- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast « Je me voyais déjà » . Chaque mois, je vais mettre en lumière l'histoire passionnante de femmes et d'hommes travaillant dans l'ombre des industries culturelles et créatives. Avec mes invités, vous découvrirez comment ils en sont arrivés là. Des parcours captivants, des histoires insolites. En bref, des chemins de vie au service de l'émotion que nous, publics, recevons grâce à eux. Retrouvons-nous tous les premiers jeudis du mois. Je suis Marilyn Maigrat, dirigeante du cabinet Unique Conseil. expert dans le recrutement des industries culturelles et créatives. Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, pour ce nouvel épisode de Je me voyais déjà, je suis très heureuse de recevoir Daria Moudrou-Yobova, secrétaire générale déléguée à la communication, marketing et développement des publics au sein d'ERDA, structure qui accompagne notamment Insula Orchestra et Accentus à la scène musicale. dans l'univers de la musique classique. Daria fait partie de ces professionnels qui contribuent à faire rayonner les projets artistiques et à créer la rencontre entre les œuvres et leur public. À travers la communication, le marketing et le développement des publics, son métier participe directement à la visibilité et la réussite des productions musicales. Et pourtant, ses fonctions restent encore peu connues du grand public. Daria, merci infiniment d'avoir accepté mon invitation. Je suis très heureuse d'avoir l'occasion de vous accueillir et de faire découvrir à nos auditeurs les nombreuses facettes de votre métier. Daria, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation et de prendre ce temps pour partager votre parcours avec nous. Je suis ravie de vous accueillir. Alors pour commencer, j'ai envie de revenir au tout début de votre histoire. Pour savoir, Daria, quel était ce métier que vous rêviez de faire lorsque vous étiez enfant ? Comme dans la chanson de Charles Aznavour, je me voyais déjà. C'était quoi le métier de vos rêves ?
- Speaker #1
Petite, je voulais être ballerine. Alors, en Russie, où j'habitais à l'époque, la danse est très vite professionnalisante. Donc, on vous dit assez rapidement si vous n'avez pas le corps ou la technique. Et donc, j'ai assez rapidement arrêté. J'ai ensuite fait du piano et de l'écriture. Et plus tard, quand je savais déjà écrire, je m'amusais à éditer un journal pour un monde imaginaire. Je leur inventais la météo, les faits divers, une petite intrigue policière. Et donc curieusement, aujourd'hui, je travaille un petit peu à l'intersection de ces deux mondes, entre l'artistique et on va dire un poste qui ressemble à un rédacteur en chef, presque plus qu'un journaliste.
- Speaker #0
Donc la culture a toujours fait partie, je dirais, dans cette volonté. artistique au départ de votre ADN et la construction de celle que vous êtes devenue aujourd'hui dans vos responsabilités actuelles, mais aussi dans votre parcours.
- Speaker #1
Oui, je pense. Disons que vu ma famille et vu la ville dans laquelle je suis née, je pense que ce n'est pas possible de s'imaginer en dehors de la culture. Ma mère est diplômée du conservatoire de Saint-Pétersbourg, mon père est architecte, il était peintre aussi à l'époque. Donc même si Douy n'aimait pas du tout la musique, j'ai quand même été traînée à un certain nombre de concerts. Je pense que ma mère avait tenu à ce que je naisse un tout petit peu plus tard que prévu pour qu'elle puisse aller au concert de Grégory Sokolov. Donc je pense que c'était la dernière chose que j'avais entendue avant de naître. Et mon premier casse-masette, c'était à deux ans et demi, je pense. Je pense qu'à l'époque, ce qui m'avait le plus étonnée, ce n'était pas comment les ballerines faisaient pour tenir sur les pointes, c'était... Comment elles font pour ne pas parler pendant trois heures ? Ça, c'est le côté communication.
