Speaker #0Bonsoir à tous. On commence par un petit texte à trous. Il faudrait absolument que je... Voilà, je vous invite à compléter cette phrase par un verbe d'action, personnel. On fera le groupe de partage après. Donc vous avez tous un verbe, il faudrait absolument que je... quelque chose à faire. Deuxième question, depuis quand cette proposition est-elle vraie ? Un mois, deux mois, six mois, un an. Et sur cette période, troisième question, combien de fois est-ce que cette petite phrase vous est revenue à l'esprit ? Peut-être que vous êtes au bon endroit cet après-midi à l'escale, puisque le thème du jour, c'est la procrastination. Demain, j'arrête. Nous allons méditer sur ce thème de la procrastination. C'est ce phénomène un peu étrange qui consiste à reporter indéfiniment au lendemain un certain nombre de choses que nous avons la ferme intention de faire un jour. Quelle forme prend la procrastination ? Ce n'est pas réservé à un profil de personne ou un type de personnalité. Le procrastinateur, ce serait forcément la personne désorganisée, un peu le type bohème. Vous voyez le profil P du MBTI pour ceux qui manient l'outil. Ce sont des gens qui sont un peu toujours à l'arrache. La procrastination peut s'adapter à tout type de profil. Profil 1, sur la gauche de mon bureau. Il y a 6 gros post-it et 5 petits qui n'ont pas bougé depuis le mois de septembre. Sur la porte de mon frigo à la maison, il y en a 8, plus une to-do list en papier avec un magnète de City Market, et aussi une liste que j'ai écrite sur mon frigo avec un feutre semi-indélébile. Je ne sais pas si vous l'avez ce feutre-là, il y a le feutre indélébile. Donc on fait attention, il y a le feutre qui s'efface, et puis il y a le feutre semi-indélébile, c'est celui qui s'efface un peu, mais qui laisse des traces. Donc mon frigo est dégoûtant, il y a des trucs qui traînent partout. C'est un peu la version HB du crayon de papier, mais en stylo. Vous avez un frigo dégoûtant avec des choses partout. Celui-là, c'est le premier profil, on imagine volontiers la personne qui n'est pas très organisée. On dit celui-là, c'est le procrastinateur type. Il y en a peut-être parmi nous. Ça, c'est un peu la caricature facile. À l'opposé du procrastinateur, on pourrait dire un peu bazardique, il y a le procrastinateur organisé. Donc lui, ses listes, elles sont sur sa Google Tasks. Donc c'est nickel. Il y en a 17 points, mais qui sont là depuis le mois de septembre aussi, pour la moitié, qu'on peut bouger non plus. Et puis entre les deux, il y a un profil plus commun, c'est celui qui, semaine après semaine, me revienne à l'esprit une demi-nousaine de choses qu'il faut absolument que je fasse bientôt. Alors une première question, je vous laisse 20 secondes, c'est quel est votre profil ? Parfois on croit qu'on est très organisé et en fait, il y a de l'espace pour la procrastination. Qu'est-ce que l'on procrastine ? C'est une question qui est intéressante aussi parce qu'on peut procrastiner dans certains domaines et pas dans d'autres. Par exemple, dans ses tâches pro au travail, on va être nickel et dans sa vie personnelle, on laisse déborder les trucs, on repousse indéfiniment. Parfois l'inverse. Côté vie personnelle, vous voyez, je repousse indéfiniment un rendez-vous pour un petit problème de santé que je ne traite pas. Ou bien j'ai le manche de ma poêle de cuisine qui est complètement déglinguée et à chaque fois je manque de tout mettre par terre. Mais à chaque fois je me dis, il faut absolument que j'en change. Ça fait un an. Ou alors il y a les huit derniers cartons de mon déménagement d'il y a deux ans qui sont là, qui n'ont pas bougé. Ça à la limite c'est les petites choses, parfois c'est les choses plus substantielles. C'est que je devrais déménager, ça fait trois ans que je me le dis, et je ne fais rien pour. Côté vie professionnelle, en télétravail, je perds 30% d'efficacité parce que