Speaker #0J'ai découvert la Kundalini la première fois lors d'une formation que j'ai faite avec toi, Claire, au Canada. Ma découverte a été à ce moment-là un étonnement. Je ne connaissais pas la Kundalini. Et donc la première fois, je l'ai observée sur d'autres personnes. Et chez moi, c'était activé, mais au début très légèrement. Je n'avais pas conscience que c'était la Kundalini. Et à la suite de cette formation, les manifestations étaient de plus en plus présentes et fortes. Ça s'est manifesté par des mouvements du corps involontaires pendant des soins. Puis après, ça a développé des sons aussi, lors d'un soin où ça a commencé à... à se manifester par des mots incompréhensibles pour ma part. Puis après, ça s'est développé en chant. Donc ça a été très intense et rapide pour moi puisque j'ai laissé faire le processus parce qu'à ce moment-là, je me sentais en sécurité. Donc même si je ne comprenais pas tout ce qui se passait, mais ayant vu... Autour de moi, que c'était OK, que les gens le vivaient plutôt bien, que ça se passait bien. Je me disais, bon, Audrey, t'es pas en danger, en fait. Tout le monde va bien. Du coup, j'accueillais ce qui se passait vraiment avec une ouverture totale, en fait. Je n'ai pas osé poser de questions. Je ne sais pas si c'était de l'audace ou de la crainte. du retour en fait, qu'on m'explique en détail ce qui se passe et que je ne puisse pas gérer la réponse. Donc en fait, j'ai vécu un peu cette manifestation, cet éveil un peu dans l'isolement, on va dire, tout en étant accompagnée, puisqu'autour de moi, pendant ce stage, les manifestations des autres personnes autour de moi se passaient aussi. Donc en fait... Une part de moi se sentait accompagnée parce que les autres aussi vivaient la même chose. Donc je me disais, c'est normal, tout est OK. Mais en même temps, j'avais plein de questions. Intérieurement, j'avais plein de questions. Donc en fait, se mélanger entre l'émerveillement de « waouh, il se passe ça, il se passe tout ça, il peut se passer tout ça en termes de manifestation de la Kundalini » et en même temps, « mais je ne sais pas ce qui se passe, qu'est-ce que ça m'apporte, qu'est-ce que… » Je sentais bien que dans mon état, je pouvais vivre des états de trance et d'émerveillement. Pour moi, je me disais que je ne me sentais pas mal. Super. Et en même temps, je me disais que je vis ça, mais autour de moi aussi. Qu'est-ce que ça va nous apporter ? Qu'est-ce que ça peut m'apporter ? Est-ce que c'est dangereux ? Est-ce que je vais rester comme ça tout le temps ? Est-ce que ces manifestations... Elles vont se faire tout le temps. Je laissais faire, mais je ne maîtrisais pas grand-chose. Donc je laissais en faire. Je ne me posais pas de questions, mais j'avais quand même de la peur. Peur surtout par rapport au regard de mes proches, puisque à mon retour, les manifestations, au retour de mon voyage, Pour préciser, puisque du coup, ça s'est manifesté à Montréal, donc au Canada, et donc à mon retour, les manifestations se faisaient toujours. Et ma peur, c'était surtout le regard des autres et surtout de mes proches, de mon conjoint à l'époque, de mes enfants. Parce que quand je suis rentrée de Montréal, les manifestations continuaient et je n'avais pas d'explication. Je ne savais pas nommer ce qui se passait pour moi, donc je ne pouvais pas l'expliquer. autour de moi et en même temps je laissais faire un peu ce qui se passait en tout cas au niveau de la Kundalini, je la laissais vivre et en même temps j'essayais de de la cacher quand même parce que du coup c'était là où était toute la difficulté pour moi c'est que ne sachant pas ce qui se passait et ne maîtrisant rien bah en