- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Je me voyais déjà. Chaque mois, je vais mettre en lumière l'histoire passionnante de femmes et d'hommes travaillant dans l'ombre des industries culturelles et créatives. Avec mes invités, vous découvrirez comment ils en sont arrivés là. Des parcours captivants, des histoires insolites. En bref, des chemins de vie au service de l'émotion que nous, publics, recevons grâce à eux. Retrouvons-nous tous les premiers jeudis du mois. Je suis Marilyn Maigrat, dirigeante du cabinet Unique Conseil. expert dans le recrutement des industries culturelles et créatives. Bonjour à tous et à toutes. Aujourd'hui, pour ce nouvel épisode de Je me voyais déjà, je suis très heureuse de recevoir Olivier Lazzarini, qui est directeur commercial et marketing chez Stage Entertainment France. Olivier, c'est celui qui est derrière votre envie de réserver un billet pour assister à une comédie musicale, par exemple. Il est avec son équipe l'artisan de la réussite commerciale d'un spectacle sur une ou plusieurs saisons. Et pourtant, c'est un métier peu connu du grand public. Olivier, merci infiniment d'avoir accepté mon invitation. Je suis très heureuse d'avoir l'occasion de t'accueillir et de découvrir avec nos auditeurs les nombreuses facettes de ton métier. Si on revient au début de l'histoire, cher Olivier, c'était quoi le métier de tes rêves quand tu étais petit, celui où tu te voyais déjà ?
- Speaker #1
Eh bien, je me destinais à être professeur d'histoire. Oui, parce que j'ai toujours été passionné d'histoire. Alors, d'histoire avec un grand H et d'histoire avec un petit H et beaucoup de S. Et j'ai tout fait pour devenir professeur d'histoire. Ça m'a tenu pratiquement jusqu'à l'âge de 22 ans.
- Speaker #0
Incroyable. Et pourquoi ne pas avoir réalisé ton rêve, justement ?
- Speaker #1
Un voyage aux Etats-Unis m'a convaincu que l'histoire appartenait au passé et que mon avenir était plutôt devant moi, comme disait Pierre Dac.
- Speaker #0
Très bien, très belle citation. Tu peux nous parler un peu de ton parcours ? Comment tu en es arrivé là, du coup, avec ces rêves de gosse et puis ce changement que tu viens de nous expliquer ?
- Speaker #1
Vous avez deux journées. On va les prendre. J'ai commencé par des études littéraires. Donc forcément, histoire, plutôt les matières littéraires. Et puis, j'ai basculé du côté sombre de la force en faisant une école de commerce. Et j'ai commencé vraiment sur le terrain, je me dis, pour faire du marketing, puisque le littéraire m'avait conduit vers le marketing, il fallait passer par la vente.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc j'ai commencé commercial, dans la métallurgie, en Normandie, à vendre des outils de... de perçage, des gens qui connaissaient leur métier alors que moi pas du tout. Mais voilà, je me suis confronté à la dure, à la réalité du terrain et je pense que ça m'a donné une légitimité derrière pour parler et avec des commerciaux et avec des gens du marketing en ayant vraiment toujours ce contact du terrain et du client final.
- Speaker #0
De toute façon, l'un ne va pas sans l'autre.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Le commercial et le marketing, souvent on a l'impression que c'est... deux mondes parallèles, deux ennemis toujours dans les entreprises. En tout cas, c'est souvent ce qui revient dans nos échanges avec les entreprises et les candidats. Mais en fait, on ne peut pas avoir une force commerciale si on n'a pas de marketing et inversement.
- Speaker #1
C'est intimement lié, complètement.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Donc ça, ça a été la première histoire professionnelle d'Olivier.
