais. Et c'est là où j'ai découvert le métier d'éducateur de chien guide d'aveugle dans les magnifiques recueils de l'ONISEP.
- Laure
Ah oui, les fameux classeurs. Les classeurs du CDI.
- Estelle
Voilà, les classeurs du CDI ou de la conseillère d'orientation. Et on avait acheté avec mes parents le fascicule ONISEP, travailler avec les animaux. Et dedans, t'avais tous les soigneurs de zoos, bref, tous les trucs un peu comme ça. Et éducateurs de chien-guide. On n'en avait jamais entendu parler, je pense. Et dès lors, j'ai décidé de garder ça dans un coin de ma tête. Et même de demander à mes parents au lycée de devenir famille d'accueil. Chose à quoi mes parents... Moi, je suis l'aînée d'une fratrie de trois. On avait beaucoup d'activités musicales déjà par ailleurs et beaucoup d'occupations. Et donc, mes parents, à juste titre, ont dit « grandis » .
- Laure
Toi,tu le feras quand tu seras grande.
- Estelle
Oui, mon rêve, c'était vraiment d'aller au lycée avec et de l'éduquer moi-même, d'être responsable.
- Laure
Parce qu'on peut faire ça ou pas ?
Je ne pense pas. Oui, c'est ça.
- Audrey
Je ne suis pas sûre qu'un mineur puisse être la responsable.
- Estelle
Mais c'était mon rêve. Et puis de passer sur 30 millions d'amis que je regardais.
- Laure
Avec Mabrouk, le berger allemand, mascotte.
- Estelle
Mais oui, c'est comme ça que le chien guide est un peu rentré par la porte éducation de chien guide. Et puis finalement, j'ai continué mon cap vers véto.
- Audrey
C'est ça par rapport à d'autres. Donc, tu étais fixée, tu n'as pas hésité pour choisir ton orientation au lycée.
- Estelle
Non, l'orientation au lycée, à l'époque, était plus simple déjà. Donc, ça allait.
- Laure
Il faut faire quoi comme filière quand tu veux être véto ?
- Estelle
En fait, c'est les prépas agro-véto. Et du coup, c'est de la prépa scientifique comme Math sup, Math spé, mes version bio. Et donc, j'aimais la bio, mais pas non plus des masses, mais ça marchait. J'ai fait mes études, du coup, moi je suis de la région lyonnaise, donc je suis allée faire mes études à Saint-Etienne pour mes deux ans, trois ans même, du coup, de classe préparatoire. J'ai tenté deux fois les concours, et la première fois, je savais que je ne les aurais pas à côté véto. Mais bon, on me laissait trois ans pour le faire, donc je dis pourquoi pas le faire en trois,
- Laure
clairement.
- Estelle
Et c'est la loterie des concours, tu étais beaucoup, tu étais très bien.
- Laure
Ça ne suffit pas d'être bon.
- Estelle
Ça ne suffit pas d'être bon, il faut être meilleur que les autres. Et du coup, j'étais quatrième sur liste d'attente, et puis troisième, et puis deuxième, et puis première, mais ça n'a pas bougé plus que ça. Donc je suis restée une éternelle première sur liste d'attente, alors que l'année d'après, ils ont rajouté plein de places dans les écoles.
- Laure
Et tu n'as pas eu envie de retenter la fois d'après ?
- Estelle
Tu peux pas retenter plus de deux fois. Tu signes sur l'honneur que tu te tentes deux fois.
- Laure
Mais pourquoi ? Mais pourquoi ?
- Audrey
C'est comme ça. C'est con, mais c'est comme ça.
- Estelle
Sinon, tu peux aller en Belgique, tu peux aller en Espagne. Mais bon, là, si tu veux, on était dans un autre délire, entre guillemets. J'ai des copains qui ont fait ça. Ou en Suisse, mais il fallait être pris sur... Je crois que c'était tirage au sort, un truc du genre.
- Audrey
Donc, malheureusement, liste d'attente.
- Estelle
Sachant que tu n'as... Je te fais une petite parenthèse, mais sachant que tu n'as aucun... Dans tous ces examens-là, tu n'as aucun... Je crois que c'est encore le cas, je ne sais plus. Tu n'as aucun espace d'expression pour dire pourquoi tu veux faire ça. C'est uniquement sur des notes.
- Laure
Ah oui, ok, c'est que des notes, le concours, tu n'as pas d'oral.
- Estelle
De mathématiques, de bio. Si, tu as des oraux, mais relatifs à diverses matières. Il n'y a personne qui te pose une question sur ton projet professionnel. À l'époque, peut-être que ça a évolué.
- Laure
Ok.
- Estelle
Mais à l'époque c'était hyper frustrant. Et puis de ne pas pouvoir le retenter. Mais c'était comme ça. Le destin l'a fait comme ça. C'était un peu bizarre. En fait je me suis retrouvée dans une école dont tout le monde avait rêvé. J'ai été prise à l'AgroPariTech. Paris-Grignon. La meilleure école d'agronomie en France. On était 350. Donc grosse promo. Et tous les gens étaient ravis d'être là. Et moi j'étais pas ravie d'être là. C'était un peu bizarre.
- Laure
C'était un second choix quand même ?
- Estelle
Bah non, mais tu vois, quand j'étais prise à la meilleure école d'agro, je fais pas non plus...
- Laure
Oui, tu fais pas la fine bouche.
- Estelle
Non, non, non. Oui, tu vas bien. C'était déjà un peu exceptionnel,
- Laure
moi je pensais pas y arriver. Mais c'était ton plan B ou pas ?
- Estelle
J'avais pas trop de plan B. Ouais,
- Laure
ouais, ouais.
- Estelle
Ouais, c'était un peu bizarre. Mais bon, au final, de toute façon, t'y es, t'y es. Mais c'était un peu bizarre que tous ils étaient tous trop contents et moi je dis ouais les gars je vous dis, je vais peut-être me casser. Après, dès que je n'ai pas eu veto, je me suis dit, c'est bon, je reste. Qu'est-ce que j'allais pas mettre en péril déjà trois ans de prépa ? Enfin, voilà, c'est pas quand tu rentres dans ce système-là.
- Audrey
Oui, c'est ça. Après, t'es en plan B d'éducatrice de chien guide.
- Estelle
Ah non, relativement à l'école d'agro.
- Audrey
T'avais eu l'école d'agro, bon.
- Estelle
Sachant que pour être éducateur de chien guide, il faut être embauché par une école de chien guide, puis être envoyé en formation deux ans pour être moniteur, puis peut-être une pause que l'école décide entre-temps pour ensuite être envoyé deux ans de plus pour être éducateur de chien guide. C'est quand même pas facile, c'est un des rares métiers où tu es embauché avant d'être éduqué, enfin formé en tout cas. Sinon il y aurait trop d'éducateurs de chien guide sur cette planète pour les besoins.
- Audrey
Par hasard, tu te retrouves dans l'école d'agro, est-ce que tu as une idée de ce que tu vas pouvoir en faire derrière ?
- Estelle
Non,en plus grosse injustice, la première année c'est un tronc commun, donc en fait on explore tout ce qu'on peut faire. en agronomie, agroalimentaire, même forêt, gestion des forêts, vraiment un truc très très large. Et on a quand même des matières scientifiques de base, des statistiques, des maths, des machins. Et là, je me retrouve à un cours de reproduction animale, face à une véto qui était dans l'amphi. Qu'est-ce qu'elle fout là ? J'ai un peu les boules. Et du coup, je suis allée la voir à la fin du cours en mode, mais t'es véto, mais qu'est-ce que tu fais là ? Mais comment je peux faire pour... Est-ce qu'il y a des choses en agro qui pourraient me rattacher un peu à ce que je faisais ? Et ouais, j'ai découvert qu'en fait, mais ça, moi, je suis allée plaider pour ma paroisse après. Je suis beaucoup retournée dans les écoles, enfin dans mon lycée où j'avais fait la prépa, pour expliquer aux jeunes qu'en fait, véto, on le connaît parce que c'est un métier, mais qu'agro, c'est un diplôme. donc derrière il y a pléthore de métiers et si il n'y a pas le métier que tu veux tu le crées Donc non, après coup, j'ai découvert plein de trucs. Et même plus de trucs que le simple métier de véto qui a des déclinaisons. Véto de labo, véto des villes, véto des champs. Mais qui au final, si tu veux faire autre chose de ta vie, t'es obligé de te reconvertir. Alors qu'en agro, t'as ton diplôme et derrière... Bon, moi je me suis reconvertie, mais tu peux faire plein de métiers différents avec ce même diplôme.
- Laure
Ok. Et comment tu gères tes études ? T'as toujours cette envie de te rapprocher des animaux ?
- Estelle
Oui, je tente d'être famille d'accueil de chien guide en première année d'ingé. Je sais que c'est la seule fenêtre de tir parce que la deuxième et la troisième année sont ponctuées de stages de 3 et 6 mois. Et qu'à l'époque, je suis déjà avec mon chéri, mais c'est pas son projet et je veux pas lui laisser le chien tout seul 3 mois ou 6 mois, ça n'a pas de sens. Alors que là, en première année, il y a un mois seulement et un mois, ça peut pas... Donc je tente et tout le monde dit oui, sauf le responsable des résidences édituantes qui dit pas d'animaux de compagnie chez nous. Donc avec le recul, j'aurais plus forcer maintenant que je connais plus de choses. Mais sur le coup, je me dis j'ai tout tenté.
- Laure
Pourquoi tu dis tu aurais pu se forcer aujourd'hui avec le recul ?
