- Speaker #0
Mon invité du jour, Raphaël, fait partie de ceux qui brillent sans jamais écraser. Créateur de Much Better, un outil de training commercial qui permet aux forces de vente de s'entraîner avec l'intelligence artificielle, il évolue dans un univers technologique très pointu, mais profondément humain. Son parcours scolaire est exceptionnel. Boursier, Raphaël intègre pourtant deux des plus grandes écoles, HEC et Polytechnique. Puis viennent les expériences, les déclics, notamment au Kenya, et le lancement de MuchBetter. Posez-vous la question, c'est rare de connaître un collègue, un confrère ou même un proche à travers son parcours scolaire. C'est justement ce que nous allons explorer aujourd'hui pour mieux connaître Raphaël et partager son parcours à tous nos auditeurs. Allez, bonne écoute sur la courbe ! Bonjour Raphaël !
- Speaker #1
Bonjour !
- Speaker #0
Raphaël, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Eh bien écoute, ça va super et toi ?
- Speaker #0
Oui, très bien ! Je suis ravi de t'accueillir dans le podcast et d'échanger avec toi sur ton parcours, ton parcours scolaire et également ton parcours professionnel. Je pense que tu as plein de choses à nous dire, pas mal d'anecdotes à nous livrer. Donc avant de commencer et de rentrer dans le vif du sujet, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, alors déjà merci pour l'invitation. Bon déjà j'ai beaucoup apprécié nos premiers échanges, je suis content qu'on puisse avoir cet échange aussi aujourd'hui. Pour me présenter rapidement donc, moi aujourd'hui je suis ce qu'on appelle CRO, donc Chief Revenue Officer et cofondateur d'une entreprise qui s'appelle MuchBetter.ID, qui est une entreprise qui... qui travaille dans l'IA. C'est une plateforme de simulation avec des clients virtuels pour entraîner les forces commerciales. Ça fait deux ans qu'on a monté cette boîte qui commence à devenir une vraie entreprise. Et voilà pour moi. Mon background en termes d'études, c'était école de co et école d'argent.
- Speaker #0
OK, on va rentrer un peu dans le détail du parcours et qu'est-ce qui t'amène à ça. Mais comme tu le dis, en fait, avant l'entrepreneur, il y avait qui ?
- Speaker #1
Ouais, c'est une bonne question. En fait, je pense qu'avant l'entrepreneur, moi je suis quelqu'un qui a toujours beaucoup, enfin je pense qui a été assez curieux dans sa vie. Donc avant de monter la boîte que j'ai actuellement, j'ai vécu deux ans au Kenya. J'ai beaucoup aimé voyager et j'ai essayé de faire pas mal de choses assez différentes. Je pense que j'ai toujours été très intéressé par découvrir des nouvelles personnes. et découvrir des nouvelles choses. Et je pense que ça s'est révélé aussi dans mes études avant. Et l'entrepreneuriat m'est un peu tombé dessus, on va dire. Ce n'était pas forcément ce que je recherchais. Mais à un moment dans ma vie, je suis un peu tombé là-dedans et je me suis rendu compte que j'aimais beaucoup ça.
- Speaker #0
Comment tu... Alors, c'est toujours difficile de se remémorer, mais est-ce que quand tu avais entre 15 et 18 ans, tu te projetais déjà dans cette idée ? de créer une boîte. Comment tu vois la chose à l'époque, quand tu as 15-18 ans ?
- Speaker #1
Ouais. En fait, je pense que... Alors, pas du tout. En fait, je pense que quand tu as 15-18 ans, c'est quand même extrêmement difficile d'avoir un projet de vie qui est vraiment concret et finalisé. Moi, pour te raconter un peu aussi l'anecdote, déjà, moi, j'ai toujours aimé les métiers de commerce parce que ma mère était commerçante. Elle avait une boutique de peinture sur porcelaine. C'est quelque chose que depuis que je suis gamin, j'allais souvent à la boutique après l'école. Je l'aidais sur des trucs où elle faisait aussi des ateliers d'activité manuelle. Et moi, je l'accompagnais sur ces choses-là. C'est quelque chose que j'ai toujours adoré. Mais j'avoue que je ne me suis jamais dit que ce serait mon travail. Parce que, mine de rien, quand tu es commerçant, tu galères. J'ai vu ma mère pas mal galérer et faire des gros horaires pour, franchement, peu de reconnaissance, on va dire, sur pas mal de plans. Et donc tu te dis que tu n'as pas forcément envie de faire ça, c'est pour ça que j'ai beaucoup poussé sur les études. Et à l'époque où je passais mes entretiens pour l'école de commerce, je me rappelle que mon projet pro, c'était de dire que, alors à 15 ans, je n'avais absolument aucune idée, je voulais juste faire des études. À 18 ans, mon projet pro, c'était de dire que je voulais faire du marketing social. En gros, pour deux raisons, parce que je voulais faire du social parce que ça m'intéressait. Et je voulais faire du marketing parce que pour moi, c'était une manière de travailler à la fois avec les gens et faire des maths. Mais bon, pour te dire... Pour te dire, ouais. C'était très théorique dans ma vision des choses. Je n'avais aucune vision du monde économique, en fait, parce que mes parents n'étaient pas forcément de ce monde-là. Et donc, oui, j'étais totalement... Enfin, je n'imaginais pas, en fait, ce que je pouvais faire derrière.
- Speaker #0
J'aime trop... Tu vois, on a échangé, effectivement, à plusieurs reprises. Donc, ce n'est pas une surprise pour moi ce que tu décris, mais j'aime trop ce type de parcours. C'est que... Aujourd'hui, tu as créé une boîte dans l'intelligence artificielle. Comme tu le dis, tu n'avais pas forcément de modèle à la maison, d'entrepreneur, etc. Donc, il y a eu un élément déclencheur à un moment donné. Qu'est-ce qui se passe ? Après, on reviendra sur les différentes étapes dans la scolarité. Mais est-ce que tu te souviens d'un moment où tu t'es dit, déjà tu as eu une expérience au Kenya, peut-être qu'il y a un lien aussi par là, mais est-ce qu'il y a eu un élément fondateur où tu t'es dit, ça y est, je lance une boîte, je vais aller dans tel secteur, qu'est-ce qui se passe à un moment donné ?
- Speaker #1
En fait, je pense que ça a été quand même, et comme pas mal de personnes en fait, maintenant que je rencontre sur le côté entrepreneur, c'est quand même quelque chose qui est franchement extrêmement dur, qui demande beaucoup de sacrifices. Et tu sais, il y a, je crois que c'était le CEO d'NVIDIA, le CEO d'NVIDIA qui disait ça.
- Speaker #0
Un ami.
- Speaker #1
qui disait que tu vois, s'il avait su ce que ça voulait dire de faire Nvidia, il ne l'aurait jamais fait alors que c'est une des plus grosses réussites ever. Et en fait, je pense que tu tombes un peu petit à petit dans l'entrepreneuriat. Donc moi, en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'à la fin de mes études, j'avais fait deux stages. Donc, j'avais fait un stage en cyber, en conseil en cyber. J'ai fait un stage en stratégie, enfin, en consultant en strat, qui était génial sur beaucoup de plans, mais... sur lequel on va dire je ne me projetais pas forcément sur un métier de passion. Et donc à la fin de mes études, j'avais envie de tester des nouvelles choses et je trouve que à la fin de mes études, j'étais plutôt spécialisé en économie quantitative, stage data. Je me suis dit que j'allais faire un stage un peu loin parce que j'avais envie de voyager et potentiellement en data science. Donc j'ai rejoint une scale-up au Kenya. Et le fait de rejoindre une scale-up m'a aussi aidé à me projeter sur de l'entrepreneuriat concret. Et en fait, j'ai retrouvé pas mal des choses que j'aimais bien dans le commerce. Et donc ça, c'était, je pense, un des premiers petits points où j'ai commencé à me poser des questions autour de ça. Et du coup, ça m'a un peu trituré. Et j'ai commencé à faire un business avec un ami sur place qui était un business assez terre-à-terre et qui m'a beaucoup rassuré en fait sur l'entrepreneuriat, sur le fait qu'on pouvait faire des vrais commerces. Parce que moi, j'avais un peu cette vision d'école de commerce où justement, tu avais l'entrepreneuriat qui était, tu levais... 3 millions sur une idée, ce qui est plus le cas aujourd'hui, ça n'existe plus. Mais pour faire un truc et claquer de la thune, mais tu ne sais pas trop ce que ça va donner. Ce qui a été le cas un peu avant. Et moi, ça ne me parlait pas avancément, parce que je trouve qu'à la fois pour les fonds, mais aussi pour l'entrepreneur lui-même, c'est quelque chose qui est une situation qui est assez compliquée. Donc le fait de tester et de faire un vrai business, ça m'a vachement rassuré sur le fait que tu peux faire des vrais commerces, et j'ai adoré ça.
