Speaker #0Bienvenue dans l'instant Innocence, le podcast qui vous aide à ralentir, à respirer, à prendre soin de vous et à vous construire une vie plus cohérente, plus douce, plus heureuse. Place à l'épisode du jour. La poète lyrique, voire mystique, Rainer Mara Heilk a écrit Que vaudrait la douceur si elle n'était capable tendre et ineffable de nous faire peur. La douceur qui fait peur. Alors j'aimerais qu'on s'arrête là-dessus aujourd'hui. La douceur, waouh ! Je crois que c'est le compliment qu'on m'a fait pendant longtemps et que j'ai le plus refusé. Quand j'étais en entreprise, quand j'étais mes premières années chez L'Oréal et qu'on me disait « Ah, t'es douce ! » Comme manager, je suis douce. je le prenais hyper mal. Parce que je savais que dans ces environnements-là, la douceur était tout sauf quelque chose de valorisé. Et c'était mon cas à ce moment-là. Et je sais que c'est le cas de beaucoup d'entre vous. Alors on fait croire à beaucoup d'entre nous que la douceur c'est une faiblesse, que c'est quelque chose de négatif, voire de décoratif, de féminin, d'agréable peut-être. mais toujours de secondaire. Et c'est jamais vu comme utile. Dans le monde dans lequel on est, qui valorise l'efficacité, la rationalité, la distance émotionnelle, presque cette dureté et cette façon d'être solide, d'être ancrée, eh bien, c'est valorisé. Dans ce système-là, il n'y a pas de place pour la douceur. Alors qu'est-ce qu'on fait ? Et qu'est-ce que j'ai fait ? Alors on apprend à se durcir, à tenir, à encaisser. à ne pas montrer. Et on a appelé ça la force. Halk, lui, voit autre chose. Il dit que la vraie douceur est redoutable, qu'elle surpasse la violence. Lorsqu'elle s'élance, nul ne se défend. Et je trouve ça profondément juste. Et aujourd'hui, dans ce podcast, j'ai un peu envie de remettre à sa place la douceur, de revaloriser cette douceur. qui, en effet, me caractérise beaucoup. Parce que dans ma pratique, dans mes consultations, dans mes accompagnements que je mène, je vois quelque chose encore et encore, toujours. Les gens supportent mieux la dureté que la réelle douceur. Parce que la dureté, on sait quoi en faire. On résiste, on fuit, on répond, on organise. La dureté organise le monde, selon des positions claires. Mais la douceur authentique... Ah, là tout de suite, on sait moins. La douceur, elle entre, elle traverse, elle désarme sans attaquer. Et ça, pour beaucoup, c'est bien plus déstabilisant que n'importe quelle violence. Et avant d'explorer pourquoi aujourd'hui, j'ai envie de vous partager cette anecdote très personnelle de mes filles quand elles étaient petites. J'ai deux formats très très différents et... La première, elle est en force, elle est dans la dureté, elle est dans... Voilà, quand c'était l'heure de manger, on donnait le biberon et puis on essayait, comme tout parent, de « il faut manger » . J'ai eu des petits poids, donc c'était toujours un sujet. Et donc, et en fait, mon aînée, face à essayer de lui faire manger alors qu'elle ne voulait pas, elle s'énervait, elle criait, elle se débattait. Ma deuxième, la cadette, pour le coup... Quand, pareil, au même âge à peu près, quand on lui donnait son biberon et qu'elle ne voulait pas, elle fermait la bouche avec une douceur totale, mais avec un ancrage profond. Ce qui faisait que c'est non négociable. Alors que la première, on arrivait au final, arrivait à ses fins. Et en fait, c'est ça aussi cette puissance de la douceur. C'est une toute petite anecdote, mais on va rentrer dans l'exploration de ça. La première chose que j'ai envie de... qu'on aborde ensemble parce que c'est assez peu fait, c'est ce que la douceur fait au système nerveux. Alors, commençons par là. Qu'est-ce qui se passe dans le corps quand quelqu'un nous offre une vraie douceur ? Pas une politesse émotionnelle, pas quelque chose de façade, pas une gentillesse de convention. Non, une présence vraiment douce, un regard sans