- Speaker #0
On va tous être confrontés, un jour ou l'autre, à être recrutés ou à recruter en fait.
- Speaker #1
Ce décalage entre ce que les candidats pensent devoir faire et ce que les entreprises attendent réellement sur le terrain.
- Speaker #0
S'il y a bien un moment où on va se retrouver en introspection avec soi-même, ça va être ce moment de recherche d'emploi.
- Speaker #1
La recherche d'emploi, c'est devenu un véritable parcours d'endurance psychologique.
- Speaker #0
On a aujourd'hui des trajectoires qui sont de plus en plus variées et non linéaires.
- Speaker #1
Est-ce qu'on dit réellement toute la vérité aux candidats ?
- Speaker #0
Évidemment, toi et moi, on prêche une parole d'un recrutement qui soit qualitatif des deux côtés. Joborama, votre coup de boost et panorama sur l'emploi.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Joborama, le podcast qui explore les coulisses de l'emploi, du recrutement et du monde du travail. Je suis Jonathan Gozart. experts RH, recruteurs indépendants et chroniqueurs médias spécialisés en emploi. Aujourd'hui, les règles ont changé, les attentes ont changé, les outils aussi. Et au milieu de tout ça, les candidats comme les entreprises doivent apprendre à naviguer dans un environnement devenu beaucoup plus complexe. On parle beaucoup de pénurie de talent, de marché sous tension, de candidats exigeants ou d'entreprises qui peinent à recruter. Mais derrière ces grands discours, il y a surtout une transformation. profonde du monde du travail. Un monde où le CV ne suffit plus, où le mindset compte autant que les compétences et où la capacité à se projeter, à rebondir et à rester persévérant fait souvent toute la différence. C'est ce que je vous propose de voir dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui dans Joborama, on va parler d'un sujet que tout le monde pense connaître, mais que peu comprennent vraiment, le recrutement nouvelle génération. Pas seulement le recrutement digital, pas seulement les plateformes, les algorithmes ou les outils, mais le recrutement tel qu'il se vit dans la tête des candidats, dans la réalité des entreprises et dans un monde du travail en pleine transformation. Parce qu'aujourd'hui, chercher un emploi, recruter, se positionner, convaincre, ça n'est plus seulement une question de compétence ou de CV, c'est surtout une question de mindset, de posture. de lucidité et de résilience. Et surtout parce qu'en recrutement, il y a une vérité qu'on oublie trop souvent. Tant qu'on n'a pas lâché, rien n'est vraiment terminé. Pour en parler, j'ai le grand plaisir d'accueillir Jenny Gauthier-Vallée, directrice générale et cofondatrice du Mercato de l'Emploi, réseau de recruteurs indépendants auquel j'appartiens d'ailleurs et autrice du livre « Faites-vous recruter » . On va en parler. Bonjour Jenny et bienvenue dans le Joborama.
- Speaker #0
Bonjour Jonathan, merci de m'accueillir. Je suis ravie d'être à tes côtés.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, avec grand plaisir. Merci sincèrement d'avoir accepté mon invitation. Je suis à quel point ton agenda est chargé. C'est d'autant plus précieux de t'avoir avec nous aujourd'hui. Alors, avant d'entrer vraiment dans le vif du sujet, même si on a très envie d'aller dans le concret directement, est-ce que tu peux te présenter brièvement pour nos auditeurs et nous dire un petit peu ce qui t'a donné envie d'écrire ce livre « Faites-vous recruter » .
- Speaker #0
Alors, Jenny Gauthier-Vallet, j'ai passé la quarantaine il n'y a pas beaucoup de temps et ça fait maintenant près de dix ans que je suis dans l'univers du recrutement. puisque j'ai cofondé en 2016, le tout début de l'aventure du Mercato de l'Emploi, c'est 2016. Donc j'ai cofondé le Mercato avec Julien Badre, mon associé, le premier réseau national de recruteurs entrepreneurs. On a vraiment contribué à démocratiser le marché du recrutement en voulant une approche qui soit beaucoup plus humaine, beaucoup plus axée dans les territoires aussi, tout en associant beaucoup de digital dans nos pratiques, parce que le marché évolue comme ça. Et avant ça, j'ai travaillé une dizaine d'années dans le monde de la finance à Paris. J'ai fait de l'audit, j'ai fait beaucoup de choses et coordonné l'intégration d'une filiale. Et à la fin, je travaillais auprès de la direction des ressources humaines sur tous les projets transverses RH. Voilà, donc j'avais mis un petit peu le pied dans les RH, mais je ne suis pas un pur produit recrutement. Je le suis depuis maintenant près de dix ans. C'est un univers qui me passionne et qui évolue à une grande vitesse.
- Speaker #1
Et alors, pourquoi ce livre du coup ? À quel moment il y a eu ce déclic de dire, il faut que j'écrive un livre sur ce sujet ?
- Speaker #0
Alors, en toute transparence, ce sont les éditions Erol qui sont venues me chercher, puisque j'étais très flattée de ça, parce que ce qui s'est passé, c'est qu'elles ont découvert le mercato de l'emploi sur les réseaux. Ils ont apprécié notre façon de voir le monde et le recrutement en France, et de dire, on aime bien votre approche, elle est moderne, elle est dynamique, elle est positive, et on a vraiment envie de créer un ouvrage dans la bibliographie de la recherche d'emploi, qui est ce ton-là. Et effectivement, moi, ça a été un déclic, ça a vraiment été un déclic. C'est même elles qui ont apporté le titre. faites-vous recruter. En effet, quand tu regardes la bibliographie des livres liés à la recherche d'emploi, je trouvais ça toujours un petit peu négatif, pas très passionnant, intéressant, alors que c'est un sujet qui peut l'être. Et c'est vraiment ce que j'ai voulu faire. J'ai voulu, à travers cet ouvrage, rendre positif la recherche d'emploi, la reconversion professionnelle, de dire que c'est un passage dans notre vie qui peut être bien vécu. et qu'il est beaucoup conditionné, tu l'as dit en introduction, non pas qu'à une question de CV et de compétences, même si ça fait partie des fondamentaux, ils ont évolué, mais maintenant, c'est bien plus que ça et c'est aussi beaucoup lié à une approche de notre mindset. Et donc, il y a beaucoup de parallèles aussi qui se font avec l'entrepreneuriat dans ce livre-là parce que je trouvais qu'il y avait beaucoup de parallèles entre une période... qui peut être difficile, on va rechercher un emploi et une période d'entrepreneuriat, donc de aussi partager mon expérience et mon expertise sur le monde de l'entrepreneuriat et l'associer à cette recherche d'emploi, le rendre positif et le rendre aussi très concret et pragmatique.
- Speaker #1
Peut-être pour poser un peu le cadre pour nos auditeurs qui ne sont pas forcément tous au courant de ce qu'on peut mettre derrière le recrutement aujourd'hui. Toi, avec ton regard de dirigeante et d'observatrice du marché, qu'est-ce qui te vient un peu spontanément aujourd'hui quand on évoque le recrutement ?
