- Speaker #0
Je me suis fait bourser par contre par un dindon quand j'étais petit. Ça a été une des peurs de ma vie. Je leur ai toujours donné des noms un peu débites.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut en savoir un petit peu plus alors ?
- Speaker #0
Aujourd'hui j'assume moins mais...
- Speaker #1
On peut peut-être revenir sur un précédent chat qui s'appelait Trouduc.
- Speaker #0
Je pense que les Ausha contribuent à tout cela et qu'ils le sentent. Et puis là, Colonel par exemple, il est très touchant.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Il a quelque chose de très bouleversant dans le regard.
- Speaker #1
En fait, tu ne me dis pas ça.
- Speaker #0
Le fameux Trouduc m'a ramené quelques pigeons sur le lit. Quand je dormais, j'entendais... Qu'est-ce que c'est ? Ça me dépasse de voir qu'on puisse se comporter de manière extraordinairement cruelle avec un animal. Les poulets en batterie, la maltraitance épouvantable, le génocide, pour ainsi dire, des vaches, des cochons, de certains poulets.
- Speaker #1
C'est un comédien que les français adorent, il s'est illustré dans des productions qui ont marqué les mémoires. On peut citer Caméra Café ou bien évidemment La Vérité si je mens pour ne citer qu'eux. Mais on l'aime d'autant plus quand on sait qu'aujourd'hui il s'engage pour la lutte contre les violences faites aux femmes. Et aujourd'hui on va parler de son rapport au vivant, des animaux. Mon invité aujourd'hui est Bruno Solo. Bonjour Bruno.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Et bienvenue sur Noé Noé.
- Speaker #0
Ravie.
- Speaker #1
Est-ce que je peux créer d'ores et déjà un petit peu d'intimité avec toi ?
- Speaker #0
si tout ça reste correct je pourrais t'appeler Bruno ou alors Pompon ah oui t'es au courant Pompon le lapin oui oui effectivement c'est comme ça que m'appellent mes enfants et ma femme c'est pas commun mais c'est suite à Pompon c'est le petit lapin dans Bambi et en fait j'ai des tocs j'ai quelques tocs Oui. comme aucun d'entre nous, mais peut-être que j'en ai un peu plus que la moyenne. Et effectivement, il m'arrive dans des moments, soit d'exaltation ou de nervosité, de taper très très fort avec mon pied sur le sol. Ce qui un jour a provoqué chez ma femme un immense sourire. Elle m'a vu en train, mais qu'est-ce que tu fais ? C'était au tout début, on était ensemble il y a 25 ans, parce que ça fait plus de 25 ans qu'on est ensemble. Et elle m'a vu. Elle tapait avec le pied comme ça, très fort. Pardon, colonel. C'est colonel. C'est colonel. Je pense que les gens habitués de cette émission, les spectateurs le connaissent bien maintenant. Mais moi, je fais sa connaissance et je suis ravi. Et donc, elle m'a vu taper. Elle m'a dit, tu me fais penser à Pampan. Et c'est vrai que quand j'ai parfois des moments comme ça, des mouvements un peu intempestifs, et qu'on mange ensemble avec ma femme et mes enfants, ils me disent, je crois qu'on est cinq à table. Il y a Pompon qui est là.
- Speaker #1
Donc si jamais tu te mets à taper du pied, je comprendrai.
- Speaker #0
Je ne le fais que lorsque... J'aurais jamais dû le dire, ça devait rester un secret de famille. Mais bon, visiblement, j'ai dû le raconter une fois.
- Speaker #1
Tu l'as dû le raconter une fois et moi, comme j'ai cherché ton lien avec les animaux, évidemment, quand j'ai vu Pompon et le lapin...
- Speaker #0
Je n'ai que ce que je mérite.
- Speaker #1
Alors restons avec ta famille, justement. Ta famille, c'est ta femme, Véronique, tes deux enfants, Angèle et Tom. Et puis, évidemment, puisqu'on parle d'animaux, des Ausha.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Nana ! et Nino, c'est ça ? Est-ce que tu peux nous les présenter ?
- Speaker #0
Alors, Nana et Nino, ce sont un frère et une sœur de la même portée, et c'est des Scottish Fold. Alors, Nino est un vrai Scottish Fold, il est smoky, noir fumé, comme ça, avec les oreilles baissées, comme des oreilles un petit peu cassées. Et sa sœur, en revanche, elle, est une Scottish Straight, elle a des oreilles normales, des oreilles pointues, comme ça, comme beaucoup de Ausha. Et il paraît que sur une portée, il vaudrait mieux, alors je me suis renseigné, tu vas m'en dire sans en plus, mais il vaut mieux que sur une portée, un frère et une sœur n'aient pas tous les deux cette anomalie, parce que c'est une anomalie génétique, qui est en fait pas normale. D'ailleurs, je pense que ce sont des Ausha qui, dans les années à venir, j'ai lu aussi des choses sur eux, qui sont susceptibles d'être interdits d'élevage. C'est des Ausha très récents, c'est des Ausha qui sont nés dans une grange en Écosse. en 1962,
- Speaker #1
je crois. C'est très récent sur l'échelle de l'évolution du chat.
- Speaker #0
En plus, moi qui suis né en 1964, ils sont à peine plus vieux que moi. C'est une anomalie génétique qui fait que, de toute façon, pour les mâles, notamment, les mâles ou les femelles, qui ont cette anomalie physiologique, je ne sais pas comment dire, ça peut provoquer plus tard des arthroses.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on sait que les Scottish Fold ont Avec l'oreille effectivement cassée, on sentait un petit peu plus fragile et sont plus prédisposés à certaines maladies.
- Speaker #0
Ils sont extrêmement sereins. Moi, je vais quatre fois par an chez le vétérinaire.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Quatre fois par an chez le vétérinaire. Même pour des choses totalement inutiles.
- Speaker #1
Mais c'est très bien, c'est la prévention, c'est important. Oui, je sais,
- Speaker #0
mon vétérinaire m'adore. Je le salue d'ailleurs, docteur Etienne, qui est à Meudon, qui est un formidable vétérinaire et un formidable psychologue des animaux. J'adore comment il leur parle, j'adore comment il parle à mes Ausha, à Ausha, pardon. Ils ne m'appartiennent pas, de toute façon les Ausha n'appartiennent à personne en règle générale. Mais voilà, on en est complètement fous et ils ont été très utiles aussi dans notre... dans l'évolution de... de la santé morale et psychologique de ma fille, notamment, qui est une petite fille un peu fragile. Et les Ausha ont été essentiels dans le calme, dans l'apaisement, dans la tempérance que ça lui a amené.
- Speaker #1
Tu peux nous en dire un petit peu plus ? C'est-à-dire que vous avez pris ces chats-là en vous disant justement que ça va faire du bien à Angèle ?
- Speaker #0
Non, on s'en est aperçu après. Mais au départ, moi, je voulais des Ausha. J'ai toujours eu des Ausha. J'en ai eu beaucoup, moi, quand j'étais... Jeune, célibataire, quand j'habitais seul, j'ai eu beaucoup beaucoup de Ausha, quand même quand j'habitais en Belgique. Et puis voilà, et puis après, ma femme, elle avait peur des Ausha.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Elle en avait peur. Et on a réussi à la convaincre, ma fille et moi notamment, moins mon fils, il était moins sur le coup. Aujourd'hui, vous le verriez avec eux, mais notamment avec Nana. On a... J'ai réussi à la convaincre et donc je me suis renseigné sur des Ausha qui étaient véritablement sans potentialité agressive. Oui, très calme, apaisant. Très calme et tout. Donc on a eu une copine à nous qui en élevait, des scottiches, voilà. Et on a attendu qu'ils soient sevrés, qu'ils soient restés suffisamment avec leur maman. On les a amenés et Véronique aujourd'hui...
- Speaker #1
Elle en est dingue alors. Ah ouais, mais au-delà de ça.
- Speaker #0
Au-delà de ça, c'est-à-dire que lorsque... Enfin non, pas au-delà de ça. Elle en est dingue. Au-delà de ça, ça ne veut rien dire. Lorsqu'on part en vacances, par exemple, on a une véritable inquiétude sur leur quiétude, justement, sur qu'est-ce qu'ils font, qu'est-ce qu'ils deviennent. Donc, notre fils qui est plus grand, qui est grand maintenant, qui part plus en vacances avec papa, maman et sa sœur, effectivement, reste souvent et part en vacances un peu après ou un peu avant. Et les trois semaines où nous sommes absents, on s'inquiète de savoir, on lui demande des photos, des vidéos pour savoir comment ils ont. parce qu'ils sont... extraordinairement câlin même si effectivement comme souvent les Ausha ils réclament des câlins c'est quand ils veulent en fait ils veulent et puis ils en affichent mais c'est ma fille par exemple trois semaines c'est trop long les vacances au bout de deux semaines les Ausha lui manquent et elle rentre un peu avant nous elle prend le train elle rentre un peu avant nous pour rester avec eux et ça fait trois ans de suite qu'elle nous fait le coup on part trois semaines en vacances et au bout de la deuxième semaine je crois que je vais rentrer moi Donc, il y a quelque chose qui est de l'ordre, effectivement. Un lien qui est fait. Un lien qui est de l'ordre presque thérapeutique pour elle.