- Speaker #0
Et comment tu trouves, alors juste la définition de ce que j'en ai en tête, mais en gros une scale-up c'est un prototype qui a déjà été validé économiquement et qui cherche à grandir, on n'est pas dans le côté où il n'y a pas de rentabilité, je crois que c'est déjà un modèle qui a été éprouvé.
- Speaker #1
Alors eux en fait, tu vois typiquement, c'était une boîte qui faisait du, qui fait toujours d'ailleurs, qui fait du micro-crédit en fait au Kenya, donc c'est une entreprise, au Kenya la population est très digitalisée. que tous les paiements se font par mobile, pratiquement. Et en fait, il se trouve que cette application, elle permettait de faire des paiements mobiles, mais aussi, du coup, grâce aux données qui étaient à l'IRG, permettait d'avoir une idée de la solvabilité de la personne et lui proposer potentiellement des prêts pour l'aider à développer son activité. C'était une boîte qui avait quand même 20 à 25 personnes. Effectivement, ça faisait peut-être 3-4 ans que ça existait. Donc, c'était un stade de développement assez avancé. Donc moi, quand je les ai rejoints, je travaillais notamment sur le credit scoring. Et c'était super intéressant parce que tu vois en fait une boîte, après on est dans un pays émergent, donc tu vois, ça évolue super vite. Et c'était super intense, super intéressant. J'ai appris vraiment pas mal de choses. Et ouais, donc en fait, une scale-up, après c'est vraiment, t'as plein de définitions différentes. D'ailleurs, je pense que c'est plutôt une start-up ça en vrai. Mais voilà, c'était vraiment intéressant.
- Speaker #0
Et comment tu, c'est grâce à l'école ? que tu trouves ce stage, parce que dans mon esprit, une expérience à l'étranger, c'est déjà particulier. Le Kenya, comme tu dis, pays émergent, et il y a le côté aussi... éloignement géographique, parce que là, t'es pas petit, faire un stage en Espagne ou en Italie. En fait, c'est grâce à l'école et là, tu te mets aucune barrière en termes de...
- Speaker #1
En fait, ce qui s'est passé, c'est que moi, du coup, je voulais faire quelque chose pour mon stage de fin d'études. En plus, par ailleurs, c'était censé être un stage de recherche. De base, je devais faire des choses qui étaient soit liées à la data ou liées à l'économie, la recherche en économie. Moi, je voulais pas aller dans un labo à Nantes, même si je voulais. beaucoup Nantes, mais je voulais pas aller dans un labo où j'allais juste faire des maths, même si j'aime beaucoup les maths aussi. Et je voulais faire un truc... J'aime tout. Mais je voulais quand même faire un truc un peu plus différent. Et il se trouve qu'il y avait effectivement des forums dans l'école, où il y avait des entreprises qui venaient, et moi j'avais fait plein de... En fait, j'étais allé voir toutes les boîtes qui... qui avait un côté un peu soit associatif, soit... Et évidemment, du coup, dans l'associatif, t'as quand même pas mal de boîtes qui sont aussi à l'étranger, ou humanitaires. Et en fait, j'avais regardé un peu toutes les choses, et effectivement, celui-là, c'était vraiment la boîte qui correspondait le plus. C'était galère, parce qu'en fait, des boîtes à impact, aujourd'hui, il n'y en a pas 10 000 qui font vraiment des trucs bien aussi. Et du coup, il y avait beaucoup de concurrence, même sur ce poste. Et on a eu un très bon fit avec notamment la cofondatrice. Et voilà, ça a fini par se faire. Mais c'était à travers le forum.
- Speaker #0
Ok, intéressant. Je reviens un peu sur le parcours scolaire. Est-ce que tu... Si tu devais décrire l'élève que tu étais en une phrase ? Alors, ce n'est pas facile comme question, donc je vais...
- Speaker #1
Non, mais enfin, un travailleur.
- Speaker #0
Ouais, ok. Je crois que ça te correspond bien. Alors, je vais juste, moi, je vais pouvoir le dire parce que je sais que toi, tu ne le dirais pas forcément comme ça, mais tu as fait une classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand. Ensuite, tu as fait HEC et ensuite, tu as fait Polytechnique. Et je ne vais pas rentrer dans le détail des notes, etc. Mais tu en glisseras un petit mot parce que tu le maîtrises mieux que moi. Mais ce que je voudrais rappeler, c'est que tu as un parcours qui est quand même hors normes. Et je dis ça, c'est vraiment... C'est vraiment parce que je le pense, parce que tu as tout un cursus qui est quand même de très grande qualité, reconnu, et il n'y a aucun débat là-dessus. Et je voudrais préciser une chose, c'est que tu es boursier sur ta phase d'études. Donc un, c'est possible, ce n'est pas facile, mais en tout cas c'est possible et ça t'a peut-être nourri aussi sur le mot travailleur. C'est pour ça que j'y pense et que ça me donne envie d'aborder ce sujet-là. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #1
Ouais, ouais. En fait, je pense que... Déjà, merci, c'est sympa. Mais effectivement, je pense que... Après, j'ai eu beaucoup de chance aussi. J'étais boursier, effectivement, mais j'ai eu la chance d'avoir des parents qui étaient surtout une mère qui était aussi très présente, etc. Qui m'a pas mal aidé. C'est un peu ce que je te disais aussi sur Louis Legrand. Je trouve que t'avais pas mal de profils, en fait. Donc moi, déjà, il y a un truc que... je t'avais déjà dit, mais ce qui me tient à cœur à dire aussi, c'est qu'on a quand même une certaine chance en France, et il faut aussi s'en rendre compte, là, dans le milieu d'entrepreneuriat, t'as beaucoup de personnes qui râlent, et je peux les entendre sur les Ausha, et j'entends, c'est vrai que c'est pas facile, ça coûte cher, mais on a quand même aussi, il y a une raison pour laquelle on a tout ça, on a quand même un état social assez fort, et moi, je l'ai vécu dans l'autre sens aussi, donc du coup, je suis content et de repayer aussi une partie par rapport à ça. On a une chance monstre de pouvoir faire quand même globalement, alors c'est dur, mais globalement les études qu'on veut, si on se bat énormément. Et je pense que j'ai eu la chance, effectivement, d'avoir quand même des parents qui m'ont poussé aussi sur ça, qui m'ont aidé sur ça, même si ce n'était pas leur milieu et qu'ils n'y comprenaient rien, et que ma mère, quand elle est arrivée à Louis-Laurent... qu'elle était artiste et qu'elle faisait des marionnettes. Je veux dire que quand elle était au Réunion de Parfois, c'était marrant et elle me le raconte, c'était rigolo. Mais voilà, en fait, du coup, j'ai taffé. Ma mère m'a toujours aussi mis dans un mindset où, sans rentrer trop dans les détails, je pense qu'avec ma sœur, on a toujours été assez compétitifs et on a toujours voulu être bons, voire très bons. Et ce qui nous a permis effectivement de faire des études sympas par rapport à ces sujets-là. Mais voilà, c'était très intense. Et après, on aimait beaucoup ça aussi. Il faut dire que je pense que nos parents nous ont beaucoup ouverts. à ces sujets-là quand on était plus jeune. J'avais une curiosité naturelle. C'est pour ça que j'avais fait une prépa ECS. Ça m'intéressait beaucoup les maths, mais ça m'intéressait aussi beaucoup les philo. Honnêtement, sincèrement, les années de prépa, c'était de très belles années de ma vie. Parce que j'étudiais des sujets que j'adorais et des beaucoup plus belles années de ma vie que les années que j'ai pu avoir en école derrière. Ce que j'ai pu étudier.
