- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans le podcast de Journal d'Endurance. Après avoir interrogé des cavaliers entraîneurs sur la manière dont ils gèrent le bien-être de leurs chevaux au plus haut niveau, ça me semblait assez évident de donner cette fois la parole aux vétérinaires. Déjà parce qu'ils travaillent aux côtés des cavaliers entraîneurs dans le suivi quotidien de la santé des chevaux, mais aussi parce qu'ils occupent une place essentielle dans notre discipline, en veillant à chaque contrôle vétérinaire, à l'aptitude de Jacques Cheval, à poursuivre ou non la top option. Dans cet épisode, j'ai eu le plaisir de réunir autour d'une même table trois vétérinaires très expérimentés, avec tous les trois une véritable vision internationale de l'endurance. Dr Michel Payan, Dr Guillaume Santos et Dr Bruno Van Cotter. Pour ceux qui connaissent un peu moins la discipline, les vétérinaires sont vraiment essentiels dans notre sport. Ils sont alors appelés vétérinaires de ligne. À l'issue de chaque boucle, ils réalisent un contrôle métabolique et locomoteur qui permet de déterminer si le cheval est apte à poursuivre l'épreuve. Si le cheval ne satisfait pas au contrôle, la compétition s'arrête là pour lui. J'aurais presque un peu du mal à vous faire un sommaire de cette discussion, tant elle a été riche entre expérience de terrain, réflexion et données scientifiques, avec un seul fil rouge tout au long de cet échange, le bien-être de nos compagnons de compétition. On a enregistré cette conversation à Julliange, en pleine ambiance festive de la marche des régions. Alors, même si l'enregistrement a été nettoyé par un logiciel, vous entendrez à quelques moments l'ambiance autour de nous. Mais promis, ça ne nous empêchera pas de profiter de la discussion. Je vous souhaite une bonne écoute. Bonjour messieurs.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
On est à Juliange. Merci de prendre ce temps-là pour répondre à mes questions. Est-ce que, pour commencer, vous pourriez vous présenter ? Chacun votre tour, s'il vous plaît.
- Speaker #1
Alors, Michel Payan, je suis vétérinaire depuis 50 ans. Vétérinaire dans le... sport depuis à peu près autant. J'étais cavalier avant et j'ai intégré la filière FEI autour des années 90. Et maintenant, je suis vétérinaire 4 étoiles que ce soit officiel ou traitant.
- Speaker #0
Ok, super.
- Speaker #2
Alors, Guillaume Santos, vétérinaire brésilien. Sixième génération d'éleveurs de chevaux, donc la famille très attachée au monde agricole. Passionné de ça depuis toujours. Vétérinaire depuis 1987, formé à l'université de Saint-Paul. Expérience internationale, je travaillais aux Etats-Unis et plus tard en Europe. et vétérinaire FEI à partir de 2002. Aujourd'hui, aussi responsable des équipes du Brésil, et surtout du programme de formation des juniors internationaux que nous avons avec certains pays étrangers.
- Speaker #3
Bonjour, moi c'est Bruno Van Cotter, je suis vétérinaire belge. Je proviens d'une famille d'éleveurs de chevaux aussi, tout à la maison où j'étais. champion de logique de dressage, mes grands-pères, mes deux grands-pères avaient des chevaux, mes grands-oncles avaient des chevaux, donc on a toujours eu ça. J'ai été toujours passionné du cheval, j'ai été assistant à l'université à Utrecht après mes études à Bruxelles, puis j'ai étudié l'ostéopathie et l'acupuncture, ce qui m'a amené à pratiquer sur trois continents pendant très très très longtemps, là c'est un peu réduit. Je suis vétérinaire FUI parce que mes enfants ont commencé à monter en compétition et m'ont convaincu de rentrer dans ce système-là. Donc après 2005, j'étais vétérinaire d'équipe aussi pour cinq pays et dans trois disciplines différentes. Et là maintenant, j'ai été nommé en novembre dernier au comité vétérinaire à Lausanne.
- Speaker #0
On devrait avoir des expériences hyper différentes et complémentaires pour répondre aux questions du jour. C'est parfait. La première question est, quelle est votre définition du bien-être équin à vous en tant que vétérinaire et grâce à votre expérience ?
- Speaker #2
Pour moi, c'est le respect des limites de capacité des chevaux, tout simplement. Alors, ça paraît facile, mais il faut connaître la vie du cheval, la capacité d'un cheval. Et ce n'est pas la même sur plusieurs chevaux différents. Donc c'est ça, c'est d'essayer de connaître. La capacité d'un cheval est respecter ses limites.
- Speaker #0
Monsieur, vous voudriez rajouter quelque chose ?
