- Speaker #0
Le cheveu texturé est un art, un langage, une identité, un héritage. Bienvenue dans l'art du cheveu texturé, le podcast qui explore la beauté sous toutes ses dimensions, historique, culturelle, sociale et scientifique, parce que nos cheveux méritent qu'on les regarde autrement. On parle beaucoup de produits, de routines, d'ingrédients, mais il y a quelque chose qu'on sous-estime énormément dans le soin des cheveux texturés, le geste. La façon dont on touche ses cheveux, dont on les démêle, dont on les coiffe. Et ce geste, quand il se trompe bien, il peut être tout changé. Dans cet épisode, j'ai la chance de recevoir Samthou, hairstyliste experte du cheveu afro, dont le travail est pour moi une référence en matière de technique et de respect de la texture. On va parler de coiffure ancestrale, de transmission, de formation, et de ce que nos mains font vraiment quand elles touchent nos cheveux. Pour commencer, c'est très classique dans les podcasts, est-ce que tu pourrais te présenter, notamment pour les personnes qui ne te connaissent pas ?
- Speaker #1
Complètement. Alors déjà, merci de me recevoir aujourd'hui, merci beaucoup Delphine, et bien sûr, je me présente. Donc, Samthou, artiste, je suis donc hairstyliste et danseuse chorégraphe, voilà. Donc, hairstyliste dans le sens où je coiffe sur des défilés, je coiffe sur des événements. J'accompagne aussi les femmes qui passent au naturel, donc à les aider dans cette étape-là à mieux comprendre leurs cheveux. Et je les accompagne aussi pour sublimer leurs cheveux avec de belles coiffures. Donc voilà. Et danseuse chorégraphe depuis des années, depuis que je suis petite même je danse. Donc voilà, la danse ça fait partie de moi, donc je les lis aussi aux cheveux d'ailleurs.
- Speaker #0
Et ça fait combien de temps que tu coiffes ?
- Speaker #1
Alors, je coiffe depuis 2016, exactement, 2016 précisément, voilà.
- Speaker #0
Ok, wow, ok. Est-ce que tu saurais nous dire comment c'est arrivé cette passion ? Alors, je ne sais pas si tu as eu une passion pour les cheveux, puis une passion pour les cheveux texturés précisément. Qu'est-ce qui t'a fait plonger dans cet univers ? que... C'est de la famille ? Est-ce que c'est une rencontre ? Est-ce que c'est une histoire ?
- Speaker #1
Alors, c'est très simple. Moi, mes passions, c'est depuis le bas âge que je les ai. Je suis persuadée que, pour moi, depuis qu'on est jeune, on sait vers quoi on vibre, en fait. Ça, je suis persuadée de ça, que ça résonne en nous. Mais après, voilà, la société fait qu'on se dirige vers ci, vers là. Les expériences aussi. Et moi, depuis le bas âge, je vibrais à l'empowerment, en fait. Donc, je vais expliquer. Donc, je vibrais à la danse depuis le bas âge et aux soins du cheveu, parce que ma maman, elle était très coquette au niveau de ses cheveux. Elle achetait plein d'accessoires à la maison. C'était le mini salon de coiffure. On avait le sèche-cheveux comme au salon de coiffure. Tout, Et beaucoup de produits. Donc, même si elle faisait des curls et tout, donc ses cheveux étaient quand même défrisés, elle en prenait vraiment soin. Et c'était vraiment un petit temps qu'on avait ensemble. Voilà, le petit moment soin du cheveu, c'était hyper important. Donc voilà, ça c'est depuis le bas âge que le soin du cheveu, c'est par là que j'ai commencé avant la coiffure. Voilà, j'étais dedans dans le soin du cheveu.
- Speaker #0
Et parce que moi, on va dire la première chose, alors moi je t'ai découvert sur Instagram. Ce qui m'a marquée tout de suite, c'est l'angle que tu avais de parler et de mettre en avant les coiffures ancestrales. Est-ce que du coup c'est à ce moment-là aussi, après le soin peut-être, que sont arrivées les coiffures ancestrales ? Qu'est-ce que c'est l'origine de ta passion pour ce domaine ?
- Speaker #1
Alors oui, les coiffures ancestrales c'est arrivé après le soin. Donc en fait jeune, on faisait des soins avec maman, mais elle me coiffait aussi dans tous les cas. Mais quand j'ai commencé à faire de l'accompagnement pour les femmes qui revenaient à leur texture au naturel, j'étais très vraiment soin du cheveu. Très très soin du cheveu, même par rapport à moi-même quand j'ai fait mon big shop. très soin, soin, soin du cheveu. Et comme j'ai toujours une démarche assez holistique dans ce que je fais, quand j'ai fait mon Big Shop, je me suis renseignée vraiment sur les techniques de grand-mère, sur les produits qu'on utilisait vraiment ancestralement. Et du coup, dans la boucle, je me suis aussi intéressée aux coiffures. Parce que là, j'ai compris que le coiffage faisait intégralement partie du soin du cheveu. Parce qu'ancestralement, les cheveux lâchés, il y a des peuples qui les gardent lâchés. Mais la plupart du temps, c'est coiffer. Donc, j'ai fait même le test avec moi-même. Donc, quand j'ai fait mon Big Shop, j'étais tellement à fond sur mes cheveux, tellement à fond sur le fait de découvrir ma texture naturelle que pendant près d'un an, j'étais qu'avec mes cheveux au naturel, sans faire de coiffure ni rien. Et j'ai vu que j'ai eu beaucoup, beaucoup de fourches et j'ai compris que non. Le coiffage, ça faisait partie de l'entretien du cheveu. Donc voilà, c'est avec le soin, en me renseignant sur le soin du cheveu, que je suis tombée aussi dans le coiffage ancestral, dans l'art capillaire ancestral.
- Speaker #0
Super. Et je ne suis pas sûre que ce soit très clair. Je ne sais pas si toi, tu as une définition de ce que c'est qu'une coiffure ancestrale. Est-ce que tu pourrais expliciter vraiment pour quelqu'un qui ne connaît pas du tout ce que c'est ?
- Speaker #1
Alors... la définition la plus simple, une coiffure ancestrale en fait c'est une coiffure pré-coloniale, tout simplement c'est tout ce qui se faisait avant la colonisation, avant l'esclavage c'est vrai qu'on parle beaucoup de royaume, de toutes ces choses là mais tout l'art culturel aussi en faisait partie et les coiffures ancestrales en font partie c'est tout ce qui s'est fait avant la colonisation c'est vraiment la définition la plus simple est-ce que tu pourrais nous donner le meilleur moyen d'en savoir ?
