Speaker #0Bonjour à toutes et à tous. Depuis plusieurs mois, j'ai envie de vous proposer des épisodes solos pour partager avec vous des récits plus intimes et personnels. Partager son vécu est une façon de réaliser le chemin parcouru tout au long des années. Et le faire aujourd'hui, après avoir traversé des périodes de vie intenses, a pour moi une portée symbolique forte. Pour ces premiers épisodes, je vous emmène dans mon histoire avec le sport, la rencontre, les évolutions et les projets à venir. Je ne sais pas encore où cette exploration de l'intime nous mènera. Je crois que le chemin compte davantage que la destination. Si vous avez apprécié ce nouveau format, dites-le-moi sur votre plateforme d'écoute et partagez le podcast autour de vous. Pour ceux qui s'interrogeraient, la photo de couverture est signée Julien Richardson, que je remercie du fond du cœur. Je vous souhaite une bonne écoute du chemin. Il y a un sujet qui me trotte dans la tête depuis longtemps, et dont je n'ai parlé, je crois, qu'avec... Le tout premier psy que je suis allée voir quand j'avais 19 ans. Et dernièrement, notamment dans la suite des épisodes du Chemin, j'ai discuté avec d'autres femmes essentiellement, et on a parlé des troubles du comportement alimentaire. En tout cas, elles m'ont parlé des leurs et de ce qu'elles avaient vécu. Pour certaines, de l'anorexie, de la boulimie, d'avoir aussi une image déformée de soi-même, d'ismorphophobie, je crois que c'est ça le bon mot. et je les ai toujours écoutées avec beaucoup de bienveillance. Et aujourd'hui, j'avais envie d'en parler. J'avais envie de parler des TCA, du rapport au corps, et de ce que le sport peut guérir aussi de ça. En tout cas, je parle de mon expérience personnelle. Ça n'est pas du tout une généralisation, et je pense que chacun est différent, et peut-être que pour certaines personnes, le sport aura pu renforcer certains TCA. Et pour d'autres... Comme moi, c'est mon cas, ça a pu les aider aussi. Alors avant de vous parler du sujet des TCA, j'ai envie de vous parler du rapport que j'ai à l'alimentation depuis que je suis toute petite. Moi, j'ai toujours adoré manger. Dans ma famille, on disait même qu'il valait mieux m'inviter au cinéma plutôt qu'au restaurant. Après, c'est aussi de la faute de mes parents. qui m'ont habituée à aimer les bonnes choses. Les bons produits, les bons plats. Moi, j'étais toujours le genre à signer à son assiette, quoi. Même à se resservir. Et d'ailleurs, les gens me disaient que j'avais des bonnes joues. Enfin, tous les trucs qu'on dit, en fait, aux enfants qui ont un bon appétit et qui font pas toujours du bien, en vrai. Et d'ailleurs, je sais qu'aujourd'hui, je fais très attention à... Est-ce que je peux dire sur l'alimentation à mes enfants ou aux enfants que je peux croiser, aux ados que je peux croiser ? Donc moi, dans ma famille, j'étais plutôt une bonne vivante qui aimait bien manger, qui mangeait quasiment de tout, sauf certains fruits. Ça, mes amis le savent. Mais voilà, vraiment, j'aimais ça. Après, je faisais beaucoup de sport et tout. Donc voilà, j'ai jamais, pendant mon adolescence, mon enfance, j'ai pas eu du tout de soucis de surpoids, par exemple. Ou au contraire, de poids trop léger. Mais euh... Je me rappelle assez bien, c'était au collège. Les années collège, c'était vraiment horrible. De temps en temps, je me sais vomir. En fait, je me souviens encore du goût que ça avait de mettre les doigts dans la bouche au fond de la gorge pour se faire vomir. Je pense qu'en fait, ce goût-là, on ne l'oublie jamais. Ça reste toujours quelque part. Je me faisais vomir pas tous les jours, mais régulièrement, quand parfois je trouvais que j'avais trop mangé. Et pourtant, à ce moment-là, je faisais quand même pas mal de sport et je me dépensais bien. Mais je pense que... C'est une époque où on a le collège, au début du lycée, on a un rapport à notre propre corps qui est quand même très