- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast Je me voyais déjà. Chaque mois, je vais mettre en lumière l'histoire passionnante de femmes et d'hommes travaillant dans l'ombre des industries culturelles et créatives. Avec mes invités, vous découvrirez comment ils en sont arrivés là. Des parcours captivants, des histoires insolites, en bref des chemins de vie au service de l'émotion que nous, publics, recevons grâce à eux. Retrouvons-nous tous les premiers jeudis du mois. Je suis Marilyn Maigrat, dirigeante du cabinet Unique Conseil, expert dans le recrutement des industries culturelles et créatives. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Je me voyais déjà. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Jamel Abnoun, directeur du contrôle de gestion au sein du GC Images, la branche production du GC, à l'origine de nombreux succès du cinéma et de l'audiovisuel. Son rôle consiste à accompagner les équipes dirigeantes et opérationnelles dans le pilotage de la performance, la structuration des outils financiers et l'amélioration continue des processus, dans un environnement où les enjeux créatifs, industriels et économiques sont étroitement liés. Ce qui m'a particulièrement intéressé dans le parcours de Jamel, c'est la manière dont il s'est construit, étape par étape. Avant de rejoindre UGC Images, Jamel a occupé plusieurs fonctions de directeur administratif et financier dans des sociétés de production comme Solap Film ou Robain Inco. Il a également passé neuf années au sein de Banijé Group, acteur majeur de la production audiovisuelle internationale où il a piloté les enjeux financiers de production à forte exposition. Son parcours l'a aussi conduit à intervenir dans des modèles innovants faisant partie du groupe Banijé, notamment chez My Major Company, à la croisée de la production, du financement participatif et du développement artistique, avant d'évoluer au sein d'Airprod sur un poste de DAF à l'âge de 29 ans. À travers ces expériences, Jamel a construit une approche pragmatique et stratégique de la fonction finance, pensée comme un véritable partenaire des équipes créatives et de direction. contribuant directement à la faisabilité et au développement des projets. Je suis très heureuse de t'accueillir aujourd'hui, Jamel, et merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Bonjour Marlène, merci à toi de m'accorder ton temps et pour cette interview.
- Speaker #0
Jamel, si on revient au début de ton histoire, on parlait d'histoire personnelle et professionnelle, c'était quoi le métier dont tu rêvais lorsque tu étais enfant, celui où ? ou comme Charles Aznavour, tu te voyais déjà ?
- Speaker #1
Je pense que comme plein de petits garçons de mon âge à 8 ans, mon rêve était d'être pompier, de sauver des vies, d'éteindre le feu, d'être dans le gros camion rouge, pim-pom, pim-pom.
- Speaker #0
C'est marrant, les filles, on est du côté vétérinaire, les garçons, on est du côté des pompiers. Bon, en tout cas, on sauve des animaux, on sauve des vies de l'autre côté.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
L'objectif est le même. Alors, ce rêve de pompier, tu n'es jamais devenu pompier, j'imagine ?
- Speaker #1
Non, malheureusement.
- Speaker #0
Bon, c'est déjà, malheureusement, mais en tout cas, c'est une belle histoire déjà que la tienne d'avoir eu ses rêves d'enfant. Avec le recul, donc, aujourd'hui, tu es devenu directeur financier, mais il y a eu tout un parcours et une histoire. On en parlait avant de démarrer cette interview. Tu m'as fait quelques confidences, justement, sur ton parcours, ton histoire, comment tu t'es construit. Ton parcours illustre une construction progressive, comme je le disais, étape par étape. Est-ce que tu pourrais nous raconter comment tu as fait tes choix et comment tu as construit ton chemin jusqu'au métier que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Pour être honnête, je suis, comme je dis un peu, tout le temps, les gens ont du mal à le croire, j'y suis un peu par hasard. C'est que déjà, moi, je ne suis pas une personne qui fait pour les études. Moi, je voulais arrêter mes études après le bac, mais en fait, j'ai eu la chance d'avoir mes parents qui me disaient que non, que ce n'était pas possible, qu'il fallait que j'aie au moins un bac plus deux. Donc en fait quand je suis au lycée, je dis à ma... prof de compta qui était ma prof principale je veux arrêter, ça m'intéresse pas moi je suis pas fait pour être à un bureau je suis fait pour être dehors pour discuter avec les gens, créer quelque chose elle me dit c'est dommage que t'avais des compétences donc essaie de pousser un peu de toute façon quoi qu'il arrive ça t'aidera toujours et vu que d'un côté j'ai ma prof de compta qui me dit ça et de l'autre côté j'ai mes parents et c'est pas le choix de toute façon Donc je me suis dit, j'ai mon bac dans la poche, il faut que je continue parce que sinon je n'ai pas le choix. Donc forcément, je me suis dirigé vers un BTS comptabilité. C'était la suite logique, surtout que j'avais fait un bac spécialité compta. Donc je me suis dit, je vais continuer ça. Et demain, de toute façon, même si je veux être entrepreneur ou faire quelque chose, je me dis que ce bagage-là, quoi qu'il arrive...
- Speaker #0
La base comptable et financière.
- Speaker #1
Exactement. Donc quoi qu'il arrive, au moins, j'aurai des notions qui ne vont pas être perdues.
- Speaker #0
J'ai une question de Jamel, pardon, je t'interromps dans cet élan. Tu parles justement de cette direction, de cette professeure qui a fait partie de ton histoire, en te disant « vas-y, pousse, va plus loin » , etc. Et des parents qui nous disent « il faut au moins que tu aies ton bac, il faut au moins que tu franchisses » . Est-ce qu'avec un tout petit peu de recul, tu aurais fait les mêmes choix à l'époque ou est-ce que tu te serais orienté différemment si on ne t'avait pas orienté, toi ?
- Speaker #1
Bah déjà, si cette prof ne m'avait pas orienté, je pense que j'aurais fait autre chose. Je serais parti dans un cursus de vente ou quelque chose comme ça. Parce que je me serais dit, bon, de toute façon, personne ne croit en moi, personne ne m'attend sur cette partie comptes et finances. Et si je n'avais pas mes parents, c'est sûr que je n'aurais pas continué après le bac, malheureusement. Donc, il faut encore remercier à eux aujourd'hui, parce que sinon, je pense que peut-être que je serais perdu, peut-être que j'aurais réussi, je ne sais pas. Mais en tout cas, jusqu'à aujourd'hui, l'histoire est belle. Donc, je suis bien content d'être arrivé là et d'avoir fait ces choix.
- Speaker #0
Ok, donc ce bac en poche ? Un BTS compta pour suivre... En alternance, oui. En alternance. L'alternance, c'est aussi quelque chose de très intéressant.