- Speaker #0
plus sur les coiffures ancestrales, c'est évidemment d'aller voir ton compte Instagram parce qu'il y a déjà beaucoup de vidéos, des tutos. Donc, je pense que visuellement, ça permet vraiment de se rendre compte. Mais est-ce que tu pourrais nous donner des exemples de coiffures ancestrales ? Je ne sais pas si elles ont des noms. Est-ce que tu pourrais aussi nous décrire quelle est la culture d'origine ? Parce que je crois qu'on sous-estime souvent que ces coiffures, elles ont aussi parfois un sens. Ça peut faire partie d'un rituel, d'un rite de passage, je ne sais pas, comme un mariage. Est-ce que tu pourrais nous donner un ou deux exemples autour de ce type de coiffure ?
- Speaker #1
Complètement. Alors déjà, sur mon compte Instagram, comme tu dis, visuellement, on a beaucoup d'exemples de coiffure. Mais j'ai aussi des capsules où je parle justement de l'histoire de ces coiffures. Parce que pour moi, c'est hyper important d'en parler parce qu'au-delà de l'aspect esthétique, c'est vraiment des coiffures qui sont puissantes. qui sont puissantes spirituellement, qui sont chargées d'histoire. Et je peux donner des exemples, des exemples d'ailleurs que j'avais mis sur mon compte. L'exemple d'une coiffure du Congo, une coiffure Mambetou. Le nom de la coiffure, ce n'est pas Mambetou, mais c'est le peuple Mambetou qui a mis en avant cette coiffure-là. Et c'est une coiffure qu'on retrouve sur Beyoncé. Elle a fait un shooting avec cette coiffure dans Brown Skin Girl, dans son clip. On la voit avec cette coiffure. Donc, c'est une longue coiffe arrondie avec un petit chapeau en haut. Et donc, cette pratique-là, cette coiffure-là se faisait avec la pratique du lipombo. Donc, en fait, c'est une pratique où on fait d'élongation du crâne. Et en fait, on allongeait le crâne dès le bas âge, parce que quand on est enfant, on sait que les bébés, on peut modeler. On peut modeler si tout n'est pas encore bien fixé. Donc, dès le bas âge, on modelait le crâne avec des huiles. Et avec des bandes, du coup. Et du coup, ce qui faisait que le crâne était assez allongé pour qu'adultes, la coiffe puisse être portée. Donc, c'est une coiffure qui était portée tant bien par les hommes que par les femmes. Après, il y avait des différentiels sur les coiffes des hommes. Il y avait des accessoires, en fait, en plus, qui différenciaient. Et en fonction, bien sûr, de la classe sociale, la coiffure était de plus en plus élaborée. en revenir donc aux définitions des coiffures ancestrales, au-delà du fait que ce sont des coiffures précoloniales, donc c'était vraiment des marqueurs sociaux parce que c'est des coiffures qui permettent de déterminer le statut social, le sexe, le statut marital, vraiment plein de choses, c'est limite des pièces d'identité en fait. Avec ta coiffure, on pouvait savoir qui tu étais. Vraiment, qui tu étais. Donc c'est là où c'est très important et oui, voilà. Après il y a Tous les rites par rapport aux coiffures, par exemple, le fait de raser les cheveux aussi, ça par exemple, ça indiquait quelque chose. Donc, chez les malgaches, par exemple, chez certains peuples malgaches, le fait de raser les cheveux, et même dans beaucoup de peuples en Afrique, c'est synonyme de deuil. Donc voilà, tout avait une signification. C'est-à-dire que vraiment, on n'était pas que sur un aspect esthétique, il y a vraiment une signification aussi, une signification. Et il y a également aussi une partie spirituelle. Tu as certaines coiffures qui te permettent de te protéger spirituellement. Là, je fais référence à Lizzie Colo. C'est une coiffe aussi d'Afrique du Sud qui est portée spécifiquement par les femmes mariées. Et cette coiffe-là permettait de préserver les femmes, protéger les femmes des attaques spirituelles.
- Speaker #0
Ok. C'est super intéressant ce que tu disais tout à l'heure aussi sur le fait que... Parce que je pense qu'on se projette beaucoup sur le fait que les femmes... on porte ces coiffures ancestrales mais on oublie qu'il y a des hommes aussi qui en portent est-ce qu'il y a des règles sur, enfin elles sont sans doute très différentes en fonction des peuples mais est-ce qu'il y a des règles qui disent que les femmes ne coiffent que les femmes, est-ce que la transmission passe par la femme alors la transmission
- Speaker #1
Alors, la transmission passe en général par la femme, complètement. Maintenant, ça dépend parce que tu as des peuples où les hommes se coiffent entre eux. Donc là, je vais prendre un peuple en Éthiopie. Je n'ai plus le nom exactement du peuple, mais en fait, pour moi, c'est un peu l'ancêtre des curls. Vraiment. Parce qu'en fait, ils curlent leurs cheveux, leurs afros. Avec un stick. Donc, nous, on va utiliser un petit truc pliable. Eux, ils ont vraiment un stick en bois. Ils enduisent leurs cheveux de beurre, le gui. Et puis, du coup, ils enroulent leurs cheveux sur le bâton. Et après, ça leur fait de superbes boucles. Et là, c'est vraiment... C'est entre hommes qui se coiffent, pour le coup. Là, c'est vraiment une coiffure entre hommes. Donc, c'est quelque chose qui est hérité par les hommes. Donc, tout dépend, bien évidemment, du peuple. Mais majoritairement, en effet, c'est les femmes.
- Speaker #0
Les femmes. OK. Tu disais dans la définition du coup de la coiffure ancestrale que c'était des coiffures pré-coloniales et comme on le sait il y a eu une rupture historique qui était très violente forcément dans la relation des femmes noires et métisses avec leurs cheveux Qu'est-ce que tu penses qui a été perdu et à l'inverse qu'est-ce qui a survécu en fait à ce passage-là ?
- Speaker #1
Alors ce qui a été perdu je pense c'est la significative Merci. des coiffures. Vraiment, elle a été perdue. C'est vrai que maintenant, quand on se coiffe, on est très sur l'aspect esthétique de la coiffure. Donc, tout l'aspect, toute la signification des coiffures, on ne l'a plus vraiment. Après, avec l'esclavage, on a vu qu'il y avait d'autres significatives aussi. Donc, le fait que dans les tresses, les tresses permettaient de créer des cartes. On a toujours été très inventifs. Je pense que les significatives ont évolué, mais les significatives originelles, ça pour moi, on les a perdues. Ce qui est resté, on a toujours des as de la coiffure. Donc ça vraiment, c'est dans le sang. On a des personnes vraiment qui peuvent, c'est des artistes pour moi. Vraiment des artistes qui, quand on voit les détails des coiffures, la géométrie, ça pour moi, ça ne s'est pas perdu. C'est toujours là. Ce qu'on a aussi gardé, c'est le fait que le coiffage, c'est le moment de sociabilité. Ça, c'est toujours resté. C'est toujours un moment où on est ensemble, on sociabilise. C'est un beau moment de sororité quand on est entre femmes. Voilà, ça pour moi, c'est resté.