- Speaker #1
Alors, comment tu vois justement ça pour Angèle ? Donc, Angèle, tu t'es exprimée sur son sujet. Elle souffre de dys, en fait. Voilà,
- Speaker #0
elle est dysfonctionnelle, elle est neuroatypique. Elle est suivie, elle a un traitement et tout. Ça va de mieux en mieux. Elle appréhende le monde avec plus de vigueur qu'elle n'a pu le faire à une époque. Et voilà.
- Speaker #1
Quel âge a-t-elle aujourd'hui ?
- Speaker #0
Elle a 22, elle va avoir 22 ans très bientôt. Mais c'est vrai que les Ausha ont contribué énormément à la rassurer, à la tempérer, à lui donner une sorte de quiétude qu'elle n'avait pas dans le quotidien. À l'école, elle était souvent embêtée, harcelée et tout. Elle était très solitaire et donc Nino et Nana ont véritablement été pour elle une aide formidable. Et on le voit même dans leur attitude, les Ausha, ils sentent quand Angèle est dans des moments un peu plus tourmentés. On sent effectivement la manière qu'ils ont de s'approcher d'elle.
- Speaker #1
Ils vont vers elle dans cette éleveur, tu sens ? Oui, oui.
- Speaker #0
Alors évidemment, ça ne se traduit pas par des tourments extrêmement... Enfin, ce n'est pas des gestes d'intempestie. Non, on sent une sorte de bouillonnement intérieur. De bouillonnement ou d'inquiétude, comme ça. Et là, ils sont beaucoup avec elle. Nino dort systématiquement sur une chaise en face du lit d'Angèle.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et Nana vient assez régulièrement. Mais c'est plutôt Nino et Angèle et Nana et Tom. Et moi, c'est un peu les deux. Et mon époux, c'est un peu les deux aussi. Je crois qu'ils ont assez vite compris, les Ausha, comment fonctionner. Et puis, peut-être que c'est nous aussi qui avons compris comment fonctionner. Donc, on a dit, voilà, visiblement. Mais Nana, par exemple, voilà. Les Ausha font véritablement partie de l'équilibre et de l'harmonie de notre famille.
- Speaker #1
De la famille.
- Speaker #0
On est une famille, je veux le croire. Enfin, ce n'est pas je veux le croire, je le sais. Ça fait suffisamment longtemps qu'on est tous ensemble. Très harmonieuse, on s'entend bien, on se dit les choses. Il y a beaucoup de temps. Ouais, c'est tout. Et je pense que les Ausha contribuent à tout cela et qu'ils le sentent. Ça, par contre, là, pour le coup, je n'ai aucune certitude là-dessus, mais je pense que ce sont des Ausha heureux. Mais je n'ai pas de certitude avec les Ausha. Il y a toujours cette autre part de mystère. L'expression faciale des Ausha est quand même très différente de celle des chiens. Et c'est difficile, même quand ils ronronnent, même quand ils sont parfaitement épanouis. Il y a quelque chose qui est de l'ordre du mystère.
- Speaker #1
Du mystère qu'ils gardent toujours. Est-ce que pour autant, tu as réussi à soulever un petit peu le mystère du... À quel point ils font du bien à ta fille ? Est-ce que c'est quoi ? C'est le côté non-jugeant ? C'est le côté présence apaisante ?
- Speaker #0
Tu as raison, c'est ça, je pense. Les animaux n'ont pas d'a priori. Ils n'ont d'a priori que s'ils voient chez l'humain une attitude qui pourrait les mettre en danger ou une attitude d'agressivité. Mais autrement, à partir du moment où ils te voient... Peut-être que je fais une généralité imbécile en disant que les animaux n'ont pas d'a priori, j'en sais rien. Longtemps, on a cru qu'ils n'avaient pas de conscience. Moi, je crois que les animaux ont une véritable conscience de qui ils sont et d'où ils évoluent. Mais en revanche, effectivement, ils ont, je pense, cette capacité, peut-être les Ausha un peu plus, la capacité de sentir effectivement l'inquiétude, le tourment chez l'humain. Et notamment, par exemple, au moment des menstruations. Je sais qu'il se met régulièrement sur son ventre. Quand mon épouse aussi a mal quelque part, ils le font moins avec moi quand je suis malade. Mais les hommes sont tout de suite malades et c'est tout de suite un drame.
- Speaker #1
Ils savent que c'est du chiquet en fait.
- Speaker #0
Ils passent à côté. Mais les femmes qui se plaignent au moins sur ce genre de choses, qui ont un rapport à la douleur qui est quand même autrement plus stoïque et courageux. et... Je sais que Nino, par exemple, un maman, Béronique, n'était pas bien. Et il se mettait régulièrement sur son ventre.
- Speaker #1
En plus, on sait que leur ronronnement a des capacités de cicatrisation des tissus. Ah oui, ça ne chante pas. D'apaisement, je savais,
- Speaker #0
mais je ne savais pas que ça allait. D'apaisement et de cicatrisation,
- Speaker #1
ça va jusque-là. Il y a un animal, un chat blessé. va avoir tendance à ronronner aussi. Un, parce qu'il y a la douleur aussi. Et deux, parce qu'on sait que ça accélère les processus de cicatrisation. Ah,
- Speaker #0
mais pour lui, mais pas de... Oui, mais si.
- Speaker #1
En fait, on pense que ça peut aussi avoir un effet sur la régénération. Moi,
- Speaker #0
j'adore les chiens. Vraiment, j'adore les chiens parce qu'on s'amuse avec les chiens. On fait beaucoup plus de choses. Je n'en ai pas eu des chiens. Jamais ? Non, je n'en ai jamais eu parce que mes parents vivaient ensemble de Paris en appartement. Après, j'ai vécu aussi en appartement à Bruxelles. J'ai eu une maison à un moment où je suis resté une dizaine d'années. Mais je n'avais pas envie d'avoir de chiens. J'avais deux Ausha. Et Ausha, ils allaient dans le jardin. Mais j'ai fréquenté beaucoup de gens qui avaient des chiens. Je fréquente des gens qui ont des chiens. Et tu aimes les chiens. Oui, j'ai même un rapport plutôt très joyeux avec eux. Et puis là, le colonel, par exemple, il est très touchant.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Il a quelque chose de très bouleversant dans le regard.
- Speaker #1
Arrête, ne me dis pas ça.
- Speaker #0
Il est très émouvant parce qu'il a une sorte de regard très fixe comme ça. Il a presque un regard de chat.
- Speaker #1
Non, je ne dis pas ça. Les Ausha ne sont pas forcément tes amis.
- Speaker #0
Et puis il y a des Ausha qui sont vraiment des types de cochons, si j'ose dire.
- Speaker #1
Et pourquoi vous en avez pris deux ? C'était pour Tom et Angèle, justement ?
- Speaker #0
Non, je pense que c'était un peu comme nous, on a deux enfants. Je pense qu'à des moments... Les enfants, ils ont besoin d'avoir une complicité qui est... La leur. La leur. Qui leur appartient. Je pense que deux enfants, c'est bien. Enfin, c'est ce qu'on pensait avec Véronique. En plus, je vois comment ils s'entendent extraordinairement bien, Tom et Angèle. Donc, à des moments, ils ont besoin de nous envoyer paître. Ils ont besoin d'avoir cette complicité, de se dire des secrets, je ne sais pas. Et je pense que là aussi, pareil, pour les Ausha, on s'est dit, ce serait bien qu'on ait un frère et une sœur. Et parce qu'il y a des moments où ils ont besoin sans aucun doute de se retrouver, d'avoir des moments à eux, des moments de bagarre, des moments d'affection. Un chat tout seul, je me dis, peut-être que cette solitude m'aurait embêté. Alors c'est peut-être de l'ocropomorphisme. Moi je me dis, j'aimerais pas ne pas avoir de famille. Je suis heureux d'avoir créé une famille.
- Speaker #1
Parfois, avoir deux Ausha, ou imposer à deux Ausha de vivre ensemble, dans un environnement finalement clos, ce n'est pas forcément l'idéal. Mais là, ce que vous avez bien joué, c'était que c'était un frère et une sœur. Et dans ces cas-là, l'équilibre se crée dès le départ et est plus facile que de prendre deux Ausha qui viennent de n'importe où. Oui, on aurait réfléchi autrement, effectivement.
- Speaker #0
Si on les a vus, effectivement...
- Speaker #1
Vous avez maximisé les chances que ça se passe bien d'avoir deux Ausha.
- Speaker #0
Si on avait été à la SP. ou si on avait été effectivement dans un refuge, peut-être qu'effectivement on aurait réfléchi autrement. Mais à partir du moment où on a vu la portée, on les a choisis tous les deux, on s'est dit que ça marcherait bien. Et ils s'entendent très bien.
