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l'interview de Podcast.fr. » Bonjour, c'est Claire de Podcast.fr. Chaque semaine, je décortique les secrets des podcasts qui marchent.
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Cette semaine, Greenletter Club avec Mathime Thuyet. Bonjour Maxime.
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Bonjour Claire.
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Tu es donc journaliste, spécialiste des questions d'écologie. Tu as fondé en 2020 le Greenletter Club, un média indépendant qui se compose d'une chaîne YouTube, d'un podcast et puis d'un compte Instagram. Salim Edito, c'est décortiquer les grands sujets écologiques en interviewant des scientifiques, des ONG et ce que tu appelles des grands témoins. Tes vidéos font plusieurs dizaines, voire des centaines de milliers d'us maintenant et je suis ravie qu'on ait l'occasion d'échanger ensemble aujourd'hui. Pour commencer cette interview, j'avais envie de revenir un peu sur ton parcours de façon assez classique, puisque tu travailles plusieurs années dans le journalisme après des études à Sciences Pauline. Tu as travaillé pour des médias assez classiques. Est-ce que tu peux nous raconter comment se passe ton parcours au sein de ces structures ?
- Speaker #1
Des études assez classiques dans le milieu. Moi, j'ai fait effectivement Sciences Po Lille, des choses assez généralistes. Derrière, j'étais à l'ESCP et j'ai fait une école de journalisme de CFJ. Je suis parti au milieu, donc je ne peux pas me revendiquer ancien du CFJ. Parce que je trouvais qu'on n'y apprenait plus grand-chose. Voilà, parcours très classique. Après, j'ai travaillé à la télé pendant quelques années et j'ai trouvé que c'était vraiment aride, qu'on ne rentrait pas du tout dans l'intimité des sujets, qu'on ne pouvait pas vraiment permettre aux gens de comprendre. ce qui était en train de se passer sur la question écologique. Et c'est pour ça qu'après, j'ai créé le Criminator Club.
- Speaker #0
Et tu t'es tout de suite intéressé à ces questions-là. C'était quelque chose qui était très présent au début de ta carrière ou c'est venu au fur et à mesure ?
- Speaker #1
C'est assez marrant parce que je demande souvent à mes invités quelle était leur épiphanie, quel a été en gros le moment qu'ils ont fait, qu'ils se sont dit « tiens, je vais orienter mes recherches, je vais travailler dans l'écologie » . Personnellement, c'est monté petit à petit à partir de 2007. On commence à voir des annonces. Je crois que c'est cette année-là qu'il y a le documentaire d'Al Gore. une vérité qui te dérange. Donc c'est vraiment à partir de ce moment-là où moi je prends conscience des choses, petit à petit ça monte, ça monte. D'abord je veux épouser une carrière classique dans le journalisme en me disant je vais finir par en parler parce que c'est mon sujet de prédilection sur lequel j'ai envie de travailler. Et puis je vois que dans toutes mes expériences c'est difficile d'en parler, je n'ai pas le temps, c'est des formats très contraints. En général c'était 1 minute, 1 minute 30 les reportages que je faisais. Moi je n'apprenais pas du tout de choses et donc c'est pour ça que je me suis tourné vers ça en lançant quelque chose d'indépendant.
- Speaker #0
Ok. Donc, tu fondes le Green Letter Club je crois en avril 2020. À cette époque-là, toi, t'es en indépendant, t'es en freelance, t'es salarié. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors, on commence à bosser dessus. En fait, les premières interviews, elles sont tournées en fin 2019. Et effectivement, on lance la chaîne et le podcast pour qu'il y ait quelques interviews en avril 2020. Comment ça se passe ? En fait, je bossais à l'époque pour une boîte. Merci Alfred. Et en fait... Je disais à ma boss, je pars, j'ai envie de créer un média écolo. Et elle m'aimait bien, elle m'a dit, fais ça en entrepreneuriat chez nous. Donc, j'ai continué du tout début à être salarié. Et moi, je leur ai dit, super, mais je n'ai pas envie de faire publicité dessus. Donc, on m'a dit, OK, on verra comment. On peut faire en sorte que ce ne soit pas à pure perte. Donc au début, ça a été fait pro bono. J'ai été salarié. Et petit à petit, on voyait bien que c'était difficile à monétiser. Donc je suis parti de Merci Alfred et c'est devenu une association Loin1901.