- Speaker #1
Le bien-être du cheval, c'est bien entendu avoir à boire, à manger ou dormir. Je dirais que c'est plus aussi un problème moral. L'idéal pour moi, c'est d'arriver à les mettre dans un état où ils sont heureux de jouer avec nous, d'avoir un dialogue harmonieux. Tout ça aboutissant à un jeu qu'on choisit sportif. Mais à ce moment-là, on a une coopération avec le cheval. Agréable.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #3
Alors moi, personnellement, je n'oserais pas parler dans ceci de bien-être animal. Je parlerais plutôt de bien-traitance. C'est la façon de les traiter. Le bien-être du cheval, à mon avis, ce n'est pas la compétition. Ce n'est pas... Alors nous sommes dans le domaine de l'endurance, et je pense que la bientraitance du cheval est nettement supérieure aux conditions de vie des chevaux dans les autres disciplines, et des chevaux de concours certainement. Nos chevaux font relativement peu de compétition par an par rapport à des chevaux de dressage d'obstacles, qui à haut niveau prennent l'avion, dorment rarement à la maison, dorment dans des petits box de concours. Effectivement, comme... Comme dit Michel, je suis assez d'accord avec le principe des trois F. 4H, Friends, Freedom. Maintenant, on voudrait y rajouter une quatrième lettre. On parle de 2Sleep. Le fait de leur laisser le temps de se reposer et de dormir, ce qui pour des concours de chevaux en chevaux de dressage ou d'obstacles est rarement le cas. Les concours terminent tard. D'ailleurs, la FI a pris une décision à ce sujet-là. c'est d'imposer réellement. la fermeture des écuries pendant six heures où personne ne rentre, pas de lumière allumée, vraiment leur laisser le temps de dormir et de réduire aussi tous les soins, entre guillemets, effectués aux chevaux durant la journée. Apprendre aux chevaux, effectivement, je suis tout à fait d'accord, apprendre aux chevaux à vivre avec l'humain et à participer à nos activités. aux activités qu'on leur impose, des chevaux bien préparés et traités avec respect, je pense qu'ils ont un réel plaisir à faire de la compétition avec les humains. On le voit dans les autres disciplines aussi, avec le tour d'honneur, où les chevaux sont très très conscients qu'ils ont fait le bonheur de leur cavalier, en faisant de leur mieux, en faisant une performance. En endurance, nous on voit ça aussi, des chevaux, quand ils sont applaudis, parce qu'ils ont réussi, ils manifestent du bonheur. Et moi, personnellement, quand j'examine les chevaux, je dis aux gens, amusez-vous bien. Et les gens me regardent parfois, mais si vous n'y prenez pas du plaisir, votre cheval n'y aura pas de plaisir non plus. Et les chevaux, effectivement, le cavalier doit communiquer avec son cheval, et son cheval fera en fonction de l'état mental de son cavalier aussi. Un cavalier qui est heureux, qui est joyeux, qui a envie de participer, le cheval le fait. Regardez souvent des chevaux de tête en cause d'endurance, ces chevaux ont les petites oreilles en avant, sont contents de repartir sur une boucle parce qu'ils sentent l'excitation positive du cavalier également. Il y a une vraie relation, un vrai dialogue avec le cheval. Je pense que ça fait partie de la bientraitance.
- Speaker #0
Ok, intéressant. Vous êtes... vétérinaire depuis un certain temps, c'est aussi pour ça que c'est intéressant de discuter avec vous. Quand vous avez commencé votre exercice de vétérinaire, quel regard portait-on sur le bien-être des chevaux et comment est-ce qu'il a évolué jusqu'à ce qu'aujourd'hui le horse welfare soit le centre de chacune des actions qu'on puisse mener en compétition ?
- Speaker #2
Pour nous, ça a toujours été. Pour nous, il n'y a pas d'évolution sur le bien-être du cheval parce que... Déjà, la décision de faire les études vétérinaires, c'est la conséquence d'une passion pour l'animal. Et quand on aime le cheval, la pratique du bien-être, c'est quelque chose de très naturel, parce qu'on a un regard sur le cheval de protection. Voilà, c'est notre rôle. Ce qu'il faut, c'est par rapport à l'évolution des disciplines équestres, de la compétition. et de la participation de l'homme sur la compétition, c'est quand la responsabilité du vétérinaire... argumentent, parce qu'ils passent à avoir un rôle de formateur aussi, d'éduquer la personne qui utilise le cheval. Mais pour nous, c'est quelque chose de naturel. On est nés, on a fait des études, parce qu'on aime ça, parce qu'on protège les chevaux par nature. Donc c'est assez simple. Après, on suit par rapport à l'évolution du sport, de la discipline, de l'agressivité, de la compétition. Après, c'est à nous de voir quelles mesures on doit prendre pour protéger les chevaux. Et on s'adapte. On s'adapte par rapport à la réalité de la vie sportive. Mais pour moi, la protection du cheval, je vis dans un pays où le cheval est utilisé pour le travail. Beaucoup, beaucoup. Donc, on vit avec... Voilà, nous avons des fermes, et puis les gens utilisent le cheval pour le travail. Et ces gens qui utilisent le cheval pour le travail... Ils ont aussi une bonne conscience de bien-être au cheval. Parce qu'ils ont besoin des chevaux pour travailler. Donc voilà, j'ai été éduqué dans ces milieux. On savait depuis petit, on partait à cheval avec mon père et mes frères. Et on savait que le cheval qui arrivait le soir, qui ne mangeait pas, c'était la faute du cavalier qui l'avait monté. Donc voilà, pour nous, ce qui change, c'est la réalité qu'on vit nous. par rapport à... À la discipline qu'on travaille et le niveau de la compétition où nous sommes engagés.
- Speaker #0
Vous voudriez compléter ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Alors, tout le début, il était très simple que le bien-être animal n'existait pas. Il allait de soi. Il dépendait du sens de la dignité qu'avait le propriétaire. Donc c'était un bien-être assez matériel. La partie psychologique étant assurée par les palpefroquets et l'entourage média du cheval. Au fur et à mesure, le vétérinaire a pris un peu le dessus sur moi, et on est arrivé à des techniques pour raisonner les trois libertés. Maintenant, je pense que le bien-être, ça peut suivre, ça peut être une espèce de credo auquel il faut se référer. Et chacun de nos gestes doit... C'est très facile quand on monte à cheval de faire ça, de donner au cheval quelque chose pour qu'il ait envie de jouer. En tant que vétérinaire, on a un dialogue. Il marche en général bien, mais on entame le dialogue, on lui dit bonjour, je vais te faire mal, il doit être content. Et d'une façon, il accepte. Il y en a qui nous racontent des choses, mais ça c'est quand on est dans des médecines chinoises, style acupuncture ou autre. On a un autre dialogue. pour la partie vétérinaire. On fait de la technique, on va mettre toute la technique qu'on veut, au mieux qu'il y ait un bon esprit. C'est tout.
