- Speaker #0
Mais je demande souvent aux gens d'y s'imaginer, quand on parle de philanthrope, que les gens regardent l'archétype ou le prototype, je ne sais pas trop comment dire, qu'ils ont en tête. Souvent, ça va être un homme. Et rarement, on va penser immédiatement à une femme. Donc, c'est un premier niveau. Une personne noire, c'est encore très peu probable qu'on pense tout de suite à une personne noire. Donc, il y a comme cet imaginaire collectif, quand on parle de philanthropie, que c'est vraiment l'apanage d'une certaine catégorie de personnes. Et les personnes noires, souvent, elles-mêmes, ne se voient pas comme philanthropes, alors qu'elles donnent du temps, elles donnent de l'argent, puis elles donnent de plusieurs manières. C'est la manière dont elles ont été éduquées, c'est la manière dont elles contribuent à leur société d'accueil, mais également à leur société d'origine. Et pour ceux qui sont ici depuis plus de trois, quatre générations, c'est juste ce qu'ils font. Donc je dirais une invisibilité. Parce que ce n'est pas le mainstream, parce qu'il y a un bien conscient dans l'imaginaire collectif, mais aussi parce que les gens même qui la pratiquent, je pense, ne se mettent pas de l'avant comme tel.
- Speaker #1
C'est quoi pour la philanthropie ?
- Speaker #0
Je dirais même que le terme philanthropie, il n'existe pas en tant que tel. On dit souvent que les gens d'Afrique de l'Est parlent d'Ubuntu. C'est la communauté. Ce n'est pas une question de philanthropie parce que la philanthropie, si on prend la définition de base, c'est l'amour de l'humanité. Et à partir de là, tous les gestes d'amour pour mon prochain que je pose...
- Speaker #1
Parce qu'on est philanthropes, tous les humains sont philanthropes.
- Speaker #0
Pas tous certains !
- Speaker #2
Vous écoutez le podcast, l'Observatoire vous parle. Une collaboration entre l'Observatoire des Communautés Noires... et l'Institut Néo-Québec.
- Speaker #1
Vous écoutez le cinquième épisode du podcast L'Observatoire vous parle, un podcast qui est coproduit par l'Observatoire des Communautés Noires et l'Institut Néo-Québec. Mon nom est Cyril Ekwala et j'ai grand plaisir d'avoir en face de moi trois dames que je vais vous présenter. Belinda Bach, qui est directrice de l'Observatoire des Communautés Noires du Québec et chercheuse principale de l'étude. Bonjour Belinda.
- Speaker #0
Bonjour Cyril.
- Speaker #1
Linda Tchombe, ex-directrice à la Fondation du Grand Montréal. Aujourd'hui, elle est à la Fondation de la Rue des Femmes. Bonjour Linda.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Et puis troisième invitée, Catherine Fizet, qui est la directrice des affaires publiques et communications à la Fondation du Grand Montréal, responsable des signes vitaux. Bonjour Catherine.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
On est là pour parler de la philanthropie et communauté noire du Québec, perception, pratique et piste d'action. Un gros rapport qui a été publié dans le cadre des signes vitaux du Grand Montréal. Signes vitaux du Grand Montréal, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #3
Donc, les signes vitaux, c'est des études qui sont produites par les fondations communautaires du Canada. Elles portent sur un enjeu en particulier sur le territoire d'une des fondations communautaires. Donc, pour nous, c'est évidemment la Fondation du Grand Montréal. De cette édition-ci, on a décidé de parler de la philanthropie des communautés noires sur notre territoire.
- Speaker #1
Dans Signes vitaux, pourquoi est-ce que vous avez décidé de vous présenter ? Vous penchez donc sur cette philanthropie des communautés noires. Comment est né ce projet-là ? Linda, garde la parole.
- Speaker #3
C'est né dans une voiture électrique entre Montréal et Toronto, où justement Linda nous exposait qu'il y avait une invisibilité un peu du philanthrope des communautés noires. Donc, on en a discuté un peu, puis j'ai proposé de faire un signe vitaux, donc une étude. qui porterait sur ce sujet-là en particulier. Donc, c'est né comme ça.
- Speaker #1
Linda va ajouter quelque chose là-dessus.
- Speaker #0
Mais je demande souvent aux gens d'y s'imaginer, quand on parle de philanthrope, que les gens regardent l'archétype ou le prototype, je ne sais pas trop comment dire, qu'ils ont en tête. Souvent, ça va être un homme. Et rarement, on va penser immédiatement à une femme. Donc, c'est un premier niveau. Une personne noire, c'est encore très peu probable. qu'on pense de suite à une personne noire. Donc il y a comme cet imaginaire collectif quand on parle de philanthropie, que c'est vraiment l'apanage d'une certaine catégorie de personnes. Et les personnes noires, souvent, elles-mêmes ne se voient pas comme philanthropes, alors qu'elles donnent du temps, elles donnent de l'argent, puis elles donnent de plusieurs manières. C'est la manière dont elles ont été éduquées, c'est la manière dont elles contribuent à leur société d'accueil, mais également à leur société d'origine. Et pour ceux qui sont ici, de plus, plus de trois. trois, quatre générations, mais c'est juste ce qu'ils font. Donc je dirais... Une invisibilité parce que ce n'est pas le mainstream, parce qu'il y a un bien inconscient dans l'imaginaire collectif, mais aussi parce que les gens même qui la pratiquent, je pense, ne se mettent pas de l'avant comme tel. Donc, quand j'étais à la Fondation du Grand Montréal, on se disait les créateurs et créatrices de fonds doivent représenter la communauté concert. Mais on s'est rendu compte qu'il n'y avait pas nécessairement cette diversité de créateurs de fonds. On se rappelle, les gens ne se voient pas eux-mêmes comme philanthropes, donc on ne les voit pas nécessairement dans l'espace. Puis, il y a eu plusieurs conversations, il y a eu un programme avec la Jeune Chambre de Commerce, et il y a des gens qui m'ont dit, mais en fait, tu ne peux pas juste, comme c'était mon idée au départ, parler avec des personnes qui s'identifient, elles, comme philanthropes, ou que tu vois qui pourraient être philanthropes. Parce qu'il y a le concept de biais de réseau, j'ignorais que ça existait, mais j'ai découvert le biais de réseau. La personne me dit, tu devrais faire des focus group.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Ou l'ouvrir à des gens, de venir jaser et autres. J'en parlais avec Catherine, et là Catherine dit, on fait des études.