- Speaker #1
C'est très intéressant et c'est dur. La première année, j'en parlais encore ce midi avec une personne, c'est que la première année, c'est très dur parce qu'en fait, on sort du lycée où en fait, on a, je ne sais pas, je n'arrive pas à compter, 10 semaines, 15 semaines de congés, enfin de vacances plutôt. Et là, en fait, commence l'alternance. Donc déjà, on ne connaît pas le monde du travail, on n'a pas les codes. Moi, du coup, c'était un... J'étais en comptabilité dans une société à la défense. Donc en fait, je devais mettre une chemise, je devais aller au travail. Je faisais deux jours école, trois jours entreprise, dans le milieu de la comptabilité où j'avais aucune notion. Et je me rappelle, j'étais très fatigué dès les vacances de la Toussaint et aussi de Noël, où mes amis qui avaient continué en BTS en initial. Eux, ils étaient en train de se reposer, ils faisaient leur sortie et en fait, ils me disaient « Homme, toi t'es où ? » En fait, là je suis dans le train, je vais au travail, je suis au bureau et en fait, ils avaient du mal à comprendre. Donc j'étais épuisé et surtout, psychologiquement, c'est dur. Moi, mon père est ouvrier, ma mère était assistante maternelle. Donc en fait, je ne connaissais pas le monde des bureaux, d'aller à la défense le matin, tout le monde marchait dans le même sens. C'était très dur. C'était très dur, je me suis accroché. Plusieurs fois, je voulais arrêter, mais pareil, j'avais la pression de mes parents qui disaient, il faut continuer, il faut augmenter quelque chose parce que la vie est dure et c'est vrai. Donc je me suis accroché, je suis parti jusqu'au BTS. Et après mon BTS, du coup, cette société m'a fait confiance et j'ai continué en CDD pendant 6 ou 8 mois en remplacement d'un congé de maternité.
- Speaker #0
Tu étais dans quel... J'ai bien compris que tu étais dans un groupe à la Défense. Tu étais dans... quel secteur d'activité ?
- Speaker #1
C'était une société d'assurance.
- Speaker #0
D'accord. Donc rien à voir avec les environnements dans lesquels tu es aujourd'hui. Donc cette alternance arrivait à sa fin. On te fait confiance de par le travail que tu as fourni. Tu as cette opportunité de rentrer en CDD. Ce n'est pas un CDI.
- Speaker #1
C'est un remplacement de congé en maternité d'une de mes collègues du bureau qui était partie. À ce moment-là,
- Speaker #0
quand on te propose ce projet en CDD. Tu vois quoi ? Tu vois acquérir plus d'expérience ?
- Speaker #1
Je vois acquérir plus d'expérience, je vois une opportunité. De toute façon, dès qu'il y a une opportunité, il faut la saisir. Je l'ai saisie, c'était très dur et honnêtement, je peux le dire aujourd'hui, je suis un peu pris à pied dans le tapis parce que c'était peut-être un peu trop gros pour moi, peut-être que je n'étais pas accompagné, peut-être que je n'étais pas prêt. Voilà, après ces six mois, je me suis fait une grosse remise en question. Est-ce que je suis fait pour la comptaise ? Est-ce que je ne suis pas fait pour la comptaise ? Est-ce que je suis fait pour la finance ? Suite à ça, j'ai pris une mission d'intérim. Je peux le dire, c'était chez Lafarge en tant que comptabilité trésorerie. C'est ça en fait, c'est rencontrer des gens. Il ne faut jamais rester sur un échec. Parce que franchement, après mes deux ans et demi dans cette boîte d'assurance, j'ai totalement perdu confiance en moi. Je sais que je suis parti deux semaines en vacances. J'avais besoin de me ressourcer. Je m'étais dit, c'est fini. Dès que je reviens des jours de mes vacances, j'ai fait autre chose. Et dès que j'ai rallumé mon téléphone, il y avait un cabinet qui m'avait appelé pour cette mission chez Lafarge, je peux le dire. Et j'ai fait six mois en tant que comptable de trésorerie. J'avais une super boss qui m'a donné, qui m'a reboosté, qui m'a donné confiance en moi, qui m'a donné un périmètre. Et elle m'a dit, c'était Lafarge à Courbevoie qui avait centralisé tous les services financiers. Ça s'appelle un CSP et en fait, on était 200 comptables. Donc il y avait la comptabilité fournisseur, comptabilité client, comptabilité générale et comptabilité trésorerie. Moi j'étais dans la branche trésorerie. Et en fait, on réceptionnait tous les flux bancaires des usines partout en France. D'accord. Donc c'était un gros volume. Et en fait, ils m'ont donné un portefeuille de société où je devais faire des rapprochements bancaires tous les jours et faire tous les suivis de trésors. Et en fait, je me suis épanoui là-dedans. Et en fait, j'ai réussi à déblayer pas mal de choses. Et quand je suis parti, ils m'appelaient les nettoyeurs.
- Speaker #0
Le nettoyeur, c'est jamais. C'est ça,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Surtout dans ces, comme tu dis, ces CSP pour nos auditeurs et nos auditrices. Un CSP, c'est un centre de services partagés. Donc, c'est un regroupement, en fait, d'un pôle, on va dire, dits comptables. On va l'expliquer de cette manière-là, où il y a un flux d'informations qui arrive et centralise, effectivement, toutes ces données comptables. Donc, nous avons, j'ai face à moi, ce fameux nettoyeur de l'époque. Cette expérience a été apportée. Après, j'imagine ce groupe dans les assurances où tu avais, comme tu le dis, et je trouve ça formidable que tu l'exprimes de cette manière-là, parce que dans une vie professionnelle, rien n'est linéaire. On peut avoir une très belle première expérience, on peut avoir des doutes, on peut avoir des questionnements et on peut tomber, comme tu le disais aussi, sur des gens qui nous font confiance, qui nous montrent effectivement que non, la route peut être encore longue et on se rebooste. Ça a été ton cas après cette mission d'intérim. Qu'est-ce qui s'est passé pour toi ?