- Speaker #3
Oui, mais je pense que ce qui a changé en tout cas depuis que moi je pratique, c'est un agrandissement de la conscience de l'importance de la bientraitance animale. Autrefois, il y avait ce qu'on appelait les bons cavaliers ou les bons éleveurs qui en avaient conscience. qui savaient qu'apporter du bien-être à leur animal leur permettait d'avoir, mais quelque part, un cheval qui travaillait avec eux. Mais ça pouvait être un cheval, ça pouvait être une vache, ça pouvait être un chien, ça pouvait être n'importe quel animal qui travaillait avec eux, que les résultats étaient supérieurs. Et puis, il y avait ceux qui les négligeaient. mais qui ont payé rapidement les frais. Actuellement, cette conscience est devenue quasi obligatoire. On voit aussi qu'il y a pas mal de recherches qui sont faites dans le sens de prouver scientifiquement l'intérêt de la bientraitance animale. Par exemple, il y a des études qui ont montré, mais ça nous on en était conscients depuis longtemps, qu'à partir du moment où un animal vit en état de stress, son ADN va coder... pour les protéines qui sont les médiateurs de l'inflammation. Ça a été prouvé scientifiquement. Alors, je trouve ça un argument magnifique vis-à-vis des gens qui ne comprennent pas l'importance de traiter les animaux avec respect, prendre conscience de leurs besoins, non seulement physiques, mais physiologiques et comportementaux. Donc, laisser les chevaux avoir une vie sociale. leur permettre d'avoir accès à des paddocks, de pouvoir galoper en liberté, un peu ce que les Suisses ont imposé dans différents cantons, donc des boxs suffisamment grands et accès à une vie sociale, des contacts avec les congénères et avoir accès à la liberté. De plus en plus d'études montrent ça, des études comportementales faites sur le cheval. montre aussi, par exemple, j'ai trouvé cette étude absolument fantastique. Ils ont montré à un cheval une photo de quelqu'un qui sourit et une autre personne qui fait la gueule. Ensuite, ils ont mis ces deux personnes dans un manège, 20 minutes après avoir montré cette photo au cheval, et le cheval est attiré par la personne qui sourit et va spontanément chez la personne qui, sur la photo, souriait, pas la personne qui fait la gueule. D'où l'importance de la façon dont nous traitons Les chevaux, de plus en plus de gens les traitent comme des partenaires de travail, des partenaires sportifs, des partenaires d'activité. Et ça, c'est quelque chose d'important. Là, au niveau de la conscience et du fait de mettre des mots sur des faits que les anciens connaissaient, comme Guillaume dit, quand on travaille avec les chevaux, on se rend bien compte qu'il faut avoir une complicité, les traiter convenablement. Actuellement, on y met des mots. Maintenant, pour moi, ça va un peu dans certaines dérives, avec par exemple les gens qui pratiquent le travail à pied de façon excessive. Je vois régulièrement dans des écuries des gens, ils sortent leur cheval du boxe ou du paddock, ils font 20 minutes de travail à pied sans avoir compris le sens du travail à pied. Et puis quand je leur dis, bon, et maintenant vous faites quoi ? Ah ben je remets le cheval au boxe. Attendez, vous ne voulez pas me faire plaisir ? Mettre une selle sur le dos ? et aller en extérieur pendant une heure, pendant deux heures. Ah mais non, je ne monte pas les chevaux parce que ça leur fait du mal. Ou on veut une selle sans arçon, ou on ne fait plus les chevaux parce que ce n'est pas naturel. Ce n'est pas naturel pour un cheval d'avoir un polychinelle sur son dos qui lui demande de faire des choses non plus. Et nos chevaux ne sont plus des chevaux naturels. Nos chevaux ont évolué et la sélection de nos chevaux a été faite dans le sens de chevaux qui aiment travailler avec l'humain. Et ça devient même pour eux un besoin de travailler avec l'humain. On avait comme ça à la maison une jument de mes amis, mais qui devait s'abstenter à l'étranger, une aigre riche comme. Cette jument s'ennuyait au paddock. Même avec des copains, elle voyait passer un humain, c'est « tu ne veux pas faire quelque chose avec moi ? » Je l'ai confiée à une amie qui tient un centre d'équitation, les chevaux sont très bien traités. Cette jument, elle s'est épanouie à faire des choses différentes tous les jours. Donc, je pense que la maltraitance animale n'est pas du tout dans le fait de leur demander de faire des choses avec nous. La sélection des chevaux a conduit à produire des chevaux qui ont envie d'interagir avec l'humain. Ce ne sont pas des Przewalski, ce ne sont pas des tarpans, ce sont des chevaux domestiques qui ont été modifiés par l'humain. Et ça de plus en plus. À un oeuvre, par exemple, autrefois, dans le testage des étalons, un étalon qui n'était pas gentil avec l'humain, qui frappait, qui mordait, qui ne voulait pas bosser, était rendu castré à son propriétaire, au-delà du testage. Parce que c'est quelque chose d'extrêmement héréditaire. Mais bon, ça c'était la rigueur allemande, c'est sûr que dans un peuple latin, ça passerait moins bien. Mais chez les germains, c'était quelque chose de considéré comme normal. en fait, on travaille à l'évolution d'une race en commun et... L'objectif était d'avoir des chevaux qui aient envie de travailler. On le remarque, les gens qui mettent à l'élevage une jument qui ne veut rien faire, une jument inserviable, ils ont des poulains inserviables. Mettez à la reproduction une jument qui a fait des performances, vous avez une plus grande probabilité d'avoir un produit qui fait des performances. Mais parce qu'il comprend l'humain, il a envie d'interagir avec l'humain.
