- Speaker #0
Aujourd'hui, je reçois Héloïse Kawahishi, avocate fondatrice du cabinet Passis Lexis Family Law, spécialiste du droit de la famille et du patrimoine. Divorce, séparation, violence conjugale, inégalité liée à l'argent dans le couple, Héloïse est de celles qui ne se contentent pas de plaider un dossier, elle défend une cause. Et cette énergie, cette conviction, vous allez l'entendre dans chaque minute de cette discussion. Un échange intense, sincère et nécessaire. Bonne écoute sur la courbe. Avant de commencer, si la courbe vous accompagne, vous inspire ou vous fait découvrir des parcours qui valent le détour, laissez-nous 5 étoiles et un commentaire sur la plateforme d'écoute que vous utilisez. C'est ce qui nous permet de grandir et de continuer à développer le podcast. Merci ! Bonjour Héloïse.
- Speaker #1
Bonjour Mickaël.
- Speaker #0
Héloïse, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Écoute, ça va très bien ce début septembre, ce début d'année qui reprend.
- Speaker #0
Ouais, pleine d'énergie j'ai l'impression, mais j'ai l'impression que c'est une caractéristique habituelle.
- Speaker #1
Oui, exactement, c'est une caractéristique habituelle à tel point qu'il y a encore deux mois, je ne prenais plus de café parce que le café me faisait trembler.
- Speaker #0
Ok, bon, on va rester à l'eau pour cet entretien. Exactement,
- Speaker #1
à l'eau gazeuse.
- Speaker #0
Allez, très bien. Héloïse, avant de commencer à rentrer dans ton parcours personnel, professionnel, etc., est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Avec plaisir. Héloïse Kawahishi, je suis avocate et médiatrice en droit de la famille depuis plus de dix ans maintenant. Je n'arrive pas à le croire que ça passe aussi vite. Tu sais, on dit que les avocats deviennent bons au bout de dix ans, mais j'ai l'impression que c'est toujours un éternel recommencement, ce doute de la profession. Je suis vraiment passionnée par mon métier et quand je te dis que ça fait dix ans, j'ai pas l'impression que ça fait dix ans tellement j'adore ce que je fais.
- Speaker #0
Trop bien. Écoute, c'est hyper agréable à entendre. Et ça fait écho avec ma pratique où il y a une phrase que j'adore, que je cite de temps en temps, qui est « plus je sais et plus je sais que je ne sais rien » . Donc, c'est des métiers passionnants dans ce sens-là. Héloïse, quand tu parles de ton métier et de ce que tu fais à quelqu'un de ton entourage ou quelqu'un que tu rencontres, comment tu lui décris ?
- Speaker #1
En fait, c'est assez difficile parce que déjà, les personnes ne sont pas aptes à recevoir la violence de ce que vit un avocat. Ils ne sont pas aptes à entendre nos histoires. Et donc, outre bien entendu la question du secret professionnel, mais tu sais, c'est un peu comme les médecins, ils viennent toujours nous poser des questions. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Ah, tu dois en avoir marre des divorces. Oh là là, ces séparations, mais tous ces pervers narcissiques, t'en as pas marre. Donc, tu vois, il faut prendre aussi de la distance. non seulement par respect pour la vie privée déjà tu vois des personnes et parce que je pense que si je dois leur donner des grandes lignes sur la justice, sur la matière familiale c'est d'expliquer ce que je fais souvent que c'est avant tout de la stratégie, des preuves et des questions psychologiques qui entrent en compte, il y a une série c'est un métier c'est mille métiers en un et c'est mille manières d'exercer ce métier Être avocat, selon moi, aujourd'hui, ça ne veut rien dire. Tu peux très bien être un avocat qui passe son temps à faire des conclusions, qui ne parle jamais à un client. Tu peux être un avocat qui est brillant pour aller plaider et qui n'aime que faire ça. Tu peux avoir un contact client qui ne soit pas bon parce qu'en fait, tu es dans les chiffres, tu es dans la théorie et ce n'est pas ton mindset d'aimer rencontrer, d'aimer la différence, d'aimer gérer les émotions imprévisibles des clients comme n'importe quel être humain. Et donc en fait, s'il y a bien une chose dont je suis convaincue, c'est de dire Merci. que le métier d'avocat, il y a mille manières de l'exercer et qu'il n'y en a pas une qui est mieux ou meilleure qu'une autre, tu vois.
- Speaker #0
Ça fait écho, j'ai plein de questions du coup, alors je vais essayer de les organiser. Mais une des premières questions, parce que tu évoques le côté difficile de ce métier, sachant que tu es avocate, certes, mais tu es aussi chef d'entreprise. C'est des notions qu'on abordera un peu plus tard dans l'entretien. Mais comment, toi, tu fais ? Est-ce que tu as... une recette ou quelque chose qui te permet de décrocher de ce métier où tu absorbes en permanence les conflits des autres, comme tu l'évoquais ?
- Speaker #1
Alors, moi, je ne pense pas être un exemple et un modèle. Déjà, c'est la base parce que je n'ai, par exemple, qu'un seul téléphone, tu vois, entre ma vie privée, ma vie professionnelle, alors que la plupart des personnes mêlent les deux. Sauf que moi, j'ai essayé, j'en oublie un et je n'y arrive pas. C'est trop compliqué pour moi d'avoir deux téléphones. En revanche... J'arrive vraiment à décrocher totalement. Mais j'ai mis des années à arriver à décrocher. Avant, j'en étais strictement incapable. Et je peux tellement décrocher que je peux, tu vois, par exemple, pendant quasiment tous mes congés d'été, j'ai travaillé tous les matins, mais l'après-midi, j'allais me reposer. Et je n'ai pas fait ça, comment dire, je ne suis pas épuisée, tu vois, à sortir de congés comme ça parce que j'aime tellement ce que je fais. Ça m'éclate, les clients en ont besoin. Il n'y a pas d'avocat pendant l'été. Ce n'est pas une douleur. ce besoin de décrocher euh euh Maintenant, j'y arrive sans problème. Tu vois, l'après-midi, ça y est, je déconnecte totalement. C'est fini.
- Speaker #0
Alors, je vais le préciser un peu. Il y a le côté effectivement déconnexion, mais il y a le côté aussi où tu absorbes beaucoup de choses.
- Speaker #1
Je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
En fait, je te fais le lien. J'ai eu une discussion il n'y a pas longtemps avec une amie qui est psychologue et qui prend énormément de drames au quotidien, de drames familiaux, personnels, etc. Et forcément, ça lui crée aussi une charge émotionnelle importante. Et comme tu le dis, il y a toute cette réserve, ce devoir de secret pro où elle ne peut pas librement en parler comme elle le voudrait. Comment tu te protèges par rapport à ça ?