- Speaker #1
En fait, la part, je voulais absolument me garder, mais me proposer soit un poste de comptable fournisseur ou comptable général. Mais en fait, ils voulaient me trouver une case qui n'existait pas pour que je reste. Et je leur ai dit non, mais ça ne sert à rien. Si c'est pour faire un comptable fournisseur, ça ne m'intéressait pas parce que je voulais un peu plus évoluer, voir un peu plus de choses. Et en fait, vraiment, j'ai eu beaucoup de chance dans ma vie. Il y a eu beaucoup d'opportunités. J'ai essayé de les saisir. Et à ce moment-là, en fait, où j'étais en réflexion, en discussion avec Lafarge pour voir ce qu'ils me proposaient, il y a un autre cabinet qui m'a appelé pour me proposer un poste de trésorier. J'y suis allé. Pareil, c'était très dur les premières semaines parce qu'en fait, chez Lafarge, où j'étais bien pendant six mois, en fait, c'était... Comment dire ? Je me retrouvais parce que, contrairement à la société d'assurance où, en fait, ce n'était pas la même population que moi, c'était des personnes plus âgées que moi, qui avaient des enfants et qui avaient mon âge. donc en fait il y a On n'avait pas le même vécu, donc les discussions étaient moins fluides. Quand j'étais chez Afarj, en fait, c'était une population comme moi, qui venait, qui était issue de banlieues d'Ile-de-France comme moi, qui avait fait la même chose que moi, BTS, compta, donc on se parlait. Donc en fait, c'était vraiment une ambiance jeune, dynamique et c'était bien. Donc j'étais vraiment bien pendant six mois et je fais plus rien. En fait, dans le monde du travail, des fois, on peut retrouver ce côté un peu fun. Travailler, bien sûr. Bien sûr. Mais le midi, avoir des amis ou prendre des pauses de café. Et donc là, quand j'ai quitté la frange, c'était très dur. Je suis parti dans cette société qui m'a proposé un poste de trésorier. C'était pareil en intérim. Je suis resté six mois. Finalement, ça s'est très bien passé. Sauf qu'en fait, pareil, eux, c'était en fait une restructuration. C'est compliqué, la partie trésorerie. Et en fait, je me suis aperçu rapidement, au bout de quelques semaines, en fait, non, il n'y avait rien de compliqué, c'était simple. Donc, j'ai réussi à mettre des choses en place et en fait, je m'ennuyais, c'est-à-dire, en fait, je faisais mon travail peut-être le matin, je finissais à 14h. Et l'après-midi, du coup, j'avais du temps libre, sauf que je ne voulais pas me tourner les pouces. Donc, j'ai passé beaucoup de temps avec le directeur du contrôle de gestion. Et c'est à ce moment-là, en fait, où je me suis dit, en fait, c'est super le contrôle de gestion, en fait, c'est la suite logique de la comptabilité. C'est-à-dire, la comptabilité, on rentre les données brutes ou pas. dans les comptes et en fait le contrôle de gestion fait de regard ce qu'il y a dans les comptes et en fait analyse la compta et fait vraiment un travail d'analyse. Et ça, j'ai dit ouais c'est ça que je vais faire.
- Speaker #0
Donc ça a été vraiment cette rencontre avec ce directeur du contrôle de gestion. Comment il s'appelait ce monsieur ? Eric. Donc avec Eric, tu as découvert un autre pan après la comptabilité sur cette partie financière que tu maîtrisais moins puisque tu étais issu de la comptabilité comme tu l'évoquais tout à l'heure à travers ta... ton BTS, comme tu le disais. Tu découvres un autre pan, tu prends goût de ce que je comprends, en tout cas dans cette observation. Tu étais vraiment au départ dans de l'observation. Et qu'est-ce qui se passe pour la suite ?
- Speaker #1
Eh bien, je me dis que je ne vais pas m'enfermer dans la compta. C'est le bon contrôle de gestion que je vais faire, c'est ça. C'est clair et net. Donc là, on est au mois d'avril. Je finis ma mission. Et en fait, je commence à m'inscrire dans les écoles pour en septembre reprendre mes études, continuer et aller dans le contrôle de gestion parce que c'est ce que je vais faire. Et sauf en fait, vu que je me suis bien comporté, j'ai bien travaillé dans cette mission. J'en ai parlé au cabinet parce qu'ils étaient au courant que cette société voulait me proposer un contrat dernier. Je lui dis non, en fait, je vais refuser l'offre. Tout simplement parce que je vais reprendre des études, je vais faire du contrôle de gestion. C'est ce que je vais faire. Elle m'a dit, bon, j'en prends note. En tout cas, nous n'avons que des bons retours de ton expérience. Donc, si on entend parler de quelque chose, on t'appelle. Et bien, vraiment, une semaine après, il m'appelle pour me dire, franchement, tu as de la chance. Là, en fait, on a un client qui cherche un profil contrôle de gestion, mais assistant, je l'ignore, en fait, pour assister une responsable du contrôle de gestion qui vient d'évoluer. Elle cherche un profil. Pas trop capé, parce que voilà, pour aller chercher un moment, une petite main.
- Speaker #0
Quelqu'un qu'elle puisse faire évoluer aussi. Exactement.
- Speaker #1
Et donc, on a parlé de ton profil. Tu as un super profil. Tu as des super références. Donc, on t'a proposé. Donc, ils veulent te rencontrer. Eh bien, je rencontre cette société. Et je décroche du coup ce poste en CDI, en tant que, je crois que c'était assistant, contrôle de gestion, le premier titre, ou contrôle de gestion adjoint. Je n'ai plus le titre en tête. Et donc, je suis resté deux ans dans cette... Cette entreprise où j'ai vraiment appris tout le contrôle de gestion, en fait, ça s'est fait un peu en deux phases. La première phase, en fait, c'est avec cette personne qui m'a montré le début du contrôle de gestion. Ensuite, cette personne a quitté la société et j'ai eu un nouveau responsable du contrôle de gestion qui lui m'a fait encore plus évoluer parce qu'il lui a vraiment plus fait confiance. Il a vu ce qu'on avait fait pendant la première année avant son arrivée. Et ensuite, du coup, il nous a beaucoup donné confiance à moi et à notre collègue et on a développé pas mal de choses.
- Speaker #0
Il t'a mis le pied à l'étrier, en tout cas, et on en parlait avant de démarrer. Ce sont aussi ces rencontres, de manière générale, que tu exprimes depuis tout à l'heure, qui nourrissent l'envie de continuer, d'aller plus loin, de se construire. Toi, dans ton cas, en tout cas dans ces premières années de ta vie professionnelle, dans d'autres environnements au-delà de ceux que nous allons parler dans ce secteur des industries culturelles et créatives, Ça a été vraiment les rencontres, le travail que tu as fourni et la satisfaction que tu as. apporter aussi, je dirais, à tes pères, on va dire ça comme ça, dans ce cadre-là.
- Speaker #1
Exactement. C'est les opportunités, le sérieux, l'envie, ne pas baisser les bras, c'est ça qui fait toute la différence. Parce que moi, je le vois encore aujourd'hui, c'est qu'en fait, il y a des profils, en fait, des fois, qui baissent les bras et ils ne devraient pas, parce qu'en fait, il y a de la place pour tout le monde, même plus que ce qu'on pense, mais en fait, il faut juste, comment dire, relever la tête et être sérieux et ne pas avoir de limites et avancer.
- Speaker #0
Mais c'est... Ça illustre assez bien effectivement nos échanges avec les professionnels du secteur. C'est que souvent, quand nous échangeons avec des candidats qui sont en formation ou en reconversion, on nous dit souvent « oui, mais moi, je n'ai pas fait telle formation » ou « je n'ai pas effectivement le réseau qui va bien dans ce cadre-là » . Et en tout cas, les échanges avec les professionnels du secteur, tout secteur d'activité contenue, montrent qu'effectivement, il ne faut pas toujours avoir la formation idéale. Toujours chercher la formation idéale ou le réseau qui va bien. C'est soi-même, en travaillant, en avançant, en se construisant. C'est ce que vous allez fournir qui va vous permettre d'évoluer pas à pas, comme Jamel l'a fait, comme je le disais, étape par étape, petit à petit, dans ce cadre-là.