- Speaker #0
C'est un autre regard, effectivement. Alors, comment on passe justement de cette chambre d'enfant, si vous me permettez l'expression, avec ses rêves, cette volonté de devenir danseuse au départ, les contraintes liées aussi à ces métiers de danseur, que ce soit dans des ballets ou dans d'autres formations, ce monde imaginaire que vous avez créé justement ? Quels ont été les choix que vous avez faits ? Justement, ça s'est imposé à vous, je dirais, cette envie de travailler dans la communication. Quand vous avez suivi des études particulières, quel a été votre parcours et votre histoire, je dirais, après que vous ayez fait ces premiers choix de vous orienter vers cette voie ?
- Speaker #1
Disons que ce n'est pas un chemin linéaire comme on peut l'imaginer aujourd'hui. Je peux vous tirer des fils blancs et des fils rouges, mais il y en a plein qui partent sur les côtés. Et je pense comme tout le monde, à 18 ans, on ne sait absolument pas ce que l'on veut faire, sauf les 5% des plus chanceux, des génies, voilà. Et j'ai fait des études de philologie, qui est une sorte de linguistique historique, au tout début. Je suis venue étudier en France. Et curieusement, c'est en arrivant en France que... J'ai réalisé que c'est peut-être bien dans la culture finalement que j'allais travailler, parce qu'en arrivant, j'ai réalisé que l'opéra qui est en Russie est un genre comme un autre. Les gens écoutent de la musique classique à la radio, connaissent quelques airs, beaucoup ont fait de la musique quand ils étaient enfants. Ce n'est pas anormal de faire un premier date à l'opéra. Et en arrivant en France, je me rends compte que c'est... considéré comme quelque chose d'inaccessible, d'élitiste. À la limite, j'avais un manteau de vision imaginaire sur les épaules si je disais que j'aimais l'opéra. Et c'était un vrai étonnement de ma part. C'est là-dessus que j'ai commencé à creuser.
- Speaker #0
D'accord. Donc, cette première voie s'est ouverte à vous quand vous êtes arrivée en France. Si ce n'est pas indiscret, à quel âge êtes-vous arrivée en France ?
- Speaker #1
J'avais 18 ans.
- Speaker #0
Vous aviez 18 ans. Donc là, une première vision de la France à travers ce que vous venez d'évoquer. Il y a eu quoi ? Il y a eu des études, comme vous venez de l'évoquer. Et après ces études-là, est-ce qu'il y a eu des études plus poussées de votre côté ? Et après, comment vous êtes rentrée dans le monde professionnel après ces expériences ?
- Speaker #1
Mes études, c'était dès le départ de la communication. Parce que j'avais quand même en tête ce côté soit journalisme, soit interprète à l'ONU, des choses un petit peu comme ça. L'interprète à l'ONU, je pense que je ne l'ai jamais poursuivi parce que je savais déjà que j'avais envie de... plus que traduire les paroles de quelqu'un sans ajouter mon grain de sel. Voilà.
- Speaker #0
Mettre votre pâte.
- Speaker #1
Exactement. Et en même temps, je savais très bien que je n'allais pas être complètement de l'autre côté, c'est-à-dire artiste. Donc, je voyais que je voulais être quelque part entre les deux, sauf que comme on connaît assez mal les métiers entre les deux, ça prend un petit peu de temps. Mais les études, c'était de la communication, médiation culturelle. Je suis partie faire un Erasmus à Milan pendant un an. qui lui était beaucoup plus axé sur le langage télévisuel, la publicité, la psychologie de la publicité, des choses comme ça. Et j'avais adoré cette année en Italie. Et par la suite, j'ai fait un master à Sciences Po dans le management des équipements culturels.
- Speaker #0
Daria, si on revient, vous revenez d'Erasmus. À ce moment-là, une vision, une envie de pouvoir poursuivre, bien sûr. Ces expériences Erasmus sont souvent très riches. Qu'est-ce qui s'est passé juste après ?
