- Journal d'Endurance
Bonjour et bienvenue dans le podcast de Journal d'Endurance. Je suis super heureuse de vous proposer aujourd'hui un nouveau format, une table ronde. Et pour cet épisode, on se retrouve à Castel Sagra quelques heures seulement après l'arrivée du CEIO. C'est dans cette atmosphère si particulière, lorsque les chevaux sont rentrés aux écuries, que la pression de la compétition retombe, que j'ai eu le plaisir de réunir autour d'une même table trois cavaliers et entraîneurs de haut niveau. Virginie Atger, Mélodie Theolissa et Paul Barre. Le contexte était idéal pour échanger sur notre sujet du jour, puisque quelques heures plus tôt, Melody Theodisa prenait la deuxième place du CIO 2 étoiles avec Yala De Jalima, et Virginia Atger terminait troisième avec Raya De Jalima au terme d'une course parfaitement maîtrisée, malgré une chaleur insupportable et conclue par un sprint mémorable. Le lendemain, Paul Bard signait lui aussi une belle performance en se classant neuvième de la CEIO 3 étoiles, avec Hasna Valarvin, une jument qui l'a fait naître dans son élevage. Ensemble, on est parti d'une question assez simple. et pourtant essentiel. Comment les cavaliers veillent-ils au bien-être de leurs chevaux à haut niveau ? Et derrière cette interrogation se cachent de nombreux sujets. La gestion de carrière, la gestion de course, le mental du cheval, les déplacements ou encore les choix quotidiens qui permettent au cheval de performer durablement. Et au fil de cette discussion, une idée revient régulièrement. Et si la performance en endurance était finalement l'une des conséquences du bien-être du cheval ? Je ne vous en dis pas davantage et je vous laisse découvrir cet échange passionnant. Je vous souhaite une très bonne écoute. Alors, bonjour à tous les trois. Merci beaucoup de prendre le temps après cette longue et chaude journée où on a eu des super champions. Est-ce que vous pourriez vous présenter l'un après l'autre pour qu'on puisse savoir qui vous êtes déjà ? Mesdames, je vous laisse commencer.
- Virgine Atger
Virginie Atger, cavaleur professionnel depuis plusieurs années. Plusieurs fois membre de l'équipe de France. Ça fait plus de 20 ans qu'on fait ce métier avec mon compagnon Angel.
- Melody Theolissat
Melody Théolissat cavalière éleveuse de haut niveau depuis 20 ans également, mais officiellement depuis un tout petit peu moins, mais 18 ans quand même. Plusieurs fois membre aussi de l'équipe de France et voilà.
- Journal d'Endurance
Actuelle première cavalière au ranking FEI.
- Melody Theolissat
Apparemment, actuellement numéro 1 mondial.
- Journal d'Endurance
Suivit de très près par Virginie Atger. A toi Paul.
- Paul Bard
Alors, je suis Paul Bard, je suis un jeune cavalier, pépite montante de l'ambiance nationale, et un petit peu éleveur et un petit peu entraîneur.
- Journal d'Endurance
Naisseur quand même de la vice-championne d'Europe de l'année dernière, donc pas petit éleveur quand même. Super. Merci de nous être présentés. Donc, la question principale de cette discussion, c'est comment est-ce que vous, en tant que cavalier de haut niveau, vous gérez le bien-être de vos chevaux malgré la performance que vous leur demandez. Pour commencer, je voulais vous proposer que vous me donniez une petite définition de qu'est-ce que c'est le bien-être du cheval d'après vous.
- Virgine Atger
Respecter déjà ce qu'ils veulent, l'envie. Il y a tout le mode de vie à la maison, le fait qu'ils soient en contact avec d'autres chevaux. Après, les connaître. Je pense que pour avoir une carrière longue, respecter le fait que s'adapter aux conditions de course et accepter que certaines fois on est premier, certaines fois quatrième, cinquième dixième. Les écouter beaucoup pour qu'ils finissent toujours avec de l'envie il y a eu une époque où on disait que c'était bien que les choix aillent un peu dans le dur pour progresser et c'est vrai c'était il y a peut-être dix ans mais les gens en étaient convaincus et aujourd'hui moi je suis quasi sûre que non que justement il faut qu'ils aient l'impression toujours de maîtriser un peu ce qu'ils font pour pouvoir rebondir et redonner encore malgré l'âge et le temps qui passe, parce qu'on sent que quand on les garde longtemps, il y a des rigidités, il y a des choses qui font comme nous, qui sont un peu plus compliquées. Et je pense que s'ils ont envie et qu'on leur fait pas mal, eh bien, ils nous donnent longtemps. Et moi, c'est pour ça que je continue la discipline, d'ailleurs. Quand on voit les chevaux comme aujourd'hui, moi, la mienne, elle a 14 ans aujourd'hui. Si on regarde son palmarès, elle n'est pas toujours première. Mais elle a envie. Elle se fait plaisir. Dans la Côte du Lavoir avec Mélody, on s'est regardé, Mélody pleurait. Et pourtant, c'est 120, ce n'est pas un championnat du monde. Je pense que la clé, c'est ça. C'est d'arriver à se faire plaisir avec eux sur n'importe quelle course.
- Paul Bard
Ça, c'est hyper intéressant. Ça veut dire que les chevaux s'amusent. Et ça, c'est le plus important.
- Journal d'Endurance
Comment est-ce que, dans le quotidien, vous essayez de maintenir cette notion de bien-être des chevaux ?