je pars dans... des petits actes de procrastination, ou bien, acte un peu plus peut-être, je dois faire une remontée à un collaborateur depuis longtemps, et en fait, je suis en évitement, ça fait X temps que je ne le fais pas, je repousse. C'est bien aussi de prendre un tout petit peu de temps pour savoir un peu plus précisément ce que l'on procrastine. Être capable de le dire, plutôt que de savoir confusément que l'on repousse des trucs. En 20 secondes, personnellement, vous pouvez dire c'est quoi mon top 3 pour démarrer la liste des choses que je repousse. Et puis rapidement, pour essayer d'avancer un tout petit peu sur le repérage, qu'est-ce que je fais d'autre quand je ne fais pas ce que je sais que je devrais faire ? Alors un, les divertissements. Je développe parce que ça, c'est hyper intuitif. Il peut y avoir aussi une procrastination dans des petites activités routinières, soit domestiques. Je me mets à ranger, à laver des choses. Ce n'est pas forcément que je suis en train de glander sur mon canapé. Je peux aussi partir dans des petites actions. Professionnellement, je check ma boîte mail pour la trentième fois de la journée. Ça a potentiellement une petite utilité en soi, mais ça peut être de l'évitement d'autres choses. Donc, petite activité routinière. Je peux aussi privilégier le relationnel, c'est-à-dire je vais passer du temps avec mes amis, ma famille, mon conjoint ou un partenaire, toutes choses bonnes en soi, et parfois je prolonge ce temps indéfiniment pour éviter d'aller vers autre chose, ou bien je déclenche le relationnel au moment où je vois qu'il faudrait aller faire un truc, et là je vais aller vers autre chose. Privilégier le relationnel. Quatrièmement, il y a des actes un peu compulsifs, du type manger, fumer, dormir. C'est-à-dire, tout à coup, dans la perspective de la tâche que j'ai identifiée et qu'il faudrait que je fasse, ça crée en moi une soudaine fatigue. C'est réel, en fait. Il peut y avoir des effets comme ça, et donc je dors. La fatigue de l'imminence du truc que je veux faire, mais qu'il y a quelque chose en moi qui résiste. Manger, fumer, quelque chose d'un petit peu compulsif. Et puis cinquièmement, vraiment, là, le truc un peu plus brut, plus transparent, c'est rêvasser. Rien. Révasser, ressasser. En 20 secondes, quelles sont vos deux activités de fuite favorites ? Voilà pour les formes de la procrastination, pour faire un petit premier repérage. Pour aller plus loin, je voudrais qu'on réfléchisse ensemble à quelles sont les causes de la procrastination. Parce que le but, ce n'est pas de s'affliger en constatant qu'on procrastine. mais plutôt de se dire, au fond, essayer de comprendre comment nous fonctionnons, d'où cela vient-il ? Ça, ce sont des bonnes questions. On peut nommer, je pense, deux causes que j'appellerais un peu des causes émergées, c'est-à-dire celles peut-être auxquelles on pense le plus spontanément. La première, c'est ce que j'évoquais avec le premier profil, c'est-à-dire la désorganisation, on pourrait dire la mauvaise gestion du temps. C'est-à-dire, si je ne sais pas planifier ou prioriser mes tâches, ça peut mener évidemment à la procrastination. Parce que je me sens dépassé et je ne sais pas par quoi commencer ou autre. Une mauvaise gestion du temps, c'est sûr. Et deuxièmement, ce qui est aussi spontanément, souvent on va penser entre procrastination, on va faire un lien assez vite avec la paresse. Donc c'est possible, mais je pense qu'il faut affiner un peu plus que ça, parce que c'est un tout petit peu court de juste dire procrastination égale paresse. La paresse, il y a deux versants qui correspondent à la manière dont nous sommes faits. C'est-à-dire que les deux... Les deux capacités principales qui sont en nous, ce que dans la tradition philosophique on appelle les puissances de l'âme, c'est l'intelligence et la volonté. Et la paresse, elle a quelque chose du côté de