- Speaker #1
Dans une boîte familiale, hexagonale. Eh bien, il s'est passé que je suis parti en Italie. hum... J'ai commencé à basculer côté marketing, toujours pour la même société. Et je suis revenu dans ma Savoie natale après un an et demi du côté de Venise. Il y a quand même des boulots moins sympas. Et j'ai eu une chance incroyable. J'ai postulé pour une fonction de chef de produit dans le jouet.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
A l'époque, j'avais deux fils qui étaient jeunes. Je me suis dit, tiens, le jouet, c'est sympa. C'était pas très loin de chez moi. Et j'ai eu la chance de tomber sur quelqu'un, malheureusement aujourd'hui... disparu mais que je considère comme un de mes deux mentors, qui avait eu l'intelligence de dire je veux pas un clone. Et il avait réuni une petite équipe de gens qui venaient d'univers très très différents, pas du tout du jouet. Et en fait je crois que ça a été le succès, la clé du succès qu'on a connu de réunir des gens qui venaient du jeu vidéo, qui venaient du sport, dans une petite équipe et voilà, j'ai été piqué du virus de l'entertainment à ce moment-là puisque jouet, licence produits dérivés, dessins animés. Et c'est là que je me suis dit, un jour je serai kidologue.
- Speaker #0
Bon, en tout cas, ça a été un sacré parcours entre le terrain et cette évolution justement sur ces fonctions-là. Tout de suite après, tu es passé dans le secteur justement entertainment, après cette expérience dans le jouet, ou il y a eu d'autres expériences au temps ?
- Speaker #1
C'est pour ça qu'il faut deux jours. Vas-y, vas-y. Parce qu'après le jouet, j'ai usé mes fonds de culotte sur le jouet pendant 4 ans, en m'occupant aussi bien d'Action Man que j'ai lancé en 92 et qui est devenu la... La gamme numéro 1 des jouets garçons, que tu es mon petit poney qui est ressuscité depuis, que j'ai décidé de lancer un Me Too product de Barbie qui s'appelait Cindy, auquel je ne croyais pas du tout. Et puis l'opportunité s'est présentée pour moi, j'étais chef de groupe de devenir directeur marketing dans le sud, du côté de Nice. Je suis marié à une Marseillaise et on s'est dit tiens la Méditerranée c'est pas mal, le matin on peut aller skier, l'après-midi on peut se baigner. Et je suis rentré chez Panini. les images, pas les pins italiens, qui à l'époque étaient regroupés avec Marvel.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc, j'ai eu une double activité de continuer toutes ces collections d'images Barbie, footballeur, tout ce qu'on pouvait imaginer, dessin animé Disney, et de relancer les magazines Marvel. On est bien avant toutes les séries de films qui sont sorties depuis. J'y ai fait trois ans. J'ai trouvé ça passionnant et j'avais développé une petite activité, parce qu'il y avait toujours la fibre commerciale, j'étais au marketing, j'avais cette fibre commerciale, une activité de vente d'images pour des besoins promotionnels, dans les paquets de céréales, dans les Happy Meal, voilà. Et c'est comme ça que, fort de ce succès, McDonald's est venu me chercher. Alors l'agence de McDonald's, plus exactement, à qui je vendais mes images autocollantes, qui m'a dit, ben voilà, on a besoin d'un key account sur McDo, c'est pour toi.
- Speaker #0
Et c'est quoi Kieukent chez McDo ?
- Speaker #1
Kieukent, en gros, je devais m'occuper du compte McDonald's, qui était le plus gros compte de l'agence, pour les opérations de création de trafic, c'est-à-dire faire venir un maximum de gens dans les McDo, et puis les Happy Meal. Donc, licence, fabrication. McDo, il faut savoir, le premier était, puisqu'ils ont changé de stratégie, le plus gros fabricant de jouets au monde. Puisque rien qu'en France, c'était plus d'un million par semaine.
- Speaker #0
Un million par semaine.
- Speaker #1
Donc voilà, j'ai fait ça d'abord comme responsable du compte McDo. J'ai lancé le Monopoly chez McDo en 97.
- Speaker #0
Ça existe toujours.
