Speaker #0Hola, bonjour, annyeonghaseyo, bienvenue sur Crispy Club. Épisode 1. Pourquoi la Corée est devenue si cool ? Je suis Sabrina, l'hôte de ce podcast vidéo. Je suis passionnée des cultures coréennes depuis 2006, depuis donc le temps des dinosaures. J'ai décidé de réaliser ce premier épisode de podcast avec cette question existentielle. Pourquoi la cour est devenue si cool ? C'est clairement une question qu'on me pose régulièrement. Que ce soit des passionnés ou des personnes qui se rendent compte vraiment de l'ampleur du phénomène depuis quelques années. Et qui ne sont pas forcément passionnés mais qui le voient vraiment d'un point de vue extérieur. Ça intrigue vraiment pas mal de monde à plusieurs niveaux. Que ce soit les passionnés comme moi qui sont donc du temps des dinosaures. Qui se demandent pourquoi du temps où on était nous intéressés ça n'avait pas fonctionné. Et ceux aujourd'hui qui découvrent la cour est depuis récemment. qui en sont à se dire mais comment j'ai fait pour louper ça depuis toutes ces années ? Parce qu'effectivement, les gens se rendent compte que des années de contenu en retard ! J'aimerais tellement être à votre place pour pouvoir découvrir autant, même de redécouvrir en vrai, c'est trop bien. Et ceux qui, comme je vous le dis, ne consomment pas forcément des contenus ou des produits coréens qui se disent comment ça se fait qu'on voit de la Corée maintenant partout ? Que ce soit dans les plateformes de streaming, ou même dans les rues avec vos restaurants et cafés coréens. dans vos skincares, au supermarché, pourquoi d'un coup la Corée monte en grade, on va dire. Et donc on va y répondre à cette question, pourquoi ? Et vous allez voir que ce n'est pas un hasard. On a souvent l'impression que c'est venu d'un coup, mais la vérité c'est que la Corée n'a pas explosé. Il y a eu des moments de viralité, on en parlera, mais ça fait 20 ans que la Corée construit stratégiquement un peu, pierre par pierre, fait en pierre. Et aujourd'hui, on voit tout simplement le résultat. Et donc, nous allons voir ensemble dans cet épisode de Crispy Club. Si cet épisode t'aide à mieux comprendre la Corée, n'hésite pas à t'abonner. Laisse une note et un avis, commente, partage. Tu sais qu'évidemment, ce genre d'action peut vraiment profiter à la visibilité de Crispy Club. Pendant des années, aimer la Corée, c'était bizarre. Il faut qu'on soit honnête, personne ne le savait forcément le mettre sur une carte. Et quand on y faisait référence, c'était plutôt par rapport avec son histoire avec la Corée du Nord. Ou Samsung. Et puis un jour, tout le monde s'y met. Des gens qui n'en avaient jamais entendu parler se mettent à regarder des dramas, écouter de la K-pop, acheter de la skin care coréenne. Et là, une question arrive. Mais c'est devenu populaire quand, déjà, la Corée ? Boiler, ce n'est pas arrivé du jour au lendemain. Alors, est-ce que c'est une mode ? Vous allez voir que non. C'est Netflix ou encore c'est Squid Game. Il n'y a pas de mauvaise réponse en soi. Parce que c'est un peu tout ça en même temps. Mais bien sûr que non, ce sont juste des petits impacts. Il y a les petites graines qui ont été poussées il y a plusieurs années. Mais alors oui, donc tout ça... joue un rôle, évidemment, mais ça arrive à la fin de l'histoire. Et nous, on va voir un petit peu le début. La Corée n'est pas devenue populaire parce que Netflix a décidé de mettre des dramas dans son catalogue. Ou parce que BTS a explosé avec un titre et ça y est, tout le monde écoute de la K-pop. Tout ça est arrivé après. Et pour comprendre pourquoi ça marche aussi bien, il faut retourner un petit peu dans les années 90. Vous inquiétez pas, on n'y restera pas longtemps. Et vous allez voir, c'est vraiment inédit. Non mais non, ça s'est passé. Voilà, je vous parlais de dinosaures tout à l'heure sur le fait que je suis une passionnée de Corée depuis l'époque des dinosaures, plus particulièrement depuis 2006, mais voilà, c'était il y a 20 