- Speaker #0
Donc tu lances la chaîne YouTube en même temps que le podcast ?
- Speaker #1
Ouais.
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Ok. Avec cette volonté de vraiment développer les deux en parallèle, est-ce que tu te dis qu'il y en a un qui va prendre le dessus sur l'autre un peu dès le début ou pas ?
- Speaker #1
Je n'ai aucune idée de ce qui va advenir. Je me dis que c'est un contenu long et qui se prête à la fois au podcast. et YouTube. Et c'est assez marrant parce que maintenant, avec un peu d'expérience, je vois que les profils et les populations sont extrêmement différentes, mais qu'en fait, la manière d'écouter est très différente et donc on touche des gens très différents avec le même profil.
- Speaker #0
Quels sont les différents types de profils, justement, que tu vois entre YouTube et les plateformes d'écoute de podcast ?
- Speaker #1
Si je dois schématiser à gros traits, on va forcément flirter avec la caricature, mais en podcast, on est sur du CSP+. Les usages, pour nous, c'est 25-45, très urbain. des professions extrêmement éduquées. De part, je pense, le podcast en lui-même, plus nous, la manière dont on traite les sujets, qui est très experte, on rentre vraiment en profondeur, on n'a pas peur de la complexité, et du coup, on a un public majoritairement des ingénieurs, des médecins, des avocats, des gens qui travaillent dans les universités. On a un public de très haut vol en podcast. Moi, je vois, parce qu'on échange beaucoup avec nos auditeurs par mail. Donc ça, c'est le podcast. Sur YouTube, c'est un peu différent parce qu'en podcast, les gens sont extrêmement fidèles. Quand ils écoutent un podcast, je ne sais pas si c'est le cas de vos éditeurs, mais en général, on écoute 4-5 podcasts et on s'y tient. Donc nous, on a des gens qui nous écoutent religieusement toutes les semaines. Ce n'est pas du tout le cas sur YouTube. C'est beaucoup plus volage, c'est beaucoup plus lié à l'intérêt d'une vidéo, d'une thématique. Après, on va avoir des gens qui nous suivent, effectivement. Et là, on a des gens déjà de partout dans le monde. On est écoutés dans une centaine de pays. et en gros... On a les deux tiers de notre audience qui est en France, donc on a un tiers à l'étranger. Et puis, c'est plus âgé et c'est mieux réparti sur la France. Là où le podcast est très métropolitain, sur YouTube, c'est un peu la France périphérique, si je dois caricaturer, qui nous écoute. On a des gens à Dunkerque, à Agen, dans des toutes petites villes. On a des agriculteurs, parce qu'on a beaucoup moins de podcasts. Donc, c'est très différent, parce qu'on a aussi des vidéos qui peuvent faire plus de 500 000 vues, et donc qui touchent vraiment beaucoup, beaucoup plus de monde. Et c'est plus âgé, et c'est plus masculin qu'en podcast.
- Speaker #0
Tu as une vision, une analyse très précise de tes audiences sur les deux plateformes. Je suppose que ça te donne aussi de champs d'action.
- Speaker #1
Puis nous, de manière ingénue ou naïve, on pensait que YouTube serait un repère de jeunes. Et en fait, on se rend compte que c'est plutôt l'inverse. On s'est confronté aussi à la réalité. Et la réalité est parfois différente de ce qu'on pensait au départ.
- Speaker #0
Pour revenir un peu sur les débuts du podcast, justement. et de la chaîne YouTube aussi. Comment ça se passe ? Donc, du coup, vous lancez vos premiers épisodes. Est-ce que de suite, ça décolle ? Est-ce qu'il faut un petit peu de temps pour que ça décolle ? Toi, tu es tout seul ou est-ce que du coup, tu t'entoures un peu dès le début ?
