- Speaker #0
Je m'appelle Hugo Benz, entrepreneur et CEO du startup studio La Chapelle. Avec le podcast La Chapelle Radio, on déguste les histoires croustillantes d'entrepreneurs à succès, sans sauce ni artifice. Car derrière chaque grande réussite se cache une histoire, une aventure faite d'obstacles et de triomphes. Ici, on les partage sans retenue. Vous avez faim d'inspiration ? C'est servi !
- Speaker #1
J'avais 27 ans à l'époque, j'étais dans des très bonnes conditions. Je me décide de me lancer dans ma boîte de prod. Un producteur, c'est quelqu'un qui a une vision, avoir la vision de à quoi ça peut ressembler, où ça peut aller, quel public, quel diffuseur, et qui va faire en sorte de mettre autour de la table toutes les qualités, tous les cerveaux qui vont faire que le projet va exister. Le soir du tournage, quand on a vu la loge à l'Européen, où il n'y avait vraiment pas grand monde, franchement, en termes d'humoristes, on avait même Aurel San, etc. C'est assez surréaliste quand c'est ta première grosse production, de dire que tu as réuni autant de monde que tu admires, que tu apprécies. Un jour, tu es sur un sujet de documentaire, le lendemain sur une série, le lendemain sur une captation de spectacle. C'est fatigant, mais c'est rafraîchissant.
- Speaker #0
Bon les amis, avant de commencer l'épisode, un petit mot sur le partenaire du jour. Il s'agit de Nalo. Parce que je vais être honnête avec vous, pendant longtemps, j'ai trouvé le monde de la finance perso ultra chiant. T'as l'impression qu'il faut parler comme un banquier de 58 ans pour comprendre comment gérer ton argent correctement. Et surtout, le problème avec la finance perso, c'est qu'on découvre souvent trop tard qu'on aurait dû s'y intéresser plus tôt. Parce qu'en vrai, on devrait tous comprendre certains sujets beaucoup plus tôt. Comment gérer son budget sans stresser tous les mois ? Comment préparer sa retraite ? Comment investir intelligemment ? Comment négocier son salaire ? Comment gérer l'argent dans un couple ? Ou même, comment investir quand t'es... indépendant et que t'as un peu d'argent de côté. Mais à l'école, on t'apprend rarement tout ça, si ce n'est jamais. Du coup, soit tu repousses le sujet pendant des années, soit tu tombes sur des contenus ultra anxiogènes ou incompréhensibles. Et c'est exactement pour ça que je trouve la Nalo Academy vraiment cool. Nalo, déjà, c'est une plateforme d'investissement française, pensée autour de projets de vie. C'est pas juste des produits financiers génériques. Et ils ont lancé la Nalo Academy, une plateforme gratuite avec des mini-formations ultra simple et c'est sur les finances perso. Franchement, c'est typiquement le genre de contenu que j'aurais aimé avoir à 25 ans. C'est clair, c'est accessible, c'est concret et surtout, c'est sans bullshit. Encore une fois, c'est gratuit. Je vous mets le lien dans la description pour découvrir la Nalo Academy. Et évidemment, on s'en rappelle les amis, investir comporte des risques en perte de capital. Et maintenant, place à l'épisode. En plus, c'est ça la question que j'allais te demander. Est-ce que c'est ça que toi, tu es producteur ? Je pense qu'on va en parler après de ce que c'est un producteur. parce que je pense que pour... pour plein de gens, c'est un peu flou, en fait, alors que je trouve que c'est un métier, avec un million de métiers à l'intérieur. Et toi, je sais que tu fais du cinéma, ton ADN de base, il est vachement dans l'humour. Moi, je t'ai connu, parce que c'est vous, notamment, qui produisez la série Loup-Garou. Vous y avez déjà eu deux saisons, je crois que vous allez entamer bientôt la troisième. Et même, je te demandais, est-ce que tu fais aussi des documentaires, ou est-ce qu'il y a des documentaires qui sont prévus, ou c'est des choses que vous faites, vous interdisez rien, en fait ?
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. moi je... C'est vraiment, j'aime pas m'enfermer dans un genre. C'est une industrie compliquée, c'est un petit métier. Et j'aime regarder tous les genres. Et donc, j'ai envie de produire tous les genres. On est très vite catalogués en France, et particulièrement dans ce métier. Donc, c'est ça un peu ma philosophie naturelle. C'est pas non plus une stratégie. C'est plutôt de me dire, est-ce que ça, j'ai envie de le produire ? Est-ce que ça m'amuse ? Est-ce que ça répond à, je pense, quelque chose que les diffuseurs vont vouloir acheter ? et aussi... On ne va pas se mentir, quand on est indépendant et qu'on n'est pas relié à une grosse machine ou qu'on ne pèse pas la taille d'un gros groupe audiovisuel, déjà qu'on n'a que les miettes. Donc si en plus on n'a que les miettes d'un genre, c'est compliqué. Donc moi, c'était vraiment une volonté de faire beaucoup de choses. Et donc oui, les documentaires, on en fait. On en a déjà fait, on en a en projet. Là, on en a un autour de Rimka, par exemple.
- Speaker #0
Putain, trop bien. Ça va être quoi, un peu, le thème ?
- Speaker #1
Ça va être raconter son histoire, d'où il vient, raconter un peu ce qu'il raconte dans ses chansons. Et puis, à travers lui, raconter aussi les liens entre la France et l'Algérie.
- Speaker #0
C'est super.
- Speaker #1
Mais on a fait aussi une série documentaire pour Amazon sur les influenceurs, où on a suivi notamment Iris Mittenaer. On a fait un documentaire sur le golf. pour Canal. Enfin, voilà. Donc, c'est vraiment très, très... Les genres et les sujets sont très différents.
- Speaker #0
Et en fait, pareil, moi, je me posais la question, c'est en fait, comment... Je vois bien que vous marchez à l'opportunité, selon, en fait, le réseau, selon, en fait, encore une fois, les gens avec qui vous discutez, qui disent, j'ai un projet, je cherche quelqu'un ou une boîte ou des gens pour le produire. Mais du coup, par exemple, si on prend l'exemple de Rimcar, encore une fois, dans ce qui peut être dit, c'est quoi, je suppose, c'est que vous connaissez lui ou son entourage, ils ont ce projet-là.
- Speaker #1
Ouais, les deux. En fait, je le connaissais de loin par mon... On l'associe sur le cinéma, qui est Jean Rachid, Calouche, qui a le plus gros réseau, je pense, de Paris. Donc il connaît tout le monde, et surtout tout le monde le connaît. Et il se trouve qu'ils sont très potes depuis longtemps, donc je le croisais, mais on ne travaillait pas ensemble. Et puis là, j'ai eu l'opportunité de produire la captation de son concert à l'Adidas Arena en fin d'année dernière, via une autre personne qui est plutôt dans la musique, qui s'appelle Aline Marache, et qui travaille avec moi sur pas mal de projets. Et voilà, c'est un petit monde, donc effectivement, souvent on retrouve des connexions, des choses comme ça. et... Évidemment, en faisant la captation, qui est quelque chose que je fais beaucoup, on a été amené à discuter, ça s'est bien passé. Ils m'ont amené cette idée de dire qu'on aimerait bien faire un documentaire et voilà un peu comment ça se fait. Mais c'est vrai pour beaucoup de programmes et de projets. Pareil, dans mon esprit, qu'est-ce qui peut faire que je me différencie d'une grosse boîte de prod qui a accès à des formats ou à une puissance financière importante ? Moi, j'ai misé sur le lien avec les artistes, les talents, etc. Que ce soit d'ailleurs devant l'écran, mais même derrière, les réalisateurs, les réalisatrices, les auteurs, autrices. Et c'est souvent les artistes qui m'amènent les projets. Et ça, c'est évidemment un coup d'avance, on va dire, parce que quand le projet est porté par l'artiste, bien souvent, il y a quand même beaucoup de... plus de chances d'exister que l'inverse.
- Speaker #0
Et du coup, c'est quoi un petit peu les étapes ? Alors pareil, sans demander des histoires de prix, de montants et tout, parce que tout ça, c'est confidentiel. Mais par exemple, tu vois, un Rimka, il te parle de ce projet, il dit, voilà, je cherche quelqu'un pour le produire. Toi, tu dis, le projet, il me chauffe. Je suppose que vous voyez un peu pour dire, c'est quoi l'histoire ? C'est quoi l'ambition ? C'est quoi tout ça ? Mais une fois qu'on a une sorte un peu de draft, de deck et de ce que vous voulez, c'est quoi le... Parce que le but, moi je me dis qu'en fait il va falloir chercher une plateforme pour le diffuser, et il va falloir chercher des fonds, ou alors chercher des fonds et appeler un diffuseur. Ça se fait dans quel ordre ?
- Speaker #1
C'est la même chose en fait. Souvent le diffuseur va produire. Il ne produit pas, en fait il pré-achète les droits de diffusion. Donc pour n'importe quel projet, ça se passe comme ça, même au cinéma. Nous, notre travail, il est de façonner un projet pour qu'il soit, on va dire, vendeur au sens... pure, mais aussi au sens intérêt, excitation, est-ce que ce projet peut être amené à avoir une audience, que ce soit dans les concerts, mais aussi dans les documentaires, dans le cinéma, les séries, etc. Ça, c'est notre travail vis-à-vis des diffuseurs. En France, ça marche comme ça, en tout cas. Il faut aller pré-acheter, il faut que ces diffuseurs pré-achètent, donc il peut y en avoir un, mais ça peut être plusieurs aussi. Et ils doivent pré-acheter les droits, ce qui nous permet de financer et d'avoir accès à tout un tas de mécanismes. notamment grâce au CNC, mais grâce aussi en fonction des genres, aux aides locales, à des partenariats des fois avec des marques, même si en France c'est compliqué parce qu'on n'a pas le droit de le faire sauf sur quelques exceptions.
- Speaker #0
Par déplacement de produits et tout en fait.
- Speaker #1
Il n'y a pas 50 000 ressources pour aller chercher de l'argent, mais principalement ça vient des diffuseurs. Donc quand on a un projet qu'on est capable de présenter, après on le chiffre et après il y a des standards de marché. Quand on fait pré-acheter un projet par France Télévisions, TF1, M6 ou Canal+, ou les plateformes américaines, évidemment, on sait le genre, on sait le prix qu'ils sont capables de mettre généralement. Et puis après, c'est de la négociation. Ok,
- Speaker #0
trop bien. En plus, je te pose toutes ces questions parce que c'est un sujet qui m'a toujours passionné. Moi, je pense qu'on est à peu près de la même génération. Tu vois, moi, j'avais été frappé comme... Tu es de quelle année ? 88. Je suis de 88. Donc, on avait 10 ans, par exemple, en 98, quand j'ai vu le premier documentaire de ma life, Les yeux dans les bleus, j'en ai des frissons quand j'en parle. Je me le suis rematé, je pense, pour la 30e fois de ma vie. Je le regarde environ une fois par an, tu vois. Et je me rappelle que ce jour-là, je me suis dit, mais en vrai, moi, ce serait mon métier de rêve, quoi. Tu vois, alors, la vie a fait que je suis allé plutôt vers l'entrepreneuriat, le business. Et là, de plus en plus, j'essaie de revenir vers la création de contenu et me dire, voilà, je voudrais faire des documentaires, faire ce genre de choses. C'est ça que... Tout ça me passionne et c'est vrai que moi c'est ce documentaire là qui m'a mis des étoiles dans les yeux.
- Speaker #1
Moi il y a plusieurs projets mais le premier projet qui m'a donné cette sensation là c'est les étoiles. Ah ouais toi aussi ?