- Speaker #1
Donc vous décidez que vous y allez, et l'Observatoire des communautés noires, je me tourne vers Belinda, c'est votre ADN. Dès que vous entendez communauté noire quelque part, vous sautez dessus, il faut aller.
- Speaker #4
Exactement.
- Speaker #1
Sautez dessus, il faut vous intéresser à ça. Pourquoi ce sujet ? Pourquoi il vous a attiré ?
- Speaker #4
L'Observatoire, sa mission, c'est vraiment de produire des connaissances sur les communautés noires. Donc, on travaille sur une diversité de secteurs, y compris tout ce qui touche à l'économie, à la philanthropie, à la participation. Donc, c'est déjà à ce niveau-là. Puis, il y a aussi une partie de l'histoire où il y a des rencontres qui ont eu lieu entre la Fondation et le Sommet Jeune Afro qui ont amené des gens à ce que, de ces discussions-là, l'observatoire soit identifié comme l'acteur capable et le mieux placé pour réaliser cette étude.
- Speaker #1
Tout à fait, c'est ça. Comment se fait d'ailleurs la rencontre ?
- Speaker #0
Les signes vitaux, il y a toujours un partenaire qui sait faire des études, parce que la Fondation du Grand Moral ne fait pas des études, mais elle les produit avec des partenaires. Et là, on se disait, philanthropie des communautés noires, on ne peut pas juste... Prendre n'importe quel partenaire pour faire cette étude. On parle de beaucoup de parts pour et avec, mais comment on s'assure qu'on l'a fait avec des personnes qui savent de quoi on parle.
- Speaker #1
Donc, je vois là l'étude participative, donc l'ADN de l'Observatoire. Maintenant, votre méthodologie. Comment est-ce que vous avez mis ça en place ? Comment vous avez travaillé ?
- Speaker #4
La première étape, c'était de pouvoir assurer cette dimension participative en mettant sur place un groupe de travail. C'est-à-dire des personnes qui sont concernées vraiment en première ligne par le sujet, soit à titre individuel ou soit à titre de représentants d'organismes qui travaillent dans le domaine. Et donc ça, ça nous a amenés, avant même de rentrer dans les questions de recherche, dans la méthodologie, à constituer ce groupe. Donc c'était au printemps 2024, j'espère que je ne me trompe pas. Et donc, on a identifié avec la fondation, avec le sommet Jeune Afro également, 7 personnes qui sont devenues le groupe de travail avec le mandat de suivre le projet de sa conception jusqu'à la fin, au moment de la diffusion des résultats.
- Speaker #1
Allons au concret. Que dit ce rapport ? Je vais me tourner vers Catherine Fizel.
- Speaker #3
et à la prochaine Le rapport, pour moi, la conclusion la plus évidente du rapport, c'est qu'il n'y a pas assez de données. Malheureusement, puis c'est un constat qui est quand même intéressant dans la mesure où ça amène à une recommandation directe dans le rapport. Donc, les données sur la philanthropie des communautés noires ne sont pas comptabilisées, ne sont pas connues. Donc, je pense qu'il y a un appel à l'action évident à ce niveau-là. C'est d'ailleurs, comme je l'ai dit dans les recommandations, d'essayer de documenter davantage justement cette facette-là de la philanthropie.
- Speaker #1
Quand je rentre dans quelques chiffres, parce qu'il y en a beaucoup, 87,9 % des personnes interrogées. dans les 12 mois précédents de la participation au sondage de l'étude, seulement une sur deux se considère comme philanthrope. Est-ce que c'est un chiffre qui vous surprend ? Question vraiment à toutes les trois.
- Speaker #0
Moi, ça me surprend que ce soit jusqu'à 50%. J'étais agréablement surprise qu'il y ait autant de personnes qui ne se considèrent pas.
- Speaker #1
Qui ne se considèrent pas. Ça a été une surprise. OK, dans le sens où...
- Speaker #0
Parce qu'il faut dire, même dans la population générale, entre guillemets, il y a également ça qu'on voit des gens qui font des dons régulièrement, mais qui ne se considèrent pas nécessairement comme philanthropes. Donc, c'est quelque chose qui est commun et c'est encore plus marqué, je pense, dans les communautés noires, justement.
- Speaker #3
Je pense que les gens se considèrent philanthropes quand... un montant d'argent conséquent. Quelqu'un qui donne un petit peu d'argent tout le temps peut ne pas se considérer comme philanthrope et encore plus, donner du temps, donner des biens, juste faire partie d'une communauté puis aider une communauté. Souvent, les gens, peu importe la communauté, ne se considèrent pas nécessairement comme philanthrope. Donc, ça aussi, c'est une...
- Speaker #1
Une conclusion de ce rapport. Est-ce qu'il y en a d'autres ? Par exemple, le rapport qu'on a avec le pays d'origine, où près de 80% des personnes qui sont nées à l'étranger soutiennent leur famille. Vous considérez cela comme de la philanthropie, mais ces personnes elles-mêmes ne considèrent pas que c'est de la philanthropie. C'est ce qui ressort de ce rapport-là.
- Speaker #4
Oui. Ici, c'est vraiment toute la question de dons formels versus dons informels. Et souvent, quand les personnes sont dans des approches plus informelles de dons, elles vont justement, ça va sortir de leur radar et ça ne va pas leur permettre de s'identifier comme filantropes. Donc, parce que je fais un petit pas en arrière, Cyril, par rapport à la méthodologie. Cette étude-là, elle est basée sur du quantitatif. Il y a des chiffres qui sont mentionnés, donc il y a eu un sondage, mais il y a eu aussi des entrevues qualitatives qui ont permis d'approfondir ce qui ressort du sondage. Et ce qui est très intéressant quand on fait des entrevues sur ce sujet, c'est qu'on interroge les personnes sur leur pratique de don. Puis en fait, elles vont dire « je donne à telle organisation, etc. pour telle raison, telle raison » . Puis, quand on creuse la discussion... Ah, puis aussi, je donne de telle manière, mais ça, je... Ah oui, je donne très régulièrement, mais je ne sais pas combien je donne, parce que c'est ça, ça ne se fait pas, je n'ai pas de reçu d'impôt, etc. Puis à la fin, souvent, on se retrouve, les gens prennent même conscience, pendant l'entrevue, de tout ce qu'elles donnent. Et, ben oui, je suis philanthrope, maintenant je me rends compte, c'est une évidence, parce que je donne régulièrement, je donne... parfois des montants assez importants par rapport à mon revenu. Et c'est ça, c'est toute la beauté aussi de cette étude-là.