- Melody Theolissat
Moi, je pense qu'il faut les connaître vraiment par cœur. et voir... Le moindre petit détail qui pourrait faire qu'ils sont dans un inconfort, Et ça, au quotidien, c'est comme ça qu'on le voit. On ne peut pas connaître un cheval en montant au pied levé. Et je pense que le jour de la course, si jamais c'est un cavalier au pied levé, il ne peut pas tout savoir et tout voir. C'est impossible. Et l'entraîneur, il va voir des choses, mais seulement à la pause et sur la piste quand il va le croiser. Donc, c'est plus compliqué. Nous qui les pratiquons 24 heures sur 24 presque.
- Paul Bard
C'est un peu du cas par cas aussi.
- Melody Theolissat
Oui, voilà. Oui, c'est pour ça. Il faut connaître très bien chaque cheval. Parce qu'il y en a, ils vont faire ça avec les yeux, c'est normal. Et il faut s'adapter à chaque cheval pour savoir s'il est dans l'inconfort. Mais pour ça, il faut le connaître par cœur. Chaque cheval est différent et chaque cheval va montrer des signes différents.
- Paul Bard
Il y a un peu un langage qui est propre au cheval. Et aussi, vous êtes d'accord avec moi, il y a aussi des... Il y a des propres à chaque cheval.
- Journal d'Endurance
Ils ont des caractères totalement différents comme nous. Et des locomotions différentes. Donc ça, c'est pareil. On ne va pas monter un cheval ou l'autre de la même façon du tout. en respectant justement leur qualité, leurs défauts. Et je pense que ça, comme dit Mélodie, les écouter beaucoup et les connaître. Après, si on monte des chevaux aux pieds levés, c'est plus compliqué, je pense. Mais ce n'est pas impossible. On va juste repartir sur des choses assez basiques. Aujourd'hui, quand on parle du bien-être des chevaux, on parle des trois F. Donc, freedom, friends and feed. Avoir de la nourriture, la possibilité de se déplacer.
- Paul Bard
L'envie de manger.
- Journal d'Endurance
manger, et aussi d'être en contact avec d'autres chevaux. Est-ce que pour vous, ces trois points, c'est des choses qui sont indispensables dans la manière dont vous vous occupez ?
- Melody Theolissat
Oui, clairement.
- Paul Bard
Moi déjà, tu verras si tu voudras en parler, mais je pense que déjà au niveau, que ce soit n'importe quelle discipline, c'est déjà un plus honnête, enfin une différence, c'est loin du bien-être animal de base, du cheval de base. Donc c'est ça qu'il faut quand même comprendre, s'adapter, pas oublier et déjà aborder le cheval de cette façon en disant déjà je vais te demander quelque chose qui n'est pas naturel donc pour ça j'ai essayé déjà d'observer ce qui te plaît, ce qui ne te plaît pas au maximum et en plus de faire du cas par cas et si on le fait en disant, t'es là pour ça de toute manière, t'es né pour ça, donc quoi qu'il arrive Peace. Alors c'est sûr qu'il faut faire la part des choses entre eux. Ça peut être notre travail, ça peut être notre gagne-pain de devoir faire performer des chevaux. Mais aussi, si on aborde la chose comme ça en disant « t'es là pour ça » , je pense qu'on va passer à côté de choses. Alors que si on aborde différemment en se disant « déjà, merci de bien vouloir sortir de ton confort et de venir avec moi en concours au dimanche matin » parce que lui, il préfère rester avec ses copains en train de brouter de l'herbe et que on y va en disant S'il te plaît. S'il te plaît, et je te rendrai de la meilleure façon que je peux, le jour où je pourrai. Je pense que déjà, si on aborde déjà dans ce sens-là, on a une meilleure façon de l'observer, de visualiser, de comprendre. Il y a un dialogue qui s'instaure un peu plus facilement.
- Journal d'Endurance
Moi, je sais qu'au retour de la maison, je ne sais pas à vous, mais quand il rentre d'une course, le facteur qui me dit est-ce que je vais le recourir ? vite ou pas, c'est que quand je rentre dans le pré, il faut qu'ils viennent me voir, qu'ils soient contents après la course, toute la semaine après. Ça, c'est un facteur aussi qui est hyper important. Et après, c'est vrai qu'on fait du sport de haut niveau, mais que le principal athlète, c'est eux, c'est pas nous. Et d'ailleurs, on performe quand on a les chevaux qui sont bons et qui sont bien dans leur tête. D'ailleurs, par rapport à ça, on peut dire qu'il y a des chevaux qui vont être facilement dans le confort et d'autres plus difficilement dans le confort. confort. Alors j'imagine que des chevaux de très haut niveau, ça va être des chevaux qui vont être faciles partout. Mais est-ce que vous voyez vous vraiment cette différence entre certains chevaux où il faut vraiment un peu les mettre dans le coton, vraiment mettre tous les paramètres, et d'autres où justement c'est beaucoup plus facile ? Oui, clairement. Il y a des chevaux qui s'écoutent beaucoup. Donc déjà dans la gestion de course, on sait qu'on peut leur faire confiance parce qu'ils s'écoutent. Et il y en a d'autres qui ne s'écoutent pas du tout. Et on sait que c'est à nous d'être froids parce que eux, ils vont donner plus que leur capacité.
- Melody Theolissat
Il y en a qui stressent beaucoup plus, il y en a qui sont grégaires. Donc, cela, il faut s'adapter parce que déjà, on génère une situation de stress d'entrée, à venir sur un concours, à aller séparer des copains, etc. Il y en a, ils vont être beaucoup plus pratiques et ça va moins être un souci.