- Speaker #0
Moi je pense que c'est normal. Il y avait tout en fait, il est parfait quand on le regarde encore aujourd'hui. Je trouve qu'il n'a pas pris une rythme quoi.
- Speaker #1
Non mais il ne peut pas prendre une rythme parce que déjà ça touche à un moment iconique de notre société, de notre pays qui est peut-être la plus belle période. moderne, on va dire, de la France.
- Speaker #0
Je crois que c'est la dernière fois où la France a été en croissance. Elle a fait une croissance de PIB et tout.
- Speaker #1
Et puis parce que tout ce qui s'y passe, on dit souvent que la réalité dépasse la fiction. Là, vous auriez voulu écrire une fiction là-dessus, ça n'aurait pas été crédible. Donc tout ce qui s'y passe est extraordinaire. C'est extrêmement bien réalisé avec les moyens de l'époque, mais c'est Stéphane Meunier qui a réalisé ce documentaire. Et moi, c'est le point de départ. À partir de ce jour-là, j'ai demandé à mes parents de m'acheter une petite caméra DV. moi c'est ça que j'ai pas fait donc du coup je suis pas tombé dedans et vraiment il y a eu 2-3 autres projets où je me suis dit vraiment j'ai envie de faire ce métier mais le déclencheur c'est les autres c'est vrai que ce qui est fou c'est qu'en plus tu pourrais plus le faire maintenant parce que ils ont tellement tous les codes alors qu'en fait là on voit qu'ils se laissent filmer même sans penser à l'audience qu'il va y avoir derrière parce qu'en fait ils savaient même pas en fait moi c'est ce que j'essaye de porter comme discours vis-à-vis des talents, des artistes etc parce que Il y a eu toute une vague de documentaires, justement, puisqu'on en parle. Moi, c'est probablement le genre que je préfère regarder. Depuis quelques années, il a été... modernisé, réinventé notamment celui qui est toujours la référence je pense c'est Drive to Survive sur Netflix parce que vraiment ça a réinventé le genre et moi je suis fan de ça et aujourd'hui je suis capable de regarder un documentaire sur un sujet qui ne m'intéresse pas du tout à partir du moment où il est on prend par la main un peu pour me raconter quelque chose qui veut m'instruire ou juste m'amener quelque chose de réel Et bien souvent, il y a eu toute une vague de documentaires, notamment sur les plateformes, sur des sportifs, sur des personnalités qui n'apportaient rien. C'était de la communication, c'était une opération de com. Et en fait, non seulement ça ne sert à rien, c'est de l'argent jeté par les fenêtres parce que souvent, c'était beaucoup d'argent. Mais en plus de ça, je pense même que parfois, ça peut desservir parce qu'en fait, dans notre époque, quand on prend les yeux dans les bleus, je pense qu'il y a plein de choses peut-être qu'ils ont dû regretter de montrer ou de dire. sur le moment, mais quand on voit après l'effet que ça a, bon évidemment, c'est pas que par ce documentaire, mais quand même, ce documentaire a eu un poids, mais ils sont intouchables aujourd'hui. On peut pas critiquer un joueur de l'équipe de France, on peut avoir ses affinités, etc., mais parce qu'ils ont eu la chance, parce que je pense pas que ça vienne d'eux, c'était l'époque qui faisait ça, mais qu'on les voit sous leurs bons, mauvais jours, dans les bons, dans les mauvais moments, etc. Et aujourd'hui, c'est vrai que malheureusement, trop souvent, et particulièrement dans le sport, tout est contrôlé, On veut montrer un truc beaucoup trop idyllique, lisse. Et ce n'est pas vrai. Les gens ressentent. Les gens ne sont pas stupides. Le public n'est pas stupide. Et quand on... Je ne vais pas citer de nom, mais il y a vraiment des documentaires qui ont été faits sur des sujets, notamment dans le sport, où en tant que passionné ou consommateur de documentaires, on se disait, on va enfin avoir des réponses. On va nous apprendre des choses. Et il n'y avait rien.
- Speaker #0
Je ne sais pas, peut-être soit le truc sur Benzema, Anelka, ou des trucs comme ça. Oui, on n'en dira pas. Moi aussi, j'étais un peu, un poil déçu en voyant ces documents-là. C'est tout.
- Speaker #1
J'étais très déçu parce que c'est des sujets exceptionnels. Et comme tu dis,
- Speaker #0
je trouvais que c'était un peu des opé de com'. Oui,
- Speaker #1
oui. Et je pense sincèrement, je blâme ni les producteurs ni les diffuseurs. Je blâme particulièrement les communicants autour de ces gens-là. Parce que vraiment, ça n'a aucun sens. Et je pense que par moments, ça a pu les desservir. Alors, ce n'est pas non plus un drame. Mais ils auraient tellement gagné à se montrer. Tu prends un autre genre, tu prends Céline Dion, puisqu'on est en plein dedans là. Tu prends le documentaire de Céline Dion. Pourtant, Dieu sait qu'elle a été raillée, elle a été traitée de raillard. Mais il est dur à voir. Elle se montre avec toute la folie qu'elle peut avoir dans le bon sens et dans le mauvais sens. Mais les gens, quand tu vois la réponse du public à son retour, les gens, ils ont besoin d'empathie pour ces gens. On a un peu envie de sentir que c'est des gens normaux, même si ça ne l'est pas. Particulièrement Céline Dion. Donc, ils sont un peu comme nous et en même temps, Il y a tout le mythe et la légende dont on a besoin aussi, qu'on nous raconte. Et je trouve que ce documentaire-là, il a ce mérite de montrer la face cachée et en même temps aussi quand même la scène où elle est dans son entrepôt avec je ne sais pas combien de milliers, dizaines de milliers de paires de chaussures.
- Speaker #0
Avec les cartons, avec l'inventaire et tout, on dirait un inventaire de Carrefour.
- Speaker #1
Avoir les deux, on sait que c'est elle. En fait, quand on aime et quand on connaît un peu le personnage, ça ne nous surprend pas, mais la voir dans ses difficultés... C'est ce qui fait qu'aujourd'hui, quand elle revient sur scène, c'est peut-être le plus grand événement mondial du genre depuis Michael Jackson.
- Speaker #0
Oui, parce que là, on tourne, on est en avril. D'ailleurs, je te vois beaucoup communiquer dessus.
- Speaker #1
Je suis fan, absolument.
- Speaker #0
Juste parce que t'es fan, vous produisez quelque chose là-dessus ?
- Speaker #1
Je rêverais de produire quelque chose. Je ne sais pas,
- Speaker #0
je me suis dit, c'est lui qui gère la cata. Non,
- Speaker #1
je suis dans la course. J'essaye, comme je pense tous les producteurs de Paris. Mais non, je suis juste... fan absolue de ce qu'elle représente. Parce qu'elle fait Bercy, mais pendant combien de temps ? Elle fait la Défense Arena pendant 10, probablement plus de dates que ça, mais 10 dates étalées sur 6 semaines. Et avec une réponse du public, vraiment, c'est des phénomènes qui dépassent.
- Speaker #0
C'est fou. Il n'y a pas beaucoup d'artistes qui pourraient apprendre la Défense Arena pendant 10 semaines. Non,
- Speaker #1
c'est sûr, mais je te dis, dans ce qu'elle a vécu et dans ce qu'elle raconte, on passe par le genre du documentaire pour ça, mais ce n'est pas la première fois qu'elle fait des tournées. Évidemment, là, il y a cette espèce de retour inespéré donc qui crée aussi cette envie-là. Mais je pense que le chemin qu'elle a traversé en tant que femme malade et le fait qu'elle en parle, qu'elle le montre, sans non plus être dans le voyeurisme, les gens... apprécient ça. Et donc, c'est pour ça que on parlait des sportifs qui avaient eu des histoires, et sans juger à tort ou à raison, la question n'est pas là. Un documentaire, c'est aussi une manière d'apporter une sorte de réponse, et quand tu allais tirer à quatre épingles comme une OP de com', ça n'a pas d'intérêt.
- Speaker #0
Ouais, je suis assez d'accord avec toi, parce que là, récemment, il y avait même eu celui sur Nasseri, qui était quand même un peu mieux. Beaucoup mieux. Mais je pense, justement, nous, avec mes postes, quand on a fait un peu le débrief, on comparait à... au cas Anelka et à Benzema, je ne me rappelle plus le titre.
- Speaker #1
Le cas Benzema.
- Speaker #0
C'était le cas Benzema et c'était Anelka, l'incompris ou un truc comme ça. Oui,
- Speaker #1
quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Sur Nasri, j'aurais même aimé qu'ils aillent encore un peu plus loin là-dessus, mais au moins, ils montraient tous les mauvais côtés, tous les trucs qu'ils n'avaient pas cachés. C'était bien.
- Speaker #1
Après, je pense qu'il y a malgré tout des limites par moment, mais moi, Nasri, j'ai trouvé le doc super, justement.
- Speaker #0
C'était génial.
- Speaker #1
Et de quelqu'un, un personnage aussi sulfureux, parce que voilà, mais... Et je trouve que ça lui a beaucoup servi.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Je n'étais ni un fan, ni quelqu'un qui lui crachait dessus, loin de là. J'étais un peu indifférent. Et en voyant ça, parce qu'évidemment, ça m'a rappelé des souvenirs de sa carrière un peu tumultueuse, et particulièrement avec l'équipe de France. Et j'ai trouvé ça hyper bénéfique pour lui. Ça ne répare pas tout, mais au moins, on comprend ce qu'il a vécu, le cadre familial, la complexité. d'être à son âge, etc. Particulièrement, lui, il a vécu l'explosion des jeunes générations post-98 avec les réseaux sociaux, etc. C'est la première. Et tout ça, c'est tellement intéressant de comprendre ce qu'ils ont vécu. Et aujourd'hui, encore une fois, ce n'est pas quelqu'un que je n'appréciais pas, mais là, c'est devenu aujourd'hui quelqu'un que j'apprécie.
- Speaker #0
Je suis assez d'accord avec toi. Moi, j'ai quand même toujours un peu apprécié Nasseri. Je crois qu'on ne va pas être d'accord là-dessus, mais c'est parce que moi, je suis pour l'OM. Donc, du coup... J'ai quand même toujours eu une affection pour lui.
- Speaker #1
J'ai particulièrement aimé Marseille de cette époque-là.
- Speaker #0
Tu n'es pas pour Monaco, toi ?
- Speaker #1
Si, moi je ne suis pas pour Monaco. Mais il se trouve qu'à l'époque, Nasseri, Ribéry, etc. Il y avait quelqu'un que je connais très bien, qui est un ami, qui jouait à Marseille. Et donc, ça m'a aidé à apprécier Marseille. C'était qui ? Lamouchi.
- Speaker #0
Ah, Sabri ! Moi, j'étais fan absolu de Sabri Lamouchi. Moi, j'avais le Panini. 97 ou quand il jouait à la JO Serre et tout.
- Speaker #1
Moi, j'ai eu la chance de bien le connaître à Monaco et donc on s'est suivis après. Donc j'ai beaucoup apprécié le Marseille de Nasseri.
- Speaker #0
Ouais, ouais. C'est vrai qu'il était venu faire une pige pendant deux ans. Il était sur la fin. Après, celui-là a fait Parme et l'Inter peut-être ? L'Inter, ouais.
- Speaker #1
C'était après l'Inter.
- Speaker #0
Et après, peut-être qu'il fait un petit club et après, il fait une pige à Marseille.