- Speaker #1
Même quand ils se baillardent,
- Speaker #0
c'est tellement rigolo. Ils ne sortent pas les griffes.
- Speaker #1
Ils remettent un petit peu tout.
- Speaker #0
Ils le font de moins en moins. Ils ont 8 ans maintenant, bientôt 9. Ils vont bien ? Ils vont bien.
- Speaker #1
La santé, ça va ?
- Speaker #0
Oui, on s'occupe vraiment de vermifuges, la petite pipette derrière ici pour les puces, alors qu'il y a peu de chances qu'ils en prennent en appartement, mais on ne sait jamais.
- Speaker #1
On ne sait jamais.
- Speaker #0
Voilà, les griffes régulièrement coupées, on surveille les dents. Et Angèle, justement,
- Speaker #1
elle s'implique avec vous dans la santé ?
- Speaker #0
Elle vient systématiquement avec moi chez le vétérinaire. C'est mon domaine, le vétérinaire, c'est Tom et Angèle, Tom et Véronique, ils sont allés moins souvent. il en compte. En général, moi, c'est le samedi matin, donc quatre fois dans l'année. Je vais voir le vétérinaire et j'y vais avec Angèle.
- Speaker #1
Et c'est elle qui a choisi les noms de tes chiens ?
- Speaker #0
C'est elle qui a choisi les noms, oui. Nana, c'était par rapport aux chiens dans Peter Pan.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Donc voilà, elle l'a trouvée. Ce sera ma nounou, donc je vais l'appeler Nana. Et Nino, c'est un peu moi qui l'ai soufflé. C'était par rapport à Nino Ferrer, que j'aimais bien. C'est un chanteur que j'adorais. Et je dis Nino, je trouve que c'est un prénom sympathique, mignon. donc voilà moi je voulais
- Speaker #1
Nino et Nina et puis elle a dit Nino et Nino en tout cas je retiens les vertus thérapeutiques que tu peux souligner de ces Ausha et indispensable à l'équilibre aujourd'hui de votre famille ça c'est chouette alors tu parles de nom de chat on peut peut-être revenir sur un précédent chat qui s'appelait Trouduc tout
- Speaker #0
de même oui mon premier ton premier chat ?
- Speaker #1
Pour plein de raisons.
- Speaker #0
Mon tout premier chat, c'était en 1990. J'y allais un peu. J'allais prendre le top 50 avec Yvan sur Canal+. Et en fait, il y a deux choses. Il y a que quand je faisais les bêtises, mon père me dit « Quel trou duc celui-ci ! » Donc, c'était resté. Et aussi, un dessin, des dessins de Franquin, Gaston Lagaffe. Il avait une façon de dessiner les Ausha que je trouvais, notamment le chat de Gaston Lagaffe, qui était hyper agressif et pas toujours très sympathique. Notamment, il se bagarrait avec sa mouette, parce qu'il a un chat et une mouette. Et il avait une manière, je trouve, extrêmement délicate de dessiner, effectivement. Vous savez, les Ausha, souvent, quand ils marchent devant vous, ils ont la queue dressée, comme ça, complètement à la verticale. Et on voit ce tout petit... Voilà, leur petit anus, là, comme ça. Mais je ne sais pas pourquoi il est bu. Il y a quelque chose... sorte d'étoile comme ça et il avait une manière de le dessiner franquin que je trouvais rigolote et souvent il le faisait ostensiblement on sentait qu'il dessinait le chat au moment où il pitait le lieu dans lequel il se trouvait avec Gaston Lagaffe et il dessinait avec un point un petit point rose comme ça et un truc noir au milieu je sais pas pourquoi, j'aime bien comment il dessinait Troduc et donc quand j'ai eu mon chat qui avait cette attitude là je l'ai dessiné comme ça et puis ça a été un peu agité et Il pouvait se comporter un peu comme un trou du cul.
- Speaker #1
Tu en gardes quoi comme souvenir de ce chat-là ?
- Speaker #0
C'était mon premier. Je crois que j'étais un peu maladroit avec lui. Je me suis occupé de lui, bien sûr. Je le nourrissais, je le caressais, etc. Mais je l'ai laissé trop souvent partir. J'habitais dans un appartement du côté de Place de Clichy. J'avais un accès direct au toit. J'habitais sous les toits et dans une courette comme ça. Et je le laissais partir trop longtemps sans m'inquiéter des moments parce que je l'ai lu et entendu. et puis je savais d'expérience aussi que... que les Ausha, ils pouvaient effectivement partir, mais ils revenaient tout le temps. Des fois, ils mettaient beaucoup de temps à revenir. Et quand je revenais, je pense que je ne montrais pas suffisamment d'affection. Comme si je disais, écoute, tu es libre, fais ce que tu veux, vis ta vie, je ne veux pas avoir d'emprise sur toi.
- Speaker #1
C'est un peu comme ça que tu vivais aussi peut-être à l'époque. Peut-être,
- Speaker #0
effectivement, oui. J'avais ce côté un peu franc-tireur et trop libre. Et c'est vrai que quand il rentrait, peut-être que j'ai pas marqué suffisamment. Et un jour, il m'a abandonné. Je l'ai amené en Belgique, avec moi, je me suis installé en Belgique. Et puis, il est parti, je me suis pas inquiété, puis je l'ai plus jamais revu.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et ça m'a fait beaucoup de peine. Beaucoup de peine. Après, j'en ai eu d'autres. Je leur ai toujours donné des noms un peu débiles.
- Speaker #1
Est-ce qu'on pourrait en savoir un petit peu plus, alors ? Après Troubuc, il y a eu qui ?
- Speaker #0
Je sais pas. Aujourd'hui, j'assume moins, mais... Il y avait Zobie.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
à cause de Zobie la mouche, la chanson. Dénégresse, Zobie, Zobie la mouche. Zobie, bon voilà, ça ne me faisait rien. Il y a eu Foufoune, pour une chatte. Bon, voilà. Et c'est tout.
- Speaker #1
C'est pas mal, quand même. Écoute...
- Speaker #0
Mais bon, Foufoune, c'est un joli nom. C'est mignon. Foufoune, un petit chat. Bon, voilà. C'est pas extrêmement très fin. Mais voilà. Mais ça allait bien parce que le mot Foufoune, en soi, est très joli. Et ça allait bien. C'était une petite chatte persane et tout. Elle était très...
- Speaker #1
Et vos vieux Foufoune, tu les as eus en famille aussi ? Non,
- Speaker #0
je les ai eus en Belgique. Mais là, pour le coup, quand je suis rentré à Belgique, je les ai laissés parce que je pensais que c'était une mauvaise idée de les déraciner. Et en plus... Quand je suis rentré de Belgique, c'était un peu de manière précipitée, je suis rentré en France, j'avais pas encore d'endroit précis où j'allais me rendre, donc je me suis dit, c'était pas une bonne idée. Donc je les ai laissés à un voisin chez qui on avait un appartement mitoyen, et il y avait une petite porte et tout, on avait fabriqué une petite châtière, ils passaient d'un appartement à l'autre, et souvent ils étaient chez eux, des fois ils venaient chez moi, ses Ausha à lui venaient chez moi, c'était un peu le bordel. une grande coloc je lui ai dit écoute gardez-les il était ravi tu as probablement pris la meilleure décision on ne les amène pas en vacances par exemple je sais que des Ausha d'appartement ce n'est pas une très bonne idée de les déraciner surtout sur des petits curés le temps qui s'acclimate on va repartir ça les perturbe plus qu'autre chose là où je regrette de ne pas avoir de chien tu peux l'emmener avec toi et vivre tes expériences en même temps je suis très touché par les gens qui se baladent Des fois dans le train ou quand je prends l'avion, bon, pas vraiment l'avion, mais quand je prends l'avion ou le train, de voir des gens, qu'on entend tout d'un coup ce petit, dans la petite cage comme ça, et je me dis, il y a quand même des Ausha qui se baladent et qui acceptent l'idée de changer d'endroit. Voilà, ce n'est pas le cas des nôtres, mais peut-être qu'on aurait dû le faire dès le départ, je ne sais pas. Si on a d'autres Ausha, peut-être que je les habituerai à ça, on verra.
- Speaker #1
Mais bon, après, c'est à chaque chat, effectivement, il faut s'habituer à chaque chat.
- Speaker #0
On sent qu'ils sont très bien. L'appartement est quand même grand et vaste, et puis il y a un grand balcon. Mais bon, c'est vrai qu'ils ne vont pas dehors.
- Speaker #1
Mais après, ce sont des Ausha de race, donc c'est aussi plus facile de les maintenir dans un environnement clos que des Ausha que tu aurais récupérés. Je me suis bien renseigné avec le vétérinaire,
- Speaker #0
et je regarde des émissions d'animaux, donc j'ai entendu dire ça, je suis rassuré.