- Speaker #0
C'est ce que tu m'avais dit. Il y a le côté aussi passion des maths. qui se révèlent aussi à toi ou c'est gratifiant d'être bon dans un domaine et de se rendre compte que ça pige oui oui je pense que t'as le côté maths tu vois je pense que j'étais
- Speaker #1
bon je t'avais raconté je pense que j'étais pas mauvais en maths à un moment en 3ème j'ai eu une prof qui était ultra rigoureuse qui me mettait que des 2 donc j'ai aussi eu la chance d'avoir des bons profs qui me mettaient que des 2 quand je ne justifiais pas. Donc à un moment, tu commences à justifier, tu commences à sentir que tu commences à être assez bon. Et oui, je pense que les maths, tu as ce côté gratifiant et ce côté objectif qui est cool. Et en fait, quoi que tu fasses, même si tu n'as pas la meilleure des attitudes, ou quoi que ce soit, je ne veux pas dire ça pour... Mais en tout cas, tu as un résultat. Et si tu as le résultat, tu as bon. J'aimais bien les maths. effectivement mais j'aimais bien aussi l'histoire, enfin moi ma vraie passion je pense les maths je les ai fait parce qu'effectivement aujourd'hui je trouve qu'en France t'as une valorisation très importante des gens qui sont bons en maths ça se trouve ça va changer d'ailleurs parce que maintenant Yaa elle peut faire beaucoup de choses, ça se trouve ça va changer parce qu'on a une tendance à valoriser énormément la logique maths et effectivement pourquoi pas mais du coup j'ai focus pas mal aussi sur ça et ça m'a bien aidé Mais moi, ma vraie passion, c'était aussi beaucoup l'histoire. Je pense que ma vraie, vraie passion, et un truc que j'écoute beaucoup, c'est l'histoire de la philo.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Et comment alors, il y a ces deux passions, et comment tu te retrouves à un moment donné à créer une boîte dans l'intelligence artificielle ? C'est quoi le lien ? C'est ta première vraie expérience, toi, de créateur ? D'où ça te vient l'idée ? Est-ce que tu peux rappeler un peu la genèse ?
- Speaker #1
Ouais, bien sûr. Donc en fait, comment j'ai créé une boîte ? Si on repart au Kenya, j'étais dans cette scale-up, je commence à travailler et à me dire que j'ai envie de faire ça, enfin monter une boîte en tout cas. Et je trouve que j'ai un pote qui est Kenyan et qui avait pas mal d'expérience dans le marketing. Et on se lance sur une boîte qui faisait de la génération de leads pour les assureurs. On trouve tout con. qui étaient des pubs sur Google et Facebook et on revendait en fait les leads qu'on générait à des assurants. Sans rentrer dans les détails financiers, ce qui était bien, c'est que nous, on dérisquait les assurants. On prenait une commission uniquement si le contrat était signé, comme un broker, comme un compte. Sauf qu'il se trouve que les pubs sur Google et Facebook coûtaient vraiment très peu cher. Les taux de conversion étaient OK et donc du coup, il y avait des marges qui étaient très intéressantes. Et les assureurs étaient très contents parce que ça allait dérisquer. C'était un bon business, vraiment, qui a bien marché pendant 6-7 mois, qui m'a permis de mettre un peu d'argent de côté, etc. Sauf que le problème, c'est qu'au bout d'un moment, tu t'outbettes toi-même. Tu paries sur le système de Google et Facebook. C'est un système de bidding. Donc, si à un moment, tu commences à faire du volume, ils vont augmenter les prix. Et c'est con, mais si tu passes de 50 centimes à 3 euros, par exemple, ce qui était le cas, Si tu as 10% de conversion, ça fait quand même de 5 à 30 euros. Donc du coup, tu runs tes marges. Et au bout d'un moment, tu as des marges de plus en plus fines. Et je m'étais dit à l'époque, c'est dommage parce que quand même, tu as des niveaux de conversion de leads qui sont vraiment très hétérogènes. Et potentiellement, si les mecs, idée toute bête, mais si les mecs s'entraînaient 10-15 fois avec ce script, et à l'époque, c'était un chat écrit que j'avais fait, peut-être qu'ils seraient meilleurs. Et en fait, moi, j'avais imposé à ce que avant de prendre mes leads, les mecs s'entraînent sur ça. J'ai vu que c'était quand même intéressant. Et donc, je rentre en France avec ça. Donc tu vois, l'IA, en fait, je ne me suis pas dit je vais faire de l'IA, je me suis dit en fait, il y a ce truc et par ailleurs, en fait, j'avoue que l'IA peut m'aider sur ça. Et il se trouve que à cette époque, c'était GPT 3.5 qui était genre... Révolution à l'époque, et on se dit mais en plus il y a moyen de connecter avec un TTS, donc en gros de faire du voix à voix. Alors le voix à voix à l'époque il prenait 6 secondes à faire, c'était insupportable, t'attendais 6 secondes. Et on se dit, il y a un monde dans lequel... Vas-y, dans cinq mois, tu peux faire un bois à bois qui est cool. Et on commence à se lancer dessus. Et c'était vraiment un outil pour répondre à une problématique.
- Speaker #0
Ok, du coup, je vois la suite logique avec ta boîte actuelle.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Et du coup, c'est comme ça que ça s'est passé. En fait, c'est comme ça que ça s'est passé. Je suis rentré en France. J'ai par ailleurs essayé de faire rentrer mon cofondateur, Kenyon. ça je vais pas rentrer dans les détails ici mais galère franchement l'ambassade, grosse galère on pouvait pas, très compliqué ça j'en retire quelque chose qui est un peu plus négatif par rapport mais c'était un peu chiant et en vrai c'est dur, c'est dommage parce que je trouve que t'as des talents c'est compliqué de faire venir des Cagnans en France et bon je rentre en France et finalement je retrouve un autre associé qui est Julien qui est mon associé actuel puis Antoine aussi sur la partie tech. Et on monte cette boîte, effectivement, il y a deux ans, qui est exactement cette idée-là, c'est-à-dire d'avoir une plateforme qui est un peu plus complexe aujourd'hui, mais essentiellement une plateforme de simulation à l'initial virtuel pour entraîner les forces commerciales.
- Speaker #0
Et comment tu rencontres tes associés ? Tu évoquais là deux associés.