- Speaker #1
Là, j'entendais un propos dont formel, dont informel.
- Speaker #0
Ben, ça, c'est la question pour toi.
- Speaker #4
Oui, ben, en fait...
- Speaker #1
C'est quoi ? Quand on donne à... Je ne sais pas, à Centraide. Là, on dit... Est-ce qu'on donne à Centraide en passant ? Non, non. Armée du salut. Je ne sais pas. Armée du salut. Non, armée du salut, c'est du matériel. Bref.
- Speaker #0
Voilà, tout ça, on apprend également de l'argent.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Tu vois, par exemple, tu as parlé de dons et automatiquement, tu as dit armée du salut, c'est du matériel. Mais c'est un don pareil. Donc, tu vois qu'on parle de billets. Tu vois comment toi, ton billet déjà, c'est un don, ça doit être de l'argent.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Et donc, pour toi, beaucoup vont justement faire le lien entre philanthropes à combien d'argent je donne. Et quand on dit, je pense, don formel, don informel, le don formel, c'est souvent celui qui est fait auprès de structures désignées, peut-être avec un reçu pour fin d'impôt et puis éventuellement selon la taille du chèque photo puis toute la patente. Puis le don informel, ça va être quand j'envoie un cent dollars au pays pour payer les études de telle personne parce que sinon, il n'y a pas de programme de bourse d'études particulière auquel la personne peut appliquer, ce qui serait le cas ici. Quand j'avais de l'argent pour payer des soins de santé d'une personne, c'est pareil, je n'ai pas de comité d'usagers ou bien de fondation d'hôpital qui va s'en occuper. Donc, c'est toutes les autres formes de dons où il n'y a pas de reçu, où il n'y a pas nécessairement de reconnaissance, qu'elles soient institutionnelles de trace, qui vont faire qu'on ne comptabilise pas. Et pour nous, c'est juste, on le fait comme ça, dans la rue, quand je croise quelqu'un, les fameux, les guignolés, on s'en va guignoler, mais je donne, je ne compte pas à la caisse du IGA ou bien peu importe. Vous lui offrez un don pour telle opération. Souvent, c'est dur de dire non à la madame. Mais ça aussi, c'est un don qu'on fait. Mais donc,
- Speaker #1
je viens de symboliser la manière dont on perçoit la philanthropie dans les communautés noires, en fait. Bon, ça c'était moi, mais de manière globale, et votre étude vous a permis de voir. Comment on aperçoit cette philanthropie ? Comment ils perçoivent ça ? C'est quand je donne de l'argent, c'est de la philanthropie, mais quand je fais autre chose, ce n'est pas de la philanthropie. Est-ce que je schématise trop simplement là ? C'est quoi pour la philanthropie ?
- Speaker #0
Je dirais même que le terme philanthropie, il n'existe pas en tant que tel. On dit souvent que les gens d'Afrique de l'Est parlent d'Ubuntu. C'est la communauté, ce n'est pas une question de philanthropie parce que la philanthropie, si on prend la définition de base, c'est l'amour de l'humanité. Et à partir de là, tous les gestes d'amour pour mon prochain que je crois...
- Speaker #1
On trouve qu'on est philanthropes, tous les humains sont philanthropes.
- Speaker #0
Pas tous certains !
- Speaker #1
Est-ce que par exemple, dans les communautés noires chrétiennes... on va dire ça comme ça, et donne beaucoup aux églises par exemple. Est-ce qu'on considère que c'est de la philanthropie ou c'est... La dîme. Ça c'est pas de la philanthropie. Je ne vais pas m'avancer sur ce terrain, je vais vous laisser parler.
- Speaker #0
Moi je dirais, si on parle de la définition de base de la philanthropie, c'est aussi de la philanthropie. Mais la seule chose, c'est la manière dont on l'a fait, parce que dans le cadre des chemins des communautés noires, surtout chrétiennes, l'église a été un point central, je crois qu'on en parle aussi dans l'étude, a été un point central dans dans les luttes justement contre l'asségration raciale puis le racisme, l'église a été l'endroit où les gens allaient chercher de l'aide donc après, le côté communauté, maintenant que ça va bien pour moi mais je redonne à cette église là parce que je sais que l'autre va venir chercher de l'aide donc c'est pour ça que je dis la nature la définition, on parlait d'élargir la définition du mot philanthropie, ça vient de là c'est qu'on a mis cette étiquette là puis le mot a évolué, puis la pratique aussi a évolué dans la manière de faire la philanthropie, comment on l'aperçoit, qu'elle soit au début, si c'était plus institutionnel, au moment des stérélogieux.
- Speaker #3
J'ai l'impression aussi, c'est une impression, puis ça me regarde moi, mais j'ai l'impression que la façon dont on, comment je peux dire ça, on donne la visibilité aux philanthropes aussi, on appelle ça des grands philanthropes. C'est souvent des gens qui sont en moyen, qui ont donné beaucoup d'argent pour un hôpital, pour une école, pour peu importe. Alors que, justement, ce que Linda a dit, la philanthropie, c'est des gestes au quotidien. Mais nous, en tout cas, je sais que dans notre société, on l'exprime d'une façon associée à beaucoup de capital, je pense. Alors que ce n'est pas nécessairement le cas.
- Speaker #4
Je pense que l'objectif de l'étude, ce n'est pas tellement de donner une définition que tout le monde doit retenir de la philanthropie, mais un des objectifs, c'était d'interroger les personnes sur leur perception de la philanthropie, en partant et d'amener... L'élément important, c'est qu'il y a différentes conceptions de la philanthropie à travers l'histoire, comme l'a dit Linda. Il y a eu des évolutions et actuellement, il y a plusieurs définitions qui cohabitent. Et c'était que les personnes puissent se positionner personnellement par rapport à cette définition en lien avec les pratiques qu'elles ont et que ça les amène à réfléchir à leur identité potentielle de philanthrope. Donc ça, c'est ça. l'objectif. Puis, un des résultats par rapport à ça, c'est que les personnes qui ont été interrogées à travers le sondage et à travers les entrevues, c'est une définition élargie de la philanthropie qu'elles ressortent. Ça veut dire que les gens qu'on a interrogés, ils sont plus à considérer, oui, effectivement, en y réfléchissant, quand je donne du temps, ou quand quelqu'un donne du temps, quand quelqu'un donne des biens matériels, ça doit être considéré comme de la philanthropie. Est-ce que la philanthropie, c'est un certain pourcentage de son revenu ? Non, pas nécessairement. Ça peut être un pourcentage plus ou moins important. Donc, c'est toutes ces réponses-là qui nous amènent à voir que les personnes qu'on a interrogées des communautés noires ont une définition élargie de la philanthropie.