- Speaker #1
Deux manières de se protéger. Déjà, on en parle beaucoup entre avocats. Je ne suis pas toute seule dans mon coin. Donc, on a une liberté de parole entre avocats qui ne va pas exister forcément avec d'autres personnes. C'est le premier point. Et deuxième point... Il y a toute une évolution. C'est-à-dire que moi, quand j'étais une très jeune avocate, même si je resterai toute ma vie très jeune, bien entendu. Mais quand j'ai commencé, tu vois, et j'étais maman, je ne pouvais pas prendre des dossiers de juge des enfants avec des nourrissons. Ce n'était pas possible. Avec des enfants de deux ans qui étaient enlevés à leurs parents, c'était émotionnellement, j'en étais incapable, tu vois. Et puis, j'ai aussi beaucoup, par la suite, travaillé sur moi. Je me suis beaucoup intéressée à la psychologie. Je me suis beaucoup... beaucoup intéressée à la médiation. J'ai appris des techniques de communication qui sont différentes. J'ai vu plein de choses dans mes dossiers. Et en fait, j'ai compris que cette objectivité, cette prise de distance, c'est la condition d'un exercice professionnel sain. Parce qu'en fait, si tu ne prends pas cette distance, tu ne peux pas conseiller sainement. C'est pour ça que je ne veux pas conseiller mes amis. C'est pour ça qu'à la base, quand je connais quelqu'un, je ne veux pas prendre son dossier. Je ne le veux pas. Un chirurgien, il ne va pas aller opérer quelqu'un de sa famille, sauf s'il n'a pas le choix et qu'il est sur un champ de bataille. Tu vois ce que je veux dire ? Moi, c'est la même chose. Et cette prise de distance, elle est indispensable, mais elle est venue avec le temps, vraiment. Parce qu'aujourd'hui, je considère que même si je vis des choses qui sont dramatiques dans mon métier, je peux les voir de différentes manières. Et mon caractère de base, c'est quand même d'être hyper joyeuse, de rigoler tout le temps, de chanter tout le temps, d'avoir une énergie débordante. Donc, je n'ai pas non plus… Être une autre personne sous prétexte que je vis des choses qui sont très dures au quotidien. Et puis, c'est leur vie, ce n'est pas la mienne non plus, en fait. Tu vois, c'est comme avoir de l'empathie, ça ne veut pas non plus dire vivre exactement la douleur des personnes. Comprendre la douleur des personnes, être touchée par la douleur des personnes, oui. Mais de là à pleurer le soir parce que je n'arrive émotionnellement pas à gérer le dossier, il y a une évolution depuis que je suis un bébé avocat, tu vois. Mais avant, c'était très dur. J'étais stressée avant une audience, j'étais stressée après une audience, j'étais stressée par la vie des gens, ça me faisait mal, j'étais triste. Au début, on n'est pas préparé.
- Speaker #0
Et tu dirais, parce que tu évoques cette évolution, cette prise de conscience et le fait qu'aujourd'hui, tu y arrives beaucoup plus, même pour la déconnexion. Est-ce qu'à un moment donné, tu t'es dit stop, là, il faut que je travaille sur ça ou c'est vraiment un chemin qui est venu au fur et à mesure ?
- Speaker #1
En fait, ce n'était pas OK pour moi d'être stressée avant une audience, d'être stressée pendant l'audience, d'être stressée après l'audience. Parce que ça voulait dire que 48 heures avant, j'avais mal au ventre. Ça veut dire que pendant que tu parles, tu as tes notes et tu lis mot à mot quasiment parce que tu es stressée et que tu n'arrives pas à parler naturellement. Alors que je sais parler naturellement, tu vois bien comment on parle. Et après, tu es épuisée après l'audience parce que tu redescends. Donc, tu imagines que tu ne peux pas vivre financièrement avec une activité plaidante. sans être capable de gérer le stress d'une audience. Et il y a des avocats encore aujourd'hui, moi j'en connais en droit de la famille, ils ne veulent pas aller plaider. C'est non, c'est ingérable pour eux. Alors qu'aujourd'hui, j'ai travaillé en médiation, j'ai pris énormément de cours de théâtre, mais vraiment, je ne sais pas, j'ai pris 40-50 heures de cours de théâtre. Tu vois quelqu'un peut-être sur les réseaux capable de parler, d'arriver à être confiant, d'aller tranquille en audience, mais en fait, ça ne vient pas comme ça.
- Speaker #0
Est-ce que dans ta formation, ça c'est quelque chose que je ne connais pas, que je ne maîtrise pas, est-ce que dans ta formation, outre la partie juridique bien évidemment, est-ce qu'il y a aussi cette préparation à la plaidoirie où vous êtes un peu lâché ? En fait,
- Speaker #1
il y a une préparation à la plaidoirie, mais tu vois, déjà... À la base, on a tous plus ou moins quand même des qualités. C'est-à-dire que moi, je ne suis pas matheuse, tu ne vas pas me faire devenir matheuse demain, même si je vais me progresser à la marge. Mais déjà, les gens ont une base. La plupart du temps, quand tu es avocat, il y en a pas mal qui ont quand même plutôt confiance en eux pour pouvoir s'exprimer, pour pouvoir s'affirmer, poser des limites claires. Il y a une préparation de plaidoiries, des cours de plaidoiries, mais il y a aussi des cours de théâtre. D'ailleurs, j'étais à l'EDAC, à l'École des avocats de Versailles à l'époque. Il y a des cours de plaidoirie, mais tu vois, en fait, moi, mon évolution, c'est d'avoir changé ma notion de la plaidoirie. Avant, je la vivais comme un combat parce que c'est la représentation qu'on a en société de la plaidoirie. C'est Seuss qui arrive en plaidoirie, qui va écraser l'autre. C'est vraiment l'avocat qui se bat, qui fait des choses pas honnêtes, qui ment, qui fait tous les coups fourrés. Mais comment veux-tu être serein face à cette attitude-là alors que la société américaine, la société française, ne te représentent majoritairement pas tout le temps, bien sûr, parce qu'il y a aussi des héros qui sont exemplaires. Mais on a quand même une image, en tout cas celle à laquelle j'étais sensible, d'un avocat qui est un combattant. Et donc, sans en être consciente au départ, j'étais particulièrement stressée avec cette image et j'ai dû travailler sur cette image. Et en fait, ce que j'ai compris au fur et à mesure que je grandissais, c'est qu'en fait, on est là pour discuter. On est là, certes, pour défendre le point de vue. Je suis là pour défendre, pour être la parole de mon client, mais je suis là pour discuter, en fait. Je suis là pour discuter de manière calme. Et en plus, si je me mets à crier pour te convaincre là tout de suite que je suis la meilleure avocate du monde, en quoi tu vas être convaincue ? Si je suis stressée pour t'exprimer mon point de vue, en quoi tu vas être convaincue ? Quand est-ce qu'on convainc ? On convainc quand on est détendu, quand on est tranquille, quand c'est une évidence que 1 et 1 font 2. Et que même si tu me dis que 1 et 1 font 3, c'est ton problème, ce n'est pas le mien.
- Speaker #0
C'est intéressant parce que j'avais... J'avais noté une des questions et tu abordes un peu la réflexion avec le sujet de la discussion.