- Speaker #0
Vous êtes un vétérinaire. votre quotidien professionnel, mais vous êtes aussi vétérinaire sur les compétitions, vous côtoyez des personnes qui font du très haut niveau. Parfois, on peut remettre en question justement ce bien-être animal dans ses performances extraordinaires qu'on voit presque tous les week-ends d'aujourd'hui. Comment est-ce que vous, en tant que vétérinaire, vous voyez justement cette performance de très haut niveau par rapport au bien-être du cheval ? Et comment est-ce que vous essayez, en tant que vétérinaire de ligne, en tant que vétérinaire traitant, de réservé. Tout ça, justement.
- Speaker #2
Ça, c'est culturel. C'est culturel. Ça dépend beaucoup de l'éducation et de la nature de chaque personne. Nous, comme officiels de concours, on a tout de suite la sensation quand la chose se présente. Par rapport à la situation, on met des mesures plus ou moins sévères, parce que nous assumons notre rôle de protecteur du cheval. Et des fois, la compétition, le stress, ça séduit beaucoup d'autres choses. Il y a aussi des gens qui font des compétitions à cheval et qui sont là, pas parce qu'ils adorent les chevaux, mais aussi parce qu'ils adorent la compétition. Et l'expérience nous montre qu'on arrive à capter ça très vite. Et par rapport à ça, notre intervention, elle est beaucoup plus facile. plus ou moins sévère. C'est tout que je peux dire parce que c'est difficile de former quelqu'un.
- Speaker #1
C'est très difficile.
- Speaker #2
On essaye... C'est pour ça que j'ai un programme avec les juniors, de les faire voyager et de connaître d'autres cultures différentes parce que le concept de bien-être cheval, il n'est pas le même dans le monde entier. Et le fait que... Et comme les jeunes, ils ont la mentalité beaucoup plus ouverte, ils sont beaucoup plus faciles et perméables à nouvelles informations, messages. Donc je préfère créer la situation et puis de les laisser apprendre. Parce que de les apprendre, c'est beaucoup plus difficile. Et voilà, donc on ne peut pas forcer. On ne peut pas forcer, on essaye de travailler un peu sur l'apprentissage. en faisant un petit peu le diagnostic du niveau des personnes avec qui on travaille, de proposer des choses qui vont, elles, pouvoir éduquer les gens. Et quand on est officiel du concours et qu'on travaille avec les cavaliers dans le concours, des gens qu'on ne connaît pas, on travaille par rapport à la sensation qu'on a de l'utilisation de la personne à son cheval. Et si on sent que son cheval est en danger par rapport à l'eau tempérament, on prend des mesures plus sévères ou moins sévères. Parce que nous savons à peu près ce que les chevaux ont besoin pour vivre, mais aussi pour compétir. Donc voilà. Et la vie nous apprend ça, qu'on essaye de pratiquer. Mais ça dépend toujours de la situation et d'où nous sommes et du niveau de la personne avec qui on est dans la compétition. Et on sait très bien, surtout en endurance, c'est à dire La façon de courir, de respecter les chevaux n'est pas la même par rapport à chaque pays, même des pays voisins. Et quand un cheval s'approche de nous, il nous dit beaucoup de choses. Il nous dit exactement comment est la personne qui nous monte. Ça peut paraître un peu poétique, mais c'est bien ça. Le cheval nous dit, je suis en danger. Aidez-moi, s'il vous plaît. Ils nous disent, et puis on arrive à comprendre et à connaître les gens par rapport à ça. Et puis là, on intervient par rapport à nos sensations, en fait.
- Speaker #3
Je suis tout à fait d'accord. Il y a des grosses différences culturelles. Et on le voit même au sein de notre propre profession. La façon dont nous, occidentaux, guillermes, par exemple, Pour examiner un cheval dans un vetguet, par rapport à certains vétérinaires d'autres pays. Les coins auxquels on va faire attention aussi. Personnellement, par exemple, je suis très sensible à l'aspect général du cheval aussi. Un cheval qui a un vilain poil, qui est trop maigre, ça se voit au niveau de ses pieds aussi, de la qualité de sa corne. Je pense que pour certains, ce sont des choses qui ne sont pas visibles. Moi, personnellement, je me... me permet de faire des remarques quand je vois des choses comme ça. Mais effectivement, le fait que nous soyons des praticiens, c'est-à-dire des gens occupés toute la journée avec les chevaux, fait que nous avons une autre perception de l'animal et percevons un autre langage de la part de l'animal. Et il faudrait que ça évolue de plus en plus dans ce sens-là, cette perception de l'état général. D'ailleurs, c'est une volonté au niveau de la FI aussi d'utiliser à partir des années prochaines. Une échelle d'évaluation de l'état physique du cheval au moment de son examen. Acceptons-nous que ce cheval est fit to compete ou pas ? Donc dans un état physiologique et physique général apte à faire de la compétition. Et ça, c'est une échelle qui va être, encore une fois, évaluée de façon différente en fonction des pays. et des disciplines. Un cheval de dressage il sera dans l'échelle à un niveau que nous allons considérer comme étant de l'obésité et nos chevaux pour les autres vétérinaires j'ai eu la remarque aux Jeux équestres mondiaux qui avaient ce côté fantastique de mettre en présence les acteurs des différentes disciplines équestres et des gens qui venaient me trouver en disant en endurance, vous montez des chèvres Donc la perception aussi en fonction des disciplines ne sera pas la même. Nous aimons, je fais souvent la marque aussi sur des compétitions, la cantine a l'air bonne chez vous. Et je préfère personnellement un cheval qui reçoit à manger de façon peut-être un peu excessive mais qui se sent bien dans sa peau qu'un cheval qui a mal au ventre parce qu'il ne se sent pas assez. Mais c'est effectivement triculturel. Et c'est une des difficultés dans les sports équestres, c'est que nous devons essayer d'avoir un jugement qui soit identique, puisqu'il s'agit d'un sport, de sport mondiaux. Enfin, ce sont des épreuves internationales, mais effectivement avec le départ de perceptions qui sont différentes.