- Speaker #1
Et en parlant de vacances, tu as soutenu avant l'été une très jolie chanson qui m'a beaucoup touchée, moi aussi, de Victor Pablo, un slammer, qui s'appelle « Les vacances à la mer » . Papa me dit de l'attendre,
- Speaker #2
son sourire s'efface, ses yeux s'affaissent. Je suis pas sûr de bien comprendre. Pourquoi est-ce qu'il a noué ma laisse ? J'ai mon instinct qui se réveille alors que je le vois s'éloigner. C'est la pagaille et je bégaye, j'arrive même pas à aboyer. Qu'est-ce qui se passe ? Et cet arbre-là, c'est bon papa, viens me détacher. Si c'est un jeu, bah je l'aime pas. Papa, je vais pleurer.
- Speaker #1
J'ai trouvé magnifique cette chanson. J'invite d'ailleurs tous ceux qui nous regardent à aller l'écouter.
- Speaker #0
C'est un artiste slammer formidable. que j'ai rencontré qui est très très impliqué sur les abandons d'animaux, sur le vivant et qui m'a demandé de participer avec d'autres artistes à son clip et de faire un appel genre à chacun et à chacune d'entre nous, de sensibilisation, de prévention, de dire si vous prenez un animal, sachez pourquoi vous le prenez, ne le prenez pas par caprice, ne le prenez pas dans de mauvaises conditions, étudiez votre environnement, là où vous habitez et puis surtout, à partir du moment où vous avez pris cette décision, considéreux comme un vivant, comme une partie de vous-même et ne l'abandonnez pas au premier obstacle. Oui, des fois, un chien, ça peut être casse-pieds, ça peut tout vous foutre en l'air, ça peut faire ses besoins n'importe où, les Ausha aussi, etc. Bon, d'accord, mais sachez pourquoi vous le prenez, ce n'est pas une peluche, c'est pour ça. Je parlais d'anthropomorphisme, effectivement, on a tendance à projeter l'image qu'on se fait de nous et on voudrait que ce soit les animaux. Moi-même le premier quand je vous dis qu'on en a pris deux parce que j'avais deux enfants et puis il serait bien d'avoir deux Ausha. Mais bon, finalement, la réflexion n'était pas si bête et puis finalement ça s'est bien passé. Et si ça s'était mal passé, on aurait agi en conséquence. Voilà, peut-être qu'on en aurait donné un ou je ne sais pas. Mais en tout cas, réagissez, ne vous dites pas « bon, c'est perdu, il m'a niqué mon canapé, il a chié partout, je ne veux plus entendre parler de ce... » Oui, c'est une vie quoi.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui te heurte le plus justement ? C'est quoi ? C'est l'irresponsabilité des gens ? Oui, oui,
- Speaker #0
c'est ça. Il y a un côté caprice, c'est comme les gens qui achètent des animaux exotiques, qui achètent un lama, un petit léopard ou une migale. Ou je sais pas, il y en a qui s'en occupent très bien, il y a vraiment des gens qui ont un vivarium et qui s'occupent très bien de reptiles et d'insectes.
- Speaker #1
Beaucoup de gens ne sont pas du tout...
- Speaker #0
Il y en a qui achètent ça parce que ça délivre... Voilà,
- Speaker #1
ou ça fait revaloir, ou sur les réseaux sociaux, n'en parlons pas, c'est aussi...
- Speaker #0
C'est stupide, et puis c'est criminel quoi, c'est criminel, c'est déjà très difficile de préserver le vivant. Alors si c'est pour les amener dans notre monde et les maltraiter tel que les humains sont capables de le faire, avec cette conscience si étrange de la maltraitance qu'on a, il y a eu des autres. Et cette inconscience, le fait de ne pas subir aux animaux, parce qu'à la base, un animal est innocent. C'est ce qu'on en fait qui peut le rendre...
- Speaker #1
Cette maltraitance sur les animaux, est-ce que tu vois des parallèles ? Comme je le disais, tu t'exprimes aujourd'hui contre les violences faites aux femmes. Est-ce que tu peux voir un parallèle entre la maltraitance qu'on peut avoir sur les animaux ? Oui, bien sûr,
- Speaker #0
il y a un parallèle. À partir du moment où vous maltraitez du vivant, il y a quelque chose qui déraille chez vous. Bon, après, je ne vais pas vous mentir, Hélène, si je dois sauver un congénère, un humain, une femme, un enfant, un homme, plutôt que de sauver l'animal, je le ferai, bien sûr. Mais, voilà, quand vous voyez les... Quand vous voyez les vidéos de L214 par exemple, qui sont des vidéos très radicales, mais quand vous voyez les poulets en batterie, la maltraitance épouvantable, le génocide pour ainsi dire, des vaches, des cochons, de certains poulets, etc. Et que vous voyez que vous en êtes un peu aussi...
- Speaker #1
Contributeur ?
- Speaker #0
Vous êtes au bout de la chaîne. Moi, je mange du poulet. Alors oui, effectivement, je ne suis pas encore végétarien.
- Speaker #1
D'accord. J'allais te demander justement en quoi ça avait peut-être…
- Speaker #0
Mais effectivement, il y a peut-être un peu de tartufferie, d'hypocrisie là-dedans, mais je sais que le poulet… que j'achète, je veux une traçabilité. Quand je vais dans le Gers, dans les Landes, qui est chez moi, je sais que le poulet que j'achète, c'est un poulet que j'aurais pu voir vivant la veille en train de cabaler dans mon truc. Quand je vais dans certaines boucheries ou chercher un volailler, je sais. Moi, je mange très peu de viande rouge. Nous, nous mangeons très peu de viande rouge. C'est par goût. Mais voilà, je voudrais au moins savoir que l'animal a eu une petite existence et pas une existence qui a consisté à être uniquement dans... C'est une sorte de... Comment ne pas avoir le cœur déchiré quand on voit ces animaux parfois tués sans être endormis, dépossés vivants, les poussins broyés, etc. Ce manque de respect. Et celles et ceux qui travaillent dans les abattoirs, moi je n'ai pas envie nécessairement de les incriminer, même s'il y en a certains qui sont totalement déshumanisés. On les entend, etc. Mais moi j'avais voulu aussi un reportage sur des femmes et des hommes qui travaillaient dans des abattoirs, les souffrances qui étaient la leur, et tout d'un coup...
- Speaker #1
Ils se traumatisaient. Ils se traumatisaient,
- Speaker #0
cette désensibilisation petit à petit qu'on leur imposait, et tout d'un coup, certains qui sortaient de là, mais ils venaient fous, il y avait des suicides, il y avait des trucs, donc c'est ce qu'on impose aussi à celles et ceux qui travaillent dans ces endroits. Oui, oui, il faut des animaux pour nourrir les autres animaux que nous sommes. Oui, et il y a aussi chez les animaux, voilà, il y a de la prédation. Ils chassent pour se nourrir, etc. Mais faisons-le avec le même respect que les animaux le font entre eux. Alors après,
- Speaker #1
il y a de la violence quand même entre les animaux.
- Speaker #0
Oui, les animaux et même les Ausha. Ils ont un rapport à leur proie qui est visible. Le fameux trou duc m'a ramené quelques pigeons sur le lit. Quand je dormais, j'entendais... Qu'est-ce que c'est ? Et je voyais un pigeon quand même entrer sur mon lit. Et on sentait qu'il jouait avec, il n'avait absolument pas envie de le manger. Il mettait des coups de patte, des grilles, des coups de griffes. Bon bref, j'ai digressé. Ce que je veux dire par là, c'est qu'effectivement, ça me dépasse de voir qu'on puisse se comporter de manière extraordinairement cruelle avec un animal, mal lui parler, lui mettre des coups, l'abandonner, le considérer comme un objet, comme certains, effectivement, hommes. considèrent effectivement leurs congénères comme des objets.
- Speaker #1
Leurs femmes,
- Speaker #0
les enfants. C'est un combat que je mène depuis de nombreuses années et qui semble aujourd'hui prendre corps. On sent que les lignes bougent un peu, beaucoup même, avec la loi intégrale qui va se présenter.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui fait justement que tu t'es engagé dans ce combat-là, des violences faites aux femmes contre les violences ?