- Speaker #1
Je m'étais noté en fait comment tu fais la part entre défendre les intérêts de ton client et éviter d'attiser un conflit qui pourrait durer des années. Mais là, par exemple, tu vois, récemment, j'ai eu un entretien avec une cliente qui venait me dire, c'est assez classique comme dossier. La cliente vient, ils se sont séparés, je voudrais récupérer tel bien, je voudrais récupérer l'armoire de maman, je voudrais récupérer mes documents administratifs, plein de choses qui sont dans le domicile de son ex. Et je lui dis, quelle est la valeur sentimentale, quelle est la valeur financière ? Je lui explique les procédures. Écoutez, il faudrait faire une mise en demeure. Là, les biens sont situés dans tel pays, donc il faudra contacter un autre avocat. Il faudra également dans la mise en demeure préciser. Bien entendu, qu'il y avait un accord de votre ex pour récupérer les biens. Il faudrait également que vous ayez des constats du CIE, la preuve des factures, des achats. Il faudra que vous ayez tout ça. Et après, je lui dis, on peut le faire. On ira peut-être au tribunal et peut-être qu'on obtiendra la restitution de certains biens. Mais concrètement, est-ce que ça a un sens de faire ça ? Qu'est-ce que ça va vous rapporter ? Vous allez écraser l'autre psychologiquement parce que vous allez l'humilier, sachant qu'il est déjà très bas. La valeur de ses biens est faible. Vous êtes déjà très atteinte psychologiquement. concentrez-vous sur votre bonheur, sur votre joie moi je peux faire une procédure, il n'y a pas de difficulté je vais la faire, je vais vous facturer tant mais 1, les chances de succès sont très faibles 2, ça va vous faire très mal psychologiquement et 3, votre seule victoire aujourd'hui c'est votre liberté, votre équilibre psychique donc concentrez-vous sur ça et ne me contactez pas sauf si vous changez d'avis mais en tout cas,
- Speaker #0
moi je ne serai pas alignée avec votre procédure ok c'est intéressant c'est intéressant et Avant peut-être de reparler de quelques cas, comme tu viens de l'évoquer, qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu choisisses le droit de la famille plutôt qu'une autre branche du droit ? Comment ça s'est copié pour toi ?
- Speaker #1
Déjà, c'est assez surprenant parce que moi, je ne viens pas du tout d'une famille où il y a des divorces ou ce genre de choses. La famille est unie, tu vois. Donc, sache qu'il y a pas mal d'avocats en droit de la famille qui ont des histoires familiales. parfois douloureuse, même si ce n'est pas toujours le cas, vraiment. Et je pense, en fait, que c'est venu au fur et à mesure, parce qu'avant de devenir… Alors, j'ai passé mon diplôme d'avocat en Master 1, donc je l'ai eu du premier coup rapidement en le préparant un mois et demi, mais je ne voulais pas être avocate à la base, je voulais être magistrate. Et du coup, la condition, c'était que je veux bien… Je vais tenter l'ENM, l'école de la magistrature, mais si je n'arrive pas à avoir facilement, comment dire, le barreau, je ne vais même pas essayer de passer l'ENM. Donc, j'ai passé le NM alors que j'étais en Master 2 avec l'école de commerce, chargée de TD en même temps, plus le Master 2, sauf que je me suis retrouvée admissible. Et je ne m'y attendais vraiment pas du tout. Et je me suis trouvée admissible après deux fois de suite. Et deux fois de suite, je l'ai raté à l'oral. Et du coup, en fait, déjà, je suis devenue avocate comme ça. Et quand j'ai préparé l'ENM pour répondre à ta première question, j'ai découvert le droit de la famille. Je me suis dit, mais ce n'est pas possible. C'est vraiment passionnant, le droit de la famille, parce que c'est un reflet des évolutions sociétales. C'est vraiment... Moi, j'ai trouvé ça absolument passionnant de comprendre le mariage, l'histoire de mariage. du PAX. Pourquoi c'est arrivé ? Tiens, le PAX, en fait, c'était fait pour les relations homosexuelles et maintenant, c'est utilisé par les hétérosexuels. C'est absolument fou que le législateur puisse se tromper à ce point et n'ait pas anticipé une autre pratique de la loi qui a initialement été prévue pour les homosexuels. Donc, plein de choses comme ça, de concevoir que si, par exemple, tu vois, il y a une présomption de paternité aujourd'hui dans le mariage, c'est tout simplement pour éviter qu'il y ait des enfants qui naissent. hors mariage et que ce soit considéré à l'époque comme des enfants qui n'ont pas le droit par la suite à l'héritage. Maintenant, cette discussion, cette différence a été effacée. Et donc, tu vois, en fait, tu comprends les évolutions sociétales. Aujourd'hui, par exemple, initialement, le mariage, le but du mariage, c'était la procréation. Aujourd'hui, tu vois bien que les gens ne se marient pas pour avoir un enfant, ils se marient par amour. Donc, tu vois, de comprendre comment dire... quand même ce qui anime énormément de personnes, c'est l'amour, c'est d'être aimé. C'est le premier besoin, l'un des premiers besoins vitaux qui existent avec le sommeil et manger, tu vois. Et du coup, je trouve ça, j'ai trouvé ça passionnant comme ça, sans compter qu'après, j'étais expatriée à Londres pendant pas mal d'années. Et j'ai commencé à avoir des dossiers comme ça et en droit international privé, je trouvais ça passionnant.
- Speaker #0
OK, OK. Et tu étais à Londres à quelle période ?
- Speaker #1
J'étais à Londres juste après l'obtention du barreau. J'ai commencé à travailler à Londres.
- Speaker #0
C'était une envie particulière ?
- Speaker #1
C'était mon ex-mari qui était là-bas et du coup, je l'ai suivi. Je trouvais que c'était une opportunité géniale pour apprendre à parler anglais. Et puis, en fait, ce qui est génial dans l'expatriation, c'est que ça casse toutes tes barrières. C'est-à-dire que quand tu arrives dans un endroit, tu ne parles pas anglais, tu n'as pas d'amis, tu n'as pas de travail. Bien sûr, tu n'as pas d'argent, tu n'as pas ton propre logement, tu es seule. tu as un tel niveau de difficulté pour t'en sortir. Et même si tu vas me dire, oui, il faut juste prendre l'Eurostar et t'y aller en deux heures, en fait, ce n'est pas vrai du tout parce qu'il y a une telle mentalité qui est tellement éloignée de la nôtre que c'est une vraie adaptation. Donc après, quand tu reviens en France, tu trouves ça facile. Mais tu n'es pas totalement adapté non plus parce que tu ne repenses plus exactement comme... Comme en termes de business, en termes de vision du métier, j'ai pas mal évolué.
- Speaker #0
Et la première question qui me vient quand tu parles de cette expérience anglaise, pour moi, il y a une vraie distinction entre le droit français et le droit anglais.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Où tu vas être sur beaucoup de jurisprudence en droit anglais, quasiment que ça. Et c'est quand même difficile de...
- Speaker #1
Alors, je n'étais pas solliciteur.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Non. J'étais pas solliciteur, j'exerçais en droit français à l'étranger. J'aurais pu passer le solliciteur, mais après je suis rentrée, peu importe. Donc j'exerçais principalement en droit français, avec pas mal de médiations parce qu'ils sont vraiment en avance, mais de 20 ans, 30 ans en matière de médiation. C'est comme ça que je me suis intéressée à la médiation, et notamment à la médiation anglaise, anglo-saxonne, parce que tu vois la différence entre la médiation anglo-saxonne et la médiation, on va dire, de la culture plus strictement européenne. en tout cas d'un point de vue continental, c'est qu'il y a une pression qui est mise sur les médiés pour conclure un accord. Il y a une culture du pragmatisme beaucoup plus importante que de la justice immanente où la vérité doit éclater car j'ai été victime et tu es le bourreau et je viens te sauver. Tu vois ce que je veux dire ? Il y a beaucoup plus de pragmatisme. Bon, j'ai un problème ? Ok. On n'est pas dans « t'as fait ça mal, t'as pas bien fait ça, j'ai tort, t'es méchant » . On est dans du pragmatisme. Il faut trouver un accord. Et cette culture-là, elle existe beaucoup moins en France.
- Speaker #0
Est-ce que pour toi, c'est une des explications au fait que le système juridique britannique soit plus rapide, plus efficace ?