- Speaker #1
Ouais. En fait, Julien s'est rencontré dans un programme qui s'appelle, qui est un programme d'incubation qui s'appelle Encleur. qui est en fait à l'origine un fonds de précide qui est assez connu à l'international que moi j'avais connu au Kenya justement ils sont présents dans 80 pays et en fait c'est un programme qui est assez marrant globalement l'idée alors je le simplifie énormément ils mettent 60 personnes dans une salle et globalement ils te disent t'as deux mois pour créer une boîte tu trouves ton problème tu trouves ton équipe, tu crées ton proto tu commences à essayer de vendre et si ça marche en finance, si ça marche pas et en fait on a fait ça avec Julien on s'est retrouvé et c'était intéressant parce que Julien c'est quand même quelqu'un qui a un profil très différent du mien il est plus âgé, il a 42 ans il a travaillé beaucoup dans le conseil avant il a même une personnalité qui n'est pas très similaire à la mienne on ne va pas parler des disques mais je suis jaune et rouge je pense qu'on ne va pas prendre le temps et Julien est bleu et en fait c'était très cool parce qu'on avait une vraie complémentarité et puis c'était un gars que j'ai trouvé brillant tout de suite et on s'est bien trouvé et donc du coup on s'est dit ok il faut qu'on montre quelque chose ensemble et puis après Antoine assez marrant, on cherchait un CTO on a envoyé 350 messages sur LinkedIn on a eu peut-être 100 réponses donc c'était cool vraiment que c'est sur des profils qu'on cherchait premier entretien on leur a fait peur, c'est à dire qu'on leur disait bon bah l'entrepreneuriat c'est simple tu vas pas être payé tu vas parler comme un con tu vas faire au moins 60 heures par semaine je peux te dire que le télétravail ciao ciao j'espère que ta meuf elle comprend tu vois et c'est un vrai premier filtre en fait déjà génial c'était 30 et en plus c'était 30 minutes donc l'objectif c'était vraiment juste de dire les trucs cools de la boîte c'est ça maintenant juste que tu comprennes tac tac tac 50% qui dégage donc c'était très bien et après c'était un process en 9 étapes parce qu'on voulait vraiment ne pas se planter et la dernière étape du process c'était on part un week-end tous ensemble et donc on est parti en week-end avec Antoine, ça s'est super bien passé on avait quelques autres candidats derrière mais bon ça s'est super bien passé avec Antoine, on s'est dit vas-y go et Antoine nous a rejoint vraiment en tant que founder même mieux que nous ok trop bien on sent que le côté humain
- Speaker #0
pour que la dernière étape ce soit le week-end être sûr que ça ça fit bien au niveau des états d'esprit etc,
- Speaker #1
on sent que le côté humain il est toujours important chez toi ouais mais je pense que de manière générale en fait vraiment quand tu montes une boîte, après oui c'est vrai que je pense que moi j'aime bien, tu vois je pense que l'un des plus grands plaisirs dans la boîte c'est d'être avec des gens que j'adore je pense que c'est un sujet qui était important pour moi toute ma vie et je suis trop content des gens avec qui je suis dans la boîte et je pense que c'est un de mes plus grands plaisirs alors que je ne m'y attendais pas honnêtement à ce que ce soit quelque chose d'important pour moi mais je suis trop content et l'autre point que j'allais te dire franchement tes associés tu les vois tellement tu passes tellement ta vie avec eux c'est vraiment un mariage les gens utilisent souvent cette métaphore mais c'est un mariage tu les connais par coeur c'est super important
- Speaker #0
Je suis assez en phase avec cette réflexion-là. Effectivement, on doit mesurer le temps qu'on passe avec ses collègues, ses collaborateurs, ses associés. pour du business demain c'est hyper important ok très intéressant est-ce que là tu saurais me dire vous êtes combien dans la boîte aujourd'hui ?
- Speaker #1
là on est 23, on va peut-être être un tout petit peu plus pour l'instant on est 23 et comment on se développe ?
- Speaker #0
parce qu'au départ tu crées, effectivement vous êtes les 3 et là tu passes de 3 à 23 on va dire en un temps assez court est-ce que c'est... C'est aussi une des difficultés des boîtes comme la tienne en fait.
- Speaker #1
Ouais, ça fait deux ans, on est passé de 3 à 23. Alors, on a eu une chance incroyable, c'est que notre premier stagiaire, qui s'appelle Robin, qui était exceptionnel. Donc, quand il nous a rejoint en stage, ensuite, il devait repartir faire ses études et tout. Et après, on l'a récupéré en quitté sur le staff. Il a vraiment la même culture que nous. Et en fait, tous nos first employees... ils ont une culture. Donc, en fait, si tu veux, on a une team d'abord de peut-être 6-7 personnes, vraiment cœur, avec qui on a commencé à vraiment rebâtir la boîte et construire la culture de boîte. Et on a beaucoup, beaucoup insisté sur le fait qu'il fallait qu'on ait la même culture avec ces 6-7 personnes. Et en fait, après, tu vois, si tu recrutes des gens avec qui tu as la même culture, etc., sur ces 6-7 personnes, après, le fait d'étendre, finalement, déjà dans les recrutements, ça t'aide parce que tu... eux aussi font des filtres à ta place et derrière ça permet d'avoir un truc qui est assez homogène et donc en fait c'est un peu comme ça qu'on a fonctionné on est passé de 3 à 6, 7, ensuite à 10 et là récemment effectivement à une vingtaine mais ça a jamais trop eu le ressenti de dire là ça devient fou tu vois c'est le développement logique oui exactement en fait comme c'est des additions et je te dis je pense que Deux ans, ça peut paraître court. En fait, quand tu es dedans et que chaque jour, c'est comme si tu en avais trois, pour moi, ça ne me paraît pas non plus déconnant. Tu n'as pas le sentiment que tu vas trop vite, en tout cas.
- Speaker #0
Oui, j'entends. On parlait un tout petit peu avant de l'entourage, de ta maman qui vous a poussé, ta soeur et toi. dans les études, à vous donner confiance, etc. Je me pose une question, alors c'est un peu plus personnel, mais comment ta maman réagit quand tu lui dis un jour, « Mon maman, je lance une boîte. » Déjà, tu as fait les études que tu as faites, qu'on a évoquées. Tu fais HEC et Polytechnique. Et après, tu lui dis, « Je lance une boîte. » Écoute, c'est dans l'intelligence artificielle. Ne t'inquiète pas. Comment tu lui dis et comment elle le vit à l'époque ?
- Speaker #1
Ouais, bah du coup c'était rare, effectivement, bon, elle m'a dit un peu en mode blague, mais t'es trop con, c'est dommage quand même, mais oui, parce qu'en fait, ce qui l'a fait marrer, et après très vite, on s'est compris, et puis on s'entend très bien, donc voilà, mais en fait, ce qui s'est passé, c'est que je lui ai dit, bah toi t'as fait ça, tu sais bien que moi en fait, c'est le truc qui me fera plaisir aussi, ma mère, c'était quelqu'un, en tout cas, que je trouve moi personnellement assez brillante. qui a pas mal galéré dans sa vie, qui a passé... qui, pendant ses études, n'est pas vraiment... est parti de sa maison pendant deux ans, qui, pendant ce temps-là, a vécu des trucs pas marrants, et qui, ensuite, a passé son bac en candidate libre, et c'est très bien démerdé. Et donc, elle aurait pu faire des trucs, tu vois, dans des parcours assez classiques, très bien. Et en fait, elle a choisi d'avoir une vie... où elle a voyagé partout dans le monde, elle est partie en Chine à l'époque, elle est partie à New York pendant 7 ans, elle a mis une bijouterie, ensuite elle est rentrée en France, elle a montré sa boutique de peinture sur porcelaine, tu vois, elle fait plein de trucs différents. Et je pense que moi, c'est des choses qui me parlent énormément, j'ai un peu ça dans mon sang. Il y a un moment quand tu poses des choses, tu te dis bon, alors effectivement, j'ai fait ces études et finalement, c'est un peu plus facile et c'est pour ça aussi que moi, je n'aime pas dire c'est facile de monter une boîte, c'est super. compliqué et même moi dans ma position c'est plus facile parce que j'ai quand même ces diplômes qui font qu'effectivement je touche du bois pour vraiment pas que ça arrive parce que je pense que ce serait très compliqué pour moi mais si un jour j'ai vraiment du mal sur le côté entrepreneurial peut-être que je pourrais retrouver des choses avec mes diplômes mais par contre en fait honnêtement
- Speaker #0
je pense que depuis ma classe réparatoire, je n'ai jamais été dans ce niveau, bonheur est un bien grand mot, mais vraiment de gaieté assez profonde par rapport à ce que je fais.