fait j'ai trouvé la seule stratégie que j'avais trouvée c'était de m'isoler en fait Parce que je ne pouvais pas l'expliquer, parce qu'en même temps, je vivais à ce moment-là tout plein de choses, entre un déménagement, une préparation de déménagement. Je travaillais aussi à côté, j'avais mes enfants. Ma fille, elle avait à peine deux ans et demi, trois ans, donc elle était encore petite. Donc voilà, la vie quotidienne en même temps à gérer et ces manifestations de Kundalini également à gérer. Je pense que c'est là où a été toute ma difficulté et aussi le point de bascule, puisque voyant que j'étais complètement dépassée, j'ai laissé place totalement à la peur. Jusqu'au jour où cette peur a pris toute sa place et que là, j'ai totalement décompensé. Donc là, la Kundalini était à son activation maximale. Mon corps condulsé. j'arrivais plus à maîtriser mon corps ça me faisait peur puis après de là est arrivé des trous de mémoire je sentais qu'il se passait quelque chose qui n'allait pas je voyais mes proches mais j'avais l'impression que ce n'était pas eux je ne les reconnaissais pas j'avais très froid, j'étais glacée je n'arrivais pas à dormir c'est là arrivé L'angoisse totale, c'était un moment d'effroi pour moi en fait. Jusqu'au moment où mes proches ont remarqué qu'il se passait quelque chose de pas normal, que je n'ai pas nié qu'il y avait quelque chose. J'ai demandé à une amie de m'accompagner à l'hôpital et de là j'ai le souvenir d'avoir accepté l'hospitalisation en psychiatrie. Et à partir du moment où j'ai accepté cette hospitalisation, ça a été le trou noir pour moi. J'ai quelques petits souvenirs, mais vraiment comme une sensation de rêve. Mais j'ai passé du coup deux semaines en psychiatrie, dont une semaine où je n'ai aucun souvenir. C'est au bout de la deuxième semaine, c'est comme si je m'étais réveillée d'une semaine de sommeil complet. Et je pense que ça a été le cas puisque... En étant hospitalisée, j'ai été sous médicaments, donc du coup un traitement pour me faire dormir, puisque comme je ne dormais plus, et qui a suivi par la suite de ces deux semaines d'hospitalisation, un suivi psychiatrique avec un psychiatre, et un traitement médical, c'était une camisole chimique pour pouvoir contenir cette bouffée délirante, donc ça a été diagnostiqué. comme une bouffée délirante, aiguë. De là à la sortie de l'hôpital, ça a été le début de changement de vie pour moi. À savoir que pendant cette période, on va dire, de suivi médical, qui n'était pas vraiment un, parce que j'avais donc un traitement qui me permettait de considérer que j'avais un suivi médical, mais je n'avais aucune explication de ce qui s'était passé pour moi. Sauf qu'on m'a juste informé que c'était une bouffée délirante, que ça pouvait arriver une seule fois dans sa vie et ne plus du tout se manifester. Ou au contraire, c'était le début d'une manifestation et que c'était quelque chose qui pouvait par la suite se manifester. Donc me voilà confrontée à une deuxième peur où je risque de perdre une deuxième fois pied, sans savoir pourquoi. Puisque du coup... Au moment-là, je savais bien que j'avais vécu cet éveil de Kundalini, mais je ne savais pas pourquoi cette hospitalisation. Est-ce que c'était dû aux événements qui pouvaient arriver dans ma vie ? Donc, ce déménagement. De là, ça en est aussi suivi une séparation, mais ça a été dans un deuxième temps. Est-ce que c'était une surcharge d'activité aussi, puisque je travaillais aussi en même temps que je faisais cette formation ? Il y avait eu le voyage. Donc, de là, il y a eu... plein d'hypothèses qui ont été faites par rapport à cette expérience. Il y a eu aussi la question où on m'a