- Speaker #1
Non, il fait l'Inter, il fait Marseille et il fait Gênes après,
- Speaker #0
je crois. Ah oui, c'est après qu'il retourne dans un petit club italien.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
je crois. Vous avez l'air d'être un super mec. C'est un beau frère pro, quoi.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que cette époque de Marseille, moi j'ai adoré cette époque, mais c'est vrai que Nasseri, il n'était pas indifférent, on va dire, dans le bon et dans le mauvais sens du terme.
- Speaker #0
Bon bref, on a fait une petite digression, mais c'est normal, on est assez lancé dans les documentaires et le foot, moi je pourrais en parler pendant une heure et demie, tu vois. limite j'allais rebondir après est-ce que t'as vu The Last Dance qui pour moi est le chef d'oeuvre documentaire j'ai vu évidemment j'ai adoré mais j'avoue être un peu plus passionné par la Formule 1 donc moi je mets Drive to Survive c'est une masterclass de contenu c'est ça que tu peux tu peux difficilement faire mieux parce qu'en effet et moi ce qui est fou tu sais tu m'aimes moi j'ai ma petite cousine qui a du coup qui a 18-19 ans maintenant pardon qui en a 20 mais qui a commencé à regarder Drive to Survive il y a 18 ans et qui est devenue mais une fan absolue de F1 moi j'étais chez Chez mes cousins, ce week-end, un dimanche, elle s'est levée à 6h du mat' pour mater le Grand Prix.
- Speaker #1
On parle des sportifs, mais si tu prends la Formule 1, le poids de l'audiovisuel et d'un documentaire, quand tu regardes les chiffres d'audience que la Formule 1 faisait sur Canal avant Drive to Survive et ce qu'ils font chaque année depuis, parce qu'il y a de plus en plus de téléspectateurs, ça prouve qu'encore une fois, quand tu ouvres les coulisses de tout ce qui peut faire rêver, parce que ce sont des métiers qui font rêver, le public y répond derrière.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait maintenant, les gens, tu vois, on prend le cas de ma cousine qui est jeune, elle suit des personnages. Exactement. Elle ne regarde pas qu'un sport, elle suit des personnages.
- Speaker #1
Et tout est lié aux personnages, la fiction, les séries, le sport. Tu t'identifies, tu t'attaches à des gens avec qui tu as de l'empathie. Une grande série, même un grand film, c'est quasiment automatique que c'est lié à des grands personnages. Non, non, clairement. Et dans le sport et dans les documentaires, c'est pareil. Donc quand tu as la chance d'avoir des sujets là, c'est quand même dommage de ne pas aller au maximum de ce qu'ils peuvent nous offrir, de ce qu'on peut apprendre avec eux.
- Speaker #0
Non mais clairement. Donc tu vois ce documentaire dans les bleus, après peut-être on voit d'autres. Ton père, enfin tes parents t'achètent une caméra, tu commences sûrement à faire tes bails de ton côté. Peut-être que tu me diras, je ne sais pas, tu commences... Tu écris des mini-courmétrages ? Non,
- Speaker #1
je filme plutôt la réalité. Comme supporter de Monaco, j'allais souvent à Monaco et je filme les joueurs. J'avais rencontré un arbitre à l'époque qui m'avait invité à plusieurs matchs de Ligue 1, etc. Donc j'étais avec lui dans les vestiaires, machin. Donc je filme un peu tout ça. Donc vraiment un peu le côté réel.
- Speaker #0
C'était une caméra numérique ? Non, DV,
- Speaker #1
DV vraiment, avec les petites cassettes. Ah ouais, à l'époque,
- Speaker #0
où on mettait, pour les gens qui sont jeunes et qui nous écoutent, c'est ça en fait, t'avais comme des petites cassettes, que tu mettais dans des adaptateurs cassettes, et qu'après tu mettais dans ton magnétoscope pour regarder sur la télé.
- Speaker #1
Tu pouvais même les... Bref, t'avais de quoi les intégrer, les numériser, pardon, sur ton ordinateur. Enfin bref, à l'époque c'était vraiment très très très archaïque. Mais ouais, j'ai fait tout ça quand j'étais ado. Et puis, de toute façon, je savais que je voulais être là-dedans, mais je ne savais pas exactement.
- Speaker #0
Tu fais une école de ciné, du coup, après ?
- Speaker #1
J'ai une école de cinéma après le bac, à Paris. Et en fait, ça, c'est des écoles qui te permettent d'avoir un tronc commun et de toucher un peu à tout. Et moi, j'y suis rentré en voulant être monteur.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
notamment parce que je montais les trucs que je filmais, donc je passais des heures derrière mon ordi. T'étais sur quoi ? Ouais, à l'époque.
- Speaker #0
Movie Maker, là ? Ouais,
- Speaker #1
des trucs comme ça. Il y avait un truc qui s'appelait Pinnacle, je crois.
- Speaker #0
Ah, mais je me rappelle très bien. Moi, ce que je faisais, c'est que je prenais toutes les vidéos que je téléchargeais sur Casa de Marseille, à l'époque, avec Dropbox et tout. Je les montais, je rajoutais une musique. Ça n'allait pas plus loin. Je cuttais des trucs, je les faisais une après les autres.
- Speaker #1
C'est le début du montage, surtout à notre époque. C'était quand même beaucoup moins accessible qu'aujourd'hui.
- Speaker #0
Et je ne sais plus, en fait, parce qu'après, c'était juste pour envoyer à mes potes. Parce que Drogba, on est quoi ? On est peut-être en 2004. Ouais, 2003-2004, avec le Indesit. Et je pense qu'en fait, YouTube en France n'existe pas encore. Enfin, on ne met pas encore sur YouTube.
- Speaker #1
Non, YouTube, c'est 2007,
- Speaker #0
je crois, 2008, il me semble. Je crois que quand je faisais même des plus petites vidéos, j'arrivais à les upload sur mon Skyblog. Tu vois un peu le truc ? Mais ça buguait, c'était un enfer.
- Speaker #1
Ah non, mais c'était terrible. Moi, je me suis arraché les cheveux, ça se voit. Vraiment, ils m'ont... Mais en même temps, c'est hyper formateur. Donc oui, je suis rentré en tant que monteur et je suis sorti en tant que jeune producteur.
- Speaker #0
Et donc, c'est là, tu vas tout de suite chez Catherine Barma ?
- Speaker #1
Je fais quelques stages, notamment un stage au Grand Journal de l'époque.
- Speaker #0
Encore avec Denisot, du coup, à l'époque ?
- Speaker #1
Ouais, en 2009. Pas vraiment côté pro d'édito, plutôt côté pro de plateau.
- Speaker #0
Donc logistique plutôt,
- Speaker #1
ouais. Très frustrant, parce que c'est là que je m'aperçois que c'est vraiment pas ce que j'ai envie de faire. Parce que c'est un peu comme si t'étais là, t'es comme dans une sorte, t'as la vitrine, et t'as envie d'en être, mais t'es quand même derrière une sorte de vitrine, parce que t'es pas vraiment dans le contenu de l'émission. Et moi ça c'était frustrant, parce qu'en plus le Grand Journal à l'époque c'est quand même... le centre de la France. C'était une institution comme moi, je regardais tous les soirs.
- Speaker #0
Il y avait les guignols, il y avait tous les formats courts. On en reparlera après parce que tu as travaillé avec eux mais c'est là qu'il y avait eu Bref, tous ces trucs-là, c'était incroyable. Vous avez des émissions avec Omar.
- Speaker #1
Je fais six mois là-bas, j'adore mais c'est vrai qu'il me manque un... J'ai vraiment envie d'être dans la création du programme, ce qui n'est pas le cas là et après j'arrive chez Catherine Barma. Et là-bas, je suis resté 4 ans.
- Speaker #0
Catherine Barma, pour celles et ceux qui ne connaissent pas. Alors moi, ça que moi, quand je l'ai connue, c'est quand elle travaillait beaucoup avec Ruquier. Donc elle produisait toutes ses émissions qui commençaient par « On » . « On n'est pas couché » , « On ne demande qu'à rire » . « On a tout essayé » . « On a tout essayé » , c'est même avant. C'était une quotidienne presque, c'est un an, je crois.
- Speaker #1
Avant, oui, tout à fait.
- Speaker #0
Ma mère, grande fan de Ruquier. Donc moi, j'écoutais Ruquier même à la radio, à la télé et tout. Mais de base, elle était même avec Ardisson plus, non ? Oui,
- Speaker #1
Historiquement. C'est... probablement à la plus grande productrice de télévision française qui est encore en activité aujourd'hui d'ailleurs et voilà moi c'était un peu je débarquais chez elle je savais chez qui je mettais les pieds mais c'était la télé que je regardais un peu pareil à dos caché les samedis soirs et moi j'adorais tout le monde en parle, je trouvais cette émission folle et évidemment ça faisait partie des rares noms de producteurs ou productrices qui étaient un peu connus du public donc Donc... Donc je voulais vivre ça et j'ai vécu ça pendant 4 ans, c'est vraiment...
- Speaker #0
C'est ton premier job là ?
- Speaker #1
C'est mon premier vrai job, j'ai vraiment vécu le diable Samir Yamprada quoi, dans le bon et dans le mauvais sens, mais j'en garde que des très bons souvenirs, mais c'est ce que j'allais chercher, la télé, aujourd'hui on dirait la télé un peu à l'ancienne et c'est pas méchant, mais voilà, la grosse machine, la grosse boîte de prod avec des émissions, on tournait tous les jours, et quand t'as 20 ans et que tu débarques là-dedans, c'est ce que tu viens chercher, c'est... cette euphorie, l'adrénaline, et à des émissions qui faisaient beaucoup d'audience sur plusieurs chaînes différentes.
- Speaker #0
C'était des quotidiennes ou des hebdoms qui faisaient des millions et des millions de...
- Speaker #1
Ouais, ouais, et avec une exigence, avec une manière de... Je pense que sa très grande qualité, c'était de créer des plateaux, l'événement sur des plateaux, réunir des personnages, des personnalités qui, de base, ne sont pas forcément faits pour être au même endroit, et ça, c'était sa grande force, et moi, j'apprenais beaucoup, j'étais très... En retrait, j'avais un... Petit job, même si j'ai évolué au fur et à mesure. Mais j'étais proche. Et donc, en fait, j'étais vraiment en observation, que ce soit avec elle, avec la prod autour, mais aussi les animateurs que j'ai côtoyés. Et ça m'a toujours... Enfin, voilà, c'est pour ça qu'encore aujourd'hui, j'adore faire de la télé en « plus traditionnelle » . Et j'aspire à en faire plus, d'ailleurs. Parce que c'est ce que je regardais enfant et que c'est ce que regardent aussi mes parents. C'est ce que regardent les gens encore qui sont... qui sont plus âgés, ou même d'ailleurs des jeunes qui regardent encore, ça arrive. Donc ouais, c'était une très très belle expérience.
- Speaker #0
Et là, tu découvres un peu ce métier de la production. Donc c'est ça en fait, on va faire juste une petite digression là-dessus. C'est quoi un peu la définition que tu donnes aujourd'hui d'un producteur dans l'audiovisuel ? Parce que c'est vrai que dans la tête des gens, quand ils voient même producteur, ils le voient même plus au cinéma. Donc en fait, les gens qui produisent, c'est plutôt des gens qui donnent de l'argent, qui financent. Les films, en espérant avoir un retour sur l'investissement derrière,
- Speaker #1
là,
- Speaker #0
le métier de producteur dans le audiovisuel, c'est pas ça. C'est plutôt le producteur, c'est un faiseur, en fait.