- Speaker #1
C'est très agréable à entendre et ça me motive aussi, je pense, tu as eu l'exemple, alors je ne vais pas faire de psychologie, mais en fait, tu as eu l'exemple de ta mère qui a sûrement vécu par passion sans faire attention à ce qu'on pouvait penser, elle a fait un choix de vie. Et en fait, ça t'a peut-être donné aussi une énorme liberté d'esprit à te dire, en fait, je ne vais pas me cantonner au chemin classique, j'aurais pu faire conseil en strat dans un des big four, etc. Mais en fait, il y a autre chose qui m'anime, je vais au bout de ça, et ça vient peut-être aussi de là, en fait.
- Speaker #0
Et puis, il y a un truc, d'ailleurs, tu sais, sur ce qu'on disait sur les études, moi, je pense qu'une des forces que j'ai eues vraiment, parce que, bon, je te dis, j'étais travailleur, je n'étais pas le plus intelligent, mais il y a un truc qui m'a beaucoup aidé dans ma vie, je pense, de manière générale, c'est que franchement, je n'ai jamais été stressé. Et je pense que j'ai eu une chance, c'est aussi que du coup, comme ma mère a eu un parcours de vie quand même assez particulier, qui est un peu folle, tu vois, c'est une artiste. Et en fait, elle nous a toujours dit, tu sais, tout ça, c'est un jeu et c'est un jeu. Et moi, c'est un des trucs qui m'a le plus marqué dans ma vie. Et à chaque fois que j'allais au concours, tu vois, tout le monde était stressé. J'étais comme, les gars, c'est un jeu. Au pire, moi, je m'amuse, en fait. Et pendant mes épreuves de maths, je me marrais. Je foutais des blagues dans mes copies, tu vois. Moi, toute ma vie, en physique, je foutais des blagues dans mes copies. Mais parce qu'en fait, au fond, franchement, si tu ne te mets pas de pression et que tu y vas en mode, il faut que ça marche. Mais franchement, au pire, tu as tellement de trucs plus graves dans la vie. Ça t'aide vachement, je trouve.
- Speaker #1
C'est une bonne remarque. Alors, Navré, pour la référence par avance, j'ai écouté un podcast où j'entendais Pierre Ninet qui disait qu'il avait eu son concours de théâtre dès la première année, ce qui est normalement, je ne vais pas dire impossible, mais en tout cas très difficile. En fait, il expliquait que lui, il était tellement en mode, dans tous les cas, je ne vais pas l'avoir, donc j'y vais juste pour voir comment ça se passe. Ça me donnera un peu... un peu d'expérience, etc. Il y a été libéré. Et ce côté libéré que tu évoques, en fait, il te permet d'être meilleur. Ça, c'est un vrai sujet, tout à fait.
- Speaker #0
Ah ouais ? Non, mais c'est un énorme sujet. Mais même en plus, par rapport à ce que j'ai fait comme étude aux oraux, mais moi, j'ai été détente. Tu vois ? En fait, une de mes meilleures notes à Anne Chessé, c'était pas trop con, mais surtout, il m'avait dit, ce qui était cool, c'est que tu avais été bienveillant avec la personne. En fait, le mec avait pris un sujet, et c'est un sujet que je connaissais très bien, et il avait défendu la thèse inverse, en gros c'était sur l'évistrose, et il avait défendu la thèse inverse à l'évistrose. Et moi, sincèrement, je lui avais dit, écoute mec, c'est la thèse inverse à l'évistrose, si tu veux, tu peux changer et reprendre la thèse du mec, parce que sinon, ça va être chiant. Et après, le mec était resté dans son truc. Mais en fait, j'étais chill, je me disais de toute manière, vas-y, le but c'est d'avoir une vraie conversation, etc. Du coup, effectivement... Donc, en fait, j'ai proposé qu'on reparte sur le truc normal. Mais je te dis, de manière générale, en fait, c'est un truc qui m'a pas mal aidé dans mes concours. Et surtout, j'ai vu aussi d'autres personnes qui étaient très stressées et qui sont brillantes, qui ont fait des sous-performances, même si c'est des sous-perfs par rapport au stress. Et voilà, c'est facile à exercer.
- Speaker #1
C'est toujours plus facile de dire à quelqu'un, si tu lui dis juste arrête de stresser, ça ne va pas fonctionner. Mais d'avoir conscience que si tu arrives à être un peu plus détaché, c'est là où tu vas donner le meilleur de toi-même et que tu auras plus de chances de réussite. Ça peut se travailler. Et c'est aussi ce qui fait la différence. Moi, j'aime beaucoup faire des parallèles avec le sport, mais c'est la différence entre des bons athlètes et des champions. Les champions, c'est le jour J. sur quelques minutes, soit d'un passage de ton épreuve, soit les quelques secondes d'une certaine épreuve, si c'est une épreuve de vitesse, etc. En fait, tous les détails comptent. Et plus tu seras relâché, plus tu performeras. C'est pareil dans les métiers commerciaux. Jusqu'à là-dessus, on se rejoint entre ton outil et mon quotidien. Mais c'est pareil. Moi, j'aime souvent avoir des échanges avec des clients. au naturel, c'est-à-dire qu'on passe un bon moment. Moi, je suis convaincu que les clients retiennent mieux aussi par le rire. Ils ne retiendront pas forcément toutes les réflexions d'ingénierie, etc. Par contre, ils se rappelleront, un, qu'ils ont passé un bon moment. Je l'espère qu'ils ont compris ce que je leur ai dit parce que j'essaye toujours d'être dans le côté. On simplifie des choses qui peuvent être complexes. Et le cerveau retient ça, en fait. Retient qu'on a passé un bon moment, qu'il était plutôt agréable. Donc, si demain, je les sollicite pour les revoir, normalement, il y a plus de chances qu'ils aient envie de me revoir. Donc,
- Speaker #0
je pense que c'est la même chose. Nous, c'est la même chose. Je pense que tes clients, si tu passes un bon moment avec eux, déjà, tu crées des relations qui sont différentes. c'est quelque chose que j'ai appris moi sur cette boîte mais ouais si t'es détendu et que t'es naturel franchement beaucoup beaucoup beaucoup de choses se passent bien et je pense que chacun a son truc moi je pense que c'est la philo qui m'a beaucoup aidé et l'éducation que j'ai eu mais je pense que chacun a son truc mais je pense que c'est un des éléments essentiels à travailler et tu vois c'est je trouve un des trucs où peut-être qu'on devrait faire un peu tout petit peu plus de philo ou en tout cas plus appliqué genre plus tôt tu vois parce que si t'arrives à prendre un recul le plus important sur même les choses que t'étudies à l'école franchement ça se trouve ça t'aide plus toi il y a des lectures,
- Speaker #1
tu parles de philo,
- Speaker #0
il y a des lectures qui t'ont aidé aussi à appréhender cette réflexion bah moi je pense que après ça fait un peu connard mais moi j'ai beaucoup beaucoup de niche enfin je pense que c'est des livres qui m'ont pris un temps je te vois te marrer mais Mais ouais, en fait, malheureusement, c'est vrai. Mais non, ouais, en vrai, je sais pas. Moi, c'est un livre qui m'a marqué à vie, tu vois. Mon livre préféré, aujourd'hui, j'ai plein de livres que j'aime beaucoup, mais Ainsi Paralèze à Artoustra, c'est un truc qui est imbitable. Il faut avoir écouté, genre, dix émissions de France Culture pour comprendre le truc. Mais en fait, sur France Culture, même en France, on a accès à plein de radios. de choses qui te permettent de bien comprendre avant de lire parce que sinon tu comprends rien mais je trouve que c'est un des plus beaux livres que j'ai jamais lu de ma vie et c'est un des livres qui a eu une influence vraiment importante dans ma vie
- Speaker #1
Je suis en joint parce que je suis très bouquin aussi il y a des phrases qui ont des impacts pour plusieurs années j'y repense et je trouve que ça fait du bien, pour moi les mots ils ont vraiment un poids important Et est-ce que c'est un livre que tu relis plusieurs fois dans ta vie ? Est-ce que c'est un livre où tu te dis, tiens, il y a un chapitre, j'ai envie de le relire. Comment tu le...