- Estelle
Parce que maintenant je connais mieux les chiens guides. J'aurais pu apporter des arguments et montrer que ça n'allait pas déclencher une envie massive d'avoir des chiens guides. parce que c'est quand même... de l'investissement,
- Laure
une responsabilité,
- Estelle
du temps, de l'engagement. Et lui, il était en mode, si on a un chien dans la résidence, on va en avoir 350. Alors qu'il y avait déjà des lapins, des cochons dinde qui se promenaient un peu.
- Audrey
Oui, et puis que c'est pas si simple, effectivement, déjà d'être autorisé à accueillir un élève chien guide, et en plus, effectivement, de s'en occuper.
- Estelle
Donc c'était pas évident. Et puis avec le recul, j'ai aussi appris que, tu vois, à l'école véto d'Alfort, ils ont... quota en fait de chiens guides et de chiens d'assistance en élève dans chaque promo pour pas que ce soit la foire dans les amphis et ça se passe bien mais c'est juste que nous ça a mis un stop au projet encore une fois ok
- Laure
ok la pugnacité ça te parle comme valeur ? un peu,
- Estelle
il paraî
- Audrey
bon donc pas de chiens guides et un diplôme d'agro voilà mais du coup quelle spécialité ?
- Estelle
ah bah animal quand même Oui. Zootechnie, comme on dit. L'élevage, quoi.
- Laure
Et comment tu fais ça ? Il y a des animaux à l'école ?
- Estelle
Oui, il y a une ferme à l'école.
- Laure
Il y a une ferme ?
- Estelle
Et du coup, moi, je vais m'enfermer dans la ferme pendant que les autres font leur fin de soirée. Il y a quoi ?
- Laure
Il y a des cochons ?
- Estelle
Il y a des vaches à lait, des brebis. Ah bon ?
- Laure
Ok.
- Estelle
Voilà. Il y a une ferme sur l'école. Et ce qui fait que moi, à 5h30 du match, je monte faire la traite pendant que les autres sont en train de cuver. ou dormir ? non de finir le soir très clairement ok et toi tu vas traire les vaches ? ouais mais j'ai appris énormément de choses sur le tas et puis bah quand tu t'investis les gens en face ils donnent aussi donc bien sûr ça c'était c'était fou ouais c'est vraiment très bien bah c'est que la première année où on est sur ce campus là après on passe dans Paris donc là il n'y a plus de ferme. Bah ouais
- Audrey
Tu finis ton école et tu pars...
- Estelle
Je finis mon école et je dis à mon mec c'est bon on rentre à Lyon et il dit non mon job il y a plein de boulots à Paris donc on reste donc je me laisse 6 mois pour trouver un taf et en fait même avant d'avoir fini mon stage de fin d'études je tombe sur c'est rigolo parce que je passe 2-3 entretiens dans la même dans le même bâtiment qui regroupe les acteurs de l'élevage laitier lait de vache principalement et Et... Je frôle d'avoir des jobs là-bas avec qui je vais travailler après, qui sont pris par mes camarades de classe ou d'autres sections. Et je tombe sur un poste remplacement de congé maternité, un CDD de 9 mois. Je l'avais déjà vu, mais il était en CDD de 6 mois, il a été prolongé pour 9. Et là, je me dis, bon, là, c'est le moment, c'est fin août, il faut quand même que je trouve un truc avant la fin de mon stage ou pas trop tard. Et du coup, j'ai été embauchée à la Fédération nationale des éleveurs de chèvres. pour un CDD de 9 mois.
- Audrey
Pour faire quoi, du coup ?
- Estelle
La FNEC, la Fédération Nationale des Éleveurs des Chèvres, c'est un syndicat agricole. L'objectif, c'était de défendre, et c'est toujours, les éleveurs de chèvres qu'ils transforment à la ferme ou qu'ils livrent leur lait à une coopérative ou à un privé. Et du coup, beaucoup de choses très, très différentes qui, du coup, nous rendent multitâches. J'arrive dans une structure où ma chef était seule. on arrive à deux pour la remplacer parce qu'il y avait des projets aussi à finir pendant son congé mat et on en vient à gérer une structure avec les éleveurs qui sont là assez souvent quand me du conseil d'administration et je découvre le monde agricole para-agricole les OPA, ce qu'on appelle les organismes de professionnels agricoles qui représentent les éleveurs un coup je suis les pieds dans les bottes avec les éleveurs en train d'expliquer vulgariser la réglementation pour tout ce qui est transformation à la ferme, c'était mon sujet principal. Et un autre coup, je suis dans les bureaux des ministères, alors pas avec le ministre, parce que c'est les chefs qui rencontrent le ministre de temps en temps, mais on rencontrait beaucoup plus les services des ministres tout le temps, pour justement dire, non, ce que vous dites pour Danone, on l'adapte chez nous, c'est permis par l'Europe, donc il faut adapter, on se bat, etc. J'ai fait vraiment plein de choses très différentes. En fait, vu qu'on était deux... Si ce n'était pas moi qui faisais, c'était elle, et à l'inverse.
- Laure
Oui, il fallait faire.
- Estelle
Donc j'ai fait autant de la com que de la défense syndicale, que de la formation aussi. On a mis en place pas mal de formations, on s'est fait reconnaître Qualiopi, on a fait des gros trucs avec deux personnes.
- Laure
Qualiopi, c'est le label, c'est ça qu'on donne aux organismes de formation ?
- Estelle
Oui, on s'est fait reconnaître en tant qu'organisme de formation pour être autonome sur les formations qu'on donnait sans passer par d'autres organismes.
- Laure
Et ça signifie donc pour les gens qui peuvent notamment financer la formation par leur compte personnel formation.
- Estelle
Ou pour les agriculteurs, par le fonds de formation des agriculteurs, qui s'appelle Vivea, avec qui j'ai aussi beaucoup discuté, pour négocier, argumenter, expliquer.
- Audrey
Finalement, puisqu'au départ, ça avait été un petit peu un choix par défaut, est-ce que ce métier te plaisait ?
- Estelle
Ah ouais, mais c'était intense. Il y avait beaucoup d'enjeux politiques, c'est de la politique agricole. Et ça, c'était pesant. Moi, je savais que le job d'après, il n'y en aurait plus. Parce que du coup, tu voulais avancer un truc, mais il ne fallait pas, parce qu'il fallait que tu rencontres machin pour faire ci, pour ne pas chagriner l'autre, et puis pour faire pression. Oui,
- Audrey
en tout cas, de toujours faire plein de trucs en même temps et que ça avance effectivement.
- Estelle
Oui, et puis en même temps, des fois, tu avances sur un truc, puis finalement, il y a un revirement de situation. Les gros revirements, c'est les remaniements du gouvernement, le changement de ministère, etc. Mais en dehors de ça, t'avais plein de petits trucs qui... Il fallait tout le temps bien parler de tout le monde, etc. Non, j'ai eu une grosse... Par contre, j'ai énormément appris sur le collectif, que j'avais déjà... J'ai beaucoup baigné dans le collectif depuis que je suis très jeune. J'étais en internat au collège et tout. Donc, j'avais déjà bien essuyé les plâtres sur le collectif intime, mais là, sur le collectif vraiment professionnel et l'organisation de comment toutes les... les structures associatives fonctionnent aussi. C'est pour ça que quand l'école des chiens guides de Paris a ouvert ses adhésions plus largement, pour moi, c'était pas un secret. CA, bureau, conseil d'administration, bureau, administrateur, je naviguais là-dedans.
- Audrey
Oui, parce que en parallèle, tu as ce job et quand même, tu gardes un lien avec les chiens guides.
- Estelle
En parallèle, je me dis, CDD 9 mois, on va pas le risquer. Pendant 9 mois, je...
- Audrey
Parce que dans un coin de ta tête, tu as toujours ce projet...
- Estelle
De devenir famille d'accueil. Deuxième CDD de 9 mois, parce que les finances n'étaient pas réunies pour faire le CDI tout de suite. Là, j'acquise un peu le coup et je me dis, c'est bon, j'en ai marre, c'est mort. Et c'est mon mec qui dit, si tu veux, on va refaire une réunion. On avait fait une réunion d'information quand j'étais en première année d'ingé, donc là, on se remet un petit coup. On va devoir faire une réunion, ça faisait quand même... Entre 2013 et 2016, ça faisait quand même trois ans qui étaient passés, on se dit, on va aller reprendre l'info, savoir si ça n'a pas changé. Nous aussi, on avait changé. On était devenus un couple de jeunes actifs, alors qu'avant, on était étudiants. Essayer de voir comment c'est compatible. Et en se disant, en fait, on peut peut-être le faire le week-end. Comme ça, ça n'entache pas sur le temps de travail. Donc on fait ça. On a des chiens les week-ends. à partir de septembre 2017 mais ça se passe comment ?
- Laure
tu vas chercher le chien ?
- Estelle
c'est à la demande les familles d'accueil ont le droit de répit sur des week-ends, sur des semaines c'est en fonction des contraintes professionnelles, personnelles santé, finances etc et au final l'école nous avait contacté oui il y a un chien du vendredi au lundi est-ce que vous pouvez le prendre ? tu as toujours en tant que bénévole Le choix de dire non si c'est pas le bon créneau pour toi. Mais nous on disait souvent oui. Et donc quand on fait comme ça, ça peut être des élèves chiens guides qui sont dans des familles et les familles sont pas dispo pour un week-end.
- Laure
Donc tu vas chercher le chien dans la famille ?