- Paul Bard
Ce qui est intéressant, c'est de connaître leurs points faibles à chacun. Et de les compenser, soit de les compenser, soit d'essayer de les adapter. laisser adapter ou de les travailler. Après,
- Journal d'Endurance
je pense qu'on a une discipline qui met ça vraiment en avant. On voit les jours de course, la veille, on est tous là, on passe des heures à les tenir dehors pour pas qu'ils soient dans les box, qu'ils mangent de l'herbe, qu'ils soient avec les copains, on essaie de se regrouper, tout ça. Je pense que c'est...
- Paul Bard
Je pense que tu pourrais mettre en arrière-plan la photo des paddocks qu'on a fait, on a mis des bouts de fil de biacoumine, et tous les fosses embriquées, mélangées, parce que les uns sur les autres, ils ont passé la journée tous ensemble, les choses de demain...
- Journal d'Endurance
On sait bien que l'avant... course est hyper importante aussi. Ils sont détendus la veille. C'est sûr, les derniers jours,
- Paul Bard
c'est le plus important.
- Journal d'Endurance
Le jour de la course, c'est un peu bête à dire, mais si ce bien-être-là n'est pas rempli au maximum, parce qu'évidemment, on va les enlever de leur milieu, donc il y a forcément un peu de mal-être et de stress, comme tu as dit, Mélo, qui va se faire ressentir, mais c'est quand même une composante de la performance qui est un peu sa mère.
- Paul Bard
Il y a plein de choses qu'on ne peut pas faire parce que c'est incroyable quand le cheval est tolérant et il va accepter plein d'erreurs de notre part. Mais nous, ce qu'on est en train d'essayer de faire, c'est d'optimiser pour essayer d'être à 100%.
- Journal d'Endurance
À quel moment vous vous dites, ok, là, il y a un problème, le cheval n'est pas bien ? Quels sont les signes qui vont vous faire penser que vous n'êtes pas dans la bonne optique pour proposer au cheval le meilleur environnement ? Tu veux dire avant ou après ? En général, les tueries,
- Paul Bard
ça peut être. Le nez, les yeux, le faciès, c'est quand même un faciès. La façon de se manger,
- Journal d'Endurance
oui. Ça reste des choses d'habitude. Après, s'ils nous répètent des habitudes, puisqu'on a la chance de les garder longtemps, quand ils sortent de quelque chose dans leur comportement ou leur façon de faire qui est complètement inhabituelle, c'est des clés. On dirait, est-ce que je ralentis un peu la préparation ? Est-ce que je fais différemment ? Est-ce que je change les idées ?
- Melody Theolissat
La paire du détail.
- Paul Bard
Le ventre qui se remonte avant un petit peu les flancs qui se creusent, ça commence aussi un peu par là, dès qu'il y a un problème.
- Melody Theolissat
Il y en a qui vont manger moins bien que d'autres, mais c'est les habitudes qu'ils ont toute l'année. Si un glouton arrive, normalement, il dévore sa gamelle et que là, il la mange doucement, on va se dire, il y a peut-être quelque chose. Il y en a qui font tout le temps ça et s'ils ne le mangent plus du tout. Ça va être aussi différent, mais on les connaît. On les connaît et on le voit surtout. Et puis,
- Journal d'Endurance
c'est une discipline qui est très, très longue. Et on passe quand même des heures avec eux. Et je trouve qu'en course, par exemple, quand ils vont attraper un bout d'ergue ou une branche, souvent, on dit, quand on apprend à monter à cheval, ne les laisse pas manger quand ils sont montés. Moi, chez Carre Entraînement, des fois, je m'arrête et je les laisse manger. Et je trouve qu'en course, c'est vraiment un élément qui montre qu'ils sont bien. Là, aujourd'hui... La mienne au galop, elle a trappé les branches. C'est qu'ils s'écoutent et que ça va. Qu'ils sont là, qu'ils ne sont pas en train de subir. Oui, je comprends. Ok. Comment est-ce que vous faites quand vous partez, parfois loin, vous traversez la France, voire l'Europe pour partir en compétition ? Qu'est-ce qui vous permet d'essayer d'assurer ce bien-être ? Comment vous faites pour les mettre dans les meilleures conditions ?
- Paul Bard
Déjà, si on peut éviter de les emmener tout seul, ça, c'est déjà le premier truc. parfois on charge un moyen prêt pour l'emmener avec quand même histoire d'accompagner et puis à perdre des temps de trajet faire des pauses la chaleur s'il y en a essayer d'éviter les grosses chaleurs plein de choses comme ça pas de nos plus mille solutions moi j'ai parfois regretté de ne pas avoir coupé la route en deux pour le confort on le fait pour nous parce que c'est vrai que c'est plus facile de logistique etc Amen. Faire une nuit dans un paddock et on ne peut pas la route en deux, parfois, je pense que c'est intéressant à réfléchir. Et puis,
- Journal d'Endurance
on sait aussi qu'il y a certaines courses où quand on arrive, on va pouvoir continuer dans ce sens-là. Donc, moi, je sais que sur ces courses, ça ne dérange pas d'arriver plus tôt parce qu'ils vont être au paddock et que ce sera de bonnes conditions.
- Melody Theolissat
Avec des boxe-bis sur la tête. Exactement.
- Journal d'Endurance
Et il y a d'autres courses où c'est anxiogène. Et alors, presque, on préfère reculer le transport et arriver le plus tard possible pour qu'ils soient le plus longtemps dans ces conditions-là.
- Paul Bard
Les beaux box de Fontainebleau, avec des belles parois et la belle balle au fond, ils adorent.