- Speaker #1
de cheval en compétition. Dès l'expérience, les grands chevaux performeurs sont montés par des grands fanatiques du bien-être, même s'ils ne savent pas l'exprimer. Et ce sont des gens qui échangent leur culture, certaines fois très vite, et au profit d'un cheval, toujours au profit du cheval. Je n'ai pas vu de cavalier de qualité parler d'autre chose que d'essayer de faire plaisir aux chevaux. Ça demande beaucoup d'obnégation.
- Speaker #2
Moi, je pense que pour être un bon cavalier, il faut aimer les chevaux. Et que pour être un bon vétérinaire, il faut aimer les chevaux.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas difficile dans notre sport où on voit très souvent des cavaliers monter des chevaux qu'ils ont à peine monté parfois ? à l'entraînement. C'est aussi ça la difficulté de notre sport comparé à ceux d'obstacles ou du dressage. C'est que parfois les cavaliers ne connaissent pas tellement.
- Speaker #2
Ça n'empêche pas. C'est une ouverture que l'endurance nous permet comme discipline de faire. J'ai vécu à la maison. Ma fille est montée à cheval sur la course. Elle n'a jamais entraîné. Les chevaux qu'elle a montés, ça n'a pas empêché de bien monter ses chevaux, de bien monter dans tous les sens du terme. Non, non, la lignance m'a fait découvrir ça. Et on n'utilise pas les autres exemples des autres personnes qu'on ne connaît pas. Mais je suis sûr que c'est possible. Mais voilà, donc il faut que la personne, il faut qu'elle aime le cheval. Tout ce que j'ai eu comme bon résultat dans la vie, dans la formation des cavaliers, dans la préparation des chevaux, c'était avec les cavaliers qui aimaient les chevaux. Et ça change le monde, surtout parce que le temps de relation entre le cavalier et le temps de travail est énorme. Donc on ne peut pas... On ne peut pas vivre une compétition équestre de plus de 10 heures de temps de contact si on n'aime pas ça. Ce n'est pas possible. Bon, ça peut résister, mais ça va sûrement faire du mal physique et moralement au chemin parce qu'il ne va rien dire, mais d'une façon ou de l'autre, il va accuser et on va pouvoir. Mais c'est impossible d'avoir des résultats, c'est impossible d'avoir des performances. Moi, je pense. Je pense que dans cette discipline en particulier, la passion pour l'animal, elle est fondamentale. Aussi du côté groupe, préparation, cavalier, comme nous, vétérinaires. Et à chaque fois qu'il y a quelqu'un...
- Speaker #0
Et comme je travaille dans plusieurs disciplines, à chaque fois que j'ai apporté le concept du bon travail en endurance aux autres disciplines, ça a toujours été très utile et très positif. Parce que les gens qui travaillent en endurance, c'est lui beaucoup plus difficile. Donc ça sélectionne les vrais amateurs du chevaux. Des fois, on amène un professionnel qui travaille en endurance à travailler dans une autre discipline. Et puis, ça lui manque énormément le contact avec l'endurance, parce que c'est quelque chose qui est vraiment attachant et qui sélectionne le profil des gens.