- Speaker #1
Ça existe toujours. Une petite fierté quand même. Et j'ai fini par prendre la tête de l'agence qui s'occupait de McDo sur d'autres comptes. On avait Cadbury, Air France, différents comptes. Beaucoup sur les enfants, le marketing familial, le marketing enfant. Et puis au bout de neuf ans, je me suis dit que c'était très, très bien. McDo, j'avais même fait la Hamburger University de Chicago, qui est l'université marketing interne de McDo, une expérience incroyable. Après, on aime ou on n'aime pas McDo. Ce n'est pas ma tasse de thé, non, ils n'en servent pas beaucoup. Mais c'est quand même le fantasme de tout directeur marketing de travailler pour une marque aussi emblématique. Alors, j'avais déjà eu Hasbro avec les jouets, mais McDo, c'était vraiment le nirvana. Mais au bout de neuf ans, quand même, on fatigue un peu. Et c'est à ce moment-là que s'est présentée l'opportunité d'aller travailler dans la BD. Alors, j'avais déjà eu mon épisode comics américain. Et là, j'avais fait les Happy Meal Titeuf, les Carambars Titeuf, les Céréales Titeuf, les Biscuits Titeuf. Et donc, je suis allé chez l'éditeur de Titeuf. Et j'ai retrouvé deux choses que j'aimais. D'abord, je suis amateur de BD.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc voilà, j'étais dans un univers qui me convenait bien. Et puis j'ai fait des études littéraires, donc ça ressemblait quand même à du livre, même si c'est un genre qu'on qualifie parfois de populaire et mineur, ce qui n'est pas du tout. Et puis le manga, que je connaissais un petit peu pour avoir été, quand j'étais chez Pagny, surtout la grande période de AB Productions et Dorothée avec les dessins animés japonais. Voilà, je me suis amusé à rencontrer des univers comme Dragon Ball, One Piece, et tous ces mangas que nos ados lisent. Ce que j'ai fait avec vraiment un bonheur immense, et puis les revers de la vie. Jacques Glénat avait d'autres projets pour ses enfants. Il y avait une place et deux personnes. Pour des raisons que j'ignore, il a voulu privilégier sa fille. Donc je suis parti de chez Glénat. Et je me suis perdu quelque temps dans l'immobilier.
- Speaker #0
D'accord. À la pomme. C'était deux mondes parallèles. Oui,
- Speaker #1
mais c'est la première fois que je perdais mon boulot. Une espèce de panique de se dire, je ne suis pas arrivé. On est deux à faire tourner un foyer de cinq personnes. Il faut que je tienne ma part, y compris en ressources financières. Donc, j'ai pris le premier boulot qui se présentait à moi. C'était dans l'immobilier. Bon, je ne garde pas un souvenir formidable parce que ce n'est vraiment pas... un milieu qui est excitant. Moi, je suis plutôt un créatif. C'est très, comment dire, réglementé. Donc, ma créativité était vite bridée. Ça m'a quand même donné l'occasion de créer une startup avec deux, trois collègues. Mais je suis parti dès que j'ai pu. Je me suis mis indépendant. Et c'est là où je suis vraiment devenu kidologue, puisque je ne voulais pas être un énième consultant en marketing spécialisé enfants et familles. Donc j'ai trouvé ce terme aux Etats-Unis, kidologue, et j'ai exercé ce métier de kidologue, donc consultant, qui m'a conduit de Chine en Iran, d'Italie en Allemagne, en France bien sûr aussi, pour des clients très divers et des missions qui allaient de... lancer une marque de beurre en Iran pour une boîte iranienne, jusqu'à aider une marque internationale portugaise à s'implanter sur le marché français. Et puis, j'ai croisé la route de Stage Entertainment.
- Speaker #0
Alors, comment cette rencontre a-t-elle eu lieu ?
- Speaker #1
J'aime bien raconter des histoires, mais c'est une histoire vraie, en prenant un café.
- Speaker #0
Ah oui, moi aussi, simplement.
- Speaker #1
C'est-à-dire que j'ai voulu prendre un café avec quelqu'un qui venait de rentrer dans le monde du recrutement. et puis que quelqu'un que j'avais fréquenté par le passé. Et puis dans la discussion, il m'a demandé si j'avais renoncé au salariat. Je lui ai dit oui, il m'a posé une deuxième fois, j'ai dit oui. Puis la troisième fois, je me suis dit bon, il y a quelque chose. Et donc il m'a fait part d'une mission sur laquelle il était sans me dire de quoi il s'agissait. Et je lui ai dit tiens, pourquoi pas ? Alors ça ne m'a pas donné un accès privilégié. Je suis passé par les tests psychologiques. Il m'a dit que t'es plutôt quoi ? Je suis plutôt littéraire, bien sûr. J'ai réussi les tests de maths et je me suis planté sur les tests plus intellectuels.