- Journal d'Endurance
C'est tout fermé. Oui, et puis, dès qu'il fait chaud, par exemple, c'est des fours. Et des fois,
- Melody Theolissat
il y a des écuries où ils sont face à face avec le toit au milieu, où ils sortent la tête, et alors là, c'est les rois du pétrole.
- Journal d'Endurance
Ok, donc maintenir quand même ce contact, parce que je pense que contrairement à beaucoup de disciplines, les chevaux d'Andean, s'ils vivent avec plusieurs chevaux, ils vivent, ils courent et ils déreforment avec d'autres chevaux. Donc ce contact, c'est quand même au cœur de la gestion. Oui,
- Melody Theolissat
ils sont quand même globalement tous grégeurs. En fait,
- Paul Bard
c'est qu'on essaie forcément de se rapprocher du naturel en troupeau. Donc forcément, on essaie de les mettre avec des autres, mais il faut aussi faire la part des choses avec le fait de les mettre un peu dans le coton et de les séparer pour pas qu'ils aillent se faire blesser parce qu'ils ont envie de se mettre un coup de pied au moment de la bouffe. ou d'aller se mettre un coup dedans. Alors, il faut essayer de faire la part des choses, trouver le bon compagnon et les mettre soit parfois par deux, par trois, c'est un peu risqué parce qu'il y a toujours un qui se fait chasser.
- Journal d'Endurance
C'est la gestion de l'alimentation sur du nourriture. Oui,
- Paul Bard
la nutrition n'est pas toujours la même chose. Alors, parfois, ils sont par deux et on s'en va tous les matins sortir pour qu'ils mangent la ration de son côté parce qu'il y en a qui mangent plus lentement et après, on les remet ensemble.
- Journal d'Endurance
Oui, donc c'est du boulot en plus.
- Paul Bard
Ça peut être du boulot si on décide de se prendre la tête, on va dire.
- Journal d'Endurance
Et puis, il faut les mettre ensemble, mais il faut aussi pouvoir les séparer. Donc, potentiellement, il faut qu'ils acceptent aussi d'être séparés à tout le monde.
- Paul Bard
Toujours de la course, quand ils ont chacun une course, il faut qu'ils soient séparés, comme aujourd'hui. Ils peuvent s'appeler un peu.
- Journal d'Endurance
Est-ce que vous avez des exemples, des souvenirs d'un moment où vous avez emmené un cheval sur une course, où vous étiez en préparation et là vous vous êtes dit, ok, je ne vais pas dans le bon sens, ou il y a un truc qui ne va pas, je préfère ralentir.
- Melody Theolissat
Évidemment. Sur la course ? Évidemment. C'est des erreurs qu'on apprend et des erreurs qu'on est obligé d'en faire pour essayer de moins en faire possible par la suite. Mais oui, il y a plein de fois où on est arrivé, ce n'était pas son jour. La forme du jour. Et là, on réadapte. Il y a des fois où on ne l'a pas assez fait et du coup, on l'a mis dans l'inconfort. Forcément, ça arrive à tout le monde. Il faut arriver à vraiment tirer les leçons de ça et pousser le plus possible à ce que ça ne réarrive plus, à prendre plus de précautions les fois d'après, à justement avoir vu avant de le mettre dans l'inconfort, quels étaient les signes, etc. à ce moment-là pour que dès qu'il nous remonte ses signes, justement dire, là aujourd'hui, c'est pas son jour, je vais ralentir.
- Journal d'Endurance
Et comme tu dis, je pense qu'il faut... toujours qu'on performe ou qu'on contreperforme, se poser des questions, se remettre en question. Pourquoi on n'a pas formé ? Pourquoi on a contreperformé ?
- Melody Theolissat
Exactement. Ce n'est jamais de la faute du cheval ou de la malchance.
- Journal d'Endurance
C'est rare.
- Melody Theolissat
C'est rare. Parce que c'est facile quand on dit « je n'ai pas eu de chance » . Non. J'ai eu de la chance. Au bout de plusieurs fois, ce n'est pas que de la chance. Il faut arriver à comprendre.
- Paul Bard
Parfois aussi, pour réussir à se mobiliser, de ralentir, parfois c'est encore plus. pire de devoir changer de groupe quand on s'est trompé de l'IR soit on était trop lent on réussit de rechoper un autre groupe ou le contraire,
- Journal d'Endurance
et bien c'est là que on va lui faire du mal dans sa tête on sait qu'il faut arriver à le choix du bon groupe est hyper important et d'arriver à ne pas se mettre la pression avec ce qui nous entoure parce que des fois on fait tellement de kilomètres qu'on arrive au point d'assistance puis d'un coup on a pris l'exemple d'aujourd'hui à 20 minutes Merci. Et du coup, là, le fait de parler avec des cavaliers qui ont l'habitude, on se conforte dans une stratégie. On voit bien que, bien sûr, la course est difficile. Sur le papier et sur Yamaha, on regarde souvent les vitesses. On analyse tous les vitesses avant la course. Je veux faire telle ou telle vitesse. Mais les conditions météo et tout ça font que, des fois, c'est complètement en dessous ou en-dessus de ce qu'on s'était fixé.
- Melody Theolissat
C'est sûr qu'aujourd'hui, on a douté.
- Journal d'Endurance
On s'est confortés ensemble en disant... Non, là, on est...
- Melody Theolissat
Parce qu'on voulait toutes faire la course le plus vite possible. Et on s'est retrouvés à 22 minutes. Mais on était toutes d'accord pour se dire qu'on était, selon nous, le bon train pour aller le plus vite possible aujourd'hui, avec des chevaux de qualité et qui arrivent dans le meilleur état possible. Et on s'est retrouvés à plus de 22 minutes. Donc, forcément, on se pose des questions. On se dit, bon, là, quand même, on est loin. Mais ça a payé.