jugement, un espace où on n'a pas à se défendre. Simplement là, est-ce que vous vous rappelez la dernière fois que ça vous est arrivé ? Et si vous arrivez à vous rappeler... Ce qui se passe à ce moment-là, c'est simplement que votre système nerveux commence à se réguler. La branche ventrale du nerf vague, ce que Stéphane Porges appelle l'état de sécurité, s'active. Votre respiration, elle ralentit, les épaules, elles peuvent descendre, les mâchoires se desserrent, même votre regard s'adoucit. Et là, quelque chose d'essentiel devient possible. La connexion. La vraie. Le lien à l'autre. La connexion qui précède les mots. Et voilà le paradoxe que Ralk avait compris avant même les neurosciences. C'est que pour ce que ça arrive, il faut que les défenses tombent. Et les défenses, pour beaucoup d'entre nous, c'est tout ce qu'on a construit pour survivre. La carapace, le contrôle, l'hypervigilance, le ça va, dit sans le penser vraiment. Et ça je vous en parle parce que j'ai été beaucoup beaucoup dedans. Alors quand la vraie douceur arrive vraiment, ou qu'on s'autorise à montrer cette facette-là de nous, elle ne menace pas, elle révèle. Et elle nous révèle à quel point on était tendu, à quel point on attendait sans savoir qu'on attendait. Et cette révélation, elle peut faire peur, parce qu'elle demande de lâcher. Et lâcher, pour un système nerveux qui est habitué à tenir, c'est de l'inconnu, et l'inconnu pour le cerveau, c'est du danger. Donc il y a... potentiellement un danger à relâcher et à accueillir cette douceur. Alors, et donc derrière, est-ce que peut-être vous aviez confiance ou pas ? Peut-être là, ça ouvre quelque chose de, est-ce que vous vous défendez face à la douceur ? Et pourquoi on le fait ? Et ça, c'est quelque chose que j'observe vraiment dans mon travail et qui me touche profondément, c'est qu'énormément de personnes ont appris à se méfier de la douceur. Pas parce qu'elles ne le veulent pas, parce qu'elles ne savent pas comment la recevoir. Être accueillie sans violence, être regardée sans jugement, être aimée sans emprise, ça peut devenir profondément déstabilisant. Parce que le système nerveux a enregistré, souvent depuis très longtemps, la douceur ça ne dure pas. Derrière la douceur, il y a peut-être quelque chose qu'on veut, il y a une négociation. Si je me laisse aller, je vais souffrir. Alors qu'est-ce qu'on fait depuis tant d'années ? On reste en alerte. On teste, on repousse, on minimise. Et parfois, on s'en veut de ne pas savoir recevoir. Ce qu'on désire profondément, les choses. On désire profondément cette douceur et on ne se l'accorde pas. Parce que c'est dangereux. Et ce n'est pas un manque de volonté. C'est ça qui est important à comprendre, c'est que c'est une mémoire du corps. Un système nerveux qui a empris... qui a engrammé que la sécurité ne se trouvait pas dans la douceur, mais dans le contrôle. Ça, je vais le répéter parce que c'est tellement clé. Nos systèmes nerveux ont appris que la sécurité ne se trouvait pas dans la douceur, mais dans le contrôle. J'ai presque envie de dire à qui ça ne parle pas. Et c'est là que quelque chose de fondamental se joue. Parce que cette incapacité à recevoir la douceur, à se laisser toucher vraiment, à se laisser voir vraiment, elle ne se résout pas par la compréhension. Elle se résout par l'expérience. Par des expériences répétées, d'une présence douce, qui ne disparaît pas, qui ne juge pas, qui ne demande rien en retour. Et c'est ça que le système nerveux a besoin d'apprendre. Que c'est safe. Et que la douceur, elle ne préserve pas la trahison. Que lâcher ne signifie pas tomber. Alors c'est là que je veux vous emmener, vers quelque chose de plus profond. C'est que pour moi, la douceur, ce n'est pas un sentiment, ce n'est pas une humeur, ce n'est pas quelque chose qu'on ressent les bons jours et qu'on perd les mauvais. La douceur, c'est une posture, c'est un état intérieur depuis lequel