- Speaker #1
Il ne faut pas s'enfermer aussi, parce que peut-être que moi, ma force aujourd'hui, c'est que j'ai souvent pris des risques et changé de travail. D'ailleurs, en fait, je ne suis pas resté, dès que j'ai trouvé un poste, tranquillement, en cdi je paye mes factures, c'est très bien. Non, j'ai toujours mis des objectifs. Et en fait, dès que je me rendais compte que dans un poste, j'ai fait le tour, je m'ennuie, ça devient un peu plan-plan, eh bien, hop, il faut changer. Il ne faut pas s'enfermer. Parce que ça, je pense que c'est le risque. Saisir les opportunités, se mettre en risque, c'est vrai que des fois, je me suis fait peur, mais c'est comme ça. Et aujourd'hui, je suis bien content d'avoir fait tout ça. Et on n'avance pas, sinon. On n'avance pas.
- Speaker #0
Il faut prendre des risques. Bien sûr, mesuré. Il ne faut pas faire n'importe quoi, n'importe comment. Mais comme tu le disais, on avance et on apprend effectivement à tout âge qu'on est 20, 30, 40, 50 ans. Alors, on ne réagit pas de la même manière. C'est sûr que les responsabilités du moment où on est, je dirais, seul, quand je dis seul, quand on n'a pas d'enfant en tout cas ou une famille derrière, ce n'est pas la même chose. On ne réagit pas de la même manière, mais c'est en prenant effectivement des risques qu'on apprend, qu'on avance et qu'on évolue. On sait toujours ce qu'on perd, on ne sait jamais ce qu'on gagne, mais si on n'essaie pas, on ne peut pas le savoir.
- Speaker #1
Bien sûr, et après, de toute façon, prendre des risques, que ce soit un échec, ce n'est pas un échec, on apprend, on se relève. Moi, j'ai été bien placé pour le savoir. Des fois, j'ai changé de poste, ce n'était pas ce qu'on pensait, ce qu'on nous a vendu, mais ce n'est pas grave. Du coup, quoi qu'il arrive, dans chaque expérience, on apprend des choses et on devient plus fort. Et du coup, on aiguise notre oeil et la prochaine fois, on se fera peut-être moins avoir. Quoi qu'il arrive, on apprend de toutes ces expériences. Moi, jusqu'à aujourd'hui, c'est ça qui m'a aidé tout au long de ma carrière.
- Speaker #0
C'est super. Et comment tu es rentré dans cet environnement des industries culturelles et créatives ?
- Speaker #1
Et bien, pareil, le facteur chance, opportunité, c'est que quand j'étais dans la société, dont je n'ai pas parlé tout à l'heure, où j'ai commencé le contrôle de gestion, j'ai été chassé pour intégrer le groupe Avas en tant que responsable du contrôle de gestion.
- Speaker #0
Ok. Tu avais quel âge à l'époque ?
- Speaker #1
J'avais 25 ans.
- Speaker #0
Ok. Wow, jeune.
- Speaker #1
25 ans, oui. 25 ans. J'avais une personne, une assistante du contrôle de gestion, du coup, à manager. Et là, Avas, du coup, c'était la filiale production du groupe Avas. qui faisait du documentaire pour Envoyé Spécial, Zon Interdit, de la distribution de reportages de documentaires, une partie aussi production audiovisuelle, puisqu'on faisait des films, et aussi ce qu'on appelle le brand content, des films institutionnels pour des marques. Et en fait, c'était un peu en sous-traité pour les filales du groupe Avas.
- Speaker #0
Donc là, tu as été lancé dans le grand monde, direct responsable du contrôle de gestion. Exactement.
- Speaker #1
Exactement, à 25 ans et j'y suis resté 2 ans pareil j'ai rencontré des super personnes le directeur financier du groupe Abbas à l'époque qui m'a lui pareil ouvert tout ouvert, ouvert le service de l'équipe il m'a fait confiance en fait sur la partie production pub et documentaire en fait on parle beaucoup de marge brute donc en fait on a un projet, on connait son chiffre d'affaires on sait quelle marge on veut avoir autour de 15-20% Et en fait, à la fin du projet, on regarde où en est la marge. Sauf qu'en fait, on s'est aperçu qu'entre l'engagement qu'on prend pour cette production et finalement la marge qui nous reste réelle à la fin, des fois, on était bien en dessous, voire en perte. Donc il m'a dit, comment on fait pour stopper ça ? Je lui ai dit, c'est simple, on prend un fichier Excel et en fait, on intègre la compta dedans. Et en fait, on automatise tout ça. En fait, on est là tant de bouille. En fait, au fil de l'eau, on voit ça. Il m'a dit, c'est bien, c'est bien, mais il faut rêver plus grand. Oui, j'aimerais bien, mais comment on fait ? Il me dit, écoute, moi, je suis aussi le boss du service IT. Donc, tu vas voir l'IT, tu leur fais une maquette de ce que tu veux et tu travailles avec eux pour voir comment on peut mettre ça en place.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Génial. Et donc, en fait, pendant deux mois, trois mois, je travaillais tous les lundis matins avec le service IT. En fait, je faisais ma maquette et en fait, on a monté un super outil qui permettait à chaque fois qu'un chargé de production demandait l'ouverture d'un projet. en fait ils s'engageaient sur un montant de chiffre d'affaires, une marge estimée. Et donc forcément, du coup, le delta, c'est les coûts. Et donc, dès que c'était validé par la direction, nous, le contrôle de gestion, on ouvrait ce texte analytique, ce projet. Et tout au long de la vie de ce projet, toutes les semaines, toute la compta était aspirée par ce logiciel. s'assurer qu'on avait bien facturé, mais au moins avoir un chiffre d'affaires prévisionnel. Et en fait, si on s'apercevait que les coûts étaient plus élevés que ce qu'on avait anticipé, enfin ce qu'on avait prévisionné, prévu.
- Speaker #0
Alerte, alerte.
- Speaker #1
Exactement, alerte, alerte. Et bien, il y avait un mec qui partait à tout le monde en disant, voilà, on devait avoir 10 000 euros, finalement, on a 12 000 euros. Personne ne nous expliquait, est-ce que vous avez du chiffre d'affaires en plus ? Et donc, du coup, une discussion était créée autour de cette alerte.
- Speaker #0
Et souvent, on le précise pour nos auditeurs et nos auditrices, Ce qu'on appelle la fonction support, à savoir les directions comptables et les directions financières, travaille avec beaucoup de transversalité avec les services de production ou autres services. Il ne faut pas chercher à opposer l'artistique de la finance. L'un ne va pas sans l'autre. Bien sûr. Parce que souvent, effectivement, dans les échanges que l'on a, on nous dit « Oui, mais nous, on est sur l'artistique. La finance, ça nous ennuie pour rester polis, tirer là-dessus. » Et souvent, la finance dit « Oui, mais nous, on n'est pas du tout des artistes et nous, on est très analytiques. » Et non, il ne faut pas chercher à opposer les deux. Je pense qu'une création, que ce soit un spectacle vivant, une production cinématographique ou quoi que ce soit, il faut travailler comme un chef d'orchestre, à l'unisson, pour que l'œuvre existe et que la rentabilité soit aussi là derrière.