- Speaker #1
Moi, je suis tout seul. Je fais beaucoup, beaucoup de choses tout seul. J'ai eu un peu d'aide aussi pour la DA au départ et puis un petit peu sur le tournage des épisodes. Mais sinon, je suis vraiment tout seul depuis le début. Et comment ça marche ? C'est assez curieux. On a un peu de relais de la part du groupe My Little Paris au départ. En podcast, ça permet d'avoir un petit peu d'auditeurs au début. et puis on est poussé par les plateformes la première année, je pense qu'il y avait moins de concurrence qu'aujourd'hui aussi sur les plateformes à cette époque là sur Youtube ça marche tout de suite il y a quelque chose de particulier avec l'écosystème Youtube qui est très très différent de celui du podcast, c'est qu'une vidéo peut viraliser et il y a eu 2-3 vidéos qui ont assez vite bien marché et nous on était étonnés de voir que sans faire de communication il y avait des gens qui allaient regarder nos vidéos qui commençaient à s'abonner. Donc on avait tout de suite quelques milliers d'abonnés et ça, ça nous a surpris. On pensait qu'on allait vraiment ramer, Et en podcast, on a eu des gens finalement assez vite. Là encore, je pensais qu'on aurait 50 écoutes pendant extrêmement longtemps. Et puis non, on a eu finalement un peu de gens dès le départ et puis beaucoup de bouche à oreille. Et ça finit par...
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prendre. Je pense notamment à cette vidéo que vous avez faite avec Yves Cochet, très tôt dans la vie du média, qui elle a fait 600 000 vues, qui est vraiment énorme sur pourquoi notre société va s'effondrer.
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Ouais, et puis c'était du coup, c'est sorti au moment du Covid, donc il y a eu la bonne vidéo au bon moment, et puis Yves Cochet, c'est quelqu'un qui s'exprime extrêmement bien. C'est marrant parce que l'effondrement, c'est pas lui qui incarne l'effondrement en France, c'est beaucoup plus Pablo Servigne, mais c'est lui vraiment qui a été le précurseur de cette notion en France. Donc, c'est un sujet qu'il maîtrise extrêmement bien et c'est quelqu'un d'une grande intelligence, même s'il est souvent caricaturé. Il a créé l'institut Momentum, qui est assez passionnant. Donc, c'était la bonne personne au bon moment, sur le bon sujet. Donc, c'est ça qui a fait que ça a été un peu une locomotive derrière. Il y a des gens qui ont commencé à s'abonner et qui ont vu le reste.
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Comment est-ce que tu choisis tes invités ?
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Alors, il y a deux grandes manières, moi et celle dont je suis le plus fier et dont je vais vous parler. c'est en gros j'identifie un sujet et je vais et je suis un peu obsessionnel pendant des mois et des années. Je cherche, enfin, ça peut être des mois ou des années, je cherche la meilleure personne pour en parler. Je vais prendre un sujet, là, on vient de tourner sur les biocarburants. Ça fait, honnêtement, je pense que ça fait 4 ans que je cherche quelqu'un. Je peux retrouver dans mes mails, mais j'ai envoyé des mails à l'ADM, j'ai cherché la meilleure personne pour en parler et je n'ai pas trouvé. Et là, depuis quelques mois, je lis pas mal les études et les rapports de transport et environnement sur le sujet et je trouve qu'ils sont bons. Et du coup, je leur ai écrit, j'ai essayé de savoir qui était le meilleur pour en parler chez transport et environnement. et en écrivant, je suis tombé sur Simon Susan, qui a participé à beaucoup de ses études et donc on a enregistré une émission qui est vraiment canon. Je pense pas que c'est l'émission typiquement, tu vois, l'émission qui va faire le plus de vues, le plus d'écoutes, mais pour moi c'est une émission qui est extrêmement importante donc on a eu la même chose avec le sable j'ai passé trois ans à chercher quelqu'un qui avait travaillé sur le sable, qui est un sujet que moi je comprenais pas trop parce qu'en lisant les rapports, on voit toujours que c'est le deuxième matériau derrière l'eau le plus utilisé au monde et pourtant il y a quasiment aucune donnée sur le sable, très difficile, à part 2-3 documentaires qui se perdent sur Arte, sur les mafias du sable en Inde ou au Maroc, et en fait, c'est parce que le sable, c'est un extractivisme local, c'est-à-dire que dès qu'on construit n'importe quel chantier, une autoroute, la première chose que font les ingénieurs, c'est de voir où ils vont aller chercher du sable. Et donc, vous avez 100 000 carrières en France depuis le 19ème siècle qui ont été faites, plus de 4000, je crois, de mémoires aujourd'hui qui sont encore actives, donc c'est un truc gigantesque, c'est un des phénomènes majeurs de l'écologie et qui est... complètement invisibles. Et donc, voilà, j'étais très content de trouver la bonne personne, Nelo Magalhaes, le cité, qui travaille sur le sable. Donc ça, c'est la première manière dont je travaille, et c'est pour moi la plus noble, c'est-à-dire identifier le sujet, et puis derrière, trouver la meilleure personne pour en parler. Et puis, aussi, voilà, comme on est une petite audience, maintenant, on est beaucoup sollicité par des gens qui écrivent des livres, et quand c'est des gens qui écrivent des livres qui sont intéressants, on les lit et on les invite. Moi, je suis assez surpris, mais je donne les coulisses, mais je suis assez surpris sur qu'on... On remercie à la fin des interviews les invités. C'est génial, vous connaissez vachement bien le sujet parce qu'on a lu les livres et que dans le milieu, ce n'est pas forcément quelque chose qui se fait beaucoup. Les livres sont survolés. Donc voilà, ça nous arrive fréquemment aussi d'avoir quelqu'un qu'on aime bien ou qui a écrit un livre intéressant.