- Speaker #0
Parce que très tôt, j'ai été sensibilisé à ça parce que Dans ma famille, les choses étaient dites. Mes parents, lorsque nous leur posions des questions, ma sœur et moi, ils nous répondaient avec des mots adaptés à nos âges et aux questions qu'on posait. Et puis plus on a grandi, plus nos questions devenaient complexes ou sophistiquées et la réponse suivait. Et qu'il n'y avait pas de sujet tabou. Et que moi j'ai grandi dans les années 70, ma maman et mon papa, au plein moment de la libération féminine, ce qu'on appelait le MLF, le moment de libération des femmes, de Simone Veil, de Gisèle Halimi, la contraception, l'avortement, etc. J'ai vraiment grandi dans ce... Et mes parents étaient sensibles à ce sujet, et donc on en parlait. Et donc, voilà, très vite je me suis sentie proche de celle qui endure une société patriarcale qui est... de soumission et quand vous creusez véritablement le sujet, oui, l'inégalité elle est totale et partout, sans cesse, malgré ce que peuvent dire encore certains. Il y a eu des progrès qui ont été faits, oui, mais il y a encore, encore, il y a encore, comment dire, une souffrance qui est totalement disproportionnée entre les hommes et les femmes, une inégalité qui est totalement disproportionnée, malgré ce que peuvent croire. Et moi, mon but, et le but de ceux qui s'engagent, Les hommes, je parle des hommes qui s'engagent sur ces sujets, c'est de ramener plein de gens. Tu peux pas essayer de convaincre les masculinistes et les phallocrates et les misogynes convaincus. Ce que j'ai envie de dire, c'est comme essayer de convaincre un négationniste. Vous n'y arriverez plus. Non, mais c'est par contre de faire en sorte qu'ils ne grossissent pas leur rang avec des gens qui, ou qui regardent passer les choses sans se faire concerner. Faire plus de bruit qu'eux, en fait. Faire plus de bruit et puis faire revenir celles et ceux. Enfin, surtout ceux, bien sûr. Notamment les jeunes garçons, l'éducation des jeunes garçons, elle leur a expliqué qu'effectivement on doit avancer ensemble, ni devant ni en retrait, mais sur la même ligne, que c'est une question d'humanité, que les femmes constituent la moitié de l'humanité et que l'autre moitié de cette humanité c'est leurs enfants. Donc à partir du moment où tu te rends compte de ça, tu te dis quelle est cette guerre que veulent mener certains hommes contre ce sujet et qui en est encore qui est la... La monstruosité de penser qu'effectivement la place d'une femme est ailleurs qu'à côté de nous, on voit ce que ça donne ce jusqu'au boutisme, ce qui se passe en Afghanistan, ce qui se passe aussi en Iran, même si en Afghanistan c'est vraiment l'incarnation absolue d'un jusqu'au boutisme complètement fou. C'est une sensibilité qui t'a été transmise par tes parents. C'est une sensibilité qui m'a été transmise et que j'ai développée aussi par mes parents, par mes lectures, par l'éducation que j'ai reçue, par ce que je suis fondamentalement. J'ai travaillé longtemps avec la Voix de l'Enfant, maintenant je suis avec ONU Femmes France, avec la Fondation des Femmes aussi.
- Speaker #1
Permets-moi de te remercier Bruno pour cet engagement. Il en faut des voix comme la tienne.
- Speaker #0
On est quelques-uns quand même.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. individuellement en tout cas. Je te dis merci. Si on reste sur tes parents, comme tu l'as dit, ils ont permis d'avoir une parole assez libre quand tu étais enfant. Tu viens d'un milieu modeste, mais très éduqué, avec un papa autodidacte qui vous a appris beaucoup de choses. Et un jour, il t'a emmené, quand tu étais ado, faire un voyage un peu initiatique et rustique.
- Speaker #0
il a fait deux voyages qui sont fondateurs constitutifs de ce que je suis c'est en 74 j'ai 10 ans, ma soeur en a 5 il nous amène au Portugal pour nous faire vivre la révolution de l'intérieur ma passion de l'histoire vient aussi du fait que mon père me dit l'histoire se joue parfois devant nous elle s'écrira peut-être autrement demain mais là devant nous on peut en être témoin donc en 74 mon père était ouvrier dans le bâtiment il avait beaucoup de potes brillé portugais et il nous a dit il faut qu'on aille au Portugal parce qu'il savait évidemment que c'était pas une révolution susceptible de déraper et de devenir dangereux ça tirait pas dans la rue etc c'est une révolution de velours comme on l'appellera plus tard en Tchécoslovaquie en 89 mais en 74 des militaires les capitaines d'avril décident de libérer le pays de 40 ans de dictature de Salazar et il nous dit il faut qu'on y aille effectivement j'ai un souvenir mais extraordinaire de ce pays qui sort de de son obscurantisme qui sort de cette tyrannie. Et les gens joyeux, les paysans qui rentrent avec les militaires, les moissons dans les champs, les portes ouvertes dans certains restaurants, rentrées, etc. Même des propriétaires qui avaient ouvert leur maison à Lisbonne, à Porto, à Braga, partout. Et une sorte d'émulation comme ça, de bouillonnement, de liberté, qui m'a beaucoup marqué. Et trois ans plus tard, mon père m'a dit, viens, on va faire un... Une sorte de tour du monde, tous les deux, pour apprendre à mieux se connaître. En fait, on devait partir tous les quatre. Maman, ma sœur et moi. Cathy, ma sœur. Et comme... Ma maman, elle connaissait un peu les... Elle connaissait mon père et parfois les voyages avec mon père, c'était rustique, comme tu l'as dit tout à l'heure. Donc, elle a dit, écoute, vous partez aux Etats-Unis, au Canada, ils ne savaient pas vraiment, puis on viendra peut-être au Mexique, puis au Honduras. On verra, on va se balader et tout. Car Volkswagen, on mangera quand on mangera. On se lavera quand on se lavera. Ma sœur, elle avait 8 ans. 8 ans, c'est ça. Elle s'est dit, ça va être compliqué. Elle s'est dit, ça va être compliqué. Partez tous les deux. Donc, on est partis tous les deux. Et oui, effectivement, ça a été un voyage dingue. On a rencontré des gens, on dormait là où on dormait, rarement à l'hôtel, souvent dans le Carbolzoyen qu'on avait loué, qui tombait en panne tout le temps. Et au Mexique, on s'est retrouvés dans des villages complètement isolés, avec des Indiens, notamment, des descendants d'Aztec et d'Olmec, qui faisaient des chants un peu hypnotiques, comme ça. C'est des sortes de fêtes un peu initiatiques, un peu étranges. Sans aucun doute sous influence, ces gens-là. Mais j'ai assisté à des moments chamaniques quasiment qui m'ont complètement transporté. Et puis, de temps en temps, on était aussi à New York. Enfin, on avait commencé par New York. Après, on est allé à... En fait, le but du voyage, le tout début du but du voyage de mon père, c'était d'aller voir Guernica au Met. Parce que mon grand-père s'était battu avec les forces républicaines espagnoles contre Franco, que mon père est né en 1936 et qu'il était l'enfant de ces luttes. Oui, parce que si je tiens de mon père, lui tenait du chien aussi. Il y a quelque chose de très générationnel, Galatavik, comme ça. Et il voulait voir Guernica. Donc on a vu Guernica, mon père est resté pendant 15 minutes devant ce tableau qui représente effectivement toute la monstruosité potentielle des... des dictatures qui veulent écraser un peuple qui résiste. Donc voilà, l'armée franquiste, avec la lutte va-feu de Hitler, qui détruit et rase un village de la carte et de l'histoire de l'humanité. Et donc ce tableau, le bouleverse, on le regarde, on pleure. Moi, je pleure aussi. J'en ai un peu marre, parce que j'ai 13 ans, j'ai envie d'aller plus de glace, j'ai envie de me balader en New York et tout. Mais voilà, la base de ce voyage, c'est ça. Donc on fait ça, New York, et puis... On fait tout l'ouest américain, on descend au Mexique, on dure assez, puis à un moment, mon père, il n'a plus un rond. Et il me dit, bon, il faut qu'on rentre. Et on a rentré, mais ça a duré quand même presque quatre mois le voyage.
- Speaker #1
Donc un vrai souvenir de voyage marquant.
- Speaker #0
Beaucoup de ce que je suis, je le dois, ce voyage. Oui,
- Speaker #1
c'est ce que tu dis régulièrement, effectivement. Sur la curiosité,
- Speaker #0
sur le fait de prendre conscience du monde, prendre conscience des différences, prendre conscience qu'on habite sur la même. La même planète, qu'on vit les mêmes choses, qu'on vit pas nécessairement les mêmes choses, mais qu'on partage exactement le même espace, et qu'il faut en avoir conscience. Et ça n'empêche pas que mes petits malheurs sont plus grands que les malheurs qu'en est d'autres, parce qu'on est toujours évidemment un peu sur soi. Mais quand vous avez la lucidité de comprendre que vous partagez effectivement... Partager le même espace, je pense que ça vous rend un peu plus curieux. Quand vous êtes curieux, vous êtes vivant.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a eu des rencontres aux animaux pendant ce voyage-là ? Est-ce que, je ne sais pas, dans des grands espaces ? À Yellowstone. Tu parles des Indiens. À Yellowstone,
- Speaker #0
on a vu des élans. Et j'ai vu... On n'a pas vu d'ours, mais j'ai vu des élans, j'ai vu des... Oui, dans les grands espaces, on voit beaucoup d'animaux aux Etats-Unis, beaucoup, beaucoup. Et je me souviens, à Los Angeles, un matin, au port de Los Angeles, comme ça on passait à Los Angeles, on s'apprêtait à descendre au Mexique, un dain, comme ça, à l'entrée de cette ville qui est l'incarnation de la ville, il ne faut pas faire plus urbain, plus... voilà, plus...