compliqué. Il y a plein de choses qui changent, il y a des seins qui poussent, les hanches qui s'élargissent. Pour certains, on a des boutons. Franchement, c'est vraiment des années qui ne sont pas cool du tout. Pour l'image de soi et l'estime de soi. Quand j'étais au lycée, je pense que je ne me suis plus trop fait vomir. J'avais un amoureux et je pense que ça me rendait heureuse aussi. qui était un chouette gars et tout. Et je me rappelle, quand on s'est séparés, moi j'étais en prépa, et c'était quand même dur la prépa. Je veux dire, c'était intéressant, mais c'était dur aussi. Et puis en même temps, des fois, on se mangeait des commentaires des profs, c'était pas toujours utile. Et je pense que dès qu'il y a des attaques sur l'estime de nous-mêmes, ça rejaillit aussi sur comment on se voit, et comment on se regarde, qu'est-ce qu'on aime ou qu'on n'aime pas chez nous. et je pense Je pense qu'à ce moment-là, je ne m'aimais pas du tout. Et j'ai recommencé à me faire vomir. Maintenant, quand je regarde des photos de moi à cette époque, je me dis, mais n'importe quoi. T'étais trop belle, meuf. Voilà. Mais à ce moment-là, oui. Je me faisais vomir assez régulièrement. Mais je pense que j'avais peur de grossir. Et... Je pense que j'avais pas trop appris à m'aimer ou à aimer mon corps. Je pense que c'était vraiment des choses, ça me semblait très loin de moi. En plus, quand j'étais ado, moi j'étais un peu l'archétype de la première de classe. ses lunettes, son appareil dentaire, un lintello, vous voyez. Donc moi, je m'étais dit, je ne suis pas la plus bonne de tes copines, mais je ne suis pas la plus bonne de tes copines, mais je suis la personne intelligente dans la salle. En tout cas, moi, c'est comme ça que je me voyais, je me percevais comme ça. J'étais en mode, ouais, c'est OK, je ne suis pas la plus belle, mais dans la pièce, je suis peut-être la plus intelligente. Et donc, je pense que j'ai traîné ça longtemps. Mais vraiment traîné. Un gros boulet aux pieds. Je me rappelle que quand j'ai commencé à faire du fitness, quand j'ai commencé à bosser, ça me permettait d'aller un peu mieux dans mon rapport avec mon corps. C'était plutôt cool, c'était fun, franchement. Mais en même temps, il y avait une forme d'empêchement. Je sais pas comment dire, mais en fait, je m'y mets pas du tout. Vraiment. Il y a des trucs que je trouvais jolis, mais souvent, je fuis un peu mon reflet. Vraiment, c'était dur. Je me rappelle, il y a eu un moment qui a été hardcore aussi. C'est quand on m'a diagnostiqué de l'endométriose. Et que le chirurgien m'a opéré, on m'a opéré. Ce n'était pas un stade trop avancé. Donc tant mieux. Mais quand on a de l'endométriose, le mieux après pour hésiter de ré-inflammé et qu'il y ait à nouveau l'endomètre qui se mette un peu n'importe où dans le corps, il ne faut plus avoir de règles. Et moi, je me suis dit que j'allais... pas encore eu d'enfant, j'avais l'emprunt d'en avoir. Et donc le chirurgien qui m'avait opéré, il m'a prescrit une pilule à prendre tout le temps. Sauf que, je pense, j'ai pris 10 kilos, quoi. Et lui, il me dit, ah oui, j'aurais pu vous le dire, mais c'était du confort. Pardon, mec, putain. C'est du confort pour qui ? J'étais pas bien du tout à ce moment-là. Après, j'ai eu mon fils, qui est arrivé. Et là, j'ai pris pas mal de poids pendant ma maternité. Merci. mais par contre j'avais aussi beaucoup de gratitude par rapport à mon corps et je pense qu'après l'arrivée d'Henri ma pratique du yoga m'a fait beaucoup de bien ça m'a reconnecté à un truc assez cool mais alors à ce moment là je peux vous dire que je me détestais puissance 10 000 je me sentais mal vraiment vraiment mal J'acceptais pas du tout mon corps post-maternité. Ça a commencé à aller mieux, je pense, 18 mois après la naissance d'Henri. Et encore, je suis gentille, mais c'était très dur. Je pense que même... Même les photos de ces années-là, je n'ai pas du tout envie de