Speaker #0Mes amis, mes amours, bonjour. Dans l'épisode précédent, on a parlé d'un choix difficile, l'amour ou la stabilité. Et j'ai dit quelque chose qui a peut-être surpris, que la stabilité pour moi était essentielle. Mais aujourd'hui, j'ai envie d'aller plus loin, beaucoup plus loin. Parce qu'au fond, la vraie question n'est pas seulement qu'est-ce qu'on choisit. La vraie question, celle qui nous hante parfois la nuit, celle qu'on n'ose pas toujours poser, c'est pourquoi est-ce qu'on reste là où on n'est pas bien. Pourquoi est-ce qu'on s'accroche à des relations qui nous font souffrir, des relations instables, incertaines, épuisantes ? Des relations où on donne tout, où on s'épuise, où on perd des morceaux de nous-mêmes. C'est une question difficile parce qu'elle nous oblige à regarder en face ces vérités qu'on préfère parfois ignorer. Mais c'est aussi une question libératrice parce que comprendre pourquoi on fait quelque chose, c'est le premier pas pour arrêter de le faire. Pour ceux qui passent ici pour la première fois, Je suis Xaviera et en mai dernier, j'ai lancé Jusqu'à ce que les mots se taisent, le podcast qui parle des choses qu'on n'ose pas dire à voix haute. Des sujets tabous, des conversations difficiles, des vérités oubliées. Bref, un refuge, une sorte de thérapie pour les personnes qui, comme moi, ont besoin de s'exprimer pour exister. Bienvenue à toi. Aujourd'hui, on va explorer ensemble ce qui nous maintient dans les relations instables. On va aller en profondeur, sans jugement, juste avec honnêteté. et avec nos trois regards. Parce que c'est ce qu'on connaît. Ma première raison, c'est ça. Parce que c'est ce qu'on connaît. On s'accroche à des amours instables. Parce que c'est tout ce qu'on connaît. Et c'est peut-être ça la plus difficile à accepter. Souvent on pense qu'on choisit l'amour en se disant je suis avec cette personne parce que je l'aime, point final. Mais en réalité c'est rarement aussi simple. Ce qu'on choisit la plupart du temps, c'est ce qui nous est familier, c'est ce qu'on reconnaît, ce qui ressemble à ce qu'on a déjà vu. Laisse-moi t'expliquer. Si tu as grandi dans un environnement stable et moins sécurisant, où tes parents étaient présents, constants, prévisibles dans leur amour, alors tu as développé un modèle intérieur de ce qu'est une relation. Pour toi, l'amour ressemble à ça. quelque chose de calme, de fiable, de rassurant. Mais si tu as grandi dans un environnement instable, où l'amour était imprévisible, conditionnel, où il fallait le mériter, où un jour tout allait bien et le lendemain tout s'effondrait, alors ton modèle intérieur est différent. Pour toi, l'amour ressemble à ça. Quelque chose d'incertain, quelque chose qu'il faut conquérir, quelque chose qui peut disparaître à tout moment. Et voilà ce qui se passe. À l'âge adulte, inconsciemment, on cherche ce qu'on connaît. Pas forcément ce qui est bon pour nous, mais ce qu'on reconnaît. Le cerveau humain est câblé pour la familiarité. Il préfère ce qui est connu, même si c'est douloureux, à ce qui est inconnu. Parce que l'inconnu, pour le cerveau, c'est potentiellement dangereux. Alors que le connu, même s'il fait mal, au moins on sait à quoi s'attendre. Est-ce que tu vois ? Tu suis ou pas ? C'est pour ça qu'une personne qui a grandi avec un parent distant ou émotionnellement indisponible va souvent être attirée par des partenaires distants et émotionnellement... indisponible. Ce n'est pas de la malchance, ce n'est pas un hasard, c'est un schéma. Je ne sais pas si tu as écouté l'épisode 23, je pense, de ce podcast, 23 ou 24, mais j'ai parlé de l'héritage émotionnel, j'ai parlé du schéma familial. On est en plein dedans. Et le plus troublant, c'est que ça peut même se sentir comme de l'amour. Cette tension, cette incertitude, ce besoin de conquérir l'autre. Ça active quelque chose en toi, quelque chose de profond, de viscéral. Tu te dis, ça doit être de l'amour, sinon pourquoi je ressentirais tout ça autant ? Sauf