- Speaker #1
Dans le cinéma non plus, en fait, ça c'était... Quand tu vois produit par,
- Speaker #0
c'est pas les gens qui donnent l'argent, du coup ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Non, non, non, c'est très... Enfin, on va dire que si t'es un bon producteur, normalement, tu donnes pas ton argent. Un producteur, c'est quelqu'un, c'est un peu un architecte, c'est quelqu'un qui a une vision. Quand on lui amène une idée, que ce soit... peu importe le genre, qui va avoir la vision de à quoi ça peut ressembler, où ça peut aller, quel public, quel diffuseur, et qui va faire en sorte de mettre autour de la table toutes les qualités, tous les cerveaux qui vont faire que le projet va exister. Donc ça, c'est déjà la partie artistique, on va dire. Donc un producteur doit avoir un côté artistique.
- Speaker #0
C'est un chef d'orchestre artistique déjà ?
- Speaker #1
Oui, artistique, parce qu'il faut mettre les bonnes personnes autour, même si le projet est amené par des artistes et qu'il est déjà très avancé. Moi, en tout cas, je n'aime pas être juste un faiseur, ça ne m'intéresse pas. Donc j'aime avoir quand même mon mot à dire, mais subtilement, j'ai envie de te dire, parce que quand c'est amené par des artistes, généralement, ils ont quelque chose de très précis en tête, un univers, etc. Mais moi, je suis plutôt là pour les aider à façonner de manière à ce que ça... existe tel qu'ils le veulent dans leur tête, au plus proche de ce qu'ils ont dans leur tête, mais en même temps au plus proche de ce qu'est la réalité du marché, notamment des diffuseurs, mais aussi financiers. Et ça, c'est l'autre aspect, c'est d'être capable de dire concrètement combien ça coûte de faire ce projet et ensuite d'aller le vendre, les vendre les droits de diffusion, d'aller vendre à une chaîne, d'aller chercher les aides qu'il faut pour ça, parce que des fois, les diffuseurs, ça ne suffit pas. Donc, il y a évidemment un aspect économique de vente, même presque. Moi, si je me définissais, je dirais que je suis un peu bon partout et très bon nulle part. Il faut avoir un côté comptable, il faut avoir un côté vendeur, il faut avoir un côté artistique, etc. Et en même temps, je ne suis ni comptable, ni vendeur, ni auteur, ni voilà.
- Speaker #0
Mais tu comprends toutes ces messages. Oui,
- Speaker #1
et c'est ça que moi, j'aimais, c'est avoir un peu l'œil partout et être là de A à Z. Ça, c'est vraiment quelque chose qui me plaît, parce que quand j'ai fait l'école de cinéma, on s'aperçoit assez vite que quand on choisit la lumière, le montage, ce genre de choses, évidemment, sauf si c'est sa passion, etc., mais on est vite cantonné, et en fait, le bébé nous arrive et repart, et ça, c'est frustrant, je trouve. Donc, en fait, moi, vraiment, j'aime l'idée d'être...
- Speaker #0
Un peu là partout et en même temps, pas non plus la tête dans le guidon toujours. C'est ce qui me permet de ne pas m'ennuyer. Parce que pareil, quand tu es focus sur un projet, quand tu es réalisateur sur un projet, etc. C'est une autarcie pendant X semaines, voire mois, voire années même des fois sur le même projet. Ça, ça ne plaît pas à tout le monde. et moi je pense que je me serais ennuyé donc là ça me permet d'avoir plusieurs projets de front tu en as toujours quand même plusieurs qui sont à différentes étapes quand tu es à la boîte de production tu ne peux pas avoir un seul projet c'est pas viable et de toute façon encore une fois moi ce n'est pas quelque chose qui me plairait alors là moi j'en ai beaucoup des fois j'aimerais en avoir un peu moins mais voilà c'est ce qui est excitant c'est qu'un jour tu es sur un sujet de documentaire le lendemain sur une série le lendemain sur une captation de spectacle Merci. Donc, ce n'est pas les mêmes interlocuteurs, ce n'est pas le même problème, ce n'est pas le même produit au final. Et tout ça, c'est assez rafraîchissant. C'est fatigant, mais c'est rafraîchissant.
- Speaker #1
Tu fais ces quatre ans chez Catherine Barma, sur cette partie full télé, avec des émissions. Quand est-ce que tu deviens vraiment producteur à ton compte ? C'est quoi le premier projet ? C'est quoi le premier coup ? C'est quoi la première opportunité ?
- Speaker #0
Elle a été un peu... comment dire ? provoqué par le destin, l'opportunité. Parce qu'après, moi, j'enchaîne. Chez Catherine Marmas, j'ai plongé un peu dans l'humour parce qu'elle produisait On ne demande qu'un rire et elle produisait une émission qui s'appelle La nuit nous appartient avec Moustapha et la tracie.
- Speaker #1
Je me rappelle, c'était un peu en mode talk show à l'américaine.
- Speaker #0
En late show, sur NRJ2 et Comédie. Et moi, j'étais particulièrement sur cette émission et je suis devenu proche de Moustapha et de son producteur. On ne le voit plus, d'ailleurs. Si, il est encore sur scène aujourd'hui. Alors, il ne fait plus de télé.
- Speaker #1
Quand je dis on ne voit plus, on ne voit plus à la télé. Il n'est plus à la télé,
- Speaker #0
mais par contre, je pense que ça marche bien pour lui.
- Speaker #1
C'est la première génération du Jamel Comedy Club ou deuxième peut-être ?
- Speaker #0
Je ne pense pas que Jamel ait fait le JCC, je ne crois pas. Moustapha ? Non, Moustapha, il est arrivé. Oui, c'est un des premiers stand-upers et c'était surtout, enfin, ça l'est toujours d'ailleurs, je pense qu'un des plus doués. de sa génération et donc on fait ce produit enfin ce programme ensemble pardon et donc je me rapproche un peu de sa bande à lui, son producteur notamment et donc je passe chez son producteur qui lui était un producteur de spectacle pour faire de la télé autour de ses artistes donc Moustapha, Baptiste Le Caplin Willy Rovelli, d'autres gens à l'époque mais c'était les principaux on fait des galas, des captations, des choses comme ça donc je me retrouve à à gérer un peu ce type de projet que je n'avais pas géré auparavant. Et ensuite, je bascule chez Juste pour rire. Et donc, je fais des allers-retours entre Paris et Montréal. Juste pour rire, c'est le plus grand festival d'humour au monde. Et c'était à l'époque la plus grande boîte de prod tout court au monde d'humour, en français, mais aussi beaucoup en anglais et un peu partout sur Terre. Et donc, je me retrouve à être encore un peu plus plongé dans ce métier, enfin dans cet univers-là, l'humour. et sauf que tout s'arrête brutalement juste pour rire parce que le fondateur a eu des accusations importantes et donc tout s'arrête du jour au lendemain et là c'est un peu le vide parce que ça se passait très bien parce que je faisais des trucs j'étais très content de ce que je faisais et en plus j'apprenais beaucoup encore à l'époque entre ce que je faisais à Paris mais aussi à Montréal, j'avais la chance d'être très autonome donc j'étais un peu chef d'entreprise, même si ce n'était pas ma boîte.
- Speaker #1
C'était un peu de l'intrapreneuriat.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Mais j'étais vraiment très libre et j'avais 27 ans à l'époque. Donc, j'étais franchement, j'étais dans des très bonnes conditions. Et se pose la question quand tout s'arrête de ce que je vais faire par la suite. Et soit j'allais chercher du travail, chose que je n'avais pas fait depuis mon premier stage. Mais j'avais très peur de ne pas retrouver les conditions. dans lesquelles j'étais, où j'avais cette liberté presque totale de faire. Et donc, je me décide de me lancer dans ma boîte de prod. C'était, je pense, quelque chose que j'aurais fait quoi qu'il arrive, mais peut-être pas à cet âge-là, parce que c'est quand même un peu un saut dans le vide. Mais je le fais en étant dans un état vraiment presque dépressif, parce que la fin, j'ai juste pourri, ça a vraiment été très dur.
- Speaker #1
Je me dis que ça a dû être costaud.
- Speaker #0
Pour tous les salariés, franchement, c'est un peu comme être à la place du mort. Tu vois le mur arriver et tu ne peux pas freiner. Donc, c'était vraiment difficile. Et je me lance là-dedans et puis finalement, je récupère un peu des projets que j'avais initiés avec Juste pour Rire à mon compte. Et c'est peut-être ce qui s'est passé le mieux pour moi dans ma vie, parce que ça m'a fait gagner un temps de carrière phénoménal. Et j'ai la chance à ce moment-là d'avoir des gens qui me font confiance, qui me suivent, que ce soit des artistes, mais aussi des diffuseurs avec qui j'avais travaillé auparavant. Et ça, ça m'a permis de ne pas me planter, parce que lancer une boîte, c'est compliqué dans n'importe quel secteur. Et de croître...
- Speaker #1
Je pense particulièrement plus dans celui-là, quand même, qui est... Il y a peut-être beaucoup d'appelés, peu d'élus quand même.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr, c'est sûr. Mais bon, voilà, je pense que c'est propre à l'entrepreneuriat. Et quand on se lance, j'ai eu la chance de me lancer avec des projets, avec des gens qui me suivaient. Quand on se lance avec rien, on est quasiment sûr d'échouer. Mais là, j'ai réussi à conserver un peu la dynamique que j'avais pour juste pourrir et l'amener chez moi, entre guillemets. Et au même moment, Jean-Rachid m'appelle. pour me dire, écoute, on lance notre boîte de prod aussi avec Mehdi Edir et Grand Corps Malade. Donc des gens avec qui je travaillais déjà auparavant sur des plus petits projets, des clips. Notamment, j'avais fait la prod de leur court-métrage, leur premier court-métrage, leur seul court-métrage. Et donc, je me lance en même temps dans ma boîte et en même temps dans la leur. Et donc, ce qui me permet aussi de revenir aussi, c'est une frustration, mais de me dire, là aussi, je n'ai pas envie de choisir entre le cinéma et la télé, donc je ferai de la télé à travers les boîtes que j'ai lancées et je vais rentrer dans la leur pour produire du cinéma aussi. Donc c'était finalement un peu idyllique à ce moment-là. Bon, après, ce n'était pas gagné, mais le temps a fait que finalement, c'était la meilleure chose qui me soit arrivée.
- Speaker #1
Et là, dès le premier cours, tu me dis, si je dis une bêtise, je n'ai pas la bonne chronologie, mais c'est pas, par exemple, tu étais sur le projet 60 avec Kian. C'est Kian qui avait lancé ça, non ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. C'était quelque chose que moi, j'avais lancé. Enfin,
- Speaker #1
c'est toi qui produis ça et qui en parle à Kian, du coup.
- Speaker #0
En fait, je découvre ça à Juste pour Rire, parce que c'était un concept de scène que je découvre au festival en 2016 ou 2017. J'adore. Je me dis, putain, ça ferait une super émission de télé ou en tout cas un show de divertissement. Et en rentrant, donc je commence à le développer pour Juste pour Rire. Et c'est là où je dis qu'en fait, au moment où ça s'arrête, je me dis, en fait, ces choses-là, je ne vais pas les laisser mourir. C'est ton format. Enfin, c'est toi qui... C'est pas mon format.
- Speaker #1
Mais c'est toi qui voulais le mettre en France.
- Speaker #0
Et à l'époque, j'appelle Kian, que je connais un petit peu, grâce notamment à Baptiste Le Caplin.
- Speaker #1
Kian Kojandi.
- Speaker #0
Kian Kojandi.
- Speaker #1
Qui a notamment fait Bref.