- Speaker #0
C'est un livre, j'ai dû le lire, je ne sais pas, déjà 4-5 fois dans différentes traductions. Parce qu'en fait, oui, c'est des livres qui sont faits pour... Et tu en as un autre que j'aime beaucoup, c'est le livre de Spinoza, donc l'éthique. Et moi, c'est mes deux must-haves. En gros, Nietzsche, ce qui est pas mal, bon, sans rentrer sur trop de trucs, mais Nietzsche, ce que j'aime beaucoup, c'est que je trouve qu'il est très cohérent avec la société actuelle. Et je pense que c'est pour ça qu'il est très valorisé en ce moment, que beaucoup de personnes parlent de lui, etc. Parce que c'est quelqu'un qui a beaucoup souffert, je pense, dans sa vie et qui s'est toujours battu pour se convaincre de se battre encore plus. C'est un guerrier, etc. Et c'est une mentalité assez, finalement, assez capitaliste, si tu veux. ça marche bien avec le monde actuel. En fait, t'es quand même assez seul, t'as un côté assez individualiste, et il faut apprendre à te battre, ou en tout cas à jouer avec le monde qui t'entoure, etc. Le principe du jeu, le principe de base de Niche, c'est de dire que la vie n'a aucun sens, mais qu'il faut danser dessus. Vraiment un principe de base de Niche. Ce qui est très beau chez Niche, c'est qu'il te dit ça, et que t'es dit, mais en même temps, c'est pas facile. Donc parfois, il faut aussi être capable de rechercher des sources d'apaisement pour un peu gérer ces trucs. Donc c'est très beau et c'est très très vrai. C'est quelqu'un qui écrit sur des choses très sensibles, qui a un humour qui est très particulier, mais qui a un humour. Et quand tu le lis, tu peux devenir très proche de lui. C'est vraiment très beau, je trouve. Et après, Spinoza qui est magnifique aussi, mais Spinoza c'est vraiment un grand matheux. Et son idée, c'est de dire qu'en gros, tout est écrit. Et que, ce qui est logique, il me dit, c'est juste qu'en fait, si tu étais capable de tout calculer, tu comprendrais et tu saurais tout. Parce qu'en fait, c'est juste une question de cause à effet. Même des choses les plus subtiles du monde, typiquement, la manière dont on se parle aujourd'hui, la manière dont on se comporte. En fait, si tu arrivais à retirer le fil de tes parents, pourquoi eux-mêmes se comportaient comme ça, tu vois. Et en fait, si tu vas à micro, micro échelle, tu pourrais tout expliquer et savoir que déjà, tout est écrit. Et c'est aussi une pensée qui est assez rassurante finalement, et qui est encore un autre délire, mais qui va dans la logique de la paix. Je trouve que ces deux philosophies qui sont très belles et qui, quand tu les relis de temps en temps, etc., te permettent de... Je sais pas, moi, j'ai un côté apaisé avec ça.
- Speaker #1
Ah, trop bien. C'est un vrai outil. On a peut-être déjà répondu à la question de la recommandation culturelle, mais tu nous le confirmeras tout à l'heure, mais j'ai l'impression, quand même, qu'il y avait deux, trois petits indices sur ma question, normalement de fin. Ok, mais ça peut donner pas mal de clés, effectivement. Alors, c'est clair que commencer par Nietzsche, ainsi par les Ars Oustra, c'est un poil complexe peut-être, mais ça dépend. Il y a des podcasts qui peuvent déjà faire une rentrée en matière.
- Speaker #0
Exactement. En fait, de toute manière, je pense que sincèrement, on a une chance de dingue d'avoir des mecs brillants et des femmes brillantes qui parlent H24 sur les radios en France. Moi, je me dis, mais c'est trop cool qu'on puisse les écouter, tu vois. Et en fait, profite-en de ça. Après, lire l'auteur en direct, c'est extrêmement important à un certain point. Mais au démarrage, déjà, avoir le concept clé, c'est déjà extrêmement agréable.
- Speaker #1
Ok, super intéressant. Je reviens à la partie Much Better de ta boîte. Donc, tu crées une société. à vie. pas éprouvé le même modèle, mais tu avais déjà créé quelque chose précédemment qui te met peut-être en confiance. C'est quoi le premier succès concret de Much Better pour toi ?
- Speaker #0
C'est une super question. Je pense que c'est vraiment des étapes. Le premier gros succès, ça a été quand on a finalisé l'association avec Antoine. On s'est dit, vas-y, là, on a une équipe de cofondateurs et ça va le faire.
- Speaker #1
C'est un marqueur dans votre vie.
- Speaker #0
important pour moi. Je pense que, dans une boîte, c'est clé et je pense que c'était une des grosses, grosses étapes de la boîte. Après, l'autre marqueur, et pareil, tu sais, c'est que des rencontres, mais l'autre marqueur, c'était notre premier gros client. Notre premier gros client, c'était Bouygues Télécom. Encore une fois, c'est des gens qui sont ultra importants pour moi encore aujourd'hui, tu vois. C'est quand même un mec qu'on a rencontré. On était, tiens, ça faisait six mois qu'on existait. En fait, il se trouve qu'on est arrivé au bon moment. Tu vois, c'est le truc où, à force de rencontrer des gens, t'arrives sur la bonne personne au bon moment. Et eux, ils avaient un grand lancement d'offres à l'époque et il fallait une nouvelle modalité de training, etc. Et c'est une boîte qui est extrêmement inopte. Et donc, on se rencontre. Les mecs se disent, OK, ils ont l'air relativement sympas et pros. Ils disent pas n'importe quoi. Et je pense que ça, c'était une force. On n'a jamais promis la lune. Et on a toujours fait gaffe à nos promesses. En fait, on a commencé à faire un pilote avec eux sur 50-100 personnes. Il se trouve que le pilote s'est bien passé. Et on a fini par rencontrer le DG de Telecom. Donc, ça paraît magique comme moment quand même. Tu rencontres le DG, il a pris une heure, un peu plus d'une heure avec nous. Enfin, c'est dingue. Et on parle pendant une heure. Et à la fin, on reçoit en fait, deux semaines après, un call de notre contact. Et notre contact nous dit, bon les gars, il va falloir taffer cet été parce que... Alors, je ne vous dis pas que ça va se faire, mais il y a de grandes chances pour qu'on déploie sur 10 000 personnes en septembre.
- Speaker #2
Waouh !
- Speaker #0
Et là, tu te dis, ok !
- Speaker #2
Bon, ben, j'annule les vacances.
- Speaker #0
Non, mais ça, on n'avait pas prévu, mais là, on s'est vraiment dit, ok. Et en fait, évidemment, ça a été validé derrière, qu'on allait déployer sur 10 000 personnes en septembre. Et ben là, je peux te dire qu'on a passé un bon été, mais c'était dingue. et c'est ce qu'on se disait avec l'organisme ah ouais et c'était dingue et en plus c'était en septembre 2024 donc c'était et d'ailleurs il y a le DG qu'on a parlé à l'IA Summit c'était je crois un des premiers cas d'usage de l'IA déployée à l'échelle en France à l'époque à cette échelle et c'était dingue mais en fait ça s'est bien passé mais on a passé un temps je passais tellement de temps avec mon contact qu'à un moment On avait fait la blague, moi je cherchais un appart, on s'est dit on va en coloc parce que en fait tant qu'à faire. Mais ouais, super client et voilà, une très belle histoire et franchement je leur serais toujours très reconnaissant de ça.
- Speaker #1
Trop bien, trop bien. Alors à l'inverse, c'est pas pour être désagréable, mais c'est intéressant aussi, c'est quoi le premier vrai obstacle que tu rencontres ?
