Speaker #0Hola, bonjour, annyeonghaseyo ! C'est parti pour l'épisode 2 de Crispy Club. On va parler d'une chose très simple, de comment on découvrait la Corée du Sud avant que celle-ci devienne cool. Dans l'épisode précédent, on a vu que la Corée est arrivée d'un coup. C'est des années de construction, d'invisibilité et de passion vécues en marge. Et pour continuer ce podcast, j'avais envie de poser ce contexte-là aussi. ce côté en marge. Alors c'est pas pour raconter ma vie, mais vraiment pour vous donner un point de vue de l'intérieur, de comment ça a pu être vécu pour toutes les personnes passionnées depuis 20 ans. Et du coup, je pense que beaucoup de personnes le se reconnaîtront. Avant de commencer, si le sujet t'intéresse, n'hésite surtout pas à t'abonner. Laisse une note et un avis, commente, partage. Et maintenant, je vais te ramener en 2006, il y a 20 ans. À ce moment-là, dans le monde, YouTube vient à peine de naître. Netflix n'existe pas. pas encore en streaming, les séries américaines dominent totalement l'imaginaire collectif. Et comme beaucoup, je regarde One True Heal, Desperate Housewife, Grey's Anatomy et plein d'autres. Mais j'ai ce sentiment précis de que je me souviens encore c'est qu'il me manque quelque chose. Je ne sais pas encore quoi, mais je le découvrirai bientôt. Mais je sais que j'ai envie d'autre chose. De différent d'ailleurs, c'est aussi l'époque des torrents, immules, du streaming coupé en 4 parties euh... disponibles dans des sites pas très légals non plus. Des liens qu'on se partageait sur des skyblogs. Tout est compliqué, mais paradoxalement, on découvre énormément. Et un jour, j'entends chez ma meilleure amie de l'époque, s'embrouiller avec sa sœur. Et d'un coup, ma meilleure pote lui dit « Laisse-nous tranquille, va voir tes coréens. » Et là, je lui demande une explication. « Mais pourquoi tu lui dis ça ? » Et elle m'explique qu'à ce moment-là, qu'elle est affreuse, que sa sœur, sa grande sœur est à fond en ce moment. sur des séries japonaises et coréennes. Moi qui suis plutôt intéressée par la culture asiatique, je suis curieuse, je suis un peu piquée par ça. Je me dis « Ah ouais ? Qu'est-ce que c'est ? » Et elle dit qu'elle aussi ça l'intriguait et qu'un de ses quatre, elle s'y mettrait aussi pour regarder. Et un jour, elle m'a partagé du coup les infos. On découvre un peu en même temps, ensemble, ce nouveau monde. Parce qu'à l'époque, quand on parlait de Corée, moi je pensais forcément aussi à Corée du Nord. Surtout à l'époque. Ce que je veux t'expliquer ici, c'est pas seulement mon parcours, mais c'est pour te montrer vraiment une... passion qui était vraiment marginale à l'époque. Avec on parlait de ce qui se passait dans le monde. Je te l'ai dit, j'ai commencé donc par regarder un drama, mais ce n'est pas un drama coréen, c'est un drama japonais qui s'appelait Anayori Dango. Donc quand je découvre ça, c'est un peu un ovni quand même. C'est un autre rythme que les séries américaines dont j'ai commencé vraiment à abuser à cette époque-là. C'est une autre manière de filmer, c'est des émotions plus frontales. Et puis d'un coup, je découvre le drama coréen Full House. Avec du recul, je peux le dire, il a très mal vieilli au final. Le gars hyper toxique aujourd'hui. Mais à l'époque, vraiment, c'était trop bien. Ce que je retiens vraiment, c'est que la langue a été différente. Les codes émotionnels aussi, ils étaient différents. Vraiment, tu vois carrément la différence entre le Japon et la Corée en termes d'émotions, même dans les dramas. Et surtout, ça ressemble à rien de ce que j'avais pu voir ailleurs. Pendant que moi, je découvre ça, la Corée commence à ce moment-là vraiment à se développer vers l'Asie de l'Est. En Europe, on est complètement sous les radars. Il y a juste... Il y a pratiquement... personne, il y a très peu d'informations en français sur internet, c'était très compliqué. Comme je vous l'ai dit, c'était pas la norme. Ici, déjà, en France, aimer les mangas, dans les années 2000, t'étais déjà catégorisée. Quand tu regardais aussi beaucoup de séries, t'étais comme un geek. Aimer une culture étrangère autre que les Etats-Unis, alors là, c'est vraiment étrange. La Corée du Sud, elle est absente des médias. Y'a pas de réseaux sociaux, y'a que Facebook. Y'a même, y'a, je suis même pas sûre, est-ce qu'il y avait Facebook ? Y'avait pas de plateforme accessible. vraiment visibilité du grand public, zéro. Et donc