posé la question si je prenais des psychotropes ou si je buvais. S'il y avait cette cause extérieure qui pouvait être la raison de cette bouffée délirante. Pour finir, c'est que ces deux années-là, j'ai eu un suivi mensuel avec ... Un psychiatre du CMP est de là à un suivi. Surtout, eux, ils s'assuraient que je prenne bien mon traitement pour éviter la récidive d'hospitalisation et de cette fameuse bouffée délirante. Aujourd'hui, cette énergie, au bout de quoi ? En fait, il a fallu quand même deux ans. Pendant ces deux ans de traitement, cette camisole chimique a, pour moi... calmer en fait les manifestations. Je n'avais plus du tout aucune manifestation, mais j'étais aussi complètement dissociée. Je n'étais plus du tout présente à moi-même, j'avais l'impression d'être dans du coton toute la journée, j'avais un besoin de dormir quasiment toute la journée. J'ai limite envie de dire que j'étais, au moins pendant un an, puisque l'arrêt se fait progressivement, pendant un an, j'étais limite un zombie. Mais je l'ai vécu vraiment comme ça, où je me sentais prisonnière de cet état chimique. Après ces deux ans, donc du coup, progressivement, j'ai réduit les médicaments. La Kundalini... Et en fait, c'est remanifesté. Elle a repris, on va dire, sa place, mais d'une façon plus douce. Au début, j'ai ressenti cette énergie. Petit à petit, je diminuais le traitement qui revenait. C'était comme si je rouvrais la porte et que je lui permettais de reprendre sa place. Pendant ce retour... J'ai dû confronter aussi les craintes de mon entourage, qui voyait bien que ceux qui s'étaient renseignés sur la Kundalini, qu'elle revenait et qu'il y avait un peu la crainte de « est-ce que je peux refaire cet épisode-là ? Est-ce que je peux refaire une bouffée délirante ? » Donc ça a été vraiment progressivement à pas de mouche où j'ai commencé à laisser place à cette énergie. Pendant cette période-là, j'ai pu aussi échanger avec d'autres personnes qui vivaient aussi des manifestations. Ça me rassurait aussi. Et puis de voir qu'en échangeant avec ces personnes, comment je pouvais justement un peu la dompter, de faire cohabiter cette énergie à l'intérieur de moi tout en ne la subissant pas. Ça a pris au moins un an. pour que je puisse me sentir en tout cas en totale confiance dans ces manifestations. Et aujourd'hui, les manifestations sont là, mais c'est beaucoup plus fluide, beaucoup plus doux. Il m'arrive, selon les périodes, les situations, les environnements, qu'elles se manifestent d'une façon plus démonstrative. Mais aujourd'hui, voilà, j'arrive à la contenancer. Je ne sais pas si c'est le mot, le bon mot, mais voilà, ce n'est plus aussi virulent que les premières manifestations. Donc aujourd'hui, je peux dire que cette expérience, ça m'a apporté énormément, mais ça a été aussi très difficile pour moi, puisque... Il y a réellement un avant et un après à la suite de cette hospitalisation. Ma vie a complètement changé. Aujourd'hui, je suis dans l'obligation de prendre soin de moi. L'obligation, et en même temps, c'est un cadeau justement, parce que je ne savais pas prendre soin de moi. Je ne savais pas être à l'écoute de mon corps, de ce qui se passe à l'intérieur de moi, d'être attentif à tout ce qui pouvait... me drainer ou qui pouvait aussi me nourrir. Donc il s'en est suivi que je me suis fait accompagner par différentes méthodes de thérapie, de soins. Et ça depuis, alors ça s'est passé en 2020, donc on va dire ça fait depuis 2020 qu'aujourd'hui je suis accompagnée. Et je continue à être accompagnée parce que c'est d'une... un garde-fou pour moi, un soutien et une assurance pour moi que ça ne sera pas une récidive, que ça ne sera