- Speaker #0
Toi, tu passes du coup pas mal de temps, je suppose, à vraiment décortiquer les sujets, à lire en profondeur les livres, à lire des articles, à lire des études, à vraiment faire faire à tout à côté un gros boulot journalistique en fait, en plus de ton boulot de podcaster.
- Speaker #1
Voilà, c'est la partie. immergé de l'iceberg, mais c'est effectivement la partie la plus importante, c'est vraiment creuser les sujets. Et moi, ça me rend un peu triste parce qu'en fait, on peut faire du contenu et c'est peut-être là où on distingue les créateurs de contenu et les journalistes, mais on peut faire des contenus en regardant juste les titres et en recrachant juste deux, trois chiffres qui sont cités dans une étude. Mais je pense que les gens qui nous écoutent, ils le sentent, ils sentent que c'est différent, que c'est travaillé et moi, je n'arriverais pas à faire les choses différemment. Je me sentirais trop imposteur. On est très fiers de ça, de vraiment creuser les sujets et de challenger les invités s'il le faut. L'immense majorité du temps, on invite des gens qu'on adore, qu'on admire souvent. Et donc, notre but, c'est plus de les mettre en valeur, entre guillemets, parce qu'on sait qu'ils font du bon travail. Et donc, mettre en valeur ce travail plutôt que d'aller les titiller. Mais si on doit corriger un chiffre, préciser quelque chose, on le fait sans se poser de questions. Souvent, j'ai plein de chiffres en tête et j'arbitre. Parfois, il y a des choses qui sont incorrectes, qui sont dites, mais si c'est à la marge et que ça ne dénature pas le propos ou l'idée, je ne le fais pas. J'interviens quand il y a une erreur manifeste, comme dirait les fouteux liés à la VAR. Mais sinon, voilà comment on fonctionne.
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Du coup, ton positionnement, tu l'écrirais comment ? Est-ce qu'il est militant ? Est-ce qu'il est engagé ? Il est politique d'une certaine façon, mais pas forcément partisan. Comment est-ce que tu as créé, navigué avec cette ligne éditoriale ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Il n'est pas militant. Moi, c'est une question qui me taraude beaucoup. Nous, on ne nous le dit pas trop. Parce que c'est aussi un ton. Personnellement, j'ai toujours eu du mal avec les militants en tant que tels. Militant, ça vient du latin. Je crois que militae, c'est faire triompher ses idées. C'est vraiment vouloir qu'elle remporte la bataille. Nous, on n'est pas là-dedans, on essaie au contraire de faire émerger les idées. Et oui, on est engagé dans le sens où on met la focale sur des sujets qui nous semblent importants. Et on est engagé aussi parce que pour nous, notre objectif, c'est de permettre aux gens d'avoir les tenants et les aboutissants, le bénéfice et les risques de chaque chose. Et en matière d'écologie, vous prenez chaque technique, chaque technologie, chaque politique. En fait, il y a des bénéfices et des risques. Et pour nous, notre boulot, on le voit comme essayer d'objectiver ça, de permettre aux gens de comprendre les bénéfices et les risques. Typiquement, quand on tourne... construire une autoroute. On a naturalisé ça pour beaucoup de gens, ça paraît naturel de construire une autoroute. Nous, notre job, ça va être de dire, il y a aussi tant de sable qui va être mobilisé, tant de régions qui vont être détruites. Et puis, en termes d'argent public, c'est gigantesque. Je n'ai plus le chiffre en tête, mais c'est plusieurs millions par, je crois, 30 millions par kilomètre d'autoroute. Et ça, c'est largement supporté même s'il y a un coût qui est payé par les usagers, plus que l'autoroute d'ailleurs. Mais la route, elle retombe majoritairement sur les deniers des... des citoyens qui soient cyclistes et pas forcément automobilistes. Donc voilà, pour nous, c'est faire ce travail-là d'analyse bénéficiaire pour permettre aux gens de juger. Mais effectivement, on est forcément engagés parce qu'on met notre nez partout où il y a un sujet écolo.