- Speaker #0
Une période de vie qui est pour moi indispensable. Ça veut dire qu'on va tous être confrontés un jour ou l'autre à être recrutés ou à recruter en fait. Et ça, on peut l'oublier parfois. que ça peut aussi tous nous arriver de vivre des transitions professionnelles, d'être au chômage, et que c'est normal et que ça s'apprend en fait. Et c'est aussi peut-être ça un des sujets, c'est qu'on n'apprend pas à l'école à faire un CV, alors même s'il y a des choses qui existent, la découverte des métiers. Donc on n'est pas forcément bien préparé au recrutement alors qu'on va y être confronté et qu'aussi ce sont deux mondes. qui ne se connaissent pas ou peu de monde, j'entends côté candidat et côté entreprise. Donc, c'est de monde qui ne se connaissent pas forcément et qui ne se comprennent pas forcément. Il n'y a pas forcément un alignement. On a dit qu'il y avait eu des périodes dans l'histoire du recrutement où c'était plutôt l'entreprise qui avait tout pouvoir quand on restait 30 ans, 40 ans dans la même entreprise. Et aujourd'hui, on est passé à une époque où, au contraire, il y a beaucoup plus de mobilité professionnelle. Il y a eu le Covid. Il y a eu plein de choses qui sont arrivées ces dernières années qui ont profondément transformé le monde du recrutement et de l'emploi et où il y a eu... un renversement du pouvoir, on va dire, dans le recrutement. Le candidat a pris un peu plus de place et je trouve ça assez juste. Donc, le recrutement, c'est un marché qui évolue très vite aujourd'hui et auquel on est tous confrontés un jour ou l'autre dans notre vie. Et c'est normal. Donc, il faut apprendre à maîtriser ses codes.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Tu parlais, chose intéressante, de cet incompris parfois qu'on a entre candidats et entreprises. Justement, c'est quoi aujourd'hui le plus grand malentendu que les candidats, ils entretiennent un petit peu encore sur le recrutement ?
- Speaker #0
J'en vois plusieurs. Il y en a un que je vois souvent et ça peut se comprendre. Et je vais parler là avec plutôt ma casquette de chef d'entreprise et d'entrepreneur. C'est peut-être qu'un candidat, il va trop penser qu'il est attendu dans le monde de l'entreprise. C'est un peu dur à dire. ce que je dis, je vais peut-être mettre les pieds dans le plat à certains moments, mais je le vois dans les CV en fait. On le voit dans la façon dont des candidats peuvent rédiger des CV. Ils vont mettre une liste de compétences ou de missions qu'ils ont pu faire tout au long de leur vie en disant ça c'est ce qu'il faut pour l'entreprise, c'est ça. Et ils oublient en fait que derrière l'entreprise, avant tout, elle a besoin d'être performante et qu'on doit lui parler en termes de résultats plus que de missions. Donc souvent je travaille énormément avec les CV et j'en parle beaucoup dans le livre de dire mais surtout mettez en avant votre valeur ajoutée, vos bénéfices et vos résultats. Peu importe les fonctions que vous avez exercées dans votre carrière même. Des fois, on me dit « ouais, mais je n'ai pas fait une fonction productive, je travaille dans la com » . Ben si, en fait, tu peux traduire ça. Ça demande de la réflexion, ça demande du temps, de la préparation. Mais vraiment avoir une orientation qui soit beaucoup plus tournée résultat, parce que c'est ça qui va plaire aux entreprises aujourd'hui, en fait. Voilà, et deuxième aspect qui est un peu lié à ça et qui vient un peu contrebalancer, elle veut des gens qui soient performants. Elles veulent aussi des personnalités. Et donc, on a beaucoup parlé de savoir-être ces dernières années. Donc, c'est sûr, c'est une combinaison qui est assez complexe d'être aussi performant que d'avoir des personnalités, mais elles veulent avoir des personnes qui ont aussi des savoir-être qui correspondent aux leurs. Et donc là, je me place plutôt au candidat de trouver des entreprises qui savent exprimer aussi. s'il y a des entreprises qui nous écoutent, leur valeur aussi ajoutée à elles, parce que ça va dans les deux sens. Tout à l'heure, je parlais de pouvoir. Donc, c'est aussi comment on équilibre le pouvoir entre les entreprises et les candidats, et comment les entreprises, elles arrivent aussi à valoriser ce qu'elles peuvent apporter aux candidats en termes de vision, de mission, etc. Donc, c'est les deux choses que je vois, les résultats et savoir exprimer aussi toute sa partie savoir-être pour s'intégrer pleinement dans la bonne entreprise qui va lui correspondre.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Il y a des prises de recul, en tout cas des réflexions sur le sujet du recrutement à avoir des deux côtés, à la fois quand on est candidat et à la fois aussi en termes d'attente du côté des entreprises. En tout cas, on voit bien avec tout ce que tu évoques qu'on est sur un sujet qui est dense, parfois peut-être un peu dur, souvent déroutant pour certains. Et l'idée, c'est d'un petit peu éclairer avec cet épisode sur un certain nombre de points, mais pour découvrir aussi surtout que c'est plutôt plein d'opportunités, le monde de l'emploi, quand on change un petit peu de regard. On y va ?
- Speaker #0
On y va, je suis prête.
- Speaker #1
Allez, c'est parti. On parle beaucoup de pénurie de talent, de marché sous tension, de candidats devenus soi-disant trop exigeants. Ce qu'on dit moins, c'est que le recrutement, il a quand même profondément changé des deux côtés de la table ces dernières années. On vient de l'évoquer en introduction. Côté entreprise, on ne recrute plus uniquement des compétences, on recrute des trajectoires, une capacité d'adaptation, une lecture du changement, un état d'esprit. Et côté candidat, les repères, ils ont aussi explosé. On va le voir, plus d'offres. plus de canaux, plus de possibilités, mais aussi plus de concurrence, ce qui amène plus de doutes dans la tête des candidats et donc plus de fatigue mentale à terme. Jenny, avec ton regard de chef d'entreprise, qu'est-ce qu'il y a selon toi ? le plus changé dans le recrutement ces dernières années ?