les voir. Vraiment. Après, il y a eu Hortense. Hortense, j'ai pris moins de poids, par contre. Et après Hortense, comme il y a eu ma séparation, et que je me suis remise à courir, et que j'ai perdu aussi beaucoup de poids à ce moment-là, Le fait de courir notamment, au-delà de la perte de poids, je pense que c'est un peu secondaire. Mais par contre, ce que j'ai ressenti quand mon corps s'est mis en mouvement, vraiment, m'a apporté, m'a permis de tenir le coup pendant toute la phase de ma séparation. Ben ça, ça a été très fort, vraiment. Je pense qu'à ce moment-là... J'ai recommencé à me regarder dans le miroir. Et à me dire, ta meuf t'es solide quand même, tu cours et tu cours bien. Et puis après j'ai commencé le crossfit. Et là, forcément tu travailles des muscles, tu développes des choses, c'est assez fou. Et ensuite j'ai eu cette relation de 18 mois où j'ai quand même fait moins de sport à cause de cette relation. Parce que dans l'organisation de mon emploi du temps en tout cas. Mais grosso modo, maintenant... On va dire que depuis un an, je me suis remise à fond au sport, et encore plus depuis 8 mois. C'est ce que je disais dans l'épisode 4. Depuis 8 mois que je suis chez CrossFit Vauban, il y a vraiment eu quelque chose qui a changé. changé. Alors ouais, je me suis séparée. Ça, c'est un big changement. Et ce que j'ai mis en place après cette séparation, ça a été profondément réparateur pour moi. C'est-à-dire que le fait de m'être mis en mode, je vais faire du sport, je vais aller atteindre mes objectifs, je vais courir mes semi-marathons, je vais refaire des Irox, j'y vais, quoi. Ça, ça m'a fait beaucoup de bien. Parce que quand on a des objectifs, c'est sûr que ça renforce aussi l'appétence qu'on a de s'y mettre. Donc ça, c'est sûr que ça a beaucoup, beaucoup, beaucoup aidé. Et puis aussi, j'ai vraiment ressenti le besoin de me remettre en mouvement et que de cette séparation naisse quelque chose qui serait cool pour moi. Et ça, pour moi, c'était très important. et en parallèle j'ai fait aussi autre chose pendant Quasiment six mois, j'ai fait une genre de grève des relations amoureuses. Voilà, j'avais pas envie. Je pense que c'était très bien d'ailleurs de faire ça. On dirait vous aussi ces trucs que vous avez fait post-rupture, de vous mettre un peu en retrait de tout ça. Et du coup, pendant ces mois-là, je me suis concentrée uniquement sur mes enfants, mes amis, le sport et ma boîte. C'était les quatre sujets de ma vie et tout ne tournait qu'autour de ça. Et ça, je pense que ça a été vraiment fondamental dans mon processus pour renouer avec une forte estime de moi-même, pour renouer avec un lien profond avec mon corps. Parce que moi, je me rappelle ce que j'ai ressenti. J'avais fait un premier trail au mois de septembre de l'année dernière et c'était genre, je ne sais pas, 15 jours après ma rupture. J'étais vraiment au bout du rôle. Même si c'est moi qui avais voulu rompre et tout, mais après, les histoires, c'est quand même pas simple. Ça, déjà, c'était trop cool. Le semis de Marchienne, c'était incroyable. Je l'ai raconté dans un des épisodes du chemin et je vous laisserai écouter si vous avez envie. Ça m'a fait beaucoup de bien. Le semis des Moulins, pareil. Au milieu, il y avait 10 km de Dunkerque. Et là, depuis les débuts d'année, ce qui se passe est juste fabuleux. Et surtout, ce qui se passe, c'est que j'ai renoué Merci. Il y a un rapport sain à mon corps. Je l'aime. Vraiment. Il est comme il est. Je ne suis pas goulée comme je ne sais pas quoi. Je suis comme je suis. Mais vraiment, je me sens dans une totale harmonie avec mon corps. Je suis tellement fière de ce qu'il accomplit. Je suis tellement fière de tout ce qu'il me permet de faire. Moi, je le vois. Je vois aussi comment il s'est transformé ces derniers mois. La façon... Moi j'ai jamais eu un dos aussi musclé, des bras aussi musclés, et je me sens vraiment puissante. Et ça en fait, je