- Speaker #1
Déjà, on va regarder les coûts. Je ne connais plus les coûts, le budget alloué à la justice. en Angleterre. Mais ce qui est sûr, c'est que le budget alloué à la justice en France est très faible. Et ce que j'ai tendance aussi à dire sur l'ensemble de la société française, c'est que c'est un pays qui est extrêmement difficile à réformer. Je dis toujours en off, pour moi, c'est un pays qui est irréformable. Les exemples sont légions sur les domaines qui doivent être changés. On n'est pas là pour faire de la politique et qui ne change pas. tu vois, tu as compris quand tu comprends la culture française, ce qui fait également son charme d'ailleurs, parce que c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai aussi choisi de rentrer en France, c'est que j'en avais marre de cette culture anglaise de mouton. Ce qui est agréable en France, c'est qu'on proteste, c'est qu'on s'exprime, c'est qu'on est moins dans le non-dit. Mais chacun des deux pays, pour moi, est dans un extrême et c'est ce côté, cet équilibre que j'aurais voulu trouver.
- Speaker #0
Ok. J'ai pris un pays. C'est ce que j'allais dire. Il y a un pays qui pourrait t'attirer. professionnellement ? Est-ce qu'il y a un système où parfois tu te dis c'est quand même pas mal là-bas ?
- Speaker #1
Je me dis toujours ça sur Londres, mais je n'ai pas été expatriée dans d'autres pays, donc je ne peux pas te dire. J'adore Londres, mais je ne me vois pas non plus aller y vivre demain.
- Speaker #0
Tu es restée combien de temps ? Tu disais 5 ans ?
- Speaker #1
6 ans, quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Ok, c'est quand même une belle expérience. Est-ce que tu te vois un jour repartir à l'étranger ?
- Speaker #1
Oui, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Ok. Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
Je veux avoir un cabinet à l'étranger. Je verrais d'un point de vue business, fiscal et temps parce que c'est sûr, la pression fiscale en France n'a absolument aucun sens. Tu ne peux pas vivre dans un pays comme ça sans valoriser les chefs d'entreprise, la création de valeur, la difficulté du métier. Je considère aujourd'hui que j'ai envie d'avoir un pays où il y a plus de souplesse. en termes de droits du travail, moins de protection. Tu vois, quand je vais en Angleterre, pour moi, la protection, elle n'est pas du tout insuffisante, la protection sociale. Quand je vais en France, je la trouve parfois excessive. Et c'est toujours la question de l'équilibre. C'est qu'en fait, on est dans un système de protection en France qui est nécessaire et qui est beau et qui a des vertus, comment dire, qui sont exceptionnelles. Mais je ne suis pas convaincue que ça permette d'avoir une flexibilité business suffisamment… suffisamment concurrentiel à l'échelle internationale.
- Speaker #0
Tu parles effectivement de cette notion de business, de chef d'entreprise, création de valeur. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu es décidée de lancer ton propre cabinet ?
- Speaker #1
Alors, j'ai déjà décidé de le lancer parce que je n'avais pas le choix en fait quand j'étais à Londres. La réalité, c'est que c'est ça. Va trouver une collaboration en droit de la famille. Quand tu n'as pas de réseau, à l'étranger, quand tu es un jeune avocat, que tu parles... pas anglais, il faut être... Il faut y aller, tu vois. Je te fais part de ça. Donc, j'ai déjà trouvé une collaboration à distance à l'époque en droit bancaire qui m'a permis de prêter serment. Et puis, très vite, au bout de six mois, j'ai lancé mon activité. Mais ce n'est pas du tout représentatif des collaborateurs aujourd'hui. J'étais inconsciente de faire ça. D'accord ? Il fallait vraiment... Il fallait... J'étais inconsciente. Je me dis, mon Dieu, mais j'étais folle de faire ça. Donc voilà. Mais en même temps, je dis toujours que la vie te place face aux défis que tu peux surmonter, tu vois. Et en fait, c'était vrai. Mais je ne sais pas si je le referai a posteriori et si je choisirai cette voie-là.
- Speaker #0
Tu donnes des... Je ne sais plus si tu le fais encore, mais tu as donné en tout cas des cours aux étudiants avocats il y a quelques années. Est-ce que c'est des sujets... que vous évoquiez à l'époque ? Est-ce que tu avais un peu ce style de question ? Est-ce qu'il vaut mieux s'associer et lancer son câble ?
- Speaker #1
Non, parce qu'en fait, je donnais plus des cours de régime matrimonial, de droit des obligations, de droit de la famille, de notes de synthèse. J'avais enseigné aussi à Sciences Po Strasbourg pendant un temps. Donc, ils venaient plus me voir à la fin pour me poser des questions un peu de manière informelle. Mais ça ne correspondait pas vraiment aux enseignements. que je donnais.
- Speaker #0
Ok. Et si on fait un retour en arrière, léger, que quelques années, est-ce que tu te rappelles quelle étudiante tu étais ?
- Speaker #1
Alors, oui, j'ai vraiment... J'étais un ovni, en fait. J'étais un ovni. J'étais un ovni. Mais vraiment, quand je raconte ça à mes équipes, elles n'arrivent pas à le croire. Je suis passée déjà de la lycéenne qui n'aime pas travailler, qui sèche les cours tout le temps, qui adore être au fond du couloir et aller travailler de mon côté. J'ai passé le bac quasiment de mon côté en séchant toujours les cours. Ce serait inconcevable aujourd'hui. Parce que je trouvais que les profs n'allaient pas assez vite, parce que je ne les trouvais pas suffisamment intéressants, parce que je trouvais qu'ils ne comprenaient pas l'histoire. Je trouvais que... Voilà. Une vraie rebelle adolescente, cliché de la bonne société, tu vois. Et après, pour le droit, j'ai adoré travailler. J'étais tout le temps au premier rang. J'avais d'excellentes notes quand j'étais en droit. Je ne suis pas une fêtarde. J'aime me coucher tôt, prendre soin de moi, aller marcher dehors, faire du sport, ne pas abîmer mon corps avec des substances illicites. du coup j'allais en bibliothèque travailler tous les dimanches je me souviens j'allais à Beaubourg parce que j'avais tellement de travail que j'arrivais même pas ou à la B.A.G. le samedi j'arrivais plus à travailler chez moi en tout cas je travaillais en bibliothèque beaucoup à la bibliothèque de ma fac et quand je passais le barreau puis la magistrature j'aimais tellement le droit non mais même en master ouais en master 1 j'avais comme livre de cheveux le code civil donc franchement je suis une ovnie d'accord je peux Merci. Je vais m'élire le code civil.
- Speaker #0
Je ne rebondirai pas sur ça.
- Speaker #1
Je trouve ça toujours magnifique d'ailleurs.
- Speaker #0
Alors, pas de jugement dans ce potage.
- Speaker #1
Pas de jugement.
- Speaker #0
Aucun. Aucun, aucun. Pour autant, je me pose une question. Tu disais, le côté lycée, il y a eu une transition, il y a eu un déclic. C'est parce qu'il y a des cours qui t'ont passionné, il y a des profs qui t'ont passionné ?
- Speaker #1
Au lycée ?
- Speaker #0
Non, non, ce fameux déclic. Oui, exactement.
- Speaker #1
En fait, je me suis retrouvée à ma place et que j'avais un esprit assez scientifique, mais je n'étais pas une scientifique. J'adorais écrire, mais je ne suis pas une pure littéraire. Je suis très synthétique et du coup, en fait, très analytique. Et ça correspond aux qualités qu'il faut pour être avocat, pour faire du droit de manière générale. Si tu es incapable de résumer un dossier en trois lignes alors que tu as 200 pages, tu ne peux rien faire. Si tu n'es pas capable d'identifier la règle pertinente, qui va permettre de résoudre ton dossier, tu ne peux rien faire. Si tu n'es pas capable d'évaluer dans un dossier ce qui manque à un dossier, tu ne peux rien faire.