- Speaker #0
Super, une véritable expertise effectivement, qui a permis de maintenir certainement un certain historique. Parce que justement, ça m'amène à ma question d'après. ce que tu partages sur les réseaux sociaux c'est un travail de recherche qui je pense est assez important un gros travail de documentation et je t'avoue que moi à une époque j'avais essayé de faire aussi un peu de contenu sur cette partie là et j'avais vraiment trouvé ça très difficile de trouver du contenu dont on est sûr de la source qui mélange pas parce que parfois c'est des contenus aussi qui sont assez flou qui vont mélanger des peuples de régions assez différentes complètement Et voilà, donc on va dire que les sources ne sont pas facilement accessibles.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Comment tu fais toi aujourd'hui pour sourcer justement tout ça et proposer un contenu dont tu es sûre de la pertinence ?
- Speaker #1
Alors justement, comme tu dis, c'est vraiment un contenu, c'est les contenus qui me prennent le plus de temps à mettre en place. Parce que l'aspect recherche, c'est vraiment comme tu dis, j'ai envie d'être juste dans ce que je dis. Je n'ai pas envie de dire n'importe quoi. Et comme c'est très niché, on n'a pas toujours des sources. très très fiable, donc je ne peux pas parler de tout comment est-ce que je me documente par des livres, voilà vraiment j'ai commencé avec des livres c'est vraiment comme ça que j'ai commencé et après pour compléter les livres maintenant il y a quand même un peu plus d'infos sur Youtube, donc voilà sur Internet il y a aussi des articles donc j'essaye vraiment de confronter tout ça pour essayer de ressortir vraiment le vrai et de rester aussi assez simple dans la démarche et pas trop diguer diguer diguer parce que Merci. Là, on n'aura pas les infos. Je prends un exemple très simple. C'est tellement niché. Sur ChatGPT, si tu veux faire des recherches ou n'importe quel autre site qu'il y a, si tu veux faire des recherches sur les coiffures ancestrales, tu ne vas pas trouver grand-chose. C'est tellement niché. Il n'y a pas d'infos. Et après aussi, le truc qui est vraiment génial, c'est de voyager, aller au cœur des villages et vraiment poser des questions aux anciens. ça c'est mon truc préféré mais ça on peut pas le faire tout le temps je peux pas le faire tout le temps mais quand je voyage j'essaye de consacrer un petit temps dans mes voyages pour ça c'est cet aspect de transmission c'est
- Speaker #0
exactement ça et je pense que toi aussi c'est ce que t'essayes de faire justement sur ton compte Instagram, les femmes que tu coiffes, enfin peut-être que tu coiffes aussi des hommes, mais les personnes que tu coiffes ou qui reproduisent tes coiffures, est-ce que tu penses qu'elles ont l'impression de porter finalement un bout de cette histoire et de porter des coiffures qui viennent de loin ? Et est-ce que tu as l'impression que ça change leur rapport à la coiffure de manière générale ou peut-être pas ?
- Speaker #1
Alors, super question. C'est tout le but de mon compte Instagram. Alors, oui, parce que je pense que oui. Parce que dans tous les cas, je n'amène pas que l'aspect esthétique dans mon compte Instagram. Donc quand on me suit, on sait que c'est des coiffures qui sont chargées d'histoire et c'est des coiffures qui sont puissantes. Parce que j'ai vraiment, voilà, j'ai organisé mon contenu pour que ça soit clair à ce niveau-là. Et j'ai beaucoup de retours des personnes qui font les coiffures et elles me disent que vraiment, elles se sentent, wow. Elles savent qu'elles ont une couronne sur la tête. elles savent que c'est pas n'importe quelle couronne parce que c'est leur... heritage, donc elles le savent et j'ai beaucoup de messages très touchants de femmes qui n'osaient pas porter ce style de coiffure là de femmes qui n'osaient pas être elles aussi et le fait de porter d'assumer, de porter ces coiffures là elles disent mais là vraiment je marche la tête haute ce que ces coiffures là apportent même si on n'a pas tout l'historique c'est de l'empowerment parce que pour moi déjà tu t'as franchi du regard des autres il faut oser Merci. Et déjà rien que ça, tu sais que tu ne portes pas n'importe quoi sur la tête.
- Speaker #0
Oui, complètement, je te rejoins complètement. Au tout début de notre échange, tu as fait le lien dans ton cheminement personnel qui venait du soin et qui est arrivé finalement à la coiffure. Et en fait, pour moi, j'ai le sentiment que beaucoup de ces coiffures ancestrales sont en fait des coiffures protectrices, puisqu'elles évitent cette manipulation du quotidien. Nos cheveux sont... moins exposés au frottement. Et finalement, je me demande est-ce que tu penses que cette sagesse capillaire ancestrale n'était pas finalement en avance sur ce que la cosmétique moderne nous explique aujourd'hui ? Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on a notamment des cheveux afros mais tout type de cheveux texturés, on nous dit beaucoup, il ne faut pas manipuler trop vos cheveux, c'est ça qui les casse, c'est ça qui fait que ça ne pousse pas. Et donc les coiffures protectrices, c'est un peu la coiffure refuge. pour éviter ça. Enfin, voilà. Qu'est-ce que tu penses de ça ? Est-ce que finalement, cette expertise, elle vient de là ?