- Speaker #0
Comme quoi ?
- Speaker #1
Comme quoi. Mais je suis un matheux qui s'ignore. Mon père dirait que j'ai choisi la mauvaise voie quand il fallait choisir entre A ou C, puisqu'à l'époque, ça s'appelait comme ça. J'étais sans doute, comme il disait, aux royaumes aveugles, les bornes sont rois. Donc, j'étais plutôt borgne. Et donc, j'ai croisé... D'abord la DRH de Stage Entertainment, je me dis si Stage est comme ça, aussi chaleureux dans l'échange, ça vaut le coup d'aller plus loin, s'ils veulent aller plus loin. Et puis j'ai rencontré Laurent Bentata, le directeur, bonne pioche, puis le DAF. Et puis c'était un moment où Stage était dans les mains d'un fond, il venait de passer dans les mains d'un fond et il y avait un cabinet qui était en train d'auditer. Tout a été gelé pendant un temps, alors que j'attendais d'aller me faire valider aux Pays-Bas. Et puis, ça s'est réactivé. Laurent ne m'a pas mis la pression. Laurent Bentadour ne m'a pas mis la pression. Il m'a dit, voilà, vous êtes le candidat que je présente. Ne me décevez pas. Un truc dans le genre. Et surtout, dès que vous avez fini l'entretien au siège, vous m'appelez. Donc, je suis parti à Amsterdam, où j'ai fait mon entretien. Et puis, visiblement, ça s'est bien passé, puisque c'était en 2016.
- Speaker #0
Et me voilà. Donc aujourd'hui, Olivier, concrètement, quoi consiste ton métier de directeur commercial et marketing dans le quotidien ? C'est quoi ?
- Speaker #1
C'est m'occuper de mes sbires qui ne sont pas tous faciles. Non, je dirais que c'est d'abord le marketing, parce qu'on oublie très souvent la racine du marketing, qui est le marché. Et la première chose, c'est de comprendre ce que c'est que ce marché. de l'entertainment, c'est pas le marché de la comédie musicale, mais c'est le marché de tout ce qui fait que des gens ont envie de se divertir et pour moi je le dis souvent et quand j'interviens dans des écoles je dis, ce n'est pas la concurrence d'une comédie musicale X ou Y c'est Netflix comme EasyJet, parce que quand on a 50-60 euros en poche on peut décider d'aller faire un vol Paris-Dublin pas cher ou de se prendre quelques mois d'abonnement à Netflix Ou d'aller se prendre un pot en terrasse avec des potes, ou de venir voir le roi lion à Mogador.
- Speaker #0
De prendre du plaisir.
- Speaker #1
De prendre du plaisir, de le faire avec son entourage. Donc c'est vraiment de comprendre ce qui se passe, les grandes tendances et les signaux faibles. Aujourd'hui, tout le monde est sur l'intelligence artificielle et sur les expériences immersives, comment ça impacte notre métier. C'est vraiment ça, c'est comprendre au quotidien, c'est d'être dans la curiosité, dans l'observation. Et puis de là, réfléchir comment ça impacte notre modèle et ce qu'on peut mettre en avant pour être le choix préféré des gens quand ils veulent se divertir.
- Speaker #0
Et ça, comment ça se passe, justement ? Comment on arrive à convaincre une personne, comme tu le dis ? Alors, on va parler surtout aujourd'hui de Stage Entertainment, Mogador en tout cas, et tous les autres spectacles que vous avez autour. Qu'est-ce qui peut faire la différence, justement, aujourd'hui, selon toi, entre un spectacle qui a eu lieu chez vous et autre chose, au grand sens du terme ?