que ce n'est pas de l'amour, c'est de la reconnaissance. C'est ton système nerveux qui te dit, ah, ça, je connais. Parce qu'on confond intensité et amour. Et ça, ça nous emmène à la deuxième raison. Les relations instables sont souvent intenses, très intenses. Il y a beaucoup d'émotions, des hauts et des bas. ta peur, des disputes passionnées, des réconciliations euphoriques, des moments où tu te sens au sommet du monde suivi, des moments où tu touches profondément le fond. Et cette intensité, tu la confonds avec de l'amour. Tu te dis, si je ressens tout ça, c'est que ça doit être fort, c'est que c'est réel, c'est que c'est... Non. Non. Laisse-moi te poser une question. Est-ce que c'est vraiment de l'amour que tu ressens ? Penses-tu que c'est vraiment de l'amour sain ? que tu ressens. Parce que neurologiquement, l'incertitude dans une relation active les mêmes circuits que l'addiction. Donc, est-ce que c'est de l'amour ou c'est de la dépendance ? Quand tu ne sais pas si l'autre t'aime, quand tu ne sais pas s'il va rester, quand tu ne sais pas ce qui va se passer, ton cerveau libère de la dopamine, la même dopamine qui est libérée quand un joueur attend le résultat d'un pari. C'est le système de récompense intermittente. Parfois tu gagnes, parfois tu perds. Et c'est précisément cette imprévisibilité qui crée l'obsession, qui te fait penser à l'autre tout le temps, qui te fait ressentir ses émotions intenses. Mais ce n'est pas de l'amour, c'est de l'anxiété déguisée en passion. L'amour sain, lui, est calme, stable, sécurisant. Il ne te fait pas monter et descendre comme des montagnes russes émotionnelles. Il te pose, il t'ancre et te... permet de respirer sauf que quand on n'y est pas habitué l'amour calme peut sembler ennuyeux plat comme on dit et tu te dis il manque quelque chose je ressens pas la même chose c'est trop facile ça peut pas être ça alors qu'en fait ce qui manque c'est le chaos le chaos c'est pas de l'amour c'est juste du chaos j'ai rencontré tellement de personnes qui ont quitté des partenaires stables et aimants parce qu'ils s'ennuyaient parce qu'il n'y avait pas assez de passion et qui sont retournées vers des relations toxiques parce qu'au moins là, elles ressentaient quelque chose, entre guillemets. Mais ressentir quelque chose n'est pas toujours une bonne chose. La peur, c'est ressentir quelque chose. L'anxiété, c'est ressentir quelque chose. La douleur, c'est ressentir quelque chose. La vraie question, ce n'est pas est-ce que je ressens des choses ? La vraie question, c'est est-ce que ce que je ressens me fait du bien ? Est-ce que ça me fait du bien ? Est-ce que ça te fait du bien ? Si ça ne te fait pas du bien, quitte, quitte, car cette toxicité te perdra. Cette toxicité aura ta peau. Tu as beau croire que tu l'aimes, tu as beau idéaliser cette relation, mais ce n'est absolument pas sain pour toi. Ce n'est absolument pas bon pour ton équilibre mental, pour ta stabilité émotionnelle. la troisième raison pour laquelle on s'accroche selon moi c'est l'espoir ça j'entends on va dire les 60% des femmes que je côtoie les 60% parce que plus de la moitié en tout cas des femmes que je côtoie qui sont en difficulté dans la relation qui s'éternise dedans c'est des femmes qui espèrent Elle espère qu'il va changer. Il va comprendre, ça va s'arranger. C'est juste une phase difficile. Quand il aura moins de stress au travail, ça ira mieux. Quand on aura un ménage ensemble, ça ira mieux. Quand on aura un enfant, je suis sûre, ça ira mieux. Quand on sera marié, ça sera différent. On s'accroche à la version potentielle de l'autre, pas à la réalité de ce qu'il est aujourd'hui, mais à l'image de qui il pourrait devenir. Tu te projettes, tu projettes son idéal. Pardon, tu projettes... ton idéal et tu espères fortement que l'homme avec qui tu es aujourd'hui, l'homme qui te fait du mal aujourd'hui, qui te brise aujourd'hui, il sera meilleur demain. Il sera meilleur demain parce qu'un événement va se produire et il va