on est en lien à soi et aux autres. Et cette posture, elle a un effet physiologique réel. Quand je suis dans cet état de douceur, pas de mollesse, pas d'abandon, mais de vraie douceur. Mon système nerveux est réglé, ma présence est différente, ma voix est différente, mon regard est différent, et les personnes en face de moi le sentent, avant même que j'aie parlé. C'est ce que les neurosciences appellent la co-régulation. Mon état intérieur, il influence l'état intérieur de l'autre. Et c'est pour ça que la douceur n'est pas une faiblesse. C'est peut-être même, je vais oser le dire, la compétence la plus puissante qu'un être humain puisse cultiver. Parce qu'elle crée de la sécurité. Et la sécurité, c'est la condition de tout le reste. La confiance. de l'ouverture, de la transformation, de la guérison. Ralk avait raison quand il dit « Lorsqu'elle s'élance, nul ne se défend. » Pas parce qu'elle domine, parce qu'elle atteint une zone plus profonde que le conflit lui-même. Elle touche cet endroit en nous qui précède la cuirasse. Donc si vous retenez une chose aujourd'hui, la douceur n'est pas l'opposé de la force. Elle est une force plus profonde que la violence elle-même. Une force qui n'écrase pas. Une force qui ouvre, une force devant laquelle les armures deviennent inutiles. Et cette douceur, elle commence par soi, par la façon dont on se parle, par la façon dont on accueille ce qu'on vit, ce qui est difficile en soi, par la façon dont on se regarde quand on trébuche. Et je crois que cette douceur, c'est la façon de prendre soin, de la prendre soin de soi, de prendre soin des autres, de prendre soin de la terre, du vivant. Alors voici les trois questions habituelles pour explorer ça. Posez-vous la question est-ce que je sais recevoir la douceur ? Pas la donner, la recevoir. Quand quelqu'un est vraiment doux avec vous, qu'est-ce qui se passe dans votre corps ? Qu'est-ce que vous vous détendez ? Est-ce que quelque chose se contracte ? C'est vraiment une information précieuse sur l'état de votre système nerveux. La deuxième question, je l'aime beaucoup celle-là. C'est ce que je me traite avec douceur. Pas avec complaisance, non, avec douceur. Est-ce que vous vous parlez comme vous parleriez à quelqu'un que vous aimez ? Ou est-ce que votre voix intérieure est plus dure, plus exigeante, plus implacable, que vous ne le seriez avec n'importe qui d'autre ? Et la troisième question c'est, est-ce que ma douceur envers les autres vient d'un état régulé ou d'une peur de déplaire ? Et oui, parce que la vraie douceur, elle cherche pas à plaire. Elle cherche pas à apaiser. Elle ne cherche pas à éviter le conflit, elle vient d'un état intérieur stable, une présence qui n'a pas besoin d'être validée. Et ce travail-là, apprendre à recevoir la douceur, à se la donner, à la transmettre depuis un état vrai, c'est exactement ce qu'on explore aussi dans mes consultations que je propose. Pas pour aller mieux, plus vite, pas pour trouver des outils, pour créer les conditions d'un état intérieur, depuis lequel tout devient plus juste. et pour les professionnels de l'accompagnement qui m'écoutent thérapeutes, coachs, praticiens cette douceur incarnée, cette capacité à créer de la sécurité par votre seule présence, c'est le coeur de ce qu'on apprend dans la formation professionnelle et naissance, c'est pas une technique de plus, c'est cet état à habiter parce qu'on ne peut pas transmettre ce qu'on n'a pas traversé soi-même alors merci d'avoir été là, si cet épisode résonne pour vous, prenez le temps d'écouter ce qui se passe en vous, et vous pouvez Merci. le mettre 5 étoiles et le transférer à quelqu'un qui en a besoin. Prenez soin de vous et à très vite dans l'instant Innocence. Merci d'avoir écouté l'instant Innocence. Si cet épisode vous a parlé, prenez quelques secondes pour mettre 5 étoiles au podcast et à vous abonner. 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