- Speaker #1
Bien sûr. On est dans le même bâton, on rame tous dans le même sens. et en fait justement la finance doit être un peu le trait d'union entre... La finance au sens large, les producteurs, la partie créative, ils veulent faire des choses, mais en fait, c'est à nous de leur trouver des solutions. Moi, ce que je dis toujours, c'est que nous, on est au service des producteurs et des créatifs pour justement trouver des solutions. Mais aussi, il y a toujours une économie. On est tous là pour la rentabilité d'une société, au moins être à l'équilibre. Donc, les alerter, leur trouver des solutions. Et c'est ça la force d'un financier. Sinon, en fait, on est derrière un bureau, on parle à la personne et on s'ennuie. C'est pour ça que c'est intéressant de travailler dans ce milieu-là. On a les contraintes, mais aussi, il faut être proche de l'opérationnel, des producteurs, leur apporter des solutions. Et vraiment, savoir qu'ils peuvent compter sur nous, dès que ce n'est pas comme ils veulent, mais leur trouver une parade, en fait, et vraiment être partenaire.
- Speaker #0
Et cette première expérience, en tant que responsable du contrôle de gestion, tu es tombé dedans, en fait. C'est-à-dire qu'après, tu ne l'as plus quitté. Jusqu'à présent, on va y revenir. Donc, tu avais 25 ans à l'époque. Cette expérience a duré combien de temps ? Deux ans.
- Speaker #1
et du coup bah Grâce à cette expérience, j'ai été repéré par des producteurs et des chasseurs de têtes du milieu. Et à 27 ans, j'ai été chassé par un groupe, le groupe Banjé. qui cherchait à l'époque un responsable administratif et financier pour le système iMajor Company, la société de Michael Goleman, qui fait du financement participatif et qui, sur sa plateforme, proposait des artistes et les internautes les finançaient. Et à côté de ça, il a aussi monté une autre structure qui s'appelle Tipeee, qui existe toujours d'ailleurs, qui finance les streamers. Il y a un créateur de contenu, on aime bien ce qu'il fait, on lui donne des tips et du coup Tipeee centralise tout ça et reverse au créateur de contenu.
- Speaker #0
Là on parlait de My Major Company, sur laquelle tu es rentré. Tu peux nous présenter un peu plus Banijé pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas. C'est un très grand groupe.
- Speaker #1
C'est un très grand groupe, c'est le leader mondial de la production audiovisuelle. Ça a été créé par Stéphane Courby en 2007. Et aujourd'hui, en 2015, ils ont racheté Zodiac. En 2020, ils ont racheté Andemol. Là, ils sont fusionnés avec Ultrimedia. Et c'est un groupe qui doit faire, je ne sais pas aujourd'hui, 4 ou 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires avec un EBITDA entre 500 et 800 millions d'euros. C'est vraiment le leader audiovisuel, la production audiovisuelle. Pour donner un exemple, moi, quand j'étais chez Banijet, le groupe Banijet France, en fait, faisait 2000 heures de contenu par an pour les chaînes françaises. Et c'était du coup le leader.
- Speaker #0
Ok, t'es arrivé, enfin ça existait déjà bien évidemment, mais t'es quand même arrivé pas au début de l'aventure, mais le groupe BADJ existe depuis de nombreuses années. Ce projet auprès de My Major Company, c'était quelque chose qui était extrêmement innovant à l'époque. Quelle fonction tu as occupé précisément dans ce rôle-là au sein de My Major Company ?
- Speaker #1
J'accompagnais Michael dans la gestion de la structure. On a dû réduire des frais de structure, on a dû fermer des activités. recentrer des équipes. Donc on a fait des grosses économies à hauteur de 30% sur les frais de structure. J'ai dû intégrer du coup MyMajorCompanies dans le groupe Baniger parce qu'en fait avant ils n'étaient pas directement rattachés à Baniger. Donc on est passé en clôture, enfin ils étaient en clôture annuelle, on est passé en clôture trimestrielle. Donc c'était vraiment, ouais l'idée c'était vraiment d'être partenaire de Mickael qui est un super entrepreneur. Et en fait, l'aider sur la partie un peu financière et échanger avec lui, parce que c'est un entrepreneur qui a des idées tous les trois jours. Et donc, c'est super intéressant parce qu'en fait, il ouvre tout son carré d'adresse. Dès qu'on veut faire quelque chose, on voit que c'est un peu complexe. Il a toujours une solution ou un contact à nous donner qui, lui, a déjà fait ça avec sa structure. Vraiment, il m'a lancé dans l'entrepreneuriat. C'est en gros, je te fais confiance, je te donne les clés du camion, tu fais ce que tu veux, tu me conseilles, je te dis moi ce que je veux et toi, tu me conseilles et tu traduis ça dans la finance. Donc, c'est un super poste. Donc,
- Speaker #0
à 27 ans, puisque tu es rentré sur ce poste à 27 ans, ça a été accompagné, effectivement, Michael Goleman, dans cette structuration, dans ce développement qui était très fort à l'époque, par rapport, effectivement, au développement de My Major Company. C'est être aux côtés des dirigeants et accompagner le dirigeant. Le dirigeant reste sur le développement de sa structure et toi, tu l'aides à structurer, à garantir l'évolution, la rentabilité aussi financière. de son entreprise. Tu es resté combien de temps sur ce poste ?
- Speaker #1
Je suis resté deux ans et demi.
- Speaker #0
D'accord. Après, c'était quoi ? C'était une envie de pouvoir passer à un autre projet ? Ou est-ce que tu es resté dans le groupe ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Alors en fait, au bout de deux ans et demi, la mission était remplie. Enfin, je m'ennuyais. On a intégré du coup une majeure compagnie à BNG, on était en clôture trimestrielle, on avait perdu l'infrastructure. vraiment, je commençais à m'ennuyer, moi je n'aime pas être dans mes pantoufles, donc j'en ai commencé à en parler en interne, j'en ai parlé à Mickaël, et en fait il m'a dit, si tu vois quelque chose chez Ban Niger, on en parle, et j'ai surtout été très appuyé par Guillaume, qui lui était à la holding du groupe Love, c'est lui qui m'a recruté en 2015, il m'a toujours fait confiance, et j'en avais aussi parlé, et pareil, il m'a dit, si tu entends parler d'une opportunité où tu vois passer quelque chose, Rapproche-toi de Ben Nigey et on verra, on en parlera. Et c'est ce qui s'est passé parce que quelques mois après, la filiale Air Production, qui est la filiale, la société de Nagui, en fait, ils cherchaient un directeur financier. Donc, j'ai postulé comme tout le monde. J'ai fait les entretiens et ça s'est bien passé. Et j'ai eu la chance d'être recruté en octobre 2015. En octobre 2017, pardon. Je suis rentré chez My Major Company en avril 2015. J'ai intégré Air Production en octobre 2017.