l'intelligence, c'est-à-dire qui touche au sens de mon action. Et là, le versant, ça serait en fait la cause, c'est le manque de motivation. Est-ce qu'une tâche ne me semble pas intéressante ou significative, c'est-à-dire qu'elle n'a pas suffisamment de sens pour moi ? c'est facile de la remettre à plus tard. Une paresse, versant, intelligence, déficit de motivation. Parce que la motivation, c'est essentiel dans la manière dont nous déclenchons des décisions. Et s'il n'y a pas suffisamment, je n'y vais pas. Ça, c'est le versant intelligence. Et puis en nous, la deuxième puissance, c'est la volonté. Et donc le versant volonté, on pourrait dire de la sagesse, c'est la... La sensibilité à la pénibilité. qui va être liée à l'action que j'envisage. Et donc là, la paresse, on pourrait la formuler comme évitement de l'effort. J'identifie un effort que ça va me demander et j'évite ça. Je vais y revenir parce que je pense que c'est un point très sensible aujourd'hui. Mais donc, par rapport à ces deux, par rapport à désorganisation ou paresse, mais notamment par rapport à paresse, il faut faire attention parce qu'un procrastinateur, comme je l'évoquais tout à l'heure, peut être quelqu'un de très actif, en fait. C'est-à-dire qu'on peut fuir dans l'activisme, pas obligatoirement en faisant rien sur un canapé. Donc j'ai un truc, un mail à écrire à quelqu'un d'important et en fait, je vais faire le ménage de toute la maison. Voilà deux causes, vous voyez, manque d'organisation et paresse, avec les deux versants que j'ai évoqués. C'est ce qu'on appelle des causes émergées. Il y a quatre causes qu'on pourrait qualifier d'immergées, qu'on saisit parfois moins souvent, qui sont liées à la place des émotions et au contrôle des émotions. Vous allez voir, les quatre ont un petit peu à voir, enfin sont proches. La première et un peu la plus importante peut-être à retenir, c'est la peur de l'échec. C'est-à-dire que souvent, nous repoussons quelque chose parce que, confusément, il y a la peur de ne pas réussir à faire quelque chose, de ne pas réussir une tâche. Et ça peut paralyser ou bien faire naître une émotion un peu disproportionnée qui empêche même de commencer. Et les deux points suivants sont des variantes un peu des variations de cette... peur de l'échec, c'est la forme que ça peut prendre chez le perfectionniste. Donc il y en a parmi nous qui sont de profil perfectionniste, qui vont avoir facilement la tentation de remettre à plus tard une tâche parce que je veux pouvoir la faire impeccable, nickel. Et donc je me dis là, c'est pas maintenant. C'est potentiellement pour le coup d'après. Il y en a parmi nous qui ne se reconnaissent pas du tout là-dedans. Il y a une autre variation de peur de l'échec, c'est le manque de confiance en soi. C'est évident qu'un manque de confiance en soi peut, si je doute de mes capacités, je vais hésiter à entreprendre. Parfois, des actions significatives, je vais dire, je ne vais pas y arriver. C'est le je ne vais pas y arriver, mais qui n'est pas toujours extrêmement conscient, qui est présent, que je peux appréhender parce qu'en fait, il y a une émotion en moi de peur, d'un peu de manque qu'il faut apprendre à identifier, qui me dit quelque chose en dessous. Et puis le dernier point sur ces causes immergées, c'est qu'il peut y avoir en nous des fragilités. C'est-à-dire que ce que je viens d'évoquer là peut être un petit peu aggravé par des fragilités émotionnelles que nous avons, qui peuvent avoir diverses causes et qui peuvent faire qu'on a facilement de l'anxiété, une tendance un petit peu de dépression, pas au sens forcément pathologique, mais de tendance. Ou bien être très... sensibles au stress, vite démontées de stress, ces espèces de fragilisations-là, elles peuvent intensifier ce dont j'ai parlé juste avant. Bref, je pense que c'est quelque chose qui n'est pas toujours aperçu. C'est cette question de l'enracinement, de