- Speaker #1
Je suis rentrée à Sciences Po en master de management des équipements culturels. Et parallèlement à ça, via deux intervenants de ce cursus à Sciences Po, j'ai obtenu les deux premières portes d'entrée dans le domaine de la culture. Le premier, c'était Richard Marté à Opéra Magazine, qui m'a proposé d'écrire des critiques pour Opéra Magazine. Et la deuxième, c'était Hervé Leguillou, qui travaillait dans une grande agence qui représente des chanteurs d'opéra. qui m'a proposé un stage et puis un contrat un petit peu plus long. Et c'est là que j'ai découvert l'envers du décor et les gens qui travaillent autour justement des métiers d'artiste.
- Speaker #0
Donc ça a été la première réelle expérience, justement, immersive, si vous me permettez l'expression, et professionnalisante pour vous, après vos études. Et c'est ce qui vous a ouvert la porte ensuite sur les autres opportunités sur lesquelles vous vous êtes positionnée.
- Speaker #1
Tout à fait. Ce sont vraiment des fils que l'on tire et effectivement, les rencontres, on en parlait tout à l'heure, sont très importantes dans ce domaine parce que ce sont des gens passionnés, qu'on passe beaucoup de temps ensemble et qu'en dehors de vos compétences, effectivement, le fait de parler italien m'avait beaucoup aidé. En dehors de vos compétences, le feeling est très important et que ce sont des gens, c'est un petit monde que l'on retrouve ensuite pratiquement toute notre vie.
- Speaker #0
Ok. Donc... Cette expérience vous a apporté, comme vous le disiez également, dans cette première prise de contact, je dirais, avec le monde professionnel, avec les rencontres humaines et professionnelles que vous y avez faites. Quel a été votre parcours par la suite ?
- Speaker #1
J'ai fait un détour pour terminer mon master par la Commission européenne dans le programme média qui s'appelle aujourd'hui Europe créative, davantage sur le côté cinéma. Et via ce côté cinéma et vidéo à la demande, j'en étais venue à travailler dans le marketing, mais vraiment de produits numériques, quelque chose de relativement éloigné de la culture. Et c'est justement cet agent avec qui j'avais adoré travailler qui m'a appelée en disant le Théâtre des Champs-Élysées a un nouveau directeur. Je lui ai parlé de toi, il est en train de chercher une assistante.
- Speaker #0
Encore une fois, le travail fourni auparavant et le réseau que vous avez construit vous a permis d'accéder à cette opportunité. porte d'entrée. Le reste, c'est vous qui l'avez fait, je dirais, dans cette rencontre. Donc, vous êtes rentrée sur ce poste d'assistante, justement, au départ. Quelles étaient, à l'époque, vos missions et responsabilités ? Bien sûr, elles ont évolué, mais je veux bien qu'on reparte de là où vous avez démarré au Théâtre des Champs-Élysées et quelle a été l'évolution que vous avez eue sur ce poste ?
- Speaker #1
J'étais à la fois assistante du directeur général et assistante de production. Je me occupais de l'accueil de certains concerts, certains orchestres. Et puis par la suite, la partie production a évolué jusqu'à englober, par exemple, la gestion du chœur des figurants, des enfants dans les opéras, les opéras jeunes publics. Et jusqu'à un petit point pivot qui m'a fait basculer dans la communication déjà. au Théâtre des Champs-Élysées. D'accord.
- Speaker #0
Donc, on démarre, je dirais, sur quelque chose de très opérationnel, de très terrain dans ce lieu prestigieux. Votre travail permettant, effectivement, de réaliser sur ces aspects de production tous les éléments, effectivement, que vous venez de nous expliquer. Et c'est à ce moment-là, donc, ce que vous dites, c'est qu'il y a eu cette espèce de bascule aussi vers ce que vous aviez imaginé, je dirais, travailler dans la communication. Comment ça s'est passé ? Quelles ont été vos responsabilités à ce moment-là ? et l'évolution aussi que vous avez pu en avoir ?