- Speaker #1
Prosaïquement, c'est le retour sur investissement, c'est-à-dire... est-ce que ce qu'on offre et donc ce qu'on oui ce qu'on offre vaut l'argent que les gens y mettent et donc une fois qu'on se dit oui c'est de comprendre ce qu'il faut qu'on mette en avant parce qu'une expérience dans un théâtre c'est une multitude de choses ça va de l'excitation de choisir le spectacle d'embarquer la personne ou les personnes avec qui on va venir jusqu'au moment où on rentre chez soi et qu'on a envie de poster sur les réseaux sociaux c'est génial ou alors quelle tannée Merci. Et donc, c'est de réfléchir à chaque étape, ce qu'on appelle le « customer journey » , le parcours client, comment on peut faire en sorte qu'à aucun moment, il n'y ait de déception et que la personne se dise « les 100, 200 euros que j'ai mis dans cette expérience, ça valait le coup » . Le problème, c'est qu'on ne maîtrise pas tout. Autant on maîtrise la phase amont, faire choisir, faire préférer le spectacle via la communication, montrer tout ce qu'il y a de positif, autant par exemple le transport de chez soi jusqu'au théâtre.
- Speaker #0
On ne le maîtrise pas.
- Speaker #1
On ne le maîtrise pas. totalement, on peut faire des choses. Donc, c'est de réfléchir à toutes ces étapes. Qu'est-ce qu'on peut mettre en œuvre pour faciliter la vie des gens ? Et se dire que quand ils rentrent chez eux, ils se disent « Waouh ! C'était vraiment super ! Je vais reprendre des billets pour la prochaine fois. Je vais venir avec ma sœur, ma mère, mon copain. » Voilà. Donc, c'est ça le quotidien. C'est de n'être jamais au repos. C'est d'être très... Très à l'écoute de ce qui se dit, y compris les choses qui ne reviennent qu'une fois. Je me souviens d'avoir assisté à une conférence donnée par un éthologue urbain belge. Et il disait, je ne sais plus quel directeur d'aéroport avait le service consommateur dans le bureau à côté. Ça m'avait marqué parce que j'ai assisté à cette conférence il y a peut-être 15 ans. Et il disait, la première chose que fait le directeur d'aéroport, c'est de dire quelles ont été les plaintes qu'il y a eu. Alors ça allait de la propreté des toilettes. à l'attente à la douane, aux bagages perdus, aux indications dans l'aéroport. D'ailleurs, j'ai profité du Covid pour faire une formation en design thinking, vraiment pour me dire, oui, c'est quoi le parcours client ? C'est quoi l'entièreté du parcours et comment on peut améliorer ? Donc, c'est jamais être au repos et c'est toujours tester des choses. Ne pas se dire qu'on est assis sur un acquis. Ça peut être un formidable spectacle dans un lieu extraordinaire avec des gens à tous les niveaux. extrêmement compétent et dévoué à la cause, on peut vite dérailler.
- Speaker #0
Il ne suffit pas d'un mauvais avis.
- Speaker #1
Il n'y a presque rien d'une étincelle.
- Speaker #0
Exactement. Merci pour ce partage. Justement, on parle de métier. C'est toujours une question un petit peu délicate, mais qui est importante, parce que notre volonté, c'est de pouvoir transmettre à des gens qui se réorientent, à des gens qui vont découvrir ton métier, qui vont découvrir votre environnement, ou des jeunes qui sont aujourd'hui en pleine formation. S'il y avait un avantage et une contrainte liées à ton métier, quels seraient-ils ?
- Speaker #1
L'avantage, c'est qu'on peut imaginer plein de choses. Il y a toujours une opportunité. D'accord. Pour peu qu'on ait envie de se décarcasser un peu et qu'on soit un petit peu créatif. Mais comme je le disais, on ne s'arrête jamais. Donc, il y a toujours une marge de progression. Il y a toujours un nouveau truc. Et particulièrement dans notre domaine. Je parlais de l'intelligence artificielle. Je parlais des expériences immersives, les réseaux sociaux. quand j'ai commencé le marketing ou le commercial, on en était au Minitel et au Fax. Je suis désolé, oui, je suis sexagénaire et donc l'EHPAD n'est pas très loin. C'est ça l'avantage, c'est qu'on découvre toujours de nouvelles choses. La contrainte, c'est que ça ne s'arrête jamais. C'est-à-dire qu'on prend le métro, on écoute une émission de radio, on regarde un truc sur un écran, il y a toujours un truc qui surgit qui fait mince, je ne fais pas les trucs correctement.