la procrastination dans une difficulté que je peux avoir à gérer des émotions. Voilà, souvent une émotion invasive, c'est-à-dire qui prend beaucoup de place en moi. qui vient et qui prend de la place, elle va se traduire par une distorsion du réel. C'est-à-dire que je vais voir les choses, mais de manière en fait pas ajustée. Et donc c'est ça souvent qui se produit, c'est que je me représente la tâche comme plus difficile ou plus pénible ou plus complexe qu'elle n'est en réalité. Pour la lire en une phrase, c'est-à-dire que je m'en fais une montagne. C'est-à-dire un truc qui est une petite... C'est-à-dire qu'il y a une pente à 20 degrés et moi... de par la distorsion émotionnelle, je vois une pente à 45 degrés, et donc je me dis, demain. Et je termine avec deux causes, cette deuxième partie sur les causes, donc vous voyez, il y a les deux causes un peu plus intuitives, manque d'organisation, paresse, il y a ce paquet-là central de, en fait, les émotions qui deviennent un peu invasives, et qui sont paralysantes, si on le disait rapidement, et qui amènent une distorsion sur le réel. Et souvent, faites mémoire, je suis sûr qu'on a tous des expériences comme ça, où une fois que j'ai attaqué le truc à faire, tout à coup, ça se dégonfle. Je me dis, ah, ce n'était pas ce que j'imaginais. Ça, c'est très important de faire mémoire de ça. Parce que plus je fais cet exercice mental... Plus je peux me souvenir la fois suivante où je suis confronté à une petite angoisse ou quelque chose qui vient intérieurement, je me dis mais souviens-toi, la dernière fois c'est en attaquant que tu t'es aperçu que ce n'était pas si compliqué. Et je viens à deux causes que j'appellerais contextuelles ou culturelles, c'est-à-dire contemporaines. De manière très classique, la cause c'est la tentation de la distraction, c'est-à-dire entre... Faire un truc qui me demande un peu de pénibilité et faire un truc qui va me susciter un plaisir immédiat, il y a quelque chose en nous qui, souvent, a envie d'aller vers le plaisir immédiat. Plutôt que dans « si je le fais, je vais être content » , mais à la fin de l'action. Il faut bien comprendre comment nous fonctionnons. C'est-à-dire qu'un acte bon que j'ai à faire, il va susciter une gratification à la fin. Mais à la fin. C'est-à-dire que quand j'aurais grimpé la montagne et que j'aurais la vision du sommet, là, il se fasse quelque chose. Mais si juste à côté, on me propose un petit plaisir simple ici et maintenant, la tentation, c'est d'aller vers ça. C'est ça le mécanisme de la distraction. Alors, ce n'est pas neuf. On en parle souvent ici puisque c'est omniprésent aujourd'hui. Ce n'est pas neuf, la question du mécanisme de la distraction. Les philosophes au XVIIe en parlaient déjà et même avant de ça comme obstacle. Sauf que nous sommes entrés dans le régime, on pourrait dire... ou l'ère de l'hyper-distraction. Dans ce monde un peu hyper-connecté, ça devient un phénomène vraiment massif. C'est le piège technologique qui se referme. La technologie aujourd'hui, c'est-à-dire la technologie au stade où nous sommes, c'est ça, principalement. Sans goupre, dans la brèche. de cette gestion des émotions. Et donc, la petite gratification immédiate, c'est-à-dire les gens, un certain nombre de personnes qui bossent sur les applications et autres, chez TikTok, ils ont travaillé là-dessus. Ils travaillent là-dessus, sur la gestion de nos émotions. Et ils exploitent cette petite brèche. Mais vous voyez, si vous êtes chez vous et que vous allumez la télé pour regarder une série, la brèche, on est sur du... temps de 20 minutes minimum. Là, la force et le danger, c'est que ça vient remplir 3 minutes. 