- Speaker #1
Oui, je pense que les bons cavaliers, mais tout comme les bons grooms, les bons vétérinaires, les gens qui agissent dans le milieu du cheval, avec eux. avec certains résultats, certains résultats concrets. Ce sont des gens qui n'ont peut-être pas un égo vis-à-vis du cheval surdéveloppé et qui vont chercher à comprendre le cheval. Et c'est ce que je disais tout à l'heure avec les bons éleveurs, les bons cavaliers qui avaient des résultats, c'est ceux qui cherchaient le bien-être de leur animal parce qu'ils avaient compris aussi que... la qualité du travail de leur cheval, de leur animal, la longévité de leur animal aussi, à l'être supérieur, traité correctement en saut d'obstacle, par exemple, l'épreuve Coupe du Monde autrefois, jusqu'à il y a peu, il y avait une tournante et qui testait l'habilité du cavalier à peu de temps apprendre à s'adapter au cheval, à le comprendre. Et donc, le fait de monter les très bons jockeys en course, c'est la même chose. Ils ont monté Merci. Peut-être une fois le cheval à l'entraînement, même pas. En général, ils montent au pied levé au cours, un cheval, il est très bon, ils écoutent ce que raconte l'entraîneur et puis ensuite ils adaptent. Ils savent très très vite comment est leur cheval et à quel moment il se sent bien et ils sont capables de s'adapter. Cette adaptabilité du cavalier à son cheval, c'est la preuve que le cavalier est attentif. Le cavalier qui veut imposer sa méthode à son cheval, il n'y arrivera pas. Et donc les meilleurs cavaliers mondiaux en saut d'obstacle dans la tournante du monde, c'était ceux qui étaient capables de comprendre l'animal sur lequel on les avait posés et de faire une belle performance. Donc effectivement, que ce soit même pour les vétos, maintenant l'habit de site vétérinaire je pense a énormément évolué aussi. Les dernières années, ce qui manque peut-être un peu chez certains jeunes, c'est ce contact permanent avec l'animal. Nous, on a la chance d'être nés dans ces rails et donc d'avoir aussi l'expérience des parents, des grands-parents, de ce monde du cheval avec une forme d'ouverture. Je pense que si on est devenus vétérinaires tous, c'est parce qu'effectivement, on était intéressés par autre chose que simplement la médecine. C'est l'aspect contact avec l'animal. qui nous ouvre les yeux sur énormément de choses. Le bien-être de l'animal, effectivement. Le cheval qui vient vers vous en vous racontant ses problèmes. C'est ce qui rend pour nous le métier passionnant. Maintenant, Guilherme, il en est loin. Mais nous qui sommes à l'âge de la retraite, on n'est pas prêts à l'apprendre parce que c'est un bonheur quotidien.
- Speaker #0
Ça, c'est une bonne question. Ça serait une bonne question à poser aux chevaux. Alors, pourquoi vous arrivez à performer de façon différente avec celui, l'autre cavalier ? Nous, ça nous interpelle. Moi, j'aimerais bien écouter cette réponse, parce qu'elle existe. Elle existe d'une façon sur la performance du cheval. Pourquoi un jockey arrive à en tirer d'un cheval sur une course de vitesse, plus de vitesse que l'autre ? Pourquoi un cavalier arrive à monter sur un concours d'obstacles, il arrive à monter, à faire des concours de hauteur plus important avec le même cheval qu'un autre cavalier ? Pourquoi un cavalier d'Eros n'arrive pas à faire la même performance avec le même cheval qu'une autre personne ? Pourquoi certains chevaux ne font pas... des performances avec un certain cavalier, même qu'il soit techniquement bon. Et qui fonctionne beaucoup mieux avec quelqu'un d'autre. Moi, j'aimerais bien écouter. Si un jour, tu arrives à faire un podcast avec les chevaux, moi, je serais le premier à écouter. Parce que ça pourrait nous aider aussi à améliorer notre travail. Parce que le but, c'est... On sait bien que juger la limite, la compétition, c'est le défi de la limite. Donc, c'est vrai qu'on arrive à la capacité maximum de l'animal. Et ça, ça peut être dangereux. Donc, parler de bien-être et des compétitions en même temps, au bout d'un moment, ça devient compliqué. Mais certains sont capables, parce que les chevaux répondent de façon différente par rapport au traitement qu'ils ont. Michel,
- Speaker #2
vous voudriez dire quelque chose ?
- Speaker #3
L'un des plus grands plaisirs que j'ai, c'est d'entendre un cheval me raconter sa vie. Quand je m'approche, on essayait d'avoir un dialogue de sa histoire.
- Speaker #0
De l'aider ?
- Speaker #3
Une minute, une minute, dans l'œil, dans l'attitude, dans le contact. Et après, on est parti, on a avancé.
- Speaker #2
Aujourd'hui, les contrôles vétérinaires auxquels sont soumis les chevaux sont très complets, très complexes parfois. Est-ce qu'à votre avis, ils sont suffisants pour garantir le bien-être du cheval pendant la compétition, mais aussi après la compétition ? Et si ce n'est pas le cas, qu'est-ce qui, d'après vous, permettrait d'augmenter justement cette vision de l'instant, mais aussi d'après ? Parce que, évidemment, vous les... perdent de vue après la compétition, mais il faut qu'ils puissent continuer à être en bonne santé, être dans le bien-être.
- Speaker #3
Je crois que les contrôles avant et pendant la compétition, c'est un filtre qui permet de protéger un certain nombre de choses. Ensuite, je crois qu'il faut faire confiance aux qualités de propriétaire. de la personne chez qui on voit le cheval. Il y a des bonnes écuries avec des bons cavaliers, des bons propriétaires qui ont des bons arrêts chauds, et des stéopathes, par exemple. Il y en a d'autres où c'est un cavalier qui est un peu plus raide, un peu plus dur, qui n'est pas dans l'harmonie. De l'écurie, je crois que c'est ça, c'est chercher du dialogue et de l'harmonie auprès de tous les intervenants autour du cheval. Sans ça, il y a peut-être, un peu comme dans les élevages de bovins, il y a la variété de races adaptées à certaines conditions de vie, de terrain et tout, qui prospèrent. Et vous introduisez un autre caractère. il ne prospèrera pas, il va déterrir ? Je ne sais pas.
- Speaker #0
Si on parle de l'endurance, je pense que chaque boucle, c'est une nouvelle histoire. Et tout peut changer par rapport à ce qui se passe dans la compétition. Le contrôle initial, par exemple, il nous permet de voir si le cheval a une bonne condition physique et de participer. Après... Après, le fait d'avoir les contrôles intermédiaires, ça nous permet de participer à cette course et puis d'essayer de protéger le cheval. Et là, c'est le cheval qui nous raconte à chaque fois comment ça se passe. Et par rapport à ça, on peut prendre des mesures de protection. En demandant des examens, par exemple, ou en discutant avec le cavalier, les sensations que nous avons. Grâce à ces contrôles intermédiaires, on peut être un petit peu acteur de la chose et participer un petit peu. Parce que les chevaux, ils nous disent ce qui se passe.