- Speaker #0
Donc là, tu passes dans cet environnement que tu as accompagné ces dernières années. au-delà de UGC aujourd'hui, mais tu passes effectivement dans cet environnement de la production audiovisuelle auprès de Nagui, sur un poste où tu évolues du compte de ce poste, effectivement, sur un poste de directeur financier de plus grande échelle, en tout cas, puisque tu étais déjà directeur financier. Qu'est-ce qui a changé, justement, entre ce projet très entrepreneurial que tu as pu connaître ? Avec Michael Goleman et My Major Company, où tu as structuré et où à un moment donné, comme tu le disais, tu t'y ennuyais un petit peu parce que tout avait été fait et mis en place. Qu'est-ce qui t'a intéressé dans ce projet aux côtés de Nagui ?
- Speaker #1
C'était pareil de structurer la partie finance. Parce qu'à ce moment-là, Air Production rentrait en clôture mensuelle. Et en fait, il y avait un gros volume, il y avait plusieurs sociétés. en fait fallait en haut. Tout remettre à plat, créer des synergies avec les équipes comptables, bien analyser nos comptes. Du coup, pendant 3-4 ans, j'ai beaucoup travaillé pendant 3-4 ans pour justement assainir toute la partie comptable et pouvoir être à l'aise et pouvoir remonter les comptes plus rapidement au groupe.
- Speaker #0
Tu es encore une fois le nettoyeur, je dirais. Quand je dis le nettoyeur, je reprends cette image que tu donnais tout à l'heure parce que je vais t'appeler le nettoyeur maintenant, Jamel, si tu me permets. Je vais enregistrer ce... Ou le pompier. Ou le pompier de service. On remarque que c'est une image qui te va bien également. Comme quoi tu résistes et rêves de gosse.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc là, de la même manière, tu accompagnes Airprod dans cette responsabilité-là de DAF pour structurer et accompagner. C'est de toute façon le rôle d'un DAF, je dirais, d'accompagner ses dirigeants sur cette partie très opérationnelle, stratégique de mise en place. Cette expérience dure combien de temps aux côtés de Nagui ? Six ans.
- Speaker #1
Six belles années.
- Speaker #0
Six années riches, j'imagine. Super. Airprod s'est beaucoup développé en plus durant toutes ces années.
- Speaker #1
C'est beaucoup développé, ils sont lancés dans la fiction, c'est aussi des concerts, on a fait aussi une tournée de N'oubliez pas les paroles. Honnêtement, jusqu'à aujourd'hui, c'est ma meilleure expérience professionnelle.
- Speaker #0
Des bons souvenirs.
- Speaker #1
Oui, des super souvenirs.
- Speaker #0
Et on en parlait l'autre jour, justement sur cette expérience-là, c'est à ce moment-là que tu es passé réellement au management d'une équipe ? Est-ce que c'était quelque chose, comme tu le disais, 25 ans, 27 ans, on est On n'est pas formé, à proprement parler, à devenir manager, je dirais, d'une équipe. Je le sais parce qu'on en a beaucoup parlé. Tu as toujours été apprécié des uns et des autres par ta personnalité, ton côté solaire, cet engagement qui est le sien. Tu as managé des équipes à ce moment-là également ?
- Speaker #1
Oui, déjà chez Ava, je managais une personne. Chez MyManagerCompany, je managais deux personnes. Et chez Air Production, je managais à part deux personnes.
- Speaker #0
D'accord. Tu es resté effectivement sur des équipes à taille humaine, je dirais, par rapport à tout ça. Donc, six belles années d'expérience. Et là, qu'est-ce qui se passe ? Tu as une opportunité qui se présente à toi.
- Speaker #1
Oui, j'ai une belle opportunité. Et c'est surtout au bout de six ans, je m'étais dit que j'avais fait le tour. C'est un peu ce que je disais tout à l'heure, il ne faut pas s'enfermer. C'est bien, mais en fait, là, j'avais 35 ans. Ça fait six ans, j'ai fait le tour, ça roule. On remonte les chiffres au groupe à J plus 2. Tout est un peu huilé. C'est toujours les mêmes sujets qu'on retraite. Donc, on sait exactement par où passer. Il n'y a plus de...
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
ça roule. Ça roule. Du coup, on se croise un peu moins les ménages. Donc là, on vient me chasser pour une opportunité chez Robenco, qui venait d'être acheté par le groupe Fédération. Robenco, c'est Camelot, Caméra et Café. Ils font aussi pas mal de films de cinéma. Ils faisaient pas mal aussi de séries. Et donc là, on propose un poste de DAF chez Robenco. Et je me suis dit, bon, c'est peut-être l'occasion, parce que j'ai fait beaucoup de flux, j'ai fait de la fiction chez Air Production, mais je n'ai jamais fait de cinéma, je n'ai jamais fait vraiment que de la fiction. Et bien, c'est la seule occasion, parce qu'on est tous passionnés de fiction, de cinéma. Enfin, moi, je suis passionné de cinéma. Donc, je me suis dit, pourquoi pas ? Et donc, j'y suis allé.
- Speaker #0
Rajouter une corde à ton arc dans ton parcours, encore une fois, ne pas s'arrêter sur des acquis, se challenger. Je pense que c'est ce qui te caractérise le mieux par rapport à ça. Tu rentres chez Rovincos dans cette... dans cette structure qui appartient au groupe Fédération, je crois, à ce moment-là, en tout cas. Tu y restes combien de temps ? Qu'est-ce qui se passe ? Quel était le projet ? Et comment tu évolues justement sur cette fonction-là ? Et puis après, on en reviendra à ton expérience actuelle.
- Speaker #1
J'y reste un an. C'était assez court. Il y avait des choses qui allaient, d'autres qui allaient un peu moins bien. Et en fait, j'ai eu une super opportunité dans une petite structure de publicité. Et voilà, c'est pour ça que j'ai préféré quitter mon poste.
- Speaker #0
Pareil, on ne s'endort pas sur des acquis avec Jamel.
- Speaker #1
Exactement, c'est ça.
- Speaker #0
Donc là, c'est Solapfilm, je crois, si je ne me trompe pas.