qu'un seul épisode. Et en même temps, il y a aussi la conscience qu'on a dans la vie, avec les blessures, tout ce que j'ai pu vivre personnellement, autant dans ma vie, dans mon enfance, tous les traumas qui font qui je suis aujourd'hui. qui ont aussi besoin d'être pensées, d'être soignées, d'avoir une écoute toute particulière. Donc en fait, c'est ce que ça m'a permis. C'est qu'aujourd'hui, je prends soin de moi du mieux que je peux. Et je pense que je le fais très bien maintenant, contrairement à il y a quelques années. Aujourd'hui, c'est devenu un cadeau parce que ça m'a ouverte d'autres portes. Et ça a donné aussi un sens à ma façon d'accompagner. Je n'ai pas du tout suivi la voie du soin énergétique. J'ai arrêté cette formation, mais à la suite de ça, ça m'a obligée de me questionner, de faire cette introspection de qu'est-ce qui me nourrit, qu'est-ce qui est naturel chez moi, qu'est mon don, et de là, c'est là aujourd'hui, je peux dire que je suis une nouvelle personne, mais c'est surtout que ce que j'ai vécu me permet aujourd'hui d'être une meilleure doula. Et ça, c'est vraiment le cadeau caché. C'est que je me sens aussi beaucoup plus légitime par mon vécu de soutenir et d'accompagner les gens aussi. En tout cas, j'espère que ce témoignage apportera aussi de la vigilance dans le sens où la Kundalini, ce n'est pas que des états de... de béatitude ou de bien-être, ça peut aussi réveiller beaucoup de choses, de traumas et de peurs. Et c'est en ça que c'est essentiel d'être accompagné et d'oser poser des questions, d'aller chercher. Moi, je n'ai pas pris ce temps-là. Après, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour le faire. Donc, je n'ai aucune culpabilité. Je sais que tout a été très vite et qu'en aucun cas, ce que j'ai vécu est de ma faute. tout est juste aujourd'hui dans le déroulé. Mais ça a quand même causé des dommages pour mon environnement, donc beaucoup de peur pour mes proches, mes enfants, ma famille. Donc ça a aussi permis, moi, de voir aussi toute cette solidarité autour de moi, où j'ai pu aussi voir que j'étais aussi entourée et aimée. Mais si ce témoignage peut... aussi permettre de la vigilance, mais aussi de l'espoir. Je pense surtout aux personnes qui ont peut-être vécu, ou qui ont des proches qui ont vécu des épisodes psychiatriques à la suite d'un éveil de Kundalini, ou pour une autre cause, parce que j'ai des témoignages autour de moi de personnes qui vivent ce... Cette bouffée délirante qui peut avoir vécu cet épisode de bouffée délirante pour des raisons plutôt d'ordre chimique, ce n'est pas dû à une éveille de Kundalini. Si ce témoignage peut leur permettre d'avoir de l'espoir, de dire que moi, au bout de cinq ans, aujourd'hui, je n'ai aucun traitement chimique, que dans ma vie, tout va bien, j'ai mes enfants. Malgré une séparation avec le papa, que la garde se fait avec le plus d'amour et d'harmonie pour nos enfants, qu'aujourd'hui j'ai un travail qui me permet de m'alimenter et en même temps je nourris aussi des projets d'accompagnement en tant que doula. Donc il y a de belles choses qui se passent pour moi aussi. Voilà, un épisode ne veut pas dire que tout est fini, et qu'on peut retrouver en tout cas son état, je ne dirais pas d'origine, parce qu'on n'en revient pas pareil, mais qu'on peut revenir soi-même ou renaître. Là, moi, je l'ai vécu comme une renaissance. On me l'avait dit à l'hôpital, à ce moment-là, je n'étais pas prête à l'entendre, mais oui, je peux dire aujourd'hui que c'est une renaissance. Donc voilà, si ça peut contribuer en tout cas à donner de la force et de l'espoir pour les personnes qui le vivent et pour leur entourage, je serais ravie.