- Speaker #1
Alors, pour moi, je suis... Plus je fais mes recherches et plus je me dis « Waouh ! » On était quand même en avance sur tout ce qui était respect de notre corps, en fait. Tu vois ? Donc, le corps, j'englobe tout. Tout ce qu'on faisait, chaque acte qui était posé, c'était quand même respectueux. Donc, du cheveu, et ça avait donc... En fait, ce qui est génial quand j'étudie les coiffures ancestrales, je vois que chaque produit qu'on utilise ou chaque geste, ça avait une dimension esthétique, une dimension spirituelle aussi. Parce qu'on peut prendre le cas de l'Égypte antique. Il y a du maquillage qui mettait, qui avait aussi une dimension, donc qui soignait la peau, qui avait aussi une dimension spirituelle. Donc en fait, vraiment, on était dans le soin de A à Z. Et pour en revenir aux coiffures protectrices, elles étaient vraiment protectrices parce que pour les coups, c'est des coiffures qu'on gardait vraiment longtemps. Nous là, on ne les garde pas, on change très régulièrement. Donc une coiffure, pour qu'elle soit protectrice, il y a plusieurs règles aussi à respecter. Quand on fait une coiffure qui est hyper serrée et qui crée de l'alopécie de traction, on n'est pas dans une coiffure protectrice. Eux, c'était des coiffures qui gardaient longtemps, donc ça fait un peu comme l'effet Lox. Les cheveux, ils ont le temps de pousser. Et même quand on a une coiffure protétrice, ça n'empêche pas l'entretien du cheveu derrière. Ce n'est pas parce que le cheveu est coiffé qu'on ne s'en occupe pas. Il faut quand même l'hydrater, maintenir l'entretien du cheveu. Donc je pense que sur ça, quand même, ils étaient en avance. Après, je pense qu'il y a certains peuples qui... Quand je prends le cas des femmes imbas, c'est vrai que quand je regarde la manipulation qu'elles ont par rapport à leur coiffure, elles utilisent de la cendre. Donc je pense qu'il y a peut-être des peuples qui avaient des choses... qui n'était pas forcément hyper protecteur pour le cheveu, mais la majeure partie, oui.
- Speaker #0
Oui, complètement. J'aimerais aussi qu'on parle un peu de la formation, enfin de ta formation d'abord. Jusqu'à présent, je le précise au cas où peut-être que tout le monde n'a pas forcément le même niveau d'info sur ce podcast, la formation de coiffure en France, elle était très tournée sur le cheveu raide. Il y avait en fait très très peu de choses sur... les cheveux texturés, donc à partir des cheveux on va dire ondulés, bouclés, frisés, crépus, c'était quand même assez expéditif on va dire la formation à l'époque. Comment est-ce que toi tu as réussi à te spécialiser ? Dans ce type de cheveux. Et voilà, je ne sais pas si tu as fait une formation spécifique en France, ailleurs. Je pense que c'est intéressant d'en savoir plus.
- Speaker #1
Alors là, tu as une foule autodidacte devant toi. Ok. Une foule autodidacte qui a digué, C'est vraiment ça. Pour tout ce qui est soins, c'est vraiment de moi-même. Tu dis pardon ?
- Speaker #0
C'est après ton big shock que ça a commencé ?
- Speaker #1
Vraiment, après mon big shock, je me suis dit, là, tu as coupé tes cheveux, intéresse-toi vraiment aux soins au naturel. Profite-en, tu repars à zéro, intéresse-toi, fais plein de tests. Et moi, comme je suis une passionnée, je faisais des tests jusqu'à... Pour te donner un exemple, il y avait un moment donné où tous les dimanches, je pense que ça a duré peut-être un mois ou deux, je passais au moins cinq heures à faire des soins. Et là, je me suis dit, écoute, Mabel, tu peux passer ta vie, toute ta journée à faire des soins, mais pour te dire jusqu'à quel point j'allais loin dans les tests. Et la coiffure aussi, du coup, pareil, en tant qu'autodidacte. Mais là, c'est intéressant la question que tu me poses, parce que j'ai échangé directement, dernièrement, pardon, avec la créatrice de Mimi Air Academy, donc un centre de formation privé, et elle m'expliquait la nuance par rapport... par rapport au fait que le cheveu texturé est inclus maintenant dans le CAP, elle m'expliquait que le CAP de référence n'a pas changé. C'est toujours le même. Et en fait, le cheveu texturé, c'est une spécialité. Donc, c'est quelque chose qu'on fait en plus. Donc, on paye en plus et qui est facultatif. Donc, en fait, c'est vraiment pour les personnes qui veulent en apprendre plus, mais ce n'est pas intégré dans la formation basique. Sauf à l'exception justement des centres privés, tel le centre Miméa Académie, qui l'inclut. Ça fait partie de la formation. Sinon, pour les autres centres, il faut payer en plus. C'est 200 heures en plus. Et en plus de ça, qu'est-ce que je voulais dire ? C'est en plus... Ça va me revenir, mais voilà. Ah oui, il faut avoir le CAP et deux ans d'expérience. Pour pouvoir le faire. Donc c'est quand même, c'est un pas dans le sens où on a reconnu que le cheveu texturé, voilà, c'était un cheveu avec une technicité qu'il fallait connaître, mais ce n'est pas encore inclus dans la formation de référence.
- Speaker #0
Oui, c'est hyper intéressant et je pense que c'est pour ça qu'il y a eu, récemment, il y a eu à New York, ils ont intégré complètement les cheveux texturés dans, je crois, crois, le parcours principal.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Le contenu de la formation inclut la gestion, la maîtrise des braids. Vraiment, c'est très poussé. J'étais très contente de cette émission. Moi aussi,
- Speaker #1
j'étais contente quand j'ai vu l'article.
- Speaker #0
J'ai hâte que ça arrive en France.
- Speaker #1
Ce n'est pas une spécificité, c'est un type de cheveux à part entière et il faut l'étudier. Il faut que tout le monde soit capable de gérer ce type de cheveux.
- Speaker #0
enfin tout le monde qui se dit coiffeur complètement le thème du podcast c'est le geste et donc ce que je trouve forcément intéressant quand on parle de coiffure c'est le geste juste pour toi qu'est-ce qui distingue fondamentalement un geste qui va respecter cette texture et quelque chose qui au contraire va l'abîmer alors pour moi le geste
- Speaker #1
juste, c'est la douceur. C'est vraiment ça. C'est tellement important d'apprendre à connaître son cheveu. Comme ça, on sait comment le manipuler. C'est vraiment ça. Cherchons à connaître notre cheveu. On a été déconnectés de ce cheveu-là. Il faut absolument qu'on se le réapproprie, qu'on le connaisse. Et moi, je te dis la douceur parce que moi, le moment du démêlage, c'est le moment... Voilà, mes cheveux, c'est mes petits bébés. Avant d'avoir une belle coiffure... Comme je le dis souvent, j'ai de beaux cheveux dont je prends soin. Pour moi, des beaux cheveux, ce n'est pas forcément des cheveux longs, c'est des beaux cheveux, des cheveux bien entretenus. Et justement, le moment du démêlage, c'est vraiment le moment où tu vois comment une personne considère son cheveu, vraiment. Donc quand je vois les démêlages comme ça, même quand ce n'est pas mes cheveux, ça fait mal parce que je me dis mais non ! Voilà, c'est de la douceur. C'est juste ça. Ils ont besoin d'amour et de douceur.
- Speaker #0
Et donc, pour toi, ce qui abîmerait, au contraire, ce qui fait que le geste n'est pas juste, c'est vraiment ce côté de tension, de ne pas prêter attention à la douceur qu'on...