- Speaker #0
C'est intéressant comme façon de faire. Est-ce que tu penses que tu as toujours eu ça, le côté synthétique ? Oui,
- Speaker #1
je suis très impatiente, je vais très vite. Il faut, quand j'ai compris, c'est bon, j'ai compris, on y va.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Oui, donc tu es bien tombée.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Ok. Est-ce qu'il y a un dossier qui a changé ta manière de pratiquer ?
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des dossiers qui ont changé ma manière de pratiquer ? Non, pas vraiment. Je dirais plutôt que le plus dur dans mon évolution, c'est que j'avais espoir dans la justice, dans la nature humaine, quand j'ai commencé à être avocate. J'étais tellement naïve sur la nature humaine. Et en même temps, cette naïveté, elle est jolie parce que c'est ce qui permet de donner, c'est ce qui permet de montrer sa vulnérabilité, d'avoir confiance. Tu ne peux pas vivre dans un monde où tu dis tout le temps à quel moment il va me faire un coup bas. Ce n'est pas vivable, tu vois. Et donc, en fait, la morale de cette histoire, c'est qu'il faut, un, déjà, très bien se connaître pour bien choisir son entourage. Parce que si tu dois résumer tous les dossiers que j'ai, c'est ça, en fait. C'est un, des gens qui ne se connaissent pas. Et deux, parce qu'ils ne se connaissent pas, ils ne sont pas capables de choisir les gens avec qui ils vont vivre.
- Speaker #0
Tu parlais tout à l'heure des évolutions sociétales et du fait de se connaître, comme tu viens de le dire. Est-ce que tu vois, toi, sur ces dix dernières années, une évolution où les gens vont peut-être plus venir en amont te poser des questions sur, par exemple, la façon dont ils doivent se marier, se protéger, ou est-ce qu'on en est toujours à la même... même finalité, où les gens viennent te voir malheureusement une fois que c'est déjà...
- Speaker #1
Je pense qu'il y a une petite évolution. Déjà, la quantité de mariage a pas mal baissé. La natalité a baissé pour une série de facteurs. Mais je dirais qu'il y a beaucoup plus de contrats de mariage, de séparation de biens qu'avant. Donc, il y a une prise de conscience du caractère limité d'une relation. Les gens ont compris que déjà, il y a la moitié qui vont divorcer. Ça, c'est la base. Sur cette... Tu prends l'autre moitié, tu en as au moins 20% qui ne peuvent pas partir parce qu'ils n'ont pas l'argent. Donc, tu es à 70% de gens qui, de toute façon, veulent terminer leur relation. Et après, tu en rajoutes 15% qui disent non, je reste pour les enfants. Tu vois ce que je veux dire ? Je pense que tu as 5 à 10% de personnes qui sont en couple. Mais pourquoi ils sont dans cette situation ? Pour moi, ça me paraît assez limpide, même si c'est peut-être succinct comme analyse. C'est que, un, la notion de liberté n'est pas suffisamment respectée. C'est-à-dire qu'ils ne conçoivent pas le coup. le couple comme la liberté. Mais c'est joli, en fait, si tu veux aller voir ailleurs. C'est joli, en fait, si tu veux faire un autre métier, si tu veux partir vivre là-bas. Et en fait, les gens doivent accepter qu'ils ne pourront pas contrôler. Ils ne pourront pas contrôler la vie de l'autre. C'est sa vie. C'est la base, en fait. C'est la base d'une relation amoureuse. Et aujourd'hui, ce qui est paradoxal, c'est que les gens ont eu tellement mal dans ces relations amoureuses que pour compenser le fait que, comment dire, l'amour fait mal, parfois, pas toujours, mais il y a eu des relations qui ont fait mal. ils vont essayer de se protéger avec des contrats, en disant « moi je veux tel profil, je veux que cette personne soit brune, qu'elle fasse tel métier » . Mais elles ont oublié un truc de base, c'est le fait que l'amour est aussi quelque chose qui n'est pas contrôlable. Au lieu de chercher à causer des cages, cocher des cages, je vais y arriver, il ferait mieux d'apprécier l'inattendu en fait.
- Speaker #0
C'est pas mal de psychologie et je sais que c'est un pan qui te plaît quand même beaucoup dans ton approche. Il y a aussi une chose qui m'a marquée dans une de tes interviews ou dans un de tes posts. Tu dis que les couples parlent d'amour, mais jamais d'argent. Et pour toi, à quel moment du couple il faudrait...
- Speaker #1
Merci pour cette question. Parler d'argent.
- Speaker #0
C'est un sujet que tu apprécies parce que tu parles du droit de la famille, mais tu es aussi sur la partie patrimoniale, sur les successions, sur les divorces, etc. Et forcément, il y a un vrai sujet. sur cette partie financière dans le couple. Et souvent, on en parle trop tard. Donc, toi, tu as un conseil là-dessus.
- Speaker #1
À partir du moment où tu emménages avec quelqu'un, tu dois connaître ses revenus, en fait. Soit, il y a deux possibilités. Soit, comment dire, tu connais ses revenus parce que vous avez des revenus à peu près similaires ou pas avec des écarts d'aimants. Et dans ces cas-là, chacun doit payer à proportion de ses facultés respectives et non pas à 50-50, en fait. À quel moment je vais payer la moitié du loyer ? Si mon conjoint, il en gagne trois fois plus, en fait, ce n'est pas honnête. On n'est pas censé avoir la même capacité d'épargne à la fin. Ce n'est pas ça, en fait. Donc déjà, il faut s'accorder avec la personne avec laquelle tu te mets en couple sur la manière de répartir le loyer, les emprunts, ce genre de choses. Combien de fois j'ai vu des couples où il y en a un qui fait payer à l'autre le remboursement alors que c'est son propre appartement. Mais je ne sais même pas comment. Voilà, moi, ça me choque. donc en fait Il y a déjà ces valeurs, cette morale sur l'argent dont il faut parler avec clarté. Quelqu'un qui est suffisamment radin pour ne pas laisser 5 centimes au chauffeur Uber, tu arrêtes là en fait, tu arrêtes là, on n'en discute pas. D'accord ? Je ne te parle pas de quelqu'un qui va gagner 500 euros, je te parle de quelqu'un qui gagne 100 000 euros et qui est tellement fou avec l'argent qu'il ne sera pas capable de laisser un pourboire de 5 centimes, 10 centimes. Et ça, en fait, ce que les gens doivent comprendre, c'est qu'ils disent souvent « oui, mais c'est un défaut, il est radin, elle est radine » . Mais... Quand on est radin, quand on est radine, déjà, je te le parle d'une manière non juridique, mais c'est ce qui se passe dans les dossiers, d'accord ? Quand on est radin, quand on est radine, on l'est partout. Quand on est radin avec l'argent, on est radin avec les mots, on est radin, comment dire, avec le toucher, on est radin avec l'épreuve d'affection, on est radin avec sa vulnérabilité, tu vois ? Donc, il y a cette question-là sur la manière de voir l'argent. Après, le vrai problème aussi en matière d'argent, il ne faut pas non plus dire, oui, c'est les couples. Ils ne s'intéressent pas à l'argent, c'est un tabou. Je pense que c'est une notion beaucoup plus large. Pourquoi aujourd'hui, ça c'est un truc que je ne comprends pas. Pourquoi aujourd'hui, à l'école, on est capable d'étudier le français, les maths, l'histoire, mais pourquoi en fait on n'étudie pas l'argent ? Comment gérer son argent ? Alors tu vas me dire, oui, il y a des cours d'économie. Non mais moi, ma fille, je suis maman, je lui dis, ok, tu as gagné tant d'argent, il y a tant pour les impôts. Ben voilà, tu commences à apprendre. Ah ben tiens, ton