- Speaker #1
Du coup, je suis resté un an après chez Solapfilm. Une super structure qui fait des films publicitaires, qui est sous-traitant. Ils travaillent beaucoup avec les agences de pub ou des clients directs. Ils font par exemple les pubs Winamax, les pubs Peugeot. J'ai coupé en tête des pubs de luxe, de produits de luxe. C'était super. Ils se lançaient aussi dans la partie série, fiction. Ils font une grosse fiction pour Apple, pour la plateforme Apple. Ils se lancent aussi dans le cinéma. C'était super. Donc là, c'était accompagné des trois associés qui ont monté ça en 2007. Et en fait, la société a grossi, a grossi. En fait, ils voulaient structurer parce qu'ils n'ont jamais réellement eu de DAF. Donc, je suis venu pour structurer tout ça. J'ai mis des choses en place. Et en fait, moi, j'étais DAF. Il y avait un comptable qui était là deux jours par semaine. Il y avait aussi une restauration de production. Donc, je chapeautais un peu tout ça. Et avant, je dis, bon, c'est quand même une structure à taille humaine. On est 15 personnes. Est-ce qu'ils ont réellement besoin d'un directeur financier ou plutôt d'un... responsable comptable, responsable administratif et comptable, qui va gérer et la comptabilité, surtout que la personne qui faisait la compta, deux jours par semaine, cette personne souhaitait partir à la retraite. Est-ce que je suis bon profil ? Moi, je suis vraiment un directeur financier. Je ne suis pas comptable, je suis directeur financier slash contrôle de gestion. Je ne sais pas faire de la compta, donc je vous dis, peut-être qu'une petite structure comme ça, il leur faut peut-être plutôt une personne qui fait et la compta, et l'administratif et le, comment dire, superviser la partie finance.
- Speaker #0
Tu t'es rendu compte ? peut-être justement en reprenant ce poste même si le projet était très intéressant comme tu l'évoquais il y a apparemment deux super dirigeants trois super associés trois super associés que ton profil était peut-être un peu en décalage je dirais à ce moment-là bien évidemment dans les attentes du poste et dans le développement aussi de la structure et c'est très honnête de ta part parce que je crois qu'on en parlait avec beaucoup de sincérité aussi à ces dirigeants-là qui bien sûr avaient besoin de ton accompagnement de ton aide et je crois que c'est à ce moment-là qu'une opportunité s'est aussi présentée à toi.
- Speaker #1
Exactement. Donc j'étais déjà en réflexion pour me dire, je ne suis peut-être pas la bonne personne à ce poste-là parce que peut-être que je suis surcapé, surdimensionné pour cette structure et voilà moi, il faut être honnête dans la vie et surtout ces associés, je les adore ces gars, on est vraiment devenus amis. Donc j'aurais dit moi je vous donne un conseil comme j'aurais aimé qu'on me donne un conseil si j'étais à votre place. J'ai mon salaire, Prenez plutôt quelqu'un qui fait et du financier, parce que moi, je fais des micro-tâches. Et alors que j'ai du temps libre, je pourrais faire de la comptabilité, alors que vous pouvez avoir une personne qui ferait les deux. Donc, c'est la décision qui a été prise et c'est ce qu'on a fait. Et c'est vrai qu'en parallèle de ça, on m'a proposé un poste de directeur du contrôle de gestion chez UGC. Donc voilà, l'un dans l'autre. C'est pour ça que ma décision s'est accélérée. et c'est pour ça que
- Speaker #0
UGC, tu m'arrêtes si je me trompe, je crois qu'on en avait parlé, appartient au groupe Canal+. Qu'est-ce qui s'est passé ? Parce qu'il y a eu pas mal de changements, je crois.
- Speaker #1
C'est ça. UGC, en fait, est rentré au capital. Canal+, est rentré au capital d'UGC en octobre, si je n'ai pas de bêtises, en novembre 2025, qui sont rentrés à hauteur de 34%.
- Speaker #0
D'accord. Donc, au départ, ils étaient indépendants. C'est ça. Et il y a eu cette entrée de Canal+, au capital. C'est à ce moment-là ? que tu es rentré, toi, ou en amont ?
- Speaker #1
Je suis rentré un peu en amont. Je n'étais pas dans le secret des dieux, mais peut-être que quand ils m'ont recruté, ils avaient des infos que moi, je n'avais pas. Mais en tout cas, ils voulaient un directeur du contrôle de gestion pour travailler avec la directrice financière et un peu, pareil, restructurer toute cette partie UGC images. Et pas UGC, c'est la partie exploitation de salles de cinéma. UGC images, c'est un producteur de séries, de films. Comme qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu, Amélie Poulin, les Ducos Vues. En temps de séries, c'est HPI, Mastercrime, Flashback. On fait des séries pour Netflix, pour Disney, pour HBO, pour Amazon. Et c'est à peu près entre 5 et 8 films par an et on fait à peu près autant de séries, entre 6 et 10 séries par an.
- Speaker #0
Vous êtes combien de collaborateurs dans cette structure ?
- Speaker #1
On est, je ne sais pas le chiffre exact, mais je pense qu'on est autour d'une soixantaine.
- Speaker #0
D'accord, 60 personnes. Sur ce poste, comme tu le disais, jusqu'à présent, tu étais sur ces postes de directeur financier. Pour nos auditeurs et nos auditrices, toujours pour bien marquer la différence, c'est quoi la différence entre être directeur financier et directeur du contrôle de gestion ?
- Speaker #1
Directeur financier, on gère et le service comptabilité et le contrôle de gestion. et l'administratif et aussi un peu d'Arach et un peu d'IT. Par exemple, quand j'étais chez Air Production ou quand j'étais chez Rogan ou quand j'étais chez Solab à plus petite échelle, j'avais en charge... Et la comptabilité, et le contrôle de gestion, et la trésorerie, et l'IT, et la partie aussi un peu RH. Donc, c'est vraiment un champ de plus large. En fait, c'est vraiment un directeur administratif et financier.
- Speaker #0
360 degrés. Exactement. D'accord.
- Speaker #1
Là, aujourd'hui, je suis directeur du contrôle de gestion. Donc là, je dois vraiment m'occuper que de la partie contrôle de gestion. Donc, c'est mettre en place des process, mettre en place des outils, restructurer les choses, travailler avec la compta. Ce n'est pas pour autant qu'on travaille pas avec la compta, bien au contraire. Parce que nous, au contrôle de gestion, ce qu'on fait, c'est qu'on prend la donnée, la data de la compta. Et en fait, on retravaille avec eux. On analyse ce qui est dans les comptes et on s'assure que toutes les provisions sont bien passées. Et en fait, on sort tout ce qui est KPI, tout ce qui est analyse. Et donc, en fait, tout sort de la compta. Donc, le plus important, c'est que la compta soit vraiment travaillée en collaboration avec la comptabilité. Donc, c'est principalement ça. Donc, j'ai moins la charge. Enfin, je n'ai pas la charge de la comptabilité. Je n'ai pas la charge de toute la partie administrative RH, mis à part mon équipe contrôle de gestion parce que j'ai deux personnes dans mon équipe. On a aussi toujours un peu la gestion de la trésorerie, parce qu'en fait ici on a une personne en interne qui gère la partie trésorerie, mais on a toujours une relation avec elle, parce que c'est nous qui sommes en relation avec les opérationnels, avec la compta, donc c'est nous qui nous donnons l'info, donc en fait on a un peu la pièce maîtresse au milieu de tout ça.
- Speaker #0
Sur cette opportunité qui t'a été proposée par EGC, dans ce rôle de directeur de contrôle de gestion, ça fait combien de temps que tu es sur cette fonction maintenant ?