- Estelle
Non, dans l'école. Dans l'école ?
- Laure
Elle est où l'école ?
- Estelle
L'école elle est à Vincennes, derrière le gros rocher du zoo de Vincennes.
- Laure
Ok.
- Audrey
Juste à côté.
- Laure
Donc tu vas chercher le chien à l'école.
- Estelle
Et tu... Rentres chez toi avec un chien. Genre, la première fois que ça m'est arrivé,
- Laure
c'est trop bizarre. Mais ça fait drôle, non ? Ça fait pas drôle,
- Estelle
non ? Et puis quand tu le rends...
- Laure
Ah oui, les croquettes. Et quand tu le rends... C'est triste, non ?
- Estelle
Ouais, après, tu connais les règles du jeu. Et tu dis au moins tu l'as fait, tu vois.
- Audrey
C'est court, donc pour le coup, t'as peut-être un peu moins le temps de t'attacher qu'un relais long
- Estelle
Ouais après la première chienne qu'on a eu pour un week-end t'es trop contente de l'avoir puis tu nous on attendait que ça donc on a un peu pavané on est allé au parc on est allé la faire travailler un peu tu vois non c'était vraiment cool et on a fait ça pendant entre donc la première chienne qu'on a eu c'était en septembre 2016 et en avril je venais de signer mon CDI à la FNEC à la FNEC toujours et il m'appelle en disant alors là on a un relais qui déborde un peu sur la semaine, mais bon, peut-être que, c'est un chien qui est éduqué. C'était un relais, je crois, du jeudi au lundi. Ça voulait dire un peu à mon bureau, un peu au bureau de mon chéri. Et donc là, on tâte le terrain. à droite à gauche moi je tâte le terrain à la FNEC on me dit au pire tu te mets en congé, on était en sous-loc dans cette grande maison dans laquelle il y a plein d'acteurs laitiers et nous on était minoritaire l'idée c'était si les bureaux veulent pas on va pas chercher plus loin et écoute ça s'est très bien passé avec deux consignes ne pas se pavaner dans tous les étages chose que je ne faisais jamais toute seule et protéger la moquette Je ne vous explique pas l'état de la moquette de l'époque.
- Laure
Oui, mais...
- Audrey
Se pavaner, on imagine que c'est toujours la même idée que l'école. C'est, on ne va pas donner l'idée à tout le monde.
- Estelle
Ouais, c'est ça. Et puis c'est... Mais c'est bizarre,
- Laure
mais ils n'ont pas besoin de monde. Si, si, si. Ça peut faire naître des vocations et sensibiliser.
- Estelle
Mais là, c'était plutôt dans le cadre professionnel.
- Audrey
Lui il n'avait pas envie d'avoir, je pense, plein de chiens dans ses locaux...
- Estelle
C'est un peu le truc où garde ça dans le confidentiel et puis ça ira bien.
- Laure
Alors que tu sais que ça donne le sourire aux gens, les gens sont attendris, les gens sont souriants et on sait que les gens détendus, qui sont bien, ils sont encore plus performants. Pourquoi on se prive de ça ?
- Estelle
Le dog at work, tu peux regarder, tu peux creuser la question, c'est très intéressant. Pet at work. Mais du coup, on fait cette première expérience du côté de Clément. Pas du tout le même réflexe en mode « Oui, pas de soucis, ils envoient un mail à tous les salariés de l'Open Space et tout. »
- Audrey
Oui donc c'est pas le chien sur le manteau, il n'y a aucun sujet.
- Estelle
Ah non, il n'y a aucun sujet. On écrit le mail ensemble avec Clément pour... Pour expliquer que le chien est là, mais ce n'est pas pour jouer toute la journée avec.
- Audrey
Oui c'est ça. Ce qu'on a dit, c'est quand même, quand tu es famille relais comme famille d'accueil, tu as quand même beaucoup de consignes à respecter.
- Estelle
Oui c'est ça. Tu es quand même dans le même giron d'éducation que les familles d'accueil. Tu fais tout pareil. Tu prends le relais. Donc, en fait, tu prends le relais avec toutes les missions qui vont avec. Donc,
- Laure
l'objectif, c'est que le chien puisse aider une personne déficiente visuelle.
- Estelle
Oui, aveugle ou malvoyante.
- Laure
D'accord.
- Estelle
Donc,
- Laure
il y a ton chat qui miaule . Tu veux devenir chien guide ? Chat guide. Elle est jalouse. Donc, toi, tu prends le relais des missions.
- Estelle
On prend le relais des familles d'accueil qui sont dans cette mission d'éducation plus long terme. Et donc, avec Folio, qui était un magnifique berger blanc-suisse, qui fait son effet quand même. Donc, c'est un berger allemand tout blanc, pour illustrer un peu. On va dans nos deux bureaux et ça se passe très bien. ça se passe très bien on recadre quand même les collègues de Clément c'est rigolo parce que ils viennent le voir un peu tout le temps en fait ils viennent voir le chien et donc Clément et donc Clément me dit moi je peux plus travailler de la journée donc dans un sens on réinstaure le fait que le chien quand Clément travaille le chien dort, point, et quand Clément prend son café vous pouvez venir voir le chien
- Audrey
et du coup ça ouvre des portes pour refaire de l'accueil, enfin du relais en semaine ?
- Estelle
Moi, je me dis, s'ils ont dit oui une fois, voilà. Mais ouais, c'est rigolo, on refait l'expérience deux, trois fois et en fait, rapidement, je comprends que j'ai le droit de le faire, mais pas trop souvent non plus, tu vois. J'ai des petits signaux qui me disent...
- Audrey
Ouais, toujours un peu compliqué.
- Estelle
J'ai une boss qui aime pas les chiens, ça, tu peux pas en vouloir, c'est comme ça. Mais bon, elle tolère, elle comprend que ça se passe bien et puis... Du coup, on tente un coup de poker. On dit en début de l'été qu'on va accueillir un chiot pour deux ans.
- Laure
C'est une autre histoire, ça c'est encore un autre engagement.
- Estelle
Oui, parce que du coup, tu l'as de partout pendant deux ans avec toi.
- Laure
Oui.
- Estelle
Même si j'avais mon chéri qui pouvait prendre le relais.
- Laure
Oui, c'est une vraie responsabilité. Une responsabilité, c'est pas le temps d'un week-end.
- Audrey
Là, ça se heurte à un non ?
- Estelle
Du coup, ça se passe pas, ça se heurte. Tu peux faire ça, mais pas chez nous. Donc, tu es libre de...
- Laure
De part et d'autre.
- Estelle
Bah non, surtout chez moi. Non, non, du côté de Clément, c'était... Du côté de Clément, il a relativement eu des bonnes positions parce qu'il a même... Il était consultant, donc il était amené quand même à aller dans des entreprises avec le chien. Et il a même... Ses chefs ont clairement dit à des clients, bah en fait, c'est le consultant avec le chien ou le consultant dans une semaine. Donc il est allé dans certaines entreprises. Il y a des entreprises dans lesquelles il a eu un super accueil. On a les badges... Il les a pas gardés, mais le chien avait son propre badge et tout, avec son nom, Nolka, chien guide de Paris et tout. C'est vraiment très différent selon les entreprises.
- Laure
On peut refuser un chien dans une entreprise ?
- Estelle
Non, en théorie non, dans la pratique.
- Laure
Oui, mais en théorie tu ne peux pas.
- Estelle
En théorie non. Les élèves chien guide qui sont en activité ou en formation ont accès à tous les lieux qui accueillent du public. Et non pas les lieux publics, il y a une grosse différence entre les deux. Les établissements qui reçoivent du public, c'est autant le cinéma d'à côté que le restaurant,
- Laure
le bar,
- Estelle
le magasin, même si c'est un lieu privé dans le sens où ce n'est pas l'État qui est...
- Laure
propriétaires de ce lieu. On doit recevoir le chien.
- Estelle
En fait, quand t'es établissement recevant du public, tu as un package de lois qui va avec, dont celle-là, qui est une petite exception à la règle que tout le monde ne connaît pas forcément. Alors moi, j'en veux pas forcément aux gens qui connaissent pas la loi. Tu vois, s'il y a des gens qui disent « Ah, mais c'est interdit aux chiens, c'est un élève chien guide et tout » , je leur dis « Bah oui, c'est un élève chien guide » . Et du coup, moi, je me baladais souvent avec les extraits de textes de loi. Que les gens, ils le lisent et qu'ils l'apprennent. Oui,
- Laure
c'est bien, ça sensibilise,
- Audrey
t'expliques.
- Estelle
T'es obligée, t'es un peu ambassadeur quand tu fais ça quand même. Mais des fois, t'as des gens qui sont têtus, qui disent « bah non, mais c'est chez moi, donc ce sera non » . Ça m'est rarement arrivé à moi, mais malheureusement, ça arrive un petit peu. mais bon tu te dis, toi tu le fais en tant que famille d'accueil c'est déjà gagné pour la personne aveugle qui va venir avec son chien demain et qui a déjà plein de combats dans sa vie à avoir si on peut lui faciliter la tâche c'est bien aussi bon et donc no go pour le projet no go pour le projet chiot donc je dis ok pas à l'année mais du coup tu continues tes relais je continue les relais et on acte que c'est uniquement dans mon bureau physique Donc pas en réunion à l'extérieur, pas au ministère, etc. Pour ne pas focusser non plus sur le chien, au lieu de focusser sur les chèvres. Déjà, on est une toute petite filière.
- Audrey
Le chiot mignon aurait pu aider à faire passer des messages.