- Speaker #0
Vous avez un rythme de publication qui est assez intense. Si je ne me trompe pas, c'est entre un à deux épisodes par semaine. Toi, comment est-ce que tu fais pour tenir ce rythme-là ?
- Speaker #1
Là, on est en train d'essayer de changer les choses parce qu'on a Aristide qui nous rejoint, qui est un prof de fac à la base de métabolisme urbain, qui va vers la vulgarisation. Et moi, je suis un journaliste qui se rapprochent de la science. Donc on a fait les trajets inverses et on se retrouve au milieu du guet. Donc on essaye de publier un épisode par semaine, plus des vidéos de vulgarisation de temps en temps ou des sujets de vulgarisation qui sont un peu autres ou des lives. Mais voilà, chaque semaine, ça va être moi qui vais faire un épisode et la semaine d'après, c'est lui qui va faire un épisode. Et oui, c'est intense. Après, on se dit aussi qu'en tant qu'auditeur, on aime bien poursuivre un média, d'avoir du contenu, des interviews assez régulièrement. Et l'objectif pour nous, c'est de faire à terme, ce qu'on aimerait faire, c'est le blast de l'écologie, c'est-à-dire d'avoir le plus de voix possible qui sont singulières et qui se spécialisent sur des sujets, sur la biodiversité, sur les ressources, sur le climat, sur la politique liée à l'écologie, sur les lobbies. je pense que notre ambition à terme c'est de faire venir d'autres gens aussi pour nous épauler, puis c'est comme ça qu'après on capitalise pour que le média grossisse qu'on ait plus de moyens, qu'on puisse faire plus de choses parce qu'on considère que ce sujet est... encore très très très peu traité. Et au-delà d'être peu traité, souvent il est mal traité. Quand il est traité, souvent c'est à la surface et c'est des sujets qui sont éminemment complexes et donc du coup qui méritent qu'on passe du temps dessus. Voilà, donc pour nous, le pari c'est d'essayer de monter en charge et puis de permettre à d'autres personnalités de venir, de nous rejoindre pour faire ce travail-là. Ça suscite aussi qu'on trouve plus d'argent. Donc on est en train d'essayer de faire ça. de faire participer des gens qui puissent nous donner. On est en train de construire ça. Pour l'instant, on le fait à deux parce qu'on se dit qu'on va essuyer tous les plâtres et que c'est bien de le faire à deux au départ pour après ouvrir les portes plus largement et faire en sorte qu'il y ait d'autres gens qui nous rejoignent.
- Speaker #0
Oui, justement, tu parlais d'argent. C'est quoi votre modèle économique à l'heure actuelle ? En tout cas, comment est-ce que vous l'avez construit ? Tu l'as construit, toi, depuis le début du podcast et comment est-ce qu'il évolue ?
- Speaker #1
En gros, on a à peu près un tiers, un tiers, un tiers aujourd'hui, un tiers de dons, un tiers de publicité sur YouTube et un tiers de subventions, peut-être un peu plus de dons. L'objectif à terme, c'est d'être 100% financé par les auditeurs. Pour l'instant, on n'a pas assez les outils qui permettent de le faire. On n'a pas assez fait de communication qui permet de le faire. On est vraiment nuls là-dedans. Et c'est en train de changer depuis un mois. Mais on essaie de... Voilà, on va faire une campagne de communication à la rentrée pour vraiment essayer de faire en sorte que les gens puissent plus participer parce qu'on croit vraiment là-dedans. Et après, on essaie d'avoir un peu d'argent à côté, pouvoir se développer. Et on se dit, d'ici trois ans, en gros, ce qu'on essaie de faire, c'est en trois ans, prendre quelques subventions qui sont des subventions sur lesquelles on est... hyper exigeant de la provenance de l'argent. Donc, c'est principalement des subventions publiques ou d'organismes comme le CNC. Il y a eu une ou deux fondations privées, mais c'est des fondations de famille qui n'ont plus rien à voir avec des intérêts privés importants. Tu vois, on n'ira pas sur des fondations Veolia ou je ne sais rien, des fondations de marque. On est hyper exigeant là-dessus. Et si on pouvait ne pas faire de pub, on le ferait sur YouTube. Malheureusement, YouTube fait quand même de la pub, même si on ne veut pas qu'il en fasse. Donc, on se dit, autant que... cet argent nous serve. Et puis, on fera des partenariats avec des gens qu'on aime bien. On discute, par exemple, avec Reporters pour co-financer certaines émissions. On discute avec d'autres gens dans ce sens-là. Donc voilà, c'est une autre piste. Et puis, on fait des formations et des conférences. Ça aussi, c'est la cinquième roue du carrosse qui apporte plus ponctuellement un peu d'argent pour le projet.