- Speaker #0
Et on se connaît un peu, mais on n'est pas non plus... On n'a pas fait 50 000 choses ensemble. Et il me suit sur ça et sur un autre projet en parallèle, plutôt lié à la scène. Et écoute, c'était il y a presque 10 ans. 10 ans après, on... On travaille toujours ensemble. Et c'est vrai que c'est le premier qui m'a fait confiance. Et Canal m'a suivi derrière. Donc pareil, c'est les premiers qui m'ont fait confiance en tant que producteur seul.
- Speaker #1
On va redire peut-être aux gens, c'était en fait, le concept, c'était une scène, 60 minutes, 60 artistes qui ont chacun 60 secondes. C'est ça ?
- Speaker #0
Et ça ne s'arrête pas. Je vais te la pitcher. C'est exactement ça. On en refait un d'ailleurs à la rentrée. On en tourne un à la rentrée.
- Speaker #1
C'est trop bien. C'est trop dur, ça doit être une...
- Speaker #0
putain on se croit sans artistes en même temps je pense qu'à part les enfoirés il n'y a pas d'émission qui a réuni autant d'artistes mais en même temps c'était exceptionnel il faut être un peu fou pour se lancer là-dedans je pense et moi j'étais hyper j'adorais le format, Kian je pense que c'était aussi une des rares personnes à pouvoir l'incarner parce qu'il faut aussi les gens qui viennent faire ça il y en a pour qui c'est Merci. entre guillemets facile, mais il y en a pour qui c'est prendre un petit risque quand même de monter sur scène pendant une minute, c'est quand même un exercice particulier et Kian et Navo parce qu'il y a Navo aussi c'est un duo apporte cette confiance et cette sérénité là pour les artistes, ce gage de qualité et moi je sais que pareil, ils m'ont fait confiance les deux et franchement ça a été une aventure et la preuve, encore dix ans après on travaille ensemble sur pas mal de projets où ou... où des fois on coproduit des choses, etc. Et on a coproduit d'ailleurs 60 ensemble. Et le soir du tournage, quand on a vu la loge à l'Européen, où il y avait vraiment... Il manquait pas grand monde, franchement, en termes d'humoriste, où on avait même Aurel San, etc. C'est assez surréaliste, quand c'est ta première grosse production, de dire que t'as réuni autant de monde que, évidemment, tu l'admires, que t'apprécies. Donc c'était vraiment... Moi, c'est vraiment mon premier... Mon premier succès, alors malheureusement, ce n'est pas quelque chose qui a une visibilité folle. Parce qu'à l'époque, en plus, Canal était en reprise.
- Speaker #1
Moi, je le sais parce que moi, c'est vraiment ma cam, ce genre de truc. Je me rappelle, vous aviez même filmé, vous filmiez les backstage. Justement, on voyait Aurel San qui disait, mais en vrai, c'est pourri ce que je vais faire et tout. Il n'avait pas pris ses notes et dit, en fait, voici toutes les punches que vous ne retrouverez jamais dans mes raps. C'est ça,
- Speaker #0
exactement.
- Speaker #1
Et déjà, c'est bizarre, je ne me rappelle pas trop ceux des autres, mais celui-là, il m'avait marqué, je me rappelle. Oui,
- Speaker #0
évidemment, parce que voir Orwell-Sann débarquer comme ça, c'est fou. Mais on avait un grand corps malade, on avait Ben Mazuet, on avait vraiment des gens qui, de base, ne sont pas attendus pour faire ça. Et le tout fait un projet, un programme qui est vraiment très cool à voir. Donc, ça, ça a été mon premier... C'est ce qui m'a permis de me faire connaître aussi un peu du métier, on va dire. Donc,
- Speaker #1
c'était ton premier petit fait d'armes. Vous en avez fait d'autres après ? Parce que moi, j'ai l'impression que vous en avez d'autres.
- Speaker #0
Oui, on a fait d'autres. On a fait 62. On a fait 69.
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #0
OK. Et là, on est en train de préparer un prochain.
- Speaker #1
On peut encore les voir en ligne, tout ça ? 69,
- Speaker #0
il est encore dispo sur MyCanal.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
60 et 62, je ne crois pas, non.
- Speaker #1
OK. Donc, ça, on ne peut même pas les voir. Ils ne sont même pas sur YouTube. Non,
- Speaker #0
je crois que tu... peux les voir, je crois qu'ils sont disponibles à l'achat, à l'acte sur le site de Kian.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais il faudrait que je leur demande si c'est toujours d'actualité.
- Speaker #1
Ils rêvent, je crois. Les gens vont peut-être penser qu'il y a eu un petit grognement, mais un grognement de rêve, quoi. Ils sont en train de chasser un truc, là.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ok, donc du coup, après ça, donc ça c'est ton premier, on va dire un peu fait d'armes. Donc ça, encore une fois, pareil, si t'es arrivé avec le projet, tu prends... En gros, tu associes un peu l'image à un kian qui peut porter le projet en termes d'image. Il coproduit avec toi ou pas ?
- Speaker #0
Oui, 60 coproduits, c'est vraiment plus que de l'image. Parce que pour le coup...
- Speaker #1
Il l'anime aussi, oui.
- Speaker #0
Alors, il l'anime, il programme. Parce que vraiment, je pense que 70, voire 80% des gens, c'est lui qui les appelle. Et on a réfléchi ensemble avec Navo à la direction artistique. Quel esthétique, quel habillage, quelle musique. Donc évidemment, c'est un projet... Peut-être qu'il aurait existé si ce n'était pas eux, mais ils n'auraient pas du tout eu la même tête. Et moi, c'est ce que j'aime, c'est d'aller chercher des gens qui vont apporter cette vision. Et voilà, on discute, on n'est pas... C'est des gens, en plus, qui sont très ouverts. C'est vraiment une génération d'artistes qui sont entrepreneurs, qui restent artistes, qui ne sont pas que non plus des businessmen, etc., mais qui ont cette vision de... Oui, d'entreprendre, de créer un projet. Il y a d'abord Kian depuis, il a créé d'autres choses. Il crée des boîtes, il crée des choses. Enfin vraiment, il est très, très actif.
- Speaker #1
Il vient même de créer une agence de com.
- Speaker #0
Exactement. Et la com, c'est des programmes pareils. En fait, je pense que c'est l'ensemble de ce qu'il a vécu sur ses propres projets où il s'est dit, en fait, il y a des choses à apporter sur d'autres aspects que juste l'artistique. Et on l'a vécu ensemble à différentes entreprises parce qu'on a produit pas mal de choses ensemble. Et moi, c'est vraiment ce que je cherche à avoir au quotidien. Moi, j'essaye de leur apporter une sorte de sérénité, de garantie de la manière dont ça va être fabriqué, du financement, de la relation avec le diffuseur, etc. Et eux, l'univers, la vision, la garantie vis-à-vis des artistes, vis-à-vis de tout ça. Donc, on est très complémentaires et c'est ce qui fait que j'aime beaucoup travailler avec eux. ce type de personnes-là, et c'est exactement ce que je retrouve chez Farid et Panayotis pour Lougarou, c'est des gens qu'on est vraiment parfaitement à nos places respectives, c'est ce qui fait que ça marche, c'est ce qui fait qu'on est complémentaires et qu'il n'y a pas de frustration entre nous.
- Speaker #1
C'est la parfaite transition, moi je n'allais pas partir sur le synopsis, mais on pourra en parler après, parce que, évidemment, ça m'intéresse grave, mais pareil, c'est quoi cette rencontre avec... En fait, j'ai un peu bossé quand même, donc il me semble que tu sais... Toi, tu connaissais Farid, mais peut-être sans plus, vous n'avez pas vraiment de projet ensemble. Et c'est un jour où vous vous recroisez et il te parle de ça, parce qu'encore une fois, lui, il a une idée. Il a ce projet de dire, le Garou, c'est quand même de la balle. Est-ce qu'on ne pourrait pas en faire un truc pour la télé ? Et c'est quoi la discussion ? Elle vient de là ou non ? Oui,
- Speaker #0
c'est ça. En fait, avec Farid, on se connaît sans se connaître. On a une personne en commun qui travaille avec lui, Madame Sarfati, et chez moi. qui fait la programmation notamment des émissions comme 60, qui s'appelle Sado Hassan Saed. Et petit à petit, elle nous dit, mais parlez-vous, vous devriez... Voilà, parce que c'est des métiers où quand la rencontre, elle n'est pas forcément naturelle. Bon, on ne peut pas être pote ou travailler avec tout le monde. Donc, grâce à elle, on se rapproche un peu, on discute. Il a envie de faire un jeu. Il ne sait pas quoi. On parle aussi de la captation de son spectacle. On se tourne autour sans vraiment trouver le sujet sur lequel travailler. Et un jour, je le croise rue Montorgueil en trottinette. Il me dit, il faut que je t'appelle. J'ai une idée, un truc que j'ai eu avec Panayotis, etc. C'est juste avant le Covid. Et il me dit, tu connais Loup-Garou ? Je fais oui, mais je n'ai jamais joué. Mais oui, je connais.
- Speaker #1
Tu n'as jamais joué à Loup-Garou ?
- Speaker #0
Non. ça m'a pas empêché de le produire et en fait il me dit est-ce que tu penses que les droits sont dispo je lui ai dit écoute faut qu'on regarde honnêtement j'en ai aucune idée et on passe un an avec nos avocats respectifs et Asmodé qui est donc le distributeur du jeu le jeu appartient à qui ?
- Speaker #1
il appartient toujours à son créateur ou il appartient à une société ?
- Speaker #0
il y a toujours les deux créateurs qui sont hyper présents et qui donnent leur aval
- Speaker #1
C'est des Français ?
- Speaker #0
C'est des Français, ouais tout à fait. On découvre ça d'ailleurs parce qu'on ne le savait pas, ce qui aide, on ne va pas se mentir. Et à ce moment-là, et français aussi, même si on négociait à l'époque avec les États-Unis, ce qui est bizarre. Mais on passe un an à faire des zooms, puisque Covid oblige à, ça occupe en même temps, à négocier les droits, etc. En se demandant un peu pourquoi personne n'y a pensé. Et d'ailleurs, on s'apercevra qu'on est passé vraiment tout juste, parce qu'après, tout le monde va s'exciter dessus. Et on récupère les droits, notamment parce qu'à l'époque, Farid... rassure aussi encore une fois tout l'intérêt d'avoir des gens qui ont des convictions à ce moment là sur le fait qu'il veut pas travestir le jeu, lui c'est un passionné de jeu et il veut absolument que ce qu'on fasse à l'écran soit 100% fidèle ça senti que vous avez respecté le loup-garou quand même et à partir de ce moment là une fois qu'on a les droits on développe pendant longtemps
- Speaker #1
Est-ce que c'est pas si évident quand même ? De reprendre un peu les thématiques du jeu, la dynamique du jeu, et le transcrire pour la télé avec des gens qui vont rester là pendant une semaine. C'est pas évident quand même de base.