- Laure
Tu lui aurais mis un petit déguisement de chèvre.
- Estelle
Du coup, on aurait plus parlé de chien que de chèvre. Avec le recul, tu vois, j'ai aussi grandi. Je me suis aussi rendu compte, comme quand mes parents m'ont dit non, de l'implication et de pourquoi il y avait eu du non. Ça voulait dire que ça prend du temps pour les déplacements et tout, de pouvoir toujours faire comme ça ? Donc non, mais je fais du relais. Et surtout carte blanche l'été parce que l'été il n'y a pas de réunion. Oui en général il y a des demandes de relais parce que c'est là où les familles partent éventuellement à l'étranger ou dans des séjours de vacances qui sont moins compatibles avec un chiot.
- Audrey
À quel moment tu te dis que tu ne vas pas rester dans ce job et que peut-être tu vas partir faire autre chose ?
- Estelle
Au moment où on se dit qu'on va avoir un bébé, où il est hors de question pour moi d'avoir un bébé à Paris, parce qu'on n'a pas le logement qu'il faut à Paris et on a envie de retourner dans notre région lyonnaise d'origine, de se rapprocher aussi des futurs grands-parents. Et donc là, on se dit, bon on fait dans quel sens ? Et on acte de faire le bébé et de partir un peu après. J'annonce ma grossesse et puis rapidement on se rend compte qu'en prenant congé sur congé sur congé, que c'est le moment de partir. En fait je me dis, si on part pas là, on ne partira jamais. Ça fait déjà dix ans qu'on est à Paris, alors qu'on avait dit qu'on y resterait pas longtemps, ni à la FNEC ni à Paris. Et là je me dis, si on part pas là, on part pas. Parce que ça veut dire du coup on change d'appart, parce que c'était pas assez grand. Du coup on aura pas le courage de... et puis ça veut dire revenir dans le job. Organiser une vie parisienne avec tout plein de trucs.
- Audrey
T'avais pas envie. Oui, toi, après, c'est ça, tu nous disais quand même en off que t'avais pas envie de ce rythme de vie.
- Estelle
Non, moi, j'ai admiré ma chef. J'ai admiré ma chef et j'admire ma remplaçante qui, entre-temps, a eu un bébé, de gérer la crèche, la nounou, les baby sitters, les machins et tout, les transports et tout. Moi, j'avais pas envie de ça. J'avais surtout aussi envie d'élever mon gosse plus au grand air. Mais ça, c'est strictement personnel. Il n'y a aucun jugement sur...
- Audrey
T'avais grandi aussi comme ça ?
- Estelle
Moi, j'ai grandi dans une rase campagne. On était 500 habitants. Mes parents sont toujours là-bas, d'ailleurs. Donc, il a fallu trouver un intermédiaire pour ne pas être en race campagne non plus.
- Laure
Oui, professionnellement ?
- Estelle
Même pas professionnellement. Pour Clément, c'était pas son truc non plus. Lui, il vient de la ville de la campagne, mais de la ville quand même. Donc, on a trouvé un intermédiaire. une maison qui nous convenait, avec deux points d'ancrage. Notre zone de recherche était dirigée entre nos parents, du coup, qui sont assez proches géographiquement, donc ça allait, et l'école des chiens guides.
- Laure
Ah oui,il y avait vraiment de ça toujours en toile de fond, enfin, au premier plan
- Estelle
Oui, parce que mes parents, quand j'étais petite, on n'avait pas aussi pu le faire parce que c'était à 45 minutes de la maison, c'était un peu loin. Donc là, l'idée, c'était de se mettre maximum une demi-heure de l'école de chiens guides pour pas que ça freine notre engagement local.
- Laure
Ok.
- Audrey
Oui, parce que ça, on ne l'a pas dit non plus. Je commence à connaître un petit peu maintenant. Il faut écouter le podcast, tout ça, c'est bien raconté. Mais il faut quand même aller régulièrement à l'école pour rencontrer les éducateurs, c'est ça ?
- Estelle
Oui, on a des séances quand on est famille d'accueil sur un an ou deux, parce que du coup, c'est deux à Lyon. Typiquement, à Lyon, la deuxième année, il n'y a pas de chenil le week-end. Donc, en fait, les familles d'accueil deviennent des familles de... Enfin, se transforment en famille de week-end et récupèrent le chien, un peu comme à l'internat. Tous les vendredis soirs, elle le ramène le lundi matin. Si tu ne fais pas ça, et puis l'école ne te le permet pas non plus, si tu es plus loin, etc. Donc là, on se met à 13 minutes de l'école, avec une maison qui a un caniveau devant, important pour les besoins des chiens, puisqu'on leur apprend à faire au caniveau, les chiens guides. Tu vois des petits trucs, on se dit, bien clôturés. Oui, il y a toujours ce projet en toile de fond.
- Audrey
Et à ce moment-là, quand vous arrivez à Lyon, t'as passé combien de temps dans ton job ? 8 ans. D'accord.
- Estelle
Ok. 8 ans quand même.
- Laure
Donc 8 ans à la FNEC.
- Estelle
8 ans à la FNEC, d'un boulot passionnant. On a fait évoluer tellement de trucs. J'ai déjà mes travers de geek et de communication largement. Dans mes derniers gros succès, que je ne regrette pas, j'étais encore il y a un mois au congrès de la FNEC. Je suis quand même très proche. Donc quand on m'invite, je viens. J'étais aussi hier dans les bureaux. mais Tout ce qui est l'image, en fait, il n'y avait pas de logo à l'époque. Enfin, la FNEC, le logo de la FNEC, c'était l'acronyme des quatre lettres en capital bleu avec marqué en dessous Fédération Nationale des Eleveurs de Chèvres. Et le site internet, c'était un site en spip, pour ceux qui s'y connaissent. C'est un truc archaïque que moi, j'ai appris dans les années 2020, du coup, mais qui ne devait plus trop exister, normalement. On a réussi à en faire un truc qui, en façade, en front, était quand même pas mal. Mais alors, le back-office, c'était n'importe quoi. Bref, et donc, j'ouvre le chantier avant de partir, du coup, un an avant de partir. Je ne savais pas que j'allais partir exactement là, parce que c'était un peu le projet bébé qui a pris ses droits sur la nature, qui décidait tout ça. Et j'ouvre ces gros chantiers d'identité visuelle et de visibilité.
- Audrey
Oui, c'est ça, ça a été entre... Cette expérience-là et aussi le podcast, c'est là aussi où tu as commencé à faire tes armes en communication.
- Estelle
Oui, et puis je me rends compte que je les avais déjà rendus visibles. Et ça, c'est quelque chose que... J'utilise cette comparaison maintenant avec mes clients. Quand je suis arrivée à la FNEC, en fait, il n'y avait pas de réseaux sociaux de la FNEC. Je suis arrivée en 2015. Donc tu peux te dire, c'est OK, 2015, professionnellement, tout le monde n'avait pas de réseaux sociaux. Mais du coup, on arrive sur Twitter. J'ai mis des éleveurs sur Twitter qui sont devenus des stars. Qui n'ont plus forcément leur compte aujourd'hui. Franck du Berry, dans la région centre, est devenu un tweetos de ouf, alors que c'est moi qui lui ai installé sur son téléphone. Donc j'avais déjà cette... Ils l'ont dit d'ailleurs à mon pot de départ. J'avais déjà cette case communication, partage, etc. Et surtout qu'à l'époque, ils mettent... à part les photos très officielles quand t'es à côté du ministre ou des trucs comme ça on communiquait pas parce que les éleveurs avaient l'habitude pour eux être éleveur c'est être les pieds dans les bottes et quand ils étaient autour d'une table à Paris pour défendre, débattre la filière, ils se disaient mais les copains, les collègues on est à Paris, ils vont dire vous êtes à Paris, vous faites votre truc. Donc c'était hyper intéressant parce que j'ai quand même réussi dans ma fougue de ma jeunesse à les... J'ai envie de dire un peu les... Je ne sais pas comment on dit.
- Laure
Les encanailler un peu. Leur dire, allez les gars, on y va.
- Estelle
Et à réussir. Parce que pareil, ils étaient un peu honteux d'apparaître sur ces photos autour de la table ovale.
- Laure
Ce n'est pas un métier d'image de base.
- Estelle
C'est un métier d'image dans les champs et dans les chèvres.
- Laure
Oui.
- Estelle
Mais le représentant syndical, il n'est pas très...
- Laure
Non,ce n'était pas dans les codes traditionnels.
- Audrey
C'est un peu la même logique. que ton podcast, d'aller montrer la réalité du terrain, d'aller montrer l'envers du décor et de faire de la pédagogie.
- Estelle
Et en même temps, avec un peu le même objectif de, si demain on veut qu'il y ait des éleveurs qui prennent ces responsabilités syndicales, parce que c'est pas un métier, c'est une responsabilité en plus de ta ferme, t'as quand même la ferme à faire tourner, il faut que les gens voient à quoi ça ressemble. Et pas juste la photo avec le ministre une fois par an au salon de l'agriculture ou avec le président, ça fait partie du job aussi. Ça j'en ai plein mais c'est pas ça qui fait la communication de tous les jours. Donc oui j'ai fait un peu et aujourd'hui ils le font systématiquement, ils ont des photos de leur réunion et tout et puis on a un joli logo qu'on a bien bossé et tout. Et ça en jette et tu te dis pour une fédération qui a 6000 éleveurs en France, c'est pas beaucoup, il y a 3000 éleveurs de chèvres qui transforment à la ferme, 3000 qui livrent leur lait, enfin moi je suis encore très passionnée par ce milieu-là et j'ai adoré. Même si au bout d'un moment, j'étais un peu fatiguée quand même. Mais j'ai adoré, c'était très intense. C'est aussi pour ça que j'y retourne, parce que quand on se fait réinviter et qu'on n'y va pas, c'est parce qu'on...