devenir meilleur. C'est de l'espoir. Et tu restes, tu attends, tu espères, tu te dis, je vois le bon en lui, je sais qu'au fond il est capable de mieux. Si je l'aime assez fort, il va changer. Si je lui montre assez fort que je... Enfin, si je lui montre que je l'aime assez fort, il va changer. Parfois, on attend des mois, des années, parfois une vie entière. En tant qu'amoureuse d'une promesse qui n'a jamais été faite. Cet homme-là, ok, il est venu te chercher à une période. Il t'appréciait. Il t'aimait même, peut-être, sans doute. Il voulait construire avec toi. Mais avec le temps, cet amour s'est dilué, s'est évaporé, comme on dit. Et aujourd'hui, il ne ressent plus la même chose. Il commence à se négliger. Il ne voit plus de l'intérêt en toi. Il ne se projette plus réellement. Mais comme il s'est engagé, qu'il est responsable, il reste avec toi. Voilà. Mais toi, tu es tombée amoureuse. Il ne t'a jamais promis qu'il allait être meilleur demain, mais tu espères. Et pendant ce temps, tu mets ta propre vie en pause. tu repousses tes propres rêves, tu sacrifices tes propres besoins, tout ça pour un futur qui n'arrivera certainement jamais. Alors, on ne généralise pas. On ne généralise pas. Il y a peut-être des cas isolés où finalement les hommes prennent conscience d'eux et se transforment, etc. Et c'est très bien, c'est très bien d'ailleurs. Là, tu te dis, elle a bien fait de patienter, elle a bien fait de croire en lui. etc. Mais la plupart du temps, ça ne se passe pas comme ça. La plupart du temps, ces femmes-là, elles souffrent toute leur vie. Il y en a qui en meurent. Il y en a qui finissent par divorcer à 50 ans et il y a crié partout qu'il a détruit ma vie. Non, tu as choisi de rester, il ne t'a pas détruit. Arrête. Je ne dis pas que... Voilà, chacun fait ses choix. Je ne suis ni en train de dire que les gens ne peuvent pas changer, je ne dis pas que les gens ne peuvent pas changer. Bien sûr qu'ils peuvent, mais voilà, la vérité est difficile. Les gens changent quand ils veulent changer, pas quand on veut qu'ils changent. Ce n'est pas parce que tu l'aimes fort qu'il va changer, ce n'est pas parce que tu lui demandes de changer qu'il va changer. Il change parce qu'il décide de changer, il change parce qu'il veut changer, il change parce qu'il pense que c'est mieux pour lui de changer. Et c'est pareil, les femmes qui quittent des relations toxiques, c'est un choix personnel. Tu décides de quitter ou alors de rester, continuer à te leurrer, à espérer, à aimer dans le vide. C'est très personnel d'un bord à l'autre. Ça reste très personnel. Mais selon moi, tu ne peux pas aimer quelqu'un assez fort pour le transformer. C'est comme ça. Tu ne peux pas être assez patiente, assez compréhensive, assez parfaite pour qu'il devienne quelqu'un d'autre. Humainement, ce n'est pas possible. Et si tu es avec quelqu'un en attendant qu'il change, tu n'es pas vraiment avec lui. Tu es avec un fantasme. Tu es en couple avec un fantasme. Tu es en couple avec une projection, une idée. maintenant ma question est si cette personne ne change jamais si elle reste exactement comme elle est aujourd'hui pour le reste de sa vie est-ce que tu veux être avec elle si la réponse est non alors tu as ta réponse alors tu as la réponse à la question moi je reste la quatrième raison pour laquelle on reste dans des relations 1 toxiques, instables, c'est la peur. On a peur de partir. On a peur de tout recommencer. On a peur. Tu sais, je vais te dire un truc, la peur a plusieurs visages. Je le sais. Pour l'avoir un peu vécu, dans un contexte différent bien évidemment, mais la peur peut paralyser. D'abord, il y a la peur de l'abandon. Et paradoxalement, même dans une relation qui fait souffrir, partir peut activer cette peur profonde d'être abandonné. Parce que partir, c'est comme créer une séparation. Et la séparation pour certains d'entre nous est terrifiante. Et aussi, il faut se dire qu'on vient d'univers différents. Le vécu a un impact réel sur le