ans. 20 ans ? Bah oui, c'était il y a 20 ans, parce que j'étais au lycée quand j'ai découvert tout ça. En fait, finalement, le mot dinosaure n'est pas choisi au hasard. Figurez-vous que dans les analyses historiques de la Hallyu, c'est-à-dire de la vague coréenne qu'on appelle Hallyu, on va y revenir, c'est un point commun avec Jurassic Park. Alors, Vous le savez, en 1993, Jurassic Park a fait un succès mondial. Qui n'a pas le trauma de cette scène ? De la personne aux toilettes qui se fait dévorer par un dinosaure. Dans les années 90, les politiciens, les responsables politiques et industriels de la Corée ont été frappés par la puissance culturelle et économique de ce blockbuster américain. Ils se sont dit, mais attends, les profits qu'a fait un seul film, donc Jurassic Park, Tous ces profits sont l'équivalent de la vente de... 1,5 million d'exportations de voitures de Hyundai. Et donc, ils se sont dit, mais nous, on se casse la tête à vendre des voitures alors qu'en fait, on pourrait vendre des films. Donc, exporter... Un peu ce côté culturel, et en fait cette anecdote, elle est répétée souvent dans toutes les analyses universitaires et historiques sur l'industrie culturelle coréenne. Donc c'est pas une simple anecdote, en fait ça symbolise vraiment le moment où la Corée se rend compte qu'ils ont d'autres choses à exporter, et pas finalement que des voitures ou des produits Samsung. Et ça passe à ce moment-là où ils voient la culture comme un moyen d'exportation, et pas seulement comme un divertissement comme dans leur propre pays. Et pourquoi en fait ça, ça a une importance ? La Corée en fait, dans les années 90, elle souffre énormément. Ils sortent de plusieurs, plusieurs, plusieurs catastrophes. Personne n'a lâché leur veste à la Corée. À partir de 1910, je crois, si je ne me trompe pas, jusqu'à 1945, ils étaient colonisés par le Japon, déjà, rien que ça. Ensuite, il y a eu la guerre de Corée, la guerre avec le Nord et le Sud, sachant que techniquement en 2026, ce n'est toujours pas fini. Et ça, c'était dans les années 50. Et après ces années 50, pendant des décennies, ils étaient sous une dictature militaire. Donc voilà, très, très rude, cette histoire. Et en 90, arrive une crise financière. Personnellement, la crise financière, je l'ai vraiment apprise dans les dramas. J'avais entendu parler vaguement, mais quand on est jeune, j'étais pas folle en histoire. Dans mon propre pays, donc en plus dans le pays d'Asie, encore moins. Du coup, ce qui est intéressant, c'est que dans les dramas, j'ai pu voir et comprendre que ça a été à des temps très, très difficiles pour les Coréens. Après tous ces traumatismes qu'ils ont eus, en fait, ils n'ont même pas leurs grandes ressources, notamment pas de pétrole. Compliqué. Ils n'ont pas non plus une image forte à l'international. Comme je vous l'ai dit, ils sont connus avec Samsung et leur guerre avec la Corée du Nord. Mais du coup, comme je vous l'ai dit, Jurassic Park, on refait le lien, ils ont un énorme potentiel culturel. Ils ont beaucoup aussi d'influence américaine sur leur territoire, avec beaucoup de bases militaires qui étaient installées avec la guerre. L'influence américaine a quand même pas mal joué sur la culture coréenne. Et donc après Jurassic Park, l'État décide d'investir massivement sur les industries culturelles. Le cinéma, la musique, la télévision, le divertissement. Et donc c'est là que naît aussi le terme Hallyu, donc la vague coréenne. Ce terme est arrivé dans la presse chinoise si je ne me trompe pas. parce que dans les années 90, évidemment, nous, c'est arrivé là il y a quelques années. Mais évidemment, c'est d'abord l'Asie de l'Est qui ont d'abord bénéficié de ces exports. Donc la Chine, l'Asie de l'Est. Et donc là, vous l'avez compris, c'est déjà pas une mode. C'est donc une politique culturelle assumée. Le gouvernement, il crée des organismes dédiés. Il finance la formation, l'exportation, la diffusion. Et il voit des résultats progressivement