- Audrey
Mais alors, à quel moment... Parce que finalement, t'aurais pu chercher un job similaire sur Lyon... À quel moment tu te dis, bah non, je vais changer ?
- Estelle
Eh ben en fait, vu que j'ai été arrêtée assez longtemps, avant même de quitter la FNEC... J'ai été à Paris avec mon petit à faire tout et n'importe quoi. Tout avec lui, parce qu'il était là. Et je me retrouve à être pas mal investie dans les cercles de parentalité, les cercles d'allaitement, les trucs comme ça. Et à découvrir que ma conseillère en lactation va reprendre un job alimentaire. Je me dis, mais c'est pas possible, genre t'as de l'or dans les mains. Mais oui, mais elle connaît rien aux réseaux sociaux. Et en 2020 et quelques, tout se joue là. et donc je me dis bah attends je vais t'aider. Donc je fabrique un mini site pour une collègue je fais-ci. Là je me dis ah il y a peut-être un filon. Je profite de mon CPF pour me former. Donc on déménage à Lyon et en même temps je fais ma formation de social media management auprès du Social Media Lab, dans l'objectif de savoir quoi poster ou qu'est-ce que tu postes sur les réseaux sociaux même pour mon compte Futur Chien Guide tu vois. Et je me dis à ce moment-là peu importe quel job je reprends, dans l'agricole on ne sait pas communiquer donc j'aurai toujours une bonne carte à montrer. Ça me servira toujours. Et donc je fais cette formation à distance avec le Social Media Lab qui est très formatrice.
- Laure
Tu l'as choisi comment cette formation ?
- Estelle
C'est une formation que j'ai vue sur les réseaux sociaux, sur lesquels j'ai lorgné beaucoup. Il y avait plusieurs formations, je ne vais pas citer les concurrentes parce que je ne les ai pas choisies, mais les autres n'avaient pas le même objectif. Ils disaient remplace ton salaire en six mois, enfin remplace ton salaire pour de salarié en six mois. Moi, je voulais vraiment apprendre à gérer mon truc.
- Laure
À acquérir des compétences en gestion des réseaux sociaux.
- Estelle
Et puis savoir comment faire mieux que ce que je faisais déjà un peu et qui avait fonctionné. Future Chien Guide avait déjà une communauté de 3000 abonnés donc tu n' effaces pas non plus... J'avais accumulé quand même un peu d'expérience.
- Laure
Elle durait combien de temps cette formation ?
- Estelle
J'ai fait une formation de quatre mois à distance. Après tu t'impliques plus ou moins, tu regardes plus ou moins les cours.
- Audrey
Tu l'as fait toi en quatre mois mais tu peux la faire en plus ou moins longtemps en fonction du temps que tu as y consacré ou c'est...
- Estelle
Non, tu as accès quatre mois à la formation. Il y avait des lives. Je les connais très bien parce que je vais peut-être bosser pour eux dans pas longtemps. Je suis régulièrement en live avec eux aussi. Je me suis très bien entendue avec la fondatrice qui s'appelle Emmanuelle et qui est très sympa. Et en fait, pour revenir sur pourquoi elle a fondé ça, elle était community manager et on lui demandait toujours des bons community managers. Et en fait, elle s'est dit, je ne peux pas dire qui est le bon. Et en fait, elle a commencé à former des gens et maintenant, elle est aussi dans le recrutement de community managers.
- Laure
D'accord.
- Estelle
Elle a aussi cette casquette
- Audrey
Oui, et puis qui a un plus pour l'après quand tu fais la formation.
- Estelle
Oui, c'est ce qu'elle vend aussi, c'est qu'on a un réseau et des opportunités qui passent tout le temps.
- Laure
Et tu la finances comment cette formation ?
- Estelle
CPF.
- Laure
CPF, ok.
- Estelle
Je me dis, ça passe.
- Laure
Oui, parce que tu avais 8 ans de salariat derrière toi. J'avais rien touché.
- Estelle
Donc je me dis, ça passe et il reste du CPF encore après. Donc pas non plus beaucoup, mais je me dis, ça va me servir. Je sens que ça va me servir, que ce soit pour l'agricole. Et puis j'ai plein de pistes, parce qu'on se réintègre dans... On déménage quand même dans un lieu qui est proche de Lyon. Donc en mode, s'il faut aller tous les jours à Lyon, ça marche. Qu'il y a des MFR à côté, des maisons familiales et rurales. Moi, j'ai fait pas mal...
- Laure
C'est quoi ça, les MFR ?
- Estelle
Les maisons familiales et rurales, c'est un peu la formation pour adultes version agricole.
- Laure
D'accord.
- Estelle
Enfin agricole large, élevage, paysagiste, pisciculteur, foresterie, tout ça. Mais en mode... Un peu comme des BTS, tu vois.
- Laure
D'accord. Des BTS, plein de trucs comme ça.
- Estelle
Et là, je me dis, moi, l'enseignement, j'adore. Pourquoi pas ? En fait, on part en se disant, on verra bien le mode de garde qu'on a déjà pour le petit. Et selon, je prendrai des cartes à droite à gauche.
- Laure
Mais attends, je reviens un petit peu en arrière, parce que tu disais que tu avais déjà créé ton blog.
- Estelle
Oui, en 2020.
- Laure
2020 tu crées ton blog et là ?
- Estelle
Je pars en 2022, j'accouche en 2022.
- Laure
T'accouches en 2022, ok. Et t'as déjà une petite communauté ?
- Estelle
Ah oui,oui, oui. Le blog, le podcast a déjà 2-3 ans.
- Laure
Donc tu crées le podcast après le blog, c'est ça ?
- Estelle
Quasiment en même temps. En fait le blog se crée et 4 mois après le podcast qui était des interviews audio en 2021 s'appelle podcast.
- Audrey
Le blog, c'est pareil, pour que les gens comprennent bien, c'est parce que les gens te posaient plein de questions. Sur les chiens, c'est ça ? C'était toujours les mêmes questions.
- Estelle
Et puis même sur les réseaux sociaux. Je leur disais, ah mais c'est bien, mais comment on fait pour devenir famille d'accueil ? Mais c'est pas trop dur de le laisser partir. C'est toujours les mêmes questions. Et j'ai pas envie, au bout d'un moment, j'en ai un peu ras-le-bol de devoir répondre sur mon mini-téléphone, en trois mots, sur les messages privés.
- Audrey
Ça peut servir à plus largement, effectivement, en le centralisant.
- Estelle
Au final, il est pas si alimenté que ça, le blog. Mais au final, c'est les podcasts qui l'animent.
- Audrey
Maintenant, c'est surtout le podcast qui l'a emporté.
- Estelle
Bah le podcast trouve son audience de niche, comme on peut le dire. Je joue à fond sur le mot parce que ça me va très bien. Et les gens sont assez surpris parce que au final, les familles d'accueil apprennent des choses sur les déficients visuels, les maîtres de chien guide. Et les maîtres de chien guide apprennent des choses sur les familles d'accueil.
- Laure
Donc ça enrichit les deux.
- Audrey
Franchement, on apprend plein de choses. Moi, ça m'a beaucoup intéressée. J'ai une mère qui est malvoyante. Mais ça m'a beaucoup intéressée d'aller voir Je me doutais que Famille d'accueil, c'était quand même un gros boulot, mais on l'entend bien quand on écoute les témoignages, on l'entend bien. Après, j'ai écouté aussi les témoignages d'autres gens qui avaient adopté des réformés et comme moi, parce qu'on a tous un parcours un peu différent. Vraiment, si vous êtes intéressé par la question et que vous vous dites que vous pourriez faire ça, allez écouter le podcast, c'est vraiment top.
- Estelle
Et puis même, moi, l'objectif du podcast, maintenant, j'ai trouvé le why il y a deux ans, il y a cinq ans. Vu qu'il s'est lancé tout seul, il a fallu chercher pourquoi je voulais le continuer, qu'est-ce qui me faisait vibrer. C'est vraiment que chacun trouve sa place dans cet univers. Et ça peut être une place, il n'y a pas de valeur à la place. Que tu sois famille d'accueil ou que tu fasses un don de 5 euros une fois par an, tu as ta place, tu connais et tu es petit ou grand ambassadeur.
- Audrey
Oui, ça c'est vrai parce que nous on le voit, moi je lui raconte systématiquement son histoire parce qu'au passage, effectivement, je parle des familles d'accueil .
- Estelle
Tu sensibilises les gens au sujet moi l'objectif c'est que les gens en bouche à oreille puis derrière ça déclenche des trucs les gens ils deviennent familles d'accueil j'ai essayé de mesurer un peu l'impact du podcast parce que c'est important pour moi aussi de me dire ça crée des choses et il y a des gens qui demandent des chens guides par exemple ou qui découvrent des choses moi aussi j'ai le droit d'en avoir un, je suis pas dans le noir je suis dans le blanc ça marche ? bah oui ça marche aussi Mais bon après, c'est un déclic. Il reste tout le cheminement à faire derrière. Et c'est tout à faire avec les écoles. Mais donc oui, le blog, à ce moment-là, il a déjà une bonne petite communauté. Et puis moi aussi, je m'essouffle un peu sur mes réseaux. Je me dis, mais comment ? J'essaye de me dire, j'aimerais que ça aille un tout petit peu plus loin, mais je ne sais pas trop comment. et je me dis, la formation... Elle va cocher la case pour la conseillère allaitement, pour moi, pour le futur.