présent. Si un de tes parents t'a abandonné par exemple, tu ne vivras pas une relation de la même manière qu'une personne qui a toujours été épanouie dans sa vie, qui a toujours été entourée de sa famille, avec des parents présents, etc. Et c'est là que cette peur de l'abandon vient s'ancrer réellement. Et ça peut avoir un impact sur ta décision de partir ou non. Et créer justement cette peur-là qui fait que tu choisis finalement. malgré toi, mais tu choisis in fine de rester. Ensuite, il y a cette peur d'être seul, de se retrouver face à soi-même, de devoir, comment dire ça, affronter le silence, le vide, l'absence. Quand tu es habitué à quelqu'un, tu as passé 5 ans, 10 ans, 2 ans, 3 ans de ta vie avec quelqu'un, se retrouver seul du jour au lendemain, ça peut faire peur. On préfère parfois une mauvaise compagnie à pas de compagnie du tout, juste parce qu'on a peur d'être seul. Et ça, on le côtoie de plus en plus. C'est dommage, mais c'est ce qui existe et c'est réel. Ensuite, tu as la peur de recommencer. Ça rejoint un peu la peur d'être seule. Juste l'idée de devoir tout recommencer, rencontrer quelqu'un, refaire connaissance, raconter son histoire encore une fois, prendre le risque d'être blessée encore une fois. Comme dirait les jeunes, la flemme, la flemme. Tu n'as pas envie de tout recommencer, tu as peur de tout recommencer. Tu ne sais pas, comme on dit souvent, je sais ce que je perds, mais je ne sais pas ce que je retrouve. Alors tu restes. Est-ce que c'est la bonne solution ? Est-ce que c'est la meilleure solution ? Pas forcément, mais il y a cette peur-là qui t'empêche de prendre ta décision, de sauter le pas, alors tu restes. C'est lié un peu à la peur de l'inconnu. Tu vois, au moins là, tu es dans une relation que tu connais, tu sais à quoi t'attendre. C'est douloureux, ok, mais c'est prévisible, je connais. Dehors, tu ne sais pas. Comme on dit maintenant, le dehors est risqué. Dehors, c'est le chaos, l'incertitude totale. Alors, je préfère ne pas m'aventurer. Je préfère rester dans cette relation. Même si elle est toxique, même si elle me tire vers le bas, pour l'instant, ce n'est pas si mal. On essaie de se trouver des raisons, de se monter la tête comme on peut pour finalement ne jamais partir. Et enfin, j'aimerais parler de la peur du changement. Peur du changement ou peur du regard des autres, je ne sais pas trop. Mais l'un dans l'autre, qu'est-ce que les autres vont penser ? Ma famille, mes amis, ils vont dire que j'ai échoué, que je n'ai pas su faire durer ma relation, que si, que ça. Alors tu restes. Tu ne penses plus à toi, tu ne penses plus à ta vie. Tu n'es plus le maître de ta vie. Tu choisis de rester par peur. Tu regardes par peur du monde qui t'entend, par peur de ton environnement. Alors tu restes. Oui, partir fait peur. Oui, ça peut faire mal. Oui, c'est un saut dans le vide, mais rester dans quelque chose qui te détruit lentement, je te jure, ça fait mal aussi. C'est juste une douleur différente. Mais ce qui est sûr, il y aura un mal-être qui va s'installer tellement profondément que tu vas finir par ne plus te reconnaître. Jusqu'au jour où tu vas craquer. Parce qu'en fait, malheureusement, je ne sais pas si c'est une question de génération ou même juste d'héritage de nos parents, de nos mamans, mais pour la plupart, on pense que l'amour demande de souffrir. Et c'est incroyable de penser ça. Mais c'est une croyance qui est profondément ancrée dans notre culture. Que ce soit... Alors je parle de culture, mais même pas forcément. Même la musique, même nos chansons dans nos films, que ce soit américain, africain, asiatique, européen. Le message qui est envoyé, c'est comme dire, c'est normal de souffrir par amour. Est-ce que tu réalises ? On nous a malheureusement appris. que l'amour, c'est compliqué, que l'amour, ça fait mal, que l'amour, ça demande de se battre, de sacrifier, de souffrir. C'est toutes ces expressions-là, l'amour rend aveugle, l'amour est beau, qui aime bien, j'attire