dès les années 2000. Évidemment, plus dans les pays de l'Est. selon le ministère de la culture et du sport et du tourisme coréen, ça devient déjà un levier important dans les années 2000. Et donc pour ceux qui travaillent dans ce domaine-là, le réalisateur Bong Joon-ho, que vous connaissez avec Parasite, mais avec bien d'autres œuvres aussi, il explique que pour lui, ces périodes extrêmes qu'a vécues la Corée, toutes ces périodes traumatisantes, c'est au final comme un petit héros fertile pour les créateurs, parce que c'est une société ultra dynamique, qui était instable, mais incroyablement fertile pour la création. Et donc je vais vous parler très rapidement des K-dramas et K-pop qui sont les deux vraiment gros piliers de cette exportation culturelle où il y a des grosses communautés derrière déjà qui sont installées depuis ces années 2000. Les K-dramas, on retrouve souvent dans les K-dramas évidemment, ça raconte une histoire complète, ça provoque de l'émotion. C'est plutôt des émotions aussi un peu comprises partout. Ça parle souvent de lutte sociale, des amours empêchés, de la reconstruction. ou un besoin d'évasion. Selon des chercheurs et des médias comme la BBC, les dramas fonctionnent comme un refuge émotionnel dans un monde oxygène. Quit Game arrive et bat des records mondiaux. Ce n'est pas une surprise pour la Corée. C'est juste que c'est la première fois que le monde les voit enfin. Et la K-pop, c'est aussi toute autre chose. C'est hyper calibré. Ils ont créé des formations longues. Il y a de la narration, il y a de l'image. Il y a un lien constant avec les fans. Comme l'explique le magazine Allure, les entreprises coréennes fonctionnent souvent en vertical. Tout est pensé ensemble. Promotion, diffusion, image et promotion. Tout est pensé dans son ensemble. Du coup, ça permet une rapidité, une cohérence vraiment impressionnante. Donc, ce n'est pas juste de la musique. On est sur des machines culturelles complètes. Et puis, il y a des émissions qui sont des laboratoires de format. Parfois, les émissions forment les idoles, les acteurs et les personnalités publiques. On retrouve dans les émissions, et c'est pour ça que j'adore les émissions et que je vous en parle un petit peu ici. Ce qui est génial, c'est qu'avec les émissions, il y a vraiment des créativités de concepts incroyables de tout. Vraiment de tout. Il y a des émissions de tout. incroyable. Il y a un mélange de jeu, d'humour, d'émotion. Le rythme aussi, totalement différent d'une autre ici. Et la proximité avec le public. Ils vont carrément dehors. Et avant d'être mondialement connus, que ce soit les acteurs ou les idoles de K-pop, ils passent souvent par les émissions. Ça permet aussi de créer un lien différent avec les fans. Donc je vous l'ai dit, je vous ai parlé très très rapidement des K-dramas et de la K-pop, mais voilà, il y a beaucoup de... de podcasts qui en parlent déjà, et des émissions, des reportages, donc je trouvais pas nécessaire vraiment d'en parler ici, mais vraiment au moins de résumer rapidement. Disons que je vous le disais, les émissions sont comme des amplificateurs. Ils humanisent les idoles, ils rendent les acteurs accessibles, ils créent de l'attachement, ils sont là aussi pour soutenir la promotion des dramas et de la K-pop. Les plateformes que l'on connaît aujourd'hui sont des accélérateurs. pas des déclencheurs. Netflix, YouTube, Spotify, ils sont arrivés à un moment où les barrières ont été enlevées au fur et à mesure. Avant, on avait des fans, donc des équipes, des teams de fans sub qui traduisaient les épisodes. J'ai d'ailleurs développé ma compétence en anglais en suivant les épisodes de drama en English sub, en trouvant des forums, des communautés, etc. Le bouche à oreille, c'était comme ça qu'on entendait parler. Des groupes de K-pop, des nouveaux dramas qui sont sortis, les épisodes qui sortaient. Aujourd'hui, les sous-titres sont disponibles dans toutes les langues. On les trouve très facilement