- Audrey
Tu l'as fait, mais tu ne sais pas encore que ça deviendra un job réel.
- Laure
Mais tu sais que ça va te servir.
- Estelle
Je sais que ça va me servir, mais je ne sais pas encore si ça me servira dans un nouveau job en CDI, en agricole. Et à l'époque, je ne me dis pas que j'ance ma boîte, parce que ce n'est pas du tout prévu. C'est en mode, on verra bien.
Donc t'as ton bébé ouais je fais cette formation je déménage cette formation tu déménages alors qu'est-ce qui se passe ? et bien en plein milieu de cette formation j'ai une copine qui est chargée de com pour une école de commune musicale improvisée que je connais très bien parce que je connais très bien le fondateur et Chloé m'appelle en me disant Estelle j'ai besoin de me recentrer sur la musique sur mon activité de coach de vie. Et donc, je lâche la mission chargée de com, mais j'ai envie de donner un nom à Antoine pour qu'il soit... Est-ce que je peux donner ton nom ? Je lui dis, je suis en pleine formation. C'est génial ! Donc, le... la promesse de tu vas attraper tes premiers contrats en cours de formation se concrétise. Donc je reprends le poste qu'elle avait, elle, en freelance. Alors je n'ai pas de problématique d'auto-entreprise ou de quoi que ce soit parce qu'elle est créée, en fait, depuis 2022 pour absorber les éventuels sponsors de podcast. J'ai la structure micro-entreprise. Ça, c'est réglé. Elle a même déménagé avec moi, etc. J'avais tout fait les papiers. Et donc, Antoine m'appelle en me disant, bah écoute il paraît que t'es partante pour faire ça, que t'es en pleine formation et puis on s'entend très bien c'est vraiment quelqu'un qui est assez proche de moi et on se connait beaucoup surtout et donc je suis à Lyon il est à Paris, mais en fait on s'en fiche, et donc je commence Il me dit, on peut commencer en janvier 2024. Je fais, non mais attends, je ne commence pas le 1er janvier et je poste la première truc. J'ai besoin d'avoir des billes sur où tu en es dans ton activité. Je connais le principe. Et donc, on commence à bosser en décembre 2023 ensemble. On fait un demi-mois. en termes de contrat et puis vaille que vaille et on fait un bond énorme en 6 mois alors qu'on a l'impression que ça fait 3 ans qu'on travaille ensemble en 2024 ça fait que 1 an et demi que je travaille pour lui j'ai l'impression que j'ai toujours travaillé pour lui et c'est très fluide lui il est encore plus hyper actif que moi c'est un artiste qui fait beaucoup beaucoup de projets et moi l'objectif c'est que je sois et toi t'as quel statut à ce moment là ? En freelance.
- Laure
En freelance, ouais.
- Estelle
Ouais, bah la boîte...
- Laure
Et tu bosses à plein temps, t'as des...
- Estelle
Mais non,j'ai Octave !
- Laure
Ah ouais, d'accord. Donc c'est quoi ? Là,
- Estelle
il n'est pas à la crèche.
- Laure
Comment ça marche en fait ? C'est le gars qui te dit, c'est Antoine qui te dit, tu bosses 12 jours ce mois-ci.
- Estelle
Antoine, il me dit, c'est un contrat d'un jour par semaine, en gros 7 heures par semaine. Ok. Et moi, je lui dis, je suis ok, mais je ne pourrais pas te faire 7 heures d'affilée. et il me dit mais justement ça m'arrange l'activité c'est une école alors c'est pas un bâtiment avec des élèves, c'est de la formation pour adultes, donc il y a 3-4 niveaux de cours du soir pour adultes, plus des stages ponctuels, de la com un peu à faire et puis tous ces projets à lui à mettre en valeur selon si ça a un lien de près ou de loin avec cette activité de comédie musicale improvisée et Quand je lui dis, moi je ne peux pas te promettre de faire 7 heures d'affilée, il me dit, mais c'est parfait, moi j'ai besoin justement de quelqu'un qui puisse répondre aux élèves dans les 24-48 heures, s'il y a un problème, s'ils ont une question sur un cours. Donc on se dit, ben banco, moi je peux bosser pendant les siestes. Quand on s'est au téléphone, on commence tout juste à avoir une piste pour la crèche, mais en mode bouche-trou, tu vois. En mode... Et puis Octave ne dort pas très bien à l'époque, donc ils sont un peu frileux à le prendre pour la journée. Donc on se dit, moi non plus je ne dors pas très bien, parce qu'il ne fait pas encore ses nuits. Et bon, on règle rapidement tout ça. Et au final, on bosse. Ouais, on arrive à faire des trucs pas mal. Et en fait, moi c'est ma reprise d'activité. Je suis trop heureuse. Parce que déjà, j'adore ce job. D'ailleurs, la première journée de crèche où je dis, là c'est vraiment important. C'est parce que je dois monter à Paris pour faire la pseudo-passation et la soirée trimestrielle qu'on organise. Et là, j'ai dit à la crèche, il faut que vous le preniez. Je ne suis pas là. Et Clément, à l'époque, ne peut pas se permettre. Il aurait pu éventuellement prendre un congé, etc.
- Laure
Mais ce n'était pas le plus facile. Et là, tu envisages vraiment, tu vois ça comme un nouveau métier ?
- Estelle
Là, je me dis... Pour l'instant, je ne cherche pas d'autres contrats. Pour l'instant, j'ai Octave. On dépose un dossier pour une place en crèche à 4 jours par semaine parce que je me dis, ce petit bout, je l'ai eu pendant 2 ans dans les pattes, je ne peux pas le laisser 5 jours par semaine. Je pense que ça va me faire bizarre. Même si aujourd'hui, je me dis, j'aime bien quand il est les mercredis en plus à la crèche parce que j'ai plus de temps, tu vois. Mais ouais, je ne sais pas trop. Et à l'époque, pendant la formation, on bosse beaucoup sur notre cible. sur qu'est-ce qu'on veut apporter et à qui. Et moi, je me focus sur les chiens guides d'aveugles et les chiens d'assistance. Antoine, c'est une de mes fortes passions, donc j'ai aucun souci à travailler dedans et vraiment j'adore. Et surtout, j'ai été élève avec lui, donc je comprends tout ce qui se dit. Ça ne me demande pas, ça ne m'a pas demandé de changer.
- Laure
D'efforts pour comprendre le truc.
- Estelle
Non,je suivais sa nouvelle école depuis très longtemps et moi, j'ai pris des cours avec lui entre 2015 et 2022. J'ai eu zéro effort pour rentrer dans l'univers parce que j'y étais déjà. Et ça a été une grande force justement quand j'ai discuté avec les élèves. Je connais un peu la manière de parler d'Antoine. Je me fonds dans tout ça. Il y a des choses qu'on dit différemment selon les clients. Donc là, je me dis pendant le... Donc on commence à faire ça, je finis ma formation. Pendant ma formation, on bosse sur la cible. Et je me dis, c'est quand même les chiens guides d'aveugle mon truc. Donc je me dis, j'envoie un questionnaire. à toutes les écoles de chiens guides en disant comment je pourrais vous aider à appuyer votre com sur les réseaux sociaux. Donc j'envoie ça. J'ai pas mal de réponses.
- Laure
Il y a combien d'écoles en France ?
- Estelle
Il y a une dizaine d'écoles en France, mais du coup j'envoie aussi aux chiens d'assistance, comme handi chien, il y a d'autres types de chiens.
- Laure
Mais c'est des écoles privées, c'est des écoles publiques ?
- Estelle
Non, c'est des associations. On dit écoles, mais c'est que des associations loi 1901. Donc il y en a certaines qui me répondent en disant c'est trop cool ce que tu proposes de faire mais nous on a ce qu'il faut en interne Il y en a d'autres qui me disent, ouais, peut-être en fait. Et donc, tu vois, je commence à voir, mais j'avais mis, je crois, des barèmes de budget par mois. Et personne n'avait choisi le barème plus élevé qui me permettrait d'envisager de faire des contrats et de vivre de cette activité. Donc, je suis un peu en mode mitigé, je ne sais pas. Et on a une place en crèche pour septembre. Donc là, on sait ça au mois de mai. Et alors, j'ai le chômage entre temps. qui me permet quand même d'avoir une bonne sécurité financière. Et au moment où on a la place en crèche, je me dis, ben banco. Donc on a la place en mois de mai, qui est pour le mois de septembre. On a la réponse au mois d'août pour le mois de septembre. Juillet et août, je prospecte. Et septembre, je rentre des clients. Et puis l'objectif, à la fin du chômage, en décembre, de compléter au moins le chômage, voire plus.
- Laure
Parce qu'en fait, tu quittes la FNEC. Oui. C'est ça. donc tu fais quoi ?