bien, on ne fait pas d'anglais sans casser les oeufs. Bref, toutes ces expressions, je divague peut-être, mais toutes ces expressions-là, ces idées, ces récits, ils nous ont tellement conditionnés à croire que la souffrance fait partie du package. Que pour nous, c'est normal de souffrir par amour. Que si tout va bien, que si tout est facile, tout est fluide, c'est que ce n'est pas vraiment de l'amour. Il est trop gentil, alors il ne t'aime pas. Non, mais sérieux, on en est rendu là, en fait. Alors, quand notre relation devient difficile, quand elle nous fait souffrir, on pense que c'est normal, on pense que c'est la preuve. qu'on aime vraiment ou qu'on est vraiment aimé, que c'est ça le prix à payer pour vivre une véritable, une merveilleuse, une magnifique histoire d'amour. Et oui, cette fâcheuse tendance aussi à se comparer, à dire, bon, ok, les autres aussi galèrent, c'est ça, c'est comme ça les relations. Aucune relation n'est parfaite, tous les hommes trempent. Oui, mais non, non. La souffrance n'est pas une preuve d'amour, il faut vraiment qu'on arrête. La souffrance, c'est juste de la souffrance. L'amour vrai, selon moi, ne te demandera pas de te sacrifier constamment. Il ne peut pas te demander de t'oublier. Quelqu'un qui t'aime ne peut pas te voir t'éteindre et ne pas réagir. Ce n'est pas possible. L'amour réel ne te demandera pas de te sacrifier pour prouver ta loyauté. Alors oui, il y a des sacrifices à faire, c'est sûr. Il y a des mini-sacrifices à faire. Peu importe le type de relation que tu entreprends, il y a des sacrifices à faire parce qu'on est des personnes différentes. On vient avec des façons de penser différentes, des éducations différentes. Donc oui, il y a des concessions à faire. Mais souffrir, ça relève d'un autre sphère. Pour moi, souffrir par amour, ce n'est absolument pas normal. Quand tu te mets en relation, tu es censé grandir. C'est censé te rendre meilleur. C'est censé... s'élever, même quand c'est difficile. Parce que oui, toutes les relations ont des moments difficiles, mais tu ne perds pas de vue qui tu es. Tu ne te sens pas diminué. Il y a des disputes, ok. Il y a des incompréhensions, ok. Mais ça n'efface pas ta personnalité. Ça ne te donne pas de coups de poing. Ça ne t'insulte pas. Dès le moment où on commence à s'insulter, dès le moment où on commence à se taper dessus, l'amour, à mon sens, est mort. Et il faut qu'on se le dise, si ta relation te fait souffrir bien plus qu'elle te fait du bien, ce n'est pas de l'amour. Je ne sais pas ce que c'est. C'est autre chose. Tout. Tout ce que tu veux. Sauf l'amour. Je ne sais pas si tu me suis. Dis-toi juste que c'est quelque chose que tu ne mérites pas. Tu mérites bien mieux. Entre nous, je trouve que c'est un sujet tellement important, mais à la fois tellement banalisé, que j'ai voulu juste qu'on prenne le temps d'en parler, que vous preniez le temps, que tu prennes le temps d'écouter tout ce que je viens de dire pour réaliser en fait la portée de la chose. pour réaliser à quel point c'est important d'avoir ce type de conversation, pour réaliser à quel point c'est important de préparer nos petites sœurs, la génération d'après, à ces réalités-là, qu'elles n'acceptent pas n'importe quoi. Et aujourd'hui, on a l'âge de nos parents quand ils nous ont eus. Alors oui, c'est aussi à nous de sensibiliser nos enfants, nos filles, nos petites filles. Est-ce qu'on aimerait qu'elles vivent ça ? Est-ce que toi, en tant qu'homme, t'aimerais que ta petite fille, ta petite fille t'a mis tellement d'énergie à l'élever, à la protéger, à veiller sur elle ? Est-ce que t'aimerais qu'elle soit aussi malheureuse dans sa relation ? C'est une question très très importante. Si la réponse est non, alors tu dois faire partie du mouvement. Tu dois aider, tu dois contribuer à ce qu'aujourd'hui, hommes comme femmes, on prenne conscience que ce genre de relation-là n'est absolument pas saine, peu importe pour qui. Et crois pas que c'est le genre de choses