- Speaker #1
Et t'as cette image. Voilà,
- Speaker #0
il n'y a pas une ville moins verte que Los Angeles, c'est dingue. Et là, tout d'un coup, vous voyez ce dinde juste comme ça, devant nous, regardant aux portes de la ville, comme ça. Cette collusion entre une cité bruyante, industrielle, pleine de bagnoles, et tout d'un coup, quand même, le vivant qui vient aux portes de la ville pour observer ce vivant et la cité qui empiète tout le temps, tout le temps, tout le temps, sur l'espace vital des animaux.
- Speaker #1
Et lorsque tes parents t'ont aussi sensibilisé à ça, justement, au vivant, au respect du vivant ?
- Speaker #0
Oui, ils vivaient... Ma mère est fille agricultrice, elle gardait les vaches à un moment dans les Landes. C'était d'ailleurs son grand, grand kiff. Elle vient d'une grande famille de 13 frères et sœurs. Et c'est elle qui, dans la famille, c'est l'antépénultième, l'avant-avant-dernière. Et c'était elle qui allait garder les troupeaux de vaches. Enfin, les troupeaux, il y avait 6 vaches. mais qu'elle allait les garder parce que ça lui permettait de lire et de s'isoler. C'est un caractère qu'elle a beaucoup transmis, ma maman. Et mon père, lui aussi, vivait à la campagne, il vivait au Pays Basque. Il est basque, ma mère est irlandaise et mon père était basque. Et ils ont tout le temps vécu avec les animaux. Et moi quand j'allais voir ma grand-mère, il y avait des animaux partout. Il y avait un grand poulailler, il y avait des vaches, il y avait des moutons. C'était une ferme, vraiment la ferme un peu, comment dire...
- Speaker #1
Comme dans les imagiers pour enfants en fait. Oui c'est ça,
- Speaker #0
parce qu'en fait elle n'était pas éleveuse. Voilà, elle était... c'était des paysans. Ils travaillaient pour... elle ne pouvait pas travailler.
- Speaker #1
Donc le cochon, les lapins avec la pierre. Et voilà,
- Speaker #0
ils se nourrissaient avec les œufs du poulailler, ils mangeaient le cochon. Et puis dans les landes, on a bien bouffé quand même. Et il y avait tout ce qu'il fallait. Et c'est vrai qu'ils étaient entourés d'animaux. Je me suis fait courser par contre par un dindon quand j'étais petit. Ça a été une des peurs de ma vie. C'est moche un dindon en plus. C'est pas très joli. C'est moche en fonction de notre littérat nous.
- Speaker #1
c'est pas attractif pour nous il t'a coursé c'est un de grands garrots,
- Speaker #0
la rouge, qui pendait qui gonflait en plus quand il s'énerve et il m'a coursé,
- Speaker #1
il n'y en a plus de dindons d'ailleurs c'est normal qu'il y ait disparu des fermes beaucoup de fermes ont disparu aussi et là on est en 68,
- Speaker #0
69 ça doit être les derniers dindons ils ont dû partir avec la révolution de 68 et ensuite tes parents ont divorcé et ta maman n'a pas refait sa vie séparée C'est...
- Speaker #1
Ils ne se sont jamais divorcés. Ils se sont séparés.
- Speaker #0
Peu de temps après le voyage qu'on a fait aux Etats-Unis, je crois qu'ils avaient cessé de s'aimer suffisamment fort et qu'ils ne voulaient pas qu'on en souffre. Et ils nous l'ont dit de manière très naturelle, ça aussi. Ma sœur était un peu plus petite. Elle l'a encaissée avec un peu plus de douleur, mais pas longtemps. Et moi, non, pas du tout. Ça n'a pas du tout été un traumatisme. Et ils sont restés extraordinairement proches jusqu'à la fin. Tout le temps. Complices, proches. Mon père a refait sa vie, ma maman Elle a un peu papillonné comme ça, et puis très vite, elle s'est rendue compte qu'elle était fondamentalement solitaire, et farouchement indépendante.
- Speaker #1
Elle a eu des Ausha aussi.
- Speaker #0
Ah oui, elle a eu des Ausha. Elle a eu un chat qui s'appelait Bill. La bille que je lui avais donnée, d'ailleurs. Et puis à un moment, moi, je bougeais beaucoup, j'arrêtais pas. Ah oui, c'est ça, c'est quand je suis parti en Belgique, j'avais un chat qui s'appelait Bill, et je l'ai donné à ma maman.
- Speaker #1
Donc ils les ont accompagnés jusqu'à la fin de sa vie, les Ausha ? Non,
- Speaker #0
après, quand il est mort, elle n'en a plus voulu. D'accord. Ça l'avait... ça avait beaucoup bouleversé et voilà et puis oui oui mon père a eu des animaux aussi parce que quand il habitait à Bayonne il habitait au bord de la Nive qui est une petite rivière qui rejoint la Dour la rivière du Pays Basque le fleuve Et donc il a eu des animaux, lui aussi, il a eu un chien, voilà, qu'il baladait sur les bords de la Nive, sans rien.
- Speaker #1
Mais c'est quand il était plus vieux ? Oui, à la fin, oui, à la fin. D'accord, ok. Il s'appelait comment son chien ?
- Speaker #0
Il n'avait pas de nom.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Mon père n'était pas du genre à nommer les animaux.
- Speaker #1
Oui, mais il était très attaché à lui quand même, j'imagine. Ah ouais,
- Speaker #0
il l'aimait beaucoup, ouais. Il disait « viens, viens ici » , etc.
- Speaker #1
Il s'appelait peut-être « viens ici » , alors ?
- Speaker #0
Ouais, je sais pas. Mais il n'avait pas donné de nom, il trouvait... Mon père était quelqu'un de particulier. Un chien, une propriété, il ne l'a pas choisi. C'était, comment dire, il jouait avec cette rébellion. Il n'était pas choqué quand il voyait quelqu'un qui appelait son chien Médor ou Tronuc. Il s'en fichait. Mais lui, à titre personnel, il estimait qu'il n'y avait pas donné.
- Speaker #1
Autre voyage initiatique que tu as pu faire, c'est quand tu as fait rendez-vous en Terre inconnue. Là, tu es parti en Mongolie. Et pour le coup, tu as été au contact d'éleveurs qui vivent un rapport aux animaux différent de celui qu'on a nous. Tu peux nous raconter ?
- Speaker #0
C'est vrai que ce voyage-là, il ressemblait assez à celui que j'avais fait avec mon père. Il y avait quelque chose avec Frédéric Lopez qui présentait l'émission encore à l'époque. Oui, c'est ça, que tu es de l'ordre d'initiation aux autres. Et c'était long, on est partis presque trois semaines. C'était absolument fascinant parce que... J'ai rencontré ce peuple-là, enfin Bad Bayar, donc cet homme, ce nomade, ce mongol, qui m'avait dit un truc qui m'a totalement marqué. C'est des animistes, les Mongols. Et animistes, c'est des gens qui voient effectivement le vivant dans absolument tout. Tout a une âme. Tout a une âme, l'esprit dans tout. L'esprit dans tout, dans la pierre, dans le végétal, évidemment dans les animaux, dans l'air qui circule, etc. Et sa philosophie, qui est un proverbe mongol, dit « Même si Dieu te le demande, Dieu donc, qu'il croit et qu'il respecte, sort de Dieu en tout cas, même si Dieu te le demande, ne lui donnent pas un morceau de cette terre. C'est-à-dire qu'ils ont un attachement puissant à l'endroit où ils sont, et même dans leur philosophie du mouvement, c'est-à-dire qu'ils ne restent jamais fixes au même endroit. C'est le seul peuple nomade, c'est la seule nation nomade. Il y a les peuples nomades, les Lédoins sont des nomades, il y en a d'autres. Mais la seule nation nomade, c'est la nation mongole. C'est-à-dire que c'est logiquement où l'Hulunbator ne devrait presque pas exister. D'ailleurs, pour lui, c'était la négation même du nomadisme et de son existence. Mais les nomades, enfin les Mongols, ils sont quelque part, puis ils bougent en fonction des saisons, en fonction de là où les amène le troupeau. Et donc j'ai vécu avec cet homme qui sans cesse était en mouvement, qui avait sans cesse des choses à faire, qui allait chercher son troupeau de chevaux, son troupeau de vaches, qui vaccinait ses animaux, qui s'en occupait et tout, qui sont vraiment un contact absolu et total avec la nature. J'ai adoré ça. En plus, j'ai fait du cheval. Moi, je suis un dingue de cheval.
- Speaker #1
Je suis toujours du cavalier.
- Speaker #0
Et donc, j'ai monté beaucoup de chevaux dans le monde entier. Et chaque fois que je vais aller dans un pays, j'ai eu la chance de pas mal voyager, j'ai toujours essayé de monter les chevaux locaux, des pursans arabes, des andalous. Alors là, des chevaux mongols, qui sont des chevaux absolument incroyables. Incroyable, parce qu'ils sont capables de galoper pendant 10, 15, 20 kilomètres, ce qui est assez unique. Ce n'est pas un galop soutenu comme un sel français ou un pur sang. Mais ils sont taillés pour l'endurance. Ce n'est pas pour rien que Genghis Khan a conquéri le plus grand territoire de toute l'histoire de l'humanité, incomparable avec Napoléon ou Alexandre le Grand ou César. C'est parti de Vladivostok jusqu'à Sofia en Bulgarie quasiment. Et c'est grâce à ses chevaux. Et donc, j'ai monté les chevaux mongols. C'était fou, quoi.