- Estelle
une rupture conventionnelle qui te permet d'avoir un chômage tu fais la formation et mon cerveau redémarre après deux ans de maternité et c'est chaud quoi parce que du coup fin juin la chargeée com de la fondation Frédéric Gaillanne qui est une école de chien guide qui remet des chien guides à des enfants la seule qui remet en France et en Europe à des enfants mineurs aux 12 à 18 ans des chiens guides d'aveugle m'appelle en disant bah écoute je quitte le bateau donc je démissionne mais je redemande qu'on embauche quelqu'un spécifiquement qu'on prenne quelqu'un en freelance donc fais-moi un devis de community manager pour la fondation là je suis là genre c'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde quand à l'automne d'avant je pose la question de moi et je me dis c'est énorme C'est énorme et... Donc je fais ça et puis Antoine me dit, nous on va réduire parce qu'il y a moins de lignes de cours l'année prochaine, donc financièrement on réduit ton activité. Mais j'ai un contact qui est coach en business et entrepreneur qui a besoin de quelqu'un pour l'aider dans son activité. Donc écoute, t'appelles là et les deux contrats arrivent et les deux veulent commencer au 1er juillet. C'est assez incroyable comment ça s'est passé. Donc voilà, et donc entre juillet 2024 et... Mars 2025, je fonctionne avec mes trois clients à fond les ballons.
- Laure
Super ! On ne te pose pas la question traditionnelle, est-ce que ça a été un processus douloureux la réconversion ?
- Estelle
De se remettre au job ? Si, ça ouais. Moi je me souviens les premières semaines de septembre... Il fallait... 4 jours de crèche, c'est beaucoup pour un petit, il faut le gérer, il faut gérer le quotidien, il faut gérer les demandes des clients, et puis ça recommence à fond.
- Audrey
Ouais,c'est trouver son rythme avec la vie familiale et la vie...
- Estelle
Ouais, ouais, ouais, et après, avec toute la... souplesse et les contraintes que la vie de freelance apporte quand même. Parce que tu t'arrêtes de travailler pour aller chercher ton gosse ou le papa, parce qu'on est deux à bosser. On s'adapte tous les deux dans nos horaires. Mais le soir, tu rentres au travail. Le week-end, t'es un peu connectée pour les stories, les machins, les bidules. Mais en même temps, je suis contente de retourner dans ce milieu et d'être reconnue. Le podcast continue. Je lance un crowdfunding sur le podcast en octobre-novembre. Je me mets encore des... Des bons challenges, ça marche, donc voilà, plein de trucs comme ça. Ouais, je me suis un peu bien fatiguée l'automne 2004, pas été tout au repos, mais j'étais contente. Je l'ai fait en me disant, j'étais contente, vraiment, très contente.
- Laure
Et le métier que tu exerçais avant ne te manque pas ?
- Estelle
Non, absolument pas.
- Laure
Ni le cadre, ni la matière ?
- Estelle
Non, non, non. J'ai adoré, vraiment. J'ai vraiment adoré. Mais je savais que je ne referais pas la même chose. Après, ça se trouve, dans un an, je reprends un métier en CDI, on vient me chercher pour de l'agricole, et peut-être que je dis oui, j'en sais rien en fait. Et clairement...
- Laure
Tu n'as pas de plan pour le moment ? Oui, c'est ça.
- Audrey
La suite reste à écrire.
- Estelle
La suite reste à écrire.
- Audrey
Qu'est-ce que ça t'apporte de plus que ton ancienne vie, cette nouvelle vie ? Est-ce que c'est le rythme vie pro-vie perso ?
- Estelle
Est-ce que tu te sens plus alignée ? Déjà, il y a quelque chose que je n'ai pas dit, mais dans mon ancien travail, je m'en étais rendue compte au bout de deux ou trois ans seulement. Je ne comprenais pas toutes les personnes qui disaient qu'il fallait organiser son emploi du temps pour prévoir ses dossiers jour dans le jour, etc. J'arrivais pas à saisir pourquoi j'y arrivais pas, tu vois. Parce que, clairement, on était tout le temps en rush, il y avait tout le temps plein de dossiers, et j'avais l'habitude de dire que la seule chose que je faisais tous les jours, c'était allumer mon ordinateur et ouvrir mes mails, parce que c'était mon outil principal de travail, c'était quand même Outlook, tu vois, à l'époque. Et je passais pas plus de 15 minutes par tâche, parce qu'en fait, il y avait 15 000 dossiers à gérer, et c'était très difficile de dire, je consacre une heure, sauf quand je plongeais dans les fins fonds de la réglementation sanitaire où là, ça nécessitait un peu plus de temps. Mais bon, j'étais madame réglementation fermière, donc c'était pas un problème. Je savais tout sur le bout des doigts, chose que j'ai largement oubliée, ça, par exemple. Enfin, il y a peut-être des petits restes, mais j'ai plus les numéros et les articles en tête. Pour le coup, j'ai les principes. Mais j'ai plus tous les détails que je savais par cœur, etc. Mais je me suis rendue compte en discutant avec ma collègue qui faisait la même chose pour les éleveurs de vaches, avec qui je partageais du coup le bureau. que notre calendrier n'était pas dicté par nous. On était sans cesse invités pour représenter nos fédérations respectives, et donc nos éleveurs respectifs, au ministère, sur une réunion sanitaire d'un institut technique, au fin fond du Berry pour aller raconter, réexpliquer la dernière avancée de réglementation. Et vraiment, en fait... Tout mon calendrier annuel était dicté, le salon de l'agriculture, donc tu ne peux pas partir au ski ni la semaine d'avant, ni la semaine d'après, ni pendant le salon. Il y a plein de trucs comme ça, où au final, cet investissement et cet engagement que j'avais, j'ai adoré, mais pour le coup, c'était un peu compliqué. Je ne pouvais pas poser un congé du jour au lendemain pour dépanner mon frère. qui a besoin d'une voiture, qu'on l'emmène je sais pas où, ce genre de trucs. Chose que maintenant je peux faire. Sauf s'il y a une grosse urgence. Et puis s'il y a une urgence, j'ai mon téléphone avec moi et mon ordi au pire. J'ai pas toujours mon ordi, là il est là, mais je l'ai pas toujours sur mon dos. Mon téléphone sert à faire la majorité de mon boulot en ce moment. Mais ça, ça a été assez lourd de se rendre compte parce qu'en fait j'ai admis que j'avais pas la main sur mon calendrier. Et ça... Alors avec une vie de famille, je pense que ça aurait été pire. Mais ouais, c'est compliqué de te dire... Et j'ai vraiment fait des trucs très chelous en termes de déplacement, parce qu'en fait, t'es à Rennes le matin, et le soir même, t'es à Turin, parce que le lendemain, il faut que tu... Enfin tu vois, j'ai vraiment fait des trucs... Vous savez, mon bilan en carbone est revenu un peu plus... Même si je faisais beaucoup, beaucoup,
- Laure
beaucoup de travail. En train, j'imagine.
- Estelle
Ouais, alors par contre, le Paris-Turin, j'ai essayé en train, mais... Le retour, oui, mais pas l'aller. Je ne sais pas en termes d'horaire. Mais ouais, des fois, il fallait me suivre. Déjà que dans ma vie perso, il faut me suivre. Alors dans la vie pro, c'était un peu galère. Mais heureusement, on était deux et il n'y avait pas de bébé au milieu. Et clairement, je savais que je ne voulais pas ce rythme effréné-là. Pour moi, en tant que maman.
- Audrey
Est-ce qu'on peut dire que t'en as eu marre ou pas ?
- Estelle
Du rythme ? Oui, je pense que du rythme. Et puis du calendrier qui n'est pas décidé. T'acceptes les règles du jeu, tu vois.
- Audrey
Tu subis un peu, quoi, au bout d'un moment.
- Estelle
Ouais, et puis t'es essoufflée. Des fois, lundi, t'es en Bretagne. Le mardi, t'es dans le sud de la France. Le mercredi, tu dois être à Toulouse.
- Audrey
Ouais, t'as plus de jus au bout d'un moment.
- Estelle
Non, mais c'est très bien, tu vois. parce que le... éthiquement la mission était très louable et ça je la regrette pas du tout mais alors des fois ouais c'est usant et puis on va pas se mentir c'est pas la spécialité production animale dans le syndicat agricole qui gagne le plus non plus parce que c'est l'argent des éleveurs ouais on peut pas dire que c'est tu gagnes mieux dans une tour à la défense ouais que la FNEC oui donc toi par rapport à d'autres tu as rappelé pas ce sujet que ta reconversion peut-être te demandera un effort financier mon objectif quand je me suis reconvertie c'était d'avoir au moins ce que j'avais bon là quand j'avais 3 clients j'avais beaucoup plus donc là c'était bien là je me dis je vais peut-être pas reprendre de clients tout de suite donc on va voir, de nouveaux clients on va voir mais non après c'est un choix, on a changé de vie aussi, nos charges ont explosé parce qu'on a acheté une maison . On l'a choisi, tu vois, mais on n'a plus des charges de loyer, d'un appart de 40 mètres carrés en location. On a une belle maison avec un beau terrain et une belle piscine. Du coup, tu choisis. C'est des choix de vie, ça, j'en veux à personne. C'est des choix qu'on a fait à deux. Mais pendant dix ans, on était sur un rythme de vie, enfin un budget familial qui était tout petit, parce qu'on n'avait pas de bébé aussi, tu vois.
- Audrey
Oui,aussi.
- Estelle
Avec un gamin... Bien sûr. La crèche et tout, ça coûte un peu aussi. Mais bon, l'objectif aussi, quand j'ai repris, c'était que je gagne plus que ce que nous paye la crèche. Enfin, ce qu'on paye à la crèche, en tout cas. Bah oui, tant qu'à faire. On verra, parce que dans deux mois, j'ai plus de job, je sais rien, tu vois. Le statut de freelance, vu comme ça s'est arrêté avec une des clientes du jour au lendemain, tu peux...
- Audrey
Bah oui, avoir une chute de chiffre d'affaires. Bah oui, oui.