- Speaker #1
Il y avait un petit gap entre les besoins du service mécénat, qui cherche des mécènes pour des productions d'opéra qui vont se dérouler dans deux ans, trois ans, quatre ans parfois, et le service communication, qui lui travaille souvent sur des spectacles qui ont lieu dans deux, trois mois, six mois. Et il s'est trouvé que j'avais la capacité, justement je connaissais à la fois les projets des opéras en devenir, Certains artistes, je leur avais déjà parlé via le métier de la production et d'assistante du directeur. Je m'occupais aussi des auditions et j'ai pu les traduire dans des dossiers de mécénat, justement en direction. La question, c'était comment présenter une œuvre, une vision de metteur en scène à des gens dont la musique n'est pas le métier. Et lorsque j'ai commencé à faire ça, par la suite, le service qui s'appelle Editions et Multimédia, s'est réorganisée et deux personnes, une qui avait commencé à travailler sur les réseaux sociaux au sein d'un autre service et moi-même, l'avons intégrée.
- Speaker #0
D'accord, donc une expérience, je dirais, comme souvent dans les métiers de la culture, très polyvalente. Beaucoup de polyvalence effectivement dans ces métiers-là. Le fait de désacraliser, démocratiser, je dirais aussi, et parler au plus grand, je dirais, pour faire passer les messages, c'est tout l'objectif aussi des métiers de la communication, c'est de s'adresser. au plus grand nombre, que ce soit sur du B2B ou du B2C, comme on l'appelle. Donc, cette expérience a été riche pour vous, une première vraie expérience dans un lieu assez incroyable. Comment cette expérience, comment vous l'avez vécue, je dirais, puisque vous y êtes restée, je crois, quasiment six années, si je ne me trompe pas ?
- Speaker #1
Au Théâtre des Champs-Élysées, en tout, je crois, onze ou douze ans. Pardon, il y a eu de l'expérience. Mais à ce poste-là, je suis restée effectivement peut-être... quatre ou cinq ans, et puis par la CIDE dans la communication. Mais là encore, j'avais changé de responsabilité entre temps. Donc en fait, je pense que j'ai eu trois, quatre postes différents au Théâtre des Champs-Élysées.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'ai observé dans votre parcours. Cette expérience s'est arrêtée en 2023, si je ne me trompe pas. Vous avez pris des nouvelles responsabilités là où nous parlons aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez nous parler justement ? de cette évolution de vos responsabilités, de là où vous êtes, nous parler de votre structure. C'est toujours très intéressant pour nos auditeurs de comprendre aussi, bien sûr, au-delà d'un titre, je dirais, mais l'organisation qu'il y a derrière. Et aujourd'hui, je dirais, quel est le scope de vos responsabilités, le champ de vos responsabilités, et qu'est-ce qui peut être différent de ce que vous avez connu auparavant ? Ça fait beaucoup de questions, j'en conviens. Démarrons par... par la base.