- Speaker #0
Première grosse, grosse, grosse galère, au début. de la boîte, on avait fait une association malencontreuse avec quelqu'un d'autre. Et en fait, on s'est rendu compte assez vite que ça n'allait pas le faire pour des raisons de personnalité, des raisons d'état d'esprit. État d'esprit et compétence. Mais état d'esprit étant le plus grave, parce que très vite, ça va être compliqué, vu que tu tapes pas mal de trucs dans la gueule. Et si on n'est pas super soudés, ça va être compliqué. Et donc, on a besoin, on va dire, de se séparer de lui. Et on avait déjà une boîte qui était créée. Et c'était très, très compliqué. Il y avait pas mal de négociations. C'était une période qui était assez dure. Il fallait aussi, en plus, qu'on tienne le business. Donc la question d'état d'esprit et de compétence, ce qui a fait qu'il fallait qu'on se sépare, ce qui n'est pas évident avec un associé, parce qu'en plus, vous avez des questions légales, mais vous avez des questions aussi personnelles. Tu as compris que ce sont des choses qui sont quand même importantes pour moi. Et c'était dur, c'était vraiment très dur, parce qu'il ne voulait pas partir. Donc c'était de la négociation qui était assez intense. En plus, il fallait tenir le business, retrouver un CTO, etc. Donc les six premiers mois de la boîte, c'était un enfer. Et vraiment, c'était, je pense, la chose la plus dure mentalement que j'ai faite de ma vie. Et tu vois, c'est pour ça que je te disais aussi, un des points clés de la boîte, c'est quand on a réussi notre association. Parce qu'en fait, c'est là où je me suis dit, wow, en fait, rien que d'avoir ça, tu as l'impression que tu peux aller très loin. Et je pense que c'est assez vrai.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui te fait continuer quand là t'es dans un point très dur où tu dis c'est les 6 premiers mois de la boîte en plus t'as pas énormément d'antériorité qu'est-ce qui te fait continuer à cette période là ?
- Speaker #0
Moi pour un coup j'avais pas de chômage j'avais pas beaucoup de thunes donc en gros ça lâchait pas j'étais dans la merde et Julien c'était la même chose notre associé business il avait un peu plus de thunes mais il avait un train de vie qui fait qu'il perdait pas mal de thunes par exemple donc du coup il pouvait pas trop se permettre que ça marche pas donc ça c'était en fait t'avais pas de, ça fait un peu, ça va faire parler assez connard, ça fait du franglais mais burn the bridge quoi t'avais pas de pont derrière donc tu peux pas faire de marche arrière c'est la meilleure démotivation c'est que t'as pas de trombée quoi Donc il faut que ça. C'est un truc d'entrepreneuriat. Et tu sais, je pense que, quand on en avait parlé la dernière fois, moi, je pense qu'aujourd'hui, ma plus grande peur, c'est de ne plus pouvoir faire ça. Et parce que, je ne sais pas, en fait, j'aime beaucoup ça quand même. Donc du coup, déjà, à l'époque, c'était extrêmement dur. Je n'avais pas envie de ne plus faire ça. Et donc tu tiens, en fait, parce que déjà, je n'ai pas le choix, il faut que je fasse de la thune. Et j'ai vraiment envie de faire de la thune par rapport à ça. Donc tu te dis, bah, vas-y.
- Speaker #1
je comprends tu m'ouvres une belle transition puisqu'on parle de thunes est-ce que tu peux parce que c'est assez rare d'avoir le témoignage de personnes qui ont créé une boîte et qui ont levé des fonds si ça te va d'en parler c'est des informations qui sont dans la presse qu'on garde un petit peu donc l'idée c'est pas de dévoiler des secrets mais en gros vous avez levé 4 millions d'euros Merci. pour continuer à développer la société. J'imagine recruter des équipes, continuer à former, améliorer l'outil, etc. Comment, toi, tu vis ? Ce n'est pas une question de jeunisme, etc. Mais c'est aussi une réalité. C'est que c'est tes premières expériences. Tu lèves pour ta boîte 4 millions d'euros. Comment tu vis ? Comment ça se gère ? Est-ce que tu peux nous en parler un peu de ça ?
- Speaker #0
Ce n'est pas non plus le truc qui m'a le plus... Alors j'étais extrêmement content et je trouve qu'on a beaucoup de chance et on a des très bons investisseurs, tant d'entreprise que pas eux. Mais en fait, si tu veux, moi, mes vrais key points, je me suis dit putain c'est cool et j'étais content, c'était notre chiffre d'affaires. Aujourd'hui, on a un chiffre d'affaires qui commence à être conséquent, qui a fait qu'on a pu lever de l'argent. Je pense que c'est une des grosses raisons et qui fait que, en fait, tiens, c'est bien, cette équipe, même potentiellement... sans lever de fonds, on a levé des fonds parce qu'il fallait qu'on accélère mais en fait j'ai quand même une décorrélation assez importante c'est peut-être mon sens commerçant de base, mais entre la boîte et moi, donc la boîte c'est cool effectivement tu te rends compte et je vais pas te dire comment parce que c'est peut-être un peu confidential mais tu te rends compte que tu claques beaucoup de chine par mois et c'est des chiffres qui pour moi sont délirants parce qu'effectivement, et même que tu rends beaucoup de chine par mois Mais c'est des chiffres qui sont démentiels, effectivement. Ils sont monstrueux pour moi. Et j'avoue que moi, ça me fait plus tiquer les trucs que tu vois sortir ou rentrer par moi que... potentiellement t'as le médecin parce qu'effectivement tu vois ta mère qui n'y a jamais fait forcément beaucoup de thunes ou toi même et là tu vois tout ça donc ça ça me fait un truc et je me dis putain c'est ok ça fait bizarre mais le fait de lever honnêtement ça n'a pas changé grand chose pour moi en tout cas c'est vraiment une étape C'est une étape dans le développement de la boîte. C'est une étape qui est compétitive, donc il va falloir se battre. C'est cool, on a des armes. En fait, tu te dis, on va pouvoir bien jouer. On va pouvoir bien jouer le coup. Et c'est cool. Maintenant, et moi, c'est un des points que je fais passer aussi aux équipes, c'est très amusant. Ça ne veut rien dire, ça. C'est bien. C'est pas pour ça qu'on va se... qu'on va se détendre, c'est pas pour ça que faut pas faire trois fois plus que ce qu'on faisait avant et voilà mais oui c'est ça pardon Vasu excuse-moi,
- Speaker #1
est-ce que c'est pas une crainte parce qu'au départ peut-être que je suis dans le cliché, tu vois je me rends pas compte mais est-ce qu'au départ quand tu lances ta boîte etc il y a beaucoup de on se démerde avec peu de choses pour faire des grandes choses et est-ce que du coup quand t'as beaucoup d'argent qui arrive Est-ce que tu n'as pas la crainte de te dire, bon les gars, il ne faut pas faire de conneries, parce que du coup, tu te dis, on va recruter X devs, X commerciaux,
- Speaker #0
etc.
- Speaker #1
Comment tu gères ça ?