- Speaker #1
Quand on parlait de temps, juste pour que ce qui ressort du rapport, quand on dit donner du temps. C'est du bénévolat, c'est de l'entraide, c'est du mentorat. Au niveau des biens, j'en ai parlé, c'est les vêtements, la nourriture, du matériel. Il y a le soutien direct aux personnes en difficulté, c'est de la philanthropie. Puis diverses contributions des organismes communautaires religieux. Et là vient une question, quand on parle d'argent, les gens que vous avez interrogés, on donne dans les communautés noires, grosso modo. 600 dollars, c'est annuel ou mensuel ?
- Speaker #4
Annuel.
- Speaker #1
Annuel.
- Speaker #4
Oui, c'est le don médian. Donc ça, c'est vraiment basé sur le sondage. Donc le sondage, c'était 280 personnes. Le don médian, donc c'est 50% des personnes interrogées donnent plus que 600 dollars et 50% donnent moins que 600 dollars. Donc c'est ça la médiane.
- Speaker #1
Qui donne ? Qui donne ? Qui sont ces philanthropes ? La question est peut-être mal posée. Le profil des philanthropes dans les communautés noires.
- Speaker #4
L'échantillon qu'on a eu de personnes, il est diversifié. Donc ça veut dire qu'on a pu interroger aussi bien des femmes que des hommes, des personnes à différentes tranches de revenus, qui ont différentes identités de nos culturelles africaines, afro-caribéennes, des personnes aussi qui sont nées ici, qui ne sont pas nées ici. Donc ça, c'est la diversité. de l'échantillon. Puis, c'est sûr qu'on a pu faire une analyse pour voir qu'en fonction du profil, il y a certaines différences dans les formes de dons ou dans à qui se dirigent les dons. Par exemple, ça peut paraître peut-être évident, mais c'est quand même un résultat qui ressort, c'est que plus le revenu est élevé et plus les pratiques de dons sont planifiées. Ça, c'est un exemple.
- Speaker #1
Je lis aussi que les femmes donnent plus que les hommes. Je m'attendais à un oui ferme. Non ? On parle avec nos faces.
- Speaker #0
Désolé pour les codices.
- Speaker #1
Notre podcast n'est pas vidéo. Non, non, mais c'est ça. Les femmes se distinguent plus par leur implication dans la philanthropie, déjà de manière globale, mais encore plus dans la philanthropie de proximité au sein de réseaux ou d'organismes, en fait.
- Speaker #4
Oui, et c'est ça. tout l'enjeu de la visibilisation de certaines formes plus informelles. Donc, quand on parle de don direct, ça vient avec le don informel. Donc, pas comptabilisé, pas visible. Et aussi, les femmes sont plus représentées dans le don de temps, par exemple. Et là encore, qu'on ne visibilise pas ou pour certains, qu'on ne considère pas comme de la philanthropie.
- Speaker #1
Tout à fait. Et je vais faire le lien avec un autre aspect qui est lié à l'âge. Les personnes de 45 à 59 ans sont beaucoup plus constantes dans leurs dons que les autres. Est-ce que ce n'est pas, là on parle donc de l'étude, je le rappelle, c'est sur les communautés noires. Est-ce que ce n'est pas le reflet de toute la société ?
- Speaker #3
Je ne sais pas, mais j'aurais tendance à dire oui. C'est-à-dire que... Ce qu'on voit, moi, ça ne m'étonnait pas nécessairement. On aurait pu appliquer, je pense, je ne veux pas généraliser, mais je pense qu'on peut appliquer ce type de résultat-là à plusieurs communautés, à la société en général, effectivement. Je ne sais pas s'il y a des études qui ont été faites de façon… Quoique, oui, il y a plein d'études qui ont été faites sur la philanthropie, puis je pense que ça se dégage. Les femmes qui donnent plus de leur temps, la tranche d'âge, la prévisibilité des dons, etc. Je pense que ça peut se refléter effectivement dans la société. Puis j'aimerais rajouter aussi que, je reviens aussi un peu en arrière, mais dans l'étude des signes vitaux, ce qu'on fait toujours, c'est que oui, on s'associe pour avoir des données quantitatives. Mais le qualitatif est extrêmement important, comme on le voit maintenant. On va chercher des données, justement, qui n'ont pas été comptabilisées, qui peuvent être étudiées, puis qui peuvent nous amener à avoir des conclusions intéressantes aussi. Donc, voilà, je voulais mettre ça en lumière.
- Speaker #2
Vous écoutez le podcast. L'Observatoire vit par.
- Speaker #1
Oui, il y a un problème de peu de visibilité de cette philanthropie-là. Quels sont les freins à la participation philanthropique ?
- Speaker #0
Je n'ai pas l'impression qu'il y a un frein à la participation philanthropique. Et c'est ce que l'étude des mondes, des communautés, donne. Il y a une culture, une tradition de dons qui est ancrée de génération en génération. Une fois de plus, c'est le mot philanthropie qu'on associe, fait qu'on ne le voit pas nécessairement comme ça. parce que Je prends l'exemple. Moi, j'arrive de mon Cameroun natal. Les dons, c'était commun. On va aux réunions familiales. Il y a quelqu'un qui a un enjeu. On peut me lever. Des sommes d'argent souvent importantes vont être remises à l'économie. à cette personne-là, ni venue connue. J'arrive ici, si j'ai la même affaire, je dois faire un don, je ne sais pas, une de mes causes qui me tient à cœur, c'est le centre d'action bénévole de ma ville, de ma région. Quand je fais le don là-bas, je n'ai pas l'impression, je fais juste reproduire les habitudes avec lesquelles j'ai grandi, ce que j'ai vu mes parents faire, mes proches faire. Donc de le taguer comme philanthropie, pas nécessairement. Et je crois que ce qu'on voulait aussi montrer dans cet étudat, c'était plus sur le côté... reconnaissance justement de nous-mêmes, de se dire « Ok, on le fait depuis longtemps comme communauté noire, on le fait depuis longtemps, il est temps que quand on dit « Est-ce que vous êtes philanthropes ? » qu'on puisse avec fierté dire « Oui, on l'est. » Et de l'autre côté, de venir un peu casser le pied qu'on peut avoir de l'autre côté, dire « Oh, les communautés noires ne donnent pas. » Ou alors « Qu'elles donnent, c'est que dans le pays d'origine. » Parce que ce sont des commentaires que j'ai entendus. Donc l'idée, ce n'était pas de dire aux gens « Ayez plus de philanthropie. » C'est « Vous le regardez, vous le faites déjà. » Mais assumez-le.