- Paul Bard
On est arrivés à deux minutes de la victoire. Voilà,
- Melody Theolissat
de la victoire et avec des chevaux... Bonne année. qui se régalent et qui arrivent au sprint comme ça. Et vraiment, c'est bien parce qu'on se dit qu'on avait raison. Mais ce n'est pas évident de prendre autant de temps, etc., de se dire là quand même, on est loin. On se pose beaucoup de questions, mais avec l'expérience et Castel, on a tous et tous pris le mur. Et maintenant, il faut justement arriver à en tirer les leçons et se dire où j'ai été trop vite, où est-ce que... Et aujourd'hui, avec la chaleur, il faut faire très attention.
- Journal d'Endurance
Il faut faire très attention. beaucoup sur leur transpiration, leur respiration, la façon dont ils sèchent sur la piste, la façon dont ils sont attentifs à ce qui se passe autour.
- Melody Theolissat
Le rythme cardiaque à la pause, comment ils mangent. Là, avec la chaleur, il faut... Parce que là, les temps de récup sont rallongés. On a pris des deuxièmes passages. Mais après, à la pause, pour ma part, il était très bas. Donc, il faut tout combiner pour savoir si...
- Paul Bard
Il y a une comparaison aussi aux autres courses qu'ils ont déjà fait auparavant. C'était quand même... Exactement,
- Melody Theolissat
moi je sais qu'il y a la ventile beaucoup dès qu'il fait chaud, il ventilait beaucoup aujourd'hui il faisait chaud, il était dans ses normes à lui quoi, et avec d'autres chevaux, si ça ventilait comme ça j'aurais compris que ça allait pas mais lui je le connais et je savais qu'on était pour l'instant dans ses normes
- Journal d'Endurance
Ok, écoute quoi C'est assez drôle mais c'est aussi ça que j'apprécie dans l'endurance et que tout le monde apprécie enfin ce qui est de la pratique c'est que J'ai écouté précédemment un podcast sur ce sujet-là, mais ils ont interviewé des cavaliers de CSO, de dressage, et ils n'avaient pas du tout la même définition, pas le même regard plutôt, pas forcément la même définition, mais leur regard était porté ailleurs. En fait, tout ce que vous êtes en train de dire là, c'est une grosse partie de la performance. En fait, cette définition du bien-être, elle est au cœur de tous les choix que vous allez faire.
- Melody Theolissat
Plus le cheval est dans le bien-être, meilleure sa performance va être.
- Journal d'Endurance
Et puis des fois, on a envie de mettre un peu les baux de côté parce qu'on a tous envie de gagner. Et je pense que les plus grosses fautes qu'on fait, c'est quand justement on part favori et qu'on a envie, qu'on se sent plus fort. Et en fait, je pense que ça nous sort un peu de l'analyse et du ressenti.
- Paul Bard
Tu fais une comparaison un peu avec les autres disciplines. Je pense que toutes les autres disciplines de nouveau, tu peux performer avec euh avec une pyro et des ulcères et une mini-boîterie. Chez nous, c'est impossible. On est obligé d'être hyper pointilleux. Sinon, on ne peut même pas faire debout. Alors que dans les courses, ils peuvent gagner avec un cheval qui n'est pas à 100% de sa forme dans une discipline qu'on ne connaît pas. C'est pareil, je pense.
- Journal d'Endurance
Complètement. Est-ce que vous, votre boulot en tant que cavalier et entraîneur et éleveur aussi, parce que j'imagine que c'est des notions que vous essayez de mettre en place le plus tôt possible, au cœur de votre métier. C'est aussi beaucoup d'observer, d'être attentif en permanence.
- Melody Theolissat
Et en fait, il faut arriver à être attentif sans même y réfléchir. On ne va pas examiner le cheval. On passe devant les paddocks en nourrissant, ça nous saute aux yeux, mais sans examiner quoi que ce soit parce qu'on les connaît tellement par cœur. On ne regarde même pas. Il a déféré. Mais on n'a même pas regardé ses pieds. Ça nous saute aux yeux.
- Paul Bard
Il faut faire attention de ne pas tomber dans une paranoïa.
- Melody Theolissat
Mais on voit les choses très importantes. Quand on mourit, on ne va pas regarder. Perso, je ne regarde pas les pieds. Mais s'il a déféré, je vais le voir direct.
- Journal d'Endurance
Tu vas voir qu'il se dépasse différemment.
- Melody Theolissat
Non, en le regardant, il y a le scanner. On voit qu'il manque une chaussure.
- Journal d'Endurance
C'est votre oeil qui est tellement habitué. Oui,
- Melody Theolissat
en se déplaçant aussi, mais il y en a, ils vont se déplacer de la même façon, même s'il manque une chaussure, c'est pas forcément... Il y en a, oui, ils vont avoir plus pour les pieds.
- Paul Bard
Ils vont avoir qu'un pinceau qui brille.
- Melody Theolissat
Ouais, voilà, oui. Mais oui, avec l'habitude, c'est automatique.
- Journal d'Endurance
Est-ce que ce serait aussi facile à mettre en place ? Il y a beaucoup aujourd'hui de cavaliers qui, on en parlait tout à l'heure, qui montent les chevaux. aux pieds levés, qui ne les ont peut-être même pas vus à l'entraînement. Et donc, c'est encore plus beau quand on gagne avec des chevaux qu'on entraîne tous les matins, ou tous les après-midi, tous les jours. Quelle est pour vous cette différence-là dans la performance, pour votre sensation de cavalier, de réussir à faire ça avec des chevaux ?