- Speaker #0
Non, Mais après, en fait, ils avaient, Farid et Pana, ils ont ramené tout de suite l'univers, l'esthétique. Par exemple, le village, je pense qu'on l'a eu au premier jour. Et il n'a pas bougé depuis, quasiment. Donc ça, c'est preuve qu'ils avaient déjà quand même pas mal en tête ce qu'ils voulaient. Et après, moi, mon travail, ça a été d'amener autour de la table des gens dont c'est le métier, de faire des jeux en télévision, notamment Mo Benani, qui est peut-être dans notre génération le maître de ce type de programme en France, qui a une carrière, déjà, on a le même âge, mais qui a une carrière de fou, qui a fait ses gammes chez John DeMol, qui est le pape de la télé mondiale. Donc je l'amène autour de la table et puis d'autres profils de gens très très qualifiés. On a vraiment essayé de réunir les meilleurs, je ne vais pas tous les citer, mais vraiment les meilleurs. On part sur un développement qui dure un certain temps parce que voilà, on tâtonne, on doute comment occuper aussi, créer des choses qui n'existent pas dans le jeu de plateau parce que quand on fait des vrais jours et des vraies nuits, du coup on se retrouve à faire des parties qui durent à peu près entre 12 et 15 jours. Qu'est-ce qu'on leur fait faire la journée ? Qu'est-ce qui fait qu'on va rendre ça regardable ? Parce qu'il n'y a rien de pire qu'un jeu de société qui est filmé et où le téléspectateur s'ennuie. Donc voilà, ça prend des mois. On développe, on développe avec une plateforme au début. Et puis finalement, on ne s'entend pas sur ce qu'on veut faire de ce programme. On a une traversée du désert qui est assez lente. qui est assez longue, pardon. Et à un moment donné, vraiment, on pense qu'on ne va pas réussir à le faire. Parce que même si tout le monde est excité par le projet et nous dit ce que vous avez fait, c'est super. Mais c'est vrai que c'est un projet ambitieux. C'est un projet donc cher.
- Speaker #1
Parce qu'en plus, il y a beaucoup de monde sur la corde à linge. En fait, c'est ça aussi qui complique un peu la chose. Du coup, il y a vous. Il y a ta société de prod. Il y a Pana et Farid. Du coup, il y a Canal.
- Speaker #0
Canal à l'époque, non. Canal, ils ne sont pas là. Mais après,
- Speaker #1
ils arrivent du coup après.
- Speaker #0
Oui, mais c'est ça en fait.
- Speaker #1
Il y a les fondateurs du jeu, il y a la société de prod du jeu.
- Speaker #0
Il y a vraiment Farid, Pana, moi, et évidemment, il y a Asmodé, les créateurs du jeu, mais eux, ils nous font confiance, ils nous ont donné ces droits-là. Là,
- Speaker #1
tu payes un droit d'entrée et c'est tout.
- Speaker #0
C'est un droit d'option pendant X mois. En gros, on a l'exclusivité pendant cette période-là pour développer un projet audiovisuel autour du Loup-Garou. On renouvelle l'option parce qu'on n'arrive pas à le vendre pendant notre première période. Ils continuent à nous faire confiance. Et quelques semaines avant que les droits se terminent, mon équipe de développement à l'époque m'appelle en me disant écoute, on a été appelé par telle ou telle société de prod pour travailler sur Lougarou. Et là, je fais mais... Comment ça ? Ils disent bah oui, c'est ce qu'on leur a répondu. On leur a dit mais les droits, ils sont chez Arnaud, etc. Et on leur a répondu non, non, mais t'inquiète pas, de toute façon, ils n'arriveront pas à le vendre. Et venez chez nous, on va récupérer les droits. Et ça, c'est le genre de choses, moi, qui, quand je suis un peu, quand j'ai plus trop de solutions, c'est ce qu'il m'a fallu pour me piquer et me réveiller un peu. Et le seul endroit où je ne l'avais pas proposé, quasiment, c'était Canal. Parce que Canal, à l'époque, ne fait pas ce genre de programme. Et c'est lors d'une discussion avec Jean-Marc Juramy. Moi, Canal, c'est mon premier diffuseur avec lequel je travaille, notamment parce que c'est quand même avec eux qu'on fait beaucoup de cinéma, mais aussi, je fais beaucoup de captation. Enfin, je fais vraiment beaucoup de choses avec eux. Et quand on en discute, il me dit, c'est fou, tu fais tout chez nous. Tu ne fais juste pas de programme de flux. Et je lui réponds, en même temps, vous en faites pas. Il me dit, ah si, j'aime bien, j'aimerais en faire. On a une envie chez Canal, notamment via Maxime Saada, de faire du flux, mais du flux haut de gamme.
- Speaker #1
Tu peux redire ce que c'est un vrai la différence entre le flux et le stock ?
- Speaker #0
Programme de flux, c'est pas un joli mot. Le flux, ça veut dire des programmes qui passent. C'est l'opposé du programme de patrimoine, donc de documentaires, des choses qui se rediffusent. le flux. C'est normalement des choses qui ne se rediffusent pas. Donc, c'est notamment des jeux comme Koh-Lanta, etc. À la différence d'un documentaire, d'un spectacle qui vont se rediffuser dans le temps. Ou évidemment de la fiction. Mais voilà, Canal tout de suite met le pas de côté par rapport à un programme normal en disant qu'il faut que ce soit adapté à Canal. Donc là, je lui dis, bouge pas, je pense que j'ai quelque chose pour toi parce que nous, forcément, on a l'ADN. de Canal, tous autant qu'on est.
- Speaker #1
Tu n'as pas besoin que tu traînes le cul avec des mecs qui ont cet ADN-là.
- Speaker #0
Je pense que même toute notre génération, quand même, on a été bercé par la création de Canal dans les années 90 et 2000. Donc, ce qu'on fait naturellement est très, très proche de l'ADN de Canal. On leur présente. Et donc là, on est vraiment dans le money time parce que dans quelques temps, je perds les droits. Et on fait un rendez-vous où il y a Maxime Saada, Gérald Briseviré et Jean-Marc Jéramy. Elias Bouchiche aussi. Donc c'est vraiment les quatre personnes les plus concernées possibles. Et on sort de ce rendez-vous et ils nous disent, on prend. Et reste à négocier, etc. Et on signe. Je réussis à avoir 15 jours de délai supplémentaire d'asmodée. Et on signe deux jours avant que j'ai plus le droit.
- Speaker #1
Putain, c'est fou ça.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et là, on est... Le Loup-Garou, c'était l'année dernière ou il y a deux ans ?
- Speaker #0
La première saison, elle est diffusée fin 2024.
- Speaker #1
Et là, quand tu signes, t'es quoi ? T'es en 2022 peut-être ?
- Speaker #0
Je suis en...
- Speaker #1
Même 2021 ?
- Speaker #0
Non, non, non, je suis en juin, juillet 2023.
- Speaker #1
Ah oui, donc ok. Donc après, ça va. Et du coup, là après, vous démarrez le casting, le tournage... Après,
- Speaker #0
une fois que tu signes, t'es tranquille. Enfin, t'es plus tranquille. Après, il restait à faire, ce qui n'était pas des moindres. Mais après, on a travaillé main dans la main aussi avec Canal. Et puis là, on a pu vraiment élargir à juste pas qu'une équipe de développement, à une équipe de production qui est nombreuse et nombreuse. Et effectivement, on démarre le casting, on démarre la mise en image. On installe tout ce que va être l'émission qui existe aujourd'hui. La post-production, énorme sujet sur Loup Garou. donc Là encore, c'est un casting, on essaye de réunir les meilleures personnes autour du projet pour comprendre ce qu'on veut faire, comprendre comment faire un objet différent de ce qui existe et qui est très bien. Mais encore une fois, le rôle de Canal, c'est ce qu'il vous demande, c'est de dire, nous les gens payent pour regarder ce qui se passe sur Canal, donc il faut leur offrir quelque chose qu'ils n'ont pas sur du gratuit. notamment sur les chaînes traditionnelles. Mais franchement, ce n'était même pas un exercice, parce que c'était vraiment naturel chez nous d'avoir cette exigence de faire quelque chose qui serait peut-être plus compliqué à diffuser sur une télé classique. Le mariage n'était pas évident au début, parce que tout simplement, Canal ne faisait pas ce genre de programme. Mais une fois qu'ils nous ont dit ça, c'est devenu une évidence. Et encore aujourd'hui, je pense que c'est vraiment le meilleur endroit pour... qu'il soit diffusé parce que ça n'aurait jamais vraiment eu la même tête si ça avait été diffusé ailleurs même sur les plateformes.
- Speaker #1
C'est pour ça que tu m'as dit les seuls avec qui on n'avait pas proposé ces canals alors que moi en fait c'est facile à dire a posteriori mais moi pour moi j'ai l'impression que c'est typiquement un produit canal plus quoi.
- Speaker #0
Oui mais parce que tout simplement il y a des plateformes aujourd'hui par exemple avec qui je vais pas proposer de captation de spectacles parce qu'ils n'en font pas tu vois ça veut pas dire qu'ils n'en feront jamais mais mais c'est... Donc, en fait, tu as des espèces d'automatismes et c'est vrai que Canal... Non, je ne pensais pas à eux pour faire ce genre-là.
- Speaker #1
Oui, tu as raison. Et donc là, du coup, vous vous mettez maintenant à produire, à faire, à créer. On appelle ça un jeu, une série, c'est quoi ?
- Speaker #0
C'est un jeu, c'est aussi une série, c'est un peu un ovni.
- Speaker #1
Et même un côté télé-réalité, même si on veut le côté du terme.
- Speaker #0
C'est un jeu de stratégie. mais qui a une forme de série, du réel, on va dire. Mais comme on joue beaucoup sur les codes de fiction dans le montage, parce que dans la prod, rien n'est fictionné.
- Speaker #1
Le montage, ça doit être une... Combien de caméras entre tout le monde qui a des GoPros, les caméras à l'intérieur, les cadreurs ?
- Speaker #0
On est entre 50 et 60 caméras.
- Speaker #1
Combien de... Le standard de rush,
- Speaker #0
ça n'a aucun sens. Et la post-prod, elle est solide. Elle est même plus importante que certaines séries. Donc déjà, de base, la télé et la fiction, c'est quand même deux mondes différents en termes de temps de tournage et de post-prod. Et là, on est plutôt sur les standards de fiction. élevés.
- Speaker #1
En plus, il faut faire le montage en fonction de l'histoire que vous voulez raconter. Parce qu'évidemment, vous ne nous dites pas tout de suite qui sont les loups-garous, vous ne dites pas tout de suite si ou ça. Vous devez même, au fur et à mesure du tournage, écrire l'histoire que vous allez vouloir raconter.
- Speaker #0
Oui, mais en fait...
- Speaker #1
Raconter l'intrigue plutôt que l'histoire.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. On prend ce que la réalité nous donne et ensuite, avec les journalistes, les rédacteurs-chefs, Les monteurs, les réals, post-prod, etc. Évidemment, les producteurs et artistiques, etc. L'idée, c'est de mettre sur la table toutes les cartes et de dire comment est-ce qu'on va raconter cette partie de la manière la plus intéressante possible. Qu'on garde le côté enquête, qu'on garde le côté suspense.
- Speaker #1
Il faut garder la FOMO, tout ça. Et puis après, vous prenez également toutes les parties présentes. En plus, ce qui a été hyper cool, c'est la musique, la musique originale qui a été faite. Parce que pour le coup, maintenant, tout le monde la connaît avec le... C'est qui qui a fait ça ? Il est quand même connu, le mec qui a fait ça ?
- Speaker #0
Leonardo Desi. Léo Desi, qui est un super compositeur qui est avec nous depuis le début et qui a créé tout l'univers, le générique évidemment, mais pas que, toute l'atmosphère et chaque saison.
- Speaker #1
En plus, ce que vous voulez raconter,
- Speaker #0
ça va un peu plus loin. Il crée des nappes. supplémentaires, des ambiances supplémentaires ce qui nous permet d'avoir tout un tas de pistes qu'on utilise en France mais aussi à l'étranger puisque comme c'est un format maintenant qu'on adapte à l'étranger
- Speaker #1
Donc vous l'avez vendu à l'étranger ?