- Speaker #1
Complètement, complètement. C'est-à-dire que c'est comme si le cheveu, c'était juste un support. Il est là, support pour coiffure, support pour perruque, support pour autre chose. Mais la force... comme tu dis, la tension dans la manipulation, pour moi, ça en dit non. Ça en dit non. Pour moi, quelqu'un qui prend le temps et qu'on voit que non, elle sait que non, il faut les traiter avec amour, ça fait partie d'elle. Et quelqu'un qui, voilà, pour moi, je sais qu'elle est déconnectée de son cheveu. Son cheveu, il est là et elle est là. C'est comme la phrase,
- Speaker #0
quand on dit il faut souffrir pour être belle, moi, c'est une phrase que je ne dirai jamais à mes filles. au contraire si on souffre c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas donc un instant de soin et de coiffure c'est pas censé faire mal donc je te rejoins complètement là dessus tellement d'accord et d'ailleurs ça c'est quelque chose que je mettais beaucoup en avant avec
- Speaker #1
mes clientes il faut casser ce rapport au fait du soin c'est douloureux non le soin en fait et je l'ai vu quand j'étudie les coiffures ancestrales le soin non c'est un moment convivial C'est pas un moment de douleur. C'est un moment où les femmes, justement, elles se font les soins entre elles. C'est un moment de douceur. Et c'est vrai que dès qu'on pense, comme on a été déconnecté du cheveu, on n'avait pas les bons gestes, dès qu'on pense à soins, démêlages, tout de suite, ça fait peur. Alors que non, il faut vraiment qu'on se dise, ah, mais c'est mon petit moment. C'est mon petit moment de douceur, en fait. C'est mon petit moment de massage crânien. C'est vraiment qu'on le pense comme ça.
- Speaker #0
Complètement. Et justement comme on parle de démêlage, pour moi c'est la phase, alors peut-être que je me trompe, mais pour moi c'est la phase dans laquelle il y a le plus de casse sur nos cheveux. Alors que pourtant le démêlage il est indispensable parce que je pense qu'on ne peut pas laver correctement ses cheveux et faire des soins corrects si le démêlage n'a pas été fait ou a été mal fait. Pour toi, c'est quoi les erreurs les plus fréquentes ou peut-être le... la manière de faire ou l'étape qui est la plus sous-estimée et qui amène justement à ces mauvaises pratiques ?
- Speaker #1
Alors, l'erreur la plus fréquente, donc maintenant on a compris, c'est un peu mieux, mais vraiment la plus grosse des erreurs, c'était le fait de démêler à sec. C'était vraiment ça. Le fait de ne pas lubrifier le cheveu, ne pas l'hydrater, apporter de l'eau ou des huiles pour pouvoir le démêler. Le fait vraiment de le démêler à sec. Et maintenant, il y a plein de plantes. Je prends par exemple l'embloumou. le gombo, les graines de lin, plein de plantes qui permettent vraiment de démêler les cheveux, mais en douceur. C'est-à-dire une tête vraiment hyper emmêlée avec ces plantes-là mucilées, ce sont des plantes qui sont gluantes. Quand on l'applique sur le cheveu, le démêlage, il est nickel. Pour moi, c'est ça la plus grosse erreur et j'espère, je pense qu'il y en a qui le font encore, mais le démêlage à sec, ce n'est pas possible. Alors là, c'est le carnage, c'est vraiment la casse assurée.
- Speaker #0
Je l'ai vécu en salon de coiffure. Un de mes premiers salons de coiffure quand je suis arrivée à Paris, c'était il y a 14 ans maintenant. Je m'étais rendue pourtant dans un salon qui devait être spécialisé dans la boucle. Et la coiffeuse a commencé par un démêlage à sec avec une brosse. Et ça reste un moment de souffrance dont je me rappelle encore. Donc vraiment très très douloureux. Et justement au-delà du salon, qu'est-ce que tu conseilles pour quelqu'un qui veut réduire la manipulation au quotidien sans sacrifier le soin ? Parce que c'est vrai qu'on a aussi dans la notion de coiffure protectrice, donc je vais peut-être un peu au-delà de la coiffure ancestrale, mais dans la coiffure protectrice, on oublie qu'il faut en fait continuer à prendre soin de nos cheveux. Donc toi, qu'est-ce que tu conseilles pour réduire la manipulation, mais quand même garder un bon niveau de soin ?
- Speaker #1
Alors, il y a... En thème de coiffure, c'est ça ce que je conseille ? Alors, tu as les twists, ça c'est génial. Les vanilles, c'est des coiffures très simples où les cheveux sont quand même à l'air libre et on peut quand même appliquer des soins et les cheveux vont pouvoir bien recevoir les soins. Sinon, il y a des coiffures protectrices très simples aussi qu'on peut faire et qu'on peut changer toutes les deux semaines, par exemple. Comme ça, ça te laisse... Ça te laisse de la marche pour pouvoir faire un soin. Donc, tu sais, moi, avant, même sous braid, sous braid avec des mèches, moi, à partir de deux, trois semaines, je lave mes cheveux. Je ne fais pas trop longtemps sans laver. Ce n'est pas possible. Mon cuir chevelu, il a vraiment besoin de respirer. Donc, même moi, sous braid, je lave mes cheveux, en fait.
- Speaker #0
Là, par exemple, avec la coiffure que tu as aujourd'hui, tu saurais dire quel est le... Enfin, donc, mettons que tu la commences à J1, comment tu l'entretiens au quotidien et à combien de temps après tu l'enlèves ?
- Speaker #1
Alors, justement, la coiffure que j'ai aujourd'hui, je mettrai le tuto très prochainement. Coiffure hyper simple que je peux retirer quand je veux, en fait. Donc, en fait, là, je peux laver mes cheveux sans problème, même toutes les semaines. Et c'est pour ça que j'opte beaucoup pour ça aussi dans les coiffures que je mets en avant. C'est des coiffures simples en fait. Des coiffures simples qui te laissent quand même l'accès à tes cheveux. Comme ça, tu peux quand même faire des soins. Et après, bien sûr, je mets aussi en avant des coiffures un peu plus complexes pour d'autres occasions, parce que je mets en avant tout type de coiffure. Comme ça, chaque personne, en fonction de l'occasion qu'elle a, elle peut choisir la coiffure qui va lui correspondre. Mais en général, c'est des coiffures simples qui te laissent l'accès à tes cheveux.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Ce qui permet de faire ta routine comme habituellement.
- Speaker #1
Complètement. Comme habituellement, complètement. Là, par exemple, sur les tresses qui sont devant, j'ai mon pip-chit. J'ai mes petites huiles que je peux appliquer. Là, derrière, c'est détachable. J'ai mes... Voilà. C'est vraiment...