- Speaker #0
Et ils sont en question permanente,
- Speaker #1
constamment. Aujourd'hui, les paiements se font par téléphone. Qu'est-ce que ça a comme incidence pour nous ? On a lancé le paiement partagé. On s'était dit, tiens, c'est pas mal pour vous, il y a des gens, de se mettre ensemble pour offrir un billet à quelqu'un d'autre. Mais on a fait ça sans penser qu'il y avait Lydia. Voilà, donc ça remet en question. Donc c'est ça la contrainte, c'est d'un côté des formidables opportunités et de l'autre côté un monde qui va très très vite.
- Speaker #0
Oui, et qui va très très vite aujourd'hui, qui va de plus en plus vite tous les jours justement. Et c'est bien aussi de se poser. Alors justement, dans ce monde qui va très très vite, on a déjà eu cet échange toi et moi dans un autre cadre, on parle souvent de métiers passion, tu sais, dans le secteur des industries culturelles et créatives. qui n'est pas uniquement vis-à-vis du spectacle vivant, mais dans cette industrie culturelle et créative qui est très large et très riche. Justement, qu'est-ce que tu en penses, toi, des métiers passion ? Est-ce que tu penses que c'est un mot qui est galvaudé ? Est-ce que tu penses que chacun est un peu différent ? Comment tu vois les choses là-dessus ?
- Speaker #1
Alors, j'entends quand on dit travailler dans le milieu du spectacle vivant, c'est un métier passion. Je suis désolé, j'ai été passionné, moi, par la métallurgie, alors que j'ai deux mains gauches en termes de bricolage. Enfin, ou de main droite, parce qu'il ne faut pas vexer les gauchers ou les droits-tiers. Mais j'ai trouvé ça passionnant. Donc, la passion, elle réside beaucoup dans l'intérêt qu'on trouve et qu'on porte à ce qu'on fait. Inversement, comme je disais, l'immobilier, ça ne m'a pas passionné. Bon, voilà. Donc, la passion, je pense qu'elle est très inhérente à la personne. Alors après, pour moi, souvent, métier passion, c'est l'excuse que donnent certains employeurs pour justifier des salaires bas. ou des conditions de travail, en disant, de toute façon, ils sont passionnés, donc ce n'est pas très grave. Je lutte contre ça. Je l'ai déjà connu ça dans l'édition. Ce n'est pas une excuse, parce que les gens qui font du marketing dans l'édition ou dans la culture, ce sont des gens qui ont des formations, que ce soit une formation universitaire ou une formation sur le terrain, parce que j'ai vraiment aucun tabou à dire que pour moi, des autodidactes peuvent être aussi valables que les gens qui ont fait de très belles études. Et ils ont les mêmes qualités, les mêmes savoir-faire et les mêmes bons réflexes, ou mauvais aussi, que des gens qui sont aujourd'hui dans la banque ou l'agroalimentaire. Et je trouve que la banque et l'agroalimentaire sont tout à fait respectables. Je pense à ces exemples-là. Pourquoi ? Il y a des économies, certes, on va dire, oui, ça rapporte plus dans telle ou telle branche, mais les compétences sont les mêmes et la mise en œuvre des savoir-faire, elle est de même valeur. Donc, il ne faut pas que ce soit une excuse. On peut comprendre effectivement qu'il y a des sources de revenus différentes. Il faut être transparent là-dessus en disant, oui, les break-even sont plus élevés, les points de rentabilité sont plus élevés. La source de revenus, elle est moins large que tel ou tel domaine. Donc, on est dans une contrainte budgétaire. Mais il faut le dire sous cet angle-là et pas justement masquer ça par... C'est des passionnés, donc ils peuvent accepter des conditions autres.