la passion, elle se vit qu'en petite communauté, avec des blogs, des forums, et on ne montre pas encore trop sa passion. On la partage qu'avec ceux qui savent. D'ailleurs, je pense que c'est en 2008 qu'on avait sauté le pas avec Hugona, où on a créé le blog Café Nomen. On a commencé à écrire des articles, et en fait, je me souviens, les articles, c'était des traductions de ce qu'on trouvait, parce qu'il n'y avait rien, sinon, il n'y avait rien. La K-pop. Donc je vous ai dit, moi, j'ai démarré avec les dramas. Pour beaucoup, la K-pop est arrivée d'un coup. En réalité, elle s'est construite par couches successives sur plus de 20 ans. Moi, c'est grâce aux dramas que j'ai découvert la K-pop. Avec B-Rain, justement, dans Full House, qui était donc... initialement un chanteur. J'ai compris qu'il y avait aussi dans le même univers, il y avait Seven, il y avait Boa, et surtout Big Bang, qui est mon oxygène, ma vie, mon coup de cœur, mon number one. À l'époque, on se définissait surtout par team. Il y avait la maison YG, dont fait partie Big Bang. Il y avait la maison JYP et la maison SM. SM Entertainment. Je vous vois venir là. Moi, la passion que j'avais pour Big Bang, d'autres l'avaient pour Super Junior, qui était l'équivalent avec la SM. Bien sûr, la K-pop n'a pas commencé avec eux. Il y avait déjà H.O.T., So TGN Boys, S.I.S. Enfin, il y avait vraiment beaucoup de groupes avant aussi qui ont cartonné. Ce sont des groupes fondateurs, mais que je n'ai pas connus directement, mais qui ont vraiment posé les bases du système. Ce qui frappe directement, c'est la différence avec les musiques françaises et aussi les MV. Les clips français de l'époque et les clips coréens à la même époque, c'était une différence de dingue. Vraiment, les clips coréens ressemblaient vraiment beaucoup plus à des productions américaines. Ils avaient quelque chose en plus. Il y avait des chorégraphies millimétrées, des univers visuels très forts, des couleurs, de l'acting. Bref, une vraie narration. Et surtout, il y en a tout le temps. La machine K-pop, elle tourne en continu. Tous les mois, parfois, toutes les semaines, des nouvelles sorties. En fait, tu deviens complètement addict. Et tu développes aussi un peu une FOMO, on va pas se mentir. Et derrière ce spectacle... ultra maîtrisée, évidemment, il y a des dérives, clairement, on ne va pas se mentir. Derrière la surproduction, il y a des pressions extrêmes aussi. Il y a des idoles parfois déshumanisées. Il y a des drames profonds avec des suicides. Il faut quand même le dire. Ça rappelle que cette surproduction, elle a un coût sur l'humain. Donc pendant toutes ces années, les groupes se lancent en Asie. Ça s'exporte beaucoup dans les pays asiatiques. Et ça tente aussi de s'exporter en Occident petit à petit. Et en 2011, un moment clé, la SM Town arrive. pour la première fois en concert à Paris. Je ne pensais jamais vivre ça. Et voir ces artistes sortir de YouTube, être là, devant moi, j'avais envie de pleurer de toutes les larmes de mon corps. Déjà à l'époque, acheter un CD de K-pop, ça relevait de l'expédition. Moi j'habitais, enfin j'habite toujours, en banlieue parisienne. Et à l'époque, ça me revenait à mettre 1h30 pour aller trouver dans le seul magasin qui vendait de la K-pop. Mais on y allait. Les concerts se multiplient doucement. Je me souviens aussi du Music Bank à Paris. Et les salles de mémoire, elles n'étaient pas pleines. Il y avait des sièges masqués. Il y avait une curiosité médiatique, mais ça n'allait pas plus loin. Quand on en parle, il y a parlé surtout des dérives, de la dérive du système. Et puis en 2012, un événement qui est impossible à ignorer, Gangnam Style de Psy. Qu'on le veuille ou non, Psy, qui ne correspond à aucun modèle idol de K-pop, a réussi à percer. Il a fait un buzz mondial, personne ne s'y attendait, même lui. Il a cassé YouTube, c'est drôle, décalé, pas pris au sérieux, mais le monde entier adore. Quand t'entends le monde entier dire le mot Gangnam, qui est donc un quartier de Séoul, t'imagines une seconde si demain le monde chantait Maré Style ou je sais pas, Marley Gaumont, le Marley Gaumont Style, t'imagines une Madonna qui sort Marley Gaumont Style, des trucs comme ça. Je pense que du coup les coréens devaient être très contents, même si c'était... pas forcément représentatifs de leur pays, c'était quand même drôle d'écaler. Ça reste quand même positif, ils étaient très contents que la Corée