- Speaker #0
Il y a beaucoup de choses qui ont changé. Il y a ce qu'il faut bien comprendre déjà quand même, parce que ça peut rassurer aussi ceux qui nous écoutent. Le marché du recrutement, il a toujours changé. C'est vieux comme le monde que les choses évoluent. Ce qui est assez nouveau dans ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui, c'est la vitesse à laquelle les choses changent en fait, notamment avec le digital et l'avènement de l'intelligence artificielle. Et ce que je vois particulièrement, C'est côté candidat, il y a quand même une réalité, si on prend ne serait-ce que l'exemple de nos parents, en tout cas les miens ont été fonctionnaires toute leur vie dans la même entreprise, c'est qu'on a aujourd'hui des trajectoires qui sont de plus en plus variées et non linéaires. On reste moins dans la même entreprise, même si c'est tout à fait louable et une belle carrière de pouvoir le faire. Mais voilà, on a vu ces dernières années, le Covid a été un accélérateur aussi de ça. Les nouvelles générations aussi nous poussent à repenser nos carrières. mais on va se poser plus de questions sur la façon dont on veut intégrer notre carrière professionnelle dans notre vie en général. La fameuse quête de sens, d'équilibre. Et puis aussi, il y a côté mode de travail. On voit évidemment, ça on le sait, beaucoup plus de télétravail, de flex office, des gens qui vont aller travailler à l'étranger pour des entreprises en France. Donc tout ça, c'est quand même vraiment nouveau. Avant, on parlait de CV atypique quand on avait changé d'entreprise. Aujourd'hui, moi, je trouve que ça devient presque la norme en fait. On a beaucoup plus de reconversion professionnelle aussi, ou en tous les cas, beaucoup plus de volonté de reconversion professionnelle au cours de sa vie. On est capable de changer de métier une fois, voire plusieurs fois. Et au contraire, moi, je trouve ça d'une grande richesse de pouvoir le vivre. Donc ça, c'est vraiment côté candidat, ce qui a beaucoup évolué. La volonté aussi, on en parle beaucoup, même dans les médias qu'on peut faire en commun. Jonathan, sur BFM, les sujets de RSE en entreprise. Le fait de se dire, je vais travailler dans une entreprise parce qu'elle a un impact social, sociétal, environnemental, c'est essentiel pour moi de le faire. Sinon, je refuse de travailler dans une entreprise qui ne serait pas alignée avec mes convictions. Ça, c'est particulièrement la jeunesse. Puis après, on va choisir une entreprise aussi pour d'autres raisons que la rémunération, même s'il ne faut pas se cacher que la rémunération reste un levier. Il y a de plus en plus de personnes qui vont mettre d'autres critères. comme on l'a dit, le sens, l'équipe de vie, l'ambiance au travail dans leurs attentes. Donc ça, c'est complètement nouveau et c'est très déstabilisant aussi pour un recruteur, un RH ou une entreprise. Avant, c'était, j'allais dire, presque plus simple de recruter. Il y avait moins cette variété de compréhension. Donc c'est là aussi le fait de dire que je trouve que le métier de recruteur est devenu, entre guillemets, ça l'était déjà, mais un vrai métier, mais c'est professionnalisé énormément, demande encore plus de compétence. d'outils pour arriver à faire matcher les attentes des candidats et ce qu'attend vraiment l'entreprise. Et puis même après, le métier de RH à l'interne pour la gestion des carrières, la mobilité géographique, l'intrapreneuriat, on voit ça aussi émerger, l'intrapreneuriat, les slasheurs, toutes ces nouvelles formes aussi de travail dans les organisations qui demandent une énorme gymnastique intellectuelle pour les organisations à l'interne.
- Speaker #1
Tu citais la jeunesse comme ayant beaucoup plus d'exigence aujourd'hui dans leur poste, et notamment cette idée de quête de sens qui est beaucoup plus prononcée qu'avant. Est-ce que justement tu penses que ces changements importants de ces dernières années sont plutôt, j'allais dire, générationnels ou sociétals ? Lequel des deux a entraîné l'autre ?
- Speaker #0
Bonne question. Il y a eu les deux qui se sont confrontés. Les deux, générationnels et arrivés en même temps que le sociétal aussi, notamment avec le Covid. J'ai quand même l'impression que le générationnel a pris un peu le pas et qui l'inspirent. pire les autres générations aujourd'hui, parce qu'on parle beaucoup des jeunes qui demandent plus d'équilibre, mais on voit, même notamment au Mercato, on a une belle population de seniors, on voit qu'ils prennent en main leur destin bien plus que ce qu'ils pouvaient le faire auparavant, et qu'eux aussi vont entrevoir des trajectoires qu'ils n'auraient pas imaginées il y a quelques générations, donc je dirais le générationnel, le sociétal, et puis en plus maintenant que ça embarque tout le monde, les représentants, ça touche tout le monde aussi.
- Speaker #1
En tout cas, je trouve que ce qui frappe le plus aujourd'hui, c'est un petit peu justement ce décalage entre ce que les candidats pensent devoir faire et ce que les entreprises attendent réellement sur le terrain. Beaucoup continuent d'appliquer des recettes, tu disais, qui ont fonctionné. Tu parlais de tes parents, voilà, dans les générations d'avant, il y a 10 ou 15 ans, et des CV qui vont être très descriptifs, des lettres de motivation qui vont être très standardisées, bien qu'on y revient quand même largement avec l'apparition de l'intelligence artificielle. Le marché aujourd'hui, il ne fonctionne plus en vase clos. Selon toi, est-ce que ces anciennes méthodes... Est-ce que c'est qu'elle fonctionne de moins en moins ou est-ce qu'on n'attend plus les mêmes choses en fait ? Est-ce que finalement, un bon dossier sur le papier, est-ce que ça suffit aujourd'hui à faire la différence ?
- Speaker #0
Forcément, pour moi en tous les cas, de mon regard, c'est la façon dont on a construit le Mercato en se disant que, je peux prendre l'exemple de nous qu'on a vécu au Mercato, si on l'a créé, c'est bien parce que mon associé Julien était chef d'entreprise d'une PME et il était le premier à dire... qu'il n'arrivait plus à lire un CV et qu'il n'était plus sûr que juste avec un CV, il était capable de trouver la bonne personne, exercer le bon métier au sein de son entreprise, que parfois il y avait... des CV qui étaient excellents, mais que derrière, en entreprise, ça ne se passait pas bien. Et vice-versa, que parfois, il y a des personnes en entretien qui n'étaient pas à l'aise et qui, au contraire, faisaient des superbes collaborateurs. Parce qu'il ne faut pas oublier que l'exercice du CV, de l'entretien, de la lettre de motivation, bref, de tout ce qu'on demande aux candidats, ça reste des exercices qui sont très normés. Et ce n'est pas parce qu'on ne les fait pas bien qu'on n'est pas des bons collaborateurs en entreprise, mais que pour réussir à faire un bon recrutement, évidemment qu'il faut englober maintenant beaucoup plus largement ces aspects générationnels et sociétaux et que pour ça, il faut rencontrer les gens, il faut leur parler, il faut s'appuyer sur leur savoir-être, sur comment valoriser leur savoir-être. Il faut travailler les immersions en entreprise pour s'assurer qu'entre ce qu'on pense et ce qu'on va faire, ça va être cohérent pour toucher au plus juste en fait, pour faire en sorte que ça marche parce qu'en plus, comme de manière générale, on va moins longtemps rester dans l'entreprise, il faut faire en sorte que ça marche de manière opérationnelle. Il y a des stades qui existent sur... aussi, tu dois les connaître même mieux que moi, sur les taux de départ pendant la période d'essai, ça montre encore qu'on n'est pas encore... On ne peut pas faire du 100%, et ça c'est sûr, on ne pourra jamais faire du 100%, parce qu'il faut oublier que notre métier, c'est un métier qui est basé sur l'humain. Mais je considère quand même que pour que ça marche encore mieux, il faut encore garder des bonnes pratiques des anciennes méthodes, mais il faut y mettre aujourd'hui beaucoup plus d'humain, de proximité, surtout dans une ère où il y a l'IA qui arrive et qui explose, qui est un vrai game changer pour nous faire gagner du temps, je pense qu'on en reparlera, mais qui nous fera être efficace qu'à condition, et ça on en parle souvent au Mercato, que ça soit un outil pour rendre et permettre encore plus l'humain auprès de nos candidats.