- Speaker #0
Donc la passion ne fait pas tout ? Non. On est bien d'accord en tout cas, et c'est souvent ce qui revient dans les échanges que nous pouvons avoir nous avec nos candidats ou avec nos clients. C'est pour ça que je disais qu'il y a un peu deux écoles, c'est-à-dire ceux qui considèrent que, comme tu l'évoquais, en tout cas la passion peut naître d'une rencontre, d'une découverte, d'un mentorat aussi. Et il faut vraiment croire au mentorat en tout cas. Aujourd'hui, dans le secteur de l'emploi, on en manque beaucoup. Je pense qu'il y a plein de choses qui doivent se transformer par rapport à ça. Je sais que tu fais partie de cela, de cette école-là, de gens qui ont envie, comme tu le disais, de transmettre. Tu ne sais pas tout sur tout. Tu couvres tous les jours encore. Et c'est ça qui est merveilleux. Si tu devais partager avec nous ton plus beau souvenir sur ce poste-là que tu occupes depuis quelques années. Alors, c'est une question, on le sait, qui est un peu difficile. Mais est-ce qu'il y a un souvenir ? particulièrement, quelque chose qui t'a marqué dans ce poste-là, une rencontre, un moment, ou est-ce que c'est une multitude, je dirais, de choses ?
- Speaker #1
Je crains d'en distinguer un et d'en oublier un tas d'autres. Comme je disais, le premier bon souvenir, c'est la rencontre avec les premières personnes dans les entretiens. Mais c'est la confrontation aux individus. Moi, je suis un humaniste, si ce terme là a encore du sens. Quand on rencontre des chouettes personnes, ça reste des bons souvenirs. Et voilà, alors, allez, je vais quand même distinguer un moment. J'ai eu l'opportunité qui m'a été offerte d'assister au spectacle Le Roi Lion en étant dans la fosse d'orchestre. Et c'est le batteur Samuel Domer qui a beaucoup poussé pour que je fasse ça. Et donc, j'ai passé les 2h40 avec les musiciens. Et vraiment, je veux rendre hommage, parce qu'ils sont sous la scène, dans un espace un peu réduit. C'est des artistes, c'est des artistes de haut vol et c'est des gens passionnants. Et c'est vraiment un moment qui me restera à vie, mais vraiment.
- Speaker #0
Là, on n'est pas sur la scène, on n'est pas dans le public, on est sous la scène. Et ça doit être d'ailleurs quelque chose d'assez incroyable à vivre.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
D'un autre point de vue qu'on ne connaît pas.
- Speaker #1
On perd un peu ses routines. Et puis, on est confronté à un talent ou à des talents au sens vraiment artistique. Incroyable. Une textérité.
- Speaker #0
Puis là, surtout en étant dans le spectacle vivant. C'est un ensemble, bien sûr, de choses, comme on le dit, avec la diversité des métiers. Mais là, tu n'es plus dans un regard. Tu es uniquement dans une écoute en étant sous scène, justement, avec tous ces artistes. Bien sûr, il y a des écrans, il y a des choses qui font que. Mais tu n'as pas la même visibilité sur le public que, également, en regardant les artistes qui sont sur scène. Merci, en tout cas, pour ce partage. C'est quelque chose, effectivement, d'assez fou que tu as dû vivre.
- Speaker #1
Plus privilégié.
- Speaker #0
C'est une chance. Enfin, comme on se le disait, cette volonté de ce podcast, Merci. de pouvoir aussi générer une vocation chez un de nos auditeurs ou une de nos auditrices. Tu es passé par différentes étapes dans ce métier-là. Ça fait de nombreuses années maintenant que tu es sur ce poste-là. Tu conseillerais quoi, toi, à quelqu'un qui aurait envie de parvenir à ce que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
De m'illuminer. Bon,
- Speaker #0
ben voilà, la porte est ouverte. Non,
- Speaker #1
mais je... Euh... Je fais souvent référence à un roman policier d'un auteur que j'aime beaucoup qui s'appelle Donald Westlake, dont le titre est « Au pire, qu'est-ce qu'on risque ? » . Et du jour où j'ai lu ce bouquin, d'abord qui est très divertissant, je me suis dit « Mais c'est ça, au pire, qu'est-ce qu'on risque ? » . C'est-à-dire que, et je le dis quand je vois des candidats, quand je reçois des CV, quand tu m'envoies des gens ou quand je vais en chercher, De toute façon... Il faut oser, il faut dire les choses et la responsabilité des gens en face, des managers, des recruteurs, c'est de dire bon ça c'est possible, ça c'est pas possible, ça c'est possible, la condition que, mais on ne risque rien à faire valoir ses envies, à faire valoir ses ambitions et en discuter. Voilà donc vraiment moi si je peux donner un avis parce que comme tu dis je ne sais pas tout sur tout, en tout cas c'est ma philosophie. C'est vraiment se dire, on ne risque pas grand-chose. Oui, l'ego, on prend un coup quand on dit non, quand on reçoit un non en retour. Oui, il faut recommencer, mais le risque, il est minime. Ça, je suis d'accord avec toi.