- Speaker #0
Oui, il y a eu une première saison en Allemagne qui a été diffusée.
- Speaker #1
Et c'est vous qui produisez ?
- Speaker #0
Alors non, on est consultants,
- Speaker #1
ce qu'on appelle Ah oui mais tu cèdes du coup les...
- Speaker #0
On est garant de faire en sorte qu'ils respectent notre programme dans le sens respecter la manière dont c'est fabriqué parce qu'il y a des secrets de fabrication mais on n'est pas actif. Par contre, ils viennent tourner dans notre décor en France.
- Speaker #1
Ok, parce que du coup, les cabanes restent. D'ailleurs, je ne sais même pas si tu le sais, je suis associé chez Kimono avec Olivier. Du coup, Kimono, l'offre Kimono for l'événementiel amène des boîtes aussi dans ce village. Oui, on a lancé ça l'année dernière. Donc du coup, je savais que le village, il reste tout le temps. En plus, c'est dans un bois. On ne peut pas tourner tout le temps parce que ce bois, il appartient à quelqu'un. Non,
- Speaker #0
mais puis parce qu'on essaye aussi de respecter la nature, etc. Donc on essaye d'être très prudent par rapport à tout ça. Mais oui, il y a des versions étrangères. Et donc, en fait, nous, on fournit. tout l'univers, l'habillage, la musique, de manière à ce que ce soit vraiment comme vous prenez Koh-Lanta, Fort Boyard, ce genre de programme.
- Speaker #1
Parce que tout ça, c'est votre propriété.
- Speaker #0
C'est notre propriété, tout à fait.
- Speaker #1
Ok, donc du coup, vous faites ça, il y a la musique. C'était déjà Yvick dans la saison 1 qui faisait Mister V ?
- Speaker #0
Je crois que c'est une des choses sur lesquelles on n'a jamais douté.
- Speaker #1
Ça marche grave. Il y a limite... Comme maintenant, j'ai entendu, tu te dis, en fait, il n'y a que lui qui aurait pu faire la voix un fois. C'est un peu ça. Avec cet esprit. Et alors, attends, le sujet, je pense, le plus compliqué, c'est du coup le casting. Parce que là, il y a déjà énormément d'inconnus quand vous vous lancez là-dedans. Mais pareil, tu te tapes un mauvais casting, ça peut, la mayonnaise, elle ne prend pas. Et tu te dis, waouh, putain, ça va être dur de produire avec un truc qui ne fonctionne pas. En plus, du coup, personne n'a les codes encore parce que du coup, tout est nouveau. Je pense que pour la saison 2, ils ont vu la saison 1. Donc forcément, c'est différent. Mais la saison 1, tout est nouveau.
- Speaker #0
Le casting, oui, évidemment, on a pas mal réfléchi. Canal voulait, il n'y a pas que Canal d'ailleurs au départ, mais naturellement, on nous parlait de célébrité. Nous, assez vite, on a mis ça de côté parce que ce n'était pas ce qu'on avait envie de faire. Et puis, on est arrivé sur cette idée de faire la meilleure partie de tous les temps, donc de réunir des personnes, des cerveaux, des professions. qui ont tous une sorte d'excellence, notamment dans tout ce qui va être la stratégie, la manipulation, le mensonge, le faux-semblant, parce que c'est quand même des choses qu'on manie dans certaines disciplines. Et ensuite, il fallait trouver les bonnes personnes pour aller trouver ces gens-là. Donc, c'est des castings fermés. C'est nous qui allons chercher des profils.
- Speaker #1
Et là, vous avez externalisé ça ? Oui,
- Speaker #0
on embauche des gens dont c'est la spécialité. en l'occurrence le Ici, la patronne du casting, c'est Géraldine Derry. Et ils sont nombreux derrière. Et honnêtement, elle nous a fait... Elle nous a bluffé. Ils nous ont bluffé parce que... Oui, on n'était pas inquiets, mais en tout cas, on savait que c'était un élément central de notre projet.
- Speaker #1
Parce qu'encore une fois, on suit des personnages, même si là... On vient pour l'Ougaru et le concept et la marque.
- Speaker #0
Avant le casting,
- Speaker #1
le casting ne fonctionne pas.
- Speaker #0
Aujourd'hui, le casting est devenu vraiment une marque de fabrique du format. Dès le début, on a été rassuré parce qu'ils nous ont amené des gens. Nous, on avait évidemment une typologie de profil qu'on avait en tête. Et ils ont été plus loin que ça. Et ils nous ont amené des personnalités folles qui sont tous vraiment des sommités dans leur domaine. Et c'est ce qu'on arrive à poursuivre d'année en année. Là, on prépare la saison 3. Et avant de démarrer le casting, on a toujours cette petite question de se dire, bon, est-ce qu'on va faire aussi bien qu'eux ? Est-ce qu'on va trouver des choses qui vont nous surprendre, nous, déjà ? Et c'est encore le cas. Donc, en fait, on a l'impression que, en plus, maintenant, l'émission étant connue et ayant quand même cette image qualitative, Ça nous permet plus facilement d'aller convaincre des gens qui refuseraient ce genre de projet dans un autre contexte et qui, là, sont hyper excités à l'idée d'y participer.
- Speaker #1
Et là, le casting de la saison 3, il est déjà fait ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok, ça va pour l'instant, t'es content ?
- Speaker #0
Très content.
- Speaker #1
Et vous démarrez le tournage bientôt, du coup ?
- Speaker #0
Ouais, très bientôt, ouais.
- Speaker #1
Donc ça va sortir quoi ? Peut-être à la rentrée ou à Noël ? Non, je ne sais pas encore. Tu n'as pas le temps de production ?
- Speaker #0
C'est très long. C'est la post-production qui est très longue. Mais non, non. Écoute, a priori, ça devrait être à peu près aux mêmes périodes que l'an dernier. Donc plutôt fin d'année. Mais ça peut changer. Ça, pour le coup, c'est Canal qui décide. Donc je ne sais pas vraiment. Nous, on tourne toujours à peu près à la même période.
- Speaker #1
Vous fournissez un livrable et après, c'est eux qui décident de quand est-ce qu'ils... Oui,
- Speaker #0
on en discute. Mais euh... Mais oui, ça reste leur chaîne, donc c'est eux qui voient, mais a priori, ce sera sensiblement aux mêmes dates.
- Speaker #1
Et ça, je ne sais pas si tu peux le dire, mais c'est sûr qu'il y aura une saison 4, saison 5, 6, à quel point il y a de l'avance ?
- Speaker #0
J'aimerais bien pouvoir le dire, mais je n'en sais rien. Non, non, non, on n'a pas de garantie, on sait que le projet, le programme marche très très bien chez Canal, c'est un des programmes les plus vus sur Canal. Et surtout, les plus vus par des profils de public qu'on n'a plus trop l'habitude de toucher en télé. Des jeunes ? Des jeunes. On a une moyenne d'âge assez jeune sur le programme, donc ça c'est quand même... En télé, ça n'existe plus. On est très paritaires, on est à peu près autant d'hommes que de femmes. Et nous, surtout, ce qui nous plaît dans les discours qu'on a, qui n'étaient vraiment pas recherchés à la base, c'est qu'on a des familles. qui regardent ensemble, avec des jeunes enfants, des jeunes enfants de 8, 9 ans.
- Speaker #1
Un peu comme un colantin en fait. François.
- Speaker #0
Ouais, mais je suis vraiment pas sûr qu'encore aujourd'hui, Koh Lanta se soit regardé en famille. En tout cas, nous, vraiment, c'est quasiment systématique qu'on nous dit ça. Des gens qui ont des enfants, on nous dit, nous, les enfants, nous nous disent, vous regardez pas sans nous, le vendredi soir, parce que c'est diffusé le vendredi soir.
- Speaker #1
Je suis là avec ma fille de 10 ans, moi.
- Speaker #0
Bah voilà.
- Speaker #1
En fait, ma fille est fan du Loup-Garot, et moi, je joue au Loup-Garot depuis que je suis au lycée.
- Speaker #0
Et ça, franchement, très sincèrement, on pensait pas que ça allait être aussi... puissants sur ce public-là, parce que c'est quand même pas si simple à comprendre la stratégie, etc. Et ils ont un niveau de lecture différent auquel on ne s'attendait pas. Yvick aide beaucoup, mais ça c'est hyper... Quand t'arrives à entendre que des familles se réunissent pour regarder un programme et qu'ils s'attendent pour le regarder, c'est quand même tout... L'intérêt, entre guillemets, c'était ça, la télé avant. C'était de passer des moments en famille devant des choses, devant le cinéma, devant des choses comme ça. Donc ça, c'est vraiment une vraie réussite. Donc tant qu'on a ça, on espère que le programme va durer longtemps. Mais ça, malheureusement, on ne maîtrise pas.
- Speaker #1
Bon, écoute, inch'Allah là-dessus. Et quand on a fait un projet comme ça, qui a un grand succès, donc du coup, forcément, vous avez appris plein de trucs sur le tas. Donc du coup, c'est quand même aussi un peu un asset supplémentaire que tu mets un peu dans ta poche. Vous allez faire d'autres jeux ou il y en a en projet ? Je suppose que si tu fais comme ça, c'est que tu n'as pas le droit de le dire. Non, oui,
- Speaker #0
on a des idées, on a des envies. Moi, ça m'a évidemment, oui, l'ambition d'avoir des projets ambitieux comme ça, ça donne envie d'en faire d'autres. J'ai d'autres développements dans le style avec un ou deux autres producteurs qui, j'espère, vont aboutir. Et oui, avec Farid et Pana, on a... des idées, des envies. C'est encore un peu tôt, enfin, ce n'est pas encore vraiment avancé, mais je pense qu'on s'est vraiment bien trouvé là-dessus et que l'aventure est vraiment très agréable à faire. Donc oui, on a envie de faire d'autres choses, mais maintenant...
- Speaker #1
On va faire le Cluedo ou un cache-cache ?
- Speaker #0
Non, on va voir. On a des idées, mais ce n'est pas encore arrêté vraiment sur ce qu'on va mettre en développement bientôt. Mais c'est sûr qu'on aimerait bien... réussir à renouveler l'expérience, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Trop bien, en plus je vois que l'heure tourne, je sais qu'il faut que je te libère après pour... T'as un dej pas loin, mais du coup, on va quand même aussi finir par l'autre facette, qui est encore une fois une autre corde à ton arc, j'ai bien fait l'expression, qui est le ciné quand même, avec des films très différents, qui peuvent être du biopic comme Monsieur Aznavour, avec Tara Rahim, qui a été même nominée au César pour ce rôle, à des films plutôt comédie, plutôt grand public. Comme Secpa, il y en a eu quoi ? Deux ou trois ? Deux. Deux ? Il y en a un des deux où vous faites même plus d'un million d'entrées. Donc, beau succès populaire.
- Speaker #0
Le premier fait 800 000 à peu près juste post-Covid. Ce qui est déjà hyper bien. C'est vraiment, franchement, il n'y avait pas grand monde qui était capable de parier ça. Et le deuxième fait quasiment un million cinq.
- Speaker #1
Oui, un million cinq, c'est un vrai succès pour une comédie populaire française. Et de base, c'est une web-série ça, non ?
- Speaker #0
Oui, c'est une web-série. C'est une web-série sur YouTube. qui cartonnaient, mais évidemment qui n'avaient pas du tout la forme d'un long métrage. Donc il y a eu un vrai travail d'adaptation qui a été fait avec les frères Bougueraba, donc Hichem, Hakim et Ali, qui écrivent et réalisent ou jouent dans le film, dans les deux. Et nous, on les a accompagnés, on les a aidés à le rendre cinématographique, on va dire.