- Laure
C'est quoi tes projets ? plus que développer? Tu disais, je ne vais pas forcément reprendre de nouveaux clients tout de suite. Est-ce que justement, du coup, le projet, c'est toujours les chiens guides ?
- Estelle
Alors, j'ai repris un nouveau client, mais qui était déjà en préparation depuis le mois de décembre, mais qui est arrivé seulement maintenant. C'est un tout petit client, mais je suis hyper contente de les aider sur de la com. C'est une association de déficients visuels à Lyon qui bosse sur l'accessibilité. numérique, du bâti, de la culture et tout, mais vraiment lyonnaise, enfin grand Lyon, on va dire pas que Lyon même. Donc là je suis hyper contente parce que c'est là où je disais que j'avais fait beaucoup le parallèle avec les éleveurs de chèvres parce que eux, on les voit jamais en réalité. Et en plus, c'est pas qu'ils veulent pas qu'on les voit, c'est qu'en fait les photos, eux ils les voient pas donc tu vois, c'est assez intéressant comme je rends visible leurs actions qui sont pourtant pertinentes à bien des a bien des valeurs quand même pour les déficients visuels, tout ce qu'ils font c'est incroyable. Et puis là, je suis en échange avec 2-3 associations de chiens d'assistance pour rattraper pas un aussi gros contrat que ce que j'avais, parce que c'était vraiment pesant, mais un ou deux, ce serait pas mal. Et en termes de chien guide, bah écoute, on a des chiens guides de Lyon maintenant, donc ça c'est cool. Mais c'est fatiguant avec un bébé, donc on verra.
- Audrey
Est-ce que tu te vois continuer dans ce job ou tu te dis qu'il y a encore un autre qui t'attend ?
- Estelle
Bah pour l'instant, je suis trop heureuse de savoir toutes les coulisses de la fondation Frédéric Gaillanne. J'adore ! Non, non, c'est trop bien parce qu'en fait c'est un peu... en fait elle pourrait pas le faire sans moi parce que les chargées de com ont vraiment beaucoup de boulot donc sans freelance ça marcherait pas ou sans salarié en plus en bref sans personne en plus et c'est hyper intéressant parce que il y a des choses que moi je vois qu'elle elle voit pas sur les réseaux sociaux il y a des bénévoles qui font des actions des trucs comme ça du coup c'est moi qui dis hop on communique là dessus et elle fait ah mais je savais même pas qu'il y avait ça et en fait vu que je suis très très ancrée dans ce milieu des chien-guides et c'est pour ça aussi que ça me fait plaisir et que clairement c'est un gros avantage d'avoir été dans le milieu avant de rentrer en tant que community manager c'est que je demande direct aux bénévoles ils me connaissent c'est ça qui est facilitateur pour eux aussi, c'est qu'il y a des fois j'ai besoin d'une info tu vas la chercher en direct ils me connaissent, la plupart l'ont déjà vue ou écouter mes podcasts ils connaissent ma voix au moins Et c'est rigolo parce que la chargée de com' qui a été recrutée, elle connaissait rien au monde des chien-guides. Donc moi, c'est moi qui lui ai tout raconté. Alors elle fait super bien son job, hors réseaux sociaux, parce que moi, c'est pas du tout mon truc, tu vois. Donc c'est très bien, c'est très bien réparti. Mais du coup...
- Laure
T'as un réseau qu'elle n'a pas dans les chien-guides ?
- Estelle
Ben non, non, non, clairement. mais c'est intéressant c'est hyper intéressant et là tu vois ça va faire un an au mois de juillet qu'on bosse ensemble 10 mois de manière opérationnelle parce que j'ai pas posté avant le mois de septembre pour eux j'avais dit on a 2 mois quand même pour apprendre à se connaître, savoir ce que vous voulez vraiment faire de vos réseaux qui étaient ils étaient pas en jachère leurs réseaux parce qu'ils étaient quand même super jolis mais qui étaient plus en mode très belle photo de chien et moins de messages à impact et moins de partage de ce qui se passe vraiment au sein de la structure et c'est pas donné de... de connaître le milieu pour lequel on travaille en fait. Et ça, vraiment, c'est une énorme...
- Audrey
T'as un gain de temps, tu vas plus droit au but, plus dans le cœur du sujet.
- Estelle
Ouais, et puis là, je vois la communication de certaines écoles de chien guide, et des fois, je me dis, mais pourquoi ils parlent de ça ?
- Audrey
Ouais, tu vois tout de suite ce qui manque, ce que ça pourrait être. Mais non, c'est pas leur métier de base toi tu cumules les deux
- Estelle
c'est de très bon community managers parce que du coup ils ont des superbes idées mais ça tombe parfois un petit peu à côté du sujet et de qu'est-ce qu'on veut vraiment dire bon après là nous on va remettre cartes sur table au bout d'un an en disant bon est-ce que c'est ok pas en termes de on continue les missions parce qu'on continue jusqu'à décembre dans tous les cas a priori mais est-ce que Est-ce qu'on continue sur le même créneau de communication ? Est-ce qu'il y a des choses à mettre en place que vous voulez plus mettre en valeur ci ou ça ? Vous cherchez plus de trucs ? Mais c'est vrai que quand tu connais l'univers comme ça... Et les gens, c'est intéressant. Quand ils parlent avec moi, ils n'ont pas besoin de faire de la vulgarisation.
- Audrey
Oui, tu connais déjà. Du coup,
- Estelle
tu gagnes déjà un temps de fou. L'apprentissage mutuel, c'est ça qui prend du temps. Parce que quelqu'un qui a des compétences de community manager, ce n'est pas de faire des posts qui lui prend du temps.
- Audrey
Non, c'est de connaître la matière, la découvrir, la travailler. De savoir ce que tu veux faire savoir. Et savoir ce que les gens veulent entendre aussi, ou lire.
- Laure
Et si c'était à refaire ?
- Estelle
Franchement, les planètes se sont alignées, donc si c'était à refaire, je ne sais pas si elles seraient aussi alignées. Mais franchement, je pense que si c'était à refaire, j'aurais été encore plus ambitieuse sur le fait que... Je peux être community manager pour une école de chiens guides. Parce que quand ça m'est tombé dessus, j'étais là, waouh, c'est possible, tu vois. Et en fait, longtemps avec le podcast, j'ai eu ce sentiment d'illégitimité , tu vois, quand j'ai commencé, j'ai un peu sponsorisé le podcast au début de l'année dernière. Et j'étais là, mais pourquoi moi ? Je recevrai de l'argent alors que c'est les écoles qu'on a besoin pour former des chiens. Et j'ai vraiment mis du temps, enfin donc j'ai sponsorisé il y a un an, pour deux fois trois mois auprès d'associations de chiens guides, donc je suis restée dans le milieu quand même. Mais j'ai mis du temps, tu vois le podcast il avait quatre ans, alors que j'aurais pu le faire plus tôt. Mais j'ai mis du temps à accepter de moi recevoir de l'argent pour cette cause. qui en fait n'allait pas à l'éducation des chien-guides et en fait c'est en en parlant et avec des gens autour de moi qui me disaient tu te rends pas compte si t'avais pas été là moi j'aurais même pas su que j'aurais pu être famille d'accueil enfin vraiment il y a des gens qui ont eu des forts impacts et je me dis ouais bah en fait c'est du taf et en fait ça a une valeur donc ouais
- Audrey
Et pour finir, chère Estelle, si tu avais un conseil, une ressource à partager pour ceux qui souhaiteraient se reconvertir ?
- Estelle
De suivre un peu ses instincts, je pense que ça aide beaucoup. Et de se mettre des deadlines. Moi, c'est quelque chose qui m'aide beaucoup dans mes projets. Des fois, elles sont devancées par les opportunités. Mais ça aide de se dire... Et puis même dans la vie de famille et la vie de couple, ça aide beaucoup de se dire, je fais ça jusqu'à là. Et si ça ne marche pas, je change de cap. Quand on a décidé de rester à Paris, j'avais dit 6 mois. Et si dans 6 mois, je ne trouve pas, on déménage. On cherche ailleurs. Et je fais assez souvent ça. Et je trouve que c'est payant parce que ça permet de ne pas s'épuiser, de dire, ah ouais, il faudrait peut-être que je le fasse. Et de se mettre des caps, moi, ça m'aide à ne rien faire jusqu'au cap qui commence.
- Audrey
Et puis, taprès d'y aller
- Estelle
jusqu'à ce que le cap soit terminé, même si les choses arrivent un peu avant. Mais ça, ça m'aide beaucoup.
- Audrey
Merci beaucoup d'avoir partagé ton histoire. Allez écouter le podcast d'Estelle, futur chien guide.
- Laure
On mettra le lien, bien sûr.
- Audrey
J'espère bien. Et comment ?
- Estelle
Avec Thor aussi.
- Audrey
Avec Thor, ouais. Qui lui-même a opéré une reconversion.
- Estelle
Faut l'interviewer, moi je te le dis.
- Audrey
Tu pourrais faire la trad. Merci beaucoup, Estelle. Merci. Nous espérons que vous avez apprécié ce moment autant que nous.
- Laure
Si vous avez aimé l'épisode, abonnez-vous. Et n'hésitez pas à laisser une note positive et un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée.
- Audrey
Et parlez-en autour de vous.
- Laure
Et si vous souhaitez partager votre histoire de reconversion,
- Audrey
écrivez-nous.
- Laure
Merci pour votre écoute.
- Audrey
Et à très bientôt pour un nouvel épisode.