budget, en fait, tu dois en épargner tant, tant de pourcentages. Ah, tu veux te faire plaisir ? Et voyez ! Mais en fait, la difficulté, c'est que l'éducation à l'argent, elle est autonome aujourd'hui. Et à moins de venir d'une famille qui a permis d'avoir cette éducation, cette distance, cette culture de l'épargne, de la relation avec l'argent. elle doit être apprise toute seule. Et apprendre tout seul la culture de l'argent, ce n'est quand même pas gagner. Et en plus, tu rajoutes à ça l'image du prince charmant où l'homme doit le plus souvent subvenir aux besoins de la femme, avec en plus les courants féministes, les courants masculinistes. Les gens, ils ont tellement des informations dans tous les sens, plus le droit qui vient se rajouter là. Ils ont tellement des informations dans tous les sens qu'ils ne savent même plus comment penser. Ils ne savent plus quels doivent être leurs guides. mais le guide, c'est un, c'est… contribuer à proportion de ces facultés respectives et connaître les revenus de chacun. Et si tu ne connais pas les revenus de chacun, dans ce cas-là, c'est celui dont on ne connaît pas des revenus qui paye tout. Et là, c'est faire. Et c'est normal, comment dire, tu vois, je vois des couples, ce qu'ils font, c'est qu'ils établissent un budget mensuel de ce qu'il y a. Et après, ils font une répartition inéquitable. Genre un 60-40, ben oui, moi je gagne plus d'argent, mais j'ai aussi travaillé pour ça. « Oui, mais tu n'épargnes pas de la même manière à la fin du mois. Moi, il me reste zéro. Je ne peux pas me retourner payer un avocat, faire quoi que ce soit. » Donc, il faut qu'on modifie. Et en général, quand j'arrive dans le dossier, c'est une prise de conscience énorme. Les contrats de séparation, bien, il faut aussi être conscient de ce que ça veut dire. Parce que quand on aime, on dit « Oui, on ne regarde pas le contrat, c'est l'amour le plus important. » Allez dire ça aux femmes qui ont eu trois enfants, quatre enfants, qui ont arrêté de travailler, aux hommes qui ont tout sacrifié pour leur épouse sous prétexte qu'elle gagnait beaucoup d'argent. Allez leur dire ça. quand ils ont vécu 30 ans et qu'ils n'ont rien, alors que l'autre a beaucoup. Alors, vous allez me dire, oui, il y a une prestation compensatoire, oui, il y a un devoir de secours, mais en fait, ça ne suffit pas, ça, comparé à la personne qui a pu construire un patrimoine. Ce qu'il faut, c'est faire une séparation de biens avec une société d'acquets. Ça veut dire quoi ? Avoir des biens qui vont être, par exemple, domicile familial et qui vont appartenir aux deux, tu vois, pour avoir une forme déjà de protection.
- Speaker #0
Alors, je n'ai plus la phrase exacte, mais je l'ai lue il n'y a pas si longtemps que ça. C'est la théorie du pot de yaourt où, en gros, tu as les dépenses éphémères et les investissements durables. Et en gros, je n'ai pas de statistiques, mais tu as une majorité qui va définir que madame va payer les courses, on va dire le quotidien.
- Speaker #1
Exactement, monsieur paye le logement.
- Speaker #0
Voilà, et monsieur va payer le logement ou des investissements. Et puis au final, quand il y a séparation, madame, tout ce qui est périssable, consommable, en fait, n'existe plus. et l'homme va se retrouver avec des biens et là on creuse des inégalités et ce que tu évoquais tout à l'heure qui est un vrai sujet de dire en fait je ne peux pas partir parce qu'en fait si je pars j'ai rien c'est exactement ça et donc en fait tu vois c'est toujours ce que je te dis c'est que les gens à partir du moment j'arrête pas de le répéter,
- Speaker #1
à partir du moment où t'as un projet de mariage où t'es fiancé, où tu te mets en couple où tu vas avoir un enfant où tu déménages loin pour telle raison pour expatriation consulte un avocat, s'il te plaît. Consulte-le, mais t'imagines même pas l'argent, les erreurs que ça va te faire gagner, les erreurs que ça va t'éviter. Tous les gens disent, mais mon Dieu, pourquoi j'ai pas été consulter un avocat ? Et l'erreur aussi qu'ils font, c'est qu'ils vont consulter un notaire pour signer leur contrat de mariage. Alors bien entendu, c'est le notaire qui est compétent pour la rédaction de l'acte, mais c'est pas parce que tu consultes un notaire que tu dois pas consulter un avocat en privé. Les deux métiers... Ils n'ont rien à voir. Il y en a un, il va défendre l'intérêt de la famille. L'autre, il défend tes intérêts individuels. Tu vas pouvoir lui dire, voilà, qu'est-ce qui va se passer si je le trompe ? Comment je vais pouvoir partir si j'ai un nouveau métier ? Est-ce que je peux constituer un patrimoine de manière tranquille ? Ah, mon père, il a l'intention de me donner 200 000 de donations. Je n'ai pas envie qu'il en profite. Ah, mais mince, j'ai payé avec cette donation les voyages pour toute la famille. Maintenant, je ne peux pas récupérer. Ah, mais c'est injuste, il avait dit qu'on allait le récupérer. Tu vois, en fait, tu n'as pas la même discussion confidentielle avec. en relation one-to-one avec ton avocat qu'avec un notaire qui est là pour les intérêts des deux. Et alors, encore moins le notaire de famille qui connaît le mari ou l'épouse. Non, tu choisis quelqu'un d'indépendant qui n'est pas plus proche de l'un ou l'autre. Et si tu vas voir le notaire de famille, c'est OK, mais c'est sous réserve d'aller voir ton propre avocat.
- Speaker #0
Est-ce que c'est une des raisons qui font que tu t'es, je dirais, exposé sur les réseaux un peu à contre-courant de ta profession, historiquement, où ça a dénoté ? que tu ailles sur des choses comme TikTok ou sur des médias plus classiques, je dirais. Est-ce que c'est pour vulgariser un peu tout ça et atteindre un public un peu plus large ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'aujourd'hui, la raison principale de ma présence sur les réseaux, c'est un combat personnel aussi. C'est qu'en fait, je vois tellement de personnes qui sont victimes de violences, qui n'ont absolument pas compris les mécanismes de violences. Et encore une fois, je ne leur jette pas la pierre parce qu'on est dans des mécanismes de manipulation qui sont extrêmement difficiles à déceler. Moi, maintenant, je les décèle en un mail. Mais même moi, je me fais encore avoir parfois, alors que je connais les gens pendant longtemps, parce que l'objectif de ces personnes-là, c'est de se cacher, c'est de ne pas dire qui ils sont. Et les dégâts sont tellement importants et c'est tellement contraire à la nature humaine de pouvoir prendre plaisir sur le fait de faire mal à quelqu'un que j'ai envie de m'exposer, j'ai envie que les personnes sachent comment se défendre, qu'elles aient au moins les premières informations. Combien de fois ? Je pense qu'on va dire 80% des rendez-vous, c'est comment vous faites pour connaître ma vie ? Comment vous êtes capable de savoir ce qui s'est passé dans ma vie alors que je ne vous ai jamais parlé ? Mais ce n'est pas ce qui se passe toujours, c'est la même chose. Je ne vais pas le faire d'une manière psychologique, parce que je ne suis pas psy, que je n'ai pas les compétences, mais ce que je peux voir au moins, c'est des schémas qui se répètent et qui sont toujours les mêmes. Et qu'aujourd'hui, je ne peux même plus te dire que je suis surprise par le comportement d'une personne auteure de violences. C'est toujours la même chose.