- Speaker #1
Démarrons par le résumé de mon métier. Mon métier, c'est de trouver les gens qui peuvent être potentiellement touchés par une œuvre et de leur faire parvenir l'information sur un concert, un spectacle, un artiste. Et tout simplement, m'assurer que les artistes ne jouent pas devant une salle vide. Ça, c'est l'objectif. Et cet objectif, on peut y contribuer à des niveaux différents et à des postes différents. Il se fait que là, le mien... englobe la communication, le marketing, le développement des publics, la billetterie et l'accueil. L'accueil, c'est-à-dire que l'objectif second, c'est que les gens qu'on a attirés avec cette promesse d'une belle soirée reviennent, passent effectivement une bonne soirée et reviennent. Et ce sont donc autant de leviers sur lesquels on peut appuyer avec l'équipe pour créer finalement une audience. pour une salle, la scène musicale, où Insula Orchestra est résident et où nous produisons également la saison artistes invités. C'est une salle qui est très nouvelle, dans le sens où elle va fêter ses 10 ans en avril prochain. celui-ci dans un an. Elle a été fondée en 2017, donc deux ans avant le Covid, à peine eu le temps de s'installer et a dû un peu tout reprendre en 2021. Donc finalement, c'est en plus une salle qui est située dans un coin à côté de Paris, à Boulogne, où le public auparavant n'avait pas accès facile à des salles de concerts classiques qui se situent toutes rive droite. Et donc c'est un challenge, c'est un défi passionnant, parce qu'on va parler à des gens qui sont... potentiellement mélomanes, mais pas des gens qui vont sortir toutes les semaines voir des concerts, et qui habitent en couronne parisienne, par exemple, dans le département 92, et dans le sud parisien, parce que... Oui,
- Speaker #0
oui, après, effectivement, la localisation de la scène musicale, comme vous l'évoquiez, par rapport à d'autres salles parisiennes, n'est pas forcément une chose toujours aisée, mais la cible justement... Quelle est, selon vous, je dirais, la force de la scène musicale par rapport peut-être à d'autres endroits, comme on parlait tout à l'heure des différents opéras ? Quelle peut être effectivement la différence ou la force de la scène musicale par rapport à ça ?
- Speaker #1
La particularité de la scène musicale, et c'est aussi sans doute sa force, c'est qu'elle a été d'emblée pensée comme un lieu pour toutes les musiques. Il y a trois salles, donc la grande scène qui accueille 4-5 000 personnes. Et jusqu'à 7000, si la fosse est debout, qui peut accueillir des concerts de rap, de pop, des comédies musicales. Il y a l'auditorium, qui est une salle circulaire, un petit peu comme la salle de la Philharmonie et de l'auditorium de Radio France, qui est dans la boule en verre, et une toute petite salle pour 200 personnes, où nous, nous produisons parfois des spectacles jeunes publics ou de musique de chambre. Donc, il y a vraiment une proposition plurielle, dès le départ. Ce qui nous permet de faire découvrir le bâtiment à des gens qui peut-être n'ont pas été touchés par la musique classique auparavant, qui viennent pour complètement autre chose. En tout cas, ça, c'est le pari de la scène musicale.
- Speaker #0
Ok. Écoutez, en tout cas, c'est vrai que la proposition qui est faite par la scène musicale et particulièrement, effectivement, par la structure sur laquelle vous occupez ce poste de délégué à la communication, au marketing et au développement des publics, un titre très long, mettons. C'est effectivement une proposition qui est très intéressante et très diversifiée. Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu plus justement de Herda, justement telle que c'est présenté, parce que tout le monde ne connaît pas Herda. On a effectivement un Sula Orchestra, on a effectivement cette proposition sur les saisons qui sont proposées effectivement à la scène musicale. Parlez-nous un peu de tout ça, de Laurence Equibé. et de l'organisation. Et pour nos auditeurs qui ne vous connaissent pas, on est dans une grande entreprise, on est dans une société à taille humaine par rapport à votre environnement ?
- Speaker #1
On est dans une petite galaxie de filiales, je dirais. C'est une galaxie. L'ombrelle qui l'a réunie, effectivement, c'est Laurence Equilbé. Et ce sont des projets, Herda accueille des projets qui ont été fondés, imaginés par Laurence Equilbé. Et ça commence avec le Chœur Accentus qui a plus que 30 ans, avec l'orchestre. Insula Orchestra, qui a 10 ans, 12 ans, mais aussi le Centre de documentation sur la musique vocale, où on se trouve là actuellement. Récemment, Insula Camerata, qui est une académie d'insertion professionnelle pour jeunes musiciens. Voilà, il y a une multitude de projets, je ne vais pas tous vous les citer, mais ils sont à la fois B2B, c'est-à-dire vraiment destinés à des musiciens, à des professionnels de la culture, et à la fois grand public. avec la production de concerts et la communication.