- Speaker #1
Ça doit faire, oui, 7 mois, 8 mois. 8 mois, oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as découvert de différent, je dirais, par rapport peut-être... Bien sûr, les responsabilités n'étaient pas les mêmes, comme on vient de le dire dans tes précédents posts. Qu'est-ce qui est hyper stimulant ? On te sent bien dans ce poste-là. Qu'est-ce qui est hyper stimulant par rapport à ce que tu as connu, peut-être précédemment ?
- Speaker #1
Précédemment, j'ai fait... Si on reprend le banier où j'étais pendant 9 ans, donc j'ai fait 2 ans et demi dans la partie vraiment industrie musicale, 6 ans dans la partie vraiment ce qu'on appelle le flux, donc vraiment des émissions de télé, des jeux du divertissement. Et là, ce qui est vraiment stimulant, c'est que là, on est vraiment de la série, du cinéma. Moi qui suis fan de cinéma, par exemple, quand j'étais jeune, dès que j'ai commencé à travailler, on a tendance, comme on a parlé tout à l'heure, après un chose que j'ai fait, j'ai fait deux choses. C'est prendre un amendement à Canal+, pour un dernier match de foot, mais vrai, véridique. Et prendre un amendement UGC illimité pour aller au cinéma. C'était un signe ! Bah ouais, c'est vrai ! Et pour être honnête, tout à l'heure je disais que quand j'ai commencé l'alternance, c'était dur pour moi, c'est vrai, les deux trois années étaient dures. Et bien en fait, mon petit réconfort, c'était quoi ? C'était tous les vendredis, je travaillais à la Défense, tous les vendredis j'allais à la FNEC de la Défense et je m'achetais à l'époque des DVD, des films en fait, pour aller le week-end, pour aller à des films, parce qu'en fait j'étais passionné, oui, de films, de cinéma et de foot.
- Speaker #0
C'est marrant parce que justement, tu parlais de la série Flashback qui est actuellement diffusée, je crois, sur TF1. Qui revient en arrière, justement, comme son nom l'indique, effectivement, sur un peu comme en retour vers le futur, juste dans cette époque-là. C'est marrant, effectivement, de se dire, tu parles de DVD, on parle de CD, effectivement, avec nos invités. Et c'est là où on se rend compte qu'on vit l'innombrable. Ouais,
- Speaker #1
c'est clair.
- Speaker #0
Jamel, merci beaucoup pour cette présentation de ton parcours. J'ai encore deux questions si tu me permets. On parle souvent dans notre secteur de métier passion. C'est un terme qu'on entend à tout va. Quelle signification tu donnerais toi au métier passion dans ta vision ? Est-ce que tu penses que c'est un terme qui est trop galvaudé dans cet environnement des industries culturelles et créatives ? Est-ce que c'est vraiment... Tu considères toi-même aujourd'hui que tu fais un métier passion à travers ton rôle, ton ex-rôle de directeur financier, aujourd'hui ton rôle de directeur du contrôle de gestion dans cet environnement, ou est-ce que tu serais complètement prêt à partir dans un autre environnement ? Ou est-ce que ça serait difficile au contraire ?
- Speaker #1
Non, ça serait difficile.
- Speaker #0
Ouais ?
- Speaker #1
Ça serait difficile parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, moi je suis passionné de séries, de cinéma. Et c'est vrai que travailler dans une belle maison comme UGC, que ce soit partie salle de cinéma ou production, encore plus, là, on est vraiment dans la production de cinéma. Enfin, non, non, c'est vraiment un métier passion. Et en fait, on touche des chiffres, mais ce n'est pas des simples chiffres. Parce qu'en fait, on sait que derrière, il y a une économie d'infiline. On rentre dans les détails, comment ça s'est passé sur le tournage. Ah, il y a eu un problème avec une assurance. Ah, mais attends, mais comment il faut le régler ? On appelle l'admin des prods. Comment ça s'est passé ? On assiste à des tournages. Non, c'est super. Non, on a de la chance.
- Speaker #0
Et puis c'est vrai que quand on est, alors toi tu es de l'autre côté, je dirais, de l'écran, que ce soit celui du cinéma ou de la télévision, mais c'est vrai que quand on est spectateur ou téléspectateur, je dirais, d'une émission, on n'imagine pas tout ce qu'il y a derrière. Je me rappelle, il y a quelques années, quand j'ai commencé à regarder, tu sais, après, quand on va au ciné, qu'on regarde un film, il y a la fin, et puis il y a tous les noms qui défilent, quand on se rend compte du monde, en post-prod, toutes les... tous les métiers qui existent derrière. Je regarde toujours les noms des directeurs financiers, des chefs comptables maintenant et de tous ces métiers. Mais on ne se rend pas compte de tous les métiers qui existent derrière. Jamel, c'est déjà la fin de cette interview. Un immense merci à toi. Je termine toujours cette interview auprès de mes invités en leur posant une dernière question. Si tu avais un conseil... Une phrase, une citation, c'est ce que tu veux, à donner à une personne qui nous écoute et qui se dit « Bravo Jamel pour ce parcours, j'ai découvert ton parcours et j'aimerais bien aller moi-même sur cette voie. » Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui nous écoute et qui se dit « Ben ouais, c'est possible, tiens. »
- Speaker #1
Le travail, la persévérance, le sérieux, saisir les opportunités, ne pas se mettre de limites et surtout rester soi-même. parce qu'en fait moi par exemple, oui j'ai grandi en brûlure j'ai grandi à l'argenteuil et en fait quand j'ai commencé, au début quand j'étais à la défense, je me suis dit purée j'ai pas les codes je suis en décalage mais en fait, plus expérimenté, plus moi je suis comme je suis, les gens soit ils m'acceptent bah tant mieux, s'ils m'acceptent pas tant pis j'irai où on m'accepte comme je suis et en fait les différences de chacun, le parcours de chacun est une force en fait et ça faut vraiment pas se travestir, en fait il faut rester comme on est Merci. Il faut être fier de ce qu'on a fait, de notre parcours, de notre enfance, de nos origines, de tout. Parce qu'en fait, c'est une force. Et soit les gens nous acceptent, soit ils ne nous acceptent pas. Mais de toute façon, ce monde a besoin de diversité. Et encore plus dans les milieux où on travaille, c'est la diversité qui fait la force.
- Speaker #0
C'est un super mot de la fin. Merci Jamel pour ce partage. Merci d'avoir accepté mon invitation. Merci à toutes et à tous pour votre écoute. J'espère que cet échange vous aura permis de mieux comprendre le parcours, les choix. et la réalité du métier présenté aujourd'hui et peut-être même de susciter des vocations encore une fois ou d'ouvrir de nouvelles perspectives dans vos parcours professionnels. On se retrouve dès le mois prochain pour un nouvel épisode de Je me voyais déjà avec un nouvel invité et une nouvelle histoire de parcours au cœur des industries culturelles et créatives. D'ici là, si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager autour de vous, à le relayer auprès de vos réseaux et à nous laisser un commentaire. Vos retours sont précieux et contribuent à faire connaître ces métiers souvent méconnus mais essentiels. A très bientôt pour un prochain épisode.