- Speaker #3
Tu disais, est-ce que c'est l'éducation ou quoi que ce soit ? Je pense que c'est une question de perception. C'est peut-être ça le mot de se percevoir aussi comme philanthrope. Dans la préface, puis on n'en a pas parlé, mais je pense que dans la perception collective aussi, peut-être que les communautés noires, je ne dirais pas ont l'impression, mais dans... la perspective générale, c'est souvent ceux qui reçoivent plutôt que ceux qui donnent. Alors que c'est vrai aussi, je veux dire... C'est dans les deux sens, en fait. Il faut peut-être mettre l'accent ou la visibilité ou la perception que les communautés noires donnent aussi, puis il faut le rendre plus visible.
- Speaker #1
Justement, on parlait de ça, c'est-à-dire que vous avez travaillé sur la perception à l'interne, dans le fait déjà de donner, mais parlons aussi quand même de recevoir. Et là, je sors peut-être des particuliers pour aller aux organismes. Est-ce qu'il y a, dans le sens inverse, est-ce que le grand... Quel est le terme que tu as utilisé tantôt, Linda ? Tu as parlé des grands philanthropes, que ce soit les organismes ou autres. Est-ce qu'elles donnent vers les communautés noires suffisamment ? Alors, mettons les choses.
- Speaker #0
Bélin, tu as l'objet de l'observatoire, Bélin, je crois que c'est toi qui vas le voir.
- Speaker #4
Ça, c'était vraiment un des points de départ assez importants de l'étude, parce que quand on fait une étude, on fait d'abord la recherche documentaire, qu'est-ce qui a été écrit là-dessus, puis philanthropie et communauté noire, une étude clé, c'est un rapport qui s'appelle « Unfounded » , qui a été publié en 2020 et dont l'objectif, c'était de... regarder comment les certaines grandes fondations donnent à des organisations qui sont dirigées par des Noirs. Et le résultat de cette étude, c'était que il y a une sous-représentation des communautés noires dans les dons des grandes fondations, que ce soit parce que ces fondations donnent à des organisations dirigées par des Noirs ou donne à des organisations qui ciblent les communautés Noires dans leurs actions.
- Speaker #1
On est dans l'après-Guy Floyd, je pense que ça doit venir de là, cette réflexion.
- Speaker #4
L'étude a été menée dans cette période-là, mais ça concerne des données de 2017-2018.
- Speaker #1
J'ai évoqué ça parce que vous avez toute une partie dans votre rapport sur les freins persistants à la participation. Passion philanthropique, Lina, tu me vois venir là. Et vous vous dites que les principaux obstacles identifiés sont des ressources financières limitées. Donc ça, c'est sur les personnes à faible revenu. Donc on comprend qu'ils ne peuvent pas donner, et ils n'en ont déjà pas assez, donc ils ne vont pas donner une méfiance envers certaines institutions en raison d'un manque de transparence. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce que ça veut dire ?
- Speaker #4
Alors ça, c'est une des données, c'est le qualitatif qui a permis. Oui. C'était des participants qui expliquaient que des fois, ils hésitaient à donner parce qu'ils n'étaient pas sûrs d'où allait leur don. Donc, c'est ça la question de transparence et de méfiance vis-à-vis des organismes, qui est un frein au don.
- Speaker #1
C'est à cause de sa manque de transparence ?
- Speaker #4
Manque de transparence perçue. qui fait qu'on se dit peut-être si je donne, est-ce que ça va arriver à la personne vulnérable que je vois ? Je voudrais aider aux groupes vulnérables que je voudrais cibler.
- Speaker #1
Parlons de la philanthropie diasporique, Lida, et la reconnaissance institutionnelle. C'est tout un chapitre de livre, ça. Qu'est-ce que tu peux nous dire là-dessus ?
- Speaker #0
Les diasporas donnent énormément. Et je mets souvent au défi...
- Speaker #1
Vers les pays.
- Speaker #0
Vers les pays. Et puis je mettrai au défi les auditeurs et auditrices qui font des dons au pays de comptabiliser. En 2025 seulement, combien ils ont envoyé au pays. Souvent, ça rencontre 100 réalisés à coût de 50, 100 $, pas nécessairement des gros montants, que ça monte très vite. Mais c'est un montant qui est donné, puis il n'y a pas de reçu pour fin d'impôt qui est remis, puis il n'y a aucune reconnaissance, en fait. Pourtant, il y a des organisations internationales auxquelles on peut faire des dons au Québec, au Canada. On a reçu pour fin d'impôt, mais cet argent-là va servir différentes... différentes causes à travers le monde, dont souvent dans les pays d'origine, justement des personnes ici des communautés noires. Donc je crois que c'est le côté, comment on est capable, en tant que côté institutionnel, comment on est capable de reconnaître cette philanthropie-là. Et puis pour des acteurs qui sont bien vérifiés, engagés, qui doivent avoir un numéro de bienfaisance en bonne et due forme, comment avoir ces intermédiaires qui vont pouvoir remettre des reçus pour faire un impôt pour ces contributions qui sont faites. Parce qu'il faut le rappeler, le total des dons faits par les communautés noires, les transferts internationaux de fonds à partir du Canada, dépassent l'aide publique de Coq3 le Canada à l'étranger. C'est un montant qui peut être substantiel. Donc comment on reconnaît ces efforts-là ? Puis l'idée encore, ce n'est pas nécessairement de cesser de dire, de montrer non seulement aux gens qui le font qu'on vous voit, parce que je crois qu'il y a... On parle beaucoup d'être vu puis d'être reconnu. C'est de dire aux gens qui font ces dons, on vous voit et c'est important parce qu'à partir du moment où on t'envoie ce message-là, ça te conforte dans l'idée de faire ce que tu fais et que ce n'est pas juste sur le coin de la table. Ça a de l'importance, la preuve. Écoute, on le reconnaît, on te remet un reçu pour faire un impôt pour ça. Et de l'autre côté, c'est aussi de dire à ceux qui ont encore des biais sur comment contribuent les personnes des communautés noires de dire, OK, c'est des gens qui contribuent à la même hauteur. Il peut avoir tout. toutes les barrières qu'on connaît. Systémique, pas systémique, je ne rentrerai pas là-dedans, mais il y a toutes les barrières, peut-être à l'emploi, les barrières qu'on peut vivre dans la vie de tous les jours. Mais il y a aussi une volonté, je pense, de ces communautés de contribuer sur place. La preuve, les gens qui donnent à l'étranger sont souvent ceux qui vont donner sur place. Donc, on croit, il n'y a pas une tension là entre je mets mon argent là, pas là. Ce n'est pas de dualité. C'est des choses qui, en compétition, c'est des choses qui cohabitent. Je fais du bien, oui, dans mon pays d'origine parce que je viens de là et puis souvent c'est là où je suis né. Mais remarque, après la deuxième génération...