- Speaker #0
Parfait, merci pour tout ça. Dans ce rôle qui est le vôtre, bien sûr, l'objectif c'est d'attirer les publics, comme vous disiez, que les artistes aient un public devant eux, que les spectateurs soient satisfaits. Est-ce qu'il y a, parce que quand on parle de communication et marketing, on ne voit forcément que ça. Est-ce que les sujets liés à la partie, quel conseil vous donneriez justement à nos auditeurs sur Vous avez quand même des budgets qui sont assez conséquents, j'imagine, à gérer par rapport à ça. On doit être aussi gestionnaire dans ces fonctions-là ?
- Speaker #1
Oui, oui. De toute façon, je pense qu'il y a très peu de métiers où vous pouvez accéder à un poste à responsabilité sans toucher aux chiffres. Ça me paraît très peu possible dans des métiers administratifs, j'entends. parce que justement les budgets, le pilotage des budgets vous permet de structurer votre vision stratégique de la communication d'où on va des secteurs qui prennent de l'importance ou en ont moins entre La publicité dans les médias et dans la presse écrite, entre l'influence, est-ce que vous faites pari des réseaux sociaux ? Tout ceci se retrouve dans les chiffres et disons qu'on en a peur au début. C'est très classique pour les profils culturels parce qu'on ne l'apprend pas en dehors du Master à Paris Dauphine qui est très ciblé production-budget. Il y en a relativement peu qui vous l'enseignent. Ou alors de très haut, c'est-à-dire qu'on va vous parler de la LOLF, le côté institutionnel des financements de la culture. Il y a ça. Mais en revanche, à votre poste, comment gérer un budget et ne pas avoir peur en ouvrant votre Excel avec 10 onglets ? Il n'y a pas vraiment de formation où on vous donne un petit budget fictif et où on vous fait faire des choses.
- Speaker #0
On n'imagine pas quand on suit une formation, en tout cas. Dans la projection, si on revient quelques années en arrière, je dirais quand vous avez démarré, on voit communication et marketing, c'est souvent ce qui revient dans nos échanges avec nos candidats justement, c'est de pouvoir effectivement avoir envie, et ça amène à ma question juste après, on voit effectivement je dirais la passion et l'envie qu'on a de travailler pour cet environnement, mais on n'imagine pas forcément toujours ce qu'il y a derrière, et pardon même si on dit souvent que c'est un vilain mot dans la... dans la culture, mais la rentabilité qu'il doit y avoir aussi, justement, quand on produit un spectacle, quand un public vient, tous les aspects liés à la billetterie et tout ça. Donc, j'en viens à ma prochaine et quasiment dernière question, Daria. Sur ces aspects, on parle beaucoup d'environnement passion. Et je voudrais avoir votre sentiment, justement, parce que la passion doit nous guider, mais elle ne fait pas tout. En tout cas, c'est ce qui revient beaucoup dans... dans nos échanges avec les professionnels du secteur. Quel est votre sentiment par rapport justement à ce terme de métier passion ? Et pour vous, ça veut dire quoi concrètement ?
- Speaker #1
On parle beaucoup de métier passion. Je pense qu'il faut être lucide sur ce que ça veut dire. Ça ne veut pas dire qu'on adore tout ce qu'on fait. Il y a dans la culture aussi des tâches administratives, répétitives, parfois ingrates. Et il peut arriver qu'il n'y ait dans votre journée qu'une heure qui soit vraiment passionnante. Ce qui est très particulier dans la culture, je pense, c'est l'écart entre votre heure la plus passionnante et celle la plus ennuyeuse. Je pense que cet écart est beaucoup plus réduit dans les autres secteurs. Donc, il faut savoir le gérer. Et un autre point, c'est la question des rémunérations. Je pense qu'il faut en être conscient. entre 30 et 50 % plus basse que dans le privé. Je pense que c'est un point particulièrement sensible pour des positions junior. Et disons qu'il faut peut-être le considérer comme un prix que l'on paye chaque année pour faire un métier qui a du sens pour vous. Pour moi, un métier passion, c'est un métier qui correspond profondément à vos valeurs. C'est ça un métier passion. Moi, par exemple, je n'imagine pas qu'il y ait des générations qui grandissent sans avoir eu accès, après on peut discuter sur ce que « accès » veut dire, à la culture, au patrimoine, à l'histoire. Et donc, le fait d'y contribuer, ne serait-ce que modestement, c'est ça qui fait le sens de mi-journée.