- Speaker #0
Après, il y a un élément qui est important et je pense qu'il faut qu'on en parle. Comme on le disait, que ce soit sur les nouvelles générations, des gens qui sont en reconversion et qui pourraient nous écouter, qui diraient, ok, je vais écouter Olivier, je vais y aller. Il faut quand même être... Il faut s'intéresser à cet environnement, il faut être curieux, il faut, comme tu le disais, pas défoncer des portes, mais enfoncer certaines portes et il faut oser.
- Speaker #1
Ou les ouvrir avec délicatesse parfois. Avec délicatesse,
- Speaker #0
surtout à Mogador, on ne va pas pousser les murs. Mais je pense qu'il faut aussi dire à nos auditeurs, en tout cas, qu'il faut arriver aussi préparé à des entretiens. Ah oui,
- Speaker #1
alors ça, je pense que c'est une règle fondamentale. On ne peut pas se présenter à un entretien juste sur sa bonne mine et son parcours précédent. Il y a bien sûr des gens qui ont des CV magnifiques, mais qui s'avèrent en entretien incapables de faire passer ce qu'ils ont fait. Et ou alors ils vont en mettre trop et puis on n'arrive pas à percevoir ce qui est vraiment important. Tu me connais, mais je ne fais pas passer des entretiens classiques. Je fais un pas de côté. À la limite, je pourrais presque le faire sans CV. sans avoir le CV. Parce que ce qui m'intéresse, c'est de voir l'individu et de savoir ce qu'il a dans les tripes, de savoir ce qui peut l'animer et de me dire j'ai la chance d'avoir un bureau avec une porte transparente et je vois tout le plateau et je me dis, tiens, la première question que je me pose, est-ce que cette personne, si elle s'inscrit dans ce que je vois de mon bureau, elle fera tâche dans le paysage ou pas ? Bien sûr, l'idée c'est qu'elle ne fasse pas tâche.
- Speaker #0
Bien sûr, parce que c'est une équipe, c'est un ensemble.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Merci Olivier pour cette... élément complémentaire. Avant de nous quitter, tu as un dernier mot à partager avec nous.
- Speaker #1
Merci, déjà, parce que je suis humaniste, mais je crois que tout le travail que tu fais pour Stage, il repose sur l'échange. Et donc, au-delà des remerciements, je crois qu'il y a une qualité d'écoute que toi tu promeux et que vraiment tu soutiens dans ce que tu fais. écoute du besoin qu'on peut avoir, écoute des candidats. Et il nous appartient à nous aussi d'être sur ce mode d'écoute.
- Speaker #0
Merci Olivier.
- Speaker #1
J'ai beaucoup parlé, mais en fait, c'est l'écoute qui est importante.
- Speaker #0
Merci pour tes mots Olivier. En tout cas, je suis profondément touché par ça, avec une volonté, comme on se le disait, et on en a souvent parlé toi et moi ensemble, justement de transmettre à ceux qui nous écoutent et de créer justement ces vocations et cette envie d'aller plus loin, toujours plus loin et de réaliser ses rêves surtout.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Merci Olivier.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
A très bientôt. Au revoir. Merci beaucoup pour votre écoute. J'espère que vous avez apprécié ce nouvel épisode et que le... portrait du mois vous aura donné envie d'en découvrir d'autres. Si c'est le cas, pensez à vous abonner au podcast, à laisser un avis ou tout simplement partager l'épisode autour de vous. On se retrouve dès le mois prochain avec un nouvel invité et d'ici là, prenez soin de vous !