- Speaker #1
Alors tu parlais du CV il y a quelques instants, ça reste effectivement une porte d'entrée un petit peu incontournable dans les entreprises. Toutes les entreprises utilisent, en tout cas demandent un CV pour faire acte de candidature, mais c'est effectivement plus au cœur du sujet. On va plutôt, et tu le disais aujourd'hui, chercher à aller... démontrer la capacité du candidat à donner du sens à son parcours, raconter une cohérence, une histoire quelque part, et surtout se projeter un petit peu de comment il se voit dans l'entreprise. Peut-être pour lever aussi des inquiétudes côté entreprise, sur ce côté, on fait moins longue carrière qu'avant. Toi, qu'est-ce que tu penses, en tout cas côté entreprise, qui déclenche cette envie de se dire, tiens, je veux aller plus loin avec ce candidat, quand on ne se base pas uniquement sur le CV ?
- Speaker #0
Ce qui va donner envie, c'est, je le vois pour le vivre moi-même dans les entretiens que je peux avoir pour... pour intégrer le Mercato, c'est la projection qu'on va vivre une belle histoire ensemble. Et pour ça, ça se joue évidemment à son histoire dans son CV, la façon dont il va me le raconter. Donc la préparation à l'entretien, elle est essentielle pour raconter les bonnes choses aux bonnes entreprises. C'est-à-dire quelqu'un qui va raconter la même histoire à tout le monde sans prendre en compte les spécificités de l'entreprise, sans s'être intéressé à l'entreprise aussi, ça ne peut pas marcher en fait parce que... on ne vient pas juste là pour être de passage ou acheter du pain. En fait, on va passer plus de temps ensemble que parfois on en passe avec notre propre famille. Donc, il faut que quand même on soit aligné sur beaucoup de choses. Ça ne faut pas l'oublier. Donc, d'avoir envie de vivre une aventure avec cette personne-là et qu'elle se soit, tu l'as dit, qu'elle se soit projetée avec nous, qu'elle soit alignée avec ce qu'on fait, qu'elle ait mis de l'intérêt. Je parle souvent de curiosité dans mon livre, en fait, de dire qu'il faut aller se renseigner sur l'entreprise et Bernard Werber disait Merci. qu'il faut devenir le plus grand fan de l'entreprise avant d'y rentrer. Et c'est vrai, moi, en tant que chef d'entreprise, j'ai tellement envie de recruter quelqu'un qui est fan de ce qu'on fait, qui s'est renseigné sur ce qu'on fait, qui me raconte des anecdotes, qui me pose des questions. C'est ça qui va, en fait, me donner envie d'aller plus loin, de me dire, mais il a vraiment envie de bosser avec moi. Et coûte que coûte, même s'il n'a pas toutes les compétences sur le papier, je sais que derrière, ça va matcher.
- Speaker #1
Ce que tu dis est intéressant parce que malheureusement, certains candidats se disent des fois, ben non, je ne vais pas postuler à cette offre, même si elle me fait envie. parce que je ne correspond pas aux cases qui sont indiquées dans l'offre. Je n'ai pas assez d'expérience dans le secteur. Alors peut-être qu'ils ont un mindset et un savoir-être qui parfaitement correspondent aux attentes de l'entreprise. Donc je pense qu'il y a un problème aussi, j'allais dire, de méconnaissance que les entreprises attendent aujourd'hui côté candidat. Peut-être que ton livre vient aussi de ce constat-là, ce sentiment un peu d'être perdu, parfois illégitime, usé aussi parfois par les refus, les silences à répétition. Et donc on a une forme un petit peu de découragement derrière tout ça. Tu penses qu'aujourd'hui, les candidats, on pourrait dire qu'ils ne sont pas suffisamment préparés aux nouvelles réalités du recrutement ?
- Speaker #0
Oui, la plupart ne sont pas préparés. Puis après, là, on parle quand même, dans le meilleur des mondes, des entreprises qui attachent, et je pense que c'est celles avec lesquelles on a envie de travailler, à nos côtés, des entreprises qui attachent une... valeur particulière au recrutement et qui ont compris qu'en recrutant bien, elles allaient optimiser la gestion de leurs ressources humaines et avoir des collaborateurs qui sont engagés. On sait très bien, toi et moi, que malheureusement ce n'est pas toujours le cas en entreprise aussi. Donc, il y a parfois des raisons de budget ou de temps, de ressources qui vont trop industrialiser le process du recrutement et manquer d'humains. Et ça ne marche pas. C'est évidemment, toi et moi, on prêche une parole d'un recrutement qui soit qualitatif des deux côtés. Et donc, derrière, c'est... La méthode, c'est aussi pour ça qu'effectivement j'ai fait ce livre, leur donner la méthode pour valoriser leur savoir-être à travers un questionnement qu'ils vont se faire envers eux-mêmes, à travers le regard des autres, à travers le regard de leurs anciens collègues, etc. pour justement pouvoir être mieux préparés à ces nouvelles conditions qui sont attendues dans le recrutement et répondre correctement. Parce qu'encore une fois, l'exercice de l'entretien, il n'est pas toujours évident. Maintenant, on a aussi tout un tas de tests qui peuvent rentrer dans l'équation. Donc, on a le cas aussi des RH qui m'en vont. énormément de candidatures. Donc, se dire en tant que candidat, tu parlais de découragement, en fait, comment je vais sortir de la masse et exprimer ma singularité dans tout cet afflux de candidatures qu'ils pourraient recevoir. Donc, je pense qu'ils sont, oui, malheureusement, pas suffisamment préparés à ce qu'on va leur poser comme question et à comment se différencier.