- Speaker #1
C'est quand même pareil, encore une fois, rôle de producteur. À partir de l'idée du projet d'un artiste pour pouvoir lui donner vie.
- Speaker #0
C'est là où tu t'aperçois qu'il n'y a vraiment besoin, que tu ne fais jamais rien tout seul. Déjà, de base, c'est Jean Rachid qui prend le pari de faire ça. Je dois dire que franchement, honnêtement, je vois peu de gens capables de faire ce move parce que la websérie cartonnait, mais... On était très loin d'un film au cinéma, donc il leur fait confiance. Moi je suis parce qu'il a des intuitions souvent qui sont bonnes, sans être forcément très convaincu parce que je me dis qu'il y a beaucoup de travail, mais moi je les connais depuis longtemps, la famille Bougaraba, etc. Donc on a envie de travailler ensemble et de se dire bon ça va être marrant à faire. De là on a un producteur interne. qui s'occupe aussi de prendre le développement en main, qui s'appelle Yann Arnault, qui a fait quatre ans de cinéma derrière lui. Et qui travaille avec eux pour... On travaille ensemble, mais c'est vraiment lui qui travaille avec eux au quotidien pour les amener à en faire un scénario qui tient la route, même si le but n'est pas de changer l'ADN non plus, parce qu'encore une fois, si la websérie marche avec des codes, etc., il faut respecter ça. Et après, c'est nous d'aller convaincre les diffuseurs, les distributeurs, les chaînes, etc., d'aller investir là-dessus. Je peux te dire qu'il n'y avait pas grand monde au début qui croyait. On a été distribué par Apollo. qui pour le coup y a cru tout de suite, et Studio Canal qui est arrivé un peu plus tard dans la boucle, et Canal, et C8 à l'époque, Feu C8, mais pas de chaîne en clair, rien, etc. On n'a pas beaucoup d'argent pour le faire, mais c'est souvent une contrainte plutôt bénéfique au départ, et on fait ce film qui est un genre de comédie qui n'est pas très populaire en termes de... parisienniste, on va dire, mais qui trouve un public qui, pareil, là encore, c'est assez précieux, mais c'est des gens qui, quand même, n'ont pas forcément l'habitude de venir au cinéma et qui adhèrent là à venir au cinéma. Et petit à petit, ce qui a fait le succès entre le 1 et le 2, c'est très rare de doubler quasiment entre le 1 et le 2. C'est plutôt l'inverse. C'est plutôt l'inverse. 1, le Covid, parce que le 1, on est vraiment sortis post-Covid, donc de toute façon, on fait moins d'entrées. Le cinéma, pas ouf,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Mais deux, surtout, je pense que les familles se sont emparées du truc. En fait, c'est quand même un public jeune, mais les parents ont adhéré. Et je veux dire, c'était regardable aussi pour des mères, des pères, etc. Des quarantaine,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Donc, en fait, ils sont venus en famille, ce qui fait qu'il y a plus de place, etc. Et honnêtement, on a eu... Tu vois, le film a été... Donc, le 2 a été préacheté par Netflix. Donc, il a été diffusé sur Canal et sur Netflix. Et il a très bien marché sur les deux. Et Netflix, il a même été top. 1, ils ont racheté le premier il a fait top 1 aussi donc ça a prouvé que ça répondait à un public qui a pas forcément toujours une offre de cinéma qui lui donne envie de se déplacer ok donc ça trop cool et ça par exemple,
- Speaker #1
sans rentrer dans les prix, donc là le business model d'un film en fait aujourd'hui c'est vous dites vous le pré-vendez quand tu me parlais de Apollo Sudau Canal, en fait moi des fois je comprends Enfin... Tu me dis si ma compréhension est bonne. Quand on voit souvent au début des films, soutenu ou produit par, et là on voit des chaînes. C'est qu'en fait, c'est les chaînes qui prépayent pour avoir après le film en exclu pour le diffuser, c'est ça en fait ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et du coup, vous, vous savez de cet argent pour produire le film ? Exactement. Ok. Donc là, du coup, jusque là, j'ai bon. Et quand tu vois une boîte comme Apollo, là c'est quoi ? Apollo,
- Speaker #0
c'est le distributeur. Donc c'est ceux qui vont s'occuper de sortir le film dans les salles. donc qui va faire tout un travail pour convaincre les exploitations. exploitant dans la plus grande, la plus petite ville qu'il y a un cinéma, de prendre ce film, d'y croire.
- Speaker #1
Les UGC, Gaumont, etc. Oui,
- Speaker #0
les CGR, tous les réseaux de cinéma. Et qui va s'occuper de toute la stratégie marketing avec nous, bien entendu.
- Speaker #1
Mais c'est eux qui payent du coup ça ? Alors eux,
- Speaker #0
pareil, ils nous mettent ce qu'on appelle un minimum garanti, qui varie évidemment en fonction de l'ambition du projet, etc. Et ce minimum garanti, il n'est pas fait pour nous payer, il est fait pour mettre dans le projet pour que le projet existe. Et ils parient en fait, vraiment, eux, ils parient sur le fait que le projet va faire des entrées au cinéma et évidemment, dans le prix d'un ticket de cinéma, il y a tout un tas de personnes qui se payent. Il y a évidemment les exploitants, ceux qui ont les cinémas et il y a les distributeurs. Je peux te dire que les producteurs sont souvent, c'est le bout du ticket. Mais ce qui est logique, c'est que étant donné que ce sont eux qui mettent l'argent et qui prennent le risque évidemment ils se remboursent en tout cas dans les premiers pas forcément en premier mais dans les premiers mais ceux qui investissent là-dedans et qui après font en sorte que le film soit visible qu'est-ce qui va faire en sorte que on donne l'envie au public de venir voir notre film plutôt que celui d'à côté qui
- Speaker #1
va sortir en même temps et là c'est pour ma culture perso pareil quand au début des films tu vois producteur exécutif Ça veut dire quoi, ça, exécutif ?
- Speaker #0
Producteur exécutif, c'est pas un producteur qui a les droits. C'est un producteur, généralement, qu'on embauche. C'est une personne, généralement. Et qui va... À qui, moi, par exemple, j'ai les droits d'un film, mais moi, j'ai pas le temps de m'en occuper au quotidien sur la fabrication. Donc, je vais prendre une personne dont c'est le métier. Par exemple, là, sur Secpa, je t'ai parlé d'Ian Arnaud. C'était lui, le producteur exécutif sur les Secpa. Quelqu'un qui travaille. pour nous, mais qui a la capacité de produire au sens, s'en occuper tous les jours, gérer les différents corps de métier, s'assurer qu'on rentre dans le budget qu'on a, s'assurer que le scénario qu'on écrive tienne la route. Donc, pareil, il y a une notion logistique, économique, financière, mais il y a aussi quand même une logique artistique là-dedans.
- Speaker #1
Ok. Tu sais, des fois, même, ça je le vois souvent dans les films américains, Même des fois, l'un des acteurs est producteur exécutif. Alors,
- Speaker #0
il faut faire attention, aux Etats-Unis, c'est pas la même définition.
- Speaker #1
Ah, c'est pas la même. C'est que là, je me dis, en fait, c'est quoi ? Des fois, c'est l'acteur qui dit, je prends pas de cachet, mais par contre, je veux des droits du film. Ouais,
- Speaker #0
alors c'est plus compliqué que ça, mais exécutif-produceur aux Etats-Unis, c'est l'inverse de chez nous. C'est ce que nous, on dit producteur délégué. Donc, en fait, les gros acteurs, généralement américains, ils sont producteurs, c'est une sorte de producteur associé. Il y a des gros studios, il y a des grosses boîtes de prod, mais Merci. On leur donne un droit de production parce qu'évidemment, là-bas, c'est tellement une industrie, c'est colossal. Il y a des moyens, il y a des enjeux sur les sorties internationales, etc. Donc oui, souvent, ça ne veut pas dire qu'ils ne sont pas payés, c'est rare, mais peut-être qu'ils prennent un peu moins que leur cachet habituel. Mais très franchement, on ne peut pas comparer avec nous parce que c'est vraiment pas les mêmes. C'est différent, mais en tout cas, ça veut dire qu'ils ont un œil dans la production.
- Speaker #1
Ok, au moins j'aurais également appris ça aujourd'hui. Arnaud, est-ce qu'il y a des choses que tu aurais voulu parler et qu'on n'a pas abordé ?
- Speaker #0
C'est rare d'avoir le temps de parler un peu de ce que c'est de produire, parce que c'est vrai que c'est assez nébuleux pour pas mal de monde. Donc c'est toujours intéressant de dire ce qu'on fait derrière. Il y a beaucoup de grands producteurs en France et productrices d'ailleurs aussi. que ce soit au cinéma ou en télé et ça reste un rôle parfois ingrat mais bien utile dans notre métier et dans les temps un peu difficiles qu'on peut avoir en ce moment dans notre secteur
- Speaker #1
Là tu dirais que c'est chaud en ce moment ?
- Speaker #0
Ouais ouais les temps sont durs et encore on a la chance d'être en France encore une fois particulièrement dans la culture on est quand même une exception dans le monde donc on est très chanceux de ça et il faut protéger absolument Tout l'ensemble des mécanismes, on est en pleine commission sur l'audiovisuel public, où on entend tout et n'importe quoi. Déjà c'est un secteur qui génère beaucoup d'argent, qui rapporte beaucoup d'argent, qui fait vivre beaucoup de monde et qui participe à l'attraction de la France dans le tourisme, dans des choses comme ça. Et c'est vrai qu'avec l'arrivée de l'élection présidentielle, la culture est toujours attaquée. le cinéma, la télé, etc. Et à une période où la pub souffre parce que l'instabilité politique ou dans le monde fait que, évidemment, tout le monde est un peu prudent, on a tendance à taper sur ça en premier et ça serait catastrophique pour la France.
- Speaker #1
Non, on est bien d'accord. Donc, déjà, allez au cinéma, regardez les programmes originaux et puis qu'est-ce qu'on peut se souhaiter d'autre ?
- Speaker #0
Longue vie à la création française, peu importe les genres. Encore une fois, il faut se rendre compte qu'on est un pays très présent, actif et très créatif sur tous ces sujets-là. On a un audiovisuel, on allume la télé, on dit souvent qu'à la télé il n'y a rien, c'est faux. Quand on regarde bien, il y a des choses exceptionnelles. On a démarré par le documentaire. Par exemple, l'offre de documentaires en France, que ce soit sur le service public ou sur les chaînes privées ou les plateformes, elle est exceptionnelle.
- Speaker #1
Je suis d'accord.
- Speaker #0
Quand on a eu la chance de voyager un peu et qu'on allume la télé, c'est souvent l'endroit où on s'aperçoit qu'on n'est pas dans son pays parce que c'est très culturel la télé. Et honnêtement, l'offre, elle est chez nous. Il n'y a que les États-Unis, honnêtement, où moi j'ai retrouvé une offre aussi importante. Il y a des pays... qui ont une culture très forte ailleurs, mais en tout cas dans l'audiovisuel, la France se démarque et c'est vraiment un pays très fort là-dessus. Donc il faut qu'on en ait conscience par moments.
- Speaker #1
Écoute, merveilleux, ce sera le mot de la fin. Je vais faire les petites mentions légales de fin. Je vais remercier le studio SBM à Paris pour ce super setup. On était bien tous les trois parce qu'il y avait également Diego, ton chien qui était avec nous, qui a été très très sage pendant une heure et demie. Je vais remercier évidemment le sponsor de l'épisode. Je vais vous remercier, vous toutes et tous.