- Paul Bard
Il y a quand même souvent l'entraîneur qui est là pour le cheval, le cavalier qui est levé, qui peut par soi apporter une sensation neutre.
- Journal d'Endurance
Il y a l'échange entre l'entraîneur et le cavalier.
- Paul Bard
Il y a l'échange de confiance quand même. qui est hyper important.
- Melody Theolissat
Moi, personnellement, je n'aime pas ça. Je ne manque jamais de cheveux auquel je vis et je n'aime pas ça parce que, justement, je ne le connais pas assez et c'est très particulier. J'ai très peur de faire des bêtises.
- Journal d'Endurance
Mais à l'inverse, quand on encadre des gens qui montrent qu'il faut qu'on entraîne, je trouve que, justement, c'est important de parler avant, pendant, après et d'arriver, justement, à leur apprendre à connaître. tous ces petits détails que nous, notre cerveau d'entraînement pour qu'ils s'en servent dans leur gestion aussi de poux.
- Paul Bard
C'est intéressant aussi de s'enlever un petit peu plein de petits soucis que le cavalier n'a pas, ne connaît pas toutes les petites failles et arrive un peu avec un avis neutre et il a juste écouté les consignes ou les appliquées et c'est une place aussi qui peut être agréable. Nous, c'est parfois ce qui est le plus important pour le parc comme ça et comme la soutienne. Francia de Mecque-Ismaël, un cheval que j'ai préparé depuis le début. Et là, elle a monté une fois à l'entraînement pour essayer le matos, c'est tout. Elle a juste monté dessus. Et après, c'est une confiance qui va dire, tu peux faire ça ou ça. Et c'est des chambres avec nous qui vont faire la performance.
- Melody Theolissat
Et du coup, là, quand on est l'entraîneur d'un cheval qu'on ne monte pas, il faut être encore plus attentif aux moindres détails. Parce que comme on n'est pas dessus, même s'il nous explique et tout, là, il faut vraiment justement... Parce qu'à cheval, on a quand même des sensations autres, quoi. Bon, là, comme on les a pas, il faut vraiment faire attention au tout moindre détail. Encore plus.
- Journal d'Endurance
Ok. À quel point, d'après vous, le mental du cheval est important pour aller faire des courses comme aujourd'hui, qui sont hyper difficiles ?
- Melody Theolissat
Ah bah,
- Journal d'Endurance
c'est tout. C'est pas de mental,
- Melody Theolissat
pas de courbe galique. Pas de... Ouais, non. Là, il ne veut pas le faire, galoper à 30 à l'heure dans la côte du Lavoir, on ne va pas le forcer.
- Journal d'Endurance
Non, il ne va pas le faire.
- Melody Theolissat
Ils étaient très contents de le faire, donc ils nous l'ont donné comme ça. Moi, je pense que c'est 75%. Il n'y a pas de tête, il n'y a rien.
- Journal d'Endurance
C'est quelque chose que vous travaillez ? Oui, des fois, l'entraînement les amuse quand on voit qu'il manque un peu d'influx. de faire partir un peu des groupes et puis de les rattraper, doubler un peu. Et vice-versa. Quand ils se tendent un peu sur le mort et qu'on a la réponse main-jambe avec des chevaux qui se propulsent. Et comme on le répète, cet exercice, après on sait qu'en mettant peu de jambes, d'un coup ils se tendent et ils y vont et ils nous donnent cette sensation. Et quand on la retrouve après en cours, c'est aussi des éléments qui... Hmm.
- Paul Bard
Les faisant travailler devant aussi, quand ils se trouvent un peu leader, ça peut les réveiller et leur donner un peu plus de plaisir. Et puis aussi, comme tu disais au début, en faisant des courses faciles. Parce que si ils ne font que des courses dures où ils finissent en forçant ou pas forcément dans le confort, ils ont moins envie de répéter et ils partent même à le jour de la course où ils y vont avec du stress et de l'anxiété. De toute manière, quand ils sentent la préparation, ils sentent la tondeuse, on voit qu'ils commencent un peu à se mettre à l'auteur fort.
- Journal d'Endurance
Je vois qu'ils s'amusent aussi. La clé,
- Melody Theolissat
c'est de leur faire comprendre que c'est une course longue distance et qu'ils s'écoutent beaucoup au début. et que l'enjeu, il est seulement, entre guillemets, sur la dernière étape, où là, ils peuvent vraiment s'amuser. Et c'est de leur faire comprendre ça, parce que la plupart des chevaux vont être très chauds au début, ils dépensent beaucoup d'énergie. Donc, quand ils ont compris que c'est pas mal tranquille...
- Journal d'Endurance
D'ailleurs, on se rend compte... Nous, là,
- Melody Theolissat
ils ont été les plus chauds, c'est à la fin, quoi. Oui,
- Journal d'Endurance
c'est ça, exactement. Ils ont été très pros toute la journée. Comme tous les chevaux comme ça, moi, j'ai l'impression qu'au début, c'est un peu des ados, quoi. Et que du coup, ils nous donnent, mais qu'ils ne connaissent pas leurs capacités. Donc, on va les écouter plus que ce qu'ils s'écoutent. J'avais clair. Quand on arrive avec des chevaux qui ont fait plusieurs fois 160 et tout, très souvent, même dès la deuxième boucle, on en voit qui, hop, ralentissent, se remettent derrière, s'ouvrent tout seuls. On pourrait se dire, oh, déjà, ce qu'il va mettre à j'ai, il me montre ça, c'est que ça n'a pas le temps. Et non, au contraire, c'est petit, c'est petit.