- Speaker #1
Comment se différencier par une singularité, tu l'as répété plusieurs fois, cette singularité de posture, d'état d'esprit, on revient encore à cette idée de mindset que je trouve vraiment importante et je te propose justement, on en parle peut-être plus en détail dans une deuxième partie. Quand on échange avec des candidats, le problème, ce n'est pas toujours le manque de compétences. On l'a vu en première partie, c'est souvent cette usure mentale, l'usure des refus, des non-réponses, des « on vous appellera » . À force, le doute s'installe, la confiance s'effrite et beaucoup finissent tout simplement par lever le pied ou par se dévaloriser complètement. La recherche d'emploi, c'est devenu un véritable parcours d'endurance psychologique. Pour utiliser un terme un peu sportif qui va te parler, Jenny, c'est plus une course d'endurance plutôt qu'une course de vitesse. Pourquoi selon toi ? La recherche d'emploi est devenue aussi éprouvante mentalement aujourd'hui pour les candidats. Qu'est-ce qui a changé dans la manière dont les candidats vivent cette période ?
- Speaker #0
Parfois, peut-être, dans toutes les sphères de notre vie, on a l'impression que tout va arriver très vite et que ça va être très simple et que je vais mettre un CV et je vais être recrutée. Tout simplement, c'est ce que je disais un petit peu au début sur le malentendu. On pense qu'on est attendu par l'entreprise et que ce n'est pas si évident que ça et que ça ne se passe pas forcément comme ça. Donc, c'est sûr que dans notre société, si on se décourage trop vite, on ne va pas avoir grand-chose. Donc, la recherche d'emploi, moi, tu l'as très bien dit, je le cite aussi de cette façon-là, c'est une course de fond, c'est un marathon, c'est comme de l'entrepreneuriat, ça se construit, ça s'organise, ça se prépare, c'est un vrai job à part entière. Souvent, c'est ce que je dis, la recherche d'emploi, c'est un vrai job à part entière. Et si on n'y est pas préparé, on a parlé de préparation, on se prend un peu une claque. Malheureusement, c'est qu'aussi, il ne faut pas oublier que, parfois, les périodes de transition de recherche d'emploi, elles sont aussi subies. On n'a pas... forcément choisi. Donc, décourageant parce qu'on réalise la réalité de ce que c'est et c'est pas évident. Moi, je dis aussi souvent que c'est un peu positif si on le vit mal. Ça veut dire qu'on a envie de bosser, donc c'est plutôt très bien, en fait. Il en faut une, en fait, bonne opportunité. Il faut prendre patience, continuer à s'organiser, entreprendre ça comme un vrai job et à un moment donné, je suis convaincue que ça finit toujours par payer, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est exactement ce que tu dis. Il suffit d'une fois, c'est d'ailleurs ce qui est frappant. Beaucoup de parcours basculent finalement positivement à un moment où tout semblait bloqué. On a eu plusieurs refus, on a eu une longue période de silence et puis paf, tout à coup, juste avant l'abandon, la bonne nouvelle arrive, on est retenu à un entretien. Toi, tu dirais, est-ce qu'il y a un déclic particulier qu'on peut observer ? Ce déclic de se dire, en fait, on va finir par s'en sortir.
- Speaker #0
On va finir... Des fois, c'est... Comme beaucoup de choses, c'est quand tu es vraiment face à la falaise que peut-être que tu reprends conscience de ce qui fait vraiment ta valeur. Pourquoi je dis ça ? C'est si tu pars d'arrache-pied dans ta recherche d'emploi en disant « Non, mais c'est bon, deux mois, un mois, deux mois, c'est fait et tant mieux. » Et si ça vous arrive, c'est très bien. Maintenant, souvent, ce que je redis aussi, c'est que la recherche, la durée moyenne de recherche d'un job en France, c'est plutôt six mois. Donc, je dis souvent aux candidats, il ne faut pas paniquer non plus si on ne vous a pas dit oui tout de suite, en fait. c'est normal aussi. Donc ça, ça permet aussi de relativiser quand on est dans une période de recherche d'emploi. Et quand on arrive à des moments vraiment terribles, de découragement, où vraiment là, on a l'impression d'être allé au bout, moi, je pense que c'est le moment aussi, peut-être, de faire une pause dans ça. Parce que c'est comme tout, ça peut être le moment où on manque de recul, on n'est plus lucide, on va postuler à tout et n'importe quoi. Et puis en plus, on va avoir la perception qu'on fait beaucoup, alors qu'on ne fait pas beaucoup efficacement. et de revenir à des fondamentaux et de se redire. Je parle d'ikigai dans le livre de sens, de pourquoi, parce que c'est aussi une valeur qui nous est importante au Mercato, sur pourquoi on veut les choses, qu'est-ce qui est important. Et donc de se reposer les questions de ça et de sens pour mieux repartir. Donc j'ai l'impression que parfois il y a des déclics, non pas parce qu'on est allé au bout du bout et c'est tombé, non, parce qu'on a eu une prise de conscience aussi qu'on est allé trop loin et on a remis en marche quelque chose de son rituel, son ikigai. On s'est réorganisé et on est reparti. parti de manière fraîche, saine, sur de nouvelles bases, on va dire. Et parfois, c'est parce qu'on, j'en parle aussi un peu, de dire, faites une pause, en fait, même si il faut que vous partiez, je sais pas, deux jours, faire un tour en vélo, j'en sais rien, mais il faut déconnecter un peu parce qu'on voit plus rien, en fait. Et parfois, c'est là où la lumière se rééclaircit au bout du chemin.
- Speaker #1
Finalement, ces profils qui nous disent un peu, j'ai tout essayé, j'y crois plus, c'est fichu, on fait une pause. On fait le point un petit peu sur ces recherches et on revient quelques jours, voire quelques semaines après, un peu plus déterminés, en s'étant posé les bonnes questions finalement.
- Speaker #0
En tout cas, il faut essayer, ça peut être une option. Je ne dis pas que ça marche à chaque fois, mais quand on manque de recul, il est évident qu'il faut revenir à des fondamentaux et de reprendre des choses plus simples, mais mieux faites.
- Speaker #1
Alors, il y a quelque chose qui peut quand même décourager certains candidats, ou en tout cas, au contraire, qui peuvent voir ça comme une motivation supplémentaire, c'est que certains profils qui, finalement, sur le papier, ne sont pas forcément les mieux armés et qui pourtant réussissent très rapidement, quelque part parce qu'ils s'accrochent, parce qu'ils ont travaillé leur spot. leur posture, parce qu'ils ont préparé leur entretien, parce qu'ils osent se repositionner, apprendre, demander de l'aide. Selon toi, en quoi la persévérance, parfois, elle peut compenser justement ce manque d'expérience, ce manque de diplôme ? Et comment on fait accepter ça aux entreprises ?