3 minutes, 5 minutes, 30 fois dans la journée. Donc c'est ça, les 2-3 heures par personne, là-dessus, en non-utile. C'est que c'est rarement 1h30 d'affilée, même si ça arrive chez les adolescents, mais du coup, ils sont à 5h30. Chez beaucoup d'entre nous, je ne pense pas des temps très très longs, mais c'est le omniprésent. Donc il y a l'hyper disponibilité de ces petits outils qui sont dans ta poche, c'est tout le temps disponible, avec des micro-formats, c'est-à-dire que tu ne pars pas dans une série de 40 minutes, tu pars dans, je regarde d'abord un truc de 12 secondes, plus quelques autres, ce qui fait qu'on arrive à 12 minutes. Et l'étape d'après, sur laquelle ces messieurs de la côte ouest américaine réfléchissent, c'est... Là, c'est quand même un peu long. Donc l'étape d'après, c'est ça, ici. J'ai un neveu qui allait tester à Apple Store, parce qu'on peut prendre rendez-vous pour tester. Il m'a dit, l'expérience, elle est incroyable. Tu as pu, il voit bien. Ben oui, l'état d'ordre, ça va devenir compliqué quand tu l'auras là, sur les yeux, de travailler. Je ne suis pas prophète, mais ce n'est pas impensable. Et le deuxième élément contextuel, le premier, c'est le régime d'hyper-distraction dans lequel nous sommes, avec la disponibilité et les technologies au service de ça. Intentionnel. C'est pour ça que les fabricants, par exemple les Chinois, qui ont mis en orbite TikTok, mettent des limites pour leurs propres adolescents, parce qu'ils voient bien que ça exploite quelque chose qui ne va pas dans la bonne direction. Et l'autre élément, c'est notre hypersensibilité. contemporaine à l'effort. Donc j'en ai parlé tout à l'heure de la sensibilité à l'effort, c'est-à-dire le versant volonté de la paresse. Mais nous, nos générations, on va dire, surtout les plus jeunes et jusqu'à la mienne, on va dire, nous avons grandi dans des sociétés d'abondance et de consommation. Et ça a fragilisé une capacité de fournir l'effort comme, en fait, c'est la vie. La vie est un peu rude. Nous ressemblons tous au chien que j'avais eu il y a quelques années, c'est-à-dire qui est né en décembre et donc il a grandi près du radiateur. Il n'a jamais été possible de le faire coucher dehors. Quand on a appris des habitus toute son enfance d'une vie d'inconfort, c'est compliqué tout à coup de se dire, tiens, en fait, il faudrait peut-être passer à fournir des petits efforts. On y arrive un peu, tous, je pense, on apprend ça. Mais en fait, nous sommes un petit peu handicapés, notre génération ou nos générations, par rapport à ça. Mais ces deux derniers points-là, il faut vraiment les avoir en tête. Nous sommes hypersensibles à la pénibilité. Sursensibles, on pourrait dire. Voilà. Question 4, pour chacun de nous, quelles sont les deux causes principales dans ce que j'ai énuméré, les 8, on va dire, que j'identifie pour moi ? Et puis, quels sont les remèdes à la procrastination ? Il faut quand même, quand on vient ici, qu'il y ait des bonnes nouvelles. C'est le but. Il ne s'agit pas de s'affliger, mais il s'agit d'entrer dans un réalisme, une connaissance de soi, pour avancer. Et en donnant les remèdes, on va essayer de réfléchir comment les croyances spirituelles peuvent aider d'une manière assez puissante à avancer. Alors souvent, je ne sais pas si vous allez sur Internet que vous tapez procrastination, j'ai fait le test pour voir un peu ce qui sortait avec le chat GPT, c'est intéressant. Donc ils me proposaient des choses, notamment des petits moyens, donc vous voyez, des moyens pour en sortir, je vous en donnerai quelques-uns. Il y a plein de petits moyens. Le risque, si on n'est que dans les moyens, c'est qu'on va se rajouter... une to-do list de moyens pour sortir de la procrastination qu'on ne va pas mettre en œuvre. Donc là, on devient angoissé. Donc, je ne vous propose pas de rajouter des bullet points aux 17 de Google Tasks. Avant les moyens, je pense qu'il y a deux phases préalables. La première, c'est d'analyser le phénomène. C'est ce qu'on est en train de faire. Vous pourrez réécouter une deuxième fois le podcast pour ceux qui écoutent et puis pour ceux qui sont là, l'écouter tout