qui est flagrant, c'est pas le genre de choses que tu vas juste repérer à vue d'œil, non, ça commence doucement. Les jeunes femmes commencent à s'adapter, mais vraiment petit à petit, c'est-à-dire qu'on va commencer par faire des compromis, on va commencer par accepter des choses qu'on n'aurait peut-être pas acceptées au début. Mais bon, tu te dis, allez, ce n'est pas si grave, c'est juste une fois, puis c'est juste deux fois. Et voilà, à chaque fois, on s'adapte un peu plus, on minimise de plus en plus ce qui nous dérangeait au début. Et finalement, en fait, un matin, tu te lèves et tu te dis, oh, peut-être que c'est moi le problème. Peut-être que je suis juste trop sensible. Peut-être que j'exagère. Ouais, c'est sûr, c'est moi le problème. Et c'est comme ça que chacune de nous se retrouve à repousser ses propres limites. Une fois, deux fois, dix fois, jusqu'à ce que tu ne saches plus ce sont tes limites. Jusqu'à ce que tu ne te reconnaisses plus. T'abandonnes des choses que t'aimais. Tu te détaches de tes amis, de tes activités, de tes rêves parce que l'autre n'aime pas, parce que ton conjoint n'aime pas, parce que ça crée des conflits, parce que... C'est plus simple comme ça. Tu vois, on parle beaucoup de paix en ce moment. Je cherche ma paix, je veux la paix, etc. Il y a aussi cette forme de paix là. Bon, je vais abuser du mot toxique aujourd'hui. Mais voilà, il y a aussi cette forme de paix toxique là où tu acceptes de te diminuer pour avoir ta paix, pour gagner ta paix. Tu vas changer ta façon de parler, tu vas changer ta façon de t'habiller, tu vas changer ta façon de penser. Tout ça pour plaire à ton conjoint, pour éviter les disputes, pour garder ta paix. Et c'est là que petit à petit, tu t'éloignes de toi-même. Tu deviens une sorte de, je ne sais pas, une version édule colorée de qui tu es vraiment. Et cette version-là, c'est une version qui n'existe que pour l'autre, que par rapport à l'autre, que en fonction de l'autre. Tu deviens son miroir. que toi-même. Mon grand frère, un de mes grands frères, j'en ai plein, JB, bon, vous le connaîtrez jamais, je sais, mais quand j'étais toute petite, je me rappelle, j'avais même pas 15 ans à l'époque, quand il m'a sorti cette phrase-là. Une personne doit t'aimer pour ce que tu es, et non pour ce que cette personne aimerait que tu sois. Si elle veut être avec toi pour te changer ou pour te faire changer, qu'elle aille chercher quelqu'un d'autre ailleurs. Et c'est tellement vrai. Aujourd'hui, en grandissant, 33 ans, je réalise, c'est tellement vrai. Pourquoi est-ce que j'existerais pour quelqu'un ? Pourquoi est-ce que j'existerais par rapport à quelqu'un ? Pourquoi est-ce que j'existerais en fonction de quelqu'un ? chacun son identité, chacun sa personnalité. Tout ça pour dire, mes frères, mes sœurs, en tout cas, toutes les personnes qui m'écoutent aujourd'hui, j'aimerais juste que vous preniez conscience que le vrai danger dans les relations instables, c'est ça. C'est qu'on finisse par en perdre notre identité. Et dans les cas les plus chaotiques, Dans les scénarios les plus dramatiques, on peut finir par en perdre la vie. Donc il est temps de faire une vraie prise de conscience. Bon, maintenant que j'ai dit tout ça, maintenant qu'on a exploré toutes ces raisons, j'aimerais qu'on arrive au cœur de la chose, à la vérité la plus profonde. La vérité, c'est qu'on ne s'accroche pas vraiment à une personne. On s'accroche à un besoin. Qu'importe les raisons pour lesquelles tu ne veux pas quitter cette relation. qui te tire vers le bas. Il y a une seule vérité profonde qui va expliquer tout ça. C'est que tu t'accroches à un besoin. Ça peut être le besoin d'être aimé. Ça peut être le besoin d'être choisi. Encore le besoin d'être validé. De prouver que tu es digne d'amour. Le besoin de réparer quelque chose qui s'est cassé il y a longtemps. Je ne sais pas, mais cette personne, cette relation devient juste le véhicule de ce besoin, une sorte de promesse de guérison que tu te