- Speaker #0
On a une trop mauvaise, malheureusement, perception des gens qui sont en recherche d'emploi, en fait. Et ça, c'est un baromètre qui le dit chaque année. Et donc ça, ça n'aide pas non plus à se sentir bien quand on est dans cette période-là. Et ça vient impacter notre propre confiance en nous. Et donc, in fine, notre persévérance, en fait, dans cette période-là qu'on va vivre. Maintenant, pour pouvoir travailler cette persévérance, je dis souvent que pour ça, moi, je suis quelqu'un de, je pense, assez connu pour ça, de très organisé, de très rigoureuse et régularité. Et je dis même souvent, la motivation ne sert à rien, parce que tu connais même la réponse, sans rigueur et régularité, en fait, sans discipline et régularité. Et donc, la persévérance, ça n'arrive pas comme ça, en fait. c'est pas un hasard d'être... persévérant. Pour réussir pour moi à être persévérant, c'est parce que tu as un cap clair dans ce que tu veux, donc tu as défini un objectif, tu as ton pourquoi, ton fameux ikigai et tu as un plan structuré auquel tu t'accroches et tu te tiens chaque jour. Sinon, tu ne peux pas tenir dans la durée et ça, tu connais ça aussi. Par cœur, c'est comme dans l'entrepreneuriat et comme je disais tout à l'heure, la recherche d'emploi, c'est pour moi quasiment la même chose.
- Speaker #1
C'est valable dans plein de choses dans la vie.
- Speaker #0
Pour y arriver, pour réussir à être persévérant... ça dégage, et tu parlais du monde de l'entreprise et j'y viens, plein de qualités derrière. Ça veut dire que pour réussir à être persévérant jour après jour, ça ne se décrète pas, ça se construit chaque jour. C'est chaque jour, tu vas te lever le matin, tu vas avoir ton plan, tu vas savoir ce que tu vas faire de 9h, allez, à 17h, 18h, j'exagère, mais tu vas construire ton organisation où tu vas savoir que de telle heure à telle heure, tu vas aller consulter les offres d'emploi, tu vas postuler, tu vas revoir ton CV, tu vas rencontrer des gens et tu t'es fait ton emploi du temps comme ça et donc tu es guidé par un but. avec un objectif et tu sais pourquoi tu le fais. Tu as travaillé ton CV, tu as travaillé ta valeur ajoutée, tes bénéfices, tes résultats, tu as tout travaillé et c'est comme ça que tu vas pouvoir tenir dans la durée parce que même quand tu auras eu des refus, ce n'est pas grave en fait. Next. Par contre, pour pouvoir continuer d'avancer, il faut savoir pourquoi tu échoues aussi. Donc, l'importance de la culture du feedback aussi. Je veux dire, j'ai besoin d'avoir des retours, donc demander des retours aux entreprises aussi, ça c'est un conseil que je peux donner aux candidats, ce n'est pas toujours évident de les avoir, ce n'est pas toujours évident d'avoir la transparence de les avoir, donc pareil, les recruteurs, ayez l'audace de donner les vraies raisons pour lesquelles on n'est pas recruté parce que ça nous permet d'avancer en tant que candidat. Si on ne le sait jamais, c'est compliqué d'avancer en fait et c'est compliqué d'être persévérant derrière si en fait on ne sait pas pourquoi on est refusé en fait. Donc il faut pouvoir avoir ces retours-là et c'est ça qui va travailler la persévérance. Je ne pense pas qu'il y ait tant que ça dîner dans ça. Il y a peut-être un peu dîner chez certains, mais ceux-là, ils vont trouver rapidement. Mais pour les autres, ça se construit. Et donc, c'est pour ça que c'est une valeur fondamentale pour les entreprises et que je les encourage à recruter des gens qui sont persévérants. Parce que, c'est ce que je disais, derrière, ça cache plein de compétences et de qualités qu'on a mobilisées pour réussir à être persévérant. Ce n'est pas juste dire je suis persévérant.
- Speaker #1
Tu as dit beaucoup de choses dans cette deuxième partie. Moi, j'aimerais quand même te demander finalement si tu devais retenir un état d'esprit. clés qu'on pourrait envoyer à nos auditeurs, ce serait lequel ?
- Speaker #0
Moi, je trouve que ce qui a changé ma vie, en tout cas moi, c'est la culture, encore plus, la culture de l'optimisme et du positif. Et parce qu'avant, je percevais ça comme quelque chose un peu bisounours, voilà, tous les trucs de développement personnel, dire il faut être positif, il faut être positif, ne croyez pas trop et tout, ce n'était pas trop dans mon ADN. Et tu vois, quand tu vois le monde dans lequel on est aujourd'hui... politique, géopolitique, économique. Les médias, les infos qu'on nous envoie, tu vois, je rêverais d'un média positif, en fait, qui nous dit tout ce qui se passe bien plutôt que tout ce qui se passe mal. Ça nous ferait tous du bien, je pense. Eh bien, c'est ça, en fait. Ce n'est pas être bisounours, et on le voit au Mercato grâce à vous, aux entrepreneurs qui sont à nos côtés. Vous êtes résilients, ça, c'est une chose. Ça, c'est une grande qualité, la résilience. Mais vous arrivez à être résilients parce que vous y croyez toujours et vous êtes toujours optimistes. On est toujours optimistes. toujours trouvé une solution et ça se cultive au quotidien, ça se cultive au quotidien de positif, ça se cultive au quotidien de voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide. Alors c'est sûr que ce n'est pas évident tous les jours, qu'il y a plein de jours où on aurait plein de raisons d'abandonner, mais on sait que c'est pire que si on abandonne en fait et que ça vaut trop le coup d'être vécu et donc d'être... C'est comme dans la recherche d'emploi, il ne faut jamais abandonner parce que, comme on le disait tout à l'heure, ça conditionne notre vie, on va y passer une grande partie de notre vie. notre vie et on ne veut pas se retourner à 60, 70 ans en se disant « j'ai raté ma vie, mais mince, si j'avais pu faire différemment, si je m'étais accrochée un peu plus, si j'avais cru un peu plus en moi, si j'avais vu les choses un peu plus positivement, j'aurais mieux vécu les choses » . Donc il ne faut pas avoir ces regrets-là à la fin de notre vie. J'y pense souvent et j'y crois beaucoup et donc je le travaille énormément sur l'optimisme. Et ça marche en fait à force de conditionner notre cerveau, même dans le sport, moi qui ai pas mal étudié la prépa mentale et le sport, ça ne peut pas arriver comme ça, il faut le travailler. tous les jours, tous les jours en se réveillant, en se disant qu'est-ce que je vais accomplir ? Pas forcément en se donnant des grands objectifs ou des grandes choses positives et d'être aussi doux envers soi-même, plus cool envers soi-même aussi entre ce qu'on pense et ce qu'on dit. Parfois, on est très dur envers nous-mêmes. Donc, d'être plus positif par rapport à ça, sur les rencontres qu'on fait, sur les gens qu'on côtoie. Tu sais que je dis souvent qu'on est la moyenne des cinq personnes qui nous entourent. Donc, de bien s'entourer aussi, surtout dans cette période-là qui peut être compliquée, de s'entourer d'énergie positive, de gens qui sont positifs, de gens qui croient en nous en fait et qui savent qu'on va réussir aussi. Donc, je dis aussi que je termine très souvent ma journée avec le fameux top 3. Ça peut paraître tout bête, mais de s'endormir en étant conditionné sur ce qu'on a fait de bien et ça peut être des petites choses. Et si je fais le parler avec la recherche d'emploi, c'est qu'est-ce que j'ai accompli aujourd'hui ? J'ai envoyé trois candidatures ciblées. Je n'ai pas envoyé 30 candidatures qui n'ont aucun sens et où je sais profondément au fond de moi, je ne vais pas me mentir à moi-même que ça ne servira à rien. Par contre, j'en ai envoyé trois et je les ai surtout personnalisée vraiment à l'entreprise je me suis intéressée à elle, ça a beaucoup plus de valeur que d'avoir envoyé 30 candidatures et fait 10 appels qui ne sert à rien
- Speaker #1
Merci beaucoup pour toutes ces clés en tout cas ne jamais rien lâcher le mindset peut vraiment faire la différence dans votre recherche d'emploi On passe maintenant à la rubrique Flash de Joborama la nouvelle rubrique de cette deuxième saison Le principe est simple, Jenny, je te pose des questions, une série de questions. Tu peux répondre que par oui ou par non, pas d'explication, juste ton instinct. Et éventuellement, tu as le droit à un petit ça dépend, un petit joker.