- Speaker #1
Oui. En endurance, je pense que le... L'endurance actuelle est quand même le fruit d'une évolution sur plus de 40 ans et va dans un sens qui est, je trouve, assez complet. Moi, j'y ai adhéré à l'endurance plus tard que mes collègues, mais je pense que l'examen vétérinaire tel qu'on nous demande de le faire, s'il est fait... Conscientieusement, avec application, on a un paquet de renseignements. On fait vraiment le tour de l'animal et on peut prendre des décisions qui sont respectueuses du sport, du cavalier, mais surtout protectrices de l'animal. Et ça, c'est quand même notre rôle essentiel, c'est la protection de l'animal. Et je trouve que les examens tels qu'ils sont protocolés actuellement sont dans ce sens-là très, très intéressants. Le fait de disposer d'un panel, Le fait de disposer aussi de cette possibilité du réexamen, c'est quelque chose de fantastique. Ça nous permet d'évaluer l'état physiologique de l'animal. Et j'ai trouvé ça très très intelligent de nous amener à ça. Moi, il y a une chose que je voudrais qu'on mette dans le règlement, c'est qu'on demande au cavalier d'accompagner son cheval. au contrôle vétérinaire, de façon à ce qu'on ait effectivement cette discussion, comme disait Guilherme, avec le cavalier, cette possibilité de lui expliquer ce que nous trouvons, et de lui demander son avis, ce que lui a senti sur la piste, comment lui, lui ou elle, cavalier ou amazone, a senti son cheval et sent l'évolution de son cheval durant l'épreuve. Ça, personnellement, c'est quelque chose qui me paraît essentiel. Ça m'ennuie quand je vois deux grooms qui arrivent avec un cheval et que le cavalier ne soit pas à côté. Je préfère parler avec le cavalier, cavalier ou cavalière. À part ça, il y a toujours l'examen final qui pose question, où le règlement en endurance prévoit que le cheval devrait être capable de repartir sur une boucle, et que ce n'est pas toujours le cas. Mais je comprends aussi que... Une épreuve sportive est une épreuve sportive et vous demandez le meilleur de votre cheval sur la distance, 100, 120, 160 kilomètres, et votre cheval s'exprime au mieux de ses capacités et vous lui demandez quand même. Alors, to finish is to win, c'est une très jolie phrase, c'est très joli, mais d'être, c'est pas sportif, d'être sur le podium, c'est ça la finalité finalement des sports, et qu'est-ce également. Et donc là, on a un peu un problème. Les anglo-saxons vont être beaucoup plus dans l'esprit de repartir sur une boucle que chez nous. Et après, ça dépend de la perception que vous avez du sport. Faire la plus belle épreuve avec votre cheval, c'est déjà une belle victoire, bien sûr. Mais si vous êtes sur un championnat... le but malgré tout c'est d'être le plus haut possible ou le plus près possible du podium donc la perception de votre finalité sportive est différente c'est
- Speaker #2
vrai que c'est ça qui est aussi parfois un peu frustrant en endurance c'est qu'évidemment sur la dernière boucle les cavaliers vont demander un peu tout ce qui reste dans le moteur des chevaux et que parfois ils arrivent avec une bête vraiment 20 minutes à rentrer dans le V-Gate avec au moins 64 puissances par minute. Et ça, ça pose question de, est-ce que c'est juste pour le cheval ? Est-ce que ça, par exemple, ce ne serait pas une solution de diminuer ce temps pour rentrer au V-Gate pour éviter d'avoir des finishes pas très brillants ? Enfin,
- Speaker #0
c'était pas grave. C'est vrai qu'il y a des choses à évoluer. Le problème, c'est que la tendance du sport, c'est de la configuration de boucles assez rapides, plates. Et ça pose vraiment des problèmes. Parce que comment on va éviter la compétition si on fait de la compétition ? Peut-être qu'il fallait travailler plutôt sur la... Sur la configuration des boucles et du trajet, et la difficulté du trajet, parce qu'il faut que le cheval puisse parler aussi. Et si c'est l'homme qui parle, c'est ça le danger. Il demande, il demande, il demande. Et le cheval parle quand il y a des difficultés sur le parcours. Et puis à mon avis, il faut mettre des difficultés sur le parcours, parce que là le cheval dit pour moi c'est bon. Avant que ça... avant que ça devienne dangereux. Et à partir du moment qu'il refuse la compétition parce que ça devient très dur pour lui, mais galoper, galoper de façon aborne comme ça, de suivre les autres, c'est vraiment la chose la plus dangereuse qui existe. Et même quand on voit un cheval, combien de fois on a vu des chevaux qui étaient en état un peu critique à la fin et qui... qui a fait une vraie dernière boucle, et combien de fois on a vu des chevaux qui étaient frais et qu'on se disait, celui-là il est très bien, et puis qu'il arrive très mal à la fin. Là, on ne peut pas intervenir. Ce n'est plus possible. Et on ne peut pas non plus empêcher un cavalier de monter un cheval parce que ça dépend beaucoup de lui, de lui et du cheval. On va libérer un cheval pour faire la dernière boucle s'il est en bon état. Et comme disait Bruno, on a toutes les conditions pour les sentir. Parce que la course, ça nous a pris, ça nous a donné l'expérience du jeu. On sait ce qui se passe à la première boucle, à la deuxième, à la troisième et à la quatrième. Et si le cheval, si la course se présente comme ça, un peu plus d'un genre difficile, on voit les phénomènes qui normalement se présentent à la fin de course, se présenter à mi-course. Là, on sent le problème, la difficulté et le danger. Et c'est là qu'on se serre un petit peu à la ceinture pour dire qu'il faut qu'on soit plus sévère pour éviter les problèmes. Mais ce n'est pas la course des vétérinaires. Il ne faut pas que ce soit la course des vétérinaires. C'est la course des chevaux et des cavaliers. Puis à mon avis, c'est ça. Il faut mettre plus de difficultés au niveau du relief pour que les gens puissent réfléchir plus à cheval. Puis discuter avec son cheval la possibilité d'aller plus vite et d'aller au bout. Et puis là, le cheval, il va vraiment parler de ce qu'il est capable de faire. À mon avis, je ne vois pas d'autre solution.