- Speaker #0
C'est assez diversifié et c'est peut-être ça aussi qui permet que le modèle soit pour l'instant assez solide et assez stable, même si à terme, vous avez envie de tendre vers un financement majoritairement par les auditeurs.
- Speaker #1
Pour l'instant, surtout, c'est qu'il n'y en a pas assez. Si je dois résumer, pour l'instant, je n'arrive pas à me payer à 100% sur le Greenletter Club, Aristide non plus. Pour l'instant, on a du mal à fonctionner, même si on a pas mal d'écoute. Parce qu'on a refusé beaucoup de choses. On a refusé de se faire racheter. Il y a des gens qui nous ont proposé de nous racheter. Toutes les semaines, on refuse des gens qui veulent placer des produits ou faire de la pub. C'est sûr qu'on se prive du gros, du business, du milieu. Mais on en est très fiers déjà. Et puis, on se dit qu'on commence à avoir une base suffisante d'auditeurs, de gens qui nous aiment vraiment, pour essayer de les faire participer plus à hauteur. puisse pérenniser le projet parce que ça reste encore assez friable, enfin assez précaire.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu fais pour garder le moral en travaillant sur un sujet qui est extrêmement complexe et qui ne bénéficie pas encore du niveau d'action, d'engagement nécessaire pour qu'il puisse s'améliorer, en tout cas actuellement ?
- Speaker #1
Ça, moi je trouve, et je pense que tous les gens qui travaillent dans l'écologie disent à peu près la même chose, c'est que travailler sur le sujet, ça te permet de réduire la charge d'éco-anxiété. Voilà, moi j'ai l'impression de faire ce que je peux à mon niveau. pour que les choses avancent, pour que les consciences s'aiguisent. Donc c'est des sujets qui me passionnent, parce que c'est des sujets très scientifiques, très complexes. Après, il y a l'aspect aussi un peu geek, où je suis un boulimique de savoir, de connaissances, de lecture. Donc il y a aussi cet aspect-là qui prend le pas, et parce que la dimension apocalyptique ou cauchemardesque, on l'a déjà intégrée depuis longtemps, on a une idée claire de ce qui est en train d'arriver. Voilà, et puis... L'autre sujet, c'est que moi, je crois que dans toutes les époques, il y a une différence entre l'angoisse de l'avenir et puis la joie. Je pense qu'on peut être joyeux dans tous les moments. Moi, j'avais un prof à la fac qui me disait, qui était chilien, qui me disait que les moments de joie les plus importants que j'ai eus dans ma vie, c'était après les tremblements de terre, parce qu'il y a une solidarité qui se crée, on sort de la routine, il y a des élans humains qui sont magnifiques. Donc je crois que je suis persuadé qu'on va vivre des choses extrêmement dures, probablement beaucoup plus dures que nos parents ou nos grands-parents. donc c'est pas rien de dire ça. Et en revanche, je crois que dans toutes les époques, il peut y avoir de la joie, et que de toute manière, on ne sait pas exactement de quoi l'avenir sera fait, ce qui va advenir, donc essayons de rester joyeux dans ce monde lugubre.
- Speaker #0
Merci beaucoup, en tout cas, Maxime, pour cet échange, et puis je rappelle à tous nos auditeurs qu'on peut écouter Green Letter Club partout, sur Youtube et sur toutes les plateformes d'écoute, et puis évidemment sur podcast.fr. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Un grand merci, à bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.