- Speaker #0
T'es prête ? Yes.
- Speaker #1
Allez, c'est parti. Le recrutement est plus dur aujourd'hui qu'avant ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Le marché de l'emploi est vraiment bloqué ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Un refus remet en cause la valeur du candidat ?
- Speaker #0
Non, évidemment.
- Speaker #1
Le réseau est devenu indispensable ?
- Speaker #0
Oui, un petit oui.
- Speaker #1
Le mindset va faire la différence sur le CV.
- Speaker #0
Ça, c'est un drôle.
- Speaker #1
Trop de candidats abandonnent trop tôt leur recherche d'emploi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Le silence des recruteurs est plus destructeur qu'un refus clair.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Les candidats se censurent trop avant même de postuler.
- Speaker #0
Oui, aussi.
- Speaker #1
Et enfin, la peur de l'échec empêche plus de carrière que le manque de compétences.
- Speaker #0
Vraiment.
- Speaker #1
Bon, super. Voilà. Avec ça,
- Speaker #0
on change le monde.
- Speaker #1
Eh bien, voilà. Eh bien, voilà. Pour finir, Jenny place à la rubrique préférée des auditeurs de Joborama, la rubrique où l'on se parle franchement. Sans promesses magiques, sans langue de bois, parce que le recrutement est encore trop souvent présenté comme un parcours logique et linéaire, alors que la réalité, ce sont aussi des silences, des refus, des entretiens qui n'aboutissent pas, et parfois une vraie remise en question personnelle, on l'a vu dans les parties d'avant. Je crois qu'on peut rendre un meilleur service aux candidats. en leur parlant vrai. Et d'après toi, est-ce qu'on dit réellement toute la vérité aux candidats sur la réalité du recrutement aujourd'hui ?
- Speaker #0
Non. Si je continue sur le oui-non de tout à l'heure, non, mais je vais développer un petit peu. Non, évidemment qu'on ne dit pas toute la vérité aux candidats pour, je crois, une chose très simple. Ça dépend en fait de l'interlocuteur qu'on va avoir en face de nous qui ne maîtrise pas tout en fait dans le process de recrutement. Souvent en fait, si tu prends une grande entreprise, tu vas avoir en face de toi un RH qui peut avoir une commande de besoins en recrutement. Et puis, ce besoin-là, il peut évoluer au fil des semaines. Il y a plein de facteurs qui peuvent venir, si on parle de ça, juste ce sujet-là sur la réalité du recrutement. On va dire des choses aux candidats qui peuvent évoluer dans le temps. Le besoin, il peut évoluer. Le besoin, il peut décaler dans le temps. Il peut s'annuler. Donc, le fait que ton interlocuteur en face, il ne maîtrise pas. tout, ça vient forcément contrecarrer cette notion de besoin de vérité et de réalité.
- Speaker #1
Finalement, le discours qu'on peut entendre aussi, qu'on dit souvent aux candidats, et peut-être que certains qui ont écouté la première partie peuvent se dire ça, le « quand on veut, on peut » , il suffit de donner un petit peu du moyen, est-ce qu'il peut pas, à terme, devenir un peu culpabilisant dans un marché qui, quand même, est un peu incertain aujourd'hui ?
- Speaker #0
Sans aucun doute. Alors cette phrase-là, quand on veut un peu, elle est hyper facile. Après, j'y crois quand même. Quand on veut, on peut. Et il faut y croire parce que c'est vrai. Quand on veut, on peut. Mais quand on veut, on ne peut pas tout le temps, en fait. C'est ça que je dirais, en fait. Ce n'est pas toujours possible non plus parce qu'on parlait justement de vérité au candidat avant ou de maîtrise du process de recrutement. Et c'est frustrant même pour nous, parfois en tant que recruteur. On sait qu'on a en face de nous la bonne personne. On sait qu'elle va faire le job dans l'entreprise, que vraiment c'est le bon match et ça ne se passe pas pour plein de raisons. Et qu'est-ce que ça nous rend dingue d'ailleurs en tant que recruteur quand on n'y arrive pas parce qu'on savait que c'était exactement la bonne alchimie. Donc même si on veut, on peut. Il y a parfois des choses où on ne peut pas y arriver. Donc évidemment que c'est culpabilisant. évidemment que c'est des belles phrases galvaudées mais quand même il y a du fond et aujourd'hui en France dans notre société avec l'évolution du marché, avec l'ouverture au savoir-être au transfert de compétences au mindset et à condition d'avoir en face de nous des entreprises qui partagent ça, on peut faire plein de grandes choses et si on n'est pas satisfait de ça on peut entreprendre et là on est libre de notre destin A l'inverse on peut écouter aussi certains discours qui nous disent notamment
- Speaker #1
à travers le livre que tu as fait, à travers le podcast qu'on est en train d'enregistrer, que certains candidats sont peut-être un petit peu pas assez responsabilisés dans leur propre recherche et qu'on fait un petit peu aujourd'hui une génération d'assistés dans leur recherche d'emploi. Est-ce que tu penses qu'on infantilise en faisant ces discours ou au contraire qu'on va vers un monde de l'emploi meilleur ? Moi, j'ai ma réponse, mais la tienne m'intéresse.