- Speaker #1
Qu'est-ce que t'aimes dans le fait de monter, alors ? C'est quoi ? C'est la liberté ? C'est cette puissance du cheval ? Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Et puis, c'est ce respect qu'on doit à cet animal qui accepte tout le monde dessus. Parce que, naturellement, le cheval, il n'a pas vraiment envie qu'on le grimpe. Mais pour autant, à partir du moment où il a accepté de le faire, c'est extraordinaire. C'est un moyen de locomotion d'une beauté absolue. Ça contacte directement. Et puis, en plus, quand vous êtes sur un cheval, vous sentez chacun de ses muscles. chacune de ses rémunérations aux jambes, sur ses flancs c'est quand même vraiment un rapport extraordinaire je montais assez naturellement très vite parce que j'ai appris à faire du cheval en Bretagne chez un gars qui avait un rapport aux chevaux très très rapide il nous a tout de suite monté sur les chevaux et tout de suite on est parti au galop et alors évidemment il nous a dit c'était un petit galop pas trop soutenu dans les fougères en Bretagne du côté de Quintin Et on montait tous et effectivement, certains d'entre nous sont tombés. Et très vite, il nous a dit, ne tombez pas. Apprenez à rester sur le cheval. Et après, petit à petit, il nous a montré les techniques, l'assiette, la manière de se comporter, se pencher en arrière quand il descend, soulager les postérieurs quand on monte. Et voilà, maîtriser le trot, même la marche et tout. Comprendre à quel moment le cheval n'avait plus envie. Comprendre aussi qu'un cheval était sur tout. tout le temps sur l'œil. C'est un cheval, c'est un aimer assez craintif. J'ai une voix énorme, en plus, avec sa vision. Et puis...
- Speaker #1
Donc, tu as appris vraiment. Oui, oui,
- Speaker #0
oui. Et en plus, c'est là aussi que je me suis intéressé aux enfants à l'handicap. Moi, je suis aussi parrain de la Fondation Personnage depuis très longtemps. Et l'équipe... Oui,
- Speaker #1
l'équithérapie.
- Speaker #0
L'équithérapie est vachement importante. Et beaucoup, notamment d'enfants trisomiques, ont un rapport au cheval qui est absolument extraordinaire. Et moi, je me suis occupé très vite. Comme vous voyez que je n'étais pas doué, mais que j'étais attentif et que visiblement j'aimais ça et que je ne m'en sortais pas trop mal. Très, très vite, au bout d'une semaine, j'étais devenu un cavalier à peu près. à peu près correcte, parce qu'on ne sait pas non plus à qui il pourrait faire du jumping ou un truc comme ça. Mais je sais en faire. Mais il m'a confié des enfants, des enfants économiques. Et on se faisait des balades en forêt. C'était drôle d'ailleurs.
- Speaker #1
C'était déjà une activité qui existait.
- Speaker #0
Je ne peux pas tout raconter, mais j'ai un rapport aussi au handicap qui est inhérent à ma famille aussi. Quelque chose de très personnel à ma maman, ma soeur et mon papa. Donc voilà, c'est aussi un sujet sur lequel je me suis assez penché. Et c'est vrai que c'était drôle parce que des fois on était en pleine forêt, je me souviens avec des enfants trisomiques et quand ils sont heureux, ils l'expriment de manière parfois très bruyante. On était en forêt, dans le calme de la forêt, les grandes forêts bretonnes et tout d'un coup ils se mettaient tous à l'oreille parce qu'ils avaient une sorte de communion de l'instant avec les choux, ils étaient heureux d'y être et tout. Je disais « Chut, ça va pas, on peut pas crier comme ça, parce qu'il y a des choux que ça va effrayer. » Et au bout d'un moment, les chevaux, ils s'habituent à ça aussi. Alors que si vous vous mettez sur un cheval, vous, valide, et que vous vous mettez à crier comme un dingue sur le cheval, il ne peut même pas l'apprécier.
- Speaker #1
Là, il comprenait qu'ils n'étaient pas en danger.
- Speaker #0
Ils ont un rapport souvent à l'équithérapie, et très efficace, notamment pour apaiser ces enfants. Et donc,
- Speaker #1
si on revient en Mongolie, tu as vu ce rapport à l'animal qui est particulier à ces...
- Speaker #0
Il venait de perdre un pur sang et son père qui l'avait pas vu depuis longtemps et qui s'était disputé justement pour une histoire de cheval, qu'il y avait plus ou moins piqué dans son hara, alors on dit pas les haras là-bas mais dans son chepté, comment on appelle ça, dans son élevage, dans son troupeau, il y en avait pris un parce qu'ils font beaucoup de courses, les Mongols, des courses qui sont vraiment une grande tradition. Et des courses de chevaux, comme ça, de chevaux sauvages, à peine débourrés et sans selle. C'est les enfants qui les montent souvent. Ils montent accrus comme ça. Accrus comme ça avec les enfants. À 4 ans, ils montent et ils ne sont même pas de casque et tout. Ça y va. Mais bon, voilà. Du coup, on était obligés d'être extrêmement attentifs à l'animal. Et donc, il y avait plus ou moins voler un cheval. Et puis là, ils s'entendaient mieux. Grâce à Frédéric, d'ailleurs, et à ses équipes, ils avaient tenté un rapprochement. Donc, nous sommes allés. On en fait 100 kilomètres à travers la Toulomara. pour aller récupérer un cheval que son père, en guise d'apaisement familial, lui offrait. Et on est passé dans des endroits où Bad Bayard nous disait, parce que ça fait trois ou quatre fois la France, et il n'y a que deux millions d'habitants. C'est la densité de population la plus faible du monde, la Mongolie. Et donc, il y a des endroits où on passait, et il nous disait, je pense que là, il n'y a pas beaucoup de Mongols qui sont passés. Cette sorte de...
- Speaker #1
Des terres vierges presque, pour lesquelles tu passais aussi. Ouais,
- Speaker #0
t'as l'impression d'être un pionnier à des endroits où on se dit « Punaise, on est les premiers peut-être à passer là ! » Et je fais regarder les images, mais c'est absolument époustouflant ce que j'ai vécu là-bas. Et puis ça m'a replongé, alors mon père était encore vivant, ça m'a replongé effectivement dans les... dans les souvenirs de ses voyages avec mon papa, ses voyages un peu chamaniques aussi et puis le chamanisme en Mongolie c'est très très puissant donc voilà, c'était un souvenir qui m'embrasse et je suis resté en contact assez longtemps avec Badbaya et quand il était dans sa yurte et avec sa famille etc. il n'avait pas de contact avec l'extérieur mais quand il allait à Ulaanbaatar pour faire des courses, pour acheter différentes choses dont il avait besoin pour son quotidien il y va deux fois par an, il voyait sa sœur et sa sœur elle, elle avait un... Elle avait accès à Internet. Donc, quand il y allait, on s'est appelés. D'accord. Et puis, petit à petit, on s'est perdu du vu parce que c'est la vie. Mais pendant deux, trois ans, j'ai continué à parler à la Bate Bayard.
- Speaker #1
D'accord. Avec Olivier. Une belle expérience. On quitte la Mongolie, on va en entreprise. Je voulais faire un petit point quand même, caméra café avec toi. Est-ce que tu penses qu'aujourd'hui, s'il y avait caméra café en 2026, ça serait une entreprise pet-friendly ? Non. Ah non ? Non. Ah ouais. Non,
- Speaker #0
non, parce que caméra café, c'est quand même... C'était une série... on l'a toujours pensé comme une comédie italienne. C'est-à-dire une série féroce qui dénonce la stupidité, la cupidité, le racisme, l'homophobie, le sexisme. Et pourquoi pas, je ne crois pas qu'on l'ait souvent évoqué, mais on a, au milieu des sketchs, oui, sûrement au milieu des sketchs, on parlait des animaux. Il y avait Antistène, le chat de Maïva. Normal, qu'on maltraitait d'ailleurs, que nous avons le plaisir à maltraiter, Jean-Claude et moi. Je me souviens qu'on a tué un pigeon aussi, un moment, pour pouvoir le bouffer à la cantine parce qu'on s'est dit, tiens, c'est bon, le pigeon. à travers une boîte et tout. Non, non, non.
- Speaker #1
Ah d'accord, il n'y aurait pas de...
- Speaker #0
Ah non, non, on a une série, nous, nos personnages, notamment Jean-Claude et Hervé, donc Yvan, Le Bolloc et Ma Pomme, on était des saletés, quoi. Je jure. Alors, on payait souvent le prix fort parce qu'effectivement, il y a une justice immanente qui faisait qu'effectivement, notre racisme, notre homophobie, notre sexisme et tout, on le payait le prix fort. On était isolés, considérés comme des crétins. Mais le but de Camé un Café, c'était quand même une comédie féroce. irrespectueuse.