- Speaker #1
Puis il y a les soins peut-être plus importants.
- Speaker #0
Souvent, mais à partir de la deuxième génération. Je crois que mes enfants sont presque tous nés ici. On s'entend que eux, donnés au pays, ils n'ont aucune idée. Ils connaissent pratiquement tout leur cercle ici au Québec. C'est les gens qui vont donner ici, forcément. Donc de comprendre qu'il n'y a pas de compétition. Et puis une fois qu'on va vraiment dire aux communautés, vous donnez, on reconnaît vos dons. Et on va commencer à mettre de jolies photos de philanthropes dans les campagnes majeures, peu importe, d'avoir ces visages-là. Mais ça va changer aussi le narratif, je pense, dans le reste de la société.
- Speaker #1
Voilà un résultat ou une conséquence de ce rapport-là qui, quelque part, va faire beaucoup de bien à beaucoup de personnes. La perception, Belinda a beaucoup utilisé ce terme-là. Il y a un autre terme que vous utilisez, vous parlez de tension, de tension du système. philanthropiques. Je vais me tourner vers Béline à vous parler, avoir le point de vue des organismes communautaires.
- Speaker #4
Dans les données qu'on a pu collecter, parce qu'une partie du sondage, il y avait quelques questions qui s'adressaient aux individus, mais en tant que représentant d'organismes philanthropiques. Donc ils devaient s'auto-identifier comme représentants d'organismes philanthropiques, dirigeants d'organismes philanthropiques, puis il y avait d'autres questions. C'était des questions pour voir un petit peu qu'est-ce qui pouvait être les freins à leurs actions, etc. Puis, je ne vais pas amener une découverte majeure, mais l'attention, c'est par rapport au financement. Mais au-delà du financement, c'est les conditions de financement des organismes, peut-être en général, mais des communautés noires, avec... De l'information qui peut-être n'arrive pas à ces organisations, le fait de ne pas être dans des canaux qui permettent d'accéder à certains financements. Donc, je dirais qu'une première tension. C'est à ce niveau-là, c'est la connaissance du système et de comment ça fonctionne, l'écosystème philanthropique au Québec et au-delà.
- Speaker #1
On a un faible accès aux différents réseaux décisionnels. Est-ce que Catherine peut se faire la porte-parole, Catherine et Linda d'ailleurs, est-ce qu'elles peuvent se faire porte-parole des organisations philanthropiques ? Elles, de leur côté, comment elles voient ça ?
- Speaker #3
C'est difficile. Je devrais mettre des caméras. C'est un peu difficile pour moi de répondre à ça quand même parce que je n'ai pas ces accès nécessairement.
- Speaker #1
Mais de votre vécu, de votre expérience à toutes les deux, qu'est-ce qui peut justifier la réticence des organisations philanthropiques, en dehors de la transparence dont parlait, je pense, Cébé, il n'y a qu'à évoquer la transparence.
- Speaker #0
Je vais peut-être m'essayer. Il y a le côté, on parlait de biais. Souvent, les grandes organisations qui financent, qui soutiennent, c'est souvent des organisations qui existent depuis plusieurs années, dans la plupart des temps, qui sont établies. qui ont une manière de faire. On parlait de pratiques philanthropiques, philanthropiques qui évoluent. Là, on parle de plus en plus de philanthropies basées sur la confiance. Donc, tu viens avec l'organisation, tu viens avec un projet, puis je fais confiance à l'organisation de savoir comment le mener. Puis je ne viens pas poser des questions sur ta reddition de compte, ligne après ligne, dollar après dollar. Donc, je crois qu'il y a ce côté de pratique, je pense, qui ont fait que dans l'usage, c'est juste plus facile d'aller peut-être vers des organisations qu'on connaît, qu'on a déjà travaillé avec. puis qu'on se dise les vraies affaires, il y a aussi un peu de réseautage là-dedans. Je connais telle qui m'a recommandé telle, peut-être que j'ai plus confiance en versant une subvention de dire que ça va se rendre. Et puis il y a les budgets qui sont serrés, donc il y a des besoins énormes que ce soit à travers le Grand Montréal, à travers le Québec aussi. Donc souvent c'est, mais qui t'as choisi, je vais aller avec ce vers quoi je suis confortable. Je sens qu'on voit de plus en plus de joueurs qui vont décider de laisser C'est là. le mainstream, je n'arrive pas à trouver le mot en français, tout de suite, et puis aller vers des pratiques qui sont plus innovantes. Donc de dire, on va soutenir, mettons, un groupe qui vient avec une idée, ils ne savent pas encore comment le structurer, mais on va les accompagner. Parce qu'on oublie souvent que le soutien, quand on parle de philanthropie, même dans ce sens-là aussi, je veux dire des organismes, des fondations subventionnaires vers des organismes, ce n'est pas nécessairement de l'argent. Je le sais, je travaille pour une organisation, je lève des fonds, justement. souvent c'est pas nécessairement l'argent dont on a besoin il y a des services qui sont aussi appréciés il y a tout le côté de comment structurer peut-être la pensée parce que les organismes souvent communautaires et je crois que c'est le cas beaucoup dans les organismes créés par les communautés noires c'est une personne qui a vu qu'il y avait un vide et puis qui s'est dit je vais y aller c'est pas nécessairement une personne qui a une formation en philanthropie c'est pas nécessairement une personne qui connait comment le système marche mais c'est juste cette passion là qui est bien portée Merci. Mais si elle a des mentors, des personnes qui vont l'aider à structurer son idée au fur et à mesure, ça aussi, ça a souvent une valeur tout autant importante que le don qu'on va remettre. Je mets encore biais ici parce que je ne pense pas que personne ne fasse de manière intentionnelle de dire je ne vais pas soutenir des communautés noires ou bien peu importe. Mais c'est vraiment comment je peux quitter les sentiers battus et puis le confort de ce que j'ai appris jusqu'aujourd'hui pour oser autre chose.