- Speaker #0
Et je précise bien qu'on ne parle pas que de violences physiques, mais aussi... Non,
- Speaker #1
bien sûr. Il y a beaucoup de femmes qui préféraient se prendre un bon coup de poing plutôt que de se retrouver avec 20 années de violences où elles n'ont rien compris pendant ces 20 années et qu'elles se retrouvent ensuite à... à ouvrir les yeux, à dire « Mon Dieu, c'était ça. J'ai perdu tant de temps, je n'ai pas eu d'enfant, je me suis expatriée, je n'ai pas construit de patrimoine, je n'ai absolument rien. »
- Speaker #0
Et comment tu l'as vécu aussi ? Parce que j'imagine, mais là encore une fois, je ne fais qu'imaginer. Toi, tu l'as vraiment vécu. Le regard de ta profession par rapport à cette exposition, comment ça s'est traduit pour toi ?
- Speaker #1
Alors, j'ai de la chance parce qu'en fait, depuis que je suis petite, je me sens très à contre-courant. Mais genre, depuis la primaire, je suis une ovnie. J'étais en primaire, au collège, j'avais pas la télé. On allait au cinéma, au théâtre, tout le temps. J'ai pas eu la télé jusqu'à mes 17-18 ans. Le décalage culturel déjà. Donc ce décalage, je le connais depuis que je suis enfant, parce que je suis ailleurs, à ce niveau-là. Et puis après, mon caractère fait que... fait que comme j'ai été expatriée, j'ai vu ce qu'ils ont fait en fait. J'ai vu à quel point il y avait un retard de la profession sur la manière de vulgariser le droit. Et au-delà de ce regard en fait, c'est un peu comme quand tu es dans un dossier et que des parents vont dire « on a tous les mêmes droits, chacun a l'autorité parentale » . Ce n'est pas une question d'autorité parentale en fait, c'est une question de l'enfant, qu'est-ce qui est le mieux pour lui ? Moi, je considère que le mieux, c'est de diffuser de l'information, même si je reçois des critiques. elle s'expose, elle est là pour faire de l'argent, parce que je sais ce que disent les clients après. Je sais que ce qu'ils vont dire, c'est « Ah bah oui, vous avez compris les violences. Ah bah oui, ça fait deux ans et demi que mon avocat, avant, il essayait de négocier et que j'arrive dans le dossier, alors pas toujours bien sûr, et que là, vous avez fait avancer ce point-là, ce point-là, que vous avez dessiné, dessiné tout de suite parce que vous saviez que les négociations étaient peine perdue et que vous étiez mené à la baguette depuis deux ans et demi. » Vous voyez ? Donc en fait, c'est ce qui fait aussi que ça fait dix ans que je n'ai pas l'impression de travailler. C'est que ce que je fais a un sens et ça m'anime profondément.
- Speaker #0
Trop bien. C'est intéressant. J'aurais plein de questions, mais je vais essayer de garder mon fil conducteur. Il y a une question qui m'intéresse quand je rencontre des personnes comme toi du droit, etc., que ce soit du droit familial, patrimonial. Est-ce que selon toi, il y a une réforme récente, peut-être du droit de la famille ou autre ? que tu juges ratée, qui a créé plus de problèmes qu'elle n'en a résolus sur ces dernières années ?
- Speaker #1
Non, moi, je trouve plutôt très bien le droit de la famille. Je dirais que le problème, ce n'est pas notre droit. Le problème, c'est le jeu judiciaire et on n'a pas trouvé mieux. Je dirais que ce n'est pas ça le problème, en fait. Le problème, c'est qu'on est dans une société de droit objectif, c'est-à-dire qu'on se fonde sur la preuve, on se fonde sur la règle. Et c'est très bien parce qu'à ce jour, on n'a pas trouvé mieux. Ce droit objectif, il se fait aussi au détriment de la notion de juste. C'est qu'en fait, sous le prétexte qu'on n'a pas trouvé mieux que le droit objectif, ça se fait au détriment de victimes que je vois en pleurs dans mon cabinet, qui sont victimes, qui se retrouvent auteurs de violences, qui se retrouvent condamnées, qui se retrouvent en contrôle judiciaire, à perdre leurs enfants, parce que la justice n'est plus capable de comprendre ce qui est juste. Elle est là, la vraie difficulté, c'est que ce n'est pas une question de réforme, c'est une question de pronom de la hauteur. pour savoir ce qui serait bon pour notre société.
- Speaker #0
Ok. Du coup, à l'inverse, est-ce qu'il y a une règle du droit patrimonial de la famille demain que tu voudrais changer ?
- Speaker #1
Mais si tu savais déjà la première règle que je voudrais mettre en place, la première règle que je voudrais mettre en place, c'est le fait qu'il y ait un avocat pour... tous les contrats de mariage, que tu ne puisses pas signer ton contrat de mariage sans avoir ton propre avocat, que tu ne puisses pas signer un contrat de mariage six mois avant ton mariage parce que si tu signes ton contrat de séparation de biens deux jours avant ton mariage, tu crois vraiment que tu vas refuser de signer 48 heures avant ? Mais jamais de la vie, en fait. Tu as tout payé, tu es enceinte, je ne sais quoi. Bien sûr, en fait, que tu n'annules pas. Soit ton contrat, tu as un délai fixe où il est signé, je vais dire, six mois, un an avant, avec deux avocats indépendants qui le négocient et qui prévoient tout. Soit tu ne peux pas avoir de contrat de mariage valable. Ça, pour moi, ça aurait vraiment du sens, tu vois.
- Speaker #0
Qui est un délai à purger.
- Speaker #1
Exactement. Et qu'on... Je ne sais pas. Tu ne signes pas un contrat de mariage sans avoir un examen peut-être médical approfondi aussi. Ça, ce serait excessif. Ça irait trop loin. Mais tu vois, j'ai combien de femmes ?
- Speaker #0
Je sens que tu as un exemple en tête.