soit au moins un peu vue, et soit devienne virale, et de voir un des leurs faire le tour du monde grâce à ça. La Corée a compris, même si Psy ne représente pas l'image classique de la K-pop, ils ont conscience quand même que ça ouvre des portes. D'ailleurs, un exode personnel, j'étais dans le Grand Journal lorsque Psy est venu faire la tournée des médias à Paris. Il y a passé dans le Grand Journal sur Canal+. Merci. J'y étais. J'y étais à un mètre de lui. Je ne retrouve pas les extraits, mais j'y étais. Et je peux vous dire, mais quelle énergie. Je me souviens encore du moment où il sautait et tout. C'était incroyable. L'énergie qu'il y avait dans la salle était ouf. Donc, je n'imagine même pas une salle de concert. Malgré tout, en 2012, à cette époque, les tentatives de percer quand même internationales restent compliquées. Même avec les featuring précieux de Snoop Dogg, la K-pop n'arrive pas vraiment à s'installer encore durablement. Mais pendant que l'Occident... regard d'ailleurs, la Corée continue, elle continue son truc avec les gens qui veulent bien. L'industrie coréenne continue d'évoluer, il y a plus d'agences, on n'est pas sur les 3-4 grosses agences maintenant, il y en a d'autres qui ont vraiment explosé, dont Big Hit Entertainment. Entre temps, il y a donc une nouvelle génération qui s'installe, une nouvelle génération d'idoles qui arrivent et qui s'installent et qui ont grandi. Avec les sons de Big Bang, Père Junior, SNSD, etc. Il y a quelques groupes qui arrivent à faire ce que les autres n'ont pas réussi à faire, c'est donc s'installer aux Etats-Unis et dans le monde, atteindre les tops mondiaux et BTS. BTS a réussi avec Dynamite à faire un tournant quand même historique. Et dans le même temps, Blackpink aussi explose à l'international. Même dès ses débuts, je pense aussi, ils ont réussi un peu plus à exporter Blackpink. Maintenant, la K-pop n'est plus une curiosité. Et c'est deux groupes, donc Blackpink et BTS, qui ouvrent principalement la voie. Donc ce n'est pas un succès soudain, vous l'avez compris. C'est l'aboutissement de 20 ans de construction, d'essais, d'échecs et d'adaptations. Et en fait aussi, cette passion, elle construit des parcours. Moi, je vous ai parlé du fait que j'ai écrit des blogs. La passion, en fait, pour la Corée, elle n'est pas passive. Je ne sais pas si vous avez remarqué, il y a beaucoup de gens qui créent des associations, qui créent des blogs, des sites, du contenu. Il y a vraiment cette envie de partage, de créer, d'écrire. Je fais partie de cette balle-là toujours, la preuve, je suis en train de faire un podcast. Entre 2008 et 2014, j'avais un blog sur la culture coréenne, c'était Café Nomène avec Hugona. Et en 2000, j'ai créé la chaîne YouTube Cocorico avec Lauriane. Et en 2018, on part en Corée du Sud pour la première fois pour ma part, pas pour y vivre, pour des vacances. Et donc le projet YouTube s'arrête. Une vie personnelle et professionnelle bien mouvementée. Et c'est là, et c'est au moment où je m'arrête de créer, que le monde évolue. Donc il y a le Covid, il y a les plateformes qui arrivent, il y a les usages aussi qui évoluent, les formats courts qui explosent à partir de 2020, et avec le Covid, bref, il y a une évolution de dingue. Et donc je reviens. avec cette évolution. Là, vous me voyez en podcast, mais voilà, depuis quelques années, je fais beaucoup de vidéos sur Instagram, en solo cette fois-ci, et ça me plaît énormément. C'est un format que j'ai exploré, que j'adore, que j'adore toujours d'ailleurs. Ça m'a mis en confiance, je suis devenue vidéaste aussi. Un de mes métiers maintenant, c'est de créer des vidéos pour les autres. Et donc la Corée est toujours là, elle est visible cette fois-ci. Voilà ce que c'était le avant. Je pense que je ne vais pas aller au-delà de 2020 parce que je pense que c'est à partir de là que les gens ont eu la visibilité sur la Corée. Cet épisode, ce n'était pas forcément pour parler de moi comme je vous dis, mais c'était pour vous montrer, vous contextualiser et avoir un regard de l'intérieur et de pouvoir poser des analogies chronologiques et pour mettre des mots et un contexte sur ce phénomène. Si tu as apprécié, n'hésite pas à t'abonner. Le prochain épisode n'a rien à voir. on va être sur la réaction de mon coach sur l'émission 100% physique et oui je vous ai dit là on va un peu plus dans le divertissement et donc je vous dis tout de suite à l'épisode 3, ciao !