- Speaker #0
J'ai hâte de voir le tuto.
- Speaker #1
Oui. Pratico, pratique. Il arrive la semaine prochaine, le tuto.
- Speaker #0
Trop bien. Je voulais parler avec toi de ce qu'on appelle la méthode Search and Destroy. Pour expliquer dans les grandes lignes à ceux qui ne connaissent pas la méthode, globalement, c'est une méthode, je pense que l'origine vient du fait qu'on pense souvent que les cheveux texturés, donc chincu, cheveux afro, bouclés frisés, crépus, ne poussent pas. Dans les faits, ce n'est pas qu'ils ne poussent pas, c'est qu'en fait, effectivement, ils ont une manière de pousser du fait de la manière dont ils poussent un peu dans le général, qui fait qu'on a l'impression que ça ne pousse pas, ça crée des frustrations. Mais malgré tout, ça reste des cheveux qu'il faut couper. Quand les fourches sont abîmées, un cheveu ne pousse plus, donc il faut couper. Les personnes qui pratiquent cette méthode, plutôt que d'aller tous les X mois chez le coiffeur et de faire une coupe généralisée, elles vont sélectionner une section du cheveu et faire une coupe extrêmement précise de pointes qui leur semblent abîmées. Est-ce que ça, pour toi, c'est une bonne pratique ? Est-ce que c'est contre... productif. Comment tu... Je ne sais pas si toi, tu pratiques cette méthode-là.
- Speaker #1
Alors, c'est hyper intéressant que tu me poses cette question. Parce que justement, moi, quand j'ai mes cheveux lâchés, je suis très contente de faire des coiffures parce que ça me permet de les oublier pendant un temps, ils font leur vie et après de les retrouver. Quand moi, j'avais les cheveux lâchés, j'étais toujours en train de les toucher. Et moi, je suis obsédée des pointes. J'aime les pointes nickel. Donc moi, j'étais dans le search and destroy. J'étais vraiment à fond dedans. C'est-à-dire que moi, en fait, les pointes, c'est quelque chose qu'on peut couper tous les 4, 6 mois. Ça dépend des personnes et de l'exposition que tu as et comment tu manipules ton cheveu. Mais moi, j'étais toujours là. Quand j'ai les cheveux lâchés, je suis tellement obsédée des pointes. Dès que je sens une fourche ou un petit nœud, pao ! Je coupe. Et je ne pense pas que ça soit la bonne solution. Je pense qu'il faut les laisser vivre. Et c'est pour ça que là, je suis contente avec mes coiffures. Parce qu'en fait, je leur laisse... leur temps en fait, ils respirent tranquillement et quand je les défais c'est le moment du petit soin, s'il y a besoin de retailler, voilà légèrement je le fais mais je suis plus, avant c'est vraiment je dis, je touchais comme ça dès que je sens que ça me va pas ma mère me dit mais en fait tu coupes tes cheveux tout le temps et elle a raison en fait, j'avais toujours le ciseau, elle dit depuis que t'as découvert il faut tailler ses pointes c'est fini et tout peut pas être parfait dans tous les cas il y aura oui des cheveux un peu abîmés mais il faut la il faut laisser les cheveux faire leur vie quand ils ont besoin de les tailler quand on a besoin de faire une bonne coupe des pointes on le fait mais de là à être c'est de la surmanipulation pour moi à utiliser avec précaution et
- Speaker #0
la séparation je comprends complètement est-ce que on revient un peu sur la partie transmission est-ce que toi tu as formé ou tu Merci. forme ou tu vas former des coiffeurs ou des personnes qui veulent apprendre même dans leur vie personnelle ? Ou est-ce que ton objectif aujourd'hui c'est plutôt de dire je préfère faire de la transmission d'histoires et passer plutôt par les réseaux sociaux ?
- Speaker #1
Alors moi comme je t'ai dit j'ai une démarche holistique je suis 360 couteau 6 donc on va parler d'histoire vous allez voir des tutos coiffure pour pouvoir les faire mais on va se voir en réel Parce que le but, vraiment, c'est de donner des clés aux femmes. Et quand je faisais de l'accompagnement, donc j'avais un espace de coiffure où, justement, j'accompagnais les femmes dans l'entretien de leurs cheveux. Et le but, c'est qu'on soit autonome un minimum. Pour moi, c'est hyper important que la personne, elle sache quel type de cheveux elle a. Après, qu'elles fassent ces tests pour voir quel type de soins répond bien à ces cheveux, parce qu'on est tous uniques. Mais pour moi, il faut qu'on ait des clés de base. On ne peut pas partir sans rien. Donc, quand on va au salon, c'est que voilà, on a envie de se faire chouchouter et que quelqu'un le fasse pour nous. Mais pour moi, c'est hyper important qu'on ait les clés de base. Donc, le but vraiment, vraiment, c'est de donner des clés aux femmes en réel. Donc, de les former à s'auto-coiffer avec des coiffures simples, parce que tout le monde n'est pas expert de la coiffure. vraiment pas pour tout le monde. Au moins que les femmes aussi connaissent leur type de cheveux, qu'elles puissent diagnostiquer leurs cheveux. C'est hyper important pour moi. Maintenant, la formation, oui. Il y a beaucoup de personnes qui sont venues vers moi, donc des personnes qui voulaient en apprendre plus sur le cheveu texturé pour que je les forme. Ça, c'est quelque chose à réfléchir, à mettre en place parce que je pense que c'est hyper important. Ma patch, je pense, ancestrale, elle est importante. Donc oui, ça fait partie des projets à venir.
- Speaker #0
Je crois que c'est ça. Justement sur la partie, tu disais que c'est important qu'on est toutes, enfin toutes et tous, les mêmes bases et des clés qui sont essentielles. Pour toi, c'est quoi la routine de soins parfaite ? Je ne parle pas forcément de nommer un produit miracle, d'ailleurs le produit miracle n'existe pas. Mais quelle typologie de produit, quel type d'huile, à quelle fréquence ? Si tu devais, je ne sais pas, organiser une routine par exemple sur une semaine. Comment tu la décrirais ?