- Speaker #3
Je pense que c'est ça, les organisations... qui sont déjà sensibilisés à l'absence de données ou au vide qui est créé, d'être plus intentionnels, donc de faire des actions en ce sens, d'essayer aussi, je pense que les décideurs doivent penser aussi à essayer de collecter des données pour qu'on puisse... évoluer pour qu'on puisse avoir un signe vitaux dans 10 ans avec des données différentes puis des données beaucoup plus justes qui vont nous aider à diffuser de la connaissance. Donc, d'être intentionnel de la part des organisations qui sont déjà sensibilisées.
- Speaker #1
Sensibilisées. Et plus de communication.
- Speaker #3
Oui, exactement. De poursuivre le dialogue. Je pense que nous, à la Fondation du Grand Montréal, on prend l'occasion des signes vitaux avec l'Observatoire. On fait un rendez-vous de la FGM, donc une discussion le 18 février, si vous voulez. vous êtes tous conviés, pour justement essayer de poursuivre le dialogue, poursuivre la discussion, pour justement qu'on puisse collectivement être plus, je cherche le mot.
- Speaker #1
Plus efficace, plus efficient, plus, c'est ça ?
- Speaker #3
Non, c'était pas ça que je voulais dire, mais ça aussi.
- Speaker #1
Et parce que quand tu... C'est Catherine qui parlait de la collecte de données, qui parlait des grands décideurs. Mais est-ce qu'à partir de votre rapport, un des appels à l'action n'est pas que même les philanthropes eux-mêmes, que ce soit à titre individuel ou que ce soit les organismes, eux-mêmes ne... Je ne demanderais peut-être pas à une dame de collecter à chaque fois qu'elle met un 5 dollars quelque part, de le noter. dans un carnet ou lorsqu'elle donne du temps quelque part de le noter. Mais est-ce qu'allons vers les organismes ? Est-ce que les organismes aussi, eux-mêmes, ne peuvent pas commencer à collecter des données eux-mêmes ? Non, c'est difficile ? Ou ce n'est pas l'ambition ?
- Speaker #3
C'est ça. L'idée, c'est un peu ça. Je pense qu'on en a parlé tout à l'heure. Le frein dans plusieurs situations, c'est l'argent ou les moyens humains de pouvoir… de pouvoir faire ce genre de travail. Donc, je pense qu'il faut que ça aille à un niveau supérieur. Il faut que ce soit les institutions, que ce soit les gouvernements qui, dans le recensement, par exemple, est-ce qu'on ne peut pas élargir à d'autres questions, justement pour collecter des données. Communication.
- Speaker #1
Bien, voilà. Communication. Communication. Voilà. Effectivement. On est parti dès le début pour comprendre un peu pourquoi cette philanthropie-là est... était peu visible. Le rapport donne beaucoup d'éléments qui l'expliquent. On ne peut pas passer à travers tous les éléments. On a essayé d'en ressortir quelques-uns. Mais je voudrais qu'on sorte de là, qu'on termine un peu notre échange sur une question. Qu'est-ce que ça changerait que la philanthropie des communautés noires soit reconnue ? Qu'est-ce que ça changerait que ce soit reconnu ? pleinement.
- Speaker #3
On parlait de perception. Déjà d'avoir une perception plus positive de sa propre communauté, de pouvoir le diffuser, de pouvoir l'exprimer, le communiquer, justement, on parlait de communication, le communiquer autrement pour rendre visible aussi ce qui est actuellement très invisible.
- Speaker #0
On parle d'assiette philanthropique. Souvent, ceux qui sont en développement philanthropique en parlent. Mais cette assiette-là, je dis souvent qui on considère dans l'assiette. Mais je crois que ce que ça changerait d'avoir une reconnaissance puis une meilleure perception serait d'élargir un peu plus l'assiette et de ramener donc, de mobiliser plus de moyens pour le milieu philanthropique. Parce qu'on a parlé de structurer. Souvent, c'est une bonne chose de structurer. Pas totalement, mais de structurer, ça va être une bonne chose. Mais imaginez toutes ces personnes qui donnent. un peu comme ça, si on les aide à structurer subitement. Je prends un exemple, c'est la personne qui fait son don, puis dit « Oh, moi, j'ai pas envie du reçu pour faire un impôt. » Moi, ça m'énerve. Comme si tu as l'opportunité d'avoir un reçu pour faire un impôt, prends ton reçu pour faire un impôt. Si c'est pas important pour toi, redonne-le. Si tu voulais t'appauvrir de 20 $ en faisant un don, mais fais ton don de peut-être 25, je sais pas c'est quoi les taux exactement, fais un don de 25 $ et le retour d'impôt, tu considères que ça a que couvert la différence. C'est le genre de choses comme ça qui vont permettre de mobiliser plus de moyens, je pense, dans la communauté, les communautés noires, mais également dans les communautés de manière générale à travers le Québec.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça changerait, Belinda, en pleine reconnaissance ?
- Speaker #4
On a mentionné tantôt qu'il y avait eu le lancement de l'étude en novembre dernier. Puis, dans le cadre de cette activité, il y a une personne qui est venue me voir. à la fin de la présentation, puis qui m'a remerciée. Et je pense que c'était un merci collectif pour toutes les personnes qui ont participé à l'étude, pour une étude de ce genre-là, pour dire combien c'était empowering. Donc, reconnaître la philanthropie des communautés noires, permettre à des individus de se reconnaître comme philanthropes, ça donne du pouvoir. Parce qu'en fait, on l'a dit, le mot philanthrope, on l'associe à certaines personnes qui ont certaines caractéristiques. Puis c'est connoté positivement. Donc dès qu'on va utiliser des termes comme philanthrope... propres, citoyens, puis qu'on va se les approprier, ça va nous donner du pouvoir de se dire que oui, je fais de la différence dans la société et je dois le dire et je dois construire là-dessus. Donc, je pense que cette reconnaissance, c'est une manière de donner du pouvoir, de redonner du pouvoir aux communautés noires.
- Speaker #1
Vous êtes contente de votre étude, de ce rapport ?
- Speaker #3
Très contente,
- Speaker #1
oui. à la Fondation.
- Speaker #3
On est ravis de l'étude parce qu'on en fait depuis 2006. On en fait régulièrement. Puis, celle-là est particulière parce qu'elle n'a jamais été faite avant. Donc, c'est encore plus intéressant.
- Speaker #1
Et du côté de l'Observatoire, je n'ose même pas poser la question.