- Melody Theolissat
Mais vraiment.
- Journal d'Endurance
Et ça, je trouve que quand on arrive à ce truc, c'est magique. C'est un peu froid comme ça.
- Melody Theolissat
Mais attends, attends, là, je...
- Journal d'Endurance
Est-ce qu'il a compris son travail de chevalier ? Là,
- Melody Theolissat
dans la côte du Lavoir, vraiment, les deux, ils se... Et on se dit, ah mais non, en fait, il allait hyper bien.
- Journal d'Endurance
Pour moi, certaines fois, on voit sur le papier, on dit, waouh, ce cheval-là, il a fait sa première 120 à cette vitesse et tout ça, et c'est un crack. Et on ne les revoit pas forcément derrière, parce qu'en fait, je pense qu'ils ne savent pas ce qu'ils font. On les trompe plus quand ils sont plus jeunes, ou pour le moins, que quand ils ont pris de l'âge. Quand ils ont pris de l'âge, ils connaissent. Waouh, c'est trop intéressant. Ok. Ben super, je ne sais pas quoi dire après tout ça. C'est super. Les personnes qui peuvent potentiellement écouter ce podcast, c'est des personnes qui ont leur propre cheval et qui, quand ils préparent une échéance comme Castel-Sagra, par exemple, c'est leur course de l'année. Quels conseils vous pourriez leur donner pour essayer d'arriver en respectant un maximum son cheval tout en ayant une vie à côté et donc des enjeux bien différents de dire « c'est pas grave, je sais pas, Castel sera une autre » alors qu'on a posé le week-end et qu'on a passé des dix heures à cheval à côté d'eux. du travail, qu'est-ce qu'il faut garder en tête pour essayer de maintenir ce bien-être qui va vers la performance en fait ? Moi, je crois qu'il faut avoir un plan de base parce que dans toutes les préparations, dans les plans d'entraînement, il faut peut-être un plan, un objectif. Mais qu'après, la principale qualité d'un cavalier et d'un entraîneur, c'est l'adaptation et l'observation. Et du coup, pas hésiter à s'en tomber dans l'excès, mais pas hésiter à se réadapter en fonction de ce que l'on monte. OK.
- Melody Theolissat
Oui, oui, c'est vrai. après euh À partir de quel moment décider de repousser la course ? Là, on peut donner des conseils, c'est difficile. C'est eux qui connaissent leur cheval. Et du coup, c'est à eux de prendre la décision. Mais par rapport à d'habitude, jusqu'à quel point le cheval peut modifier son comportement et son bien-être pour pouvoir quand même faire la course ou ne plus la faire ? Là, c'est toute la difficulté. On n'a pas la baguette magique pour le provoquer.
- Paul Bard
Je pense qu'on peut leur donner le conseil, comme on fait, de réfléchir surtout en avant-course. Les jours précédents, je vois beaucoup de chevaux qui se retrouvent tout seuls dans des endroits un peu cachés où il n'y avait pas un cheval. Je pense qu'ils ne disent rien parce qu'ils sont tolérants et gentils, mais ils préféraient être avec des collègues.
- Journal d'Endurance
qu'il y a beaucoup de gens stressés. C'est normal, c'est une course. Surtout quand on n'en fait pas beaucoup dans l'année, il y a forcément un petit stress. Et c'est du stress qui est divulgué au cheval. Ça peut être les cavaliers, ça peut être les propriétaires. Et ça, c'est intéressant d'avoir un peu des personnes extérieures qui peuvent avoir peut-être moins de stress. Ils sont plus du cheval et qui réfléchissent un petit peu à le mettre dans du petit effort. le jour précédent, la veille, ou même pendant la course.
- Melody Theolissat
Combien de gens sont à 20, 30, 50 mètres derrière nous ou 20, 30, 50 mètres devant nous et qui restent comme ça, tout seuls. Pour les chevaux, je pense que c'est catastrophique de rester seul comme ça alors que le groupe n'est pas loin, ou derrière, ou devant. Le cheval ne comprend pas parce que c'est un animal qui vit en troupeau et très grégaire, et là on le force à être... Et ça, on en voit beaucoup. Des gens qui restent heureux comme ça.
- Journal d'Endurance
Il y en a beaucoup qui essayent de se séparer en se disant j'ai besoin de le maîtriser et de le contrôler et de ne pas forcément subir les autres. Déjà, je pense que c'est quand même intéressant d'aller subir le train de Melody et de Virginie aujourd'hui. Et en plus de ça, je pense qu'ils doivent pour former le cheval, ils sont obligés de leur...
- Melody Theolissat
Je pense qu'ils passent du coup dans ce domaine cavalier référé.
- Journal d'Endurance
être en groupe et une fois qu'on est en groupe, lui proposer de se détacher. en lui faisant comprendre qu'il va les retrouver, les copains, que ce n'est pas pour les quitter à vie. Ça peut être que sur un moment, un bout d'une boucle ou une boucle et qu'après, on retourne tout sur le même endroit. Oui,
- Melody Theolissat
mais il y en a, ils le font et ils restent à vue. Et là, c'est le pire. Quand on y voit les autres, si on décide de se décrocher, il faut se décrocher vraiment. Pas garder le groupe à vue parce que pour le cheval, c'est très anxiogène. On ne veut pas ça. Il y en a qui le vivent un peu mieux, mais il n'y a pas beaucoup de chevaux qui vivent ça bien.