- Speaker #1
Alors, déjà pour ça, c'est comme je disais avant, pour moi, chaque cheveu est unique. Vraiment, chaque cheveu est unique. Ce qui va marcher sur moi, ça ne marchera pas forcément sur ma sœur. Donc, en fait, le point de départ pour une bonne routine, c'est déjà un bon diagnostic. C'est déjà connaître sa chevelure, son type de cheveux. C'est hyper important. Si on a un cheveu poreux, pas poreux, si on a un cheveu dense. ou moins dense, donc la densité c'est le nombre de cheveux qu'on a sur la tête, si on a des cheveux épais ou pas, parce qu'en fonction déjà de ces caractéristiques-là, t'es à même déjà de savoir, ah oui, donc moi j'ai les cheveux très fins, l'huile de ricin, doucement. J'ai les cheveux très denses, je peux y aller. J'ai les cheveux très épais, je peux y aller aussi en produits. Mes cheveux sont fins, les produits je vais y aller doucement parce que sinon ça va vraiment alourdir. Mon cheveu est peu poreux. doucement aussi les produits parce que du coup le cheveu absorbe tout doucement les produits donc si j'en mets trop ça va faire un effet cartonneux sur le cheveu et le cheveu donc l'hydratation ne va plus passer donc la base d'une bonne routine c'est d'abord connaître son type de cheveux ensuite pour une bonne routine c'est diagnostiquer aussi les besoins du cheveu les caractéristiques du cheveu j'aime pas dire les problématiques j'aime bien parler de caractéristiques diagnostiquées comme ça là je fais un soin qui est voilà qui est en adéquation avec ce dont mes cheveux ont besoin à l'instant T. Là, mes cheveux, ils sont assez rêches, cassants. Ils ont besoin de souplesse, d'hydratation. Donc, on va aller plus vers des soins hydratants, tels que l'embout nou. Voilà, des soins vraiment hydratants. J'ai les cheveux vraiment qui ont un coup de mou. On les sent. Là, il va falloir apporter de la protéine. Donc, c'est vraiment ça. À partir du moment où on connaît toutes ces choses-là, On sait quelle huile prendre, quelle... Voilà. Parce que là, je peux pas te donner, te dire une routine. Je peux te dire moi la routine que je fais, mais c'est vraiment la routine qui est adaptée à mes cheveux.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais c'est vraiment impossible d'imposer une routine universelle. C'est juste ce qu'on doit savoir, c'est connaître son type de cheveux, le diagnostiquer et apporter les soins en fonction des caractéristiques de la chevelure. Donc, il y a des soins hydratants et il y a des soins protéinés. Ça, c'est assez simple. Et... Voilà, savoir doser entre hydratation et protéines. Et après, il y a des huiles qui sont plus pénétrantes que d'autres. Donc, quand on est en soins, si on fait un bain d'huile, on va plus vers une huile qui est très pénétrante, telle que l'huile de coco, l'huile de palmiste. Ça, c'est des huiles très fines qui pénètrent vraiment nos cheveux. Et quand on veut plutôt sceller, là, on va être sur des huiles qui sont un peu plus lourdes pour pouvoir bien sceller. Donc, voilà, c'est tellement spécifique que ce serait faux de ma part. Non, ce ne serait pas véridique de ma part de donner une routine comme ça.
- Speaker #0
Et est-ce que tu penses, parce que je sais que ça fait beaucoup de débats sur les réseaux sociaux, qu'il y a des règles sur il faut couper ses cheveux ou les pointes tous les deux mois, quatre mois, six mois ? Est-ce que tu penses qu'il y a des règles là-dessus ou on est toujours sûrs, le cheveu est unique ?
- Speaker #1
Alors, grosso modo, on sait en effet qu'à partir de six mois, les pointes commencent à être un peu… on le sait mais moi par exemple j'ai les cheveux qui poussent très vite moi tous les quatre mois je peux tailler mes pentes Je sais qu'il y a d'autres personnes, ce sera plutôt tous les six mois. Donc, en effet, il y a des grosses règles, mais le tout, c'est d'observer sa chevelure. Je te dis tous les quatre mois. Maintenant, si je fais des brushings tous les jours, ça va être tous les quatre mois. Il va falloir tailler les pointes, ça va être plus. Donc, ça dépend vraiment aussi de la manière dont tu vas t'occuper de ton cheveu, en fait, qui va déterminer à quelle fréquence. Maintenant, si tu as une super bonne routine, tes cheveux sont majoritairement en coiffure protectrice, Merci. pas trop trop exposé, peut-être que tu feras même plus que 6 mois, tu n'auras pas besoin de les tailler, tu vois. Autant, ça va dépendre. Mais c'est vrai que là, quand on prend en compte le monde dans lequel on vit, la pollution, la sécheresse dans l'air, toutes ces choses-là, c'est pour ça qu'on est obligé quand même de donner des grandes lignes. Mais après, on observe son cheveu, quoi. Mais si tu tailles tes pointes tous les mois, il y a un problème. Par contre,
- Speaker #0
il y a un problème.
- Speaker #1
Là, il faut faire un check-up dans la routine. il y a un problème dans la routine.
- Speaker #0
Il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #1
Il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #0
C'est très intéressant ce que tu dis et ça va peut-être rassurer ou pas les personnes qui nous écoutent. Mais effectivement, moi, je sais que quand je suis... Alors moi, je n'ai pas fait de big shop. Je n'ai pas eu le courage de voir ma tête changer trop radicalement, on va dire. Mais j'aurais dû en faire un. Si je devais tout recommencer aujourd'hui, je pense que j'aurais commencé par ça. Mais j'ai passé beaucoup de temps à essayer de comprendre mes cheveux, comprendre ce dont ils ont besoin. Et j'ai passé aussi du temps à copier les routines d'autres personnes. Ce qui fait que je ne comprenais pas pourquoi je n'obtenais pas le résultat de telle influenceuse, telle coiffeuse. Et c'est à force un peu d'échec que j'ai fini par me dire, on va recommencer au début et comprendre ce dont moi, mes cheveux ont besoin. J'ai aussi fait des erreurs de parcours, on va dire, parce que parfois, je lisais des articles qui disaient, il ne faut pas laver vos cheveux trop souvent. Mais en même temps, je faisais beaucoup de sport, donc il fallait aussi que je lave mes cheveux. Donc, en fait, j'ai fini par comprendre que oui, il y a effectivement, on va dire, des grandes règles. mais qu'au bout la personne qui a la maîtrise de son cheveu et la meilleure connaissance c'est nous mêmes et que ben moi je sais que si je lave mes cheveux deux fois par semaine et ben alors je fais un shampoing et un co wash et ben je sais que c'est ce qui réussit le mieux à mes cheveux il y a des gens pour qui ce sera pas le cas et donc voilà donc j'invite vraiment tout le monde à essayer ça prend du temps enfin en tout cas moi j'y ai passé beaucoup de temps mais voilà à pas hésiter à passer un peu de temps là dessus à se faire confiance à s'écouter Et je ne sais pas si toi, tu as vécu ça, mais je sais qu'après les grossesses ou après des périodes de fatigue, de carence, on a aussi une texture qui peut changer et une routine qui jusque-là convenait, qui du coup ne convient plus. Donc voilà, à nouveau se reposer la question de est-ce qu'on est sûr que finalement, il ne faut pas adapter la routine ? Donc voilà, si ça rassure un peu les personnes autour de nous, les personnes qui nous écoutent, c'est exactement ça. Exactement.