court. Ça relève de la connaissance de soi. C'est ça qu'il faut. connaître, comprendre comment je fonctionne, d'où cela vient-il. Les quatre petites questions que j'ai faites, c'est ça, apprendre à se connaître. La Bible peut énormément aider à ce travail de connaissance de soi. Il y a un passage dans la Bible qui dit la parole de Dieu, donc ça désigne la parole qui est dans l'Écriture, la parole de Dieu, elle pénètre jusqu'à la moelle, jusqu'à la jointure, et donc... Elle a une capacité de discernement dans les pensées de notre cœur, de révélation des émotions, etc., qui est hyper puissante. C'est une expérience à vivre. Dans l'ordre de la connaissance de soi, les textes de la Bible renvoient quelque chose et peuvent nous aider à réaliser des choses sur lesquelles nous avons des angles morts. Donc, phase 1, connaissance de soi. Phase 2, c'est juste celle-là sur laquelle je vais insister un peu plus. Développer ses motivations en travaillant la question du sens. On a vu tout à l'heure qu'il y a plusieurs points dans ce qu'on a dit sur les causes, en fait, qui ont à voir avec le sens, avec la motivation, en fait. Ce qui libère de l'énergie en moi, vous voyez, pour... agir, c'est d'avoir identifié un bon motif. Et le point que j'aurais touché, c'est que plus mes motifs sont élevés, plus ils ont une puissance, on pourrait dire, à me mobiliser. Je pense que vous avez déjà tous fait, mais aussi faites mémoire de ça dans votre vie. Si vous visiez quelque chose de haut, de vraiment, alors ça mobilise beaucoup de choses en vous. Vous voyez, en fait, ce qui a à voir avec le sens profond de la vie. Si on a des motifs qui sont vraiment dans l'ordre du sens, s'il y a des perspectives dans votre vie qui ont beaucoup de sens, elles ont une capacité à donner du sens à plein de petites actions de votre vie. Ça, quand on commence à faire cette expérience-là, c'est extrêmement puissant. En tout cas, pour moi, c'est ce qui m'aide le plus par rapport à la procrastination. C'est quand une petite action qui, isolément, n'est pas très motivante, j'arrive à la rattacher. à une perspective, vous voyez, beaucoup plus profonde dans ma vie. Réfléchissez un petit peu à ça et voyez, voyez, et ça c'est un travail aussi à faire. En fait, c'est de se dire, au fond, cette petite tâche-là dont je sais qu'il faut que je la fasse, au service de quoi est-ce qu'elle est dans ma vie ? Et si j'arrive à faire, on pourrait dire, cette espèce de travail un peu d'intégration, de reconnexion à un sens plus haut. alors tout à coup vous voyez je vais atteindre le niveau de motivation qui fait que l'action va être assez facile Je donne un exemple personnel pour ma discipline sportive, randonnée, sport, dans la semaine. Ce ne sont pas des trucs forcément qui me... Parfois, je n'ai pas envie. Si je regarde juste, si je me dis, est-ce que j'ai envie de faire l'effort de sortir de Paris, parce que moi, j'ai besoin de ça, marcher 30 minutes, marcher 3 heures, je veux dire. Parfois, je n'ai pas l'énergie. Je n'ai pas l'énergie directe pour ça. Si je rattache ça au sens profond, je sais que si je fais ça, je suis en forme pour ce qui me motive à fond. C'est ce que je fais de mes semaines. C'est-à-dire, c'est mon métier, on va dire, ou ma mission. Et donc, ça m'est arrivé lundi dernier. J'étais vraiment fatigué, machin, etc. Et j'ai procrastiné toute la matinée. Et à 13h30, je me suis dit, non, mais en fait, il faut que tu sortes de Paris marcher. Donc, à 13h30, je me suis mis un coup de pied. Je suis allé dans un RER et je suis allé marcher 3h30 en forêt de Fontainebleau. Et je sais que ça a changé ma semaine dernière en fait. Ce qui m'a permis d'y aller, c'est que c'est au service de l'état dans lequel je veux être et la motivation que j'ai pour ce que je fais dans ma semaine. Un deuxième élément au côté du sens, c'est de... Donc là, on est du côté des motivations liées au sens profond de la