crois que c'est quelque chose qui est hyper important pour renouer avec l'estime de nous-mêmes, avec la vision qu'on a de notre image, comment on se regarde. Je pense que ça, ça change tout. C'est très très très puissant. C'est un truc que ça nous nourrit à l'intérieur, ça vient apaiser beaucoup de choses. et donc Ça fait longtemps que j'ai plus eu de soucis de troubles du comportement alimentaire. Et je dirais même que la pratique intensive du sport m'a fait repenser mon alimentation pour me nourrir suffisamment. D'autant plus que maintenant je suis végétarienne et je réfléchis à bien manger, à manger en suffisance, de voir mon alimentation comme quelque chose à la fois de plaisir évidemment, mais aussi quelque chose de fonctionnel, qui me permet de bien fonctionner, qui permet à mon corps de performer. Qu'est-ce que je mange pour être bien le matin avant d'aller courir ? Qu'est-ce que je mange le midi, le soir ? Qu'est-ce que je prends comme collation ? Ça me passionne aussi de regarder tout ça. Et en fait, du coup, je vois l'alimentation comme un peu un paramètre de ma forme générale. et sur lequel je peux agir selon ce que je mange. Moi j'adore cuisiner, donc voilà. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que la reprise du sport à un niveau intensif me permet de renouer avec un rapport sain à la nourriture et un rapport sain à mon propre corps. Et parce que je suis très fière de tout ce qu'il a accompli et que de ce fait-là, j'ai envie de tout mettre en place. place pour accompagner en tout cas mon corps dans ses performances. Et je pense que ça, ça change beaucoup de choses. Avant, j'avais de la culpabilité sur l'alimentation. Enfin, tout est difficile dès qu'on a... Parce que parfois, c'est insidieux, les troubles du comportement alimentaire. C'est pas juste... Il y a l'anorexie, il y a la boulimie, il y a... Il y a tout ça, et c'est vraiment des maladies, et c'est très difficile pour les personnes qui sont touchées. Et après, il y a des trucs hyper insidieux sur la culpabilité de manger, sur le fait de refuser certaines choses. Enfin voilà, c'est très dur. Et puis en plus, quand tu es sur les réseaux, on entend un peu de tout et n'importe quoi. Je remercie aussi ceux qui ont débunké un peu tous les trucs débiles. mais aujourd'hui je... Je pense que j'ai trouvé une forme de paix, en tout cas par rapport à mon corps, grâce à la pratique sportive. Ça m'a permis de renouer profondément avec mon corps, de pouvoir écouter mon corps, de me dire ok, là on a besoin de repos, là on a besoin de manger. En fait on a besoin, sinon ça va pas aller, il faut qu'on mange, il faut qu'on mange une grosse assiette. mais ouais je pense que ça ça change beaucoup de choses et que le sport la pratique sportive a eu ça a eu cet effet là pour moi de m'éloigner en tout cas de mettre loin de moi les TCA qui auraient pu revenir suite à ma rupture parce qu'évidemment dès qu'on est un peu fragilisé c'est des choses qui sont jamais trop loin de nous donc voilà je voulais vous en parler j'espère que cet épisode vous aura à pas trop plomber. Mais ça me paraissait aussi important de parler de ce sujet qui est encore compliqué. Même pour moi, c'est tabou. Je pense qu'il y a des personnes qui sont mes amies qui ne savent pas ça. Peut-être sans doute ou quoi, mais en tout cas, on traverse tous, on a tous nos moments difficiles et je pense que c'est bien aussi de trouver le chemin pour en parler. Et donc j'espère aussi que pour certains d'entre vous, cet épisode vous fera peut-être du bien. Si vous avez envie qu'on en parle, n'hésitez pas à m'envoyer des messages. Je ne suis pas une professionnelle de santé, mais parfois, juste faites en discuter. C'est déjà beaucoup. J'espère que cet épisode du chemin vous a plu et qu'il vous accompagnera peut-être si vous aussi vous êtes sur la route. Je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode. Et d'ici là, prenez soin de vous.