- Speaker #1
Donc ça ne serait pas l'entreprise avec une démarche pet-friendly.
- Speaker #0
Si tant est que Maëva ou Jeanne ou n'importe lequel des autres employés de la boîte qui étaient quand même beaucoup plus vertueux que nos deux personnages, avaient fait cette proposition, on pourrait s'assurer qu'on aurait fait un sketch où, à la fin, on faisait en sorte que ça n'existe pas. Si ça avait servi nos intérêts mesquins, oui, on a un chien et tout. Je crois qu'on avait fait un truc avec un chien d'aveugle, effectivement, parce que ça nous a tiré des avantages pour le CE, etc. Et puis dès lors qu'on s'apercevait que finalement on n'en tirait pas suffisamment d'avantages...
- Speaker #1
On n'en voulait plus quoi. On n'en voulait plus,
- Speaker #0
c'était ça qu'Amérique avait. Donc non, il n'y aurait pas eu de pet friendly.
- Speaker #1
D'accord, c'est clair. Et est-ce que dans ta carrière, toi, tu as déjà tourné avec des animaux ? Des chiens ? Est-ce que tu as eu l'occasion ? Oui,
- Speaker #0
c'est casse-pieds des fois.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Ah ouais, c'est... Oui, oui, ils ont beau être... Ça reste des animaux, quoi. Ils ont beau nous expliquer, les éleveurs que je voudrais voir, lui, il est parfait. Alors, des fois, effectivement, vous tombez sur des chiens... Les chiens, je crois que ça m'est jamais arrivé. Mais les chiens extrêmement obéissants qui viennent à l'instant T. Et puis, de temps en temps, les chiens, ils ont... Ils ont beau nous dire, les éleveurs, qui sont des spécialistes. Ah oui, un chien comme colonel, comme ça, qui reste à côté de toi, mais dès lors qu'on leur demande de faire des choses, au bout d'un moment, ils en ont marre.
- Speaker #1
Ils ont une durée d'attention et une exécution qui est faible. Les chevaux,
- Speaker #0
pareil. J'ai tourné souvent avec des animaux. Il n'y a pas très longtemps, j'avais tourné un film où je me faisais attaquer par des chiens. C'était vachement bien, d'ailleurs. Et là, pour le coup, j'ai... Ma partenaire et moi, on a longtemps parlé avec l'élève, on s'est dit qu'il allait nous attaquer et qu'à un certain signal, il allait s'arrêter à Sadevou. Mais il avait les babines retroussées, les cumes à la gueule.
- Speaker #1
Il fallait faire confiance au dresseur.
- Speaker #0
On était dans un chenil où il y avait la maltraitance animale. On enquêtait sur cette maltraitance. Il y avait eu un meurtre. C'était une série pour France 2 ou France 3, je ne sais plus. À un moment, je ne me souviens même plus. Mais c'était vachement bien. Mais bon, j'en ai tourné quelques-uns. Et le chien nous poursuivait comme ça, on cabalait. Et à un moment, on était dans une... Ah oui, j'étais avec Louise Monod. Ah oui, c'était pour Meurtre à Saint-Malo.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà, bon bref. Et à un moment, on est coincés dans un cul-de-sac et le chien nous tombe dessus. On a peur. ça s'est bien passé il s'arrête comme ça il était bien dressé il était très bien dressé mais c'est pour les trucs du quotidien en fait le fait de venir au pied de venir poser sa tête sur votre cuisse tout ça ça nous emmerdite mais oui j'ai souvent tourné avec des animaux des chevaux des chevaux des chiens mais jamais des Ausha c'est rare c'est plus compliqué les Ausha j'ai vu d'ailleurs dans une émission anglaise vous savez un peu l'équivalent de La France a un incroyable talent. En Angleterre, une femme qui avait dressé des Ausha, qui leur faisait faire des trucs, j'ai jamais vu ça. C'était godin quoi ! Des Ausha qui faisaient les baux, qui sautaient dans les cercles de feu, qui marchaient en équilibre sur des trucs. Alors c'est pas aussi impressionnant que ce qu'on peut demander à un chien.
- Speaker #1
Mais c'était fou ! C'était dingue !
- Speaker #0
Elle en avait quatre ou cinq, des Angoras et tout, et puis des Ausha de races différentes quoi ! Ah oui c'était fou !
- Speaker #1
Est-ce qu'on te voit bientôt sur nos écrans, Bruno ? Quels sont tes prochains ? Ah oui,
- Speaker #0
Caméra Café, on en a fait un. On a fait un Caméra Café spécial qui s'appelle Opération Retraite, où nos deux personnages se font virer une fois de plus d'une boîte qu'ils avaient montée. Ils n'ont pas payé leur SAF, ils n'ont payé personne. Ils se sont comportés comme des escrocs, comme d'habitude. Et donc, il leur manque 12 trimestres. Et là, ils vont devoir faire des boulots pour avoir leurs 12 trimestres. Mais comme c'est des incapables, des incompétents, doublés d'escrocs et de filous, Ça va évidemment mal se passer. On va recroiser sur le chemin la plupart des camarades de Caméra Café et d'autres comédiens. Ce sera au printemps 2027. C'est un 90 minutes pour M6. J'ai fait un très beau film qui s'appelle La Petite pour France Télévisions. Un 4x52 qui va passer bientôt. Qui est en cohérence avec mes engagements. C'est un film sur un féminicide. Très beau film d'Antoine Garceau. réalisateur de 10% et puis je serai au théâtre au mois de mars et puis mes émissions d'histoire qui continuent bien sûr je parle beaucoup d'animaux parce que là c'est l'Egypte cette année on fait tout en Camon enfin on va jusqu'à tout en Camon et l'année prochaine si tout va bien je partirai en Amérique du Sud pour faire les... là on a fait les aventuriers de l'Egypte antique et là ce sera 6 x 50 d'autres autour des aventuriers du nouveau monde on va parler des Incas au Pérou et des Aztèques au Mexique, on va parler de l'archéologie précolombienne.
- Speaker #1
Allez, on termine avec un petit jeu inspiré de caméra café. Si chaque fonction dans une entreprise devait être incarnée par un animal, tu choisirais lequel ? Un DRH, tu verrais quoi comme animal ?
- Speaker #0
C'est dégueulasse pour les animaux, ce qu'on va faire. Parce que franchement, encore une fois, leur traiter des traits communs à la cruauté que peut avoir un DRH. Il y a des DRH sans nom, formidables. Mais dans la caricature que nous, on en faisait dans le caméra café, là, c'est sûr que je vais dire un loup. Parce que le loup est un loup pour l'homme.
- Speaker #1
Le contrôleur de gestion.
- Speaker #0
Le contrôleur de gestion, c'est le coskiller, un renard.
- Speaker #1
Ok. L'assistant de direction.
- Speaker #0
Un toutou à sa mémère.
- Speaker #1
Le chauffeur du président. Tu ne peux pas dire l'un toutou à son pépère.
- Speaker #0
Non, le chauffeur du président. J'ai une image un peu dévoyée du fait que je repense à ce personnage de Cameron Caffrey. Donc, quand on voit le chauffeur tel qu'il était, je dirais un rhinocéros. Un fonceur, c'est ça. Il n'y a pas d'obstacle pour le chauffeur du patron.
- Speaker #1
Le stagiaire qui fait les photocopies et le café.
- Speaker #0
Un chaton en devenir qui viendra un vrai matou.
- Speaker #1
Le responsable com.
- Speaker #0
Le responsable com. Une moitié hurleuse comme celle de Gaston Lagaffe. Ça crie partout, ça remue beaucoup de vent pour pas grand chose parfois.
- Speaker #1
Et le commercial ?
- Speaker #0
Le commercial ? Donc c'est Jean-Claude ça, je trouve un animal bien crétin, si tant est qu'il y ait des animaux crétins. Le commercial...
- Speaker #1
Un dindon !
- Speaker #0
On va rester sur ce que dit, un bon dindon, voilà.
- Speaker #1
Et toi Bruno, si t'étais un animal, qui serait Bruno Sajon ?
- Speaker #0
Ah j'aimerais me réincarner en chat.
- Speaker #1
En chat.
- Speaker #0
Non mais vraiment, vraiment, vraiment, je n'y crois pas, en la réincarnation. Mais si tant est qu'elle existe, alors là je... Je prie ceux qui sont susceptibles de... De t'entendre aujourd'hui. De m'entendre aujourd'hui, celui ou celle qui est susceptible de m'entendre, qui décide de notre destin après notre disparition, réincarnez-moi en chat.
- Speaker #1
J'espère que tu ne t'apprêteras pas trop, Duc.
- Speaker #0
Je m'en fous. Je m'en fous, les Ausha sont bien au-dessus de ça.
- Speaker #1
Merci Bruno, pour tout ce que tu as partagé avec nous. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Salut colonel. Merci de nous avoir accompagnés.