- Speaker #0
Non, non, je ne trouve pas qu'on infantilise les gens. C'est terrible de dire qu'on infantilise. Déjà, le mot, il est horrible dans n'importe quelle sphère de notre société. pas l'intérêt de l'utiliser. Moi, je pense qu'il faut un discours de vérité. On en a parlé pendant notre échange et c'est comme ça qu'on va responsabiliser les candidats. Si le process de recrutement, il est opaque, déjà, rien que ça, le candidat, il ne peut pas y faire grand-chose et il ne maîtrise rien. Il faut avoir de l'audace, il faut avoir du courage, qu'on soit RH, recruteur, entreprise, candidat. Ce qui va faire la différence, c'est avoir le courage de dire les choses, avoir le courage d'avoir de la transparence. et donc c'est comme ça qu'on peut responsabiliser les gens et c'est ça qui est génial. Si on sait dès le début que le process, il va se faire de telle manière, derrière un candidat, il peut s'adapter, il peut se préparer et c'est là où ça va devenir un moment qui va être agréable, où on va apprendre. Même dans un refus, on est capable d'apprendre. Mais on est capable d'apprendre à condition qu'on nous le dise. Donc je trouve que non, il ne faut pas infantiliser. Il faut responsabiliser. Pour être responsabilisé, il faut avoir toutes les cartes en main. du côté des entreprises pour pouvoir le faire et que les candidats en sont largement capables. Mon livre, si je prends juste mon exemple, il est facile à lire, il est à la portée de tout le monde, peu importe. Et d'ailleurs, c'est un de mes convictions. Je veux que ce livre, il n'est pas fait pour que les cadres, en fait. C'était une vraie volonté de ma part. Il n'y a pas que les cadres ou les profils plus plus, Bac plus 5, qui sont capables de réussir leur process de recrutement parce qu'ils connaissent les codes. Parce que ça, c'est vrai, c'est une réalité, il y a des codes dans le recrutement. Il faut les maîtriser. Je voulais que ce livre, il soit à la portée de tous les profils de candidats, quel que soit leur niveau de diplôme ou leur expérience.
- Speaker #1
Tu parles justement du fait qu'il y a des codes dans le recrutement. Tu parlais un peu plus tôt dans notre échange du fait que certaines personnes n'osent pas dire qu'elles sont au chômage, qu'il y a aussi cette notion d'inquiétude alors que ça peut arriver à tout le monde. Qu'est-ce que trop peu de gens osent dire finalement sur la recherche d'emploi aujourd'hui, alors que ce serait pourtant essentiel à entendre ?
- Speaker #0
Que ça peut tous nous arriver et que ce n'est pas grave. Et qu'au contraire, ça peut être un mal pour un bien dans notre vie de passer par là. Parce que je trouve que s'il y a bien un moment où on va se retrouver en introspection avec soi-même, ça va être ce moment de recherche d'emploi ou de transition professionnelle ou de quête de sens ou de se dire qu'est-ce que je veux faire demain pour éviter ce fameux coup près à 60 ans, 70 ans. Dire mince, je suis passé à côté de quelque chose. Pourtant, à un moment donné de ma vie, j'avais l'opportunité de changer à une période de chômage. ou à une période où je me suis posé la question et je ne suis pas allée au bout, où j'ai pris la facilité d'un premier job qu'on m'a proposé. Alors, parfois, il y a la réalité des charges financières de la famille, des enfants qui nous incombent, évidemment. Mais encore une fois, je pense que c'est ça. prendre derrière cette période-là l'opportunité de se dire que en fait, waouh, ça peut changer notre vie et que ça nous arrivera tous à un moment donné de notre vie de passer par là et de transformer cette période-là en une vraie opportunité de changement et de révolution dans notre carrière.
- Speaker #1
Super. Merci beaucoup, Jenny, pour toutes ces informations. Je pense que nos auditeurs, en tout cas, nos auditeurs candidats vont être beaucoup plus éclairés sur la manière de voir un petit peu l'aspect du recrutement et puis pour nos auditeurs entreprises, cette capacité à saisir un petit peu les nouveaux enjeux du recrutement d'aujourd'hui. Alors, ton livre, on rappelle, faites-vous recruter aux éditions Erol. Où est-ce qu'on peut se le procurer ?
- Speaker #0
Normalement, dans toutes les librairies de quartier. Si je suis attachée à ça, vous pouvez leur demander, le commander ou après, évidemment, on connaît tous les plateformes sur Internet.
- Speaker #1
Tu as beaucoup, quand même, je voulais dire un mot, tu as beaucoup cité des exemples du sport à travers le podcast. C'est vrai que tu as une petite actualité, une grosse actualité en ce moment. Est-ce que tu peux nous dire peut-être un petit mot sur la fondation qui te tient énormément à cœur ?
- Speaker #0
C'est gentil, Jonathan. J'en ai placé un mot, effectivement. Donc voilà, pour avoir... J'ai toujours pratiqué le sport dans ma vie et je suis convaincue des belles valeurs que peuvent avoir nos sportifs. J'ai voulu qu'on puisse faire notre part au sein du Mercato, donc j'ai créé une fondation qui s'appelle la Fondation Mercato, qui est dédiée à la reconversion professionnelle de nos sportifs et sportives françaises. Aujourd'hui, ils ont des talents incroyables. Malheureusement, quand la lumière s'éteint... Sur leur carrière sportive, ils sont assez démunis face au marché du travail qu'ils connaissent peu ou pas du tout. Et donc, le but de la fondation, c'est de leur proposer un programme d'accompagnement qui s'appelle Rebond, en quatre phases, qui va de l'introspection jusqu'à le placement en entreprise. En fait, tout ça est bénévole grâce à l'engagement de recruteurs et de recruteuses. Donc, si vous êtes... RH Recruteur en France et que vous avez envie d'accompagner un sportif de voir l'envers du décor d'une carrière de haut niveau c'est absolument passionnant vous êtes les bienvenus dans la fondation parce que ça leur change la vie et ils en ont besoin dans ce moment-là un petit peu difficile de leur vie et bien voilà le message est passé n'hésitez pas à nous contacter on vous mettra en lien avec la fondation avec grand plaisir en tout cas merci beaucoup
- Speaker #1
Jenny d'avoir accepté d'intervenir dans ce... épisode de Joborama.
- Speaker #0
Non, merci, je voulais te remercier Jonathan, bravo pour ce que tu fais, c'est toujours très bien d'avoir des beaux éclairages comme ça, simples, pour tous ceux qui nous écoutent.
- Speaker #1
Eh bien super, merci à toi, à très bientôt. Et voilà, on arrive déjà à la fin de cet épisode de Joborama, et ce qu'il faut peut-être retenir de cet échange avec Jenny, c'est une idée simple mais essentielle, le recrutement a changé. Et notre manière de l'aborder doit changer aussi. Aujourd'hui, il ne s'agit plus seulement d'envoyer un CV et d'attendre une réponse, il s'agit de comprendre un marché en mouvement, de travailler sa posture, son énergie, sa capacité à raconter son discours et à se projeter. Et surtout de ne pas oublier que les parcours professionnels ne sont jamais linéaires, et tant qu'on n'a pas lâché, rien n'est vraiment terminé. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager et à mettre 5 étoiles sur les plateformes d'écoute et d'en parler autour de vous. Et bien sûr, on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de Joborama. A très vite. C'était Joborama, votre coup de boost et panorama sur l'emploi.