- Speaker #1
C'est tellement juste que tu dis, il n'y a pas de bonne routine. Il y a une routine qui te correspond. C'est juste ça. Comme tu dis, ça prend du temps de bien connaître son type de cheveux, surtout que ce n'est vraiment pas des clés qu'on nous a données dès le bas âge. Donc vraiment, on rentre dans un univers. Donc ça prend du temps d'apprendre à le connaître. Comme tu dis, il y a des périodes où après la grossesse, en effet, là, ça va être un autre type de soins et tout ça. Mais c'est aussi hyper intéressant parce que ça te permet aussi de te poser avec toi. prendre du temps à observer tes cheveux et ça c'est hyper important parce que c'est s'observer aussi, c'est pas que les cheveux et voilà, avoir le geste comme tu dis, juste le geste juste parce que tu sais que là, mes cheveux ils ont besoin de si ça à l'instant T et je vais rebondir sur ce que tu dis, sur le fait que tu regardais ce que certaines personnes faisaient et puis ça ne te correspondait pas alors quand avec le mouvement Nappy on avait tous des air crush moi c'était naturelle 85 j'étais à fond sur elle alors que dans ma tête j'étais persuadée qu'on avait même des cheveux pas du tout pas du tout pas du tout et là vraiment j'étais à fond mais attends elle fait cette coupe mais ça mes cheveux ils doivent faire ça et c'était vraiment le moment où elle faisait beaucoup aussi de twist out de braid out je me dis mais attends ça doit sortir pareil et tout ça je m'avoue parce que c'est dans le déni et en fait non j'ai mon type de cheveux Il faut que je teste des coiffures qui correspondent, des soins qui me correspondent. Et vraiment, quand on prend le temps d'observer, on voit ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Comme tu dis, si tu fais beaucoup de sport, avec la transpiration, non, il faut quelque chose qui te corresponde. Quelqu'un qui ne fait pas autant de sport, le cheveu qui ne transpire pas autant, elle va pouvoir tenir plus longtemps, deux semaines sans laver ses cheveux. Donc vraiment, c'est la bonne routine, c'est la routine qui te correspond.
- Speaker #0
ouais complètement si on parle là on arrive dans les dernières questions du podcast il m'en reste deux je crois si tu devais identifier une chose que les femmes aux cheveux texturés devraient apprendre dès demain et la question va être difficile parce que je vais te demander une seule chose ce serait quoi ?
- Speaker #1
je l'ai déjà dit apprendre à connaître leurs cheveux ok moi c'est le B à bas je peux même pas te dire ah non le non Parce qu'en fait, ce que je viens de te dire là, ça englobe tout. Donc voilà, j'ai réussi à caler le truc en répondant une chose. Parce que quand tu apprends à connaître ton cheveu, tu apprends à connaître qui il est, sa caractéristique, tu apprends à connaître ce dont il a besoin. Pour moi, le B.A.B.A., il est là.
- Speaker #0
Oui, la connaissance.
- Speaker #1
Ah mais la connaissance, c'est vraiment le pouvoir. Vraiment. C'est la clé.
- Speaker #0
Oui, complètement. et du coup je te pose la dernière question de l'épisode ça va être un peu la question signature que je vais poser à tous les invités tous les experts que je vais recevoir dans ces live podcast pour toi, qu'est-ce que ce serait l'art du cheveu texturé ?
- Speaker #1
c'est-tu en l'art ? l'art du cheveu texturé ouais tu peux dire la connaissance mais c'est un peu triché oui non je l'ai déjà dit la connaissance Merci. Allez, l'amour. Vraiment. Vraiment, vraiment, vraiment. Je pense que ça part de là aussi. L'amour, l'amour de soi. L'amour de ses cheveux, ça part de là vraiment. Quand on tombe amoureux de ses cheveux, on s'affranchit du regard des autres. Et là, on tombe amoureux de soi. Mais moi, mon empowerment, c'est fait par le cheveu. Voilà, vraiment. Après, par le corps aussi, parce que je fais de la danse. Mais vraiment, le fait d'avoir accepté. Moi, mon big chop, il a été, voilà, j'ai tout coupé. Donc, j'avais ça. Et là, je me suis dit, mais attends, Samtoula, t'as tout coupé. Wow. Et c'est flou. Ce que je me suis dit, je me suis dit, mais là, tes cheveux, ils sont crépus. Tu vas faire trop ethnique. Trop africaine, en vrai. Clairement, c'est ça. Oui. Et après, je me suis dit, mais en fait, c'est toi. c'est toi on se reconnecte à soi c'est une reconnexion à soi surtout que le cheveu c'est sur la tête les gens se disent que c'est que des cheveux mais c'est tellement bien plus la tête c'est la partie la plus importante du corps elle est visible donc le fait d'accepter ce qui est sur ta tête et d'accepter surtout le regard des autres le fait que tu dises ils vont aimer ou pas aimer mais moi j'aime ah non C'est le début du bonheur, en fait. C'est vraiment le fait de se reconnecter à soi et à sa lumière.
- Speaker #0
J'aime beaucoup qu'on finisse l'épisode sur ces mots-là. Je te remercie beaucoup, Samtou, pour tout ce partage et pour toute cette good vibe que tu nous as envoyée ce soir. J'invite vraiment tout le monde à aller voir ton compte Instagram, à aller découvrir les coiffures, à aller découvrir les histoires. et très prochainement du coup cet épisode de live podcast sera transformé en podcast audio qui va être disponible sur toutes les plateformes qui va vous permettre de le réécouter à l'infini pour avoir notamment un petit coup de boost pour les jours où vous avez envie de changer de coiffure ou d'aller passer un petit peu de temps pour vous chez un coiffeur merci encore infiniment Samtou pour ce premier échange et j'espère à très vite et j'ai hâte de voir le tuto ça arrive merci beaucoup
- Speaker #1
Bonne soirée à toi.
- Speaker #0
Bonne soirée à tout le monde. Ce que Samtou partage, c'est exactement ce que ce podcast cherche à mettre en lumière. Des savoirs qui existent depuis longtemps, qui méritent d'être reconnus, transmis, protégés. Merci à elle pour cet échange. Retrouvez-la sur Instagram arrobase samtou.airstory Si cet épisode vous a parlé, laissez une note de 5 étoiles sur votre plateforme préférée. C'est simple et ça aide vraiment à faire connaître ce podcast. Parlez-en autour de vous. A très bientôt pour un nouvel épisode de l'art du cheveu texturé.