- Paul Bard
Ou inversement, quand il y a un groupe qui travaille un peu trop agressif, de justement prendre la décision de se détacher pour retrouver la décontraction, parce qu'en fait, c'est la clé du truc. Plus vite ils sont décontractés, plus ils tirent à droit. Ok, pour finir cet échange, est-ce que vous vous souvenez d'un cheval qui justement était vraiment hyper facile, avec lequel vous avez fait plein d'erreurs et pourtant vous avez réussi ? Moi, j'ai eu un cheval hyper fort et très, très généreux, qui m'a beaucoup appris. Raspachador. Et il m'a énormément appris pour tous les chevaux que je monte aujourd'hui parce que justement, il ne s'écoutait pas du tout. Et puis, il a une grosse puissance sur la piste. Et du coup, j'ai fait des erreurs avec lui qu'on a gommé après. Mais ça a été toute une carrière et une gestion. Mais aujourd'hui, ce cheval-là, il ressort beaucoup dans les chevaux que j'ai pu monter. Et pourquoi il t'a appris s'il était si généreux ? Parce qu'il pouvait faire… Parce que justement, il donnait plus que ce qu'il pouvait certaines fois. Et puis... Et tu ne pouvais pas trop l'amuser justement parce qu'il passait très vite de je m'amuse à je me contracte et je ne respire pas. Et quand tu as des sensations comme ça, tu sens que c'est puissant, que tu peux y aller. Mais s'il n'y a pas la décontraction dans la vitesse, et notamment ici, j'avais fait une erreur ici parce que c'était un moment où on nous demandait de partir beaucoup plus vite. On nous avait dit de faire un peu des boucles à 20 à l'heure des débuts. À Castel-Sagra, 20 à l'heure sur 160. Et il avait ralenti alors que c'est un cheval qui a un mental d'acier. Cette fois-là, je m'étais posé beaucoup de questions. Derrière, il a recouru, il a bien couru.
- Journal d'Endurance
Pareil, Taj Mahal, c'était un cheval qui avait une grosse locomotion, qui était très fort, un bon méta. Et nous a, Weimar, appris les ulcères. Je ne connaissais pas, on a mis un mot ulcère. Je ne savais même pas que ça existait à ce moment-là. Et on a découvert les ulcères et comment y pallier. Avec tout l'avant, comment les soigner et comment faire en sorte que ça ne revienne pas. et pareil c'est un choix qu'il avait tout le temps envie d'aller jusqu'à ce qu'il s'arrête alors il a fait des parfois il a mal fini ses courses et il a peut-être démarré parce qu'il était très fort justement peut-être des courses des premières courses trop vite on aurait dû prendre plus le temps de
- Melody Theolissat
le former c'est une qui nous a formés justement on ne fait pas ça quoi ouais désolé c'est le grand sujet donc allez bonne chance et toi Mélo Jamila de Jalima Je me suis beaucoup cassée la tête avec elle, beaucoup, beaucoup. Elle avait énormément d'influx, mais beaucoup, beaucoup. Et il fallait canaliser ça. Elle m'a aussi appris à gérer les myosites. Elle m'a appris à gérer les chaleurs. Et moi, j'ai bûché dessus beaucoup.
- Journal d'Endurance
C'est un grand sujet.
- Melody Theolissat
Ah oui, mais il fallait que je reste derrière, que vraiment je canalise cette énergie où elle ne voyait pas trop le devant. Enfin, on a plusieurs boucles. On a rembouillé ma première 160. Je suis restée quatre boucles nées derrière un cheval qu'elle ne voyait rien d'autre. Et ça a fini par payer, mais je me suis bien retournée le cercle.
- Paul Bard
Tu l'obligais à rester derrière un cheval pour qu'elle se ménage ? Oui,
- Melody Theolissat
parce que si elle voyait, elle chauffait, chauffait. Elle dépense énormément d'énergie.
- Paul Bard
Est-ce que c'était blessé ?
- Melody Theolissat
Elle dépense trop d'énergie et du coup, le capital énergie est divisé à la fin. Je ne pouvais pas lui laisser deux fenêtres ou voir des chevaux devant. C'était possible. Je n'allais pas mourir. Mais elle, elle se faisait mal et elle était plus dans le confort.
- Paul Bard
Trop bien. Est-ce que vous voyez d'autres choses à rajouter ?
- Melody Theolissat
On est pas mal.
- Paul Bard
Oui, on est bien. Merci beaucoup. Merci à toi.
- Melody Theolissat
Pas de rien, merci.
- Paul Bard
Et voilà, nous sommes arrivés à la fin de cet épisode. J'ai adoré partager cette discussion avec Virginia Hadjé, Mélodie Theo-Issa et Paul Barre. Et j'espère que vous avez aussi apprécié. Si ce format de table ronde vous plaît, n'hésitez pas à me le faire savoir et à me dire les prochaines thématiques qui vous plairaient. Parce qu'on peut enregistrer avec des vétérinaires, des éleveurs, des juges, des maréchaux férants, même des organisateurs. Les possibilités sont infinies. Et vos idées sont les bienvenues. Avant de nous quitter, je suis vraiment heureuse de vous annoncer que c'est officiel. Le salon Endurance Summit sera de retour en 2026. Nous vous donnons rendez-vous le samedi 12 décembre à l'Hippotome de Toulouse pour une nouvelle journée placée sous le signe du partage et de la passion de l'endurance. Il y aura des conférences, une présentation des talons, une vente de chevaux et tout ça avec une entrée gratuite. Alors notez-le dans votre agenda. En attendant, je vous dis à très bientôt dans un prochain épisode de podcast ou sur une course d'endurance.