fais. Tu te dis, si cette personne m'aime, ça veut dire que je suis aimable. Si cette personne reste avec moi, alors je suis digne d'être choisie. Si j'arrive à faire marcher cette relation... c'est que je suis quelqu'un de bien. On cherche à l'extérieur ce qu'on ne trouve pas à l'intérieur. Et c'est pour ça que le schéma se répète. Parce que tant que ce besoin n'est pas reconnu, tant que ce besoin n'est pas compris ou encore guéri à l'intérieur de toi, tu vas continuer à le chercher chez les autres. Tu changes de partenaire, tu changes de ville, tu changes de vie, mais tu rejoues toujours la même histoire avec des actes. différents, mais toujours le même scénario. La seule façon de briser ce cycle, c'est de revenir à toi, de te poser les vraies questions, de faire le travail intérieur. Pose-toi ces questions simples. Qu'est-ce que je cherche vraiment dans cette relation ? Quels besoins est-ce que j'essaye de combler ? Qu'est-ce qui me manquait quand j'étais enfant, par exemple ? Ou encore, qu'est-ce qui me manquait quand j'étais enfant ? Qu'est-ce que j'ai besoin de me donner à moi-même ? Je sais que ce n'est pas un travail facile. La plupart des gens... ont besoin d'un thérapeute pour faire ce travail. Mais c'est le seul travail qui va aider à vraiment faire avancer les choses, à trouver ce que tu mérites vraiment. Et avant de conclure, je veux te dire quelque chose d'important. Tu mérites une relation où tu te sens en sécurité. Pas une sécurité qui va t'ennuyer, mais une sécurité qui va te permettre d'être... toi-même, d'être pleinement épanoui, de te détendre, de respirer, d'être toi-même sans avoir peur. Tu mérites une relation où tu n'as pas à deviner ce que l'autre pense ou ressent, où la communication est claire, honnête, directe. Tu mérites ce type de relation-là où tu peux être vulnérable sans que ça soit utilisé contre toi. C'est le type de relation où... Tu grandis, tu évolues ou tu deviens de plus en plus toi-même. Et pour finir, tu mérites quelqu'un qui te choisit tous les jours. Pas seulement quand c'est facile, pas seulement quand ça l'arrange, mais tous les jours. Quelqu'un que tu vas trahir mais qui va te choisir encore. Et c'est à ce moment-là. Que tu sauras si cette personne-là tient à toi. Si cette personne-là t'aime réellement. Dans l'amour, il pardonne tout. Il supporte tout. Et si tu n'as jamais connu ça, si ça te semble impossible, irréaliste ou juste réservé aux autres, je te promets que ça existe. Et je te promets que tu peux y accéder. Mais le premier pas... c'est pas de trouver cette personne. Le premier pas, c'est de devenir cette personne pour toi-même. Tu dois d'abord guérir. Tu dois d'abord comprendre tes besoins. Tu dois d'abord apprendre à t'aimer toi-même. Et ensuite, tu trouveras naturellement cette personne. Alors, aujourd'hui, j'aimerais te laisser avec cette question. Une question que je veux vraiment que tu te poses honnêtement. sans jugement. Est-ce que tu es amoureuse ou est-ce que tu es attachée à quelque chose que tu n'as jamais reçu ? Prends le temps d'y réfléchir vraiment. Parce que l'amour le vrai ne te fait pas douter de ta valeur, ne te fait pas te sentir instable, il ne te fait pas te perdre, il ne te fait pas souffrir constamment en espérant que ça ira mieux demain. L'amour vrai est là pour te renforcer, te stabiliser, te ramener à toi. Et peut-être que le premier pas, ce n'est pas de trouver la bonne personne, ce n'est pas de chercher à l'extérieur, ce n'est pas de continuer à espérer que l'autre change, c'est de revenir à toi, de te choisir toi, de te donner à toi-même ce que tu as toujours cherché chez les autres. Parce que quand tu seras pleinement toi-même, quand tu n'auras plus besoin de quelqu'un pour te compléter ou pour te valider, te prouver que tu es digne d'amour, alors tu pourras aimer vraiment et tu pourras être vraiment aimé. C'est tout pour aujourd'hui. Prends bien soin de toi et je te retrouve très vite pour un nouvel épisode. Bisous, love you !