- Speaker #0
Moi, j'ai beaucoup de chance d'avoir mes associés, parce qu'on est très alignés sur ça, on est tous assez pragmatiques, voire trop. Du coup, en levée, on n'était vraiment pas en mode, tu sais, tu as des mecs qui te vendent du rêve, etc. Non, non, mais sans moindre, on va faire ça. Donc, on est assez terre à terre. et c'est... Très très cool d'être aligné sur ça, c'est même crucial. Donc nous on n'est pas là, enfin en fait, on ne va pas claquer de la thune pour claquer de la thune. Donc l'idée c'est que tu claques de la thune là où tu en as besoin, c'est bien, ça peut te permettre de tenter des expansions géographiques, ça peut te permettre de mettre plus de thune dans le marketing, quelque chose qu'on ne faisait pas trop, ça peut te permettre de faire développer plus vite dans les faits avec plus de gens. Mais on est assez conservateur dans la plupart de nos hypothèses, donc on essaie de faire gaffe à ces choses-là. Mais effectivement, moi, ça a toujours été ma crainte. Je te dis, je pense que c'est à te dire très vite. Bon, c'est bien. Après, il y a un BP. Ce qui est cool, ce qui est très bien aussi dans le monde du VC actuel, en tout cas sur certains fonds, je trouve, c'est qu'en 2021, tu sais, tu avais un peu l'argent qui coulait à flot, etc. Et donc, tu avais beaucoup d'investissements, un peu.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Même si c'est jamais au hasard, tu vois. honnêtement, parfois un peu hasardeux, sur beaucoup d'argent, sur des projets où tu ne sais pas trop où ça allait. Aujourd'hui, ce n'est quand même plus trop la mode. Aujourd'hui, les fundings sont vraiment très faibles. Il y a très peu de fonds aujourd'hui qui sont déployés. Et ça se fait souvent sur des boîtes qui ont déjà prouvé pas mal de choses et qui cherchent une trajectoire forte, mais pragmatique. Je suis content parce que c'est un peu... plus ma manière de penser. Et je pense que la plupart des fonds sont là-dedans. Oui,
- Speaker #1
c'est vrai qu'on a eu une grosse période argent facile et peut-être aussi une course à je ne veux pas passer à côté d'un projet, donc j'ai tendance à arroser un peu avant même que le projet soit rentable, viable, etc. Aujourd'hui, on est revenu à une période un peu plus de raison. C'est un point que je constate.
- Speaker #0
Mais ce qui fait que du coup, c'est beaucoup plus galère de monter une boîte. C'est vrai. fait que en ce moment on précide c'est dur du coup ce qui est intéressant c'est que comme t'es dans le milieu entrepreneurial tu connais la stat c'est 90%
- Speaker #1
des boîtes qui se cassent la gueule et tu les vois c'est quand même pas marrant en ce moment le précide pour les auditeurs qui l'ont pas forcément en gros c'est le tout premier stat de financement d'une startup c'est l'argent qui sert à transformer une idée en projet crédit pour voir si le produit peut faire gagner de l'argent, etc. C'est des idées qui vont être entre 100 et 500 000 euros.
- Speaker #0
Le seed, c'est entre 2,5 millions et 4 millions. Après, tu as la series A, entre 10 et 15.
- Speaker #1
Ouais, ok. Je voudrais te poser une dernière question parce que ça m'intéresse d'avoir ton regard. Qu'est-ce que les gens idéalisent le plus et comprennent le moins dans ta vie ? Ouais,
- Speaker #0
dans l'entrepreneuriat. Et comprennent le moins, ça doit être la même chose ou c'est deux choses différentes ?
- Speaker #1
En fait, il l'idéalise, mais ça peut être l'idée de se dire « En fait, tu es auto-entrepreneur, tu fais ce que tu veux de ta vie. » Et en fait, la réalité, c'est que toi, tu fais plus de 60 heures par semaine.
- Speaker #0
C'est vraiment une vision assez juste du fait que c'est un sacrifice. Je pense que les gens ne se rendent pas compte de ce que ça veut dire. Je pense que c'est un truc qui est parfois difficile. Et du coup, j'ai quand même pas mal de potes aussi entrepreneurs, même si j'ai toujours mes super potes qui ne sont pas du tout là-dedans. et qui comprennent bien d'ailleurs. Mais ouais, je pense que ce que les gens idéalisent, c'est ta flexibilité parce que, tu vois, tu peux avoir des vraies discussions avec tes potes ou un peu en mode blague qui te disent mais vas-y, mais toi, tu te libères. Je fais, ben non, mais ton boss, t'es ton grand pro-boss, tu vois. Oui, sauf que toi, t'as beaucoup d'obligations envers toi-même et envers tes employés, en fait. Parce que si t'es pas là, ta boîte, elle peut couler et en fait... des gens à qui tu tiens. En fait, si tu te plantes, et ça, c'est un vrai truc, les gens pensent que tu es plus flexible et que tu as moins de responsabilités. La réalité, c'est que si tu te plantes, non seulement c'est chiant pour toi, mais c'est chiant pour 20 personnes. Et souvent, des personnes que tu aimes beaucoup et dont tu as envie, que ça marche. Surtout sachant que le marché de l'emploi n'est pas non plus fou en ce moment. Tu as ça aussi. Mais putain, tu n'as pas envie que ça se plante parce que ça se trouve. Si ça se plante, non seulement c'est chiant pour toi, mais aussi pour toutes les personnes qui sont avec toi. Donc ouais, je pense que le côté idéalisé, c'est le côté flexibilité, peu d'indispensabilité, alors que c'est l'inverse.
- Speaker #1
C'est l'inverse. Ok, merci pour ce mot. Raphaël, on arrive à la fin de l'épisode. On a évoqué, j'allais te poser la question, est-ce qu'il y a une recommandation culturelle, un élément qui t'accompagne dans ton quotidien, pas forcément en lien avec le travail ? on y a déjà un petit peu répondu j'ai l'impression mais est-ce qu'il y avait quelque chose que tu voulais faire ressortir ?
- Speaker #0
bon t'as ces livres dont j'ai parlé qui sont des livres que j'aime beaucoup après t'en as plein d'autres t'as l'édito connera que j'aime bien mais surtout en fait moi je pense que le vrai truc qui m'accompagne jour le jour c'est les podcasts ça fera la bonne conclusion mais c'est vrai j'écoute pas mal des trucs sur Spotify sur France Culture que ce soit sur l'histoire, sur la philo, etc. Et encore une fois, je trouve qu'on a une chance de dingue d'avoir ça. C'est extrêmement... Moi, ce que je me fais, parce que je travaille 60 heures par semaine, mais j'ai un jour où je ne travaille pas, c'est le samedi. Et ça, c'est extrêmement important pour moi. Donc, je fais du sport et j'écoute des podcasts. Notamment quand je nage. Et ça, je trouve que c'est un super life hack. Quand tu nages et que tu écoutes des podcasts, c'est trop bien. Et donc, ouais, moi, ma recommandation culturelle, c'est... Alors, moi... gros gros gros truc que j'adore sur France Culture c'est tous les trucs qui sont liés à l'anthropologie notamment en ce moment il y a des super émissions sur Néandertal et ouais Canon et tout ce qu'il y a à l'histoire c'est sympa ils sont des super et notamment t'as un mec qui est très marrant dans la concordance des temps qui a une émission sur l'histoire qui est un mec qui s'appelle Jean-Noël Jannet qui a 70 ans qui est un mec tellement expert qui fait des émissions que sur des sujets ultra niche genre je sais pas les rats au Moyen-Âge tu vois au 16ème siècle et ils arrivent et tu vois ils commencent l'émission en ne semblant plus foncer évidemment que la pêche de 1654 et c'est très cool et c'est très marrant tu vas te faire prendre des trucs très niche mais très rigolo voilà ok
- Speaker #1
trop bien et bah merci je l'ai noté et je le mettrai dans le lien de l'épisode merci beaucoup Raphaël pour l'échange c'était hyper bien hyper intéressant merci à toi aussi
- Speaker #0
c'est une anecdote je vais faire le rôle d'échanger même si du coup je parle beaucoup mais c'est je sais pas ouais c'est le but non non là clairement ne sois pas ne sois pas rapport à ça c'était le but donc merci
- Speaker #1
pour ton partage très sympa et écoute bonne continuation on continuera de suivre l'évolution de Much Better avec grande attention au plaisir
- Speaker #0
Si cet échange vous a plu, abonnez-vous pour ne rien manquer des prochains épisodes. Rejoignez-nous sur Instagram, sur La Courbe, le podcast, et partagez autour de vous si vous pensez que ce podcast peut inspirer ou aider quelqu'un de votre entourage.
- Speaker #1
Et surtout, souvenez-vous, il n'y a pas qu'une seule bonne voix. Parfois, c'est hors de la courbe que se cache le vrai potentiel. A très vite pour un nouvel épisode.