- Speaker #1
Parce que là, il y a vraiment des choses très intéressantes qui ont été dites. C'est que dans l'évolution du sport, tous les sports évoluent vers un plus haut niveau de performance. Dans notre cas, c'est comparer les vitesses. Il y a 5 ans, il y a 10 ans, il y a 15 ans, 20 ans. Ce n'est pas du tout la même chose en fonction des pays non plus. Moi, j'étais très étonné en voyant les résultats, les performances des cavaliers américains, par exemple, en endurance, où ils gagnent des épreuves à du 9 km heure. Ça fait longtemps que chez nous, ça n'existe plus. Mais vous avez d'autres, comme le groupe 7, où les courses se sont courues, des 100 km se sont courues à 34 à l'heure de moyenne. C'est encore un autre niveau. mais dans des courses complètement plates. On sait aussi que ce qui tue le cheval, ce n'est pas la distance, la distance préserve, c'est la vitesse qui casse les chevaux. Et donc je suis tout à fait d'accord avec Guilherme que le premier état, ce serait de demander des parcours qui soient techniques, parce que ces parcours de vitesse, tout ce qu'ils font, c'est montrer la qualité du cheval. Mais un des principes des sports équestres, malgré tout, c'est que c'est un sport d'équipe entre un cheval et un humain, et que c'est l'ensemble qui doit être compétitif. Et peut-être qu'un moins bon cheval, mais monté par un cavalier plus attentif, plus astucieux, qui a une meilleure communication avec son cheval, a plus de chances de gagner dans des courses techniques. Donc la technicité est extrêmement importante. Le dénivelé, un parcours varié. sur des sols variés, avec des changements de direction, tout ce qui demande de la part du cavalier d'être très attentif à son cheval, parce que dans des courses plates, les cavaliers se mettent, mes enfants disent le cul dans la brouette, ils s'asseillent dans la selle et c'est eu en avant, et les chevaux tombent comme des mouches en cours de parcours, parce qu'ils ne suivent pas, ils ne sont pas capables de tenir la distance à ces vitesses-là. Et les cavaliers se moquent plus ou moins. Non, ce qui fait la différence, il faut que le résultat soit à l'image de la cohérence et de l'entente du couple cavalier-cheval. Et donc nos épreuves doivent aller dans ce sens-là, qui est également le sens de la préservation du cheval, le sens de la préservation de ce qu'est l'endurance, la définition de l'endurance aussi. Ce n'est pas une course d'hippodrome de longue distance, c'est une course en terrain varié où les premiers adversaires, ce n'est pas les autres cavaliers, mais c'est le climat, le dénivelé, des choses de ce type-là. C'est l'intelligence du couple qui doit être mise, l'intelligence et la performance du couple qui doit être mise en avant.
- Speaker #3
Il y a eu quelques études récentes sur l'équilibre du cavalier et l'équilibre du cheval et sur leur harmonieuse combinaison. Il n'est pas surprenant que les meilleurs cavaliers ont la meilleure liaison dynamique avec leur cheval. Et si on prend ça tout au long de l'épreuve, les meilleurs vont être ceux qui auront le moins perturbé l'équilibre du cheval tout au long de l'épreuve. Et les quelques cavaliers que je connais nous ont raconté, y compris à votre micro, que quand ils font une épreuve, ils prévoient le changement d'équilibre, les tournants, les changements de pente, tous les changements d'équilibre sont préparés de manière à ce que ça se passe le plus en douceur possible. Et plus on est en douceur pour maintenir l'équilibre. Moins on demande d'efforts et plus on a de distance possible à parcourir.
- Speaker #2
J'aime bien, je pense que c'est un bon mot de la fin. Ça vous va ? Merci beaucoup messieurs d'avoir pris ce temps. Et bonne semaine de compétition, parce que ce n'est pas fini encore.
- Speaker #0
Merci à toi de provoquer cette discussion, parce qu'on n'a pas ça toujours. Dans une ambiance assez calme et intéressante. Trois visions, toujours en scène. Un peu de l'inter.
- Speaker #3
Un talent rare pour ça. Voilà. Merci messieurs.
- Speaker #2
Et voilà, vous êtes arrivés à la fin de cet épisode. J'espère que cette discussion vous aura plu et qu'elle vous aura permis d'avoir une réflexion sur le bien-être des chevaux en compétition. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire et à partager l'épisode autour de vous. Si vous voulez suivre l'actualité de Journal d'Endurance, on se retrouve sur Instagram ou Facebook. A très bientôt dans un prochain épisode de podcast ou sur une cour d'endurance.