- Speaker #0
C'est donner, comme vous le disiez, du sens entre ce que l'on est, ce que l'on aime et... aussi ce que l'on fait dans notre quotidien, mais en ayant la lucidité, comme vous le disiez, que la passion ne fait pas tout et qu'il y a, comme dans tout métier, j'irais aussi des avantages et des contraintes. À ce propos, justement, Daria, ça sera quasiment notre dernière question. Si un de nos auditeurs qui nous écoute là aujourd'hui se dit, j'ai écouté le parcours de Daria, j'ai aimé son chemin de vie, son chemin professionnel par rapport à ça. Quel conseil vous donneriez à quelqu'un qui pourrait écouter votre histoire, qui est cette jeune fille ou ce jeune homme ou peu importe, celui qu'il a été soit dans cette chambre d'enfants ou dans cette évolution que vous avez eue, et qui se dit, moi j'aimerais bien effectivement devenir, en tout cas, ce que Daria est devenue aujourd'hui avec tout ce qu'elle a pu y découvrir. Quel conseil vous pourriez donner à quelqu'un qui nous écoute ?
- Speaker #1
Je dirais trois choses. Tout d'abord, soyez curieux. Quand vous réussissez à rentrer en stage, par exemple, dans une institution culturelle, intéressez-vous à elle, à tout ce qui est autour, comment elle est financée, sur quoi travaillent les autres services. Ça, c'est vraiment primordial. La deuxième, c'est apprenez à accepter les critiques. Il faut sortir à un moment de cet esprit scolaire, académique que nous avons tous. de se justifier plus que d'apprendre de ce que l'on vous dit. C'est parfaitement normal de faire des erreurs quand on commence. Il faut les faire. L'important, c'est d'apprendre vite à ne plus en faire, ne plus faire les mêmes erreurs. C'est ça qui est important. Ce n'est pas d'être parfait d'un bout à l'autre. Et la troisième chose, développer des compétences techniques. Parce que si l'on vous embauche dans la culture, on ne vous... on ne vous embauche pas parce que vous aimez la culture. On vous embauche parce que vous pouvez faire quelque chose d'utile pour elle. Donc compétences techniques, relationnelles, en plus de la passion.
- Speaker #0
Donc être curieux, se nourrir des critiques, qu'elles soient positives ou les axes d'amélioration qu'on doit avoir, se remettre en question et donc se poncher, je dirais. amène, je dirais, à se construire. Et comme vous le disiez, personne n'est parfait. À tout âge, on apprend que l'on est 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans ou plus. On apprend tous les jours effectivement dans nos métiers et des gens qui nous entourent en tout cas. Daria, on arrive à la fin de cette interview. Merci beaucoup de nous avoir accordé ce temps. Je suis ravi de vous avoir invité. Et à très bientôt. Merci Daria. Au revoir.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour votre écoute. J'espère que vous avez apprécié ce nouvel épisode et que le... portrait du moins vous aura donné envie d'en découvrir d'autres. Si c'est le cas, pensez à vous abonner au podcast, à laisser un avis ou tout simplement partager l'épisode autour de vous. On se retrouve dès le mois prochain avec un nouvel invité et d'ici là, prenez soin de vous !