- Speaker #4
On est très contents de cette première étude et on espère que ça va donner lieu à d'autres recherches. On a parlé du manque de données. Puis aussi, quand on a travaillé sur l'étude, la conception avec le groupe de travail, il y avait tellement de choses qu'on voulait faire. On était limité avec un calendrier, un échéancier. Donc, on a dû faire des choix. Mais c'est sûr qu'il y a des choses qu'on doit approfondir. Exemple ? Je pense que le volet organisation, il y a vraiment beaucoup de... de choses à approfondir là-dessus, parce que là, ça a été très axé sur l'individu, ses perceptions, ses pratiques. On a touché un petit peu le côté organisationnel, mais les organisations des communautés noires comme organisations philanthropiques, ça, ça mériterait, entre autres, une cartographie, connaître un peu les profils de ces organismes, qu'est-ce qu'elles font, de découvrir qu'elles donnent pour la communauté noire, mais... au-delà de la communauté noire. Donc ça, c'est un champ pour moi à explorer.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #3
On se donne rendez-vous dans dix ans.
- Speaker #1
Mais avant dix ans, j'ai une dernière question encore pour chacune de vous. Tout le long de cette étude, de ce rapport, de ce travail, quelle est une chose, quelle est la chose qui vous a surpris en bien ou en... positivement ou négativement. Elle avait la parole, non. Linda, une chose, positive ou négative ?
- Speaker #0
Positivement, peut-être ce qui m'a surpris, c'est que quand on a parlé dans la fameuse auto électrique, quand on a dit on fait un signe vitaux, mon réflexe était, on n'aura jamais de contenu parce que le signe vitaux, c'est comme du solide, c'est du concret. Puis quand on a eu la première rencontre du groupe de travail, j'étais comme, on n'aura jamais assez de pages pour mettre tout ça. Donc, c'est une chose qui m'a surpris, c'est la richesse, justement, du thème, puis le nombre de choses qu'on peut explorer là-dedans. Et l'autre chose, je n'étais pas nécessairement surpris, mais ça m'a conforté, c'est l'absence criante de données en ce qui concerne la philanthropie des communautés noires et même des autres groupes ethnoculturels.
- Speaker #3
Catherine ? Oui, évidemment. Moi aussi, je pensais qu'elle allait avoir beaucoup plus de données. Et instinctivement, je me disais, mais voyons, c'est connu, c'est su, les habitudes philanthropiques des communautés noires, il me semble que pour moi, c'était un peu... Alors, même chose, moi, je vais dire, la chose que je retire de cette expérience-là, c'est la collaboration avec l'Observatoire, qui a été franchement extraordinaire. et je pense que c'est le début d'une... d'une longue amitié ou de collaboration future. Donc moi, c'est ce que je retire de toute cette aventure.
- Speaker #1
Belinda, tu ne sais pas les données parce que je sais que les observatoires, ce sont les données.
- Speaker #4
Oui, mais c'est ça. Ce sont les données. J'ai l'impression que, c'est sûr que je répète ce que disent mes collègues, mais par rapport à l'absence de données, c'est sûr que ça a été frappant parce que nous, on commence par faire la recension des écrits. Puis on trouve des choses uniquement sur les États-Unis. Puis c'était tellement, même le reste du Canada, il y a des choses, mais tellement peu. Donc ça, c'était quand même une surprise. C'était quand même une surprise.
- Speaker #1
Je me rappelle, on s'était retrouvés, je veux finir avec une petite anecdote, on s'est retrouvés au HEC pour un colloque sur la philanthropie. J'étais sur le panel et puis j'expliquais. du moins je ne sais pas à un moment donné, je ne sais plus comment je l'ai dit, mais j'avais expliqué que la philanthropie dans les communautés noires, celle que moi je connaissais en fait, c'est un terme qui n'existe pas. que c'était plus ou moins, je pense, on a abordé un moment de la philanthropie, notamment dans le milieu des arts. Puis je disais, vous savez, l'art, on considérait, notamment dans certaines communautés, que l'art, ça ne s'achète pas. On n'est pas philanthrope devant l'art et tout ça. On voit une œuvre d'art, c'est une œuvre d'art, mais on ne va pas faire preuve de philanthropie. Puis je m'appelle après dans les couloirs, à la fin, Linda et moi, on s'est vus, on était assis dans le public. On a eu un échange qui fait qu'aujourd'hui, et puis à l'époque, elle avait fait une tribune, je ne sais plus dans lequel, des quotidiens montréalais, sur justement la philanthropie des communautés noires. C'est depuis ce moment que ça fait tilt dans ma tête. Et quand l'Observatoire, j'ai vu que dans les différentes études, il y avait ça, puis il y avait le lancement avec vous et tout, j'ai dit bon, enfin, on aura. à la portée de tout le monde, des informations importantes, des faits, des constats qui vont peut-être pousser chacun à réagir. Moi, je veux terminer en empruntant une phrase à votre rapport qui dit ceci, je cite, « Reconnaître la philanthropie des communautés noires, c'est reconnaître une force collective faite de solidarité, de dignité et d'autodétermination. C'est aussi élargir. Notre conception de la philanthropie est bâtir un écosystème philanthropique plus juste, plus diversifié et plus représentatif du Québec d'aujourd'hui. Fin de citation. C'est avec ça que moi je vais terminer, puis dire aux gens deux choses. Le rapport est téléchargeable sur le site de la Fondation du Grand Montréal. Absolument. Il va être à l'Observatoire. Le 18 février, on a dit qu'il y a quoi ?
- Speaker #3
Il y a un rendez-vous de la FGM. Ce sera publicisé dans les prochains jours, si vous êtes intéressés à poursuivre la discussion.
- Speaker #1
Sur la philanthropie des communautés noires. Voilà. Beaucoup, comme moi, découvrent qu'ils sont philanthropes. Ce n'est pas juste l'argent, c'est du temps. C'est les ballots qu'on va déposer à gauche, à droite, là où on se dit, ben non, c'est juste, voilà, c'est de la philanthropie, sachez-le. Merci beaucoup à toutes les trois. Et puis, voilà, je le dis encore, le rapport, il est là. Franchement, il est plein d'informations. C'est un gros pavé de 100 pages. Ça, c'est quand on a le papier.
- Speaker #4
Il y a des photos aussi.
- Speaker #1
Oui. Il y a des œuvres. Mais voilà. C'était dans le dos. Il y a tout ça. Merci beaucoup à vous. Puis on se dit au prochain épisode de l'Observatoire vous parle.
- Speaker #2
C'était le podcast de l'Observatoire du Val, un podcast produit par l'Observatoire des Communautés Noires et l'Institut Néo-Québec.