vie. Et il y a un deuxième élément, c'est les priorités liées à votre perception du temps. Parfois, ce qui fait qu'on reporte, c'est qu'on se dit « j'ai le temps, en fait » . Mais on peut challenger, en fait, ce « j'ai le temps » . Vous voyez, dans la tradition philosophique, de la même manière. un des points de la sagesse, c'est de dire « Souviens-toi que tu es mortel. » C'est-à-dire, tu as le temps, mais le temps est limité quand même. Il y a les plus anciens parmi nous qui ont cette conscience. On avait une des escales qui était là-dessus. C'est-à-dire, c'est quelque chose, parfois, c'est une chance, parfois, qu'il y ait cette conscience plus vive qui vienne qu'en fait, il y a une... il y a une certaine urgence dans la vie. Je ne sais pas, en fait, combien de temps j'ai devant moi. Et si cette conscience, vous voyez, se réveille un peu, vous voyez, ça peut vraiment énormément aider, positivement. Vas-y, mais au fond, qu'est-ce que je veux faire là, aujourd'hui ? Dit comme ça, pour les plus jeunes d'entre nous, ça peut paraître un petit peu un peu tassant. En fait, c'est quelque chose de très stimulant. C'est présent dans la tradition philosophique. Et c'est le lifestyle de Jésus. C'est-à-dire que Jésus vit dans un certain sentiment d'urgence, mais positif. C'est-à-dire qu'il y a quelque chose à faire aujourd'hui. Ce n'est pas on a le temps. Non, non, non. Chaque journée, Jésus a cette conscience qu'il y a des enjeux pour aujourd'hui. Il y a des choses à faire. Et positivement, quand on a cette foi en Jésus ou qu'on écoute ses paroles, etc., il nous communique. quelque chose de cet état d'esprit. Il y a une urgence, c'est-à-dire qu'il y a une certaine gravité. Ou, je vais le dire encore peut-être plus positivement, c'est-à-dire qu'il y a un enjeu dans mes petites actions d'aujourd'hui. Il y a un enjeu pour aujourd'hui de bien faire les choses. C'est la grâce qu'on peut demander. J'avais une petite série de moyens, mais je vois que le temps avance, donc on va s'arrêter à ça. Les moyens... Si vous voulez, vous pourrez envoyer un mail et on vous enverra la liste, le best-of des 10 moyens concrets pour après atterrir, les petits moyens concrets. Si vous voulez, je vous propose pour terminer de prendre un petit temps pour méditer ensemble. On a déjà commencé à essayer de réaliser ce qui nous concerne sur cette question. Alors peut-être juste se reconnecter à une des pensées que je vous ai proposées au tout début, c'est de dire au fond, peut-être je peux renoncer à une ou deux actions que je reporte, voyez, mon top 3 de procrastination, juste pour méditer à partir de quelque chose de concret. Une fois que vous avez cette idée en tête, on peut démarrer. Je vous invite peut-être simplement... En partant de la première idée que vous aviez, la première pensée, à vous poser la question d'essayer d'identifier la cause. Qu'est-ce qui vous semblait être la cause principale du fait que vous reportez indéfiniment cette bonne chose à faire ? Et puis la deuxième chose que je vous invite à méditer, c'est peut-être de penser à ce qui vous motive le plus, qu'est-ce qui donne le plus de sens à votre vie, à votre existence. Vous vous demandez si parmi les choses que vous reportez, que vous repoussez, le sens profond de ce qui vous motive peut peut-être venir éclairer cette petite action qui paraît isolée et sans intérêt. La dernière chose, c'est pour ceux d'entre nous qui identifient une émotion de peur, peut-être un peu omniprésente dans beaucoup de petites actions, derrière beaucoup d'actes que l'on repousse comme ça. C'est une grâce que l'on peut demander, que l'on peut recevoir aussi de Jésus. Ils viennent faire reculer ces peurs mensongères. Ils viennent nous affermir dans l'estime de nous-mêmes. Que nous puissions accomplir avec paisiblement ce que nous avons à faire. Viens Esprit-Saint, viens éloigner de nos cœurs toutes les peurs qui nous paralysent.