dans toutes les plateformes. Les algorithmes te poussent même des contenus qui conviennent avec ce que tu as l'habitude de regarder. L'accessibilité est mondiale. On ne va pas se mentir, il y a aussi le Covid qui a joué un rôle, un rôle clé, mine de rien. évidemment, consommer des contenus coréens demande beaucoup de temps. Tout comme quand tu consommes des séries américaines, ça demande beaucoup de temps. Pendant le Covid, les gens étaient coincés chez eux et on avait beaucoup du temps. Beaucoup. Et les contenus étaient déjà prêts à ce moment-là. Parce qu'entre-temps, toutes les batières ont été enlevées au fur et à mesure des années dans les plateformes. Parce qu'avant Netflix, il y avait Viki, mais avant Viki, il n'y avait rien. Il n'y avait que YouTube et des parties éparpillées à droite à gauche, c'était une catastrophe. Et vraiment donc Vicky a répondu à ce problème qui était de pouvoir avoir des licences de drama, les sous-titrer dans plein plein de langues. Il y avait anglais mais sous-titres français. Quand Netflix est arrivé, tout était déjà prêt. La grande majorité des gens qui ont découvert les dramas ont finalement découvert de manière très simple parce que ça leur était livré sur un plateau. Non, je ne rage pas du tout. Alors pourquoi ça touche autant aujourd'hui ? En fait, ce qu'il y a de différent, par exemple, dans les dramas, c'est qu'il y a des émotions qui sont assumées. Les personnages n'hésitent pas à être vulnérables. Il y a le collectif aussi qui est important, l'effort, et aussi la chute et la reconstruction. Dans les romances notamment aussi, par exemple, on voit que les hommes coréens peuvent être plus démonstratifs, en tout cas dans les dramas. Je ne dis pas que ça représente tous les Coréens, et pour beaucoup c'est un imaginaire alternatif. avec certains modèles occidentaux dont on a un peu fatigué. Donc pourquoi ce n'est pas prêt de s'arrêter ? Parce qu'on a quand même des financements, des investissements publics de la part de la Corée, mais aussi privés. Netflix, qui au fur et à mesure des années a vu grandir, quand ils ont vu que les dramas explosaient chez eux, ils en ont évidemment investi des millions et des millions. Corée s'adapte aussi constamment, ils ont une capacité à se renouveler. L'industrie culturelle du coup coréenne est... extrêmement rentable pour eux. Par exemple, en 2024, les exportations de cosmétiques coréens ont augmenté de 20%. Quand on voit les K-dramas de 2005 au K-drama de 2026... On voit qu'il y a beaucoup plus de budget, beaucoup plus de production, il y a une évolution même sur la production en elle-même. On voit aussi dans la K-pop, ils ont un temps d'avance quand même sur les clips de K-pop. Si on compare les clips de K-pop de 2006 en Corée et les clips de 2006 en France, on n'a pas la même chose. La Corée, elle ne cherche pas à conquérir, elle cherche à raconter son histoire. C'est un pays post-colonial. Donc vous avez vu, on a parlé de l'histoire et avec une démocratie récente. Après cette dictature militaire, la démocratie est enfin venue et c'est arrivé dans les années 90 du coup, 80 ou 90, c'était récent en fait au final. Je crois même que les Coréens ne pouvaient pas voyager avant ça. Et donc voilà, c'est un pays post-colonial avec une démocratie récente et qui utilise la culture comme levier de croissance et de reconnaissance. La Corée n'a pas explosé par hasard, vous avez vu que c'est graine par graine. La halie est le résultat d'un travail long et structuré, et ce phénomène est loin d'être... terminé. Sur le prochain épisode, je vous ai dit, on parlera plus du avant que la Corée a explosé, donc restez bien connectés. Et je vous parlerai un peu plus de mon parcours, de comment j'ai vécu tout ça, vu que ça fait 20 ans. Donc si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à t'abonner, commenter, mettre une note, ça permettra à Crispy Club de monter en visibilité. Merci beaucoup ! Annyeong ! Et on se voit au prochain épisode ! Merci.