- Speaker #1
Oui, j'ai reçu une femme qui, plusieurs fois, me dit que je n'étais pas en état de signer ce contrat de mariage. Je n'ai pas eu le choix. Je n'étais pas bien. Je venais de perdre mon père. J'étais en pleine dépression. C'est impossible. Tu vas me dire, oui, on peut contester le contrat de mariage. En pratique, on va. Ça ne marche pas. Il faut vraiment des preuves tellement solides que c'est très rare en pratique de l'obtenir. C'est pour ça que je voudrais avoir la protection de l'avocat à côté de toute signature d'un contrat de mariage. Et puis même que tu ne puisses même pas te marier sans être allé voir un avocat. Ça devrait être obligatoire d'aller voir un avocat. Et puis il y a autre chose que je trouve totalement injuste en matière de droit, c'est qu'on a certes un mécanisme d'aide juridictionnelle pour les personnes les moins fortunées. Mais en fait, l'aide juridictionnelle, elle ne te permet pas d'avoir une défense suffisante. C'est déjà bien. Et franchement, je suis admirative des personnes qui ont un tel dévouement face à ces personnes démunies pour la veuve et l'orphelin. Donc, elle sait très bien. Et après, tu vas me dire, oui, il y a des personnes super riches qui peuvent se défendre. Mais à quel moment on parle des classes moyennes qui représentent la majorité de la société sous prétexte que tu gagnes 2000 ou 3000 euros ? On va dire, c'est bon, tu peux défendre tes riches. Mais en fait, tu ne peux pas te défendre. La réalité de mes dossiers, c'est que c'est maman, c'est papa, c'est les économies familiales construites pendant une vie qui nous payent. Et c'est ça. Et je trouve que c'est fondamentalement injuste que des personnes qui vivent aujourd'hui sans le sou, qui sont victimes de violences, choisissent de se résigner à vivre malheureux dans la violence sans pouvoir partir, sous prétexte qu'elles n'ont pas d'argent. Et alors, je n'ai pas trouvé mieux aujourd'hui, comme ça fait partie de mes projets aujourd'hui de créer une association en ce sens. J'avais créé le site à l'époque, parce que je suis toujours une idéaliste. Mais voilà, ça me révolte en fait. Je trouve ça pas ok d'avoir des personnes... Tu vois, ce qui me révolte par exemple aussi, une autre thématique, ça ne me révolte pas, mais je trouve ça très dur, c'est que parfois, tu sais, j'ai des femmes qui sont victimes de violences qui viennent au cabinet, plus de femmes que d'hommes, mais il y a des hommes aussi, attention, qui viennent au cabinet et je leur dis, dans votre dossier, vous ne pourrez pas divorcer par consentement mutuel, ce n'est pas possible, vous n'y arriverez pas. Mais elles ont envie d'essayer. Sauf que d'essayer, ça coûte. Et après, le budget, il est terminé et donc on ne peut plus saisir. Et elles vont voir un avocat après l'aide juridictionnelle.
- Speaker #0
Tu le vois très vite maintenant, en fait, que tu sais de facto que ça n'ira pas au consentement mutuel.
- Speaker #1
Oui, mais ils ne sont pas capables de l'entendre. On va dire que dans 95% des cas, je ne me trompe pas.
- Speaker #0
C'est quand même beaucoup de frustration aussi à gérer, c'est-à-dire que tu sais l'histoire, tu sais déjà la fin, et en fait, une grosse partie de ton métier, c'est beaucoup effectivement d'expertise, de maîtrise juridique. Mais en fait, c'est surtout un peu comme dans, je transpose à mon métier, où parfois, en fait, une grosse partie de mon job, c'est de faire prendre une décision. Et ce n'est pas forcément tout le cheminement technique, etc. qui importe. C'est vraiment de faire prendre conscience au client qui doit avancer à cet instant-là.
- Speaker #1
Oui, mais tu vois, avant, j'étais comme ça, ça me rendait folle. C'est-à-dire que moi, j'ai encore des collabs qui, à un moment, mais tu te rends compte, mais vous vous rendez compte. Elle va abandonner sa procédure, elle va se désister d'instance, mais c'est une catastrophe. Mais oui, mais en fait, elle n'a pas la force pour se battre. Elle ne peut pas en fait. Qu'est-ce qu'il y a de pire là ? Elle ne vous le dit pas, mais elle est à deux doigts du suicide. Donc soit elle accepte cette garde alternée avec ce fou, elle sait très bien qu'il ne va pas bien ce monsieur, qu'il a un problème psychiatrique. Mais soit elle accepte ça, cette maman, soit c'est elle qui s'en va. Parce qu'elle ne peut pas supporter le harcèlement au quotidien. face à une justice qui ne va pas comprendre le mécanisme des violences et face à un père qui va se présenter comme étant le sauveur. Sachant que toute la stratégie en matière de violence familiale, c'est toujours d'aller décrédibiliser l'autre pour le faire passer pour fou. Donc c'est quand même épuisant. Tout le monde, tu vois, l'une des questions que tu m'as posées, c'est comment tu fais pour accepter le regard de cette profession qui n'est pas forcément favorable à ce que tu fais ? Eh bien là, c'est la même chose en fait. Elles vont, ces femmes, elles doivent accepter. Le regard d'un homme, d'un père qui va constamment la décriminaliser auprès de l'entourage, des amis, de la famille, des enfants. En fait, il y a des gens qui sont sensibles au regard des autres. il faut être hyper fort pour ne pas être sensible ou que ça fasse partie de ton caractère. Parce que t'es bien tout seul et que tu sais que les autres, laisse les parler, moi je fais mon petit bonhomme de chemin, tu vois. Il n'y a pas beaucoup de personnes qui sont capables de faire ça.
- Speaker #0
C'est vrai. C'est très juste. C'est très juste. Merci en tout cas pour tous ces partages qu'on sent très sincères. On sent vraiment que t'es animé par ça et c'est toujours agréable. Un, de sentir des personnes qui sont passionnées par ce qu'ils font. Et deux, qui sont aussi très... On sent que, quand bien même on parle de difficultés et de choses qui sont quand même très difficiles au quotidien, on sent que tu es en phase avec ce que tu fais. Et ça, c'est aussi très agréable de rencontrer ce type de personnes. Eloise, on a un rituel dans le podcast. J'aime bien conclure avec une citation, un film, un livre, quelque chose, une recommandation culturelle. Alors, ça peut être en lien. avec ton métier ou pas du tout, mais quelque chose qui t'accompagne, que ça peut être quelque chose d'historique ou tout récent, mais quelque chose qui te fait du bien, qui t'a marqué.
- Speaker #1
Alors, c'est très difficile de choisir parce que, tu vois, par exemple, j'écoute énormément de podcasts. J'ai eu ma période qui a été vraiment un éveil au monde en matière de psychologie. Tu vois, j'ai tous les bouquins qui sont... derrière moi en matière d'emprise, en matière de violence, en matière d'intelligence émotionnelle, en matière là, ces femmes qui ont réveillé la France, il y a un mélange d'histoire, d'économie, regard sur la justice là que j'ai aussi, je veux réussir mon droit, Jacques Salomé, tu vois, je pars absolument dans tous les sens, c'est difficile de choisir, je t'ai dit, c'est difficile de choisir, j'adore la notion business, j'adore tellement de choses qu'en fait, je m'inspire absolument partout. Je m'inspire vraiment du monde qui m'entoure au quotidien, tout le temps. Je ne peux pas choisir. Il n'y a pas un jour où je ne lis pas le journal. Mon seul rêve, c'est de ne pas avoir de travail pour passer dix heures à… Ah oui, j'ai eu une période de ma vie où je lisais quatre, cinq bouquins par semaine. Après, ce n'était plus autant possible. Mais tu vois, je vais dans tous les sens sur l'ouverture au monde.
- Speaker #0
Alors, on pourra… On pourra conclure en citant André Gide en disant « Choisir, c'est renoncer et dire que tu n'as pas envie de renoncer. »
- Speaker #1
C'est le choix le plus dur. J'entends. Effectivement.
- Speaker #0
Et Louise, je te remercie énormément, en tout cas, pour ton partage. Merci,
- Speaker #1
avec plaisir. Merci à toi pour l'invite.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Et j'inviterai les auditeurs à te suivre sur les différents réseaux. Je les mettrai en lien pour qu'ils te retrouvent.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Et suivent tes bons conseils, tes bonnes recommandations.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Salut.
- Speaker #1
Ciao, ciao.
- Speaker #0
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